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 Happy Birthday, with Love, Sophia.

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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Happy Birthday, with Love, Sophia.   Dim 12 Aoû 2012 - 18:40



Sham & Sophia


Innsbruck, six heures sept du matin.

Sophia jeta un nouveau coup d'œil à moitié endormi à sa montre. Elle bailla longuement et ouvertement, puis frissonna, plus de fatigue que de froid. La salle était surchauffé, mais pas par les gens. À croire qu'elle avait été la seule à être suffisamment courageuse à se lever si tôt en plein milieu des vacances d'été. Mais il avait bien fallu, se lever à une heure aussi indue lui avait permis de fausser compagnie à Kyra et Garett pour descendre de la montagne dans une calèche, non pour de vrai, seul inconvénient, elle avait payé vraiment cher, peut-être parce que le conducteur n'avait pas apprécié être réveillé si tôt ou parce qu'il avait profité du fait qu'elle ne parle un mot de son patois pour lui prendre un max. Ou peut-être les deux … Enfin bref, trois quart d'heures plus tard, elle était dans une sorte d'aéroport pour sorciers. Et oui, le fait qu'elle ne sache pas transplanner posait un véritable problème, bien sûr, ça arrangeait les autres, croyant qu'elle ne pouvait pas partir trop loin à cause de ça, mais ils se trompaient lourdement. Elle aurait pu partir bien plus tard, bien sûr, mais elle aurait eu encore plus de mal à fausser compagnie à ses collègues sans compter qu'elle ne savait pas du tout si la personne qu'elle venait voir travaillait ou non, et pour le prix qu'il lui avait coûté, Sophia n'avait pas du tout envie que son cadeau risque de prendre la pluie si jamais elle le laissait et que personne ne le récupérait. La jeune femme remonta la lanière de son sac sur son épaule, puis regarda la porte s'ouvrir avec un soupçon d'angoisse avant e soupirer et de retourner à son état de végétation en ne reconnaissant pas les nouveaux arrivants. Vu qu'elle était bien là depuis une bonne heure déjà, elle avait eut le temps de paniquer à chaque ouverture de porte.

- Les voyageurs à destination d'Édimbourg, Écosse, pour le portoloin de six heures vingt-sept sont invités à se présenter à l'accueil, annonça une voix froide mais polie dans la salle.

Sophia avança jusqu'à l'accueil et attendit son tour derrière un petit sorcier très mal déguisé en moldu et qui parlait avec un très fort accent à l'hôtesse qui ressemblait à s'y méprendre à un hibou, avec ses paupières lourdes et son air endormi. Sophia passa une main dans ses cheveux, les ébouriffant encore un peu plus sans vraiment s'en rendre compte et bailla de plus belle. Puis, déposa les onze mornilles et sept noises que coûtait le voyage dans le réceptacle à cet usage quand ce fut son tour et fut invitée par la vieille sorcière de l’accueil, qui semblait autant réveillé qu'elle-même l'était, à entrer dans une salle. Au centre se trouvait une table avec un petit cube de simple bois posé dessus et autour, les autres voyageurs attendaient le départ en attendant le signal d'un homme qu regardait sa montre. Elle vint se placer entre une sorcière ridée comme une vieille pomme et un petit sorcier joufflu à la mine réjouit en attendant le départ. C'était l'anniversaire de Sham aujourd'hui, ils ne s'étaient pas vu beaucoup depuis la mission en Egypte, deux ou trois fois en un an pas plus, et c'était avant que Dolores se passe d'elle pour aller aux réunions des Opposants. Elle ne savait pas trop pourquoi, mais elle avait eu envie de faire quelque chose et il lui était venu l'idée de lui faire un cadeau. Bien sûr, elle doutait qu'il veuille forcément la voir, mais elle avait prévu de laisser son paquet sur le pas de la porte avec une petite carte puis de s'en aller vie fait avant que Kyra ou Garett ou les deux ne se rende compte qu'elle avait filé à l'anglaise. Déjà qu'elle venait juste de récuperer sa baguette, elle n'allait pas en plus leur donner une bonne raison de la lui reprendre. Elle espérait quand même l’apercevoir, en fait, elle hésitait encore entre laisser son cadeau sur le pas de la porte et filer ou sonner et filer se cacher. Tout dépendrait de l'heure qu'il serait lorsqu'elle aura rejoint Glasgow. Mais elle espérait l'entrapercevoir si elle se laissait tenter par la deuxième option. Elle en avait les mains moites. Si jamais tout se passait bien, cela releverait du miracle. Parce que son problème avec les plans, c'est qu'aucun de ceux qu'elle avait fait ne s'était jamais réalisé comme prévu, à chaque fois … Sophia fut interrompue dans ses pensées à six heures vingt-cinq par le sorcier qui leur faisait signe de se rapprocher, elle posa un doigt sur le petit cube comme les huit autres passagers et attendit. Deux minutes plus tard, elle eut l'impression qu'un crochet l'avait attrapé au nombril et la tirait pendant que le paysage autour d'eux tournait, se déformait avant de se reconstruire aussi vite qu'il était apparu.

- … en provenance d'Innsbruck. Bienvenus à Édimbourg, il est cinq heures vingt-sept, heure locale. Des bus et navettes vous attendent à l'extérieur en destination d’Édimbourg centre, départ cinq heures trente deux, Livingston, départ cinq heures quarante cinq, Glasgow, départ cinq heures cinquante trois et Newcastle upon Tyne, départ six heures sept. Nous vous souhaitons une bonne journée.

Sophia tourna les talons et sortit de la pièce, déjà un peu plus réveillée pour sortir. L'air frais lui fouetta le visage dès son arrivée. Elle aurait du se douter qu'il n'allait pas faire très beau, songea t-elle en regardant les nuages gris, responsable du crachin qui s'abattait dans les rues de la ville. La jeune femme profita que le relais de la "gare" soit ouvert pour s'acheter un café à emporter et un petit carton pour faire la carte qu'elle n'avait toujours pas écrite. Une fois son café siroté correctement pour se réveiller en douceur, assise près d'un radiateur avec l'impression d'être aux pays des pingouins, elle sortit de nouveau pour chercher son bus. Elle monta, paya son billet et alla s'installer bien confortablement au fond du bus où elle recommença à somnoler, pelotonnée sur son siège bien au chaud et s'endormit en un instant.

Quand elle rouvrit les yeux, le conducteur était penché au dessus d'elle en lui annonçant qu'ils étaient arrivés à destination, elle se leva donc en le remerciant et redescendit en regardant sa montre, il était sept heures passées, elle sortit sa carte de son sac et entreprit de trouver son chemin à travers les rues de Glasgow, vaillamment, sans demander son chemin et sans attirer l'attention. Résultat des courses, il était près de huit heures moins le quart quand elle arriva enfin à destination. Elle monta les marches en faisant le moins de bruit possible, elle griffonna sur sa carte (un petit carton d'un blanc nacré avec un simple gâteau d'anniversaire dessiné dessus) un Joyeux Anniversaire Sham. J'espère que ces trois ouvrages te plairont puis sortit son cadeau en glissant la carte dans sa poche en attendant. Il s'agissait de trois vieux livres, vendus ensembles, de très vieux livres qu'elle avait mis un temps fou à localiser dans ce but, trois vieux livres qui parlaient et enseignaient la magie que Sophia connaissait. Ces livres à eux seuls étaient de vrais trésors, et elle avait pensé que ça pouvait lui plaire. Mais maintenant qu'elle y pensait, ça aurait sûrement été un crime de les laisser trop longtemps dehors avec ce temps. Elle allait donc sonner à la porte en espérant qu'il y ait quelqu'un. La jeune femme déposa les trois livres, bien emballés dans un papier cadeau brun avec des sapins d'Autriche dessus sur le pas de la porte et sonna un petit coup avant de prendre ses jambes à son cou, pour se cacher là où elle pouvait avoir vu sur la porte sans qu'on la voit, puis glissa ses mains dans ses poches. Il allait sortir normalement. Son cœur battait la chamade. Elle espérait que rien ne fasse rater son plan de génie.

Ses doigts glissèrent sur la carte d'anniversaire. Mince. Elle ressortit son stylo en courant, ajouta un De la part de Sophia avant de la glisser dans un pli du papier. Elle n'avait pas finit de se relever que la porte s'ouvrit.




