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 [rues commerçantes] Sous le soleil d'un nouvel été

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Léo Wendling
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MessageSujet: [rues commerçantes] Sous le soleil d'un nouvel été   Jeu 14 Juin 2012 - 21:05

Une belle journée s’annonçait. Les rayons du soleil miroitaient sur la fenêtre de mon modeste appartement. La vapeur de l’eau qui bouillait mon riz, envahissait la pièce principale. Dans un geste presque automatique, j’ouvris la fenêtre, observant ainsi les rues de Londres. Les passants fourmillaient par centaine, marchant dans des directions bien précises. Des hommes en costumes, des jeunes étudiants, des femmes tenant des montagnes de courses et bien entendu, ces vieux personnages qui m’horripilaient tant. J’avais toujours eu beaucoup de mal avec les vieux moldus. Parfois, je pensais même qu’ils faisaient exprès d’être aussi lent, de boucher les escaliers, de vous passer devant, de vous regarder de haut, comme s’ils étaient bien plus sages que vous.

Enfin, je retournais à ma cuisine, goûtant mon riz devenu bien trop collant. Qu’à cela ne tienne, j’avais trop faim pour faire la fine bouche. Un bon steak pour accompagner le tout et une petite sauce à l’anglaise et voilà un bon repas. C’était les vacances et profiter de ce temps radieux et si rare était presque une obligation. Ma guitare trainait dans un coin de la pièce depuis des mois. Je ne l’avais pas vraiment touché durant mon cursus scolaire, trop occupé à user ma baguette magique. Il faut bien l’avouer, je n’avais plus vraiment le temps de gratter ces petites cordes bien brutes et de chanter sur un air d’acoustique mélodieux.

Je fis quelques exercices musculaires pour me mettre en forme. Attrapant mon veston et ma guitare, j’étais enfin prêt à descendre les innombrables escaliers de l’immeuble. Mais bien sûr, arrivé au huitième étage, Mr Brown sorti de chez lui. C’était un homme particulièrement obèse, trapu et qui possédait deux ou trois chiens qui ressemblaient étrangement à des Gnomes peu ragoutants. Il marchait sur ses quatre-vingt ans et prétendait encore pouvoir descendre l’escalier de son immeuble. Quelle aubaine ! Il était si penaud dans ses mouvements et sa graisse semblait ralentir chacun de ses pas. C’était une situation que j’aurai bien voulu effacer d’un coup de baguette magique. Bien que j’aie le droit d’user de la magie, maintenant, je devais rester patient. Après tout, c’était un vieux moldu et il ne comprendrait pas le fait de se retrouver en l’air pour laisser passer un jeune homme hardi.

Me mordant la lèvre inférieure, j’avançais lentement, cherchant un moment propice pour passer entre la rampe de l’escalier et la graisse de Mr Brown. Il chancelait de droite à gauche, poussant des grognements rauques et soufflants comme un buffle. C’était navrant. Arrivé au sixième étage, mes nerfs commençaient à lâcher. Alors je lui déposai une main sur l’épaule, espérant que ce vieux balourd l’est senti.


« Mr Brown. Excusez-moi, mais je suis pressé. Si vous pouviez vous mettre sur le côté et me laisser passer ? »

Il grommela et continua son avancée lente et périlleuse. En plus d’être obèse et laid comme un pou, il était sourd ! Par Merlin, à quoi devais-je m’en tenir ? J’aurai mieux fait de prendre mon balai magique. Haussant les épaules, je sortis ma baguette magique. Tant pis pour ce désagrément, mais ce bon vieux Mister Brown en faisait un peu trop. D’un seul coup, je me permis le rendre plus plastique, plus souple qu’un chewingum, histoire que je puisse passer sans problèmes.
Malgré mon enchantement, sa graisse me collait à la peau, m’étouffant presque entre la rambarde et son corps. Allez, avec quelques efforts je pouvais passer. Voilà ! Ouf ! J’avais réussi. Lui adressant un sourire malingre, je dévalais les escaliers sans jeter un regard en arrière. Une fois en bas, je voyais encore sa masse corporelle, descendre péniblement les marches du cinquième étage. Dressant ma baguette magique, je lui rendis sa contenance initiale.


