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 Je suis, il est, elle est

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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Dim 3 Juil 2011 - 0:01

Je comprends. C'est bizarre mais le fait qu'il rajoute mon prénom - le vrai cette fois, pas comme à New-York quand il lui arrivait de me faire des confidences - rajoute la pierre angulaire à ma réflexion pour la parachever comme la plus belle des voûtes. Je me sens dégueulasse. Tout ce que j'ai pu faire là-bas partait d'une bonne intention. Je savais que je mentais mais je le faisais dans un but honorable en pensant que jamais je ne le reverrai, que je pouvais lui offrir un bon moment autant que je le faisais pour moi. Quel égoïsme insupportable! Est-ce que je me prenais pour Merlin?

Tout un tas de questions harcelèrent mon esprit et firent évanouir le peu de sourire qui avait pu s'accrocher et résister jusque là... Je me trouvai subitement digne de l'égocentrisme de Jay et rabaissée à la pire des harpies du Chemin de Traverse. Je l'avais trahi comme elle l'avais fait. Il avait des sentiments pour Norah. Je l'avais rendu malheureux.

Fort heureusement pour moi, il changea d'air, virevolta et sur une pirouette savamment exécutée en bon Serdaigle, la discussion prit un ton beaucoup plus général. Il me parla des autres artistes branchés du moment ("Comment peux-tu écouter ce foldingue sans te déchirer les tympans?", "Ben je sais pas, c'est comme ça."/ Non, j'aime pas le rouge, ça fait trop flash et m'as-tu vu comme couleur. Ah, c'est p't'être pour ça que t'aime ça Elliot..."/ " il est à chier ton film, oui. De toute façon j'aime le vrai cinéma, le cinéma moldu. C'est ça la vrai magie pour eux.". ) J'arrivai à la fois à me raidir comme il le fallait pour assumer ma psychorigidité et rire à la fois. Heureusement, ça faisait passer la pilule...

Un coup de poing dans l'épaule clôtura la séance.

- Arrête de m'appeler la psychorigide. C'est pas vrai. Ou peut-être juste un petit peu... à peine. Sourire voilé empli d'un certain malaise.

Dans le bus les voix s'élevèrent autour d'eux et suppléèrent Elinor pour meubler leur silence en attendant leur arrêt. Elle ne pouvait pas faire comme Elliot et évoquer un sujet quelconque pour faire causette. Non. Dès lors, la descente du bus sonna comme une délivrance et les mètres qu'ils avalèrent effacèrent auprès d'Elinor l'inconfort qu'elle avait connu quelques minutes auparavant...

A vrai dire, les sourcils d'Elinor mirent quelques minutes à retrouver une position normale sur son visage. Voilà ce à quoi elle avait échappé à New-York. Intéressant, empirique, rafraichissant... L'envie de rire la saisit mais elle ne se sentait pas le droit d'y céder de peur qu'Elliot ne s'en offusque (à juste titre sans doute). Elle attendit sagement en se demandant si elle avait jamais été de cette sorte... Non, évidemment. Et à cet âge en plus elle était déjà mère. Elle attendit patiemment. "Connaissent-elles l'existence du "e" ou du "u"?" se demanda-t-elle ironique. Ce n'était pas méchant, plutôt amusant. Elles étaient adorables et ingénues, si innocentes!

Ils franchirent enfin les portes de l'immeuble. Elle salua Gary en avalant de travers la remarque d'Elliot.



J'aime bien ce Gary. Mais son projet de real TV est complètement siphonné. C'est démago, populiste, voyeuriste et sans intérêt. Et puis Elliot, comment supporterait-il... Non arrête ça. Une fois ça t'a suffi. ça le regarde, pas toi. J'écoutai patiemment en laissant mon regard parcourir la pièce qui nous accueille. Jamais je n'ai jamais aimé les open space. Fort heureusement mon métier me donne la chance de travailler dans un bureau qui m'est propre. Ces endroits sont trop impersonnels à mon goût... Mon observation continua. Je n'attachai que peu d'importance à leur conversation jusqu'à ce que je m'aperçoive qu'elle me concernait indirectement. Finalement il était bien ce Gary! S'il pouvait me faire sortir du cœur d'Elliot avec son "Soyez sages!" Il avait saisi beaucoup de choses en très peu de temps... Il connaissait bien son client...


