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  Kalista Rouge et Rose Iccam

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Mareva Coolwater
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MessageSujet: Kalista Rouge et Rose Iccam   Mer 19 Jan 2011 - 18:28

"Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères,
sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots."
Martin Luther King

"Exige beaucoup de toi-même et attends peu des autres.
Ainsi beaucoup d'ennuis te seront épargnés."
Confucius

Une perle de sueur se détacha des autres lentement et s'écoula de sa tempe jusqu'à la mandibule droite de Mareva. Elle tenait son katana en position de défense contre sa poitrine. La pointe de la lame était tendue vers le plafond du dojo, le fil était dirigé vers Isis mais l'arme blanche restait en diagonale de sa poitrine. Près d'elle. Malgré l'effort intensif de cette dernière heure, elle maîtrisait son souffle avec une rigueur propre aux arts martiaux. Elle regardait Isis tenir son Shinaï et observait sa tenue. Pour sa propre sécurité et celle des autres, et après de longues discussions avec Egon et Emmett, tout le monde était tombé assez facilement d'accord sur le fait qu'Isis ne devait pas tenir un katana face à des mortels. Et puis, on ne savait jamais... elle aurait été capable de s'empaler toute seule dessus.

Rhidow se tenait debout à l'extérieur du tatami. Mareva lui avait fourni un shinaï à sa taille et, pour qu'il participe aux entrainements sans déranger, elle lui avait imposé d'imiter le moindre de ses gestes: "Tu reproduis tout ce que je fais. Le moindre geste, le moindre mouvement d'avancée ou de recul. Tu observes jusqu'à t'imprégner suffisamment de mes mouvements pour les anticiper et gommer petit à petit le décalage entre ce que je fais et ce que tu reproduis... pour qu'on ne sache plus si c'est toi ou moi qui donne l'impulsion du geste. Si tu y arrives, je t'offre ton propre tsuba. Au travail! Et que je ne t'entende pas te plaindre jusqu'à la fin. Si tu es fatigué, tu t'assois en tailleur et tu comptes le nombre de fois où j'ai cligné des yeux. Quand tu en as marre de compter, tu te relèves et tu reprends l'entraînement."

Le but des exercices de l'après-midi était de la forcer à la concentration et à la maîtrise de tout son corps. Mareva ne voyait aucun autre exercice que la pratique du sabre pour insuffler un temps soit peu de rigueur à ce corps endormi. Les européens ne savaient pas se servir de leur organisme. Il le maltraitait, pensait-elle. Ils ne s'en servaient que comme le vulgaire moyen de transport de leur âme. Ils le paraient avec médiocrité et ne le respectait pas à sa juste valeur. La valeur d'un corps était la protection de l'âme et non pas un vase cassable qui se cantonnait à la renfermer. Leurs vêtements étaient étriqués et empêchaient le corps de respirer. Mareva lui avait prêté un vêtement traditionnel. Il était composé d'un hakama et d'un dogi pour que l'enveloppe corporelle d'Isis puisse respirer, être à l'aise et à la hauteur de la noblesse vestimentaire qu'il était important d'arborer sur le tatami. Elle avait montré une étrange patience pour lui expliquer la manière de nouer sa ceinture.

Le premier exercice consistait à empêcher Mareva d'approcher Isis à plus d'un bras tendu, shinaï compris. Pour cela, Isis devait toujours être en mouvement et se servir de son shinaï pour tenir son adversaire à distance. Mareva était rapide. Elle entra plus d'une quarantaine de fois dans le cercle d'Isis. Lorsque l'Iccam de la Rose parvient une fois ou deux à repousser Mareva, la Dame Rouge lui imposa une nouvelle contrainte. Il s'agissait d'effectuer le même exercice mais en fermant les yeux. Cette fois-ci, Isis devait faire appel à ses sens. Ce deuxième exercice dura plus longtemps. Mareva se mouvait sans bruit sur le tatami. Elle n'avait rien à envier aux foutus vampires qui vadrouillaient à la Résistance. Une fois encore, Mareva fit preuve d'une patience extrême.

Depuis le début de l'entraînement, elle n'avait pas prononcé d'autres paroles que celles nécessaires à la compréhension des exercices. Elle laissait Isis se corriger seule, elle ne l'encourageait, ni ne la blâmait. Elle restait fermée et muette. Il était impossible de savoir ce qu'elle pensait des efforts de l'Iccam ou de son désir de reprendre les exercices. Et elle ne l'avait jamais exprimé, de la même façon qu'elle n'avait jamais demandée à Isis la raison de ce retournement de situation.

Intérieurement, Mareva avait pensé que ce qui s'était passé le 23 décembre l'avait réveillé et lui avait donné conscience qu'elle devait être plus efficace et sur ses gardes. Ayant une très haute opinion d'elle-même et de son investissement en tant que Kalista, il ne vint jamais à l'esprit de la Dame Rouge de refuser l'offre de l'Iccam. Comme les autres Clés et Egon, elle considérait que tel était son devoir et, en acceptant de représenter la troisième Clé, elle acceptait de s'assujettir aux exigences qui y étaient liées. Apprendre aux deux Iccams à développer leur potentiel était son rôle et elle comptait s'atteler à cette tache jusqu'à estimer leur éveil satisfaisant.




Trois jours avant de se retrouver avec Isis, Rhidow et Yamada dans le petit hôtel Ashaneva de Phuket en Thaïlande - un des hôtels hérité de son défunt mari -, Mareva avait écrit une simple lettre à l'Iccam.

