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 Vagabondages

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James Gardens
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MessageSujet: Vagabondages   Jeu 28 Juin 2012 - 20:03

- Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaargh Faché 2 !

Je dirais même plus :

- Aïe ouille ouille ouille ! Put Crensuré de Crensuré de Crensuré !

Je venais de me prendre le pied dans une marche et on ne dira jamais assez combien ça peut vous exploser de douleur jusqu'à la rotule. J'avais l'appendice en souffrance, que dis-je, en bouillie ! On allait très certainement devoir m'amputer d'au moins trois orteils et c'était franchement dommage parce que j'y tenais plutôt, à mes orteils, en fin de compte. Nous étions le premier juillet de l'an de disgrâce 2014 : belle manière de commencer l'été.
Moi, je voulais juste prendre l'air et quitter un moment les sous-sols poussiéreux de Poudlard. Parce que, quoi que vous en pensiez, l'été, le château n'est pas désert. Il reste moi ! Moi, le concierge qui doit astiquer, restaurer, décorer, bref, rendre à cette ruine tout son lustre d'ici la rentrée pour qu'une horde de petits malpropres se dépêchent de tout saccager. Travail ingrat ! N'en déplaise aux autorités administratives de Poudlard, je décidai donc de m'octroyer quelques heures de liberté. Le Poudlard Express venait d'embarquer les derniers cancrelats et l'immensité de la tâche qui m'attendait aurait fait pleurer de rage le plus aguerri des gobelins. C'est dire. Imaginez-vous donc cloîtré dans un château pendant deux mois, à dépoussiérer armures et tableaux ! Ah ! Vous voyez ! Mais pire que tout, imaginez-vous le faire dans une immense forteresse VIDE. Oui, vide de toute présence humaine (et féminine). Je ne compte bien évidemment pas la vieille Hopkins qui compte plus de rides que la forêt interdite de créatures maléfiques. Hopkins mise à part, ainsi que quelques antiquités passant pour des enseignants, il n'y avait pas âme qui vive. pas la moindre petite jeune fille pour adoucir mes pénibles journées. On aurait mériter un break pour moitié moins.

La douleur qui m'élançait commençait, un tout petit petit peu, à refluer. D'ici trois ou quatre jours, je pourrais peut-être marcher normalement.
Oh, il y avait sans doute un genre de sortilèges pour y remédier mais en cas d'urgence, j'ai toujours la mémoire en vadrouille, pas vous ?
Mais, vu qu'il était rageant (et dommage) de se laisser gâcher la journée par un malencontreux accident, je me dirigeai de guingois vers ce qui était auparavant mon objectif : une vieille tasse ébréchée. Souvenir familial ? Que nenni ! Je n'ai pas la nostalgie si facile. Si je vous renseigne sur la faible aura bleutée qu'émettait l'objet, vous y voyez plus clair ? Un portoloin, exactement ! Ustensile témoin du génie magique qui ôtait de longues heures de transport inconfortable et une toute aussi longue marche à pied (un seul, l'autre étant, comme nous l'avons vu, hors d'usage). En un clin d'œil, j'étais à Bristol à deux rues de mon pub préféré.

Bien que polluée de manière effroyable, Bristol ressemblait déjà un peu plus à mon idée du paradis sur terre : des dizaines de dizaines d'individus de sexe féminin, que la saison estivale rendait souriantes, ouvertes, voire volages. La vague de chaleur qui était tombée sur le Royaume-Uni depuis la mi-juin n'avait pas épargné la côte et c'était tout bénéfice : les jupes se raccourcissaient, les décolletés plongeaient et l'œil de votre serviteur était pris d'une frénésie sans nom. L'appel de la mer se faisait sentir et on devinait parfois, sur la courbe d'une épaule, la bretelle d'un maillot de bain, mal dissimulé par une blouse à demi-transparente.
Le panorama humain était à l'origine de mon rythme nonchalant pour me diriger jusqu'à mon pub, plutôt que mon pied estropié.

* Pied estropié ! Elle est géniale, celle-là ! *, songeai-je en un éclair, m'offrant le luxe d'un demi-sourire.

Mon regard vagabond sautait d'une silhouette à l'autre, tandis que je me frayais, péniblement je dois dire, un chemin jusqu'à la fameuse ruelle de ma destination. Je finis par y parvenir, y effectuai un virage et avisai, juste devant moi, une alléchante créature qui... oh, et puis, j'étais (presque) en vacances ! IL me fallait prendre un peu de bon temps, ne serait-ce que pour compenser les malheureuses aventures de mon pauvre pied. Ni une, ni deux, un léger contretemps m'envoya heurter ladite jeune femme à laquelle je me raccrochai un peu brusquement. Il n'y a pas de petit profit.
J'affichai aussitôt un air contrit quoique vaguement charmeur, afin de m'éviter les foudres de la demoiselle.
Prêt à me répandre en excuses si sa gracieux silhouettes et ses traits pas franchement désagréables dissimulaient un genre moderne de virago.

