{ What is the date today ? }

N'oubliez pas que l'histoire du forum suit le cours des saisons que nous vivons IRL à J+2 ans.

NOUS SOMMES EN 2017

Donc faites attention à vos dates de naissances et autres dates dans la chronologie de vos personnages.

{ Forum réservé aux membres déjà inscrits }


Le forum n'est plus administré.
Nous n'acceptons plus de nouvelles inscriptions pour le moment.
Pour toute demande de gestion
ouvrez un sujet dans la section réservée aux invités et un membre vous répondra.

{ Invité }

Si tu as cinq minutes
Fais un petit tour du côté du clic

Top Site #1 Top Site #2 Top Site #3 Top Site #4

"Ayez la clic attitude !"


 L'Alternatif :: Les Pays Unis de la Résistance :: Londres ● Capitale des PURs :: Commerces & AdministrationsPartagez | 
 

 Meyer's Mad Stars

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Meyer's Mad Stars   Lun 28 Fév - 21:15


Vendredi 15 Février 2013


Sujet ouvert à tous les membres qui le souhaitent.


Ellias composa une dernière fois le numéro de la baby-sitter en desserrant son nœud papillon. Six sonneries plus tard, il tomba une nouvelle fois sur la messagerie de l'adolescente. Il avait déjà laissé une dizaines de messages, tous un peu sur ce style "Salut Jessica, c'est encore Ellias, ce serait bien de me rappeler, Wesley doit être gardé et moi je dois être à une exposition dans moins d'une demi heure, je suis tout le temps en retard de toute façon alors ce n'est pas grave mais j'aimerais au moins qu'on m'y ai vu avant qu'ils ne ferment les portes. Rappelle moi. Ellias". Mais soyons raisonnable : elle n'arriverait plus maintenant. Alors autant chercher des solutions au lieu de se raccrocher désespérément à son téléphone.
Il raccrocha et avala le fond de son scotch qu'il s'était servi il y a deux heures quand il avait essayé de joindre la baby-sitter la première fois. Il se leva pour rejoindre son neveu en pyjama, installé sur son lit en train de regarder ses cartes de chocogrenouilles, et Ellias aurait presque put jurer qu'il y avait des étoiles dans les yeux de son neveu. Il fila jusqu'à l'armoire de Wesley et attrapa les vêtements les plus sérieux qu'il avait ramené de sa maison de campagne de riche quand il était arrivé un malheur à ses parents et qu'il avait du venir vivre avec son oncle.

• Bon, Wesley, il faut que tu t'habilles en quatrième vitesse, mon p'tit père.

Évidement, il n'eut pas le droit à une réponse puisque celui ci avait encore les yeux rivés aux cartes dans ses mains et à la boite où s'empilaient parfaitement alignées des cartes des grands sorciers de tous les temps. Ce n'est pas possible d'être autant omnibulé par de simples cartes, qui bougeaient, certes, mais ce n'était que des bouts de papiers. Il faudrait qu'il se renseigne pour savoir si son neveu ou si c'était le cas de d'autres enfants. Parce que si c'était le cas, il fallait retirer ces trucs de la circulation, c'était bien trop dangereux.
A situation exceptionnelle s'imposait des mesures draconiennes. Il posa en tas la chemise, veston, manteau, mocassins cirés qu'il avait dans les bras et fila récupérer sa baguette où elle prenait la poussière depuis pas mal de temps. A savoir sur son armoire et retourna dans la chambre de son neveu pour récupérer toutes les cartes d'un Accio toutes les cartes de chocogrenouilles de Wesley. Et eut le droit en retour d'un dé-zombiages parfaitement réussit qu'à des hurlements de mécontentements.
La vie était très dure pour les héros.

• Wesley est ce que tu as entendu ce que je t'ai dit tout à l'heure ? Il faut que tu t'habilles. Jessica ne peut pas te garder donc tu viens ave moi.

• Je suis assez grand pour me garder tout seul, ronchonna t-il en croisant les bras d'un air boueur.

• Dit-il alors qu'il allait rester à observer ses cartes jusqu'à ce que je revienne.


Il fallu encore dix minutes de négociation pour qu'Ellias puisse sortir de son appartement, écharpes dans la bouche, enfilant son manteau tout en dévalant quatre à quatre les escaliers en tirant son neveu qui volait presque mais qui ne semblait rien remarquer puisqu'il avait ses cartes de sorciers préférés entre les mains. Et encore cinq qu'il attrape un taxi, puisqu'il était parfaitement hors de question de traîner un gamin dans le tube de Londres à une heure aussi tardive. Déjà qu'il s'en voulait à mort de l'obliger à sortir le soir un jour de semaine, sans qu'en plus il doive lui faire courir encore plus de risques.

Ellias demanda au chauffeur de les déposer une rue plus loin que la galerie en songeant qu'il aurait eu l'air d'un responsable indigne s'il arrivait avec un enfant de moins de dix ans à vingt et une heures et où l'alcool du mini-bar circulait à flot. Heureusement qu'il y avait une autre entrée, à l'arrière du bâtiment. Bon, il fallait passer dans des ruelles obscures qui retinrent l'attention de Wesley pour signaler qu'il aimait pas être dans le noir.
Chose rare, Ellias n'avait pas oublié ses clefs et ouvrit la porte pour allumer les bureaux Meyer et MacInerty, derrière les murs résonnait la rumeur des invités qui découvraient les tableaux, enfin ceux pour qui ça n'était pas déjà le cas. Car la grande majorité des amateurs d'arts était déjà passée dans leurs locaux à l'ouverture. Ceux qui étaient là ce soir, étaient ceux qui aimait l'art mais sans plus et qui venaient d'entendre parler de cette exposition ou les vautours qui étaient venus en sachant qu'il y aurait des photographes pour immortaliser la dernière exposition avant longtemps de Julian Cavendish avant son départ pour les States.

Une porte s'ouvrit derrière lui, Ellias se releva après avoir déposé son neveu sur son bureau encombré de son bazar habituel qui recouvrait le plastique comme une seconde peau depuis qu'ils possédaient l'endroit. Il avait déjà aux lèvres l'article d'un autre des règlements inventés par sa taré de patron/Co-associée/meilleure amie/ancienne accompagnatrice dans les coups foireux et se racla la gorge en fronçant les sourcils de manière à être assez effrayant quand il dirait en levant la main pour stopper l'intrus en disant "Halte là, seuls les employés sont autorisés à entrer dans les bureaux et se servir des tasses avec les petites fleurs violettes". Mais il se retrouva face à une Victrolla qui semblait passablement énervée et se retient de justesse à énoncer sa tirade sur les droits d'utilisations des mugs à fleurs.

• C'est à cette heure là qu't'arrive toi ?
hurla t-elle presque, se retenant surtout à cause des invités dans la salle d'à côté. Ah, salut Wes ! ajouta t-elle en jetant un regard abominablement interrogatif à l'oncle du gosse. Explications. Tout de suite.

• Allez Vic', la baby-sitter a disparu de la surface du globe, j'allais pas le laisser tout seul en proie aux araignées. Il va rester là et il sera sage. Pas vrai Wes ? Il a ses cartes, alors c'est bon.

Il baissa les sourcils en la regardant par en dessous, il savait qu'il avait une tête de chien battu quand il prenait cet air là, et qu'en général, ça ne faisait que l'exaspéré mais au moins, elle lâchait le coup. Elle soupira profondément en le regardant d'un œil noir l'air de dire "Ellias, tu me fais vraiment suer des fois. Mais je ne suis pas une brute, il peut rester là … Du moment qu'il touche pas aux mugs à fleurs". Bon peut-être pas la dernière partie, mais avec les femmes, on ne sait jamais. Elle se retourna pour retourner dans la salle avant de changer d'avis en atteignant le seuil de la porte pour dire que le noeud pap que portait Ellias était un peu too much pour le coup. Ce à quoi le jeune homme préférait ne rien rétorquer étant donné qu'elle s'était retenue de l'engueuler et qu'il lui aurait directement tendu une fleur pour qu'elle le fasse tout son saoul.
Bref, il sortit juste les briques de laits chocolatées qu'il gardait en cas d'urgence et sortit un mugs sans fleurs pour son neveu, le laissant avec ses cartes en promettant néanmoins de passer pour voir si tout allait bien.

Et après avoir réajusté son nœud papillon, il entra dans la galerie.

Galerie qui était noire de monde, ce qui était presque une première. Les gens devaient vraiment apprécier l'art de Cavendish. Ellias pensa avec satisfaction que les frères Di Angelo qui étaient leurs rivaux depuis qu'ils avaient ouvert une galerie dans leur secteur d'influence devaient les envier beaucoup. Surtout que c'était grâce à Ellias que Julian s'était fait exposé à la Meyer's Mad Stars Gallery. Parce que ce qui était beau avec ces frères qui portaient très mal leur nom, c'est qu'il avait le plus grand respect pour Victrolla mais ils considéraient le jeune homme comme de la boue qui aurait sali leurs beaux mocassins hors de prix.
Ellias parcourut vaguement la salle des yeux et constata avec satisfaction qu'il ne voyait nulle part leurs têtes de vautours dans les parages puis la salle devint silencieuse car se tenait sur une l'estrade qu'ils avaient fait construire exprès pour l'occasion Victrolla et Julian Cavendish devant le tableau le plus connu de l'artiste. Tous les deux avec une coupe de champagne à la main. Heureusement que Wesley n'assistait pas à cette scène de dépravation d'adulte dits "sérieux". Quand Ellias pensait que le petit garçon portait pour son amie un respect quasi-divin. Il avait bien envie de rire. Il n'y avait rien de divin chez Vicky, de maléfique sans doute, mais rien de divin. Loin de là.

• Mesdames et Messieurs, c'est avec grande joie que je vous accueille dans la galerie pour la dernière exposition Cavendish. Car comme vous le savez tous, notre cher Julian nous abandonne pour la grosse Pomme la semaine prochaine. Nous le regretterons mais nous lui souhaitons bonne chance.
Victrolla laissa la foule souhaiter un bonne chance assez hypocrite à l'artiste avant de reprendre. Mais comme vous le savez aussi, nous continuons d'accueillir d'autres artistes, que j'espère autant prometteur que Julian. Donc de ma part et celle de … mon associé… où est-il ? S'interrompit-elle en cherchant Ellias des yeux. Quand elle le retrouva, ses yeux se plissèrent en passant de son nœud papillon à son visage joyeux et le jeune homme se força d'empêcher sa main de retirer l'étoffe. Un réflexe primitif devant le regard de sa patronne. Puis d'avancer vers l'estrade en réajustant le noeud.

Il monta les deux marches et enlaça amicalement la taille de sa collègue en haussant les sourcils sous l'attaque virulente de la lumière sur ses yeux.

• Oui, donc passez une bonne soirée, et profitez des tableaux avant qu'ils ne soient exporté chez Antarès, dit-il en réussissant assez sommairement de cacher son sarcasme.

Il attendit que les applaudissements cessent avant de descendre et de traverser la foule pour retourner dans les bureaux pour vérifier que son neveu n'avait pas quitté son poste. Il était toujours là, les yeux rivés sur ses cartes en sirotant distraitement son lait chocolaté. Ellias en fut rassuré, au moins, il ne mourrait pas de déshydratation. Et retourna dans la salle, heurtant une personne en sortant, qu'il réussit à retenir avant que celle ci ne s'écroule sur le sol suite à leur auto-tamponnage. Et il reconnut avec horreur la personne bousculée.

• Oh, Miss Shelter ! Quel plaisir de vous voir ici. Je ne vous ai pas fait mal au moins ?

Il haussa les sourcils avec un petit sourire contrit pour lui montrer à quel point il était désolé de l'avoir à moitié jeté par terre.
Il savait pas Victrolla qu'elle était venue signer son contrat la veille, mais Ellias prit par ses stages à St Mangouste n'avait pas pu assister à l'entretien. Mais apparemment, Victrolla avait adoré sa nouvelle artiste vedette.


Dernière édition par Ellias MacInerty le Sam 2 Avr - 17:34, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Alithéia Shelter
● Humain ●



Nombre de messages : 136
Age du personnage : 23 ans
Habitation : Londres
Occupation : Artiste, dessinatrice & peintre
Signature : Spilou
Avatar : Spilou
Date d'inscription : 30/01/2011
Coup de coeur : 15
Gallions : 4460

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Dim 13 Mar - 15:17

Julian Cavendish.

Mes yeux butaient sur le prénom et le nom de l'artiste. Ca ne pouvait pas être un hasard. J'observais le personnage tandis que Victrolla Meyer le mettait en avant sur la scène de la soirée. Dans leur dos, je reconnus immédiatement la toile placée sous des éclairages avantageux. Fragrances des temps futurs n'aurait jamais dû atterrir ici. Pas sous la signature Cavendish. Pas dans cette galerie, au grand jour. Sale petit connard hypocrite ! J'étais à deux doigts de l'étriper. Je refusais une coupe de champagne et me détournais de l'estrade où ma nouvelle employeur et galeriste attitrée poursuivait son petit discours.

Je connaissais Julian depuis l'âge de treize ans. Lui en avait quarante à cette époque. Nous avions fréquenté les mêmes cercles d'artistes. Dont un club grec assez privé réservé aux initiés. Un endroit soumis au culte du secret. On nous nommait les Théogoniens, membres de la Maison de Kléos. Nom et Maison classés confidentiels dans les archives moldues, et méconnues des archives sorcières. Kléos existait depuis des temps très anciens.Ces noms faisaient référence aux Muses, filles de Zeus et de Mnémosyne, la déesse de la mémoire et du souvenir. Le but recherché était d'utiliser l'art pour immortaliser l'Histoire en temps réel. Ce travail se faisait dans l'ombre des personnages puissants. Car l'Histoire avait trop souvent démontré que seuls les vainqueurs et les Grands personnages conservaient leurs mémoires intactes. Quant à ceux qui subissaient la destruction, les génocides, les défaites de guerres, ils étaient irrémédiablement oubliés. Sauf dans les coffres de Kléos. Mais les aléas du passé avaient parfois conduit ce système d'archives neutres à la ruine. On disait par exemple qu'une part importante de ses trésors historiques avait brûlé avec la grande bibliothèque d'Alexandrie.

La Maison de Kléos et ses Théogoniens, sont constitués d'humains, souvent moldus mais aujourd'hui, nous acceptons volontiers certains sorciers talentueux. La légende veut que nous soyons inspirés par les Muses. Si tant est qu'elles existent. L'Histoire elle-même semble se contredire à ce sujet.

Mon adhésion, quoi que précoce, à ce genre d'établissement figure parmi les raisons qui m'empêchent d'exposer ou même de simplement dévoiler mes œuvres peintes au grand public. J'assiste puis je peins des évènements supposés majeurs dans notre Histoire, avec d'autres artistes. Parfois, je me sers aussi de témoignages. La Maison de Kléos se charge de tout organiser. Certaines œuvres finissent dans les palais, les ambassades, ou les musées voir même des temples. D'autres sont conservées à l'abri. Dans des coffres scellés. Attendant leur heure. Une époque où les sociétés et communautés accepteraient les savoirs qu'elles expriment. Des œuvres ne sont pas nécessairement des tableaux. Il y a des sculptures, des pièces de théâtres antiques, puis plus modernes, des œuvres musicales, des gravures, des poteries, des tentures brodées, tissées, des peaux sur lesquels de simples bergers ont dessiné des constellations et les passages de comètes dans le ciel... Il y a à boire et à manger.

On m'a donné un nom de peintre pour signer mes toiles. Un pseudonyme. Vous comprendrez donc pourquoi peindre sous mon vrai nom serait fâcheux. Il ferait sauter mon anonymat. Et cela pourrait se révéler dangereux. Mes toiles ne rendent pas nécessairement sa gloire à César comme on dit. Un terroriste mécontent placé en présence d'une de mes œuvres pourrait faire la pluie et le beau temps sur mon propre avenir. En lieu et pour toute influence dans notre Histoire, être évoquée dans une liste de victimes quelconques d'un attentat sordide ne me branche pas.

A ma connaissance, je ne connais qu'un seul de mes tableaux qui ait été rendu public. Il est remisé dans le bureau d'un obscur ministre chinois. Lui n'a aucune chance de remonter jusqu'à moi. Penombre, n'existera jamais que sur les toiles de la Maison Kléos. Et cette institution s'y entend pour garder ses secrets. Je peux dormir tranquille. Quant aux rares toiles que je peins pour des particuliers ? Celles-ci n'ont rien à voir avec le style que j'utilise quand j'agis sous le pinceau de Penombre. De même, je fais signer une clause de non exposition aux propriétaires, et je m'assure que les sujets traités restent anodins, sans importance. Quant aux commanditaires, ils font généralement partie de la Maison Kléos. A des degrés plus ou moins importants. Certains de ces individus ne sont que des investisseurs. Car l'établissement dirige des écoles d'art un peu partout en Europe. Ainsi, tout est toujours sous contrôle. Sauf mes fusains, mes portraits. Eux m'appartiennent. Je n'ai pas de compte à rendre quand j'en vends, ou quand je les exposerai. Je les signe donc avec mon vrai nom.

Julian avait lui aussi prêté un serment semblable au mien pendant dix ans. Visiblement, paraître au grand jour n'a pas l'air de le faire trembler. Il fait ce qu'il veut de sa vie d'artiste depuis quelques années. Sur ce point, rien de répréhensible. Mais Fragrances des temps futurs n'aurait jamais dû être exposée de la sorte. Pas maintenant. Le grand public n'est pas prêt ! Qui admirait cette toile n'y voyait qu'un décors d'avant-garde, où la lutte d'Antarès contre les Résistants était révolue. Où les dissensions entre les peuples des différentes races existaient encore, mais où l'harmonie demeurait prisonnière d'un empire monochrome, trop homogène et dépourvu de fantaisie pour que le monde puisse y survivre à long terme. Les teintes choisies dans ce tableau démontraient une énergie basse, encline à la mort, la stérilité, et le culte de pensée unique. Autrement dit, un premier pas vers la propagande pro-Antarès. La Maison de Kléos ne visait pas à influencer l'Histoire, mais à la tenir à jour. Il n'y avait pas plus Neutre qu'un Théogonien en ce monde. La Suisse elle-même pouvait aller se recoucher. Cavendish, lui, n'avait plus rien à voir avec nous.

Rien d'étonnant à ce qu'il file aux Etats-Unis. A mes yeux, il n'en est que plus méprisable. Oui, Julian Cavendish, alias Ion, ne fait plus partie de la Maison. Les dirigeants de Kléos y ont veillé après sa démission. Ils n'auraient jamais dû lui permettre d'emporter cette toile. Enfin, ce n'est que mon avis. Cependant on ne peut me blâmer de penser ainsi. Il ne l'a même pas créée tout seul. Son inspiration lui a été soufflée par un médium. Parfois, on travaille en collaboration avec ces personnes. Voir avec d'autres individus du même acabit. Le but étant de tracer notre Histoire sans occulter certains de ses aspects prophétiques, aussi peu reluisants soient-ils.

Je cessai de ruminer dans mon coin. Ce qui est fait, est fait. Cavendish tire profit de ses choix. Charge à lui d'en assumer les conséquences. Veni vidi vici, Vicky ne pourrait me reprocher de ne pas être venue à cette exposition... Je me préparai à partir. Mais c'était sans compter Julian. Il quitta l'estrade, un sourire aux lèvres. L'air de rien, il se mit à avancer dans ma direction. Coïncidence ? Non, je n'y crois pas. Je reculais à la limite de la salle d'exposition, me retournais. Un corridor menait aux bureaux de la direction. Je l'empruntais en accélérant le pas. D'ordinaire, il y a toujours une issue de secours au fond des couloirs, ou un escalier de service. J'espérais que mon chemisier bordeaux et mon pantalon noir me fondraient dans la masse. Que mon chignon lâche m'empêcherait d'attirer son attention.( D'ordinaire quand nous nous croisions dans les ateliers de Kléos, mon style vestimentaire était nettement plus libre et excentrique.)

Des clous ! Le bougre insistait, s'excusant de bousculer certains visiteurs au passage. Et là, catastrophe. J'entrai en collision avec quelqu'un. Basculais en arrière... Et fut rattrapée in extremis par le quelqu'un en question.

• Oh, Miss Shelter ! Quel plaisir de vous voir ici. Je ne vous ai pas fait mal au moins ?

Je jetais un ultime coup d'oeil nerveux derrière moi. Vicky Meyer avait harponné mon requin et lui tenait la jambe. Ouf ! Bénie soit cette femme !

- Non, non, plus de peur que de mal... soufflai-je en reprenant mon équilibre. Quel monde ! J'ignorai que votre galerie était si fréquentée...

J'adressai un sourire poli à Ellias. La présence de Cavendish dans mon dos me rendait nerveuse. Même le visage amical et agréable de Mr MacInerty ne parvenait à me détendre. Pas tant que l'autre abruti serait dans la même pièce que moi.

- Votre associée est une femme redoutable en affaires. Côté persuasion, elle est bluffante. Qu'en est-il du côté administratif ?

Je me retournais une dernière fois. Julian était maintenant cerné de visiteurs et de coupes de champagne. Un avantage tactique certain pour s'assurer quelques minutes de tranquillité loin de lui.

- En tout cas, j'ai adoré votre petit discours. Vous, on dirait que l'estrade et les projecteurs, ce n'est pas votre truc. Je vous ai trouvé très courageux, sincèrement.

Moi et ma spontanéité légendaire ! Bravo Ali, du grand art !
On ne peut pas m'en vouloir. Je veux fuir loin... Alors je n'ai pas fini de faire des bourdes.



Dernière édition par Alithéia Shelter le Dim 17 Avr - 14:38, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.plumedargent.com/viewuser.php?uid=132

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Mar 15 Mar - 21:21

(désolé, ce n'est pas terrible, mais quand on regarde le seigneur des anneaux en dessin animé des années 80, on ne peut pas rester concentré très longtemps.)

Bizarre, elle n'avait vraiment pas l'air d'aller bien. Détail qui sauta aux yeux du jeune homme. Elle semblait avoir courut, ce qui expliquait l'impact et le fait qu'il ait faillit lui faire découvrir le beau panorama d'une forêt de chaussures qu'offrait le sol. Il n'était pas du tout du genre à envoyer les gens par terre … Quoique … ceux qui l'avait embêté s'était offert la joie de découvrir la vision de la cuvette des toilettes vu de près. De très près.

- Non, non, plus de peur que de mal... Quel monde ! J'ignorai que votre galerie était si fréquentée...

Elle se retourna une nouvelle fois pour regarder Vicky qui parlait avec sa grâce naturelle à notre ancien artiste attitré. Elle n'était pas en train de fuir Vicky au moins ? La communication allait être beaucoup plus difficile si elle fuyait la boss d'Ellias, surtout si on pensait que des deux, c'était elle qui se débrouillait le plus en relation client et en relation humaine. Tout le monde aimait Victrolla Meyer, mais la réciproque n'était pas toujours vrai, comme avec Julian par exemple. Elle l'avait détesté dès le premier jour où l'artiste leur avait posé un lapin et était arrivé une heure et demie en retard au deuxième rendez-vous. Mais c'était justement ce qui était magique avec cette femme, mais si elle vous avait dans le collimateur, elle ne le montrait jamais mais faisait sentir par quelques piques camouflées qu'elle vous avait à l'œil et qu'au premier sale coup, elle foutait votre vie en l'air.

