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 Je suis, il est, elle est

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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Je suis, il est, elle est   Mer 23 Mar - 13:20

- Elliot attends-nous!

Les paroles moururent emportées par le souffle du vent qui s'engouffrait dans la rue. Malgré ce, le petit blondinet arrêta sa course folle vers le parc, grâce à un feu rouge opportun. Moi, je peux en profiter pour noter. Noter, noter, encore noter tout ce qui me permettra de facturer un dossier béton à mon pigeon. Je file discrètement la petite famille, me fondant dans le décor avec l’agilité du rat dans les égouts. Ça y est, c’est reparti. Plus que 50 mètres et ils seront dans Hyde Park. J’en ai marre de me le frapper depuis cinq jours ce putain de parc. Non pas que j’aime pas ça, je suis Irlandais, mais quand même là… S’il finit pas professionnel avec tout ce qu’il ingurgite comme foot le morveux, c’est qu’il a vraiment des pieds de plomb. J’ai fait toutes mes recherches en amont concernant le pédigrée de la demoiselle Norah, qui ne s’appelle pas Norah comme mon instinct me l’avait soufflé, Mais Elinor. Cinq jours à enquêter sur sa vie, sur ses comptes, son boulot, ses capacités de sorcière, sa magie, et même son ordinateur, cette invention moldue. On peut dire que celle-là, ses racines moldues l’influencent.

- Mais attends donc! Il ne va pas s'envoler ton parc.
- Dépêchez-vous! Les supplia le gosse.
- Calme-toi ou tout à l'heure on ne va pas au match. Répondit la brune avec un calme révoltant.
- ça va, c'est bon!
- Ne parle pas sur ce ton à ta m... s’arrêta subitement le petit lot aux cheveux dorés.
- D'accord.

Le garçonnet n'avait plus de réserve à considérer Elinor Redgrave comme sa mère, au contraire des deux jeunes femmes qui s'en occupaient. Comme c’est mignon ce simulacre de famille déstructurée et recollée à coups de circonstances. Tout était pourtant en ordre : fiche cyconia du gamin, testament de la défunte mère… Du 100% légal. Comment aurait-il pu en être autrement avec cette juriste psychorigide de base ?

Depuis que ma mission avait commencé j’en avais appris des choses sur elles, leur boulot, leurs fréquentations, leurs amis, leurs ennemis, le ci, le là… Un as je vous dis. Et personne ne m’avait remarqué. Enrobé dans mon vieux pardessus râpé je me fonds dans la ville. D’ailleurs ne m’appelle-t-on pas Donny O’Hara le « rat » ? Ah je vous l’avais déjà dit peut-être. 20 ans de boulot propre et rigoureux, ça vous classe un privé !

Le gamin jeta son ballon au sol et posa le pied dessus comme l’une de ses stars favorites. Lui aussi est mordu de ce satané sport moldu. Et tout à l’heure, lui et sa mère adoptive se rendent à l’Emirates Stadium pour le derby Arsenal-Tottenham. La miss n’y est pas allée par quatre chemins : tribune d’honneur au-dessus du tunnel des joueurs, pile-poil pour que le gamin puisse avoir des autographes à la fin du match. C’que j’en dis moi ? ça vaut pas un bon vieux quidditch tout ça. Enfin…

Planqué derrière mon chêne au large tronc, j’observe la brune filiforme faire des mouvements bizarres balle au pied, des feintes dans lesquelles le gamin plonge et commence à enrager. Un nerveux c’ui-là. Ce qui m’emmerde le plus, c’est que mon sex appeal naturel ne m’a été d’aucune utilité avec mes proies. Pour entrer chez elles j’ai dû prétexter être un acheteur potentiel du quartier qui voulait des renseignements sur ces maisons de la rue qui étaient toutes les mêmes. Elles c’est des gouines. A quoi ça pouvait bien servir de leur faire mon numéro ? Mais quand même, je me suis bien débrouillé. Mon œil de pigeon, quelques annonces immobilières et blondie me laissa entrer, tout comme la voisine d’ailleurs qui ne m’a rien appris de spécial si ce n’est que son décolleté n’était pas rembourré et que ses voisines étaient rentrées de voyages avec quelques blessures physiques « étranges ».

Deux heures que je me les gèle. Non, que je devrais me les geler si je ne bénéficiais pas d’un sortilège isothermique. Un truc de pro j’vous dis comme on vous apprend dans les faubourgs de Dublin. Ils viennent de manger. Brunette à rangé les affaires et préparé une poubelle sous le regard attendri de la française. Et ça se bisouille pendant que l’apprentie star a repris son ballon. A ce rythme là elles vont me faire monter en pression et regretter de ne pas pouvoir me glisser entre elles ces ch… Fini.
Elles se mettent à discuter. Il est temps pour moi de sortir mon oreille à rallonge. Je me faufile dans un buisson de buis et sors objet. Le conduit se glissa au sol avant de remonter lentement le long du tronc de l’arbre où elles étaient appuyées… Des bribes de conversation me parvinrent.

- … n’aura pas de la chance à chaque fois.
- Heureusement ton bras va mieux.
- Tu crois qu’ils vont nous renvoyer au Costa Rica ?
- Je sais pas Rach’. Apparemment, quelques-uns pensaient qu’on n’en reviendrait pas. Je pense qu’on a dû gagner l’estime de certains.
- Nous avons des responsabilités maintenant. On ne peut pas se permettre de faire deux orphelins.

Le ballon vient heurter le buis. La surprise a été telle que je me retrouve assis par terre sous les yeux de l’enfant visiblement interloqué de voir un adulte reluquer les deux parents.

- Qu’est-ce que tu fais là Monsieur ?

Pas le temps de traîner, la brune s’est déjà levée et fonce vers moi. A voir son air furieux, je dois avoir commis quelques erreurs qu’elle a dû relever. Heureusement Merlin a inventé le transplannage. Merlin ou un autre, la belle affaire… « Pop »

Spoiler:
 

Le rapport était consistant et empreint de remarques personnelles de ma part, le rendant totalement partial. C’était volontaire et contraire à toute éthique professionnelle mais mon client était spécial et me semblait être la plus parfaite des vaches à lait. Une dose de mélo n’était pas de trop. Vu son style friqué du ghetto, ma remarque bien sentie sur l’homoparentalité devrait faire mouche et il devrait bien vite oublier cette nymphette.

- Voilà Monsieur O’Malley. Tout est dans la pochette. Le détail de mes honoraires est produit en annexe. Cela vous fait 300 gallions.

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Elliot O'Malley
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Mar 29 Mar - 22:43

Je lui jette ses 300 gallons de merde à la gueule. C'est pas de sa faute mais c'est comme ça. Son rapport m'énerve. Il m'énerve parce qu'entre chaque ligne il est écrit que je suis le roi du pays des cons, et si ce n'est le roi - parce que le poste est sans doute déjà occupé par mon ex-agent -, j'en suis le prince et c'est déjà une couronne de trop. Mes do-ré-mi ont éduqué mon ouïe et pourri ma vue. Je vois moins bien que je n'entends. J'aurais dû voir qu'elle était Elinor. Elinor, bordel de bouse d'hippogriffe!

Trois mois de recherches pour une conclusion que ma mémoire aurait pu tirer d'elle-même.

J'ai envie de foutre O'Hara dehors, pester, accuser le coup et éclater ma guitare contre chacun de mes deux cent murs mais, foi d'Irlandais, foi d'O'Malley, personne ne me verra jamais perdre le contrôle. Le propre de l'intelligence est d'avoir l'air intelligent même dans ces instants de pure connerie. C'est un de ces instants que je vis. Je suis ouvertement le plus con de la Terre à cette minute et je ne sais pas où me mettre.

Donny se rend compte du malaise, mon état de désœuvrement a l'air de lui faire plaisir.

- Vous allez bien? Fait-il semblant de s'intéresser en recomptant ses gallions avant de les enfourner dans la poche de sa cape sombre. Vous allez pas vous laisser abattre par deux gouinasses pas claires? Ca vaut pas l'coup, j'vous dis!

Evidemment que les seuls mots de son petit rapport qui m'aient touchés en plein cœur c'est "elle est en couple depuis un petit moment avec Rachel Rosenthal". Ils tournent en boucle dans ma caboche défoncée par la nuit de la veille. N'empêche que je supporte pas qu'il le dise. Ce sont mes mots. Il n’a pas le droit de jouer avec mes maux. Excusez-moi le jeu de maux idiot, les mots ne sont plus trop ce qu’ils étaient.

Je me lève, je tends la baguette vers la porte du studio d'enregistrement du sous-sol, elle s'ouvre:

- Dehors. Merci pour vos services, je lui fais à la place d'une bonne trempe.

Il relève le col de sa cape, façon Omfrey Beaugars - le célèbre acteur des années 50, c'est bien connu – et, d'une manière hyper travaillée qui se veut nonchalante, il s'allume un cigare qui fait des petites bulles rouges. Tabac à sorcier sans nicotine. C'est risible. En d'autres circonstances, ça me donnerait juste envie de pleurer de rire. Mais c'est sa façon à lui d'encaisser mon rejet. Et là, j'ai pas envie de rire.

Il décampe fissa sans fermer la porte derrière lui et mes gallions font gling gling dans sa poche. Je les entends jusqu'au rez de chaussée où un elfe de maison l'accompagne jusqu'à la porte et referme derrière lui avant de revenir vers moi, l'air emmerdé.

- Comment va monsieur? Monsieur a l'air mécontent... est-ce que monsieur aimerait que Heathcliff aille chercher sa guitare?

Il sait que je joue dès qu'un truc va pas. Je m'accroche à ma guitare comme à une foutue bouée de sauvetage. C'est la seule chose que je sais faire pour m'exprimer.
Depuis que Jay a débarrassé le plancher de toutes ses affaires et que la villa tombe presque en désuétude tant je n'y vis jamais, j'ai réembauché des elfes pour l'entretenir. Je vais avoir la SPEW aux basques mais dans l'heure j'avais bien d'autres soucis et les petits elfes avaient plutôt l'air content de bosser à la maison. C'est un peu World Disney ici pour eux. Ils ont une piaule chacun, un jacuzzi, une piscine, un terrain de basket, deux chevaux, un poney et deux salles bains. Personne n'a besoin de tout ça mais ils kiffent le basket mes elfes. Quand j'ai le temps, je fais une partie avec eux mais ils trichent souvent. Enfin, ils comprennent pas que se servir de la magie pour mettre des paniers, ça retire tout son sens au jeu.

Je me laisse tomber dans le canapé du salon que j'ai fini par rejoindre, la feuille de parchemin tombe de mes mains. Mes mains sont occupées à recouvrir mon visage que je me frotte comme pour me réveiller d'un mauvais rêve. Ca n'arrange pas la parano de mon petit Heathcliff:

- Non, ca roule, Heat. M'apporte pas ma gratte elle risque de me servir à me faire du mal.

Qu'est-ce que j'avais pas dit là. Heathcliff a frôlé l'apoplexie, il a poussé un gémissement qui a raisonné jusqu'au fond du jardin, toute la maisonnée a transplané dans le salon transi de peur et a regardé ce pauvre Heathcliff complètement abattu en train de me chialer dessus, assis à cheval sur le bidon, en frappant de ses petits points sans force mes pectoraux:

- Nooooon! Monsieur ne doit pas mourir! Monsieur ne doit pas se faire du mal sinon Heathcliff aura raté toute sa vie! Noooooooooooooooooooooooooooooooooon!

Au moins, me fait-il oublier deux minutes mes problèmes. Malgré lui – et c'est vache de ma part – je rigole. Il est toqué cet elfe. Je lui attrape les deux points et je le redresse pour qu'il me regarde. Je suis pété de rire mais ses deux gros yeux bleus, aussi gros que deux balles de tennis, me fendent le cœur:

- Hey, mon pote! C'est qu'une façon de parler!

Les autres elfes qui ne comprennent pas vraiment le souci, se bilent à leur tour et approchent avec précaution du canapé jusqu'à m'entourer. Leurs yeux demandent confirmation. Est-ce que le jeune maître va attenter à ses jours. Elle est dingue ma life. Dans les moments les plus pourris de ma vie, je suis entouré d'elfes de maison plus adorables les uns que les autres, plutôt que d'humains.