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Sham Alasdair McBrashen
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MessageSujet: Re: Happy Birthday, with Love, Sophia.   Mer 15 Aoû 2012 - 23:12

Une petite fille aux grands yeux sombres se tenait sur le seuil de la porte, regardant fixement Sophia. Du haut de ses trois ans, elle examinait la nouvelle venue avec une gravité qui n'était absolument pas de son âge. Inébranlable dans sa curiosité. Enfin, après un laps de temps certain, elle fit demi-tour, et ses jambes, dévoilées par sa chemise de nuit, gambadèrent à l'intérieur de l'appartement pour revenir aussi sec. Alice tenait alors entre ses petites mains un petit aquarium rond où nageait un seul et unique poisson rouge. A nouveau immobile, droite et fière dans son vêtement de coton au motif fleuri, ses yeux allaient et venaient entre le cyprin et la jeune femme rousse tandis qu'un fin sourire étirait ses lèvres. Là encore, ce sourire n'avait rien d'enfantin. Troublant. Inquiétant. Elle offrait pourtant à Sophia ce sourire comme la preuve qu'elle avait repêché son image dans la foule de ses souvenirs, qu'elle la reconnaissait et que, somme toute, elle avait gardé une bonne impression de leur rencontre antérieure.

- Alice, mon petit croup, qu'est-ce que je t'ai dit, déjà ? Tu ne...

Derrière Alice était apparu un Andrew au sortir du lit, mal rasé, hirsute avec pour seul vêtement un pantalon de pyjama. En s'apercevant que la petite fille ne s'était pas contentée de se prêter à sa lubie d'ouvrir tout ce qui lui passait entre les doigts (placards, fenêtres ou porte d'entrée) mais de s'y prêter en face d'une inconnue, il tenta de reprendre contenance et se plaça instinctivement entre sa fille et l'étrangère qu'il toisa en essayant de déterminer ce qu'elle voulait. il était clair à son expression qu'il savait pertinemment qu'aucune sonnette n'avait retenti. Pas même quelques coups tapés contre la porte. Et que c'était une très bonne raison pour se montrer prudent, voire même méfiant.
Son regard s'égara sur Sophia tandis qu'un soupçon se mit à le tarauder. Un souvenir lui titillait la mémoire sans qu'il réussisse à mettre le doigt dessus mais il était certain de l'avoir déjà croisée quelque part. Etant donné que cette rencontre avait eu lieu pendant la fête du Nouvel An de l'Opposition, qu'il avait particulièrement arrosée, il n'était pas étonnant que tout ce qu'il avait vécu ce soir-là soit tombé aux oubliettes.

Le matin au réveil, il n'eut même pas la force de faire faire à son cerveau endormi tout ce trajet de réflexion. Andrew n'était pas un matinal. Mais si on ajoutait le fait que Sophia ne lui était pas totalement inconnue au fait qu'Alice semblait lui porter une forme évidente d'affection, quand elle se montrait si pointilleuse quand aux adultes en générale (et quand elle faisait preuve d'un goût, ou d'une intuition étonnante pour son âge, à l'égard des gens à qui accorder sa confiance), mon colocataire en vint à la conclusion que j'avais sans doute encore dû oublier lui parler de quelque chose.

- Vous prendrez bien un café ? J'étais sur le point d'en préparer un....

C'était tout Andrew, ça. Incapable de se défier de l'humanité plus de cinq minutes d'affilée. Il accordait sa confiance trop rapidement, ou pour de mauvaises raisons, et s'en mordait les doigts plus souvent qu'à son tour. Ce qui ne l'empêchait pas de répéter sempiternellement le même manège. Ou alors, c'était que Sophia lui plaisait. Une telle option n'était pas exclure et si j'aurais très certainement préféré qu'il jette son dévolu sur quelqu'un d'autre, cela me ferait du bien de le voir sortir de son deuil.
Il s'effaça pour laisser entrer Sophia, à laquelle Alice ne laissa pas vraiment le choix. La petite fille lui attrapa la main entre ses tout petits doigts et l'entraîna vers la cuisine.

Chez nous, ça n'était pas très grand. La porte d'entrée donnait sur un corridor lequel ouvrait sur nos chambres respectives, alignées les une derrière les autres, sur la droite, tandis qu'à gauche, se trouvaient le salon, la cuisine puis la salle de bain. Les murs étaient de pierre et le sol de parquet. C'était une habitation typiquement sorcière (comprendre poudre de cheminette au dessus de l'âtre, placard à balai et chaudron sur le feu...) . La décoration était généreuse (gracieuseté d'Andrew) et de nombreuses plantes vertes garnissaient les rares espaces libres. Un mini-zoo se baladait dans la maison (courtoisie d'Alice qui tombait en amour de tout ce qui comptait plume, poil ou écaille et qui avait l'heur de croiser sa route).

La cuisine, quant à elle, était sobrissime : une table en bois agrémentée de quatre chaises, une cheminée et son indispensable chaudron, un garde-manger et une accroche murale qui diffusait la lumière dansante des flammes. Ce fut dans cette cuisine que j'atterris après ma douche, rasé de près et vêtu de ma robe de sorcier. Aujourd'hui, je bossais au Ministère. Ça ne me ferait pas de mal d'y pointer de temps à autre...
J'étais tellement concentré sur le programme de ma journée que j'espérais commencer le plus tôt possible pour en finir rapidement. Avec un peu de chance, j'aurais la fin d'après-midi et la soirée pour moi. et je soupçonnais Andrew et quelques amis de m'avoir organisé un quelque chose pour fêter mes trente-et-un ans (je sais, je sais... on ne rajeunis) que je ne percutais pas d'emblée que nous avions une invitée. J'embrassais Alice avant que mes yeux envoient à mon cerveau le signal que...

- Sophia ?

L'image de celle qui avait été ma Soumise dans le cadre familier de ma cuisine était tellement surréaliste que j'en perdais la parole un instant. La stupéfaction ne laissait aucune place au plaisir ou à l'inquiétude. Je me contentais de garder les yeux à moitié exorbités et la bouche entrouverte, comme le poisson rouge que ma filleule tenait toujours entre les bras. L'effet de surprise se dissipant, je tentais de me reprendre et d'arborer un peu de normalité. La première chose qui me vint fut un sourire. Bien que notre relation soit complexe et parfois conflictuelle, basée sur un passif assez lourd, j'étais content de la voir. La satisfaction laissa rapidement place à une pointe de stress : en aucun cas, je ne trouvais d'explication à sa présence chez moi qui ne soit pas synonyme d'ennui. Probablement d'ennuis liés à l'Opposition, ce qui étaient probablement ceux de la pire sorte.

* Oh m****. Pas aujourd'hui ! *

Je m'efforçai malgré tout de faire bonne figure et avalai deux gorgées du café qu'Andrew me tendit. En hôte accompli, je proposai bacon et œufs au plat à la cantonade, comme si la présence de Sophia parmi nous était parfaitement normale. Je pris finalement place autour de la table, juste en face de Sophia et commençai par des amabilités :

- Est-ce que tout va bien ?

J'avais l'impression d'un étau se resserrant autour de ma poitrine alors que j'envisageais toutes les raisons, même les pires, surtout les pires, qui justifieraient d’avoir dépêché Sophia jusqu'à chez Glasgow à une heure aussi matinale. L'inquiétude avait pointé son nez au détour de ma question.

* Allez... Envoie la mauvaise nouvelle ! *, la suppliai-je mentalement, tout en me demandant si la présence d'Alice au milieu de notre trio d'adultes était judicieuse. Peut-être devrais-je envisager de suggérer une petite balade matinale avec sa fille à Andrew ?
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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Re: Happy Birthday, with Love, Sophia.   Sam 18 Aoû 2012 - 21:54

La porte s'ouvrit sur une petite fille. Sophia interrompit son geste, la main tenant sa petite carte d'anniversaire levée à mi-chemin, entre sa poche et son cadeau posé sur le pas de la porte. Elle fouilla dans sa mémoire à la recherche du nom de cette petite fille en pyjama, parce qu'elle connaissait son visage, elle en était sûre. Sophia fronça des sourcils et se releva lentement, avec l'impression d'avoir la grâce d'un éléphant, le dos en bouillie, résultat du voyage en bus. La jeune femme se rappelait de ce regard? Ce regard qui n'avait absolument rien d'enfantin, un regard précocement adulte, sérieux. Un regard inquiétant. Alice. Alice la filleule de Sham, elle l'avait vu une fois avec lui, dans le cimetière de Glasgow. C'était alors la première fois qu'elle le revoyait depuis leur rencontre dans les souterrains de l'Opposition, elle se rappelait d'avoir trouvé étrange la présence de la petite fille et elle avait cru que c'était sa fille.

