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 Ca faisait longtemps...

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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Lun 3 Sep 2007 - 19:08

La Paresse: à l'ombre d'une sieste


pense : Dommage pour le sachet Luxure...

Son esprit libertin avait refait surface. Ce qui soulagea ses tourments.


L'envie... ça reviendrait à la Luxure, mon cher.

Mais en vrai, elle ne savait pas vraiment de quoi elle avait envie. Elle s'avança dans le mètre qui les séparait. Et lui souffla en réponse à son sourire coquin.

Je ne suis pas fatiguée... tout comme toi. Mais je prends ta deuxième alternative. Je veux juste être avec toi.

Elle lui baisa l'épaule avant de se blottir contre lui. Se protéger et le savoir près d'elle.
Son silence l'avait inquiété. Elle imaginait déjà qu'il regrettait, qu'il l'a fuirait, qui n'accepterait ni l’après cette soirée, ni de la revoir. Elle ne concevait pas qu'Egon puisse un jour sortir de sa vie. Ils étaient proches et elle ne pouvait se figurer sa vie sans lui, sans son amitié, sans ses lettres, ses nouvelles de temps à autre.
Elle pouvait vivre en oubliant cet écart, mais pas sans lui. Ami, amant ou avec lui, peu importait tant qu'il était là.


Après un bisou complice dans le cou, Isis l'emmena dans sa chambre. Elle récupéra sa baguette et refit le lit. Elle en profita également pour tirer les rideaux et alluma une petite lampe de chevet. Un peu de lumière, ne leur fit pas de mal. Elle s'employa aussi à ramener les vêtements dans les chambres vu qu'ils s'étalaient dans le séjour.


A être en Eve, elle grelottait et ce fut avec bonheur qu'elle se glissa dans les draps. Elle fit léviter également les sachets de thé. Cela ne lui coûta pas grand chose de ranger celui de Luxure dans sa boite. La colère partie également au placard suivit de prés de l'avarice et l'orgueil. Après réflexion elle rangea sagement la gourmandise. Il restait plus que deux.


Avec une moue malicieuse, elle fit apparaître un plateau d'argent ou se trouvait deux tasses et de l'eau bouillante. Elle y déposa les deux sachets restant dont le nom était caché par un sort merveilleux, le Secretaum. Il permettait de camoufler un objet ou un simple mot qui ne se révélera que quand l'auteur du sort l'aura décidée.


Voyons voir si tu es joueur, monsieur Sutham... choisis un de deux sachets de thé et on le boira ensemble. Il y a la paresse, pour dormir... ou l'envie. J'ai gardé la luxure sagement rangée... tu vois, je ne suis pas si vicieuse.
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Lun 3 Sep 2007 - 20:14

Egon se sépara de la serviette pendant qu'Isis jouait à la fée du logis. Adam et Eve se reconquirent. Il s'occupa de rendre à la salle de bain son état originel puis, guidé par elle, il rejoignit son amante dans la chambre. Il la regarda s'agiter, ne l'aida pas à regrouper leurs affaires semées comme l'auraient fait des petits poucets sybarites *, car il trouvait très érotique ce tableau d'une magicienne nue qui remettait de l'ordre autour d'elle. Il n'aurait pas voulu l'aider et qu'elle termine trop vite ce qu'elle était en train de faire. Egon la suivait du regard et attendit qu'elle vienne se réfugier sous les draps.

Elle lui proposait de choisir à l'aveuglette l'un des deux sachets de thé qui restaient.

Paresse pour dormir ou envie pour rêver.

Envie n'était pas forcément luxure. Loin de là. L'envie c'était vouloir ce que autrui possède. Que possédait les Autres que Egon aurait bien aimé avoir pour lui? Isis, par exemple. Un appartement au calme, aussi. Un appartement au calme avec Isis dedans. Un appartement au calme avec Isis nue dedans. Le thé était-il capable de reproduire une illusion permanente telle qu'un appartement? Bergamote avait dit qu'il n'y avait que trois coffrets comme celui-ci dans le monde. Le présent était coûteux. Les thés devaient opérer des enchantements dont ils auraient été incapables. Etant donné l'empressement qu'elle avait eu à vendre ses autres thés ou faire sa promotion pour toutes ses gammes sauf pour celui-ci, prétendument d'une grande rareté, il devait générer une magie sensationnelle. Egon eut soudainement très peur des limites de cette magie. Etait-ce seulement légal?

Paresse se vautrer avec elle sur le sable fin d'une île loin de tout, d'une forêt cachée au cœur du monde, d'un igloo en Alaska chauffé par la graisse de phoque. Revenir que lorsqu'on aura débusqué Antarès et débarrassé la terre de sa présence. Dormir près d'elle, sortir du lit quelques fois pour se nourrir, parler de choses, l'entendre lui raconter ce qui lui était arrivée, en rire peut-être, faire l'amour matin midi et soir en attendant le matin suivant pour recommencer.


De son index, il désigna l'un des deux sachets.

"L'un ou l'autre si cela représente un dixième de ce à quoi je pense, ça sera déjà bien."


Spoiler:
 




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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Lun 3 Sep 2007 - 20:43

Isis trempa l'objet désigné dans l'eau chaude. Elle attendit dans les bras de son compagnon, la tête posée sur son épaule que le thé fasse effet.


Des filets de fumées montaient doucement vers le plafond dans une douceur hypnotique. Sous les bras d'Egon et appuyé contre lui, elle regardait calmement ce petit spectacle, humant l'odeur de fleur qui se dégageait du filtre, tout en s'amusant à caresser de ses doigts fins son bras.


L'envie.
Ce qu'elle avait envie ? Si elle le savait. Elle voulait le blanc, réclamait le noir et en fin de compte choisissait les deux, tout et son contraire.

Là, elle avait envie juste d'être avec Egon. Elle voulait que cette journée se termine jamais. Que le monde s'arrête éternellement dans cette chambre. Rester dans ce lit, à s'enlacer, à s'embrasser à ne s'occuper égoïstement d leur désir, d'eux. Antares arrivait à ne plus faire venir la nuit... elle ne voulait pas que le jour se lève.
La paresse.




L'infusion terminée.
Les tasses se remplir de l'eau parfumée.
Ils burent chacun une gorgée de cet élixir.


Certes, elle ne l'avait pas fait sans une certaine crainte. Elle ne savait pas ce qui allait les attendre, elle n'était en rien rassurée par l'inconnu. Mais être dans les bras d’un ancien gryffondor apportait sa part de courage.


Le plateau s'envola, juste après qu'elle révéla l'intitulé du thé.



La paresse.
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Lun 3 Sep 2007 - 21:45

Assis en tailleur sur le lit, le couple but son thé. La boisson avait un arôme floral, comme de la violette, mélangée en plus à une larme de miel. Ils reposèrent leur tasse sur la table de chevet et attendirent. Egon avait pensé que le temps que la liqueur fasse effet, il pouvait se permettre d'aventurer une main espiègle le long du sein, du flanc, de la hanche, du ventre d'Isis. Perdre sa palme curieuse sur l'étendue de peau recouverte par le drap... Il avait d'ailleurs commencé cette expédition. Il amena très vite la jeune femme à s'allonger complètement sur le dos, baisa ses lèvres, but la tendresse de ses yeux, cultiva quelques soupirs dans son cou. Une de ses jambes était venue entourer les siennes, les faire prisonnière pendant qu'il calait son bas ventre contre sa hanche. Le tissu du drap était soyeux, mais moins qu'Isis, alors il retira ce qui le séparait d'elle. Sa surprise fut de sentir du sable à la place du matelas.