Le transplannage s'effectua rapidement. Le studio avait quelque chose de solennel pour la jeune femme qui ne savait où donner de la tête. Des instruments, une immense vitre adossée à une large console devant laquelle trônaient deux fauteuils en cuir au confort manifeste. Il y avait là quelques personnes: musiciens, ingénieurs du son et d'autres aux tâches beaucoup moins évidentes pour Elinor. Elle les laissa travailler en repérant derrière la vitre un piano droit. Il n'y avait personne de l'autre côté. Elliot et ses amis étaient à la console et écoutaient une version sophistiquée d'une chanson de son futur album. Témoin privilégié de cette effervescence artistique, elle se rangea poliment dans un coin et se contenta d'écouter avec eux. Quand la version finale fut retenue, les gars se levèrent tous ensemble et se saluèrent. Certains virent lui demander son avis tout en se demandant qui elle était pour la vedette. Elle répondit aux sollicitations avec amabilité et retint Elliot par la manche avant qu'il ne se dirige lui aussi vers la sortie.

- J'ai beaucoup aimé. Ceci dit... Il manque quelque chose sur cet album. Bon, ce n'est pas dans le style global mais... Si tu me le permets, j'aimerais te montrer si possible. Reste derrière la vitre.


Elle se tourna non sans lui donner un regard malicieux et poussa la porte pour profaner avec délice ce haut lieu d'initiés... Tout en s'installant à son aise sur le tabouret qui l'attendait, elle sortit sa baguette et ensorcela deux pinceaux qui s'agitèrent sur une batterie retirée dans le fond de la pièce. C'est alors qu'elle se mit à jouer cette mélodie qui s'était habillée d'une drôle d'histoire chez elle. Le son qu'émettait ce piano était de bien meilleure facture que celui qui habitait son salon...



A l'issue de la chanson elle prit une longue inspiration et daigna tourner la tête vers lui gênée d'avoir repris cet air et ses paroles sans son consentement, de manière si jazzy qu'elle se demandait s'il ne s'en offusquerait pas. Elle en avait fait sa propre interprétation, celle qu'elle jouait avec son Elliot le soir devant le regard interrogatif de Rachel qui se demandait toujours de quelle chanson il s'agissait.

- C'était juste ma propre version. Je n'ai jamais oublié ce moment.. dit-elle protégée par sa vitre.
Elle se leva pour rejoindre la vitre sans néanmoins franchir la porte. New-York était dans une bulle et elle l'avait rejointe le temps d'une chanson. Elle avait grand peine à la quitter à nouveau, sa protection était trop douce. Elle regrettait tellement l'insouciance de cette foutue Norah.







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Elliot O'Malley
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Dim 3 Juil 2011 - 15:29

Ca serait égoïste de lui demander de me mentir? Mens-moi, redeviens Norah. Elle me manque Norah. Je t'aime bien Elinor mais quand je te vois assise derrière ce piano, c'est Norah tout entière qui frappe à mes pupilles. Pourtant, je voudrais tellement l'oublier, m'habituer à l'idée qu'elle n'est qu'un mirage et que tu n'es que toi, Elinor. Ca pique les mirettes, ça donne envie de chialer. Ma cage thoracique est sur le point d'exploser sous la pression, la douleur. Une boule dans la gorge et l'amalgame de mes sensations me ramènent dix ou quinze ans en arrière quand j'étais môme et que je n'y comprenais rien à la douleur, aux peines de cœur perdues, que je subissais l'affliction sans comprendre.
C'est insupportable de n'être pas avec elle. Je sais bien qu'elle ne me veut rien de mal mais chaque geste, chaque sourire d'elle, me ramène trois mois en arrière et mes souvenirs me martèlent sans cesse le cerveau des mensonges adorables qui m'ont fait tomber pour elle. J'ai mal.