- Votre associée est une femme redoutable en affaires. Côté persuasion, elle est bluffante. Qu'en est-il du côté administratif ?


Dit-elle en se retournant vers le petit groupe que formaient les spectateurs venus applaudir le travail de Cavendish une dernière fois avant son grand voyage.

• Elle gère. Elle est très forte pour envoyer les factures à temps et classer en ordre alphabétique.

Il s'autorisa un petit sourire. Vicky était très douée aussi pour l'engueuler pour le forcer à reclasser. Elle était aussi très douée pour l'engueuler tout court en fait.

- En tout cas, j'ai adoré votre petit discours. Vous, on dirait que l'estrade et les projecteurs, ce n'est pas votre truc. Je vous ai trouvé très courageux, sincèrement.

Ellias ne put s'empêcher de retenir un sourire joyeux. Il avait vraiment eu du mal à ne pas se mettre à bégayer, apparemment ce n'était pas si dur que ça, même si sur le moment il avait l'impression que ses joues avaient pris une teinte tomate et que ses mains semblaient avoir attrapé une version fulgurante de la maladie de Parkinson. Ou du moins, une personne n'avait pas été assez attentive pour remarquer ses détails. Et il lui en était vraiment reconnaissant. Et cette personne de retourna encore une fois, mais cette fois ci, Ellias réussit à suivre assez vite son regard pour constater, non sans un immense soulagement, qu'elle ne fuyait non pas Vicky, ce qui qui lui enlevait une bonne partie du travail, parce que si Miss Shelter n'avait pas pu supporter Vicky, Ellias aurait du établir le contact, ruinant ainsi les grasses matinées qu'il s'octroyait dans sa grande mansuétude.

• Non, pas du tout. J'ai l'impression, peut-être à tord, que vous n'avez pas très envie de vous retrouver face à Mr Cavendish et malgré leur adoration pour lui, nos mécènes ne vont pas réussir à le retenir très longtemps. Je vous propose donc de continuer notre discussion dans une zone un peu plus … calme.

Il ouvrit la porte derrière lui qui menait aux bureaux de l'administration. Il la laissa passer devant lui et jeta un regard derrière lui pour vérifier que l'indésirable n°3 (Antarès aillant occupé la place n° 1 et Flinn Kipler, son martyriseur attitré quand il était à Poudlard aillant hérité des deux premières place de sa liste). Heureusement, une femme qui devait s'appeler Mary ou Susan, une opportuniste qui était millionnaire après la mort de deux maris, lui avait attrapé le bras et lui faisait une démonstration gratuite de l'éclat de ses dents blanches en lui servant une nouvelle coupe de champagne.

Ellias s'engouffra derrière elle et la guida jusqu'au bureau déjà occupé par Wes. Qui, ô comble de surprise, était toujours penché et omnibulé sur ses cartes, sirotant distraitement son lait chocolaté. Jusqu'à ce qu'Ellias et Alitheia Shelter entrent dans la salle, il leva les yeux d'un air distrait et se releva immédiatement en voyant Miss Shelter pour se mettre soudainement à rougir se qui étonna fortement son oncle, il ne réagissait pas aux autres personnes d'habitude, il restait concentré sur ses cartes. Qu'il pleuve, vente ou neige. Il préféra ne pas faire le moindre commentaire, histoire de lui épargner d'avoir à s'excuser. Il préféra plutôt aller directement jusqu'aux placards, et prit, par ce qu'elle semblait avoir besoin de quelque chose de fort, un mug à fleur et le scotch qu'il stockait au cas où. Et même si en général, on ne servait pas du scotch irlandais dans des mugs à fleurs, là, la situation était un peu plus qu'ordinaire alors ils pouvaient se permettre de ne pas respecter le règlement de Vicky. Après tout, il le nettoierait son fichu mug à fleurs !!

• Bon, et maintenant, si vous me disiez un peu pourquoi vous fuyez le Grand Méchant Cavendish, hein ?

Puis il jeta un regard à son neveu qui s'était glissé sous le bureau et qui au bruit qu'il faisait sembler ranger ses cartes dans leur boîte métallique. Ce qui le fit penser qu'il n'avait pas pensé à les présenter tous les deux, bien que Wesley n'était peut-être pas disposé à émerger de sous le bureau.

• Au fait, Miss Shelter, voici mon neveu Wesley. Wes voici Alitheia Shelter. Notre nouvelle artiste.

Et à sa grande surprise, Wesley émergea de sous la table en réajustant sa chemise et son veston, relissant sa coiffure et s'avança pour lui tendre la main et de la serrer avec un sourire du gentlemen qu'il était. Après tout, il avait été élevé comme un lord, et ce fait, Ellias l'avait oublié ces derniers mois. En même temps, il réalisa qu'il n'avait pas tellement prêté attention aux états d'âmes de son neveu, il s'était occupé de lui, certes, mais seulement physiquement. Et peut-être qu'il avait trouvé dans ses cartes de chocogrenouille un réconfort assez original, mais réconfort quand même. Parce qu'en essayant de réfléchir au maximum, il ne se souvenait pas d'avoir vu Wesley avec des cartes en main le jour où il était descendu de son train à Saint Pancrass.

Mais le mystère perdurait. Il ne savait pas pourquoi est ce qu'il avait des manières tout d'un coup, alors qu'il restait muet à la maison et n'ouvrait la bouche que pour critiquer ou pour dire qu'il n'aimait pas tel ou tel aliment que son oncle lui servait pour le sustenter. C'était donc assez étrange, assez en tout cas pour qu'Ellias ne puisse retenir un haussement de sourcil.

Il versa le scotch dans le mug pour Miss Shelter et le lui tendit en essayant de détendre les muscles de son front, et par la même occasion, de retirer ce haussement de sourcils de son visage. C'était assez pénible à la fin. Victrolla lui disait souvent qu'il serait ridé avant l'âge.

• Bien, en tout cas, je suis ravi de voir que vous êtes venue finalement.

Et il était sincère, au moins il connaissait quelqu'un qui n'était ni riche, ni hypocrite, ni tyrannique, ni égocentrique, ni intéressé. Ca faisait chaud au coeur.
Revenir en haut Aller en bas

Alithéia Shelter
● Humain ●



Nombre de messages : 136
Age du personnage : 23 ans
Habitation : Londres
Occupation : Artiste, dessinatrice & peintre
Signature : Spilou
Avatar : Spilou
Date d'inscription : 30/01/2011
Coup de coeur : 15
Gallions : 4460

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Mar 15 Mar - 23:32

J'accueillais la proposition de Mr MacInerty avec un réel soulagement. En effet, je ne savais pas quel taon avec piqué Julian tel un veau dans un champ de bouse, mais il semblait vouloir mettre un point d'honneur à venir se pavaner devant moi. Ellias nous conduisit dans un bureau. Je passais devant lui en quatrième vitesse... Et croisait le regard perplexe puis gêné d'un enfant de neuf- dix ans tout au plus, assis au milieu de la pièce. Il tenait un paquet de cartes entre ses mains.
Le neveu de Mr ?
Je ne lui souriais pas immédiatement. La présence de Cavendish dans les locaux m'était encore pénible. Et puis les gosses ne se sentent pas forcément à l'aise face aux sourires forcés d'inconnus ramenés par les bons soins de leurs parents. La tricherie pour m'attirer les faveurs de ce gamin n'entrait pas dans ma façon de vivre.

• Bon, et maintenant, si vous me disiez un peu pourquoi vous fuyez le Grand Méchant Cavendish, hein ?

Mayday ! mayday ! Alerte, question directe !


Je vis du coin de l'œil le gamin plonger sous la table. Ellias dut le remarquer aussi.

• Au fait, Miss Shelter, voici mon neveu Wesley. Wes voici Alitheia Shelter. Notre nouvelle artiste.

Le môme quitta sa cachette. Soudain trop sérieux pour son âge, il rectifia sa mise et ses cheveux. Oui. Il était très mal à l'aise. Je faisais généralement cet effet aux enfants. En tant qu'adulte, j'étais supposée agir et 'voir' en adulte. Sauf que non. Mon regard sur le monde différait. Les enfants le sentaient, et souvent, ça les déroutait. Au début. Il me tendit la main, un sourire aux lèvres. Parfait petit adulte avant l'heure ? Problème d'éducation en mon sens. J'avais toujours pensé qu'il fallait laisser leur enfance aux jeunes plutôt que de les farcir trop vite de règles rigides non naturelles. Le problème ici, c'était que ce gosse se planquait non plus sous sa table, mais derrière un masque de faux semblant. Le résultat était le même. Et pour moi, le charme factice de sa bienséance n'opérerait pas.

- Bonsoir Wesley, enchantée de te rencontrer ! J'espère qu'on ne te dérange pas ?


Un mug à fleurs contenant du scotch fut d'office placé entre mes mains. Je remarquais alors qu'elles tremblaient. Damned !
Wesley secoua négativement la tête.

- Julian Cavendish et moi nous sommes déjà rencontrés à plusieurs reprises. Des réunions d'artistes... Le monde est parfois étriqué. C'est pénible, parce que je ne supporte pas ce type. Merci de m'avoir sortie de l'embarras. S'il était parvenu à me mettre le grappin dessus, j'aurais peut-être fini par lui dire à voix très haute des choses en public qu'il aurait pu regretter, et son public avec.


Je vis la mâchoire de Wesley se décrocher. Ses yeux s'arrondirent et ses sourcils s'arquèrent, un peu comme ceux de son oncle. Il m'arracha un premier sourire.

• Bien, en tout cas, je suis ravi de voir que vous êtes venue finalement.

- Si j'avais su que cet 'artiste' était de la partie, je me serai abstenue. Où j'aurai emmené Coriolis avec moi.

J'étais désolée de briser ses illusions. Mais quand Vicky m'avait parlé de l'exposition, elle n'avait pas précisé le nom de l'artiste. Elle avait bien parlé mécènes, partenaires, invités... Mais elle avait omis le principal.

- Hyde Park, un jour d'automne il y a deux ans, Wesley. Je vois que tu es aussi un sacré physionomiste ! Tu as bien grandi, pour un peu c'est moi qui ne t'aurai pas reconnu.

La journée en question avait été magnifique à tous points de vue. La vie n'avait pas du être drôle pour Wesley. Ca se voyait sur son front.
J'évitais de lui poser des questions. J'allais souvent dans ce parc pour dessiner. Je n'oubliais jamais un visage. Il me semble avoir conservé le portrait du môme. Du diable si je sais où je l'ai rangé ! Oh, how, Ellias me regardait comme s'il m'était poussé une seconde tête. Devais-je m'en inquiéter ? J'estimais la menace non comparable à celle du peintre et avalais deux gorgées de scotch. Le liquide ambré m'arracha la gorge. Gash ! Il était costaud !

- Il n'y a aucune chance que Cavendish se pointe ici, n'est-ce pas ?



Dernière édition par Alithéia Shelter le Dim 17 Avr - 14:38, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.plumedargent.com/viewuser.php?uid=132

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Jeu 17 Mar - 21:56

- Il n'y a aucune chance que Cavendish se pointe ici, n'est-ce pas ?

Ellias se força à arrêter d'aller de son neveu à Miss Shelter pour essayer de comprendre les mots prononcés par la jeune femme. Ils s'étaient déjà vu ? Bon, après tout c'était tout à fait possible étant donné que Wesley et Livia étaient souvent venus à Londres pour venir, que Wesley aimait particulièrement les cartes avant qu'il ne perde sa mère et commence à développer cette fascination malsaine pour les cartes de Chocogrenouilles. Et puis la capitale britannique était une grande ville, donc il était tout à fait possible qu'ils se soient croisés avant. Mais c'était assez dérangeant de savoir qu'elle avait déjà vu son neveu. Ellias n'aurait pas su dire pourquoi mais ça l'était irrémédiablement. Comme quoi le monde était petit. Il fut rappelé à l'ordre par la question de son artiste et remarqua qu'elle avait étouffé le poisson mais qu'elle fuyait bien le Grand Méchant Cavendish comme il le pensait.

Il s'offrit le luxe d'un petit sourire amusé avant de le réprimer et de froncer les sourcils. Ce n'était pas vraiment amusant, loin de là. Elle ne semblait pas terrorisée, mais nulle doute qu'elle n'avait pas envie de se retrouver dans la même salle que lui.

• Et bien. techniquement non. Pas s'il sait lire le panneau sur la porte. Celui qui dit Personnel Uniquement.

Personnel uniquement excepté la famille, les amis, les clients, les partenaires, et les autres. Pour faire court, Personnel Uniquement est parfait.

• Sauf s'il s'accorde une petite escapade dans nos bureaux, fit-il remarquer. J'irais bien fermer la porte à clé mais étant donné que l'alcool coule presque à flot, que les toilettes soient de ce coté ci de la porte et que je me ferais sûrement tuer si un de nos mécènes vomissait sur une de nos toiles ou pire je préférerais ne rien faire.

Il se sortit un verre et le remplit aussi d'un fond de scotch, il alla trinquer avec Miss Shelter et l'avala cul sec sous le regard réprobateur de son neveu, lequel n'ignorait pas que son oncle avait un taux de Résistance à l'alcool très élevé même s'il n'ignorait pas qu'il ne faillait pas jouer avec ça. Il avait trop subit de cuite pour savoir quelles étaient ses limites.

Il s'assit sur la table qui lui servait de bureaux, ou de dépose-bordel, que son neveu occupait quelques minutes plus tôt. Ellias remarqua avec un petit sourire que son neveu fixait toujours d'un air surpris la jeune femme, l'air de chercher dans sa mémoire, d'essayer de se rappeler d'elle ou de trouver une repartie intelligente à faire. Mais en attendant, il restait bloqué en position veille avec le haussement de sourcil.

Zut ! Ellias avait contaminé son neveu ! Si sa sœur revenait, elle allait le tuer, puis le décapiter, le faire passer sous un train et peut-être, histoire de bien l'achever, le balancer à des coyotes au fin fond d'un désert perdu.

• Wes, si tu veux une nouvelle brique de chocolat, il y en a dans le frigo dans le bureau de Vicky ! Je ne te montre pas le chemin, jeune homme.


Tactique très subtile pour amener son neveu à quitter son état de stupeur et de les laisser entre adultes afin de parler à cette fuite. Le gosse ne rata pas l'occasion, il raccrocha sa mâchoire, détendit les muscles de ses sourcils et se carapata vite fait bien fait dans le bureau d'à côté.
Ellias adressa au passage une petite prière pour que son neveu ne touche pas aux affaires de sa patronne/meilleure amie qui risquait de le tuer s'il le faisait.

• Bon maintenant, je ne vous cacherais pas longtemps si vous ne m'expliquez pas pourquoi vous fuyez l'homme qui est notre artiste-vedette depuis des mois. Même si je ne l'aime pas non plus. Je ne demande qu'une petite raison futile. Vous pouvez même me dire qu'il a essayé de vous draguer et qu'il a une haleine de dragon crevé …

Il reposa le verre vide qu'il tenait toujours dans sa main puis se retourna vers elle en croisant les bras sur son costume et sa chemise et en haussant les sourcils, continua sa phrase.

• Mais honnêtement, je doute que vous le fuyez pour quelque chose d'aussi normal. Mais vous m'avez habitué à un peu mieux.

Une vois au fond de sa tête lui fit remarquer, à juste titre, que ce n'était pas comme ça qu'il allait obtenir des aveux et qu'il allait devoir abandonner son air inquisiteur qui devait certainement lui faire froid dans le dos et ne pas la rassurer surtout qu'elle avait déjà l'air assez chamboulée après avoir juste échappé aux griffes de Cavendish, ce qu'Ellias savait par expérience qu'il était très dur de se débarrasser de lui une fois qu'il vous avez accosté. La seule fois où Ellias avait réussit à s'enfuir d'une discussion où Julian demandait, une fois encore de l'augmenter, il avait arrêté la conversation soudainement en tendant le doigt vers l'immeuble en face et hurla "Regardez là bas ! Cet immeuble à prit feu !". Et il s'était enfuit vite fait juste quand il s'était retourné pour regarder l'incendie fictif. Il n'avait pas osé l'affronter la semaine qui suivit l'incident et Vicky lui fit savoir par la suite que Cavendish n'avait plus envie de traiter avec lui. Cette période avait été noire, non pas à cause de Cavendish mais à cause de Vicky qui devait supporter les caprices de cette sangsue. Et elle s'était vengée en l'envoyant accomplir toutes les tâches ingrates, comme tenter de convaincre un barman à moitié bourré d'afficher les flyers pour les expositions à la galerie.

Mais c'était toujours mieux que de le supporter.

• Si vous voulez, je peux même vous resservir en scotch.


Il retraversa la salle et sortit à nouveau la bouteille pleine de liquide ambrée. Il n'allait quand même pas la saouler, ça aurait fait tâche à la fin de la soirée et Ellias voulait éviter ce genre d'écart à égard pour sa patronne.
Revenir en haut Aller en bas

Alithéia Shelter
● Humain ●



Nombre de messages : 136
Age du personnage : 23 ans
Habitation : Londres
Occupation : Artiste, dessinatrice & peintre
Signature : Spilou
Avatar : Spilou
Date d'inscription : 30/01/2011
Coup de coeur : 15
Gallions : 4460

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Jeu 17 Mar - 23:24

• Bon maintenant, je ne vous cacherais pas longtemps si vous ne m'expliquez pas pourquoi vous fuyez l'homme qui est notre artiste-vedette depuis des mois. Même si je ne l'aime pas non plus. Je ne demande qu'une petite raison futile. Vous pouvez même me dire qu'il a essayé de vous draguer et qu'il a une haleine de dragon crevé …

Je manquais de m'étouffer dans mon scotch. Ca n'aurait pas été fameux de mourir d'asphyxie le nez plongé dans un mug couvert de fleurs... Quoi que très poétique. Je ne voulais pas imaginer Cavendish me roulant des patins. Ce foutu connard avait trente ans de plus que moi... Et son haleine puait effectivement le rat crevé. ( Je n'avais jamais eu la malchance de tester celle des dragons )

... Mais honnêtement, je doute que vous le fuyez pour quelque chose d'aussi normal. Vous m'avez habitué à un peu mieux.

Habitué ? Ce n'était jamais que la seconde fois que je voyais Mr MacInerty. Il prenait vite goût à mes excentricités dites donc ! N'empêche, il marquait un point. Je pouvais bien me fendre de lui expliquer un peu mieux pourquoi je fuyais Julian. Après tout, sa galerie l'avait supporté quelques années.

Non ! Résiste ! C'est ton organisme infusé au Véritaserum qui fait des siennes !

Il prit un air presque inquisiteur. Je serrai les dents.

• Si vous voulez, je peux même vous resservir en scotch.

Avant qu'il ne me laisse l'opportunité d'accepter ou de refuser, il remplit ma tasse d'une nouvelle rasade. J'en avais déjà bu quatre gorgées presque cul sec. Il était un peu tard pour arguer que mon métabolisme détraqué ne supportait pas l'alcool. Enfin, passé une certaine quantité.

- Bon. Rasseyez-vous, ça risque d'être un peu long à raconter.

La pression sur mes neurones se calma un brin.

- Vous voyez la toile centrale de votre dernière exposition ? Cavendish l'a intitulée "Avenirs et Destinées". Mais, en réalité, elle s'appelle "Fragrance des temps futurs". Je le sais parce que j'étais là quand elle fut peinte. Julian ne s'y est pas mis tout seul. Il a été secondé par deux autres personnes. Ma prof de peinture, et un intervenant qui leur a suggéré le sujet de l'œuvre. Il ne s'agissait que d'une étude artistique. Le fruit d'un atelier organisé par l'école d'art où j'allais à cette époque. Ma prof a eu un accident de voiture peu de temps après avoir commencé ce travail. Julian a donc achevé seul cette toile. Mais il ne doit pas le succès qu'elle lui vaut aujourd'hui à son talent et ses idées brillantes. Tout au plus pouvons-nous reconnaître sa technique incontestable. Seulement son inspiration... Ce type a l'esprit le plus calculateur et rigide que je connaisse. Il n'aurait pu l'imaginer par lui-même.


Je fis une pause.

- Il fut convenu par mon école que la toile reste dans leurs murs. Cavendish s'y est opposé et l'a récupéré. Il l'a signé avec son nom uniquement. Plusieurs années après, on m'a proposé de participer à un autre atelier. Quand j'ai vu son nom sur la liste des participants, j'ai refusé net. J'ai appris par des amis que ça a été le dernier auquel l'école l'a convié. Il aurait été insupportable. Son "Chien à Bicyclette" accroché près de l'entrée viendrait de là. Je me demande quel nom il a omis de mentionner sur cette toile.

Je vidais le mug d'un trait.

- Voilà pourquoi je ne le supporte pas. Et oui... Il a une haleine de rat crevé. Pour ce que j'en sais, ce serait dû à une opération chirurgicale des dents de sagesse qui s'est mal terminée dans sa jeunesse. Il en garde des douleurs sourdes dans la mâchoire et une salive très acide. Il faut l'entendre passer commande au restaurant, c'est quelque chose qu'on ne voit pas tous les jours...

Je prenais mon temps... Puis haussais un sourcil à son intention.

- Alors, satisfait ? M'épargnerez-vous une entrevue inconfortable avec Sir Cavendish ?

J'espérais que oui. Cavendish connaissait ma forte allergie au mensonge et aux interrogatoires. Il suffirait d'une seule question bien envoyée pour me mettre KO. Soit ça me rendrait malade mais je parviendrais à garder le silence, soit ça me tuerait parce que plutôt mourir que de lui dire ce qu'il souhaitait entendre. Il se complaisait dans le mensonge. Fondamentalement, lui et moi n'étions donc pas faits pour nous entendre.



Dernière édition par Alithéia Shelter le Dim 17 Avr - 14:38, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.plumedargent.com/viewuser.php?uid=132

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Ven 18 Mar - 15:28



- Alors, satisfait ? M'épargnerez-vous une entrevue inconfortable avec Sir Cavendish ?

Ellias ne put s'empêcher de rire un peu. Non, il n'allait pas la jeter dans la cage aux fauves, il n'était pas si cruel. Maintenant qu'il avait ses raisons, il comprenait un peu mieux pourquoi. Bien que ça semblait un peu extrême. Ce n'était pas la première fois qu'un artiste s'octroyait le prestige d'une oeuvre pour lui tout seul. Mais en général, on faisait avec et surtout … enfin ce n'était pas si dur de supporter un imposteur quand même !

