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 L'Intouchable

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AuteurMessage
Mélusine McEwan
● Magic Touch ●

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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Mer 20 Avr 2011 - 23:39

"La prochaine fois, Penn, met du rose..."

Crachant à moitié ses poumons pour avoir couru quinze mètres, Mélusine tentait désespérément de reprendre son souffle. Elle avait les joues rouges, les cheveux en vadrouille et l'air un peu ahuri d'un poisson qu'on aurait sorti de l'eau. Mais il en aurait fallu plus pour lui faire perdre contenance. Rien de tel qu'une petite pique pour la remettre d'aplomb. Enfin, presque.
L'air hivernal lui brûlait la poitrine à chaque inspiration mais elle fit celle qui ne se rendait compte de rien. Et puis, dans la question de Leonhart, teintée de scepticisme, Mélusine avait entendu la réputation d'Althéa l'appeler au secours.


"Tu en connais beaucoup des Althéa, toi?"

Une manière comme une autre de répondre à sa question, tout en y glissant une pointe de provocation.
Il ne lui vint pas un seul instant à l'esprit que le carnet d'adresse de l'Anglaise puisse être mieux rempli que le sien et que, si, peut-être , connaissait-elle beaucoup d'Althéa. Althéa la maquilleuse. Althéa la décoratrice. Althéa la doublure. Althéa la cascadeuse. Althéa l'habilleuse. Althéa Tout-le-monde. Althéa Personne.
Pour elle, il n'y en avait qu'une au monde et c'était la sienne. Les gens qu'elle aimait gagnait le monopole de leur prénom. Ainsi n'y avait-il qu'un seul Elliot ou qu'une seule Isis. Leurs homonymes étaient des faux, des doublures. Des usurpateurs. Dans le cas présent, Althéa ne pouvait qu'être une jeune femme de vingt-deux ans, rousse, un peu folle, à l'enthousiasme contagieux et au port altier.
Oh, elle avait bien compris que la question traînait derrière elle son lot de sous-entendus. Pourquoi Althéa? Pourquoi un paquet? Mais quand elle le voulait, Mélusine pouvait être très dure d'oreille. Une nouvelle quinte de toux, secouant sa maigre carcasse, l'empêcha de prononcer le mot de trop. Du genre à faire déborder la mauvaise humeur.

Elle en connaissait beaucoup des Althéa?
A ces mots, Leonhart ne sent plus de joie et pour montrer sa belle voix... Elle s'empourpra tandis que ses yeux virèrent au glaçon. Le contraste était saisissant. Pas franchement confortable à affronter mais intéressant à observer.


" Non, je n'en connais qu'une à qui je me souviens très bien avoir mis mon poing dans sa figure."

"Ah... Alors, on doit parler de celle-là"

Et Mélusine de pondre son meilleur sourire provocateur. Elle avait beau être en train de s'étouffer toute seule, ça n'était pas une raison pour négliger ses tendances relationnelles. A ce moment, il n'y avait rien d'autre entre elles deux que la haine farouche et le mépris constant de l'autre qui les avaient animées pendant leurs années d'étude. Leonhart descendit un étage plus bas en direction des fermetures glaciales. Même Penn parut hésiter entre reculer d'un pas et intervenir avant que la situation n'échappe à tout contrôle. Il finit par s'immiscer entre les deux jeunes femmes et happa Leonhart du regard. Exclue de cet échange visuel, Mélusine eut tout loisir de regarder leur ensemble. C'était une impression étrange. Il y avait les mots d'un côté mais, plus important que le parler, l y avait le voir. Elle aurait donné cher pour avoir un aperçu des regards qu'ils s'échangèrent. Mais elle n'était pas masochiste au point de faire le pas nécessaire pour être bien placée. Elle était presque certaine qu'elle gagnerait son propre coup de poing et il se trouvait qu'elle tenait beaucoup à son nez. Certes, elle ne le trouvait pas trop mal fichu mais surtout, il lui était bien utile. Et, avec des morceaux de cartilage plein les narines, l'odeur du jus de citrouille devait perdre en saveur.

- Charlotte, c'est bien d'Althéa Belrin que je parle mais... Je... Je t'expliquerai.
" Tu m'expliqueras quoi ?"
- Je...
"Réponds-moi Ene. Qu'est-ce que tu as à m'expliquer ? Pourquoi tu es parti comme ça au beau milieu d'un attentat pour aller chercher un cadeau pour Belrin ? Qu'est-ce qu'elle..."


Petit regard sauce assassine dans sa direction.
Sourire innocent tendance moqueuse en retour.

"...fout à New-York et pourquoi vous étiez à deux devant le White Rabbit ? C'est tout ça que tu vas m'expliquer Ene ? Parce que oui, effectivement, j'aimerais bien qu'on arrête un peu de me prendre pour un troll et qu'on m'explique. Et ne me dis pas que vous faisiez du shopping !"

Tiraillée entre l'amusement (qu'est-ce que Leonhart pouvait avoir la tête dure, parfois) et la contrariété (elle n'était pas sûre d'aimer le tournant que prenait la conversation et surtout, elle ne voulait pas que Penn se soumette aux caprices de mademoiselle et lui raconte tout. Surtout que ce "tout" était peut-être plus riche en informations que ce qu'elle-même avait pu extirper d'Althéa. Et puis, et puis... Et la vie privée dans tout ça?), tiraillée dans deux directions, donc, Mélusine avait le regard ping-pong. Ping. Penn. Parlera? Parlera pas? Pong. Leonhart. Explosera? Explosera pas? Ping. Pong. Ping. Pang. Pang, c'était elle.