- Sortez, je soupire entre mes dents à mon équipe.

Ils me regardent interloqués. Ils ne comprennent pas ce qui se passe. C'est quoi ma tête de six pieds sous terre? C'est quoi cette chanson? C'est qui c'te fille qui m'assombrit si soudainement. Est-ce que mes yeux sont rouges? Ont-ils bien vu? Non... c'est de l'énervement. Un murmure: "Énervement? Non... y'a un truc entre eux...", "Chut... regarde, il a l'air fâché".
Silence de plombs dans la cabine. Ils n'ont pas dû me voir souvent dans cet état. Comme ils n'obéissent pas assez vite à mon goût, sans le vouloir, je pousse la voix.

- SOR-TEZ!


Ca s'active enfin. Ca prend son manteau, ca me tape sur l'épaule, ça me dit à demain, à plus tard. Ca se vide très vite et, derrière la vitre, Elinor termine de jouer au moment où la porte du studio se referme sur Alex derrière moi.

J'ouvre la porte après avoir essuyé mon visage. Je la découvre, là.
Pas parler. Pas crier. Pas pleurer. Etre seulement là et lui ouvrir la porte.
C'est un effort monumental de pas avoir envie de brailler "qu'est-ce que tu fous? A quoi tu joues? Tu veux me rendre fou?" Elle pense que j'ai assez de discernement pour faire la part des choses? Non. Je me soigne pas à pas. Mais elle me file un coup de massue à chaque fois que j'essaye de ravaler une des fissures de mon cœur. Comment tu veux que je tourne la page, comment tu veux que je me soigne du mal d'elle si elle insiste?
Je sais, je sais, que c'est pas voulu. Mais comment veux-tu? Moi, c'est ce que je ressens: du sang dans la plaie qui s'écoule au moindre sourcillement, au grain de sa voix, à l'effleurement de nos peaux, aux souvenirs heureux et contrefaits, aux taquineries, à une complicité surfaite dont je ne sais même pas si elle est sincère ou habile.

Je l'embrasse sur le front et je la presse contre moi. Sans rien dire, sans prévenir.
C'est tout ce que mon cœur me dicte.
C'est ça ou c'est les cris et le déversement d'interrogations, de doutes, et de douleurs.

- C'était juste ma propre version. Je n'ai jamais oublié ce moment..
- Okey, je lui dis.

Ce n'est ni un merci (car je lui dis vraiment pas merci), ni un "il fallait pas" (car je ne sais pas s'il fallait ou pas). C'est rien. C'est un okey. Un d'accord. Un acquiescement. Un rien du tout.
Hors de question que le morceau apparaisse sur un album. Cette chanson est à nous. Je ne la vends pas, je ne la partage pas. Je la garde pour moi.
J'ai pas la force de commenter ce que je ressens, j'ai pas le force , même d'avoir envie de lui expliquer qu'il faut qu'elle arrête ça. J'ai pas le courage de lui dire "rentre chez toi, je veux plus te voir, c'était une erreur de venir te voir". J'ai plus la force de penser. Je crois que de minute en minute je l'aime un peu plus.
Quand je me crois soigné par Elinor, Norah apparaît. Quand Norah apparaît, c'est Elinor qui me fait sourire. Elle commence à faire une seule personne et ça me fait flipper parce qu'il devient de plus en plus dur de vouloir m'en débarrasser.

Je la relâche. Sourire énervé et déconcerté. Je glisse ma main dans la sienne.

- Dîner, je dis. On se tire.

Partir.


Trois quart d'heure plus tard, mon coup de chaud s'est atténué. Nous sommes repassés par la maison où j'ai pu me changer et prendre une douche, laissant quelques instants Elinor en tête à tête avec le couple d'elfes de maison. Je les ai jamais connus aussi sage. Ils ont pas arrêté de dévisager Elinor avec un petit air circonspect. Ils avaient enfin en face d'eux, la jeune femme qui m'avait retourné la tête.