- Mes excuses, mademoiselle...

Les femmes, quel que soit leur âge, sont toujours flattées quand elle se voit servir du mademoiselle. Deux syllabes de plus à prononcer en valent bien la chandelle.
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Cassandra Duggan
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MessageSujet: Re: Vagabondages   Ven 29 Juin 2012 - 9:10

Bristol était sans doute une grande ville, enfin tout du moins lorsqu'on habitait un petit patelin comme Glastonbury, à moins de trente miles au sud. La ville regorgeait de moldus pressés de tous âges, à pieds et à bord de ces machines infernales à l'odeur pestilentielle qu'ils nommaient voitures. Cassandra regardait le carrefour voisin avec un sentiment de pitié mêlé d'effroi. Ces choses vrombissantes semblaient peu enclines à laisser passer les piétons qui slalomaient entre ces obstacles de leur quotidien, inconscients et bienheureux. Elle secoua la tête. Si Pa'Joe ne l'avait pas presque supplié d'aller à Hoggin's lui acheter ses potions, qu'il ne lui avait pas fourré deux gallions dans la main et poussé dehors sans autre forme de procès peut-être aurait-elle rouspété. Pour une fois qu'elle avait quelques jours de vacances, elle n'avait pas spécialement envie d'aller faire les commissions de toute la famille. Le regard furtif de sa mère à travers les rideaux et le gloussement de sa grand-mère près d'elle finirent de l'agacer. Quand cesseraient-elles de se comporter comme des entremetteuses pour elfe de maison en mal d'amour et comprendraient-elles que la foule grouillante ne l'intéressait pas, et que non, définitivement, son futur mari ne se cachait sans doute pas entre les griffes de dragons et les benzoars de l'apothicaire ?

Si le temps était étonnement clément pour la saison et la région, cela ne rendait pas Cassandra particulièrement ouverte, décontractée ou volage. Au contraire elle se sentait plutôt moite et mal à l'aise. Elle avait abandonné son éternel jeans pour une jupe longue taille basse aux volants colorés et un débardeur d'une banalité à pleurer. Un châle léger faisait plusieurs tours autour de son cou, un pans retombant dans son dos jusqu'à ses reins. Elle s'était négligemment attaché les cheveux sur la nuque et avait piqué dans l'espèce d'amas roux une marguerite cueillie en route et un peu flétrie par la chaleur. Ainsi ressemblait-elle à ces étudiantes gloussantes qui sortaient de l'université voisine... Les gloussements en moins.

*C'est à croire qu'on les a croisées avec des pintades* Pensa t-elle avec une pointe de mépris.

Bêcheuse ? Peut-être un peu. Sauvage sans aucun doute. Un jeune homme surgit de la droite et plongea vers le groupe de dindes gloussantes qui ne purent s'empêcher de rire bêtement. Le mâle tenta l'humour, le jabot bien gonflé, torse en avant et saisit la dinde en chef pour lui chatouiller les côtes. Le charme semblait opérer car toute la basse-cour poussa des cris.

*Une parade amoureuse typique chez des primates post pubères échauffés par le retour des beaux jours. Bientôt il va pousser des grognements gutturaux et elles frétilleront du popotin. Pitoyable*

Cassandra renifla avec dédain sans toutefois détourner le regard. Plutôt mourir que de reconnaître que ce petit manège était plus intéressant à observer qu'elle ne voulait se l'avouer ! Un lampadaire de fonte ouvragé attira finalement son regard et elle ralentit le pas. Il lui fallait à présent tourner et quitter l'artère principale bondée. Hoggin's était une bicoque coincée entre un bar et une librairie fermée, le genre de bâtiment que les moldus ne remarquaient jamais, surtout au fond d'une ruelle pavée sans intérêt apparent. Cassandra ralentit encore et plongea la main dans une petite poche dissimulée contre sa cuisse à la recherche de la liste que lui avait confié son grand-père. Elle avait bien proposé de les lui préparer elle-même ses potions mais il semblait prendre un malin plaisir à la voir crapahuter en ville. Il était vieux, gâteux et arthritique, elle ne pouvait pas le lui refuser, le pauvre. Le parchemin maudit se déroba entre ses doigts.

"Nom d'un boursouff'..."

Elle avait à peine eu le temps de l'extirper qu'il prenait déjà la poudre d'escampette. Cassandra plongea brusquement pour le rattraper avant de se faire bousculer puis agripper furtivement. Elle se redressa vivement et tourna la tête vers l'importun, l'air peu commode. Heureusement elle avait récupéré le morceau de papier et le serrait à présent farouchement. Cassandra appréciait autant les contacts physiques qu'un hippogriffe appréciait l'impolitesse. Elle bredouilla maladroitement :

"rien, c'n'p-pas grave"

Les sourcils hauts de surprise de voir l'homme lui sourire au milieu de ses excuses, l'air presque aussi à l'aise et désolé qu'elle était fan de Quidditch (inutile de souligner ici le sarcasme), elle redressa le menton et entrouvrit les lèvres prête à tenter de répliquer. Elle aurait sans doute pu rétorquer quelque chose de bien pensé... Sans doute. En cherchant bien. Une tête surgit de l'étole qu'elle portait au cou et jaillit à travers le tissus pour lui escalader l'épaule nonchalamment. La bestiole était un rat crème aux extrémités plus foncées et à l'implantation des oreilles étonnamment basse. Son apparition sembla décourager les reproches et Cassandra sourit légèrement.