- Alors monsieur ne va pas mourir? me demande Boulebilotte, la cops frenchy de Heathcliff. Une elfe de maison femelle à la peau blanche comme la neige et aux grands yeux verts.
- Non, je vais pas crever... je vais aller demander des comptes à Elinor... me dis-je à haute voix. Ca a l'air de les emplir de joie. Ils crient "ouais!!" en levant leurs poings en l'air en signe d'encouragement.
- Je... je vais... je vais avoir l'air super con si je me pointe avec le rapport du privé devant elle, finis-je moins emballé. Ma détermination s'embrasse et s'éteint aussi vite qu'un feu de paille.

Diana, une autre elfe, frappée du complexe de la mère manquée et qui est persuadée que je suis son fils, vient s'asseoir près de moi en grande connaisseuse.

- Monsieur doit agir comme un homme et affronter la honte! Diana n'a pas élevé monsieur comme ça! Comme un lâche! Monsieur ne va pas mourir ni se donner la mort. Monsieur va se lever de ce canapé que nous devosn nettoyer avant ce soir et aller voir la dame Elinor pour lui dire ses sentiments même si ses sentiments restent sans réponse.

La petite elfe m'arrache un sourire immense, je lui fais un bisou sur le front et elle a l'air très satisfait de ses conseils. Le dernier elfe, Camille, le plus timide, s'approche de nous après avoir ramassé le rapport que j'ai laissé tomber. Il me le tend. Heathcliff descend enfin de mon ventre et se poste en face de Diana et moi, toujours assis sur le canapé:

- Allez-y monsieur O'Malley! Allez! Scandent-ils heureux. Allez monsieur O'Malley! Vous en êtes capable et vous n'avez rien à perde!

Je me lève, motivé par mes quatre potes les elfes de maison, et je mate un peu le rapport. Je cherche dans les annexes l'adresse du bureau d'Elinor. J'irai la coincer là-bas à la fin de journée. Juste pour savoir jusqu'où elle s'est foutu de ma gueule... un peu pour la revoir aussi. Juste la revoir.

C'est ainsi que deux heures plus tard, je suis debout, posté comme le con que je suis derrière une statue, dans la rue devant les bureaux du cabinet d'avocat où travaille Elinor. J'ai rappelé O'Hara par hibou afin qu'il me confirme l'adresse et m'accompagne sur les lieux. Moyennant une rallonge sur son oseille, il a paru plutôt enchanté que je fasse appel à son savoir faire pour cette dernière mission. Il a pas la victoire modeste, c'est le moins qu'on puisse dire. Depuis qu'on est là, il n'arrête pas de m'appeler "petit" et de me raconter des anecdotes de merde sur sa vie et ses filatures, et sur ô combien il en a vu des types comme moi, à l'affût d'une femme qui s'avérait inaccessible.
Je lui réponds rien mais j'aimerais lui faire bouffer ses cigares par les narines. J'en ai rien à foutre. J'ai pas envie d'avoir "accès" à Elinor, j'ai envie de savoir si elle s'est foutu de ma gueule et à quel point elle m'a menti sur ses sentiments....


♠ Parce que je suis sûr d'une chose, je l'ai pas rêvé ses lèvres qui répondaient à mon baiser... ♠

Mes plans sont sur le point d'échouer quand je vois Rachel, présentés en photos animées dans le rapport d'O'Hara, se pointer au bout de la rue avec le petit Elliot. Coïncidence amusante que le petit garçon porte le même prénom que moi. Idiotement, quand j'ai lu son prénom dans le rapport d'O'Hara, je me suis dit que c'était perdu rien que pour cette raison. Elle pourra jamais avoir de la place dans sa vie pour deux Elliot, quand bien même j'aurais été la meuf la plus sexy du monde Surprised.

Dans l'urgence, O'Hara finit par me conseiller d'aller dans le hall de l'immeuble pendant qu'il s'occupe de retenir Rachel et le petit.

- C'était pas prévu. En général ils se rejoignent au parc! s'exclame Donny un demi ton en-dessous de son timbre habituel. Il me pousse soudain en me remettant mes lunettes de soleil sur le pif et en relevant mon col de veste comme lui. Vous allez à sa rencontre, vous la coincez dans un coin et vous discutez. Filez! Je m'occupe de la petite lesbienne et de leur morveux!

Trop le goût du polar pour moi, ce fanatique. Mais j'exécute ses conseils sans trop réfléchir aux répercussions. La seule chose que je corrige en chemin, c'est mon fichu col de veste que je rabats comme à l'origine. On n'est plus dans les années 50, bordel de Goule!
Je cours vers l'entrée tandis qu'il se dirige vers Rachel et Elliot qu'il aborde en levant son chapeau de feutre avec déférence. Il leur tient la jambe en se servant de ce qu'il a appris sur elle... lui fait croire qu'il l'a déjà vu au Costa Rica... de loin... avec des gens de l'Opposition. Que justement, il est Opposant. Il prend des nouvelles, sait se montrer amène et convainquant... Fait celui qui s'intéresse et s'éblouit des coïncidences de la vie. Il amuse le môme en lui désignant le ballon de foot qu'il tient serré sous son bras parce que, dit-il, lui était ailier dans sa prime jeunesse, et il finira par se faire passer pour un collège avocat d'Elinor, s'émerveillant plutôt deux fois qu'une des infernales coïncidences de la vie: "Mais elle n'est pas au cabinet, lui fera-t-il croire, elle est déjà en route pour Azkaban... un prisonnier à défendre qu'elle doit rencontrer sur place. Gros dossier, ma petite dame, gros dossier!"

De mon côté, à l'accueil, je demande après le bureau d'Elinor. Le type m'oriente vers un ascenseur mais avec peu de conviction:

- Elle est sur le point de partir, monsieur O'Malley.

Je me suis même pas présenté. Il me reconnaît sans difficulté. Il a la gentillesse de ne pas avoir les yeux qui brillent ou demander un autographe pour sa petite nièce ou que sais-je.

- Voulez-vous que je vous annonce?
- Non, s'il vous plaît, le prie-je, je voudrais lui faire une surprise... c'est une veille amie... d'école.

Tu parles. Je me souvenais même pas d'elle il y a trois mois encore. Etais-je déjà si aveuglé par Jay? Même son visage dans les journaux lors du procès de Sacha... je ne l'ai pas imprimé.

Le type de l'accueil ("Jack" me renseigne sa taguette) hoche la tête.

- Ascenseur de gauche, sixième étage. Fond du couloir à droite.


Je le remercie, en lui en tapant cinq... enfin moi je tape mais lui il regarde ma main en l'air comme un demeuré. Je range ma main. Remonté à bloc. Pressé de la revoir. Flippé, déçu, entêté de la revoir.
Je n'ai pas eu à aller jusqu'au sixième pour tomber sur elle.

RDC. J'avance vers l'ascenseur. J'appelle et je l'attends. Les portes s'ouvrent. Une foule en sort. J'attends que tout le monde soit sorti. Dans le fond, Elinor, le nez dans ses dossiers, relève la tête un peu tard. Mon coeur explose quand je la revois. Une décharge électrique. Notre journée repasse en accéléré devant mes yeux. Je lui bloque le passage quand elle est sur le point de sortir, l'oblige d'un seul pas à elle-même faire un pas en arrière et rentrer de nouveau dans le fond. Les portes se referment sur mon dos. Nous sommes seuls. J'appuie machinalement sur le dernier étage. Je retire mes lunettes et je plonge mes yeux dans les siens, un sourire un peu fané sur les lèvres:

- Salut, Norah... ou Elinor... je sais plus trop...

Je me recule et m'adosse, un peu paumé, contre la paroi tout à côté d'elle. Le mur d'en face est un bon refuge pour mes mirettes qui refusent encore de la regarder en face. Parce qu'en la regardant dans les yeux, j'aurais trop peur d'y voir ma connerie et ma naïveté, sa répulsion de moi, son regret, ses remords. J'sais pas trop. Les choses qu'on n'a pas toujours envie de voir ou de comprendre chez l'autre.

Je me sens con et bête, plus qu'avant. Mais je me sens aussi heureux de la revoir. Petite victoire pour grosse déception à venir. Mais comme les elfes l'ont dit "Allez monsieur O'Malley! Vous en êtes capable et vous n'avez rien à perde!"

- Tu m'as bien fait courir... je t'ai cherché longtemps, lui confie-je en soupirant.


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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Ven 1 Avr - 13:22

- J'aurais aimé que tu ne me retrouves pas. dit-elle d'un ton froid en renvoyant l'ascenseur au sixième pour qu'ils aillent dans son bureau.

Il ne faisait pas bon bavasser dans les couloirs si l'on ne voulait pas voir naître rumeurs et commérages. Ces derniers temps ils étaient devenus les meilleures armes pour grimper dans la hiérarchie. Abattre ses collègues à coup de "On m'a dit que" était devenu un sport très en vogue transformant rapidement un jeune loup en hypogriphe de combat. Ses relations avec l'Opposition et ses missions pour le Ministère de la Magie en avait fait une cible de choix, à elle d'en assumer le jeu.

Inutile de le dire à Elliot. Il était venu la trouver et elle était libre de le recevoir où elle semblait bon. Ce serait au sixième. Quand les portes s'ouvrirent, elle l'emmena au fond du couloir à gauche, come le lui avait dit Jack.

La nervosité lui fit serrer ses papiers contre sa poitrine, dans un geste de protection instinctif. Cent fois elle avait revécu cette journée, leur folie fantaisiste et ce baiser. Il ne voulait rien dire. Aucune signification. Pas de promesse. A aucun instant un encouragement à chercher. Une simple ponctuation scellant définitivement la parenthèse dans laquelle elle avait souhaité enfermer Norah et Ulysse. Pourtant il avait souhaité les en sortir. Malgré tout son sang froid et la maîtrise de ses sentiments, son souffle devint court et son regard fuyant. Elle se sentait toujours aussi minable d'avoir joué cette comédie à Elliot. D'un autre côté venait l'idée que lui aussi a menti.

A ce moment là elle non plus ne sait plus trop, mais elle ne s'en ouvre pas. Elle ferma derrière eux la porte de son bureau. Par chance elle avait un espace entouré de murs et non de ces paroies vitrées ouvertes à chaque curiosité. Les battements de son coeur s'étaient tellement emballés qu'elle craignait qu'Elliot puisse les entendre et trahir son émotion de le retrouver comme ça de manière aussi inattendue.

Depuis cette escapade New-Yorkaise, de l'eau avait coulé dans la Tamise et des faits avaient changé la donne au point de clôre toute envie d'évasion et de rêveries. Le Costa Rica était passé par là, le début de sa mission spéciale aussi. Et puis au plan personnel beaucoup de choses avaient évolué. Elle voyait Noah plus souvent qu'auparavant aussi, ce contre toute attente. Un stratagème particulier avait été mis en place pour qu'Elinor aille le voir à l'hôtel particulier de Mareva Coolwater quand il n'était pas à Verdi avec son père. Sacha. A lui aussi sa vie prenait un tour différent. Bientôt il serait père à nouveau. Il le lui avait confié. Il était heureux. Il vivait. Quand Elinor était revenue de l'Amérique du Sud, elle était allée le voir pour lui faire un debrief. Il le lui avait dit. Plus fort que tout le reste. La nouvelle avait fait exploser tout le reste. Il crevait d'envie d'avoir un enfant avec Charlotte. Il scellerait définitivement leur union. Et c'était sur le point d'arriver. Quand il lui avait fait l'annonce, son visage était détendu, taquin, serein. Une des facettes que Sacha avait perdu depuis ses multiples prises de responsabilités. C'était le Sacha des toits de Poudlard. C'était Sacha. Alors Manoue s'était jetée dans ses bras et l'avait serré très fort contre elle. Elle lui souhaitait le meilleur, pour lui, pour eux, espérant par là-même que Charlotte évoluerait et que petit à petit une sorte de paix pourrait désormais s'établir entre elles. Au fond elle n'avait jamais vraiment voulu le contraire.

Elle fit asseoir Elliot dans le fauteuil réservé aux clients et prit place comme si elle allait prendre un témoignage ou une déposition quelconque, en pure avocate. ici se jouaient exclusivement des comédies professionnelles. Elle ajusta le col de sa veste, et ôta sa cape qu'elle jeta avec nonchalance sur un bahut où elle archivait ses dossiers. La pièce était claire et l'ammeublement riche et moderne, froideur des offices d'aujourd'hui. Sur le bureau et aux murs se trouvaient de multiples photos de son couple, d'Antiochus et elle à une soirée du Bureau des aurors, de Tuppence et Virginia, de ses enfants en train de jouer, en train d'embêter Twisty, son elfe à l'uniforme de Serpentard, avec les "popys", et surtout de Noah avec Benedict... Toute cette décoration rendait son antre un peu plus humaine et accueillante. Elinor les balaya du regard et prit une longue inspiration.

