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 Je t'attendais ...

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Eden Cullen
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MessageSujet: Je t'attendais ...   Ven 22 Avr 2011 - 1:45

Le hall était bondé. De gens, de rumeurs, d'humeurs, de stress ...
Fourmilière géante de l'espèce humaine.
Écrasement des pieds à la clé, contacts involontaires mais garantis avec un échantillon divers et varié de la population environnante.

Odeurs testées et plus ou moins approuvées.
Celle de l'homme qui a travaillé toute la nuit dans son costume trop neuf, l'émanation dérangeante du jeune adulescent qui n'a pas encore découvert les propriétés sanitaires et sociales du magicodéo, le fumet tenace de celui qui ne connait pas l'usage du savon ou encore l'épouvantable senteur de celle qui a mal choisit le sien.

Prise d'un bref éclair de lucidité, elle opta pour l'escalier.

Même si, de ce fait, le combat tenait plus du corps à corps que de la montée des marches, prendre l'ascenseur par une telle fréquentation relevait du suicide olfactif.
La peau halée de ses mains contrastait avec le blanc immaculé de sa blouse. La jeune femme épingla un badge sur sa poitrine, passa mécaniquement le doigt sur les quelques lettres gravées et sourit. « Eden Cullen ».
Elle inspira profondément et s'élança gracieusement parmi la foule qui montait l'escalier A.

Au même instant, en haut des marches de l'escalier B, un homme visiblement pressé ramena la petite valise de cuir qu'il portait précieusement contre son corps, maudissant la vieille dame qui se tenait devant lui et dont les deux petits pas par marche laissaient présager qu'il en faudrait encore une bonne centaine avant d'atteindre le plancher des hippogriffes.

Les deux êtres se croisèrent à mi-chemin des escaliers. Même hauteur, même plan, escaliers différents, séparés par la largeur du hall d'entrée, quelques plantes vertes et de nombreuses silhouettes plus ou moins avenantes.
Elle leva les yeux vers lui, comme attirée par un aimant, sans savoir vraiment ce qu'elle cherchait.
A la vue de cet homme, le joli visage de la demoiselle marqua la surprise. Les yeux gris se plissèrent puis s'arrondirent, la bouche s'entrouvrit. Ce visage. Son visage.
Alors qu'elle ne le quittait pas des yeux, lui ne détourna pas un instant la tête de son but initial : la porte de sortie.
Elle stoppa immédiatement son ascension, ce qui eut pour conséquences de créer un mouvement de panique dans le train train matinal de l'escalier A de l'hôpital. L'homme qui la suivait de trop près la percuta brutalement, s'écrasant le menton contre le haut de son crâne en maudissant « ses bonnes femmes miniatures qui ne se pressaient pas pour aller bosser ». La fille qui lui emboîtait le pas, les oreilles parasitées par son MagicoP3, tenta un dépassement en double file qui s'acheva en un choc frontal avec un petit docteur rougeaud et pressé qui descendait dans l'autre sens. S'en suivirent cris et mots doux des plus discrets ...
Imperméable au drame de la circulation qui se déroulait sous son nez et par sa faute, Eden se cramponna à la rambarde du grand escalier et suivit des yeux l'homme à la valise, comme paralysée malgré le ballotement de la foule qui se tentait de se dégager de l'embouteillage.
Elle attendait depuis si longtemps …

Lorsqu'enfin ses jambes acceptèrent de répondre aux ordres de son cerveau, instant qui lui parut d'une infinie longueur, elle fit volte-face et écarta brusquement l'homme qui se débattait entre une blonde énervée dont les écouteurs pendouillaient le long du cou et le docteur stressé qui s'évertuait à libérer le col de sa blouse des mains de la mélomane au bord de la crise de nerf. L'irrespectueux des distances de sécurité étouffa un juron de surprise, et héla familièrement la tornade d'un mètre cinquante qui venait de le déboulonner avec la force de six hommes.
Les blouses tournoyaient, les patients juraient, râlaient, refusant parfois de s'écarter sur le passage de la jeune femme qui se frayait un chemin parmi la foule tel un hippogriffe au galop en essayant tant bien que mal de ne pas perdre la trace de l'homme et de ne pas rater une marche.
Elle dévala l'escalier, imperturbable, continuant sa course folle pour le rattraper, comme insensible au reste du monde.

Alors qu'il approchait de la sortie et qu'un colosse d'au moins deux fois sa taille lui barrait le chemin, la jeune fille s'agrippa à la balustrade et sursauta au timbre rauque de sa propre voix :


PAPA!!


Le colosse lui flanqua un coup d'épaule qui la renversa. Se retenant au costume de ce dernier elle reprit l'équilibre avec une agilité féline et décrocha un regard assassin à l'auto-tamponneuse géante qui poursuivit son chemin sans un mot.

L'homme franchissait les portes. La petite irlandaise s'époumona.


SCHUYLER!


L'homme daigna se retourner pour montrer enfin son visage. Alors qu'il levait ses yeux sombres vers elle, ils se muèrent soudainement en deux lacs pâles dans lesquels elle lut de la peur, des reproches ainsi qu'une sourde colère. Les traits de l'homme changèrent, les rides s'estompaient, les cheveux s'éclaircissaient ainsi que le teint qui se para d'un halo angélique. Il remua les lèvres imperceptiblement et détourna la tête pour être ensuite avalé par l'aveuglante lumière de l'extérieur.

SETH!!!







Eden se redressa brusquement,éveillée par son propre cri, en sueur et les mains cramponnées au drap lilas qui la recouvrait. Sa poitrine se soulevait au rythme d'une respiration saccadée.
Elle écarta une mèche de cheveux de son front glacé et jeta un rapide coup d'œil à la forme allongée à ses côtés qui étouffa un grognement et se retourna dans le lit.
La jeune femme rejeta le drap et bondit hors du lit, les jambes encore malhabiles, entourées de la sensation désagréables et cotonneuse qui suit les mauvais rêves.
Elle traversa la chambre à pas de loup, gagna le salon et referma la porte derrière elle tachant d'éviter le grincement fatal. Son rythme cardiaque s'apaisait peu à peu, laissant place à une angoisse latente qui la quittait rarement et lui enserrait la poitrine et la gorge.
La blondinette appuya son front contre la baie vitrée et observa un instant les marques que son souffle laissait sur le froid panneau de verre, jouant avec ses expirations.
Elle brouilla le petit nuage de buée d'un geste agacé de la main et se détourna pour attraper un long pull blanc, deux fois plus grand qu'elle, qu'elle enfila rapidement.
La baie vitrée coulissa sous ses mains, et elle sortit sur le balcon.

Le vent frais balaya les mèches qui encadrait son visage soucieux et la fit frissonner. Elle avait toujours été fascinée par la nuit et les dangers qui l'entourait. Un fichu goût du risque qui la suivait depuis quelques années et lui attirait le lot d'ennuis promis.
Question de choix.

Elle profita un instant du calme apparent qui régnait sur le quartier, contemplant les lumières de la ville qui signalaient qu'à quelques pas d'elle seulement, d'autres personnes étaient également perturbées dans leurs nuits par quelques souvenirs persistants.
Une flopée d'enjambées suffirent à la traversée du balcon.
Eden se hissa gracieusement sur la balustrade du balcon et passa ses deux jambes dans le vide, avant de se laisser glisser sur la plateforme de secours. Elle emprunta l'échelle destinée à faciliter une éventuelle évacuation de l'immeuble et se faufila sur le toit, petit havre de paix au sein d'une existence tourmentée.
Elle s'accouda au parapet et ferma les yeux, un court instant, tentant de se remémorer chaque élément du rêve qui tentait déjà de lui échapper.

...

Déjà les visages et clameurs s'estompaient. Seul restait l'étrange sensation de malêtre qui lui rongeait les entrailles.
La jeune femme soupira, se pris la tête dans les mains, sentant monter en elle une sourde colère sur laquelle elle ne mettait aucun mot mais qui arborait le visage d'un ange. Un étrange râle à mi-chemin entre le rire et le sanglot s'échappa de ses lèvres pour y mourir aussitôt. Elle redressa fièrement le menton, grimpa sur le parapet et se redressa.
Elle contempla un court instant ses pieds nus sur le ciment froid de la balustrade, avant de porter son regard sur la rue, en contrebas.


- Alors Sanders, tu te dégonfles?

A peine un murmure, chuchotis de sa conscience qui pourrait la pousser à faire un pas d'un côté ou de l'autre.
Un haussement d'épaules plus tard la crevette se prenait pour une gymnaste sur sa poutre, cheminant à petites enjambées gracieuses, tentant le pied de nez à sa légendaire maladresse/malchance qui ne tarda pas à relever le gant.


- AOUCH!