- Bonjour. Je …

Mais la petite fille avait déjà filé dans les profondeurs de l'appartement. À croire qu'elle l'avait effrayée. Elle se mordit les lèvres et se pencha une nouvelle fois pour déposer son mot sur le papier gâteau, songeant que c'était peut-être le meilleur moment pour mettre les voiles et retourner à Edimbourg, histoire de limiter les dégâts avec Kyra et Garett. Mais la petite était déjà revenue avec, entre ses petites mains, un petit aquarium où se trouvait un poisson solitaire que Sophia aurait pu reconnaître même dans un banc de poisson rouge, après tout, c'était un des sorts qu'elle avait toujours le mieux réussi. C'était le poisson qu'elle lui avait offert, en le faisant apparaître, flottant dans sa bulle ce fameux jour. Elle ne put s'empêcher de rendre à la petite son sourire, ne sachant pas trop où elle allait pouvoir en venir avec toute cette histoire, commencer à discuter avec la fille de son colocataire n'était pas vraiment ce qu'on pouvait appeler être invisible aux yeux de Sham, n'être qu'un courant d'air. Ce qui était quand même le but premier à la base.

La petite semblait se souvenir d'elle, l'associant à ce petit poisson rouge. Sophia avait même l'impression de pouvoir dire que la petite l'aimait bien, peut-être qu'elle pouvait se servir de ça pour charger l'enfant de donner pour elle son cadeau à Sham, mais un autre homme était apparu dans l'ouverture de la porte avant qu'elle n'ait eu le temps de commencer à négocier avec la petite, commençant à apostropher sa fille avant de s'arrêter en tombant sur Sophia, coincée devant la porte avec une expression de malaise qui devait augmenter de secondes en secondes. Adieu la discrétion, mais elle pouvait encore avoir un peu de chance. Par un fameux coup du sort, son ancien soumetteur pouvait se trouver absent pour le moment, et avec encore plus de chance, la jeune femme pouvait peut-être tenter de convaincre Andrew (elle n'avait pas pu oublier son nom, après tout, ce n'était pas tous les jours qu'elle laissait des sorciers transformés en vampires pour un soir, victimes de cookies maléfiques, boire à même sa jugulaire. Une gorge contre un jus d'orange, c'était ça le deal qu'elle avait fait à Sham ce soir là) de lui donner le cadeau sans préciser qu'il l'avait vu. Elle ne savait pas d'où lui venait cette volonté de ne pas se faire remarquer, mais Sophia préférait faire confiance à son instinct, même s'il ne l'avait pas vraiment aidé, la jeune femme préférait croire qu'il finirait peut-être par se relever bon un jour ou l'autre.

La jeune femme remarqua le regard d'Andrew faire l'aller-retour entre elle et sa file et avait l'impression de presque pouvoir le cheminement de sa réflexion se faire dans ses yeux. Les lève-tard, elle en avait l'habitude avec sa famille, tous des grand-dormeurs, pas comme elle, et Sophia avait, très jeune, appris à deviner les pensées des autres pour éviter le conflit dus au manque de sommeil. Elle l'écouta, étonnée de l'entendre lui parler au lieu de lui claquer la porte au nez comme elle aurait pu s'y attendre.

- Euh … je … oui, avec plaisir, merci beaucoup

À peine les mots prononcés, Sophia avait déjà envie de les ravaler, en acceptant cette invitation, elle pouvait faire une croix sur son passage éclair et surtout très discret. Elle se pencha donc, pour ramasser sa carte et son cadeau et les serra contre elle en passant le pas de la porte, observant l'appartement comme il lui apparaissait, sursautant à peine en sentant les doigts de la petite Alice se glisser dans les siens, la laissant l'entraîner dans l'appartement. C'était exactement le genre de logement qu'elle aurait voulu avoir, le juste milieu entre tout ce qu'elle avait toujours connu, de la grande villa de la campagne anglaise, grand, vide et venteux, typique des grandes familles de Sang-Pur, d'après ce que lui en avait dit sa grand-mère, au petit appartement moderne typiquement moldu auquel elle avait le droit à New-York. Sophia sourit avec un brin de jalousie et continua de suivre la petite qui la tirait comme un ballon au bout d'un fil, remarquant les plantes vertes et le grand nombre d'animaux qu'il y avait dans l'appartement.

Sophia ne savait pas trop quoi dire, mais Andrew ne semblait pas non plus avide de lui tirer plus de trop mots, elle ne savait pas non plus quoi faire, alors elle fit ce qu'on semblait attendre d'elle, s'installer à la petite table de bois, son cadeau posé sous son coude à accepter une tasse de café d'un quasi-inconnu à peine levé, à peine habillé. C'était d'ailleurs peut-être ça qu'il l'empêchait de parler, quoique maintenant qu'elle y repensait, la jeune femme ne souvenait pas qu'il ait été particulièrement causant le jour de leur rencontre, peut-être que c'était dans son caractère. Et puis, de toute manière, ça ne la dérangeait pas franchement, si elle avait pu, Sophia serrait certainement restée à se considérer comme une enfant, tout était beaucoup plus simple de ce point de vue. De ce fait, ça ne la dérangeait pas du tout d'attendre que la situation se débloque d'une manière ou d'une autre en amusant la petite Alice à propos du poisson, dont le sortilège d'ailleurs était inscrit dans un des livres qu'elle voulait offrir à Sham. Elle se figea néanmoins en le voyant apparaître dans la petite cuisine, prêt à partir travailler incessamment sous peu. Elle se sentit rougir sans réussir à mettre le doigt sur ce qui lui posait vraiment problème.

Sophia laissa néanmoins Alice et son poisson en entendant son prénom, mais elle se sentit de nouveau coupable en voyant une expression de surprise horrifiée s'étaler sur le visage de l'homme qui avait été son soumetteur, bien qu'il essaie courageusement de le cacher. C'était peut-être justement ça qui la mettait mal à l'aise. Qu'elle soit là, elle n'aurait jamais du venir. Qu'est-ce qui avait bien pu lui prendre ? Elle aurait tout aussi bien pu l'envoyer par hibou, au lieu de ébarbure comme toujours avec ses gros sabots et s'incruster au petit déjeuner.

- Salut

Salut ? Oh bon sang. Elle ne voyait pas comment faire pire comme entrée en la matière, elle attendit donc qu'il ait avalé un peu de café, retournant récuperer son cadeau sur le bord de la table, désireuse d'en finir au plus vite, et de le laisser tranquille une bonne fois pour toute. Ce qui était sûrement la meilleure chose à faire au vu des paroles qu'il prononça. Devenue un peu plus rose, Sophia s'étonna qu'elle ne se transforme pas en petite souris étant donné toute la volonté qu'elle mettait dans cette métamorphose mentale, elle se remit néanmoins courageusement en face de Sham, sans s'assoir pour autant, cachant son cadeau avec un pan d'une des manches de son manteau, se demandant ce qu'il valait mieux faire : mentir, pour répondre à son interrogation tel qu'il semblait s'y attendre, c'était à dire quelque chose avec pleins de problèmes en perspective, quitte à glisser son cadeau dans un coin de l'appartement en repartant ou en le laissant dans sa boite aux lettres ou tout simplement dire la vérité. Ce fut le coup d'œil qu'il jeta à sa filleule qui la décida.

- Oui, oui tout va bien … je … euh …voulais te souhaiter un Bon Anniversaire, bredouilla t-elle en relevant sa manche, faisant apparaître le volumineux paquet avec son papier cadeau vert et marron, décoré de petits sapin et d'un joyeux "Ich liebe Österreich!" en lettres dorées à quelques endroits.

La jeune femme se frotta la joue en se mordillant la lèvre, essayant de ne pas trop montrer son malaise. Elle ne se sentait pas du tout à sa place ici, comme déplacée. Et elle ne pouvait que comprendre Sham, à chaque fois qu'elle croisait son chemin, elle lui apportait toujours un lot de problèmes sans nom, pire qu'un Sinistros finalement.

- Je pensais que … enfin je m'étais dis que c'était peut-être une bonne id… mais ce n'était peut-être pas si délicat que ça finalement, bafouilla t-elle, rose en enfilant son manteau le plus vite possible. Je … désolée. Je ferais peut-être mieux de partir, merci pour le café … je … merci. Au revoir.

Elle allait presque partir avec son paquet, s'en rendant compte après avoir dépassé deux portes jumelles dans le couloir, elle se retourna brusquement pour retourner poser le paquet sur la table, face à Sham, avec l'impression d'être une parfaite idiote.