"RDV jeudi 17 janvier à 13h30 précises dans mon immeuble particulier.
Emporte une valise avec le strict nécessaire et des vêtements pour trois jours.
Emmett est au courant.
Mareva
ps : Emmène Rhidow."


Cela faisait maintenant deux jours et demi qu'ils étaient en Thaïlande. Le retour en Angleterre était prévu pour le lendemain matin. Elle avait réservé une chambre pour Isis et Rhidow tandis qu'elle occupait une autre chambre jadis partagée avec Orian. Dès le matin de la première journée, Mareva avait proposé à Isis une multitude d'entrainements tournant tous plus ou moins autour de la rigueur des arts martiaux. Le matin, la Dame Rouge envoyait Yamada réveiller l'Iccam et son fils. Avant même de prendre une douche ou un petit déjeuner, les deux premières heures de la journée étaient dédiées à des exercices de méditation. Ensuite seulement, l'Iccam avait le droit de manger. Mareva n'avait jamais expliqué en quoi commencer la journée par deux heures assises les yeux fermés au milieu d'une salle vide était important. Après le repas du matin, les entraînements commençaient. Elles travaillaient d'arrache pied mais, une fois encore, jamais Mareva n'expliquait le but des exercices. Elle restait irrémédiablement silencieuse et impassible. A la fin des après-midis d'entraînements, Mareva saluait Isis d'une petite révérence aussi silencieuse que la journée et s'en allait. L'Iccam, sous l'œil vigilent de Yamada qui ne rôdait jamais très loin, avait ses soirées de libre et pouvait vaquer à ses occupations ou visiter Phuket.




Mareva était donc en position de défense et des larmes de sueur perlaient à son front. Les yeux fermés, Isis venait enfin de la repousser de son cercle. Les cris de joie de Rhidow lui indiquèrent qu'elle venait de réussir l'exercice. Mareva sourit brièvement avant qu'Isis n'ouvre les yeux. Elle finit par baisser son sabre, récupérant son visage impassible.

- Rhidow. J'ai dit que je ne voulais pas t'entendre...

Bizarrement ou non, La Kalista paraissait plus ouverte lorsqu'elle s'exprimait pour l'enfant. Il avait l'habitude des manières dures de la nounou et des parcours du combattant. Comme les autres enfants, peut-être avait-il compris qu'elle ne lui ferait jamais de mal et qu'elle les aimait. Sa manière de démontrer son attachement était seulement un peu plus tordu que la norme ne l'exigeait. Emmett aurait pu le confirmer cent fois.

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- Pourquoi tu veux qu'elle emmène Rhidow ? lui avait-il demandé quand il lut par-dessus son épaule le message qu'elle s'apprêtait à accrocher à la patte de son hibou. Pourquoi pas Egon ?
- L'entraînement sera pénible. Je veux qu'elle ait quelqu'un près d'elle le soir. Egon la surprotège. Il la rassure. J'aimerais qu'elle soit dans une situation inverse. Qu'elle rassure et qu'elle protège même si elle-même n'est pas rassurée et protégée. Il faut qu'elle se retrouve plus souvent dans un cas de figure où c'est à elle de couver.

Emmett avait sourit en embrassant Mareva.

- Mais c'est qu'une certaine Dame Rouge serait en train de développer des sentiments maternels à l'égard de ses Iccams, s'était-il moqué.
- Pas du tout. Vire-moi ta sale tête de Passeur de là, tu racontes n'importe quoi ! s'était-elle défendue avec mauvaise foi en le repoussant pour mieux cacher son visage aux joues rouges.

Like a Star


Elle tourna de nouveau la tête vers Isis tout en tendant son sabre vers Rhidow. Il comprenait qu'elle lui demandait de venir l'en débarrasser. Il fit un petit salut comme Mareva le lui avait appris avant de poser ses pieds sur le tatami et vint chercher l'arme, la saisissant des deux mains avec respect avant d'aller la reposer sur son rack.

- Petit Shalimancyan, peux-tu sortir et nous laisser seules, s'il te plaît. Ton entraînement est terminé. Tu as bien travaillé.

Un temps et pour Isis:

- Iccam Rosà. Sans bouger. Sans les mains. Sans parler. Avec la même concentration et ouverture des sens que tu avais pour cet exercice. De là où tu te trouves, pose ton sabre à côté du mien.


Mareva avait préféré faire sortir Rhidow. Quand Isis utilisait sa magie, une fois sur deux, on pouvait être certain que tout allait flamber. Il aurait été dommage de manger du Rhidow farci au dîner.

ILLUSTRATIONS :
 

VOCABULAIRE :
 




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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Kalista Rouge et Rose Iccam   Jeu 20 Jan 2011 - 18:40

"La force naît de l'adversité et des souffrances."
Paul Ohl



Concentrée, elle se mouvait lentement à la recherche de la silencieuse Kalista. Elle la sentit proche d’elle à de nombreuse reprise. Les yeux clos, plissés par l’effort, elle ne s’avoua pas vaincu malgré sa fatigue.


Isis n’était pas une sportive. Depuis début janvier, Mareva l’entrainait intensivement mais ce n’était rien comparer à ses deux derniers jours. Elle n’en pouvait littéralement plus. Tous ses muscles endoloris la lançaient au point de l’empêcher de dormir. L’iccam n’aurait jamais pensé avoir autant de muscles.


Son shinaï commençait à peser, elle baissa sa garde et sentit que Mareva venait de pénétrer dans son cercle. Foutu japonaise. Comment elle pouvait être aussi en forme. Si on ôtait les gouttes de sueur, rien ne trahissait les efforts de l’asiatique. Le contraste avec son élève à deux doigt de clamser était frappante.