"T'es détachée du Bureau de Aurors? De un, je fous ce que je veux à New-York. De deux..."

De deux, l'épisode Althéa ne la regardait pas. Elle aurait détesté que son propre cousin lui arrache les vers du nez. On avait tous droit à ses petits secrets. Et elle était bien déterminée à protéger celui de son amie. Mais Penn?

"Je me fous de savoir ce que tu es venue faire à New-York ! Tu n'as pas encore compris que je me fous de tout ce qui peut te concerner, même après toutes ces années ? Si ça m'intéresse c'est uniquement parce que ça t'a mêlé à mon cousin. Quant à toi.", enchaîna-t-elle en se tournant vers Eneas. "Tu me dois des explications. On en rediscutera et tu "m'expliqueras". Pour l'heure j'ai ma dose. Je retourne à la Tour."

'A ton avis, c'est quelle partie qui nous a échappé dans "Qu'est-ce qu'elle..." - c'est-à-dire toi, "fout à New-York?"...?'

Bonne question.
Trop tard pour la poser, néanmoins, quand seul le dos de Leonhart pourrait lui répondre.
C'était peut-être tant mieux, songea-t-elle, en la regardant s'en aller, perplexe. Perplexe face à son propre ressenti de la situation. Quelque part, elle n'avait plus tant envie de se battre avec elle. C'était dû au gros ventre qui l'handicapait, se rassurait-elle. A l'avenir, tout rentrerait dans l'ordre et il n'y aurait plus ce malaise léger mais persistant, qui lui échappait à chaque fois qu'elle tentait de mettre le doigt dessus. Penn la tira de ses réflexions avant qu'elle ne sombre dans une amertume nostalgique de l'
avant. Son visage s'était fermé comme une porte de prison et son air était à la hauteur de celui de Leonhart un poil plus tôt. C'était ce qu'on appelait un air de famille.

- Tu lui donneras ça pour moi, mais répète-lui bien que ça ne change rien. Maintenant excuse-moi, mais j'ai une cousine à rattraper et à calmer. J'espère bien ne pas te revoir si c'est pour foutre une telle bouse autour de toi. McEwan.

Le temps de relever les yeux du petit paquet qu'elle tenait désormais entre les mains et Penn tentait de rejoindre l'horizon, dans l'axe Mélusine McEwan-Charlotte de Lansley.
A voix basse, puisque personne n'était plus là pour l'entendre, Mélusine maugréa:


"Mouais. C'était un plaisir aussi."

Pestant intérieurement contre sa journée qui ne ressemblait définitivement pas à ce à quoi elle aurait dû ressembler, la jeune femme se demanda comment diable elle allait bien pouvoir annoncer ça à Althéa. Que le type qu'elle aimait toujours n'était qu'un crétin. Non, elle ne pouvait pas lui dire ça. Mais elle ne savait pas non plus très bien mentir. Merlin, qu'est-ce qu'elle se sentait fatiguée....! Maintenant que les deux ex-Verts avaient disparu du tableau, elle s'autorisait à montrer signe de faiblesse. Elle ne pouvait plus empêcher ses jambes de trembler et ses poumons lui faisaient un mal de chien.Chaque quinte de toux lui donnait l'impression d'expulser non pas de l'air mais la moitié de ses bronches et la tête lui tournait comme jamais. Foutus moldus! Foutues bombes! Et foutu attentat! A tâtons, elle chercha un banc, un quelque chose sur lequel s'appuyer. Le quelque chose fut un quelqu'un qui lui prêta obligeamment son épaule le temps que le monde arrête de tourner. Mais le monde n'arrêtait jamais sa course, pas vrai?

Le quelqu'un à l'épaule plutôt confortable lui suggéra de faire un break et de se reposer. Elle s'effraya un instant à l'idée qu'il fut legilimens et ait été se payer un petit tour gratuit dans sa tête, mais il était seulement observateur. Avec un kilt à moitié déchiqueté, on ne donnait sans doute pas l'impression de faire une petite promenade de santé. Il lui indiqua un endroit à quelques rues de là, où elle trouverait certainement à se loger. Tant qu'elle n'atterrissait pas dans le même hôtel que Leonhart... Mais le sien s'appelait Apple's Youth Hotel, pas The Tower, alors tout était au mieux dans le meilleur des mondes. Ce serait son escale le temps de se remettre d'aplomb. Elle avait vingt-quatre heures pour ça avant de rallier le Canada.

Allongée sur son lit minuscule, aussi minuscule que les prix pratiqués par l'auberge, Mélusine s'essayait à la procrastination, sans grand succès. Alors qu'elle aurait pu se projeter dans l'avenir, elle ressassait sa récente rencontre avec Leonhart. Tant qu'elle avait été en sa présence, elle aurait juré que leur relation était à l'égal de celle d'autres fois. Ou presque. Mais, une fois loin d'elle et de ses propres réactions épidermiques, délestée de sa haine farouche, elle était... bêtement et banalement jalouse. Envieuse.
Leonhart était ce qu'elle ne serait jamais.
Elle avait ce qu'elle n'aurait jamais.
C'était une évidence et elle ne l'avait jamais frappé avec autant de force.
Dans sa fatigue teintée, de spleen, elle lui enviait tout, tout ce qu'elle n'avait pas, de son alliance à son ventre plein de vie, jusqu'aux cernes qui ourlaient ses yeux … et même sa boîte de macarons.