Quoique l'haleine de rat crevé n'aidait jamais vraiment. Dans n'importe quelle relation, surtout si on ne supportait pas la personne atteinte de ce handicape social.
Et il y avait aussi une forme de vol de toiles dans lequel étaient maintenant impliqué Ellias et Vicky. Ô bon sang, que Ellias n'aimait pas les artistes ! Tout était si compliqué avec eux. On ne pouvait jamais faire les choses simplement. C'était une vraie plaie ! Bon, point positif, Alitheia semblait moins louche que Julian, point négatif : Fallait-il commencer à s'inquiéter si elle se mettait à le fuir lui aussi un jour ou l'autre ?
La réponse était très certainement oui, à son grand regret. Elle n'était pas très douée pour s'échapper, Mais elle l'était sûrement pour trouver des gens qui l'aiderait, comme l'avait fait Ellias un peu plus tôt.

Complicité, ils étaient mal barrés. Heureusement que la toile quittait leur locaux le lendemain. En espérant que l'école à qui il avait dérobé cette toile ne le découvre pas en moins de douze heures. Il fallait prier pour que cela n'arrive pas. Et croiser les doigts très fort.

• Je ne suis pas si cruel, restez ici autant que vous voulez, je vais aller voir si la voie est libre, je reviens tout de suite.

Il se leva et traversa les couloirs jusqu'à la salle de réception où le bourdonnement sourd qu'émettait le mélange des conversations à un niveau sonore plus que tolérable et trouva Vicky pendue aux lèvres d'un vieil homme qui avait l'air très riche si l'on en jugeait à ses vêtements et à la montre qu'il portait au poignet Il s'excusa et arracha sa collègue à sa contemplation admirative.

• Qu'est ce que tu as encore fait MacInerty ?

• Je me sens vexé de ce que tu insinues ! Je suis aussi innocent que l'agneau je te ferais dire. Enfin presque.

Vu le froncement de sourcil furieux, il valait mieux faire au plus vite;

• Juste par simple curiosité, on risque combien d'années de prison pour complicité de vol ?

Le froncement de sourcil se changea en regard d'abord inquisiteur puis franchement paniqué. Comme si elle avait eu le temps de réfléchir à ce qu'il avait encore pu inventer pour l'embêter? En l'occurrence, il n'avait rien inventé et c'était par sécurité. Finalement, il valait mieux ne pas y penser, dans quelques heures la toile serait partie sur un autre continent. Aucune trace de Cavendish pour le moment.

Ellias refit un nouveau tour d'horizon avant de retourner dans les bureaux en se fondant dans le décor. Wesley était revenu dans la salle en sirotant son chocolat qui, si on pouvait en juger par la légère fumée qui s'en dégageait, avait préalablement été passé au micro-onde. Sans que son oncle ne lui ai jamais montré comme faire marcher cette vieillerie que lui même avait mit une éternité à comprendre. Ces gamins étaient très doués pour comprendre les objets electriques de nos jours.

• La voie est libre, Shelter ! annonça t-il avec un ton très sérieux.

Mais il ne savait pas où Cavendish était passé alors, ce n'était pas forcement une bonne idée
Revenir en haut Aller en bas

Alithéia Shelter
● Humain ●



Nombre de messages : 136
Age du personnage : 23 ans
Habitation : Londres
Occupation : Artiste, dessinatrice & peintre
Signature : Spilou
Avatar : Spilou
Date d'inscription : 30/01/2011
Coup de coeur : 15
Gallions : 4460

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Lun 21 Mar - 12:44

• Je ne suis pas si cruel, restez ici autant que vous voulez, je vais aller voir si la voie est libre, je reviens tout de suite.


Ellias MacInerty n'avait pas quitté le bureau depuis quelques secondes quand la porte s'ouvrit vivement.
Julian fit irruption.
Je pouvais admirer une magnifique gamme d'émotions vives défiler à l'instant où ses yeux se posèrent sur moi.
Colère-impatience-surprise-inquiétude-impatience-colère-soupçon-hésitation-soupçon-méfiance-haine.
Il ne s'embarrassa pas des convenances. Ne me souhaita ni le bonsoir, ni la bienvenue.
Quand bien même cela eut été hautement hypocrite, il aurait pu se fendre de faire l'effort.

- Toi !
- Bonsoir, désenchantée de te voir ?
- Trève de plaisanterie ! Je t'ai entendu parler à ce jeune blanc bec. Tu n'avais pas le droit !
- Je me disais aussi. C'est pas beau de laisser traîner ses oreilles derrière les portes. Van Gogh a appelé, il voudrait que tu lui rapportes la sienne.
- Nous savons tous les deux que personne n'osera venir me réclamer mes toiles. Personne ne portera plainte. Pas même la Maison. Alors pourquoi lui as-tu raconté toutes ces choses ?
- Un brusque soucis d'honnêteté ?
- Comment m'as-tu retrouvé d'ailleurs ? Ce sont Eux qui t'envoient ?
- Bien sûr que non. Et je préfèrerai devoir chercher le teckel de Martha Baddenmiles plutôt que de me soucier de ton existence.
- La fête est terminée, Alithéia ! Je ne te laisserai pas ruiner ma carrière...

Je n'eus pas le temps de poser le mug sur le bureau de MacInerty. Julian m'attrapa par le bras et me traîna hors de la pièce.
Direction l'issue de secours la plus proche. A moins que je résiste...

Il eut le temps de nous faire bifurquer au fond du couloir avant que je puisse dégager mon bras de sa poigne.

- Maintenant ça suffit ! Laisse-moi tranquille... Ne me touche pas !


Je le menaçais avec le mug à fleurs violettes. Le peu de scotch resté au fond gicla sur la veste de son costume.
Il eut une grimace, suivie d'un mauvais sourire.

- Je me suis toujours demandé...
L'intonation de sa phrase me hérissa les poils de la nuque.
- Si tu avais toujours cette fâcheuse allergie au mensonge ?
Je reculais de plusieurs pas. Heurtais le mur opposé dans mon dos.
Cul de sac, fin du couloir, Cavendish me barrait le passage et se tenait trop près de l'issue de secours pour mon bien. J'étais prise au piège.
Je ne pus réprimer un 'oui' audible.
- Tiens donc... Tu ne refuseras donc pas de répondre à quelques questions ?
- Non ! Arrête !
Son sourire devint plus mauvais encore.
- Dis-moi où tu as caché ce portrait que tu peignais en dehors de l'atelier, l'été 2010.

Réponds... Réponds... Réponds... Réponds...

- Où est-il ?
Je me mordais la langue jusqu'au sang. Combattre une interrogation impérieuse n'est pas une partie de plaisir.
En général, c'est perdu d'avance. Je sentais mes tempes se serrer à mesure que les secondes s'égrenaient.
Mon souffle se hachait menu dans ma poitrine.

REPONDS ! REPONDS ! REPONDS ! REPONDS !

- Ali, tu sais que tu ne peux pas me mentir, ou te taire. Tu t'éviteras des souffrances pénibles en me disant ce que je souhaite savoir.

Mes jambes étaient sur le point de se dérober sous moi. De la sueur perla à mon front. Ma température grimpait.
Bientôt, j'aurai des troubles de vision. Je crispais ma mâchoire à la briser. Il fallait que je trouve un moyen de mettre un terme à cette horrible situation. Vite ! Je jetai un œil dans la direction d'où nous venions.
Cavendish se rapprocha et réitéra sa question. Merde !

REPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDS !


Juste avant de céder, j'eus un bref instant d'illumination. Il subsistait une brèche dans sa question...
Je m'y engouffrais avec la dernière énergie du désespoir.

- Είναι στο διαμέρισμά μου. Κρύφτηκα μεταξύ σκιάς και φωτός, και το δέντρο φλοιό, την παραπλάνηση και την εντιμότητα...

J'esquissai une grimace retorse, juste avant de m'écrouler sur mes rotules. Il me restait quelques vagues notions de grec de mes mois d'études passés en Grèce. Cavendish n'obtiendrait qu'une purée informe style taramosalata raté de ma part. Mes mains amortirent ma chute, mais celle qui tenait encore la tasse explosa la porcelaine sur le sol en béton. Les débris tailladèrent ma paume gauche.

- Répond-moi en anglais ! hurla Cavendish.
Dans un sursaut d'énergie, je relevais la tête. Il n'avait pas précisé le sujet de ma réponse.
- Va te faire foutre !
Cavendish me toisa de haut.
- Ce portrait est compromettant. A l'époque je ne pouvais rien dire, mais tu ne fais rien pour attendre ! Je le récupèrerai tôt ou tard.
- Ο χρόνος θα δείξει, θα δουν οι Έλληνες αν είμαι !
Ces dernières paroles lui arrachèrent un chapelet d'injures que je n'entendais pas.
Ma joue toucha le sol au moment où il tournait les talons et enfonçait la porte de l'issue de secours.

Cet interrogatoire m'avait vidé de toute force. Je restais étendue. Ma température baissa aussi vite qu'elle avait grimpé.
Le froid engourdit mes joues et mes mains.

Plus jamais... Me dis-je, au bord de l'évanouissement nauséeux. Plus jamais je ne lui parlerai...

J'avais mes raisons. Ce n'était pas la première fois qu'il tentait de me faire cracher le morceau. Jamais deux sans trois comme on disait.
Il n'y aurait pas de quatrième fois. Quand les murs arrêtèrent de tanguer, je pris appui par terre et m'adossais contre l'un d'eux, ramenant mes genoux sous mon menton et ma main blessée contre mon ventre.

Je fermais les yeux.



Dernière édition par Alithéia Shelter le Dim 17 Avr - 14:39, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.plumedargent.com/viewuser.php?uid=132

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Lun 21 Mar - 20:41

J'ai très bien choisi le nom de ce post, nos artistes sont vraiment mad ! Very Happy L'avantage s'est que j'ai tout de suite eut l'inspiration pour te répondre


Évidemment, Ellias s'adressa à un mur, enfin pas vraiment, son neveu venait juste de rentrer dans la salle avec son chocolat fumant dans les mains pour s'installer sur la table et ressortir ses cartes. Ce qui revenait à parler à un mur. Mais ce qui étonna Ellias s'était que la jeune femme venait juste de disparaître.

Ainsi que le mug à fleur. Ellias laissa un côté de son esprit perdre du temps à prier pour que ce dernier ne soit pas très loin, parce que Vicky le tuerait tout simplement, peut-être à mains nues ou peut-être emploierait-elle un tueur à gage, mais le résultat restait le même : sa mort. Non, il en faisait trop, jamais elle ne le tuerait, par contre l'amocher physiquement, le torturer mentalement et continuer à alimenter la peur qu'il avait pour elle.

Mais pour être parfaitement logique, il fallait éliminer les possibilités une par une. Donc :
• Elle n'avait pas pu être enlevée par des extra terrestres, pas à cause du laps de temps, ils avaient déjà inventé la téléportation alors … Non, mais s'ils l'avaient fait, il y aurait eu des traces de brûlures sur le sol, donc ça ne pouvait pas être ça.
• Soit elle avait décidé de tout quitter pour aller prévenir la police qu'elle avait retrouvé sa toile, redevenant l'agent d'infiltration qu'elle était depuis le début. Mais là encore, Ellias n'y croyait pas. La théorie du complot, ce n'était pas son genre, il préférait encore celle des extra-terrestres.
• Le scotch était trop fort, alors avec un coup dans le nez, elle avait erré dans les couloirs jusqu'à trouver la porte de derrière et trouver un autre bar pour boire de la bière en chantant des chansons paillardes à tue-tête. Mais il ne la voyait pas trop faire ça. C'était plutôt son genre à lui … Quand il s'en souvenait. C'est à dire pas souvent.
• Soit, elle avait décidé qu'il avait mit trop de temps à aller voir si Cavendish était là qu'elle avait tenté elle même d'y aller et s'était faite surprendre par lui au détour d'un couloir …

Non, cette théorie là était vraiment invraisemblable. Ellias l'avait côtoyé, il était peut-être chiant comme la pluie, égocentrique et imbu de lui même, mais ce n'était ni un psychopathe ni un pervers. Miss Shelter avait juste du retourner dans la salle et était en train de parler avec quelqu'un. Avec un mug à fleur. Bonjour l'image qu'elle devait avoir parmi les clients.

Avec un soupir profond, il retourna dans la salle. Mais il dut se rendre à l'évidence qu'elle n'était pas là et commença à paniquer, peut-être que s'il cherchait bien, il trouverait des traces de brûlures quelque part et se sentirait coupable tout sa vie. Il retourna voir Vicky qui était maintenant toute seule devant le bar à salade au lieu de vendre les siennes sur la tristesse qu'elle avait de perdre son artiste.

• Vick ? Est ce que tu aurais vu Miss Shelter par hasard ? Je crois qu'elle s'est fait enlevé par des extra terrestres !

• MacInerty ! Je ne te veux plus dans mon champ de vision de toute la soirée ! Il n'y a pas une connerie que tu m'aies épargnée ce soir alors vire de là avant j'appelle l'hôpital psychiatrique et que je leur dise que tu es un fou furieux qui a besoin de soin urgemment ! Capicchi ?

Et sur ce, elle avala l'intégralité de la coupe de champagne qu'elle venait juste de se servir, fit une grimace et s'éloigna de lui précipitamment. "Poivrote, va !", pensa t-il en secouant la tête d'un air réprobateur. Bon, pour en revenir à sa disparue, elle n'était nulle part en vue dans la salle, peut-être était-elle encore dans les bureaux. Il y retourna donc, mais seul Wesley était là, tout seul. Apparemment, lui non plus n'avait pas vu Miss Shelter depuis qu'il était sortit voir si Cavendish avait décampé fissa.

Le sentiment d'angoisse grandit d'un coup en Ellias quand il entendit cela. Peut-être qu'il s'inquiétait-il pour rien, mais pour le moment, il préférait écouter son instinct, celui ci lui avait déjà servi à plusieurs reprise et il avait une immense confiance en celui ci. Il regretta de ne pas avoir sa baguette à cet instant précis. Il sortit dans le couloir et entendit le bruit d'un objet cassé. Il se précipita vers la source du son.

Au moins, il l'avait trouvé.

Ellias se précipita vers la silhouette faible de la jeune femme posée contre le mur. Ah la la ! Du sang et du mug à fleurs cassé. Un mélange qui signait purement son arrêt de mort. Quelle chance il avait ce soir, c'était hallucinant.

Le jeune homme s'accroupit à côté d'elle et posa une main sur son épaule, elle avait les yeux fermés. Et semblait, accessoirement mal en point, donc en suite logique, le sang par terre était bel et bien le sien.

• Ah la la ! répéta t-il une nouvelle fois mais haute voix ce coup ci.

Il posa sa main sur son front, elle n'avait pas de température, juste une peu froide mais c'était tout. Il soupira et ramassa les morceaux de mug et les mit dan sa poche, il pourrait toujours réparer l'objet quand il aurait sa baguette, en espérant que Vicky ne le remarque pas avant.
Sur ses pensées négatives, il décida de l'amener dans l'endroit où ce trouvait ce don elle avait le plus besoin. C'est à dire la boite à pharmacie.

Il étira longuement ses grands bras et fit tourner ses poignets, les tâches physiques, c'était vraiment pas son fort, alors il valait mieux que son corps s'y prépare s'il ne voulait pas avoir de retomber comme des courbatures particulièrement douloureuses ou des claquements de dos qui le paralyserait. Et étant donné que son dos était le premier qui allait prendre, il valait mieux prévoir, vraiment.

• Bon, on y va Shelter !

Il passa un bras dans son dos et un bras sous ses genoux repliés et avec une grimace, il la souleva. Bon, il oscilla quelques secondes, mais au moins il ne s'écrasa pas non plus en arrière, ce qui était plutôt bien.
En fait, elle était plutôt légère, et il n'eut aucun mal à la porter jusqu'à son bureau. Et à la déposer dans sa chaise à roulette hyper confortable qui peut se mettre allongé, un détail qui avait été majeur lorsqu'il avait chois sa chaise en prévoyant tous les après midi de migraine qu'il s'était tapé en remplissant le da la paperasse en long en large et en travers.

• Wes, soit un ange, va récupérer la trousse de secours dans l'armoire des toilettes ok ?

Il s'est eclipsé en silence sans se plaindre, ce gosse était vraiment un ange. Il faudrait vraiment qu'il le lui dise un jour peut-être que cela lui ferait plaisir. Ellias a prit la main de la jeune femme et l'a doucement forcé à ouvrir pour regarder l'étendu des dégâts. La main était entaillé sur toute sa paume, bon, au moins elle n'était pas assez profonde pour des points de suture, c'était une bonne nouvelle. Wesley, sans un bruit se glissa près de lui et posa la trousse sur la table à côté de lui. Mais il ne retourna pas à ses carte et resta là avec la tête entre ses mains à regarder la jeune femme en la dévisageant.
Ellias ne lui reprocha rien et le laissa tranquille pendant qu'il mettait une bonne dose de désinfectant sur du coton pour l'appliquer sur la paume de la jeune femme et de l'y accrocher avec du sparadrap. Bon, sa main avait l'air d'être celle d'une momie mais ce n'était pas si grave.

• Bon, Shelter, il va falloir parler, c'est bien Cavendish qui vous a fait ça hein ?
Revenir en haut Aller en bas

Alithéia Shelter
● Humain ●



Nombre de messages : 136
Age du personnage : 23 ans
Habitation : Londres
Occupation : Artiste, dessinatrice & peintre
Signature : Spilou
Avatar : Spilou
Date d'inscription : 30/01/2011
Coup de coeur : 15
Gallions : 4460

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Lun 21 Mar - 21:59

HJ : Je vois ça owé ! Qu'est-ce qu'on se marre ! Smile

Le monde se résumait à une bouillie confuse de Tyrokafteri ( yaourt grec ).
Je gardais les yeux fermés. Il semblait que le sol tanguait sous mes fesses. Peut-être l'intervention de Cavendish m'avait-elle plus secouée que je ne voulais l'admettre.
Non.
Le sol ne se trouvait définitivement plus sous mon postérieur. On pouvait exclure la méditation bouddhiste et la sorcellerie. Ce qui voulait dire qu'un passant du couloir m'avait trouvée.
Ce qui voulait dire... Merde ! On allait à nouveau m'interroger.

Je repris mes esprits quand le bon samaritain de passage me déposa... Dans un fauteuil de bureau.
La première personne que je vis fut... Le jeune Wesley et sa tête incrédule.
Puis ma main gauche hurla dans sa poignée de nerfs sensibles : CA PIQUE BO**** DE **** M**** ! Le tout remonta dans la partie connectée de mon cerveau. Je levais le poignet à hauteur de visage.
Une grosse pelote de coton et de sparadrap me fit coucou. Je ne me souvenais pas comment ma main avait pu se retrouver momifiée ainsi. Alors je levais les yeux droit devant pour trouver le coupable.
Ma respiration était si basse que des papillons noirs dansaient le makélélé dans mon champ de vision.

• Bon, Shelter, il va falloir parler, c'est bien Cavendish qui vous a fait ça hein ?

Tout mais pas ça...


REPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDS...

J'agrippais un accoudoir avec ma main valide, et plongeais en avant. Par chance, je trouvais une corbeille à papier en plastique cylindrique, opaque et non perforée.
Je rendis mon dîner arrosé de scotch dans le sac poubelle déplié à l'intérieur.

REPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDS...

Ma tête redevint douloureuse, et 40°C caniculaires prirent d'assaut la loque humaine que Cavendish avait fait de moi en moins de 20 minutes.

- Ca suffit ! Ne me posez... Pas de question... Peux pas... Supporter...


REPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDS...

Mes muscles se tétanisaient. Une seule option, obtempérer.
Et ensuite, si je survivais à cette satanée exposition, je pourrais me faire Hermite dans une forêt sauvage à bouffer des insectes crus et parler aux racines des arbres.
Virer sa cuti, rien de telle pour préserver sa santé...

- Μου πήρε μετά από την αναχώρησή σας και να πει τα πράγματα είναι πολύ δυσάρεστα.
Αν το δοκιμάσω εγώ, ορκίζομαι θα σας έντερο με κομμάτια μοβ άνθη κούπα του αγαπημένου φίλου σας ...*


Mon grec était certainement très mauvais. Mais s'il pouvait m'éviter de nouveaux déboires, alors je préférais écorcher cette langue !
Je priais silencieusement pour qu'Ellias n'insiste pas. Nous avions déjà franchi la ligne de non retour. J'en étais quitte pour passer les 48 prochaines heures dans les pommes.
Je me radossais au fond du fauteuil.
Des taches de lumière pourpre se battaient en duel avec les fleurs violettes en miettes. Peut-être qu'hermite dans une forêt était encore une situation trop civilisée.
Il me fallait un endroit désert. Vraiment désert... Comme... Le Kalahari, ou une steppe mongole.

- Je vais... Rentrer...

Ma tête disait oui. Il faisait encore trop chaud pourtant. Je me retrouvais soudée au fauteuil. Impossible de bouger un muscle.
Etant donné la capacité d'Ellias à faire des pansements, il allait probablement appeler des renforts.
La dernière chose dont j'avais besoin était un séjour à l'hôpital. Moldu ou sorcier, c'était toujours le même calvaire.
A cette pensée, ma migraine gagna un échelon supplémentaire sur le baromètre de la douleur. Mais j'avais vu pire, n'est-ce pas ?

- Vraiment... Il faut que je rentre...

Bouge ! Maudis corps !

REPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDS...

L'alarme dans ma tête s'allumait à nouveau. N'ayant aucune idée de la question posée cette fois-ci, je ne sus contre quoi j'allais devoir lutter.
Alors j'exprimais au hasard des bribes sans queue ni tête.

- Non, je ne sais pas... Je n'en sais rien... Je ne peux pas répondre... Je ne sais pas... Je ne sais pas... Aucune idée... Que voulez-vous que je dise... Je ne sais pas... Quelle était la question ? Pourquoi ? Quelle importance ? Je ne sais pas... La vérité ? La Terre n'est pas tout à fait ronde.
... Van Gogh ne s'est pas complètement coupé l'oreille, il restait un cartilage... Oh merde... Putain de merde...


REPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDS...

Je n'avais pas de réponse. Merde ! Encore un effet secondaire de mon accident de chaudron.
Ca ne suffisait pas que je sois allergique au mensonge, et forcée de répondre aux questions qu'on me posait... C'était ça !

- Posez-moi une question simple, vite, avant que je m'évanouisse !

Si Ellias ne me prenait pas déjà pour une folle, ça ne raterait pas cette fois-ci. S'il ne m'écoutait pas et laissait sa raison prendre le dessus, j'allais probablement sombrer dans le coma. Il serait trop tard pour réparer les dégâts.

REPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDSREPONDS...






Spoiler:
 


Dernière édition par Alithéia Shelter le Dim 17 Avr - 14:39, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.plumedargent.com/viewuser.php?uid=132

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Mar 22 Mar - 16:50



Ellias n'avait jamais rien vu de pareil. Comment est-ce qu'une simple petite question pouvait mettre quelqu'un dans cet état là ? Il n'avait que posé une simple petite question et … Son état avait soudainement empiré comme ça. Elle se pencha en avant, et pour avoir vu cette scène des centaines de fois lors de ses services à St Mangouste, il tira son neveu en arrière juste à temps.
Ellias avait un solide estomac, endurci par des milliers de scènes peu ragoûtantes, mais son neveu lui, ne put retenir une grimace écoeurée. Ellias poussa doucement son neveu assez loin de Miss Shelter et s'approcha pour prendre sa température, elle avait nettement remonté contrairement à tout à l'heure quand il l'avait retrouvé dans le couloir.