"Vous avez réveillé mon garde du corps"

Allait-il partir en courant tout de suite ou immédiatement ?



Dernière édition par Cassandra Duggan le Dim 1 Juil 2012 - 3:04, édité 1 fois
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James Gardens
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MessageSujet: Re: Vagabondages   Ven 29 Juin 2012 - 17:02

HJ: nous sommes à Bristol Wink ...

Quand j'étais môme, un rat pas plus gros que celui-là m'avait sauvagement attaqué, me laissant pour souvenir de notre rencontre un pouce ensanglanté et déchiqueté. La cicatrice ornait encore mon doigt et me permettait de broder des histoires abracadabrantes de combat époustouflant, d'accident meurtrier ou n'importe quel récit ayant moi pour héros principal. là, vous la voyez, cette cicatrice, sur ma main droite ? Ah ? Non ? Ca devait être la gauche ...! Mémorable vous dis-je !
Autant dire que je n'étais pas un grand fan des rongeurs en tout genre et qu'un bon rat était pour moi un rat rôti.

* Zen, mon James ! Zen ! *

Plus facile à penser qu'à faire quand on se retrouve nez à nez face à des incisives acérées toutes prêtes à vous raccourcir ledit nez. Quel mauvais goût pour cette fille que de se balader avec une telle vermine nichée dans le cou. La voilà qui perdait quelques points de charisme alors qu'elle n'avait pas prononcé trois mots.
Foi de Gardens, je mis pourtant un point d'honneur à ne pas reculer d'un pas, tandis que je réfléchissais le plus vite possible. Ce qui me prit deux bonnes minutes. De deux choses l'une, ou bien je refusais de m'avouer vaincu et continuais sur ma lancée (moi, baisser le joug face à une teigne sur pattes ? Jamais !), ou bien je m'en allais clopin-clopant vers d'autres aventures, égratignant ma propre image. Qui savait si une de ces gamines de Poudlard n'était pas dissimulée dans un coin, à fouiner en quête d'un potin à faire circuler à la rentrée ? C'est que j'avais une réputation à défendre, moi, James Gardens, premier du nom ! Qu'à cela ne tienne ! Je restais ! Le rat n'était sans doute, après réflexion que la version moderne du dragon à abattre pour parvenir jusqu'à la belle ! Les moldues s'accrochaient tout de même à des rituels stupides en matière de séduction...

Je me campais fermement sur mes deux pieds. Ouch !
Je me campais fermement sur un seul de mes pieds, l'autre se contentant de faire illusion en attendant l'amputation finale et adressais mon sourire le plus charmeur à la demoiselle au rat.

...

Vite ! Une idée !

...

Les mauvaises langues diront que je n'ai jamais brillé par la fulgurance de mon intelligence... Mais ces mêmes langues se perdent en ragots et potins et n'hésitent pas à colporter mille malheurs sur le dos de chacun. La vraie preuve d'intelligence est de ne pas les écouter, croyez-moi !
Bon. J'étais toujours à la recherche de mon idée et les secondes courraient à toute vitesse.
Ah ! J''y étais !

- Peut-être un petit encas adoucirait-il les mœurs de votre garde du corps ?

Vous voyez ! Quand je veux, je peux même faire des phrases élégantes à la syntaxe parfaite. J'avais piqué celle-ci dans un vieux magazine féminin qui traînait à la gare de Pré-au-Lard. Encas sonne mieux que casse-croûte ou déjeuner. Et, ni vu ni connu, je l'invitai à prendre un verre en prétextant m'intéresser à la santé de sa bestiole. Des fois, je suis tout simplement génial !

- Il y a un pub à quelques pas d'ici...

Quelques pas, c'était tout ce que je pouvais faire sans me ridiculiser. Et j'étais connu comme le loup blanc dans ce pub. J'y obtiendrai des consos à l'œil et une table un peu à l'égard des foules.

- Ils servent de très bons shortbreads. Votre garde-du-corps devrait apprécier...
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Cassandra Duggan
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MessageSujet: Re: Vagabondages   Dim 1 Juil 2012 - 3:28

HJ : Je ne sais pas pourquoi j'ai écrit Glasgow... Je parlais bien de Bristol pourtant. J'ai édité, désolée !