A la fin de l’entrainement du premier jour Rhidow lui avait signifié qu’elle ressemblait à « un gobelin qui venait de finir un marathon » et il avait même précisé que s’était pas un compliment au cas elle n’avait pas saisi la comparaison. Complètement exténuée, Isis n’eut pas la force de se plaindre. Yamada les prévient que le sento était prêt, ce qui ravi Rhidow. Il aimait beaucoup la tradition du bain qui lui faisait penser à celle de Shalimance. Même si il ne comprenait pas tous les aspects de la culture japonaise, il avait beaucoup de respect pour celle-ci et apprenait avec plaisir ses us.
Dans le bain japonais, Isis se détendit autant que possible sachant qu’elle flippait dans cette étendu d’eau aussi minuscule soit elle. Elle était sortit rapidement mais restât près de Rhidow durant tout le temps qu’il fit trempette. Le fils et la mère prirent leur repas et terminèrent leur soirée à apprendre à jouer au jeu de Go. Rhidow avait repoussé sa curiosité d’aller en ville au lendemain parce qu’il trouvait qu’Isis marchait comme une petit vieille et ferait que les ralentir. J’aime mon fils, se disait-elle pour ne pas l’étrangler.


Le souffle court, Isis essayait encore et encore de repérer la Dame-Rouge. Elle appliqua ce qu’elle avait appris de chacun de ses exercices.

Vider son esprit.

L’iccam aurait bien volontiers tué Yamada quand ce dernier vint les réveiller. Rhidow, toujours aussi dynamique quelque soit l’heure de la journée s’en fichait un peu. Pas Isis. Le matin était sacré chez la jeune femme. Il valait mieux ne pas lui imposer quoi que ce soit avant qu’elle ait avalé une tasse de café noir. Alors, se faire sortir du lit et être obliger de méditer deux heures avait bien faillit mette un terme à l’entrainement. Pourtant Isis se plia bon gré mal gré à cet exercice. Si la première demi-heure elle restait incrédule, elle s’était prêté au jeu. C’est elle qui avait demandé de reprendre les entrainements, alors elle tiendrait jusqu’au bout, elle en était capable pensait-elle orgueilleuse. Et étonnement, elle apprécia énormément ce moment de recueillement avec soi-même.


Taire sa douleur.

Le deuxième jour d’entrainement avait été une véritable galère. Complètement courbaturée, chaque mouvement devenait une torture, pourtant Mareva ne lui laissa aucun repos. La Kalista se montrait toujours aussi patiente, silencieuse et froide, cela ne l’empêchait pas de forcer inlassablement Isis à dépasser sa douleur. L’exercice échoua jusqu’au moment où l’iccam arrêta de lutter contre ce qu’on lui imposait. Inconsciemment, Isis réagissait toujours de la même manière devant l’adversité, elle se débattait pour y échapper sans jamais l’affronter. Elle décida d’apprendre de son passé, et au lieu de faire sa tête de mule pour échapper à l’exercice, l’embrassa dans sa totalité. Finalement elle réussit. Succès relatif, mais cela restait un véritable progrès.
Après le bain, Rhidow réclama sa sortit dans Phuket. Habillé d’un Kimono, il avait emmené sa mère à travers la ville. Isis avait beau être crevée, elle avait passé une grande partie de sa soirée à visiter la ville avec des yeux aussi émerveillé que le petit shalimancyan, même si elle n’était pas très l’aise dans un pays dont elle ignorait la langue et les us et coutume. Cela ne l'empêchait pas de rassurer et dorloter son fils.


Se concentrer sur ce qui l’entoure.

Le dernier exercice était rude. Isis s’était épuisée très rapidement pensant que la vitesse était le mot clé pour le réussir. A force de cavaler, l’iccam avait complètement relâché son attention et Mareva investit plus d’une quarantaine de fois dans son cercle. Si la Kalista ne lui avait toujours rien donné comme indication pour réussir l’exercice, Isis se servit se qu’elle avait ordonné à son fils. Suivre ses mouvements pour ne faire qu’un. C’est en suivant ce conseil qu’elle remarqua que la vitesse n’était pas la clé de l’énigme, mais la vivacité. Se fut en se mouvant lentement tout en se concentrant sur son environnement, qu’Isis réussit à repousser deux fois Mareva avec des attaques rapides.
Fermer les yeux avait rendu la manœuvre plus ardu. Elle mit un temps considérable à trouver son équilibre dans le noir puis à se repérer dans la pièce. Malgré tout au bout de longue heure et à l’application méticuleuse de son apprentissage elle gagna. Le cri de joie de Rhidow lui avait fait chaud au cœur.

Elle avait envie de se précipiter pour avoir un gros câlin, mais se retient. Durant ces deux jours et demi, le rapport entre les deux femmes avait été très courtois bien que peu présent. Isis trouvait que ca suffisait amplement et n’avait pas envie qu’il se détériore. Alors, elle musa sa spontanéité naturelle, mais ne s’empêcha de faire un clin d’œil à son fils quand il alla ranger le katana.

Fatigué, elle avait hâte de pouvoir se reposer et arrêter l’entrainement.


- Iccam Rosà. Sans bouger. Sans les mains. Sans parler. Avec la même concentration et ouverture des sens que tu avais pour cet exercice. De là où tu te trouves, pose ton sabre à côté du mien.

