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 L'Intouchable

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Mélusine McEwan
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MessageSujet: L'Intouchable   Mar 1 Fév - 20:23

Deuxième semaine de janvier
- Sil-te-plaît, Méluuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu!
"Même pas en rêve."
- Fais pas ta mauvaise tête...
"Ma tête est mauvaise si je veux, d'abord, nah."


Dans la chambre du Troubadour Maudit, auberge de Pré-au-Lard, qui était devenu leur QG depuis leurs mésaventures avec la BRIME, Althéa et Mélusine jouaient à qui seraient la plus têtue, tout en se coursant au milieu du mobilier encore intact. Tirant une langue bien rose, Zyn marqua un nouveau point:

"Tu m'as bien vue? Tu veux que je te retrouve Penn et que je te le ramène par la peau des fesses? Tss tss."
- Si tu pouvais éviter la peau des fesses, ça m'arrangerait.
"Bah, ça n'a jamais fait de mal à personne. Et pis, ça lui forgera le caractère. "
-Mouais.
"Pause?"
- Pause.


Essoufflées, elles s'affalèrent dans leur fauteuil respectif et se regardèrent en souriant. Être un peu gamines et passablement immatures faisaient un bien fou. C'était difficile de se le permettre hors du contexte de leur quartier général. Elles évitaient de partir trop souvent en mission ensemble pour ne pas perdre ça.

- Mélusine...

L'oreille de Mélusine se dressa, aux aguets. Quand Althéa laissait tomber le "Mélu", il y avait du sérieux dans l'air. Réponse:

"A charaid?"
- Il ...
"Pourquoi maintenant?
- Je...
"C'est de l'histoire ancienne, non? Et Jezechiah?"
- Bien sûr que Jezechiah...
"Bon. Mais pourquoi le 16?"


Silence.
Regard perdu dans le vague.


- C'est l'anniversaire d'Hector.

Hector était un cochon-dinde.
Et Mélusine saisit toute l'ampleur de la requête d'Althéa. Elle voulait vraiment revoir ce Penn, pour une raison qu'elle ne lui dévoilerait pas. Elle voulait l'avoir à elle, ce jour précis, en ce lieu précis et, pour une autre raison qui resterait à jamais inconnue de Mélusine, elle ne pouvait, ou ne voulait, pas être celle qui le ramènerait jusqu'ici.
Mélusine, qui avait longtemps été une fervente détractrice des couples Rouge/Vert, compatit brusquement.


"C'est vraiment important."

Hochement de tête grave.

"Ok. J'irai. Tu as une idée de où il se trouve."

Négation capillaire.

"Et il te le faut pour le 16? "
- Oui.
"Super! T'as pas viré muette!"


Elle supposa que le coussin qu'elle reçut en plein sur le nez constituait une réponse. Et la reprise des hostilités.




New York City
15 janvier 2013

Le moins que l'on puisse dire, c'était que le Eneas Penn était du genre évanescent. Surtout quand on ne savait pas par où commencer. Leur seul point commun, en dehors d'Althéa, était Poudlard et ça remontait déjà à quelques temps. Elle allait devoir taper dans l'annuaire des anciens. Des Verts, pour la plupart. Que du bonheur. Althéa allait en être pour un énoooooooooooorme service.
Mais avant de s'attaquer à ses ennemis de toujours, Mélusine se tourna vers Monsieur Sociable, James O'Brian en personne, qui connaissait approximativement tout le monde. Une véritable mine d'informations. D'entre ces informations, il apparut que Penn avait été grand ami avec Resnald, lui-même en termes très rapprochés avec LaRoche Elda. Le monde était décidément petit. De James, elle passa donc à Hailley, qui constituait un moindre mal que sa sœur aînée. De Hailley à Purdey. De Purdey à Mark, qu'elle se serait bien abstenue de revoir. Au milieu des sous-entendus narquois sur leurs aventures communes, elle put en tirer que Penn voyageait beaucoup et qu'il était impossible de prédire là où il atterrirait.

'Tout ça pour ça...'

Resnald, toujours égal à lui-même, attendit le dernier moment (à savoir, celui où la batte de Mélusine était à deux centimètres de lui refaire le nez) pour lâcher l'information que Penn était
peut-être, mais seulement peut-être, sur le nouveau continent, genre New York.

New York.
Ca sentait la très très mauvaise idée.
Plutôt que de se jeter dans la gueule du loup après avoir vendu la peau de l'ours, la jeune femme préféra vérifier ses sources. Sources anonymes qui lui confirmèrent que
peut-être Eneas Penn était dans la capitale des Royaumes Unis de l'Opposition.
Il fallait tout faire soi-même. Et recourir aux bonnes vieilles méthodes.

Sac avec le très indispensable.
Jean usé. Chemise de bûcheron canadien. Bonnet péruvien. Mitaines et guêtres. Le total look by McEwan.
Petit break estomac. Puis grand transplanage.

'Même pas désartibulée...'

Si c'était un sarcasme, elle pouvait le garder pour elle.
Une fois sur place, problème immense: New York, c'était vachement grand. Autant balancer sa baguette dans la Forêt Amazonienne et se mettre en tête de la retrouver. Surtout depuis que c'était devenu une forêt d'Etat. Sans affichette façon "Have you seen this wizard?", ça relevait carrément du mythe.
Bon. Commencer par le commencement.
Elle avait passé la matinée (l'après-midi, selon son horloge biologique) à arpenter quelques uns des ghettos sorciers les plus importants. D'une fois sur l'autre, en fonction de son humeur très évolutive, elle variait ses techniques de recherches. Ca allait des questions simples et bêtes à un rentre-dedans passablement agressif. Jusqu'à présent l'une ne s'était pas véritablement montrée plus efficace que l'autre. Et la chasse au Penn lui avait donné faim. C'était plus ou moins l'heure du goûter, toujours d’après son horloge biologique. Impossible d'être concentrée avec des images de muffins plein la tête. Le nez à l'air, elle arpenta en vitesse les rues commerçantes. McDo, erk. Subway, ou mais non. Big Fat Ugly, erk erk. Sbaro, erk. Fresco Tortilla, Weny's, California Burrito, erk, et triple erk. Elle voulait du sucré. Elle voulait du...

'Macaron Cafe.'

Hein? C'était quoi ça, un macaron? Aucune idée, mais ça avait une bonne tête. Va pour Macaron Cafe. Miam. L'échoppe fleurait bon la gourmandise et...


"Penn!"

C'était presque trop beau pour être vrai. Enfin, pas Penn en lui-même, qui était plutôt quelconque dans son genre. Mais de le trouver là et de...
Le Penn se retourna, à l'affût de la voix qui l'avait interpellé. Elle avait déjà vu des yeux moins ronds se poser sur elle.


- M... McEwan ??
"Penn. Je te cherchais..."
- Tu me cherchais ? Moi ?
"Nan. Le Gouverneur Antarès... bien sûr toi! T'es troll comme gars. A se demander ce qu'elle te trouve..."
- Si c'était pour m'insulter de troll il ne fallait pas te donner cette peine de me chercher. J'ai mieux à faire de mes journées. Salut.


Le jeune homme commença à se détourner. Se ravisa.

- Mais de qui tu parles ?
"Althéa Belrin."
- Ah.


Le ton est dégagé, façon gêné mais blasé.

"Ah? C'est tout ce que ça t'inspire?"
- Tu me prends un peu au dépourvu. Pourquoi tu me cherchais ? Ca a un rapport avec...
"Non. Tu me manquais... Bien sûr que ça a rapport avec ... J'espère que tu es prêt pour un petit saut en Angleterre parce que j'ai pas que ça à faire de mes journées, moi."
- Non. Pas de saut en Angleterre. Je dois rester ici.


Silence.

- C'est elle qui t'envoie ?
"Je me suis envoyée toute seule... en quelque sorte. On va avoir un petit souci parce que moi, je dois te ramener en Angleterre."


Le tout avec un grand sourire. Juste pour l'agacer un peu:

"A moins que tu sois lâche?"
- Ca n'a rien à voir avec la lâcheté. Je suis un ancien Serpentard McEwan ne l'oublie pas, tu ne m'auras pas de cette manière. Je dois rester ici, il y a des choses plus importantes qui me retiennent que celles qui me pousseraient à partir.
"Humph. C'est pas comme si tu avais le choix, mon cher..."
- Et tu comptes faire quoi ? Me kidnapper ? Je te l'ai déjà dit, j'ai mieux à faire. Si tu tenais tellement à ce que je te suives, il aurait peut-être fallu me dire pourquoi. Maintenant si tu veux bien m'excuser, j'ai une pâtisserie à apporter...


Le sourire narquois avait sauté de la bouche de Mélusine sur celle de Penn. On y sentait un énervement qu'il peinait à dissimuler. Ou plutôt, qu'il n'avait pas vraiment envie de dissimuler.
De son côté, la jeune femme le regarda s'éloigner en haussant muettement les épaules. C'était pas comme si elle n'avait pas essayé. Sauf que... elle avait une promesse à tenir. Malgré tout, elle le laissa prendre un peu d'avance, avant de le rattraper, agacée.


"Pas si vite, Penn. C'est quoi, quelques heures de ton temps? T'as un emploi du temps de Ministre ou quoi? Elle n'est tellement plus rien pour toi que..."

Elle voyait rouge. Il s'énervait.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles. Il n'est pas question de mon indifférence, tout ça n'a rien à voir avec elle. Je sais pourquoi tu es là mais c'est compliqué. Trop compliqué pour que je veuille la voir demain, et moins important que certaines choses ici. Dis-lui que je suis désolé. Dis-lui qu'elle me manque. Dis-lui que je m'en fous. Dis-lui ce que tu veux ou ce qu'elle veut entendre mais je ne peux ni ne veux aller en Angleterre.

Pendant un bon moment, elle ne trouva rien à répondre. Elle continuait de le suivre tandis qu'il continuait sa course vers Merlin savait où. Penn marqua enfin une pause devant un pub dont l'égérie était un lapin blanc à chapeau noir.

"Je ne dis jamais ce que les gens veulent entendre. Tu ne crois quand même pas que..."

Mélusine ne finit pas sa phrase. Sur sa nuque, dressés par un instinct qui doit tout à ses derniers mois dans la Résistance, ses cheveux la chatouillèrent, picotèrent.
Et le monde explosa.
Dans des circonstances similaires, on se raconte tous qu'on agirait en héros, se précipitant dans les flammes pour sauver des vies innocentes. En réalité, on ne réfléchissait pas tant que ça. Tout se décidait en une fraction de secondes et les neurones n'avaient pas franchement voix au chapitre. Les réflexes se mettaient en branle, et la logique, ou l'affectif ou quoi que ce soit la mettaient en veilleuse.
Mélusine ne se précipita pas dans les flammes pour sauver des vies innocentes. Elle bondit simplement sur Penn et l'aplatit au sol, comme ces types qu'elle avait vu une fois, en plein match, et qui avec leurs gros muscles, se disputaient une balle ovale qui n'avaient pas la moindre particularité magique. Les déflagrations multiples faisaient un bruit du tonnerre et leur souffle sur sa peau était à la limite du supportable, comme si un énorme coup de soleil s'était abattu sur elle, d'un coup d'un seul.

Un silence absolu où le monde semblait s'être arrêté de tourner.
La conscience qui vacillait soudain.
Un black out total pour effet secondaire.


« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
They told me I didn’t understand the assignment,
And I told them they didn’t understand life. »
John Lennon
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Ven 4 Fév - 21:54

Mardi 15 janvier 2013. Appartement de Yann Kenston, Tour Antarès, New-York.


" Tu sais de quoi j'ai envie ? "
- Non. Quoi ?
" De macarons. "
- ... t'es sérieuse Cha' ? Des macarons ? En plein New-York ?
" Je te signale que la cuisine française est très à la mode ici. Je suis sûre qu'il y a au moins quinze boutiques de macarons rien qu'à Manhattan ! "
- Ca, ça veut dire que tu aimerais que j'aille t'en chercher.
" Non, ce n'est pas ce que j'ai dit. "
- Mais tu aimerais bien quand même.
" Ben... "
- Je le savais ! Tu me revaudras tout ça. Le jour où je serais cloué au lit pendant des semaines, tu auras intérêt à m'apporter tout ce que je demanderais.
" Merci Ene, tu es adorable. "



Quinze minutes plus tard.


White Rabbit.


~† Elle était allongée dans le canapé, les jambes légèrement surélevées à l'aide d'un coussin pour essayer de les soulager un peu, au moment où une petite fumée blanchâtre était apparue devant elle. Elle y avait plongé sa main et en avait ressorti un petit morceau de parchemin. Deux mots étaient inscrits sur ce SMS Express, les mêmes que ne cessaient de répéter la journaliste sur la chaîne télévisée.
    "Le White Rabbit, pub connu pour accueillir bons nombres de sorciers, vient d'être attaqué. Une explosion a eu lieu et certains présument déjà d'un attentat mené par Aiesha T'kelah, la..."
La porte d'entrée calqua, refermée sans ménagement par une Charlotte affolée. †~



" Putain Ene, tu te fous de ma gueule ? "

~† Les sourcils de la future mère étaient froncés très fort au-dessus de ses yeux, et le reste de son visage était à la fois dur et décontenancé. Par miracle, elle avait réussi à prendre un taxi sans avoir à attendre, une fois sortie de la Tour. Durant tout le trajet, elle n'avait cessé de s'inquiéter. Aussi penchée en avant que son ventre et la ceinture le lui permettaient, elle fixait la route par dessus l'épaule du conducteur avec anxiété. Ses doigts se tortillaient, ses lèvres étaient pincées, ses mâchoires serrées, ses yeux inquiets. Quant à son coeur, il se tordait de peur et de douleur. Cela ne lui arrivait jamais mais elle pria les Dyodes qu'il ne soit rien arrivé à son cousin. Elle ne pourrait pas se le pardonner s'il lui arrivait quelque chose alors qu'il était venu ici, à New-York, pour la soutenir dans ses premiers jours de solitude. Pire encore, c'était de sa faute s'il était dehors. A cause de ces fichus macarons...

Plus le taxi approchait plus elle était stressée, sa crainte augmentant de manière exponentielle comme la distance diminuait avant qu'elle sache l'état dans lequel Eneas se trouvait. Elle s'imagina des tas de choses. Les plus affreuses envisageaient un message envoyé à bout de force avant de succomber à ses blessures, et lorsqu'elle arriverait il serait trop tard. Suffisant pour lui donner la migraine si elle n'avait pas été si concentrée. Plus elle approchait plus son coeur battait vite. La route lui parut interminable, pourtant elle arriva sur les lieux de l'accident en moins de dix minutes. La rue était noire de monde. Il y avait des gens qui criaient, d'autres qui pleuraient. Elle-même s'étonnait de n'avoir pas encore fondue en larmes sous la pression. Il y avait ceux qui étaient allongés par terre. Il y avait ceux qui aidaient comme ils pouvaient. Et il y en avait quelques uns, ahuris, qui avaient été touché de manière superficielle et qui ne savaient pas bien ce qu'ils faisaient là. Elle retrouva Eneas parmi ceux-là. Lorsqu'elle le vit, son souffle se coupa quelques secondes. Elle prit une grande goulée d'air et se précipita vers lui. Il n'avait rien et son premier réflexe fut de le serrer contre elle. Il n'avait rien... Lorsque la surprise fut passée, une question lui sauta aux yeux et elle l'en fit profiter. S'il n'avait rien, pourquoi l'avait-il fait venir jusqu'ici ?

Il recula d'un pas et la réponse était allongée quelques mètres derrière lui. Elle reconnut parfaitement cette crinière rousse. Celle-là même qu'elle avait détestée durant ses dernières années à Poudlard, celle-là qui l'avait tant de fois provoquée, celle-là qui avait témoigné contre Sacha lors de son procès et avait de ce fait contribué à le faire emprisonner. Celle-là dont elle avait déjà rêvé de la voir dans cette position exacte, face contre terre. Subitement, elle se rappela d'une punition dans le bureau de Poudlard d'un certain professeur Merwick. Trois heures de colle parce qu'elles s'étaient battues en plein cours. Elle se souvint que le professeur de sorts lui avait, à la fin de la punition, posé une question par écrit. Les termes exactes étaient oubliés mais il lui demandait si elle porterait secours à la rousse si sa survie ne dépendait que d'elle. Elle ne se souvenait même plus ce qu'elle avait répondu. Elle ne savait plus mais à cet instant précis, elle jurait qu'elle n'en avait pas envie le moins du monde, la globalité de leurs rancœurs lui revenant en mémoire en moins de cinq secondes. Ca faisait beaucoup de haine pour un si court laps de temps... Alors, subitement furieuse, elle se tournait vers Eneas pour savoir ce qui avait bien pu lui prendre de la faire se déplacer pour... ça.
†~


" Tu es sérieux là ? Bordel, je me suis inquiétée pour toi tout le long de la route ! J'ai pratiquement couru. Tu m'imagines, courir avec le bébé ? Et s'il lui était arrivé quelque chose ? Tu me fais venir jusqu'ici sans rien préciser, moi je crois que tu es presque mort. Tu me fais venir sur les lieux d'un attentat contre les sorciers. Je suis sorcière, et s'ils recommençaient là maintenant, à tout bombarder ? Tu risques ma vie et celle de mon enfant, et tout ça pourquoi ? Pour cette fucking McEwan ? "
- Tu serais jamais venue si je t'avais dit que c'était pour elle !
" Mais bien sûr que non je serais jamais venue !!! "
- Mais Cha' elle m'a sauvé la vie ! Si elle avait pas été là c'est moi qui serais allongé par terre ! Et je savais pas quoi faire et...