« Enfin ! »

Prendre un bon bol d’air, courir à travers les avenues et m’installer dans cette rue commerçante. Rien de meilleure. Alors, je sorti ma guitare de son étui et commença à gratter quelques notes. Voilà, c’est parti ! Une petite musique bien sympathique d’un groupe qui me tient à cœur, Snow (Hey Oh) des Red Hot Chili Peppers.
Je me laissais porter par une vague de frissons, de plaisance et d’enivrement. Je ne voyais plus le public qui s’était formé en demi-cercle tout autour de moi. Seuls mes doigts glissaient sur les cordes, d’un geste précis et régulier. La mélodie qui se dégageait de l’instrument était aussi radieuse qu’une rosée fraiche d’un matin printanier. C’était agréable de se sentir partir, loin, mais de rester pourtant, physiquement, accroché à cette terre solide. Quand j’ouvris les yeux, je découvris à travers la foule, une jeune brunette qui me dévorait de ses yeux ampli par la curiosité.
Seule elle, se tenait dans mon champ de vision. Elle était loin, à l’autre bout de la rue, mais pourtant, je sentais sa présence au plus profond de ma chair. C’était bizarre. Nos regards se sont croisés. Elle m’a forcément vu.
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Savannah Brooks
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MessageSujet: Re: [rues commerçantes] Sous le soleil d'un nouvel été   Mer 27 Juin 2012 - 23:19

Fait rare à noter d'une croix blanche sur un calendrier oublié, je fus réveillée par un rayon de soleil venu se perdre sur mon visage, juste au coin de l'œil. Je lâchai un petit soupir ravi en m'étirant comme un chat sous les draps. Enfin un peu de lumière dans ce monde de grisaille... J'allais peut-être enfin pouvoir profiter d'un peu de temps libre en plein air, à gratter quelques notes sur l'acoustique vieillotte qui prenait la poussière dans un coin de mon salon, faute de temps à lui consacrer. Ah non, il fallait que je change les cordes, au moins aussi rouillées que mes doigts et désormais au nombre inepte de cinq au lieu de six, faute d'argent à y investir. Première fausse note.

Je m'assis sur mon lit en grimaçant, une main devant les yeux pour les protéger du soleil qui s'invitait joyeusement par le velux, déjà de moins bonne humeur. S'il fallait que ma première journée de beau temps soit gâchée par un problème aussi stupide... Je réfléchis rapidement, m'avisant que je pouvais bien piocher quelques pièces à Peggy, juste de quoi acheter un set de cordes bas de gamme. Pour être tout à fait honnête, c'était la guitare elle-même qu'il aurait fallu remplacer, mais là, même Peggy ne pouvait pas m'aider - et elle n'était de toute façon pas là pour ça.

Peggy était la responsable de mon fonds d'urgence, un bien maigre pactole censé répondre à toute crise financière d'importance... et définitivement pas à la hauteur. Dix centimètres au garrot, des flancs roses bien rebondis et une petite bouille absolument pas mignonne, Peggy le cochon-tirelire ne devait pas contenir le tiers de ce qu'on me demandait pour un mois de loyer - je n'osais même pas vérifier.

Quoi qu'il en soit, Peggy ne pouvant pas râler - malgré les bizarreries qu'on trouvait actuellement sur le marché, elle restait un objet inanimé tout à fait ordinaire - je serais bien la seule à grincer des dents à l'idée d'alléger ces pauvres économies. Et pour tout dire, cela faisait déjà un moment que j'estimais que ce fonds d'urgence était totalement inutile. L'affaire était donc entendue.