- Le type étrange qui rôdait autour de ma maison et de ma famille depuis quelques temps, je suppose qu'il bossait pour toi. Au début je pensais qu'il était envoyé par la concurrence. Mais vu le peu de discrétion qu'il a mis à l'ouvrage, j'ai vite trouvé ça louche.

Cette fois-ci, pas de rougissement intempestif, pas d'affectuosité déplacée, elle serait elle-même. Norah était bien restée à Central Park avec ses vélos hollandais et son sweat "I love N. Y." . Dans leur rencontre, Elliot l'avait émue. Elle n'avait nullement envie de le remballer façon avocate mal lunée. Plutôt que d'aborder les choses de manière brutale, elle préféra essayer de le mettre à l'aise.

- Comment vas-tu Elliot?

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Elliot O'Malley
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Jeu 14 Avr - 18:28

Je n'ai pas répondu quand elle a mis cette histoire de rôdeur sur le tapis. Mon visage coupable le faisait pour moi. Pour être franc, dès que nous sommes entrés dans son bureau, j'ai été absorbé par la décoration. Pas celle des murs qui paraissait des plus standards, mais celle des étagères. Des portraits d'elle avec Rachel, de son fils que je connais déjà, Noah, et du petit Elliot bis. C'était la première fois que j'étais dans son environnement et je n'en perdais pas une miette. Mes yeux vadrouillaient avec une curiosité enfantine afin d'amasser des trésors dans mes pupilles bleues claires. A la fin du voyage, mes yeux stoppent sur Elinor. Ils la dévisagent sans concession. Je ne juge rien. Pourtant, je vois bien. Ca me frappe d'un coup quand elle s'assoit.

♠ C'est carrément pas Norah. ♠

La comédie était allée très loin ma foi. Je m'étais fait avoir comme un Poufsouffle. Même certain qu'un Poufsouffle se serait jamais fait avoir comme moi. Cette expression était injuste.
L'air de cette inconnue devant moi, son expression fermée, sérieuse, sans pétillement, sans... vie... - en tout cas, pas la vie que j'ai vu briller dans ses yeux il y a plusieurs mois -, l'air fadasse de cette inconnue venait d'aspirer d'un coup la femme que j'avais connu et que j'étais venu voir. Ca m'a soigné d'un coup. La putain de claque! L'image d'elle assise derrière son bureau comme si j'étais un de ses clients quelconque. Ca soigne grave.


♠ C'est peut-être exactement ce qu'il me fallait pour redescendre sur Terre. ♠

Elle m'invite à m'asseoir mais je suis trop stress, un poil déçu aussi, pour avoir envie de me poser tranquillement. Je me vautre dans le fond de mon siège encore assez nerveux mais mon corps parle pour moi. Lui, il est détendu. Il fait sa vie sans peine, mon corps. Il s'en fout. Assis, debout, couché, il n'est mu que par la musique. Quand il n'y a pas de musique, les gestes n'ont plus aucun sens.
J'ai adopté une pose que ce fauteuil n'a pas dû voir beaucoup. J'imagine pas les clients d'Elinor s'asseoir avec autant de décontraction. Comme si je fondais sur le dossier. Je me laisse dégouliner le long du siège jusqu'à avoir la nuque posée sur le dossier et les deux bras sur les accoudoirs. Mes mains retombent sur mon ventre et tapotent un air imaginaire. J'ai les yeux perdu au plafond. J'essaye de me souvenir la raison pour laquelle je suis dans ce bureau. Ca peut pas être cette nana en face de moi qui m'a obsédée des mois. Ca se peut pas...
Je fais pivoter le siège de gauche à droite sur un rythme que je m'invente et qui va plutôt bien avec celui de mes mains. Crashing imaginaire de DJ sur le siège qui peut tourner à 360°. Trop cool. C'est Luna Park son bureau. On dirait un gosse qui s'ennuie. C'est pas que je m'ennuie. J'accuse le coup.

Je me redresse d'un trait après avoir bien goûté le confort du siège.
Putain, on dirait un gosse de 12 ans convoqué chez le directeur. Aller, faut que j'arrête. Tiens-toi tranquille Elliot.

Ouais mais tranquille c'est debout.

Je me lève, je parcours le bureau... je mets une montagne de temps à répondre à sa question. Si je vais bien? Là, maintenant, comme ça, je dirais que... mouais. Mais ça doit pas être vrai car je me sens pas dans mon état normal. Je suis juste furieux et je refuse de l'accepter.

Tout en regardant l'alignement de photos qui attirent encore mon regard, dos à Nor... à Elinor, je réponds finalement:

- Ca peut aller... Je lui montre la photo de Noah en souriant. Je suis vraiment trop bigleux... il te ressemble presque autant qu'à Sacha. Je ne sais pas comment j'ai pu passer à côté de ça. Mais c'est la vie, n'est-ce pas? Il y a les cons et ceux qu'on prend pour des cons. Ca a dû bien te faire marrer ce pauvre petit O'Malley qui aspire à une vie normale. Pathétique.

J'ai un sourire rempli de désillusions amères qui me bouffe tout le visage. Mais je souris quand même parce que je vaux mieux que sa pitié, ou pire, l'auto apitoiement.

Je repose le cadre et je me dirige vers la porte.

En fait, je suis désolé de t'avoir dérange, Elinor. Je ne sais pas pourquoi je suis venu... Main sur la poignée, je l'attends. J'aimerais quand même qu'elle m'accompagne. En route faudra bien que je lui dise que le privé que j'ai engagé est en train de pipoter Rachel. Ca se trouve, elle est déjà repartie chez elles.
Je ne sais pas ce que j'espérais. C'est idiot. J'aurais dû accepter la beauté d'une journée éphémère. Il n'y a rien à dire en fait... rien. C'est une histoire comme il y en a des centaines...

C'est l'histoire d'un gars qui rencontre une fille mais la fille ne l'aime pas.
C'est une histoire banale où A + B ne feront jamais C.

Tu veux me raccompagner?


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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Ven 15 Avr - 8:37

La seule chose qui me parut positive, c'est qu'Elliot était autant lui-même que ce que pouvait être Ulysse: direct et fragile.

C'est sûr que pour lui, l'atterrisage doit être difficile au vu du gouffre qui sépare l'image que pouvait renvoyer Norah et celle que je dois produire au fin fond de ce bureau froid, limite sans âme. Il faut que je le laisse s'habituer et baisser la garde pour essayer de lui parler. S'il y a bien une chose dont je n'ai pas envie, c'est qu'il parte en claquant la porte. Je veux lui parler, lui expliquer sans pour autant plaider mon unique faute. Dans ce délit d'initiés, nous sommes complices, qu'il le veuille ou non, nous avons les mêmes torts.

Pendant qu'il prend la mesure du confort que peuvent apporter les centaines de milliers de gallions dans un cabinet comme le mien, mon regard glisse sur lui. Il ne ressemble pas à un client mais à un patient. Que cherche-t-il ainsi au plafond? Que reste-t-il dans ce lieu de la rock-star sublime adulée? Mises à part la finesse de ses traits et la grâce de son physique, j'ai l'impression d'avoir sous les yeux la même personne qu'à New-York, et que surtout, il ne joue pas. Mais moi, où est-ce que j'en suis par rapport à lui?

D'où me vient cette envie subite de le prendre dans mes bras comme j'aurais pu le faire à New-York? J'ai conscience pendant une fraction de seconde que mes lèvres se pincent et que je baisse la garde. Des impressions remontent, des souvenirs aussi, la couleur verte d'une époque, la prégnance d'un sentiment sans enrobage amer. La seule différence, et qui me gène en plus, c'est que cet homme là est tourmenté et qu'il le reconnaît, ce qui accentue sa vulnérabilité face à moi. C'est étrange. Cet homme face à moi me renvoie six ans en arrière, salle Verdi. Le contexte est différent, la personne est différente, mais le fond est strictement identique et me déstabilise.

Je l'écoute avec patience et attention, posant ma tête sur mes mains croisées. A plusieurs reprises je dus me raisonner pour ne pas le couper et rester cette oreille. Je laissais courir mon coeur. Lui seul manifestait la palette d'émotions qui m'envahirent en jouant une mélodie secouée de rythmiques improbables.

Quelques minutes passées avec lui et mes bonnes résolutions flanchent.

Il se leva. Je le rejoignis à la porte. Ma main se pose sur la sienne un bref instant. Je veux juste le rassurer.


- Non. Le ton est catégorique et sans appel, est en totale contradiction avec la suite qui arrive. Non je ne te raccompagne pas, je t'accompagne. J'ai beaucoup de choses à te dire.

Le temps se suspendit autour de nous. J'eus la pénible impression qu'une nouvelle bulle était en train de nous envelopper pour nous protéger. Il lui faut sortir, prendre une grande bouffée d'air. Après ça ira mieux, enfin j'espère.

Mais si nous sortons, il sera exposé, et par ricochet, ma famille aussi. Dans ce bureau nous sommes à l'abri, c'est certain. Mais je peux comprendre que ce lieu n'est pas propice aux confessions. Mes pas s'éloignent de la porte pour rejoindre la fenêtre. Pour réfléchir correctement, il faut que je m'éloigne de lui. Je n'y peux rien c'est instinctif. L'empathie que je ressens pour lui est gênante pour mes neurones. Il faut vite que je me ressaisisse sinon je vais me liquéfier en Norah.

Dans la rue la vie semble suivre son cours au gré des heures qui défilent. Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à ... Elle est là la solution. Elle doit même se trouver sur le col de ma veste. Gagné. Quelques secondes me suffisent à la trouver.
Un sourire d'immense fierté prend possession de mon visage à mesure que je me rapproche de lui, un long cheveu blond emprisonné dans ma main droite.


- Ne bouge pas d'ici, je reviens vite.

Le programme spécial de protection! J'en avais pour quelques minutes. Rejoindre le second étage, farfouiller dans l'armoire, signer le registre, et remonter lui donner le choix. Ce n'était pas grand chose. J'espérais simplement qu'il ne s'échapperait pas... Je cours, j'ouvre les portes à la volée. Les rares collaborateurs qui restent doivent me prendre pour une Vélane en furie.

Quand j'atteins à nouveau la porte de mon bureau je suis hors d'haleine et je ne m'en rends pas compte. J'espère seulement qu'il est encore là. Je commence à parler sans le savoir, comme si parler pouvait simplement faire qu'il soit encore là. Je tends fébrilement mon bras en avant, mettant en exergue la petite fiole de cristal que je suis allée chercher.


- Voilà, tu bois ça cul-sec et après on va où tu veux.

Avait-il fui notre réalité?
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Elliot O'Malley
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Ven 15 Avr - 11:01

Pour avoir aidé Liam Cullen à en piquer à maintes reprises dans l’armoire de Sambre Des Lys en sixième année, je peux te dire que ce qu’elle me fout sous le pif c’est du Polynectar. Et y’a pas moyen.

Je fais un pas en arrière en la dévisageant gravement.

- T’es ouf, toi.

J’accuse pas, je constate.

- T’es ouf de ouf...

J’accuse toujours pas, j’en souris avec une pointe de tendresse fardée de désenchantement... A quoi elle joue? Je sais à quoi elle joue, mais merde, à quoi elle joue alors?!


♠ Qu’est-ce que tu veux, Elinor? Tu me défonces la cervelle...
Dis-moi juste de partir, comme ça c’est facile. C’est simple. Je comprends. Et je sais où j’en suis. ♠


Je ne me suis jamais considéré comme un homme puissant ou même charismatique sous prétexte que ma gueule est placardée les murs de Paris à Tokyo, les GMC ou un magazine sur deux. Je suis dans moi-même et je ne pense pas à ce que je renvoie. Je vis à l’intérieur de moi sans me trouver bien différent de ce que j’ai toujours été dans le fond. C’est juste ma vie qui a changé mais, moi, je suis toujours moi. Oma.
Ma vie... mon destin a évolué, j’ai un peu évolué avec lui. Nous nous sommes influencés l’un et l’autre pour grandir et visiter d’autres horizons. Et j’ai pas peur de changer. Je ne serai pas moins fidèle à moi-même en transitant vers ces autres horizons. Je serai juste une version upgradée d’Elliot O’Malley. Ca a pris le temps mais je l’ai accepté plutôt bien.
Face à Elinor, j’ai la sensation que je suis le seul dans cette pièce à être sincère avec les surprises et les perspectives de la vie. Du destin.