Elle était sans nouvelle depuis près de trois semaines.
Néanmoins, s'il fallait être pour avoir, elle renonçait à avoir.
Même pour lui, elle ne renoncerait pas à ce qu'elle était. Surtout pour lui.

L'après-midi durant, Mélusine s'abîma dans des pensées obscures et paranoïaques, oscillant entre des théories absurdes, des peurs inébranlables et des convictions erronées. Son imagination lui envoyait des images qu'elle n'aurait jamais pensé avoir un jour dans la tête.

Parfois, j'y pense. Parfois, ça m'élance. Ces images. Ces états. Ces ébats. Où toi, avec qui et comment. Ces autres qui m'ennuient. Ou celles que j'envie. C'est ma jalousie.*
Bêtement et banalement jalouse. Et elle détestait ça. Pas seulement à cause de la source de sa jalousie. Elle détestait ce sentiment. Elle s'y vautra quelques heures, alors que le sommeil la frôlait sans jamais la saisir. Quand, enfin, elle sombra, ce fut avec la promesse qu'elle se fit de ne plus jamais se laisser aller à ce genre d'émotions. A son réveil, elle avait presque oublié comment elle avait pu être faible au point de se vautrer dans une mélancolie de ce genre. Presque.

A son réveil, de toute façon, Mélusine avait à faire. Plus de place aucune pour les égarements émotionnels. On était déjà demain et demain avait inscrit au programme un saut au Canada où elle devait récupérer Kyle Young, résistant en transit pour l'Ecosse. Les 17 et 18 janvier furent consacrés à cette mission-là, à résumer en quelques mots. Meeting officieux. Rapides visites. Cela ferait l'objet d'une autre histoire.

18 janvier au soir.Alors que le voyage du retour se préparait pour le début de semaine suivante, un hibou, épuise et fébrile, vint la visiter, porteur d'un court mot d'Emmett.

'Emmett?'

Emmett.
Un rendez-vous fixé dans la soirée. Mais en Thaïlande. Ce qui faisait que sa soirée actuelle était la matinée de là-bas... Ou bien était-ce le contraire? Les décalages horaires et elle, ça faisait deux. Emmett. Un Rendez-vous. Accompagnés d'un sentiment étrange qui la convainquit qu'elle ne pouvait décliner l'invitation. Sauf qu'elle avait un canadien à rapatrier. Et pas l'endurance pour un transplanage à deux jusqu'en Écosse. Elle avait à peine quelques heures pour se trouver une solution.
Demander à Kyle? Hors de question. Une affaire de fierté mal placée. Il ne serait pas dit dans la résistance qu'elle était incapable de mener à bien une mission. Elle avait trop donné, s'était trop investie depuis plus de deux ans, pour prouver qu'elle avait sa place dans le mouvement. Alors, non, ça n'était pas à son contact de faire le boulot à sa place. Il y avait certainement une autre option.
Comment ses neurones parvinrent-ils à cette conclusion bizarre? Nul ne le saurait. Même elle ne parvenait pas à comprendre comment elle pouvait en être réduite à cette extrémité. Tout en étant dans l'incapacité de trouver une autre alternative. En moins de quelques heures, elle était supposée récupérer ses affaires qui trônaient au Apple's, déposer Kyle en Ecosse, se rendre à peu près présentable et honorer un rendez-vous impromptu avec Emmett à l'autre bout du monde. Alors que les résidus de l'attentat la privaient encore des capacités nécessaires pour un transplanage de grande envergure. Elle en avait fait l'essai alors qu'elle se refusait encore à admettre que la solution envisagée était la seule. Elle avait transplané en solitaire, à dix mètres de là et avait eu du mal à s'en relever. La solution envisagée s'imposait à elle de façon grandissante: elle devait recourir aux services de la SITE (la Société Internationale de Transplanage d'Escorte). Pour cela, elle avait besoin d'argent. Et son orgueil l'empêchait de piocher tout sourire dans la caisse de la Résistance Canadienne. Ou de s'en remettre à Kyle, qui ne connaissait leur destination que de nom. Son seul contact sur place (ou presque...) restait Leonhart.

