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 La disparue [PV]

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Loevi Leroy
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MessageSujet: La disparue [PV]   Jeu 7 Avr 2011 - 0:52

Vendredi 1er mars 2013
E.D. pour La Gazette


L'Héritière BloodDust portée disparue

Loevi LeroyLors d'une conférence de presse donnée hier après-midi à l'ambassade magique d'Angleterre à Paris, Patrick Leroy, chargé des relations magiques anglo-françaises et porte-parole de la dynastie BloodDust, annonçait officiellement la disparition de sa fille unique, Loevi Leroy BloodDust.

"Elle n'a donné aucune nouvelle officielle depuis deux semaines, que ce soit à un membre de la dynastie ou à moi-même, a-t-il déclaré. Ça n'était encore jamais arrivé. C'est d'autant plus anormal que ce voyage diplomatique en France, auquel elle devait participer, était prévu de longue date et qu'elle l'attendait depuis longtemps. Nous sommes tous très inquiets."

Les autorités n'excluent pas la thèse de l'enlèvement et une équipe d'Aurors a d'ores et déjà été mise sur pieds pour mener des recherches à travers le monde. Il est en effet probable que la jeune fille, adepte des voyages, se soit trouvée à l'étranger au moment des faits.

De son coté, Patrick Leroy a promis une récompense substantielle de plusieurs milliers de Gallions à toute personne qui lui fournira des informations sur l'endroit où pourrait se trouver sa fille, et se dit prêt à monter la somme à un million pour qui la retrouvera.

A titre de rappel, les BloodDust sont une des plus anciennes et des plus influentes familles de Sang Pur du pays, dont Loevi Leroy est la dernière Héritière. Cette disparition, non revendiquée à l'heure actuelle, pourrait bien changer la donne et causer la chute d'une de nos plus importantes dynasties. Ce que Patrick Leroy refuse bien sûr de voir arriver.

"Je suis prêt à tout, a-t-il affirmé. Je veux récupérer ma fille et je la récupérerai, quel qu'en soit le prix."

La jeune fille, âgée de presque 22 ans, étudiait depuis trois ans les sortilèges et leurs applications à Poudlard University, où elle est reconnue par ses professeurs pour son sérieux et ses capacités exceptionnelles, et où elle bénéficie d'un programme avancé où ses progrès sont, selon la rumeur, remarquables.

Son professeur particulier, Mr W., n'a quant à lui souhaité faire aucune déclaration sur la disparition inexpliquée de son élève.

Ci-dessous la ligne directe et divers contacts...


~¤~¤~¤~



Manoir BloodDust
Samedi 2 mars 2013


Le petit salon privé du Patriarche était plongé dans une chaude pénombre. Malgré l'arrivée du printemps, un bon feu ronflait dans la cheminée, complétant le faible éclairage de la petite Lampomagic héritée de la fin du XIXème siècle posée sur un guéridon à côté d'une coûteuse bouteille du meilleur whisky anglais de facture sorcière.

Confortablement installé dans un fauteuil ancien tendu de velours émeraude, Patrick Leroy contemplait les flammes à travers l'ambre de son verre, perdu dans ses pensées. Un fin sourire satisfait étirait ses lèvres, tranchant admirablement avec le pli soucieux qui lui barrait le front, témoins du sentiment contraire, paradoxal, qui s'était emparé de lui au cours des deux dernières semaines.

Dans la cheminée, le bois craquait doucement, marquant indolemment le passage alangui du temps.

Il était rentré en Angleterre dans la journée, après d'interminables négociations, tant officielles qu'officieuses. Sa place privilégiée dans les paysages politiques britannique et français lui permettait d'influencer les décisions plus efficacement que n'importe qui, et il ne s'en privait pas. Antarès comptait sur lui pour tout un tas de petites actions diplomatiques d'importance - dans sa situation, difficile de déléguer. Même maintenant qu'il devait gérer, en plus de tout le reste, la disparition de son pion le plus précieux.

Cette obsession pour cette parente perdue était proprement ridicule. Il avait laissé faire trop longtemps, croyant à tort que cette quête absurde ne représentait aucun danger. Il ne pouvait nier avoir lui-même tenté de la retrouver, après que sa tutrice, Natacha Palmirya, l'ait de nouveau perdue. Mais la jeune fille s'était évaporée, corps et biens, au point qu'il était presque raisonnable de penser qu'elle n'avait jamais réellement existé. Une petite particularité parmi toutes celles qui caractérisaient cette drôle de créature, mais cela faisait longtemps déjà qu'il ne s'en souciait plus. Eleanor Moon n'avait plus aucun intérêt à ses yeux.

Loevi, en revanche, si. Et sa disparition représentait un croc de dragon dans les rouages bien huilés de sa duplicité. Il saurait trouver la parade, quel que soit le dénouement de cette affaire, mais cela représentait un problème dont il se serait bien passé. Il pouvait s'en sortir sans elle - mais c'était infiniment plus facile avec une jeune et influente héritière sous la baguette. Il allait devoir différer ses plans ; les prochains mois promettaient d'être éreintants.