En réapparaissant sur le palier du salon presque vide (les meubles sont drapés, les tableaux sont au sol, il n'y a que ma guitare et un vieux piano à queue blanc qui vivent à l'air libre), je pense avoir revêtu une armure plus solide que la précédente. Je peux pas me laisser briser à chaque regard.

- Je voudrais déménager mais j'y arrive pas, je commente en lui désignant les alentours tout de blanc vêtu. Small talk pour noyer le poisson. J'ai pas le temps non plus... j'ajoute en m'approchant d'elle. On dîne où tu veux... et encore... si tu préfères rentrer chez toi, je ne te retiens pas.

Ma voix est douce et détachée. Aucun reproche dedans. C'est presque une invitation déguisée. "Je t'invite à me laisser seul parce que, moi, j'arriverai pas à te le demander franchement."
Le tintement lointain d'une horloge de la maison sonne neuf coups. Il est neuf heures du soir.

Les deux elfes nous saluent et s'empressent de transplaner pour aller, entre eux, compatir à la désolation si visible de monsieur Oma. J'ai l'impression que ma gueule est l'horrible miroir de mes désirs. J'aime pas mentir mais j'aime pas non plus offrir les missiles à mes ennemis. Lire en quelqu'un comme dans un livre ouvert prend tout son sens quand on voit ma tête. Détendu, ouais, mais toujours habité par cette mélancolie saupoudrée de résignation. J'arrive pas à effacer.









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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Jeu 28 Juil 2011 - 11:44

Retard à l'allumage. Encore.

Tout ce que je voulais faire pour lui prenait à chaque fois un sens totalement incongru et stupide eu égard aux sentiments qu'il avait pour moi. "Putain!" me dis-je tandis que mes doigts se crispaient sur ses vêtements, "le reste de la soirée va être horrible." Pour l'une des rares fois de ma vie je ne savais pas comment m'extraire de cette situation dans laquelle je m'étais moi-même follement fourrée. Derrière la console il me sembla voir apparaître un sourire digne de la salle Verdi. J'étais perdue. Je subissais les évènements plutôt que de les contrôler, ce qui pour pour moi est la pire des choses. Je voulais le repousser, fuir, me glisser hors de la pièce comme un vulgaire serpent plus faible que ce qu'on croît... Heureusement qu'il me lâcha et n'en rajouta pas.

Le transplannage me laissa une vague envie de vomir. Je me rappelai ces jeunes groupies croisées un peu plus tôt. Elles m'avaderaient si Elles savaient. Aller chez lui, dîner en tête à tête, quand lui même a des idées derrière la tête... Il te fallait quoi Elinor? Les lunettes de Trelawney pour mieux te rendre compte?

Deux elfes me tinrent compagnie, charmant au demeurant mais un peu chiens de garde, Heathcliff en particulier. Il me fallut ruser pour arriver à le dérider un peu. Boulebilote me posa moins de problèmes. Parler un peu français appuyer sur l'élégance et le raffinement de son pays d'origine n'était pas trop difficile.

- Si l'occasion m'était donnée de nous revoir, j'aimerais beaucoup vous présenter Twisty.
- Un elfe ne travaille pas, il sert Madame.
- Non, non. Twisty travaille pour moi. Je le paye, le loge et l'habille de mes anciens uniformes de Poudlard. Il est très pointilleux sur son apparence. Je suis sûre que vous l'apprécieriez.
- Un progressiste! grimaça-t-il.
- Non, libéral dans le sens premier du terme.
- Je vois. Cela promettrait d'intéressantes conversations...
- Je n'en doute pas.

Leur maître réapparut, rafraichi. Il avait la beauté des artistes maudits maudits, ceux dont la douleur habille l'aura et exalte la grâce. Et là, des relents de "aaaaaa" remontèrent à la surface. Je le vis soudain submergé par une horde d'adolescentes débordantes d'hormones...