Une fulgurante douleur lui transperça le pied gauche au sens propre. Dans un chapelet de jurons à faire pâlir les grands mères de la ville, Eden se laissa brutalement tomber côté toit et se pencha sur le cas de la pauvre victime.
Un éclat de verre de la taille d'un ongle de pouce s'était niché au creux de sa voûte plantaire. Elle le retira d'un geste rapide et déterminé avant de presser les bords de la plaie, fasciné par le filet de sang qui s'en échappait.
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: Je t'attendais ...   Mar 26 Avr 2011 - 19:54

- Tu n’as jamais été faite pour ce genre de gymnastique, Sanders.

Voix froide, fluide et dépassionnée. Il regardait la plaie qui saignait. Sans gourmandise déplacée.
Autrefois, il l’aurait porté à ses lèvres pour aspirer le sang et soigner la lésion au plus vite. La salive des vampires possédait des vertus guérisseuses. Et puis... et puis c’était le sang d’Eden.

Mais cette nuit-là, il se contenta de la regarder saigner, tardant à remonter son regard vert d’eau en direction de l’argent de celui d’Eden.

Qu’attends-je, nuit après nuit, perché sur le parapet de l’immeuble d’en face ?
Une silhouette spaghetti en ombre chinoise derrière les rideaux tirés ?
Les exhalaisons des vapeurs vanillées qui s’échappent par la fenêtre de la salle de bain après une douche et qui menacent à tout moment de ramener plusieurs décennies en arrière ?
Surprendre un baiser, une caresse, une confidence de leur quotidien d’amoureux ?
Qu’attends-je, nuit après nuit, à chiffonner mon cœur, gourd pour toujours, tandis que je les imagine argumenter leur amour dans un chevauchement incessant de caresses et de soupirs passionnés ?

Le vampire masochiste qui n’a pas assez souffert cherche encore le bâton pour se faire battre.


- Pardon... Cullen... rectifia-t-il en la regardant subitement.

Était-ce un reproche silencieux ou un petit sarcasme bien senti ? Elle le prendrait comme elle voulait tandis qu’il savourait amplement l’effet de son apparition subite.

Depuis qu’Yseult est entrée dans ma vie, mes habitudes ont changé. Comme elle est londonienne, je vis à plein temps dans la capitale.

Je ne sais pas à quoi je joue avec elle. Chaque matin, quand elle m’embrasse avant de se rendre au lycée, je me jure intérieurement que je ne serai plus là le soir quand elle rentrera. Que ce soir sera la bonne.
Chaque soir, elle rentre et je suis toujours là. Le manège dure depuis janvier. Elle me saute dessus, m’embrasse comme si nous ne nous étions pas vus pendant des semaines et elle s’installe contre moi pour me raconter sa journée. Je l’écoute à moitié. Je m’engueule d’être encore là. Je n’arrive pas à partir.

Durant la journée, Yseult se rend au lycée Charles de Gaulle et, sous une fausse identité, je poursuis des études littéraires en première année au pôle universitaire. Mon inscription a été rendue possible grâce au soutien et à l’imagination d’un Résistant appelé Salomé Decameron. Il y est professeur d’anglais.

Je me suis trouvé un emploi de gardien de nuit dans sa pension. La Kensington’s Youth Mansion. Je travaille toutes les nuits sauf les weekends. Je prends mon service à dix huit heures ou dix neuf heures selon la fin de mes journées de cours. C’est aussi l’heure à laquelle elle rentre.

Elle est la seule de la pension à connaître mon secret. Elle couvre mes arrières quand je dois m’absenter chasser ou quand survient la pleine lune et l’inévitable transformation mensuelle. Je la rejoins à l’aube dans sa chambre, me glisse sans bruit entre le drap et elle. J’attends son réveil en me demandant à quoi je joue.

Je joue au petit copain. Je fais amende honorable en effaçant mes frasques passées. Je deviens végétarien en me faisant croire que c’est pour de bon. C'est-à-dire pour toujours, et mes « toujours » sont toujours trop longs. J’oublie le goût du sang. Je fais mes devoirs en attendant le petit matin. La journée, j’imite la vie normale d’un adolescent de 17 ans. Je souris beaucoup plus qu’avant. Je mens beaucoup plus et un peu mieux aussi. On fait l’amour entre deux cours. On multiplie nos corps dans une suite de positions inédites qui l’amusent plus que moi. On sèche pour une école buissonnière au cinéma ou dans les salles de jeux vidéo. Je l’aide à retenir ses leçons. Elle jalouse que je mémorise les miennes plus facilement qu’elle. Elle me fait rire et oublie parfois que je ne suis pas un simple garçon. J’ai un quotidien ordinaire. Ça faisait longtemps que je n’avais pas été ordinaire.

C’est la vie près de cette humaine qui me soigne.

Mais Amys, elle, dit que je ne me soigne pas mais que je pourris à vue d’œil. Elle n’est pas friande de ma nouvelle vie mais elle accuse le coup. Si j’ai envie de devenir un vampire chiant à mourir, ça me regarde, me lance-t-elle quand elle vient me chercher pour qu’on aille chasser dans les forêts environnantes de Londres.
Elle se présente à la pension le vendredi soir. Yseult sait et accepte que je disparaisse du vendredi au dimanche soirs.

Je mens beaucoup, disais-je, et je mens mieux. Quand je lui dis que je profite des fins de semaine pour aller à la campagne avec ma créatrice et me nourrir pour la semaine à venir, j’omets de préciser que la chasse ne dure qu’un jour.

Car le samedi soir et le dimanche d’après, j’attends. Nuit après nuit, je ne sais faire que ça. Attendre et la guetter.

Je reviens des petits bourgs campagnards à la nuit tombée.

Depuis que je vis à Londres, chaque jour, chaque fois, chaque mètre que je parcours, la pensée d’Eden m’envahit et se cramponne à ma cervelle défaite.
Je ne peux pas vivre dans la même ville qu’elle et ignorer sa présence.
La pensée s’enfonce dans ma poitrine comme un pieu dès que je dois passer à quelques rues de la leur. La leur. Eden et Liam.
La pensée incongrue, intolérable et burlesque d’Eden et de Liam, dans un lit, enlacés.


Lorsqu’il avait aperçu la fine silhouette remonter le long de l’échelle et escalader jusqu’à la toiture de l’immeuble, il n’en avait pas cru ses yeux. Immobile comme une pierre, depuis trois heures que la lumière de leur chambre s’était éteinte, Seth avait gardé les yeux fixés sur la façade de briques et sur la petite chose qui essayait de gagner le toit.

Chaque fois qu’une petite blonde qui lui ressemble un peu trop me passe devant dans le métro – car je suis devenu londonien et je prends le métro –, j’éprouve l’illusion furtive que c’est elle. Même si le parfum que je hume n’est pas le sien. Même si j’ai conscience qu’à cette heure-ci et en plein milieu de semaine, elle doit être en cours à Poudlard.
C’est pour ça que ce sont les weekends que je guette. J’attends. Juché comme une gargouille monolithe sur le parapet de l’immeuble face au sien, j’attends.


Un bref, instant, Seth replongea quelques mois en arrière et revit cette infâme sonnette rehaussée du marquage « Monsieur et madame Cullen ». Deux années après avoir quitté son époque, il rentrait alors d’un ultime voyage dans le temps. Quelle naïveté avait bien pu lui faire croire qu’elle l’aurait attendu ?
Dès le départ, il n’aurait pas dû lui en vouloir. Avant de disparaître avec Noah pour une époque ultérieure, ne lui avait-il pas demandé de continuer à vivre sa vie sans l’attendre ?

La pensée d’elle et de mon frère encastrés dans de drôles de figures géométriques m’a rendu malade plusieurs semaines, plusieurs mois. Puis la maladie est passée. Du moins le pensais-je. Venir vivre à Londres a ravivé le besoin douloureux de la voir. Je savais qu’en me rendant chaque samedi où Eden et Liam habitaient, je trahissais Yseult. Il n’a jamais s’agit d’autre chose que de la voir ou de percevoir, même à cette distance, un peu du parfum que le vent complice m’apportait. Bien que je ne fisse rien de mal, je trahissais Yseult.

Ce soir, comme tous les samedis soirs depuis le mois janvier, j’avais attendu le vide. Le matin vide. Que viennent me chasser les lueurs de l’aube.
C’est Eden elle-même, ou plutôt le risque stupide qu’elle était en train de prendre devant mes yeux, qui me délogea pour la première fois en quatre mois de mon promontoire citadin.



Bien avant qu’elle ne tombe, pressentant l’arrivée imminente d’un quelconque accident alors qu’elle s’amusait à jouer les acrobates, l’hybride s’était approché. Pour la rejoindre, quelques bonds avaient suffit à lui faire traverser le vide séparant les deux immeubles. Il y avait eu plus de peur que de mal.