Pourquoi cette conclusion bizarre?
Ses yeux étaient tout simplement tombés sur Leonhart herself. Dans un coin de leur chambre, le GMC de Kyle (ou de qui que ce soit) reposait ouvert. Et, nerveuse, Mélusine faisait tourner sa baguette entre ses mains, envoyant gicler des étincelles de-ci, de-là. Le grimoire s'était animé, comme empli d'une vie propre. Et l'image de Leonhart était apparue. Pour de vrai.
Après que son orgueil et son sens du devoir se furent battus en duel, et que le temps qui défilait vienne donner un coup de main à sa conscience, envoyant sa fierté au tapis, sa résolution fut prise. Inébranlable. Elle irait donc trouver Leonhart. A New-York.
En silence, Mélusine échafauda des plans pour la retrouver dans la mégalopole. Mais sa mémoire la concernant était sélective, ne reniant pas les bonnes habitudes. Elle avait pourtant la certitude d'avoir une clef, un indice qui lui indiquerait où la trouver, dans tout ce que l'ex-Serpentard avait laissé échapper. Mais ce quelque chose restait à la lisière de sa portée, lui échappant sans cesse et la narguant.
La jeune femme se retrouva alors à faire ce qu'elle pensait ne jamais au grand jamais faire: effectuer une recherche sur Charlotte Leonhart via GMC. Épargnons aux âmes sensibles les commentaires intra-mentaux que lui arrachèrent ses recherches et ses découvertes. Il y avait beaucoup de grand n'importe quoi. Beaucoup de photos aussi. Des photos d'elle. De
leur couple. Il ne lui en fallait pas beaucoup pour replonger dans ses travers du 15 au soir. Mélusine serra les dents et les affronta du regard. Défi. Même pas peur. Même pas mal. Et, enfin, l'information qu'elle recherchait. Madame était l'égérie toute nouvelle, toute belle, toute enceinte de Heaven. Amour, Gloire et Beauté. Passons. Pas plus de commentaire. C'était préférable. Elle garderait ses cogitations peu amènes pour elle-même.

Une courte nuit où elle ne dormit presque pas. Un réveil en bataille où elle se révéla d'une humeur massacrante.
Hop! Hop! Hop! On pliait bagage!
Kyle, un peu perplexe devant ce besoin urgent de retourner à New-York, accepta bon gré mal gré de l'y amener. Il y avait fait quelques escales touristiques avant que la guerre ne commence.

Une fois à la Grosse Pomme... Mettre son amour-propre de côté, s'enquérir du chemin le plus court jusqu'à Times's Square.
Et faire le poireau, le nez droit, la tête fière, à attendre Leonhart.

Une ombre passa près d'elle. C'était même une moitié d'ombre tellement elle était maigre. Bien plus maigre que Mélusine, en l'occurence, ce qui aurait alerter n'importe quel service de santé mais passons. L'ombre était stylé, fringuée avec ce genre de vêtement qu'on ne met pas pour aller manger un barbecue, maquillée à outrance (point de vue strictement personnel), le tout, avec l'air de celle qu'il ne fallait pas déranger et qui, surtout, était parfaitement à sa place. Quand elle s'apprêta à pousser la porte d'entrée, la certitude de Mélusine était faite: elle avait trouvé son messager.

Il ne lui fallut pas si longtemps pour la convaincre de porter un message, très court et simplissime, à l'intérieur.

*Ma jalousie ~ Bruno Pelletier.




« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
They told me I didn’t understand the assignment,
And I told them they didn’t understand life. »
John Lennon


Dernière édition par Mélusine McEwan le Lun 30 Mai 2011 - 20:17, édité 2 fois
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Ven 29 Avr 2011 - 0:53

- On vous demande.

~† Charlotte était en train de discuter avec le réalisateur des publicités, José Norriega, de ce qui avait été et de ce qui n'avait pas été dans cette prise. La scène n'était pas très compliquée et il n'y avait pas grand chose à revoir. Elle était en train de peindre un mur, baguette à la main - par miracle sa magie ne faisait pas des siennes aujourd'hui - quand la montre qu'elle avait au poignet se mettait à faire de la lumière et à lui donner une petite décharge. En vérité, c'était ça qui n'avait pas été durant la première prise. Elle avait été plus qu'étonnée par l'objet qu'elle portait au poignet... C'était une montre. Une montre magique faite spécialement pour la natalité. C'était un tout nouveau produit qu'Heaven lançait sur le marché mondial, uniquement pour les sorcières. La particularité de cette montre était qu'elle pouvait être programmée pour chaque grossesse. Elle mêlait technologie moldue et magie. Ce devait être l'un des premiers objets aussi perfectionné que voyait Charlotte. Avant la naissance, la montre affichait les principaux rendez-vous médicaux, les échographies et les séances de préparation à la parentalité. Ce genre de choses. Après la naissance, elle indiquait toutes sortes de choses concernant l'enfant. Ses besoins, ses biorythmes ou ce qu'il faisait. La montre pouvait même être programmée plusieurs fois pour les mamans qui avaient plusieurs bambins. C'était une véritable révolution mais Charlotte n'était pas sûre qu'elle adhérerait elle-même à un tel objet. A son sens, rien ne valait la véritable attention de la maman, il était dommage de devoir passer par une montre pour savoir quand changer son bébé... Mais pour les mères hyperactives, ce pouvait être très pratique. Bien sûr si on lui posait la question, elle dirait que cet objet était fantastique, mais à l'heure actuelle, elle ne pensait pas s'en procurer un quand son bébé serait né.