Je n’ai pas peur de mes faiblesses, je suis entier. Si je me laisse surprendre par ma fragilité, je ne pense pas "oh Elliot, attention, tu es trop vulnérable, dresse un rempart entre toi et le monde sinon le monde va t’engloutir! Bouhouuu, il va te bouffer tout cru, on va te prendre pour un faible et tu vas perdre 25600 followers sur Twitter."
J’ai des convictions que je défends. Je suis tenace. Un brin têtu. Je suis d’une bonne pâte, on peut pas me reprocher d’être un vilain, je suis poli, pas chiant, tu me marches sur le pied, je rigole. Tu me mets une beigne, je te la rends parce qu’il faut pas pousser Dumby dans les orties. Je sors de mes gonds, je
stress puis la minute d’après, je zen. J’ai fait des conneries, je suis parti en sucette à plusieurs reprises - surtout depuis que je goutte au statut très prisé de star mondiale (on se demande bien pourquoi vu que c’est 80% d’emmerdes pour 20% de plaisir)... bref, je suis pas parfait, je suis pas défectueux, je suis juste bien dans mes pompes. Je pense être un mec dans la bonne moyenne des mecs bien. Quelle que soit la vie dans laquelle je suis.

Tout ça pour dire que je sais très bien ce que je suis et ce que je ne suis pas.
Je sais ce que je vaux, j’ai même appris il y a peu à faire la différence entre ce que je suis et ce que les autres veulent croire que je suis. Entre ce que je vaux et ce que mes agents veulent faire croire que je vaux.
Depuis maintenant une heure, j’ai aussi appris à accepter d’être Elliot O’Malley-le-type-qu’on-va-arrêter-toutes-les-cinq-minutes-dans-la-rue.

- Je vois qui tu es, ce que tu vis et comment tu le vis. Maintenant c’est à toi de voir qui je suis, ce que je vis et comment je le vis. Si tu as un problème avec ça, arrêtons là.

Je l’ai attendu quand elle s’est absentée pour revenir dix minutes plus tard avec sa poudre à perlimpinpin.
Tu sais ce que j’ai fait en son absence? J’ai soupiré parce que j’étais désespéré à l’idée de pas arriver à quitter son bureau malgré la découverte assez énervante que cette femme était à des kilomètres de celle que j’avais tant kiffé. Puis, les mains dans les poches, je suis retourné à cette étagère. Cette fois, c’est le portrait de Rachel que j’ai pris pour le regarder. Je me suis demandé si Elinor aurait retrouvé un peu de Norah dans les yeux en me voyant débarquer dans l’ascenseur si j’avais été une nénette.
Puis, tenant le cadre... j’ai bien regardé... j’ai ensuite maté toutes les photos encore et encore. Je suis revenu à la première, celle de Rachel... Le visage d’Elinor ne ressemblait pas plus à celui que j’avais vu d’elle sur le toit du Belvédère.
D’une image à l’autre, mettez-la avec son fils ou avec Rachel - est-ce mon imagination? - mais she’s not the same. Elle a plusieurs facettes... mais sont-elles toutes sincères? A-t-elle conscience d'être multiple ou subit-elle les choix de la vie?

La porte s’est ouverte et elle est revenue avec sa trouvaille.

Elle est sortie avec un long cheveu blond brandi comme un graal.
Elle est sérieuse, là? Elle veut me transformer en sa meuf? Comment peut-elle croire que je vais accepter? Encore que pour le fun, j’aurais complètement été capable de la boire cette potion. Mais devenir Rachel. NO-WAY!


♠ Il y a encore dix minutes, Rachel était ma rivale... ♠

Si elle se posait la question, oui, j’avais quitté notre réalité. Le départ avait été involontaire. Un peu trop anticipé. Faut dire qu’elle m’avait retourné claque sur claque depuis que j’étais entré dans l’ascenseur. Au bout d’un moment, ça échaude.
Si j’avais pu, j’aurais vécu ma vie dans notre monde de "et si"... J’aurais inventé des règles déréglées pour régir nos élans et la musique aurait été une bagatelle à côté de l’amour que j’aurais eu envie de lui faire. De notre monde absurde, mais tellement humain, elle m’avait bouté à l’instant même où elle avait regretté ma présence dans ses locaux. "J'aurais aimé que tu ne me retrouves pas" m'a-t-elle jeté à la gueule. Moi aussi j’aurais peut-être préféré. Combiné à l’image insolite de cette jeune femme au sourire insipide assise derrière son grand bureau hyper design, ça avait fait débander toutes mes espérances.

Mes déconvenues sentimentales ne peuvent cependant pas décourager mes amitiés.

Je prends la fiole pour la fourrer dans ma poche. Je lui tends le bras d’un air complice, un peu pour enterrer superficiellement la hache de guerre.

- Si c’est vraiment insupportable, il se peut que je la boive, lui souris-je tout doux pour lui montrer que j'accepte qu'elle "m'accompagne". Mais quand même... devenir ta meuf?! C’est très indélicat de ta part... Sad Non satisfaite d’avoir volé mon cœur, tu as donc décidé de dérober toute ma dignité aujourd’hui.

Je le dis à la cantonade bien que je pense 50% de ma vanne. Ca passe, me dis-je, quand on fait ce genre de réflexion en riant.



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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Ven 22 Avr - 10:03

Impossible de prendre son bras sans se faire irradier par la douleur qu'il dégageait. C'était brûlant, intrinsèque, déroutant et attirant à la fois. Tout ça? Oui, tout ça. Comment avait-elle fait pour ne pas le percevoir alors qu'il lui était déjà arrivé d'éprouver la même? Elle ouvrit la bouche, resta là, comme ça, mâchoire décrochée pendant quelques secondes, incapable de prononcer une parole. Puis tour à tour, ses yeux s'écarquillèrent et ses sourcils se froncèrent. On aurait pu croire qu'elle venait de sniffer de la poudre de cheminette. Ses jambes ne valaient guère mieux. Elle avait l'impression qu'elles se déroberaient sous son poids dès qu'elle déciderait de les mouvoir. Quoi que pour l'instant, elle s'était plutôt laissée émouvoir. L'atmosphère du bureau se fit lourde et oppressante.

Ses joues s'empourprèrent lorsqu'une bouffée de chaleur se fit sentir. Elle se mit même à transpirer, réactions qu'elle jugea ridicule.

- Je n'avais pas imaginé.

Elle se laissa choir dans le fauteuil client et en apprécia pour la première fois le confort approximatif. Déstabilisée par sa connerie, elle ne put détacher ses yeux du parquet. Elle rentra ses épaules et ne put se résoudre à affronter son regard pour le moment, abandonnant ce round.

- Jamais je n'aurais pu imaginer Elliot. Cette fiole c'était juste.... Sortons, j'étouffe. Tu peux la jeter si tu veux.

Comment mon instinct a-t-il pu faillir sur ce coup là? Bien sûr que si, j'aurais dû m'imaginer.

Peu à peu son corps sortit de sa torpeur et elle se sentit capable de faire face. Alors qu'elle avait préparé un argumentaire pour expliquer le pourquoi du comment elle lui avait menti, elle se retrouvait privée de défense, et pire, accusée vol et de séquestration. Un comble.

Non, elle n'avait vraiment rien compris et se sentait complètement à poil devant lui, forcée d'expliquer, de s'expliquer. C'était vraiment horrible mais loin d'être la fin également. Il fallait en finir avec ce lieu dans lequel elle se sentait mal à l'aise, et avec cette accusation ridicule.

- Sortons.

Partitions inversées jusqu'à ce qu'elle arrive à lui remettre aussi les yeux devant les trous. Il n'y avait pas de raison. Elle passa sa veste tout en réfléchissant. Pour la première fois devant Elliot elle sortit sa baguette.

- Scribere inflamare.

La baguette se transforma en une sorte de stylo à l'encre enflammée. Les lettres incandescentes flottaient dans les airs jusqu'à ce qu'elle produisent le point final. "Ne m'attendez pas."

- Adnuntiato evanesco.

Le message prit son envol, tourbillonna sur lui même avec grâce, et s'évanouit dans d'élégantes volutes alors que la jeune femme s'était déjà tournée vers la sortie. Ses yeux n'avaient toujours pas rencontré ceux d'Elliot. Peut-être craignait-elle encore de se sentir brûlée comme son message, son coeur réduit en cendres par la foudre de son regard?

Elle fila devant. Il lui fallut attendre de se retrouver sur le trottoir pour retrouver toute sa capacité d'anticipation et de réflexion et délaisser enfin ce sentiment de culpabilité arrivé en express depuis Ney-York. Elle respira à fond l'air vicié de la ville en émois. Un frisson parcourut son échine et contrasta avec ce qu'elle avait ressenti préédemment. Quelques personnes les dépassèrent rapidement, d'autres manquèrent de les bousculer. Heure de pointe à la City. Des visages inconnnus, des vies diverses, un public potentiel pour l'expérience. Elinor dirigea leur marche vers le métro.

- Fais-moi partager ta vie Elliot. Je n'ai aucun problème par rapport à elle et j'assumerai parfaitement. Alors? Bus, métro, marche ou transplannage? A New-York tu m'as laissée choisir, à toi maintenant.

Elle assumerait. Pourvu seulement que ça ne prenne pas les allures de ce qui s'était passé fin 2007, c'était tout ce qu'elle demandait à Merlin.
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Elliot O'Malley
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Mar 26 Avr - 13:14

On se met en route. La fiole reste dans ma poche. J’ai appris il y a longtemps qu’il vaut mieux ne rien jeter, même pas une noise qui traîne dans le fond de ta poche, parce que tu sais jamais si ça sera pas la noise dont tu aurais eu besoin pour compléter le financement modique d’une location de hibou pour un message important. Tout peut toujours servir.

Bras dessus, bras dessous, tu ne peux pas m’empêcher d’espérer la douceur de sa main sous la mienne. Mais j’évite d’être en contact direct avec elle. Même si je combats bec et ongles contre mes sens, je peux pas m’empêcher de respirer son odeur ou de regarder son regard qui fuit le mien avec une vélocité irréelle. Ca me fait sourire et ça me rassure. Sans trop chercher à démêler les raisons de sa gêne, ça me rassure de pas être le seul de nous deux qui sait plus où regarder, qui sait plus quoi ressentir, qui a juste envie de comprendre pourquoi d’un coup, la vie va puis la vie ne va plus. Si ça va ou si ça ne va plus.
Elle à mon bras, elle qui ne fuit pas, je serais quand même tenté de dire que la vie va. Pour l’instant, elle veut bien jouer mon jeu et entrer dans cette vie tordue qu’est la mienne. Je voudrais qu’elle soit pas déçue. Même si ce n’est pas une vie idéale ou exemplaire, c’est mon lot quotidien - ou du moins ses répercussions -, qu’elle va affronter.

Métro? Jamais à Londres. Surtout pas à Bank. C’est un coup à faire arrêter les rames ou à provoquer un incident de circulation du métropolitain. Le bus, c’est plus petit, c’est moins populaire. Les gens matent mais viennent rarement t’ennuyer. Je sais pas pourquoi la population qui fréquente le bus n’est pas la même que celle qui fréquente le Tube londonien.

Le bus 25 en direction de Holles Street passe près de Poultry Bank. Pour le choper, il faut courir. Par chance, il s’arrête au feu rouge. Si on se presse, on aura le temps d’acheter nos tickets et de l’avoir.

J’attrape subitement la main d’Elinor, oubliant au passage mes résolutions qui n’auront, en tout et pour tout, tenues que trois minutes, vingt deux secondes et dix centièmes (record pourave), et je me mets à galoper vers l’arrêt. Près de la borne, une dame nous sourit ébahie mais pas hystérique. C’est cool les jolis regards illuminés comme le sien. Je sens instinctivement que je n’ai pas à sortir l’artillerie lourde pour me blinder. Mieux encore. En nous voyant arriver essoufflés, elle nous cède sa place. Elle attend le 8, justifie-t-elle sa gentillesse.

Je la remercie et la gratifie d’un grand sourire reconnaissant.

On achète deux tickets, je checke le chemin sur un plan et on grimpe dans le bus qui arrive pile poil quand on se retourne vers la chaussée. On valide nos titres de transports et on va à l’étage. Sur notre passage, quelques murmures et de grandes œillades mais, comme prévu, personne ne vient nous embêter.
Je trouve une place pour deux devant. Ce sont les meilleures places, on peut voir la route et, surtout, on a tout le monde dans notre dos.

