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 La proie [PV]

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Loevi Leroy
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MessageSujet: La proie [PV]   Mar 21 Juin - 18:59

Vendredi 15 février 2013

Loevi sortit de la salle en claquant violemment la porte, en proie à une fureur qui faisait crépiter l'air tout autour d'elle. Malgré toute la maîtrise qu'elle avait gagnée sur ses pouvoirs au cours de l’année écoulée, il restait des situations où sa magie la submergeait encore entièrement. Telle qu'une incontrôlable crise de colère - et pour les provoquer, celles-là, Willem Wyndham restait le champion inter-catégories.

Elle avait cru un temps, très naïvement, que les choses iraient en s'arrangeant. Qu’ils finiraient par s’accommoder l’un à l’autre, à défaut de tisser un quelconque lien. Mais force était de constater que leurs deux caractères étaient définitivement incompatibles. Pire même : antagonistes. Elle ne supportait plus cette indifférence affectée qu'il brandissait comme l'étendard de sa personnalité profondément misanthrope. Elle avait tout essayé pour tirer de lui la moindre part d'humanité, et elle avait bien cru pouvoir y parvenir ; mais il était moins humain encore que ses fichues créatures adorées. Il n'y avait rien à trouver derrière ce masque flegmatique. Rien.

C'était d'autant plus rageant de le voir la prendre de haut comme si elle n'était qu'une étudiante médiocre dont il n'y avait rien à tirer. De quel droit se permettait-il de la juger ? Elle avait fait tous les efforts possibles, et plus encore. Elle avait progressé. Quant à lui reprocher de faire de la recherche de sa cousine une véritable obsession... Comment osait-il ? Eleanor était tout ce qu'elle avait, jamais elle ne cesserait de la chercher - et surtout pas pour les beaux yeux d'un prof qui n'en avait strictement rien à faire. Il n'avait jamais proposé de l'aider, non - il lui avait plutôt conseillé d'arrêter. C'était pire que tout ce qu'il avait pu dire depuis qu'ils se connaissaient.

Et rien que pour ça, elle aurait pu le doloriser sur place.

La vérité, c'est qu'elle s'en était sentie capable. C'était précisément pour cette raison qu'elle avait préféré fuir en manquant briser la porte sur ses gonds.

Elle remonta les couloirs à vive allure, pressée de se retrouver le plus loin possible de lui, espérant qu'il la rappelle - tout en espérant le contraire. Elle savait pertinemment ce qu'il en était : il devait être retourné à ses affaires sans plus se préoccuper d'elle et de son éclat, comme si rien d’extraordinaire n’avait eu lieu. Si seulement elle parvenait à se débarrasser de ce frémissement, de ces crispations... Mais sa colère lui collait à la peau comme un désagréable voile de sueur, et rien ne pouvait l'en détourner.

Par tous les trolls d'Angleterre, pourquoi cet homme détestable prenait-il une telle place dans son esprit ?

Elle secoua la tête et dévala une volée de marches pour rejoindre l'étage inférieur. Elle avait une "mission" à effectuer, pour le compte de son paternel. Un petit désagrément qu'elle comptait bien tourner en sa faveur. Elle avait besoin de se changer les idées ; c'était parfait. De toute façon, elle ne pouvait pas remettre à plus tard éternellement. Patrick n'allait pas tarder à lui demander des comptes, et si elle n'était même pas entrée en contact avec la cible d'ici-là, ça ne lui ferait que des ennuis supplémentaires.

Or, elle avait besoin de la pleine confiance de son salopard de père.

La jeune fille qu'elle devait trouver était étudiante, tout comme elle ; la difficulté résidait dans le fait qu'elles n'appartenaient pas à la même aile, et que Loevi connaissait très peu de monde à l'université, que ce soit à Hawk Wing ou en dehors. Conclusion : il n'allait pas falloir compter sur la discrétion pour l'approcher. Ce qui n'avait rien d'une bonne nouvelle.

Jusqu'à présent, et pour autant qu'elle le sache, Loevi n'avait jamais été associée à aucun des deux camps en concurrence, que ce soit officiellement ou par le biais de rumeurs. Mais son père était une figure emblématique de l'Opposition et, rien que pour cette raison, l'Héritière BloodDust savait qu'on l'attendait au tournant. Sa présence à un bon nombre des visites diplomatiques de Leroy était connue jusque dans les hautes sphères de France comme d’Angleterre. Une erreur, une seule toute petite erreur, et elle serait cataloguée. Et sa future cible avec elle.

Il fallait bien le dire : elle avait eu une chance incroyable, jusque-là. Ne serait-ce qu'en considérant le gouffre dans lequel Damien Mustang aurait pu l'entraîner lorsqu'il avait lui-même sombré. Elle avait été miraculeusement épargnée... Un miracle, oui. Ou bien Mustang avait été plus digne de confiance qu'on n'aurait pu le croire. Elle ne le saurait probablement jamais.

Tout ça pour dire qu'elle avait besoin d'une raison valable d'aller voir cette fille, si elle voulait endormir les soupçons. Aussi bien de la cible que de toute autre personne. Dans une université, ça ne devait quand même pas être si compliqué. Si encore elles avaient partagé les mêmes cours, la question ne se serait même pas posée, mais là... Ok, place pour l'improvisation. Elle se sentait encore plus que suffisamment remontée pour ne pas avoir envie de se prendre la tête avec des plans impossibles en plus. Elle avait juste envie d'agir. Sur un coup de tête, comme ça. Quitte à se planter. Tout, pourvu que Wyndham sorte enfin de son crâne.

Agacée de ne pas réussir à se calmer et à oublier la source de sa colère, Loevi sortit du château en claquant sèchement des talons, et se dirigea vers le café Campus. Avec de la chance, un vendredi soir, sa cible aurait choisi d'aller s'y détendre avant d'entamer son week-end. Elle mit à profit le temps de la marche pour tenter de réduire les crépitements électriques qui lui aiguisaient les nerfs en plus de dresser les cheveux sur sa tête et les poils sur les bras. Si elle arrivait en ressemblant à une baguette défectueuse, elle allait faire fuir tout le monde. Foutu Wyndham. Foutue magie foireuse. Foutue famille qui avait provoqué un tel désastre.

De nouveau magiquement neutre mais pas de meilleure humeur pour autant, elle entra dans la cafétéria, après en avoir laissé sortir deux filles qui ne firent absolument pas attention à elle, et observa attentivement la salle, à la recherche de la version originale de la petite blonde qui souriait sur papier glacé, au fond de son sac à dos. Il n'y avait pas autant de monde qu'elle s'y était attendue, et elle craignit un instant de s'être trompée dans ses pronostiques – auquel cas elle ne savait pas vraiment où aller ensuite – mais un léger sourire naquit sur ses lèvres, peut-être un brin carnassier, quand elle découvrit la jeune fille assise sagement à une table, seule et parfaitement abordable. Enfin quelque chose qui se déroulait sans accroc.