Une demi-heure plus tard, ma décision était prise. Je saisis la pauvre Peggy et dévissai sans pitié le bouchon de céramique qui lui trouait le ventre avant de lui extirper quelques billets froissés que je glissai sans cérémonie dans une poche de mon jean. Puis j'attrapai la sangle de ma housse de guitare, enfilai mes vieilles chaussures aux lacets cassés et quittai mon minuscule appartement - une chambre de bonne, en vérité - non sans en fermer consciencieusement la porte à clé, aussi inutile que soit le geste. Enfin quoi, qui viendrait voler quoi que ce soit dans ce réduit planqué dans les combles d'un immeuble branlant et sans âge, je vous le demande...

Je glissai la clé rouillée dans la poche intérieure de ma veste, où je laissais toujours à portée de main ma carte d'identité et mon attestation d'émancipation - on ne sait jamais - et dévalai les huit étages d'une traite, esquivant avec la force de l'habitude - déjà - les marches semi-pourries ou à demi escamotées qui parsemaient ce parcours du combattant urbain. Et enfin, je fus dehors, sous un soleil radieux, prête à remplir mes batteries en prévision de la future grisaille à (re)venir. Je fermai les yeux, inspirai profondément et souris. En route.

Je passai la lanière de la housse en bandoulière et entrepris de remonter ma rue décrépie pour rejoindre ma boutique favorite. Hors de question de mettre un pied dans une station de métro avec un temps pareil ! J'allais prendre mon temps, savourer ce trop-plein de vitamines qui saturait enfin le ciel et user mes vieilles semelles. A l'ancienne. Je fredonnais en marchant, les mains dans les poches, ignorant avec un dédain calculé les regards en biais que certains passants me jetaient. Oui, j'avais l'air d'une ado rebelle - ce que j'étais, cela va sans dire - et mal fagotée. Mais ce n'est pas donné à tout le monde d'avoir les moyens de ses ambitions, comme on dit. Je gagnais tout juste de quoi payer mon studio et de quoi me nourrir - tel était le prix de ma liberté.

Et je l'assumais avec fierté.

Après une bonne heure de marche, j'arrivai enfin en vue de la rue commerçante où se trouvait la petite boutique de musique où je me rendais. Mais ce n'est pas le décor familier qui me tira de ma rêverie, non, plutôt une mélodie connue, égrenée note après note au milieu de la ville, indifférente à l'environnement. Un air que j'identifiai rapidement, tandis que mes lèvres formaient déjà les paroles et que mes doigts, pourtant privés d'instrument, s'agitaient en rythme, suivant des accords souvent répétés. Je m'arrêtai et cherchai du regard l'origine de cette musique interprétée avec suffisamment de talent et d'émotion pour m'interpeller, et trouvai enfin un jeune homme, installé tranquillement au milieu d'une foule dense et fascinée, complètement absorbé par sa propre musique.

Nos regards se croisèrent, et je sus que je ne pourrais pas m'échapper d'ici sans avoir partagé quelque chose avec lui. Quelques mots, quelques notes... ce qu'il voudrait bien me donner.

Ce fut sans l'avoir vraiment décidé que je m'approchai lentement, sans cesser de mimer un chant qui ne franchirait jamais mes lèvres. J'attendrais qu'il ait terminé sa chanson, et la suivante et celles d'après, si l'envie lui prenait. Pas de problème. J'avais tout mon temps pour un musicien passionné.

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Léo Wendling
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MessageSujet: Re: [rues commerçantes] Sous le soleil d'un nouvel été   Jeu 5 Juil 2012 - 17:32

Je continuais à jouer, me laissant transporter par la musique, enivrante. Mais voilà qu’elle se tenait devant moi, me dévorant de ses yeux sombres, comme étant curieusement en appétit. Le monde s’évanouissait pour laisser place à cette silhouette parfaite, cette forme féminine et distincte qui se dessinait devant moi. La guitare entre les mains, je ne pouvais abandonner mon poste aussi rapidement. Alors je continuais à chanter dans des tons plus graves, voire plus caverneux.
Des applaudissements, des gens qui quittèrent le demi-cercle qui s’était formé tout autour de moi, et d’autres qui eurent la bonté de me balancer deux trois pièces dans la casquette que j’avais posée sur le sol. Non, je ne faisais pas la manche, mais gagner de l’argent en interprétant des airs de musiques connues, ça fait chaud au cœur. Je n’avais pas envie qu’elle s’en aille, j’avais pas l’intention de la laisser filer aussi rapidement. C’est vrai, y’avait comme une sorte d’alchimie qui s’était produit, et je ne saurai dire pourquoi.