- Μου πήρε μετά από την αναχώρησή σας και να πει τα πράγματα είναι πολύ δυσάρεστα.
Αν το δοκιμάσω εγώ, ορκίζομαι θα σας έντερο με κομμάτια μοβ άνθη κούπα του αγαπημένου φίλου σας ...


Ellias ne s'y connaissait pas en langues étrangères, mais il aurait pu jurer que c'était du grec ou quelque chose comme ça. Il posa son index sur ses poignets et remarqua que son rythme cardiaque s'était accéléré. Mais elle n'était pas malade, ce n'était pas un virus ou quoique ce soit de connu parce que ça ne pouvait pas prendre aussi vite, elle était en bonne santé quand elle était arrivé, ça il aurait pu le jurer sur sa propre tête.

- Vraiment... Il faut que je rentre...

Ellias acquiesça, dans cet état là, il était absolument d'accord avec elle. Et il pourrait peut-être l'aider en quoi que ce soit. Elle n'était pas en état de conduire sa voiture mais il pouvait peut-être la raccompagner puisqu'il savait où elle habitait, en plus, ça lui permettrait de s'échapper à cette soirée qu'il avait en horreur depuis le début de sa carrière dans le milieu de l'art. Alors …

• Est ce que vous voulez que je vous appelles un taxi ?

La réaction fut instantanée, elle eut l'air de se sentir encore plus mal qu'avant vu la grimace qu'elle fit, on aurait dit qu'elle avait mal au crâne. Et le jeune homme s'en voulu presque immédiatement, il avait enfin compris et n'avait rien fait pour l'empêcher d'avoir mal. Ce n'était pas une maladie normale mais quelque chose de magique et il ne l'avait pas vu avant. Quel piètre médecin il ferait plus tard c'était affligeant. Surtout qu'en plus, il voulait rentrer dans le service des Charmes et des Sortilèges.

- Non, je ne sais pas... Je n'en sais rien... Je ne peux pas répondre... Je ne sais pas... Je ne sais pas... Aucune idée... Que voulez-vous que je dise... Je ne sais pas... Quelle était la question ? Pourquoi ? Quelle importance ? Je ne sais pas... La vérité ? La Terre n'est pas tout à fait ronde .... Van Gogh ne s'est pas complètement coupé l'oreille, il restait un cartilage... Oh merde... Putain de merde...

Avec un regard outré, il plaqua ses mains sur les oreilles de son neveu en entendant le premier gros mot. Wesley lui jeta un regard tout à fait innocent avec un grand sourire. Ellias savait parfaitement que son neveu avait dû entendre pire mais quand même, pour le jeune homme un enfant ne devait pas avoir à entendre des choses pareilles, même s'il les avait déjà entendu auparavant.

- Posez-moi une question simple, vite, avant que je m'évanouisse !

Ellias la dévisagea sans comprendre, la seule chose qui lui était évident c'est que le truc dont elle était atteinte l'atteignait vraiment. Si Ellias n'avait pas déjà vu des sortilèges faire des ravages bien plus important sur des autres sorciers, voire Moldus, il aurait vraiment paniqué. Quoiqu'à la réflexion, son cerveau était en train de marcher en mode veille. La situation lui échappait sans s'arrêter un seul instant pour permettre à un de ses neurones de capter et comprendre le message. Pourtant la situation semblait plutôt grave là, Miss Shelter avait vraiment l'air particulièrement mal en point. Wesley lui aussi la regardait sauf que lui devait vraiment avoir l'air intelligent contrairement à son oncle.

• Est ce que Vil Coyote a déjà tenté de tuer Bip Bip ? s'écria Wesley avec un éclat intelligent dans les yeux.

Le jeune homme regarda son neveu avec un air qui devait être encore plus incrédule que celui qu'il arborait quelques minutes plus tôt. Mais déjà, elle semblait déjà aller un peu mieux mais ce n'était pas forcement mieux pour autant. Il se força à se ressaisir un peu, et posa sa main sur le front de sa nouvelle artiste. Sa température semblait un peu baisser, même très vite. Pareil que pour son rythme cardiaque. J'ai soupiré, c'était beaucoup mieux ainsi. Dites donc, si des situations pareilles le faisait tellement paniquer, il n'avait pas vraiment sa place dans le milieu de la médecine.

Tient ! Même son neveu s'y mettait, il le regardait d'un air navré en secouant la tête d'un air de reproche. En temps normal, il ne l'aurait pas tolérer mais là, la situation était nettement différente et il pouvait le tolérer. Mais ce n'était qu'une exception à sa politique de rendre son neveu mois pourri gâté. Même si les exceptions se multipliaient de plus en plus en ce moment. Il faudrait qu'il les stoppent un peu d'ailleurs.

• Quoi ? demanda t-il à son neveu qui n'arrêtaient pas de le regarder toujours avec ce petit air. Et si t'allais chercher du jus d'orange hein ?

Il s'éloigna avec un air supérieur et Ellias soupira profondément et enterrant au plus profond de lui l'agacement qui commençait à le prendre. Puis il se tourna vers Alitheia. Il aurait voulu lui demander comment elle allait mais apparemment elle faisait une allergie sévère aux questions
Revenir en haut Aller en bas

Alithéia Shelter
● Humain ●



Nombre de messages : 136
Age du personnage : 23 ans
Habitation : Londres
Occupation : Artiste, dessinatrice & peintre
Signature : Spilou
Avatar : Spilou
Date d'inscription : 30/01/2011
Coup de coeur : 15
Gallions : 4460

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Mar 22 Mar - 19:48

• Est ce que Vil Coyote a déjà tenté de tuer Bip Bip ?

La voix enfantine de Wesley perça le brouillard comateux dans lequel je m'enfonçais.
Cette question ne nécessitait même pas de réponse tant cette dernière était évidente. Elle chassa l'alarme 'REPONDS' de ma tête. Ma température retomba. Bénis soient les enfants et leur vitesse de réaction. Sans la présence d'esprit du neveu d'Ellias, qui sait jusqu'où tout cela aurait pu me mener. Je frémissais à cette pensée. Mieux valait arrêter de réfléchir. J'avais eu mon compte de cervelle détraquée pour la soirée. Et je l'avais payé cher.
La migraine persistait mais j'avais l'habitude, je pourrai la supporter. Au fond, les retombées sur mon organisme ressemblaient beaucoup à une vilaine gueule de bois. Ca me rappellerait qu'une fois encore, j'avais failli mourir, et puis que je l'avais échappée belle. Maigre consolation. Enfin, j'étais toujours en vie...

Je rejetais la tête contre le dossier du fauteuil de bureau. Les larmes montaient. Un énième effet secondaire. Si si, je vous assure... Mais oui, bien sûr !

J'en avais marre de tout ça. Mensonges, vérités, questions, réponses... L'essentiel du mode de communication humaine s'apparentait à un fusil chargé, armé, posé sur ma tempe en permanence. Je reconsidérais la possibilité de finir hermite... Et ouvrais finalement les yeux.

Ellias se tenait près du fauteuil. Une main encore posée sur mon poignet. Réflexe de médecin/guérisseur. Le pauvre avait dû en voir de toutes les couleurs ce soir. Par ma faute. Sans parler du gamin. Les pauvres !

- Je suis profondément désolée, lâchais-je d'une voix à peine audible.

Le mal dont je souffrais était unique, incurable. Hormis ce médicomage de Ste Langouste (il me semble que c'est un nom de ce goût-là) à qui j'avais dû déclarer mon problème en venant m'installer à Londres, personne dans ce pays ne connaissait mon triste état de santé. Le mage en question réprouvait ma façon de vivre. Il disait chaque année à la visite de contrôle que je prenais de gros risques en cumulant les activités de groupe et les rencontres, les visites de lieux publics, etc. Personnellement, je n'étais pas d'accord. Il suffisait d'un individu mal intentionné pour me mettre au tapis. Quelqu'un qui me connaisse très bien. Rester uniquement avec mes proches se révélait aussi dangereux que déambuler au milieu d'une foule d'inconnus. De toute façon, j'avais depuis longtemps abandonné l'idée de vivre vieille.

- D'ordinaire, les questions ne posent pas autant de problème. Mais Cavendish a l'art et la manière de parler de choses qui fâchent. Et j'ai perdu le contrôle...

Faible et pitoyable excuse. Je ne possédais rien d'autre en stock. Pour cela, il faudrait attendre 36h de sommeil ininterrompu et une solide cure de solitude afin que je puisse m'en remettre.

- Si vous désirez obtenir quelques précisions, formulez vos questions pour les rendre affirmatives. Très franchement, je ne suis pas certaine d'arriver à encaisser un autre interrogatoire ce soir.

Je me redressai une seconde pour voir si la gravité allait me porter assistance et me laisser me mettre debout sans me jeter le sol à la figure. L'Univers lui-même conspira avec cette pimbêche. Je restais clouée au fauteuil. De guerre lasse, cette situation embarrassante m'arracha un soupir.

- Pourrez-vous m'aider à rentrer chez moi quand je serai en état de me lever ?

Je croisais les bras sur ma poitrine. Il ne faisait pas particulièrement chaud dans ce bureau. J'étais gelée. Un tas de porcelaine décorée de violettes attira mon regard. Oups ! L'ex-tasse gisait sur le bureau, à côté d'une pile de dossier de 4cm d'épaisseur. Deux raisons pour l'employeur d'être furax si elle passait la porte du bureau incessamment. J'avais toutes les chances de m'en sortir : personne dans le camp des Gentils ne frappait un blessé ou une personne à terre. Ellias en revanche...

- Je vous prêterai mon immunité auprès de votre patronne si vous voulez. Vous n'aurez qu'à dire que je suis responsable de tout ce bazar. Après tout, c'est la vérité.


Dernière édition par Alithéia Shelter le Dim 17 Avr - 14:40, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.plumedargent.com/viewuser.php?uid=132

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Jeu 24 Mar - 12:54

Pour un peu, Ellias se serait effondré sur sa chaise et serait resté là comme un légume en s'efforçant de ne penser absolument à rien. Or, sa chaise était occupée, et il ne pouvait décemment pas demander à celle qui l'occupait de la désoccuper.
Il se posa donc sur son bureau en attrapant, sans vraiment y penser, sa bouteille de scotch. Pour une fois, il aurait bien apprécier de se prendre la cuite de sa vie si celle ci lui avait permis de tout oublier de cette soirée. Et d'oublier surtout toutes les bizarreries qui s'étaient produites et qui étaient liés à Shelter. Pourtant elle n'était pas sorcière, il l'aurait pu le jurer, mais elle était affectée d'une maladie de base sorcière, ça il l'avait assez vu pour pouvoir le reconnaître dès le premier regard. Elle devait avoir des ennemis qui la détestait vraiment beaucoup pour que ce soit à ce point là. Être à l'article de la mort à chaque fois qu'elle devait répondre à une question, c'était vraiment cruel. Et le jeune médecin n'avait jamais vu ça. Dès qu'elle serait remise, il faudrait vraiment qu'il lui pose la question pour avoir si elle connaissait le nom de son mal ou pas. Mais à vue de nez, on aurait dit qu'on lui avait ait avaler un sérum de vérité particulièrement puissant. Avant de se souvenir que l'on ne pouvait pas éviter de répondre une question en changeant de langage lorsque l'on était sous Véritasérum. Il était vraiment nul comme médecin.

Et il pensa, histoire de bien s'achever, qu'il allait vraiment devoir briser son projet pour le dépourrigâtiser, parce que là il le méritait vraiment. Peut-être une caisse complète de chocogrenouille pourrait vraiment lui faire très plaisir, et déculpabiliserait son oncle à coup sûr. Pour lui, un week end dans un bar avec ses amis devant un bon match de rugby le défoulerait sûrement pour quelques heures. Au moins, un week-end sans s'approcher de cette galerie qui attirait les tordus et les extra terrestres. Il profiterait d'ailleurs de ce week-end pour essayer de penser s'il était vraiment fait pour le métier de Médicomage où s'il ferait mieux de rester faire de la paperasse pour Vicky et d'autres moldus.

- Si vous désirez obtenir quelques précisions, formulez vos questions pour les rendre affirmatives. Très franchement, je ne suis pas certaine d'arriver à encaisser un autre interrogatoire ce soir.

Ellias hocha énergiquement la tête en signe négatif, les chances qu'il retente tout de suite de poser de simple question frôlaient le zéro absolu. Voire même carrément plus. Il préférait ne prendre aucun risque de prononcerait plus de phrases en sa présence qui commenceraient par les mots Qui, Que, Quoi, Comment, Pourquoi ou encore Est ce que. Sans oublier tous leurs dérivés auxquels il n'avait pas pensé pour ne pas s'être encore ressaisit. Ce que, au passage, il devrait se dépêcher de faire avant que Wesley ne revienne avec le jus d'orange. A la réflexion, le jus d'orange n'était peut-être pas une si bonne idée, il y avait certes beaucoup de vitamines dans cette solution mais elle avait surtout besoin de beaucoup dormir, et le jus d'orange ne l'aiderait vraiment pas à dormir aussi vite qu'Ellias pourrait l'espérer pour une malade de ce genre.
Tient justement, voilà qu'il arrivait.

• Wesley tu peux aller reposer le jus d'orange en fait ! Puis en voyant la grimace de son neveu s'étaler sur son visage, il ajouta avec un sourire d'excuse : Désolé.

Puis il se retourna vers Shelter pour voir si son état continuait de s'améliorer ou pas. Elle avait toujours l'air vaseuse, mais ce n'était pas pire que quelque minutes plus tôt.

- Pourrez-vous m'aider à rentrer chez moi quand je serai en état de me lever ?


Il acquiesça, lui même se refusait à la laisser repartir toute seule, la moindre des choses s'était bien évidemment de la raccompagner, par contre le problème était qu'ils étaient venus en taxi et que son antique voiture dormait depuis très longtemps au fond du garage de son immeuble. Ce qui voulait dire qu'il allait devoir repasser pour la prendre parce qu'il était absolument hors de question de la laisser prendre le taxi toute seule, au cas où le taxidermiste se mettait à lui poser des questions indiscrètes, elle ne l'y aurait vraiment pas survécu.

• Évidemment ! Par contre, il faudrait repasser à la maison pour récupérer la voiture, désolé.

Ellias avait appelé un taxi à l'aller pour éviter à Wesley d'avoir à marcher, mais là ils allaient bien être obligé de marcher, impossible de laisser l'occasion à quelqu'un d'embêter Shelter avec des questions intempestives. Hors de question de la laisser reprendre ce risque.
Avec un soupir, il se dirigea vers la salle d'exposition, un peu moins bondée que tout à l'heure mais quand même encore bien garnie de riches collectionneurs et de mécènes intéressés. Si seulement il savait quel type avait peint le tableau qui les ravissait complètement. Bref, il fonça au vestiaire et récupéra ses affaires et celles de son neveu ainsi que celles de Miss Shelter. En repérant Vicky, il baissa la tête et fonça pour retourner dans les bureaux, si elle le chopait avant qu'il ait réparé la tasse, toutes les immunités du monde n'y changeront absolument rien, le résultat serait le même : lui dans un cercueil. Il haussa un sourcil en s'entendant lui même parler de sa mort. Il était d'humeur lugubre ce soir.

• Bon Wesley !Tu enfiles ton manteau et tu mets ton écharpe,
commanda t-il en mettant son propre manteau. Shelter …

Il releva la jeune femme avec la douceur qu'il employait avec ses propres malades et posa le manteau de la jeune femme sur ses épaules en fermant juste le premier bouton mais, il n'avait pas le courage de lui mettre les manches. Il se retourna pour vérifier l'accoutrement de son neveu, qui avait focalisé de nouveau son attention sur ses précieuses cartes, donnant une image fugitive à son oncle d'un certain hobbit à la voix traînante et schizophrène. Il s'étira de nouveau, et prévenant à l'avance sa cargaison avec un "Accrochez vous, Shelter !", il l'a prit dans ses bras et la souleva, songeant que son dos allait hurler pendant dix minutes quand ses muscles se relâcheraient.

Heureusement, son neveu capta très vite qu'il n'avait pas l'attention de lui courir après dans toute la ville avec une malade dans les bras et il n'eut même pas à lui demander de ne pas s'approcher du bord de la route. Le jeune homme s'entêta néanmoins à ne pas adresser la parole à Alithéia de peur qu'une question lui échappe des lèvres, ce qui n'empêchait pas son neveu de lui raconter la vie de chaque personnalité qu'il avait en cartes et leur découverte. Lui offrant ainsi un magnifique exposé sur l'Histoire de la Magie revisitée par Wesley De Baenvol.
Il se concentra surtout ses mouvements histoire d'amortir tous les chocs qui pouvaient déranger l'artiste de sa galerie, ce qui faisait d'elle un objet à protéger aux pris de sa vie… ou moins de pas mal de courbatures pour le lendemain.

Plus que quelques marches et il serait enfin de retour chez lui, mais pas pour avoir la satisfaction de se jeter sur son canapé comme un cachalot échoué ou de dormir comme, un cachalot qui a le ventre plein. Oui, l'honneur était aux images de cachalot aujourd'hui. Mais pour coucher Wesley, retrouver les clefs de sa voiture dans son fouillis et de reprendre la route pour ramener Shelter chez elle. Quel planning en perspective ! Il ne rêvait que d'une bonne tasse de thé et une douche chaude. Mais il ne le pouvait pas, c'était triste mais au moins il pouvait se réconforter en se disant qu'il était utile à quelqu'un

Enfin à l'intérieur, Wesley aillant sérieusement bien aidé en obligeant son oncle à se contorsionner pour que celui puisse récupérer ses clefs dans sa poche de manteau, manquant de les faire renverser tous les trois grâce au légendaire équilibre d'Ellias. Et ouvrant la porte d'un coup de pied, il alla déposer la demoiselle en détresse sur son canapé. Ses bras crièrent de soulagement, après un quart d'heure de marche avec Shelter dans les bras, on pouvait très facilement les comprendre. Mais malgré tout, il chopa son neveu à la taille et l'emmena dans sa chambre à la tête à l'envers. En lui ordonnant de se mettre en pyjama et d'être endormi quand son oncle reviendrait.
Parce qu'étant donné que son appartement était un foutoir son nom, il préférait ne pas trop laissée leur invitée, elle risquerait peut-être de finir étouffée en dessous d'une avalanche de catalogue de cuisine. Alors il préférait vite l'occuper.

• Tonton ?


Ellias se retourna en entendant la petite voix de son neveu parvenir de la montagne de couverture sous laquelle il était.

• Oui ? Tu veux de l'eau.

Il haussa les sourcils d'un air déçu par les neurones déficients de son oncle avant de lâcher le morceau.

• Tu sais, aucune fille ne vienne ici ! Tu veux pas avoir une maman comme la mienne pour être avec toi ?

Ellias ne put faire autrement qu'éclater de rire, mais apparemment son neveu n'était pas d'humeur à rire, lui. Il fit une petite grimace et le dévisagea furieusement. Il était d'ailleurs trop mignon avec cette tête là.

• J'ai largement le temps d'en trouver une, ne t'inquiète pas pour moi.

Il lui sourit et sortit de la chambre pour revenir au salon pour constater qu'elle n'avait pas été enterrée vivante sous des piles de catalogues.

• On y va ? Par contre j'espère que vous pouvez marcher, mon dos n'y survivra pas
, précisa t-il en haussant un sourcil.
Revenir en haut Aller en bas

Alithéia Shelter
● Humain ●



Nombre de messages : 136
Age du personnage : 23 ans
Habitation : Londres
Occupation : Artiste, dessinatrice & peintre
Signature : Spilou
Avatar : Spilou
Date d'inscription : 30/01/2011
Coup de coeur : 15
Gallions : 4460

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Mar 29 Mar - 16:55

• Évidemment ! Par contre, il faudrait repasser à la maison pour récupérer la voiture, désolé.

Je considérai la réponse avec étonnement. Enfin, dans la mesure où mes neurones arrivaient à peser les paroles d'Ellias. Je suppose qu'il avait fait le tour de ma question afin de choisir la meilleure option. Il ne semblait pas envisager de nous faire prendre un taxi. J'en retirai un premier vrai soulagement. Les taxis n'ont jamais été mon truc. Il faut se battre pour en trouver un. Généralement les autres usagers n'ont aucun scrupule à vous écrabouiller si cela leur permet de vous coiffer au poteau. Ou alors il fait un temps de chien et là, ce sont les taxis qui choisissent mystérieusement cet instant pour disparaître corps et biens. Dans le dernier cas, vous tombez sur des chauffeurs bizarres. A la limite, la bizarrerie de ces individus ne me pose pas de problème. Toutes catégories confondues, on pourrait me décerner un prix du Bizarre, alors ce n'est pas moi qui m'amuserait à les juger, eux. Mais leur côté bavard sympathique, bavard rasoir, bavard tout court, est mauvais pour ma santé. Carrément contre indiqué dans mon état actuel. J'estimai donc d'autant plus la présence d'esprit de McInerty de les éviter... Pour m'apercevoir qu'il s'était éclipsé hors du bureau pendant mes cogitations brumeuses.

• Si je devais vous demander un truc sans poser de question, je dirais comment Tonton a fait pour vous connaître, Madame Shelter, parce que d'habitude je ne le vois jamais avec personne en dehors du travail.

Je tournai la tête vers Wesley. Je connaissais quelques gamins de son âge. Dont des jumelles vivant en Irlande, près de Dublin. Jamais encore je n'avais rencontré un autre nain de jardin aussi malin qu'elles deux réunies. Je m'étais posée la même question. Parce que mon nom ne figurait sur aucune sorte d'annuaire des Parfaits Petits Artistes Locaux. Il m'avait d'ailleurs vaguement répondu. Sans me convaincre. Le fin mot de l'histoire, c'était Vicky qui me l'avait donné. Quand j'étais allée signer son contrat. Elle avait entendu parler de moi par des connaissances communes. Le bouche à oreilles avait fait le reste.

- Tu veux dire que ton oncle n'a pas d'amis ?
• Tonton est trop occupé. C'est parce qu'il est célibataire.
Traduction : parce que je suis là.

Je souriais malgré moi. Normalement, le célibat limitait vos obligations, et non le contraire. Je décelais dans le ton du gamin une note attristée. A mon avis, il croyait que son oncle se refusait toute vie sociale à cause de lui. Ca pouvait se comprendre. Si j'avais un enfant à charge, je suppose que j'aurai une vie un peu plus rangée. Moins de voyages à l'étranger, moins de nuits blanches dédiées à la peinture, plus de soirées arrosées avec mes amis... Quoi que. Oui, la présence d'un enfant vous changeait le quotidien. C'était indéniable.

- Je vois.

Le principal intéressé refit surface. Wesley se pinça les lèvres. Discussion close. Je hochai discrètement la tête.

• Bon Wesley !Tu enfiles ton manteau et tu mets ton écharpe, dit-il, endossant son propre manteau.