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MessageSujet: Re: Happy Birthday, with Love, Sophia.   Dim 26 Aoû 2012 - 13:47

- Tu veux dire que tu as fait tout ce chemin, depuis, depuis...

D'embarras, de stupéfaction, d'orgueil reboosté, de je-ne-sais-quoi, je passais nerveusement la main dans mes cheveux, tic que j'avais réussi à abandonner au sortir de l'adolescence et qui me reprenait de temps à autre. Quand j'étais nerveux. Ou quand je me trouvais dans une situation surréaliste comme celle-ci.
Je bégayais de ne même plus savoir où Sophia vivait. Sans doute juste assez loin de chez moi pour ne pas pouvoir la considérer comme une concitoyenne. Nous autre écossais avions une manière très subjective pour juger qui était étranger et qui ne l'était pas. De toute évidence, le premier Ecossais venu aurait classé Sophia parmi les étrangères.
Le début de ma phrase s'était adressé au dos de la jeune femme qui avait tout simplement tourné les talons après avoir jeté sa petite bombe émotionnelle. Je m'apprêtais à lui courir après quand elle effectua un bref retour parmi nous. J'en profitais pour terminer ce que j'avais commencé :

- ... juste pour venir me souhaiter ton anniversaire ?

Je n'en revenais tout simplement pas. Prenez en témoin mes yeux étonnés et mon sourire qui allait crescendo.
Avant qu'elle ne s'enfuit encore, je l'attrapai par le bout d'elle qui était le plus immédiatement à ma portée, à savoir sa main gauche qui venait juste de déposer un paquet sur la table. Un fragment de mon esprit s'attacha à enregistrer le renseignement : Sophia R. Keeblyn m'avait fait un cadeau d'anniversaire. Bien que surprenante (et éminemment agréable) en soi, l'objet, quel qu'il soit, était lui même occulté occulté par le geste de mon ancienne Soumise : sa présence ici, à Glasgow, après avoir très certainement traversé la moitié du pays, aux aurores.

- C'est tout simplement la chose la plus adorable qu'on est faite pour moi depuis longtemps.

Si je l'avais présenté à un concours, mon sourire actuel aurait sans aucun doute gagné le prix du plus radieux. Et à l'unanimité qui plus est. Quelqu'un, ce matin, avait fait ça, juste pour moi et rien que pour moi. La pensée qui accompagnait le geste me boostait la bonne humeur et l'ego mieux que... mieux que je ne savais quoi. Et le fait que ce quelqu'un soit Sophia, petit jeune fille qui pourtant, avait eu une petite tonne de raison de me haïr jusqu'à la moelle, c'était...
Inconcevable.
Si je n'avais pas su qu'Andrew avait un sens de l'humour absolument antithétique avec la chose, je l'aurais soupçonné d'avoir fomenté un coup-monté. Ou si Sophia s'était montrée plus sûre d'elle, j'aurais pensé à une blague d'un goût tout relatif.
Mais non.
Vrai de vrai, elle était là pour moi.
A en radoter comme ça autour du thème "juste pour moi" était le signe de combien j'étais touché. et combien je ne savais absolument pas comment réagir. Nous n'étions pas assez proches pour les effusions amicales et pourtant, pourtant...

Les mots me fuyaient et je ne savais comment exprimer la gratitude, mieux, le plaisir que son geste suscitait en moi. Je peinais moi-même à décrire la chose si ce n'était par des flashs d'émotions intraduisibles autrement qu'en geste. Ma main solidement ancrée autour de celle de Sophia, je l'attirai vers moi pour lui planter une bise sur chaque joue et la serrer brièvement contre moi, tout inconvenante que cette attitude soit au vu de l'historique de notre relation.

Dans mon dos, j'entendis vaguement Andrew essayer d'être subtil et expliquer à Alice qu'il était l'heure d'aller enfiler sa robe préférée. Pour nous laisser en tête-à-tête, j'imagine. Mon colocataire n'avait jamais vraiment compris le lien étrange qui me reliait à Sophia. N'avait jamais réellement essayé non plus. Néanmoins, toute sa subtilité s'envola face à l'entêtement de ma filleule qui voulait elle aussi participer aux festivités et autres câlineries.
Lâchant Sophia avec autant de maladresse que d'embarras, je pris Alice dans mes bras. j'avais appris depuis longtemps à prévenir ses crises, que toute émotion un peu trop violente et négative pouvait susciter. Le lien magique qui nous reliait l'un à l'autre l'empêchait de commettre de réels dégâts extérieurs mais, ma psyché s'interposant entre elle et le monde, je récoltais à coup sûr une migraine atroce. Dans le meilleur des cas. D'aucuns m'auraient reproché de gâter cette enfant mais ils ignoraient tout de ce qui se dissimulait derrière le visage doux et mélancolique d'Alice. Pour se faire une idée, il suffisait d'oser plonger ses yeux dans les siens pendant un moment. Si on supportait le malaise, on pouvait percevoir, au-delà, son caractère déjà très affirmé et peu enclin aux demi-mesures. Une forme de puissance contenue, également. Et une fureur qui semblait prête à éclater à tout moment.
Tout à son plan discrétion, Andrew s'en tint à son idée de départ et s'évapora de la pièce sans un mot de plus.

- Ca veut dire merci., rajoutai-je maladroitement, juste pour le cas où une énième incompréhension se soit immiscée entre nous.

Tu es sûre que tu ne veux pas rester un moment ?, demandai-je avec un grand geste du bras englobant la cuisine, le salon et le couloir. ce n'était pas la place qui manquait pour passer un moment ensemble, quand bien même j'ignorai comment passer un tel moment avec elle, détendu, sans l'Opposition, ni aucune obligation d'aucune sorte pour nous imposer mutuellement notre présence. A la réflexion, nous n'avions jamais partagé un instant comme celui-ci où rien ne nous obligeait à nous tenir compagnie. C'était étrangement satisfaisant mais également embarrassant. Qu'avions-nous en commun en dehors de l'Opposition ?

Un goût commun pour la lecture, me souvins-je, réminiscence d'une discussion qui datait d'au moins trois milles avant Merlin. Avec un petit signe de tête, j'entraînais Sophia (et Alice, par la force des choses) vers le salon. Et sa bibliothèque. J'avais conscience de laisser derrière moi le paquet apporté par la jeune femme, qui titillait ma curiosité, mais je n'ouvrais jamais un cadeau devant quelqu'un sauf si la personne insistait. un autre tic hérité de mon enfance, j'imagine.
Ma main libre caressa le dos de quelques ouvrages avant de s'arrêter sur l'un d'entre eux. Un roman d'aventure que les moldus appelaient fantasy. Sans un mot, je le tendis à Sophia, lui laissant le temps de découvrir le titre et le résumé :

- Il devrait te plaire...

Quand bien même je n'avais aucune idée de la véracité de cette affirmation.


Dernière édition par Sham Alasdair McBrashen le Dim 23 Sep 2012 - 13:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Happy Birthday, with Love, Sophia.   Dim 9 Sep 2012 - 13:20

Sophia s'arrêta et releva les yeux vers l'homme qui avait été son soumetteur. La scène avait vraiment quelque chose d'irréel. Elle, dans sa cuisine, le jour de son anniversaire, avec un cadeau, après avoir plusieurs milliers de kilomètres au petit jour et lui stupéfait. Oui, si on lui avait dit ça deux ans auparavant, elle aurait sûrement ricané et conseillé à son interlocuteur d'arrêter la potion d'Allégresse en trop grande quantité, parce que ça ne lui réussissait vraiment pas. Mais le fait était à présent qu'elle était bel et bien là, aussi étrange que la situation pouvait être. Une petite voix dans sa tête l'accusait de souffrir du symptôme de Stockholm, mais Sophia arrivait très bien à ne pas y prêter la moindre importance et même à l'ignorer. La jeune femme rangea une mèche de cheveux roux derrière son oreille pour reprendre contenance et finit de réajuster son manteau.

- Oui. Depuis Innsbruck.