Son allure, sa façon d’être, son visage … tout en elle me rappelait cette très bonne amie d’enfance que j’avais connu aux Etats Unis. Maintenant morte, ça faisait bien longtemps que je n’avais pu contempler son visage. Cette jeune femme lui ressemblait. C’était presque trop beau pour être vrai. Alors, sans attendre je pris la monnaie que j’enfournai dans la poche de ma veste, déposa ma guitare dans sa housse et porta tout sur le dos. Sans perdre une minute de plus, je m’avançais vers ma cible.


« Hey ! »

Là, maintenant. Je me sentais terriblement embarrassé, gêné, voire très stupide. On ne se connaissait pas et comme tous les autres individus, elle était simplement venue m’écouter. Pourquoi elle ? Pourquoi pas une autre ? J’en savais rien. Bref, que dire, que faire maintenant ? D’un air légèrement circonspect je la considérais un instant, sans dire un mot.

« Je … j’ai remarqué que tu connaissais les paroles des chansons que je viens d’interpréter. Enfin, j’ai vu tes lèvres mimer chaque parole. Tu … sais chanter ? »

Oula, alors apprenez moi à aborder une fille, parce que là c’est une catastrophe. Si la terre s’effondrait sous mes pieds à cet instant, j’en serai pas moins surpris. Elle me regardait bizarrement ? Pourquoi pas. Après tout, j’avais plus l’air d’un alien sortie de nulle part à poser des questions idiotes, plutôt que de toute simplement lui proposer d’aller boire un coup sur une terrasse. Mais j’avais besoin de trouver une partenaire de chant. Ca faisait longtemps que je cherchais. A chaque fois, c’était pareil. Les filles me disaient oui, pour au final ne pas vouloir chanter. Bien sûr, elles avaient autre chose en tête. J’vais pas vous mentir, je suis pas moche… Mais là, je sentais que ça pouvait passer. Qu’elle n’était pas comme les autres et qu’elle se donnerait peut-être la peine de converser.
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Savannah Brooks
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MessageSujet: Re: [rues commerçantes] Sous le soleil d'un nouvel été   Sam 11 Aoû 2012 - 22:57

La musique s'arrêta – et le charme fut soudain rompu. Les gens qui l'avaient écouté avec tant de passion se détournaient maintenant pour rejoindre le cours de leurs existences, parfois après lui avoir jeté une petite pièce qui tombait dans la casquette en tintant grossièrement. En quelques secondes, ils auraient déjà oublié la prestation qui les avait forcés à s'arrêter pour écouter, à mettre de côté pour quelques minutes les fades préoccupations de la vie quotidienne. Qui leur avait fait entrevoir, pour une poussière de temps dans l'éternité, un peu de magie et d'évasion.

Le regard qu'il avait posé sur moi pendant sa chanson, et qui m'avait paru alors si hypnotique, me faisait maintenant l'effet d'une douche froide. Je me sentais oppressée. J'avais envie de fuir. Pourtant quelque chose me retenait là, immobile, à contre-courant de la foule qui s'éloignait, les yeux encore rivés sur lui. J'avais le souffle court, heurté, comme si je manquais d'oxygène – comme une gamine écrasée par un trac monstrueux alors qu'elle se trouve déjà sur scène, son texte oublié quelque part au fond de sa mémoire embrouillée. Ridicule. Effrayant.