Isis laissa échapper un soupire de dépit qu’elle ne tenta pas de rattraper.
De mauvaise grâce, elle ferma les yeux et se concentra. Vider son esprit. Oublier la douleur de son corps. Sentir sa magie. Le sabre se détacha de sa main et lévita devant elle. Elle ouvrit lentement les yeux. Calmement, elle laissa son esprit et sa magie se mélanger pour arriver à maitriser sa lévitation. A la moitié du chemin le shinaï vacilla. Avec plus de concentration, Isis arriva à le maintenir droit pendant environ deux mètres. Ce fut à ce moment qu’elle perdit le contrôle de sa magie. Des étincelles jaillirent de l’arme et commencèrent à l’embrasser.
Dépitée Isis relâcha complètement sa concentration. Elle ferma le poing, créa une boule d’eau qu’elle projeta contre l’arme. Une partie du tsuru et un bout de tatami avait roussi sous les flammes.

Isis n’arrivait toujours pas à maitriser sa magie. Oh, elle pouvait faire des trucs basiques qu’un simple sorcier n’arriverait jamais à faire. Créer de la matière première tel que de l’eau ou du feu était un jeu d’enfant. Elle arrivait même à partir de cette forme sphérique de base (tel une boule de feu) créer des dérivés plus ou moins complexe (tel un bouclier de feu ou des projectiles explosifs ou une pluie de lave) ou bien mélanger ses matières pour en créer une autre(tel une boule de feu, d’eau et d’air qui mélangeait par un procédé qu’elle ne pouvait expliquer devenait une sphère solide, à l’aspect métallique qui diffusait une lumière douce argentique, Rhidow aimait bien s’en servir de veilleuse).

- Ma magie ne semble pas aussi facilement domesticable que mon corps.

Se fut les seuls mots qu’elle avait prononcé à la Kalista depuis le début de la journée. Elle évita toutefois de se plaindre et mentionner son désir de prendre une bonne douche et surtout se reposer. Ne pas se battre, elle en pouvait plus.


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Mareva Coolwater
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MessageSujet: Re: Kalista Rouge et Rose Iccam   Dim 6 Fév 2011 - 10:01

Mareva se demandait bien ce qui pouvait faire croire à Isis Kitlee qu'elle avait pleine maîtrise de son propre corps. Elle n'en fit pas la remarque. Les maîtres mots et le processus actif d'apprentissage étaient "zenisme", silence et ouverture spirituelle. Si l'Iccam de la Rose pensait qu'elle avait domestiqué son corps, mieux valait-il le lui laisser croire pour construire la laisser construire sa confiance.

La Dame Rouge de son côté avait observé l'exercice sans bouger ni réagir. Au moment même où elle terminait de donner l'énoncé de l'exercice, elle sut qu'Isis n'y parviendrait pas. Elle le sut à cause du petit moment de tension et de rétention qui avait existé entre l'ordre reçu et l'action à effectuer. Isis faisait les choses "de mauvaise grâce". Non seulement elle se regardait faire et ne cessait de se juger au mépris de l'avis d'autrui, mais en plus elle résistait inlassablement contre le monde. Trop de tête, pas assez de cœur.

Elle ne savait toujours pas ce qu'était la fusion d'elle-même avec ce monde. Elle songeait que la magie était une manifestation extérieure à elle. Un phénomène extraordinaire additionné à elle en tant qu'être humain. Quelque étrangeté différente d'elle. Elle pensait comme une moldue. Elle s'imaginait que la magie provenait d'une adjonction intentionnelle de son cerveau à tout son corps afin de provoquer un acte magique. Une boule de feu, d'eau, un sortilège quelconque. Elle le pouvait donc c'était. Elle ne s'était jamais posé la question de la perfectibilité de ses capacités autrement que par le travail acharné et la contrainte. Elle méjugeait les exercices de Mareva. Elle ne les comprenait pas. Elle les trouvait éprouvant parce qu'elle travaillait à côté de la plaque. Elle ne pensait qu'en termes de maîtrise, de domestication. Rarement en terme d'écoute et d'ouverture, de confiance et de laisser aller. Isis était rigide et fermée. Mareva voulait très simplement lui apprendre à s'écouter et à écouter le monde. Ecouter signifiait ressentir et comprendre afin de ne faire qu'un avec lui, avant de prétendre le dominer. La maîtrise était le privilège de ceux qui avaient déjà fait le travail avant-coureur d'ouvrir ses sens et d'être à l'affût de toutes les éventualités sensorielles.

Ces trois jours étaient un semi-échec en cela que Mareva avait l'impression de n'être pas parvenue à ouvrir Isis au raisonnement que la magie était le résultat d'une alchimie parfaite entre elle et le monde. Une fusion entre ce qui se passait à l'intérieur et à l'extérieur, manifestée par une énergie directionnelle et influençable à volonté. Quand l'Iccam aura pris conscience qu'elle et le monde ne font qu'un – qu'elle n'a pas besoin de ses yeux pour voir, se sa main pour sentir ou de son cerveau pour réfléchir – et qu'elle peut s'en servir autrement que comme un outil, elle aura compris la magie. Sa magie.

"Reste encourageante, Coolwater..."

La Dame Rouge fit une petite courbette pour remercier son élève et lui stipuler que c'était la fin du cours en ce qui la concernait. Ne pouvant se résoudre à ne pas la mettre sur la voie, sans se redresser ou croiser son regard, elle ajouta révérencieusement :

- On ne domestique pas plus la magie que son corps. On les écoute, Iccam Rosà. On se laisse domestiquer par eux pour mieux reprendre le dessus plus tard. On les laisse à la portée du monde. On les abandonne à la nécessité d'être, d'exister, de persister et d'appartenir au monde.