Loin d'imaginer les pérégrinations intérieures du concierge à l'originalité débordante, Cassandra étudiait l'homme du regard avec l'attention d'une physionomiste myope en consultation. Il n'avait pas reculé, c'était déjà un bon début, mais l'expression fugace qui avait traversé son visage avait trahi, l'espace d'un battement de cil, son aversion pour le rongeur à l'air taciturne. Galaad était pourtant un bon rat. Récupéré tout raton dans une animalerie fermée par le ministère pour cause de maltraitance passive, Cassandra s'était tout de suite pris d'affection pour la petite créature chétive au nez arrondi, aux oreilles décollées et aux moustaches frétillantes. Elle avait placé les membres de sa fratrie mais n'avait pas résisté à l'envie de garder celui qui, sur les douze, avait l'air le plus niais, le plus perdu et le plus désavantagé. Les mois passant il avait profité, si bien qu'il était à présent rond et potelé. Lorsqu'elle en avait l'occasion, Cassie prenait Galaad avec elle. Car n'oublions pas que les rats sont des animaux sociaux !

La petite créature installée sur son épaule se cala sur son derrière et entama une méticuleuse toilette, tout à fait à l'aise et ignorant superbement l'homme qui quelques minutes plus tôt l'avait dérangé au milieu de sa sieste. Cassandra quant à elle fronça progressivement les sourcils alors que James lui proposait d'aller boire un verre. Quel culot ! Il ne manquait pas d'air celui-là. Elle croisa les bras sur la poitrine et le laissa se dépêtrer dans ses propositions sans dire un mot. Heureusement, il s'agissait d'une jeune femme bien élevée et de bon tempérament. Aussi ses paroles...

"Je vous remercie mais j'ai quelques courses à faire. Je crains de manquer de temps hélas"

... Furent elles d'une douceur admirable. Elle se força même à lui sourire et à ne pas reculer.

*Oh oui quel dommage...* Pensait-elle intérieurement en tentant de conserver l'air le plus neutre possible.

Cet homme commençait à se dégarnir et sa démarche claudicante lui faisait presque peine. Mais en bonne effarouchée, elle avait surtout envie de partir en courant. Qu'est ce que tout parent tentent de fourrer dans la tête de leurs enfants dès le plus jeune âge ? Ne jamais parler à un inconnu, un homme d'autant plus ! Alors qu'il souriait -d'un air charmeur il parait- Cassie se l'imaginait tour à tour coureur de jupon, satyre, mangeur d'enfants ! Elle recula d'un pas.

"Mais c'est très gentil de votre part !"

Un pas encore. Elle ne croyait pas à la gentillesse désintéressée, surtout pas venant d'un homme moitié chauve qui boite avec les dents tordues. Pas dans une ruelle à l'écart du passage. Il ne fallait pas pousser Merlin dans les orties !
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James Gardens
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MessageSujet: Re: Vagabondages   Dim 1 Juil 2012 - 22:37

HJ : y a pas de mal Wink .

Elle croyait duper qui, mademoiselle-mépris, avec son grand sourire. Elle venait de m'envoyer un vent et elle le savait très bien, l'impertinente ! Foi de Gardens, je n'en revenais pas, ni des yeux ni des oreilles ! Cette gamine m'éconduisait comme on jette les eaux usagées à l'égout.
Et, non, mon orgueil n'était pas froissé ! Arrêtez donc de me prendre pour ce que je ne suis pas. Si son refus me restait en travers de la gorge, c'était parce que... euh, bon, d'accord, j'étais peut-être un peu vexé. Mais la demoiselle ne savait pas ce qu'elle perdait en e repoussant de la sorte, moi, James Gardens, premier du nom.

En homme moderne et bien élevé, je ne fis strictement aucun commentaire. Non, mesdames, pas la moindre plus petite grimace. Je me redressai, pris l'air digne et posai sous mon meilleur profil, en assurant à l'inconnue que, non, pas de problème, je comprenais très bien. Ce à quoi j'ajoutai :

- La bonne journée à vous !

Avant de me détourner, l'air toujours droit et impeccable et de laisser échapper une grimace, qu'elle ne put voir, quand mon pied estropié se rappela à mon souvenir. Je m'éloignai lentement, la laissant à son triste sort de femme esseulée, et me dirigeai vers le pub qui était depuis tout l'heure mon objectif, afin d'y consoler ma déception. Le mot était un fort. D'y noyer mon étonnement. Me refuser un tête-à-tête, à moi ! Décidément, en grandissant, la gente féminine ne changeait guère ! Peu farouche et pourtant fort disposée à faire preuve d'une fierté mal placée. Enfin, elle ne savait pas ce qu'elle perdait, à dépenser ainsi son temps en d'autres compagnies que la mienne.

J'atteignis L'œil des Sirènes quelques minutes plus tard et m'affalai dans mon siège préféré, pile sous une tapisserie illustrant un passage de la Guerre des Gnomes. Rupert, le barman, m'apporta aussi sec un grand verre de mon whisky préféré. J'en avalai une bonne rasade, décidé à chasser l'affront subi de ma mémoire à court terme.