Tout en fouillant dans son sac pour en tirer quelques pièces de bronze – elle n'avait pas que des Gallions sur elle, contrairement à une croyance populaire sortie d'elle ne savait où – elle se dirigea vers le comptoir et commanda un café bien serré. Elle détestait ça, mais elle n'avait de toute façon pas l'intention de le boire. Elle paya sa consommation et s'éloigna sans même un mot pour la pauvre vendeuse qui s'était pourtant montrée très agréable, traversant la salle comme pour aller s'installer à l'autre bout ; consciencieuse, elle s'assura d'avoir l'air perdu dans ses pensées, et trébucha à deux pas de sa proie, renversant la moitié de son gobelet de café sur ses vêtements en s'étalant presque à ses pieds.

C'était le moment de mettre ses talents d'actrice à l'épreuve.


-Oh Merlin ! Je suis désolée ! s'exclama-t-elle aussitôt en se redressant, affichant une moue aussi confuse que possible sur son visage. Mais quelle maladroite ! Je suis vraiment désolée !

Restait aussi à espérer que cette fille ne soit pas de celles qui connaissaient les rumeurs concernant son comportement d'ordinaire plutôt asocial, ou ce serait la fin de tout.

Enfin, Loevi n'était quand même pas une absolue pestiférée... Si ?

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Sarah Mickaels
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MessageSujet: Re: La proie [PV]   Jeu 23 Juin - 14:26

Pour une fois j'étais bien la dernière à me lever. Les autres avaient eu l'idée de se lever aux aurores et de faire un maximum de bruit ! Mon mal de crâne se faisait insistant et elles n'arrêtaient point. Alors j'étais sous l'oreiller, à tenter de me rendormir mais ces dernières voulaient me tirer du lit. Au bout de quelques minutes, elles réussirent ... Bâillant ostensiblement, les cheveux en bataille, étant totalement à mon désavantage, je tentais de me lever de mon lit. Bon, aujourd'hui, c'était une journée calme sans beaucoup de cours ... Alors, je prenais le temps de me préparer ! Je regardais les vêtements de mes amies et je pouvais remarquer que le temps ne serait pas clément ...

J'enfilais un pull de couleur noire sur un slim de même couleur, je tentais de rediscipliner ma chevelure blonde comme les blés, et me maquillais. Je pris avec moi mes carnets de croquis, ils me sont encore plus précieux maintenant qu'ils ont été vus ... Les filles avaient tenté de me soutirer des informations, mais j'étais muette telle la carpe. Et pour se venger, elles m'en faisaient baver et je me vengeais. Elles n'avaient pas à tout savoir non plus ! J'avais dit le strict minimum, et j'avais passé sous silence l'affaire Ellias. Pour qu'après, elles soient encore plus intrusives et fassent des allusions qui me mettraient mal à l'aise ... Bah non, merci.

Je mettais mon sac sur l'épaule et partais en quête de mes cours. C'était quatre heures d'un cours assommant où je passais mon temps à dessiner. J'avais des notes acceptables mais je ne faisais pas plus d'efforts ... Or, le Professeur m'aimait bien. Étrange paradoxe. Alors je décidais de tout donner pour ce superbe cours. Répondant à quelques questions par principe, en début de cours, je restais silencieuse le restant de ce même cours, et de dessiner.
Enfin la sonnerie salvatrice, et de partir en premier à toute vitesse. Je laissais les filles derrière moi, j'avais besoin de rester un petit peu seule et de m'aérer l'esprit. Même si je me retrouvais seule, là n'était pas le problème.

J'avais des courses à faire, du matériel à prendre, à acheter, à tester. Et cela me prendrait bien toute mon après-midi.
Comme je l'avais dit, je n'attendais nullement les filles, habituée à me balader seule. Il est vrai que j'aurais aimé me rendre à la Capitale ... Juste pour aller flâner dans la Galerie. Mais je ne devais pas céder à mes démons et le froid aidant, je rentrerais vite dans mes pénates. Les courses me prenaient vraiment du temps, j'étais là à scruter le moindre détail, la moindre chose qui me déciderait à acheter ou non le dit-matériel. C'était limite si la vendeuse ne me jetait pas hors de sa boutique, avec en prime un coup de pied dans les fesses ! La saluant, ostensiblement et récupérant mon sac rempli d'affaires, je décidais de me dépêcher de poser tout cela dans ma chambre et d'aller me réchauffer au Café Magic Campus ! Chose faite, il était temps que je me pose un peu, c'était bien dix-neuf heures passées.

Donc je décidais d'aller avec un bon pas, au Café Magic Campus proprement dit, qui je le pensais, serait noir de monde. Poussant les portes avec délicatesse, je m'aperçus que je m'étais trompée. Pas trop de gens, je me sentirais mieux et je décidais de m'asseoir au fond, afin de dessiner.
Posant mes affaires, je pris vite de la monnaie de ma petite sacoche afin de me prendre un café, qui serait bien venu par ce froid. Café, noix de coco, cannelle, un délice. Je l'avais bien dit, je venais me réchauffer un peu de cette dure journée !

Me rasseyant à ma place, seule, je pris mon sac duquel j'extirpais l'un de mes carnets de cuir noir et si précieux. Prenant ma plume et la trempant dans de l'encre noire, je me mis à croquer rapidement les personnes présentes, tout en sirotant mon café.
De mon regard vert rehaussé de gris argent, je scrutais les allées et venues des personnes. La faim se faisant sentir, je retournais au comptoir prendre un bout de tarte à la citrouille avec une boule de glace vanille. Malgré que j'étais frileuse, j'aimais bien manger de la glace en hiver ... J'étais gourmande, c'était pour cela je dois dire.

Revenant encore à ma place et dévorant mon dû, avec une immense satisfaction, mais ce fut de courte durée ...
J'eus juste le temps de repousser plus loin mon carnet, que mon pull et mon pantalon furent immergés sous un café brûlant. Me relevant rapidement et tentant de m'éponger avec la serviette fournie avec la tarte, je me mis à fusiller du regard la personne qui était vraiment bien plus maladroite que moi !


- Ça va pas non ? Vous ne pouviez pas faire attention ? Encore heureux que vous êtes désolée ! Bah pour la peine vous m'aidez à faire partir ce foutu café brûlant !

Je n'avais bien sûr pas pris ma baguette, c'était vraiment un sale début de journée.



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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: La proie [PV]   Lun 27 Juin - 19:53

La fille bondit quasi-instantanément de son siège et se mit à vociférer d'une voix forte qui attira plus d'un regard sur elles. Bon, eh bien, ça n'allait pas être une partie de plaisir. Il fallait avouer aussi que le coup du café renversé n'avait très visiblement pas grand chose de l'idée du siècle. Une remarque que Loevi nota soigneusement dans un coin de sa tête. Cela étant, si elle y avait réfléchi deux secondes, elle aurait très bien pu le comprendre d'elle-même - sauf qu'elle n'était pas exactement en état de réfléchir calmement.

Elle dut se faire violence pour refréner un nouvel accès de colère en réponse à celui de sa cible. Qu'est-ce qu'il était tentant de lui lancer une réplique acide, rien que pour le plaisir de voir son visage se décomposer, de surprise ou de colère indifféremment. Une émotion, une réaction violente. Tout ce que Loevi avait été incapable de tirer de son professeur et que tout un chacun pouvait si facilement lui offrir - pour peu qu'on ne reconnaisse pas en elle l'Héritière BloodDust, la femme à ne pas contrarier.