Mareva resta penchée. Elle recula dans la même position jusqu'à atteindre la porte de sortie. Une fois à la porte, elle se redressa et se tourna vers le sinaï brûlé. Pour toute démonstration de ce qu'elle venait d'évoquer, elle brandit sa main au-dessus du sinaï et de la tâche de brûlure sur le sol. Elle ferma les yeux et inspira sereinement. Soudain, sous la paume de sa main tendue vers le sol, une douche lumineuse éclaira les lattes de bois et l'arme calcinée. Chaque petite particule dansant dans le faisceau produit par sa paume s'écrasait délicatement sur tout ce qui avait été altéré. Petit à petit, le bois repris vie et le sinaï ne reconstruisit. Quand l'opération fut terminée, Mareva rouvrit les yeux, fit un geste sur le côté en direction du rack et l'arme en bois alla se ranger d'elle-même à son emplacement.

Depuis qu'elle était dans la Résistance et qu'Emmett avait déterminé qu'elle était Kalista, c'était la première fois que Mareva montrait le pouvoir régénérateur de la Kalista. Elle avait découvert ce pouvoir par accident, un matin en éduquant les enfants. Un instant rare où elle s'était sentie bien. Où la mort d'Oriane et le sentiment de sa perte n'était plus en conflit avec l'amour qu'elle ressentait pour Emmett et son bien-être avec les enfants. Elle avait ressentit le monde et ses pouvoirs s'étaient libérés.

"A parier que ce charlatan de De lansley a fusionné avec mon monde depuis belle lurette. Comment ce morpion sybarite peut-il disposer d'autant de pouvoir et subjuguer son environnement avec une telle facilité ? Je suis sûre qu'il est possédé par un démon..."

Des quatre Clés, Mareva avait fait observer à Emmett que Sacha était le seul qui avait une conscience sans ambigüité de l'étendue de ses capacités et une influence caractérisée sur les autres Clés et sur leurs pouvoirs magiques. En sa présence, avait remarqué Mareva, il lui était impossible de déployer ses pouvoirs contre lui. Pourtant, Egon et qui n'était pas une des quatre Clés pouvait y parvenir normalement.

Lorsqu'Isis serait éveillée à ses capacités endormies, serait-elle capable de faire obstruction aux pouvoirs de Sacha aussi habilement que le pouvait Egon ?

Mareva se rendit compte qu'elle venait de dévisager longuement Isis au cours de sa réflexion. Pour noyer le poisson, elle finit par sourire en coin :

- Douche, promenade et dîner ? Se renseigna-t-elle sans laisser l'espace d'une réponse. Me feriez-vous le plaisir, avec Rhidow, de m'accompagner pour le repas de ce soir ? J'ai trois invités. C'est votre dernière soirée... nous pourrions fêter ça à la japonaise, ajouta-t-elle mystérieusement sans réellement lui laisser la possibilité de refuser. Il vous faudra des kimonos... Yamada passera vous en apporter un.




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MessageSujet: Re: Kalista Rouge et Rose Iccam   Sam 12 Mar 2011 - 0:38

Elle n’avait pu s’empêcher de vérifier que l’arme était belle et bien réparée. Pas qu’elle ne remettait pas en doute du pouvoir de régénération de la Kalista, s’était juste pour…

En étant sincère, une partie d’elle aurait bien aimé que le shinaï soit encore cramé et que le sortilège ne fut qu’une illusion pour lui en mettre plein la vue. Par simple jalousie. Isis enviait la facilité qu’avait sa tutrice à user de sa magie. Elle convoitait tellement de pouvoir jouir de ses propres capacités qu’elle désirait voir Mareva se planter, pour une fois.
Et en le restant, si il fut le premier, ce n’était pas le sentiment qui prédominait. Isis était très respectueuse des compétences de Coolwater. En particulier le pouvoir régénérateur de la Kalista, qui tranchait avec ceux mortelles maintes et maintes fois employés. Même l’iccam Rosà savait à quoi faisait référence son titre de Dame-Rouge. Les exploits sanguinaires de la clé lui étaient tombés dans les oreilles. Toutefois, la jeune femme restait perplexe. Comment une femme réputée pour détruire tout sur son passage maitrisait la capacité de réparer ce qui a été détruit. Les yeux plongés sur le sabre de bois maintenu dans la paume de sa main, Isis resta pensive face à ce paradoxe, qui ne l’était surement pour elle. Finalement, se disait-elle, qui sait refaire ce qui a été défait mieux que la personne qui défait.

Elle reposa son shinaï mais resta encore à le regarder pensivement. Elle était en proie à des doutes.

Les mots de Mareva trottaient inlassablement dans son esprit. Encore une fois elle était partagée.
Elle n’était pas idiote et savait que si la japonaise lui avait donné un indice, un conseil, une clé pour débloquer la situation, c’est qu’elle avait échoué. Elle était encore vivante, donc elle n’avait surement pas échoué totalement, mais on ne pouvait pas dire qu’elle avait brillamment réussit.

D’un côté, ça l’a foutait en rogne. Si l’asiatique s’était au moins expliqué, si elle avait dit ce qu’elle attendait au lieu de rester muette et de la laisser dans la panade, Isis aurait surement réussit ses fichu tests. Au du moins, elle serait quoi faire pour rectifier, pour s’améliorer. Mais non, elle préférait la laisser dans la mélasse.
En même temps, la jeune femme était bien consciente que ses reproches ne rimaient à rien. Que ca ne l’aiderait pas à avancer, et qu’au mieux, elle resterait là ou elle en était. Mais à vrai dire, elle en avait marre d’être là où elle en était. Régresser serait inacceptable pour son amour propre. Rester serait un échec également. Elle ne pouvait pas rester aussi inoffensive. Elle ne supporter plus cette facette d’elle-même.
Elle aspirait à reprendre la liberté dont elle s’était lésée. Elle dépendait de tellement de monde. Beaucoup trop.