• Shelter …

Je pesai sur les accoudoirs. Il m'aida à me relever. En quelques secondes, mon manteau reposait sur mes épaules, boutonné près du col.

• Accrochez vous, Shelter !
Traduction : je m'apprête à faire quelque chose de potentiellement gênant et fatiguant mais ne vous méprenez pas, c'est strictement professionnel.
* Mais oui, bien sûr ! *

Quoi ?!

- Attendez... Je peux march...


Il me souleva de terre avant que je puisse protester jusqu'au bout. Hé ! En me tenant le bras, je pouvais marcher ! Mince, je n'étais pas en sucre !

* Tes jambes sont en tagliatelles ma grande ! Laisse faire le med-mage ! *

J'ai horreur de ça. A la base, tout au fond, j'exècre ce genre de faiblesse. Celle qui pousse des personnes bien attentionnées comme Ellias à porter les loques humaines comme moi. Parce que ça faisait précisément de moi une loque humaine. Incapable de tenir seule sur ses pattes. Obligée de s'appuyer sur l'épaule de quelqu'un.

* Précisément ! *

J'espérai que le trajet ne dure pas indéfiniment. Outre l'humiliation d'être trimballée à travers Londres par un chevalier en armure ès McInerty, l'immobilité risquait de me faire sombrer dans le gouffre de sommeil qui suivait généralement mes crises.

* D'ailleurs ce serait bien que tu gardes les yeux ouverts *

Oups !

J'atterris dans tous les sens du terme quand mon preux chevalier me déposa sur le canapé de son salon. (* Mouahahahaha * , c'est bon là ! Inutile d'en rajouter...)
Je ne voulais même pas imaginer comme cette marche avait dû l'épuiser. Il disparut avec son neveu sous le bras. J'étais bonne pour m'endormir, alors je me hissai vers le bord et me mis debout. Un de mes pieds maladroits buta contre une pile de catalogues appuyés à l'un des coins du canapé. Je reculais, et cette fois, mon autre pied glissa sur une autre revue.

Bravo Ali ! De mieux en mieux !

Je jetai un coup d'œil.

Les omelettes françaises, spécialités de la Mère Poulard...

Ellias aimait cuisiner, il me l'avait dit quand il était passé chez moi la dernière fois. De là à vouer à cette discipline un intérêt suffisant pour s'abonner à des revues hebdomadaires... Je reposais la semelle de ma chaussure à côté. L'article de la seconde page visible était une recette de cuisses de grenouilles. Ces français mangeaient vraiment n'importe quoi ! Berk !

Tout le salon semblait envahi. Revues, vêtements laissés sur différents dossiers de sièges... Une baguette magique trônait en haut d'une étagère, quelques photographies bougeaient dans leur cadre. Mais ici et là, je notais une existence simple, mixée sorcière et moldue. Un peu comme chez mes parents. Avant.

* Attention, tu oscilles sur tes jambes *

Je me concentrai pour garder l'équilibre. Et les yeux ouverts. Si je m'endormais maintenant... Un tremblement de terre ne suffirait pas à me réveiller. Pas avant plusieurs jours.

• On y va ? Par contre j'espère que vous pouvez marcher, mon dos n'y survivra pas.

- Pas de problème, répondis-je, surprise par son retour.

Nous sortîmes. Aussitôt le sol tangua.

* Allez bouge ! Un pied devant l'autre. Tu peux le faire, tu dois juste avancer...*

Je ne sais toujours pas comment ça m'est venue.

* Quoi donc ?*

Après une crise, ma voix intérieure se dote d'une volonté propre. Elle parle à tort et à travers dans ma tête. On pouvait s'attendre à ce que je devienne folle, moi la première. Ca aurait même pu arriver bien plus tôt, avec mon organisme infusé au Véritaserum. On le devenait aussi pour moins que ça. Je l'entendais depuis ce fameux coma, survenu l'année de mes dix-sept ans à Orléans. Quelques jours après mon réveil, elle s'était mise à ponctuer mes propres tentatives pour digérer le traumatisme. Celui d'avoir limite vécu une tentative d'homicide volontaire que je devais à l'inconscience de ma mère.

Mais je sais de ce qu'elle est. Je sais faire la part des choses. Tant que je ne suis un danger pour personne, je ne vois pas où est le problème. D'ailleurs aucun médicomage ou médecin n'est au courant. Parmi la longue liste d'effets secondaires de mon mal, elle figure entre « sautes d'humeurs » et « troubles de sommeil » sur une ligne imaginaire.

D'habitude, je l'ignore, comme presque tout le monde. Là, il faudrait patienter. D'ici trois-quatre jours, je ne l'entendrai plus. Pas avant la prochaine crise. Tout allait bien !

* C'est ce qu'ils disent tous !*

Je haussai les épaules et suivis McInerty jusqu'à l'endroit où il avait garé sa voiture.



Dernière édition par Alithéia Shelter le Dim 17 Avr - 14:40, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.plumedargent.com/viewuser.php?uid=132

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Mer 30 Mar - 19:10

Ellias se sentit coupable de la laisser comme ça. Comme si elle allait s'effondrer par terre et se transformer en flaque visqueuse sur le sol. Elle n'avait vraiment l'air rien. Ce n'était pas forcément méchant dans l'esprit d'Ellias. Parfois c'était bien de ressembler à rien. On ressemblait à … bah à rien pour commencer mais au moins on se démarquait des autres puisque l'on ne ressemblait à rien de connu pour être comparé. Donc on se démarquait, donc on était différent donc … on était différent et s'était pas mal.
Mais là, pour l'occasion, ce n'était pas vraiment un compliment, même si Ellias se sentait vraiment coupable de penser ça. Soyons réaliste : elle allait pas tarder à rendre son petit déjeuner, avec la chance qu'il avait ce soir, elle allait faire ça dans sa voiture et il serait bon pour nettoyer. Ce qui était loin d'être cool. Vraiment loin d'être cool.

* Pitié, pitié, pitié. S'il y a un Dieu quelque part, je sais qu'il ne s'est jamais vraiment soucié de moi, mais par pitié, fait qu'elle ne gerbe pas dans ma voiture. Allez, c'est la première fois que je te demande un truc *

Oui, dans ce genre de situation, les prières étaient une alternative qu'Ellias s'accordait en théorie. Alors pour une fois, il le faisait de la théorie une pratique. Il se le devait bien. Et puis ce n'est pas comme s'il le faisait tous les jours. Bon, peut-être mais c'était vraiment des jours où il avait besoin de trouver la foi. Du genre les matins où Wesley en apercevant le contenu de son assiette s'asseyait en posant ses mains sur sa bouche. Ces jours là, Ellias avait besoin de courage, en partie parce qu'il fallait le choper, faire en sorte qu'il arrête de se débattre, décoller ses mains de sa bouche et lui faire avaler son petit déjeuner. Et bien c'était pour ça qu'il préférait prier, plutôt que de frapper quelque chose ou d'éclater en sanglot. Ces matinées là étaient plus longues que les autres.

Il jeta un coup d'œil à sa droite, elle tanguait dangereusement. Mais il ne pouvait pas la reporter. En raison de son dos premièrement, et puis elle n'avait pas franchement eu l'air d'apprécier d'être trimballée comme ça. Donc Ellias en avait prit note mentalement un peu sous la forme de : Ok, noté, je ne dois pas porter Shelter quand elle est malade même si c'est pour quelque rues. En fait, ça venait juste après : Ne pas parler de cuisine espagnole à Vicky, aussi distrayant que cela peut-être, quand elle est penchée sur ses factures de cartes bleues et que le verre de Téquila posé à côté d'elle indique que la pilule à du mal à passer.

• Ca va ?
demanda t-il avant de se traiter mentalement d'idiot.

Que croyait-il qu'elle allait répondre ? Sérieusement ? Ca n'allait sûrement pas être : Oui ! Tout va super bien ! C'est pas comme si j'allais pas tarder à m'écraser face contre sol et que je tangue plus qu'une quille qui vient d'être frolé par une boule. Métaphore pitoyable pour désigner Alithéia comme la quille et Cavendish comme la boule, parce qu'il était un boulet et que c'était de sa faute si Ellias jouait le taxi alors qu'il aurait mille fois préféré veiller son neveu. Parce que c'était lui qui allait se taper la crise de culpabilité parce qu'il l'avait laissé tout seul. Et elles étaient particulièrement sévère s'il se passait quelque chose pendant son absence. Genre le jour où il avait retrouvé son neveu assis dans un coin du salon fixant la télévision éteinte, par ce que ce jour là, les piles avaient cessé de fonctionner et qu'il avait passé tout l'après midi à fixer l'écran. C'était assez flippant dans un sens. Mais bon maintenant il savait où trouver les piles, et puis de toute façon, il avait aussi ses cartes de chocogrenouilles.

• Pardon pour la question idiote, intervint-il avant de lui laisser l'occasion de sortir un sarcasme.

Il déverrouilla la portière et s'installa devant le volant en se félicitant que, au contraire du reste des objets ou lieux qui lui appartenaient, sa voiture soit clean et sentent la menthe grâce au petit sapin vert parfumé accroché à son rétroviseur qu'il ajusta avant de faire demi tour.

Bon, au moins il savait où elle habitait, donc Ellias n'avait pas besoin de la harceler pour qu'elle lui dise où était son lieu d'habitation, ni qu'elle fasse le rôle de Micheline le GPS pour qu'il ne se perde pas dans le dédale que pouvaient être les rues de Londres. Mais évidement, la facilité n'étant pas marqué comme une option heureuse dans le destin d'Ellias, il fallait toujours qu'il tire une carte Chance foireuse.

Vous avez été arrêté par la Police, rangez vous sur le côté et affichez un beau et grand sourire. Et pourquoi est-ce qu'ils l'arrêtaient d'abord ? Il respectait les limitations de vitesse et tout fonctionnait parfaitement dans sa voiture ! Ok, il était près de minuit, mais ce n'était pas une excuse pour arrêter de braves citoyens comme lui qui payait ses impots presque toujours en temps et en heure.

• Oui ? demanda Ellias avec un grand sourire après avoir baissé sa fenêtre.

Le policier ne lui prêta presque aucune considération à part un petit regard vaguement agacé quand il se pencha devant lui pour voir Shelter d'un peu plus près.

• Elle n'a pas l'air d'aller bien
, commenta t-il.

Aaaaaah. C'était donc pour ça qu'ils l'avaient fait s'arrêter. Bon ok, ce n'était donc pas quelque chose qu'il aurait fait de mal, comme griller un feu rouge. Ellias haussa un sourcil en réprimant un sarcasme qui n'allait pas tarder à s'échapper de sa gorge s'il ne se faisait pas violence pour prendre un moment et de se raisonner. Non ce n'était pas bien de se foutre d'un policier, non. Même si c'était vraiment tentant. Parce que ce n'était pas cool d'avoir un ennemi parmi les membres des Forces de l'Ordre, c'était le genre de chose qui ne pardonnait pas si cela devait récidiver.

• Qu'est ce qu'elle a ? continua t-il.

Ellias se contenta de soupirer profondément.

• Est ce qu'elle aurait prit des substances illicites ?
demanda le policier en dardant un regard pénetrant sur le jeune homme qui comprit enfin où il voulait en venir.

Il faillit presque éclater de rire si la situation n'avait pas demandé autant de sérieux pour une fois. Non mais il pensait quoi là ? Qu'il l'avait drogué et que maintenant il voulait … erk ! Formuler cette possibilité, même en pensée lui donnait envie de vomir. Et une série de frisson. Oh non, lui, les filles chez qu'il allait, il avait la décence de les rencontrer et de vérifier qu'elles étaient consentante avant. Il était loin, très loin d'être ce genre de personne là.

• Non, ma compagne a juste bu un peu trop. Nous sommes en train de rentrer justement.

Oui, c'était horrible de mentir mais la situation présente était un peu trop longue à expliquer, surtout quand il était près de minuit et que son réveil avait sonné à cinq heures du matin pour qu'il soit à l'heure à son stage à St Mangouste. Et il espérait pour que Shelter soit encore assez dans les vapes pour ne pas avoir entendu le "ma compagne", sa réplique semblait tout droit sortir d'un roman de bit-lit que lisait la baby-sitter de Wesley et qu'elle laissait traîner derrière elle. Alors évidemment, qu'est ce que Ellias pouvait faire d'autre que de les lire. La curiosité l'y poussait !

• Ah … Bien

Ellias trouvait qu'il lâchait le morceau un peu trop vite quand même. Vive la sécurité de Shelter s'il avait bel et bien été une sorte de pervers psychopathe qui avait décidé de la découper lentement en morceau avant de l'abandonner dans un fossé. Il avait presque envie de hurler qu'il n'était pas du tout son époux et de lui demander d'intervenir d'une manière ou d'une autre.
Mais après un moment de raisonnement, il se convainc qu'il valait mieux rentrer juste le plus vite possible. Alors il se contenta de sourire un peu plus et de reprendre son chemin.
Plongé dans un silence râleur avec une phrase qui retournait dans sa tête en boucle et qui lui criait d'envoyer une lettre à la police pour se plaindre de la façon dont il assurait la protection des citoyens. Puis il se rangea devant l'immeuble où habitait Miss Shelter.

Il éteignit le moteur en songeant qu'il ne pouvait pas laisser remonter TOUS les étages toute seule sachant qu'elle ne tenait presque pas sur ses pieds. Il alla de l'autre côté de la voiture et lui tint la portière en songeant avec un immense sourire interne qu'il pouvait facilement utiliser l'image d'un ange pour se désigner. Parce que c'était ce qu'il était, véritablement.
Jusqu'à ce qu'il ait à pousser la porte avec l'épaule. Ouh, elle était lourde cette porte. Et les anges étaient censé être musclés et balèzes, ce qui était loin d'être son cas.

Et pour couronner le tout, il reçut en arrivant sur le dernier palier une masse lourde et griffue sur son mollet, avant de découvrir en sautant sur le côté à cause de la surprise cette saleté de bêbête qu'était le chat orange. Non mais, il pouvait le laisser circuler tranquillement dans ce foutu couloir ? On rêvait !!

• Mais il faut le nourrir votre chat ! s'insurgea t-il en secouant la jambe pour dégager le tissu de son pantalon des griffes sorties de ce monstre énorme.

Il la laissa ouvrir sa porte en se tenant le plus loin de la plante dont il s'était un peu trop approché, ce qui expliquait l'attaque du matou. En songeant à ce que lui avait dit Wesley avant de partir. La dernière fois qu'il était sorti avec quelqu'un, c'était … il y a très longtemps. Alors pourquoi pas …

• Oh fait Shelter. Est ce que ça vous dirait de prendre un café quand vous serez rétablie ? demanda t-il en haussant un sourcil interrogateur.

Après tout, qui ne tente rien n'a rien, non ?
Revenir en haut Aller en bas

Alithéia Shelter
● Humain ●



Nombre de messages : 136
Age du personnage : 23 ans
Habitation : Londres
Occupation : Artiste, dessinatrice & peintre
Signature : Spilou
Avatar : Spilou
Date d'inscription : 30/01/2011
Coup de coeur : 15
Gallions : 4460

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Mer 30 Mar - 20:40


• Ca va ? ... Pardon pour la question idiote.


Idiote ? Non, pas tant que ça... J'aurais certainement répondu Ca va impeccable, Ellias ! Vraiment je vous assure ! Mais il l'aurait pris pour un sarcasme ou une déviance mentale. Et il aurait eu raison. Dans les deux cas, mieux valait garder le silence.

L'aspect rangé et propre de la voiture de MacInerty me sauta à la figure quand je montai sur le siège passager avant. Sitôt fermée, le courant d'air de la portière brassa une odeur de pin. Je repérai le petit sapin vert attaché au rétroviseur. Pitié !

Hélas la gerbe me prit à nouveau à pleine gorge. Je me concentrai pour contenir le malaise enfoui au plus profond de mon estomac. Pas question de salir cette voiture. Ou son propriétaire pourrait bien ne jamais me le pardonner.
Soudain, les lumières colorées d'un gyrophare rebondirent dans l'habitacle. Ellias se gara sur le bas côté. Je sentais les muscles de ses bras se tendre. Ses mains serraient le volant avec une crispation de fatalité. Il devait certainement se dire "Pourquoi moi ?" ou bien "Shelter, vous ne m'attirez que des problèmes !" . Il baissa sa fenêtre sans un mot.
L'agent vint se pencher devant.

* Dis bonjour, Ali !*

Oh toi, la ferme !

• Oui ? demanda Ellias avec un grand sourire.

* Vraiment tu devrais te montrer polie...*

Au lieu de quoi je réprimai une nouvelle vague de nausée. Alors l'agent de police fit une chose qui frisait le ridicule. Il passa la tête par la vitre. Soudain je me retrouvai nez à nez avec lui.

Salut toi ? On a le droit de tirer sur les moustaches ? Gouzougouzougouzou...

Je bloquai mon souffle. Il ne fallait surtout pas se gêner ! Comme à la maison mon grand ! On ne lui avait visiblement jamais dit que c'était impoli de dévisager les gens, à celui-là. Une fouine dans sa plus pure expression.

• Elle n'a pas l'air d'aller bien, commenta t-il.

Et le contenu de mon estomac dans ta face, abruti
! Je serrai les dents.

* Il ne fait que son travail, Ali. Tu serais bien contente si Ellias était un enfoiré de psychopath violeur d'artiste et que ce moustachu était le seul rempart de défense à des miles à la ronde ! Enfin, quand je dis que tu serais contente... Enfin tu te comprends ! *

Oui, mais là, tout ce qui m'importait, c'était de retrouver mon lit, mon bisounours arc-en-ciel, et de ne plus côtoyer une seule âme bavarde quelques jours d'affilés.

• Qu'est ce qu'elle a ? continua t-il.

Pauvre Ellias ! Je me rendis compte de tout ce par quoi il passait en une soirée. On ne pouvait pas rêver pire. Non, là, je me surpassai. Si nous sortions de ce cauchemar indemnes, s'il était assez fou pour garder contact avec moi après ça... Il faudrait que je pense à le remercier. Pas uniquement avec des paroles. Peut-être prouver au jeune Wesley que son Tonton possédait une vie sociale. Peut-être qu'il apprécierait le café des artistes...

• Est ce qu'elle aurait prit des substances illicites ? demanda le policier en dardant un regard pénétrant sur le jeune homme.

Ouch ! Ca allait trop loin. Je devais intervenir. Ou Ellias se retrouverait en garde à vue dans le pire des cas, et moi en cellule de dégrisement. No way ! J'ouvris la bouche pour riposter.

• Non, ma compagne a juste bu un peu trop. Nous sommes en train de rentrer justement.

Ding !

Le mensonge me coupa le sifflet. Je refermais la bouche aussi sec. Je ne pouvais pas en vouloir à Ellias de mentir pour nous couvrir. Mais il aurait pu trouver autre chose, non ?

* Quelle importance ! *

Le flic eut une moue gênée. Voilà qu'il s'imaginait certainement avoir insulté un honnête citoyen avec ses vilaines questions.

• Ah … Bien

Non pas bien ! Je ne suis pas une poivrote ! Mince !

* Alcool ou Véritaserum récalcitrant... C'est pareil non ? *

Rien à voir ! D'ailleurs, combien on parie qu'Ellias a plus bu que moi ce soir ?

* Ce que tu peux être susceptible ! *

Je perdis le fil de la conversation et le reste du trajet en voiture. Je ne songeai pas à protester quand Ellias m'achemina tant bien que mal jusqu'à la porte de mon appartement. Je crois que je n'étais plus à ça près. Son dos par contre, serait le premier à le féliciter au réveil le lendemain matin.

Alerte ! Chat méchant ! Coriolis au rapport !

• Mais il faut le nourrir votre chat !

- Le nourrir ne change rien... répondis-je à voix basse, Et puis ce n'est pas vraiment mon chat. Enfin... Comment dire... Il était fourni avec la plante ET l'appartement. Son nom figure sur le contrat de vente. Vous y croyez vous ? Je ferais sans doute la même chose si je déménage un jour.

J'ouvrai la porte et entrai. Je soupirai de soulagement. Enfin chez moi. Je laissai mon sac à main choir à côté de la petite console, posai mes clés sur la surface en verre.

• Oh fait Shelter...

Je me retournai vers Ellias, resté sur le seuil. Je haussai même un sourcil interrogateur à son intention.

• Est ce que ça vous dirait de prendre un café quand vous serez rétablie ? demanda t-il en haussant un sourcil interrogateur.

J'esquissai d'abord une moue éberluée. Je m'attendais à tout sauf à ça. Mr en redemandait ! Certains sont suicidaires, inconscients... Et j'en passe.

Peut-être était-il seulement désespéré ?

* Ou peut-être que le scotch et le mensonge lui ont tapé dur sur la cervelle ! *

- Appelez-moi Ali pour commencer, répondis-je. Très honnêtement, après les ennuis que je vous ai causé, je suis surprise que vous vouliez encore entendre parler de moi. Vous êtes sûr que ça va ? Ma maladie n'est pas contagieuse, mais parfois, on peut contracter un traumatisme pour moins que ça...

C'est un type qui bosse à Ste Langouste qui me l'a dit, un jour.

Je ressortis dans le couloir pour pêcher l'orchidée en pot. Coriolis eut un drôle de miaulement. Je la déposai à côté de mes clés sur la console. J'allai passer trois jours et autant de nuits à dormir. Elle aurait besoin d'eau. Je vis l'énorme peluche rousse se carapater sous le meuble.

- Vous avez mon numéro de portable ? Rappelez-moi dans quelques jours...

Traduction au moins quatre ou cinq. 'Quelques' renvoyait à un multiple de jours non ? Mais qu'est-ce qu'on considérait comme un multiple ? Deux ? Trois ? Une dizaine ?

Je priai pour que ce ne soit pas 'deux' du point de vue d'Ellias. Parce qu'il allait être déçu du voyage s'il tombait sur ma messagerie alors que l'artiste au bois dormant roupillait gaiement.


- Je tâcherai de ne pas vous attirer d'autres ennuis comme ce soir... Je suis tellement désolée que pour un peu, je vous pardonnerai facilement d'avoir menti au policier. Mais de nous deux, vous ne me ferez pas croire que votre descente d'alcool est moins redoutable que la mienne !


Je souris franchement cette fois-ci.

- Heureusement que vous étiez là. Merci encore !




Dernière édition par Alithéia Shelter le Dim 17 Avr - 14:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.plumedargent.com/viewuser.php?uid=132

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Jeu 31 Mar - 15:06


Ellias ne répondit rien, lui était certain que s'il faisait goûter à cette boule de poil un de ses bœuf bourguignon à la française, aucun doute qu'il deviendrait les meilleurs amis au monde. Mais dire ça à haute voix faisait un peu prétentieux sur les bords, alors il préférait s'abstenir. Même s'il savait parfaitement que son bœuf, tout comme toute la nourriture qu'il touchait étaient à se damner. Foi de MacInerty.

- Appelez-moi Ali pour commencer. Très honnêtement, après les ennuis que je vous ai causé, je suis surprise que vous vouliez encore entendre parler de moi. Vous êtes sûr que ça va ? Ma maladie n'est pas contagieuse, mais parfois, on peut contracter un traumatisme pour moins que ça...