Il détourna enfin le regard pour reprendre sa casquette et ranger sa guitare et je me crus enfin libérée de ce poids – mais tout aussi incapable du moindre mouvement. Je le regardai s'approcher de moi rapidement avec l'envie grandissante de me trouver à des lieues de là. Qu'est-ce qui m'arrivait ? Depuis quand je me sentais mal à l'aise devant un homme ? Ce n'était pas du tout monde genre, mais alors pas du tout. J'étais une fille assurée et directe, du genre à foncer dans le tas au lieu de se poser des questions. Une sauvage, si on en croyait ceux qui me connaissaient.

Pas une adolescente pétrifiée par la gente masculine.

Je ne répondis pas à son salut, trop occupée à me fustiger pour ma réaction plus que puérile, mais finis tout de même par remarquer sa gêne – à lui. Eh bien, voilà qui était amusant ; nous voilà devenus une belle paire d'empotés.

Savy, sérieux, reprends-toi.


-Je… j’ai remarqué que tu connaissais les paroles des chansons que je viens d’interpréter. Enfin, j’ai vu tes lèvres mimer chaque parole. Tu… sais chanter ?

Je haussai un sourcil, à la fois surprise et amusée par la tirade – et cette fois en possession de tous mes moyens. Mes lèvres s'étirèrent en un sourire caustique – j'ai bien dit caustique... ? – et je lui répondis un peu rudement, parlant comme toujours avant de réfléchir.

-C'était des chansons connues, ça. N'importe quelle greluche est capable de les chanter.

Bon, peut-être que je n'était pas totalement en pleine possession de mes moyens, après tout. J'avais déjà fait mieux, en termes de sociabilité. Beaucoup mieux. Avec des types autrement plus intimidants que ce gringalet à guitare... mais c'était peut-être ça, le véritable problème : la guitare. Elle faussait tous mes plans, tous mes calculs. Je ne m'étais jamais attaquée à un musicien – un artiste. Quelqu'un comme moi.

Parce que ce ne sont pas des gens tout à fait ordinaires.

Alors, au lieu de ma minauderie affectée, celle que j'employais pour amadouer les hommes et devenir à leurs yeux un alléchant fruit défendu, c'était mon agressivité qui ressortait, le sarcasme destiné à me débarrasser des personnes encombrantes pour lesquelles je n'éprouvais généralement qu'un mépris affiché. N'importe quoi. Ce bonhomme, là... ce guitariste, tout ce que je ressentais à son égard, en cet instant, c'était du respect, et une forte envie de partager – un partage infiniment plus sain que tout ceux que je m'étais permis d'avoir depuis que j'étais en âge de comprendre la vie.

Allez, quoi, on sait bien que sous tes dehors sauvages t'es une gentille fille... Celui qui m'avait dit ça s'était pris mon poing entre les deux yeux.

N'empêche qu'il avait foutrement raison.

Avec un effort de volonté, j'effaçai jusqu'aux dernières traces de mon sourire mauvais et je détournai les yeux. Devais-je en conclure que les artistes m'effrayaient ? Moi qui me targuais de n'avoir peur de rien ? Je ne savais pas comment m'y prendre, alors que la question était parfaitement simple et claire.

Ok. Deuxième essai.


-Désolée, mec, je suis une fille désagréable, c'est connu.

Quelque part au fond de moi, j'éclatai de rire tellement je me trouvais stupide. En surface, seul le sourire revint mais, heureusement – du moins je l'espérais fortement – sans aucune trace d'impolitesse. J'avais déjà suffisamment foiré ma première impression comme ça ; si je continuais, j'allais le faire fuir. Il devait déjà regretter de m'avoir adressé la parole – et je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir. Je me connaissais trop bien pour ça.

-Mais si tu veux m'offrir un verre et discuter musique, suffit de demander, je grogne beaucoup mais en général... si, je mords, en fait, ajoutai-je en accentuant mon sourire, taquine.

Bon, là, je l'avais peut-être définitivement perdu.

Et c'était peut-être moi qui allais le regretter.