Sa vie manquait singulièrement de normalité ; elle en avait toujours manqué. Quand on a grandi dans une vieille dynastie de Sangs Purs aux traditions aussi antiques que malsaines, on s'en fait une raison.

Son instinct BloodDust lui criait de ne pas se laisser faire, de répliquer et attaquer. De faire comprendre à cette fille qu'elle ne s'adressait pas à n'importe qui, de lui faire regretter son insolence. Mais il y avait un moment déjà que Loevi avait perdu toute illusion quant à la portée réelle de ce nom qu'elle haïssait. Et s'emporter de la sorte n'arrangerait pas ses affaires. Elle allait devoir calmer le jeu.

Sans avoir aucune idée de la manière dont il fallait s'y prendre.

Elle avait oublié depuis longtemps toute notion élémentaire de relations sociales, tout ce qu'elle avait si difficilement appris et obtenu au cours de ses premières années d'école, tout cela au profit de la manipulation pure et simple, des enseignements sacrés de cette famille de dingue qu'elle abhorrait et de ce père tyrannique qu'elle rêvait parfois de tuer. Elle savait manier les intellectuels les plus retors - mais se trouvait infichue de nouer des amitiés. De même simplement parler aux gens.

Il y eut quelques secondes de flottement tandis que toutes ces pensées se bousculaient dans la tête de l'étudiante inconsciente du temps qui s'écoulait sans elle. Sans même s'en rendre compte, elle écrasa le gobelet encore à demi plein entre ses doigts, le regard un peu absent, et poussa un glapissement de douleur et de surprise mêlées en sentant le café brûlant se répandre sur sa main. Elle lâcha aussitôt le gobelet qui alla rouler sous une table, un peu plus loin.


-Aaah mais quelle godiche ! s'exclama-t-elle en s'écartant de la flaque noirâtre qui s'étalait à ses pieds.

Elle agita un peu la main sur le côté pour se débarrasser de ce qu'elle pouvait et baissa la tête pour contempler, mi-figue mi-raisin, son bel ensemble gris désormais taché de café. Presque malgré elle, un bref rire forcé s'échappa de ses lèvres alors qu'elle relevait la tête vers Sarah Mickaels.


-Je crois bien que je vous ai vengée moi-même... bredouilla-t-elle, sentant un fou rire aussi irrépressible que mal venu la saisir.

C'était nerveux, et surtout c'était plus fort qu'elle. La situation qu'elle avait provoquée était tellement ridicule qu'il y avait vraiment de quoi s'esclaffer - ce dont certains autour d'elles ne s'étaient pas privés.

L'attention dont elle était soudain l'objet lui fit monter le rouge aux joues, et elle ressentit une brusque envie de disparaître, n'importe où, n'importe comment. Elle n'avait plus attiré le regard sur elle de cette façon depuis l'époque du collège, des années auparavant - ou des siècles. Elle s'était faite discrète, irréprochable. Elle n'avait jamais vraiment aimé ça mais c'était pire aujourd'hui. Elle n'avait plus l'habitude.

Par Merlin, elle se foirait sur toute la ligne, ce soir.

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Sarah Mickaels
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MessageSujet: Re: La proie [PV]   Ven 22 Juil - 19:55

Je détestais être brusquée de la sorte, sauf par mon grand frère. A cette pensée, mon regard se voila un court instant. Il aurait été certain que si Gabriel avait vu cette scène, il se serait jeté au cou de cette fille pour venger comme il le dit, sa sœur ultra-fragile avec un large sourire pernicieux. Mais j'avais décidé depuis qu'il n'était plus là, d'arriver à me défendre seule. Malgré son absence qui me brûlait.
Perdue dans mes pensées, j'en fus sortie par cette même fille qui avait brisé mon intimité. J’arquais un sourcil sous la surprise, elle s'était brûlée, avec le gobelet, elle aussi, perdue dans ses pensées. Ni une ni deux, je m'emparais d'une serviette propre pour lui éponger sa main encaféinée.


- Tenez, juste par acquis de conscience. Et oui nous sommes quittes. Lui dis-je avec un léger sourire.

Lentement je la détaillais. Elle était jolie, mais d'une beauté sauvage. Une beauté intéressante à mettre en valeur ... Mais dans son regard chocolat, il semblerait que les pires tourments prennent vie. Malgré le fait que nous ayons eu des débuts difficiles, elle n'avait pas l'air si méchante dans le fond. Et, elle ferait un bon sujet d'étude ...
Bizarrement, je ne la voyais point tisser des liens avec quiconque, elle avait l'air accompagnée de sa seule solitude. Mais elle avait l'air sympathique.


- Tu t’assoies avec moi ? Lui demandais-je avec un large sourire. J'étais passée du vouvoiement au tutoiement assez facilement.

En même temps, je laissais toujours une chance aux personnes que je rencontrais, alors si elle s'avérait être une horrible jeune femme, je la renverrais sur les roses sur le champ et manu militari en plus !
J'avais pour habitude de ne pas me laisser faire, bien que j'inspirais la confiance quand on me regardait, je pouvais être aussi terrible qu'une peste. Ce qui peut peut-être expliquer le fait que j'ai été dans les rangs des Serpents.

J'attendis qu'elle veuille bien s'asseoir à ma table, et rapidement je reprenais en main mon carnet tout de cuir noir vêtu.


- J'aimerais bien te dessiner en fait !

Il est vrai que cela pouvait faire assez peur lancé comme cela de but-en-blanc, mais ce n'est nullement ma faute, si mon temps libre je le passais à croquer tout ce que je voyais sur le papier ...

Non ?
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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: La proie [PV]   Ven 12 Aoû - 20:28

Contre toute attente, ce fut ce geste malheureux et tout à fait involontaire qui désamorça la situation. La colère de Mickaels retomba subitement et elle se permit même un sourire, quelque peu moqueur, certes, mais bien plus amical. Dans l'esprit un peu perdu de Loevi, l'incompréhension succéda à l'agacement et à la gêne.

-Nous sommes quittes, lança la petite blonde.

Loevi hocha la tête, ne sachant quoi répondre, et prit la serviette que Mickaels lui tendait. Le café avait refroidi presque instantanément mais elle avait l'impression d'avoir la peau poisseuse, collante. La serviette de papier se gorgea de liquide, brunissant à vue d'œil, se déchira par endroits et lui resta en charpie dans les mains. C'était définitif, elle détestait le café.

Elle tâcha d'ignorer le regard insistant qu'elle sentait posé sur elle, même maintenant que la plupart des étudiants présents dans la salle étaient retournés à leurs affaires. Mickaels la dévisageait sans vergogne, ignorant toute notion de politesse, et lui donnait l'impression hautement désagréable d'être un Botruc pendant un cours de Soins aux troisième année - le genre de bestiole qu'on s'amusait à piquer de loin avec la baguette pour les voir sautiller de fureur et se prendre au jeu du duel de bouts de bois. Face à cet examen minutieux et sans gêne de sa personne, il devenait difficile de contenir la vague de colère qui remontait en elle.

Sans même le savoir, Mickaels courait le risque d'essuyer une tornade de fureur - et de magie.