- Je voudrais déménager mais j'y arrive pas. J'ai pas le temps non plus...
"Ah".
On dîne où tu veux...
"Ah?"
et encore... si tu préfères rentrer chez toi, je ne te retiens pas.
"Arf..."

Je perdis mes deux presque amis elfes en quatre phrases de leur maître et finis de me noyer dans une mer de "a" vierge d'hormones. Intriguée et attirée par cet homme qui n'avait rien d'une sirène. Il m'attirait autant que je voulais ne plus le voir. J'avais autant envie de le prendre dans mes bras que de le repousser et fuir.
Que m'arrivait-il? Où c'est qu'y avait un mât que je m'attache? Ma baguette glissa le long de ma manche jusqu'à ce que ma main droite la saisisse. En un quart de seconde elle était pointée sur lui. C'était facile, vraiment lâche et bien commode. Une seconde plus tard il aurait tout oublié et fini de souffrir... "Obvl...". Lâche. Changement de direction. Pourquoi je peux pas être une salope comme les autres?



- Evanesco.

Les draps blancs disparurent et la pièce parut revivre instantanément.

- Si j'écoutais ma lâcheté je me tirerais. Tu m'as demandé de passer la soirée avec toi, la nuit même, et je vais le faire. Anyway, il me fallut m'asseoir pour la suite. Un large fauteuil m'accueillit avec bienveillance. Malheureusement, nous n'y arriverons pas tant que tu continueras à ne voir que la part de moi que je t'ai montrée à New-York, et tant que tu ne sauras pas exactement ce que je ressens pour toi. J'allais lui faire mal, encore. Mais il fallait que je le lui dise à haute voix pour l'aider à commencer à tourner la page. Je pris une lente inspiration en évitant son regard.

J'éprouve pour toi des sentiments les plus contradictoires. Je t'apprécie, tu es une belle personne, loin de ce que les média peuvent laisser transparaître. A cet égard je te conseille d'oublier très vite cette idée de real TV. C'est indigne de ...

La large fenêtre située derrière moi éclata en milliers de morceaux dans un grand fracas et se répandirent au sol. Quelques éclats vinrent se ficher dans mon fauteuil, me protégeant par là même. Deux bruits sourds suivirent, puis des bruits de pas et un rire aigu reconnaissable.

- J'ai toujours eu un certain goût pour les entrées fracassantes... Mordred Cornfall rajusta sa lourde cape de velours vert et afficha un charmant sourire. Et l'ordre... Reparo!

Une nuée d'étoiles plus brillantes les unes que les autres prirent leur envol pour regagner le cadre de la fenêtre, et petit à petit, reformèrent la glace sans laisser aucune trace des dommages antérieurs. Mordred prit la parole de sa voix la plus froide et la plus monotone. J'étais toujours de dos, blottie dans mon fauteuil, muscles raidis par la conversation qui m'attendais.

- Bonsoir.
- Mordred? Que fais-tu ici?
- J'observe. Ce soir ma chère sœur tu vas tout perdre. Quand je quitterai cet endroit, tu seras en route pour ta déchéance.
- Déchéance?
- Oh oui. Je suis persuadé que tu n'es pas franche dans l'ordre et que tu n'y joues qu'un rôle à la solde de la Résistance. Antarès est peut-être naïf, mais je ne le suis pas.
- Tu oses dire que le Maître est naïf? Mais qui es-tu Mordred pour juger notre Maître à tous!
- Je suis un haut gradé, je suis un proche, depuis ses débuts. Toi tu n'es là que depuis... quoi? Trois mois?
- Et j'ai donné des gages de mon engagement, autant que toi.
- Ah oui! Au prétoire? Protégée par une robe noire?
- Oui je défends les nôtres. Mais je suis surtout allée sur le terrain, au Costa-Rica. J'ai fédéré les réseaux, j'ai risqué ma...
- Misérable vie, mais je ne suis pas dupe. Tu fais ça pour le pouvoir, l'argent, la gloire, et ... Sacha De Lansley.
- Je fais ça pour les idées... et ça ne m'empêche pas d'avoir de l'ambition. Je suis une ancienne Serpentard, comme toi, les serpents ne font pas des aigles, Mordred. Et au cas où tu n'aurais pas remarqué, Sacha a rejoint notre cause.
- Alors c'est ça? Tu veux ma place!
- Mon pauvre frère. Je n'ai pas besoin de ton grade pour prouver à Antarès qu'une Redgrave vaut mieux qu'un Cornfall...
- Pauvre folle! Tu vas tout perdre. Antarès a confiance en moi

