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 Ca faisait longtemps...

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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Jeu 23 Aoû - 18:22

Avec la 'petite Isis', demanda-t-elle. Et Egon renouvela sa sentence avec le même sourire vague et malicieux:
- Qui-sait...

Sauf que cette fois, même murmuré, cette fausse question sonnait plus comme une invitation. Quand elle parla de ses cabrioles, il fit comme s'il ne comprenait pas le double sens mais, amusé, il lâcha entre les dents sans savoir si sa phrase était destinée à être entendu d'elle:
- Vicieuse, ça c'est sûr.

Il fut soigné d'un baiser sur le front, relevé, insonorisé... Le repas reprit son cours et Egon restait silencieux, se contentant de se délecter de son plat sans se vexer des rires refoulés d'Isis. Il la regardait de temps en temps: "Eh oh, ça va, hein..." Jusqu'au feu d'artifice.

La différence de temps qui s'écoula entre sa réaction suite aux premières explosions et jaillissements et sa tête qui se tourna pour regarder tomber les couleurs de ces anémones géantes, était due à la pensée qui l'occupait à ce moment-la. Une pensée si profonde qu'il n'entendit pas tout de suite ces détonations. Ses yeux étaient plantés sur Isis. Il venait de terminer son plat. Il avait tout à fait entendu la question qu'elle venait de poser simultanément au début des explosions colorées mais il n'y répondit pas tout de suite. Se servant du feu d'artifice pour alibi. D'ailleurs, elle venait de baisser la tête pour suivre du regard les lumières déchoir. Puis à son tour, il tourna lentement la sienne vers l'animation mais ne la considéra pas à sa juste valeur. Il était absorbé ailleurs, pensif.

La question d'Isis rejoignait ce à quoi il cogitait juste avant. Depuis la mort de Deneb et jusqu'à présent, il s'était toujours senti coupable lorsqu'il plaisait à une fille, puis ensuite, quand son deuil fut terminé, lorsqu'en retour, une jeune fille lui plaisait. Il évitait soigneusement les regards, les effleurements, ses envies. Cela le mettait terriblement mal à l'aise car Deneb Kaïos Céti était la seule fille qu'il avait jamais connue et désirée. Les autres n'existaient pas.

Cela avait été vrai jusqu'à la semaine précédente où il n'avait pas fui la promiscuité d'avec Siriana, une femme qu'il aidait dans le cadre de son association et qui avait jeté son dévolu sur lui. Elle entrerait en deuxième année à Poudlard Uni. D'abord inquiet, il fit mine de n'avoir pas compris ses intentions. Elle avait insisté avec élégance et lui avait laissé entendre qu'elle reviendrait le voir ici le premier week-end de sa rentrée. Il s'était laissé embrasser sans grande envie, encore bloqué et incertain de ses désirs. Pourtant, il avait fallu peu de chose pour Isis, alors il le lui dit avec franchise en quittant le spectacle des yeux.
- Pas de jolie (ou de vilaine) compagne dans ma vie depuis Deneb. Compte. Ca fait beaucoup pour un garçon... je me suis désintéressé des femmes jusqu'à récemment. Très récemment, Isis... Et il est à peu près certain que si je ne connaissais pas Jonathan, je ne me serais pas gêné pour te corrompre à l'aide d'une infusion Luxure... ou sans.


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Ven 24 Aoû - 16:59

Troublée, elle ne regardait plus du tout le spectacle qui se terminait.
Ses yeux figés vers les artistes qui saluaient ne les voyaient pas, ils étaient tout aussi troublés.

Ca tête bourgeonnait de pensées séduisantes, et à la fois dangereuse. Dangereuse pour son couple, dangereuse pour Jonathan... dangereuse pour Egon.


Le spectacle fini, elle ramena son visage face à lui. Toujours avec ce même désarroi et pleine de méditation, elle lui fit face.


Un sentiment qui était enterré très profondément venait de jaillir en elle. Il lui avait fallu une brèche et une invitation pour qu'il vienne enfin prendre sa place sans qu'elle en ait conscience.


La main tremblante elle essaya de prendre son verre pour...


Il y avait Jonathan... William aussi... Egon ? Elle n'en savait trop rien. Elle l'aimait mais


... essayer de boire mais laissa tomber.



Egon


Pas de cachotterie et de mensonges. Parlait vrai et sans filet.


Je t'aime, c'est indéniable.


Mais je n'avais jamais imaginé que tu pouvais aimer d’autre personne que Deneb. Je la considère toujours comme vivante, vis à vis de toi.

...

Il faut que tu… je ne sais pas trop t’expliquer, mais sache que je te vois toujours comme le Egon qui n’aime que sa muse. Tu n’as jamais aimé qu’Elle… d’amour j’entend. Tu n’as jamais désiré d’autre personne qu’Elle. C’est très beau, magnifique. Beaucoup ne le peuvent pas… je ne le peux pas.


De ce fait, je n’ai jamais… je n’ai pas imaginé que je pourrais… que tu… tu pourrais m’aimer autrement, ou simplement me désirer.



Inspiration de courage.

Je…


Déglutition discrète. Les yeux baissés.

J’aime Jonathan mais contrairement à toi pour ta muse, je désire d’autre personne que lui.

Les yeux plantés dans ses iris. Tremolos dans sa voix

Je te désire


La phrase fut étouffée par les desserts qui arrivaient. Que les plats venaient vite dans ce repas.

Elle préféra détourner les yeux vers le nouveau spectacle de magiciens que surplombait l’île. Elle n’avait pas les joues empourprées de tout à l’heure, elle était simplement pensive et à l’écoute de ses sentiments. Se disant qu’Egon quoi que plus vieux, n’était en rien William. Et que son compagnon de soirée avait sûrement les sentiments qui déraillaient…


Pense : Ne pas penser à ça et fermer son cœur à tout dérapage.


Dernière édition par le Dim 26 Aoû - 19:48, édité 1 fois
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Ven 24 Aoû - 19:11

Avait-il besoin de parler? De rajouter quelque chose? Fallait-il qu'il infirme ou confirme ce qu'Isis lui disait? Devait-il ponctuer d'un mouvement de la tête qui décline ou d'un regard fuyant ce qu'il ressentait quand elle se confia? Une voix l'accompagnait dans sa tête et s'amusait à répondre à ce qu'Egon entendait.

    Egon
    Isis
    Je t'aime, c'est indéniable.
    Moi aussi, c'est indéniable.
    A notre façon.

    Mais je n'avais jamais imaginé que tu pouvais aimer d’autres personnes que Deneb.
    L'aurais-je moi-même pensé?
    Je la considère toujours comme vivante, vis à vis de toi.
    Et elle le sera pour toujours. Sauf qu'en fait, elle est morte et je suis le Vivant.
    Je n’ai jamais… je n’ai pas imaginé que je pourrais… que tu… tu pourrais m’aimer autrement, ou simplement me désirer.
    Je t'ai toujours apprécié autrement. C'est le désir de toi qui est nouveau pour moi.
    J’aime Jonathan mais contrairement à toi pour ta muse, je désire d’autres personnes que lui.
    Je te désire.


A ce point, Egon sourit franchement, il avait envie de se lever, d'aller la prendre dans ses bras pour lui dire comme un secret 'hey, c'est pas grave, c'est plutôt cool à entendre...', de lui répondre point par point tout ce qu'il avait pensé durant qu'elle parlait, lui dire aussi qu'elle n'avait pas à détourner les yeux. C'était à lui de se taire pour ne pas la mettre dans une telle situation. Il la savait en couple. Il venait sciemment de chambouler ses pensées. Et que dans le fond, à bien y penser, il ne savait pas si ses derniers mots étaient pour le repousser ou pour lui céder du terrain...

Néanmoins, tout cela, il ne le fit pas.

Il attendit que les lumières s'apaisent puis resurgissent, colorant leur environnement des tons criards, regarda les desserts qui arrivaient sur leur table. Il y eut un très long silence. Le repas passait considérablement vite. Toute leur journée était passée très vite. Egon s'était sentit bien malgré le trouble de voir le moindre de ses désirs aux coins des rues du Chemin de Traverse. Le spectacle des magiciens continuait sous les regards émerveillés quand celui d'Egon fanait petit à petit à force de combattre deux tendances antagonistes. La tendance: "ferme-la, tu vas la mettre dans le pétrin" et la tendance: "je m'en tape, je laisserai plus les désirs des autres camoufler les miens."
- Je ne serai pas celui qui divisera pour mieux régner sur des pensées où il n'aurait pas dû être. Avoir envie de toi ne veut pas dire que je... ou que tu doives céder.

"J'essaye de me convaincre ou de la convaincre?"

- Je ne peux pas effacer la confidence et d'ailleurs je ne le veux pas, de même que je garde la tienne...


Il rit avec franchise. Le souvenir d'un "je te désire" aussi gracieux resterait dans sa mémoire. L'atmosphère s'attendrit.
- Par contre, je peux te promettre que cela ne restera qu'un échange de confidences. Et pour nos moments Paresse, je me satisferai volontiers d'une sieste à tes côtés. La moralité sera sauve, finit Egon en repoussant le dessert.

Il n'avait plus faim. Toute la journée, ils avaient mangé et ce qu'il venait de faire pour préserver Isis de ses démons - il le savait - le dégoûtait. Un instant, l'ancien poudlarien se dit qu'il n'y avait pas la moindre chance pour que, étendu près d'Isis, la sieste reste une sieste. Il rectifia en souriant.
- Mouais... tu rendrais cette sieste infernale et je ne tiendrais pas deux minutes. Oublions et portons un toast au 'désir latent' pour terminer l'hydromel, para-t-il avec transport pour alléger encore un peu cette atmosphère chargée, tout en versant les dernières rasades de la bouteille.


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Sam 25 Aoû - 10:06

La Luxure: Contre toi...


A nos confidences

Les verres tintèrent.

La jeune fille avait la tête qui tournait. Ses pensées en étaient la cause. L'hydromel juste un coup de pouce pour atteindre cet état.
Elle bailla sous la fatigue de sa journée. Ils étaient passés par plusieurs état d’esprit et la révélation de leur désir latent avait éveiller chez la jeune souris ce geste mécanique.


Désolée, la fatigue et l'hydromel ne font pas bon ménage chez moi.


Elle rit, façon de détendre l'atmosphère qui pour elle restait lourd dans son esprit. Laisser le paraître revenir en ne prêtant plus attention aux révélations n'était pas aisée pour elle.

Elle se souvenait très bien de sa première cuite. Ca s’était passé dans cabane d’Hagrid avec Joséphine, elles avaient respectivement 15 et 16 ans. Leur toutes premières conneries ensemble. Isis venait de rompre avec Jonathan et avait accusé Jo de lui avoir donner des cornes. Quel comble pour elle maintenant.
Dans sa tristesse et son besoin de bêtises, elles burent pas mal de Vodka pure feu. Enfin, Isis ne se contenta pas d’un simple verre, elle en avait descendu une bonne moitié et fini leur entretien pas de la plus élégante des façons.
A la suite de cela, elle s’était jurée de ne jamais boire plus que raisonnablement. Et là l’envie lui prenait soudainement de ne pas le respecter. Il parait que l’alcool pouvait être une échappatoire, pourquoi ne pas essayer ?
Mais elle ne le fit pas, son esprit resterait raisonnable.


Laissant la fin de son désert et Isis sortit de table pour s'asseoir sur un divan dans un coin de leur petit cocon chatoyant.
La vue donnait toujours sur le spectacle de magicien qui prenait fin. Des enfants criaient de joie à la vue de l'apparition d'un dragon à la place d'un chaton.

Isis sourit de bon cœur. Ramenant ses jambes sous elle, elle voulait rester un peu au calme. Elle essayait de se rappeler comment c'était passé leur premier repas en tête-à-tête avec Egon. Mais impossible. Elle avait perdu les souvenirs, sauf le slow et la bague de Lys. Mais à quoi tout cela correspondait elle ne se rappellerait jamais. Il n’était plus présent.
Alors avec un pincement au cœur elle essaya de se vider son esprit mais ne put laisser les larmes apparaître au coin de ses yeux comme à chaque fois qu’elle était face à des souvenir inexistant en elle.


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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Sam 25 Aoû - 16:55

Elle devint triste. Buvait une tasse d'amertume ou de nostalgie... au choix. C'était l'hydromel et la fatigue parait-il. Alors Egon y crut et ne posa pas de questions. Il accompagna Isis du regard quand elle alla se détendre dans un divan aux couleurs carminées dont la vue donnait sur le spectacle touchant à sa fin. Animation dont il n'avait pas suivit une miette.

Au bout d'un moment qu'il la laissa ainsi éloignée et pensive... l'orée des yeux tirant sur la couleur du divan.... Egon posa sa serviette sur la table, recula sa chaise et la rejoignit doucement. Il resta debout en face d'elle et l'observa un long moment regarder distraitement ailleurs. Ses mains étaient dans ses poches, elles hésitaient encore à agir pour la réconforter car il savait que le moindre contact aurait dorénavant une toute autre signification pour lui, dans sa tête.

flower


Il s'approchait et il n'aurait jamais su expliquer pourquoi son cœur battait autant. Il s'accroupit près d'elle, devant le divan, et lui prit la main sans pouvoir dominer son envie d'effleurer de son pouce ses doigts fins. De sa main libre, il dégagea sa baguette de sa poche intérieure et la dirigea sur les doigts qu'il venait de caresser. Se souviendrait-il des enchantements du grimoire "Présents Ephémères"? Ces choses-là reviennent d'elles-mêmes. Ces sortilèges qui lui demandaient beaucoup de concentration quand il était étudiant, lui semblaient aujourd'hui, un jeu d'enfant: "Ephemeria digitae."