Il se redressa subitement et regarda autour d'eux.
- Oh Merlin! Il ne faut pas rêver trop fort ici...

Egon s'écarta d'Isis et regarda la seule relique qu'il leur restait du loft londonien: le drap. Il le souleva pour constater qu'il avait toujours son costume d'Adam et elle celui d'Eve. "Pourvu que l'île ne cache pas trop d'autochtones... on n'est pas présentables" s'amusa-t-il en se mettant assis.

La lune faisait dix fois sa taille normale et flottait dans l'océan marin. Le ciel était voilé de nuages argentés. Calme. Devant eux plus haut sur la grève de la plage qu'il avait espérée, il y avait une sorte de ponton en bois situé à un mètre du sol et rehaussé d'une pergola à la structure de bois. La construction abritait un large matelas blanc, carré, entouré d'un minuscule bassin peu profond d'où s'évaporait des condensations violacées. Des parfums de jasmin.

La mer face à eux était celle des livres et des magazines. Les Seychelles sans les touristes.
Egon se leva et aida Isis à faire de même. Il lui confectionna une robe de fortune et parut soudain paniqué:
- Les baguettes!! Nos baguettes...

Il regarda autour d'eux, le sable blanc cristal de lune mais aucune trace de leur baguette. Son tatouage vira doucement au vert mais se calma instantanément lorsqu'il vit apparaître devant eux leurs deux baguettes.
- Draps?

Et un drap apparut.
- Isis... je ne pars plus d'ici, sourit Egon en s'entourant du drap pour rejoindre, avec Isis, main dans la main, la tente juchée sur le ponton. ²

Il dit ça mais c'était sans réaliser qu'ils se trouvaient incontestablement dans une île terrienne du pacifique, à une époque qui n'avait plus de minutes mais à une époque où l'île était habitée. Ni Isis, ni lui, ne se doutaient encore que leurs tenues (ou leur manque de tenue) étaient effectivement indécentes aux yeux des natifs... mais ils avaient encore quelques heures avant de le découvrir. Heures pendant lesquelles ils pourraient se reposer bien que pour l'instant Egon avait plutôt entreprit de terminer ce qu'il avait commencé lorsqu'ils étaient arrivés sur l'île.

Le lendemain matin, ils seraient réveillés par quelques enfants jouant à chat autour d'eux. Isis ne porterait sur elle que les bras d'Egon et le musc de leurs étreintes. Leurs jambes à peine cachées par le drap blanc de Londres.




Iccam


Dernière édition par le Dim 16 Sep 2007 - 12:14, édité 1 fois
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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Mar 4 Sep 2007 - 18:16

Sentir les grains de sable dans son dos nu lui parut normal. Elle ne l’aurait pas remarqué sans le désarroi d’Egon, trop absorbée par la passion de ses caresses.

Oh Merlin ! Il ne faut pas rêver trop fort ici…

Alors on était dans le rêve d’Egon. Le rêve, si on pouvait appeler cela un rêve, tout était tellement réaliste.
Elle se partageait entre l’amusement de faire ce rêve avec lui et la peur du réalisme du lieu.
Cette plage était paradisiaque, calme. Seuls au monde, dans un monde où l’on ne pouvait vivre que de paresse et de désir. Leurs envies étaient à leurs pieds, il leur suffisait juste de le vouloir pour l’avoir.
Mais la peur la gagna. Le lieu avait beau refléter la providence de leur couple, il avait quelque chose d’irréel. Irréel mais tout à la fois palpable. L’imaginaire se mélangeait au réalisme dans une ode sans le moindre défaut. Et ce manque d’imperfection inquiétait la jeune femme. Il y avait anguille sous roche, elle le sentait, elle se l’imaginait avec certitude. Même ses visions lui paressaient virtuelles malgré leur exactitude.
Trop époustouflée et paniquée, elle resta immobile, assise sur le sable qui balayait sa peau dénudée poussé par la légère brise marine.

Egon la souleva, l’habilla et l’emmena prés de lui. Elle restait sans voix, quoique un plus rassurée grâce à ce contact humain, le seul être physique dont elle n’avait aucun doute de la présence.
Il s’inquiétait pour sa baguette, elle n’avait même pas eu l’idée de penser à son outil de défense. Oh, là où elle allait trop souvent à son goût, elle n’avait qu’à compter sur elle-même et pas sur la magie. Ici, cela être différent. Enfin, cela n’était en rien une certitude.


Son sourire enfantin finit par la rassurer complètement. Ses essais avaient été fructueux et cela lui donna forcément le sourire. Il avait un sourire si craquant. Isis l’aurait bien mangé sur place s’il n’y avait pas leur nid qui les attendait. Elle s’arrêta de se méfier de cet univers enchanteur.


Et moi, je te tiendrai à tout jamais compagnie dans ce paradis.

Elle lui fit un doux bisou sur sa joue, agrippée à sa main. Elle ne put que rire à l’affût de ses caresses qui ravivaient un désir mis en sommeil, juste le temps de juger des effets du thé.

Leur nuit fut consacrée, dans sa plus grande partie, à la découverte mutuelle de leurs corps, approfondissant encore et toujours plus leurs caresses trop intimes pour les décrire. Au lever du soleil, les deux amants étaient enlacés l’un contre l’autre.





- Tu as vu, ils sont tout nu
- Ce sont des étrangers, ne reste pas là, ca peut être dangereux.
- Oh, son visage, il est trop beau… et ses cheveux, on dirait de la soie, elle est trop belle pour être méchante
- Si la Villac umu nous voit près d’eux, il ne va pas être content… il va les emprisonner, ce sont des païens sans aucun respect.
- Va pas la prévenir… ils vont être méchants avec la jolie personne, et même avec l’homme avec elle. En plus, il a l’air fort…
- Oh regardez, ils bougent.


Isis venait de se réveiller. Elle ouvrit ses yeux pour mieux les refermer. Elle s’étira et prit conscience des deux bras qui l'habillaient, du souffle chaud et constant de sa moitié, de sa nudité dont le soleil réchauffait la moindre parcelle à travers les pergolas. Les senteurs de jasmin vinrent chatouiller son odorat tandis que son ouie suivait les intonations enfantines autour d’eux. Enfants.
Isis se releva dans un bond, essoufflée et paniquée. Elle ouvrit les yeux ronds et regardait les gnomes autour d’eux.


Ils étaient trois. Deux filles d’un peu plus de 8 ans et un petit garçon d’à peine 5 ans. Ils étaient tous les trois habillés à la mode Inca, avec de riches étoffes tissées à la main et des rangées de bijoux qui cliquetaient à chacun de leur mouvement. Ils avaient crié à la réaction d’Isis, elle les avait surpris autant qu’ils l’avaient apeurée. Elle recouvrit son corps et celui d’Egon instinctivement avec le drap. Elle était pudique et montrait rarement son corps à des yeux autres que ceux qu’elle désirait. Elle essaya à taton de chercher leur baguette. Ils les avaient déposées au-dessus de leur tête de lit, à l’abri… mais sa main trouva seulement du vide.