Sophia baissa les yeux sur ses mains, se rendant compte qu'elle avait peut-être un peu exagéré sur ce coup. Elle aurait aussi bien pu emprunter une chouette autrichienne et lui envoyer son cadeau par la voie des airs, cela aurait sûrement été plus raisonnable, et elle ne serait surement passé une espèce de cinglée ou pire. Bon, maintenant c'était un peu trop tard pour disparaitre, surtout qu'elle en aurait été bien incapable étant donné qu'elle était toujours incapable de transplanter correctement - elle en était déjà à sa douzième tentative et n'était pas loin de laisser tomber, à croire que cet exploit dépassait sa simple volonté - mais d'un côté, elle n'en avait plus autant envie après avoir entendu ce qu'en pensait Sham. La chose la plus adorable qu'on est faite pour lui ? Et bien … Elle en restait muette de stupeur, comme quoi, c'était finalement chacun son tour. Son regard se tourna vers la main de Sham qui tenait la sienne. Étrange. Étrangement normal.

Encore étonnée, elle le regarda lui faire la bise, sûrement aussi abasourdie qu'il devait aussi l'être lui-même vu la tête qu'il faisait, elle se perdit dans la contemplation de la cuisine dès qu'il la relâcha, essayant de trouver ce qu'elle était censée réfléchir, penser de ça. Il était vrai qu'ils n'avaient jamais été proche. Proche comme ça. Comme des connaissances, pas comme deux personnes obligées de se supporter, coincées l'une avec l'autre par la volonté d'autrui.

- Oui … c'est ce que j'avais cru comprendre.

Elle esquissa un sourire avant de remonter le regard sur Sham avec la petite Alice dans ses bras, elle comprenait qu'il se justifie, il y avait souvent eu de quiproquos et
malentendus entre eux. Mais là … c'était pourtant facile à comprendre. Sauf si une bande d'opposants débarquaient d'un coup dans sa cuisine pour la récupérer. Auquel cas, son câlin éclair aurait sûrement signifié quelque chose comme « Désolé, c'est chacun son tour » Mais vu que personne ne débarquait …

- En fait … je crois que j'étais censée ne pas m'éloigner de Kaserl, mais au point où j'en suis …

Ouais, et aucun doute que ni Garett ni Kyra ne saurait par où commencer les recherches, sans compter qu'il était quelque chose comme à peine huit heures du matin en Autriche, ils ne devaient pas encore être réveillés, pas encore inquiets, pas encore furieux. Elle pouvait bien se permettre de rester encore un peu. Maintenant qu'elle y était, et puis en profiter pour parler un peu, comme deux personnes normales.

- Merci. Mais tu n'es pas obligé, tu sais. C'est ton anniversaire, pas le mien, tu n'as pas à m'offrir quelque chose en retour.

Sophia contempla le livre qu'il lui avait mis dans les mains. De toute façon, c'était trop tard pour lui, elle ne lui rendrait pas tant qu'elle ne l'aurait pas lu de la première à la dernière ligne. Mais c'était une question de principe. Elle ne faisait pas ça par charité ou pour se faire pardonner. Non. Elle faisait ça parce qu'elle avait réglé toutes ses autres dettes, qu'elle était enfin libre de faire ce qu'elle voulait, ce qui lui semblait juste de faire, et ce pour la première fois depuis deux ans. Depuis qu'elle avait quitté le camp de formation, elle ne devait plus rien à Dolores, elle ne restait pour le moment que pour elle. Pour le moment. Alors qu'elle ne s'était pas encore suffisamment rachetée auprès de Sham à ses yeux, elle savait que ce n'était pas un cadeau qui allait changer ça.

- Euh … je … Juste. Pour mon cadeau, ne l'ouvre pas tout de suite, d'accord ? Je … je voulais tous te les offrir, vraiment, mais il n'aurait pas été raisonnable de t'offrir le dernier. Il est rempli de mauvaise magie. Dangereuse. Noire. Elle a tendance à …

À quoi ? Rendre les gens fous ? À les rendre mauvais ? Sophia l'avait bien lu, elle savait ce qu'il y avait dedans, et pourtant, elle n'avait pas l'impression d'avoir tant changé que ça depuis sa lecture. Mais elle savait à présent d'où sa mère tenait sa recette magie pour créer la vie. Et dans ce livre, la vie n'avait rien d'un cadeau magnifique. Ce livre suintait le mal par toutes ses pages, il était d'une telle horreur que Sophia s'était étonnée que l'auteur ait pu faire trois autres tomes, des tomes d'une belle magie, pure et noble comme dans les récits des temps passés. Une si belle magie côtoyant quelque chose d'aussi horrible, c'était purement impossible techniquement. Pas étonnant qu'elle ne puisse pas mourir. Pas étonnant qu'elle soit vouée à souffrir autant à chaque nouvelle mort.

Sophia frissonna.

Ça lui donnait envie de vomir. Il était hors de question qu'elle donne un tel livre à Sham, c'était presque comme le condamner. Le problème, c'est qu'elle ne le connaissait pas assez bien pour déterminer comment il prendrait ce livre si jamais il le lisait. Sophia ne l'avait pas lu par simple curiosité, ou en quête de puissance ou autre. Elle ne l'avait lu que parce qu'elle cherchait à savoir d'où elle venait, pour trouver une nouvelle preuve que sa mère était une sorcière brillante, magnifique et plus douée que la plupart des aigreurs de baguettes. Pour la défendre contre les accusations tout à fait diffamatoires que sa propre tante avait fait quelques mois plus tôt. Sophia n'avait pas pu la croire. Elle s'était contentée de ricaner. Elle ne pouvait à présent qu'essayer de deviner dans quel état émotionnel pouvait bien se trouver sa mère lorsqu'elle s'était résolue non seulement à ouvrir et à lire ce livre, mais aussi à utiliser les formules qu'il contenait. Dans quel état d'abattement, de désespoir elle pouvait être pour aussi parvenir à convaincre le reste de sa famille à l'y aider. Et à continuer après Cordelia et Honor, les deux erreurs négligeables du sort. Sophia les avait vu. Elles n'avaient rien d'humain. Elles n'avaient jamais rien eu d'humain. Sophia ne pouvait pas prévoir la réaction de Sham, elle ne pouvait pas prévoir s'il s'en servirait ou pas. Elle préférait ne pas avoir à le faire. Tout simplement.

- … Enfin bon. Je voulais te faire un cadeau, pas t'offrir une sorte de bombe à retardement. Mais j'espère que tu apprécieras quand même.

Elle s'appliqua de nouveau à sourire un peu.




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MessageSujet: Re: Happy Birthday, with Love, Sophia.   Jeu 27 Sep 2012 - 23:11

- J'apprécie toujours un beau geste.

Comment la rassurer mieux que ça ? En enjolivant un peu la réalité, en émettant une promesse que je n'avais pas la certitude de tenir ? Certaines politesses sont de petits sacrifices quotidiens de notre intégrité personnelle, destinés à rendre les gens que nous aimons un peu plus heureux. Ou seulement un peu plus sûrs d'eux.

- Et je suis certain que ton cadeau va me plaire.

Pour parfaire la mascarade sociale, il ne restait plus qu'à ajouter un peu d'argumentation, sans véritablement savoir qui, d'elle ou moi, je cherchai à convaincre.

- Tu sais combien j’adore les livres...

C'était l'un des rares points communs que l'on avait eu le temps de se trouver, du temps de nos débuts dans cette relation étrange Soumise-Soumetteur.
Je décorai le tout d'un large sourire, qui achevait de poser une note positive sur mon discours dérisoire. Discours qui était néanmoins beaucoup plus sincère que je ne l'imaginais. Je me trouvais juste le commandant de bord d'un petit cumulo-nimbus qui n'en avait strictement rien à faire de mes platitudes monotones. Hein ? Quoi ? Quel boulot ? Quelles obligations ? J'oubliai un peu ma vie et ses impératifs frustrants pour une minute d'auto-satisfaction. Une minute que j'aurais bien étirée jusqu'à n'en plus pouvoir même aucun génie de la baguette n'avait encore découvert le sortilège adéquat. Tant pis pour moi. Et pour le tout un chacun qui avait un jour rêvé de figer le temps, de remettre à plus tard le moment suivant.

- J'ouvre ton cadeau ce soir... je le lis...

Puisque, si j'avais bien compris le sens de ses mots décousus, ma bibliothèque allait hériter de quelques ouvrages supplémentaires (rien que les voir, les toucher, j'adorai ! Mes étagères comptaient quelques bouquins écrits dans une langue que j'étais incapable de lire et que j'aimais juste savoir là, à portée de doigts).

- ... et je t'écris pour te dire ce que j'en ai pensé. Je te promets d'être honnête., ajoutai-je avec l'ombre d'un nouveau sourire.