Le sortilège provoqua un halo scintillant autour de son majeur gauche avant de se concrétiser en une bague. Il espérait qu'elle n'avait pas oublié la condition qui permettait la création de ces bijoux. Il l'espérait car il ne lui répéta pas. Au lieu de ça, il tira doucement sur la main qu'il avait dans sa sienne pour inviter Isis à se redresser sur ses deux pieds. Descendre du divan: "Je devrais pas. Je devrais pas faire ça" ne cessait-il de se répétait alors que son cœur ne l'aidait pas à y voir plus clair. Il la pressa avec tendresse contre lui et se mit lentement en mouvement pour danser sur une musique de sa mémoire dont il chantonna les premières notes, d'une voix cassée, sur un rythme lent et qui n'était pas toujours très juste.
- ...Oublie le reste du monde... ne rate pas cette danse que je te propose... que toutes tes nuits, vomissent les jours sans lendemains... soit nébuleuse, comète ou albatros... mort aux crétins...

Il se souvenait très mal du poème qu'il lui avait écrit. Mais étrangement il avait l'impression qu'il collerait bien maintenant. Egon avait cessé de danser mais il gardait Isis tendrement lovée contre lui. Il sourit et lui dit à mesure que cette seule strophe lui revenait:
- Tu te souviens de..., Heu... On a du nez pour nos désirs, Et un peu moins pour le plaisir. Tu embrasseras plein de crapauds, Avant de trouver ton héros. Aujourd'hui, je dirais l'inverse... tu as trouvé ton héros et les crapauds ne te laissent pas indifférente...Elles ont souvent un goût amer, Ces petites défaites, ces petites guerres, Jouer, grandir, aimer... de liberté, devenir ivre... C'est pourtant bien, ça s'appelle... ça s'appelle... je... ça s'appelle...

Il ne termina pas. Petit à petit, il s'était penché vers elle pour soutirer à ses lèvre un baiser, léger et timide, délicat et humide. Se rendait-il compte qu'une de ses mains berçaient la chevelure d'Isis? Avait-il réalisé que l'autre pressait sa taille pour l'avoir contre lui, plus encore? Je ne crois pas. Dans une confusion de pensées et de sensations où il s'en voulait, se sentait coupable et bien et soulagé... il savait qu'il n'aurait jamais dû sortir de derrière cette table.
Venir toucher Isis...


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Dim 26 Aoû - 12:19

Elle aurait du lui dire qu'elle ne se souvenait plus de cette chanson... ni de ce poème.

Elle aurait du lui avouer qu'elle ne savait plus la signification de cette bague. Juste un vague souvenir de ses sentiments vis à vis de ce cadeau. De la confiance, de la joie, du soulagement aussi. Elle se souvenait que ce geste avait pour elle une symbolique très forte de respect et l'avait détendu et enlever un poids, mais lequel ? Pourquoi cette bague là. Qu'est ce qu'elle signifiait pour Egon en ce moment précis ? Elle était démunie face à cela. Mais ce cadeau lui fit plaisir, et la rendait heureuse. Le sourire timide mais franc, charmeur et plein de remerciement en était la preuve.

Elle aurait du lui dire que de se retrouver à danser petit pas par petit pas lui rappelait un sentiment à la fois de culpabilisté, de sincérité, de désarroi et de floue. Elle s'imaginait dèsespérée mais pourquoi ?


Elle aurait du s'éloigner de lui, lui signifier que s’il succombait à ses pulsions il souffrirait.
Il souffrirait car Isis ne lui interdira pas de la toucher et de l'aimer. Parce qu'elle-même ne se l'interdira pas, jamais. Mais que Jonathan sera toujours l'officiel et Egon restera dans l'ombre. Et Isis pensait sincèrement que le jeune homme n'acceptera aucunement ce fait ou le ferait souffrir. Comme il a pu faire souffrir William.


Elle aurait du ne pas le laisser faire.
Elle aurait du se retirer, ne pas laisser agir le baiser timide et humide.
Oh ! Qu'elle aurait du. Elle aurait été quelqu'un de raisonnable.


Mais non. Ce n'était pas Isis.



Isis, elle, se laissa bercer sous ses lèvres délicates. Elle se laissa rapprocher de lui.
Elle glissa instinctivement ses mains sous sa chemise pour sentir son dos nu sous ses doigts, et les laissa caresser aller où bon leur semblaient.
Quand leurs lèvres se séparèrent, les siennes allèrent directement chercher sa peau, son cou, sa nuque. De sa main baguée, elle commençait à défaire les 4 boutons qui cachaient son corps à sa vue.
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Dim 26 Aoû - 15:34

La rafale de panique qui s'empara d'Egon quand il sentit les doigts et la peau d'Isis contre lui le laissa plusieurs secondes en pleine narcose. *

Un vent violent venait vibrer dans ses synapses, faisant fuser des images de Deneb en diverses situations: leur rencontre quand elle avait onze ans, sa recherche candide de la façon dont on faisait les enfants, leur premier baiser, la souffrance de son tatouage, Citrouille souriante, Deneb nue, furieuse, ou prise d'un orgasme, Citrouille pleurant contre son épaule, ou triste, Citrouille râleuse et farceuse et, enfin, Deneb lui faisant un signe d'adieu de la main... comme si elle était aspirée vers un ailleurs encore plus profond que la mort mais plus paisible que la douleur où le jeune homme l'avait logée jusqu'à présent. Mais dans l'imaginaire adieu d'Egon, elle lui souriait. Elle partait. Elle cessait de le hanter.

Après ce laps de temps inconscient, il laissa Isis l'envahir de sa présence, de ses caresses, de ses mains chercheuses et sensuelles. Ses propres mains se glissèrent sous les vêtements dont il écarta délicatement l'étoffe pour se frayer un chemin vers sa peau. Il avait une envie furieuse de la sentir contre lui... et ses sens débridés en voulaient encore plus.

Machinalement, il leva le menton, pour vérifier les voilages qui les séparaient des autres tables... non, il n'était pas à l'aise ici. Il fallait le dire à Isis avant de... D'accord, juste après ce baiser... le baiser s'acheva mais la main qu'il posa sur son sein lui fit perdre le souvenir de sa résolution...

D'accord, alors après la caresse... mais il y eut une autre caresse, puis une autre encore. Certaines s'insinuèrent même avec convoitise sur les étendues les plus refoulées de leur peau.

D'accord, après sa chaleur... mais la chaleur ne s'éteignait pas... Ca devenait même pire et son ardeur grimpante lui avait fait oublié qu'il n'avait pas envie de baiser sur un coup de tête. Qu'elle reste ou pas, qu'il soit le second ou un crapaud à retardement, ne le dérangeait pas... tant qu'il pouvait faire l'amour et éviter de faire la brute.

Il venait juste de se rendre compte qu'ils étaient désormais allongés l'un sur l'autre sur le divan. Isis à califourchon sur lui. Il cessa de bouger, la repoussa légèrement et passa avec tendresse sa main dans ses cheveux pour les écarter et accéder à ses yeux.
- On part d'ici.



* Narcose: torpeur morbide.

Je te mets les définitions car je sais que ce sont des mots assez peu usités
et je sais aussi combien c'est chiant de quitter sa lecture pour aller mater dans le dictionnaire.
Je mets les définitons dans le doute... je ne sais jamais comment les autres comprennent .


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Dim 26 Aoû - 19:36

Hj : moi je trouve ça bien... ça m'évite de partir de ma lecture.

Isis hocha la tête.

Et se détacha de lui juste après un baiser furtif sur son front.
Relevée, elle se rhabilla rapidement. Finissant de fermer le bouton de son propre chemisier rouge, elle se tourna vers Egon.


On va chez moi, ça sera plus calme...

Après avoir pris son sac et signifié à Maxime que les deux gens partaient, ils se retrouvèrent dans la petite ruelle à l'odeur nauséabonde.

Elle prit le bras de son cavalier et ils affrontèrent une nouvelle fois la foule. Elle était plus dense par rapport à l'après midi. A moins que cela était un reflet de son impatience. Cela formait non plus une foule souriante, colorée et amusante. Mais plutôt une armée de rire, une masse de lenteur et un amas d'errance muni d'un seul but : les séparer.

Si Isis ne se cramponnait pas à Egon, ils se seraient vite perdus dans cette folie ambiante.


Il leur fallut une bonne demi-heure pour arriver devant le loft de Mallhouwen.
Il se situait au dernier étage d'un grand immeuble moldus. Il surplombait un grand quartier de Londres dont elle ne connaissait pas le nom. Elle se paumait très facilement à Londres et ne connaissait presque que le coté sorcier.


Son envie avait légrement diminué... ou plutôt s'était mis en sommeil. Et comme tout sommeil, il n'attendait qu'à se réveiller.


Après avoir dit bonsoir au gardien de l'immeuble, et monté l'interminable ascenseur en mettant un soin particulier à se coller contre lui. Ils arrivèrent dans le grand appartement, accueillit par Elfy, l'elfe de maison.

Elle était toute seule et fit par que Mallhouwen travaillait toute la soirée à l'hôpital. Isis dut consoler son amie à grande oreille quand elle commença à s'infliger des baffes car le repas n'avait pas été fait.


Elfy, arrête... c'est un ordre. Pas possible de toujours te donner cet ordre là. Je te l'ai déjà dit que je ne veux pas que tu te frappes ou t'inflige n'importe quelle méchanceté.

Mademoiselle ne m'en veux pas

Non,

Elfy ne savait pas, Maîtresse elle a dit que mademoiselle elle resterait

Stop ! Arrête de te frapper.

D'accord mademoiselle... bonsoir monsieur l'inviter de mademoiselle. Elfy peux vous faire un grand repas si vous avez faim... Elfy va vous préparer à manger

Elfy, on a déjà manger. Va te recoucher s'il te plait. On sera se débrouiller.

Mademoiselle

C'est un ordre (grand soupir )

La petite elfe sortit de la grande salle pour retourner dans sa chambre. Un air triste sur son visage.


Désolée, Elfy est de nature très inquiète et très généreuse.

Elle posa son sac à sa place et ses clés sur la table juste à côté de l'entrée.

Tu veux quelques chose à boire ?

Isis n'osa pas le toucher. L'envie était revenue, mais une retenue était apparue. Il avait peut être changer d'avis. Leur parcours avait été très silencieux, il avait peut être...


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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Lun 27 Aoû - 14:48

La rue... C'était bruyant, lourd, envahissant. Egon faisait de son mieux pour garder Isis près de lui, les mains serrées à en devenir moites. Cette chaleur étouffante. Ne pas se retrouver séparé par la foule. Il aurait préféré être devant pour guider et ouvrir la marche, pousser les corps de ces tranchées avivées mais il ne savait pas quelle route emprunter. Ils allaient chez Isis: "Oui, c'est mieux que chez les Céti au risque de réveiller toute la marmaille." La résidence des Kaïtos était une vraie garderie.

L'immeuble... Ils arrivèrent. D'abord la foule ne leur avait pas permis d'échanger un mot mais même quand les rues se firent plus désertes et qu'ils sortirent du Chaudron baveur, ni l'un ni l'autre ne parlait. Egon se contentait d'afficher un visage évasif. Il ne souhaitait pas que la jeune étudiante devine ses pensées par une expression trop ostensible. Il avait même lâché la main d'Isis dès que la route devint moins tapageuse. Dans l'exiguïté de l'ascenseur tout lui fut plus difficile à cacher. Il était moins évident de faire comme s'il ne voyait pas Isis alors que l'endroit ne leur permettait d'être séparés que d'une distance de quelques centimètres. Elle avait d'ailleurs fait de son mieux pour chercher le contact et en réponse muette, sans céder à l'envie d'appuyer sur le bouton rouge qui était à côté de la porte, il avait gardé son regard bleu dans le sien, sans le détourner. Sa bouche s'était accordée un sourire qui montrait tacitement qu'il craquerait très vite. Il égara même un geste ricochet sur une de ses hanches avant de sortir de l'ascenseur. Un effleurement.

L'elfe... Un elfe inquiet les accueillit. Egon se pencha vers elle en une petite révérence pour la remercier avec un amusement non dissimulé. A la vérité, il n'attendait qu'une chose: que l'elfe s'en aille.

L'appartement... Egon n'avait pas réellement pris le temps d'en regarder la décoration. Un loft sur deux étages peut-être plus. Des lumières faibles et une décoration de bon goût. Si Isis y tenait, elle lui ferait faire le tour du propriétaire... l'elfe sortit...

Isis... lui proposa à boire. Il ne répondit pas. Il retira sa veste d'étamine et la posa sur le dossier d'un fauteuil qui était proche de lui. Il alla directement vers elle, se plaça dans son dos, enfouit doucement son visage dans son cou, contre ses cheveux et remonta, de ses deux mains, les centimètres de peau et de tissus qui allaient des doigts d'Isis à ses épaules. Une fois que chacune de ses mains fut posée sur chacune des épaules de la jeune fille, sa bouche prit à son cou des baisers épars, ondoyant petit à petit vers les épaules qu'il tenait et que progressivement il dépossédait de sa chemise. Il ramena un moment ses doigts sur les boutons pour faire céder le reste du vêtement. Il les détacha un à un puis poursuivit de l'ôter. Quand elle fut dévêtue, il fit un pas de côté, puis un autre encore pour se retrouver face à elle et lui prendre avec plus de liberté un baiser qui lui tardait de boire depuis qu'il avaient quitté le divan de l'île. Telle serait sa boisson pour l'instant et pour le moment, il ne se privait pas d'étancher cette soif.