Un petit coup frappé à la porte ouverte du salon le tira de ses pensées. La silhouette dégingandé de la cousine russe se tenait dans l'embrasure, son visage poupon aux nombreuses taches de rousseur tourné vers lui, interrogatif. Aleksandra Jerveza. La jeune fille habitait avec eux au manoir depuis un an, après que Loevi l'ait ramenée d'un voyage improbable en Russie, dans la famille de sa grand-mère maternelle, Drakonia Jerveza, la Meurtrière au Couteau de Durmstrang.

Les Jerveza comptaient parmi les plus fervents soutiens à l'étranger de Patrick, et servaient Antarès avec une loyauté équivalente à la sienne. Après s'être séparés de leur fille pour des raisons qui restaient à éclaircir, ils lui avaient écrit pour la confier à ses soins et il avait accepté, même si, dans les faits, c'était Loevi seule qui l'avait prise en charge. Aleksandra ne s'était jamais plainte - mais aujourd'hui, elle se retrouvait seule. Suite à la conférence de presse de cette semaine, elle avait obtenu le droit de rentrer au manoir pour le week-end. Étrangement, elle n'avait pas l'air tellement affecté par les derniers événements.

Patrick posa sa main et son verre encore à demi plein sur l'accoudoir de son fauteuil.


-Bonsoir, Aleks, dit-il, du ton feutré qu'on emploie dans les lieux qui imposent le silence.

-Bonsoir, mon oncle, répondit-elle de la même façon.

Ainsi accueillie, elle pénétra dans la pièce, et s'installa sur un vaste canapé assorti au fauteuil, sur un geste de Patrick. Il désigna la bouteille.


-Je te sers un verre ? demanda-t-il.

Elle refusa poliment d'un signe de tête.


-Merci, mais Loevi n'apprécierait sûrement pas.

-Excepté que Loevi n'est pas là... rétorqua-t-il sciemment, curieux de voir la réaction de cette petite rousse au tempérament de feu.

Il fut servi. Le visage expressif d'Aleksandra trahit chacune des émotions qui la traversèrent, de la crainte à l'indifférence, en passant par un inexplicable soulagement. Patrick par cala plus confortablement dans son siège, intrigué. Il avait toujours pressenti qu'une espèce d'inavouable secret liait les deux filles depuis cette virée au bout du monde. Allait-il enfin apprendre de quoi il retournait ?


-C'est vrai ? fit-elle soudain, avec son bel accent russe. Vous ne savez pas du tout où elle est ?

-Ça t'inquiète ?

Aleksandra garda le silence, refusant de répondre. Il y avait dans cette attitude beaucoup plus que la simple inquiétude d'une adolescente craignant pour la vie de sa cousine.

-Je ne sais rien, dit-il enfin, revenant au liquide ambré qu'il faisait tourner au fond de son verre, le visage grave. Mais je compte bien découvrir ce qu'il faut pour la ramener ici saine et sauve. Tu n'es pas d'accord avec moi ?

-Si, bien sûr...

Il l'observa longuement à travers son whisky, se demandant quand elle finirait par faire tomber le masque. Elle avait attisé sa curiosité ; maintenant, il avait plus que tout envie de savoir. De son côté, elle parut le fixer avec la même acuité, comme si elle venait de se décider à le jauger du regard. Patrick dissimula un sourire amusé derrière son verre ; les choses devenaient intéressantes. Il attendit la suite avec patience.

-Je sais de quel camp vous êtes, et vous savez de quel camp je suis, commença-t-elle enfin, un peu maladroitement. Je n'ai pas trahi, on m'a juste obligée à garder le silence.

Pris de cours et saisi par un sombre pressentiment, Patrick Leroy rabaissa son bras et se pencha vers l'adolescente, les sourcils froncés. Le ton ne lui plaisait pas - le sous-entendu non plus.

-Que veux-tu dire ?

Elle fronça les sourcils à son tour et parut s'enflammer, littéralement.

-Je veux dire que Loevi, elle, a trahi, répondit-elle avec un brusque emportement. Je veux dire qu'elle n'est pas une Opposante.

Il y eut un silence, pendant lequel les deux alliés se scrutèrent au fond des yeux, parfaitement immobiles, colère contre stupeur. Le Shaula, haut gradé de l'armée d'Antarès, se demandait s'il devait croire une enfant impulsive qu'il ne connaissait au fond absolument pas. Le Shaula, figure d'autorité, doutait. Il avait toujours soupçonné que sa fille n'était pas totalement sincère - mais il n'avait jamais voulu croire à sa trahison.

-As-tu des preuves de ce que tu avances ? C'est une accusation grave que tu profères dans ma demeure. Il s'agit de ma fille, et l'Héritière de cette famille.

-J'ai des preuves, affirma-t-elle avec détermination. Mais pour commencer, je vais vous raconter la discussion à laquelle j'ai assistée, et qui m'a valu d'être sa prisonnière jusqu'à aujourd'hui. Je vais vous expliquer comment deux Opposants ont comploté pour abattre notre Maître.

¤¤¤
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Willem Wyndham
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MessageSujet: Re: La disparue [PV]   Dim 17 Avr 2011 - 23:29

Dimanche 3 mars
Bureau des professeurs

Ca n'était pas la première fois que l'élève Leroy négligeait de se présenter à leur rendez-vous bi-hebdomadaire, Wyndham ne s'était donc pas inquiété de son absence aux deux derniers, sachant pertinemment qu'il saurait lui faire regretter de lui avoir fait perdre son temps en attentes infructueuses. Si le Gallois était doté d'une patience exemplaire et d'une persévérance à toute épreuve dès qu'il s'agissait de mener à bien une tâche qu'il s'était lui-même fixé, il arborait l'idée que l'on puisse le prendre pour un imbécile en le faisant patienter en vain. En l’occurrence, et dans la présente situation, "on" était Loevi Leroy.