- C’est moi qui ai vos bouts de bois…

C’était la plus vielle des petites filles qui prit la parole. Le petit garçon se cachait derrière elle. Ils devaient être frère et sœur à la ressemblance de leur visage.

- La Villac umu est prévenu, il va venir vous chercher… étrangers.

Valla quoi…. Egon… Egon…

Dans son stress, elle giffla Egon par accident. Si elle ne dit plus rien, ses yeux, eux, lui décrivaient ses moindres pensées : j’ai peur. Elle avait beau réfugier son regard dans celui de son protecteur, ou savoir que ce n’était que des enfants, elle avait un mauvais, très mauvais pressentiment

- Tu n’auras pas du les menacer… ils n'ont pas l’air méchant…

- Et puis, ils sont rigolos, ils sont tout nus

- Rhidow, ne dis pas de blasphème, si la Villac umu t’entendait. La nudité est quelque chose d’indécent.


- Tu ne devrais pas te perdre dans les paroles de cette vieille folle de Villac umu, ma très chère et très jeune Rhianne. Tu devrais emmener ton petit frère et Anaelle plus loin. Et continuer à jouer à chat, c’est un bon jeu cela, chat… sauf quand on dérange autrui.


C’était un vieil homme, âgé vu ses cheveux blancs et qui devait avoir une certaine importance car les enfants lui obéirent directement. Le jeune Rhidow fit un petit coucou d’au revoir au couple avant de partir jouer.

Isis avait, durant ce laps de temps, contourné Egon pour se retrouver dans son dos. Plus peureuse on pouvait difficilement faire. Et elle lui souffla à l’oreille.



Ton rêve de l’île paradisiaque version seuls au monde rien à redire… mais les autochtones flippant, tu aurais pu t’abstenir.

La phrase aurait pu être drôle, si Isis n’était pas complètement effrayée.

Spoiler:
 


Dernière édition par le Dim 23 Sep 2007 - 15:30, édité 1 fois
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Mer 5 Sep 2007 - 13:38

- Ton rêve de l’île paradisiaque version seuls au monde rien à redire… mais les autochtones flippant, tu aurais pu t’abstenir.

- J'étais à Gryffondor, chez les Lions, Isis, pas dans la maison des Petits Lapins Nains, répondit Egon avec amusement mais entre les dents tout en proposant un sourire poli mais crispé à l'homme qui était devant eux. Ca c'était du réveil!

En d'autres termes, l'âme des Gryffondor avait toujours eu besoin d'un peu d'adrénaline pour rester vive. Toutefois, même s'il y avait eu à Poudlard une maison qui aurait eu pour emblème le lapin nain, l'ancien Gryffondor ne doutait pas une seconde qu'une personne de cette improbable maison eût aimé vivre à la Robinson, avec les dangers que cela comporte. Lost, ça le faisait déjà moins... Egon réajusta calmement le drap autour de sa taille et entoura celle d'Isis de son bras pour la garder derrière lui, contre lui, sur ses gardes. Sang froid, toujours, parce qu'à l'intérieur sang chaud trop souvent.

Il ne savait pas les règles exactes du Thé de Bergamote et en attendant d'avoir des certitudes, il fallait tâter le terrain. Surtout qu'ainsi dévêtus, ils n'étaient pas en position d'entreprendre quoi que ce soit... sauf les fesses à l'air. Mais Egon, loin d'être exhibitionniste mais possédant un certain attrait pour son amour-propre savait que si quelque chose devait mal tourner, il refuserait catégoriquement de partir en courant, cul nu, portant Isis à bout de bras, après avoir attaqué un vieillard pour récupérer sa baguette et transplaner à l'aveuglette quitte à être désartibulés... culs nus. Non. Alors, un peu de sang froid et, surtout, l'objectif était de récupérer leur bien pour un semblant de dignité.
- Bonjour, je m'appelle Egon.
"Si je lui dis que je suis londonien, je ne suis pas certain que ça va beaucoup lui parler..."
Egon se décala un peu mais sans exposer Isis à laquelle il laissa le choix de sortir de sa cachette - qui ne la cachait pas le moins du monde mais cela le fit sourire.
- Et les cheveux qui bougeottent derrière moi sont ceux d'Isis. Isis, c'est la jeune femme courageuse qui se trouve sous les cheveux.

Le jeune homme se montra plutôt affranchi des faux-semblants imposés par une telle situation mais instinctivement il sentait qu'il pouvait se le permettre face à cet homme. Le vieillard semblait être sage, respecté et respectable. Il inspirait naturellement une grande force tout en veillant à garder un œil disponible et un esprit ouvert à ce que les deux jeunes inconnus allaient lui raconter.

Il resta silencieux et souriant. Egon se demanda pourquoi l'homme ne se présentait pas en retour. Alors, il alla directement au but, en resserrant un peu plus le drap autour de sa taille, et de son autre main, en caressant discrètement le flanc d'Isis qu'il maintenait toujours dans son dos. Une simple caresse pour lui dire qu'il était là et qu'il ne lui arriverait rien.
- Concevez vous que nous récupérions nos bagu... bout de bois? Demanda-t-il plus sérieusement, en regardant les baguettes que Rhianne avait tendues au vieil homme avant de s'en aller.

C'est à ce moment que l'homme se mit à bouger. Il avança vers le matelas et passa le petit courant de jasmin pour s'asseoir en tailleur face à eux. Son visage était souriant et dur à la fois.
- Ah, je me disais bien que vous n'aviez pas fini de parler, dit-il. Egon comprit pourquoi l'homme ne s'était pas présenté tout de suite: il attendait de savoir ce que les deux allogènes * désiraient. Je me nomme Délos, je suis Villac umuc des shalimancyans. 'Chef', précisa-t-il de lui-même devant les sourcils froncés qui révélaient qu'ils ne comprenaient pas. Je rendrai vos sceptres quand vous serez vêtus et que je serai certain que vôtre nudité n'est pas voulue...

Egon tenta de protester mais il vit dans le regard du vieil homme une sorte d'éclair qui lui disait "je t'ai laissé parler jusqu'au bout tout à l'heure. A ton tour de m'écouter". D'emblée, Egon se tut.
- Et je sens que ce n'est pas voulu. Par contre, ce que je ne sais pas, c'est par quel miracle vous êtes arrivés sur cette île. Je dois protéger les habitants, comprenez-vous. Il faut que je sache si vous y êtes depuis toujours mais que vous avez trouvé la façon de grandir ou si vous êtes apparus des mers. Nous parlons la même langue aussi... Il faudra me raconter pourquoi. Je me questionne sur votre identité et la façon dont vous êtes venus ici... (Il désigna la tonnelle) avec votre matériel.

Derrière le vieillard deux petites filles vêtues sur le même mode que les autres enfants et l'homme aux cheveux blancs, arrivèrent les bras chargés de linges colorés et les déposèrent à côté du vieillard. Elles rougirent devant la nudité des deux jeunes gens et repartirent en évitant leurs regards.
- Passez ces vêtements s'il vous plaît. Nous allons aller à Shalimance. Le peuple ne peut pas voir un homme et une femme nue. Ce n'est pas arrivés depuis si longtemps, sourit-il. Depuis Miwa et moi-même, je pense.