De caresses en respirations libertines, ils finirent par se retrouver l'un et l'autre dans leur plus simple appareil. L'un sur l'autre dans leur plus simple désir. Les baguettes, les chaussures, les armures, les pudeurs... ils avaient tout laissé derrière eux pour s'offrir l'un à l'autre. Egon eut d'abord l'impression qu'il faisait l'amour pour la seconde fois de sa vie, parce qu'elle était la deuxième fille, parce que cela faisait plus de deux ans... parce que tout était si différent. Sa gourmandise et son appétit d'Isis effacèrent très vite les années et son sentiment de culpabilité pour le copain de la jeune femme. Il se laissa submerger. Par ses manières à elle et ses convoitises à lui. Ne s'interdisant aucune caresse qu'il aurait aimé lui-même recevoir. Il était confortable en elle. Il avait envie d'elle avant même que son corps ne lui réclame.


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Mar 28 Aoû - 10:24

Elle atteignit l’orgasme dans un râle qui fut plus sonore qu’elle l’aurait souhaité, mais peu importait dans ce moment où la gêne n’avait en rien sa place.



Sa main au couleur de lys se déversa dans une longue caresse sur le dos de son amant pour aboutir au bas de ses reins. Elle huma son odeur musquée avant de se poser dans un souffle chaud un baiser acidulé de passion au creux de son cou. Sa jambe se replia amenant ainsi leurs bassins à se rapprocher l’un de l’autre dans leur exquise étreinte.



A cause de l’étroitesse du sofa et de la position désarticulée, ils durent se séparer au grand déplaisir de la jeune femme. Elle en profita pour se détendre et reposer son corps qui gardait en mémoire le souvenir de l’effort érotique. Assise à côté d'Egon, les jambes à demi pliées et les pieds posées sur la table basse, elle le scrutait sans le cacher.



Ses yeux étaient songeurs et son sourire sensuel. Sa peau moite renforçait sa naturelle séduction. Tandis que son souffle avait un effet coquin sur elle. Elle avait envie de lui. Elle le voulait en elle.



Alors, sa féline personne écouta ses convoitises. Elle s’approcha avec volupté, laissant ses doigts se balader sur son biceps et atteindre son épaule pour terminer leur course dans sa nuque. Tout en caressant de ses lèvres sa joue, son cou puis dévaler son torse musclé de tendre baiser pour finalement les réserver à l’objet de ses désirs. Arrivée à l’effet escompté, elle se pressa tout contre son bassin et le logea en son corps tendrement.

Elle avait envie de lui et son corps le réclamait.
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Jeu 30 Aoû - 13:44

L'insatiable Isis avec ses pattes de chat miaule sur Egon. Elle se fraye un chemin déjà tout tracé par les feux de son désir. Elle n'oublie pas de ranimer celui du jeune homme dont le corps porte encore les estampilles légères de sa maîtresse, son parfum sensuel et celui de leur essence, les traces de la moiteur rémanente de leurs deux corps qui s'épatent.

Les lèvres, la langue et la bouche d'Isis ont tôt fait d'ouvrir à nouveau les sens d'Egon dont un râle fervent déduit par son étreinte le souffle du plaisir. Déjà, il l'aide à revenir se caler sur lui en souriant de sa lascivité, ne laissant pas sa poitrine -indolemment située à hauteur de son visage- déconcertée de ne recevoir pas les tendresses qu'elle mérite.

Tout mouvement. Quelques secondes... Il stoppe juste tout mouvement quelques secondes, le temps qu'elle prenne place sur lui puis, doucement, lui en elle. On y est. A nouveau. Et c'est le moment qu'il préfère... peut-être comme un peu tous les hommes. Cet instant de quelques secondes où l'on investit le corps à chérir. Cette langueur du frisson qui nous traverse quand le catalyseur de nos souffrants désirs pénètre le corps de l'autre. L'unique instant de sa vie, où l'homme se sent homme sans le moindre doute... il n'y a que lui qui peut faire ça et, pour cela, il éprouve toute sa virilité contre les corps fragiles qu'il assaille. Avec amour, avec force, avec appétit et sensualité.

Alors ces quelques secondes de puissance qui coïncident avec la fusion de leurs deux corps, Egon les savoure... attend un peu avant de se mettre en mouvement... la ceignant contre lui sans bouger. Sans respirer... Doux sont ce calme juste avant la tempête et la conscience folle qu'un homme peut être au-dedans d'une femme. Pour le plaisir.

Et les impulsions s'amorcent, une à une. Les respirations reprennent plus fort. Isis fait danser son bassin et Egon l'aide, la maintenant à la taille, buvant sa bouche et ce qu'il trouve de peau moirée * tout au-delà de lui. Les sens se perdent et il ne réfléchit plus... être en elle, hors elle, sous elle. Et recommencer jusqu'à atteindre le dernier souffle. La position contraignante sur la sofa finit par le lasser. Il se lève en la soulevant dans ses bras pour l'emmener avec lui, comme deux koalas coquins et sans jamais rompre la fusion. Isis comprendra vite qu'il cherche une chambre ou un endroit plus confortable:
- Accroche-toi, lui murmure-t-il en caressant le bras si fin qu'il vient de placer autour de son cou.

De rires et de baisers, ils gagnent finalement une chambre qu'elle lui indique... un lit. Lit que le jeune homme décide finalement de bouder après que leurs rythmes exaltés les en fasse tomber. Aïe... On rit mais on se remet vite en scelle en riant encore une fois. Ils finissent sur le sol, sur les couvertures toutes tombées au-dessous d'eux.

Il y a encore des murmures et des râles que l'on ne nomme pas. Des caresses trop intimes pour les décrire encore... puis il y a tout son corps qui libère son extase engloutie. Silence dans la pièce... c'est le deuxième moment de silence qu'Egon préfère. Juste après l'orgasme. Vibrer sous l'haleine de sa partenaire et presque sauter au plafond dès qu'elle le caresse car le plaisir est encore là, quelque part sous sa peau, en train de le rendre coton, soie et eau. Il n'est plus question de se sentir homme ou viril. Ces perspectives ont quitté son esprit dès qu'il eut surpassé le moment d'accalmie *. Après l'orgasme, il se sent juste lui. Lui et bien.

Roulant très légèrement sur le côté, il dégage un drap qui se cache sous leurs corps et les en entoure avant de prendre appui sur ses coudes pour cesser de faire ployer son poids sur le bassin d'Isis. Il prend le temps de la regarder dans les yeux. La trouve très belle avec ce rose et cette sueur sur le visage... il le lui dit et l'embrasse avec volupté, du bout des lèvres, un frôlement. Il reste en elle jusqu'à ce qu'elle montre des signes l'incitant à se dégager de son étreinte, pose sa tête dans le creux de son cou et ferme les yeux sans parler, reprenant son souffle avant que les questions de 'l'après' n'injurient sa conscience et ses appréhensions.

Non, il ne s'agit pas de problème de scrupules face à Jonathan qu'il ne connaît pas vraiment - on se rassure comme on peut. Il s'agit de lui. Car pour l'instant, c'est lui qui est en elle et bien que par orgueil il aurait préféré se croire le seul en lice derrière l'Officiel Jon, il sait qu'il ne l'est pas. Pour l'instant, cela ne le chagrine pas véritablement mais il y pense et le partage même... Après un long moment de paix où tous les deux ont récupéré, il s'est mis à côté d'elle et la regarde avec un sourire plutôt amusé.
- Est-ce que cela fait de moi un amant ou un accident?

Au moins Egon restait-il lucide sur son statut. Et si elle lui parlait d'accident, alors il faudrait faire un constat. Et si elle lui parlait d'amant, alors... alors...
"Alors je serais totalement paumé... mais assouvi."



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Dernière édition par le Lun 3 Sep - 3:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Ven 31 Aoû - 16:09

Sortit de sa léthargie, elle s'attarda sur son sourire amusé qui finit de lapider son esprit après le couperet de la phrase.

Elle s'assit, les genoux repliée vers elle, sa tête posée sur l'amas que formait la couverture entremêlée dans ses bras. Egon ne pouvait voir que son dos nu, et son visage songeur posé sur l'oreiller de fortune.


Tu n'es pas un accident, jamais… tu n'es pas non plus un amant dans le sens où tu le sous entends.

Son dos se glaça et un frisson parcourut son corps de tout son long. Frisson dut à la froideur de la pièce mais également aux sentiments et pensées qui se bousculaient dans sa tête. Par reflexe, son corps la prévenait par cet aspect qu’une de ses crises pouvaient apparaitre donc qu’elle devait y mettre de l’ordre dans son esprit. Au fil du temps, elle apprenait à détecter tous les petits détails qui lui éviter ses crises et ses malaises.

La parade qu’elle trouva pour évacuer se surplus, c’était de les dires plus ou moins à haute voix.


Je t'aime autant que Jon. Différemment, mais cela ne change rien à ce que je ressens.

Je n'aime pas l'idée que tout le monde intègre dans ce mot "amant". Amant pour tromper, pour faire du mal ou pour tirer un coup de temps à autre. Ca me dégoute cette façon de voir. Cette façon dont les rumeurs qui courent insinue ma façon d'être, ce que je ressens. Je n'ai pas fait l'amour avec toi pour faire du mal à Jon, ou juste pour assouvir une envie…

… C'est juste que je t'aime et je désirais partager ce moment avec toi.


Isis soupira doucement. Elle avait une rancœur qui se blottissait dans une partie d'elle contre tous ses commérages de bas étages qui ne voient que les défauts d’autrui mais sont aveugles sur les leurs. Les mêmes qui fulminent contre tout être qui ne respecte pas leur règle de bon gens sous tout rapport cloitré dans un monde étriqué d'idéologie castratrice de toute envie.


Les rumeurs… elles sont vraies. Enfin, sur le point où Jon n'est pas le seul homme de ma vie… le reste n'est que pure spéculation. J'ai même eu l'agréable surprise de prendre connaissance de mon statut de maitresse d'un joueur de quidditch dont je n'ai jamais entendu parler. Surement parce que j'aime le quidditch autant que d'avoir perdu mes parents. C'est du n'importe quoi à haute dose. Si tu te considères comme un de mes nombreuses "choses" sache que tu vas être très déçu, il n'y a eu qu'un seul qui a compté pour moi… à par Jon.

Juste un, bien loin de la bonne dizaine à mon actif qu'on a essayé de me mette sur le dos.


Isis releva son buste, la courbure de sa position tirait trop sur sa colonne. Elle prit le temps de s’étirer, repensant à lui. Lui, le seul qui a compté avec Jon jusqu’à ce jour. Elle revoyait leur moment ensemble, leur couple, leur crise, leur moment de repos et de rire, leur passion et surtout leur désir…

William… mais il est parti. Il a préféré s'éloigner…



Isis ne continua pas sur sa lancé et se tourna délicatement vers Egon pour lui faire face. Les yeux longeant dans l’océan des siens assombri par la pénombre de la chambre.

Tu n'es pas un accident et tu es un amant que j'aime autant que Jonathan. Jon est un amant, tu en es un autre, pas de la même façon, pas pour les même raisons… Mais jamais je ne le quitterai pour toi et jamais je ne te quitterai que pour lui. Je ne choisirai pas… jamais.

William était parti pour cela. Si au départ la situation ne lui posait absolument pas de souci - il ne connaissait pas Jon et en plus il était sur un autre continent quand leur relation avait débuté - cela devint de plus en plus délicat au fil du temps pour lui. Jon était revenu à Poudlard, et Willou devait « la partageait » comme il lui reprochait souvent. Les deux amants s'étaient violemment disputés car Isis ne choisissait ni l’un ni l’autre et qu’elle ne le ferait jamais ce choix. William partit de lui-même pour se préserver sachant pertinemment que sa belle ne ferait rien pour le retenir car elle respecterait son choix. Cela n’empêchait pas qu’elle en souffrait.

Elle ne pourra jamais choisir, c'était hors de porté de sa façon d'être. Pourquoi souffrir à choisir avec lequel passer sa vie ? Elle préférait de loin vivre son amour avec chacun, sans en délaisser un vis à vis d'un autre. Pour le choix cornélien, il faudrait aller cherche ailleurs

Pourtant, elle laisser ce choix à eux, à ses hommes qu’elle aimait. Il pouvait refuser la situation, elle comprendrait et ne les retiendrais pas à tout prix. Même si cela la faisait souffrir, elle préférer les voir heureux et si c’était loin d’elle, elle le respecterait. Par contre s’il acceptait, il devait respecter son non choix.




Tu as le choix. Mes bras te seront toujours ouverts… à toi de voir ce que tu désires.
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Sam 1 Sep - 1:03

Il avait écouté patiemment et jusqu'au bout sans interrompre. Même à la fin de ses explications qui selon lui n'en étaient pas vraiment et servaient plus à se convaincre elle-même qu'à le convaincre lui, Egon garda le silence.

Tu as le choix. Mes bras te seront toujours ouverts. A toi de voir ce que tu désires. Trois bouts de phrases reflétant toutes les contradictions d'Isis Kitlee. Tu as le choix. Non, ça il ne croyait pas. Mais Isis avait l'air de se croire. Mes bras te seront toujours ouverts. Jusqu'à ce qu'il réclame son coeur, alors là, elle les fermerait aussi sec. Toutefois, cette probabilité ne l'effrayait pas. A toi de voir ce que tu désires. Il la désirait... pour l'instant, cela était une certitude. L'aimer d'amour, pas encore. Egon était un exclusif tout en étant plutôt revêche aux effusions de sentiment suintant. Le coeur encore ombré par les empruntes qu'y avaient laissé Deneb, il était en période de réhabilitation.