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Léo Wendling
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MessageSujet: Re: [rues commerçantes] Sous le soleil d'un nouvel été   Mar 21 Aoû 2012 - 18:38

Ok …

Je suis tombé sur qui là ? Moi qui croyait pouvoir discuter tranquillement de musique avec une jeune jolie fille, je me mettais le doigt dans l'oeil. Bien profond d'ailleurs. Si elle voulait me voir partir, qu'elle le dise clairement. Mais franchement, ça serait dommage de perdre contact avec une sauvageonne aussi attirante.
Je me raidis quand la jeune femme me dévoila son tempérament de femme désagréable. Comment j'aurai pu deviner qu'elle allait m'envoyer bouler ? Etait-elle connut dans tout Londres ? Je ne crois pas l'avoir déjà croisé. Pourtant, j'en vois des visages dans mon bar/restaurant. Enfin, il s'agissait là d'excuses plus ou moins disgracieuses et je ne le pris pas trop mal.
Bien sûr, au fond j'étais vexé, mais à quoi ça importait de lui montrer. On ne se connaissait pas et je n'allais pas jouer dans les émotions. Alors je me contentais de sourire bêtement, gêné par la situation.

J'aurai pu lui demander de prendre un verre en terrasse et discuter musique, mais celle-ci me devança. Au lieu de proposer gentiment, elle fut obligée d'ajouter quelques mots qui auraient pu ne jamais apparaître. Elle mords … ok, au moins elle me prévient. Je n'avais encore jamais eu l'habitude de sortir avec un tel genre de fille. C'était assez étrange. Ma virilité en prenait un coup, c'est sûr. J'avais l'impression d'être un moins que rien, un gratte guitare qui essayait vainement de sortir de son trou à rats, pour percer la lueur du monde.

Elle prenait tout l'espace sans s'en rendre compte et ses manières étaient particulièrement grossières. Mais j'aimais ça. Je sais pas pourquoi. Peut-être le fait qu'il fasse beau, qu'elle ait prit le temps de m'écouter et qu'elle eut le courage de me répondre. Car il est incroyable le nombre de gens qui détournent le regard quand on leur adresse la parole dans la rue. A croire qu'ils ont peur qu'on les agresse... Bon c'est un peu le cas. Londres n'est pas connue pour être la ville la plus sécuritaire du monde. Et puis les moldus ont une fâcheuse tendance à voir le mal partout. Quoi ? Bien sûr que le mal est partout ! Il suffit de voir cette guerre entre bien et mal. Enfin, je m'y suis jamais intéressé, tant que je vis bien et paisiblement dans mon petit confort … pas besoin d'avoir peur.

Je pris une grande inspiration et indiqua une table libre sur la terrasse d'un café exposé en plein soleil. Je m'installais tout en essayant de trouver de la place pour ma guitare, après avoir donné un coup sur la tête d'une bonne femme qui maugréa des insultes à mon adresse. Comme un idiot bien élevé je m'excusais, alors qu'elle prenait bien plus de place qu'elle ne devrait par sa corpulence massive. Une américaine certainement.

Nous voilà installé, l'un en face de l'autre. Ses prunelles étaient douces, mais pourtant son regard semblait ferme, dur, presque carnassier. Sans attendre d'avantage, un serveur se pointa à notre table. Je pris une bière pression et l'inconnue passa également commande. Le serveur parti en direction du bar tout en chantonnant un air des beatles. Je me sentais franchement mal à l'aise et ne savais pas vraiment quoi raconter. Si on nous filmait, je pense que bon nombre de spectateurs se seraient mis à rire de cette situation grotesque. J'aurai peut-être dût l'envoyer bouler, lui dire que j'avais des occupations importantes. J'aurai dû faire mon moldu et partir m'ennuyer dans mon coin. Mais bizarrement, plus je restais assis en face d'elle, plus je me sentais à l'aise. Mon cœur reprenait un rythme normal et des mots semblaient vouloir sortir de ma bouche. Lorsque je voulus échapper un son, le serveur positionna la bière fraîche que j'avais commandé devant mon nez et donna automatiquement l'addition.