[…]

Un peu plus tard, après quelques verres qui m'avaient rendu d'humeur joyeuse, je terminai mes ultimes courses (matériel de bureau et cadeau d'anniversaire pour mon fils préféré) et, au vu de l'heure si peu tardive, décidai de faire un détour par chez Fleury et Bott. Tt-tt-tt ! N'allez pas imaginer que je sois devenu un lettré pendant que vous aviez le dos tourné ! J'avais toujours aussi peu d'attrait pour les grimoires, qui, à mon sens, n'étaient qu'une suite de lettres savamment organisées pour donner à l'auteur un air intelligent. Quand il y parvenait, ce même auteur voyait son coffre en banque se renflouer généreusement. Si le grand public tombait dans ce genre de guet-apens, grand bien lui fasse. Je m'estimais au-dessus de ces fadaises et avais bien d'autres façons de passer agréablement le temps. Non, si j'entrai dans cette libraire, c'était uniquement parce qu'ils avaient l'heur de vendre quelques albums illustrés du plus grand goût, qui nous faisaient bien rire, mes fistons et moi. De quoi combler une ou deux soirées d'été à se faire griller des saucisses.

Je me hasardai alors dans les rayons, regrettant qu'aucune âme sensée n'ait daigné mettre de grandes flèches rose fluo indiquant les différents sections et rayonnages pour les incultes dans mon genre et me résignai à errer comme un être en peine à la recherche d'un peu de divertissement. J'errai donc, quand une silhouette vaguement familière me turlupina le coin de l'œil.

Non ?
Si.

Notre farouche demoiselle de tout à l'heure devait faire partie de ces intellectuels prétentieux puisqu'elle fréquentait l'antre des livres. Je ne devais plus m'étonner de rien, ni de son refus, ni de son air hautain ! Ah, on préférait la compagnie des livres à la mienne ! Qu'il en soit ainsi !

Sans réellement fomenter de vengeance, je m'approchai discrètement (mon pied se portait mieux, merci de vous en soucier !) et avisai le plus lourd ouvrage des alentours. Un coup de baguette magique plus tard, l'encyclopédie lui atterrit sur le pied. Chacun son tour d'éprouver les petites douleurs des aléas quotidiens ! Non mais. Je continuais mon approche, feignant de l'avoir remarqué à l'exclamation qu'elle n'avait sans doute pas manqué de pousser, affichai mon plus bel air surpris et m'enquerrai de son état, galamment :

- Mademoiselle ! Allez-vous bien ?

Avant d'enchaîner, le plus naturellement du monde :

- Ne nous serions-nous pas déjà croisé ?

Eh oui, personne n'était inoubliable, surtout pas elle. Il fallait bien qu'elle en prenne conscience un jour. Le plus tôt serait le mieux !
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Cassandra Duggan
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MessageSujet: Re: Vagabondages   Mar 3 Juil 2012 - 3:09

Cassandra fut fort étonnée de le voir faire demi tour sans insister. L'avait-elle mal jugé ? Le pauvre homme était peut-être bien seul, peut-être cherchait-il simplement une amie. Elle le regarda pivoter puis s'éloigner dignement et se mordit la lèvre de regret. Il lui faisait l'effet d'un chiot aux pattes trop longues, tentant de courir dignement derrière un bourdon. Le pauvre... Elle entrouvrit les lèvres, prête à le retenir d'un mot... Mais le courage lui manqua et elle préféra garder le silence.

"Mais... C'était quand même très gentil !"

Lança t-elle tout de même dans son dos avant de reculer de nouveau d'un pas. Les gens malheureux et seuls étaient souvent trop dignes pour supplier. Le pauvre bougre était sans doute dans ce cas-là. Elle le regarda encore quelques instants et reniffla, plissant le nez avant de lever une main timide.

"Au revoir..."

Puis elle se détourna et trottina jusqu'à la boutique de l'apothicaire dans laquelle elle s'engouffra rapidement. Galaad alla tranquillement se réinstaller dans le foulard enroulé pour ne plus reparaître.

[...]

Le vieux Gilles Hoggin était un petit homme revêche et sec comme une branche morte. Une paire de lunettes ovales perchées sur le bout de son trop long nez pointu, il fixait chaque arrivant de ses yeux perçants. Elle avait expédié la course avec hâte, peu à l'aise au milieu des bocaux, des herbes aromatiques et des chaudrons fumants. Elle n'appréciait guère le prélèvement de peau, de sang ou de toute autre partie du corps de créatures magiques telles que les dragons ou les licornes. Et même si elle reconnaissait les vertus de certaines médecines, elle n'en avait pas moins une aversion incontrôlable. Quelle barbarie... Cassie enfourna la commande au fond de sa poche et prit congé de l'homme avec une politesse mesurée.
Les sourcils froncés, elle avait traversé la ruelle en fixant les pavés, plongée dans ses pensées. Quel était cette science qu'elle avait évoqué durant un exposé lors de sa dernière année en médicomagie ? Il s'agissait de l'utilisation de racines en provenance de l'Amazonie. Etait-ce Inca ? Maya peut-être... Elle avait tenté de prendre contact avec un Chaman autochtone mais sans succès. Il s'appelait... Elle claqua la langue d'agacement. Comment pouvait-elle avoir oublié ce genre de détail ? Contrariée par sa mauvaise mémoire et impossible de s'avouer vaincue, elle s'arrêta brusquement et changea de direction. Elle savait où trouver la réponse : dans un bon vieux bouquin.