Mais un certain relâchement était la tendance actuelle au château. Il en allait toujours de même à cette période-là de l'année. Etudiants et enseignants avaient vu leurs journées malmenées par les révisions, pour les uns, et la préparation des examens blancs, pour les autres. Puis par les examens blancs eux-mêmes. Par une sorte d'accord tacite, la quinzaine qui suivait cette période était synonyme de laisser-aller. Soirées arrosées, assiduité réduite et autorité en berne. Depuis une petite dizaine de jours, néanmoins, une certaine tension se faisait sentir chez les troisièmes années pour qui, soudainement, cette moitié-là de l'année prenait toute son ampleur de course au SESAM. Il ne leur restait plus que quatre mois avant la grande échéance... et la délivrance. Il était donc de bon ton de donner un grand coup de collier et de s'y mettre sérieusement. Lui-même devait faire face à une horde d'angoissés, de sceptiques et d'intellectuels de la dernière heure qui tenaient, à tout prix, à discuter avec lui, à lui arracher la moindre bribe d'informations sur des nuances très obscures et tout autant inutiles, concernant les créatures magiques, les différents types de parasites magiques, le cours de la bourse américaines, les tendances actuelles, etc.

Lui ne s'était pas interrogé plus en avant sur les absences répétées de Leroy, estimant que mademoiselle s'était tout simplement accordée quelques libertés supplémentaires et qu'il n'avait pas à lui courir après pour la forcer à respecter ses engagements. Et si elle ne se présentait pas non plus à ses propres cours, ça n'était pas de son ressort. De l'avis général (qu'il ne partageait d’ailleurs pas la plupart du temps), la jeune fille était un cas désespéré et beaucoup de ses collègues avaient baissé les bras, n'attendant plus grand chose d'elle. Un tel laxisme l'agaçait au plus haut point, lui qui n'avait pourtant pas sa carrière pour vocation. Il était sans aucun doute mal placé pour émettre un tel jugement, puisque lui-même se montrait indifférent au désengagement de la jeune génération pour leur avenir, leurs études... et ses cours. Il y avait cependant une nuance de taille, à ses yeux. Il se sentait responsable du devenir de Leroy, depuis ce premier jour où elle avait franchi sa porte. Wyndham prenait plus à cœur qu'il ne l'aurait cru son statut de professeur particulier, et entendait bien faire de sa jeune élève une diplômée aboutie.



Il en aurait donc fallu plus pour venir troubler son dimanche. D'autant plus qu'il avait passé une excellente après-midi, merci pour lui. Rien ne l'oxygénait tant qu'une petite excursion amicale dans la Forêt Interdite. Si l'on pouvait se targuer d'une amitié avec un centaure. Etrange comme, parfois, les liens étaient plus faciles à nouer avec des êtres d'une autre espèce. Peut-être parce que l'on pouvait leur pardonner plus facilement l'erreur d'être différent, que la richesse même de cette différence était source de découverte plutôt que de mécompréhension.
En compagnie de Lamos, centaure de son état, il avait poussé plus en avant son entendement de la culture centaurienne. Leur mode de pensée était véritablement fascinant et leur aptitude à cerner ce qui les entourait sans pour autant en faire grand cas exerçait une sorte de fascination sur Wyndham. Plus encore, leur philosophie, si étrangère à l'esprit humaine, qui leur faisait négliger le détail, les petites avancées terrestres et les pitoyables errances pour l'ampleur de quelque chose qui les dépassait tous, l’interpellait. Il avait parfaitement conscience de conserver son mode de fonctionnement d'homme, conditionné pour penser et agir selon certains critères sociaux et culturels mais il se targuait d'acquérir au contact du centaure une ouverture d'esprit et un détachement par rapport aux choses et aux autres qui lui apportaient la paix de l'âme.

En parallèle, et parce qu'il n'était pas si évident de se défaire de ses hobbies et de ses passions, le Gallois profitait de ses errances dans la Forêt pour recenser et étudier l'évolution subie par le peuple animal au cours des dernières années. Si les aberrations imposées par Antarès via le Calice avaient cessé de voir le jour, celles qui étaient d'ores et déjà apparues ne pouvaient disparaître d'un coup de baguette magique. Ces anomalies grandissaient donc, seraient bientôt en état de se reproduire et c'était la faune magique, ainsi que l'équilibre naturel qui allait s'en retrouver chambouler.
Sans émettre de jugement, sans vouloir intervenir dans ce processus pourtant tout sauf naturel, Wyndham désirait être le témoin de cette période clef de l'antrhopomagie. Apporter son témoignage et être, qui sait, le précurseur en matière de recherches sur les Nouvelles Espèces.