~† Elle leva une main pour le faire taire parce qu'elle ne voulait pas en entendre plus. Elle voyait dans son regard comme il était désolé et blessé de la mettre dans un état pareil, mais en même temps comme il la trouvait injuste de ne penser qu'à sa santé et celle du bébé quand un attentat venait d'avoir lieu. Et il pensait sincèrement être redevable pour le geste que Mélusine venait d'avoir. La rage qui brûlait au fond de son coeur et qui attisait plus encore le foyer de son impétuosité s'étouffa à la seconde où Eneas prononça les mots "elle m'a sauvé la vie". Elle avait beaucoup parlé et s'était emportée, mais c'était certainement le contre-coup de son inquiétude. Ou c'était juste son mauvais caractère. A présent murée dans son silence, elle essayait de réfléchir, parasitée par l'idée détestable qu'elle était elle aussi redevable à l'ancienne Gryffondor. Après un petit temps d'hésitation, Eneas se risqua à ouvrir à nouveau la bouche. Il savait comme sa cousine pouvait être susceptible et incontrôlable dans ce genre de situations, et il ne voulait pas la frustrer un peu plus, quitte à ce que ce soit à lui de ronger son frein. †~

- Qu'est-ce qu'on fait ?
" J'en sais rien Eneas. Je ne suis pas médicomage. "

~† Sa fougue et son déchaînement semblaient avoir totalement annihilés le contexte et les lieux de cette dispute et maintenant qu'elle était un peu calmée, tout lui sautait à la figure. Il y avait des blessés autour d'eux. Des graves et des légers. Il y avait aussi des corps totalement inanimés. Quelques médicomages faisaient de leur mieux. Charlotte reposa son regard froid et clair sur son ennemie jurée. Elle était peut-être inconsciente mais elle n'était pas morte. Ses mèches de cheveux roux se soulevaient sous un souffle irrégulier. Et elle n'était pas si blessée que cela. C'était surtout l'arrière de ses jambes qui avait morflé. Le jean était calciné et laissait apparaître quelques morceaux de peaux à vif, brûlés au premier degré, au second sur l'arrière des mollets. La chemise avait aussi un peu roussi mais les dégâts auraient pu être pires. Visiblement Eneas ne l'avait pas déplacée. Il s'était juste extirpé de sous elle et n'avait pas su quoi faire d'autre. †~

" Fais-lui un brancard. Je vais voir si je peux trouver quelque chose. "

~† La baguette déjà dans la main, Eneas pointa sa baguette sur Mélusine pour construire sous elle une civière de fortune, en la laissant sur le ventre pour éviter de frotter l'arrière de ses jambes quelque part. Charlotte, déséquilibrée et encombrée par son ventre, fit quelques pas à la recherche de... quelque chose. Un médicomage, peut-être. La voyant tituber, un infirmier moldu se précipita vers elle et lui demanda si elle n'avait rien. Elle répondit que non. Rassuré, il commença à s'éloigner, pour retourner vers le blessé dont il s'occupait jusque-là. Tentant sa chance, elle le héla pour savoir s'il n'avait rien contre les blessures. Il lui donna une pommade à appliquer dans un premier temps, et dès qu'il aurait fini il les rejoindrait. Elle acquiesça et repartit d'où elle était venue, pour retrouver McEwan installée sur le brancard d'Eneas flottant à un mètre au-dessus du sol. Elle lui montra la pommade qu'elle venait de récupérer. †~

" C'est tout ce que j'ai trouvé. Et ce sera toujours mieux que nos connaissances approximatives en sorts curatifs... "

~† Son cousin se saisit du tube et entreprit de retirer les morceaux de jean brûlé qui collaient à la peau avant d'appliquer l'onguent. Elle le laissa faire, n'ayant pas plus que cela envie de s'en occuper. Elle n'avait jamais raffolé des blessures et son estomac se retournait assez facilement quand elle y regardait de trop près... Ne sachant pas trop quoi faire, elle sortit un mouchoir d'une poche et l'humidifia. Ca avait déjà marché une fois, il y avait de nombreuses années, dans une forêt supposée interdite. Elle n'avait même pas songé que réveiller McEwan n'était pas une bonne idée compte tenu de la douleur lancinante que lui provoqueraient ses blessures. A vrai dire elle ne réfléchissait pas vraiment et agissait plus par instinct, bon ou mauvais. Elle n'avait jamais été très douée pour soigner. Et dans ces situations-là, il était vrai qu'on agissait plutôt qu'on n'anticipait. Il n'y avait pas de grandes tergiversions, pas de dilemmes cornéliens. Juste une prise de décision dont les risques n'étaient pas vraiment évalués, et de l'action, de la réaction. Est-ce qu'elle avait sous les yeux un aperçu de ce à quoi ressemblerait la fin du monde ? N'ayant aucun point de comparaison puisque n'ayant pas assisté au Combat Blanc, cela y ressemblait fort... Elle amena le tissu humide au-dessus du visage de l'ancienne rouge et le tordit pour faire couler quelques gouttes, espérant que l'infirmier ne tarderait pas à arriver parce qu'elle ne se sentait vraiment pas à l'aise. Et que son ventre commençait à peser lourd, à force de se tenir debout. †~

" McEwan. Réveille-toi ou je te gifle. "




    I keep a close watch on this heart of mine
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Mer 16 Fév - 20:49

Et pas l'ombre d'une chandelle.



Une, deux, trois,... douze, treize, quatorze,... vingt-six, vingt-huit.... Elle comptait trente-six citrouilles. De toute les couleurs, de toutes les formes (pour qui n'avait jamais vu de citrouille carrée, l'aventure était au rendez-vous...), c'était presque le carnaval des citrouilles. Et, à mesure que les secondes s'écoulaient, ça devenait un capharnaüm monumental. Ca sautait, ça dansait, ça courrait le cent mètres. Ca s'inventait des chorégraphies abracadabrantes. Et surtout, ça jasait à qui mieux mieux. La grosse citrouille orange passé racontait une histoire à un petit cucurbitacée pas plus gros que son poing fermé. Trois autres, une magenta, une jaune et une cyan s'étaient lancées dans un concours de slam. Certaines déclamaient de la prose. Une autre improvisait un discours amphigourique. Bref, au pays des Citrouilles, Joie et Bonne Humeur régnaient en maîtresses des lieux. Certaines, s'apercevant de la présence intrusive de Mélusine se mirent à lui tailler la bavette. Et du fou, du théorique, du pratique, du n'importe quoi.
"Comment ça va sur la Terre?"
"Que pensez-vous de la loi de Murphy appliquée aux citrouilles?"
"Est-on citrouille parce qu'on est orange ou est-on orange parce qu'on est citrouille?"
"Un petit pois a-t-il une chance de battre un pois chiche au bras de fer, à compter qu'ils aient des bras?"
"Et si l'à l'endroit était à l'envers? Si ce qui est en haut était en bas et que, du coup, tout le monde vivait les pieds en haut et la tête au ras des étoiles?"
"Quel est le plus petit dénominateur commun entre un champ de blé et un renard?"
"Pourquoi un corbeau ressemble-t-il à un bureau?"
"Hum... Ca sent le brûlé."
"Moi, j'aime le crème brûlée. Avec de la confiture dessus, c'est vachement bon. Et un peu de jus de citrouille!"
"Jus de citrouille! Au secours, on veut nous citrouillicider!"
"Le citrouillicide est-il puni par la loi?"
"J'ai un peu mal au crâne."
"McEwan. Réveille-toi ou je te gifle."


Elle avait les cordes vocales pâteuses.
Cet état de fait n'avait jamais empêché les réparties.


"Essaie pour voir...."

Cette voix... cette voix lui était familière.

"... Leonhart."

Son "Leonhart" n'était pas innocent. Mélusine n'appelait jamais les gens sans raison. Et ce nom-là était une provocation... autant qu'une dénégation. Comprenne qui pourrait.
Le son lui était revenu en premier. Étrange. Tout le reste lui sauta au visage. Les odeurs surtout. Elle avait toujours été sensible aux odeurs. Et là, elle avait le nez vissé sur... quelque chose. Un quelque chose qui sentait James. Son James à elle. Son James à elle à la fin. Qui sentait la maladie. La souffrance. L'hôpital. Elle fronça le nez pour faire partir cette odeur qui ne s'évaporait pas. Contre sa peau, le tissu était rêche et grossier.

Le son lui était revenu en premier. C'était sur un son que le monde s'était soudain éteint. Un son immense comme une déflagration. Un son marteau. Un son qui frappe sans prévenir.
L'ouïe, l'odorat, le toucher.
Et, enfin, la vue. Un tissu blanc, en gros plan. A en donner des crampes aux nerfs optiques à tenter d'y faire un focus. Détourner laborieusement la tête pour terminer sa course visuel sur un...

'Un quoi, exactement?'

Aucune idée. C'était juste... énorme.
Et ça l'attirait d'une façon inexplicable. Mélusine leva une main pour effleurer ce "..." du bout des doigts. Elle se rattrapa in extremis, quand sa conscience percuta sur l'identité de "...". Son bras effectua le trajet retour à une vitesse qui aurait mérité de figurer dans un livre des records quelconque, pourvu que quiconque s'intéressa aux BGV (bras à grandes vitesses). Elle s'empourpra vaguement. Avant de percuter une deuxième fois. Autant de flash info la minute et elle allait finir par être une véritable illuminée. Elle avait été attirée par le ventre plein de vie de Leonhart avant de se reprendre. Avant que l'évidence lui saute aux yeux. Avant qu'un sourire énorme ne lui bouffe la moitié du visage.


"Tu es enceinte d'au moins sept mois!"

La jeune femme n'y connaissait pas grand chose en bébé mais là, quand même...

'... Pas de procréation post-Ottawa... Tu vois, je te l'avais dit.'

Elle n'avait pas dû le lui dire bien fort parce que ça s'était perdu en chemin, entre elle et elle-même.
C'était stupide d'être rassérénée par un détail aussi...

Néanmoins, les habitudes ont la peau dure. Son sourire se fana tout aussi rapidement qu'il était apparu. Un an et demi les séparait de leur dernière rencontre, mais les sentiments (ou, plutôt, les non-sentiments) qu'elle éprouvait vis-à-vis de Charlotte Leonhart n'avait pas bougé d'un iota. Et tous les éléments annexes à ce qu'elles étaient chacune pour l'autre n'avaient rien à y voir. C'était ainsi depuis le début. Une antipathie féroce. Et elle avait comme un doute que les choses puissent aller en s'arrangeant.
Finalement, elle finit par rassembler les fragments épars qui expliquaient le tableau présent. L'explosion. Et tout le reste. La seule inconnue était la présence de Leonhart, ici.

Ici...


"T'es complètement inconsciente de t'aventurer ici alors qu'il y a eu..."

Il y avait eu quoi, exactement, au fait?
Sourcils froncés, regard perplexe.
Peu importait.
Où que son regard se porte (et n'importe où plutôt que sur l'abdomen de son adversaire de toujours), il y avait des cris, du sang et des larmes.


"T'es complètement inconsciente de te balader ici avec ça!"

"Ca" était le meilleur qualificatif qu'avait trouvé son esprit embrouillé.
Pourquoi donc cela lui tenait-il tellement à cœur? Le contre-coup du choc, sans doute.
Elle retrouvait progressivement son animosité et son antagonisme. Ca montait doucement comme un souvenir bien ancré qu'on avait oublié un temps.
Quels que soient les "pourquoi", les "parce que" de pourquoi elle ici, en sa compagnie et parce que c'était comme ça, il était hors de question d'étirer la situation. Elle était sur un brancard, en position de faiblesse et, tout ce qu'elle trouva à faire fut de s'en extirper pour tenter de s'aventurer sur le plancher des dragons.


"J'ai pas besoin de toi!"

Harangue sortie de nulle part. Et qui retourna à nulle part. Au sol où elle s'écrasa, plus exactement. La douleur l'avait empoigné, inexplicablement.
Trop, beaucoup trop d'inconnues. Elle détestait quand une situation lui échappait. La seule chose que Mélusine savait, c'était qu'elle voulait s'éloigner le plus possible. Et que si elle avait survécu dix-huit mois sans Leonhart, elle pourrait bien survivre dix-huit de plus sans elle. Même si elle avait mal partout. Même si la tête lui tournait. Même si la gorge lui brûlait et que quelque chose lui déchirait les poumons. Quitte à ramper jusqu'en Ecosse.

Une seconde...

Et... Penn. Où était Penn?


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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Ven 18 Fév - 21:43

~† Il y avait d'abord eu la lassitude et l'agacement. Parce qu'elle n'était pas Leonhart. Elle n'était plus Leonhart, même si elle le resterait d'une certaine manière toute sa vie. Elle était devenue de Lansley. Fallait-il qu'elle l'écrive en large sur son front ? Les deux bagues qu'elle portait à l'annulaire gauche et le ventre proéminent qui trônait derrière son nombril n'étaient-ils pas suffisants pour que cela se voie ? Ca l'énervait qu'on l'appelle Leonhart et pas de Lansley, tout autant que ça l'énervait qu'on l'appelle Mademoiselle et pas Madame. Et, étrangement, cela l'énervait encore plus venant de McEwan, qui, elle, restait bien une McEwan. En même temps, tout ce qui pouvait sortir de la bouche de cette rousse l'énervait. C'était un peu comme si sa joue attirait constamment sa main ou son poing, et ce n'était pas un appel à la caresse. Elle avait oublié comme cette bouffonne (oh, et une souvenir querelleur de plus!) pouvait l'exaspérer, et cela lui revenait parfaitement en mémoire. Pourtant elle était sur une civière en position critique, mais elle arrivait quand même à être détestable. Cette fille avait un don. Ceci dit, elle comprenait que dans l'esprit qui se cachait sous cette masse rousse, la brune qu'elle était resterait à jamais une Leonhart. Aussi bien que McEwan ne serait jamais plus que McEwan à ses yeux. Elle le comprenait, mais cela ne voulait pas dire qu'elle le tolérait.

Il y avait ensuite eu la méfiance et une tension presque palpable. Elle rêvait ou la main ensanglantée de son ennemie jurée était en train de s'approcher de son bébé ? C'était quoi cette histoire ? Pourquoi Diable tout le monde voulait-il toucher son ventre ? "Oh, je peux le toucher ?" Et ils s'attendaient à quoi, à ce que le bébé leur réponde "salut, je suis bien là-dedans, pour de vrai!" ?! Croyaient-ils tous que parce qu'elle était enceinte et agrandissait la société, son ventre était une propriété publique ?! C'était SON bébé, dans SON ventre. Et il n'y avait qu'elle qui avait le droit d'y toucher. Elle, et le papa. Et elle tolérait les médicomages, accessoirement. Mais, bouse de troll, son ventre n'était pas le nouveau jouet à la mode que tout le monde pouvait toucher "pour voir ce que ça faisait". Et encore moins une McEwan qu'elle n'avait jamais apprécié. Elle jurait que si elle n'avait pas retiré son bras avec autant de vivacité, elle lui aurait tapé sur la main, comme on le faisait aux enfants lorsqu'il leur était interdit de toucher à quelque chose. Et si malgré cela McEwan avait continué, alors, sa main, elle la lui aurait coupée. Et elle n'exagérait qu'à moitié. Elle était susceptible et les choses étaient pires encore lorsqu'elles concernaient son enfant. Car oui, la vipère pouvait se transformer en lionne...