En résumé, elle disait aime-moi, brûle-toi, possède-moi mais je ne me donnerai pas. Choisis et souffre. Moi, je ne ferai jamais de choix. Ah c'est tellement facile de ne pas choisir.

Il sourit de bon coeur mais pas assez pour qu'elle prenne ce sourire pour de la moquerie. Ce n'était pas le cas. C'était de la tendresse. Où était le drame et pourquoi cette mine si grave? Il l'embrassa et, la voyant grelotter, il l'enferma dans ses bras tant qu'il était sur le dos. Il tira un peu plus la couverture et installa Isis contre lui, contre son épaule dont le tatouage s'était teinté tout au long de leurs ébats sans qu'il ne s'en rende compte. Il passa la main qu'il avait de libre derrière sa nuque et regarda le plafond sans pouvoir se départir de ce sourire amusé. Elle restait la 'petite Isis'.

Selon Egon, elle mûrirait avec le temps. Peut-être pas dans ses bras ni même à ses côtés mais un jour elle oserait faire un choix. Elle n'était pas lâche au point de croire en ces fatuités qu'elle lui avait débitées. Il l'en serra plus fort, baisa son front en se disant qu'un jour, peut-être, elle lui dira de quoi elle avait peur. Ce comportement ne pouvait cacher qu'une crainte et c'est la raison pour laquelle, il pensait que pour l'instant ces explications étaient malgré elle erronées et incomplètes.
- Excuse-moi, ma belle, si je t'ai fait de la peine. Ce n'était pas mon but. Tu n'as pas à te justifier auprès de moi, lui dit-il sincèrement. Tu n'aimes peut-être pas le sens péjoratif que la sémantique a fini par imputer au mot amant mais c'est un fait, un amant n'est plus seulement un homme qu'on aime. Tu n'as pas le droit m'imposer ta vision des choses parce que tu as décidé de vivre avec cette philosophie de la vie et de la sexualité.

Le jeune homme se releva légèrement sur son coude sans trop déranger la tête d'Isis et prospecta autour de lui une pièce qui pouvait ressembler à une salle de bain. Il trouva. Mais termina ce qu'il avait à dire avant de se dégager et de se lever.
- T'es moldue, n'est-ce pas.... Et bien c'est comme les opinions sur une religion différente de la nôtre: je suis pas forcément pratiquant et encore moins croyant pourtant j'accepte la différence. Nos différences...

Il fit une pause dans son dialogue, s'occupant de caresser une dernière fois et avec douceur la chevelure de la jeune femme, tout en lui montrant qu'il aimerait se lever, ce qu'il entreprit doucement en la regardant dans les yeux.
- Dans ma vision des choses, je te suis un à-côté. Même si tu m'aimes bien, je reste un à-côté. Et je ne te demanderai pas une place plus haute que celle-là du moment que tu restes toujours sincère quand on fait l'amour. Si on refait l'amour...

Dans tout ce qu'elle lui avait dit ce soir, il n'avait cru qu'une chose sans subodorer le moindre travestissement. 'Elle n'aimait pas se faire culbuter dans tous les sens par une armée de mecs'. "Et je te crois sans difficulté..." Isis avait besoin de ressentir quelque chose ou d'être séduite pour se donner. Une simple histoire de cul ne la satisferait pas. Certes, elle ne limitait pas ses assouvissements à son seul petit ami et qu'en pensait Egon? Rien. Cela lui était très clair. Isis n'avait pas de soucis à se faire sur ce point. Il se leva après un baiser sur le front, décidé à se faire une brève toilette avant de s'en aller. Il serait bien resté dans ses bras toute la nuit jusqu'au lendemain matin, il aurait bien revécu plusieurs fois les étreintes d'Isis mais pour l'instant, compte tenu des conditions, il préférait ne pas se montrer ni trop proche, ni trop envahissant pour elle.
- Le reste ne m'intéresse pas, Isis. Je suis avec toi ou je ne le suis pas, 'carpe diem' et non pas 'advienne que pourra'. Point barre car, je n'ai aucun choix à formuler maintenant que je n'aurais pas envie de changer dans deux mois ou même avant, alors à quoi bon te faire une promesse dont seul mon coeur pourra décider des variables? Je ne suis pas un menteur, mon coeur n'est pas aveugle et il n'est pas lâche non plus.

Un baiser sur l'épaule qui voulait dire 'ne te prends pas la tête avec moi', ensuite le jeune homme sortit de leur couche accidentée pour rejoindre la salle de bain.


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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Dim 2 Sep - 12:04

Les yeux fixant les ombres mouvantes du plafond, elle écoutait l'eau qui se déversait sur son corps à lui.


Tout et son contraire profusait dans son esprit.
Amour. Sincérité. Sex. Jon. Désir. Passion. Egon. Avenir. Grandir. Choisir.
Elle avait jeté les paroles d’Egon dans un placard fermer à clé… mais celles-ci avaient réussi à trouver une faille dans ses remparts de petite fille. Elles virent s’ajouter à l’amas d’incompréhension qu’Isis ne gérait pas. Ne voulait pas les entendre.

Elle avait envie de hurler pour arrêter les voix dans sa tête. Sa voix lui chantant ses contradictions de l'éternelle fillette qui voulait tout sans rien délaisser. Elle le fit intérieurement, mais de l'extérieur, elle restait toujours l'immobile jeune femme scrutant le forme dansante ombrageuse.
Cette jeune femme avait peur, mais n’avait pas de mot pour qualifier sa peur, alors la gamine était sa plus grande défense pour ne pas affronter ses démons.



L'eau s'arrêta. Elle n'entendit plus que le silence.
Elle imaginait Egon sortir de la salle de bain, prendre la serviette sur le portoir à gauche de l'évier. Sécher les perle d'eau qui scintillait sur son corps, voir son sourire amusé, sentir son désir à elle monter à sa joue, voir le sien...


Elle ferma ses yeux.
Il voulait partir. Elle voulait qu'il reste.
Elle tourna sa tête sur le coté, il y avait toujours son odeur voluptueuse sur les draps. Son regard s'ouvrit et tomba sur son coffret au souvenir.


Si on refait l'amour...

pense : Si je le perdais comme mes souvenirs...


Isis se leva et alla vers la salle de bain pour le trouver.
Sa main caressa son dos nu. Sa taille enveloppée dans ses bras, sa tête posé sur son omoplate, elle formula un simple


Reste.
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Lun 3 Sep - 2:54

Les deux mains appuyées sur le rebord du lavabo, Egon était en train de se regarder dans la glace quand Isis entra. Il réfléchissait, observait dans les lignes de son visage ou dans les cannelures de ses iris combien il avait changé et combien il était le même tout en même temps. Comme Enki. Finalement la vie nous creuse, on s'endurcit, l'œil reste le même mais la lumière qui y brille se ternit ou se ravive... ce soir, Egon souriait. Il voyait de nouveau une lumière dans son regard autrefois ternit. Deux bras fins s'insinuèrent autour de sa taille après qu'une main vint égoutter quelques gibbosités * de son dos pour lui voler un frisson. Le miroir reflétait son image, son corps dénudé autour duquel s'enroulait les deux bras d'Isis, une silhouette dont il percevait un peu de la chevelure, les épaules. Tout le reste d'Isis, sa peau, sa douceur, ses courbes, il le sentait contre lui.

Reste.
Silence.

Il ramena une de ses mains sur les siennes nouées autour de sa taille. Il ne lui avait pas encore dit qu'il comptait partir mais elle anticipait sa proche partance. Elle devait sentir qu'il n'espérait pas trop rester. Pouvait-il lui dire maintenant?

Silence encore. Silence caresse.

Il se retourna doucement de façon à la laisser s'ajuster à son mouvement. Face Isis.
"Je dois y aller..."
Pourquoi?
"Parce que rester là, pour l'instant, ce n'est pas bien. Pas bon pour elle, pas bon pour moi."
Mais tu en crèves d'envie.
"J'ai un peu tendance à crever de n'importe quoi en ce moment alors c'est ni une référence ni une raison. Et je n'aime pas cette expression."
Fais pas l'idiot. Tu regretteras.
"Je regretterai quoi? De sauver un peu mon amour-propre plutôt que de succomber à une étreinte de plus?"
C'est tout? T'es dur. Tu ne penses pas ce que tu dis.
"Non. Je suis juste. Mais effectivement, je ne pense pas ce que je dis..."
Tu veux rester. Reste.
"Je veux rester mais pas à n'importe quel prix. Elle demande trop."
Tu savais comment ça tournerait quand tu t'es levé de table. C'est pas maintenant que tu dois reculer, ça n'a aucun sens.
"Oui. C'est vrai. Mais, je n'aurais pas dû céder... je voulais seulement me..."
'Te'? Pour toi?
"Non... tu as raison. Pour elle. Je voulais céder pour la connaître, elle. Savoir si..."


Silence de plus en plus pesant. Silence pensée. Il tarda à répondre.

Les deux mains du jeune homme étaient toujours posées sur le rebord du lavabo que cette fois il avait dos à lui et sur lequel il prenait appui. Egon ne pouvait calmer son sourire parce qu'il savait qu'au moment où ses mains cessèrent de se cramponner à ce lavabo pour entourer Isis avec tendresse, il suivait exactement le chemin qu'il avait pris lorsque plus tôt dans la soirée il avait quitté leur table de dîner pour aller la réconforter. Il savait qu'il craquait.

Il la serra dans ses bras, se demanda une dernière fois ce qu'il perdrait et ce qu'il gagnait à rester là. Passerait-il la nuit? Ca faisait une éternité qu'il n'avait pas dormir avec quelqu'un.
- Non, vraiment, c'est pas possible... maintenant, je déconne plus, Isis... lui murmura-t-il dans l'oreille, rends-moi immédiatement le sachet Luxure, ça te réussi pas.

Instantanément pour parer à sa blague, Egon la contourna avec vivacité. Il s'en écarta pour éviter un retour de coups - on ne sais jamais, si elle avait la maillet ou la rouleau-à-pâtisserie attitude - ainsi il se retrouva à un mètre d'elle, face à elle, le regard hâbleur qui la mettait au défi. Il renoua un peu mieux la serviette qu'il avait autour de la taille et croisa les bras sur sa poitrine, faisant mine de réfléchir.
- T'es fatiguée? questionna-t-il assez coquin. Moi, pas vraiment. Alors je me disais qu'on pourrait baptiser un des sachets de thé de Bergamote Tourdemain. Pour toi, comme pour moi, ce soir j'aurais dit... non pas celui-là, t'es qu'une obsédée. J'aurais dit 'l'Envie'... ou une alternative: deux coups de baguettes, on refait lit et tu t'endors contre moi, compléta-t-il en ouvrant ses bras.

Il n'avait pas répondu directement à l'injonction affectueuse d'Isis parce que dans le fond il voulait qu'elle s'endorme contre lui. Somnoler lui aussi et s'en aller avant qu'elle se réveille pour lui laisser, à elle, le choix de le contacter ou pas par la suite.

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Lun 3 Sep - 15:08

La Paresse: à l'ombre d'une sieste


pense : Dommage pour le sachet Luxure...

Son esprit libertin avait refait surface. Ce qui soulagea ses tourments.


L'envie... ça reviendrait à la Luxure, mon cher.

Mais en vrai, elle ne savait pas vraiment de quoi elle avait envie. Elle s'avança dans le mètre qui les séparait. Et lui souffla en réponse à son sourire coquin.

Je ne suis pas fatiguée... tout comme toi. Mais je prends ta deuxième alternative. Je veux juste être avec toi.

Elle lui baisa l'épaule avant de se blottir contre lui. Se protéger et le savoir près d'elle.
Son silence l'avait inquiété. Elle imaginait déjà qu'il regrettait, qu'il l'a fuirait, qui n'accepterait ni l’après cette soirée, ni de la revoir. Elle ne concevait pas qu'Egon puisse un jour sortir de sa vie. Ils étaient proches et elle ne pouvait se figurer sa vie sans lui, sans son amitié, sans ses lettres, ses nouvelles de temps à autre.
Elle pouvait vivre en oubliant cet écart, mais pas sans lui. Ami, amant ou avec lui, peu importait tant qu'il était là.


Après un bisou complice dans le cou, Isis l'emmena dans sa chambre. Elle récupéra sa baguette et refit le lit. Elle en profita également pour tirer les rideaux et alluma une petite lampe de chevet. Un peu de lumière, ne leur fit pas de mal. Elle s'employa aussi à ramener les vêtements dans les chambres vu qu'ils s'étalaient dans le séjour.


A être en Eve, elle grelottait et ce fut avec bonheur qu'elle se glissa dans les draps. Elle fit léviter également les sachets de thé. Cela ne lui coûta pas grand chose de ranger celui de Luxure dans sa boite. La colère partie également au placard suivit de prés de l'avarice et l'orgueil. Après réflexion elle rangea sagement la gourmandise. Il restait plus que deux.


Avec une moue malicieuse, elle fit apparaître un plateau d'argent ou se trouvait deux tasses et de l'eau bouillante. Elle y déposa les deux sachets restant dont le nom était caché par un sort merveilleux, le Secretaum. Il permettait de camoufler un objet ou un simple mot qui ne se révélera que quand l'auteur du sort l'aura décidée.