Cet après-midi-là, il avait ainsi pu assister à l'étrange parade nuptiale d'une de ces nouvelles espèces. Ces créatures étaient les êtres vivants les plus étranges qui lui avaient été donner d'observer, moins par leur attitude qui restait somme toute à l'image du règne animal, mais par leur apparence. Quiconque avait été bercé par Les Contes de Beedle le Barde aurait pu penser, en les observant, voir le cœur velu devenu réalité. Une réalité multiple, en l'occurrence, puisque la Forêt Interdite semblait en héberger toute une tribu. Ces animaux semblaient, en dépit de leur apparence repoussante, dépourvus de toute agressivité. Néanmoins, ils répondaient à un fonctionnement social étrange et nombre de leurs comportements avaient l'air insensés, ne correspondant à aucun modèle préalablement observé chez des mammifères européens.
De quoi faire oublier le temps qui passait et remplir de phrases hachées le grimoire qui recensait ses notes avant de s'en retourner au château pour mettre ses découvertes du jour au propre.



Non, ça n'était pas la première fois que l'élève Leroy négligeait de se présenter. Plusieurs fois au cours des dix-huit derniers mois, elle avait tout simplement trouvé mieux à faire que passer ses soirées du mercredi et du vendredi en compagnie du Gallois. Le summum avait sans aucun doute été le mois de mars de l'an passé (presque un an jour pour jour) où elle avait disparu un mois entier, pour revenir d'on-ne-savait où, flanquée d'une cousine russe qui avait intégré Poudlard dans la foule. Leroy n'en était pas ressortie plus motivée.

Wyndham ponctua d'un point final nerveux le compte-rendu de son après-midi. L'encre s'étala tout autour de sa plume, lui arrachant une grimace de désapprobation. Un rapide sortilège fit l'affaire mais il avait tellement en horreur les petites imperfections de ce genre. Après avoir répondu une pincée de sable sur la page pour absorber le surplus d'encre, il laissa son regard errer dans la salle des profs désertée. Par un dimanche soir, cela n'avait rien de bien étonnant. Ses yeux rencontrèrent une image connu, qui semblait presque le narguer par-delà le papier. Quand on pensait au loup.
Ici, sur une bonne moitié de page s'étalait un article relatant... la disparition officielle de l'Héritière BloodDust.
Crispé, le Gallois parcourut l'article à toute vitesse, faisant sauter ses pupilles d'un bord à l'autre du parchemin pour en arriver à la conclusion que...

*Cette fille est une catastrophe ambulante.*

Avec un sourire crispé qui ne s'adressait qu'à lui-même, il relut l'article une deuxième fois, en quête des éléments ayant échappé à sa lecture en diagonale. Songea à l'homme qui était venu l'alpaguer alors qu'il se trouvait à Pré-au-Lard en quête de matériel. Un journaliste. Il les flairait à des kilomètres à la ronde. Ces gens-là n'avaient aucun sens moral et il les fuyait comme la peste. Avant même que l'homme ait pu lui poser la moindre bribe de question, W. lui avait jeté un de ces regards dont il avait le secret et qui révélait aux personnes sensées qu'il valait mieux s'éloigner quelque peu de sa route.
Si il avait écouté ce que cet homme avait à lui dire...

*Catastrophe était un euphémisme.*

Profond soupir résigné. Il se retrouvait embarqué dans une autre de ces histoires dont il se serait bien passé.
Pas un instant il n'envisagea que cette histoire ne le regardait en rien. Au cours des mois passés au contact de Leroy, il en était venu à développer un certain protectionnisme à son égard, tout en s'en défendant. Dans son attitude, rien n'avait changé ouvertement. Pas plus que dans le fond de sa pensée. Mais si l'heure était grave, il se sentait soudain responsable. De ce genre de responsabilité qui l'empêchait de rester assis en attendant que les choses se décantent. Surtout si le Ministère y était impliqué. Il avait trop fréquenté les coulisses administratives pour garder une quelconque foi crédule dans les capacités politiques officielles de ce pays. Attendre d'eux un résultat probant tenait de l'utopie.

Troisième lecture.
Son sérieux et ses capacités exceptionnelles.
Mieux valait lire ça qu'être aveugle.

Bien.
Comme dans toute opération d'envergure, il fallait procéder en plusieurs étapes successives et indispensables.
1. Partir en quête d'informations.
2. Mettre en place un plan d'intervention.
3. L'appliquer à la lettre.
4. Improviser si le besoin s'en faisait sentir.
5. Ne pas se détourner de son objectif tant qu'il n'était pas atteint.

Partir en quête d'informations, donc. Il ne trouverait rien dans sa propre bibliothèque consacrée aux Créatures Magiques.
Malgré son refus premier de l'évidence, la première démarche à effectuer coulait de source. Il lui fallait trouver St John. La perspective était... Oh, le trouver n'était pas un problème en soi. Il suffisait d'être un tant soit peu attentif pour connaître le genre de lieux qu'affectionnaient son collègue. L'affronter allait se révéler être une autre paire de manches. Il ne s'agissait pas là d'une autre de ces petites confrontations dont ils avaient pu prendre l'habitude. Non. Aujourd'hui, Wyndham allait se retrouver contraint de faire appel aux talents particuliers de St John et... bon, bref... quand il fallait y aller.