Et puis, il y avait eu le scepticisme, la consternation. Oui, elle était enceinte de sept mois. Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ? Oh par pitié, elle n'allait quand même pas vouloir faire copine-copine maintenant qu'elle était enceinte ? Elle n'allait pas être assez bête pour croire que sa grossesse la rendrait bonne au point d'accepter d'être sociable et de pardonner ? Qu'elle crève. Blague à part, elle ne voyait vraiment pas en quoi la voir enceinte pouvait bien intéresser McEwan. Si les rôles avaient été inversés et que c'était elle qui avait vu la rousse avec un ventre aussi gros qu'un souafle, elle n'en aurait rien eu à... Hum. Peut-être que si, cela lui aurait fait quelque chose. Peut-être qu'elle se serait demandée qui avait bien pu être assez fou pour vouloir toucher cette fille, et l'engrosser en plus. Oh... Charlotte, tu n'es qu'une peste. Oui, mais c'était de la faute de McEwan. Elle pensait pourtant s'être assagie et calmée avec le temps. Il fallait croire que Mélusine M M M McEwan avait la faculté de faire ressurgir en elle ses vieilles habitudes et ses anciens travers. Néanmoins il y avait du progrès, elle ne les disait plus à voix haute et se contentait de les garder dans sa tête. Never mind. Mais plus encore pour que la surprise, il y avait eu l'incrédulité. Parce qu'elle avait beau retourner les mots dans son esprit, elle ne voyait rien d'autre que de l'inquiétude derrière les reproches de Mélusine. C'était perturbant. Déstabilisant. Pour le coup, c'était elle qui venait de se prendre une gifle... McEwan se souciait d'elle, ou plutôt de son bébé ? Impossible.

Cette étrange impression, renforcée par le sourire niais qu'elle avait eu en découvrant l'étendue de son ventre, s'évapora très rapidement pour laisser place, finalement, à cette vieille ironie. Parce que même si elle était dans un état critique et qu'une seconde plus tôt, elle s'alarmait du danger que représentait sa présence ici pour elle-même et l'enfant, elle restait McEwan. Sa pire ennemie. Et son "j'ai pas besoin de toi" montrait parfaitement qu'elle voulait rester dans le domaine de l'inimitié. Soit. Ce n'était pas Charlotte qui allait s'en plaindre, au moins n'aurait-elle pas à la remercier et à lui montrer que, malgré tout, elle lui était reconnaissante d'avoir sauver son cousin. Même si elle ne comprenait toujours pas ce qu'ils pouvaient bien faire tous les deux devant le White Rabbit au même moment, le même jour, à la même heure. Ironie accompagnée d'une touche de pitié à voir ainsi l'ancienne Gryffondor, pourtant déjà dans un état de faiblesse, se rétamer lamentablement sur le sol. En entendant le corps de Mélusine chuter de la civière pour atteindre dans un bruit sourd le sol dur, la seule réaction qu'eut Charlotte fut un sourcil droit surélevé, remplaçant la grimace de douleur que cette scène lui inspirait. De la pitié, ou peut-être plutôt de la condescendance. Parce que malgré les années, McEwan restait une bouffonne qui amusait la galerie.
†~


" Tu vois Eneas, j'aurais mieux fait de ne pas v... "

~† Il y avait comme un problème. Le visage tourné vers l'endroit où son cousin se trouvait quelques secondes plus tôt, Charlotte fixait le vide. Un immense vide rempli de fumée, de corps, de gens qui couraient. Mais un vide dans lequel ne se trouvait pas la silhouette rassurante de son cousin. Elle resta peut-être trois secondes interdite, à fouiller du regard la zone où Eneas se tenait debout il n'y avait même pas une minute. Comme si elle avait mal vu. Comme s'il allait sortir des décombres en criant "Je t'ai bien eu". Définitivement pas son genre... Faisant volte-face sans se soucier une seconde de McEwan qui se retrouvait sur le sol, Charlotte parcourut rapidement des yeux les lieux tout proches, espérant le trouver non loin parce qu'il avait du aller chercher quelque chose. Mais rien. Regard affolé. Visage livide. Lèvres sèches. Cœur qui s'affolait, encore. Et voix dans laquelle perçait la peur, l'incompréhension et les prémices du désespoir. †~

" Ene ? "

~† Mais ce fut le silence assourdissant qui lui répondit. Elle réitéra son appel une fois, deux fois un peu plus fort. La troisième était presque un cri et Charlotte se moquait bien qu'on remarque sa frayeur et son angoisse. Cela faisait bien longtemps qu'elle avait appris à ne pas se soucier du regard des autres. Et elle n'y prêtait d'autant moins d'importance lorsqu'il s'agissait des personnes qui lui étaient chères. Elle aurait bien pu être entourée de dix McEwan en pleine forme qui se moquaient d'elle et de se ses craintes que cela n'aurait rien changé à la détresse qu'elle éprouvait à cet instant précis. Hystérique. Une fois de plus, son esprit trop fertile imaginait le pire. Il avait en fait été touché lors de l'attentat et la blessure avait eu raison de lui à retardement - n'importe quoi. Ressaisis-toi. Mais si elle se ressaisissait, c'était une image encore pire qui s'imposait à elle. Eneas qui avait été enlevé par ceux qui avaient commandité l'attentat. Inspirant profondément, elle tenta de calmer son coeur qui s'emballait, préférant imaginer qu'il avait été trouver un médicomage. Nerveuse et à fleur de peau, elle contourna le brancard de fortune pour rejoindre Mélusine, même si son ventre ne lui permit pas de se pencher vers elle comme elle l'aurait voulu pour lui signifier l'importance de sa requête. †~

" Est-ce que tu l'as vu ? "

~† Et derrière elle, il y avait ces pas qui se rapprochaient, et qu'elle n'entendit pas. †~




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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Lun 21 Fév - 20:00

Penn... Où était Penn?
Pas que Mélusine se soucie tant que ça du sort de l'ex-Vert mais avoir traversé l'Atlantique et revenir les mains vides, c'était juste un peu... vexant?
La jeune femme aurait très certainement continué à s'interroger si le contact de sa peau sur le sol ne lui avait pas arraché un gémissement de douleur. Un gémissement, pas plus. hors de question de signaler une quelconque faiblesse devant... qui que ce soit. Retour à l'époque du muet où ses grimaces remplacèrent tous les sons coincés dans sa gorge par un bel effort de volonté. Puis, abolition même des grimaces quand un regard scrutateur se pencha sur elle.

'Enfin, "scrutateur"... C'est à peine si elle daigne te regarder....'

Définitivement, il y avait des choses qui ne changeraient jamais.
Et ça faisait un bien fou.
Enfin, ça ferait un bien fou quand elle n'aurait plus l'esprit dérangé par des éclairs rouges façon douleur foudroyante. Et que le goût de l'asphalte aurait déserté sa bouche. Berk les gravillons. Elle préférait les voies pavés du Chemin de Traverse. Définitivement, la communauté magique avait du bon. Au moins pour les pavés. Et les glaces à la citrouille.
Retour à "où était Penn".


"Au cas où tu n'aurais pas remarqué, je suis un peu occupée, là..."

Le ton se voulait plein de sarcasme. Il était juste à peine trop essoufflé pour avoir le mordant nécessaire. Mélusine jeta l'ombre d'un regard à Leonhart avant de retourner à sa préoccupation du moment, à savoir, se relever et le tout avec dignité. Si elle réussissait à remplir la première partie, la deuxième pouvait même être optionnelle. Elle n'était pas donc si difficile. Au diable les apparences. Etre debout valait tous les sacrifices.
Par-dessus l'épaule de Leonhart, une silhouette s'approchait. Mélusine ne la vit pas. Par contre, elle sentit son ombre sur elle. A mi-chemin entre le quatre pattes et la position verticale, elle resta concentrée sur l'action sans se soucier de cette ombre-là. Des ombres, il y en avait partout, de toute façon. Cette ombre-là avait un fort accent américain:


- Mademoiselle?

...

'Je crois que c’est à toi qu'il s'adresse...'


"Quoi?"

Pas vraiment le courage d'être aimable.
Un bref coup d'œil en l'air, dans la direction de l'américain, tandis que son postérieur ralliait à nouveau le sol. Un type avec un uniforme, genre infirmier moldu. Ou pompier. Elle ne faisait pas très bien la différence.


- Vous avez une carte de sécurité sociale?
"J'ai une tête à avoir une carte de sûreté sociale, moi?"
- Sécurité sociale.
"Du pareil au même."


Ou policier. Les codes moldus des uniformes lui échappaient un peu. Dans le silence qui s'ensuivit, elle entendit presque le froncement de sourcils du type.

- Vous êtes étrangère? Vous avez un visa? Un permis de séjour? Un...?

Ouh! Qu'il commençait à la gaver avec ses questions!

*Jsuis une sorcière, crétin!*

Sa baguette toujours dans ses doigts (wow! elle l'avait gardé tout ce temps! elle hésitait entre le formidable et le pathétique), elle la dirigea vers le type en uniforme, qui commençait à sérieusement lui courir sur la citrouille, et balança un sort qui se voulait un sortilège d'amnésie mais qui ressembla plutôt à un sortilège de confusion qui aurait mal croisé un maléfice de rictussempra. Aucune sorte d'importance puisque le type s'éloigna, la laissant à la triste constatation que, sans magie, elle n'allait certainement pas pouvoir se remettre debout. Son regard retomba sur sa main en sang et le frêle morceau de bois. Ses yeux effectuèrent un rapide aller-retour jusqu'à ses jambes qui avaient connu des jours meilleurs. Ce laps de temps fut mit à profit par ses neurones pour émettre la conclusion que l'option "se guérir soi-même" n'était pas très très envisageable. Du moins, pas tant qu'elle espérait récupérer ses jambes intactes. Ca n'était pas qu'elle tenait si fort à ses gambettes mais il fallait reconnaître que c'était plutôt utile au quotidien.

'Ca nous fait une belle jambe, tiens!'

Sans s'annoncer, un fou-rire la secoua. Rire qui se transforma rapidement en une toux éreintante et étouffante. La tête lui tournait et sa vision se brouillait sans qu'elle parvienne à retrouver une prise sur la réalité. Devant ses yeux qui s'étaient levés malgré eux, vers le ciel, vers l'espoir, l'image de Leonhart dansait, toute floue. Il lui fallut un bon moment avant de retrouver des contours nets et précis. Tranchants. Sourcils toujours froncés, l'ex-Serpentard paraissait presque inquiète, les préoccupations loin du spectacle sous ses yeux.
Penn?


"T'es pas en état de le chercher."

Les quintes de toux se calmaient et Mélusine en devenait presque intelligible.

"Moi non plus."

Comme si elle en avait envie...

"Sauf que moi, ça peut s'arranger..."

Sourire narquois qui eut de drôles répercussions sur ses douleurs internes.
Un bref instant, elle jaugea Leonhart du regard. Non, rien n'avait changer. Pas la moindre bribe d’émotions, pas le plus petit souvenir. Ceci expliquant cela, Mélusine pointa sa baguette droit sur son ennemie de toujours, une lueur de défi au fond des yeux, droit sur son cœur.


"J'espère pour toi que tu connais tes sorts... et que tu maîtrises le Bruleomenti."

Entre ses doigts, sa baguette tremblait. Elle était incapable de l'en empêcher. Trop défoncée par ses poumons qui sifflaient. Trop abrutie par le contre-coup. Trop étourdie par la douleur. Trop affaiblie par son sang qui se la jouait goutte-à-goutte sur le sol américain.
Jamais elle ne s'abaisserait à demander de l'aide à Leonhart. Elle préférait la menace de sa baguette.
Quand bien même elles savaient toutes les deux qu'elle serait à peine capable de lancer un vague sortilège d'attaque.
On mettait son orgueil où on pouvait.


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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Jeu 3 Mar - 18:46

" McEwan. "

~† Le ton était à la fois glacial et détaché. Sans ciller, sans montrer la moindre compassion dans les yeux, sans afficher le plus petit sourire ironique et sans répondre à la provocation de la rousse, Charlotte s'avança d'un pas et se pencha à nouveau comme elle put vers l'accidentée, le visage grave. Elle avait assisté à toute la scène avec le moldu - elle non plus ne savait pas vraiment le poste qu'il occupait au final - d'assez loin et sans s'en préoccuper réellement, trop occupée à toujours fouiller les lieux à la recherche de son cousin. McEwan avait perdu toute son attention au moment même où elle n'avait pas répondu positivement à sa question, à savoir : elle n'avait pas vu Eneas. Pourtant, en cet instant, toute sa concentration était focalisée sur McEwan mais elle ne souriait pas. †~

" Si tu pointes encore ta baguette sur moi, et donc par extension sur mon bébé, je te jure d'achever moi-même tes jambes. "

~† Ce n'était pas un avertissement, c'était une menace. Et elle était très sérieuse. Malgré tout ce qu'on pouvait bien en dire, leur petite guerre n'avait jamais quitté les lieux de Poudlard, et ce que cela impliquait : des confrontations Gryffondor/Serpentard pour passer le temps. L'inimitié était bel et bien présente, mais cela n'avait jamais été très loin. Des cognards échangés au Quidditch, des remarques mesquines et piquantes en veux-tu en voilà, des attaques plus ou moins personnelles, des mèches de cheveux coupées mais au fond... Le pire qu'elles avaient fait été de presque se battre en cours. Au final Eneas avait retenue la main armée de Charlotte dirigée vers Mélusine et elles s'en étaient tirées avec une punition commune. Elle aurait pu faire pire si, lors du permis de transplanage, Sacha n'était pas venue la rassurer après que McEwan l'ait embrassé. Par deux fois, la Rouge avait échappé au pire. Aujourd'hui, il n'y avait pas de Sacha et il n'y avait plus d'Eneas. Elles n'étaient pas dans Poudlard ni des étudiantes. Ici, c'était la vraie vie. Et elle avait beau n'être qu'une Soumise, elle avait fait partie de l'Opposition. Et tout au fond de son esprit, elle s'était un jour dit que ceux qui faisaient parti de ce camp avaient été recrutés parce qu'ils étaient capables du pire. Parce qu'ils avaient une zone d'ombre en eux. Elle ne savait pas pour les autres mais Charlotte savait qu'elle possédait ce démon enfermé qui ne demandait qu'à sortir. Et protéger son bébé d'une fille qui avait toujours été son ennemie était une très bonne raison de le laisser s'échapper... Elle ne savait pas si son antipathie n'avait jamais été plus loin que les querelles parce qu'on l'avait chaque fois retenue ou parce que McEwan était assez intelligente pour savoir quand elle ne plaisantait plus et qu'il ne fallait plus la provoquer, risquant de la pousser à bout. En tout cas, pour éviter un nouvel attentat, elle espérait que la rousse aurait cette présence d'esprit encore aujourd'hui.

Car définitivement, ce n'était pas la journée pour lui chercher des noises. Elle s'inquiétait pour son cousin qui ne montrait toujours pas de trace de lui, elle commençait à avoir vraiment mal au dos, elle était loin d'être enchantée d'avoir un petit face à face avec cette bouffonne, et pour surplomber le tout, elle n'avait même pas eu le droit à ses macarons ! Malgré tout, l'ancienne Rouge avait raison, seule et dans son état, elle aurait du mal à retrouver Eneas. Alors que les blessures de McEwan pouvaient se soigner... Non, elle ne lui demandait pas son aide. C'était elle qui s'était proposée. Sans prêter attention à l'expression du visage de la rousse après la menace latente qu'elle avait proférée, elle sortit de son sac à main sa baguette magique. Elle connaissait le Bruleomenti, pour autant elle n'était pas certaine de pouvoir le réaliser. C'était que ses sorts faisaient un peu n'importe quoi en ce moment... A peine eut-elle pris en main sa baguette que celle-ci se mit à faire pleuvoir des petites étincelles verdâtres. Sans attendre plus longtemps qu'une catastrophe survienne, elle rangea aussi tôt le morceau de bois de là où elle l'avait sorti et releva un visage neutre vers McEwan.
†~


" Pas de Bruleomenti ni quoi que ce soit d'autre. Aujourd'hui est un jour sans. Sans magie. Celle du bébé interfère avec la mienne et je ne maîtrise plus mes sorts. Je t'assure que tu ne veux pas que je pointe ma baguette sur toi. "

~† Peut-être que si Mélusine s'amusait à compter, elle se rendrait compte que sept mois, cela menait à avant le référendum. A cette date, Charlotte aurait dû avoir un enfant cracmol. Pourtant, le bébé dans son ventre était sorcier et l'empêchait même d'utiliser correctement sa magie. Alors peut-être que Mélusine trouverait cela louche. Peut-être qu'elle ne comprendrait pas par quel miracle cela était possible et Charlotte ne la pensait pas assez loquace pour imaginer ce qui était la vérité. Pourtant, si la rousse devinait ce que la brune avait fait, peut-être commencerait-elle à entrevoir ce qu'elle était capable de faire pour ses proches, et jusqu'où elle pouvait aller. Qu'elle ait raison ou tord dans ses choix, elle ne reculait pas pour pouvoir obtenir ce qu'elle voulait. Mais le temps n'était pas aux calculs mentaux ni aux devinettes, alors McEwan ne saurait peut-être vraiment jamais les extrémités que Charlotte pouvait envisager. Et elle était absolument certaine que McEwan ne voulait pas tester sa magie additionnée à celle du bébé. Elle déraillait, et cela de plus en plus fréquemment. Elle n'en savait rien mais cela avait commencé par un sort mal dosé sur une robe dans une cabine d'essayage. Et la semaine dernière, alors qu'elle faisait ses bagages pour New-York, un simple Failamalle avait tourné au désastre et c'était sa chambre complète qui avait essayé d'être rangée dans sa valise. Meubles et lit compris. Heureusement que son père avait été là pour stopper le sortilège parce qu'elle avait failli se faire écraser contre un mur par son propre lit... Alors non, McEwan ne voulait certainement pas qu'elle essaye de la guérir avec ses sorts. Pas aujourd'hui. Pour autant, il était hors de question qu'elle reste là les bras croisés à espérer que son cousin revienne intact. Décidée, elle s'avança d'un pas pour s'assurer d'être vue et entendue par tout le monde. Enfin. Par la plus grande partie des gens présents dans cette pagaille. Voix forte et clairement audible. †~