On ne domestique pas plus la magie que son corps. On les écoute. On se laisse domestiquer par eux pour mieux reprendre le dessus plus tard. On les laisse à la portée du monde. On les abandonne à la nécessité d'être, d'exister, de persister et d'appartenir au monde.

Isis venait de finir de noter ses mots dans un petit carnet quand Rhidow déboula dans la chambre en serviette. Il venait de terminer sa douche et s’apprêtait à enfiler son kimono avec l’aide de Yamada qui était resté poliment à l’entrée de la pièce. Le petit garçon était très heureux de pouvoir manger avec sa nounou ce soir. Surexciter et très fier de l’honore que Mareva leur témoignait il était intarissable sur le sujet. Isis essaya bien de placer quelque mot mais ce fut mission impossible.
A vrai dire, ce repas elle n’avait pas eu le choix, alors elle avait juste acquiescé à la demande de la maitresse de maison. Si ca n’avait tenu qu’à elle, « fêter ça à la japonaise » « kimono » et « diner en compagnie de Mareva » était trois raisons suffisantes pour qu’elle décline poliment l’invitation. A ses yeux une fête digne de ce nom se résumé à un repas familiale ou tu picore plus que tu manges vu que de toute manière tu es plus en dehors de la table à discuter ou t’amuser avec les gosses qu’à manger. Son intuition disait que cette soirée aller être aux antipodes de ça.

Elle laissa son trublion de fils dans les mains du second de Coolwater pendant qu’elle alla prendre sa douche. Les recommandations de Mareva tournaient en rond dans sa tête et ça n’avançait à rien. Si elle comprenait les mots, le sens lui échappait. Elle ne savait pas si s’était la fatigue, la pression ou juste qu’elle devenait idiote sans s’en rendre compte, mais ça n’avait ni queue ni tête pour Isis pour l’instant.

L’épreuve du kimono fut aussi un raté. Après une bonne trentaine de minutes de lutte intensive, elle dut se résoudre à supplier à Yamada de se porter à son secoure. Elle avait beau faire, défaire, refaire, elle pigeait toujours pas comment on arrivait à fermer l’habit. Et elle ne parla même pas du obi qui était une énigme à lui tout seul. Rouge de honte, elle laissa faire les mains expertes sous le regard inquiet de Rhidow qui ne semblait pas apprécier qu’elle soit habillée par un autre homme qu’Egon.


- Tu crains que Yamada me tue pour être aussi inquiet ? se moqua-telle.
- Même pas vrai… tou’façon Mareva tu tueras avant que Yamada est fait le moindre geste
- Ah ! Je suis rassurée
- Mais elle dit ça surtout pour faire peur. Elle menace de tuer tout le monde, justifia-t-il.

Maintenant, habillée, Isis s’inspecta dans le miroir. Le tissu était sublime et l’ouvrage aurait été mille fois plus harmonieux sur une asiatique. Les traits occidentaux ne rendaient pas justice à ce magnifique ouvrage.

Enfin prête, Rhidow se leva et constata avec effroi qu’ils ne pourraient pas faire la promenade vu l’heure, mais que s’était pas trop grave car il avait bien aimé regarder sa mère se battre avec le kimono. C’était, je cite « trop drôle ».

Souriante bien que tendu, Isis et son fils se dirigèrent vers la fête accompagner par Yamada.
Elle avait du mal à cacher son anxiété. Si elle avait été plus à l’aise en présence de la Dame-rouge, elle aurait accueillit l’événement avec enthousiasme. Ce n’était vraiment pas le cas. Mareva mettait Isis mal à l’aise, même si s’était moins prononcer qu’avec De Lansley.


Pour le kimono, elle avait raison. Seule les asiatiques savaient rendre hommages à ces toilettes.
Et elle savait aussi ce qui avait attiré Emmett dans les bras de Coolwater qui était resté jusqu'à présent un mystère. Elle était une très belle femme.
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MessageSujet: Re: Kalista Rouge et Rose Iccam   Mar 29 Mar 2011 - 22:12

Précédés de Yamada, l’Iccam et son fils entrèrent dans le hall de l’hôtel vêtus de leur kimono d’été.

- Bonsoir, dit simplement Mareva après une légère courbette de circonstance lorsqu’ils arrivèrent devant elle.

La Dame Rouge les attendait devant la porte menant à un grand salon laqué, garni et décoré avec des feuilles couleur ivoire qui pendaient des plafonds, où des estampes japonaises antiques étaient suspendues aux murs de bois au-dessus de trépieds en marbre exposant de riches vases Mings ou de bronzes représentant autant de Dieux et de Bouddha. A l’intérieur du salon se mélangeaient à la structure très nipponne des charpentes, des taches de couleurs par les tissus, les nappes, les tapisseries et les coussins aux couleurs chaudes et de facture plus thaïlandaise. De grandes baies vitrées donnaient sur le jardin de l’hôtel qui donnait l’impression de se noyer dans la mer lointaine qu’on apercevait à l’horizon, après le flanc de la falaise.

Ils traversèrent la salle à manger où quelques résidents de l’hôtel étaient attablés et attendaient le service, Mareva en tête d’un cortège fermé par Yamada qui avait toujours son indécrottable uniforme militaire.