Pré-au-Lard

Le trajet jusqu'à Pré-au-Lard fut rapide et dicté par cette urgence particulière dessinée par les choses que l'on s'est fixée de réaliser mais qui nous hérissent.
Une fois dans le village, il suffisait de se rendre au Monahan's, quartier général de ceux qui n'aimaient pas les pubs cleans à la fréquentation convenable. Une chance sur deux pour que St John s'y trouve. Autant dire qu'il était rarissime que les deux enseignants se croisent par hasard ailleurs que dans le château.
Une longue bouffée de l'air pur printanier et Wyndham pénétra dans l'atmosphère enfumée du pub. Repérer son collègue ne fut pas une mince affaire. L'endroit était étonnamment bondé pour un dimanche soir. St John n'était évidemment pas seul. Ca aurait été trop facile. Ravalant son mépris, Wyndham s'avança entre les tables, évitant, hautain, une serveuse aux charmes discutables, et parvint non sans encombre jusqu'à son but.

- St John.

Le ton était froid, coupant au couteau le rideau de fumée qui obscurcissait l'atmosphère.
Avec le temps, leur antipathie naturelle et innée était devenue le prétexte à des harangues pleines de fougues qui les laissaient étrangement satisfaits. Un jeu verbal et relationnel où le dernier mot était le seul valable.
Néanmoins, ce soir, nulle place pour les joutes inutiles. Juste une certaine raideur et des questions qui cherchaient des réponses.

- Il faut que je vous parle.

C'était le St John journaliste qu'il réquisitionnait. Pas exactement de gaieté de cœur. Mais il fallait chercher là où on pouvait espérer en trouver. Et la carrière de son collègue était riche d'informations. Assez l'espérait-il, pour l'aiguiller dans la bonne direction.
Il allait lui parler de Patrick Leroy.
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Orìn Saint-John
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MessageSujet: Re: La disparue [PV]   Lun 2 Mai 2011 - 20:55

- Mes pires cauchemars n'auraient pas mieux fait, avait persiflé Saint-John lorsque le moustachu était apparu au beau milieu de l'écran de fumée qui le séparait du reste du bar. Devant le ton solennel et le visage insistant de son déprimant collègue, il s'était soustrait à regret de la paire de bras potelés et laiteux qui l'entourait.

- Anja, je te présente le professeur Pètesec, professeur Pètesec, je ne vous la présente pas. Jusqu'ici, Anja passait une bonne soirée. Déjà que je la quitte - bonne nuit, Anja, peut-être à une prochaine fois - je ne vais pas en plus lui infliger...

Regard de haut en bas. Sourire en coin un brin provocateur.

- "ça"...

Orìn retira sa cigarette de sa bouche le temps d'embrasser rapidement Anja sur la tempe. La femme renâcla sans conviction tout en obéissant à la pression, sur son postérieur, de la main d'Orìn qui l'écartait de sa route. Deux pas plus tard la belle s'abandonnait d'ores et déjà dans les bras d'un autre client.

Dans le seul but d'agacer sournoisement son collège, le professeur de Sortilèges recracha sa fumée alors qu'il lui passait devant, prenant par ailleurs l'initiative de les emmener dans un endroit plus calme : les pissotières. Un peu enivré et la gueule enfarinée, il garda sa clope au bec pendant toute la durée de l'opération et tout le trajet.

- Je te manque même le dimanche... ronchonna-t-il, sachant pertinemment que les sentiments hostiles qu'ils s'inspiraient mutuellement signifiaient que la raison de sa présence en ce lieu malfamé devait être plutôt importante. Surtout un dimanche. Pour cette raison, Orìn ne dégageait aucun orgueil d'être parvenu à attirer son collègue jusqu'aux toilettes du Monahan's, lesquelles faisaient passer Myr pour une station balnéaire quatre étoiles.

- Tu veux quoi ?

Si W.W. s'entêtait à le vouvoyer, quant à lui Orìn s'était toujours exempté de ces bonnes manières face à son collègue pousse-crotte. Et à tous les autres. Les seuls qu'ils avaient jamais vouvoyé étaient l'Ombre et la Rose les quelques fois où ils les avaient croisé dans Poudlard.

- Si c'est pour ton encrier, c'est pas de ma faute, c'est les gosses qu'ont trouvé que ça serait une bonne idée.

Il écarta les lèvres et laissa tomber son mégot dans la pissotière tout en se déboutonnant :

- Je leur apprenais les maléfices alcalins... Je sais plus trop comment ton fichu encrier s'est retrouvé parmi les exemples du TP...

Les interrompant bruyamment, un sorcier tout dégingandé sortit d'une des toilettes en charmante compagnie. Les gêneurs partageaient une grande ivresse et beaucoup de vulgarité. Ils arrêtèrent subitement leurs gloussements lorsqu'ils se rendirent compte qu'ils n'étaient plus seuls. L'homme examina un instant les deux professeurs d'un regard affecté avant de pousser dehors sa conquête d'un soir, le torse bombé et en lâchant un vague "pédérastes" en guise d'au revoir.

- Quel con, commenta Orìn amusé en regardant son manège dans le reflet du miroir suspendu devant lui, au-dessus des pissotières. Lorsque le couple fut parti, ses yeux passèrent lentement de la porte qui se refermait à W.W.

- Huuum, si, je me souviens, ton encrier... reprit-il normalement, en reboutonnant son pantalon et en tirant la chasse d'eau. Il quitta la vision de W.W. dans le reflet et se retourna nonchalamment vers lui pour lui lui tapoter l'épaule de la main qu'il venait d'utiliser dans un geste théâtral de compassion. ...il trainait dans la salle à profs. Sur ton bureau...