A présent, agenouillé en face d’elle, avec le pied d’Eden dans sa paume de main, il se demandait si son réflexe valait vraiment la peine de se retrouver là.

Pour noyer sa gêne passagère dans un geste qui pouvait le relier à la réalité de l’avoir en face de lui, il se pencha vers elle et attrapa une fine mèche de cheveux qu’il lissa sur toute sa longueur en la suivant des yeux. Arrivé à la pointe, il lâcha la chevelure et sourit :

- Et on dirait que Liam n’a pas assez d’argent pour te payer un peigne, railla-t-il doucement pour faire d’une pierre deux coups. Se rire de ce qui lui faisait du mal afin de lui prouver qu’il avait accepté – à sa manière – cette nouvelle situation. Et marquer, sans lourdeur, la trêve qu’il espérait qu’ils fissent maintenant que du temps était passé depuis leurs dernières entrevues houleuses. Puisqu’il avait enfin traversé le gouffre qui les séparait – littéralement et allégoriquement – autant faire ce pas important : apprendre à pardonner pour mieux arrêter d’attendre.






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Eden Cullen
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MessageSujet: Re: Je t'attendais ...   Mer 27 Avr 2011 - 19:03

Ce fut le ton de sa voix qui la ramena à la réalité.
Froid et distant. Loin de ce qu'elle s'était imaginé durant sa longue absence. Des mois durant elle avait rêvé cette rencontre, leurs retrouvailles. Et puis elle s'était résigné à comprendre ce qu'il lui avait demandé. Ne pas l'attendre.
Le reste s'était enchaîné, la prenant dans un tourbillon démentiel qui n'avait pas laissé place à la moindre réflexion. Et cela lui convenait parfaitement à l'époque.
Il l'avait abandonné.

L'épisode du clocher, leurs retrouvailles réelles et la rencontre avec Hortense avaient provoqué en elle une colère sourde et destructrice qui ne la quittait plus depuis. Elle n'était pas encore certaine de l'objet contre lequel se dirigeait sa colère. Qu'elle soit concentrée envers elle-même pour l'avoir trahi, envers lui pour ne pas avoir su rester ou encore envers Liam qui au contraire avait été présent.
Le sentiment grandissait en elle jour après jour, la laissant élaborer maints scénarii au cours desquels elle avait envisagé tous les dialogues possibles, tous les arguments, toutes les situations, allant jusqu'à ôter quelques vies. Parfois même la sienne.
Dans certains de ses songes ils se retrouvaient, et chacun reprenait sa place. SA place. Voilà des mois qu'elle se faisait l'effet d'une usurpatrice qui vivait la vie d'une autre et trompait le monde. Des mois qu'elle s'efforçait de se convaincre qu'elle était bel et bien là où elle devrait se trouver. Et lui, tel un ange de la mort, qui revenait pour la faire douter à nouveau.
Oui, dans ces rêves tout était comme avant. Rien ni personne n'avait changé. Pas même elle. Doux songe … rendu pourtant impossible.

Alors qu'il se tenait devant elle, ses yeux gris parcoururent le visage aimé, l'enveloppèrent d'un regard empreint de douleur pour reprendre tout aussi rapidement leur lueur d'amertume.
Elle nota à quel point les traits de Seth était à la fois semblables et différents de ceux de Liam. Son mari.
Cette pensée lui arracha un sourire torturé. Habituellement, c'était Liam qu'elle observait ainsi dans l'espoir de lui ravir quelques ressemblances avec Seth. A cet instant, les rôles étaient inversés, brandissant sous son nez le drapeau de la défaite. Elle connaissait mieux Liam que l'étranger qui se tenait à genou devant elle. Même si son visage n'avait pas changé d'une plume d'hippogriffe.

Ce Seth, dont l'intonation marquait la profonde distance qui les séparait désormais et qui franchissait à la fois le gouffre de rancœur qui les protégeait l'un de l'autre, n'était plus celui qu'elle avait connu. A défaut d'être celui qu'elle aimerait toujours.

Alors qu'il tenait son pied au creux de la main, elle ne pu s'empêcher de constater qu'il regrettait déjà son geste. Elle détourna douloureusement la tête. Pas même l'odeur de son sang ne semblait l'attirer.
Elle remua la jambe dans une tentative désespérée de se libérer d'une emprise qui n'était pas seulement physique.
La perte d'un membre ne valait-elle pas la paix intérieure tant désirée?

Elle abandonna finalement toute idée de lui résister physiquement et se contenta de lui rendre un regard tout aussi froid que le timbre de sa voix.

Étrangement, plus aucune larme ne semblait vouloir perler à ses yeux.

Chacune de ses plaisanteries lui paraissait être un coup de poignard au creux de la poitrine. Sur le nom qu'elle portait, sur ses cheveux et son adresse. Autant de mots qui l'aurait fait rire auparavant, ou qui ne l'aurait pas touché venant d'autres, mais qui, en cet instant, faisaient voler en éclat tout ce à quoi elle se raccrochait depuis maintenant deux ans.

Elle porta sa main à la sienne pour lui faire comprendre qu'elle entendait bien récupérer son pied sur le champ.
Puis dans une tentative délibérée de lui faire mal, d'égaler la douleur qu'elle ressentait depuis des mois :


- Lâche-moi. Ta peau est toujours aussi froide que …


Elle ne pu se résoudre à ajouter les deux mots qui lui brûlaient les lèvres.


Ton cœur.

- Tu as changé.
Murmura-t-elle d'une voix rauque en détournant le regard.

Et ce sourire dont il ne se départait pas...ce sourire d'acceptation qui lui remuait les entrailles et lui filait la nausée. Elle aurait encore préférée qu'il l'a jette au bas des toits ou qu'il lui brise le cou. Mais pas ça. Pas la résignation.


- Et puis qu'est-ce que tu fiches ici? Je suppose que ce n'est pas pour servir de parade aux exploits pantomimiques des insomniaques que tu arpentes les toits londoniens??!!


Elle plongea ses yeux gris dans le bleu de son âme.

Dis le … dis-moi que tu m'attendais...

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MessageSujet: Re: Je t'attendais ...   Jeu 28 Avr 2011 - 14:07

Seth n’aurait pas eu l’imagination nécessaire pour compléter l’injection restée toute en suspension. Il mit quelques secondes avant de relâcher son pied. Confus, comme pris en faute, son regard resta vrillé à Eden avant de se rabattre sur ses deux paumes de main.

« Aussi froides que... ? »

Il imagina un glaçon en train de fondre, un iceberg, une pierre, du marbre, du carrelage... Etant fait d’amour et de douleurs, malgré la perte d’un cœur battant, jamais il n’aurait imaginé que ce fût à ce cœur même qu’elle comparait la froideur de ses mains.

Aussi compatit-il brièvement au désagrément de se faire palper par des mains aussi fraiches alors que la nuit était plutôt douce et que le mois d’avril faisait un bel hommage au printemps. Il ne put s’empêcher une comparaison assez déconcertée entre aujourd’hui et hier. Hier, elle ne s’était jamais plainte de cette fraîcheur consternante. Aujourd’hui, habituée au contact avec un corps chaud, madame Cullen faisait bien plus la difficile. Il faudrait qu'il se renseigne auprès d'Yseult pour savoir si le contact était aussi désagréable que ça. Il lui avait semblé qu'aucune n'avait encore eu à se plaindre. Ses propres désirs l'avaient-ils rendu à ce point égoïste ? Bouse...

Seth haussa les sourcils pour marquer malgré lui son étonnement. Et comme si ce lapsus ne suffisait pas, en repliant ses mains sur ses genoux, il laissa bruire un faible sourire désenchanté face à cette conclusion indéniable : ils n’étaient plus les mêmes. Si ses sentiments lui avaient paru inchangés bien qu’ils fussent étouffés sous le poids des désillusions, leurs histoires parallèles avaient évolué et cet amour passé n’aurait jamais sa place dans leurs nouvelles vies. Eden l’aidait beaucoup à se résigner.

« Que ça soit à mon frère ou à un autre, Eden est mariée ! M-a-r-i-é-e ! » se gifla-t-il intérieurement. La piqûre de rappel fut plus douloureuse encore que la fois où il les avaient rapidement aperçu, courant sous la pluie, main dans la main, alors qu’ils empruntaient le hall d’entrée de leur immeuble pour aller se mettre à l’abri dans le creux de leur petit nid douillet.

Ce qu’il faisait là ?