" S'il vous plaît ! Je suis enceinte et j'aurais besoin d'un médecin. "

~† Elle profitait de sa situation. Totalement. Si Gary avait été là, il l'aurait certainement insultée d'emmerdeuse. Mais et alors ? Elle n'avait peut-être pas besoin d'un médecin pour elle-même parce qu'elle n'avait pas été mêlée à l'accident mais McEwan en avait besoin, McEwan qui se dévouait pour l'aider à trouver son cousin, son cousin pour lequel elle s'inquiétait et le stress et l'anxiété de la mère n'étaient jamais bons pour un bébé. Alors oui, d'une certaine manière, elle avait besoin d'un médecin. Elle ne mentait qu'à moitié... Et comme toujours, les femmes et les enfants d'abord, quelques secondes après son appel, un homme venait vers elle. †~

- Vous allez bien ?
" Oui, ça va. Mais mon... amie a besoin d'aide. Ses jambes. Je ne voudrais pas rester trop longtemps sur les lieux, j'ai peur que la fumée ne soit pas très bonne pour le bébé. Et il est hors de question que je parte sans mon... amie. "

~† Le mot lui écorchait la bouche, mais elle feignait avec un sourire charmant et un peu embêté. Ce qui était terrible avec les jolies filles, c'était qu'elles étaient conscientes de leurs charmes et savaient s'en servir. Charlotte faisait partie de ses femmes et, bien qu'elle ne cherchait aucunement à séduire, elle maniait parfaitement cet art et obtenait ainsi bien souvent ce qu'elle désirait. Chacun ses atouts, certains avaient simplement eu plus de chance que d'autres en passant devant Merlin... Le médecin, l'infirmier, le pompier, le passant ou peu importe ce qu'il fut, la regarda une seconde avec reproche, mais lorsqu'il vit son sourire et sa moue faussement gênée, il capitula. Ils capitulaient tous. Hochant la tête positivement, il lui assura qu'il revenait tout de suite, il allait chercher quelqu'un de compétent pour soigner ces vilaines brûlures. Charlotte le remercia d'un nouveau sourire et le regarda s'éloigner. En attendant qu'ils reviennent, elle alla s'asseoir non loin de Mélusine, une main sur le ventre. Pas sur le sol, sur le brancard qu'avait construit Eneas. Un nouveau regard alentour mais il n'était toujours pas dans le paysage. Le jeune homme revenait cependant déjà, accompagné d'un autre. La lueur craintive restait ancrée au fond de ses yeux clairs, même si sa voix maintenait une certaine distance. †~

" Pendant qu'ils te soigneront, tu pourras peut-être m'expliquer ce que tu faisais à New-York, avec mon cousin, devant le White Rabbit. "




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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Ven 11 Mar - 19:31

Bof.
Il y avait des jours comme ça où il valait mieux ne pas trop réfléchir. Se laisser porter par les évènements. Quand le quota d'étrange explosait le bizarroïomètre, il n'y avait pas grand chose d'autre à faire que rayer le mot "impossible" de son vocabulaire. Le bannir un peu plus encore, hors de ses propres frontières. L'impossible squattait la péninsule scandinave? Il gagnait un billet sans retour pour la Russie, façon coup de pied bien placé.
Si Leonhart voulait se la jouer vamp au gros ventre, ça la regardait. On aurait pu attendre un chouïa plus de dignité de la part d'une femme enceinte...

'Ça sent la jalousie...'

Même pas vrai.

'Même enceinte, on la regarde plus que toi.'

Et c'était tant mieux. Si certaines goûtaient de voir les gars neuronectomisés en un coup d'œil, ça les regardait. C'était pas sa manière d'être à elle. Point.
Si jalousie il y avait, ça n'avait strictement rien à voir avec ce à quoi Leonhart avait pu ressemblé, ressemblait et ressemblerait.
Elle se préférait maigre comme un bretzel.

'En plus que c'est vachement bon, les bretzels!'

Même que ça se coinçait dans la gorge des hommes politiques. Mais ça, c'était une autre histoire. Z'étaient fous, ces américains, de toute façon.
Non, le bizarroïde, c'était la magie erratique de l'Anglaise. Chacun ses petits soucis mais ça n'était pas tellement le genre de Leonhart de partager ça avec elle. Elles, elles préféraient le partage des baffes, physiques ou émotionnelles. Et Mélusine n'aurait pas été loin de jurer que, ne serait-ce que du temps où elles étaient encore étudiantes, ça n'aurait pas gêné son ex-camarade de filière de lui faire goûter les bénéfices de ses troubles baguettaires.
Le bizarroïde, c'était aussi sa soudaine propulsion dans les amitiés de Madame. Oh, aucune illusion de son côté. C'était seulement un jeu sur les apparences et les explications qui auraient été trop longues à donner. n'empêche que ça avait dû lui écorcher la bouche mieux que du pus de bubobulb. Mélusine en aurait presque souri, de cette extrémité dans laquelle Leonhart s'était trouvée, si seulement elle avait eu le bouche à ça. Trop occupée à dévisager le type au statut incertain d'un air sceptique. A peine parti que les interrogatoires recommençaient. Et quoi? On n'avait plus le droit de faire du tourisme.

'Les temps ne sont pas très propices à ce genre de frivolité...'

Sans blague! Comme si elle n'était pas capable de s'en rendre compte toute seule.
Ce qu'elle faisait ici?


"Du shopping."

De toutes les options qu'elle aurait pu choisir pour dissimuler la vérité, Mélusine avait encore sélectionné la moins crédible. C'était sa façon de jouer avec la vérité. Mentir ne lui avait jamais bien réussi, tout simplement parce qu'elle ne savait pas faire et que son visage était le plus formidable détecteur de mensonges intégré au monde. Mentir, donc, de façon ouverte et évidente, comme une façon presque diplomatique de dire "va te faire voir". Comme si Leonhart allait lui retourner la politesse et répondre à ses questions à elle. Elle ne gaspillerait même pas la salive nécessaire à les poser. Elle savait très bien qu'espérer une réponse était aussi fou et idéaliste qu'imaginer Antarès faire son mea culpa public avant de se retirer dans un monastère bouddhiste. Et encore...
Néanmoins, Mélusine lui jeta un coup d'œil, maintenant qu'elle était plus près, étrangement, inconfortablement plus près. Elle nota la fatigue et des cernes qu'elle ne lui avait jamais connu. Un air qu'elle n'aurait jamais imaginé voir sur la figure de son ennemie. C'était discret, furtif, impalpable et cette impression fut éphémère. L'impression passa même à la trappe quand, oublieuse de ses récentes aventures, elle entreprit de se gratter la jambe, réflexe inscrit depuis longtemps dans son patrimoine génétique pour combattre les situations étranges. Enfin, ça ne se limitait pas aux jambes. Ça pouvait être la joue ou le coude. Il se trouvait juste que sa jambe était le plus à portée de main... et de douleur. Elle grimaça mais s'astreignit une fois de plus au silence, tout en détournant le visage. Barrière de mèches rousses pour dissimuler ce qui devait rester de l'ordre de l'invisible.

Le type au métier incertain en profita pour revenir avec les renforts. Un gars pas plus vieux qu'elles mais qui accusait le coup de longues nuits sans sommeil et d'un stress permanent. Type 1 les laissa entre les mains expertes de type 2 et s'en alla vers de nouveaux horizons. Type 2 la détailla des pieds à la tête, façon examen médical d'un œil expert, ce qui ne l'empêcha pas de rougir jusqu'aux racines. Type 2 sortit ensuite tout un outillage de barbare d'une petite mallette blanche qui ne lui inspirait rien qui vaille.


"Ah oui mais non! Moi, je suis une sorcière. Je veux de la magie, hein parce que attendre que ça cicatrise, ça va être trop long et puis,... bon d'accord."

Le machin gras qu'il lui passait sur la peau était peut-être moldu mais ça calmait un peu le feu de la brûlure.

- C'est bien ce que j'avais cru comprendre.

Regard appuyé sur la baguette de Mélusine. Tandis qu'il continuait à lui passer de la pommade, il lui intima de rester tranquille, tout en calmant ses craintes quant à sa condition. Lui aussi était sorcier. Il commençait par apaiser pour guérir ensuite. Sans apaiser pour autant ses joues rouges. Pas plus que par le passé elle n'aimait être touchée impunément, surtout par un inconnu. Le temps lui parut s'étirer sans fin, tandis que, elle en était sûre, Leonhart affichait l'ombre d'un contentement moqueur. Enfin, type 2, qui avoua s'appeler Jackhislas, passa aux choses sérieuses, baguette à l'appui. LeBruleomenti ne devait pas être beaucoup plus agréable que dans son souvenir. Une colonie de fourmis greffée sous la peau pour trente secondes interminables.< /i>

- Consumeomenti!

Sous le coup de la surprise, les trente secondes filèrent sans demander leur reste.
Consumeomenti?!???!

'Ça doit être comme pour tout... ça n'est pas parce vos langues sont similaires que vous êtes les mêmes...'

Ouaip. Leur culture magique avait dévié. Il n'empêchait que ça remettait sacrément en question ce qu'elle avait appris à l'école. On leur apprenait la magie anglaise. Que la sorcellerie diffère dans d'autres cultures, comme en Chine, était presque une évidence. Mais elle s'était attendue, bêtement, à ce que les Américains partagent leurs savoirs et leurs sortilèges. Deux siècles plus tôt, leurs modes de vie avaient bifurqué. Étrange. Mais sympa. Mais étrange. Et blabla que je te pense aux divergences. Et blabla que je t'envisage l'histoire américaine avec force d'imagination. Et blabla que je te divague d'un sujet à un autre. Et blabla que je t'auto-interroge sur tout et sur n'importe quoi.

A force de cogitation, les soins finirent avant même qu'elle ait le temps de s'en rendre compte. Et c'était tant mieux. Mélusine n'en manqua pas pour autant de remercier Jackhislas avec profusion. Il ne lui rendit même pas la politesse de rougir au moins un peu. Tss tss.


- Vous devriez vous éloigner d'ici, à présent... On ne sait jamais!, lança-t-il en guise d'au revoir. Il avait encore du pain sur la planche.

La jeune femme ne pouvait s'empêcher de penser à l'unisson de sa suggestion, quand bien même elle ne l'aurait jamais avoué tout haut. Elle avait capté son regard tout droit dirigé sur le ventre de Leonhart. Les lieux d'un attentat n'était pas un endroit de villégiature pour femmes enceintes. Et, malgré elle, elle n'était pas exactement rassurée de savoir son ennemie de toujours au milieu de... de tout ça.

Mélusine se releva d'un bond pour fuir ses pensées... et constata que la magie américaine valait bien la magie anglo-saxonne en terme d'efficacité. La tête lui tournait encore et ses poumons l'écorchaient, quelques blessures annexes subsistaient mais elle était capable de marcher droit et elle n'en demandait pas beaucoup plus. Son regard tomba sur Leonhart. Sa main se tendit. Oh! Il ne fallait pas mésinterprêter son geste. Ni pitié ni sympathie. Pas vraiment. S'il avait fallu attendre que Leonhart se relève d'elle-même sans plonger en avant, elles y seraient encore ce soir. De paire avec sa main, elle lui adressa un sourire amusé, dans lequel elle mit toute sa mauvaise foi.


"Tu devrais rentrer, maintenant."

Et si ça sonnait plus comme un ordre que comme un conseil, elle s'en contrefichait.

"Tu vas me ralentir."

'Vous reprendrez bien une petite dose de mauvaise foi?'

Dans ce genre de situation, toujours.
Évitant comme le pouvait de diriger son regard vers le ventre de Charlotte, elle s'interrogea, malgré elle, sur ce que Leonhart pouvait bien ficher à New York.


« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
They told me I didn’t understand the assignment,
And I told them they didn’t understand life. »
John Lennon


Dernière édition par Mélusine McEwan le Sam 19 Mar - 18:52, édité 2 fois
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Sam 12 Mar - 23:26

~† En réalité, il n'y avait pas vraiment eu de sourire moqueur. Elle aurait pu. Cela aurait effectivement pu être "drôle", si la situation avait été différente, de voir McEwan virer aussi rouge que la couleur de son ancienne Maison à Poudlard simplement parce que ce qui était probablement un Médicomage la parcourait des yeux pour juger de la gravité des dégâts. Charlotte aurait peut-être même pu savourer ce moment en le saupoudrant d'une petite touche d'ironie visant la rareté des regards que McEwan devait susciter pour rougir aussi rapidement juste pour... ça. Elle aurait pu, mais elle n'avait définitivement pas la tête à ça. Ses pensées entières étaient tournées vers Eneas et elle ne se forçait même pas à afficher un air narquois ou à faire semblant de s'intéresser aux soins qu'on prodiguait à la rousse. Elle se fichait de savoir si Mélusine allait bien, mal, si elle souffrait, ou non, si elle allait guérir, ou pas. Le seul intérêt qu'elle portait à cette guérison était purement égoïste puisque cela l'aiderait à retrouver plus rapidement son cousin. Cousin avec lequel la rousse assurait avoir fait du shopping... Charlotte n'était même pas assez encline à la raillerie pour répondre à cela. Elle s'était contentée d'un regard neutre et froid, lui faisant silencieusement comprendre que cela ne l'amusait pas du tout et qu'elle n'avait pas envie d'en rire, et encore moins qu'on se foute de sa gueule. Se désintéressant à nouveau totalement de McEwan, elle s'était remise à fouiller les lieux du regard, avec en arrière pensée une question qui subsistait : par tous les Diables, qu'est-ce qu'Eneas pouvait bien foutre devant le White Rabbit avec celle-là alors qu'il était censée être allé lui chercher des macarons et revenir ?

Elle fut interrompue dans ses pensées et sortie de ses songes dubitatifs par une main tendue juste devant son nez. Ses yeux firent le point sur cette main, ces doigts, mais définitivement, elle n'avait pas l'habitude de les voir si près de son visage et encore moins dans cette posture... Perplexité. Ses yeux remontèrent la main pour courir et suivre tout le long du bras, mais elle ne reconnaissait pas non plus les vêtements qui recouvraient ce bras tendu. Incompréhension. Enfin, ses yeux finirent leur route ascendante pour s'assurer de l'identité du propriétaire de la main et du bras, croisant au passage quelques boucles rousses, atterrissage en plein dans les pupilles bleues de... McEwan. Incrédulité. McEwan qui lui tendait la main. Elle devait être en plein rêve. Rêve ou cauchemar ? Elle ne savait pas. Quelque chose de bizarre en tout cas. McEwan qui lui tendait la main pour l'aider à se relever. McEwan qui lui conseillait de rentrer. Sa mémoire auditive parvint à lui rappeler que c'était ce qu'avait Jackhis-machin-truc avait dit juste avant de partir (ah il était déjà parti ?). McEwan qui, cette fois elle en était sûre, s'inquiétait pour son bébé. Et McEwan qui, une fois de plus, lui proposait son aide pour retrouver Eneas, prétextant pour la (les) mettre en sûreté qu'elle la ralentirait. McEwan qui faisait tout ça, pour de vrai, en plein milieu de New-York devant un pub pour sorciers dévasté par un attentat... Elle avait dû manquer deux ou trois épisodes, non ?