Orìn se doutait un peu qu'un encrier cramé n'aurait jamais amené Wyndham jusqu'ici. Il ne tarda pas à avoir le fin mot de l'histoire. Et il était question d'une élève et d'un article de journal.


...


Quelques minutes plus tard, le professeur de Sortilèges les avait emmenés à la rédaction de son journal, à Londres. Tout était éteint et calme. Les imprimeuses dormaient. Une odeur d'encre et de papier humide flottait encore dans l'air. Entassées et réduites de moitié par un sortilège ordinaire, les impressions du lendemain ondulaient dans les airs près de la porte d'entrée. Le petit livreur habituel viendrait les chercher un peu avant l'aube pour les distribuer à toutes les volières et à tous les sorciers de la Grande Bretagne.

Pour seule source lumineuse, Orìn avait allumé un chandelier qui diffusait un pâle halo de lumière jaune inondant une des armoires où étaient entreposés les numéros d'archives et les caisses en bois contenant les matériaux de recherche et les notes des rédacteurs, dont les siennes.
Enervé par le bordel ambiant (Orìn n'avait jamais été très concerné par le rangement mais il n'aurait jamais pensé avoir de nouveau besoin d'une de ses notes) et impatient de trouver ce qu'il cherchait, il fouillait frénétiquement l'armoire à la recherche d'un dossier bien précis dont il avait rassemblé les pièces au sujet de la dynastie BloodDust et de Patick Leroy il y avait quelques mois de ça. Dans le cadre d'un spécial Opposition, Orìn, qui s'était spécialisé dans le journalisme comme pamphlétaire réformiste, se souvenait d'avoir dû écrire le portrait de chacun des membres de cette famille assez controversée qui, à elle seule, aurait nécessité un numéro spécial.

Finalement, après un bon quart d'heure d'exploration, Orìn finit par sortir de ces caisses en bois un dossier relié dans une couverture de cuir. Une étiquette en papier kraft indiquait qu'il s'agissait du dossier Leroy / Opposition / BloodDust. Grognon, il le tendit à Wyndham auquel il avait déjà donné le numéro 1898 d'une ancienne Gazette qui traitait de l'Opposition et dont un encart parlait de Patrick Leroy. Pendant qu'il laissa son collègue compulser la petite pile de documents, il rangea à coup de baguette agacé la montagne de papiers et de parchemins qu'il avait dû sortir.

- J'aurais voulu proposer un numéro spécial au Daily Prophet concernant leur famille de tordus, commenta-t-il en terminant de ranger. J'ai abandonné l'idée. Obtenir des infos à leur sujet sans risquer de finir comme Mustapha McCain, c'était pas une mince affaire. Je me suis arrêté à cet article sur les grandes figures de l'Opposition. Patrick Leroy est le père de ta gamine, là...
Je l'ai comme élève, elle ?


Orìn ne faisait jamais l'appel. Il ne connaissait pratiquement aucun des noms de ses élèves auquel il préférait attribuer des petits surnoms. Ce n'est qu'en voyant la photo de l'article apporté par Wyndham qu'il la remit vaguement.

- Ah... elle. Bon. Elle est complètement nulle en sortilèges. Enfin, c'est pas une diva de la baguette, quoi...

"Je sais, je devrais l'encourager et ne pas dire des choses comme ça, et blablabla... mais, à elle, je lui ai jamais dit aussi crument. J'essaye de la motiver."

Au dernier devoir, Orìn se souvenait d'avoir biffé la feuille de l'élève Leroy d'un énorme point d'interrogation: "Par Merlin, tu déconnes, Leroy ? Rattrape-toi au TP ou tu finiras l'été à faire des devoirs supplémentaires au lieu d'aller draguer sur les plages."
Décidant de mettre de côté ses différents avec W.W., Saint-John se montra coopératif. Le journalisme était sa passion et il avait une belle opportunité d'écrire un article qui lui tenait à cœur depuis des mois. Il vivrait toujours de cette passion professionnelle s'il n'avait pas vécu quelques petits désagréments à cause de la presse londonienne qui l'avait qualifié de journaliste irresponsable et subversif. A l'époque, il n'avait fait que révéler la liaison de la directrice du Magic Frivole People - pour lequel il travaillait alors - avec un des pontes de l'Opposition. On avait critiqué la manière dont il avait obtenu ladite information - sur l'oreiller rappellera Witch Magazine.
Tout cela n'aurait jamais eu lieu de nos jours. En 2009, l'Opposition ne jouissait pas de la même image qu'aujourd'hui et la révélation avait beaucoup fait parler. Il avait dû payer une amende de plusieurs milliers de gallions pour diffamation et le magenmagot lui avait interdit d'exercer pendant trois ans.

- S'il lui est arrivé des bricoles, ce n'est pas par la force de sa magie qu'elle s'en sortira, releva Saint-John en s'allumant une cigarette. La dynastie des BloodDust ne compte pas que des amis dans son entourage. Je ne sais pas si tu te souviens du procès de Damien Mustang en janvier... d'après mes sources de l'époque, le vampire aurait pactisé avec un des membres des BloodDust pour faire tomber Leroy. Info ou intox ? Je ne sais pas. Il y a des centaines d'informations comme celle-ci qui circulent dans les pages GMC. C'est un peu le "Qui veut la peau de la famille BloodDust" ces derniers temps.