Ce n'était pas donné … bon, tant pis. Je pris une lampé de cet nectar amère et pétillant, mais pourtant rafraîchissant. J'accordais un sourire niais à la demoiselle, qui n'avait pas dit un mot jusqu'à présent. C'était bizarre, elle qui paraissait pourtant si spontanée.


« Je fais de la musique depuis l'âge de six ans. Sans ma guitare je ne suis pas grand chose … mais j'ai commencé par le piano et la clarinette. Mes parents m'ont forcé la main au début, mais j'ai tout de suite accroché. Tu … tu fais de la musique ? Tu as un peu un look de rock star, donc je me demandais si tu touchais à un instrument quelconque ... »

Bon, c'était franchement bizarre de commencer une conversation comme ça. Mais je ne voyais pas comment l'aborder autrement. Après tout, c'est elle qui m'avait dit de nous installer et parler de musique ! J’espérais simplement qu'elle ne soit pas trop crue dans ses propos, vu qu'une vieille bonne femme tendait l'oreille dans notre direction, comme pour avoir des ragots à raconter le soir à sa petite famille. Difficile de savoir s'il s'agissait d'une sorcière ou d'une moldu. Mais de toute évidence, aujourd'hui j'étais entouré de moldus, chose plutôt inhabituelle ...
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Savannah Brooks
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MessageSujet: Re: [rues commerçantes] Sous le soleil d'un nouvel été   Ven 21 Juin 2013 - 22:37

On m’avait déjà fait comprendre, à une époque, que mon caractère décidé - faible euphémisme pour un tempérament de feu complètement indomptable, paraît-il - pouvait effrayer certains mecs. Bien sûr, je n’y avais jamais vraiment cru, n’ayant jamais fait fuir personne jusque-là, bien au contraire. Sauf qu’il me fallait maintenant revoir mes certitudes : à voir la grimace de mon gentil petit guitariste, là, je le mettais clairement mal à l’aise. Une première. Il était peut-être temps de changer de tactique - ou d’en avoir une, tout bêtement - et surtout de reprendre un peu le contrôle de moi-même et de mes déblatérations. Je pouvais le faire. Même si cela signifiait se montrer un peu plus sincère et moins sauvage.

Ok, peut-être pas.

Je lui offris un sourire contrit à l’instant même où, rassemblant visiblement tout son courage, il décida de suivre ma suggestion ô combien polie et élégante et me désigna de la main une terrasse ensoleillée ma foi fort tentante. Bon, tant pis pour les excuses silencieuses, alors. J’arriverais peut-être à me rattraper plus tard, puisqu’il m’en donnait la chance. Je rajustai donc la sangle de ma housse de guitare sur l’épaule et m’empressai de le suivre sans piper mot, craignant, et sans doute avec raison, d’enchaîner sur une nouvelle gaffe qui me cataloguerait définitivement à ses yeux comme une folle furieuse et très probablement dangereuse. Ou comme une profiteuse très culottée - quelque chose me disait qu’il apprécierait moyennement de savoir qui allait se coltiner la note...

Bien sûr, par un temps pareil, la terrasse était bondée et, deux pas derrière l'artiste, je retenais un éclat de rire en le regardant se prendre les pattes dans les sacs, jambes tendues et même pieds de chaises qui se mettaient sournoisement sur son chemin. Je n'étais pas beaucoup mieux lotie dans cet espace restreint et surchargé, il faut bien le dire, mais je supposais que de toute façon, si nos places avaient été échangées, il aurait lui-même souri en me voyant trébucher.