Depuis deux ans, Sophia aurait pu m'accabler de reproches à m'en faire un mausolée, mais pas celui-là. Si j'avais eu un tant soit peu de vertu, avec elle, elle résidait là, dans ma sincérité. Tout le monde, dans mon entourage, notamment professionnel, ne pouvait pas s'en targuer. Mais, pour le bien de nos relations, j'avais toujours préféré l'honnêteté, quoi que difficile à avaler, parfois, aux petits mensonges bien douillets. Je n'étais pas très doué pour dire le fond de ma pensée, sans détour. Je jugeais néanmoins la vérité comme la qualité première à l'établissement d'une bonne relation, franche, droite, à défaut d'être cordiale. C'était un pari risqué, peut-être. Mais il semblait porter ses fruits.

Je m'abîmai dans un micro-silence, bien vite brisé par Alice qui réclamait les attentions qui lui était dû. Il me semblait que Sophia, de son côté, aurait été capable de supporter quelques secondes de mutisme supplémentaire.
Je reposai la petite fille à terre après un léger baiser sur la joue. Elle marcha doucement jusqu'au premier rayonnage de livres, qui étaient colorés et imagés avant de se saisir de l'un d'eux. Peut-être en vertu de notre lien psychique particulier mais ma filleule semblait partager elle aussi ma passion littéraire, ce qui n'était pas le cas d'Andrew, son père. je n'allais pas m'en plaindre.
A la regarder feuilleter les pages avec attention, je fus traversé par une idée. Aucun rapport entre ce que mes yeux voyaient et ce que mes pensées déroulaient dans ma tête. J'imagine que ce décalage arrive à tout le monde. moi, très régulièrement. Ce qui donne parfois lieu à des conversations surréalistes où je saute du coq à l'hippogriffe.
Petite démo ?

- Sophia ? Ca te dirait de faire l'école buissonnière ?

Sans même attendre une quelconque forme de réponse, ma cervelle, bien habituée à monter des plans abracadabrantesques et des excuses bidons pour justifier les différents faux pas dans lesquels je ne tardais jamais à me vautrer, me bidouillait déjà un schéma d'action. Piocher un peu dans ma réserve de Polynectar (réservé aux missions de l'Opposition mais bon...).

* Tout le monde utilise tellement le Polynectar que c'est à se demander comment on croit encore ce que l'on voit... *

Réquisitionner Andrew et le convaincre d'aller bosser à ma place... et avec ma tête comme déguisement.
Embarquer Sophia, et Alice, et partir quelque part. Au bord de la mer. J'avais envie de me tremper les pieds dans l'eau.

- On se prend la matinée et on va voir du pays.

Juste comme ça, pour le côté jouissif de l'inattendu et de l'un peu fou.
Je dévisageai Sophia avec de grands yeux gamins pleins de malice, sans réfléchir à son emploi du temps à elle. Du moins, sans le considérer comme un obstacle. Sans imaginer une seconde qu'elle puisse avoir des impératifs qu'on ne pouvait tout simplement pas mettre au coin.
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MessageSujet: Re: Happy Birthday, with Love, Sophia.   Sam 3 Nov 2012 - 15:29

Réflexion faite, sa démarche était peut-être un peu déplacée. Non seulement pour lui, si on comptait toutes les trahisons qu'elle avait à son actif, celle qui le concernaient et les autres, et celles qu'on ne manquait pas de lui mettre sur le dos lorsque quelque chose n'allait pas ou qu'une mission ne se déroulait pas exactement comme on l'avait planifié au poil près, mais aussi pour elle. Après tout, cet homme faisait partie de l'organisation qui avait transformé sa vie - d'accord peut-être pas idyllique mais posée, calme et entourée de ses proches et des personnes qu'elle aimait le plus au monde - en un enfer solitaire où elle n'était plus qu'un monstre plus réutilisable qu'un vieux kleenex, plus sacrifiable que de la patafix poussiéreuse. À croire qu'elle en redemandait. Par un coup du sort, elle s'était retrouvée liée par magie à lui, pas mieux qu'une esclave sur le papier, mais peut-être qu'elle supportait très bien sa présence parce qu'il n'avait à aucun moment abusé de son rang, il avait essayé de faire son travail, sans se décourager face au peu de coopération qu'il rencontrait, il ne l'avait jamais maltraité, ne l'avait jamais relégué à de basses missions ou ne l'avait envoyé risquer sa vie à cause de sa particularité. Non, il lui avait fichu la paix, tout simplement. Mais on ne pouvait pas dire qu'ils aient vraiment eu de relations, si on ne comptait pas ce jour dans le cimetière, car ce n'était pas ses lettres "de rapport" remplis de bobards ni, parfois, les profonds silences dans lesquelles elle se plongeait en sa présence qui aurait pu les rapprocher. En fait, il avait fallut attendre qu'elle se retrouve avec une belle étiquette de traitresse pour que les choses changent. Est-ce que c'était ça qui rendait les choses si gênantes ?

Et son ancien soumetteur, qui de son côté, semblait s'obliger à parler, mais elle arrivait bien à voir qu'il n'était pas vraiment à son aise. Même très loin de là. Il ne manquait plus qu'il pique un fard pour que le tableau soit complet. Elle avait l'impression que tous les deux étaient en train de marcher sur des œufs, on pouvait dire que la situation était plus qu'embarrassante pour tous les deux. Sophia baissa les yeux sur le livre qu'il lui avait donné. Pourquoi est-ce qu'il se sentait obligé de parler comme ça ? Elle ne lui demandait rien, ni promesses ni rien du tout. Ce n'était qu'un cadeau, un malheureux cadeau censé rattraper sa conduite. Sophia ne savait toujours pas trop ce qui l'avait poussé à faire cela, surtout en choisissant des livres qui touchaient son histoire d'aussi près, peut-être que parce qu'elle ne se sentait plus obligée envers lui, obligée de se racheter, qu'elle tentait un rapprochement. Ce n'était pas raisonnable, certes, mais au moins c'était largement en accord avec ce que sa conscience lui dictait de faire, c'était tout ce qui comptait. Alors, elle ne voulait pas qu'il dépense sa salive autant juste pour remplir les blancs et être en accord avec les règles sociales. Leur relation avait été loin d'être conventionnelle, elle ne voyait pas pourquoi est-ce que la situation devrait tout d'un coup changer du jour au lendemain.

- Tu n'es pas obligé tu sais, c'est juste un cadeau, ça ne t'oblige à rien du tout. Tu n'étais même pas censé me voir normalement, si j'avais été un peu plus discrète …

D'un autre côté, la discrétion n'avait jamais été son fort, encore heureux qu'elle n'ait pas non plus été affublée d'une maladresse affligeante, là pour le coup, ça aurait vraiment été le pompon. La jeune femme appréciait son geste, même si elle s'en serait bien passée, mais elle ne doutait pas une seule seconde de l'honnêteté de sa lettre. Comme homme politique, Sham n'aurait peut-être jamais tenu la distance s'il avait vraiment voulut en grade, les autres l'auraient dévorés, mais à son avis, c'était plus une qualité qu'un défaut.

Et si son honnêteté était immuable, les voies que prenaient son esprit lui échappaient parfois complètement. Comme, par exemple, lorsqu'il changeait de sujet de comme ça, il ne lui avait pas fait souvent, ou du moins, elle n'avait pas souvent assisté à de tel revirements, même si elle avait parfois été témoin de petits changements de sujets qui lui donnait une vague idée du caractère de son ancien soumetteur sans pour autant l'interloquer comme à l'instant. Sophia fronça des sourcils. Faire l'école buissonnière ?

- Euh … Quoi ?

Sophia était certaine de ne pas avoir le droit de faire ça. Mais accessoirement, elle n'était pas non pus censée avoir le droit de se trouver là où elle étêta actuellement. Même si la chose n'avait jamais été dite directement, la jeune femme avait cru comprendre qu'elle avait le droit à des vacances tant qu'elle ne s'éloignait pas à plus de cinq cent mètres de Kyra et Garett, mais au point où elle en était … Et puis, elle ne pouvait pas espérer être rentrée avant qu'ils ne se réveillent, donc perdue pour perdue, autant que ça soit pour s'être un peu amusée. La jeune femme haussa des épaules.

- D'accord. Ils vont probablement me tuer mais …

Mais c'était ça le privilège de ne pas mourir, ce genre d'expression ne s'appliquait pas du tout à elle. Sophia rangea le livre dans son sac avec un petit sourire.