Il se laissa tomber sur ses fesses et adopta une posture dégagée. Il ignora l’agressivité de sa voix. Elle lui donnait à peine un indice lui permettant de comprendre qu’au contraire de lui, elle n’était pas forcément prête à tenter une réconciliation. Telle était sa vision. Il avait plus de modestie qu’elle pensait, aussi n’aurait-il jamais songé deux secondes qu’elle puisse, en réalité, être en train de regretter qu’il se résignât si vite. Vite étant un bien grand mot...

Il était devenu hors de question de lui révéler la vérité : « Élémentaire, ma chère Cullen ! Que dites-vous de cela ? Je passe tous mes samedis soirs et tous mes dimanches après-midis perchés sur le garde-fou de l’immeuble d’en face dans l’espoir de te voir. Quand j’ai de la chance, je me prends en pleine tête une dose de parfum vanille et je déguerpie vite fait le soir venu, histoire de reprendre ma vie tortueuse. Celle que je vis et qui n’est pas la mienne... tu connais, non ? J’ai l’impression que tu vis la même. Avec une personne différente... »

- Joker, invoqua-t-il plutôt que de mentir.

Il sourit pour la première fois. Si elle avait envie de faire sa tête de scroutt, ça la regardait. Lui resterait la bestiole ironique qui essayait bon an mal an de se remettre sur pied. Ca ne pouvait plus durer, réalisait-il :

Je ne peux plus venir comme ça pour les voir vivre...

Qu’est-ce que j’attends ?

Je ne sais pas ce que j’attendais. Un espoir stupide qui me mine ?
Une silhouette gracile qui joue les pantomimes à trois heures du matin ?
Qu’elle se jette sur moi en me disant qu’elle est désolée ? J’aurais renchéri que je l’étais aussi.
On se serait embrassé. Elle m’aurait dit que ma peau froide lui avait manqué, qu’elle avait menti un peu plus tôt.
Je lui aurais dit que ce n’était pas grave, que je comprenais et que j’étais désolé. J’aurais cent fois préféré pourvoir la réchauffer, préféré qu’en m’embrassant, elle n’ait pas l’impression d’embrasser son mur, sa cheminée ou un poteau électrique. Elle aurait ri parce que j’aurais fait ma tête des mauvais jours. Son rire m’aurait contaminé. J’aurais ri aussi. On se serait embrassé et notre baiser aurait effacé le reste.

« Elle divorça, se remaria et eut beaucoup d’enfants vampires et loups-garous. The End. »

Super, Seth Cullen. Elle est bien pourrie ton histoire.



Ce qu’il venait chercher à chaque fois qu’il venait la voir, c’était sa liberté.

Il se releva avec sa vitesse de vampire. Un clin d’œil plus tard, il était accroupi en équilibre sur le parapet, de profil par rapport à elle et prêt à s’en aller d'un bond dans le vide :

- C’était une erreur, je n’aurais pas dû venir. Excuse-moi...


Seth regarda la route à six étages plus bas. Puis l’échelle d’accès aux toits, juste à côté de lui. Puis Eden et son pied percé. Il se ravisa et revint en face d’elle avec la même célérité :

- Tu veux grimper sur mon dos ? On joue les acrobates jusqu’à ton balcon et, après, je te laisse, proposa-t-il amusé, sincèrement décidé à ne pas se laisser contaminer par l'agressivité de la jeune femme. Il était prêt à se faire envoyer sur les roses, en tout cas, impossible de ne pas lui proposer de la ramener saine et sauve jusqu’à son palier.






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MessageSujet: Re: Je t'attendais ...   Ven 29 Avr 2011 - 18:59

Elle tenta, tant bien que mal, de masquer sa déception.
Une partie d'elle, malgré tout, s'était raccrochée à un espoir fou.

« C'est toi que j'attends, Eden. »

Séquence émotion, violons … tout le tintouin.

Elle se serait probablement jetée à son cou, blottie contre ce corps qui lui manquait douloureusement chaque jour et se serait laissée bercer par la douce torpeur d'être à nouveau près de lui.


Et après?

Des mois d'autoflagelation intellectuelle, de culpabilité et de ressentiment à son propre égard pour avoir trahi Liam.
Il ne méritait pas ça.

Une vague de détresse s'empara de son être. Alors qu'une partie d'elle avait continué à l'attendre ces deux années durant, l'autre partie avait essayé de grandir. Et ça ne lui réussissait pas.
Une effluve de fierté ou peut être d'intégrité vis à vis de Liam, lui interdisait de le retenir. Alors que son corps réclamait à grand cri le pardon. De tous.


Seth Cullen, je te hais.

Elle ressentait désormais le penchant mortel du poison qu'elle avait laissé s'infiltrer au creux de ses veines six ans plus tôt, comprenant enfin que lorsqu'il lui avait parlé des dangers qu'elle encourrait, elle s'était mépris sur leur nature. Le mal qu'il lui faisait n'avait rien à voir avec son essence de vampire.
Déjà il se levait. Elle s'en sentit presque soulagée. Il allait partir, ne plus revenir, pensant la laisser vivre en paix. Elle continuerait à souffrir dans son coin, mais garderait un semblant d'estime pour elle même.


Ne t'en vas pas!

Pour éviter tout geste qui aurait pu la trahir, elle détourna les yeux pendant qu'il se relevait. Elle se hissa de nouveau contre la balustrade et y cramponna ses doigts pour ne pas s'accrocher à lui dans un geste suppliant.

Qu'est-ce que tu veux??

Lui.



Et Liam?


Eden se concentra sur la vision d'un Liam endormi, qui ne se doutait pas un instant que la femme avec qui il partageait sa vie était à deux doigts de se jeter dans le vide, dans le simple but de se prouver que son ex petit-ami bondirait pour la sauver. Comme avant.
Elle se méprisa.
La jointure de ses doigts blanchissait sous la pression qu'elle exerçait sur le béton. Cramponnée à une volonté qui s'amoindrissait à chaque instant.
L'affection qu'elle ressentait pour Liam était immense, elle ne pouvait le nier. Leur vie commune était emplit de rires et d'instants agréables. Liam mettait beaucoup d'énergie à l'amuser, la protéger, lui rendre la vie plus belle. Il continuait à la railler, l'asticoter et lui faisait du bien. Il l'avait rendue vivante après le départ de Seth. Ce qui relevait de l'exploit. Ils s'étaient soutenus l'un l'autre, avaient pansé leurs blessures et se complétaient à merveille. Aux yeux des autres, pas l'ombre d'un nuage dans ce « si beau  couple » qu'ils formaient. La vie était simple et pour la première fois dans son existence, Eden se sentait en sécurité. Et pourtant … elle ne se sentait pas réellement entière.


Tu es juste une petite gamine capricieuse qui veut tout avoir et ne supporte pas qu'on s'éloigne de toi.

Elle se tourna brusquement vers Seth dans l'espoir de se persuader qu'elle refusait juste de le voir aimer une autre. Ou d'autres. Que la douleur qui lui déchirait le cœur depuis deux ans, n'était finalement qu'une abominable forme d'égoïsme.
En vain.
Il serait toujours l'unique.

Et déjà, il s'excusait d'être là. Une vague de froid envahit chaque partie de son corps. Ses jambes menaçaient de se dérober sous elle. Il partait.
Et tout s'effondra une fois encore.
Eden se mordit la lèvre brutalement, empêchant les mots de franchir ses lèvres, mais ne pouvant arrêter leur litanie tortureuse au sein de son esprit.


Emmène-moi. Mais pas sur mon balcon. Loin.
Offre-moi cette nuit à défaut de plus.
Arrache-moi à une existence qui est celle d'une autre pour quelques heures...
On oublie tout.
Quelques heures seulement ou je t'appartiendrai encore un peu.
Où tu ne m'aurais pas oubliée.
Où je me fous de tout.


Elle parcourut les toits d'un regard de rat piégé. Aucun échappatoire. Cette fois-ci, elle ne pourrait pas fuir en courant. Il allait la laisser, une fois encore. Nue sans sa baguette, elle était obligée d'affronter la situation, de faire preuve d'un courage qui l'avait abandonné depuis bien longtemps. De lui répondre. De lui mentir. Encore.
Sentir son dos contre son ventre, son odeur, sa peau. Vivre ses mouvements comme s'ils ne faisaient qu'un à nouveau, se plonger dans un passé ou leurs excursions nocturnes n'étaient interdites que par le règlement de l'école... Elle ne le supporterait pas.

Reléguant la blessure de son pied à un rang inférieur qu'elle explorerait lorsqu'elle retrouverait un semblant de cerveau, la jeune femme lança un oeil provocateur au Cullen qu'elle n'avait pas épousé et grimpa sur le rebord de la barrière. Elle recula jusqu'à sentir le vide sous ses talons, sans le quitter des yeux, raccrochée à la vie par dix pauvres orteils.


ça y est, tu es barrée ma pauvre...