Incapable de se retenir plus longtemps, Loevi allait lui lancer une remarque acerbe mais Mickaels la prit de vitesse en l'invitant à s'asseoir avec elle - prise de court, la jeune fille se vit obéir et, mieux encore, répondre au sourire engageant de la petite blonde par une copie remarquablement bien imitée. Parfois, ses réactions immédiates avaient de quoi la surprendre elle-même. Peut-être qu'en fin de compte, elle n'avait pas totalement perdu la main en matière de relations sociales ? Ou, plus probablement, il s'agissait là d'un mécanisme d'adaptation hérité des manies manipulatrices de la famille...

Dans tous les cas, c'était aussi bien. Elle avait une mission et elle s'en serait voulu d'avoir ruiné ses chances de renforcer sa position auprès de Patrick Leroy par simple caprice d'humeur. Wyndham et ses conseils à la noix pouvaient bien aller se faire voir - elle avait plus important à s'occuper que sa petite personne.

A peine avait-elle pris place sur sa chaise que Mickaels attrapait au passage un cahier de cuir noir et, fixant Loevi droit dans les yeux, lui adressa une requête pour le moins incongrue.


-J'aimerais bien te dessiner en fait !

Trou noir. Ses yeux s'écarquillèrent ; son corps se figea. Son cœur même rata un battement. Le temps s'arrêta.

Puis repartit. Son cœur s'emballa ; ses paupières papillonnèrent furieusement. Elle frissonna comme si un courant d'air froid l'avait frôlée. La peur, cette angoisse primale qui ne la quittait pour ainsi dire jamais, vint effacer la colère, l'envahir tout entière.


-Pardon ? souffla-t-elle, s'entendant à peine dans le bourdonnement assourdi qui résonnait à ses oreilles. Non...

Elle avait déjà vécu ça. Ces yeux d'artiste clairvoyant posés sur elle. Cette analyse méticuleuse plongeant jusqu'au plus profond de son âme, sans qu'un mot, un seul, soit échangé. Cette vision trop juste et réaliste de ses secrets reportée sur une page blanche. Sans artifice. Offerte aux yeux de tous. Ce dévoilement obscène de tout ce que son être pouvait dissimuler de laideur et de fragilité. Elle s'était déjà vue à travers ce miroir révélateur et avait conçu une terrifiante peur d'elle-même.

Elle ne voulait plus revivre ça.


-Pourquoi veux-tu me dessiner ? parvint-elle à demander, les mots sortant saccadés tant ses muscles s'étaient raidis.

Elle ne put rien ajouter d'autre, aucune de ces questions qui obnubilaient son esprit dans un tourbillon ravageur.

Oubliée la mission - oublié l'espoir de rallier Mickaels à sa cause. Dans cet instant terrible, ne comptait plus que la peur qui lui nouait les viscères et l'empêchait de penser. Ne comptaient plus que les secrets de son âme que cette fille pouvait déterrer d'un seul regard.
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Sarah Mickaels
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MessageSujet: Re: La proie [PV]   Dim 12 Aoû - 17:30

Cette fille était ma foi bien spéciale. Et pour ma part j'aimais les gens qui sortaient du moule ! J'ai même cru par ailleurs que notre première entrevue allait se terminer en bataille caféinée, et surtout à coup de mauvais mots ! Finalement non ! J'avais même réussi à l'avoir à ma table !
Elle est jolie et j'aimerais figer à jamais son si joli minois sur ma feuille de papier. J'allais commencer quand j'entendis la réticence dans sa voix ... J'étais bien sûr habituée à essuyer certains refus ! En effet, certains n'aimaient pas se sentir vulnérable et se voir ainsi nu, relâché au regard de tous, les rendaient malades ! Apparemment elle n'y faisait pas exception !
J'aimais pas ces moments-ci, où malgré moi je devais reposer mon crayon pour satisfaire mon interlocuteur ... Je me sentais frustrée, dans mon inspiration créatrice. Lentement mais sûrement, je rebouchais mon pot d'encre et je reposais ma plume qui n'était pas encore sèche sur une feuille de mon carnet.

Je regardais l'encre s'étaler, se transformer pour enfin se stopper en une tâche si immonde qu'elle en était méconnaissable. Comme je l'ai dit, je n'aimais pas me sentir ainsi stoppée dans ma création et cela avait pour fâcheux don de m'énerver !

Je restais plantée là à regarder mon carnet où je ne pouvais rien faire, si ce n'est la croquer à son insu. Et j'y arriverais.

Lentement, je relevais mes yeux vert teintés de gris argent, vers ses prunelles chocolat. Soudainement elle lâcha une question pertinente, qui avait tout son sens. En effet pourquoi voulait-elle que je la dessine ? Bonne question ... J'aimais bien, peut-être par pur égoïsme garder une trace des gens que je rencontre sur mes carnets. Et pour me parfaire encore plus !


- Je veux te dessiner parce que tu me plais en fait. J'aime faire des croquis des personnes que je rencontre n'importe où ! Là où je vais, j'en laisse une trace en fait. Donc, j'aimerais avoir une trace de notre rencontre. Qu'en dis-tu ?

Décidément, je regardais mon assiette si vide ... La part de tarte au citrouille et la boule de glace vanille ne m’avait point calées, elles m'avaient seulement ouvert l'appétit ... Appétit bien trop grand, je le reconnais !
Je scrutais de loin le charmant comptoir où toute la nourriture se trouvait en abondance ! Pour la demoiselle, je veux bien lui offrir quelque chose, vu qu'elle a renversé son café ! La regardant avec un large sourire, je ne pus m'empêcher de le lui demander !


- Je vais me chercher à manger et à boire ! Tu veux que je te ramène un truc ?

Bon je lui posais la question alors que j'étais déjà à mi-chemin du comptoir et que finalement poussée par la faim, j'y étais déjà. Je commandais encore une tarte à la citrouille agrémentée de trois boules, caramel, chocolat, et vanille et un café identique au premier !

- Tu veux quoi ? Je t'invite avec plaisir !
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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: La proie [PV]   Dim 9 Juin - 11:10

Mickaels reposa docilement carnet, encre et plume, sans vraiment chercher à cacher son déplaisir. De toute évidence, elle n'aimait pas se voir opposer un refus - chose qu'en d'autres circonstances, en tant qu'ancienne artiste, Loevi aurait parfaitement comprise, si le soulagement qu'elle éprouvait à voir la jeune femme abandonner la lutte sans même livrer bataille n'avait surpassé tout le reste. Tremblante, le souffle court, elle ferma les yeux et inspira profondément plusieurs fois de suite, profitant des quelques secondes de répit qui lui étaient offertes pour tenter de reprendre le contrôle d'elle-même et, surtout, de ses émotions trop agitées - trop vulnérables.

Se laisser troubler de la sorte ! Quelle faiblesse ! Elle qui se targuait d'avoir un sang-froid à toute épreuve, d'être à l'égal de son géniteur, quelle blague ! Non, elle en avait la preuve une fois encore : elle était bien loin du compte. Et combien loin de pouvoir se mesurer à Patrick Leroy... Quand s'avouerait-elle enfin qu'elle n'était pas à la hauteur ? Fallait-il vraiment une nouvelle Alithéia Shelter pour cela ?