Elle n'avait pas forcément tord là-dessus. Bon, elle n'avait pas foutu sa soirée en l'air, c'était déjà ça. En fait elle l'avait juste beaucoup améliorée. Parce que se montrer pour serrer des mains toute la soirée, afficher un grand sourire intéressé et faire comme s'il en avait quelque chose à fiche, tout ça, ce n'était pas pour lui. Mais alors pas du tout, donc il lui était plutôt reconnaissant. Du coup, il s'interrogeait sur pourquoi cela semblait si incongru de lui demander cela.

• Écoutez Ali, si vous aviez eu ma vie ô combien fascinante et trépignante, vous comprendrez que ce qui sort de l'ordinaire me plait toujours.

Il haussa un nouveau sourcil interrogateur. En espérant qu'elle prenne sérieusement le temps d'y réfléchir au moins. Bah quoi ? On pouvait bien lui demander ça étant donné que cela risquait d'être sa dernière parole intelligente avant … hum, vu son état … avant des jours au moins.

- Vous avez mon numéro de portable ? Rappelez-moi dans quelques jours... Je tâcherai de ne pas vous attirer d'autres ennuis comme ce soir... Je suis tellement désolée que pour un peu, je vous pardonnerai facilement d'avoir menti au policier. Mais de nous deux, vous ne me ferez pas croire que votre descente d'alcool est moins redoutable que la mienne !

Le sourcil d'Ellias se baissa tout seul, mais il n'esquissa même pas un sourire. En partie à cause de la phrase qui suivit. La phrase, hum. L'accusation froide et totalement injustifiée qui suivit. Lui ? D'eux deux, et sans private joke, qui était en train de tanguer comme un poivrot rond comme … euh un rond ? Ce n'était certainement pas lui. Et ce malgré la quantité de scotch qu'il s'était envoyé ce soir. Ah !

• Peut être, concéda t-il. Mais en attendant ce n'est pas moi qui ai en main un aller simple pour le pays des éléphants roses.

Il allait ajouter quelque chose mais fut arrêté en plein élan par l'éblouissant sourire de Miss Shelter qui le rendit un peu plus suspect tout d'un coup. Ce n'était pas qu'il accordait le moindre crédit à son délire sur les traumatismes. Mais cette soirée avait été haute en couleur, alors il valait mieux se méfier de tout ce qui viendrai d'elle pour la fin de sa soirée. Jusqu'à la prochaine fois, puisqu'il y avait de forte chance qu'il oublie grâce à sa merveilleuse mémoire pas du tout dysfonctionnante ses judicieux conseils de lui-même adressés à lui-même.

- Heureusement que vous étiez là. Merci encore !


Euh ouais. Maintenant il était un héros qui avait la descente facile. Cette soirée était décidément très riche en révélation sur sa propre petite personne. Il hocha la tête, en sentant que son binôme allait passer une sale semaine. Parce que là il était bon pour en parler encore et encore pendant toute une semaine au moins. Ellias allait tellement qu'il allait en pleurer (le binôme hein ! Pas Ellias, non lui allait sûrement rire des pleurs de son ami. Pauvre de lui d'avoir un tel ami.) Mais en attendant, c'était génial d'entendre quelqu'un dire du bien de soit ou même juste de se faire remercier comme ça.

• Ce n'est rien du tout voyons.


Bien sûr que si c'était quelque chose, ooouuuhhh, Terry allait morfler. Et tel qu'il le connaissait il n'allait pas arrêter d'essayer de lui trouver des maladies psychologiques à tout bout de champ qui tenteraient d'expliquer pourquoi est-ce qu'il était autant bavard sur le fait qu'il était un très bon Samaritain. Une technique de défense comme une autre visant à emprunter la moitié du temps de paroles qu'aurait pu utiliser Ellias pour parler de lui même, donc pour faire gagner au moins la moitié du temps en tranquillité. Seulement il était le seul à savoir cette technique magique qui saoulait tellement le jeune homme qu'il en arrêtait de parler. Ellias espérait que personne d'autre n'apprenne cette technique.

• Bon et bien je dois y aller, je ne peux pas laisser Wesley tout seul trop longtemps.


Et oui, c'était le retour à la réalité, qui sait demain, peut-être aurait-il droit à une nouvelle séance du film "Wesley n'aime désespérément rien", avec son neveu dans son propre rôle, un enfant très doué pour faire criser son oncle tout en réussissant adroitement à lui soutirer deux trois trucs et ainsi rendre Ellias malade de culpabilité.

Cet enfant était un vrai démon.

• Ne tombez pas, si vous le faites, ne restez pas par terre mais si le sol vous semble alors incroyablement confortable et préparez vous une bouteille d'eau. En général, quand on est malade, on a la flemme de sortir de son lit pour s'hydrater. Bonne soirée


Sur ses bons conseils, il tendit la main pour serrer celle de la jeune femme et se retourna pour retourner à sa voiture. Ellias prévoyait de dormir beaucoup, tout le week-end. Annulé la sortie au parc qu'il essayait de faire faire à son neveu tous les week-ends pour lui faire respirer de l'air frais et même si cela devait lui donner une bonne séance de culpabilité. Et il bosserait très dur Lundi pour ne pas se donner le temps de déblatérer sur ses qualités humaines, laissant ainsi tranquille pour un moment la santé mentale, déjà bien amochée de son binôme.
Revenir en haut Aller en bas

Alithéia Shelter
● Humain ●



Nombre de messages : 136
Age du personnage : 23 ans
Habitation : Londres
Occupation : Artiste, dessinatrice & peintre
Signature : Spilou
Avatar : Spilou
Date d'inscription : 30/01/2011
Coup de coeur : 15
Gallions : 4460

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Jeu 31 Mar - 22:30



Nous nous souhaitâmes bonne soirée après qu'Ellias m'eut donné quelques recommandations de base. Décidément, il prenait son rôle de guérisseur très au sérieux. Je me gardais de lui expliquer qu'on me les avait déjà données à de trop nombreuses reprises. Mes remerciements avaient eu l'air de lui faire tellement plaisir que ça aurait été dommage de lui gâcher sa joie. Mais d'où venait-il pour avoir une si piètre estime de son mérite à aider les autres ? Un médicomage normalement constitué est fier de lui en toute circonstance. Tous ceux que j'avais eu le malheur de croiser me sortaient invariablement un "Peuh ! Je ne fais que mon travail, Madame !". Comme si je les insultais en disant merci. Comme s'ils étaient au-dessus du commun des mortels.

A trop s'élever, on finit toujours par s'écraser. Pas Ellias. Lui, visiblement, il gardait les pieds sur terre. Peut-être ferait-il un med-mage normal quand il aurait fini sa formation. Je l'espérais. Et s'il travaillait à Ste Langouste, ça me changerait du Mage Ecrabe et de son caractère plus irascible que jamais. Si ses oreilles sifflaient là, juste là, c'était tant pis pour lui. J'espérais seulement qu'il n'entendrait pas parler de moi d'ici à une semaine. Qu'il ne saurait rien de ma crise présente...

Mes genoux se mirent à trembler. Je verrouillai ma porte d'entrée à double tour. Puis, direction la cuisine. Orchidée en main. Je déposai la Dame Violette de Coriolis directement dans l'évier, et y versai un fond d'eau. Je ne voulais pas non plus noyer les racines. Elle aurait des réserves pour trois jours, et pourrait ainsi en tenir quatre de plus par elle-même. La gamelle de Coriolis était pleine. Inutile de rajouter des croquettes. De toute façon, il pouvait tenir le reste de l'hiver avec ses masses de graisses qui le gonflait de toutes parts. Je me tournai avec précaution du côté du frigo. Une grande bouteille d'eau minérale se dressait à l'intérieur de la porte. Je n'eus pas un regard pour la nourriture. Quoi que j'avale, j'allais le régurgiter aussi sec. Il n'y aurait que l'eau qui passerait sans encombre... D'ici quelques heures. Si la soif parvenait à me réveiller.

Coriolis s'interposa au milieu du passage entre le comptoir américain et l'atelier/salon. Dehors, la lune brillait à travers la baie vitrée donnant sur le balcon. L'astre faisait luire les yeux de mon dragon de chat d'une couleur jaune presque inquiétante. Ses poils roux tigrés n'en paraissaient que plus agressifs.

- Bouge, Coriolis, ou bien je t'écrase. Et ça pourrait bien ne pas être intentionnel.

Il huma l'air dans ma direction, me dédaignant superbement.

- Je suis prête à m'écrouler. Ca pèse lourd un être humain. Plus qu'un chat en surcharge pondérale.

Il dressa les oreilles.

- Tu serais prêt à renoncer à Dame Violette ?

Là je fis mouche. Il poussa un miaulement désespéré. Enfin, ce qui s'en approchait le plus. Je refuse d'humaniser cette bestiole. C'est une plaie en temps que chat. Pas la peine d'en rajouter une couche. Il fila du côté du frigo. Je pédalais droit vers ma chambre. Une main tendue vers le mur du couloir, l'autre tenant la bouteille au bout de mon bras pendant.
En un rien de temps, j'ôtais mes habits pour enfiler un T-Shirt très large. J'avais réussi à ne pas m'écrouler entre temps. Ma peluche bisounours arc-en-ciel m'attendait sur un oreiller en tête de lit. Sur l'étagère près de la porte, ses condisciples souriaient. J'éteignis la lumière, me glissais sous l'édredon. Dès que ma tête toucha l'oreiller, mes yeux se fermèrent. 1h a.m. J'eus une vague pensée pour la porte de ma chambre restée entrebâillée. Tellement vague que je demeurais immobile.

Les effets post-crise m'épuisaient. Dans ces cas-là, je ne mangeais rien, et dormais beaucoup. Quand les phases de sommeil s'allégeaient, je me réveillais pour boire.

Je n'avalai qu'un tiers de la bouteille de 1L... Après vingt-quatre heures de sommeil ininterrompu. Je me rendormis aussitôt. Quatorze heures plus tard - soit 02h00 p.m - une première envie pressante me tira du lit. L'effort pour aller à la salle de bain grignota mon quota d'énergie. Je bus de l'eau du robinet puis retournais dormir. Et croisai Coriolis, roulé en boule au milieu du couloir. Mon répondeur téléphonique clignotait rouge agressif au loin, côté entrée. Je songeais à le débrancher. Mais j'avais trop la flemme. Mon estomac noué me pliait en deux. Il était trop tôt pour manger. Je le savais. Je filai me rendormir.

Dix-neuf heures plus tard, des coups tambourinés à ma porte résonnèrent dans mon appartement.
Je fixais bêtement le plafond. Il était environ 10h00 a.m. à mon réveil.

- Miss Shelter ! Ouvrez, je sais que vous êtes là !
Le médicomage Ecrabe.

Comment le bougre avait-il su ?

Je me levais et marchais. Pas très bien, mais je marchais. Longer le couloir fut aisé. Une main sur chaque paroi, et vogue la galère !

- Allez-vous-en ! criai-je à travers la porte, appuyée par les grognements de Coriolis.
- Vous avez raté votre visite de contrôle, Miss Shelter, j'ai traversé toute la ville pour venir vous voir, ouvrez-moi !
- Vous êtes sorcier, ce n'était pas difficile !
- Oh je vous en prie ! Je sais que vous avez fait une crise. Je vous ai placé sous sortilège de surveillance. Vos constantes ont décollé il a presque trois jours. Laissez-moi vous examiner !

Je tournais la clé de la serrure, mais maintenait la chaîne du verrou avant d'ouvrir. Coriolis glissa ses griffes par l'interstice. Un bruit de tissu déchiré me parvint. Douce musique !

- Bouse ! Mais c'est quoi votre problème ?! Retenez votre chat !
- Pas maintenant. Peut-être plus tard.
- Vous refusez mon aide... Je vois.
- Je n'ai... Pas besoin d'aide, Mr Ecrabe. Certainement pas venant de quelqu'un qui me prend pour un spécimen de foire !

Sur ces paroles agréables, j'allais me servir une poignée de morceaux de sucres dans la cuisine. Coriolis moulina des griffes pendant encore quelques minutes. Jusqu'à ce qu'Ecrabe s'en aille.
Dans ma pire conception de l'Enfer, je subis les effets d'une crise interminable, et Ecrabe est mon infirmière.
S'il avait plus de jugeote, il enverrait quelqu'un d'autre faire le sale boulot à sa place. Mais ce médicomage était ambitieux. J'étais devenue son sujet de recherche attitré dès mon arrivée à Londres. Depuis, je me cognais des visites de contrôle régulières à Ste Langouste. Dangouste, Zangouste ? Peu importe !
Je n'étais pas d'humeur à me faire disséquer vive.
J'avalais mon sucre avec de l'eau tiède, et devinez quoi ? Je retournais dormir.

Au passage, je claquais la porte d'entrée et retournais la clé dans sa serrure.

Passées soixante-douze heures au total, j'étais guérie. Légère, pâle comme un cachet, tremblante comme une feuille, mais guérie. Trois jours entiers employés essentiellement à dormir. Quant à mon répondeur, il affichait "mémoire saturée".

Il était près de minuit, vendredi s'était métamorphosé en lundi presque révolu. Le téléphone sonnait encore...




Dernière édition par Alithéia Shelter le Dim 17 Avr - 14:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.plumedargent.com/viewuser.php?uid=132

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Sam 2 Avr - 22:08

Lundi 18 Février 2013

Ellias but une longue gorgée de thé avant de continuer avec un immense sourire toujours cloué aux lèvres. Son ami en face de lui était affalé sur sa feuille d'admission, de dos, faisant mine de la remplir alors qu'il devait juste en train de mâchouiller le bout de sa plume. Et Ellias l'imaginait très bien en train de le singer en même temps pour avoir une sorte de vengeance personnel pour le gratifier du récit de ses aventures pourtant ô combien intéressantes qu'il lui contait depuis le début de leur service, c'est à dire cinq heures du matin, il fallait bien s'occuper et se tenir éveillé non ?

• Bref, et moi tu me connais je pouvais rien faire d'autre. Alors je l'ai aidé cette vieille femme, parce qu'elle ne pouvait pas attraper ses boites de conserves pour les chiens. Bon j'ai du me déboiter l'épaule aussi, mais à côté de la sensation de rendre service c'était … wow. Je me suis fait l'effet d'un ange. C'était cool !

Il se décida enfin à se retourner vers Ellias avec un visage particulièrement fatigué. Pourtant son histoire l'avait réveillé lui ! Il n'aurait jamais pu imaginer que cette histoire aurait eu l'effet inverse sur son collègue. Pourtant il devrait avoir l'habitude maintenant, ça faisait un an qui lui narrait les moindres de ses faits et gestes tous les matins de cinq heures à au moins quinze heures, c'est à dire la fin de son service. Pendant que lui marmonnait dans son coin en faisant semblant de l'écouter ou l'interrompait de temps en temps pour suivre un médicomage à un des différents services de St Mangouste. Alors c'était plutôt étonnant de le voir aussi grognon alors qu'il était déjà assez tard. Enfin, petit, il était quand même onze heures et demi là. Il pouvait faire un effort pour au moins soulever les paupières quand il faisait semblant de remplir des fiches d'admissions. Mince quoi !

Ellias allait le jouer fair-play, au lieu de lui faire une remarque condescendante ou sa célèbre réplique qui le faisait toujours sursauter et faire semblant de travailler en moins de trois secondes à savoir " Attention Ecrabe arrive !". Cela marchait tout le temps, sauf qu'au bout d'un moment, Terry allait finir par vraiment le détester cruellement. Et ce n'était pas forcement une bonne idée de se le mettre à dos. Même pas du tout une bonne idée, du tout du tout.
Il ramassa le petit troll à chevelure violette qui traînait là depuis des temps très reculé, puisque personne ne semblait vraiment savoir qui avait amené cette babiole là et l'envoya sur la tête de son collègue.

La réaction n'était pas aussi marrante qu'il aurait pu l'espérer. Il ne bougea même pas, à peine un grognement de mécontentement. Il dormait là ou quoi ? Le jeune homme se leva pour aller vérifier, c'était presque le cas, pourtant ses doigts bougeaient et il écrivait. C'était un extra terrestre ! Il n'y avait pas d'autres explications possibles là ! Il dormait mais il écrivait en même temps. Pour s'en assurer, il avança le bout de sa plume vers le visage de son collègue.

• Eli, bouge tout de suite, marmonna t-il.

Et c'était à peine si ses lèvres avaient bougé. Il n'avait fait aucun mouvement ni rien. Ce qui confirmait bien la théorie des extraterrestres. Haha ! Après on disait qu'ils n'existaient pas ! Ils avaient raisons finalement ces moldus. Ellias passait la majorité de son temps avec un extra terrestre, pas étonnant que la moindre chose bizarre lui fasse penser aux petits bonshommes verts. Enfin dans le cas présent une montagne de grimaces bougonnes et de marmonnements.

• T'as des yeux derrière la tête ou quoi ? Espèce de vulcain.

Oui, bon ses références en SF étaient limites mais bon, fallait le comprendre, il était né et avait grandi dans une famille sorcière, alors il ne pouvait avoir la même culture que les autres en matière de science fiction et de film.

• Les vulcains ont une super ouïe pas une super vue. Sale sorcier de malheur !

Bien sûr, Terry était né moldu aussi. Donc lui avait de meilleures références sur la SF même s'il avait ça en horreur alors qu'Ellias lui adorait ça et n'en avait presque pas. Le monde était vraiment injuste. Et Terry ne ratait jamais la moindre occasion de lui faire des remarques sur sa culture quand celui ci avait un peu trop abusé de son temps et usé ces oreilles pour lui raconter quel bon Samaritain il était. Oui, il aimait beaucoup être un Saint, et oui, il adorait les extraterrestres. Il continua de se pencher pour voir ce qu'il trafiquait. De toute façon, il n'y avait vraiment rien de plus intéressant à faire pour le moment. Et il était trop tôt pour réfléchir.

• Tient Ecrabe arrive.

Ellias sursauta comme un gosse en faute avant de remarquer que le médecin en question n'était absolument pas en train d'arriver. Ellias balança une pichenette à l'arrière du crâne de son collègue puis retourna s'asseoir dans son coin pour continuer d'essayer de faire quelque chose pour s'occuper dans la mesure du possible. Ce qui n'offrait pas beaucoup de possiblité.

• Très drôle, mais c'est moi qui sort ça en général.

Il se releva pour ensuite se retourner vers lui en pointant la porte.

• Sans déconner il arrive là.

Et en effet le gars se pointa avec l'air vraiment sur les nerfs, ce qui changeait vraiment des autres jours. Non sérieusement, il avait une sale tête tout le temps en arrivant, et pourtant lui ne devait pas se lever pour cinq heures du mat, c'était eux qui devrait faire le tête et pas lui. Mais évidement, ils n'étaient pas encore de vrais médecins, alors ils étaient traités n'importe comment. Et c'était normal pour tous leurs supérieurs. Et en fait tout le monde trouvait cela normal. C'était nul.

• Vous deux. Vos noms ?

Terry et Ellias s'interrogèrent du regard pendant quelques secondes. Apparemment, c'était bien à eux qu'il parlait, c'était cool.

• Euh … MacInerty et … Lewal.

Il leur fit signe de les suivre. Et quand quelqu'un "d'important" vous demandait de le suivre, et bien vous preniez vos manteaux et ensuite vous le suiviez. Heureusement, l'endroit où il les emmenait n'était pas très loin. Allelujah d'ailleurs, la marche à pied à onze heures, Ellias n'aurait pas vraiment aimé. Mais en même temps il n'était pas très bien placé pour râler ou contester les ordres, donc, les voilà qui marchaient dans un quartier qu'Ellias reconnaissait pour y être venu deux fois : celui d'Alitheia. Il n'avait pas osé la rappeler et maintenant il n'avait pas très envie de la croiser dans la quartier. Et s'il ne la voyait pas, il pourrait essayer de l'appeler ce soir, parce que maintenant elle devait bien être rétablie non ?

Ah mince maintenant ils montaient dans son immeuble et s'arrêtaient à son étage, le dernier. Aïe. Après tout Ecrabe était médicomage non ? Peut-être qu'il venait la soigner.

• Mr Ecrabe ? Qu'est ce que l'on vient faire ici ?

Après tout ce n'était qu'une innocente question.

• Une de mes patientes m'a balancé son chat pour que je ne l'ausculte pas, mais il est hors de question que je me lasse faire. Alors je vais retenter. Je l'ai déjà appelé plein de fois pour qu'elle me laisse entrer mais pas de réponse.

Ok, le chat taré c'était Coriolis, le jeune homme aurait pu mettre sa main à couper. Oh oui. Et puis il s'arrêtait devant sa porte. Ellias soupira profondément. Décidément avec elle, on ne savait jamais quand est-ce que l'on allait la revoir.
Ecrabe se mit à tambouriner contre la porte en la suppliant de l'ouvrir vainement. A Minuit quoi … On ne venait pas tambouriner à une porte comme ça. Pas à cette heure.

Il laissa vite tomber, et rejoint Terry assit près contre le mur. Ellias aussi se laissa glisser contre le mur en face de son ami. Parce que tant qu'Ecrabe ne voulait pas partir, et bien euh aussi devait rester tant que ça lui chanterait. Aussi injuste que c'était. La journée avait été bien trop longue comme ça. Heureusement qu'il ne travaillait pas le lendemain. Quand une idée lui vient en tête, il sortit en toute hâte son téléphone et composa le numéro en mémoire de la jeune artiste en espérant qu'elle serait révéillée. Enfin ça sonna.

• Shelter ? Ici Ellias à l'appareil. Je suis dehors avec Ecrabe, est ce que ça vous dirait de nous ouvrir la porte ? C'est pour votre bien.
Revenir en haut Aller en bas

Alithéia Shelter
● Humain ●



Nombre de messages : 136
Age du personnage : 23 ans
Habitation : Londres
Occupation : Artiste, dessinatrice & peintre
Signature : Spilou
Avatar : Spilou
Date d'inscription : 30/01/2011
Coup de coeur : 15
Gallions : 4460

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Dim 3 Avr - 9:48


• Shelter ? Ici Ellias à l'appareil. Je suis dehors avec Ecrabe, est ce que ça vous dirait de nous ouvrir la porte ? C'est pour votre bien.

Pas un mot ne sortit de ma bouche. J'étais à ce point stupéfaite que je ne trouvais rien à répondre à Ellias. Quoi qu'il en soit, le résultat ne varierait pas d'un iota. Ecrabe pouvait aller se brosser, je ne lui ouvrirai pas ma porte. Pas même pour les beaux yeux de MacInerty.

Je raccrochai, envoyai valser l'appareil mobile dans la corbeille à papiers, et repartis vers ma chambre pour prendre une douche. Si ça les amusait de faire le pied de grue amoureuse sur mon palier, ce n'était pas moi qui allait leur dire d'arrêter. Cependant j'espérai secrètement qu'un voisin appelle les flics et porte plainte pour tapage nocturne.