Une bourrasque venant des ruelles en dessous, ébouriffa sa crinière déjà réticente à un semblant d'ordre. Un vent de liberté. De libération même.
Elle lui extirperait le combat qu'il se refusait à livrer pour elle, ôterait toute trace de résignation dans ses yeux là. Dussent-ils aller au diable ensemble.


Arrête les violons! Tu sais pertinemment qu'il ne te laissera pas t'écraser en bas. Ne joue pas les tragédienne.

– Tu as peur que je rate un barreau peut-être? Je te manquerais? railla-t-elle sans grande conviction.

sauve-moi.

Elle recula d'un pas de plus, accueillie par le vide.
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MessageSujet: Re: Je t'attendais ...   Sam 7 Mai 2011 - 14:09

Le vide avala Eden. Il s’agrippa à son frêle corps, l’embrassa comme Seth ne l’avait plus embrassé depuis des décennies. Par jalousie et pour relever le défi, il pivota sur ses chevilles, se pencha vers le gouffre, s’octroya un mince sourire pour louer ses mises en scènes dramatiques et sauta à son tour dans le vide.

Ses pas étaient légers comme l’air. Chaque bond s’effectuait avec une aisance d’astronaute marchant sur la lune. En bondissant de balcons en balcon, il touchait à peine le fer des parapets. Il ne quittait pas Eden des yeux. Il la dépassa en arrivant au troisième étage. Tout devait aller si vite pour elle. Tout allait à une vitesse grisante pour lui.

Il termina de descendre les deux derniers étages de la façade de l’immeuble en courant sur la gouttière. Il se déplaçait avec une telle célérité que la gravité n’avait plus d’emprise sur ses gestes. Il posa le pied par terre et alla se placer au milieu de la route, au point prévisible d’impact, levant le nez vers le ciel noir qui crachait des filles et des amours perdues.

Eden tomba dans ses bras une fraction de seconde plus tard. Il la recueillit avec délicatesse en assouplissant ses bras pour assouplir le choc avec leur rencontre.


Contrairement aux apparences, ça ne m’amusait pas. J’étais furieux.

Tu as peur que je manque un barreau ? Je te manquerais ?

Bien sûr qu’elle me manquerait. Je ne l’aurais jamais laissé tombé. Jamais. Ni dans le vide, ni dans la vie. Qu’est-ce qui avait pu la convaincre du contraire ? Mais admettons que... que n’importe quoi ! que je glisse, que je la manque, que quelqu’un nous surprenne ou qu’un incident vienne m’empêcher de la rattraper !

Je concentrais ma rage dans mes poumons pour ne pas exploser. Je lui laissais le temps de se remettre mais dès que je sentis qu’elle se remettait à bouger, et que son visage m’apparut, je... je voulus crier... me débattre contre son inconscience mais je n’y arrivais pas.

Parce que son visage m’avait manqué. Il était si près du mien. Mes bras étaient remplis d’elle, de son parfum, de sa délicatesse et une violente réminiscence de nuits, de son corps, de nous, d’instant, de rires, de joie me paralysa.

- Tu es sottes, lâchais-je en murmurant attendri et en la serrant contre moi. Je n’étais toujours pas résigné à la laisser marcher. Elle se débattrait peut-être, j’avais peu de temps pour dérober cette courte étreinte mais je la voulais. Elle m’apaisa. Si mes mots ne lui avaient pas révélé correctement, j’imaginais que cette étreinte trahissait totalement combien elle m’avait manqué. Combien il était difficile de tourner la page.

- Je suis désolé, murmurais-je dans ses cheveux.

Je comprenais la douleur.
Quand je l’avais contre moi, le mécanisme insondable d’Eden Cullen me redevenait évident.
Je comprenais les mots qu’elle n’avait pas dits en sautant.
Le pourquoi et l’appel.
Je ne les comprenais pas, non, je les ressentais en moi. Dans ma poitrine sans cœur.

Je ne pouvais être que désolé. Pas pour elle, et encore moins pour moi. Mais pour nous et l’impasse tragique où nous nous trouvions.

A regret, j’écartai mon visage de son cou. Ce geste m’était interdit. Il fallait la rendre à Liam. La règle du jeu était claire, aussi blessante fut-elle, elle était claire.

- Je te ramène...

Mon voyage a duré quatre vingt ans. Beaucoup moins longtemps que la première fois où je suis parti. Les exercices de mémoires quotidiens que m’infligeait Noah me permettait de me rappeler tout le monde. J’avais besoin de photos pour ne pas oublier mes parents, mon frère, ma sœur, mes amis. Nous avions, lui et moi, chacun notre petit portefeuille avec les petits trésors de mémoire. Vingt après notre arrivé, Noah avait presque 38 ans et j’en avais toujours 17, nous fumes attaqué et capturés par une milice antarienne. On nous enferma dans un cachot pour nous interroger, nous prenant nos effets personnels et l’intégralité de nos photos.

Antarès nous garda enfermé dix-huit ans. Nous nous enfuîmes grâce au soutien de la Résistance mais fûmes incapables de récupérer nos images. Noah décida de rentrer mais je fus appelé aux côté de Sacha pour un autre voyage dans le temps à l’intérieur de ce voyage dans le temps. C’était la première fois que je faisais ça.

Il m’accompagna à une époque ultérieure où lui-même n’existait plus et où ses enfants étaient grands-parents. Nous y vécûmes quasiment 40 ans sans trouver la manière d’éradiquer Antarès. Pendant ces quarante années, chaque jour, je me forçais à me réciter des évènements tant j’avais peur de les oublier. Les dates, les anniversaires, les lieux, les visages, les moments, les bons et les moins bons, Eden, ma transformation qui me devenait de plus en plus lointaine. Il ne me restait que quelques souvenirs froissés et incomplets, entassé sous deux siècles accumulés de voyage dans le temps. Le visage d’Eden, en deux siècles, n’a jamais perdu un trait, la couleur de ses yeux, le souvenir olfactive de son cou, de son corps, ses caresses, le bruit de sa paume quand elle parcourait mon dos, autant de souvenirs que je me suis battus pour ne pas les perdre.

C’étaient ces souvenirs qui provoquaient toute cette douleur. Si je n’avais pas cherché à me rappeler, la douleur serait lointaine, aussi lointaine que ces premières semaines où je la vis et commençai à me sentir amoureux.
Si j’avais oublié, elle ne m’aurait tant manqué.
Si les efforts que j’avais conjugués pour ne pas la laisser partir de ma tête avaient été mis dans l’oubli, je ne serais pas en train de combattre contre ma bonne conscience : la ramener ? Vraiment ? Pourquoi ne pas l’enlever ?

J’étais devenu un sacré barbare.


Seth ne la reposait toujours pas. Il la dévisagea longuement, laissant sa phrase précédente en suspend. Ses réflexions avaient le bon ton de ne pas se lire sur son visage mais son long silence ne pouvait pas manquer d’inquiéter Eden. Avant que tout ça ne devienne bizarre, il soupira, déjà fâché contre lui-même :

- Il reste deux heures avant le lever du soleil... Je te ramène ou... ou tu veux les passer avec moi ?

Ce n’est pas que j’ai peur que tu loupes un barreau. J’ai peur de te tourner le dos et de me rendre compte, plus tard, aux tréfonds de mon immortalité, que tu t’es habituée à me voir partir, à ne plus me voir. Que tu ne veux plus de moi dans ta vie. C’est sûr, tu n’as plus besoin de moi...


Les yeux de Seth se levèrent subrepticement vers le haut de l'immeuble, la fenêtre de leur appartement où Liam dormait.

- Mais j’ai encore du mal à l’accepter. J'ai ma vie, une petite copine, des amis... mais il reste toi que surplombes tout ce que je fais, sourit-il. Il trouva ça tellement con de lui laisse l'accès à mes douleurs mais si tel était le seul moyen pour la convaincre de lui accorder ce sursis : Donne-moi deux heures... on n’est pas obligé de parler. On peut... on peut s’installer sur le toit et regarder le ciel jaunir. On peut... marcher le long de la Tamise en jetant des cailloux. Ce que tu veux du moment que je m’en vais d’ici en étant certain que ce n’est pas plus qu’un barreau que tu es en train de louper.

Et c'est sans doute dégueulasse de ma part de remettre en question sa vie sous prétexte que la mienne est bancale.
Les mots reflètent toujours très mal l'essence de nos inquiétudes. Seth décida de lui laisser comprendre ce qu'elle voulait bien comprendre et de replacer chaque chose dans leur intime mesure et dans leur contexte.






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MessageSujet: Re: Je t'attendais ...   Dim 15 Mai 2011 - 0:38

Deux heures pour me perdre?

Je prends.