Egon avait le souffle coupé et ce qu'il venait d'entendre avait engagé une guerre dans sa matière grise qui fluctuait à toute vitesse. Plusieurs réflexions se dégageaient de ce qu'il venait d'entendre et des inquiétudes du vieux sage vis-à-vis de leur intrusion. Il eut en partie une réponse à ses questions lorsqu'ils furent vêtus et qu'Isis et lui découvrirent Shalimance. Cette ville, peut-être même toute l'île, n'était peuplée que d'enfants.

Ils marchèrent en suivant le vieil homme sous les regards parfois inquiétés ou parfois réjouis des enfants qui leur faisaient cortège. Ceux qui les avaient découvert les suivirent jusqu'à leur prochaine destination. Rhianne se méfiait d'eux et ne le cachait pas mais le petit garçon marchait à leurs côtés, allant même plusieurs fois près d'Isis en lui prenant la main. A chaque fois Rhianne s'interposait et coupait le lien. De l'autre côté, cependant, Egon gardait la main d'Isis dans la sienne et n'avait plus prononcé une parole depuis qu'il avait réclamé leurs baguettes.

Il pensait et son visage était dépourvu d'émotions. Etaient-ils dans un rêve ou dans un endroit réel? Egon doutait. Il avait songé formuler à haute voix ses désirs comme cela avait fonctionné pour le deuxième drap mais quelque chose faisait barrage dans son esprit... et c'était sa curiosité qui venait parasiter ses désirs. Il avait tellement envie de se perdre dans cette histoire et d'en connaître la fin, qu'elle se déroulait sans que d'autres envies ne viennent changer le cours des évènements. Mais Isis avait elle aussi bu le thé... se pourrait-il que ce monde soit la conception de leurs deux imaginaires ou était-il vraiment un lieu qui se trouvait confiné quelque part sur la Terre?

Après avoir marchés jusqu'à une large route de terre battue bordée de constructions tantôt incas, tantôt égyptiennes ou africaines, ils arrivèrent devant ce qui ressemblait à un immense temple de pierre. Seule Rhianna et le petit garçon purent entrer avec eux. Tous les autres enfants restèrent aux portes closes. Egon pressa la main d'Isis, il aurait aimé être légilimens ou traficoteur d'esprit pour lui dire: "Je te promets qu'il ne nous arrivera rien. Je suis là et je ne te lâche pas."

Spoiler:
 




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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Jeu 6 Sep 2007 - 22:08

"Je te promets qu'il ne nous arrivera rien. Je suis là et je ne te lâche pas."

Elle stoppa net sa marche. Egon n'avait pas bougé une seule fois les lèvres, elle le savait. Mais elle avait également entendu cette phrase. Isis avait murmuré entre ses dents un simple souhait et il se réalisa.

Tu en penses quoi ?

A l'affût du moindre détail, du moindre signe extérieur d'Egon elle souhaitait savoir ce qu'il pensait. Car il était bel et bien dans ses pensés, impassible et froid. Sa main, sa pression rassurait Isis mais elle avait aussi besoin de savoir ce qui tournait dans sa tête. Elle voulait pouvoir arrêter le temps pour lui parler de ce qu'il leur arrivait, de cette situation. Lui dire :

" Oui, ben je ne suis peut être pas chez les lapins nains, mais ça n'empêche pas que le blaireau que je suis, elle aime pas l'inconnu... t'as une idée dans quel pétrin on est... où tu nous as mis."

Tellement plus facile de rejeter la faute sur l'autre. Ca Isis elle était la championne inconditionnelle de la mauvaise fois, surtout quand elle se savait fautive. Parce que la jeune fille naïve savait bien que les soucis ben ca venait de son esprit tordu. A ne pas savoir ce qu'elle voulait son imagination faisait des siennes...

" A moins que ca soit la faute du thé... tu vois, on aurait du prendre luxure. Il n'y aurait pas eu de problème de nudité dans ce cas là... "

Mais vu la tête d'Egon, lui, ne pouvait pas entendre son monologue.

pense : et bouse de dragon... je ne veux pas entendre ses pensées, les miennes sont assez inintelligibles pour moi.

Alors, voilà, maintenant elle entendait les pensé d’Egon, enfin d’après son souhait. Et elle n’aimait pas du toute cette perspective. Elle se souvenait trop bien de la période au Jon pouvait lire dans sa tête… une horreur.


Mais son arrêt, ne fit pas qu'inquiéter son compagnon, mais également le Villac umuc.


- Il y a quelque chose qui ne va pas ?

Je voulais savoir où on était ? Vous nous avez dit que ce lieu se nommait Shalimance, mais on est sur une île, à priori. Comment ce monde, ce bout de terre ou milieu de nul part à été peuplé. D’où est venue votre civilisation, votre culte. Vous êtes euh... comme dite vous déjà, Villac umuc, mais je ne vois que des enfants autour de vous
Ils sont où leurs parents, les adultes. Vous n’este pas le seul dans ce cas… mais en même temps, tous ses enfants étaient étonnés et murmuraient des phrases sur notre vieillesse. Sans parler de notre nudité ou début de notre rencontre. C'est quoi cette histoire de blasphème, il n'a rien de répréhensible à être nu. Vous êtes bien nu à des moments de votre vie, c’est quelque chose de courant. Et euh…



Isis s’arrêta, ses phrases, ses questions n’avaient ni queue ni tête mais fallait que ca sorte. Que ca sorte car elle n’en pouvait plus du silence, de cette ascension sans réponse, sans parole. Elle avait besoin de vider son sac. Et dans ces cas là, ca sortit d’un coup.
Mais cela, était quelque chose de cohérent dans ce thé. Egon avait fait de sa paresse un lieu de repos et de désir. Isis en avait fait un lieu ou elle pouvait se réfugier à tout jamais dans ses peurs enfantines. Ne pas grandir, ne pas évoluer et prendre de l’assurance, ne pas assumer ce qu’elle était et qu’on lui pardonne tous ses faits et gestes. Rester à tout jamais dans ce cocon d’insouciance et de tendre naïveté, de caprice, de pudeur et de désir platonique. Tout avoir sans prendre de risque.

Voilà, le rêve d’Isis. Egon voulait un monde calme et sans complexité, Isis voulait un monde calme et sans grandir.

Mais le thé, avait une vertu que les deux gens allaient devoir affronter. Il permet de voir ce que l’on souhaite, mais oblige à faire face à ce que l’on voit. A dénouer les doutes et faire des choix.