A tord ou à raison, ces sorciers dérangent. Et depuis l'accession de Leroy à un rôle privilégié au sein de l'Opposition - information passablement officielle maintenant -, autant te dire que les ennemis les plus avertis de la famille sont apparus crescendo.

La petite Leroy est restée pas mal à l'écart de tout ça, me semble-t-il. Ce ne sont que des présomptions mais si tu veux mon avis, ce n'est pas l'œuvre de kidnappeurs... il y aurait déjà eu une demande de rançon et la famille n'aurait pas mis autant de temps à révéler la disparition d'Olivie. Je t'aide à la éclaircir tout ça, je te donne des noms et une piste plus sérieuse que le kidnapping si tu me laisses te suivre pour écrire un article sur ce qu'on trouvera en chemin.


Fumée recrachée. Mégot à la bouche. Visage à moitié éclairé par le chandelier. Air sérieux et intraitable, un rien racoleur qui ne laisse toutefois aucun doute sur la motivation d'Orìn. L'homme décroise ses bras et éteint sa cigarette dans un cendrier.

- Deal ?

C'était Saint-John ou les notes de Saint-John. Bravissimo a qui les déchiffrerait sans avoir recours aux Langues de Plombs.




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MessageSujet: Re: La disparue [PV]   Sam 18 Juin 2011 - 23:00

- Loevi, le corrigea Wyndham sans même en avoir conscience.

Son attention était centrée sur des détails autrement plus importants, tiraillée entre l'aide qu'il savait pouvoir tirer de St John et sa répugnance innée à l'égard de tout ce qui touchait au journalisme. Sans parler du lieu où ils se trouvaient. L'endroit sentait l'intox à plein nez, de quoi déclencher une allergie à tout adepte de l'honnêteté.
Ou alors, c'était juste Wyndham qui faisait une (très) légère fixation erronée, due à son aversion pour le journalisme en général et St John en particulier.
L'heure n'était pourtant plus aux petites discordes épidermiques pas plus qu'aux bons vieux réflexes qu'il avait accumulé au cours de sa carrière et qui voulaient qu'il se tienne à l'écart de toute source d'ennui. Si il s'était montré fidèle à ses propres préceptes, il aurait tourné le dos et serait parti en courant dès qu'on lui avait agité le nom de Leovi Leroy sous le nez. Qu'est-ce qui l'en avait empêché? Impossible à déterminer.

Cette même chose peut-être qui, ce soir, le faisait hésiter face à la proposition de St John, quand il aurait dû lui servir un autre de ces sourires méprisants qu'il pratiquait dès qu'il s'agissait de mettre en avant son dégoût ou son indifférence. Le journaliste (ou ce qu'il en restait) avait su saisir l'opportunité en plein vol et W. détesta l'idée que son collègue l'ait mieux cerner qu'il ne voulait bien le croire, lui qui se glorifiait de sa forteresse de froideur et de son caractère inaccessible. Même si en être réduit à l'extrémité de mêler un magnat de la presse à toute cette histoire (pis, lui fournir, malgré lui, matière à réaliser un quelconque article) lui répugnait au plus haut point, il se trouvait dans l'incapacité de refuser sa proposition. Rien que pour cette raison, il aurait dû faire de leur aventure commune un enfer de froideur et de distance. Mais la froideur et la distance n'avait jamais mené bien loin une collaboration. Quelle qu'elle soit.

- Bien.

C'était tout juste si le mot ne lui écorchait pas la bouche au passage.

- Disons que nous avons un accord si vous acceptez d'y ajouter une clause de confidentialité me concernant., céda-t-il du bout des lèvres, parfaitement conscient d'offrir à son collègue l'opportunité de s'interroger.

Que voulait-il dissimuler? Qu'y avait-il de suffisamment important pour qu'il exigeât une telle chose?
Rien, sans doute. Rien que St John ne devait être à même de découvrir au cours de leur périple. Mais, précisément pour la raison qu'ils se jetaient tout droit dans la gueule de l'inconnu, Wyndham jugea qu'on ne pouvait jamais être trop prudent.
Son ton indiquait clairement que c'était à prendre ou à laisser. Il ne s'était pas tenu à l'écart de toute publicité (bonne ou mauvaise, en vérité), de toutes ces petites frivolités mondaines, de toute rumeur et de tout scandale pour risquer de perdre sa si chère tranquillité anonyme par excès d'imprudence.
Quant à Leroy... Oh, si, bien sûr, il eut une petite pincée de culpabilité à l'idée qu'il était sans doute sur le point de livrer quelques uns de précieux secrets à un chroniqueur à la réputation douteuse mais mademoiselle aurait dû y réfléchir à deux fois avant de faire parler d'elle. Pour vivre heureux, vivons caché. Et il était l'exemple vivant que quiconque désirait vraiment passer entre les mailles du filet, demeurer à l'écart de toute renommée malvenue pouvait y parvenir, pour peu d'être prudent, attentif et doté d'un soupçon de matière grise. Elle pourrait toujours méditer là-dessus si, à l'avenir, elle s'en trouvait à se mordre les doigts.