Au fond de la salle, un petit salon était excentré à l’opposé des cuisines et dans le coin le plus à gauche de la salle. Il donnait sur le jardin et était éclairé de bougie. Les chaises laquées et la nappe jonquille donnait une impression printanière. Des fleurs d’orchidées avaient été déposées comme ornement végétal près de chaque verre à vin et des carafes aux contenants divers jonchaient l’immense table.

Il y avait sept chaises. Assis côte à côte sur deux d’entre elles et en grande discussion sur le dernier match de Quidditch illégal dans la Forêt Interdite, Egon et Emmett se levèrent dès qu’ils virent entrer le petit groupe. Les deux hommes avaient tous les deux consciences de la surprise que cela devait être pour Isis et Rhidow de les voir là. L’enfant lâcha instantanément la main de sa mère pour courir vers son père, bousculant au passage Mareva qui le fusilla du regard :

- Qu’il est insupportable, cet enfant ! Je ne le supporte plus, exagéra-t-elle avant de poursuivre ad libidum jusqu’à ce que les bras et les lèvres d’Emmett viennent l’enserrer. Horrible petit Shalimancyan mal éduqué. Si je l’avais eu depuis la naissance, on n’en serait pas là... Cent ans ? Et mon popotin asiatique, il a cent ans peut-être ? Mes fesses oui ! Comment se fait-il que ces satanés Icc...pffgftpfgftt...

Yamada avait tourné la tête sur le côté par pudeur cependant qu’Emmett finit par se détacher lentement de sa promise ainsi calmée.

- Bonsoir, ma tendre dictatrice, fit-il moqueur en se tournant vers Egon et Isis qui s’étaient rejoints non loin d’eux. Bonsoir, Isis, salut Rhidow !

Son attention retourna à la japonaise :

- Je vois que tu es d’une humeur splendide ! Continua impunément de moquer. C’est parfait... j’aurais été perdu sans ça. Comment se sont passés les entraînements ?

Mareva serra la mâchoire et ordonna d’un geste de la main à deux serviteurs en attente de part et d’autre du petit salon de venir tirer leurs chaises et servir les rafraichissements. Pendant qu’ils s’effectuaient et qu’Egon, Rhidow et Isis profitaient de leurs retrouvailles en bredouillant des paroles que Mareva jugea mièvres avant même qu'un mot soit sortis de leur bouche, la Dame Rouge confia la conclusion du strict minimum sans s’épancher sur les détails de leur trois journées d’entraînements :

- Elle n’a aucune conscience de son environnement et des autres. Elle ne jure que par ce qu’elle voit, n’est régit que par l’instant T et se moque complètement de mes enseignements. Elle pense que réussir consiste en bien exécuter ce que je lui demande... comme une bonne élève. Mais elle ne s’éveille pas. On ne se comprend pas. Même l’enfant a compris ce que j’attendais d’elle. Elle reste obstinément cloîtrée dans des questionnements désœuvrés. Au moins a-t-elle mieux accepté ma présence, me semble-t-il... et moi la sienne. Je la déteste moins bien qu’elle continue de m’agacer prodigieusement.
- Tu n’as pas été trop dure ?

Mareva masqua, presque blessée :

- J’ai agi comme tu me l’as conseillé : avec douceur... du moins ce dont j’étais capable de douceur.

Emmett rit en caressant sa joue du revers de son index :

- Tu es d’une telle immaturité, Kalista ! Comment se fait-il que la même main puisse tuer et régénérer avec autant de facilité et de détachement ? Aimer et haïr avec autant de conviction ?
- Parce que je suis en accord avec mes actes, leurs incohérences et leur légitimité, Aeterna. Ce n’est pas de la conviction mais de la sincérité. Contrairement à d’autres, je pense être une personne sincère qui ne se leurre pas et ne leurre pas les autres. Et toi ? As-tu avancé sur le dernier paragraphe de la Prophétie ?... Est-ce que Sacha et Mélusine ont fini par accepter leur lien ?

Emmett jeta un regard furtif en direction des deux Iccams :

- Mélusine devrait nous rejoindre, sourit-il comme un signe de victoire ou de bonne inspiration. Enfin, j'espère. Rien ne nouveau pour le Centaure. Je bloque sur la même partie depuis des mois. Je ne sais pas comment comprendre le passage sur la faction des Quatre Clés. Quant à Sacha, il a dû quitter subitement le château avec Elliot... J'ai un mauvais pressentiment mais il ne m'a pas vraiment laissé le choix... il ne nous rejoindra pas mais il m’a dit « Tu avais raison. »
- Raison à quel sujeti ?
- Je crois qu’il faisait référence à la Prophétie... à l’union des Clés. Une discussion que nous avions il y a longtemps. Il critiquait mon investissement dans la recherche de la 4ème Clé et je lui certifiais qu’il savait déjà qui il aimerait voir remplir ce rôle.
- Partir à l’autre bout du monde pour découvrir quelque chose qu’il savait déjà...? Ce Sybarite aime perdre son temps.
- Non, Ma Dame, la coupa froidement Emmett. Chacun doit prendre le temps qu’il lui faut pour se figurer les choses et pour se découvrir, ce n’est pas à toi de juger ce temps et la manière dont les autres fonctionnent. Nous les orientons mais ils décident.

Le visage fermé et sévère d’avoir été rabroué par le ton d’Emmett, Mareva s’approcha de son oreille :

- Tu es trop respectueux des autres. Ca me plaît. Mais quand tu me parles sur ce ton, j’éprouve une misère infinie à me concentrer sur ce qui nous attend.

S’écartant en souriant en coin :

- ...Je te l’aurais bien fait payer dans un lit.

Emmett de répondre avec le même sourire.