- L’impatience d’une enfant malgré votre corps d’adulte. Rhianne, emmène Rhidow je dois parler à ces deux personnes. Seul.
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Sam 8 Sep 2007 - 3:27

Rhianne obéit en dardant le vieil homme d'un regard cauteleux. Elle se posait des questions et voulait des réponses immédiates mais Délos la mettait à part, or elle n'avait pas l'air de l'approuver. Plus tôt, sur la plage, elle semblait pourtant soumise aux directives de l'homme. Que craignait-elle vraiment? Ni Egon, ni Isis n'avait montré de signe d'agressivité. Etait-ce alors simplement parce qu'ils étaient adultes? Les questions et les interrogations fusaient dans les deux sens. Shalimancyans et sorciers étaient à égalité devant l'inconnu. Les deux enfants sortirent. Rhidow effleura une dernière fois la main d'Isis avant de se faire tirer par le bras, vers une salle latérale. Dans son regard le petit garçon donnait l'impression que les deux inconnus étaient des déités quand aux yeux de Rhianne ils étaient un danger. Le contraste était fort. Le vieillard se tenait dos à une porte qu'il ouvrit en deux temps, en actionnant une pierre gravée amovible, enfoncée dans le mur.
- Vos questions trouveront des réponses sur les murs du Cuarto Istorica. Je vous rendrai vos 'bouts de bois' quand vous aurez compris la situation dans laquelle vous vous trouvez.


L'Envie: Shalimance


Il poussa la porte.
- Entrez.

Egon passa devant. Il ne savait pas ce qui les attendait derrière la porte. C'était une façon de se prémunir du pire et de sauver son petit lapin nain en cas de danger. Mais rien de si périlleux ne les attendait dans cette étrange pièce qui ne contenait rien. Un sol et quatre murs dont celui de l'encadrement de la porte. Les hauts chandeliers de la salle éclairaient un spectacle ravissant. Egon ne put retenir un "non!" de surprise pour marquer son ébahissement. Il n'avait rien vu d'aussi beau depuis longtemps... A bien y réfléchir, il faut reformuler... En fait, il n'avait rien vu d'aussi beau depuis cette nuit * mais, avant cela, depuis longtemps.





Les quatre murs de plusieurs mètres de longueur et de hauteur représentaient une immense fresque qui narrait visiblement l'histoire de ce peuple enfantin qui les avait escorté jusqu'au temple. Le Villac umuc leur désigna le commencement de l'histoire en pointant du doigt un simple petit cercle dans lequel se tenaient deux sortes de poissons. On aurait dit deux fœtus grandissant dans des poches distinctes. Un des foetus était du côté d'un cercle vide et grand. Le second était du côté d'un cercle plus petit et plein.
- L'histoire commence ici... il y a plus de 5500 ans quand deux enfants naquirent, pour l'un, du mariage de la lune, de l'air et de l'eau et pour l'autre de l'union du soleil, de la terre et du feu. Ces deux enfants étaient les enfants des Eléments naturels...

Le vieillard marchait au fur et à mesure qu'il racontait aux deux adultes, désignant certaines illustrations de la frise à la peinture presque intacte malgré son ancienneté. Ainsi, Isis et Egon apprirent l'histoire de Thiam Phucci, l'île aux enfants éternels.

Les deux enfants se nommaient Rosà et Umbrès. Ils crûrent en 28 jours pour atteindre la taille et l'esprit d'enfant de dix ans. Ils vivaient nus, comme autrefois en l'Eden, l'Eve et l'Adam des chrétiens. Le temps passait et petit à petit ils apprirent à vivre par leurs propres moyens et atteignirent leurs années d'adolescence. Lui chassait pour la nourrir, combattait sans peur les bêtes les plus extraordinaires qui peuplaient ce lieu mirifique. Il arpentait l'île farouche pour trouver à Rosà des sources d'eau pure, des feuilles et fleurs à mettre dans ses cheveux. Elle s'occupait de lui, de son bonheur, le soignait quand il était blessé par la chasse, s'évertuait à garder un certain équilibre dans le tempérament inconstant de son compagnon... En effet, Umbrès était un nerveux et tout ce qui était sauvage autour d'eux et qui pouvait mettre en péril les jours de Rosà, l'était toujours moins que le caractère d'Umbrès lorsqu'il s'enflammait. Et c'était bien le cas de le dire. Le fils du feu et la fille de la rosée. Ils comprirent très vite que les créations naturelles et surnaturelles, que l'équilibre du monde autour d'eux, dépendait de l'équilibre de leur relation. Quand Umbrès était fâché, le ciel devenait orage ou au contraire, le temps était aride. Quand Rosà pleurait, la pluie tombait sans fin ou la glace se déchaînait sans fin.

Dans l'année de leurs dix sept ans, Umbrès confia à Rosà qu'il ne se sentait plus le même quand il la voyait. Son corps réclamait celui de Rosà d'une façon qu'il avait du mal à domestiquer. C'était la raison de tous les orages qui s'abattaient sur l'île ces derniers temps. Il refoulait beaucoup de ces impressions étrangères et des rêves qu'il faisait. Notamment ceux où il se voyait lui faire du mal. La faire saigner de l'intérieur. Il ne se comprenait plus car jamais il n'aurait envisagé de meurtrir Rosà. Il ne lui avait toujours voulu que du bien.

Rosà, en échange lui confia qu'elle rêvait aussi de lui, toutes les nuits. Elle lui dit en rougissant qu'il en devenait douloureux de dormir à côté de lui mais pire encore était l'idée de dormir loin de lui. Ses songes lui montraient des gestes que son propre corps réclamait à Umbrès. Quand il la touchait ou la prenait dans ses bras pour traverser la rivière, elle ressentait une chaleur inconnue dans le bas de son ventre et s'imaginait qu'il ne la lâcherait plus.

Leur questionnement eut une réponse quelques semaines plus tard lorsqu'à la suite de six jours entiers d'orages, de cyclones, de tempêtes et autres instabilités météorologiques, Umbrès succomba à son envie de poser sa bouche sur celle de Rosà. Loin de l'apaiser, cela le consuma. Il en voulait plus et elle aussi. Il la voulait jusqu'à en profaner son corps. Rosà lui montra les gestes de ses rêves mais elle ne montra aucune crainte lorsque son alter ego entra en elle. Certes, elle saigna. Ce sang bénit le sol de l'île mais elle n'avait pas souffert et ce n'était pas la mort que représentait cette blessure. Au contraire, c'était la vie. Plusieurs mois plus tard.

Dès que Umbrès ou Rosà voulaient apaiser le désir qu'ils avaient l'un pour l'autre, ils ritualisaient les premières caresses et les complexifiaient. Un matin après maintes douleurs, Rosà mit au monde deux enfants identiques. Ils leur donnèrent un nom pour les identifier, de la même façon qu'ils s'étaient eux-mêmes nommés quand ils eurent dix ans. Messunc et Gabor grandirent en 28 jours. Le temps passa et les deux frères éprouvaient beaucoup de jalousie l'un pour l'autre. Jalousie pour leur force, en essayant de déterminer lequel était aussi puissant que leur père, pour un jour le surpasser. Jalousie aussi pour l'amour de leur mère, qu'ils se mettaient à courtiser comme ils voyaient leur père le faire et comme ils l'enviaient d'avoir le droit de le faire. Ils finirent par s'entretuer pour l'amour de leurs parents. Rosà en fut tellement triste qu'elle pleura sans discontinuer pendant 27 jours et, le 28ème jour, Umbrès lui proposa de faire à nouveau des enfants mais de les empêcher de grandir et d'atteindre l'âge où les Secondes Pensées travestissent leur nature. Ils devaient rester les plus vieux et continuer de contrôler l'équilibre des choses qui existaient sur cette île. Rosà accepta. Les deux adolescents créèrent une incantation unissant leur magie afin d'empêcher toute future naissances de vieillir au-delà de ses 12 ans. Au-delà de l'âge où le corps était formé à concrétiser les sentiments amoureux.