[...]

"Ouille !"

Le grimoire était tombé de tout son poids sur son pieds alors qu'elle était profondément plongée dans ses recherches. Elle avait déjà écarté le "Grand Livre de l'Ethnomagie" et "Incasables Incas" qu'elle se souvenait avoir feuilleté à l'époque. Sans succès. A croire que les potions traditionnelles fussent totalement écartées des considérations actuelles.
Cassie redressa vivement la tête, ses yeux allant plusieurs fois du livre à James sans vraiment comprendre le lien entre les deux éléments qu'elle trouvait pour le coup plutôt contradictoires. Soit cet homme attirait irrépressiblement le mauvais oeil (rappelons que leur première rencontre était consécutive à une infortune bousculade), soit il était très maladroit. Il y avait également la possibilité du hasard mais son petit doigt lui disait que c'était une explication bien ingénue.

"J'avoue que j'ai connu meilleure journée"

Elle grimaça de nouveau et se baissa pour ramasser le volume et le poser sur une étagère puis referma le livre qu'elle était en train de consulter. L'avait-il suivi ? Elle se regarda autour. C'était fort peu probable. Il y avait déjà un moment qu'elle flânait et elle avait eu le temps de voir tous les clients visitant les rayonnages. Par un temps si radieux, peu de lecteurs se pressaient ici.
Elle remua les orteils pour vérifier leur mobilité et fut satisfaite du résultat. Elle avait la chance d'être jeune et bien charpentée ; il fallait plus qu'un livre pour lui ôter le sourire.

"Que faites vous ici ? Je vous croyais parti boire un verre"

De nouveau, elle s'interrogea sur cet étrange personnage. Elle l'aurait juré plutôt du genre à parier sur un combat de botrucs qu'amateur de lecture. Comme quoi la robe ne faisait pas le mage !

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James Gardens
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MessageSujet: Re: Vagabondages   Ven 6 Juil 2012 - 17:48

* Je suis génial ! *

Il y avait des prises de conscience soudaine qui vous faisaient chaud au cœur et au moral.
Conscient qu'étaler un grand sourire satisfait à ce moment précis de mon existence serait très certainement mal perçu et mal compris, j'affectai toute la réserve de circonstance et me contentai d'avoir l'air concerné. Ça n'était pas si difficile puisqu'il suffisait d'un peu d'imagination.
Je grimaçai vaguement comme pour compatir, ou mieux, comme si je pouvais ressentir cette chose terrible qu'est l'empathie. Avant de me rendre compte qu'en fait, je sympathisai vraiment. Mon propre pied avait souffert le martyr pas plus tôt que ce matin et je me trouvai presque un peu dur d'avoir infliger ça à la demoiselle. Ma culpabilité éclair s'enfuit aussi vite qu'elle était venue. Pas vraiment habitué à ces choses-là. Et puis, à la guerre comme à la guerre ! L'occasion avait été trop belle.

- Maintenant, c'est vous qui auriez besoin d'un petit remontant...

Et je trouvai ma répartie géniale : l'art de rebondir, façon James Gardens. Avec un peu d'entraînement, vous pouvez faire ça chez vous, les enfants. Il vous faudra quand même quelques années pour atteindre mon niveau d'excellence mais ne désespérez point. La nature a été généreuse avec moi mais là où le talent pèche, le travail compense. Personne n'est un cas désespéré. Personne.

Je m'autorisai un vague sourire de connivence qui était tout sauf ironique.

- Ma proposition tient toujours, vous savez. En tout bien, tout honneur., ajoutai-je pour désarmer la situation.

Oserai-je en rajouter une couche ?
Bien certainement !

- Ma chère mère disait toujours qu'une boisson chaude venait à bout des petites contrariétés du quotidien. La brave femme en buvait des litres et des litres chaque jour.

Ma génitrice n'avait, bien entendu, jamais rien dit de tel et depuis près de trente ans qu'elle avait quitté le territoire anglais, je doutais qu'elle ait jamais satisfait un quelconque penchant de ce genre. Mais les femmes étaient toujours bizarrement rassurées d'entendre mentionnée celle qui nous avait élevé, comme si, du moment qu'une femme était responsable de notre éducation, nous ne pouvions pas être si pire. S'il n'en fallait pas plus pour leur faire plaisir, j'étais prêt à écrire une thèse, un article... à la mentionner au détour d'une conversation.

Mais la demoiselle parlait de moi, avec un soupçon de curiosité à défaut d'intérêt... Et j'adorais qu'on s'intéresse à moi. Comme n'importe quel être humain pourvu d'un minimum d'amour-propre. Moi était mon sujet favori et je ne me lassai pas d'en parler.