Voyons voir si tu es joueur, monsieur Sutham... choisis un de deux sachets de thé et on le boira ensemble. Il y a la paresse, pour dormir... ou l'envie. J'ai gardé la luxure sagement rangée... tu vois, je ne suis pas si vicieuse.
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Lun 3 Sep - 16:14

Egon se sépara de la serviette pendant qu'Isis jouait à la fée du logis. Adam et Eve se reconquirent. Il s'occupa de rendre à la salle de bain son état originel puis, guidé par elle, il rejoignit son amante dans la chambre. Il la regarda s'agiter, ne l'aida pas à regrouper leurs affaires semées comme l'auraient fait des petits poucets sybarites *, car il trouvait très érotique ce tableau d'une magicienne nue qui remettait de l'ordre autour d'elle. Il n'aurait pas voulu l'aider et qu'elle termine trop vite ce qu'elle était en train de faire. Egon la suivait du regard et attendit qu'elle vienne se réfugier sous les draps.

Elle lui proposait de choisir à l'aveuglette l'un des deux sachets de thé qui restaient.

Paresse pour dormir ou envie pour rêver.

Envie n'était pas forcément luxure. Loin de là. L'envie c'était vouloir ce que autrui possède. Que possédait les Autres que Egon aurait bien aimé avoir pour lui? Isis, par exemple. Un appartement au calme, aussi. Un appartement au calme avec Isis dedans. Un appartement au calme avec Isis nue dedans. Le thé était-il capable de reproduire une illusion permanente telle qu'un appartement? Bergamote avait dit qu'il n'y avait que trois coffrets comme celui-ci dans le monde. Le présent était coûteux. Les thés devaient opérer des enchantements dont ils auraient été incapables. Etant donné l'empressement qu'elle avait eu à vendre ses autres thés ou faire sa promotion pour toutes ses gammes sauf pour celui-ci, prétendument d'une grande rareté, il devait générer une magie sensationnelle. Egon eut soudainement très peur des limites de cette magie. Etait-ce seulement légal?

Paresse se vautrer avec elle sur le sable fin d'une île loin de tout, d'une forêt cachée au cœur du monde, d'un igloo en Alaska chauffé par la graisse de phoque. Revenir que lorsqu'on aura débusqué Antarès et débarrassé la terre de sa présence. Dormir près d'elle, sortir du lit quelques fois pour se nourrir, parler de choses, l'entendre lui raconter ce qui lui était arrivée, en rire peut-être, faire l'amour matin midi et soir en attendant le matin suivant pour recommencer.


De son index, il désigna l'un des deux sachets.

"L'un ou l'autre si cela représente un dixième de ce à quoi je pense, ça sera déjà bien."


Spoiler:
 


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Lun 3 Sep - 16:43

Isis trempa l'objet désigné dans l'eau chaude. Elle attendit dans les bras de son compagnon, la tête posée sur son épaule que le thé fasse effet.


Des filets de fumées montaient doucement vers le plafond dans une douceur hypnotique. Sous les bras d'Egon et appuyé contre lui, elle regardait calmement ce petit spectacle, humant l'odeur de fleur qui se dégageait du filtre, tout en s'amusant à caresser de ses doigts fins son bras.


L'envie.
Ce qu'elle avait envie ? Si elle le savait. Elle voulait le blanc, réclamait le noir et en fin de compte choisissait les deux, tout et son contraire.

Là, elle avait envie juste d'être avec Egon. Elle voulait que cette journée se termine jamais. Que le monde s'arrête éternellement dans cette chambre. Rester dans ce lit, à s'enlacer, à s'embrasser à ne s'occuper égoïstement d leur désir, d'eux. Antares arrivait à ne plus faire venir la nuit... elle ne voulait pas que le jour se lève.
La paresse.




L'infusion terminée.
Les tasses se remplir de l'eau parfumée.
Ils burent chacun une gorgée de cet élixir.


Certes, elle ne l'avait pas fait sans une certaine crainte. Elle ne savait pas ce qui allait les attendre, elle n'était en rien rassurée par l'inconnu. Mais être dans les bras d’un ancien gryffondor apportait sa part de courage.


Le plateau s'envola, juste après qu'elle révéla l'intitulé du thé.



La paresse.
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Lun 3 Sep - 17:45

Assis en tailleur sur le lit, le couple but son thé. La boisson avait un arôme floral, comme de la violette, mélangée en plus à une larme de miel. Ils reposèrent leur tasse sur la table de chevet et attendirent. Egon avait pensé que le temps que la liqueur fasse effet, il pouvait se permettre d'aventurer une main espiègle le long du sein, du flanc, de la hanche, du ventre d'Isis. Perdre sa palme curieuse sur l'étendue de peau recouverte par le drap... Il avait d'ailleurs commencé cette expédition. Il amena très vite la jeune femme à s'allonger complètement sur le dos, baisa ses lèvres, but la tendresse de ses yeux, cultiva quelques soupirs dans son cou. Une de ses jambes était venue entourer les siennes, les faire prisonnière pendant qu'il calait son bas ventre contre sa hanche. Le tissu du drap était soyeux, mais moins qu'Isis, alors il retira ce qui le séparait d'elle. Sa surprise fut de sentir du sable à la place du matelas.

Il se redressa subitement et regarda autour d'eux.
- Oh Merlin! Il ne faut pas rêver trop fort ici...

Egon s'écarta d'Isis et regarda la seule relique qu'il leur restait du loft londonien: le drap. Il le souleva pour constater qu'il avait toujours son costume d'Adam et elle celui d'Eve. "Pourvu que l'île ne cache pas trop d'autochtones... on n'est pas présentables" s'amusa-t-il en se mettant assis.

La lune faisait dix fois sa taille normale et flottait dans l'océan marin. Le ciel était voilé de nuages argentés. Calme. Devant eux plus haut sur la grève de la plage qu'il avait espérée, il y avait une sorte de ponton en bois situé à un mètre du sol et rehaussé d'une pergola à la structure de bois. La construction abritait un large matelas blanc, carré, entouré d'un minuscule bassin peu profond d'où s'évaporait des condensations violacées. Des parfums de jasmin.

La mer face à eux était celle des livres et des magazines. Les Seychelles sans les touristes.
Egon se leva et aida Isis à faire de même. Il lui confectionna une robe de fortune et parut soudain paniqué:
- Les baguettes!! Nos baguettes...

Il regarda autour d'eux, le sable blanc cristal de lune mais aucune trace de leur baguette. Son tatouage vira doucement au vert mais se calma instantanément lorsqu'il vit apparaître devant eux leurs deux baguettes.
- Draps?

Et un drap apparut.
- Isis... je ne pars plus d'ici, sourit Egon en s'entourant du drap pour rejoindre, avec Isis, main dans la main, la tente juchée sur le ponton. ²

Il dit ça mais c'était sans réaliser qu'ils se trouvaient incontestablement dans une île terrienne du pacifique, à une époque qui n'avait plus de minutes mais à une époque où l'île était habitée. Ni Isis, ni lui, ne se doutaient encore que leurs tenues (ou leur manque de tenue) étaient effectivement indécentes aux yeux des natifs... mais ils avaient encore quelques heures avant de le découvrir. Heures pendant lesquelles ils pourraient se reposer bien que pour l'instant Egon avait plutôt entreprit de terminer ce qu'il avait commencé lorsqu'ils étaient arrivés sur l'île.

Le lendemain matin, ils seraient réveillés par quelques enfants jouant à chat autour d'eux. Isis ne porterait sur elle que les bras d'Egon et le musc de leurs étreintes. Leurs jambes à peine cachées par le drap blanc de Londres.


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Mar 4 Sep - 14:16

Sentir les grains de sable dans son dos nu lui parut normal. Elle ne l’aurait pas remarqué sans le désarroi d’Egon, trop absorbée par la passion de ses caresses.

Oh Merlin ! Il ne faut pas rêver trop fort ici…

Alors on était dans le rêve d’Egon. Le rêve, si on pouvait appeler cela un rêve, tout était tellement réaliste.
Elle se partageait entre l’amusement de faire ce rêve avec lui et la peur du réalisme du lieu.
Cette plage était paradisiaque, calme. Seuls au monde, dans un monde où l’on ne pouvait vivre que de paresse et de désir. Leurs envies étaient à leurs pieds, il leur suffisait juste de le vouloir pour l’avoir.
Mais la peur la gagna. Le lieu avait beau refléter la providence de leur couple, il avait quelque chose d’irréel. Irréel mais tout à la fois palpable. L’imaginaire se mélangeait au réalisme dans une ode sans le moindre défaut. Et ce manque d’imperfection inquiétait la jeune femme. Il y avait anguille sous roche, elle le sentait, elle se l’imaginait avec certitude. Même ses visions lui paressaient virtuelles malgré leur exactitude.
Trop époustouflée et paniquée, elle resta immobile, assise sur le sable qui balayait sa peau dénudée poussé par la légère brise marine.

Egon la souleva, l’habilla et l’emmena prés de lui. Elle restait sans voix, quoique un plus rassurée grâce à ce contact humain, le seul être physique dont elle n’avait aucun doute de la présence.
Il s’inquiétait pour sa baguette, elle n’avait même pas eu l’idée de penser à son outil de défense. Oh, là où elle allait trop souvent à son goût, elle n’avait qu’à compter sur elle-même et pas sur la magie. Ici, cela être différent. Enfin, cela n’était en rien une certitude.


Son sourire enfantin finit par la rassurer complètement. Ses essais avaient été fructueux et cela lui donna forcément le sourire. Il avait un sourire si craquant. Isis l’aurait bien mangé sur place s’il n’y avait pas leur nid qui les attendait. Elle s’arrêta de se méfier de cet univers enchanteur.


Et moi, je te tiendrai à tout jamais compagnie dans ce paradis.

Elle lui fit un doux bisou sur sa joue, agrippée à sa main. Elle ne put que rire à l’affût de ses caresses qui ravivaient un désir mis en sommeil, juste le temps de juger des effets du thé.

Leur nuit fut consacrée, dans sa plus grande partie, à la découverte mutuelle de leurs corps, approfondissant encore et toujours plus leurs caresses trop intimes pour les décrire. Au lever du soleil, les deux amants étaient enlacés l’un contre l’autre.





- Tu as vu, ils sont tout nu
- Ce sont des étrangers, ne reste pas là, ca peut être dangereux.
- Oh, son visage, il est trop beau… et ses cheveux, on dirait de la soie, elle est trop belle pour être méchante
- Si la Villac umu nous voit près d’eux, il ne va pas être content… il va les emprisonner, ce sont des païens sans aucun respect.
- Va pas la prévenir… ils vont être méchants avec la jolie personne, et même avec l’homme avec elle. En plus, il a l’air fort…
- Oh regardez, ils bougent.


Isis venait de se réveiller. Elle ouvrit ses yeux pour mieux les refermer. Elle s’étira et prit conscience des deux bras qui l'habillaient, du souffle chaud et constant de sa moitié, de sa nudité dont le soleil réchauffait la moindre parcelle à travers les pergolas. Les senteurs de jasmin vinrent chatouiller son odorat tandis que son ouie suivait les intonations enfantines autour d’eux. Enfants.
Isis se releva dans un bond, essoufflée et paniquée. Elle ouvrit les yeux ronds et regardait les gnomes autour d’eux.


Ils étaient trois. Deux filles d’un peu plus de 8 ans et un petit garçon d’à peine 5 ans. Ils étaient tous les trois habillés à la mode Inca, avec de riches étoffes tissées à la main et des rangées de bijoux qui cliquetaient à chacun de leur mouvement. Ils avaient crié à la réaction d’Isis, elle les avait surpris autant qu’ils l’avaient apeurée. Elle recouvrit son corps et celui d’Egon instinctivement avec le drap. Elle était pudique et montrait rarement son corps à des yeux autres que ceux qu’elle désirait. Elle essaya à taton de chercher leur baguette. Ils les avaient déposées au-dessus de leur tête de lit, à l’abri… mais sa main trouva seulement du vide.

- C’est moi qui ai vos bouts de bois…

C’était la plus vielle des petites filles qui prit la parole. Le petit garçon se cachait derrière elle. Ils devaient être frère et sœur à la ressemblance de leur visage.

- La Villac umu est prévenu, il va venir vous chercher… étrangers.

Valla quoi…. Egon… Egon…

Dans son stress, elle giffla Egon par accident. Si elle ne dit plus rien, ses yeux, eux, lui décrivaient ses moindres pensées : j’ai peur. Elle avait beau réfugier son regard dans celui de son protecteur, ou savoir que ce n’était que des enfants, elle avait un mauvais, très mauvais pressentiment

- Tu n’auras pas du les menacer… ils n'ont pas l’air méchant…

- Et puis, ils sont rigolos, ils sont tout nus

- Rhidow, ne dis pas de blasphème, si la Villac umu t’entendait. La nudité est quelque chose d’indécent.


- Tu ne devrais pas te perdre dans les paroles de cette vieille folle de Villac umu, ma très chère et très jeune Rhianne. Tu devrais emmener ton petit frère et Anaelle plus loin. Et continuer à jouer à chat, c’est un bon jeu cela, chat… sauf quand on dérange autrui.


C’était un vieil homme, âgé vu ses cheveux blancs et qui devait avoir une certaine importance car les enfants lui obéirent directement. Le jeune Rhidow fit un petit coucou d’au revoir au couple avant de partir jouer.

Isis avait, durant ce laps de temps, contourné Egon pour se retrouver dans son dos. Plus peureuse on pouvait difficilement faire. Et elle lui souffla à l’oreille.



Ton rêve de l’île paradisiaque version seuls au monde rien à redire… mais les autochtones flippant, tu aurais pu t’abstenir.

La phrase aurait pu être drôle, si Isis n’était pas complètement effrayée.