Les siècles passèrent, ni Umbrès ni Rosà, uniques en leur genre, ne vieillirent jamais après le serment qu'ils se firent de garder une stabilité parfaite sur l'Ile de Thiam Phucci. Leurs nombreux enfants élevèrent des habitations, des constructions, des chaussées. Il en naissait un à la moindre affection qu'elle délivrait à Umbrès ou au moindre lapement qu'il faisait échouer sur sa peau. Un baiser? Et un enfant naissait dans le contrebas d'une rivière. Une étreinte? Et trois nouveaux enfants voyaient le jour dans la coque d'une noix de coco. Des races nouvelles apparurent: on les nomma elfes, lutins, sirènes, pitiponks, gobelins, nifleurs, fées... ils provenaient du mélange de certains éléments, de certaines créatures extraordinaires. Mais tout ce qui fut du genre humain ne dépassait jamais les 12 ans. Chaque enfant le restait éternellement et mourrait enfant.

Avec le temps, certains trouvèrent injuste de ne pouvoir continuer d'évoluer pour avoir le corps de Rosà et Umbrès. Pour éviter les jalousies, les deux entités se vêtirent pour la première fois. Et parce qu'ils étaient le modèle de tous ces enfants, ces enfants les imitèrent et à mesure des siècles qui passaient, le vêtement devint obligatoire. Ils s'organisèrent en communauté et élevèrent les murs de la cité de Shalimance et de son peuple. Les créatures qui n'étaient pas du genre humain devaient rester en dehors des murs de la ville. Se sentant lésées, plusieurs quittèrent l'île à la recherche d'autres terres. Rosà et Umbrès durent déployer beaucoup de leur énergie pour protéger ces voyageurs où ils allaient. Les deux adolescents millénaires se sentaient responsables de leurs inventions, où qu'elles aillent. Eux-mêmes ignoraient les limites du monde qui s'étendait au-delà de l'île. Ils transmirent alors une partie de leur pouvoir à ces créatures expatriées dans le but qu'elles protègent les autres, parfois plus faibles, et la nature des lieux où ils iraient. Umbrès et Rosà accordèrent en premier lieu ces facultés à ceux qui étaient les plus proches des hommes: les elfes. Plus tard les elfes les transmirent à des humains.

La pression des enfants de plus en plus nombreux devint telle que la femme Rose et l'homme Ombre décidèrent de suivre des créatures immigrantes et de parcourir les frontières pour découvrir le monde et ce qu'il offrait. Ils ne revinrent jamais et laissèrent les enfants. Toutefois, Rosà et Umbrès, qui dans leur voyage et à travers les millénaires suivant avaient déployé des capacités encore plus grandes, transmettaient continuellement aux enfants de l'île des connaissances nouvelles pour développer leur langage, leur compréhension de l'agriculture, de la chasse et des industries. Il y eut des lois strictes et il fut interdit de se montrer nu et de susciter le désir ou l'instinct de reproduction. Umbrès et Rosà devinrent des sortent de Dieux aux yeux de ce peuple qui en paraissait douze au maximum mais qui en avait bien 300 en vérité. Aujourd'hui, le plus vieil enfant de Thiam Phucci était âgé de 470 ans et c'était Rhianne.

De siècles en siècles, La Rose et L'Ombre ouvraient l'île à des inconnus de passage, en se fiant plus aux hasards qu'à un recrutement de volontaires venus d'autres terres et d'autres espaces. Leur mission était d'apporter les héritages des Terres du Monde. Mais cela n'était plus arrivé depuis 150 ans. Depuis Délos et Miwa. Or Délos devenait vieux, sa santé faiblissait.




Egon, Isis et le Villa umuc avaient fait le tour de la pièce. Ils étaient pratiquement revenus au point de départ. Le vieil homme les regarda avec réserve et autorité. Egon n'aimait pas ce regard. Son pressentiment ne l'encourageait pas à sourire et, plus encore, il se retrancha derrière un masque neutre, ne réagissant à rien de ce qu'il entendait. Un long silence se fit avant que Délos parle à nouveau.
- Je suis arrivé sur cette île avec Miwa, l'amie de ma défunte soeur, quand j'avais quinze ans et elle, treize ans. Nous sommes très vite devenus un objet de curiosité: nous étions formés. Bientôt adultes. Selon leur tradition, nous dûmes agir sur divers aspects politiques de l'organisation des enfants, habiter Shalimance au palais que voici, transmettre les connaissances d'un millénaire d'histoire du monde extérieur et aussi, leur donner de nouveaux habitants... mettre au monde de nouveaux enfants pour continuer de peupler Thiam Phucci... J'ai 15 enfants. Nous en avons eu jusqu'à ce que le corps de Miwa ne puisse plus les concevoir. Les Shalimancyans ont vécu plusieurs épidémies qui les ont décimé. Avant Miwa et moi, ils n'avaient eu aucun adulte depuis près de 1000 ans. La Rose et L'Ombre les ont oublié... ou alors ils sont morts et ils n'étaient pas des divinités...

Egon coupa froidement mais parla lentement.
- Il est hors de question que nous restions ici ou que nous repeuplions votre île.

Le jeune homme cessa de marcher sur les talons de Délos et recula d'un pas. Il rapprocha Isis de lui pour la garder à portée. Le vieil homme fit mine de ne pas l'avoir entendu mais calma Egon en arborant les baguettes devant lui comme s'il allait les briser. Il n'en fit rien et termina son récit.
- Et je devins le Villac umuc car je vieillissais. Miwa l'est elle aussi mais elle est mourante à présent. J'apporte la voix de la morale et de la nouveauté. Je suis leur arbitre, leur justice, le porte-parole de Rosà et Umbrès s'ils ne sont pas légende... Et je dois dire qu'à mon arrivée, je ne me suis pas trop posé la question. Faute de choix: c'était devenir leur chef ou mourir. Je n'avais rien ailleurs... Nos familles sont mortes sur un bateau transportant des esclaves. Un orage... le bateau a coulé. Miwa et moi avons pu fuir sur une barque puis nous nous sommes échoués ici. Il y a donc 150 ans.

Les yeux de l'ancien Gryffondor dévalèrent la silhouette du vieil homme pour retomber sur leurs baguettes qu'il avait toujours à la main. Que voulait Délos s'il se doutait qu'il existait un monde extérieur? Savait-il qu'ils étaient sorciers ou même que les sorciers existaient? L'histoire collait parfaitement avec celle de leur propre monde... "Sommes-nous dans un rêve? Sommes-nous dans un rêve?" martelait l'esprit d'Egon.
- Depuis six mois, les nuits et des jours sont inconstants, les créatures changent et ce n'était plus arrivé depuis des centaines d'années. Et comme un fait exprès, vous voilà. Est-ce une épreuve que nous infligent L'Ombre et La Rose pour nous punir de quelque chose? Etes vous leurs... nos successeurs? se reprit-il méfiant.