Désolé Ellias, ce n'est pas contre toi, mais si tu es du côté d'Ecrabe, pas de quartier.

Une demi-heure plus tard, je ressortis de ma salle de bain propre et habillée d'un pantalon de survêtement bleu-nuit ainsi qu'un sweat-shirt gris. Je peignis mes cheveux mouillés avec les doigts d'une main. L'autre arborait un beau bandage tout neuf. La voix d'Ecrabe me parvenait toujours derrière la porte. Je ne poussai pas l'insolence à y traîner mes pantoufles.

Dans le genre obstiné comme un âne, je voudrais...

Ma corbeille à papiers remuait bruyamment. J'en connaissais un autre qui ne voulait pas non plus laisser tomber. Qu'avais-je fait au monde pour mériter ça ?
Assis sous l'évier, Coriolis me regarda approcher calmement. Sa queue pointait en direction de sa gamelle vide. Je sortis son paquet de croquettes du placard et lui servis double ration. Puis j'ouvris mon frigo, tirais le tiroir du congélateur, et repérai un bol de riz et une tarte aux pommes.
Je plaçai le bol au micro-ondes. La tarte glissa toute entière sur la grille du four un étage plus bas. Je me tournai à l'opposé pour saisir une assiette dans le placard à vaisselle, perché au-dessus de ma tête.

Là, le drame.

Mes doigts échappèrent le disque de porcelaine. J'eus le temps de bondir en arrière. L'assiette explosa en miettes devant mes pantoufles. Je manquai d'énergie. Certes. Quand on passe trois jours à dormir sans manger, on peut s'y attendre. De là à ne pas pouvoir soulever une assiette !
Je me dressai sur la pointe des pieds pour en saisir une autre. J'eus le temps de baisser le bras à hauteur de taille. Mais à nouveau, mes doigts faiblirent. La seconde assiette rejoignit la première dans un concert de brisures.

Et merde !

Je restais face au désastre, bouche bée.

Dans sa corbeille, mon téléphone devint complètement fou de sonneries répétées. La porte tremblait sous les coups, ses gongs grinçaient. Je n'entendis pas le micro-ondes biper la fin de son cycle de décongélation. En revanche, difficile d'ignorer la bonne odeur de tarte aux pommes chaude qui s'éleva.

- Cette fois ça suffit ! cria Ecrabe, Si elle aime se mettre en danger, c'est son problème... Mais je ne la laisserai pas bousiller mes recherches ! ALOHOMORA !
Mauvaise idée, vieux c** !

Je vis Coriolis redresser le museau de sa gamelle à la vitesse de la lumière. Il feula, poils dressés sur l'échine. Même si j'avais voulu le retenir, je ne m'y serais pas risquée. Il détala droit sur la porte au moment où elle s'entrouvrait... Sa gueule s'écrasa contre le panneau. Il poussa un premier miaulement agressif suraigu.
Je penchais le buste par-dessus le comptoir. Coriolis griffait la porte avec trois pattes. La quatrième prise au piège entre le panneau et le chambranle disparaissait dans le couloir. A mon tour, je me ruai sur la porte pour saisir le chat avant qu'il ne se brise quelque chose. Trop tard ! Sa patte coincée présentait un angle impossible. Le pauvre l'avait bien cherché, mais il devait souffrir le martyr. Du genre qu'on ne souhaitait à personne. Le poing d'Ecrabe tirait sur la poignée pour la maintenir presque fermée. La traction se fit plus forte. Coriolis cracha et miaula en même temps sa colère et sa douleur.

Je tentais de le saisir derrière la tête. Il était si gros qu'en le soulevant, je risquais probablement de l'étrangler dans ses propres plis de graisse. Mais je n'avais pas le choix. Sauf que je manquais de forces. Je passai ma main bandée sous son triple ventre pour faire bonne mesure. Coriolis planta les griffes de sa patte piégée dans le bois. Des esquilles tombèrent sur le paillasson. La bestiole que je tirai contre moi n'avait plus rien d'un chat, mais d'un tigre en modèle réduit. Sa tête avait la forme ovoïde d'un ballon de rugby. Ses yeux jaunes lançaient des éclairs. Sa seconde patte antérieure agrippa soudain mon sweat-shirt. Je ne sentis pas ses griffes percer le tissu. En revanche, quand ses dents attaquèrent le bandage de ma main, je ne pus retenir un cri de douleur.

Mes pieds bloquaient le bas de la porte. Je pris appui dessus et tirai à nouveau. Coriolis perdit une griffe dans la bataille. Mais le panneau claqua après que sa patte l'eut lâché. Sur le coup, je basculais en arrière. Mes fesses amortirent la chute, mon dos bascula contre la cloison qui séparait l'entrée de l'atelier avec un bruit mat.

Coriolis grognait toujours dans mon giron. Ses dents plantées dans ma main bandée gardaient la même tension.

- Du calme sac à puces... Tu vas gentiment ouvrir la gueule... Ouvre !

Il cracha sur la bande de gaze hydrophile.

- Okay... Changeons de méthode.

Je me relevais tant bien que mal. Mes jambes tremblaient... Et... Et... J'avais la dalle ! Mon estomac grondait autant que le chat. Et ma main faisait un mal de chien.

- Ecrabe si vous mettez un pied dans cet appartement, je jure que je vous balance Coriolis à la tronche ! Vous lui avez sans doute cassé la patte, mais ça ne l'empêchera pas de revenir vous bouffer les mollets... Et cette fois, je ne viendrai pas sauver votre peau !


Je retournais à la cuisine. La lumière des appliques murales jouait avec la couleur vive des fleurs de Dame Violette.

- Regarde qui est là, Coriolis... Dis bonjour à Dame Violette ! Je sais qu'elle t'a beaucoup manqué...

- Grrrrr... shhhhhhhh !

- Allez Coco... Ne fais pas ta mauvaise tête ! Je sais que tu l'adores, fais-lui un joli sourire...

Ma main bandée me lançait vivement entre les dents du chat. La douleur grimpa jusqu'à mon coude. Une canine s'enfonçait dans l'os sur la base supérieure de mon pouce. Il fallait que je garde mon calme. Je tirai un tabouret haut près de l'évier pour m'y asseoir. Le derrière du chat glissa au fond de l'évier. En trois jours, l'orchidée avait avalé toute sa réserve d'eau. Le museau de Coriolis huma l'odeur de la plante par-dessus mon poignet. Il affermit sa position à demi-assise sur ses pattes arrières.

- Mââââouuuuuuuh ?

Le miaulement étouffé remua deux canines dans le bandage. J'ouvris le robinet. L'eau aspergea ma main. Coriolis recula la tête et ferma la gueule. Aussitôt je retirais mon bras libéré. Le chat enfouit la tête sous les feuilles de la plante et n'y bougea plus. Sa patte antérieure pendait sous son ventre. Je me risquais à le caresser. Son échine rabattit des épis de fourrure que je lissais pour leur faire reprendre une position passive.

- Tu restes là, et tu ne bouges plus, compris ?
lui ordonnais-je.

Je suis la première à le traiter comme un animal. Si je commençais à l'humaniser, il serait encore plus intenable et effrayant. C'est un chat, pas une créature démoniaque. Inutile de revenir sur ce point... Pourtant cette nuit, j'espérais qu'il comprenne mes paroles mot pour mot, et qu'il m'obéisse.

La tension descendit de quelques crans. La première chose qui s'imposa à moi fut la vision éclairée de mon bol de riz dans le micro-ondes. J'oubliai sciemment Ecrabe et sa clique dans le couloir. Je saisis une fourchette sur l'égouttoir de l'évier, m'emparai du bol et la plongeai dedans. Au passage, j'éteignis le four. Mes pantoufles éparpillaient les morceaux de porcelaine sur mon passage. Je retournais m'asseoir près de l'évier.

Dans mon dos, la porte se rouvrit. Si Coriolis leva une oreille par-en-dessous les larges feuilles de Dame Violette, ce fut bien sa seule réaction. Bon chat !





Dernière édition par Alithéia Shelter le Ven 6 Mai - 8:51, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.plumedargent.com/viewuser.php?uid=132

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Jeu 7 Avr - 10:56

Elle lui avait raccroché au nez ! Non mais on rêvait là ! Dans quel monde alternatif vivait-elle ? Les médecins étaient là pour aider, la meilleure chose à faire pour s'en débarrasser c'était de leur ouvrir la paix, les laisser faire leur boulot pour qu'ensuite ils puissent rentrer chez eux pépère avec l'impression d'être des dieux pour avoir soigner quelqu'un. Mais non, elle ne voulait pas ouvrir la porte.

Ellias soupira profondément tandis qu'Ecrabe continuait de s'acharner sur la porte comme un beau diable, quitte à réveiller tout l'immeuble, il ne semblait absolument pas prêt à s'avouer vaincu à aucun moment. C'était têtu les médicomages comme bestioles.
Mais bon, on ne se refaisait pas.
Quand on passait sa journée à sauver des vies (Ecrabe) on se sentait forcément plus glorieux que si on la passait à jouer avec un troll miniature aux cheveux roses fluos en remplissant de la paperasse (Ellias) ou encore même à dormir en faisant semblant de remplir ladite précédemment paperasse (Terry). Alors ce n'était pas une réaction tellement étonnante de sa part.

Vingt bonnes minutes plus tard, Ecrabe était toujours en train de tabasser la porte, tandis qu'Ellias et son collègue s'étaient lancés dans une partie acharnée et sans merci de bras de fer chinois. Le pouce d'Ellias portait déjà plusieurs griffures. Mais le jeu n'était pas équitable, le pouce de Terry faisait la largueur des deux pouces d'Ellias mis côte à côte. Donc ce n'était pas étonnant à ce que le score soit de Terry 13 / Ellias 1. Son adversaire avait éternué et Ellias en avait profité pour marquer un point.

• Elle ne va pas ouvrir, alors est-ce qu'on pourrait y aller ?
demanda Terry plein d'espoir après avoir gagné une nouvelle partie.

Ecrabe ne prit même pas la peine de se retourner mais au moins il s'arrêta un peu de faire du bruit en cognant et en gesticulant juste assez pour que l'on entende des objets se briser de l'autre côté de la porte. Deux fois de suite. C'était largement assez pour inquiéter Ellias qui ne s'était pas plus inquiété de ça depuis qu'ils étaient arrivés là en fait.

• Qu'est ce qu'elle trafique ? demanda Terry qui lui aussi commençait à prendre l'intervention au sérieux.

Il n'y eut plus le moindre son de l'autre côté de la porte. Et ce n'était pas bon ça, Ellias échangea un regard inquiet avec Terry avant de se retourner vers Ecrabe pour qu'il leur dise quoi faire. Or celui ci était en train de prendre la couleur de l'animal que l'on entendait dans son nom.

Rouge de colère, il sortit sa baguette d'un geste de la main et cria quelque chose comme :

- Cette fois ça suffit ! Si elle aime se mettre en danger, c'est son problème... Mais je ne la laisserai pas bousiller mes recherches ! ALOHOMORA !


Le tout avant qu'Ellias ou son collègue n'ait eu le temps de le retenir, tout simplement parce que l'on ne s'invitait pas chez les gens comme ça. C'était la première chose que l'on apprenait quand on faisait des stages pour devenir médicomage. On pouvait le faire si on savait que la personne de l'autre côté était dans l'incapacité d'ouvrir et en grand danger. Mais dans le cas présent, ils ignoraient si elle n'était pas en train de décompresser à cause du bruit que faisait Ecrabe en cassant des assiettes. Après tout c'était possible, Jessica par exemple, la baby-sitter de Wesley montrait son mécontentement en brisant des verres exprès. Elle les catapultait littéralement par terre. C'était impossible à réparer parce qu'on ne pouvait ps retrouver les morceaux qui étaient éparpillés un peu partout dans la maison. Bref passons les détails.

Ellias entendit un grondement qui ne pouvait avoir pour origine que celle du chat fou de l'autre côté de la porte. Et ce grondement fut assez pour réveiller l'instinct de survie en Ellias. Souvenir de deux pantalons lacérés.

• Ecrabe non !

Trop tard, il poussa la porte et Ellias entendit une masse se cogner contre la porte de l'autre côté. Et ça, c'était sûrement Coriolis qui venait de se prendre la porte. Le jeune homme aurait du se sentir désolé pour la boule de poil, mais il ressentit juste une satisfaction du à la vengeance de ses deux pantalons. Cependant, Ecrabe risquait d'y passer s'il continuait à embêter le chat.

Ellias entendit les feulements de la bestiole qui n'avait rien de mignon comme ceux des autres chats normaux, bien loin de là. L'image d'un fauve s'imposait plutôt à l'esprit du jeune homme. Terry eut sûrement la même idée que lui au même moment. Ils se jetèrent tous les deux sur le medecin, un par chaque bras et se mirent à le tirer en arrière alors qu'il se débattait en les injuriant pour rentrer dans l'appartement.

Et autant dire que la force du medicomage n'était absolument pas proportionnelle à sa stature. Sérieusement, quand on voyait Ecrabe arriver dans les couloirs, les mots qu'on aurait pu utiliser pour le décrire devait être nain sec et bedonnant. Alors c'était assez dur qu'un être aussi petit arrive néanmoins à tenir en respect deux jeunes hommes aussi facilement.

- Ecrabe si vous mettez un pied dans cet appartement, je jure que je vous balance Coriolis à la tronche ! Vous lui avez sans doute cassé la patte, mais ça ne l'empêchera pas de revenir vous bouffer les mollets... Et cette fois, je ne viendrai pas sauver votre peau !

Ah.
Le pire c'était que cette saleté de bestiole en était tout à fait capable. A croire que c'était un zombie comme dans ces films pour Moldus où même décapiter, ils continuaient d'avancer.

• Mais lachez moi ! Bon dieu ! S'exclamait t-il toutes les cinq secondes. Il faut que je rentre pour voir cette foutue bonne femme !

En se débattant encore plus fort.

• Elle vous a dit non, tenta d'argumenter Terry.

Ellias essayait de comprendre ce qui se passait à l'intérieur tout en tenant Ecrabe à bonne distance de la porte qui ne bougeait plus depuis quelques secondes. Son attention fut toute ramenée sur Terry quand le médicomage lui balança un bon coup de coude dans le nez. Ellias le lâcha pour aller voir le nez de son collègue qui pissait le sang avant de se retourner pour voir son supérieur entrer dans l'appartement.

Heureusement pour tout le monde, depuis la tragique mésaventure avec le mug à fleur de Vicky, la baguette d'Ellias ne le quittait plus même pour dormir. Il l'avait toujours à porter de main à présent. Et il était bien content de l'avoir. Il balança vite fait un sort pour stopper sommairement le flot de sang du nez d son collègue avant de se précipiter pour aller voir dans l'appartement.

• Petrificus totalus !! hurla Ellias.

Ecrabe ne bougea plus d'un iota. Le jeune homme se rapprocha d'une humeur de chacal en fronçant les sourcils. Pour se poster droit en face de lui, campé sur ses deux pieds et très très mécontent de son chef. Il le fusilla du regard avant de commencer sa tirade.

• Permettez moi de vous dire que c'est du grand n'importe quoi ce que vous avez fait. En à peine cinq minutes, vous avez fracassé une porte, réveillé tout un immeuble, cassé la patte d'un chat, cassé le nez d'un stagiaire et pénétré dans une habitation sans l'autorisation de sa propriétaire. Alors il serait peut-être temps de vous calmer, peut-être que vos recherches étaient en danger, mais ça ne vous donne pas la moindre excuse pour ce que vous avez fait ! Je rédigerais un rapport en rentrant et vous allez aussi devoir quelques excuses. Alors cogitez y pendant que vous êtes incapable de bouger.


Et sur cette promesse. Ellias lui tourna le dos et s'avança vers Shelter.

• Quand à vous, Shelter, ce n'est pas mieux. Si vous vouliez qu'il vous fiche la paix, vous n'aviez qu'à ouvrir la porte, le laissez vérifier que vous étiez en vie et il serait parti aussi vite qu'il était venu. Maintenant on a trois blessés et je suis très remonté !

Ouh, un Ellias remonté, que ça fait peur. Ce serait sûrement ce qu'aurait dit Terry s'il n'était pas en train de vérifier que son ami lui avait remonté le nez correctement.

Toujours aussi furax, il s'approcha du lavabo où se trouvait le fauve caché derrière la plante violette, grondant à son approche. Et le jeune homme était encore trop furax pour se laisser impréssionner. Un "Pétrificus Totalus" plus tard, il s'occupait de réparer la patte blessée du sale monstre. Une fois que ce fut fait il se retourna de nouveau vers Shelter après avoir dé-pétrifié Coriolis.

Il regarda le sol, et puisque sa baguette était encore chaude, il en profita pour balancer un sortilège et les deux assiettes qui décoraient de leurs éclats le sol quelques secondes auparavent rejoignirent leurs étagères en moins de deux.

• Bon faisons-ça vite. On a tous quelque chose d'autre à faire. Est ce que ça va ?
Revenir en haut Aller en bas

Alithéia Shelter
● Humain ●



Nombre de messages : 136
Age du personnage : 23 ans
Habitation : Londres
Occupation : Artiste, dessinatrice & peintre
Signature : Spilou
Avatar : Spilou
Date d'inscription : 30/01/2011
Coup de coeur : 15
Gallions : 4460

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Jeu 7 Avr - 12:09



• Permettez moi de vous dire que c'est du grand n'importe quoi ce que vous avez fait. En à peine cinq minutes, vous avez fracassé une porte, réveillé tout un immeuble, cassé la patte d'un chat, cassé le nez d'un stagiaire et pénétré dans une habitation sans l'autorisation de sa propriétaire. Alors il serait peut-être temps de vous calmer, peut-être que vos recherches étaient en danger, mais ça ne vous donne pas la moindre excuse pour ce que vous avez fait ! Je rédigerais un rapport en rentrant et vous allez aussi devoir quelques excuses. Alors cogitez y pendant que vous êtes incapable de bouger.


Sur ces douces paroles, Ellias était entré dans mon appartement. J'en aurai pleuré de joie. Non pas qu'il entre ainsi, furax, près à m'étrangler. Mais qu'il remette à sa place Ecrabe. Chose dont j'étais médicalement incapable. D'où ma volonté sur-dimensionnée de ne pas lui laisser la moindre chance de m'adresser la parole. Avec Ecrabe, l'abstention de réponse n'est pas optionnelle. Il me connait assez pour soutirer toutes les informations qu'il souhaite, sans me demander la permission. J'ai essayé de changer de médicomage. Mais on dirait qu'il a suffisamment d'autorité pour saborder toutes mes tentatives. Ma seule défense ? Lui en faire baver autant que possible. Oui, parfois, j'ai besoin de ses compétences. Mais plus le temps passe, plus je me dis que je ne vivrai pas suffisamment vieille pour apprécier le sacrifice moral qu'exige Ecrabe à mon encontre. Il dépasse les bornes de la déontologie. Nous le savons tous les deux. Il n'y a qu'une seule chose contre laquelle il ne peut rien. Mon refus d'être soignée.

• Quant à vous, Shelter, ce n'est pas mieux. Si vous vouliez qu'il vous fiche la paix, vous n'aviez qu'à ouvrir la porte, le laissez vérifier que vous étiez en vie et il serait parti aussi vite qu'il était venu. Maintenant on a trois blessés et je suis très remonté !


Je considérai Ellias. Son visage tendu, presque pâle. Et la baguette soudée au bout de son bras. Prête à l'emploi. Si l'hypoglycémie ne m'avait déjà ôté toute couleur du visage, ce simple bout de bois aurait achevé le souvenir de carnation humaine de ma peau. Je cachais mon trouble du mieux que je pus pendant qu'il soignait la patte de mon pauvre chat. Puis, quand il eut réparé jusqu'à mes propres assiettes, j'osai finalement le regarder en face.

• Bon faisons-ça vite. On a tous quelque chose d'autre à faire. Est ce que ça va ?

Avec un soupir à fendre une pierre en deux, j'échappai la mauvaise réponse.

- Non.

Encore une bonne raison pour ne pas avoir laissé Ecrabe entrer. Cette simple réponse m'aurait valu un aller simple à Ste Langouste ainsi qu'une batterie d'examens et un séjour de plusieurs jours. Cette pensée me pétrifia sur mon tabouret.

- Vous n'auriez pas dû venir. Pourquoi vous y êtes-vous mis à plusieurs ? Vous voulez m'embarquer comme la dernière fois ?

Ecrabe m'avait faite interner deux jours cette fameuse fois. J'avais à peine eu mon mot à dire. C'était pour 'mon bien'. Pour me garder en observation. En réalité, il s'était amusé à me poser une liste de questions inconfortables longue comme le bras et à me faire passer des tests stupides. Quand il vous tenait, ce type ne vous lâchait plus. Il était pire qu'une moule sur un rocher. Ou un pitbull qui mort sa proie. Il ne lâchait jamais prise.

Une fois ma peur exprimée, je me sentis d'humeur plus calme. Je baissai les yeux sur ma main bandée. De petites tâches pourpres grossissaient sur la bande de gaze près de mon pouce. Mon estomac eut un spasme creux. Si je n'avalais rien dans les prochaines minutes, j'allais m'évanouir. Je haussai les épaules et m'emparai du bol de riz à deux mains. Jusque là je gérais. Mais je devais lâcher une main pour utiliser la fourchette. Je pus avaler une bouchée de riz. Puis ma main bandée fatigua. Le récipient glissa et s'écrasa par-terre.

Oups !

J'appuyai les coudes au bord de l'évier. Je croisai une paire d'yeux jaunes au centre d'une brassée de moustaches ombrées d'une grosse feuille verte. Je plaquai les mains sur mes joues et me frottai les yeux. J'avais beau avoir dormi trois jours, la lassitude me pesait déjà. Ca y est, je venais de signer mon arrêt de mort. Je me fis l'impression d'être une condamnée à mort. Ce qui n'était pas si éloigné que ça de la réalité. A un mensonge près, je pouvais basculer de l'autre côté.

- Et puis merde ! Allez-y, faites votre boulot. Mais si vous m'embarquez encore sans mon consentement, je jure que vous mentirai.

J'ignorais si Ellias connaissait les réelles implications de mon assertion. Mais Ecrabe se trouvait toujours à portée de voix. Il n'avait qu'à peser mes paroles comme elles venaient. Lui savait que je disais la vérité. Cette même vérité me fit froid dans le dos. J'étais vraiment prête à tout pour rester libre. Oui, dans mon monde, peu de personnes pouvaient m'aider. Ecrabe n'en faisait pas partie. D'ailleurs, mon mal était incurable. Il n'existait rien pour me soigner. Aucun procédé. Ni aucune substance. On ne pouvait pas me reprocher de rejeter l'aide de la médecine. Magique ou moldue, elles étaient vaines.

La colère n'était plus très loin.


Dernière édition par Alithéia Shelter le Dim 17 Avr - 14:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.plumedargent.com/viewuser.php?uid=132

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Ven 8 Avr - 21:18

- Non.