Spoiler:
 


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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Mer 5 Sep - 9:38

- Ton rêve de l’île paradisiaque version seuls au monde rien à redire… mais les autochtones flippant, tu aurais pu t’abstenir.

- J'étais à Gryffondor, chez les Lions, Isis, pas dans la maison des Petits Lapins Nains, répondit Egon avec amusement mais entre les dents tout en proposant un sourire poli mais crispé à l'homme qui était devant eux. Ca c'était du réveil!

En d'autres termes, l'âme des Gryffondor avait toujours eu besoin d'un peu d'adrénaline pour rester vive. Toutefois, même s'il y avait eu à Poudlard une maison qui aurait eu pour emblème le lapin nain, l'ancien Gryffondor ne doutait pas une seconde qu'une personne de cette improbable maison eût aimé vivre à la Robinson, avec les dangers que cela comporte. Lost, ça le faisait déjà moins... Egon réajusta calmement le drap autour de sa taille et entoura celle d'Isis de son bras pour la garder derrière lui, contre lui, sur ses gardes. Sang froid, toujours, parce qu'à l'intérieur sang chaud trop souvent.

Il ne savait pas les règles exactes du Thé de Bergamote et en attendant d'avoir des certitudes, il fallait tâter le terrain. Surtout qu'ainsi dévêtus, ils n'étaient pas en position d'entreprendre quoi que ce soit... sauf les fesses à l'air. Mais Egon, loin d'être exhibitionniste mais possédant un certain attrait pour son amour-propre savait que si quelque chose devait mal tourner, il refuserait catégoriquement de partir en courant, cul nu, portant Isis à bout de bras, après avoir attaqué un vieillard pour récupérer sa baguette et transplaner à l'aveuglette quitte à être désartibulés... culs nus. Non. Alors, un peu de sang froid et, surtout, l'objectif était de récupérer leur bien pour un semblant de dignité.
- Bonjour, je m'appelle Egon.
"Si je lui dis que je suis londonien, je ne suis pas certain que ça va beaucoup lui parler..."
Egon se décala un peu mais sans exposer Isis à laquelle il laissa le choix de sortir de sa cachette - qui ne la cachait pas le moins du monde mais cela le fit sourire.
- Et les cheveux qui bougeottent derrière moi sont ceux d'Isis. Isis, c'est la jeune femme courageuse qui se trouve sous les cheveux.

Le jeune homme se montra plutôt affranchi des faux-semblants imposés par une telle situation mais instinctivement il sentait qu'il pouvait se le permettre face à cet homme. Le vieillard semblait être sage, respecté et respectable. Il inspirait naturellement une grande force tout en veillant à garder un œil disponible et un esprit ouvert à ce que les deux jeunes inconnus allaient lui raconter.

Il resta silencieux et souriant. Egon se demanda pourquoi l'homme ne se présentait pas en retour. Alors, il alla directement au but, en resserrant un peu plus le drap autour de sa taille, et de son autre main, en caressant discrètement le flanc d'Isis qu'il maintenait toujours dans son dos. Une simple caresse pour lui dire qu'il était là et qu'il ne lui arriverait rien.
- Concevez vous que nous récupérions nos bagu... bout de bois? Demanda-t-il plus sérieusement, en regardant les baguettes que Rhianne avait tendues au vieil homme avant de s'en aller.

C'est à ce moment que l'homme se mit à bouger. Il avança vers le matelas et passa le petit courant de jasmin pour s'asseoir en tailleur face à eux. Son visage était souriant et dur à la fois.
- Ah, je me disais bien que vous n'aviez pas fini de parler, dit-il. Egon comprit pourquoi l'homme ne s'était pas présenté tout de suite: il attendait de savoir ce que les deux allogènes * désiraient. Je me nomme Délos, je suis Villac umuc des shalimancyans. 'Chef', précisa-t-il de lui-même devant les sourcils froncés qui révélaient qu'ils ne comprenaient pas. Je rendrai vos sceptres quand vous serez vêtus et que je serai certain que vôtre nudité n'est pas voulue...

Egon tenta de protester mais il vit dans le regard du vieil homme une sorte d'éclair qui lui disait "je t'ai laissé parler jusqu'au bout tout à l'heure. A ton tour de m'écouter". D'emblée, Egon se tut.
- Et je sens que ce n'est pas voulu. Par contre, ce que je ne sais pas, c'est par quel miracle vous êtes arrivés sur cette île. Je dois protéger les habitants, comprenez-vous. Il faut que je sache si vous y êtes depuis toujours mais que vous avez trouvé la façon de grandir ou si vous êtes apparus des mers. Nous parlons la même langue aussi... Il faudra me raconter pourquoi. Je me questionne sur votre identité et la façon dont vous êtes venus ici... (Il désigna la tonnelle) avec votre matériel.

Derrière le vieillard deux petites filles vêtues sur le même mode que les autres enfants et l'homme aux cheveux blancs, arrivèrent les bras chargés de linges colorés et les déposèrent à côté du vieillard. Elles rougirent devant la nudité des deux jeunes gens et repartirent en évitant leurs regards.
- Passez ces vêtements s'il vous plaît. Nous allons aller à Shalimance. Le peuple ne peut pas voir un homme et une femme nue. Ce n'est pas arrivés depuis si longtemps, sourit-il. Depuis Miwa et moi-même, je pense.

Egon avait le souffle coupé et ce qu'il venait d'entendre avait engagé une guerre dans sa matière grise qui fluctuait à toute vitesse. Plusieurs réflexions se dégageaient de ce qu'il venait d'entendre et des inquiétudes du vieux sage vis-à-vis de leur intrusion. Il eut en partie une réponse à ses questions lorsqu'ils furent vêtus et qu'Isis et lui découvrirent Shalimance. Cette ville, peut-être même toute l'île, n'était peuplée que d'enfants.

Ils marchèrent en suivant le vieil homme sous les regards parfois inquiétés ou parfois réjouis des enfants qui leur faisaient cortège. Ceux qui les avaient découvert les suivirent jusqu'à leur prochaine destination. Rhianne se méfiait d'eux et ne le cachait pas mais le petit garçon marchait à leurs côtés, allant même plusieurs fois près d'Isis en lui prenant la main. A chaque fois Rhianne s'interposait et coupait le lien. De l'autre côté, cependant, Egon gardait la main d'Isis dans la sienne et n'avait plus prononcé une parole depuis qu'il avait réclamé leurs baguettes.

Il pensait et son visage était dépourvu d'émotions. Etaient-ils dans un rêve ou dans un endroit réel? Egon doutait. Il avait songé formuler à haute voix ses désirs comme cela avait fonctionné pour le deuxième drap mais quelque chose faisait barrage dans son esprit... et c'était sa curiosité qui venait parasiter ses désirs. Il avait tellement envie de se perdre dans cette histoire et d'en connaître la fin, qu'elle se déroulait sans que d'autres envies ne viennent changer le cours des évènements. Mais Isis avait elle aussi bu le thé... se pourrait-il que ce monde soit la conception de leurs deux imaginaires ou était-il vraiment un lieu qui se trouvait confiné quelque part sur la Terre?

Après avoir marchés jusqu'à une large route de terre battue bordée de constructions tantôt incas, tantôt égyptiennes ou africaines, ils arrivèrent devant ce qui ressemblait à un immense temple de pierre. Seule Rhianna et le petit garçon purent entrer avec eux. Tous les autres enfants restèrent aux portes closes. Egon pressa la main d'Isis, il aurait aimé être légilimens ou traficoteur d'esprit pour lui dire: "Je te promets qu'il ne nous arrivera rien. Je suis là et je ne te lâche pas."

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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Jeu 6 Sep - 18:08

"Je te promets qu'il ne nous arrivera rien. Je suis là et je ne te lâche pas."

Elle stoppa net sa marche. Egon n'avait pas bougé une seule fois les lèvres, elle le savait. Mais elle avait également entendu cette phrase. Isis avait murmuré entre ses dents un simple souhait et il se réalisa.

Tu en penses quoi ?

A l'affût du moindre détail, du moindre signe extérieur d'Egon elle souhaitait savoir ce qu'il pensait. Car il était bel et bien dans ses pensés, impassible et froid. Sa main, sa pression rassurait Isis mais elle avait aussi besoin de savoir ce qui tournait dans sa tête. Elle voulait pouvoir arrêter le temps pour lui parler de ce qu'il leur arrivait, de cette situation. Lui dire :

" Oui, ben je ne suis peut être pas chez les lapins nains, mais ça n'empêche pas que le blaireau que je suis, elle aime pas l'inconnu... t'as une idée dans quel pétrin on est... où tu nous as mis."

Tellement plus facile de rejeter la faute sur l'autre. Ca Isis elle était la championne inconditionnelle de la mauvaise fois, surtout quand elle se savait fautive. Parce que la jeune fille naïve savait bien que les soucis ben ca venait de son esprit tordu. A ne pas savoir ce qu'elle voulait son imagination faisait des siennes...

" A moins que ca soit la faute du thé... tu vois, on aurait du prendre luxure. Il n'y aurait pas eu de problème de nudité dans ce cas là... "

Mais vu la tête d'Egon, lui, ne pouvait pas entendre son monologue.

pense : et bouse de dragon... je ne veux pas entendre ses pensées, les miennes sont assez inintelligibles pour moi.

Alors, voilà, maintenant elle entendait les pensé d’Egon, enfin d’après son souhait. Et elle n’aimait pas du toute cette perspective. Elle se souvenait trop bien de la période au Jon pouvait lire dans sa tête… une horreur.


Mais son arrêt, ne fit pas qu'inquiéter son compagnon, mais également le Villac umuc.


- Il y a quelque chose qui ne va pas ?

Je voulais savoir où on était ? Vous nous avez dit que ce lieu se nommait Shalimance, mais on est sur une île, à priori. Comment ce monde, ce bout de terre ou milieu de nul part à été peuplé. D’où est venue votre civilisation, votre culte. Vous êtes euh... comme dite vous déjà, Villac umuc, mais je ne vois que des enfants autour de vous
Ils sont où leurs parents, les adultes. Vous n’este pas le seul dans ce cas… mais en même temps, tous ses enfants étaient étonnés et murmuraient des phrases sur notre vieillesse. Sans parler de notre nudité ou début de notre rencontre. C'est quoi cette histoire de blasphème, il n'a rien de répréhensible à être nu. Vous êtes bien nu à des moments de votre vie, c’est quelque chose de courant. Et euh…



Isis s’arrêta, ses phrases, ses questions n’avaient ni queue ni tête mais fallait que ca sorte. Que ca sorte car elle n’en pouvait plus du silence, de cette ascension sans réponse, sans parole. Elle avait besoin de vider son sac. Et dans ces cas là, ca sortit d’un coup.
Mais cela, était quelque chose de cohérent dans ce thé. Egon avait fait de sa paresse un lieu de repos et de désir. Isis en avait fait un lieu ou elle pouvait se réfugier à tout jamais dans ses peurs enfantines. Ne pas grandir, ne pas évoluer et prendre de l’assurance, ne pas assumer ce qu’elle était et qu’on lui pardonne tous ses faits et gestes. Rester à tout jamais dans ce cocon d’insouciance et de tendre naïveté, de caprice, de pudeur et de désir platonique. Tout avoir sans prendre de risque.

Voilà, le rêve d’Isis. Egon voulait un monde calme et sans complexité, Isis voulait un monde calme et sans grandir.

Mais le thé, avait une vertu que les deux gens allaient devoir affronter. Il permet de voir ce que l’on souhaite, mais oblige à faire face à ce que l’on voit. A dénouer les doutes et faire des choix.



- L’impatience d’une enfant malgré votre corps d’adulte. Rhianne, emmène Rhidow je dois parler à ces deux personnes. Seul.
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Ven 7 Sep - 23:27

Rhianne obéit en dardant le vieil homme d'un regard cauteleux. Elle se posait des questions et voulait des réponses immédiates mais Délos la mettait à part, or elle n'avait pas l'air de l'approuver. Plus tôt, sur la plage, elle semblait pourtant soumise aux directives de l'homme. Que craignait-elle vraiment? Ni Egon, ni Isis n'avait montré de signe d'agressivité. Etait-ce alors simplement parce qu'ils étaient adultes? Les questions et les interrogations fusaient dans les deux sens. Shalimancyans et sorciers étaient à égalité devant l'inconnu. Les deux enfants sortirent. Rhidow effleura une dernière fois la main d'Isis avant de se faire tirer par le bras, vers une salle latérale. Dans son regard le petit garçon donnait l'impression que les deux inconnus étaient des déités quand aux yeux de Rhianne ils étaient un danger. Le contraste était fort. Le vieillard se tenait dos à une porte qu'il ouvrit en deux temps, en actionnant une pierre gravée amovible, enfoncée dans le mur.
- Vos questions trouveront des réponses sur les murs du Cuarto Istorica. Je vous rendrai vos 'bouts de bois' quand vous aurez compris la situation dans laquelle vous vous trouvez.


L'Envie: Shalimance


Il poussa la porte.
- Entrez.

Egon passa devant. Il ne savait pas ce qui les attendait derrière la porte. C'était une façon de se prémunir du pire et de sauver son petit lapin nain en cas de danger. Mais rien de si périlleux ne les attendait dans cette étrange pièce qui ne contenait rien. Un sol et quatre murs dont celui de l'encadrement de la porte. Les hauts chandeliers de la salle éclairaient un spectacle ravissant. Egon ne put retenir un "non!" de surprise pour marquer son ébahissement. Il n'avait rien vu d'aussi beau depuis longtemps... A bien y réfléchir, il faut reformuler... En fait, il n'avait rien vu d'aussi beau depuis cette nuit * mais, avant cela, depuis longtemps.