Ce n’est qu’une fois assis que je réalise que j’ai gardé la main d’Elinor dans la mienne. Je voudrais bien la garder mais je la lui rends, pas vraiment embarrassé.
Maintenant, j’ai décidé que je n’avais plus rien à cacher - qu’il s’agisse de mon identité, de ma vie ou de mes sentiments. Tout passe, il paraît. Les peines de cœur aussi. Alors pas besoin d’en faire toute une maladie. Je dirais même mieux! Autant en rire et profiter de se sentir blessé mais si vivant!

- Désolé, je lui fais en lâchant sa main.

Je tourne le visage vers la vue devant. Le bus démarre. London is full. 18h30. C’est l’heure des embouteillages et des coups de klaxons.

Je n’avais pas prévu de m’y rendre aujourd’hui mais je décide d’aller à l’ASA pour voir Gary Adams, mon nouvel agent. Ca fait dix jours qu’il me tanne pour que je vienne signer mon contrat pour la télévision moldue. Il s’agit de participer à une émission de "télé réalité" comme ils disent. Je ne sais pas ce que c’est une télé réalité, mais Gary va m’expliquer le principe.

En d’autres circonstances, je m’y serais rendu en transplanant mais puisqu’il s’agit de partager ma vie avec Elinor, autant lui offrir un extrait d’un peu de tout. En parlant de ça d’ailleurs:

- Reste avec moi jusqu’à demain matin.

C’est une demande, une invitation, un je-sais-pas-trop-quoi. C’est sorti tout seul. Spontanément. C’est sorti bizarrement. Ca m’a enflammé la poitrine et j’ai gerbé cette proposition sans trop savoir pourquoi, ni à quoi m’attende.

C’est sorti bizarrement, soit. Mais ça fait aussi très bizarre à l’oreille "jusqu’à demain matin". Parce que ça inclus la nuit et que ça sous-entend plus que je ne souhaitais au premier abord. J’ai pas envie de passer pour un pervers. Vite! Faut que je m’explique avant qu’elle fuie!

Je souris amusé par la cocasserie mais je me laisse pas démonter par ma maladresse. Elle n’est pas troll, elle sait bien que je ne suis pas comme ça... enfin, Ulysse n’est pas comme ça. Que sait-elle d’Elliot? Rien, je présume. Enfin, pas trop de choses... bref, on s’en fout. Je m’explique.

- Rien de méchant. C’est juste qu’il va bientôt être l’heure à laquelle nous nous sommes séparés à New-York. Faisons un tour d’horloge virtuel jusqu’à demain matin et, en recollant les morceaux de nos deux rencontres, nous aurons vécu 24 heures complètes ensemble.

Je la laisse gérer dans sa tête la manière de justifier son éventuelle absence auprès de sa famille. Je propose, elle dispose. Elle peut même dire non. Le reste, c’est son affaire.

- Maintenant, je dois voir mon agent, dois-je rajouter pour peaufiner mon explication, c’est à Baker street. En bus, on en a pour une bonne cinquantaine de minutes, ce qui devrait nous laisser le temps de nous habituer à être Elliot et Elinor, souris-je amusé. Ensuite, je dois passer rapidement au studio pour écouter le mixage de final de la dernière chanson du prochain album. Si ça t’amuse, ça me ferait plaisir d’avoir ton avis. Et pour dîner je t’invite à la maison. Je sais pas cuisiner... alors soit on commande par Sorcerer Food Express, soit on passe à l’épicerie acheter quelque chose à manger. Après, pour la nuit blanche, on va où tu veux, dans n’importe quel fuseau horaire, dans n’importe vie... dans n’importe quel trip... Partons du principe que nos vies ne se croiseront probablement plus après ce soir.

Je suis réaliste. Pas pessimiste.



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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Mar 3 Mai - 13:21

Icare ne se brûla point. Il vola, décidé, suivant les courants de sa logique qu'il maîtrisait en tous points, et réussit à les installer dans un nid confortable les protégeant en attendant la prochaine épreuve. Là, il se rengorgea comme un perdreau de l'année sous le regard amusé de sa compagne de route.

Elinor se laissa embarquer dans l'aventure, ravie du retour sur terre de son intuition. Un seul détail chiffonnait son esprit: il avait pris sa main et elle n'avait rien fait pour s'en défaire. A nouveau ses joues s'étaient colorées à brûle-pourpoint, mais même si elle n'avait point envie d'encourager sa fiction, elle n'avait rien fait pour récupérer son corps pour son usage personnel. Avec Sacha, il n'y avait aucune appréhension, aucune gêne. Là... C'était fou! Son regard se contenta de fuir dans les rues s'éloignant de la ligne du bus et elle lui sut simplement gré lorsqu'il la lâcha.

- Merci.

Planqué à l'avant, il semblait détendu assez curieusement.
Oui c'était curieux. N'était-ce qu'une impression? Elle ne pensait pas. C'est alors qu'il se mit à parler, sourire, faire une pause, et reprendre. Pêle-mêle elle ne savait pas trop quoi penser de sa proposition.

En fait, la première réaction qu'elle eut fut de penser qu'elle allait se faire décalquer la tête par Rachel. Horrible. Avec son caractère de merde tellement français, elle se ferait stupéfixer dès qu'elle aurait posé un orteil sur le paillasson... Oh bien sûr, ce ne serait pas à cause de sa névrose d'amante trompée et pour cause. Par contre elle prendrait pour le reste: passer une soirée et une nuit avec l'"icône", "le petit chou Irlandais"... Car effectivement, Rachel était fan d'Elliot, et ce moment volé dans la vie de la star, elle ne le lui pardonnerait pas...

Ses lèvres s'étirèrent dans un joli sourire.

- OK... pour tout.

Elle essaya tant bien que mal de se recomposer une expression tout à fait normale, replaça sereinement quelques mèches de cheveux bruns, et se tourna cette fois vers lui, attachant profondément son regard dans le sien. Une fraction de seconde elle se demanda encore comment Norah au terme d'une rencontre si brève avait pu autant chambouler Elliot. C'était juste une personne normale, paumée dans un coin de New-York...

Elle réprima un soupir et entama la conversation comme si de rien n'était.

- Je m'appelle Elinor Redgrave, ancienne Serpentard. Au Quidditch j'ai été gardienne de mon équipe. J'ai suivi des études assez brillantes et j'ai atteint mon objectif en devenant rapidement avocate. Mon cursus universitaire, je l'ai suivi en deux ans au lieu de trois et j'en suis fière. A Poudlard j'étais assez solitaire jusqu'à ce que je rencontre Sacha De Lansley et que j'assume ce que je suis: une personne homosexuelle mais tout à fait normale. Je n'ai jamais été très populaire à Poudlard pour ma plus grande joie, jusqu'à ce que je vienne témoigner enceinte au procès de Sacha. Là, j'ai fait les choux gras de la presse qui m'a traitée de dégénérée. Je passe sur mes différentes aventures ou autres, ce qui a forgé ma vie d'adulte, c'est mon rôle de maman. Il m'a épanouie. J'ai toujours été sérieuse et psychorigide. J'en ai conscience aujourd'hui mais ça n'a pas toujours été le cas. C'est Sacha qui a joué un grand rôle en ce sens. Je suis comme il aime à le dire son alma mater et il est mon yang. Il n'y a pas de mots assez puissants pour exprimer ce qui nous lie.

Elle laissa planner un silence pour clore la première partie de sa vie et se reprendre. Elinor n'était pas une personne à s'ouvrir facilement. Cependant, elle souhaitait établir sa vérité par rapport à ce qu'aurait pu dire ce sordide enquêteur privé. Elle reprit apaisée.

- Il y a quelques mois j'ai adopté Elliot. C'est le fils de ma défunte meilleure amie prise dans un attentat. Je l'élève avec Rachel, ma compagne, pendant que je suis privée de Noah... Voilà, tu sais tout d'Elinor, sa vie se voulant banale et qui ne l'est pas. Raconte-toi Elliot.

Dans son discours elle avait laissé la porte ouverte à la réflexion et aux suppositions.
Elle espérait qu'Elliot arriverait à s'y glisser pour comprendre qu'entre Norah et Elinor, il n'y avait qu'une triste histoire de non dits causée par un baiser mal tombé. Un instant brisé, un courage courbé par deux simple lèvres, aussi célèbres soient-elles, une fuite en avant.
Mensonge, couardise, faux espoirs, abus... Il devait avoir une triste opinion d'elle et la considérer comme digne héritière de Salazar, sans compter sur la froider dont elle avait joué pour le recevoir...

- Il nous reste du temps avant d'arriver.
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Elliot O'Malley
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Mer 1 Juin - 8:55

J’ai écouté sa présentation sans l’interrompre. Sans surprise, j’ai lutté entre l’envie de me suspendre à ses lèvres, dans tous les sens du terme, et celle d’observer la route devant nous pour mieux noyer mes instincts. J’aimerais tellement croire le contraire et me laisser abuser par moi-même mais ça va être difficile d’effacer mes sentiments et mes attentes, en un petit voyage et ceci quelle que fut la profondeur de mon désenchantement en la rencontrant de nouveau.

Sa présentation ramène Sacha de Lansey sur le devant de sa scène. Je ressens une vague jalousie, complètement mal placée mais je suis comme ça. Jaloux. Puis ça part. Finalement, je trouve que c’est une belle relation, très respectable et parfaitement saine, malgré ce qu’ont pu en dire les journaux. A leur décharge, ça reste intriguant une homosexuelle qui tombe enceinte de l’homme qu’elle appelle son yang et qui la voit comme une Alma Mater. Et puis à l’époque, c’était pas n’importe qui, c’était Sacha, le plus grand queutard de Poudlard, monsieur bad boy made in Serpentard, l’homme qui dégaine plus vite que son ombre, et j’en passe. Les commentaires outrés ou envieux des joueurs dans les vestiaires du Quidditch en faisait ce genre de type dont on parle tout le temps, que ça soit en bien ou en mal. Rien à voir avec le papa modèle d’aujourd’hui, mari aimant guidé par ses idéologies.
Je ne jalouserais jamais le père de son enfant mais, comme elle le dit avec ce regard de ouf quand elle parle de lui, d’eux, je crois que face à ce lien qui les uni, il serait difficile de trouver sa place auprès d’elle.
Qu’elle place (supportable) y aurait-il à prendre dans sa vie? Mettons de côté le fait qu’elle ne soit pas attirée par les gens de mon sexe, qu’elle soit déjà en couple et doublement mère... tu vois le topo? Bah moi j’ai aucune envie d’être son ami à défaut de toute autre chose. Je suis pas et je serai jamais un pote et de toute manière quand un mec craque pour une fille, il est complètement incapable d’oublier son attirance au bénéfice d’une amitié. Ca serait hypocrite de le croire. Ca reste toujours dans la tête, quelque part.
Toutes ces réflexions confortent un peu plus dans l’invalidité de mes espérances et le bien fondé qu’une fin de journée et une nuit, seront tout ce qu’on pourra vivre dans ces conditions. C’est relou, hein? Mais c’est peut-être ce genre d’accident qui fait que la vie vaut la peine d’être vécu. La vie, ou ce terrain perpétuel de luttes et de remises en question.

En tout cas, dans tout ce portrait, je retrouve avec joie l’armature de la vie de Norah. Ce qui me rassure vaguement. Elle ne m’a pas complètement trompé, elle a gardé l’histoire, elle a juste oublié de me raconter certains passages... les sentiments, c’était Norah. La vie, c’était Elinor. Norah comme une vision idéalisée et complètement paramétrée pour moi par Elinor. C’est dégueulasse et c’est gentil à la fois. Un sourire m’échappe. Je sais pas pourquoi... peut-être parce que soudain je repense à ces instants, comme tous les efforts déployés dans le restaurant pour n’être pas moi alors qu’elle savait qui j’étais, ou à me manipuler gentiment en me déguisant en touriste, ni vu ni connu. Tout prend petit à petit son sens. Finalement, ça partait vraiment d’un bon sentiment. Même si, moi, là, je m’en fous des bons sentiments puisque je ne veux qu’elle.

Pour fuir son regard, je me redresse et m’accoude au petit parapet devant nous, contre la vitre. Me raconter, demande-t-elle. C’est marrant... mais je joue le jeu. Après tout, moi aussi je lui ai dissimulé certaines choses. Même si ces choses étaient écrites dans la presse, moi, ma bouche à la con, on lui a menti aussi d’une certaine manière.