T'es déjà fissurée, tu crains plus grand chose...

Juste deux heures pour l'éternité.

Parce que si, justement, j'ai besoin de toi. J'aurai toujours besoin de toi.



Dotée d'une mémoire sélective, Eden passa sans s'arrêter (en piétinant légèrement au passage) la partie « vie de Seth sans elle ». En particulier l'étage petite amie qu'elle n'avait pas envie de visiter. Elle marqua un arrêt quasi-définitif au rayon qui annonçait qu'elle avait toujours de l'importance pour lui. Parce qu'il s'agissait bien de ça. Derrière le masque parfait de ses traits angéliques et douloureux résidait un peu d'elle. Les échos de leurs secrets, quelques rires et de tendres murmures.

Par égoïsme, caprice ou conséquence d'une chute qui avait du lui décoller une partie importante du cerveau, elle tentait de se concentrer sur l'endroit le plus invraisemblable qui aurait pu les accueillir pour deux heures. Parmi les candidats : London Eye, les hauteur de Big Ben, le centre du lac de Regent's Park, les plateformes de Tower Bridge ou les toits du British Museum. N'importe quel lieu qui aurai convenu à l'une de leurs anciennes escapades.


- Deux heures, à une condition.


Le ton sérieux de sa voix la choqua. Il n'avait rien à voir avec l'effervescence de son esprit qui s'égarait aux quatre coins d'un Londres éclairé par la perspective des baisers de son vampire.
Blottie dans ses bras, elle colla sa joue contre son torse, guettant les battement muets d'un cœur qui jadis avait été plein d'elle.



- Aucun regret.


A l'instant même où ses bras s'étaient refermés sur son corps frêle encore tremblant du saut de l'ange, tous ses sens s'étaient apaisés. De la même façon que son onguent miracle à base de salive d'hippogriffe calmait les blessures, le contact de Seth avait mis fin à l'embrasement qui la consumait depuis des mois. Comme si chaque chose retrouvait sa place. Elle se serra un peu plus contre lui et ferma les yeux.

Aucune envie d'être celle qui brisait tout une fois de plus. Aucune envie de remettre en question les choix passés. Aucune plongée dans les méandres douloureux de ses sentiments. Aucun regret. Pas d'Eden torturée par un éventuel retour en arrière, pas de larmes ni d'excuses, pas de complot pour envoyer valser la totalité de leurs deux vies et ce qui restait de leur âme par la même occasion. Pas de temps à perdre, seulement deux heures et deux heures sans regret. Cent vingt minutes de lui et d'elle, d'elle et lui sans personne d'autre. Sans autre monde que celui qu'ils s'étaient construit, sans clocher souillé par une autre qu'elle, sans serment trahi par une promesse faite à un autre.
Lui et Elle.

Introspection douloureuse, remise à plus tard. Vous pouvez repasser. Merci.

Des mois à se retourner à chaque tête blonde, des mois à parcourir les rues et les lieux qu'ils avaient visités ensemble, des mois à le chercher inconsciemment tout en se cachant, à le traquer tout en le fuyant.
La période n'avait pas été évidente pour Liam non plus. Lui aussi tressautait à la moindre silhouette gracile et pâle qui s'approchait d'elle. Elle sentait le poids de ses yeux sur sa nuque lorsqu'elle rêvassait, savait déceler l'inquiétude de sa voix lorsqu'elle rentrait tard et était consciente des efforts déployés pour la faire rire lorsque son humeur était morose. Il s'employait chaque jour à lui éviter de penser à ce à quoi elle avait renoncer. Elle s'était appliqué à faire preuve de délicatesse lorsqu'il s'agissait de Seth. Elle n'abordait jamais le sujet, et se renfermait dans le silence à chaque situation pouvant le mettre mal à l'aise. Elles étaient pourtant nombreuses, mais Liam savait faire montre de confiance et ne l'ennuyait pas avec une jalousie à deux balles lorsqu'elle avait besoin de se trouver seule.
Sauf pour l'alliance.


-Tu l'as perdue???
-Puisque je te le dis...

-Tu te fous de moi????
-Bien sûr Liam! J'ai rien de mieux à faire que me disputer avec toi ce soir!!!!!!

-… Eden...
-Ecoute, je préfererais te dire que je l'ai égarée, oublié à Poudlard ou prêter à une copine en mal de mari mais ce n'est pas le cas!!!

-… Elle est plus lourde que toi!!!! Comment t'es-tu encore débrouillée????
-Ecoute, je suis désolée!!

-Je vois ça...
-Quoi ??? Tu t'imagine que je l'ai jetée dans la Tamise pour faire croire à mes amants que j'étais libre????


Il avait grommelé quelques mots qu'elle interpréta comme « actes manqués » ou quelque chose de ce genre.


- Tu crois que je l'ai perdue délibérément????????



Il s'était ensuite calmé, non sans un jet de bottes rageur qui lui avait valut une bosse sur le front, et avait annoncé qu'il l'aiderait dés le lendemain à remettre la main dessus. Quelques sorts d'attraction dans les lieux qu'elle avait fréquenté dans la journée feraient l'affaire.
Il cherchèrent quelques jours, mais ne parvinrent pas à remettre la baguette dessus.

La vérité était tout autre. Elle ne pouvait tout simplement pas lui avouer où elle se trouvait ce jour-là. La Salle Blanche était interdite aux visiteurs, aux étudiants et à toute personne étrangère à ce service. Elle savait parfaitement où se trouvait l'alliance. Dans la cuve. Celle où elle avait plongé la main pour en extraire les petites graines tant recherchées...
Elle ne serait probablement pas difficile à identifier pour un sorcier expérimenté. La jeune irlandaise serait donc bien obligée de retourner la chercher un jour où l'autre. Mais elle ne pouvait pas mêler Liam à cela.
Il n'avait plus abordé le sujet ensuite.

Si en cet instant, Liam avait passé la tête par la fenêtre de l'appartement, il aurait probablement sauté dans le vide à son tour... ou lancé des sorts et autres paires de chaussures à travers toute la rue... ou encore... peut-être qu'il n'aurait rien dit...

Elle rouvrit les yeux et les plongea dans ceux de Seth durant une éternité. Comment avait-elle pu se souvenir aussi mal de son visage? Elle qui pensait être hantée par ses traits toute sa vie durant. Elle réalisa à l'instant à quel point elle était loin de la vérité dans ses souvenirs. Il était somptueux. Encore plus dangereux que dans ses rêves, plus séduisant que dans ses songes.
Elle se dégagea un peu brutalement de son étreinte et se remit maladroitement sur ses pieds.


« Je ne pleurerai pas, ne demanderai ni détails ni explications. Je prends tes deux heures Seth. Deux heures où je serai Eden Sanders, où tu seras mon poison. Cent vingt minutes au cours desquelles je t'appartiendrai sans autres pensées que l'instant présent. »


-Alors,
soupira-t-elle, L'endroit le plus haut de Londres s'il te plait. Je veux être la première à savoir s'il pleut! On y va à pied où on fait ça à l'ancienne?

Malgré une dose généreuse de bonnes résolutions, elle ne pu maîtriser suffisamment sa voix pour en éviter le tremblement lors des derniers mots.
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MessageSujet: Re: Je t'attendais ...   Jeu 2 Juin 2011 - 22:07

Seth

Il y a avait de nombreux points culminant à Londres. Il aurait pu l’emmener en haut de One Canada Square ou de la Shard London Bridge dont la construction avait pris un énorme retard suite à l’arrivée d’Antarès et à la fuite du principal investisseur BTP privé vers les RUOs. L’optique de se trouver seul avec Eden en haut d’une structure de métal et de béton paraissait peu engageante mais tant qu’il se satisfaisait d’être avec elle sans se poser trop de questions venimeuses, peu lui importait l’endroit où elle voulait aller.

« A l’ancienne bien sûr... »

Comme une bourrasque de vent emporte une feuille, il passa son bras autour de sa hanche, enlaçant sa taille, la souleva de nouveau comme le poids plume qu’elle était, la fit passer sur son dos sans encombre et se mit déjà en route pour le borough de Southwark. Direction le Shard of Glass. Il ne prit aucune précaution. Il avait envie d’aller vite pour se retrouver là-haut le plus tôt possible. Raison moins avouable, il ressentait l’envie de l’asticoter en dépassant les limites qu’elle connaissait, de lui faire perdre le sens de sa réalité pour qu’elle s’accroche à lui, plus fort, pour que la sensation de grande vitesse surpasse tout ce qu’elle avait connu avec lui auparavant. Il fallait qu’elle se cramponne à lui parce qu’il était la cause et à la fois la seule solution à cette sensation époustouflante de vélocité. Elle goûterait un peu de la folie de ce qu’il ressentait. Il adorait la vitesse.