Peu importait, elle n'était pas là pour donner son opinion sur le produit mais pour bien le présenter, montrer son utilité afin qu'il soit vendu et que ce soit un succès. Cela avait cloché pour la prise qu'ils venaient de faire parce qu'elle n'avait pas du tout connaissance de la technologie moldue, aussi n'avait-elle jamais vu une montre "clignoter" ni n'en avait senti une "vibrer". C'était assez étrange et cela l'avait déconcentrée. Ce qui avait fait sourire pas mal de monde dans le studio... Bref, maintenant qu'elle savait à quoi s'attendre avec l'objet, cela irait mieux et, après l'avoir senti vibrer et avoir lu sur le cadran que la sieste était finie, elle pourrait tranquillement aller chercher dans la pièce voisine le beau bébé de 18 mois installé dans un berceau et qui était censé lui faire un grand sourire quand elle le prendrait dans ses bras. La montre se remettrait à vibrer et clignoter pour cette fois indiquer qu'elle en était à son huitième mois et lui rappeler qu'elle avait une échographie à faire. Le premier bébé contre elle, sa deuxième main viendrait se poser sur son ventre rond et fin de la première séquence. Sa mise au point avec José terminée, elle s'apprêtait à retourner sous les feux des projecteurs quand Lydia s'était penchée vers elle. On la demandait ?
†~


" Pardon ? "
- On vous demande à l'entrée. Une jeune fille rousse. Ca fait au moins quinze minutes qu'elle est devant les portes du studio...

~† Une jeune fille rousse qui avait décidé de venir l'enquiquiner jusque sur son lieu de travail... Charlotte n'en connaissait qu'une. Elle hésita quelques secondes, il fallait dire que sa dernière rencontre avec McEwan ne lui avait pas laissé un très bon souvenir. Entre l'attentat, sa présence qu'elle avait dû subir pour retrouver son cousin et les révélations qui en avaient découlé... Quand Charlotte était partie, furieuse, Eneas avait fini par la rattraper. Ils n'avaient pas dit un mot sur le chemin qui les avait menés à la Tour, l'un comme l'autre, mais cela n'avait pas suffi à les calmer, ni l'un ni l'autre. Cela faisait longtemps que cela ne leur était pas arrivé mais les deux cousins s'étaient violemment disputés. La dernière fois qu'ils avaient élevé le ton aussi fort, elle l'avait giflé. Cette fois, elle avait su retenir sa main mais pas sa langue. Elle lui avait dit des choses déplaisantes mais quelle idée lui avait-il prit aussi de lui cacher pendant plusieurs années qu'il avait entretenu une relation avec cette garce de Belrin ? Elle ne savait pas ce qui l'avait le plus mis hors d'elle. Que ce soit avec cette traînée de Gryffondor. Ou bien qu'il lui ait menti pendant tout ce temps. Elle concevait qu'ils n'avaient pas à tout se dire, mais tout de même. Il ne lui avait rien dit parce qu'il pensait qu'elle allait mal réagir, comme elle l'avait fait. Oui mais s'il lui avait dit "j'ai une petite amie mais je ne veux rien te dire", elle l'aurait accepté. Il l'avait sciemment écartée de ce morceau de sa vie, comme elle-même l'avait fait pendant près d'une année, et c'était cela qui la blessait le plus.

Il était reparti le soir même. Le lendemain, elle lui avait envoyé un hibou pour qu'il excuse ses paroles blessantes. Les mots étaient maladroits mais il devait savoir qu'il lui coûtait de s'excuser ainsi. Il lui répondit qu'il comprenait dans un sens sa réaction violente mais qu'il valait peut-être mieux qu'ils ne se voient plus quelques temps, qu'ils respirent le temps qu'elle encaisse la nouvelle. Elle avait trouvé cette proposition judicieuse. La dernière chose qu'elle voulait était de perdre le contact avec son cousin. Elle se sentait déjà bien assez seule comme ça... Ils allaient se laisser un peu d'air mais elle savait que si elle avait besoin de lui, il serait toujours là. Il lui pardonnerait toujours. Sur ce point-là, Eneas était beaucoup plus indulgent qu'elle, et il l'avait toujours été. Même s'il était loin d'être un enfant de coeur, il savait pardonner, chose dont Charlotte était incapable. La relation des deux cousins était donc à présent mitigée et c'était avec ces souvenirs dans l'esprit que Charlotte s'excusa auprès de l'équipe, les joues un peu empourprées, assurant qu'elle n'en avait que pour quelques minutes. Le temps qu'elle traverse le studio, sa gêne se transforma en agacement. Fichue McEwan ! Jusqu'ici il fallait qu'elle vienne l'embouser ! Un peignoir sur le dos pour ne pas prendre froid et cacher ses vêtements, maquillée et coiffée pour la publicité, elle fonça directement sur la silhouette aux cheveux en bataille, qui confirmèrent son intuition. Voix pressée et irritée.
†~


" Tu peux m'expliquer ce que tu viens faire ici McEwan ? Je travaille. "
"J'ai besoin d'argent."

~† De but en blanc. Ceci dit, si elle avait été à sa place, probablement qu'elle aurait eu tout aussi envie d'en finir rapidement. Surtout si elle avait à demander de l'argent à McEwan - ce qui fort heureusement n'était pas près d'arriver. Néanmoins un peu surprise, Charlotte la jaugea du regard. Elle avait l'air un peu embêtée, coupable, mais ne perdait pas le sens de la provocation. Sourcil surélevé et timbre rude. †~

" Et alors ? Tu veux que je te fasse la charité ? "

~† La palette d'émotions qui traversèrent le visage de la rousse était très intéressant à observer. Elle pouvait lire tout ce qui y passait. Les joues de McEwan passèrent d'un rouge éclatant à un blanc maladif avant qu'elle ne semble rentrer dans sa coquille. Charlotte aurait pu en rire et s'en moquer mais à cet instant, elle n'en avait pas envie. Sous les reflets du jour, elle parvint à voir les maxillaires de la rousse se contracter. Son regard se faire dur. Elle paraissait froide, enfin, elle essayait. †~

"Je te les rendrais. C'est juste un peu... urgent, là."