Ni Egon ni Isis n'eut le temps de répondre. Le dernier souvenir d'Egon était qu'il entourait Isis de ses bras en lui protégeant la tête tandis qu'une horde d'enfants, menés par Rhianne, débarquait dans le Cuarto Istorica. Un enfant avait assommé le vieil homme et d'autres avaient dû faire la même chose avec les deux sorciers.
- S'il blasphème à son tour, nous n'avons plus besoin de ce Villac umuc! Enfermez les tous les deux mais ne les blessez pas! Je veux savoir pourquoi ils se font passer pour les incarnations de l'Ombre et de la Rose. Ce sont d'indécents imposteurs! Des païens! Si Miwa a dit vrai alors nous sommes en danger! Nous devons les tester! S'ils ne sont pas les Iccam de L'Ombre et La Rose alors nous les jèterons aux Golemeth!!

Spoiler:
 

(edité à 20:28, heure du forum: images, ortho, et fin du message)




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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Sam 8 Sep 2007 - 18:04

Une petite main vint caresser la joue d'Isis. Elle était hésitante mais sincère, un peu apeuré aussi. Rhidow fit un sourire de soulagement quand "sa belle dame" comme il l'a surnommé ouvrit les yeux.

Il plaqua sa main sur sa bouche, et lui murmura sérieusement.


- Ne parle pas... Rhianne va être très fâché si elle me trouve ici. Elle m'a interdit de venir vous voir. Tu me promets de pas me faire de mal ?

Isis hocha la tête. Elle n'avait pas vraiment le choix. Et puis, elle aurait pu difficilement lui faire du mal dans l'état qu'elle était.


Depuis combien de temps elle était assoupie dans ce cachot, elle n'aurait pu le dire. Pas de fenêtre et pas de vie. La pièce était minuscule, seul un enfant pouvait se tenir debout. Et encore, il ne fallait pas qu'il soit très grand. La lampe que le petit Rhidow avait ramené projetait sa lueur sur les murs de pierre que formait leur prison. Une petit porte de métal était la seule issu possible.


Isis était attachée au mur comme les esclaves d'antan. De grosses pièces grossières de fer formaient leur chaîne. Egon était attaché du même attirail à l'exception prêt que ses jambes etaient aussi rattaché au mur ce qui le maintenait allongé sur le sol, alors qu'elle les avait libre.


Il était encore dans les vapes. Elle se souvenait vaguement de l'attaque des gnomes à courte jambe. Ils avaient frappé Délios puis s'en étaient pris au couple. Egon l'avait protégé mais le nombre et leur violence les avaient surpris. Elle n'avait rien, par contre, Egon était blessé à la tête. Du sang séché ornait son front.

Elle passa sa main sur son visage, essaya de voir si il n'avait rien d'autre. Priant pour qu'il n'ait rien d'autre. L'attache dont elle était prisonnière l'empêchait de loin de faire le moindre mouvement. Mais Egon venait d'ouvrir les yeux.

pense : Merci, il n'est pas mort.

Elle était soulagée mais cela était vraiment de courte durée. Rhidow profita du réveil du "monsieur tout fort" pour lui passer de l'eau sur le visage et enlever le sang qu'il avait.


- Rhianne, elle... c'est la plus vieille ici. La plus vieille des enfants, elle est encore plus vieille que le Villac umuc bien qu’elle soit toujours une enfant.

Il hésita, il avait la tête d'un enfant qui gardait un lourd secret, mais en même temps qui voulait l'offrir ce secret.

- Je l'ai jamais vu comme ça Rhianne. Je crois qu'elle a peur de vous... enfin je pense aussi qu'elle envie vos corps. Elle a toujours été jalouse de Villac umuc, elle ne l'a jamais aimé. Elle a toujours préférée la Villac umu.

Voyant l'air étonné d'Isis, il comprit qu'il parlait de chose qu'elle ne comprenait pas.


- Le Villac umuc est Délos, c'est notre Chef. Il vous a montré les fresques au palais. Aucun enfant à le droit de pénétrer dans cette salle avant son 100ème anniversaire et il n'a plus le droit d'y retourner après à part à quelques rares exceptions. C'est la loi. Moi, j'ai vu les fresques l’année dernière, j'ai 101 ans Smile ... Enfin, il vous a raconté notre légende, il vous a montré nos dieux, Rosà et Umbrès. Et il vous a expliqué pourquoi on reste toujours des enfants... ben Rhianne elle fait parti des enfants qui en veulent à Rosà et Umbrès. Elle voudrait avoir leur corps. Elle est jalouse de votre corps... et puis elle n'aime pas les garçons. Oh ça, non elle les aime pas. Elle n'a jamais aimé le Villac umuc, ni ces prédécesseurs. Jamais, elle en a peur mais elle ne l'aime pas. Et depuis que la Villac umu, Miwa est malade, Rhianne veux la remplacer. Miwa ne parle plus qu'à Rhianne. Et Rhianne elle devenu méchante.


Rhidow, il fit un mou très triste. Mais il reprit son sourire.

- Mais maintenant, elle va redevenir gentille et oublier ce qu'elle a en tête. Je sais pas ce que c'est mais tout va revenir comme avant, puisque vous êtes là.

Isis regarda Egon, puis Rhidow, puis Egon puis Rhidow. Elle devenait folle, maudissant ce thé et voulant retourner au jour précédent, dans leur chambre où seul leur désir avait sa place.


- Oui tout va revenir comme avant, et même mieux, vous êtes les nouveaux Rosà et Umbrès.


Isis exclama son étonnement mais le bruit fut étouffé par Rhidow.

- Chut, faut pas que tu fasses du bruit. Sinon, ils vont venir. Faut que je parte... si il y a des rondes, faites semblant de dormir, comme ça ils vous embêteront pas tout de suite. Faut aussi que vous vous reposer, surtout ça.


Et le petit garçon parti et scella leur cage derrière lui. Il avait aussi laisser de l'eau et de la nourriture pour les prisonniers.

Egon ne pouvait pas bouger, il devait rester allongé pour ne pas être blessé par les bracelets de fer qui le maintenait au sol. Alors Isis, essaya de se rapprocher de lui au maximum, à part atteindre son front du bout des doigts, elle pouvait difficilement faire plus
.


Dis-moi que tout ça est un cauchemar et qu'on va se réveiller tranquillement dans les bras l'un de l'autre et en rire de bon cœur.

Mais Isis doutait de plus en plus que ce lieu était un rêve. Comme doutait Egon avant l'embuscade des minis hommes.

Rosà et Umbrès... La rose et l'ombre. Depuis 6 mois, leur monde va mal, depuis 6 mois le calice de la Rose à été dérobé par Antares... il reste des enfants, La Rose et l'Ombre font à peine âgés de 16 ans. On est pas dans un rêve on est dans notre monde. Dans ce monde qui va mal, qui ne tourne plus rond qui...

Qui quoi... Isis ne le savait pas, mais le fait était que rien n'allait dans leur monde depuis la venu d'Antares. Oh, on pouvait sortir de chez soi, il n'y avait pas non plus cette peur aussi panique que l'on avait pu ressentir à la fin du règne de Voldemort... ni de celle de la Juge, mais le monde n'allait pas bien.


Tu penses que La rose et l'Ombre qui protége Poudlard sont ceux qui ont peuplé cette île ? Les Adam et Eve du monde sorcier ?Cela pourrait expliquer beaucoup de chose, mais pas pourquoi ils ne reviennent pas sur cette île. Et pourquoi ils envoient des Villac truc chose. Pourquoi ils préfèrent s'occuper d'une université au lieu de laisser des être de 450 ans dans un corps d'enfant.