Bon au moins, il fallait se dire qu'elle était honnête, et ceci le confortait un peu. Au moins, elle n'avait pas menti (comme si elle en était capable d'ailleurs !), et en ne mentant pas, cela les empêchait de perdre un temps considérable où aurait pu se jouer ce fameux échange que des centaines de milliers de millions de personnes ont du avoir un jour : "Ca va ? Oui. Mai s non je vois bien que ça va pas ! Mais si ! Mais non ! Mais si ! Mais non ! Mais puisque je te dis que si ! " Ce genre de conversation qui en plus d'être inutile était un exemple flagrant de perte de temps qui ne sert vraiment, mais alors vraiment à rien.

- Vous n'auriez pas dû venir. Pourquoi vous y êtes-vous mis à plusieurs ? Vous voulez m'embarquer comme la dernière fois ?


Oulà ? Mais quelle dernière fois d'abord ? Il ne se souvenait pas de l'avoir vu déjà au service des Pathologie des Sortilèges, et pourtant il y travaillait depuis déjà bien deux bonnes années. Comment est ce qu'il avait pu ne pas la voir alors que cette crapule d'Ecrabe le faisait travailler parfois pendant plus de douze heures d'affilées. C'était tellement cruel qu'il s'en était très vite accommodé au final.

Ellias jeta un regard très interrogateur à Ecrabe, mais celui-ci toujours pétrifié, ne lui renvoya qu'un regard bouillonnant de colère et remplit de menace dont deux trois qui semblaient être : Tu vas perdre ton job, ou Tu vas voir, je ferais en sorte que tu ne retravailles pas sur l'île anglaise ou encore, ça va tellement barder pour ton matricule que tu n'auras plus jamais l'idée de recommencer.
Rien de très réjouissant quoi. Mais la routine pour les stagiaires de St Mangouste qui recevaient des menaces des médicomages plusieurs fois par jour.

Mais le bruit très reconnaissable d'un objet qui heurte le sol avec fracas le ramena sur la Terre, et il fixa avec une horreur non dissimulée les grains de riz qui squattaient le dessus de ses chaussures comme par insolence. Il secoua la tête et chassa les céréales en secouant la tête le tout accompagné d'un regard particulièrement réprobateur.

- Et puis merde ! Allez-y, faites votre boulot. Mais si vous m'embarquez encore sans mon consentement, je jure que vous mentirai.


Ellias soupira et leva les yeux au ciel, encore une fois. Elle pouvait être vraiment exaspérante quand elle le voulait. Mais en attendant, le bol de riz gisait toujours sur le sol. Il agita sa baguette et le bol se répara, mais pour le riz …
Il fit juste un vol plané jusqu'à la poubelle.

• Shelter, râla t-il avec une menace sourde dans la voix. Vous commencez vraiment à me saouler !

Non, mais sérieusement, d'où est ce qu'elle tenait toutes ses perspectives pas très joyeuses ? On se le demandait ! Quoique, à la réflexion, elle les tenait peut-être de souvenirs de fois passées. Et Ellias jeta un regard assassin du côté d'Ecrasé. De toute façon, il ne pouvait rien faire, il était pétrifié, alors autant en profiter un maximum, tant qu'il le pouvait. Parce qu'il faudrait bien qu'il le dé-pétrifie un jour ou l'autre.

Il trouva une tarte à la pomme encore chaude dans le four, apparemment, c'était pour ça qu'elle avait fracassé deux assiettes. Le jeune homme la sortit du four et la mit sans ménagement dans une des assiettes fraichement réparées. Il lui donnait de la tarte, bon il ne pouvait pas l'accompagner avec un sourire puisque Terry avait encore le nez en sang, mais c'était déjà très gentil de sa part. Et puis, cela pouvait toujours aider à la faire changer d'avis sur la méchanceté des Médicomages.

• Mangez donc ça au lieu de dire des bêtises, grommela t-il.

Ou pas.

Ellias récupéra une cuillère avec un simple accio cuillère et tendit le plat et la part de tarte devant la jeune femme après avoir découpé des petits bouts avec sa cuillère. Bon, il n'allait quand même pas la nourrir à la petite cuillère parce qu'elle n'était ni une enfant ni une handicapée, mais lui tenir l'assiette pour qu'elle ne finisse pas par terre ça il pouvait facilement le faire.

• Premièrement, on ne va pas vous embarquer sans votre consentement, déjà rien que le fait qu'il ait forcé la porte de votre appartement n'est pas légal si l'on se réfère au règlement interne de l'hôpital.

Il lui tendit la petite cuillère, ça elle devait être capable de la prendre comme une grande, bon, cela signifiait un degrés de proximité très élevé mais à part ça ce n'était rien. Et puis, il n'avait pas eu la moindre nouvelle depuis trois jours, donc si elle avait dormi durant ce laps de temps, alors elle n'avait rien mangé depuis tout autant, et elle devait vraiment avoir la dalle.

• Deuxièmement, vous avez intérêt à manger sans râler parce que sinon, je vous pétrifie aussi et je vous force à tout avaler et je vous préviens que ça ne sera vraiment pas agréable du tout.

Et il en avait forcé des plus coriace qu'elle, alors elle ferait mieux de vraiment s'inquiéter
Revenir en haut Aller en bas

Alithéia Shelter
● Humain ●



Nombre de messages : 136
Age du personnage : 23 ans
Habitation : Londres
Occupation : Artiste, dessinatrice & peintre
Signature : Spilou
Avatar : Spilou
Date d'inscription : 30/01/2011
Coup de coeur : 15
Gallions : 4460

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Lun 25 Avr - 12:40


• Shelter, râla t-il avec une menace sourde dans la voix. Vous commencez vraiment à me saouler !

- Ah vraiment ! Il aurait peut-être fallu y penser avant de jouer au héros, marmonnais-je entre mes dents.

C'est toujours pareil quand on a des ennuis. On tombe sur un gars qui souffre du complexe du héros, qui s'immisce au beau milieu d'une scène infernale, met la source du problème hors d'état de nuire ( n'est-ce pas Ecrabe ! ) puis s'étonne naïvement qu'on ne lui dise pas merci à la fin. Ce n'était pas faute de vouloir le faire ! Du fond du cœur, je souhaitais vraiment le remercier pour ce qu'il avait fait. Mais est-ce que ça arrangerait toute la situation présente ? Non. Est-ce qu'Ellias avait bien agi en transformant mon Médico-mage en paillasson ? Encore une fois, non.

• Mangez donc ça au lieu de dire des bêtises, grommela t-il.

Voilà que je disais des bêtises, maintenant ! Heureux soient les ignorants !
J'avais peut-être toutes les caractéristiques d'une folle, mais mes paroles ne me paraissaient pas déraisonnables pour autant. Enfin quelle opinion MacInerty pouvait-il se faire d'une personne du moment qu'on la classait dans la catégorie des 'artistes' ?

Mince alors !

• Premièrement, on ne va pas vous embarquer sans votre consentement, déjà rien que le fait qu'il ait forcé la porte de votre appartement n'est pas légal si l'on se réfère au règlement interne de l'hôpital.

Il était diabolique. Qu'espérait-il ? Que parce qu'il me proposait MA tarte aux pommes pour enterrer la hache de guerre, j'allais passer l'éponge ? J'étais plus énervée que jamais.

Même affamée, au bord de l'hypoglycémie, je ne les laisserai pas s'en sortir comme ça !

• Deuxièmement, vous avez intérêt à manger sans râler parce que sinon, je vous pétrifie aussi et je vous force à tout avaler et je vous préviens que ça ne sera vraiment pas agréable du tout.

A d'autres, j'enfournais une bonne cuillère de tarte.
Bon, peut-être que je pouvais prendre le temps de calmer mon estomac, mais ensuite, ils allaient m'entendre...

Cette tarte aux pommes est franchement délicieuse.

De toute façon, Ellias se trompait. Ecrabe était dans ses droits quand il avait forcé ma porte.( Mais il faudrait me tuer pour me le faire admettre) J'avais obligation de me faire soigner par Monsieur Enragé chaque fois que je faisais une crise, depuis 1 an. Un de mes amis avait été jugé pour vol l'année dernière. Je devais témoigner à la barre, mais j'avais refusé. Le juge et l'avocat du plaignant avaient vertement insisté, j'avais fini à l'hôpital. Malgré tout, il m'était resté assez de coffre et de stupidité pour insulter la Cour toute entière avant de perdre connaissance. Mon état de santé m'avait évité la garde à vue, et valu ce traitement Ecrabique obligatoire. Si je portais plainte contre le nouveau paillasson qui ornait mon seuil d'entrée, le dossier atterrirait sur le bureau du fameux juge. La seule chose que je récolterais à la rigueur serait une crise de fou-rire de sa part, et un supplément de déchet dans sa corbeille à papiers.

J'achevais ma part de tarte. Le silence qui s'était installé pesait une tonne. Je posais ma cuillère dans l'assiette et inspirais profondément. Je me levais et m'approchais de mon med-mage attitré. Puis je me tournais vers Ellias.

- Je vous saoule ? Oh, vous n'avez encore rien vu, croyez-moi ! Je vous conseille de dé-pétrifier votre supérieur et de vous en aller, parce que vous vous êtes foutus dans un sacré pétrin si vous voulez mon avis. Mais ce n'est pas votre faute... N'est-ce pas Dr Ecrabe ?

Le petit sorcier bedonnant me foudroya du regard. Comme Ellias ne réagissait pas, la troisième personne qui restait indécise sur le seuil leva sa baguette.

- Il faut qu'on arrête de se voir, comme ça, Doc...

Ecrabe se redressa. Je le dépassais d'une demi tête, mais là, j'avais très envie de fuir très loin. Soutenue par ma propre colère, je lui fis face avec un regard étincelant de mauvaise humeur.

- Vous prêchez un converti, Miss Shelter ! Ca vous amuse de me faire subir tout cela chaque fois que vous refusez mon aide ? Je me soucie de votre santé, et voilà comment je suis accueilli ! C'est honteux !

- J'ai paniqué. Vous débarquez avec deux inconnus dans mon appartement, vous forcez ma porte... Mais à quoi vous attendiez-vous ? A ce que je vous propose le café et les gâteaux ?

No way ! Je ne partageais pas ma tarte aux pommes avec l'ennemi, même à l'article de la mort.

- Ca ne serait pas arrivé si vous m'aviez laissé vous emmener à Ste Mangouste...

- Vous savez pertinemment que cet hôpital me fait plus de mal que de bien ! Votre dernier protocole thérapeutique expérimental a failli avoir ma peau ! Vous n'avez pas la plus petite idée de comment me soigner.

- Nous en sommes encore à rechercher un traitement, c'est normal ! Votre maladie est unique au monde !

- Et bien vous pouvez vous le fourrer où je pense, votre traitement ! Je n'en veux plus de traitement ! La prochaine fois que mon organisme dérape, LAISSEZ-MOI CREVER !

- VOUS ETES FOLLE ?!

- QUI NE LE SERAIT PAS DANS MON CAS ?! VOUS NE SAVEZ PAS CE QUE C'EST QUE...

Ma voix se brisa.

- Il n'y a pas de remède pour moi. C'est bon, je me suis faite à l'idée. Je n'ai pas peur de mourir, vous savez ? Ma vie craint un max, Fifrelin. Je suis une moldue atteinte d'un mal sorcier. Votre magie ne peut pas me sauver et vous le savez très bien. Ca fait un an que vous vous acharnez, sans résultat. Vous n'avez pas l'ombre d'une piste. Chaque fois que vous m'affirmez avoir trouvé quelque chose, ça pue le mensonge. Vous êtes aussi perdu que les autres.

J'observais la déconfiture gâter la face pâle du médico-mage. Mon élan mélodramatique semblait faire son effet.

- Une dernière chose, ne sanctionnez-pas MacInerty et son collègue. N'importe qui dans leur cas vous aurait pris pour un criminel, ils ont réagi comme il fallait. Je sais qu'une fois parti d'ici vous allez leur botter les fesses... Mais ne le faites pas, ils n'y sont pour rien dans le conflit qui nous oppose !


Ecrabe eut une lueur rusée dans le regard qui ne me plut absolument pas. J'avais le sentiment d'avoir gaffé. Cela n'annonçait rien de bon.

- Vous êtes amis, cela se remarque au premier coup d'œil. Finalement, je ne les renverrai pas.
Ils me seront utiles ! Voilà comment nous allons procéder... Vous ne voulez plus de traitement, très bien ! C'est votre choix ! Mais si vous ne venez pas à vos deux rendez-vous de contrôle de santé mensuel, je briserai la carrière de ces deux Guérisseurs en herbe ! Là, c'est décidé !


- Du chantage ? La baguette de MacInerty a cogné dur, c'est un effet secondaire, c'est ça ? Non ?! Non mais vous êtes malade !

- Oh, rassurez-vous, je me sens parfaitement bien ! Et puis... Vous ne me laissez pas d'autre choix. Où vous me permettez de garder un œil sur vous pour que je mène mes recherches jusqu'au bout, ou je vire vos amis !
Je suis en droit le faire, ils ont violé le règlement à plusieurs reprises en cette seule soirée. Ce qui n'est pas mon cas, vous êtes une patiente de catégorie 4, ce qui signifie que j'avais le droit d'entrer par effraction. Toute personne atteinte d'une maladie qui peut la tuer à tout instant doit rester en contact avec ses guérisseurs 24h/24 ! Et maintenant si vous permettez, je dois vous poser quelques questions, et si besoin, vous examiner. Qu'en pensez-vous Mr MacInerty ?






Dernière édition par Alithéia Shelter le Sam 21 Mai - 16:07, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
http://www.plumedargent.com/viewuser.php?uid=132

Ellias MacInerty
● Magic Touch ●



Nombre de messages : 102
Age du personnage : 25
Habitation : Londres
Occupation : Médicomage / Galleriste à temps perdu
Signature : Tripin'Face
Avatar : Lennox
Date d'inscription : 21/01/2011
Coup de coeur : 0
Gallions : 4561

MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   Dim 1 Mai - 12:45

Ellias s'appuya sur le plan de travail pendant qu'elle mangeait tranquillement. Il méditait sur ce qui venait de se passer, étrangement, il n'éprouvait pas le soulagement que le jeune homme s'était attendu à ressentir en pétrifiant son effroyable supérieur. Et il était pratiquement certain qu'il allait avoir des problèmes pour l'avoir fait. C'était juste une question de temps.

Les yeux de son patron qui le foudroyaient lui en apportaient la profonde certitude.

Shelter avait enfin fini de manger, et elle alla vers Ecrabe pour voir on-ne-sait-quoi, mais Ellias était certain qu'elle avait quelque chose en tête. C'était Alithéia, alors évidemment qu'elle avait quelque chose en tête. Et c'était sûrement quelque chose qui n'allait pas lui plaire. pour changer.

- Je vous saoule ?

• Oui, vous me saouler, confirma t-il en hochant la tête.

-Oh, vous n'avez encore rien vu, croyez-moi !

Alors là, Ellias n'avait absolument aucun mal à le croire. A chaque fois qu'il l'avait vu, il s'était passé quelque chose, et elle l'avait toujours surprise, positivement ou négativement, mais cela avait toujours été haut en couleur. Si jamais il ne devait plus jamais la voir, sa vie serait étonnamment morne comparée aux heures où elle avait été en sa compagnie. Il regrettrait peut-être. Ou peut-être pas. Peut-être que lorsqu'il songerait aux problèmes qu'elle lui avait attiré, il se dirait que c'est amplement mieux, mais il ne bernerait personne et certainement pas lui. Le jeune homme s'était vraiment bine marré avec elle et s'attendait encore à avoir d'autres fous rires. Quitte à se sentir mal au début et en rire un peu plus tard.

-Je vous conseille de dé-pétrifier votre supérieur et de vous en aller, parce que vous vous êtes foutus dans un sacré pétrin si vous voulez mon avis. Mais ce n'est pas votre faute... N'est-ce pas Dr Ecrabe ?

Au moins, ça lui coupa immédiatement son envie de rire. Elle avait vraiment perdu la tête. Il allait se faire arracher la tête, elle allait se faire arracher la tête, Terry allait se faire arracher la tête et même peut-être le chat allait se faire arracher la tête ! Alors, non, non, non, cent fois non ! Il ne le désertifierait pas, jamais, never. Mais bien sûr, Terry qui n'était jamais de son avis, lui, le fit. Et se récolta le regard noir d'Ellias.

Pendant qu'Ali était occupée à papoter joyeusement avec Ecrabe, Ellias alla voir Terry et le prit par le bras pour parler tranquillement dans le couloir. Le jeune homme était assez furieux comme ça, et les heures de sommeil qui lui manquaient ne l'aidaient pas. Vraiment pas.

• Qu'est ce qu'il y a ? demanda t-il en sortant un autre mouchoir pour retirer le sang de son visage.

Ellias, mécontent, croisa les bras d'un air réprobateur. Bon, il reconnaissait que son ami avait eu entièrement raison de rompre le sort qu'il avait jeté sur son supérieur. Mais le problème était que c'était lui qui l'avait fait et non pas Ellias comme cela aurait du se produire. Conclusion, c'était lui qui allait avoir des problèmes alors que Terry, lui, aurait le bonus "vous avez détrétifié le Boss, vous avez le droit à une vie !". Alors que lui se retrouvait plus avec la saleté de carte "aller directement en prison". Comme quand il jouait au monopoly, un jeu moldu, avec son neveu. C'était toujours lui qui l'avait cette saleté de carte ! A croire qu'elle avait été ensorcelée pour qu'elle lui revienne à chaque fois qu'ils jouaient.

• Est ce qu'à ton avis, on est mal, là ?
demanda t-il en abandonnant son air furibond.

Il continua de frotter son nez en se plongeant dans une intense méditation sur le sujet. Ellias, lui, croisa les doigts dans l'espoir qu'il dise quelque chose comme " Mais non, tout va bien se passer, Ecrabe va repartir et nous inviter à boire un café pour nous proposer une augmentation", mais honnêtement, le jeune homme lui-même n'y croyait pas vraiment.

• Je pense qu'on est mal barré, confirma t-il avec un petit sourire contrit.

Ellias le regarda quelques instants puis éclata d'un rire désabusé. Mais qu'est ce qu'il pensait que Terry allait dire ? C'était la personne la moins optimiste sur terre. Son ami sembla d'ailleurs remarquer que ce n'était pas la réponse à faire puisqu'il eut l'air un peu embêté.

• Rassure moi, tu voulais bien une réponse honnête hein ?

Ellias soupira profondément. Oui, il voulait une réponse honnête, mais quand même, il aurait pu lui annoncer leur renvoi qui semblait presque imminent avec un chouïa plus de tact. Après tout, il parlait aussi de son propre renvoi, pourtant il n'avait pas l'air plus angoissé que ça. C'était incroyable. Rien n'atteignait cet homme.

• Je pense que oui, mais …

- VOUS ETES FOLLE ?!

- … LAISSEZ-MOI CREVER !

- QUI NE LE SERAIT PAS DANS MON CAS ?! VOUS NE SAVEZ PAS CE QUE C'EST QUE...

Ellias échangea un regard inquiet avec Terry et ils retournèrent en moins de deux dans l'appartement de la jeune femme. Au moins, ils ne semblaient pas s'entre tuer, c'était déjà ça, mais ils étaient plongés dans une intense discussion et ni Terry ni Ellias n'avaient envie de les interrompre. Néanmoins, ils se rapprochèrent quand même en gardant les yeux rivés sur leurs chaussures qui se révélaient être bien plus intéressante que le regard assassin de leur supérieur.

- Vous êtes amis, cela se remarque au premier coup d'œil. Finalement, je ne les renverrai pas.
Ils me seront utiles ! Voilà comment nous allons procéder... Vous ne voulez plus de traitement, très bien ! C'est votre choix ! Mais si vous ne venez pas à vos deux rendez-vous de contrôle de santé mensuel, je briserai la carrière de ces deux Guérisseurs en herbe ! Là, c'est décidé !


Sa dernière phrase les heurta de plein fouet. Il voulait les virer là ? Terry et lui relevèrent la tête en même temps. Mais avec des réactions un peu différentes : Ellias voulait lui jeter un sort alors que Terry semblait sur le point de hurler, de vomir et de frapper quelque chose. En fait, il valait peut-être mieux qu'ils n'aient pas l'occasion de riposter à cause de l'intervention d'Alithéia. Il aurait sûrement fini dans la gamelle de Coriolis. Et eux à Azkaban.

- Du chantage ? La baguette de MacInerty a cogné dur, c'est un effet secondaire, c'est ça ? Non ?! Non mais vous êtes malade !

- Oh, rassurez-vous, je me sens parfaitement bien ! Et puis... Vous ne me laissez pas d'autre choix. Où vous me permettez de garder un œil sur vous pour que je mène mes recherches jusqu'au bout, ou je vire vos amis !
Je suis en droit le faire, ils ont violé le règlement à plusieurs reprises en cette seule soirée. Ce qui n'est pas mon cas, vous êtes une patiente de catégorie 4, ce qui signifie que j'avais le droit d'entrer par effraction. Toute personne atteinte d'une maladie qui peut la tuer à tout instant doit rester en contact avec ses guérisseurs 24h/24 ! Et maintenant si vous permettez, je dois vous poser quelques questions, et si besoin, vous examiner. Qu'en pensez-vous Mr MacInerty ?


Il battit des paupières et ne put retenir un haussement de sourcil nerveux en sentant le regard de son chef le transpercer comme un sort de révélation. Et avec le regard de Shelter et de Terry qui s'y ajoutèrent, il se retrouva avec de la gélatine à la place du cerveau. Incapable de prononcer un mot, et encore moins de formuler la moindre phrase.

• Je … euh … Ne virez pas Terry, monsieur. Il est un peu taciturne et parfois il grogne sans aucune raison … mais il aime les trolls aux cheveux colorés et il supporte n'importe quoi. Rien que pour ça vous devez le garder. En plus, il a mit fin à votre pétrification.

Apparemment, ce n'était pas la réponse qu'il attendait. Il lui jeta un regard furieux en haussant un sourcil. Ce qui fit penser à Ellias qu'il devrait arrêter de hausser les siens. Il devait avoir l'air ridicule et allait finir ridé prématurément. Pas la peine de donner de bonnes raisons à son neveu de le charrier comme ça.

• Je pense que … oui c'est une bonne idée.

Ce n'était pas le cas, loin de là, mais si Terry pouvait garder sa place, alors il le ferait sans hésiter. Et à bas son complexe de super man. Il se sentait vraiment désolé de devoir trahir son artiste comme ça, mais d'un autre côté elle était malade et la carrière de Terry et la sienne était entre ses mains. Il se retourna vers elle avec un regard suppliant.

• Shelter, demanda t-il avec une supplique dans la voix pour qu'elle se laisse faire.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Meyer's Mad Stars   

Revenir en haut Aller en bas
 

Meyer's Mad Stars

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Description physique (PV: Gin et Lil Meyer)
» Dallas' Stars
» [Validée]Lil Meyer [En Cours]
» Dalas Stars signature
» Mini campagne Stars Wars
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 L'Alternatif :: Les Pays Unis de la Résistance :: Londres ● Capitale des PURs :: Commerces & Administrations-
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit | Forums RPG | Univers connus