- Mais mon verre est bu et bien bu ! Ceci fait, je venais ici pour choisir un cadeau d'anniversaire... pour mon fils.

Je me connaissais, une fois lancé sur le sujet, j'allais vite devenir intarissable et il n'était pas bon d'exposer la totalité de sa vie privée à la première rencontre. Mes fils étaient deuxième dans la liste de mes sujets favoris. Pour ne pas céder à la tentation de chanter leur louange, j'optai pour la solution qui me paraissait la plus sage : poser à mon tour quelques questions :

- Et vous, que cherchiez-vous ici ? A part provoquer la colère des grimoires ?

Aucune femme ne résistait à l'humour, c'était bien connu.
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Cassandra Duggan
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MessageSujet: Re: Vagabondages   Mar 10 Juil 2012 - 2:25

Ainsi il avait un fils... C'est drôle, elle n'avait pas imaginé cet homme avec une vie de famille ; père, époux, fils. Elle ne l'avait pas supposé tel qu'était tout être humain. Avait-il ce sourire amical tout à l'heure ? Et ce regard, était-il aussi peu dangereux dans la ruelle pavée ? Cassandra pencha la tête sur le côté, les sourcils se haussant de surprise.

"Vous avez un fils ? Quel âge a t-il ?"

Elle embrassa l'espace du regard à la recherche des rayonnages pour enfant. Il perdait un peu ses cheveux mais il n'avait pas l'air d'être en âge d'avoir un fils adulte tout de même. C'était une bonne idée, ça, un livre pour un anniversaire. De nos jours on avait que trop tendance à offrir aux enfants des débilités qui les abrutissaient plus qu'elles ne les élevaient. Elle grimaça intérieurement. Voilà qu'elle commençait à penser comme sa grand-mère.

"J'étais en train de rechercher..."

Elle haussa les épaules et lui montra la couverture du volume qu'elle feuilletait quelques minutes plus tôt : Grands hommes de l'Amazone. Elle relut elle-même le titre avec perplexité. Ce livre ne pouvait que contenir le nom de l'homme qu'elle avait oublié bien malgré elle, mais elle ne voulait pas reconnaître face à l'étranger que c'était par pur orgueil qu'elle se trouvait là.

"Le nom d'un herboriste. Pour un rapport."

Oh ce mensonge. Elle n'était en général pas très douée pour raconter des bobards. Elle espérait qu'il ne chercherait pas à en savoir plus long où elle risquait de ne pas réussir à monter une histoire crédible. Elle lui sourit largement et reposa le livre près de celui qui lui avait agressé le pied peu de temps avant.

"Je crois que le rayon pour enfant est par ici. Peut-être pourrais-je vous aider pour le cadeau de votre fils. A moins que vous ne sachiez déjà ce qu'il conviendrait de lui prendre"

Elle s'engagea sur le bon chemin sans trop de précipitation pour l'inviter à la suivre. Ainsi il était plus sécurisant de faire connaissance. N'oublions pas qu'il s'agissait d'une jeune femme plutôt prudente et peu encline aux nouvelles rencontres.

"Peut-être a t-il une passion ?"

Les petits garçons aimaient le quidditch. Etait-ce son cas ?
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MessageSujet: Re: Vagabondages   Ven 13 Juil 2012 - 20:44

Une chose était sûre : ça n'était pas moi qui allait ressusciter le nom du type à ses oreilles. Déjà, que quelqu'un puisse s'intéresser aux plantes ma paraissait d'un ridicule consommé mais que moi, je puisse avoir un quelconque intérêt pour le quelqu'un en question, voilà qui dépassait toutes les frontières connues du burlesque. Je me contentai d'hocher vaguement la tête, comme si je pouvais seulement y entendre quelque chose.
J'avais posé la question par politesse et la réponse ne m'intéressait pas du tout. Mais du tout. C'était bien ma veine de tomber sur une intellectuelle. J'avais eu l'espoir que l'objet de ses recherches m'aidât à mieux cerner le personnage et, qui sait, à la lancer sur un sujet de conversation qui nous ferait quelques points en commun. Mais, franchement, vous me voyez à discutailler boutures et cueillette ? Moi, non.

Alors, tant pis, on allait parler de moi. Dure la vie Very Happy !

- J'en ai deux !, m'exclamai-je donc, dans mon enthousiasme. Avant de préciser, afin d'éciter toute confusion : De fils, bien entendu.

Après tout, elle avait mis au panier mon invitation à boire un truc, peut-être était-elle un peu lente, ou sourde, ou distraite. Si je voulais une vraie conversation, j'allais devoir faire des efforts.