- Je m’appelle Elliot O’Malley. Ulysse est un ami.

Pause, sourire. Reprise.

- Après des études plutôt brillantes à Serdaigle, pendant lesquelles j’étais capitaine et batteur. Au grand désarroi de mes parents, j’ai été repéré par un agent artistique à la fête de fin d’année et il m’a proposé une autre vie. J’ai accepté... je ne me souviens plus pourquoi... peut-être parce que je trouvais formidable de pouvoir gagner ma vie en faisant ce que j’aime, à savoir danser et chanter. J’avais une petite copine à cette époque. Notre histoire s’est noyée dans le gouffre de ma célébrité naissante... on n’a pas su prendre le virage. Pourtant, Jay et moi, nous étions comme les deux doigts de la main. Son grain de folie, son égoïsme assumé, sa témérité et sa combattivité, sa beauté aussi m’ont toujours tenu au respect. Ses plus belles armes... C’est elle qui m’a laissé tomber... je crois qu’à l’époque elle pensait qu’elle allait me ralentir dans ma progression, elle ne trouvait plus sa place au milieu de ce qui m’arrivait et quand je suis revenu de la tournée en première partie des Bizarr Sisters, nous nous sommes tout simplement perdus de vue. Elle pensait me soutenir en sacrifiant notre relation au bon vouloir des nécessités de ma carrière, moi, j’ai pris ça pour un abandon.

Soupir d’amertume.

Je sais que tout ce que je lui raconte, il y a une chance sur deux pour qu’elle le sache déjà ou l’ait déjà lu dans tel magazine ou page GMC mais c’est bien aussi de le dire soi-même. Au moins la source ne fait pas de l’intox.

- Deux ans plus tard, je suis devenu Elliot O’Malley-tu-peux-plus-faire-trois-pas-dans-la-rue-sans-provoquer-une-émeute.

Auto-dérision désabusée. Je reviens dans mon siège et lui offre un sourire fier apporté sur le pas de ma bouche par ces réminiscences amusantes.

- Jay a trouvé le moyen de m’atteindre, brisant tous les systèmes de sécurité de mon hôtel et de ma horde de cerbères. Nous nous sommes remis ensemble juste avant Bad Timing... Comme beaucoup de femmes, elle a pactisé avec l’Opposition quand avoir un enfant sorcier était encore impossible. Je voulais désespérément un enfant, elle n’en voulait pas... et pourtant. C’est ce que j’aimais chez elle, sa folie. J’avais besoin de cette fraîcheur et de sa spontanéité dans ma vie parce que j’avais tendance à oublier que la vie pouvait fun et simple. J'aurais jamais pensé que c'était cette spontanéité qui nous séparerait. J’étais tellement heureux quand elle m’a appris qu’elle était enceinte, je ne me suis pas posé de question. Elle n’a pas eu le cœur à me dire qu’elle avait négocié en échange de cette heureuse nouvelle. Plus tard, j’ai été tellement furieux quand je l’ai appris! Comme si j’allais aimer moins un enfant sous prétexte qu’il était cracmol! C’était un peu avant New-York... notre relation s’est désagrégé après sa révélation. Ca a pris des proportions dramatiques quand elle a perdu notre enfant dans des circonstances que, malheureusement, je ne peux pas te raconter par respect pour elle... il allait arriver à terme. Il ne restait qu’un mois. Je suis écœuré de cette histoire, Elinor.

Il me semble que c’est la première fois que j’en parle. J’ai refusé toute interview à ce sujet. J’ai laissé faire les qu’en dira-t-on. Je n’ai même rien dit à ma famille ou à Doherty. Vais-je accuser le coup?
Non. J’ai envie de changer de sujet. Très vite. J’ai envie d’être Happy O’Malley, pas Therapy O’Malley.

Le chemin se fait et de confidences en petits rires volés, je finis par oublier qu’on n’est plus à New-York, que j’ai proposé à Elinor de passer la nuit avec moi et qu’un jour, j’ai été malheureux ou que je lui en ai voulu. Ca ressurgit de temps en temps quand au hasard d’une anecdote on se rend compte de la différence entre ce qu’on s’est dit à New-York et de ce qu’on se dit maintenant.
Il y a néanmoins une constante que je ne parviens pas encore à dominer, c’est l’attraction physique que j’éprouve.
Je la soigne en me foutant gentiment de la gueule des passants à travers la vitre quand ils me reconnaissent et font des yeux tout ronds, en blaguant sur els trucs de la vie, en la taquinant d’une phrase à l’autre lorsque je l’appelle la psychorigide:
« quoi t’aime pas le rouge? de toute façon t’es psychorigide alors c’est pas étonnant », « quoi?! t’as trouvé mon dernier film à chier? M’en fous, je te crois pas, t’es psychorigide, les psychorigides aiment pas le cinéma de toute manière »... un n’importe quoi gratuit comme si la psychorigidité pouvait être la source de tout et expliquer tout.
Il va d’ailleurs falloir que j’arrête sinon elle va finir par me croire.

De plus, accepter de rester avec moi jusqu’à demain matin malgré les circonstances, démontrent qu’elle ne l’est pas totalement... elle se lâche un peu.
Je ne veux même pas savoir quel bordel ça va créer dans son couple. C’est chacun dans son camp et pour l’instant, Rachel est dans le camp adverse. Oui, madame.

Nous arrivons à Baker street, devant l’immeuble de l’ASA. Juste avant qu’on rentre deux jeunes sorcières de dix huit ou vingt ans nous sautent dessus avec deux feuilles de parchemin :

« Omaaaaaaaaaaaaaaaaa! un autographe s’il te plaîiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit »
« Oh qu’il est beauuuuuuuuuuuu »

(Pour les fan, je suis toujours beau avec plein de uuu et je m'appelle Oma avec plein de aaa. Une musique saugrenue à laquelle on s’habitue jamais vraiment)

Je sors mes mains de la poche pour attraper plume et parchemin. Elles sautillent, elles minaudent, elles me bouffent des yeux, elles sont sur le point de pleurer, elles aimeraient me poser cent questions mais ne savent que dire « oh la la la, j’y crois pas, oh la la, j’y crois pas! Omaaaaa! », ce qui me va très bien car je n’ai pas réellement envie de faire la conversation. Je trouve néanmoins le baptême très amusant pour Elinor et moi. Ni l’un ni l’autre n’a besoin de faire celui qui ne comprend pas ce qui se passe, ou d’aller faire du shopping-minute pour se travestir en quelqu’un d’autre. Il suffit d’attendre que ça passe et ça finira par passer...

Je leur demande leurs prénoms pour signer les autographes; il y a la plus jeune qui tourne presque de l’œil quand je le prononce - non mais des fois, je te jure - je reste gentil et patient. Je ne me moque pas parce qu’elles font partie des personnes pour lesquels je travaille, plus que la maison de disque ou les journalistes. Je ne suis jamais agacé par mes fans. Ils font partie de mon paysage et de ma vie quotidienne désormais.
Je leur rends leur papier et je prends Elinor par l’épaule pour leur montrer que, maintenant, c’est bon, je vais y aller.
Elles essayent de tirer sur la corde. Elles réclament un bisou. Je soupire en souriant et je lâche Elinor doucement. Je fais un bisou à chacune en les prenant dans mes bras pour les saluer. Elles se remettent à sautiller en faisant des « oh la la la la » exagérés. Cette fois, j’attrape Elinor avec plus de détermination et nous tournons fissa le dos aux deux jeunes filles pour entrer dans l’agence le plus vite possible.


gary adamsAmusé, tout en prenant l’escalier qui mène directement au bureau de Gary sans passer par l’accueil, je lui commente avec espièglerie et détachement:

- C’est une ou deux fois par jour, comme les potions contre les maux de tête. Mais on s’habitue.

Je ne compte pas m’excuser. C’est exactement ce que je voudrais qu’elle accepte et qu’elle voie dans ma vie. Tout en comprenant que ma vie est vivable, que ma vie est un choix.

L’immeuble appartient à l’ASA. Chaque étage est une suite de bureaux et d’open spaces. A cette heure-ci, il ne reste plus grand monde mais Gary bosse souvent très tard. Il nous reçoit vite.

Je lui présente Elinor, il me demande d’emblée si c’est ma meuf:

- Non, j’aimerais bien mais c’est juste Elinor Redgrave, ancienne Serpentard, fais-je pour taquiner Elinor indirectement tout en lui tirant un siège afin qu’elle s’assoie à côté de moi en face de Gary pendant notre entretien. La discussion est courte, il me parle du projet de real tv. A la fin de ses explications, je lui dis que je vais y réfléchir, je ne vois vraiment pas à quoi ça sert mais il a l’air de trouver le principe cocasse. Ca serait la première fois que stars sorcières et moldues seraient filmées ensemble H24. Ouh la. H24? Je dois réfléchir, je lui dis de nouveau. Il est hors de question de signer sur un coup de tête. Il me laisse deux jours.

Gary a l’air de trouver notre relation, à Elinor et à moi, « intéressante ».
Dans son esprit d’agent artistique tracassé, je devine à peine à quoi il songe. Le lien est facile à faire. Si moi, je suis un gros naze et que j’ai mis trois mois avant de remettre Elinor, lui, les visages et l’info, c’est son job. Il sait tout de suite de qui il s’agit. Et il fait le rapport avec une des actrices avec lesquelles il bosse... Charlotte de Lansley. Il n’en dit rien mais son petit sourire égayé rayonne comme un « Par merlin! Que le monde est petit et que tu es en train de faire une connerie, Elliot! » Est-ce vraiment un warning dans son regard quand il nous dit au revoir en insistant bien sur le « soyez sage »? De toute évidence, il surestime mon potentiel attractif.

- Mais que t’es lourdingue, lui dis-je blasé.

Il ne se formalise pas. Il me prévient de manière subtile que sortir avec la mère de l’enfant de l’Amiral ça va faire parler les gazettes et qu’en ce moment, ce n’est pas ce qu’il me faut.

Mais j’emmerde ce qu’il me faut. Enfin pas tout à fait... de toute façon, ce qu’il me faut ne veut pas de moi. L’un dans l’autre, Gary et ma carrière s’y retrouveront sans doute.

De nouveau dans la rue, j’enfonce mes mains dans mes poches.

- Transplanage au studio?... tu me diras ce que tu penses de cette histoire de télé réalité. C’est complètement fou de filmer quelqu’un dans sa vie quotidienne alors qu’il doit traverser des épreuves mise en scène par une production. Tu aimes quoi au cinéma et à la télévision? je lui demande curieux tout en marchant sans direction précise. Lui laissant le choix du mode de transport suivant.









Gary Adams
anglais
né le 29/05/1983
à Londres
marié un enfant
1m80
stature normale
yeux marrons
cheveux bruns en bataille
style chic, costard sans cravate
agent artistique et attaché de presse
habite Londres, rarement chez lui
son seul hobby c'est son boulot

gary a un problème, c'est les autres. les gens l'insupportent. qu'ils soient vampires, sorciers, elfes, dieu ou président de la république, il se fiche de tout et de tout le monde. il ne porte dans son coeur ou dans son estime que quelques personnes qui ont pu l'épater. mais la seule chose qui compte c'est lui. il aime réussir, il aime sa vie, il adore manipuler et mener son petit monde à la baguette. il n'arrête pas de critiquer les autres ou de les vanner. c'est son grand passe temps. mais ça ne veut pas dire qu'il n'est pas sincère ou capable d'aimer. il est seulement extrêmement exigent et imbu de sa personne. plus que sincère, il est franc mais sa franchise manque de diplomatie. cherchant toujours a être le mieux loti possible, il peut retourner sa veste très rapidement, il se mettra toujours du côté de ses intérêts ou du plus fort. il n'a aucune morale, ne ressent rien pour pratiquement personne et qu'il soit en face d'une créature non-humaine ne changera rien à son opinion. il sous estime perpétuellement les autres. à son avis, les gens ne servent à rien, les animaux ne servent à rien, la société a perverti les hommes et il compte profiter des pires côtés de tout pour les mettre à son avantage. tout le monde n'utilise que 10% de son potentiel et ça l'énerve. s'il tombe sur une perle rare, il saura en tirer profit, et peut-être même se lier. c'est pour cette raison entre autre qu'il aime son métier. il est sans cesse à la recherche de personne extraordinaire. c'est l'agent artistique et sportif le plus prisé de la place. il travaille dans un cabinet d'agents (agents sorciers associés - ASA) ce qui le pousse à voyager et à rencontrer un maximum de gens. (...) sa seule religion, c'est la liberté. filou et très doué dans l'art d'amener les gens où il veut, c'est un séducteur dans l'âme et qu'on l'aime ou pas, il s'en fout comme de son premier contrat.