Elle rouvrit brusquement les yeux alors que l'étudiante blonde répondait enfin, tâchant de mettre des mots sur les raisons qui la poussaient à vouloir croquer l'instant. Raisons qui n’avaient rien à voir avec ce à quoi Loevi s'était attendu. Une trace de leur rencontre ? Pourquoi ? Qu'avait-elle de si extraordinaire, cette rencontre si peu fortuite, pour qu'on puisse vouloir en garder le souvenir ? Elles avaient bien failli en venir aux insultes, pour commencer, et à Poudlard, Loevi ne bénéficiait pas exactement de la meilleure réputation qui soit. A Poudlard et même en dehors, pour ce qu'elle en savait. Il n'y avait guère que les politiciens de l'entourage proche de l'ambassadeur Leroy pour parler d'elle en bien.

Sarah Mickaels n'était pourtant pas fille de politicien... si ?

Mais le temps que Loevi réfléchisse à tout cela et à plus encore, et avant même qu'un début de réponse - ou de question - ne se forme dans son esprit, le visage de son interlocutrice s'était éclairé d'un large sourire et la pauvre Héritière déboussolée s'était vue offrir quelque chose pour remplacer son café perdu au champ de bataille. Elle ouvrit la bouche sans parvenir à émettre un son, peinant à comprendre comment, de fil en aiguille, elle avait pu en arriver là. Drôle de journée.


-Pas de café, par pitié, finit-elle par bredouiller, indécise. Je crois que j'en ai assez vu pour aujourd'hui...

La seule vue de la tarte à la citrouille recouverte de glace tricolore l'écœurait ; elle avait complètement perdu le peu d'appétit qui lui restait après sa dispute avec son professeur particulier. Elle demanda un simple thé, et passa les minutes suivantes à observer d'un air absent les feuilles tourbillonner dans l'eau bouillante, tandis que Mickaels dévorait son péché mignon personnel. Elle ne savait plus très bien quoi faire, à présent. Elle n'était plus très sûre de vouloir poursuivre son but premier - pas ce soir-là, en tout cas. Tout cela prenait une tournure trop bizarre à son goût.

D'accord. Elle avait le sentiment d'avoir perdu le contrôle. Et, oui, d'accord, elle détestait ça. Au moins autant qu'elle pouvait détester son père - c'était dire. Sous ses yeux fixes, les feuilles de thé avaient fini par s'immobiliser au fond de la tasse.

Et c'est à cet instant précis que tout bascula.



Spoiler:
 
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Sarah Mickaels
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MessageSujet: Re: La proie [PV]   Lun 10 Juin - 12:12

Merlin que j'aimais pas me voir refuser cela. Dessiner c'était mon avenir, mon futur plan de vie. Alors que cette fille refuse de m'octroyer ça, ça me révulsait. Mais étant une bonne âme, je respectais son choix. Après tout, elle n'était pas la seule personne qui me refusait cela. Il y avait bien mon grand frère Gabriel qui refusait que je le dessine de son vivant.
Alors pour respecter son choix et sa mémoire, je le dessinais maintenant. Je souris tristement à cette pensée, il me manquait. Son Aura bienfaitrice m'aurait apaisée mais rien n'y faisait. Il n'était plus là et ne serait plus jamais là. Alors à quoi bon me raccrocher à ces souvenirs perdus ? Son manque était par moments indicibles et je savais que je ne m'en relèverais jamais. J'avais perdu une moitié de ma personne, mon grand frère si précieux.
Je ravalais larmes et sanglots pour faire face à cette jeune femme qui m'interpellait. Et la nourriture était un refuge à mon mal-être ! Alors pour me sentir mieux, je m'avalais encore une part de tarte et boissons comprises.

Et mon invitée ? Qu'est-ce qu'elle voulait ? Pour elle, plus de café. En même temps, je la comprenais. Et elle n'avait pas faim non plus. Là aussi, je l'avais vu à sa moue dégoûtée. Tandis que moi, je dévorais mon assiette comme si j'étais mal nourrie par les Elfes de Maison de Poudlard University. C'était un comble. Pendant que je buvais ma boisson chaude, que j'avais récupéré par après, je scrutais mon carnet. L'encre qui s'y était déversée s'était stoppée en un visage. Je souris légèrement, car Il lui ressemblait.
Mais cela devait être mon imagination. Après tout, cela faisait plusieurs jours que je ne dormais plus. Comme si tout me rappelait la mort de mon grand frère. Peut-être étais-je folle, mais il me visitait dans mes rêves ? Je n'en avais pas parlé à ma mère, car cette dernière avait déjà du mal avec la disparition de Gabriel. Je gardais tout ceci pour moi, tandis que je regardais presque avec un dégoût manifeste le restant de ma part de tarte. Part de tarte que je repoussais devant moi. Je me passais la main dans mes longs cheveux couleur de blé, ce geste me déstressait. Mais ça, c'était avant.
Il y avait quelque chose de différent dans l'air, quelque chose qui me mettait mal à l'aise. Un drôle de sentiment, une appréhension. Comme si quelque chose de "terrible" allait se passer. Je ne savais pas mettre des mots sur cet étrange sentiment, mais c'est ce que je ressentais ...

Mon regard émeraude teinté d'argent se leva lentement vers mon interlocutrice. Interlocutrice qui elle aussi, s'avérait étrange. Fronçant les sourcils, je la vis s'étonner devant sa tasse de thé. Tasse de thé, qui si je n'avais pas été une Sorcière, lévitait devant son nez. Jusque là rien de très alarmant. Les personnes présentes dans le café avaient arrêtés leurs conciliabules secrets pour regarder notre table. Table, qui quant à elle, commençait à fondre. Je me levais prestement faisant tomber ma chaise et mon carnet. Le pot d'encre se fracassa sur le sol en morceaux épars. Débris qui me donnèrent des hauts le cœur.
Les serveurs, alarmés par les cris des clients, accoururent. Tout comme ma comparse et moi-même, nous nous retrouvions face ... à quoi en fait ?
Face à un désordre immense et irrationnel. Tout voletait autour de nous ou fondait, à choisir. Je me reculais dans un coin, acculée par mes propres dessins qui eux aussi, avaient eu dans l'idée de prendre vie.

Je me pinçais pour ne pas devenir folle. Ça faisait mal, mauvais signe, je ne rêvais pas.

Alors que tout était régi par tout et n'importe quoi, je me mis à crier, les mains sur la tête. Les horribles images se figèrent un court instant, alors que je regardais mon interlocutrice. La colère et la peur avaient pris place dans mon esprit, tandis que je lui posais une question :


- TOI ! C'est toi qui est à l'origine de tout ceci ? Si c'est toi, STOPPE tout !

J'aurais tout donné pour que tout s'achève ici et maintenant. Recroquevillée encore plus en boule, les larmes roulant sur mes joues, j'attendais que tout cela cesse. Qu'Elle cesse !

- Gabriel ...

Une main posée sur ma fine et frêle épaule.
Comme un souvenir.
Une impression de déjà vu.

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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: La proie [PV]   Dim 16 Juin - 17:48

Elle perçut tout d'abord la perturbation de l'air, elle aussi - comme un grésillement désagréable sur la peau, un bourdonnement inaudible résonnant à l'intérieur d'elle-même, vibrant à travers chacun de ses os, et tellement, tellement familier...