Là, dilemme. Si je lui avouais l'âge de mon fils, son esprit aurait tôt fait de faire le calcul => je suis un vieux. Je détestai passer pour un croulant qui devrait bientôt se préoccuper de l’arthrite et, pourquoi pas, des problèmes d'incontinence. La jeunesse vous classait derechef dans le patrimoine historique si vous aviez dépassé trente ans.
D'un autre côté, si, vraiment, elle m'aidait dans mes recherches, j'aurais l'air fin de ramener à Richard un bouquin pour les 3 - 5 ans. J'annonçai donc :

- Il va avoir vingt-deux ans... Je l'ai eu très jeune.

J'accentuai bien le "très" qui avait deux gros avantages : un, me rajeunir, deux, faire sous-entendre à la demoiselle que j'étais devenu mature très tôt. Les filles aiment les garçons matures.
Je la suivit malgré tout dans la direction qu'elle prenait et qui me donnait bientôt l'impression d'être retombé en enfance. Bon. Il n'était peut-être ni l'heure ni le lieu de lui avouer que les passions de Dickie étaient : la bière, les pin-ups et les courses de balai illégales. J'improvisai :

- Il aime, euh... faire la cuisine !

Un nouvel éclair de génie ! En si peu de temps, c'était presque trop pour un seul homme. J'allais bientôt devenir un record à moi tout seul. Ca n'était pas franchement pour me déplaire. Puisqu'inspiré, je conclus ainsi :

- Il doit tenir ça de son père., me rengorgeai-je.

* Moi qui ne sais pas faire cuire un œuf... *

Avec les garçons, nous avions une petite pile de cartes de fidélité chez les différents traiteurs de notre coin.
Mais cuisiner, ça aussi, ça faisait bonne impression. Dans une heure ou deux, je pourrais peut-être même l'inviter à dîner à la maison et lui faire découvrir mes talents. Ceux de chez Haggiz, en vérité.
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MessageSujet: Re: Vagabondages   Mar 17 Juil 2012 - 1:19

Ainsi le fils avait pratiquement son âge... Même s'il l'avait eu tôt, cela signifiait qu'il devait tout de même avoir près du double de son âge. Une nouvelle fois ses yeux bifurquèrent vers le crâne en cours de dégarnissage de son interlocuteur et elle lui sourit précipitamment pour masquer son indiscrétion. Il avait l'air charmant et parlait avec beaucoup de gentillesse, mais pas suffisamment pour lui faire oublier qu'ils semblaient n'avoir aucun point en commun et surtout... Une différence d'âge proche du gouffre. Le pauvre. Cassandra avait du mal à s'imaginer vieille (oui, 45 ans pour quelqu'un de son âge c'était VIEUX).

"La cuisine ?"

Elle pouffa de rire. Elle s'attendait à l'entendre dire "Le Quidditch" ou une banalité dans le genre. La cuisine c'était plutôt inhabituel, surtout à 22 ans et chez un homme. Ou peut-être vivait-elle dans un cliché géant... En tous cas chez elle, son père ne touchait jamais une casserole, même par la pensée. A croire que la poignée était couverte de pus de bubobulb et qu'il risquait de se couvrir de furoncles. Sa mère n'était pas non plus une exceptionnelle cuisinière mais disons qu'elle n'avait jamais empoisonné personne. Elle faisait un porridge particulièrement insipide qui avait dégoûté Cassie d'en manger jusqu'à la fin des temps.

"Bien, alors la cuisine."

Elle retint un nouveau rire et slalomma à travers les rayons, les yeux fixés sur les rayonnages, les doigts glissant sur les reliures dans un effleurement presque amoureux. Elle adorait les livres. Ils faisaient voyager, contenaient toute la connaissance du monde et se faisaient secrets lorsqu'on en avait le plus besoin. Pour Cassandra, il y avait autant de livres qu'il y avait d'identités. Ils étaient plein de sentiments, ils vibraient au rythme de celui qui l'avait écrit, à l'unisson avec le lecteur et dans l'espoir de vivre encore dans l'avenir. Oui, même si ce livre traîtait de la détention des biliwig en Afrique du Sud.

"Ah ah !"

Elle s'arrêta brusquement et saisit un volume qu'elle tira d'un air triomphal. La couverture était peinte de couleurs colorées attrayantes et très modernes.

"Jeune Cuisine Magique"

Elle le tapota d'un index convaincu.

"Ce livre est génial lorsqu'on débute. Les illustrations sont très explicites et le livre se transforme durant la dernière phase de préparation de la recette afin de servir de modèle taille réelle. Il y a de quoi s'amuser. Ma mère a offert ce livre à une cousine folle de cuisine à Noël dernier, elle l'a adoré"

Elle tendit l'ouvrage à James afin qu'il le feuillette par lui-même.

"Bien sûr, il y a des livres de recettes plus classiques ou même des livres sur l'histoire de la cuisine mais à moins d'être complètement mordu, je vois mal votre fils dévorer "L'histoire du Sorbet Sorcier" au coucher"

Elle se trompait peut-être. Lorsqu'elle imaginait ce fils, elle le voyait comme son père, le nez couvert d'acné. Et cette vision était plutôt cocace.
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