Si le visage de Charlotte restait parfaitement impassible, entraîné depuis des années à ne pas afficher la moindre émotion si elle le désirait, ses yeux quant à eux ne parvenaient pas à camoufler son ahurissement et sa surprise. Non mais bouse quoi, McEwan qui lui tendait la main !!! Elle avait beau essayé d'emballer ça dans de l'ironie et de la mauvaise foi pour faire comme si c'était tout à fait normal, ça n'avait absolument rien de normal et c'était tout à fait déstabilisant ! Et en future mère qui ne faisait que collectionner les embûches que la vie mettait en travers de la vie de son bébé pas encore né, cette main tendue parut suspecte à Charlotte qui, fatalement, se méfia. Par Merlin, pourquoi est-ce que McEwan lui tendait la main ?! Et pourquoi est-ce qu'elle ne voulait pas lui dire ce qu'elle faisait là avec Eneas ? Et pourquoi est-ce qu'elle tenait tant que ça à l'aider à le retrouver ? Et pourquoi elle s'inquiétait comme ça pour son bébé ? Oh... Oh ! Oh ! Oh bouse !
†~

' ... Me dîtes pas... Non. Quand même. C'est pas possible. Lui ? Et... ça ? Non.... Bouse de troll !!! '

~† Olala. Elle venait de comprendre. Si McEwan était aussi peu normale, c'était parce qu'il y avait anguille sous roche... avec Eneas. C'était ça. Ca devait être ça. Si elle voulait tellement l'aider à le retrouver, c'était parce qu'elle le voulait elle aussi. Et elle lui disait de rentrer pour qu'ils n'aient pas à se justifier devant elle. Et elle s'inquiétait tellement pour son bébé parce que, dans un certain sens, cet enfant ferait bientôt parti.... Oh Merlin, elle allait se sentir mal. McEwan et Eneas, cela voulait dire McEwan dans sa famille. Catastrophe. Pire qu'un attentat. Le sang commença à pulser plus vite et plus fort depuis son coeur vers ses tempes. Elle le sentait, l'entendait. Et tout en même temps, elle avait l'impression que ce même sang quittait peu à peu son visage, comme dans les dessins animés qu'elle avait pu voir dans lesquels les personnages pâlissaient à vue d'œil. Ce sang, ce coeur qui battait si fort qu'il l'étourdissait. Elle avait l'impression d'avoir le crâne comprimé dans un étau. Qu'on faisait des milliers de nœuds avec les mètres de son intestin. Ca lui bourdonnait dans les oreilles et ça grésillait devant ses yeux. Elle allait vraiment se sentir mal et s'évanouir... Heureusement, Bébé était là. Bébé choisit pour une fois bien son moment pour se manifester et cogner, l'empêchant de tomber dans le champ de pommes qui la guettait... N'importe quoi Maman. Tonton Ene il peut pas sortir avec McEwan, c'est pas son genre. Et en plus tu la détestes. C'était vrai... Sur ce point-là, les deux cousins se ressemblaient suffisamment pour généralement avoir les mêmes ressentis, les mêmes impressions sur les personnes. Il était impossible qu'il puisse apprécier McEwan. Et puis, il n'oserait jamais lui faire cet affront... Il n'avait pas intérêt !

Cela ne dura que quelques secondes. Ces pensées qui la traversèrent, l'état de faiblesse dans lequel elle se sentit soudain. Cela ne dura que quelques secondes alors peut-être que McEwan n'avait rien remarqué de sa soudaine pâleur et qu'elle prendrait ce laps de temps pour l'hésitation tout à fait logique qui suivait cette main tendue parfaitement illogique. Encore plus perplexe, troublée et soupçonneuse qu'auparavant, Charlotte finit par accepter contre toute attente cette main, glissant la sienne contre celle-ci. Car malgré tout ce que son esprit tordu venait d'imaginer, son instinct lui disait que non, ce n'était pas ça l'explication. Ca ne pouvait pas être ça. Alors, elle se fiait à son instinct... La main dans celle de Mélusine M M M McEwan, elle parvint à se relever sans trop d'effort en poussant tout en même temps sur son autre main et ses jambes. Debout, et la terre ne tournait plus tellement. La nausée était partie. Raisonnée, ce n'était pas ça. Vraiment n'importe quoi... Claques mentales. Ressaisie. C'était quoi déjà ? Ah oui. McEwan qui lui disait de partir, qu'elle la ralentirait. Ca aussi, c'était n'importe quoi.
†~


" McEwan. Je suis enceinte. Pas handicapée ni empotée. Je pourrais toujours te botter les fesses, je suis sûre que tu n'irais pas beaucoup plus vite que moi avec tes jambes flageolantes... "

~† Plaisanter. Plonger tête la première dans l'ironie pour revenir à la réalité. Oh le vilain cauchemar éveillé qu'elle venait de vivre... †~

" Il est hors de question que je "rentre". C'est mon cousin, je ne rentrerais pas tant que je ne l'aurais pas retrouvé. Même si ça ne te plaît pas et que tu essayais de me fuir, je continuerais à le chercher de mon côté.
Ne me dis pas que tu as déjà oublié mon acharnement...
"


~† Référence à un certain match de Quidditch Serpentard versus Gryffondor dans lequel elle et son coéquipier batteur s'étaient littéralement acharnés sur la rousse à coups de battes et de cognards jusqu'à la toucher. Là encore, ironiser pour redescendre totalement les pieds sur terre et effacer cette drôle d'impression, de sensation qu'elle avait. Elle n'aimait pas beaucoup l'état dans lequel elle se trouvait, et ce serait le bon moment pour l'aider à refaire surface que McEwan lui refasse replonger dans les travers et défauts qu'elle pouvait avoir étant adolescente... Encore confuse, elle remarqua alors seulement qu'elle avait toujours la main de Mélusine dans la sienne. Elle la relâcha aussitôt, comme si son contact venait de la brûler. Comment une simple demande de macarons pouvait virer à une situation aussi étrange ? Cela commençait à faire beaucoup pour une même journée... Se détournant de l'ancienne rouge pour focaliser son regard partout sauf sur elle, Charlotte se rendit compte qu'elle ne savait pas par où commencer. Nouvelle vague de panique. †~

" Qu'est-ce qu'on fait ? Par où commencer ? Ce n'est pas comme si je l'avais vu partir dans une direction... Une seconde il était penché sur tes jambes, devant ce brancard. Et la seconde d'après... "

~† Elle n'osa pas prononcer la suite. Son esprit perturbé imaginait les pires scénarios et ce n'était vraiment pas le moment d'être distraite et affolée. Il lui fallait toute sa concentration pour être efficace et retrouver au plus vite son cousin. Surtout sans magie. Il y avait bien l'option de demander aux gens présents sur la scène s'ils ne l'avaient pas vu, mais elle se voyait mal interroger et déranger tous les blessés et médecins... Pourtant c'était la seule chose qu'elle pouvait faire pour avoir un indice. Il n'y avait rien autour de ce brancard. Et elle ne voulait pas envisager la possibilité que... qu'il... Non. Alors, s'il n'avait pas été enlevé, c'était qu'il était parti de lui-même. Pourquoi ? Et Charlotte en revenait à sa question de base : qu'est-ce qu'Eneas faisait ici avec McEwan. Léger pivot pour refaire face à la rousse. †~

" Ca m'aiderait peut-être de savoir ce que vous faisiez-là tous les deux. A part du shopping. "




    I keep a close watch on this heart of mine
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Dim 20 Mar - 20:27

Mpue sceptique à l'adresse de Leonhart qui dissimulait très mal ses pensées.

'Résistera? Résistera pas?'

Au fond, pourquoi s'abstenir, pas vrai? Et puisqu'elles parlaient Quidditch.


"Oh, sûr... Un cognard ou deux, ça te ferait un bien fou."

C'était pourtant pas l'envie qui manquait. Passons.
Sa main flotta soudain sans attache, la déconnectant un instant de la réalité de la situation. Mélusine leva son bras jusqu'à ses yeux pour inspecter ses cinq doigts, sans intention particulière. Juste une impression étrange qui refusait de s'en aller et qu'elle ne parvenait pas à capter. Sourcils froncés et regard ailleurs.
Ailleurs n'était pas un spectacle particulièrement agréable. Autour d'elles, ça n'était rien d'autre que les vestiges de l'explosion et toutes les conséquences qui en découlaient. Pour un peu, Mélusine se sentait presque coupable d'avoir réquisitionné les talents d'un guérisseur alors qu'il y avait tellement de gens qui en avaient bien plus besoin qu'elle. Ca n'était même pas sa survie qui avait été en jeu. Seulement son confort personnel. Quand bien même, sur le moment, elle avait eu le sentiment fugace que, peut-être, cette fois, elle allait y rester pour de bon. La douleur avait toujours eu cet effet anesthésiant sur son raisonnement. La culpabilité ne servait pourtant pas à grand chose. Ce qui était fait était fait. Et se tenir debout sur ses deux jambes valait toutes les petites lâchetés égocentriques du monde. Pourtant... pourtant ses yeux peinaient à se détacher de ces corps brisés, de ses yeux inondés, des ses visages déformés par la souffrance, des cris muets, éteints sur des lèvres grandes ouvertes et des yeux exorbités. Ou fermés à jamais.

'Si tu n'apprends pas à t'en protéger, tu t'en prendras toujours plein la figure.'

Justement.
Ca n'était pas du masochisme pur et dur. Seulement quelque chose de plus insidieux. Le réconfort de voir que son tour n'était pas venu? Peut-être. Mais elle en doutait. S'abreuver de ces images, les imprimer sur sa rétine, c'était sa manière à elle de combattre l'inhumain. Voir, ressentir, se laisser atteindre par les tourments des autres, c'était surtout s'empêcher de s'immuniser contre le réel, s'éviter de sombrer vers l'insensibilité. Et tant pis si ça faisait mal. Tant pis pour les larmes. Tant pour les cauchemars. Jamais au grand jamais elle ne voulait se laisser convaincre que la réalité était autre que ce qui se trouvait devant ses yeux. Et, pour ce faire, il fallait les garder grand ouverts. Absorber les images du monde, comme une éponge. L'envie de se battre, alors, ne pouvait en être que plus fort. Se battre pour le meilleur. Et avec la combativité, elle entretenait l'espoir. Le souvenir que ses batailles en valaient la peine. Et si ça paraissait tordu à qui passait par sa tête, rien à secouer.
Sauf que... chaque fois, c'était le même processus. Il y avait des limites dans ce que l'esprit humain pouvait supporter avant de s'abîmer dans la folie, la vraie. Celle dont on ne revenait jamais vraiment. Mélusine prenait toujours garde à ne jamais franchir ces frontières-là. Elle flirtait avec, de temps à autre, parce que c'était une autre façon d'être libre. Mais elle conservait toujours une distance saine. Quand son cœur se mettait à battre si fort qu'il menaçait de faire frémir ses paupières, elle détournait le regard. S'extrayait comme elle le pouvait, attrapant n'importe quel prétexte au vol.

Les questions de Leonhart furent son prétexte de cet après-midi-là.


"Je faisais vraiment du shopping. Du shopping alimentaire."

Le tout servi avec sa meilleure moue. Ca n'était pas parce que 'elle daignait répondre à ses questions qu'il fallait que Leonhart aille s'imaginer des choses.

Sur ces entrefaites, son estomac se rappela à son bon souvenir, frustré de ne pas avoir satisfait ses appétits.


"D'ailleurs, j'ai faim."

'Tu n'as aucune morale...'

Bah quoi.

'Il n'y a pas deux minutes, tu étais figée face à la désolation du monde...'

Elle était toujours moins efficace avec le ventre vide. Ca n'avait rien à voir avec la morale.
Et puis, ça n'était pas parce qu'elle disait qu'elle avait faim qu'elle allait exiger une pause casse-croûte. Sauf si Leonhart commençait à vraiment trop la gaver.


"Bon. On bouge?"

Sans attendre de réponse, Mélusine se mit en route. New York, c'était grand, c'était plein de monde et c'était actuellement dans une effervescence encore pire que d'habitude. Autant laisser la hasard présider à sa recherche. Ca ou une décision qui devrait tout à l'aléatoire, c'était du pareil au même.
La jeune femme avançait d'un bon pas qui lui paraissait pourtant désespérément lent. Il n'y avait rien qui l'agaçait plus que de ne pas être en pleine possession de ses moyens, en territoire ennemi. Et en compagnie ennemie. Qui suivrait si elle le pouvait. Elle ne voulait pas qu'on la ménage? Très bien! Mélusine ne se ferait pas prier deux fois. Sans non plus vérifier que Leonhart la suivait, elle continua:


"Lui, j'en sais rien...."

Elle fouilla sa mémoire. La vérité, c'est qu'elle n'en savait vraiment rien. Elle ne se souvenait plus. Sa mémoire avait toujours été erratique mais, en règle générale, elle se souvenait quand même du cours de sa journée. Là, il lui revenait seulement des fragments d'images et de textes. Ca reviendrait sans doute plus tard.

"On discutait et il était pas très content.", poursuivit-elle avec un sourire immense qui se fana dans une grimace de douleur. Elle avait sans doute quelque chose au visage aussi. "Il avait une boîte de gâteaux à la main. Et, euh...."

Non. Rien d'autre. Elle avait juste une façon très particulière de sélectionner ses souvenirs. Une dispute entre ex-Vert & Rouge. Des gourmandises. C'était tout elle, ça.

"Et toi? Qu'est-ce que tu fous à New York? Du tourisme?"

Bah quoi? Elles s'échangeaient des questions. Même que ça s'appelait une conversation. Et s'il y avait un peu plus de sarcasme et d'ironie que dans le modèle lambda d'une discussion, c'était juste qu'elles ne s'aimaient pas.
Encore deux enjambées, et Mélusine parvint à son objectif: une sorte d'immense promontoire qui était, au choix, soit une architecture ratée, soit une œuvre d'art contemporain. Bref, un truc qui servait à rien. A rien sauf à prendre de l'altitude. A modifier son point de vue et à élargir son tour d'horizon. Le crapahutage lui arracha des grimaces d'effort et d'élancement. Elle s'inquiéta, une fois en haut, de combien cet effort de rien du tout l'avait essoufflée. Mais, enfin, le but était atteint. Elle avait une vue plongeante sur les alentours.
Et...


"Bah. Je le vois pas. Il était fringué comment?"

C'était rarement le genre de détails auxquels elle prêtait attention.

"Tu as une idée de où il se cache? [...] Attend! Il portait une veste kaki?"

Peut-être que son radar à Verdâtres était toujours opérationnel, finalement.
Leonhart avait intérêt à être réactive parce que Veste Kaki s'apprêtait à sortir de son champ de vision.


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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Mer 6 Avr - 0:13

" Raisons médicales. "

~† Ce serait la seule réponse que McEwan aurait quant à savoir ce qu'elle-même faisait à New-York. Et si elle voulait en savoir plus, qu'elle demandait des précisions, alors Charlotte ne ferait que répéter inlassablement et avec entêtement "Raisons médicales". Parce que ça ne la regardait pas, ce qu'elle pouvait bien faire ici. Qu'elle soit venue faire du tourisme, qu'elle ait décidé de profiter de ses dernières semaines de liberté avant l'arrivée du bébé, qu'elle soit venue faire une rave party avec l'Opposition, qu'elle soit résolue à faire le tour de la ville avant d'aller se jeter du haut de l'Empire State Building, qu'elle ait été attaquée par un vampire qui la forçait à venir voir le meilleur médicomage de l'Opposition pour suivre sa grossesse ou que son mari ait dû mettre tout ce stratagème au point pour pouvoir assister à la naissance, quelle que soit la raison, cela ne regardait pas la rousse. Alors invariablement, elle lui ressortirait la même chanson. Sur des tonalités différentes peut-être. Pour ce coup-ci, elle avait eu le droit à une voix blanche car, juste avant, elle avait énoncé un sac de gâteaux. Les macarons... La culpabilité avait envahi Charlotte. C'était rare, mais cela pouvait arriver. C'était actuellement le cas. Si elle n'avait pas eu une stupide envie de macarons, il ne serait pas sorti. Mais elle ne pouvait pas dicter ses envies. Non, mais elle pouvait faire des choix... Elle avait fait le choix de ne pas trop faire appel aux elfes laissés par Yann le temps qu'Eneas serait avec elle. Or, les elfes de maison auraient pu les lui fournir, ces maudits macarons. Sur place, sans que personne n'ait à sortir, et sûrement même qu'ils auraient été encore meilleurs... Elle se maudissait.

Elle avait suivi McEwan sans trop de difficulté depuis que celle-ci avait décrété qu'elles ne trouveraient rien sur les lieux de l'attentat. Si l'ancienne Gryffondor n'avait pas été blessée, sûrement Charlotte aurait-elle eu plus de mal à lui emboîter le pas. Ce n'était pas le cas et elle en remerciait Merlin, qui lui évitait par-là même une nouvelle blessure à l'égo. Elle trouvait qu'elle avait déjà eu sa dose pour la journée. Entre l'effarement, la culpabilité, les hallucinations cauchemardesques, l'inquiétude et la tension... C'était quoi cette journée de fous ?! Mais pour l'instant, ce n'était pas ce qui la préoccupait. Ce n'était pas tout cela qui tournait en boucle dans son esprit mais la sempiternelle question : qu'est-ce qu'Eneas et McEwan foutaient devant le White Rabbit. Entre les paroles décousues de la rousse, elle parvint à comprendre qu'ils étaient tous les deux en train de discuter, qu'Eneas sortait de la boutique de macarons, quand l'attentat avait eu lieu. Ca n'expliquait pas grand chose... Sur les milliards de kilomètres carrés qui constituaient cette planète il avait fallu, par hasard, que ce soit avec McEwan, sur les milliards d'êtres humains, que son cousin se soit retrouvé en train de taper la causette, par hasard, devant un pub sorcier, situé par hasard, en plein coeur de New-York. A d'autres, elle n'était pas crédule ni naïve. Et de quoi pouvaient-ils bien parlé d'abord ?