- Je suis partante

Elle espérait quand même que ce pays ne soit pas trop loin, elle était toujours aussi allergique aux transplannages et aurait bien aimé ne pas avoir à l'avouer. Mais après tout, c'était son anniversaire, c'était le jour où il avait le droit à tout.

- Où est-ce que tu veux aller ?




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MessageSujet: Re: Happy Birthday, with Love, Sophia.   Sam 10 Nov 2012 - 23:03

- C'est parfait ! On est parti !

Ca ne m’arrivait pas fréquemment, mais quand je me piquais une petite crise d'enthousiasme, je ne faisais pas semblant. Tous les symptômes étaient là et même un imbécile aurait pu en dresser le diagnostique. Avec quelques années de moins, disons une quinzaine, je me serais retrouvé à faire des cabrioles dans mon salon (sous le regard sceptique de ma sœur et le mécontentement général de mes parents).
Sauf que...

' Une seconde ... '

Et mon enthousiasme de retomber comme un mauvais soufflé au fromage.

- Qui ça, "ils" ?

J'avais suffisamment pratiqué Sophia Rose Keeblyn pour savoir que son "ils vont me tuer" n'étaient pas une expression lancée à la légère. Pas seulement. Pas assez en tout cas pour que je passe outre sans tiquer ni hausser un sourcil.
Et elle m'avait suffisamment pratiqué, moi, pour faire le lien entre ma réaction et ses paroles. A elle de choisir de répondre ou non à ma question. Je savais très bien que je me permettais parfois une curiosité à son égard qui ne pouvait qu'être considérée comme mal placée. Nous n'avions jamais versé dans la confidence et elle n'avait aucune raison de m'expliquer sa vie, en long, en large ou en travers. Surtout plus maintenant. J'espérai seulement qu'elle soit à même de comprendre que je me sentais assez concerné par son cas pour me faire un peu de souci. Et que ma question bancale dissimulai la promesse de tout arranger pour qu' "ils" ne la tuent pas. Au figuré comme au propre.
Bien sûr, mes promesses e valaient probablement pas tripettes. Et bien sûr, mes sous-entendus étaient probablement trop subtils pour être discernés mais... Mais rien. Là n'était-il pas l'avantage des questions ? On les posait mais personne n'obligeait notre interlocuteur à y répondre. A moins de le soumettre à la torture, mais là, nous parlons de barbarisme et, malgré mes nombreux défauts, personne ne pouvait me coller une telle étiquette sur le dos.

Laissant donc à SRK le loisir de parler ou de se taire, je continuai à m'affairer, rangeant quelques bouquins qui avaient oublié de regagner leur place, dénouant la cravate qui ne me servirait à rien aujourd'hui, avant d'aller farfouiller dans mon placard pour en extraire un petit flasque de Polynectar. Je m'arrachai un cheveu, au sens propre et le laissai tomber, négligemment, dans la potion qui émit un bref sifflement.
Restait à convaincre Andrew de prendre ma place, ce qui ne devrait pas représenter le challenge du siècle. Mon colocataire avait développé une sorte de sentiment de culpabilité qui renaissait de ses cendres dès que je tentais de le tuer dans l'œuf. D'où venait-il ? De sa dépression née de la mort de Rachel ? De son impression d'avoir été un poids quand je me chargeais de faire tourner la boutique ? De sa difficulté à assumer la présence d'Alice dans sa vie ? Un peu des trois, peut-être. Et aucun argument essayant de lui prouver combien il avait tort ne parvenait à le rasséréner complètement. Il n'était pas dans mes habitudes d'en profiter et je refusais de tourner la chose sous cet angle, mais, pour une fois, la dette qu'Andrew croyait avoir envers moi allait m'arranger plutôt que de me taper sur les nerfs.

Il accepta au bout de deux pauvres arguments sortis de mon argumentation maladroite.

Quand nous revînmes tenir compagnie à Sophia, ce n'était pas un mais deux Sham qui apparurent dans son champ de vision. De l'extérieur, je me trouvais moins de prestance que je ne me l'imaginais mais un capital sympathie plus élevé que je ne l'aurais cru. Il m'était arrivé de changer d'apparence mais jamais de croiser mon double dans mon propre appartement. L'expérience valait son pesant de cacahouètes.

- Bien !, commençai-je, plein d'entrain, Il ne nous reste plus que...

La baguette magique
La collation que l'on achèterai sur le trajet. Et quelques affaires que j'enfournai dans mon sac, tandis que j'expliquai rapidement à Andrew quelle serait sa charge pour la journée. J'ignorai combien de temps durerait notre excursion.

Enfin, je décidai que nous étions prêts et donc sur le départ. Andrew était parti s'habiller d'une façon que mon bureau jugerait plus décente que sa vieille flanelle, et Alice pendait au bout de mon bras. Je fis face à Sophia avec un sourire au coin des yeux :

– Est-ce que tu es déjà allée au Loch Torridon ?

La première fois vous laissait toujours une émotion particulière logée dans la poitrine.


Vue panoramique du Loch Torridon.
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MessageSujet: Re: Happy Birthday, with Love, Sophia.   Dim 25 Nov 2012 - 21:09

Sophia ne put s'empêcher de sourire face à cet enthousiasme. D'un autre côté, comment aurait-il pu en être autrement ? C'était communicatif, et même si elle n'avait pas souvent eu l'occasion - pour ne pas dire jamais - de le voir comme ça, ça la changeait, c'était étrange mais pas forcément désagréable. Le plus dur était sûrement de ce dire que leur relation aurait pu être plus simple et plus souvent comme ça si elle n'avait pas été aussi idiote, que c'était un côté de sa personnalité qu'elle n'avait pas eu l'occasion de découvrir.

Elle acquiesça en remontant la bretelle de son sac sur sa fine épaule, elle était prête à partir, elle, au diable Garett et Kyra, ça leur ferait une bonne surprise lorsqu'elle rentrerait mais en attendant, c'était une chose qu'elle se sentait de faire et n'avait pas la moindre intention de rater. Elle fronça les sourcil en le voyant se retourner pour lui demander quelques précisions à propos de sa phrase. Mince, voilà le genre d'informations qu'elle aurait surement mieux fait de ne pas évoquer auprès de lui. Maintenant elle allait devoir trouver une solution ou un bobard et très vite. Sophia ne savait pas trop pourquoi, mais elle ne voulait pas qu'il s'inquiète ou qu'il se mêle de tout ça, elle s'en sortait mieux lorsqu'elle ne devait se racheter envers personne, elle commençait tout juste à se sentir moins coupable envers lui, elle n'allait pas tout recommencer en contractant une nouvelle sorte de dette envers lui. La jeune femme fronça les sourcils, faisant mine de ne pas comprendre ce qu'il lui racontait avant que la lumière ne se fasse.

- Quoi ? Comment ça qui "ils" ? Qu'est ce que tu … oh OH ! Non ! Non, non, non ! Ce n'est qu'une expression.

Un truc pratique qu'elle avait appris en fréquentant Dolores Sheeran et sa clique, c'était à jouer la comédie, au jour d'aujourd'hui, elle ne savait toujours pas comment avait fait pour survivre toutes ces années sans jamais n'y avoir eut recours. C'était quelque chose de tellement pratique. Surtout lorsque l'on voulait avoir la paix, se sortir de situations délicates potentiellement dangereuses, éviter les questions, éviter les problèmes, rassurer les proches, convaincre les autres, et la liste était encore si longue ! La dernière chose qu'elle voulait, c'était qu'il ait à se frotter à Dolores plus qu'il n'avait à le faire. Sophia était assez grande pour prendre ses responsabilités en main, il n'avait plus ce rôle depuis longtemps, et même si elle appréciait qu'il s'inquiète pour elle - tout en songeant qu'après tous les coups foireux qu'elle avait pu lui faire c'était plutôt étrange - elle aurait préféré qu'il pose un peu moins de questions auxquelles elle devait trouver des réponses à peu près plausibles. La jeune femme prit un air perplexe pour parfaire sa petite performance.

Enfin, je crois, ce n'est pas ça qu'on dit ?