*Qu'est-ce que...*

Avant que sa pensée ne finisse de se former dans son esprit, avant même qu'elle n'ait le temps d'envisager les conséquences - et surtout les causes - probables de ces ondes magiques néfastes, sa tasse lui avait glissé des mains et lévitait juste sous son nez, semblant la narguer tel un gamin en train de lui tirer la langue, renversant son thé brûlant au gré d'une danse endiablée qui la tétanisa de surprise - et de frayeur. Ce fut le mouvement de recul de Mickaels et un fracas de verre brisé qui la ramenèrent au présent - elle bondit brusquement de sa chaise en étouffant un cri de stupeur : la table sur laquelle elle était appuyée un instant plus tôt se liquéfiait littéralement sous ses yeux, se tordant sur elle-même comme un amas de cire fondue.

Et s'il n'y avait que la table...

Autour d'elles, le café était désormais la proie d'un chaos indescriptible, comme soumis à une rafale de Wingardium et autres sorts de fonderie dispersés dans le plus grand désordre. Comme jetés aléatoirement par une vague de magie pure non maîtrisée, absolument hors de contrôle...

L'angoisse l'étreignit brusquement, bloquant son souffle dans sa poitrine et lançant son cœur dans une course effrénée et douloureuse. Etait-ce elle qui... Tout ce cataclysme était-il encore de son fait ? Elle avait pourtant cru avoir dompté le démon qui sommeillait toujours en elle, le temps de traverser le parc du château. S'était-elle trompée ? avait-elle donc si peu de maîtrise qu'elle ne savait plus déterminer quand sa magie était bridée de quand elle ne l'était plus ?


*Professeur...*

Bouleversée, paniquée, elle se retrouvait à appeler Wyndham à son secours sans même en prendre conscience. Elle était seule, une nouvelle fois, seule face à ces débordements sauvages qui lui échappaient totalement.

-Fermez les yeux et respirez profondément. Une fois, deux fois. Faites le vide dans votre esprit, laissez vos muscles se détendre, un à un...

La voix de son professeur particulier résonna dans sa tête, aussi claire que s'il s'était trouvé là, juste à côté d'elle. La première surprise passée, Loevi réalisa que ces mots étaient issus d'un souvenir lointain, presque oublié, d'un jour où il avait tenté... Reprenant le contrôle de sa peur, elle obéit instinctivement et ferma les yeux, se concentrant autant que possible sur elle-même - au cœur d'une bulle indestructible. Alléger son esprit et oublier le monde alentour, une brève seconde. Elle pouvait le faire, elle savait le faire.

-Ressentez les vibrations avec votre peau. Avec vos os. Avec votre âme. oubliez vos sens...

Une réminiscence d'un cours particulier qui, à l'instar de beaucoup d'autres, avait failli tourner au désastre. Où, pour une raison inconnue, Wyndham avait soudain changé de tactique et avait tenté de lui apprendre à... oui, à ressentir. Ressentir, reconnaître et apprivoiser. Un pas de plus dans le dressage difficile de sa magie défaillante. Un début de conscience de soi. De ses pouvoirs. Appréhension, acceptation.

-Vous la sentez ? Votre magie. Tout autour de vous. A l'intérieur de vous...

Oui, elle la sentait, cette magie, et c'est alors qu'elle crut comprendre l'erreur - brièvement, trop brièvement pour en garder une certitude, autre chose peut-être qu'un stupide espoir qui ne se vérifierait pas : elle fut brusquement tirée de sa trop courte méditation par le hurlement effroyable de Mickaels. Un instant déboussolée, Loevi vit la jeune fille se prendre la tête entre les mains, visiblement en proie à une fureur - terreur - sans nom, les yeux rivés sur elle, accusateurs. Loevi frémit. Trembla violemment lorsque l'accusation prit forme de mots, de cris.

-Non... bredouilla-t-elle. Ce n'est pas moi...

Mais qui la croirait, alors qu'elle-même n'en était pas sûre ?

-Ce n'est pas moi ! cria-t-elle, cédant à son tour à la folie qui semblait s'être emparée de tout et de tous. C'est vous... souffla-t-elle enfin en voyant apparaître un jeune homme aux côtés de l'étudiante effondrée à terre.

Il s'agenouilla près de celle-ci et posa une main sur son épaule, sans même se préoccuper de la foule affolée, des objets volants ou fondus, ou du regard de Loevi rivé sur lui. Malgré la douceur perceptible dans le geste et l'expression du visage de l'inconnu - ou peut-être à cause d'elle - la scène horrifia Loevi. Il leva finalement les yeux vers elle, un sourire de biais sur les lèvres, et la jeune fille dissimula aussitôt son soudain dégoût derrière une main frissonnante, envahie d'une violente nausée. La certitude qui lui avait échappée à peine une minute plus tôt s'était imposée à elle avec tant de force qu'il lui était impossible de l'occulter : la magie à l'œuvre ici n'était pas la sienne.

C'était celle de cet homme qui l'effrayait plus que quiconque l'avait jamais fait de toute son existence.


-Qui êtes-vous ? s'entendit-elle demander d'une voix étouffée.

Elle se sentait si mal que sa vue et son équilibre se brouillaient légèrement - de sa propre magie défectueuse, aucune trace.
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Sarah Mickaels
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MessageSujet: Re: La proie [PV]   Lun 17 Juin - 14:08

C'était devenu un chaos imperceptible, tout autour de moi n'était plus maîtrisé. Il n'y avait plus rien de rationnel. Tout n'était qu'un amas de choses et d'autres. Le Café Magic Campus se vidait peu à peu de ses clients, horrifiés par le spectacle qui se déroulait sous leurs yeux horrifiés.
Pour ma part, je cédais à la panique, consciente que c'était Elle. Elle, que je n'avais jamais vue qui était à l'origine de tout ceci. Même si elle me prétextait le contraire, je n'avais aucune confiance. J'étais juste contrôlée par la Peur, insidieuse, dévorante, irrationnelle.

Une main. Posée sur mon épaule, comme un geste de secours. Une délivrance.

Cette sensation, je ne la connaissais que trop bien. Elle me rappelait mon frère, Gabriel. Mais il était mort. Je l'avais vu de mes yeux, et j'avais embrassé son front pour son dernier voyage. Mais cet homme vêtu de noir, dont le visage était occulté, ne me disait rien. De toute manière, j'étais bien trop paniquée pour faire quelque chose. Mon regard accrochait les dernières personnes qui fuyaient ce lieu.
C'était terminé nous n'étions plus que trois. Elle, Lui et Moi.