Lorsque l’avoir sur le dos n’était pas pratique pour l’escalade d’une cloison ou d’un portail – Seth avait paresseusement opté pour une ligne droite jusqu’à la Shard Tower –, il ralentissait un court instant pour la prendre dans ses bras. Il en profitait pour jauger Eden et vérifier qu’elle tenait le coup.

La tour en construction était en vue au bout de l’avenue. Les portes vitrées étaient bien entendu fermée. Au lieu de ralentir, Seth accéléra une dernière fois, fonçant droit en direction du mur du bâtiment. A deux mètres du mur, il prit appui sur une barrière de protection et bondit jusqu’à l’une des fenêtres ouverte du premier étage. A l’intérieur, on pouvait voir un amoncellement d’objets de décoration, de bureaux, de chaises et de tables qui attendaient d’être répartis dans les locaux de l’étage. Il resta peu de temps suspendu à la fenêtre. Une fraction de seconde et une extension plus tard, les pointes de ses pieds prenaient la place de la prise de ses mains et ainsi de suite. Ses atterrissages se faisaient dans une bonne détente mais sans à-coups. Il poursuivit son ascension sur la surface vitrée et lisse sans arrêt ni hésitation. En une douzaine de bonds, ils atteignirent le haut de la tour, inachevée et ouverte à tous les vents.

Il s’arrêta enfin. Il ralentit ses mouvements à tel point qu’il eut soudain la sensation d’être un handicapé moteur. Passer d’une vitesse vampirique à la vitesse humaine avait chez lui un contre coup déconcertant : il se sentait débile, comme s’il marchait sur la lune et que plus rien n’allait assez vite.
En revanche, il savait que la sensation était inverse pour l’humaine. Elle devait avoir des fourmis dans les jambes, la sensation que le monde continuait d’avancer à toute vitesse alors qu’elle avait le tournis. Il déposa Eden avec précaution, s’attardant à garder sa main dans la sienne pour la retenir de tomber. Il leur fallut à l’un et à l’autre quelques secondes avant de remettre leurs esprits en ordre. Alors, Seth sauta sur un auvent qui n’était pas encore terminé. Autour d’eux, du matériel de travaux, du bois, des parpaings, des tréteaux rouillés et même une petite cabine d’architecte devant laquelle s’entassait des sacs de ciment et de l’outillage de maçonnerie les entouraient. Un véritable chantier oublié par le temps. Ils étaient sur ce qui serait peut-être un balcon, ou une future terrasse sous véranda pour complaire au style architectural exigé par ce qu’on pouvait actuellement voir du bâtiment de verre. Sous l’auvent, une porte vitrée menait à un projet de bureau qui n’était qu’un amoncellement de plus de sacs, de poutres, de bâches et d’armatures en fer.

Devant eux, à l’horizon, un point jaune commençait à grossir sur la Tamise. Le soleil voulait se lever.

Seth aida Eden à le rejoindre.

Pas de regret, avait-elle précisé.
Non, il n’en aurait aucun. Il ne voulait pâtir d’aucun regret et ne s’encombrer d’aucune question morale qui auraient pu l’empêcher de ponctuer l’aide qu’il lui apporta pour se hisser jusqu’au point culminant de la tour par un baiser.

Au moment où ses lèvres fondirent sur celles d’Eden, il était parfaitement conscient qu’il n’avait pas le droit à ce geste. Il trahissait Yseult, il trahissait son frère et les promesses idiotes qu’il s’était fait jadis... mais il était honnête avec son instinct. Il avait envie de l’embrasser, de sentir se confondre son souffle et le sien, d’avoir sa poitrine contre lui pour qu’elle vibre pour deux, l’odeur d’Eden sur sa peau, ses cheveux pour couverture et sa main au creux des endroits défendus... et plus, probablement, si finalement il n’avait pas sagement remis en question la différence qui devait résider entre n’avoir pas de regret et se faire du mal en s’accordant tout.

Le baiser était avide et passionné. Il cessa aussi vite qu’il avait commencé. Seth se recula à vitesse de vampire contre la paroi murale qui se trouvait derrière lui, devant l’échafaudage.

- Je m’excuse, se gronda-t-il en passant doucement sa main sur sa propre bouche pour caresser le méfait du bout des doigts. Je ne voulais pas... si... je voulais, c'était con de ma part car toi et je...

« Toi et je ? Nous allons arrêter de bégayer, Seth Cullen, et tenter de terminer au moins une phrase sans culpabiliser. »

Il soupira et reprit tout depuis le début en s’avançant à côté d’elle dont il prit simplement la main pendant qu’il regardait l’horizon, les yeux dans le flou :

- Je m’excuse. Pas de regret ne signifie pas que je dois faire n’importe quoi...

Embrasser Eden était évidemment plus agréable que n’importe quel n’importe quoi du moment. Il s’étira et s’allongea, les yeux tournés vers le ciel encore indigo et parsemé de rares étoiles.

- Je t’ai beaucoup haï parce que je t’ai beaucoup aimé. J’aimerais ne plus ressentir les choses étouffantes que je ressens... parfois j’ai envie de naviguer éternellement dans le temps pour oublier qui je suis... parfois, j’ai envie d’être moins égoïste et impudent, pardonner à Liam, accepter mes erreurs et mes choix, et tout reprendre depuis le début... être une famille bien unie. Mais ce n’est pas possible, tu le sais, Eden ? Je n’arriverais jamais à accepter que tu sois une Cullen, sans que tu sois ma Cullen. Tu restes Eden Sanders... et pour deux heures, je peux me faire ce cinéma... mais pour la vie, j’en suis incapable parce que je suis obsédé par ton nom et le sien sur la sonnette d’un home sweet home dont je suis exclu.

Mais je me suis fait à l'idée. Enfin, je crois... je n'en suis pas sûr.


Il tourna la tête vers elle en souriant. Il s'accorda six bonnes secondes pour la dévisager et prendre de son visage tout ce qu'il y avait à prendre par la vue. Puis, il ouvrit son bras et l'invita à venir s'y réfugier :

- Je serai sage... parle-moi, dit-il. Parle moi de ce que tu veux, de ce que tu fais, de ta vie, de tes envies... Tu... tu veux des enfants ?

La question était posée sans lourdeur parce qu'il avait sincèrement envie de savoir qu'elle Eden elle était devenue. Il se voulait détaché et encourageant. Bien entendu, il jalousait son frère mais, en même temps, il pressentait qu'il lui était plus facile d'accepter la situation s'il apprenait qu'Eden avait envie d'être mère de famille. Aspect naturel de la vie de couple et de la vie d'une femme auquel il se pensait incapable de subvenir : ne serait-ce que pour avoir un jour un enfant, Eden avait probablement fait le bon choix.

Liam
La place est tiède. J’étends mon bras sur le côté pour ne tâter que du vide. J’ouvre mes yeux, doucement. Il fait nuit dehors. La lumière du matin ne frappe pas encore contre le rideau. Mes sens s’allument un à un. Quand l’ouïe s’éveille, j’essaye de trouver dans l’appartement un bruit, un signe de vie. Salle de bain, cuisine, salon... tout est silence. Même la rue est silence.

« Cullers ?»

Ma voix est enrouée. Je l’éclaircis, tente encore une fois ma chance mais elle ne répond pas.

Bouse, où est-elle ?

Je suis rogue mais il est à peine trois heures du mat et ma femme découche en pleine nuit. J’ai le droit de l’être.

Inquiet, je finis par chercher ma baguette à tâtons pour allumer les lumières. Je l’appelle encore mais je sais déjà qu’elle n’est pas là. En allant à la fenêtre, pour guetter la rue, l’absence d’activité dans la rue, il n’y a que deux silhouettes d’amoureux qui se tiennent au milieu de la chaussée, je mets un certain temps avant de comprendre que ces silhouettes me sont familières.

Ma baguette tombe, rebondit, roule sous le lit.
Quand je reprends conscience et que je réalise que je ne rêve pas, le fiel remplace l’asthénie. D’un coup sauvage. D’un coup qui me tord les entrailles. Mon poing s’enfonce dans la vitre. Les bris de verres tombent dans la rue. Leur tintement n’alertera personne car il est déjà trop tard. Lorsque je parcours le voisinage des yeux, ils ne sont déjà plus là.

Comme un lion en cage, je tourne en rond.

Je l’aime et je le hais. Il est mon frère, mon petit frère, et mon rival avoué. Le destin nous a joué de mauvais drames depuis quelques années... j’aurais aimé être un meilleur frère mais j’ai choisi d’être un époux. Day one, mes sentiments me faisaient souffrir. Day one, j’ai culpabilisé et j’ai haï l’objet de mon affection plutôt que de lui accorder le pouvoir qu’elle avait sur moi. Je n’aurais pas pu tomber plus mal. Je me suis longtemps demandé si je l’aimais parce qu’elle était la petite amie de mon frère ou parce qu’elle était elle.