♣ Dans son métier: "Sa spécialité était la découverte de talents et leur promotion à l'étranger. Il avait un portefeuille de gros clients mais l'homme préférait de loin ses quêtes perpétuelles de la jeune et impressionnable perle rare. Les nouveaux sportifs ou artistes avaient toujours tellement peur de faire un pas de travers qu'ils l'écoutaient sans rechigner. Ses méthodes étaient subversives mais elles fonctionnaient. Il ne fallait pas avoir froid aux yeux pour faire ces métiers. Si Gary sentait de la tiédeur, il refusait le contrat. Quelle que soit la star. Les mous ou les incapables, très peu pour lui." (Pyrrhonisme)

Son catalogue

Les sportifs: (...)

Les chanteurs / acteurs / Réalisateurs: (...)

- Elliot O'Malley. Après avoir jonglé entre plusieurs agents, Gary a fini par approcher Elliot et devenir son agent artistique. (janv 2013)
- Charlotte de Lansley (janvier 2013)
- Les Bizzarr Sisters. (fév 2010)
(c) Biographie de Gary Adams






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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Sam 2 Juil - 20:01

Je comprends. C'est bizarre mais le fait qu'il rajoute mon prénom - le vrai cette fois, pas comme à New-York quand il lui arrivait de me faire des confidences - rajoute la pierre angulaire à ma réflexion pour la parachever comme la plus belle des voûtes. Je me sens dégueulasse. Tout ce que j'ai pu faire là-bas partait d'une bonne intention. Je savais que je mentais mais je le faisais dans un but honorable en pensant que jamais je ne le reverrai, que je pouvais lui offrir un bon moment autant que je le faisais pour moi. Quel égoïsme insupportable! Est-ce que je me prenais pour Merlin?

Tout un tas de questions harcelèrent mon esprit et firent évanouir le peu de sourire qui avait pu s'accrocher et résister jusque là... Je me trouvai subitement digne de l'égocentrisme de Jay et rabaissée à la pire des harpies du Chemin de Traverse. Je l'avais trahi comme elle l'avais fait. Il avait des sentiments pour Norah. Je l'avais rendu malheureux.

Fort heureusement pour moi, il changea d'air, virevolta et sur une pirouette savamment exécutée en bon Serdaigle, la discussion prit un ton beaucoup plus général. Il me parla des autres artistes branchés du moment ("Comment peux-tu écouter ce foldingue sans te déchirer les tympans?", "Ben je sais pas, c'est comme ça."/ Non, j'aime pas le rouge, ça fait trop flash et m'as-tu vu comme couleur. Ah, c'est p't'être pour ça que t'aime ça Elliot..."/ " il est à chier ton film, oui. De toute façon j'aime le vrai cinéma, le cinéma moldu. C'est ça la vrai magie pour eux.". ) J'arrivai à la fois à me raidir comme il le fallait pour assumer ma psychorigidité et rire à la fois. Heureusement, ça faisait passer la pilule...

Un coup de poing dans l'épaule clôtura la séance.

- Arrête de m'appeler la psychorigide. C'est pas vrai. Ou peut-être juste un petit peu... à peine. Sourire voilé empli d'un certain malaise.

Dans le bus les voix s'élevèrent autour d'eux et suppléèrent Elinor pour meubler leur silence en attendant leur arrêt. Elle ne pouvait pas faire comme Elliot et évoquer un sujet quelconque pour faire causette. Non. Dès lors, la descente du bus sonna comme une délivrance et les mètres qu'ils avalèrent effacèrent auprès d'Elinor l'inconfort qu'elle avait connu quelques minutes auparavant...

A vrai dire, les sourcils d'Elinor mirent quelques minutes à retrouver une position normale sur son visage. Voilà ce à quoi elle avait échappé à New-York. Intéressant, empirique, rafraichissant... L'envie de rire la saisit mais elle ne se sentait pas le droit d'y céder de peur qu'Elliot ne s'en offusque (à juste titre sans doute). Elle attendit sagement en se demandant si elle avait jamais été de cette sorte... Non, évidemment. Et à cet âge en plus elle était déjà mère. Elle attendit patiemment. "Connaissent-elles l'existence du "e" ou du "u"?" se demanda-t-elle ironique. Ce n'était pas méchant, plutôt amusant. Elles étaient adorables et ingénues, si innocentes!

Ils franchirent enfin les portes de l'immeuble. Elle salua Gary en avalant de travers la remarque d'Elliot.



J'aime bien ce Gary. Mais son projet de real TV est complètement siphonné. C'est démago, populiste, voyeuriste et sans intérêt. Et puis Elliot, comment supporterait-il... Non arrête ça. Une fois ça t'a suffi. ça le regarde, pas toi. J'écoutai patiemment en laissant mon regard parcourir la pièce qui nous accueille. Jamais je n'ai jamais aimé les open space. Fort heureusement mon métier me donne la chance de travailler dans un bureau qui m'est propre. Ces endroits sont trop impersonnels à mon goût... Mon observation continua. Je n'attachai que peu d'importance à leur conversation jusqu'à ce que je m'aperçoive qu'elle me concernait indirectement. Finalement il était bien ce Gary! S'il pouvait me faire sortir du cœur d'Elliot avec son "Soyez sages!" Il avait saisi beaucoup de choses en très peu de temps... Il connaissait bien son client...


Le transplannage s'effectua rapidement. Le studio avait quelque chose de solennel pour la jeune femme qui ne savait où donner de la tête. Des instruments, une immense vitre adossée à une large console devant laquelle trônaient deux fauteuils en cuir au confort manifeste. Il y avait là quelques personnes: musiciens, ingénieurs du son et d'autres aux tâches beaucoup moins évidentes pour Elinor. Elle les laissa travailler en repérant derrière la vitre un piano droit. Il n'y avait personne de l'autre côté. Elliot et ses amis étaient à la console et écoutaient une version sophistiquée d'une chanson de son futur album. Témoin privilégié de cette effervescence artistique, elle se rangea poliment dans un coin et se contenta d'écouter avec eux. Quand la version finale fut retenue, les gars se levèrent tous ensemble et se saluèrent. Certains virent lui demander son avis tout en se demandant qui elle était pour la vedette. Elle répondit aux sollicitations avec amabilité et retint Elliot par la manche avant qu'il ne se dirige lui aussi vers la sortie.

- J'ai beaucoup aimé. Ceci dit... Il manque quelque chose sur cet album. Bon, ce n'est pas dans le style global mais... Si tu me le permets, j'aimerais te montrer si possible. Reste derrière la vitre.


Elle se tourna non sans lui donner un regard malicieux et poussa la porte pour profaner avec délice ce haut lieu d'initiés... Tout en s'installant à son aise sur le tabouret qui l'attendait, elle sortit sa baguette et ensorcela deux pinceaux qui s'agitèrent sur une batterie retirée dans le fond de la pièce. C'est alors qu'elle se mit à jouer cette mélodie qui s'était habillée d'une drôle d'histoire chez elle. Le son qu'émettait ce piano était de bien meilleure facture que celui qui habitait son salon...



A l'issue de la chanson elle prit une longue inspiration et daigna tourner la tête vers lui gênée d'avoir repris cet air et ses paroles sans son consentement, de manière si jazzy qu'elle se demandait s'il ne s'en offusquerait pas. Elle en avait fait sa propre interprétation, celle qu'elle jouait avec son Elliot le soir devant le regard interrogatif de Rachel qui se demandait toujours de quelle chanson il s'agissait.

- C'était juste ma propre version. Je n'ai jamais oublié ce moment.. dit-elle protégée par sa vitre.
Elle se leva pour rejoindre la vitre sans néanmoins franchir la porte. New-York était dans une bulle et elle l'avait rejointe le temps d'une chanson. Elle avait grand peine à la quitter à nouveau, sa protection était trop douce. Elle regrettait tellement l'insouciance de cette foutue Norah.







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Elliot O'Malley
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MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Dim 3 Juil - 11:29

Ca serait égoïste de lui demander de me mentir? Mens-moi, redeviens Norah. Elle me manque Norah. Je t'aime bien Elinor mais quand je te vois assise derrière ce piano, c'est Norah tout entière qui frappe à mes pupilles. Pourtant, je voudrais tellement l'oublier, m'habituer à l'idée qu'elle n'est qu'un mirage et que tu n'es que toi, Elinor. Ca pique les mirettes, ça donne envie de chialer. Ma cage thoracique est sur le point d'exploser sous la pression, la douleur. Une boule dans la gorge et l'amalgame de mes sensations me ramènent dix ou quinze ans en arrière quand j'étais môme et que je n'y comprenais rien à la douleur, aux peines de cœur perdues, que je subissais l'affliction sans comprendre.
C'est insupportable de n'être pas avec elle. Je sais bien qu'elle ne me veut rien de mal mais chaque geste, chaque sourire d'elle, me ramène trois mois en arrière et mes souvenirs me martèlent sans cesse le cerveau des mensonges adorables qui m'ont fait tomber pour elle. J'ai mal.

- Sortez, je soupire entre mes dents à mon équipe.

Ils me regardent interloqués. Ils ne comprennent pas ce qui se passe. C'est quoi ma tête de six pieds sous terre? C'est quoi cette chanson? C'est qui c'te fille qui m'assombrit si soudainement. Est-ce que mes yeux sont rouges? Ont-ils bien vu? Non... c'est de l'énervement. Un murmure: "Énervement? Non... y'a un truc entre eux...", "Chut... regarde, il a l'air fâché".
Silence de plombs dans la cabine. Ils n'ont pas dû me voir souvent dans cet état. Comme ils n'obéissent pas assez vite à mon goût, sans le vouloir, je pousse la voix.

- SOR-TEZ!


Ca s'active enfin. Ca prend son manteau, ca me tape sur l'épaule, ça me dit à demain, à plus tard. Ca se vide très vite et, derrière la vitre, Elinor termine de jouer au moment où la porte du studio se referme sur Alex derrière moi.

J'ouvre la porte après avoir essuyé mon visage. Je la découvre, là.
Pas parler. Pas crier. Pas pleurer. Etre seulement là et lui ouvrir la porte.
C'est un effort monumental de pas avoir envie de brailler "qu'est-ce que tu fous? A quoi tu joues? Tu veux me rendre fou?" Elle pense que j'ai assez de discernement pour faire la part des choses? Non. Je me soigne pas à pas. Mais elle me file un coup de massue à chaque fois que j'essaye de ravaler une des fissures de mon cœur. Comment tu veux que je tourne la page, comment tu veux que je me soigne du mal d'elle si elle insiste?
Je sais, je sais, que c'est pas voulu. Mais comment veux-tu? Moi, c'est ce que je ressens: du sang dans la plaie qui s'écoule au moindre sourcillement, au grain de sa voix, à l'effleurement de nos peaux, aux souvenirs heureux et contrefaits, aux taquineries, à une complicité surfaite dont je ne sais même pas si elle est sincère ou habile.

Je l'embrasse sur le front et je la presse contre moi. Sans rien dire, sans prévenir.
C'est tout ce que mon cœur me dicte.
C'est ça ou c'est les cris et le déversement d'interrogations, de doutes, et de douleurs.

- C'était juste ma propre version. Je n'ai jamais oublié ce moment..
- Okey, je lui dis.

Ce n'est ni un merci (car je lui dis vraiment pas merci), ni un "il fallait pas" (car je ne sais pas s'il fallait ou pas). C'est rien. C'est un okey. Un d'accord. Un acquiescement. Un rien du tout.
Hors de question que le morceau apparaisse sur un album. Cette chanson est à nous. Je ne la vends pas, je ne la partage pas. Je la garde pour moi.
J'ai pas la force de commenter ce que je ressens, j'ai pas le force , même d'avoir envie de lui expliquer qu'il faut qu'elle arrête ça. J'ai pas le courage de lui dire "rentre chez toi, je veux plus te voir, c'était une erreur de venir te voir". J'ai plus la force de penser. Je crois que de minute en minute je l'aime un peu plus.
Quand je me crois soigné par Elinor, Norah apparaît. Quand Norah apparaît, c'est Elinor qui me fait sourire. Elle commence à faire une seule personne et ça me fait flipper parce qu'il devient de plus en plus dur de vouloir m'en débarrasser.