En revanche, je faillis me prendre sérieusement la tête avec la grosse dinde qu'il avait malencontreusement effleurée avec sa guitare - s'il avait pu l'assommer ! - et qui lui balançait des insultes avec l'accent typique des emmerdeuses étrangères en vacances en pays conquis, ignorant complètement les excuses qu'il lui faisait poliment. Refrénant de justesse mes habitudes belliqueuses, trop soucieuse de réussir à me faire enfin bien voir de mon nouvel ami, je me contentai d'adresser à la grognasse un regard tueur digne des plus grands caïds en espérant qu'elle prenne peur et qu'elle décide de ne pas trop s'attarder dans les parages. Ça nous ferait de l'air. Heureusement pour moi, l'échange de regards meurtriers échappa totalement au garçon. Tout comme celui que je dardai sur ce pauvre serveur un peu trop zélé qui me fixa de travers après que j'eus moi aussi passé ma commande.

On ne demande pas son âge à une dame, voyons !

Surtout quand celle-ci est mineure et demande une bière.

Le serveur repartit en chantonnant, très certainement dans le vain espoir de reprendre contenance après s'être fait clouer le bec par une gamine. On ne m'empêche pas de boire ce que je veux.

Après ça... silence. Si j'avais espéré que l'embarras le ferait parler, j'en étais pour mes frais. Il avait plutôt l'air d'en profiter pour se mettre à l'aise, comme si, finalement, je ne lui faisais pas si peur que ça - ou peut-être juste que, le premier choc passé, il commençait à oublier un peu et se dire qu'il avait exagéré sa vision de moi. Dans tous les cas, c'était positif ; j'allais peut-être pouvoir me relaxer aussi. Peut-être. En attendant qu'il reprenne la parole - j'y tenais - je continuais de l'observer plus ou moins à la dérobée... Ok, plutôt moins que plus. Mais il était mignon et j'aurais eu tort de me priver. Et puis, enfin, nos bières. Alléluia.

Je me jetai presque sur la mienne, soudain assoiffée. Dieu que c'était bon ! Le musicien m'adressa un sourire un peu poupin avant d'entamer les hostilités. C'est à dire qu'il aborda le sujet qui l'intéressait de façon un peu plus travaillée - ou naturelle, plutôt. Il avait l'air d'être tout à fait remis de sa surprise. Je l'écoutais attentivement - parce que c'était ce que je faisais toujours, écouter attentivement les gens, malgré tout ce qu'on pouvait dire sur moi - et m'étranglai presque avec une gorgée de bière lorsqu'il évoqua mon look. Ok, encore raté, mais pour ma défense...


-Pour le look, c'est pas fait exprès, fis-je en esquissant une grimace amusée. Encore que si je pouvais, je ferais mieux que ça, dans le genre.

Je reposai mon verre sur la table et me penchai légèrement en avant, histoire d'être sûre qu'il m'entende par-dessus le brouhaha ambiant. Pour la douce intimité des confidences entre inconnus, on repassera.

-J'ai commencé à jouer à... Zut, à quel âge déjà ? J'étais chez les Monaghan à l'époque, je devais avoir neuf ou dix ans. C'est leur fils aîné qui m'a appris, après l'avoir surprise à fouiller sa chambre. J'avais sorti sa guitare de sous le lit et je m'amusais à pincer les cordes n'importe comment. Faut croire que ça lui a plu...

Je bus une nouvelle gorgée de fraîcheur, vaguement perdue dans mes souvenirs d'enfance, parmi les rares que je pouvais qualifier de "bons". Instinctivement, je tendis le pied sur le côté pour m'assurer que ma vieille guitare désaccordée et avec une corde en moins était toujours là.

-Au fait, je m'appelle Colleen, repris-je. Ou Savannah. C'est comme tu veux. Savannah c'est mon premier prénom mais c'est réservé aux amis...

Subtil ou pas, le message était lancé : j'ai vraiment envie de voir si on peut devenir amis.

-Et oui, je chante. De temps en temps. Pour m'accompagner. J'ai pas une voix extraordinaire mais au moins je chante juste...

Je conclus par un large sourire, songeant qu'entre artistes à l'ouïe bien affûtée au milieu de temps de gens dépourvus de rythme et d'oreille, on devait forcément se comprendre.
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