J'étais toujours de dos, enfoncée dans mon fauteuil. C'était le moment. Il arrivait plus tôt qu'attendu.

Les paroles de Sacha remontèrent à ma mémoire.
Spoiler:
 

- Désolé M. O'Malley, je m'occupe de vous tout de suite.

Les pas s'approchèrent de moi jusqu'à ce que je sente la pointe de la baguette de mon frère sur ma tempe. Il murmura l'incantation attendue. Mon regard se vida et ne fixa plus rien. C'était la première fois que je devais jouer ce jeu de dupes sans ne rien laisser transparaître du contre-sort dont m'avait fait bénéficier Amba. J'aurais tant voulu qu'Elliot ne soit pas là.

- Debout ma sœur. Salue donc ton ami avant de partir en mission.

Mon corps obéit et s'extirpa de mon siège pour avancer vers Elliot. Ma baguette fut tôt dehors et tint mon ami en joue. Mis à part que cette fois, mon regard le fixa intensément.

- J'ai dis saluer! Quelle vipère, je vais finir par croire que tu es vraiment faite pour tuer... Mais on ne se débarrasse pas d'une star sans conséquences! Tu ne tue que lorsque je t'en donne l'ordre!

De dos à Mordred, j'eus toute latitude pour agir tout en feignant être sa marionnette. Je continuai à avancer en tenant Elliot à ma merci et à le faire reculer jusqu'à ce qu'il soit contre le mur. Mon souffle caressait son visage pendant que ma baguette s'enfonçait dans son cou... Un clin d’œil pouvait me trahir, alors qu'un informulé était tout aussi risqué mais invisible aux yeux de Mordred qui avait en
plus de son goût pour ses entrées un sacré penchant pour les sortilèges
de confusion et d'oubliettes.... "Protego amicus". Une vague de chaleur monta de mon poignet, traversa ma baguette et se diffusa dans le corps d'Elliot.

- Suffit! Viens ici!

Je m'exécutai pour revenir à ses côtés le fixant d'un regard absent.

- Tu vas partir pour l'Est End. Bakery Street tu trouveras un pub baptisé "Double sense". Tu y retrouveras Mornay et O'Shea. Ce sont deux de nos espions. La Résistance leur fait à présent pleinement confiance et toi, tu vas les exécuter. Antarès prendra conscience que tu n'es qu'un agent double et il te tuera lui-même, ce qui m'évitera d'avoir à le faire moi-même. Finit-il avec un sourire faisant ressortir toute la folie de son regard. Compris? Quand tu auras rempli ta mission, tu reviendras ici même et tu y passeras la nuit. Au petit matin quelqu'un viendra sonner à la porte et tu ouvriras. Et... Pas de chance, un journaliste du Prophet! Ma sœur fera également les titres des journaux. Elle a toujours aimé les sorciers célèbres M. O'Malley, vous n'y ferez pas exception... Pity... Ensuite, petite sœur, tu comparaîtras devant notre Maître, et ce sera la fin. Échec et mat. Plus d'agent double dans nos rangs, et plus de sœur encombrante.

J'inclinai la tête. Plus que quelques secondes. Il ne lui ferait pas de mal.
Au fond de ma poitrine mon rythme cardiaque s'accéléra, peut-être n'avais-je pas tant confiance en moi que cela...

- A nous deux M. O'Malley. Confundo!

"Pop"

Transplannage direction l'East End.
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   

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