Les quatre murs de plusieurs mètres de longueur et de hauteur représentaient une immense fresque qui narrait visiblement l'histoire de ce peuple enfantin qui les avait escorté jusqu'au temple. Le Villac umuc leur désigna le commencement de l'histoire en pointant du doigt un simple petit cercle dans lequel se tenaient deux sortes de poissons. On aurait dit deux fœtus grandissant dans des poches distinctes. Un des foetus était du côté d'un cercle vide et grand. Le second était du côté d'un cercle plus petit et plein.
- L'histoire commence ici... il y a plus de 5500 ans quand deux enfants naquirent, pour l'un, du mariage de la lune, de l'air et de l'eau et pour l'autre de l'union du soleil, de la terre et du feu. Ces deux enfants étaient les enfants des Eléments naturels...

Le vieillard marchait au fur et à mesure qu'il racontait aux deux adultes, désignant certaines illustrations de la frise à la peinture presque intacte malgré son ancienneté. Ainsi, Isis et Egon apprirent l'histoire de Thiam Phucci, l'île aux enfants éternels.

Les deux enfants se nommaient Rosà et Umbrès. Ils crûrent en 28 jours pour atteindre la taille et l'esprit d'enfant de dix ans. Ils vivaient nus, comme autrefois en l'Eden, l'Eve et l'Adam des chrétiens. Le temps passait et petit à petit ils apprirent à vivre par leurs propres moyens et atteignirent leurs années d'adolescence. Lui chassait pour la nourrir, combattait sans peur les bêtes les plus extraordinaires qui peuplaient ce lieu mirifique. Il arpentait l'île farouche pour trouver à Rosà des sources d'eau pure, des feuilles et fleurs à mettre dans ses cheveux. Elle s'occupait de lui, de son bonheur, le soignait quand il était blessé par la chasse, s'évertuait à garder un certain équilibre dans le tempérament inconstant de son compagnon... En effet, Umbrès était un nerveux et tout ce qui était sauvage autour d'eux et qui pouvait mettre en péril les jours de Rosà, l'était toujours moins que le caractère d'Umbrès lorsqu'il s'enflammait. Et c'était bien le cas de le dire. Le fils du feu et la fille de la rosée. Ils comprirent très vite que les créations naturelles et surnaturelles, que l'équilibre du monde autour d'eux, dépendait de l'équilibre de leur relation. Quand Umbrès était fâché, le ciel devenait orage ou au contraire, le temps était aride. Quand Rosà pleurait, la pluie tombait sans fin ou la glace se déchaînait sans fin.

Dans l'année de leurs dix sept ans, Umbrès confia à Rosà qu'il ne se sentait plus le même quand il la voyait. Son corps réclamait celui de Rosà d'une façon qu'il avait du mal à domestiquer. C'était la raison de tous les orages qui s'abattaient sur l'île ces derniers temps. Il refoulait beaucoup de ces impressions étrangères et des rêves qu'il faisait. Notamment ceux où il se voyait lui faire du mal. La faire saigner de l'intérieur. Il ne se comprenait plus car jamais il n'aurait envisagé de meurtrir Rosà. Il ne lui avait toujours voulu que du bien.

Rosà, en échange lui confia qu'elle rêvait aussi de lui, toutes les nuits. Elle lui dit en rougissant qu'il en devenait douloureux de dormir à côté de lui mais pire encore était l'idée de dormir loin de lui. Ses songes lui montraient des gestes que son propre corps réclamait à Umbrès. Quand il la touchait ou la prenait dans ses bras pour traverser la rivière, elle ressentait une chaleur inconnue dans le bas de son ventre et s'imaginait qu'il ne la lâcherait plus.

Leur questionnement eut une réponse quelques semaines plus tard lorsqu'à la suite de six jours entiers d'orages, de cyclones, de tempêtes et autres instabilités météorologiques, Umbrès succomba à son envie de poser sa bouche sur celle de Rosà. Loin de l'apaiser, cela le consuma. Il en voulait plus et elle aussi. Il la voulait jusqu'à en profaner son corps. Rosà lui montra les gestes de ses rêves mais elle ne montra aucune crainte lorsque son alter ego entra en elle. Certes, elle saigna. Ce sang bénit le sol de l'île mais elle n'avait pas souffert et ce n'était pas la mort que représentait cette blessure. Au contraire, c'était la vie. Plusieurs mois plus tard.

Dès que Umbrès ou Rosà voulaient apaiser le désir qu'ils avaient l'un pour l'autre, ils ritualisaient les premières caresses et les complexifiaient. Un matin après maintes douleurs, Rosà mit au monde deux enfants identiques. Ils leur donnèrent un nom pour les identifier, de la même façon qu'ils s'étaient eux-mêmes nommés quand ils eurent dix ans. Messunc et Gabor grandirent en 28 jours. Le temps passa et les deux frères éprouvaient beaucoup de jalousie l'un pour l'autre. Jalousie pour leur force, en essayant de déterminer lequel était aussi puissant que leur père, pour un jour le surpasser. Jalousie aussi pour l'amour de leur mère, qu'ils se mettaient à courtiser comme ils voyaient leur père le faire et comme ils l'enviaient d'avoir le droit de le faire. Ils finirent par s'entretuer pour l'amour de leurs parents. Rosà en fut tellement triste qu'elle pleura sans discontinuer pendant 27 jours et, le 28ème jour, Umbrès lui proposa de faire à nouveau des enfants mais de les empêcher de grandir et d'atteindre l'âge où les Secondes Pensées travestissent leur nature. Ils devaient rester les plus vieux et continuer de contrôler l'équilibre des choses qui existaient sur cette île. Rosà accepta. Les deux adolescents créèrent une incantation unissant leur magie afin d'empêcher toute future naissances de vieillir au-delà de ses 12 ans. Au-delà de l'âge où le corps était formé à concrétiser les sentiments amoureux.

Les siècles passèrent, ni Umbrès ni Rosà, uniques en leur genre, ne vieillirent jamais après le serment qu'ils se firent de garder une stabilité parfaite sur l'Ile de Thiam Phucci. Leurs nombreux enfants élevèrent des habitations, des constructions, des chaussées. Il en naissait un à la moindre affection qu'elle délivrait à Umbrès ou au moindre lapement qu'il faisait échouer sur sa peau. Un baiser? Et un enfant naissait dans le contrebas d'une rivière. Une étreinte? Et trois nouveaux enfants voyaient le jour dans la coque d'une noix de coco. Des races nouvelles apparurent: on les nomma elfes, lutins, sirènes, pitiponks, gobelins, nifleurs, fées... ils provenaient du mélange de certains éléments, de certaines créatures extraordinaires. Mais tout ce qui fut du genre humain ne dépassait jamais les 12 ans. Chaque enfant le restait éternellement et mourrait enfant.

Avec le temps, certains trouvèrent injuste de ne pouvoir continuer d'évoluer pour avoir le corps de Rosà et Umbrès. Pour éviter les jalousies, les deux entités se vêtirent pour la première fois. Et parce qu'ils étaient le modèle de tous ces enfants, ces enfants les imitèrent et à mesure des siècles qui passaient, le vêtement devint obligatoire. Ils s'organisèrent en communauté et élevèrent les murs de la cité de Shalimance et de son peuple. Les créatures qui n'étaient pas du genre humain devaient rester en dehors des murs de la ville. Se sentant lésées, plusieurs quittèrent l'île à la recherche d'autres terres. Rosà et Umbrès durent déployer beaucoup de leur énergie pour protéger ces voyageurs où ils allaient. Les deux adolescents millénaires se sentaient responsables de leurs inventions, où qu'elles aillent. Eux-mêmes ignoraient les limites du monde qui s'étendait au-delà de l'île. Ils transmirent alors une partie de leur pouvoir à ces créatures expatriées dans le but qu'elles protègent les autres, parfois plus faibles, et la nature des lieux où ils iraient. Umbrès et Rosà accordèrent en premier lieu ces facultés à ceux qui étaient les plus proches des hommes: les elfes. Plus tard les elfes les transmirent à des humains.

La pression des enfants de plus en plus nombreux devint telle que la femme Rose et l'homme Ombre décidèrent de suivre des créatures immigrantes et de parcourir les frontières pour découvrir le monde et ce qu'il offrait. Ils ne revinrent jamais et laissèrent les enfants. Toutefois, Rosà et Umbrès, qui dans leur voyage et à travers les millénaires suivant avaient déployé des capacités encore plus grandes, transmettaient continuellement aux enfants de l'île des connaissances nouvelles pour développer leur langage, leur compréhension de l'agriculture, de la chasse et des industries. Il y eut des lois strictes et il fut interdit de se montrer nu et de susciter le désir ou l'instinct de reproduction. Umbrès et Rosà devinrent des sortent de Dieux aux yeux de ce peuple qui en paraissait douze au maximum mais qui en avait bien 300 en vérité. Aujourd'hui, le plus vieil enfant de Thiam Phucci était âgé de 470 ans et c'était Rhianne.

De siècles en siècles, La Rose et L'Ombre ouvraient l'île à des inconnus de passage, en se fiant plus aux hasards qu'à un recrutement de volontaires venus d'autres terres et d'autres espaces. Leur mission était d'apporter les héritages des Terres du Monde. Mais cela n'était plus arrivé depuis 150 ans. Depuis Délos et Miwa. Or Délos devenait vieux, sa santé faiblissait.




Egon, Isis et le Villa umuc avaient fait le tour de la pièce. Ils étaient pratiquement revenus au point de départ. Le vieil homme les regarda avec réserve et autorité. Egon n'aimait pas ce regard. Son pressentiment ne l'encourageait pas à sourire et, plus encore, il se retrancha derrière un masque neutre, ne réagissant à rien de ce qu'il entendait. Un long silence se fit avant que Délos parle à nouveau.
- Je suis arrivé sur cette île avec Miwa, l'amie de ma défunte soeur, quand j'avais quinze ans et elle, treize ans. Nous sommes très vite devenus un objet de curiosité: nous étions formés. Bientôt adultes. Selon leur tradition, nous dûmes agir sur divers aspects politiques de l'organisation des enfants, habiter Shalimance au palais que voici, transmettre les connaissances d'un millénaire d'histoire du monde extérieur et aussi, leur donner de nouveaux habitants... mettre au monde de nouveaux enfants pour continuer de peupler Thiam Phucci... J'ai 15 enfants. Nous en avons eu jusqu'à ce que le corps de Miwa ne puisse plus les concevoir. Les Shalimancyans ont vécu plusieurs épidémies qui les ont décimé. Avant Miwa et moi, ils n'avaient eu aucun adulte depuis près de 1000 ans. La Rose et L'Ombre les ont oublié... ou alors ils sont morts et ils n'étaient pas des divinités...

Egon coupa froidement mais parla lentement.
- Il est hors de question que nous restions ici ou que nous repeuplions votre île.

Le jeune homme cessa de marcher sur les talons de Délos et recula d'un pas. Il rapprocha Isis de lui pour la garder à portée. Le vieil homme fit mine de ne pas l'avoir entendu mais calma Egon en arborant les baguettes devant lui comme s'il allait les briser. Il n'en fit rien et termina son récit.
- Et je devins le Villac umuc car je vieillissais. Miwa l'est elle aussi mais elle est mourante à présent. J'apporte la voix de la morale et de la nouveauté. Je suis leur arbitre, leur justice, le porte-parole de Rosà et Umbrès s'ils ne sont pas légende... Et je dois dire qu'à mon arrivée, je ne me suis pas trop posé la question. Faute de choix: c'était devenir leur chef ou mourir. Je n'avais rien ailleurs... Nos familles sont mortes sur un bateau transportant des esclaves. Un orage... le bateau a coulé. Miwa et moi avons pu fuir sur une barque puis nous nous sommes échoués ici. Il y a donc 150 ans.

Les yeux de l'ancien Gryffondor dévalèrent la silhouette du vieil homme pour retomber sur leurs baguettes qu'il avait toujours à la main. Que voulait Délos s'il se doutait qu'il existait un monde extérieur? Savait-il qu'ils étaient sorciers ou même que les sorciers existaient? L'histoire collait parfaitement avec celle de leur propre monde... "Sommes-nous dans un rêve? Sommes-nous dans un rêve?" martelait l'esprit d'Egon.
- Depuis six mois, les nuits et des jours sont inconstants, les créatures changent et ce n'était plus arrivé depuis des centaines d'années. Et comme un fait exprès, vous voilà. Est-ce une épreuve que nous infligent L'Ombre et La Rose pour nous punir de quelque chose? Etes vous leurs... nos successeurs? se reprit-il méfiant.

Ni Egon ni Isis n'eut le temps de répondre. Le dernier souvenir d'Egon était qu'il entourait Isis de ses bras en lui protégeant la tête tandis qu'une horde d'enfants, menés par Rhianne, débarquait dans le Cuarto Istorica. Un enfant avait assommé le vieil homme et d'autres avaient dû faire la même chose avec les deux sorciers.
- S'il blasphème à son tour, nous n'avons plus besoin de ce Villac umuc! Enfermez les tous les deux mais ne les blessez pas! Je veux savoir pourquoi ils se font passer pour les incarnations de l'Ombre et de la Rose. Ce sont d'indécents imposteurs! Des païens! Si Miwa a dit vrai alors nous sommes en danger! Nous devons les tester! S'ils ne sont pas les Iccam de L'Ombre et La Rose alors nous les jèterons aux Golemeth!!