Je la relâche. Sourire énervé et déconcerté. Je glisse ma main dans la sienne.

- Dîner, je dis. On se tire.

Partir.


Trois quart d'heure plus tard, mon coup de chaud s'est atténué. Nous sommes repassés par la maison où j'ai pu me changer et prendre une douche, laissant quelques instants Elinor en tête à tête avec le couple d'elfes de maison. Je les ai jamais connus aussi sage. Ils ont pas arrêté de dévisager Elinor avec un petit air circonspect. Ils avaient enfin en face d'eux, la jeune femme qui m'avait retourné la tête.

En réapparaissant sur le palier du salon presque vide (les meubles sont drapés, les tableaux sont au sol, il n'y a que ma guitare et un vieux piano à queue blanc qui vivent à l'air libre), je pense avoir revêtu une armure plus solide que la précédente. Je peux pas me laisser briser à chaque regard.

- Je voudrais déménager mais j'y arrive pas, je commente en lui désignant les alentours tout de blanc vêtu. Small talk pour noyer le poisson. J'ai pas le temps non plus... j'ajoute en m'approchant d'elle. On dîne où tu veux... et encore... si tu préfères rentrer chez toi, je ne te retiens pas.

Ma voix est douce et détachée. Aucun reproche dedans. C'est presque une invitation déguisée. "Je t'invite à me laisser seul parce que, moi, j'arriverai pas à te le demander franchement."
Le tintement lointain d'une horloge de la maison sonne neuf coups. Il est neuf heures du soir.

Les deux elfes nous saluent et s'empressent de transplaner pour aller, entre eux, compatir à la désolation si visible de monsieur Oma. J'ai l'impression que ma gueule est l'horrible miroir de mes désirs. J'aime pas mentir mais j'aime pas non plus offrir les missiles à mes ennemis. Lire en quelqu'un comme dans un livre ouvert prend tout son sens quand on voit ma tête. Détendu, ouais, mais toujours habité par cette mélancolie saupoudrée de résignation. J'arrive pas à effacer.







21 ans
Sing Sing
Irlandais
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Elinor Redgrave
● Espionne ●


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Habitation : Montpelier Street, Westminster, Londres
Occupation : Avocate/Apprentie diplomate
Signature : Moi
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Date d'inscription : 04/05/2007
Coup de coeur : 56
Gallions : 7391

MessageSujet: Re: Je suis, il est, elle est   Jeu 28 Juil - 7:44

Retard à l'allumage. Encore.

Tout ce que je voulais faire pour lui prenait à chaque fois un sens totalement incongru et stupide eu égard aux sentiments qu'il avait pour moi. "Putain!" me dis-je tandis que mes doigts se crispaient sur ses vêtements, "le reste de la soirée va être horrible." Pour l'une des rares fois de ma vie je ne savais pas comment m'extraire de cette situation dans laquelle je m'étais moi-même follement fourrée. Derrière la console il me sembla voir apparaître un sourire digne de la salle Verdi. J'étais perdue. Je subissais les évènements plutôt que de les contrôler, ce qui pour pour moi est la pire des choses. Je voulais le repousser, fuir, me glisser hors de la pièce comme un vulgaire serpent plus faible que ce qu'on croît... Heureusement qu'il me lâcha et n'en rajouta pas.

Le transplannage me laissa une vague envie de vomir. Je me rappelai ces jeunes groupies croisées un peu plus tôt. Elles m'avaderaient si Elles savaient. Aller chez lui, dîner en tête à tête, quand lui même a des idées derrière la tête... Il te fallait quoi Elinor? Les lunettes de Trelawney pour mieux te rendre compte?

Deux elfes me tinrent compagnie, charmant au demeurant mais un peu chiens de garde, Heathcliff en particulier. Il me fallut ruser pour arriver à le dérider un peu. Boulebilote me posa moins de problèmes. Parler un peu français appuyer sur l'élégance et le raffinement de son pays d'origine n'était pas trop difficile.

- Si l'occasion m'était donnée de nous revoir, j'aimerais beaucoup vous présenter Twisty.
- Un elfe ne travaille pas, il sert Madame.
- Non, non. Twisty travaille pour moi. Je le paye, le loge et l'habille de mes anciens uniformes de Poudlard. Il est très pointilleux sur son apparence. Je suis sûre que vous l'apprécieriez.
- Un progressiste! grimaça-t-il.
- Non, libéral dans le sens premier du terme.
- Je vois. Cela promettrait d'intéressantes conversations...
- Je n'en doute pas.

Leur maître réapparut, rafraichi. Il avait la beauté des artistes maudits maudits, ceux dont la douleur habille l'aura et exalte la grâce. Et là, des relents de "aaaaaa" remontèrent à la surface. Je le vis soudain submergé par une horde d'adolescentes débordantes d'hormones...

- Je voudrais déménager mais j'y arrive pas. J'ai pas le temps non plus...
"Ah".
On dîne où tu veux...
"Ah?"
et encore... si tu préfères rentrer chez toi, je ne te retiens pas.
"Arf..."

Je perdis mes deux presque amis elfes en quatre phrases de leur maître et finis de me noyer dans une mer de "a" vierge d'hormones. Intriguée et attirée par cet homme qui n'avait rien d'une sirène. Il m'attirait autant que je voulais ne plus le voir. J'avais autant envie de le prendre dans mes bras que de le repousser et fuir.
Que m'arrivait-il? Où c'est qu'y avait un mât que je m'attache? Ma baguette glissa le long de ma manche jusqu'à ce que ma main droite la saisisse. En un quart de seconde elle était pointée sur lui. C'était facile, vraiment lâche et bien commode. Une seconde plus tard il aurait tout oublié et fini de souffrir... "Obvl...". Lâche. Changement de direction. Pourquoi je peux pas être une salope comme les autres?



- Evanesco.

Les draps blancs disparurent et la pièce parut revivre instantanément.

- Si j'écoutais ma lâcheté je me tirerais. Tu m'as demandé de passer la soirée avec toi, la nuit même, et je vais le faire. Anyway, il me fallut m'asseoir pour la suite. Un large fauteuil m'accueillit avec bienveillance. Malheureusement, nous n'y arriverons pas tant que tu continueras à ne voir que la part de moi que je t'ai montrée à New-York, et tant que tu ne sauras pas exactement ce que je ressens pour toi. J'allais lui faire mal, encore. Mais il fallait que je le lui dise à haute voix pour l'aider à commencer à tourner la page. Je pris une lente inspiration en évitant son regard.

J'éprouve pour toi des sentiments les plus contradictoires. Je t'apprécie, tu es une belle personne, loin de ce que les média peuvent laisser transparaître. A cet égard je te conseille d'oublier très vite cette idée de real TV. C'est indigne de ...

La large fenêtre située derrière moi éclata en milliers de morceaux dans un grand fracas et se répandirent au sol. Quelques éclats vinrent se ficher dans mon fauteuil, me protégeant par là même. Deux bruits sourds suivirent, puis des bruits de pas et un rire aigu reconnaissable.

- J'ai toujours eu un certain goût pour les entrées fracassantes... Mordred Cornfall rajusta sa lourde cape de velours vert et afficha un charmant sourire. Et l'ordre... Reparo!

Une nuée d'étoiles plus brillantes les unes que les autres prirent leur envol pour regagner le cadre de la fenêtre, et petit à petit, reformèrent la glace sans laisser aucune trace des dommages antérieurs. Mordred prit la parole de sa voix la plus froide et la plus monotone. J'étais toujours de dos, blottie dans mon fauteuil, muscles raidis par la conversation qui m'attendais.

- Bonsoir.
- Mordred? Que fais-tu ici?
- J'observe. Ce soir ma chère sœur tu vas tout perdre. Quand je quitterai cet endroit, tu seras en route pour ta déchéance.
- Déchéance?
- Oh oui. Je suis persuadé que tu n'es pas franche dans l'ordre et que tu n'y joues qu'un rôle à la solde de la Résistance. Antarès est peut-être naïf, mais je ne le suis pas.
- Tu oses dire que le Maître est naïf? Mais qui es-tu Mordred pour juger notre Maître à tous!
- Je suis un haut gradé, je suis un proche, depuis ses débuts. Toi tu n'es là que depuis... quoi? Trois mois?
- Et j'ai donné des gages de mon engagement, autant que toi.
- Ah oui! Au prétoire? Protégée par une robe noire?
- Oui je défends les nôtres. Mais je suis surtout allée sur le terrain, au Costa-Rica. J'ai fédéré les réseaux, j'ai risqué ma...
- Misérable vie, mais je ne suis pas dupe. Tu fais ça pour le pouvoir, l'argent, la gloire, et ... Sacha De Lansley.
- Je fais ça pour les idées... et ça ne m'empêche pas d'avoir de l'ambition. Je suis une ancienne Serpentard, comme toi, les serpents ne font pas des aigles, Mordred. Et au cas où tu n'aurais pas remarqué, Sacha a rejoint notre cause.
- Alors c'est ça? Tu veux ma place!
- Mon pauvre frère. Je n'ai pas besoin de ton grade pour prouver à Antarès qu'une Redgrave vaut mieux qu'un Cornfall...
- Pauvre folle! Tu vas tout perdre. Antarès a confiance en moi

J'étais toujours de dos, enfoncée dans mon fauteuil. C'était le moment. Il arrivait plus tôt qu'attendu.

Les paroles de Sacha remontèrent à ma mémoire.
Spoiler:
 

- Désolé M. O'Malley, je m'occupe de vous tout de suite.

Les pas s'approchèrent de moi jusqu'à ce que je sente la pointe de la baguette de mon frère sur ma tempe. Il murmura l'incantation attendue. Mon regard se vida et ne fixa plus rien. C'était la première fois que je devais jouer ce jeu de dupes sans ne rien laisser transparaître du contre-sort dont m'avait fait bénéficier Amba. J'aurais tant voulu qu'Elliot ne soit pas là.

- Debout ma sœur. Salue donc ton ami avant de partir en mission.

Mon corps obéit et s'extirpa de mon siège pour avancer vers Elliot. Ma baguette fut tôt dehors et tint mon ami en joue. Mis à part que cette fois, mon regard le fixa intensément.

- J'ai dis saluer! Quelle vipère, je vais finir par croire que tu es vraiment faite pour tuer... Mais on ne se débarrasse pas d'une star sans conséquences! Tu ne tue que lorsque je t'en donne l'ordre!

De dos à Mordred, j'eus toute latitude pour agir tout en feignant être sa marionnette. Je continuai à avancer en tenant Elliot à ma merci et à le faire reculer jusqu'à ce qu'il soit contre le mur. Mon souffle caressait son visage pendant que ma baguette s'enfonçait dans son cou... Un clin d’œil pouvait me trahir, alors qu'un informulé était tout aussi risqué mais invisible aux yeux de Mordred qui avait en
plus de son goût pour ses entrées un sacré penchant pour les sortilèges
de confusion et d'oubliettes.... "Protego amicus". Une vague de chaleur monta de mon poignet, traversa ma baguette et se diffusa dans le corps d'Elliot.

- Suffit! Viens ici!

Je m'exécutai pour revenir à ses côtés le fixant d'un regard absent.

- Tu vas partir pour l'Est End. Bakery Street tu trouveras un pub baptisé "Double sense". Tu y retrouveras Mornay et O'Shea. Ce sont deux de nos espions. La Résistance leur fait à présent pleinement confiance et toi, tu vas les exécuter. Antarès prendra conscience que tu n'es qu'un agent double et il te tuera lui-même, ce qui m'évitera d'avoir à le faire moi-même. Finit-il avec un sourire faisant ressortir toute la folie de son regard. Compris? Quand tu auras rempli ta mission, tu reviendras ici même et tu y passeras la nuit. Au petit matin quelqu'un viendra sonner à la porte et tu ouvriras. Et... Pas de chance, un journaliste du Prophet! Ma sœur fera également les titres des journaux. Elle a toujours aimé les sorciers célèbres M. O'Malley, vous n'y ferez pas exception... Pity... Ensuite, petite sœur, tu comparaîtras devant notre Maître, et ce sera la fin. Échec et mat. Plus d'agent double dans nos rangs, et plus de sœur encombrante.

J'inclinai la tête. Plus que quelques secondes. Il ne lui ferait pas de mal.
Au fond de ma poitrine mon rythme cardiaque s'accéléra, peut-être n'avais-je pas tant confiance en moi que cela...

- A nous deux M. O'Malley. Confundo!

"Pop"

Transplannage direction l'East End.
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