'- Salut Penn !
- Salut McEwan.
- Comment vas-tu ?! On ne s'est pas vus depuis des années ! Que deviens-tu ?
- Je vais bien. Je voyage, je prends des photos et je suis venue assister ma cousine pour ses premiers jours à New-York. Charlotte, tu te souviens ? Elle est enceinte. Je suis allé lui chercher des macarons. Tu en veux un ? Et toi, qu'est-ce que tu deviens ?
- Oh wow, tout ça ! Je dis jamais non à un truc à manger !! T'en as pas un à la citrouille ? Autrement, ça va. J'ai fait des études de Quidditch, j'ai cassé les pieds à ta cousine pendant trois ans de plus là-bas. Et depuis, je fais le clown. Je sais faire que ça.'

..... Mouais. Assez peu crédible. Ca tournait et ça fusait dans sa tête. Les questions. Les ébauches de réponses. Les dénégations. L'inquiétude encore. Et le bébé qui commençait à pesait lourd sur sa vessie. Oh s'il te plaît non, pas maintenant ! Une main sur le ventre, pour apaiser bébé parce que ce n'était vraiment pas le moment, et elle avait à peine répondu à la question de McEwan entre deux réflexions. Elle en fut tirée lorsque cette dernière s'arrêta net devant ce qui ressemblait à... quelque chose. Une étrange forme qui n'avait pas vraiment de forme. Sûrement de l'art. Et la moue dépitée qu'affichait Charlotte n'était pas due à la nature de l'œuvre, mais plutôt à la consternation que provoquait chez elle l'idée que McEwan ait décidé de s'arrêter pour réellement faire du tourisme. Oh par Merlin, elle voulait rentrer chez elle. Enfin, chez Yann. Enfin bref, partout sauf ici. Elle s'apprêtait d'ailleurs à lui demander si la contemplation était bientôt terminée, mais voilà qu'elle se mettait à faire de l'escalade. Oh. Elle voulait prendre de la hauteur pour voir plus loin. D'accord, ça, ce n'était pas bête, même si elle ne le dirait jamais à haute voix. Plutôt répéter un million de fois que McEwan était son amie... Comme elle observait Mélusine grimper, elle se mit à l'envier. Jamais elle n'aurait pu faire ça, même avec ses jambes en parfait état. Elle avait un bébé un peu encombrant et déséquilibrant dans le ventre. Une fois de plus, elle se mit à trouver sa grossesse longue. Pourtant il lui restait encore deux mois.

Il ne fallait pas s'y méprendre. Charlotte aimait son état, et surtout ce que cela impliquait pour le futur. Mais c'était également vrai que neuf mois, c'était long. Et il y avait des petites choses idiotes, comme vouloir monter sur quelque chose sans avoir peur de mal tomber et de perdre un enfant, qui pouvait parfois manquer. Grimper, se baisser, se plier en deux, se recroqueviller sur nous-même, dormir sur le ventre, passer trois heures sans aller aux toilettes, monter quelques marches d'escalier sans être à bout de souffle, voir ses pieds... Ce genre de petites choses qui faisaient le quotidien. Mais, à côté de tout cela, il y avait le reste. Avoir vu son ventre grossir et la vie y pousser, avoir senti le premier coup, avoir vu le bébé à l'échographie, entendu son coeur, le voir réagir et cogner à l'entente de la voix des parents, pouvoir communiquer avec lui en palpant la peau du ventre et le sentir venir chercher le contact... Ce genre de petites choses qui faisaient le quotidien et émerveillaient. Assurément, cela en valait la peine. Plus encore si l'on considérait tout ce qui viendrait après l'accouchement... C'était la vie qu'on donnait, un être qui naissait. Créé par l'amour qui liait ses parents. C'était un bébé que l'on verrait grandir, un enfant que l'on verrait courir et qu'on aiderait à se relever, un adolescent qui traverserait des crises et enfin, un adulte qui serait à son tour à même de faire un enfant. C'était le cycle de la vie. Une famille pour laquelle elle savait déjà qu'elle serait prête à faire n'importe quoi, même des choses qu'elle aurait jusqu'à aujourd'hui qualifier d'intolérable. L'instinct de survie et de protection. Avoir un enfant c'était tout cela, et plus encore. Mais pour l'instant, elle ne pouvait que regarder McEwan qui grimpait sur son perchoir... Alors finalement non, elle ne l'enviait pas.
†~


" Je... "

~† C'était une très bonne question. Comment était-il habillé déjà ? Elle ne se souvenait plus. Enfin si, dans l'appartement, il portait un pull noir et un jean. Mais il avait dû enfiler quelque chose par-dessus pour sortir, c'était encore l'hiver. Qu'est-ce qu'il avait amené comme veste ou manteau ici ? Elle ne se souvenait plus. Ils étaient principalement sortis à l'intérieur de la Tour Antarès, où il faisait toujours une chaleur agréable. Pas besoin de vêtements lourds... Si elle avait une idée d'où il se cachait ? Bien sûr. Il était retourné à la Tour et les deux cousins anciens Serpentard étaient en train de faire une vilaine blague à l'ex-Gryffonfor... Elle en avait d'autres, des questions comme ça ? Bien sûr que non, elle ne savait pas où il pouvait être. Autrement, elle n'aurait jamais eu besoin qu'on l'assiste... Ce qu'elle pouvait être troll. Et les bonnes vieilles pensées revenaient à l'assaut... Aussitôt chassées. Une veste kaki ? Elle réfléchit à peine une seconde mais oui, elle la voyait très clairement cette veste kaki. Comme si elle l'avait sous les yeux. Sans chercher ni répondre plus, elle suivit du regard la direction que fixait McEwan et s'y précipita. Elle avait l'impression que le bébé était moins lourd. Elle se faufila entre les gens, sans se retourner pour savoir si McEwan était descendue de sa hauteur pour la suivre ou pas. Un peu plus loin, elle voyait un croisement. Alors, elle accéléra le pas. Parce que si elle ne le rattrapait pas avant ce croisement, elle allait le perdre encore. Suffocation et oppression. Elle sentait le rouge qui lui montait aux joues et elle commençait à avoir chaud. Le carrefour n'était plus qu'à quelques mètres alors elle se mit à l'appeler, sans prêter attention aux personnes qu'elle bousculait. Alors qu'elle passait devant la dernière boutique qui précédait le croisement, on lui rentra dedans, un peu plus fort. Elle recula d'un ou deux pas, prête à reprendre sa course folle, mais elle se stoppa immédiatement. C'était lui. Vivant. Sain et sauf. †~

- Ola. Ca va Cha ?
" Qu'est-ce que tu fous ?! "
- Qu...?
" Ca va pas de partir comme ça sans prévenir ? Tu me fais te rejoindre sur les lieux d'un attentat pour une fille que j'ai toujours détesté et tu te barres comme ça ? Tu te fous de ma gueule Ene ?! "
- Mais je t'ai prévenu ! Tu n'as pas entendu ?
" Je... Non. "
- Je t'ai dit que je revenais.

~† Regard anxieux. Visage désolé et penaud, un peu idiot. Non, elle ne l'avait pas entendu... Eneas, voyant et sentant son mal être, lui sourit pour la rassurer. †~

- Je suis juste allé chercher quelque chose. J'allais revenir.

~† Elle baissa les yeux. Effectivement, il avait un petit sachet dans la main. A l'intérieur, un emballage cadeau recouvrait un objet rectangulaire et assez fin. †~

" Qu'est-ce que c'est ? "
- C'est...
" Ene, qu'est-ce que c'est ? "

~† Mélusine choisit justement ce moment pour les rejoindre, elle venait de les rattraper. Eneas lui tendit le paquet. Charlotte, quant à elle, n'y comprenait absolument plus rien... †~

- Je ne peux pas venir, mais donne-lui ça. C'est parce que c'est... demain, mais dis-lui bien que ça ne change rien.
" Ene, qu'est-ce que c'est ? C'est pour qui ?? "

~† Petit silence lourd de secrets. Elle n'aimait pas du tout ça. Voyant qu'elle ne lâcherait pas l'affaire, son cousin se résigna et avoua. †~

- C'est pour Althéa.
" Althéa ? ... Belrin ????!!!! "

~† Battements de cils d'incompréhension. D'un geste un peu vif, elle se retourna vers McEwan comme si elle était la responsable de tout ce cirque. Et peut-être aussi pour avoir la confirmation sur l'identité de la personne. Mais, elle avait beau fouillé sa mémoire parce qu'elle ne voulait pas admettre que c'était de celle-là qu'il s'agissait, elle ne connaissait pourtant qu'une seule Althéa... Qu'est-ce que c'était que cette histoire encore ? †~




    I keep a close watch on this heart of mine
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Mer 20 Avr - 19:39

"La prochaine fois, Penn, met du rose..."

Crachant à moitié ses poumons pour avoir couru quinze mètres, Mélusine tentait désespérément de reprendre son souffle. Elle avait les joues rouges, les cheveux en vadrouille et l'air un peu ahuri d'un poisson qu'on aurait sorti de l'eau. Mais il en aurait fallu plus pour lui faire perdre contenance. Rien de tel qu'une petite pique pour la remettre d'aplomb. Enfin, presque.
L'air hivernal lui brûlait la poitrine à chaque inspiration mais elle fit celle qui ne se rendait compte de rien. Et puis, dans la question de Leonhart, teintée de scepticisme, Mélusine avait entendu la réputation d'Althéa l'appeler au secours.


"Tu en connais beaucoup des Althéa, toi?"

Une manière comme une autre de répondre à sa question, tout en y glissant une pointe de provocation.
Il ne lui vint pas un seul instant à l'esprit que le carnet d'adresse de l'Anglaise puisse être mieux rempli que le sien et que, si, peut-être , connaissait-elle beaucoup d'Althéa. Althéa la maquilleuse. Althéa la décoratrice. Althéa la doublure. Althéa la cascadeuse. Althéa l'habilleuse. Althéa Tout-le-monde. Althéa Personne.
Pour elle, il n'y en avait qu'une au monde et c'était la sienne. Les gens qu'elle aimait gagnait le monopole de leur prénom. Ainsi n'y avait-il qu'un seul Elliot ou qu'une seule Isis. Leurs homonymes étaient des faux, des doublures. Des usurpateurs. Dans le cas présent, Althéa ne pouvait qu'être une jeune femme de vingt-deux ans, rousse, un peu folle, à l'enthousiasme contagieux et au port altier.
Oh, elle avait bien compris que la question traînait derrière elle son lot de sous-entendus. Pourquoi Althéa? Pourquoi un paquet? Mais quand elle le voulait, Mélusine pouvait être très dure d'oreille. Une nouvelle quinte de toux, secouant sa maigre carcasse, l'empêcha de prononcer le mot de trop. Du genre à faire déborder la mauvaise humeur.

Elle en connaissait beaucoup des Althéa?
A ces mots, Leonhart ne sent plus de joie et pour montrer sa belle voix... Elle s'empourpra tandis que ses yeux virèrent au glaçon. Le contraste était saisissant. Pas franchement confortable à affronter mais intéressant à observer.


" Non, je n'en connais qu'une à qui je me souviens très bien avoir mis mon poing dans sa figure."

"Ah... Alors, on doit parler de celle-là"

Et Mélusine de pondre son meilleur sourire provocateur. Elle avait beau être en train de s'étouffer toute seule, ça n'était pas une raison pour négliger ses tendances relationnelles. A ce moment, il n'y avait rien d'autre entre elles deux que la haine farouche et le mépris constant de l'autre qui les avaient animées pendant leurs années d'étude. Leonhart descendit un étage plus bas en direction des fermetures glaciales. Même Penn parut hésiter entre reculer d'un pas et intervenir avant que la situation n'échappe à tout contrôle. Il finit par s'immiscer entre les deux jeunes femmes et happa Leonhart du regard. Exclue de cet échange visuel, Mélusine eut tout loisir de regarder leur ensemble. C'était une impression étrange. Il y avait les mots d'un côté mais, plus important que le parler, l y avait le voir. Elle aurait donné cher pour avoir un aperçu des regards qu'ils s'échangèrent. Mais elle n'était pas masochiste au point de faire le pas nécessaire pour être bien placée. Elle était presque certaine qu'elle gagnerait son propre coup de poing et il se trouvait qu'elle tenait beaucoup à son nez. Certes, elle ne le trouvait pas trop mal fichu mais surtout, il lui était bien utile. Et, avec des morceaux de cartilage plein les narines, l'odeur du jus de citrouille devait perdre en saveur.

- Charlotte, c'est bien d'Althéa Belrin que je parle mais... Je... Je t'expliquerai.
" Tu m'expliqueras quoi ?"
- Je...
"Réponds-moi Ene. Qu'est-ce que tu as à m'expliquer ? Pourquoi tu es parti comme ça au beau milieu d'un attentat pour aller chercher un cadeau pour Belrin ? Qu'est-ce qu'elle..."


Petit regard sauce assassine dans sa direction.
Sourire innocent tendance moqueuse en retour.

"...fout à New-York et pourquoi vous étiez à deux devant le White Rabbit ? C'est tout ça que tu vas m'expliquer Ene ? Parce que oui, effectivement, j'aimerais bien qu'on arrête un peu de me prendre pour un troll et qu'on m'explique. Et ne me dis pas que vous faisiez du shopping !"

Tiraillée entre l'amusement (qu'est-ce que Leonhart pouvait avoir la tête dure, parfois) et la contrariété (elle n'était pas sûre d'aimer le tournant que prenait la conversation et surtout, elle ne voulait pas que Penn se soumette aux caprices de mademoiselle et lui raconte tout. Surtout que ce "tout" était peut-être plus riche en informations que ce qu'elle-même avait pu extirper d'Althéa. Et puis, et puis... Et la vie privée dans tout ça?), tiraillée dans deux directions, donc, Mélusine avait le regard ping-pong. Ping. Penn. Parlera? Parlera pas? Pong. Leonhart. Explosera? Explosera pas? Ping. Pong. Ping. Pang. Pang, c'était elle.


"T'es détachée du Bureau de Aurors? De un, je fous ce que je veux à New-York. De deux..."

De deux, l'épisode Althéa ne la regardait pas. Elle aurait détesté que son propre cousin lui arrache les vers du nez. On avait tous droit à ses petits secrets. Et elle était bien déterminée à protéger celui de son amie. Mais Penn?

"Je me fous de savoir ce que tu es venue faire à New-York ! Tu n'as pas encore compris que je me fous de tout ce qui peut te concerner, même après toutes ces années ? Si ça m'intéresse c'est uniquement parce que ça t'a mêlé à mon cousin. Quant à toi.", enchaîna-t-elle en se tournant vers Eneas. "Tu me dois des explications. On en rediscutera et tu "m'expliqueras". Pour l'heure j'ai ma dose. Je retourne à la Tour."

'A ton avis, c'est quelle partie qui nous a échappé dans "Qu'est-ce qu'elle..." - c'est-à-dire toi, "fout à New-York?"...?'

Bonne question.
Trop tard pour la poser, néanmoins, quand seul le dos de Leonhart pourrait lui répondre.
C'était peut-être tant mieux, songea-t-elle, en la regardant s'en aller, perplexe. Perplexe face à son propre ressenti de la situation. Quelque part, elle n'avait plus tant envie de se battre avec elle. C'était dû au gros ventre qui l'handicapait, se rassurait-elle. A l'avenir, tout rentrerait dans l'ordre et il n'y aurait plus ce malaise léger mais persistant, qui lui échappait à chaque fois qu'elle tentait de mettre le doigt dessus. Penn la tira de ses réflexions avant qu'elle ne sombre dans une amertume nostalgique de l'
avant. Son visage s'était fermé comme une porte de prison et son air était à la hauteur de celui de Leonhart un poil plus tôt. C'était ce qu'on appelait un air de famille.

- Tu lui donneras ça pour moi, mais répète-lui bien que ça ne change rien. Maintenant excuse-moi, mais j'ai une cousine à rattraper et à calmer. J'espère bien ne pas te revoir si c'est pour foutre une telle bouse autour de toi. McEwan.

Le temps de relever les yeux du petit paquet qu'elle tenait désormais entre les mains et Penn tentait de rejoindre l'horizon, dans l'axe Mélusine McEwan-Charlotte de Lansley.
A voix basse, puisque personne n'était plus là pour l'entendre, Mélusine maugréa:


"Mouais. C'était un plaisir aussi."