A peine plus tôt, le gallois avait émis une petite moue en réponse au laïus de St John sur la dynastie BloodDust et tout ce qui pouvait l'entourer de près ou de loin. Au fur et à mesure de ses entrevues avec Leroy, au cours desquelles elle oubliait parfois que lui jeter son nom au visage n'avait d'autre effet que de l'agacer un peu plus, au fur et à mesure, il s'était donc forgé une petite idée de la situation, une image personnelle qui ne collait pas nécessairement à cent pour cent avec l'image publique mais, s'il avait appris quelque chose de ses années au Ministère, c'était bien que les fables racontées au grand public comptaient pour moitié avec ce que les dirigeants de ce pays voulaient offrir en pâture à la foule. L'autre moitié était composée d'un savant tissu de mensonges et de vérités déformées.

*Puisque «ils l'ont dit dans le journal», pourquoi donc chercher plus loin?*

Sans un mot de plus, il jugea qu'Orìn St John avait tiré de lui le maximum de ce qu'il pouvait espérer et qu'ainsi, le pacte était scellé. En d'autres termes, ils allaient pouvoir passer à quelque chose de plus constructif.
Tout en se gardant bien d'émettre une quelconque avis (mais, si on le lui demandait, il ne penchait pas vraiment pour la théorie du kidnapping non plus. Du moins, rien d'externe à la famille. Non, le personnage même de Patrick Leroy lui paraissait suffisamment trouble pour avoir besoin de chercher ailleurs. D'o tenait-il cette certitude? Oh, une idée comme ça...), il suivit sans collègue qui quitta son local non sans emporter avec lui quelques liasses de parchemin.


En chemin, ils échangèrent peu de mots. Wyndham avait parfaitement conscience de laisser St John mener les opérations. Tout comme il avait parfaitement conscience de ô combien cet état de fait l'horripilait. Mais la chose n'était que provisoire et ranger précautionneusement son orgueil dans sa poche lui permettrait peut-être, effectivement, d'en apprendre plus sur toute cette affaire.

Des quelques personnes qu'ils rencontrèrent, il aurait pu dire ceci: aucun de ces individus ne lui aurait sacrifié plus de deux minutes. Alors que dire des informations qu'ils fournirent à son collègue, et avec le sourire, qui plus est?
En dépit de leur antipathie réciproque, W. ne put s'empêcher de concéder un certain talent à St John dans ses activités, toutes nébuleuses qu'elles soient. Il parvenait à inspirer, si ce n'était le respect, une certaine confiance à ses interlocuteurs. Interlocuteurs qui seraient restés de marbre, à peine polis, face au citoyen lambda. Sans réellement parvenir à déterminer d'où venait ou à quoi tenait ce «don», il était clair que le journaleux possédait quelques dispositions dans l'art de séduire son auditoire et de l'amener à formuler de lui-même ce qu'il en attendait. Il arrachait des noms, des dates, des bribes d'informations en jouant sur les mots et les insinuations sans avoir à prononcer lui-même les mots-clefs qui engageraient la discussion vers des terrains plus fertiles. Un dimanche soir, qui plus était. Il dirigeait la conversation avec l'air de ne pas y toucher, alors qu'en bon spectateur, Wyndham pouvait le voir tirer habilement les ficelles d'un jeu de marionnettes dont il était le seul à connaître les tenants et les aboutissants.
W. fut pris par le soupçon fugace que toute cette mise en scène lui était en partie destinée et que la plupart des informations ainsi récoltées étaient d'ores et déjà en disposition de St John ou ne venaient que conforter les quelques présomptions qu'il avait pu avoir quand il avait pris connaissance du sujet.
Fugace fut l'impression mais durable le sentiment de malaise qui s'installa à la suite, faisant écho à l'impression qu'il avait perdu la maîtrise de la situation depuis qu'il était venu trouver son collègue dans le fin fond de ce pub miteux. Or Wyndham détestait que le contrôle de quoi que ce soit lui échappe. En parfait autodidacte, c'était aussi l'une des raisons pour lesquelles il s'était vite libéré des obligations d'agir en duo au sein du Ministère pour mener ses propres missions de terrain à sa guise... et en solitaire.

- Bien., laissa-t-il échapper alors qu'ils quittaient une certaine Mrs... Mrs... oh! Eh bien, son nom lui évoquait des crèmes glacées mais incapable de le retrouver correctement. Gervais... Jerva... Quelque chose dans cet ordre d'idées.
Bien., répéta-t-il, comme un homme en manque soudain de vocabulaire pour cause d'intense réflexion.

Sous son crâne, des réseaux, des liens tentaient de se former mais il demeurait persuadé qu'il lui manquait l'essentiel pour en saisir l'ensemble.

- Faisons le point, voulez-vous? En dehors d'une certaine propension à la fugue et d'une disparition inexpliquée de quelques jours, et ce, pas plus tard que l'an passé...

Wyndham laissa planer un silence en fin de sa phrase quelques temps. C'était que lui aussi disposait de quelques informations.

- Qu'avons-nous de concret?

Il voulait des noms qui évoqueraient à ses oreilles autre chose que des crèmes glacées ou un mystérieux parfum d'inconnu. Il voulait des faits. Il ne détestait rien tant qu'attendre et laisser les autres agir. L'attente n'avait pas été si longue à compter qu'ils avaient quitté Pré-au-Lard deux petites heures plus tôt et que St John avait d'ores et déjà rassemblé des bribes de renseignements de la part d'une demi-douzaine de personnes.

Son ton dénotait néanmoins une certaine nuance "ça n'est pas que je m'ennuie...".


St J
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