~† Après un bref silence et une moue ironique qui ne convainquait personne, surtout pas Charlotte qui restait perplexe face à cette explication, elle continua. †~

"Tu te doutes bien que sinon, je demanderai à quelqu'un d'autre."
" J'imagine. A ton avis, pourquoi je pourrais avoir envie de te donner, pardon, prêter de l'argent ? Eneas m'a un peu expliqué pourquoi tu étais venue la dernière fois et je n'ai pas vraiment envie de t'aider pour quoi que ce soit à l'heure qu'il est. "
"Parce que."

~† Si elle croyait que ça allait suffire... Et ce n'était pas parce qu'elle tentait de paraître sympathique que ça y changerait grand chose. La tentative du sourire pour passer outre leurs aversions était remarquable, même si elle était ratée. Entre bafouilles et hésitations, elle enchaîna. †~

"Parce que j'en ai vraiment besoin. Parce que...
S'il-te-plaît vraiment."


~† Pendant quelques secondes, Charlotte resta silencieuse. Elle voyait dans le regard de Mélusine et dans son attitude que, même si elle continuait à la pousser, elle suivrait. Si elle lui demandait de la supplier, certainement qu'elle le ferait. Si elle la forçait à s'agenouiller, probablement qu'elle le ferait aussi. Dans d'autres conditions, cela aurait été avec plaisir qu'elle aurait rabaissé l'ancienne rouge. A cet instant précis, elle n'en eut ni l'envie ni le temps. Elle voulait juste ne pas faire trop attendre toute l'équipe. C'était à peine son premier jour ! †~

" Combien ? "
"Euuuuuuuuuuuuuh
......
Il me faut 80 gallions."


~† Elle avait mis un temps fou et faire le calcul de ce qu'il lui fallait. Comme si elle n'avait pas envisagé que Charlotte pouvait accepter, et qu'elle n'avait pas réfléchi au "combien" plus tôt. La jeune anglaise fit venir son sac d'un Accio pour en sortir un petit porte-monnaie magique. L'ouverture était solidement scellée par deux rangées de dents aiguisées. Charlotte passa son index sur l'extérieur du porte-monnaie et les deux "mâchoires" s'ouvrirent pour la laisser accéder à son argent. †~

" Je peux savoir à quoi ça va servir pour être si urgent ? "
"... Je dois rentrer en Ecosse. Et je suis trop... pas en état de transplaner toute seule."
" C'est pour quitter New-York ? Tu aurais dû commencer par ça McEwan... "
"J'aurais dû me douter que ça te ravirait..."

~† Charlotte n'avait pas pu s'empêcher de sourire narquoisement tout en tendant l'argent à McEwan. Il était vrai que si elle lui avait dit dès le début que cet argent lui servirait à ne plus être sur le même continent qu'elle, elle aurait immédiatement accepté. Remarque, non. Elle l'aurait quand même faite mariner un peu... On ne changeait pas les habitudes. Mélusine, quant à elle, grimaça tandis qu'elle prenait les gallions que Charlotte lui tendait. Elle hésita, à nouveau. Le mot lui brûla sûrement les lèvres. †~

"Merci."
" Ne me remercie pas. C'est un plaisir de me débarrasser de toi. Il y avait autre chose ? "
"Non. Eh bien, adieu Leonhart."
" C'est de Lansley. "

~† Sa dernière phrase était sèche, autoritaire, définitive et ne manquait pas d'un soupçon de fierté. Combien de fois faudrait-il qu'elle le répète ? Elle n'était plus Leonhart, elle était de Lansley... Et depuis déjà plus de trois ans. Puisqu'elles en avaient fini et sur ces bonnes paroles, Charlotte se retourna sans adresser un regard de plus à McEwan pour reprendre le chemin qui menait à l'intérieur du studio. Si elle avait su que l'argent qu'elle venait de prêter à McEwan lui servirait à rejoindre l'Ecosse pour ensuite pouvoir mieux rejoindre la Thaïlande, d'où elle irait directement transplaner dans les bras de son mari, elle aurait avadé McEwan et l'aurait enterrée sur place. Mais trop naïve ou trop confiante, elle n'avait absolument aucune idée de ce que l'avenir prévoyait et retournait simplement s'amuser devant les caméras. Il était encore tôt dans la matinée et elle ne terminerait sa journée qu'à 18h. Lorsqu'ils auraient terminé et se seraient dits "à demain", elle songerait qu'elle aurait bien traîné encore un peu parce que retourner à la Tour signifiait retrouver Yann pour ce week-end mais il commencerait déjà à être tard. Le soir, lorsqu'elle serait seule dans sa chambre, elle sortirait la petite clé cachée dans son encolure et la ferait tourner dans la poignée. C'était risqué avec son Soumetteur dans la pièce voisine mais il était hors de question qu'elle rate cette journée. Dans leur pièce secrète, elle déposerait simplement le paquet cadeau et un mot qui lui souhaitait un bon anniversaire. Elle ferait chemin inverse pour revenir dans sa chambre de New-York. Elle s'allongerait et finirait par s'endormir avec une drôle d'impression, le coeur un peu amer... †~
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Mer 1 Juin 2011 - 23:10

Mélusine, de son côté, essayait de penser à une chose à la fois. De faire une chose à la fois. Sinon, c'était la débandade assurée. Pour l'instant, l'adrénaline lui faisait tenir le coup et elle aurait préféré jouer aux abonnées absentes quand cette dernière lui ferait défaut.