Pestant intérieurement contre sa journée qui ne ressemblait définitivement pas à ce à quoi elle aurait dû ressembler, la jeune femme se demanda comment diable elle allait bien pouvoir annoncer ça à Althéa. Que le type qu'elle aimait toujours n'était qu'un crétin. Non, elle ne pouvait pas lui dire ça. Mais elle ne savait pas non plus très bien mentir. Merlin, qu'est-ce qu'elle se sentait fatiguée....! Maintenant que les deux ex-Verts avaient disparu du tableau, elle s'autorisait à montrer signe de faiblesse. Elle ne pouvait plus empêcher ses jambes de trembler et ses poumons lui faisaient un mal de chien.Chaque quinte de toux lui donnait l'impression d'expulser non pas de l'air mais la moitié de ses bronches et la tête lui tournait comme jamais. Foutus moldus! Foutues bombes! Et foutu attentat! A tâtons, elle chercha un banc, un quelque chose sur lequel s'appuyer. Le quelque chose fut un quelqu'un qui lui prêta obligeamment son épaule le temps que le monde arrête de tourner. Mais le monde n'arrêtait jamais sa course, pas vrai?

Le quelqu'un à l'épaule plutôt confortable lui suggéra de faire un break et de se reposer. Elle s'effraya un instant à l'idée qu'il fut legilimens et ait été se payer un petit tour gratuit dans sa tête, mais il était seulement observateur. Avec un kilt à moitié déchiqueté, on ne donnait sans doute pas l'impression de faire une petite promenade de santé. Il lui indiqua un endroit à quelques rues de là, où elle trouverait certainement à se loger. Tant qu'elle n'atterrissait pas dans le même hôtel que Leonhart... Mais le sien s'appelait Apple's Youth Hotel, pas The Tower, alors tout était au mieux dans le meilleur des mondes. Ce serait son escale le temps de se remettre d'aplomb. Elle avait vingt-quatre heures pour ça avant de rallier le Canada.

Allongée sur son lit minuscule, aussi minuscule que les prix pratiqués par l'auberge, Mélusine s'essayait à la procrastination, sans grand succès. Alors qu'elle aurait pu se projeter dans l'avenir, elle ressassait sa récente rencontre avec Leonhart. Tant qu'elle avait été en sa présence, elle aurait juré que leur relation était à l'égal de celle d'autres fois. Ou presque. Mais, une fois loin d'elle et de ses propres réactions épidermiques, délestée de sa haine farouche, elle était... bêtement et banalement jalouse. Envieuse.
Leonhart était ce qu'elle ne serait jamais.
Elle avait ce qu'elle n'aurait jamais.
C'était une évidence et elle ne l'avait jamais frappé avec autant de force.
Dans sa fatigue teintée, de spleen, elle lui enviait tout, tout ce qu'elle n'avait pas, de son alliance à son ventre plein de vie, jusqu'aux cernes qui ourlaient ses yeux … et même sa boîte de macarons.

Elle était sans nouvelle depuis près de trois semaines.
Néanmoins, s'il fallait être pour avoir, elle renonçait à avoir.
Même pour lui, elle ne renoncerait pas à ce qu'elle était. Surtout pour lui.

L'après-midi durant, Mélusine s'abîma dans des pensées obscures et paranoïaques, oscillant entre des théories absurdes, des peurs inébranlables et des convictions erronées. Son imagination lui envoyait des images qu'elle n'aurait jamais pensé avoir un jour dans la tête.

Parfois, j'y pense. Parfois, ça m'élance. Ces images. Ces états. Ces ébats. Où toi, avec qui et comment. Ces autres qui m'ennuient. Ou celles que j'envie. C'est ma jalousie.*
Bêtement et banalement jalouse. Et elle détestait ça. Pas seulement à cause de la source de sa jalousie. Elle détestait ce sentiment. Elle s'y vautra quelques heures, alors que le sommeil la frôlait sans jamais la saisir. Quand, enfin, elle sombra, ce fut avec la promesse qu'elle se fit de ne plus jamais se laisser aller à ce genre d'émotions. A son réveil, elle avait presque oublié comment elle avait pu être faible au point de se vautrer dans une mélancolie de ce genre. Presque.

A son réveil, de toute façon, Mélusine avait à faire. Plus de place aucune pour les égarements émotionnels. On était déjà demain et demain avait inscrit au programme un saut au Canada où elle devait récupérer Kyle Young, résistant en transit pour l'Ecosse. Les 17 et 18 janvier furent consacrés à cette mission-là, à résumer en quelques mots. Meeting officieux. Rapides visites. Cela ferait l'objet d'une autre histoire.

18 janvier au soir.Alors que le voyage du retour se préparait pour le début de semaine suivante, un hibou, épuise et fébrile, vint la visiter, porteur d'un court mot d'Emmett.

'Emmett?'

Emmett.
Un rendez-vous fixé dans la soirée. Mais en Thaïlande. Ce qui faisait que sa soirée actuelle était la matinée de là-bas... Ou bien était-ce le contraire? Les décalages horaires et elle, ça faisait deux. Emmett. Un Rendez-vous. Accompagnés d'un sentiment étrange qui la convainquit qu'elle ne pouvait décliner l'invitation. Sauf qu'elle avait un canadien à rapatrier. Et pas l'endurance pour un transplanage à deux jusqu'en Écosse. Elle avait à peine quelques heures pour se trouver une solution.
Demander à Kyle? Hors de question. Une affaire de fierté mal placée. Il ne serait pas dit dans la résistance qu'elle était incapable de mener à bien une mission. Elle avait trop donné, s'était trop investie depuis plus de deux ans, pour prouver qu'elle avait sa place dans le mouvement. Alors, non, ça n'était pas à son contact de faire le boulot à sa place. Il y avait certainement une autre option.
Comment ses neurones parvinrent-ils à cette conclusion bizarre? Nul ne le saurait. Même elle ne parvenait pas à comprendre comment elle pouvait en être réduite à cette extrémité. Tout en étant dans l'incapacité de trouver une autre alternative. En moins de quelques heures, elle était supposée récupérer ses affaires qui trônaient au Apple's, déposer Kyle en Ecosse, se rendre à peu près présentable et honorer un rendez-vous impromptu avec Emmett à l'autre bout du monde. Alors que les résidus de l'attentat la privaient encore des capacités nécessaires pour un transplanage de grande envergure. Elle en avait fait l'essai alors qu'elle se refusait encore à admettre que la solution envisagée était la seule. Elle avait transplané en solitaire, à dix mètres de là et avait eu du mal à s'en relever. La solution envisagée s'imposait à elle de façon grandissante: elle devait recourir aux services de la SITE (la Société Internationale de Transplanage d'Escorte). Pour cela, elle avait besoin d'argent. Et son orgueil l'empêchait de piocher tout sourire dans la caisse de la Résistance Canadienne. Ou de s'en remettre à Kyle, qui ne connaissait leur destination que de nom. Son seul contact sur place (ou presque...) restait Leonhart.

Pourquoi cette conclusion bizarre?
Ses yeux étaient tout simplement tombés sur Leonhart herself. Dans un coin de leur chambre, le GMC de Kyle (ou de qui que ce soit) reposait ouvert. Et, nerveuse, Mélusine faisait tourner sa baguette entre ses mains, envoyant gicler des étincelles de-ci, de-là. Le grimoire s'était animé, comme empli d'une vie propre. Et l'image de Leonhart était apparue. Pour de vrai.
Après que son orgueil et son sens du devoir se furent battus en duel, et que le temps qui défilait vienne donner un coup de main à sa conscience, envoyant sa fierté au tapis, sa résolution fut prise. Inébranlable. Elle irait donc trouver Leonhart. A New-York.
En silence, Mélusine échafauda des plans pour la retrouver dans la mégalopole. Mais sa mémoire la concernant était sélective, ne reniant pas les bonnes habitudes. Elle avait pourtant la certitude d'avoir une clef, un indice qui lui indiquerait où la trouver, dans tout ce que l'ex-Serpentard avait laissé échapper. Mais ce quelque chose restait à la lisière de sa portée, lui échappant sans cesse et la narguant.
La jeune femme se retrouva alors à faire ce qu'elle pensait ne jamais au grand jamais faire: effectuer une recherche sur Charlotte Leonhart via GMC. Épargnons aux âmes sensibles les commentaires intra-mentaux que lui arrachèrent ses recherches et ses découvertes. Il y avait beaucoup de grand n'importe quoi. Beaucoup de photos aussi. Des photos d'elle. De
leur couple. Il ne lui en fallait pas beaucoup pour replonger dans ses travers du 15 au soir. Mélusine serra les dents et les affronta du regard. Défi. Même pas peur. Même pas mal. Et, enfin, l'information qu'elle recherchait. Madame était l'égérie toute nouvelle, toute belle, toute enceinte de Heaven. Amour, Gloire et Beauté. Passons. Pas plus de commentaire. C'était préférable. Elle garderait ses cogitations peu amènes pour elle-même.

Une courte nuit où elle ne dormit presque pas. Un réveil en bataille où elle se révéla d'une humeur massacrante.
Hop! Hop! Hop! On pliait bagage!
Kyle, un peu perplexe devant ce besoin urgent de retourner à New-York, accepta bon gré mal gré de l'y amener. Il y avait fait quelques escales touristiques avant que la guerre ne commence.

Une fois à la Grosse Pomme... Mettre son amour-propre de côté, s'enquérir du chemin le plus court jusqu'à Times's Square.
Et faire le poireau, le nez droit, la tête fière, à attendre Leonhart.

Une ombre passa près d'elle. C'était même une moitié d'ombre tellement elle était maigre. Bien plus maigre que Mélusine, en l'occurence, ce qui aurait alerter n'importe quel service de santé mais passons. L'ombre était stylé, fringuée avec ce genre de vêtement qu'on ne met pas pour aller manger un barbecue, maquillée à outrance (point de vue strictement personnel), le tout, avec l'air de celle qu'il ne fallait pas déranger et qui, surtout, était parfaitement à sa place. Quand elle s'apprêta à pousser la porte d'entrée, la certitude de Mélusine était faite: elle avait trouvé son messager.

Il ne lui fallut pas si longtemps pour la convaincre de porter un message, très court et simplissime, à l'intérieur.

*Ma jalousie ~ Bruno Pelletier.


« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
They told me I didn’t understand the assignment,
And I told them they didn’t understand life. »
John Lennon


Dernière édition par Mélusine McEwan le Lun 30 Mai - 16:17, édité 2 fois
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Jeu 28 Avr - 20:53

- On vous demande.

~† Charlotte était en train de discuter avec le réalisateur des publicités, José Norriega, de ce qui avait été et de ce qui n'avait pas été dans cette prise. La scène n'était pas très compliquée et il n'y avait pas grand chose à revoir. Elle était en train de peindre un mur, baguette à la main - par miracle sa magie ne faisait pas des siennes aujourd'hui - quand la montre qu'elle avait au poignet se mettait à faire de la lumière et à lui donner une petite décharge. En vérité, c'était ça qui n'avait pas été durant la première prise. Elle avait été plus qu'étonnée par l'objet qu'elle portait au poignet... C'était une montre. Une montre magique faite spécialement pour la natalité. C'était un tout nouveau produit qu'Heaven lançait sur le marché mondial, uniquement pour les sorcières. La particularité de cette montre était qu'elle pouvait être programmée pour chaque grossesse. Elle mêlait technologie moldue et magie. Ce devait être l'un des premiers objets aussi perfectionné que voyait Charlotte. Avant la naissance, la montre affichait les principaux rendez-vous médicaux, les échographies et les séances de préparation à la parentalité. Ce genre de choses. Après la naissance, elle indiquait toutes sortes de choses concernant l'enfant. Ses besoins, ses biorythmes ou ce qu'il faisait. La montre pouvait même être programmée plusieurs fois pour les mamans qui avaient plusieurs bambins. C'était une véritable révolution mais Charlotte n'était pas sûre qu'elle adhérerait elle-même à un tel objet. A son sens, rien ne valait la véritable attention de la maman, il était dommage de devoir passer par une montre pour savoir quand changer son bébé... Mais pour les mères hyperactives, ce pouvait être très pratique. Bien sûr si on lui posait la question, elle dirait que cet objet était fantastique, mais à l'heure actuelle, elle ne pensait pas s'en procurer un quand son bébé serait né.

Peu importait, elle n'était pas là pour donner son opinion sur le produit mais pour bien le présenter, montrer son utilité afin qu'il soit vendu et que ce soit un succès. Cela avait cloché pour la prise qu'ils venaient de faire parce qu'elle n'avait pas du tout connaissance de la technologie moldue, aussi n'avait-elle jamais vu une montre "clignoter" ni n'en avait senti une "vibrer". C'était assez étrange et cela l'avait déconcentrée. Ce qui avait fait sourire pas mal de monde dans le studio... Bref, maintenant qu'elle savait à quoi s'attendre avec l'objet, cela irait mieux et, après l'avoir senti vibrer et avoir lu sur le cadran que la sieste était finie, elle pourrait tranquillement aller chercher dans la pièce voisine le beau bébé de 18 mois installé dans un berceau et qui était censé lui faire un grand sourire quand elle le prendrait dans ses bras. La montre se remettrait à vibrer et clignoter pour cette fois indiquer qu'elle en était à son huitième mois et lui rappeler qu'elle avait une échographie à faire. Le premier bébé contre elle, sa deuxième main viendrait se poser sur son ventre rond et fin de la première séquence. Sa mise au point avec José terminée, elle s'apprêtait à retourner sous les feux des projecteurs quand Lydia s'était penchée vers elle. On la demandait ?
†~


" Pardon ? "
- On vous demande à l'entrée. Une jeune fille rousse. Ca fait au moins quinze minutes qu'elle est devant les portes du studio...

~† Une jeune fille rousse qui avait décidé de venir l'enquiquiner jusque sur son lieu de travail... Charlotte n'en connaissait qu'une. Elle hésita quelques secondes, il fallait dire que sa dernière rencontre avec McEwan ne lui avait pas laissé un très bon souvenir. Entre l'attentat, sa présence qu'elle avait dû subir pour retrouver son cousin et les révélations qui en avaient découlé... Quand Charlotte était partie, furieuse, Eneas avait fini par la rattraper. Ils n'avaient pas dit un mot sur le chemin qui les avait menés à la Tour, l'un comme l'autre, mais cela n'avait pas suffi à les calmer, ni l'un ni l'autre. Cela faisait longtemps que cela ne leur était pas arrivé mais les deux cousins s'étaient violemment disputés. La dernière fois qu'ils avaient élevé le ton aussi fort, elle l'avait giflé. Cette fois, elle avait su retenir sa main mais pas sa langue. Elle lui avait dit des choses déplaisantes mais quelle idée lui avait-il prit aussi de lui cacher pendant plusieurs années qu'il avait entretenu une relation avec cette garce de Belrin ? Elle ne savait pas ce qui l'avait le plus mis hors d'elle. Que ce soit avec cette traînée de Gryffondor. Ou bien qu'il lui ait menti pendant tout ce temps. Elle concevait qu'ils n'avaient pas à tout se dire, mais tout de même. Il ne lui avait rien dit parce qu'il pensait qu'elle allait mal réagir, comme elle l'avait fait. Oui mais s'il lui avait dit "j'ai une petite amie mais je ne veux rien te dire", elle l'aurait accepté. Il l'avait sciemment écartée de ce morceau de sa vie, comme elle-même l'avait fait pendant près d'une année, et c'était cela qui la blessait le plus.

Il était reparti le soir même. Le lendemain, elle lui avait envoyé un hibou pour qu'il excuse ses paroles blessantes. Les mots étaient maladroits mais il devait savoir qu'il lui coûtait de s'excuser ainsi. Il lui répondit qu'il comprenait dans un sens sa réaction violente mais qu'il valait peut-être mieux qu'ils ne se voient plus quelques temps, qu'ils respirent le temps qu'elle encaisse la nouvelle. Elle avait trouvé cette proposition judicieuse. La dernière chose qu'elle voulait était de perdre le contact avec son cousin. Elle se sentait déjà bien assez seule comme ça... Ils allaient se laisser un peu d'air mais elle savait que si elle avait besoin de lui, il serait toujours là. Il lui pardonnerait toujours. Sur ce point-là, Eneas était beaucoup plus indulgent qu'elle, et il l'avait toujours été. Même s'il était loin d'être un enfant de coeur, il savait pardonner, chose dont Charlotte était incapable. La relation des deux cousins était donc à présent mitigée et c'était avec ces souvenirs dans l'esprit que Charlotte s'excusa auprès de l'équipe, les joues un peu empourprées, assurant qu'elle n'en avait que pour quelques minutes. Le temps qu'elle traverse le studio, sa gêne se transforma en agacement. Fichue McEwan ! Jusqu'ici il fallait qu'elle vienne l'embouser ! Un peignoir sur le dos pour ne pas prendre froid et cacher ses vêtements, maquillée et coiffée pour la publicité, elle fonça directement sur la silhouette aux cheveux en bataille, qui confirmèrent son intuition. Voix pressée et irritée.
†~


" Tu peux m'expliquer ce que tu viens faire ici McEwan ? Je travaille. "
"J'ai besoin d'argent."