Isis soupira de désespoir.

Si cela est réel, est la vérité. Ce n'est pas le calice qui est l'auteur des dérèglements comme l'indique certaine dépêche mais la maladie de la Rose. La fille da la lune, de l'air et de l'eau....


Mais nous, qu'est ce qu'on vient faire là-dedans ?



Que des questions rhétoriques. Isis se doutait qu'Egon n'avait pas les réponses. Il était comme elle, dans un monde inconnu ou toutes les questions pouvaient se poser. Elle les faisait à voix haute.


La porte s'ouvrit dans un grincement sonore. Une petite tête qu'Isis reconnu comme étant Anaelle, la troisième enfant qui les avait trouvés sur la plage, apparu.


- Quand le soleil réapparaîtra dans le ciel, Rhianne vous testera pour savoir si vous êtes bien les Iccams. Miwa dit qu'il reste 2 jours avant qu'il revienne dans les cieux. La nuit à jeter son dévolu sur nos têtes.


La petite fille enleva les chaînes des deux grands mais prit bien garde à refermer la porte à double tour. Ce que les deux gens ignoraient était que leur prison se situait au bout d'un immense labyrinthe de dédale ou seul quelques rares enfants connaissaient le chemin du retour.
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Dim 9 Sep 2007 - 14:02

Sur son front, Egon sentait les doigts d'Isis qui essayaient de l'atteindre. Rhidow avait apaisé sa blessure à la tête mais il avait toujours l'impression que quelqu'un tentait d'y introduire une baguette par la tempe. Il reprenait ses esprits, se remémorant l'histoire de Shalimance, après avoir écouté les paroles du jeune garçon qui resterait à ses yeux un jeune garçon, malgré son âge réel et son aspect de chérubin. Vivre une vie entière loin des problèmes et de l'expérience du monde n'avait jamais fait grandir. Vivre jour après jour dans l'attente d'être renouvelé par des entités providentielles, vivre dans un Etat crypto oligarchique *, vivre dans la dénégation perpétuelle d'une possibilité d'évolution, vivre sans faire l'amour, vivre en attendant de mourir frappé par une épidémie ou un accident de chasse, vivre et répéter leurs rites en attendant leurs rémissions... était-ce seulement vivre? Egon plaignait leur vie paradisiaque qui lui était similaire à 'un enfer pavé de bonnes inventions'. La Rose et l'Ombre avaient été cruels avec ce peuple de leurs enfants. Les Shalimancyans était d'inestimables objets qu'on enferme dans une boîte à secrets. Ils étaient sous cloche. Dans une boîte de pandore qui voudrait être ouverte, qui se transie dans la douleur de son impuissance et de son ignorance.

'Dis-moi que c'est un cauchemar' implorait Isis juste avant qu'Anaelle vienne les interrompre. Elle le soulagea de ses entraves puis partit en refermant la porte. Dès qu'il avait repris conscience, Egon aurait aimé se relever pour prendre Isis dans ses bras mais enchaîné comme il l'avait été, il s'était senti comme chacun de ces enfants: impuissants, les yeux levés vers le ciel à l'affût du moindre mouvement pour être délivré. Le pire dans tout ça, c'est qu'il avait failli à sa promesse. Il voulait la protéger, qu'il ne lui arrive rien. Peut mieux faire. C'est certain... Dans quelques jours, elle risquait de devenir l'abeille nourricière d'une ruche en perdition.

Il n'attendit pas longtemps avant de prendre Isis dans ses bras, lui toucher la tête, prendre ses joues entre ses mains et l'embrasser plusieurs fois, autant pour montrer son soulagement de la savoir entière que pour s'excuser de n'avoir rien pu faire.
- Pendant deux jours, rester ici...

Le premier jour, Egon n'avait quasiment pas parlé. Allongé dans la cellule si petite, les yeux rivés aux pierres du plafond, il avait réfléchi. Quand un des enfants venait, on pouvait très vite savoir à quelle tendance il appartenait: parfois le gamin regardait Isis ou Egon avec envie, laissant s'échouer ses petits yeux curieux sur la poitrine et le visage d'Isis, le ventre ou les épaules et les grands bras d'Egon, espérant creuser à travers leurs vêtements avec son regard avide pour voir l'Homme et la Femme. Parfois, l'enfant qui entrait pour leur apporter de l'eau ou un repas, n'osait même pas les regarder, les approcher. Il repartait sans un mot ou sans une question, visiblement effrayé.

Le deuxième jour, Egon expliqua enfin ce qui lui trottait dans la tête. Il partagea à Isis ce qu'il pensait de la volonté des enfants ou ses hypothèses sur Rosà, Umbrès, L'Ombre et La Rose. La question la plus simple qu'avait posée Isis était 'Et nous que vient-on faire là dedans?' C'était assez flagrant.
- Ils veulent savoir si nous sommes les remplaçants de leurs Villac... Ils veulent qu'on leur donne d'autres habitants, qu'on les éduque et les dirige.

Egon se releva de sa stature allongée et s'assit en tailleur, en face d'elle. Les yeux droits dans les siens, il poursuivit d'une voix dure.
- Je n'ai rien contre toi, ou plutôt, je dirais que c'est plutôt sympa d'être contre toi. Mais pas de là à avoir 15 enfants et à en éduquer cinquante autres, or quelque chose me dit que toi non plus. On doit retrouver nos vies, Jon, tes cours, ton elfe tout strange, Baten, l'asso... Natacha... si tout ceci n'est pas un songe et que le thé de Tourdemain a agi comme une sorte de portoloin gustatif, on doit avertir L'Ombre et La Rose que leurs enfants souffrent de ne pas avoir le droit de grandir, si la Rose est malade, peut-être que le remède se trouve ici, où tout à commencé. Il doit y avoir une raison pour laquelle ils sont tous reclus sur Shalimance. Soit on l'apprend à nos dépens, soit c'est par tradition ancestrale et nous n'y pourrons rien mais ça ne sera pas pour autant que nous devrons jouer au papa et à la maman, soit on se tire le plus vite possible sans chercher à savoir ². Le temps passe au ralenti ici. Tu as vu? Délos dit avoir 165 ans il en parait soixante... Pour un sorcier, je veux bien mais pour des moldus...

Avec un geste affectueux, Egon se rapprocha d'Isis et lui caressa tendrement la joue. Sa voix devint plus tendre. Le lendemain matin Rhianne viendrait les chercher pour procéder à son évaluation... Et s'ils échouaient? Pire... Et si Miwa décrétait qu'ils étaient leurs successeurs?
- Il faut grandir, affronter la vie... quelque part en moi, j'aimerais bien rester ici les 150 prochaines années à te faire l'amour comme c'est pas permis, à diriger un endroit merveilleux et illusoire sans soucis de gagner ma vie ou de l'améliorer, sans essayer de me battre pour retrouver ma vie d'avant. Vie qui n'a vraiment rien de folichon de surcroît. Mais il y a aussi les copains, ma famille, les enfants de l'orphelinat...

"Et mes souvenirs avec Deneb. Je ne veux rien effacer. Je veux récupérer ma baguette, me battre et partir d'ici."

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