~¤~

C'était moi. C'était moi qui avait tout chamboulé. Et j'avais aimé cela. Il y avait toujours ce sentiment de puissance qui m'étreignait quand j'utilisais mes pouvoirs. Bien sûr mes dons d'Occlumens et de Légilimens m'aidaient beaucoup dans mes missions, mais là, la Magie sans baguette, c'était parfait. Je voyais les personnes s'enfuir, ou hurler pour ceux qui cédaient à leurs instinct premiers.
Mais il restait ma sœur, sœur chez qui j'avais posé une main aimante. Et cette femme, femme qui avait une peur bleue de son potentiel magique. Je le lisais à la fois dans son regard et dans son esprit. Elle avait peur, de moi. Pour seule réponse à sa question, je lui offris mon plus beau sourire, goguenard. Tandis que j'ôtais la main de ma très chère sœur. Sœur en qui je voyais de plus grandes ambitions que de traîner dans ce café miteux.
J'étais là, je la suivais partout. Malgré ma désertion prématurée familiale, j'y tenais encore à cette petite tête blonde. L'endormant par un Informulé de mon cru, je la laissais au sol tandis que je m'approchais de son "amie" brune. Amie qui étais tétanisée par ma présence.

Un bon point.

Mon visage n'était pas le mien, car occulté par un voile noir, seuls mes yeux bleus avec cette pointe d'argent à l'intérieur de l'iris, ressortaient. Je penchais la tête de côté, toujours souriant. Cette jeune femme respirait la magie et j'allais l'utiliser non ? J'apposais ma main sur sa joue lentement, usant de mon pouvoir sans vergogne.


- Tu n'as pas à savoir qui je suis Loevi Leroy BloodDust. Je veux juste m'amuser. Un peu. Est-ce un crime ? Que caches-tu derrière cette peur enfouie ? Un grand pouvoir ? Visiblement, oui.

Toujours ce même sourire présent sur mon visage. J'aimais m'amuser avec mes charmantes proies. Mais une chose était certaine, j'étais heureux d'avoir revu ma sœur.
Juste un peu. Cette dernière, dont les larmes tombaient sur ses pâles joues, ne bougeaient plus, endormie par mon Sortilège.

J'étais Gabriel Mickaels, et je comptais bien m'amuser avec Miss Loevi Leroy BloodDust.



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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: La proie [PV]   Mar 2 Juil - 17:45

Elles étaient seules, désormais. Seules face à un danger implacable qui les pétrifiait de terreur. Leurs témoins s'étaient enfuis tels des oiseaux effrayés par le prédateur - sans faire preuve de la moindre bravoure sorcière, terrorisés par la démonstration de pouvoir de l'homme masqué d'un voile noir comme le néant. Tétanisée, le souffle court, Loevi gardait les yeux rivés sur lui, incapable de réfléchir, de seulement penser. Elle sentait confusément qu'elle devait réagir, faire quelque chose, à commencer par sortir de cette léthargie anesthésiante et faire un geste, un seul, qui entraînerait le reste à sa suite... mais rien. Cette peur primale qu'il avait réveillée en elle lui engourdissait les sens, transformant tant son esprit que son corps en baguette de plomb.

Il lui sourit, la glaçant littéralement d'effroi, avant de se redresser, oubliant sur l'instant l'existence de la pauvre Mickaels prostrée à ses pieds, immobile. Quand avait-elle... Quelle importance ? Le prédateur s'approchait d'elle, menaçant, moqueur, avec dans ses yeux bleus, seul partie de son visage visible derrière le voile d'insondables ténèbres qui le recouvrait, la lueur malicieuse, cruelle, du félin qui commence à jouer avec sa proie, savourant d'avance le mets délicat dans lequel il s'apprête à planter les crocs. Il pencha la tête sur le côté et l'Héritière songea brièvement, non sans un frisson d'horreur, que, cette fois, si elle esquissait le moindre geste... la traque serait lancée, sauvage, cruelle, sans pitié.

Cet homme pouvait les tuer toutes les deux d'un simple claquement de doigts, elle le sentait.

Il posa la main sur sa joue et elle frissonna de nouveau, parcourue par une vague de terreur glacée qui laissa derrière elle une insupportable sensation de brûlure. C'était pire encore que lorsqu'elle perdait le contrôle. Le contact de sa peau était plus désagréable que les piqûres que sa propre magie lui infligeait autrefois, lors de ses plus terribles crises émotionnelles. L'expression de ses yeux bleus, tachetés de pointes d'argent froid et perçant, plus dérangeant que le regard inexpressif que Wyndham posait toujours sur elle, quoi qu'elle ait fait, quoi qu'elle détruise sur son passage. Elle avait envie de vomir. De pleurer. De hurler. De frapper.

De mourir.

Il connaissait son nom. Son nom, son influence, tout ce qu'elle était sur et sous le masque vert et argent des tyrans. Pire encore : il connaissait la nature de sa magie destructrice, il savait la puissance qu'elle représentait, le danger, l'insoumission... et la peur viscérale que la jeune fille éprouvait à l'égard de sa propre force. Une peur qu'elle n'avait jamais avouée à quiconque - pas même à elle-même.

Ses yeux s'écarquillèrent malgré elle, ses poumons se serrèrent à l'en étouffer... Elle perdait tout contrôle d'elle-même, de son corps et de sa pensée, tétanisée par cette angoisse sourde qui n'avait aucune raison d'être. Elle était forte, tant en puissance magique qu'en volonté - mais tout cela, à cet instant précis, était oublié, enfoui sous les décombres d'une conscience qu'un seul individu, d'un chaos magique, avait fait vaciller. Elle crut étouffer enfin, sombrer dans le havre bienvenu de l'inconscience, quand tout chavira une nouvelle fois.

Un feulement furieux s'éleva derrière elle avant qu'une fine silhouette immaculée ne bondisse sur son épaule, se servant d'elle comme appui pour se jeter sur le visage vaporeux du prédateur en chasse, toutes griffes dehors.

Ce fut comme la décharge d'un éclair dans le ciel - Loevi s'ébroua en reculant d'un pas, soudain parfaitement maîtresse d'elle-même. Elle prit à peine le temps d'observer l'improbable scène qui se déroulait sous ses yeux : un chat blanc comme neige s'était agrippé à la tête de l'inconnu, feulant et crachant sans discontinuer sans lâcher prise malgré la détermination de l'homme à se débarrasser de lui. "
Muguet ?" fut la seule pensée à peu près cohérente qu'elle parvint à formuler.

Elle n'avait pas de temps à perdre en conjectures, il était temps pour elle d'imiter les lâches qui les avaient abandonnées à la merci d'un fou et de s'éclipser au plus vite. Se reprenant, elle contourna la bataille en courant pour rejoindre Mickaels, toujours immobile au sol - et faillit pousser un gémissement de dépit : l'étudiante était tout bonnement inconsciente, et la secouer ou lui administrer quelques claques douloureuses restait sans effet. Un drôle de fracas derrière elle la fit se retourner brusquement - comme un bruit sourd à quelques mètres d'elle. Le chat blanc gisait contre un amas de chaises renversées... et l'inconnu la fixait de ses yeux rendus sombres par la colère.

La jeune fille se força à rassembler tout son courage malgré la peur qui revenait, sournoise. Elle avait échappé à l'influence paralysante de leur agresseur mais elle restait désarmée - où était cette foutue baguette ?! - et sa magie refusait de répondre à ses appels désespérés. Elles étaient mal.