Spoiler:
 

(edité à 20:28, heure du forum: images, ortho, et fin du message)


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Sam 8 Sep - 14:04

Une petite main vint caresser la joue d'Isis. Elle était hésitante mais sincère, un peu apeuré aussi. Rhidow fit un sourire de soulagement quand "sa belle dame" comme il l'a surnommé ouvrit les yeux.

Il plaqua sa main sur sa bouche, et lui murmura sérieusement.


- Ne parle pas... Rhianne va être très fâché si elle me trouve ici. Elle m'a interdit de venir vous voir. Tu me promets de pas me faire de mal ?

Isis hocha la tête. Elle n'avait pas vraiment le choix. Et puis, elle aurait pu difficilement lui faire du mal dans l'état qu'elle était.


Depuis combien de temps elle était assoupie dans ce cachot, elle n'aurait pu le dire. Pas de fenêtre et pas de vie. La pièce était minuscule, seul un enfant pouvait se tenir debout. Et encore, il ne fallait pas qu'il soit très grand. La lampe que le petit Rhidow avait ramené projetait sa lueur sur les murs de pierre que formait leur prison. Une petit porte de métal était la seule issu possible.


Isis était attachée au mur comme les esclaves d'antan. De grosses pièces grossières de fer formaient leur chaîne. Egon était attaché du même attirail à l'exception prêt que ses jambes etaient aussi rattaché au mur ce qui le maintenait allongé sur le sol, alors qu'elle les avait libre.


Il était encore dans les vapes. Elle se souvenait vaguement de l'attaque des gnomes à courte jambe. Ils avaient frappé Délios puis s'en étaient pris au couple. Egon l'avait protégé mais le nombre et leur violence les avaient surpris. Elle n'avait rien, par contre, Egon était blessé à la tête. Du sang séché ornait son front.

Elle passa sa main sur son visage, essaya de voir si il n'avait rien d'autre. Priant pour qu'il n'ait rien d'autre. L'attache dont elle était prisonnière l'empêchait de loin de faire le moindre mouvement. Mais Egon venait d'ouvrir les yeux.

pense : Merci, il n'est pas mort.

Elle était soulagée mais cela était vraiment de courte durée. Rhidow profita du réveil du "monsieur tout fort" pour lui passer de l'eau sur le visage et enlever le sang qu'il avait.


- Rhianne, elle... c'est la plus vieille ici. La plus vieille des enfants, elle est encore plus vieille que le Villac umuc bien qu’elle soit toujours une enfant.

Il hésita, il avait la tête d'un enfant qui gardait un lourd secret, mais en même temps qui voulait l'offrir ce secret.

- Je l'ai jamais vu comme ça Rhianne. Je crois qu'elle a peur de vous... enfin je pense aussi qu'elle envie vos corps. Elle a toujours été jalouse de Villac umuc, elle ne l'a jamais aimé. Elle a toujours préférée la Villac umu.

Voyant l'air étonné d'Isis, il comprit qu'il parlait de chose qu'elle ne comprenait pas.


- Le Villac umuc est Délos, c'est notre Chef. Il vous a montré les fresques au palais. Aucun enfant à le droit de pénétrer dans cette salle avant son 100ème anniversaire et il n'a plus le droit d'y retourner après à part à quelques rares exceptions. C'est la loi. Moi, j'ai vu les fresques l’année dernière, j'ai 101 ans Smile ... Enfin, il vous a raconté notre légende, il vous a montré nos dieux, Rosà et Umbrès. Et il vous a expliqué pourquoi on reste toujours des enfants... ben Rhianne elle fait parti des enfants qui en veulent à Rosà et Umbrès. Elle voudrait avoir leur corps. Elle est jalouse de votre corps... et puis elle n'aime pas les garçons. Oh ça, non elle les aime pas. Elle n'a jamais aimé le Villac umuc, ni ces prédécesseurs. Jamais, elle en a peur mais elle ne l'aime pas. Et depuis que la Villac umu, Miwa est malade, Rhianne veux la remplacer. Miwa ne parle plus qu'à Rhianne. Et Rhianne elle devenu méchante.


Rhidow, il fit un mou très triste. Mais il reprit son sourire.

- Mais maintenant, elle va redevenir gentille et oublier ce qu'elle a en tête. Je sais pas ce que c'est mais tout va revenir comme avant, puisque vous êtes là.

Isis regarda Egon, puis Rhidow, puis Egon puis Rhidow. Elle devenait folle, maudissant ce thé et voulant retourner au jour précédent, dans leur chambre où seul leur désir avait sa place.


- Oui tout va revenir comme avant, et même mieux, vous êtes les nouveaux Rosà et Umbrès.


Isis exclama son étonnement mais le bruit fut étouffé par Rhidow.

- Chut, faut pas que tu fasses du bruit. Sinon, ils vont venir. Faut que je parte... si il y a des rondes, faites semblant de dormir, comme ça ils vous embêteront pas tout de suite. Faut aussi que vous vous reposer, surtout ça.


Et le petit garçon parti et scella leur cage derrière lui. Il avait aussi laisser de l'eau et de la nourriture pour les prisonniers.

Egon ne pouvait pas bouger, il devait rester allongé pour ne pas être blessé par les bracelets de fer qui le maintenait au sol. Alors Isis, essaya de se rapprocher de lui au maximum, à part atteindre son front du bout des doigts, elle pouvait difficilement faire plus
.


Dis-moi que tout ça est un cauchemar et qu'on va se réveiller tranquillement dans les bras l'un de l'autre et en rire de bon cœur.

Mais Isis doutait de plus en plus que ce lieu était un rêve. Comme doutait Egon avant l'embuscade des minis hommes.

Rosà et Umbrès... La rose et l'ombre. Depuis 6 mois, leur monde va mal, depuis 6 mois le calice de la Rose à été dérobé par Antares... il reste des enfants, La Rose et l'Ombre font à peine âgés de 16 ans. On est pas dans un rêve on est dans notre monde. Dans ce monde qui va mal, qui ne tourne plus rond qui...

Qui quoi... Isis ne le savait pas, mais le fait était que rien n'allait dans leur monde depuis la venu d'Antares. Oh, on pouvait sortir de chez soi, il n'y avait pas non plus cette peur aussi panique que l'on avait pu ressentir à la fin du règne de Voldemort... ni de celle de la Juge, mais le monde n'allait pas bien.


Tu penses que La rose et l'Ombre qui protége Poudlard sont ceux qui ont peuplé cette île ? Les Adam et Eve du monde sorcier ?Cela pourrait expliquer beaucoup de chose, mais pas pourquoi ils ne reviennent pas sur cette île. Et pourquoi ils envoient des Villac truc chose. Pourquoi ils préfèrent s'occuper d'une université au lieu de laisser des être de 450 ans dans un corps d'enfant.

Isis soupira de désespoir.

Si cela est réel, est la vérité. Ce n'est pas le calice qui est l'auteur des dérèglements comme l'indique certaine dépêche mais la maladie de la Rose. La fille da la lune, de l'air et de l'eau....


Mais nous, qu'est ce qu'on vient faire là-dedans ?



Que des questions rhétoriques. Isis se doutait qu'Egon n'avait pas les réponses. Il était comme elle, dans un monde inconnu ou toutes les questions pouvaient se poser. Elle les faisait à voix haute.


La porte s'ouvrit dans un grincement sonore. Une petite tête qu'Isis reconnu comme étant Anaelle, la troisième enfant qui les avait trouvés sur la plage, apparu.


- Quand le soleil réapparaîtra dans le ciel, Rhianne vous testera pour savoir si vous êtes bien les Iccams. Miwa dit qu'il reste 2 jours avant qu'il revienne dans les cieux. La nuit à jeter son dévolu sur nos têtes.


La petite fille enleva les chaînes des deux grands mais prit bien garde à refermer la porte à double tour. Ce que les deux gens ignoraient était que leur prison se situait au bout d'un immense labyrinthe de dédale ou seul quelques rares enfants connaissaient le chemin du retour.
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca faisait longtemps...   Dim 9 Sep - 10:02

Sur son front, Egon sentait les doigts d'Isis qui essayaient de l'atteindre. Rhidow avait apaisé sa blessure à la tête mais il avait toujours l'impression que quelqu'un tentait d'y introduire une baguette par la tempe. Il reprenait ses esprits, se remémorant l'histoire de Shalimance, après avoir écouté les paroles du jeune garçon qui resterait à ses yeux un jeune garçon, malgré son âge réel et son aspect de chérubin. Vivre une vie entière loin des problèmes et de l'expérience du monde n'avait jamais fait grandir. Vivre jour après jour dans l'attente d'être renouvelé par des entités providentielles, vivre dans un Etat crypto oligarchique *, vivre dans la dénégation perpétuelle d'une possibilité d'évolution, vivre sans faire l'amour, vivre en attendant de mourir frappé par une épidémie ou un accident de chasse, vivre et répéter leurs rites en attendant leurs rémissions... était-ce seulement vivre? Egon plaignait leur vie paradisiaque qui lui était similaire à 'un enfer pavé de bonnes inventions'. La Rose et l'Ombre avaient été cruels avec ce peuple de leurs enfants. Les Shalimancyans était d'inestimables objets qu'on enferme dans une boîte à secrets. Ils étaient sous cloche. Dans une boîte de pandore qui voudrait être ouverte, qui se transie dans la douleur de son impuissance et de son ignorance.

'Dis-moi que c'est un cauchemar' implorait Isis juste avant qu'Anaelle vienne les interrompre. Elle le soulagea de ses entraves puis partit en refermant la porte. Dès qu'il avait repris conscience, Egon aurait aimé se relever pour prendre Isis dans ses bras mais enchaîné comme il l'avait été, il s'était senti comme chacun de ces enfants: impuissants, les yeux levés vers le ciel à l'affût du moindre mouvement pour être délivré. Le pire dans tout ça, c'est qu'il avait failli à sa promesse. Il voulait la protéger, qu'il ne lui arrive rien. Peut mieux faire. C'est certain... Dans quelques jours, elle risquait de devenir l'abeille nourricière d'une ruche en perdition.

Il n'attendit pas longtemps avant de prendre Isis dans ses bras, lui toucher la tête, prendre ses joues entre ses mains et l'embrasser plusieurs fois, autant pour montrer son soulagement de la savoir entière que pour s'excuser de n'avoir rien pu faire.
- Pendant deux jours, rester ici...

Le premier jour, Egon n'avait quasiment pas parlé. Allongé dans la cellule si petite, les yeux rivés aux pierres du plafond, il avait réfléchi. Quand un des enfants venait, on pouvait très vite savoir à quelle tendance il appartenait: parfois le gamin regardait Isis ou Egon avec envie, laissant s'échouer ses petits yeux curieux sur la poitrine et le visage d'Isis, le ventre ou les épaules et les grands bras d'Egon, espérant creuser à travers leurs vêtements avec son regard avide pour voir l'Homme et la Femme. Parfois, l'enfant qui entrait pour leur apporter de l'eau ou un repas, n'osait même pas les regarder, les approcher. Il repartait sans un mot ou sans une question, visiblement effrayé.

Le deuxième jour, Egon expliqua enfin ce qui lui trottait dans la tête. Il partagea à Isis ce qu'il pensait de la volonté des enfants ou ses hypothèses sur Rosà, Umbrès, L'Ombre et La Rose. La question la plus simple qu'avait posée Isis était 'Et nous que vient-on faire là dedans?' C'était assez flagrant.
- Ils veulent savoir si nous sommes les remplaçants de leurs Villac... Ils veulent qu'on leur donne d'autres habitants, qu'on les éduque et les dirige.

Egon se releva de sa stature allongée et s'assit en tailleur, en face d'elle. Les yeux droits dans les siens, il poursuivit d'une voix dure.
- Je n'ai rien contre toi, ou plutôt, je dirais que c'est plutôt sympa d'être contre toi. Mais pas de là à avoir 15 enfants et à en éduquer cinquante autres, or quelque chose me dit que toi non plus. On doit retrouver nos vies, Jon, tes cours, ton elfe tout strange, Baten, l'asso... Natacha... si tout ceci n'est pas un songe et que le thé de Tourdemain a agi comme une sorte de portoloin gustatif, on doit avertir L'Ombre et La Rose que leurs enfants souffrent de ne pas avoir le droit de grandir, si la Rose est malade, peut-être que le remède se trouve ici, où tout à commencé. Il doit y avoir une raison pour laquelle ils sont tous reclus sur Shalimance. Soit on l'apprend à nos dépens, soit c'est par tradition ancestrale et nous n'y pourrons rien mais ça ne sera pas pour autant que nous devrons jouer au papa et à la maman, soit on se tire le plus vite possible sans chercher à savoir ². Le temps passe au ralenti ici. Tu as vu? Délos dit avoir 165 ans il en parait soixante... Pour un sorcier, je veux bien mais pour des moldus...

Avec un geste affectueux, Egon se rapprocha d'Isis et lui caressa tendrement la joue. Sa voix devint plus tendre. Le lendemain matin Rhianne viendrait les chercher pour procéder à son évaluation... Et s'ils échouaient? Pire... Et si Miwa décrétait qu'ils étaient leurs successeurs?
- Il faut grandir, affronter la vie... quelque part en moi, j'aimerais bien rester ici les 150 prochaines années à te faire l'amour comme c'est pas permis, à diriger un endroit merveilleux et illusoire sans soucis de gagner ma vie ou de l'améliorer, sans essayer de me battre pour retrouver ma vie d'avant. Vie qui n'a vraiment rien de folichon de surcroît. Mais il y a aussi les copains, ma famille, les enfants de l'orphelinat...

"Et mes souvenirs avec Deneb. Je ne veux rien effacer. Je veux récupérer ma baguette, me battre et partir d'ici."

Spoiler:
 


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