'Qui vivra verra.'

Exactement.
Elle accorda donc cinq petites minutes de son temps à ressasser le malaise qui l'avait saisi quand elle avait fait face à Leonhart. Et qui n'avait fait qu'empirer à son départ. Si elle avait eu le courage de mettre des mots sur son mal-être, ils auraient sans douté été synonymes de rancœur, irritation, fureur et ressentiment. Peut-être même pousser l'honnêteté jusqu'à épeler jalousie ou envie. Une pointe de culpabilité incongrue. Le tout conjugué à un sentiment d'humiliation qu'elle n'avait pas non plus envie de s'expliquer. Le sentir suffisait amplement.
Cinq minutes, pas plus. Après quoi, elle s'occupa à rayer promptement le tout de ses entrailles. Ça n'était pas très efficace mais avec un peu d'entêtement, elle y croyait presque.

La demi-heure suivante ne l'aida malheureusement pas beaucoup dans cette voie, occupée qu'elle l'était à poireauter dans la boutique SITE la plus proche. Évidemment, tout le monde avait choisi ce moment pour décider qu'un petit voyage aux Iles Canaries serait bon pour le moral et les idées. Tic tac tic tac tic tac. Sur le cadran de l'horloge, l'aiguille des secondes semblait la narguer à grands coups de « j'avance plus vite que toi ». Enfin, un type, son nom épinglé sur un badge qui pendouillait à sa robe de sorcier, lui offrit son regard le plus fatigué (si tôt le matin, c'était quand même un exploit) comme une invitation à s'approcher. Elle lui rendit sensiblement le même, histoire de dire «on se comprend» mais l'autre prit ça un peu de travers. Allez savoir pourquoi. Et plus Mélusine essayait de faire vite, plus le type, "Ezeckiel" de son petit nom, chipotait sur des détails.
Oui, elle voulait aller à Aberdeen. Non, pas à Londres, même si c'était moins cher. Non, pas à Edimbourg non plus. Ni à Glasgow Oui, Aberdeen avec un A. Oui, deux personnes. Non, pas de carte 12/25. Mais si, elle avait moins de vingt-cinq ans. Non, elle ne voulait pas partir plus tard, même si ça lui faisait économiser trois mornilles et deux noises. Non, elle ne voyageait pas toute seule. Oui, deux billets donc. Oui, deux jeunes de moins de vingt-cinq ans (le Canadien avait intérêt à avoir moins de vingt-cinq ans).

'A ton avis, pourquoi l'âge est important? Il ferait mieux de poser des questions sur le poids, les bagages...'

Pas la peine de lui donner des idées en plus! Continuons...
Et donc, oui, ils avaient tous les deux leur permis et leur baguette. C'était vraiment de l'escorte pure et dure. Non, pas d'escale par pitié. Car, oui, elle était un peu pressée. Oui, elle connaissait les tarifs en vigueur. Quoi? Quatre-vingt-trois gallions? Elle n'avait en tout et pour tout que... ah si! Les voilà. Ok, d'accord. Départ dans quarante minutes dans la salle douze zéro deux. Merci bien. Bonne journée. Au revoir! Hein? Quoi? Oui-oui! Merci!

... et bon débarras.
Encore dix grosses minutes de perdues. Elle avait presque l'impression que chacune de ses minutes lui passait devant le nez en se dandinant et en la narguant.
Tu es en retard. Tu es en retard.. Mélusine les ignora de toute la force de sa tête de mule et se hâta de récupérer Kyle qui faisait elle-ne-savait-quoi, activité qui comportait comme élément principal une pomme et comme éléments secondaires un vieux journal et sa baguette. Allez comprendre les canadiens.

Dix nouvelles minutes pour expliquer la situation au jeune homme, s'assurer que tous leurs bagages avaient été rassemblés (et après, on disait que les garçons voyageaient léger...) et rallier ensemble l'agence SITE.
Pendant le temps qui leur resta à attendre, Mélusine déblatéra des idioties sur son pays, ses origines, les traditions écossaises et tout un tas de détails sans doute très inutiles quand on songeait, comme Kyle, à immigrer en Écosse, mais qu'en aucun cas, on n'envisageait d'écrire une thèse intitulée "Mélusine Mouna Maëwen Myrzam McEwan". Elle alternait les périodes "moulin à parole" et celles où elle restait silencieuse et songeuse, vaguement comateuse. Ils grignotèrent quelques biscuits. Surtout elle. Quand bien même ça n'était pas la meilleure idée au monde que de se remplir l'estomac avant les nausées du transplanage. Ils échangèrent quelques anecdotes. Et enfin, il fut l'heure de rejoindre leur escorteur, un petit bonhomme tout rond qui répondait au doux nom de Karl. Politesses d'usage, poinçonnage, préparation, yeux fermés, vertige, tremblements. Écosse. Aberdeen.
Remerciements, salutations. Départ. L'un par transplanage retour, les deux autres sur leurs deux jambes juvéniles.