Le temps m’a répondu mais le temps n’a pas effacé le sentiment de culpabilité. Et je me sentirais bien moins inquiet si je n’avais pas tant à me reprocher. J’ai peur de la perdre. J’ai peur d’avoir pris le risque d’ouvrir mon âme pour la voir égorgée et piétinée.

S’ils deviennent amis, s’ils redeviennent des fréquentations, je sais, j’ai toujours su, que je perdrais. C’est ce qui me mortifie tant. Parce que je n’ai plus envie d’haïr et je n’ai pas envie de me battre encore contre mon frère ou avec ma femme. Mais deux, c’est un de trop.

Je retourne me coucher sans tenter de récupérer ma baguette, d’éponger le sang qui coule sur les verres de la fenêtre ou ma main profondément écorchée. Je m’allonge et je regarde le plafond, je me calme au prix d’un effort qui me sauvera peut-être d’agir sur un coup de tête et de tout foutre en l’air. Je sais que c’est un tic que j’ai en commun avec lui. Avec lui que je n’ose même plus nommer. Etre à l'horizontal, sous le ciel, pour se calmer et planer loin de la Terre.

Je n’arriverai plus à fermer l’œil de la nuit.

Ca me rappelle les heures que j’ai passé seul à Carlisle à m’empêcher de frapper tous les murs quand l’envie indomptable d’être contre Eden, m’empêcher de penser, de parler, de voir, d’entendre ou de vivre loin de tout ce qui n’était pas Eden. Les jours horribles à refouler mes démons. Incendier le monde, mépriser plus que de raison, bondir à la gorge du premier qui prononçait son prénom. Ca me faisait souffrir de ne pas être avec elle, et je souffre à présent de ce que tout cela deviendrait de beaux et cons souvenirs si Eden partait.

« Seth, je vais te tuer... »









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Eden Cullen
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MessageSujet: Re: Je t'attendais ...   Dim 17 Juil 2011 - 13:56

Un beau manège...

Lorsque les images défilent plus vite que ce que peut enregistrer le cerveau, lorsque les sensations se confondent au point où on ne peut distinguer le haut du bas, le mouvement de l'immobilité, il est un lieu ou la raison rend les armes. Peu importait le temps qui passait ou les gens autour. Peu importait que la vie continue à côté, Eden se laissait emporter – car bercer aurait été inapproprié- par la célérité du vampire qui jadis avait été un peu le sien. Elle sentait son corps comme s'il fut sien, chaque mouvement bien trop rapide pour qu'elle puisse ne serait-ce qu'envisager de le voir et le reproduire dans son imaginaire. Son propre sang bouillonnait au rythme de la course effrénée de Seth. S'il avait eut un coeur battant, nul doute que celui de la jeune femme palpité à l'unisson avec lui.
Aurait-elle pu ebnvisager une plus belle mort que celle-ci?
Effacée de l'existence par sa seule condition d'humaine. Son corps inanimé dans Ses bras, par le simple fait de n'être qu'une poupée fragile dans les bras d'un vampire. Et peut être alors expier ses fautes et trouver enfin la rédemption.
Qui des deux avait abandonnée l'autre le premier?
Elle s'était toujours refusé d'imaginer l'éventualité selon laquelle, Lui, l'aurait attendue.
Parce que ce qu'elle s'était toujours refusé à accepter avait fini par l'emporter dans des lieux où il ne pouvait pas la suivre. La peur. Le choix d'une sécurité qui l'avait toujours écœuré. Jusqu'à ce que …
L'image de Liam la cherchant dans le lit lui sauta à la gorge. Elle la balaya d'un revers de main et ouvrit les yeux au moment même où Seth se lançait dans le vide sans aucune hésitation. Fermeture du rideau, son pauvre cerveau humain n'étant pas en mesure de supporter la prise de risque.

Et soudain cette sensation étrange que seul l'intérieur de son corps continuait la course folle. Le reste semblait figé.

Si la perspective de mourir dans ses bras lui convenait, elle espérait néanmoins ne pas finir broyée de l'intérieur à cause d'un arrêt brutal qui propulserait ses organes contre les propres parois de sa carcasse de crevette.

Ensuite il fit n'importe quoi.

Du moins c'est ainsi qu'il le qualifia.

La blondinette sentit alors remonter en elle cette colère à laquelle elle s'était habituée et qui n'était pourtant pas elle. Un odieux mélange de culpabilité et de haine, teinté d'amour et puant le regret. Tout ce qu'elle avait pour principe de s'interdire.
Elle avait jadis était capable de ne plus rien ressentir. La première fois qu'il … Elle avait réussit. Plus rien ne l'atteignait. Cette fois-ci, sa carapace avait volée en éclat sous les assauts d'un autre Cullen. Il avait pansé son coeur mais l'avait par la même occasion, exposé à trop de ressentit pour qu'elle se sentit capable de gérer.

Elle se retint de le gifler.

Cet imbécile aurait été capable de croire que c'était à cause du baiser.
Et puis, à vrai dire, elle y aurait probablement laissé trois ou quatre doigts, voire un poignet ou même le bras.

Incapable de savoir ce qui l'avait le plus bouleversée, le « n'importe quoi », le verbe aimer au passé, la mention de Liam ou encore la tirade sur la famille, elle encaissa le coup de grâce avait une dignité qui laissait à désirer. Les enfants.

Bouche entrouverte, les yeux lançant des éclairs et la paume des mains entamée par ses propres ongles, elle sentait que le sacrifice d'un bras vaudrait bientôt l'exutoire qui suivrait le coup qu'elle entendait lui porter.

Lui faire mal pour qu'il ressente ce qu'elle ressentait à présent. La mention d'une vie qui aurait due être la leur et que le destin, le hasard, le mauvais sort ou probablement leurs propres actes leur avait volé.
La douleur physique ne pourrait pas l'égaler. Encore moins celle qu'elle tenterait en vain de lui infliger.
Comment avait-elle pû imaginer un instant repartir à zéro? Imaginer que cette nuit serait leur dernière en tant qu'Eden et Seth? Qu'ils pouvaient effacer le passé?
Pauvre créature stupide. Les dernières années ne lui avaient donc rien appris.


Je voulais des enfants Seth. Je crois que sincèrement j'aimerais être maman et donner l'amour que je n'ai pas reçu. Et ton frère attend ça lui aussi. Mais comment lui dire que je ne peux pas? Comment lui faire comprendre que si je partage ses rêves en imaginant une grande maison remplie de bambins aussi blonds que lui et têtus que moi, je suis à peu près certaine de ne pas pouvoir les concrétiser? Comment lui faire admettre que je n'arriverai pas à aimer des enfants qui te ressembleraient tant sans être de toi? Je me hais suffisamment pour ce que je lui inflige. Dois-je aussi faire subir ça à des êtres que je devraient aimer plus que tout??

A mesure que ces paroles qu'elle ne prononceraient jamais résonnaient dans son esprit, la tension qui s'était emparé de tout son être s'apaisait à nouveau. Ces derniers mois n'étaient qu'une succession incessante de ces deux états de calme et de bouillonnement. Nul doute que son coeur finirait par lâcher. Après tout, c'était lui le responsable, ce palpitant qui battait trop.

- Je crois que je n'aurais pas d'enfants.


Elle haussa les épaules et détourna la tête pour qu'il ne puisse lire sur son visage les mensonges qu'elle lui jetait en pâture. Elle se blottit un peu plus contre lui, se recroquevillant jusqu'à nicher son menton au creux de ses genoux repliée contre elle.

- Je fais ça mal … aimer je veux dire.


Au loin le soleil tentait de percer une nuit étouffante, alors que la rumeur matinal commençait à prendre forme. Une larme s'écrasa sur son genou. Elle la regarda couler le long de sa jambe, constellée des derniers bleus en dates et de quelques cicatrices qu'elle ne devait qu'à sa propre adresse.
Elle laissa courir ses yeux sur les objets qui les entouraient. Machines, ciment, plâtre, poutres, verres, métal, débris divers et variés. La vue lui arracha un sourire timide. Le premier sincère qu'elle avait dans la soirée. Elle tourna vers lui un visage serein malgré la trace de larme qu'on pouvait distinguer sur la joue gauche.


- Moi, en chemise, à demi-nue, au milieu de tout ce bardas? Je suis la seule à voir se profiler le scénario catastrophe ou tu tiens délibérément à me ridiculiser?


D'autres regrets s'invitaient, mais pas ceux qu'elle avait escompté.

Ici aussi la vie semblait s'être arrêtée.
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