~† De but en blanc. Ceci dit, si elle avait été à sa place, probablement qu'elle aurait eu tout aussi envie d'en finir rapidement. Surtout si elle avait à demander de l'argent à McEwan - ce qui fort heureusement n'était pas près d'arriver. Néanmoins un peu surprise, Charlotte la jaugea du regard. Elle avait l'air un peu embêtée, coupable, mais ne perdait pas le sens de la provocation. Sourcil surélevé et timbre rude. †~

" Et alors ? Tu veux que je te fasse la charité ? "

~† La palette d'émotions qui traversèrent le visage de la rousse était très intéressant à observer. Elle pouvait lire tout ce qui y passait. Les joues de McEwan passèrent d'un rouge éclatant à un blanc maladif avant qu'elle ne semble rentrer dans sa coquille. Charlotte aurait pu en rire et s'en moquer mais à cet instant, elle n'en avait pas envie. Sous les reflets du jour, elle parvint à voir les maxillaires de la rousse se contracter. Son regard se faire dur. Elle paraissait froide, enfin, elle essayait. †~

"Je te les rendrais. C'est juste un peu... urgent, là."

~† Après un bref silence et une moue ironique qui ne convainquait personne, surtout pas Charlotte qui restait perplexe face à cette explication, elle continua. †~

"Tu te doutes bien que sinon, je demanderai à quelqu'un d'autre."
" J'imagine. A ton avis, pourquoi je pourrais avoir envie de te donner, pardon, prêter de l'argent ? Eneas m'a un peu expliqué pourquoi tu étais venue la dernière fois et je n'ai pas vraiment envie de t'aider pour quoi que ce soit à l'heure qu'il est. "
"Parce que."

~† Si elle croyait que ça allait suffire... Et ce n'était pas parce qu'elle tentait de paraître sympathique que ça y changerait grand chose. La tentative du sourire pour passer outre leurs aversions était remarquable, même si elle était ratée. Entre bafouilles et hésitations, elle enchaîna. †~

"Parce que j'en ai vraiment besoin. Parce que...
S'il-te-plaît vraiment."


~† Pendant quelques secondes, Charlotte resta silencieuse. Elle voyait dans le regard de Mélusine et dans son attitude que, même si elle continuait à la pousser, elle suivrait. Si elle lui demandait de la supplier, certainement qu'elle le ferait. Si elle la forçait à s'agenouiller, probablement qu'elle le ferait aussi. Dans d'autres conditions, cela aurait été avec plaisir qu'elle aurait rabaissé l'ancienne rouge. A cet instant précis, elle n'en eut ni l'envie ni le temps. Elle voulait juste ne pas faire trop attendre toute l'équipe. C'était à peine son premier jour ! †~

" Combien ? "
"Euuuuuuuuuuuuuh
......
Il me faut 80 gallions."


~† Elle avait mis un temps fou et faire le calcul de ce qu'il lui fallait. Comme si elle n'avait pas envisagé que Charlotte pouvait accepter, et qu'elle n'avait pas réfléchi au "combien" plus tôt. La jeune anglaise fit venir son sac d'un Accio pour en sortir un petit porte-monnaie magique. L'ouverture était solidement scellée par deux rangées de dents aiguisées. Charlotte passa son index sur l'extérieur du porte-monnaie et les deux "mâchoires" s'ouvrirent pour la laisser accéder à son argent. †~

" Je peux savoir à quoi ça va servir pour être si urgent ? "
"... Je dois rentrer en Ecosse. Et je suis trop... pas en état de transplaner toute seule."
" C'est pour quitter New-York ? Tu aurais dû commencer par ça McEwan... "
"J'aurais dû me douter que ça te ravirait..."

~† Charlotte n'avait pas pu s'empêcher de sourire narquoisement tout en tendant l'argent à McEwan. Il était vrai que si elle lui avait dit dès le début que cet argent lui servirait à ne plus être sur le même continent qu'elle, elle aurait immédiatement accepté. Remarque, non. Elle l'aurait quand même faite mariner un peu... On ne changeait pas les habitudes. Mélusine, quant à elle, grimaça tandis qu'elle prenait les gallions que Charlotte lui tendait. Elle hésita, à nouveau. Le mot lui brûla sûrement les lèvres. †~

"Merci."
" Ne me remercie pas. C'est un plaisir de me débarrasser de toi. Il y avait autre chose ? "
"Non. Eh bien, adieu Leonhart."
" C'est de Lansley. "

~† Sa dernière phrase était sèche, autoritaire, définitive et ne manquait pas d'un soupçon de fierté. Combien de fois faudrait-il qu'elle le répète ? Elle n'était plus Leonhart, elle était de Lansley... Et depuis déjà plus de trois ans. Puisqu'elles en avaient fini et sur ces bonnes paroles, Charlotte se retourna sans adresser un regard de plus à McEwan pour reprendre le chemin qui menait à l'intérieur du studio. Si elle avait su que l'argent qu'elle venait de prêter à McEwan lui servirait à rejoindre l'Ecosse pour ensuite pouvoir mieux rejoindre la Thaïlande, d'où elle irait directement transplaner dans les bras de son mari, elle aurait avadé McEwan et l'aurait enterrée sur place. Mais trop naïve ou trop confiante, elle n'avait absolument aucune idée de ce que l'avenir prévoyait et retournait simplement s'amuser devant les caméras. Il était encore tôt dans la matinée et elle ne terminerait sa journée qu'à 18h. Lorsqu'ils auraient terminé et se seraient dits "à demain", elle songerait qu'elle aurait bien traîné encore un peu parce que retourner à la Tour signifiait retrouver Yann pour ce week-end mais il commencerait déjà à être tard. Le soir, lorsqu'elle serait seule dans sa chambre, elle sortirait la petite clé cachée dans son encolure et la ferait tourner dans la poignée. C'était risqué avec son Soumetteur dans la pièce voisine mais il était hors de question qu'elle rate cette journée. Dans leur pièce secrète, elle déposerait simplement le paquet cadeau et un mot qui lui souhaitait un bon anniversaire. Elle ferait chemin inverse pour revenir dans sa chambre de New-York. Elle s'allongerait et finirait par s'endormir avec une drôle d'impression, le coeur un peu amer... †~




    I keep a close watch on this heart of mine
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: L'Intouchable   Mer 1 Juin - 19:10

Mélusine, de son côté, essayait de penser à une chose à la fois. De faire une chose à la fois. Sinon, c'était la débandade assurée. Pour l'instant, l'adrénaline lui faisait tenir le coup et elle aurait préféré jouer aux abonnées absentes quand cette dernière lui ferait défaut.

'Qui vivra verra.'

Exactement.
Elle accorda donc cinq petites minutes de son temps à ressasser le malaise qui l'avait saisi quand elle avait fait face à Leonhart. Et qui n'avait fait qu'empirer à son départ. Si elle avait eu le courage de mettre des mots sur son mal-être, ils auraient sans douté été synonymes de rancœur, irritation, fureur et ressentiment. Peut-être même pousser l'honnêteté jusqu'à épeler jalousie ou envie. Une pointe de culpabilité incongrue. Le tout conjugué à un sentiment d'humiliation qu'elle n'avait pas non plus envie de s'expliquer. Le sentir suffisait amplement.
Cinq minutes, pas plus. Après quoi, elle s'occupa à rayer promptement le tout de ses entrailles. Ça n'était pas très efficace mais avec un peu d'entêtement, elle y croyait presque.

La demi-heure suivante ne l'aida malheureusement pas beaucoup dans cette voie, occupée qu'elle l'était à poireauter dans la boutique SITE la plus proche. Évidemment, tout le monde avait choisi ce moment pour décider qu'un petit voyage aux Iles Canaries serait bon pour le moral et les idées. Tic tac tic tac tic tac. Sur le cadran de l'horloge, l'aiguille des secondes semblait la narguer à grands coups de « j'avance plus vite que toi ». Enfin, un type, son nom épinglé sur un badge qui pendouillait à sa robe de sorcier, lui offrit son regard le plus fatigué (si tôt le matin, c'était quand même un exploit) comme une invitation à s'approcher. Elle lui rendit sensiblement le même, histoire de dire «on se comprend» mais l'autre prit ça un peu de travers. Allez savoir pourquoi. Et plus Mélusine essayait de faire vite, plus le type, "Ezeckiel" de son petit nom, chipotait sur des détails.
Oui, elle voulait aller à Aberdeen. Non, pas à Londres, même si c'était moins cher. Non, pas à Edimbourg non plus. Ni à Glasgow Oui, Aberdeen avec un A. Oui, deux personnes. Non, pas de carte 12/25. Mais si, elle avait moins de vingt-cinq ans. Non, elle ne voulait pas partir plus tard, même si ça lui faisait économiser trois mornilles et deux noises. Non, elle ne voyageait pas toute seule. Oui, deux billets donc. Oui, deux jeunes de moins de vingt-cinq ans (le Canadien avait intérêt à avoir moins de vingt-cinq ans).

'A ton avis, pourquoi l'âge est important? Il ferait mieux de poser des questions sur le poids, les bagages...'

Pas la peine de lui donner des idées en plus! Continuons...
Et donc, oui, ils avaient tous les deux leur permis et leur baguette. C'était vraiment de l'escorte pure et dure. Non, pas d'escale par pitié. Car, oui, elle était un peu pressée. Oui, elle connaissait les tarifs en vigueur. Quoi? Quatre-vingt-trois gallions? Elle n'avait en tout et pour tout que... ah si! Les voilà. Ok, d'accord. Départ dans quarante minutes dans la salle douze zéro deux. Merci bien. Bonne journée. Au revoir! Hein? Quoi? Oui-oui! Merci!

... et bon débarras.
Encore dix grosses minutes de perdues. Elle avait presque l'impression que chacune de ses minutes lui passait devant le nez en se dandinant et en la narguant.
Tu es en retard. Tu es en retard.. Mélusine les ignora de toute la force de sa tête de mule et se hâta de récupérer Kyle qui faisait elle-ne-savait-quoi, activité qui comportait comme élément principal une pomme et comme éléments secondaires un vieux journal et sa baguette. Allez comprendre les canadiens.

Dix nouvelles minutes pour expliquer la situation au jeune homme, s'assurer que tous leurs bagages avaient été rassemblés (et après, on disait que les garçons voyageaient léger...) et rallier ensemble l'agence SITE.
Pendant le temps qui leur resta à attendre, Mélusine déblatéra des idioties sur son pays, ses origines, les traditions écossaises et tout un tas de détails sans doute très inutiles quand on songeait, comme Kyle, à immigrer en Écosse, mais qu'en aucun cas, on n'envisageait d'écrire une thèse intitulée "Mélusine Mouna Maëwen Myrzam McEwan". Elle alternait les périodes "moulin à parole" et celles où elle restait silencieuse et songeuse, vaguement comateuse. Ils grignotèrent quelques biscuits. Surtout elle. Quand bien même ça n'était pas la meilleure idée au monde que de se remplir l'estomac avant les nausées du transplanage. Ils échangèrent quelques anecdotes. Et enfin, il fut l'heure de rejoindre leur escorteur, un petit bonhomme tout rond qui répondait au doux nom de Karl. Politesses d'usage, poinçonnage, préparation, yeux fermés, vertige, tremblements. Écosse. Aberdeen.
Remerciements, salutations. Départ. L'un par transplanage retour, les deux autres sur leurs deux jambes juvéniles.

Jambes qui les entraînèrent dans une errance au gré des ruelles et des carrefours de Aberdeen.
Mélusine connaissait le chemin par cœur. Chemin qui conduisait jusque chez Morag et Galaad, tante et oncle de leur état. Entrez sans frapper. Et sans se faire prier, Mélusine invita son filleul résistant à pénétrer dans l'antre McEwan.


«Moooooooooooooooooooooooooooooorgane!», beugla-t-elle, avant de s'étouffer dans un hoquet. Elle ignorait ce que l'attentat du White Rabbit recelait comme gaz nocifs, mais c'était du costaud. Quatre jours plus tard, elle en toussait encore, elle qui s'était toujours considérée comme solide.

- Zyn?
«Salut! J'te présente Kyle. Kyle, voici ma cousine Morgane.»
- Salut.
, se hasarda sa cousine, avec plein de points d'interrogation dans la voix.

«Morgane va s'occuper de toi pendant quelques heures. J'ai un... hem... rend... une urgence, comme je t'ai dit. En plus, Morgane est souriante et accueillante. Plus que moi. Comme une vrai Ecossaise.», sourit Mélusine en songeant à leur rencontre, en plein milieu d'une cathédrale d'Ottawa. «Je devrais revenir très vite. Demain, sans doute.», conclut-elle dans un semblant d'excuse, sans trop savoir à qui s'adressaient ces excuses-là.

Une bonne chose de faite. Il lui semblait presque voir des plans se dessiner dans la tête de Morgane. Quoi faire et avec qui. Où emmener le newbie pour lui faire découvrir la vraie vie écossaise et lui ôter toute envie de repartir.
Mélusine crut néanmoins bon de préciser:


«Morgane est résistante, elle aussi.»

Ainsi, les choses étaient claires. Limpides.
Ceci étant fait...


«Tu aurais 90 gallions à m'avancer? Je te les rends à mon retour.»

Les yeux pourtant pleins d'une curiosité qu'elle ne pouvait pas satisfaire devant un invité, Morgane s'exécuta sans poser de questions, faisant tinter les pièces d'une bourse tirée d'un tiroir jusqu'à ce que le compte y soit.

«Je peux t'emprunter Philibbert, aussi?»

Philibbert était le hibou préféré (et le seul, en l’occurrence) de sa cousine. Elle allait en être pour tout un tas de services... et de réponses à fournir dans les plus brefs délais. Les services, passe encore...

Philibbert entre les doigts, des gallions clinquant au fond de la poche, Mélusine jugea qu'il était temps de s'éclipser, marmonna donc quelques dernières paroles et se jeta dans l'âtre du salon, non sans avoir jeter une bonne dose de poudre de cheminette et énoncé sa propre adresse en direction des flammes vertes.

'Home, sweet home!'

Pas de temps pour les nostalgies, elle...

'Tu...?'

Elle...
Il y avait ce bout d'enveloppe, coincé entre les pattes d'un oiseau. Il y avait son cœur qui bondissait, rebondissait et s'affolait dans la cage étroite de sa poitrine. Une écriture et les promesses qu'elle pouvait receler. Elle l'avait tellement attendue, n'y avait plus cru, s'était faite à l'idée. On se faisait des idées bizarres quand le doute venait s'incruster dans votre tête. On s'imaginait des victoires remportées, des défis relevés, des conversions réussies qui justifiaient un silence et un laissez-tomber. Mélusine n'était plus au rang de ses ennemies, ralliée à la cause de Lansley. Bataille gagnée, passons à la suivante. Un mois de silence, c'était long, on avait le temps de se perdre dans des millions de conjectures... et d'en revenir pour un bout de papier. Chaleur envahissante et rassurante. Sourire qui se pressait à ses lèvres. Pas le temps de lire mais ça n'était pas si important. La lettre était là, entre ses doigts, gage absolu qu'il ne l'avait pas oubliée. C'était fou comme l'espoir était prêt à se raccrocher à n'importe quoi. Il n'était pas le seul. Le cœur était son frère de sang.

Le moral en hausse, Mélusine retrouva l'élan pour faire le nécessaire. Une première enveloppe dans laquelle elle glissa la somme due et les intérêts en prime, qu'elle estampilla du nom de Leonhart. Pour une fois, ça n'était même pas de la provocation. Juste la tête ailleurs. Elle confia le tout à Philibbert qui s'envola pour l'Outre-Atlantique.
Une douche rapide, des vêtements propres.
Une sortie rapide pour des courses expresses. Et mieux revenir pour la fin des préparatifs. Elle avait tout son stock d'impératifs mélusiniens à mettre à jour. L'attentat du 15 avait mis un sérieux coup de pied à ses priorités. En plus des patacitrouilles et autres tablettes de chocolat, son sac renfermerait désormais des substances comme du dictame ou encore de l'essence de Murlap, de l'arnica... et le bazar habituel de l'essentiel si superbement inutile.

'Prête? Un... Deux... trois... Feu!'

... de cheminée. Poudre verte et grand départ.




« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
They told me I didn’t understand the assignment,
And I told them they didn’t understand life. »
John Lennon
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