Jambes qui les entraînèrent dans une errance au gré des ruelles et des carrefours de Aberdeen.
Mélusine connaissait le chemin par cœur. Chemin qui conduisait jusque chez Morag et Galaad, tante et oncle de leur état. Entrez sans frapper. Et sans se faire prier, Mélusine invita son filleul résistant à pénétrer dans l'antre McEwan.


«Moooooooooooooooooooooooooooooorgane!», beugla-t-elle, avant de s'étouffer dans un hoquet. Elle ignorait ce que l'attentat du White Rabbit recelait comme gaz nocifs, mais c'était du costaud. Quatre jours plus tard, elle en toussait encore, elle qui s'était toujours considérée comme solide.

- Zyn?
«Salut! J'te présente Kyle. Kyle, voici ma cousine Morgane.»
- Salut.
, se hasarda sa cousine, avec plein de points d'interrogation dans la voix.

«Morgane va s'occuper de toi pendant quelques heures. J'ai un... hem... rend... une urgence, comme je t'ai dit. En plus, Morgane est souriante et accueillante. Plus que moi. Comme une vrai Ecossaise.», sourit Mélusine en songeant à leur rencontre, en plein milieu d'une cathédrale d'Ottawa. «Je devrais revenir très vite. Demain, sans doute.», conclut-elle dans un semblant d'excuse, sans trop savoir à qui s'adressaient ces excuses-là.

Une bonne chose de faite. Il lui semblait presque voir des plans se dessiner dans la tête de Morgane. Quoi faire et avec qui. Où emmener le newbie pour lui faire découvrir la vraie vie écossaise et lui ôter toute envie de repartir.
Mélusine crut néanmoins bon de préciser:


«Morgane est résistante, elle aussi.»

Ainsi, les choses étaient claires. Limpides.
Ceci étant fait...


«Tu aurais 90 gallions à m'avancer? Je te les rends à mon retour.»

Les yeux pourtant pleins d'une curiosité qu'elle ne pouvait pas satisfaire devant un invité, Morgane s'exécuta sans poser de questions, faisant tinter les pièces d'une bourse tirée d'un tiroir jusqu'à ce que le compte y soit.

«Je peux t'emprunter Philibbert, aussi?»

Philibbert était le hibou préféré (et le seul, en l’occurrence) de sa cousine. Elle allait en être pour tout un tas de services... et de réponses à fournir dans les plus brefs délais. Les services, passe encore...

Philibbert entre les doigts, des gallions clinquant au fond de la poche, Mélusine jugea qu'il était temps de s'éclipser, marmonna donc quelques dernières paroles et se jeta dans l'âtre du salon, non sans avoir jeter une bonne dose de poudre de cheminette et énoncé sa propre adresse en direction des flammes vertes.

'Home, sweet home!'

Pas de temps pour les nostalgies, elle...

'Tu...?'

Elle...
Il y avait ce bout d'enveloppe, coincé entre les pattes d'un oiseau. Il y avait son cœur qui bondissait, rebondissait et s'affolait dans la cage étroite de sa poitrine. Une écriture et les promesses qu'elle pouvait receler. Elle l'avait tellement attendue, n'y avait plus cru, s'était faite à l'idée. On se faisait des idées bizarres quand le doute venait s'incruster dans votre tête. On s'imaginait des victoires remportées, des défis relevés, des conversions réussies qui justifiaient un silence et un laissez-tomber. Mélusine n'était plus au rang de ses ennemies, ralliée à la cause de Lansley. Bataille gagnée, passons à la suivante. Un mois de silence, c'était long, on avait le temps de se perdre dans des millions de conjectures... et d'en revenir pour un bout de papier. Chaleur envahissante et rassurante. Sourire qui se pressait à ses lèvres. Pas le temps de lire mais ça n'était pas si important. La lettre était là, entre ses doigts, gage absolu qu'il ne l'avait pas oubliée. C'était fou comme l'espoir était prêt à se raccrocher à n'importe quoi. Il n'était pas le seul. Le cœur était son frère de sang.

Le moral en hausse, Mélusine retrouva l'élan pour faire le nécessaire. Une première enveloppe dans laquelle elle glissa la somme due et les intérêts en prime, qu'elle estampilla du nom de Leonhart. Pour une fois, ça n'était même pas de la provocation. Juste la tête ailleurs. Elle confia le tout à Philibbert qui s'envola pour l'Outre-Atlantique.
Une douche rapide, des vêtements propres.
Une sortie rapide pour des courses expresses. Et mieux revenir pour la fin des préparatifs. Elle avait tout son stock d'impératifs mélusiniens à mettre à jour. L'attentat du 15 avait mis un sérieux coup de pied à ses priorités. En plus des patacitrouilles et autres tablettes de chocolat, son sac renfermerait désormais des substances comme du dictame ou encore de l'essence de Murlap, de l'arnica... et le bazar habituel de l'essentiel si superbement inutile.

'Prête? Un... Deux... trois... Feu!'

... de cheminée. Poudre verte et grand départ.






« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
They told me I didn’t understand the assignment,
And I told them they didn’t understand life. »
John Lennon
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