Voilà, faire l'innocente, très bonne technique. Même si les chances étaient faibles, elle espérait que ça puisse le convaincre quand même. Sans qu'il ne pense non plus qu'elle soit en train de se payer sa tête, ce qui pour le coup n'était pas du tout le cas. La jeune femme, un peu rougissante de découvrir tout ce qu'elle était plus incline à faire depuis qu'elle avait rejoint presque de son plein gré l'opposition, l'observa s'affairer à ranger sa bibliothèque avant de sortir de la pièce, sûrement pour finir de se préparer. Elle se laissa tomber sur le premier truc qui pourrait lui permettre de s'assoir, c'est qu'elle était debout depuis un petit bout de temps déjà, tout en surveillant la petite Alice du coin de l'œil. Elle n'avait jamais vraiment compris le lien qui unissait l'enfant à son ancien soumetteur. Il lui avait expliqué une fois, que ce n'était pas sa fille mais si elle ne l'était pas, en effet, pourquoi et comment se faisait-il qu'il soit aussi à ses petits soins et qu'il ait l'air d'être aussi proche d'elle ? Comme s'ils étaient liés ou un truc comme ça. Surtout qu'il semblait y avoir quelque chose à propos de cet enfant qui n'était pas normal, qui sortait de l'ordinaire, même pour un monde de sorciers et de sorcières. Elle n'avait pas le regard d'une enfant, et elle ne réagissait pas tout le temps comme un être de son âge. Mais en ce qui s'agissait de poser la question à Sham, non, ça c'était une toute autre histoire. Qu'elle ne préférait pas aborder.
Quand il revint, pardon, lorsqu'ï]ils[/i] revinrent dans la petite salle, Sophia était en train de feuilleter le livre qu'il lui avait passé. Et elle se retrouva nez à nez avec deux Sham identiques. C'était … disons simplement plus qu'étrange. En tout cas, il avait de bonnes techniques pour ne pas aller travailler, et elle se demandait ce qu'il avait bien pu aller raconter pour convaincre son colocataire d'adopter son apparence.

La jeune femme se releva, rangeant l'ouvrage dans son sac et le rejoignit, répondant négativement d'un signe de la tête qu'elle n'était jamais allée au Loch Torridon et qu'elle n'avait pas non plus la moindre idée d'où pouvait se trouver l'endroit, bien qu'avec un poil de logique, elle pouvait bien se douter qu'il se trouvait quelque part en Écosse. Pour le départ, elle saisit son bras, toujours aussi incapable de transplaner et ferma les yeux.

Elle ressentit la bourrasque de vent qui lui ébouriffa les cheveux avant de sentir le sol sous ses pieds et rouvrit les yeux. Elle lâcha le bras de son soumetteur pour essayer de maîtriser les folles mèches rousses batifolantes avec le vent qui l'empêchait de profiter du paysage. Y'avait pas à dire, les barrettes c'était quand même vachement pratique quand même.

- Wow …

Elle serra le col de son manteau, essayant de faire passer pour un coup de froid l'émotion qui la prit soudain face à un tel paysage. Elle se racla la gorge pour essayer de chasser la boule qui avait élu domicile dans sa gorge avant de se retourner vers lui.

- C'est vraiment … vraiment magnifique. Comment est-ce que tu connais cet endroit ?

L'endroit lui rappelait un peu celui où elle avait vécu, mais s'il n'y avait aucune montagne ou lac à Mark Beech, elle ne pouvait s'empêcher de voir comme une ressemblance entre les deux endroits, c'était sûrement ça qui la mettait dans cet état là.




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Sham Alasdair McBrashen
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MessageSujet: Re: Happy Birthday, with Love, Sophia.   Lun 28 Jan 2013 - 0:17

Je ne la regardais pas, pas même du coin de l'œil, même si la curiosité me démangeait le nerf optique. Je me tenais loin d'elle, lui laissant le temps et l'espace d'apprécier le panorama. Il y avait des moments comme celui-ci que l'on pouvait vivre à deux sans pour autant les partager. Même moi qui avais fait du Loch Torridon mon point d'ancrage où me ressourcer, je me prenais toujours la beauté sauvage de l'endroit comme un poing en pleine figure. Avant de me mettre doucement en phase avec l'atmosphère si particulière du lieu. Mais peut-être étais-je le seul à ressentir les choses ainsi ? Peut-être ce paysage ne parlait-il aussi intensément qu'à mes yeux ? Non, je ne me tournerai pas. Je laisserai à Sophia cet instant rien que pour elle, qu'elle se le grave dans la mémoire, qu'elle se le garde précieusement. Nous avions tous besoin de quelques instants de paix pour rééquilibrer notre quotidien souvent si violent. Et si elle ne ressentait rien, elle n'aurait qu'à penser que j'étais un vieux naïf qui m'émerveillait de choses bien trop simples. Pour une fois, cela me serait égal.

Mais quelque chose me disait que son "wow" était plus qu'une interjection, c'était l'écho, à quelques années d'écart, de ma propre exclamation à moitié étranglée, de surprise, d'ébahissement, d'appréciation.

Je laissais le silence s'installer, juste un petit peu. Quelqu'un m'avait un jour, il n'y a pas si longtemps, patiemment expliqué qu'il y avait une infinité de variétés de silences, mais que ceux-ci pouvaient se répertorier en deux grandes catégories : les silences "vides" et les silences" plein". J'avais depuis tenté de commencer un classement des silences mais ma vie m'avait soudain semblé faite de bruits ininterrompus. J'étais constamment entouré de gens qui émettaient toute sorte de sons, au sein de villes où l'absence bruits n'existait pas, et quand j'étais seul, il me semblait que ce qui m'environnait n'était plus le même genre de silence. Du moins, pas ce genre de silence-là. Pour le briser, il aurait fallu que je parle, et... baste ! Ça n'était en tout cas pas un de ces silences que l'on partage, bon gré, mal gré. Et là, maintenant et sans avertissement préalable, je saisissais toute la nuance d'un silence plein : agréable, confortable, apaisant.

Et quand Sophia le dispersa de quelques mots, j'aurais juré que le silence lui-même s'éloignait obligeamment pour nous laisser un peu de place.

' Définitivement, soit je vieillis pour de bon, soit j'ai vraiment besoin d'une pause pour soigner mon surmenage. '

Je me tus deux petites secondes supplémentaires, pour laisser aux souvenirs le temps d'affluer. Comment est-ce que je connaissais cet endroit ?

- Ma sœur aînée m'y a amené dès qu'elle a su transplaner.

A savoir, bien avant l'âge réglementaire. Je vous avais déjà dit que ma sœur était du genre surdoué ?
J'avais à peine douze ans. Nous nous entendions encore bien à l'époque. Elle était mon modèle et je ne me trouvais pas si différent d'elle. Ou bien ne l'étais-je pas encore.

- J'étais à peine plus qu'un môme. Mes parents n'avaient pas le temps de nous faire voyager. Nous passions nos étés à Glasgow ou dans les environs. Alors, on bouquinait et on voyageait avec Backham Brigstocke ou Eldsich Alexander.

Chez les sorciers, Brigstocke ou Alexander avaient autant de popularité qu'un Jules Verne ou un Robert Louis Stevenson, la magie en plus.

- On a ensuite essayé de naviguer sur balai mais on s'est fait attraper par la brigade des transports magiques et... disons qu'on a évité de recommencer. Alors, quand Ailein nous a trouvé un moyen d'évasion... ici m'a semblé être un morceau de paradis. J'y viens souvent depuis, pour réfléchir, faire le point...

Et visiblement, l'endroit me rendait bavard. Je ne m'étais jamais tant épanché depuis une éternité.
Je lâchai la main d'Alice pour la laisser vagabonder à son aise. Ici, elle ne risquait pas grand chose. Elle était de toute façon trop calme pour ne serait que s'éloigner à vive allure. Comme pour me donner raison, elle se contenta de faire quelques pas, de s'arrêter brusquement, le nez en l'air pour rester immobile, méditative.

- Ça te dit de faire un tour ?, proposai-je à Sophia en lui rendant mon attention. Alice ne serait jamais loin. Et le lien magique qui nous unissait faisait que je savais, ou plutôt "sentais", toujours où elle se trouvait. Un peu comme nous sommes capables de dire où se trouver notre main droite, même dans le noir. D'un mouvement de la main, je lui indiquai un petit sentier qui, je le savais, faisait le tour du Loch. Nous serions de retour à notre point de départ pile à l'heure pour une collation. Je me sentais un appétit d'ogre, ce matin.

- Et toi ? Tu as un lieu comme ça, pour te réfugier hors du monde quand tu as le blues ou juste envie d'être seule ?

Il me semblait qu'on avait tous le droit d'avoir un endroit à soi, un exil volontaire.
Même je savais depuis longtemps que Sophia était d'un genre un peu spécial, elle était aussi, parfois, souvent, juste un être humain comme nous autres, avec des espoirs, des rêves. Et une grande solitude.
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Happy Birthday, with Love, Sophia.
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