Mais elle ferait honneur à son nom, pour une fois. Elle résisterait.
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Sarah Mickaels
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MessageSujet: Re: La proie [PV]   Lun 8 Juil - 9:07

Ma si chère sœur couchée à terre, totalement inerte, me donnait un sentiment de puissance exacerbé. Je n'avais plus revu ces boucles blondes depuis quelques années déjà. Alors la revoir maintenant, en ce lieu pour le moins commun, me rendait heureux. Je n'étais pas de là à sauter de joie à la revue non moins intéressante de ma très chère sœur cadette.
J'avais mieux à faire. Il y avait bien une personnalité plus sympathique à mes yeux en ce moment précis. Loevi Leroy BloodDust. Une des plus grandes familles sorcières connues à ce jour. Une Dynastie décadente et grandissante, que mon père Brett Mickaels, s'était mis en tête d'anéantir. Dans l'ombre. Au sein de l'Opposition, il voulait destituer Patrick Leroy, de son rôle de bras-droit aux côtés d'Antarès. Mais pour ma part, privilégiant toujours l'action aux mots, j'avais décidé d'agir.
Miss Leroy BloodDust, je l'avais entrevue une fois aux côtés de son très appréciable géniteur. Mais elle ne m'avait pas remarqué, trop occupée à briller par sa présence manifeste.

Et là, je la détestais.

J'avais pris mon mal en patience, pour ne pas la tuer si facilement. Alors j'y avais préféré la traque, la soumission, l'horreur. J'étais passé par les pires bassesses afin de la retrouver. Et là, tout était parfait. L'attente avait été admirable. Deux âmes meurtries pour le prix d'une. Mais l'une était bien mieux que l'autre, il fallait l'avouer.
Face à moi, il y avait cette femme. Jeune femme qui possédait un pouvoir incommensurable mais qui ne s'en servait pas. Ou plus. Je lui souriais, caressant ses cheveux couleur chocolat. Si je la tuais maintenant, père Leroy ne serait pas très content. Mais cela, pour tout dire, je m'en foutais.
Mais je n'eus pas le temps de tergiverser sur la question qu'une autre entité avait pris place dans notre charmant trio. Un petit prédateur, tout comme moi et aussi blanc que la neige, faisait de mon visage son charmant terrain de jeu.

Avec feulements, crachats, et griffes assorties.

Je n'avais pas de temps à perdre avec ce stupide félin. Ce dernier se retrouva à embrasser les chaises avec un miaulement étouffé. Et selon ma chère comparse, il se prénommait Muguet. Jetant un dernier regard sur le pauvre hère qui avait défendu la Belle Leroy, je vis cette dernière s'approcher de ma sœur.
Ma Colère grandissante par l'assaut de Muguet et par le fait que cette Héritière toucha à ma sœur, par un claquement de doigts, je la ramenais vers moi, souriant. Les plaies orchestrées par le minet blanc étaient déjà en train de se retirer. Immense pouvoir, oblige.
Enserrant la gorge de la jeune femme lentement et doucement, je lui susurrais ces quelques mots près de ses fines lèvres :


- Si je te tue maintenant, papa Leroy sera moyennement content, non ?

Effleurant la peau aussi fine que la soie, je pouvais à loisir la détailler, la sentir, la toucher.
Et Merlin, elle avait une peur bleue de moi ...
Il n'y avait pas plus jouissif, comme expérience.
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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: La proie [PV]   Dim 14 Juil - 9:06

La fureur était visible sur son visage abîmé et pourtant indéfinissable. Le voile noir se moulait comme une seconde peau, avec ses traits méconnaissables et ses plaies béantes - qui se refermaient à vue d'œil. Loevi frissonna, terrifiée par les pouvoirs prodigieux de l'homme. Par l'intérêt qu'il manifestait à leur égard. A son égard. Que lui voulait-il ? Pourquoi cette hargne dans son regard bleu argenté lorsqu'il la regardait ? Pourquoi ce sadisme évident sur ses lèvres étirées en un rictus inquiétant ?

Elle sentait la puissance de sa magie sur sa peau, jusqu'à l'intérieur d'elle-même, écho dénaturé de sa propre magie lorsqu’elle échappait à tout contrôle et s'évacuait en salves destructrices hors d'elle-même. Il y avait quelque chose de semblable entre eux, malgré toute la maîtrise qu'il démontrait, comme si l'aura de leurs magies se ressemblaient, se reconnaissaient - se complétaient. Et cela l'horrifiait. La pétrifiait d'angoisse.

Elle ne voulait rien avoir en commun avec ce prédateur vicieux.

Il n'eut qu'à claquer des doigts pour l'attirer à lui tel un aimant surpuissant. En aurait-elle eu la volonté qu'elle n'aurait pu échapper à cette poigne de pouvoir qui l'enserrait dans ses griffes. Les yeux écarquillés rivés aux siens, elle ne pouvait une fois encore que subir la supériorité de cet inconnu sur elle. Impossible de lutter. Impossible presque de seulement penser. Réfléchir. Planifier. Ses mains se refermèrent lentement sur sa gorge et elle se vit déjà mourir, étranglée par elle ne savait qui, au milieu d'une école réputée pour sa sécurité.

Finir sa vie ici, maintenant, de cette façon ? Sans jamais avoir retrouvée sa précieuse cousine disparue, prouvé à Wyndham et à tous les autres qu'elle pouvait le faire, qu'elle pouvait dompter ses pouvoir déficients, déviants ? Mis à terre son propre géniteur dans un dernier geste de victoire sur cette dynastie damnée qui l'avait engendrée ?

Elle ne voulait pas mourir. Et aucune de ces raisons ne le justifiait réellement - ce n'étaient que des excuses pour tromper son entourage. Elle voulait vivre. Pour elle-même.

Si je te tue maintenant, papa Leroy sera moyennement content, non ?

La colère l'envahit comme un souffle dévastateur, gonflant ses veines d'un fluide brûlant et vivifiant, teintant son regard brun d'une fougueuse étincelle de fureur. En une fraction de seconde, elle se sentit soudain vive et puissante, comme une flamme brusquement avivée. Elle sentait déjà sa magie se remettre à courir sous sa peau, sur sa peau, de minuscules arcs électriques lui hérissant les poils sur les bras. Comme avant la catastrophe.


-Moyennement, c'est le mot, s'entendit-elle dire avec sarcasme.

Pour l'heure, la haine qu'elle éprouvait envers son père, et envers cet homme qui osait prononcer son nom devant elle, tenait à distance la peur qu'elle ressentait d'elle-même. Sa magie pouvait se déchaîner - elle ne s'en souciait pas.


-Tu ne crois quand même pas qu'il va pleurer la disparition d'un jouet, n'est-ce pas ?

Elle leva le bras, tendit la main vers la gorge de l'homme au visage d'ombres et serra à son tour, lentement, sans ciller. Calquant son sourire en coin, avec la même lueur de dérision.

-Un jouet par ailleurs parfaitement capable de se défendre par lui-même...

Elle sentit plus qu'elle ne vit Muguet reprendre conscience derrière elle et se hérisser de tout son long, menaçant. Elle se rappela également où reposait sa baguette - au fond de son sac de cours, quelque part sous la table fondue qu'elle occupait quelques minutes plus tôt avec Mickaels. Il lui suffisait d'un mot, et son allié félin bondirait à nouveau. Un mouvement de la main, et sa baguette finirait au creux de sa main.

Il était puissant, mais elle pouvait encore espérer s'en sortir. Résister.
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La proie [PV]

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