Ils rejoignirent la petite famille d’Iccam qui devait avoir eu le même genre de préoccupations et de conversations que les deux Clés. Egon avait l’air d’avoir le même sourire. On ne lui avait donc pas fait de portrait trop insupportable de ces trois derniers jours d’entraînement.

"J’aurais pensé que l’Iccam Rosà se serait plaint de combien elle avait souffert et de la rudesse de ses journées... Y aurait des efforts de son côté aussi" songea Mareva en invitant tout le monde à s’asseoir.

Une seule chaise demeurait vacante. Mareva s’assit à côté d’Emmett, lui-même à côté d’Isis. Rhidow, entre ses deux parents, racontait les balades en éléphants, les combats d’Isis et le Shinaï en bois à Egon qui essayait de décrypter à quel point il devait être ravi d’avoir accepté de laisser sa femme et son fils aux mains de Mareva et Yamada. Le Commandant Yamada était assis à la droite de Mareva et à côté de la place vacante.

Mareva tendit son bras devant elle, au-dessus du centre de la table. C’était le signe qu’attendaient les serveurs pour faire apparaître la nourriture qui consistait en plusieurs petits plats exotiques. Elle rabattit son bras et leva son verre en toast quand la dernière invitée franchit le pas de la porte :

- Je porte un toast à nos difficultés, nos incompréhensions et nos hésitations. Puissent-elles brûler en Myr avec Antarès.

Cul sec.

- Bonsoir, mademoiselle.

Pour une raison encore obscure, Mareva n’aimait pas plus Mélusine qu’Isis mais entretenait avec elle une relation des plus civiles et ne l’avait encore jamais menacé de quoi que ce soit à l’intar de Yamada. Emmett leva son verre, donnant le la aux autres invités.





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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Kalista Rouge et Rose Iccam   Dim 3 Avr 2011 - 16:20


La poudre de cheminette, c'était très sympa, mais un soupçon salissant.
De sorte que, lorsque Mélusine s'extirpa de l'âtre, elle donnait l'impression d’avoir fait un séjour prolongé dans un endroit déserté par la fée du logis. Qu'à cela ne tienne! Un petit
Récurvite en guise de ravalement de façade et le tour était joué. Ou presque. Elle était désormais une sorte de d'illustration anthropomorphique de Pile/Face. Pile, pâle et propre. Face, échevelée façon cendrier. Alors qu'on la conduisait à travers ce qui lui sembla un dédale de salles à lui faire perdre le sens de l'orientation, on lui assura que cela n'avait aucune sorte d'importance, puisque sa tenue n'allait pas rester en l'état. "On" avait les yeux bridés et des manières exquises. Ainsi qu'un défaut immense. Le grand défaut de "on" était d'être presque aussi entêté que Mélusine elle-même (ou alors, plus soucieux de sa survie à long terme). Hors de question de quitter ses vêtements pour le déguisement local. Cela aurait pu durer des heures à jouer les fortes têtes mais elle était juste ... tellement fatiguée. Au cours des dernières vingt-quatre heure, elle avait visité quatre pays et cinq villes différentes et avait un peu oublié de dormir au passage. Elle finit donc pas se lasser la première et se laisser faire, non sans maugréer, en gaélique, qu'ainsi attifée, elle avait l'impression d'être en robe de chambre. Et quelle que soit la raison de la 'convocation' d'Emmett, l'idée d'apparaître dans... cette tenue, ne lui disait rien qui vaille. Elle avait pourtant tenté le compromis ("Je pourrais juste mettre la ceinture, là... Avec mon kilt, ce serait chouette." ou encore "D'accord, mais je garde mes chaussettes.") et avait seulement récolté qu'on ne touchât pas à ses cheveux. Une petite victoire valait mieux que pas de victoire du tout.

Tout en suivant un
On muet dans ce qui n'avait finalement rien d'un labyrinthe mais tout d'un hôtel-restaurant aux idiomes inconnus, Mélusine cogitait. Après réception du hibou d'Emmett, daté du 13 mais reçu bien plus tard, mouvement perpétuel obligeait, elle était venue ici, persuadée d'avoir été mandatée pour une nouvelle mission. Binômée avec Mareva Coolwater par quelqu'un aux ambitions tordues. Pourquoi avait-elle immédiatement pensé à la Dame Rouge? Élémentaire, mon cher Watson. Phuket = Thaïlande = fief de ladite Dame. Pas besoin d'avoir les neurones en suractivité pour faire le lien. Mais alors, quel était donc ce drôle de rite initiatique bizarre dans lequel il fallait enfiler costume et errer sans aucune information complémentaire? A la réflexion, elle aurait peut-être dû s'attarder un peu plus sur l'intitulé du message au lieu de n'en retenir que le lieu, la date et la signature. D'activer un peu son plan d'action et de rentrer plus tôt que prévu. Elle avait quitté New York, escorté son canadien jusqu'à sa cousine Morgane chez Aberdeen, avait fait un saut à Edimbourg pour passer une tenue correcte, prendre le strict nécessaire, un peu en vrac, cueillir une lettre d'une main tremblante, regretter et être soulagée de ne pouvoir la lire de suite, acheter un peu de poudre de cheminette puisqu'elle était en rupture de stock, retourner chez elle, plonger dans les flammes vertes et atterrir à l'autre bout du monde. Avec un peu de magie, même l'impossible était à portée de main.

Ses cogitations ne la menèrent pas si loin. Ses pas, symétriques à ceux de son guide, non plus.
S'il fallait se perdre pour trouver l'introuvable, elle était plutôt en bonne voie.

Au fin fond du dining-room officiel, On ouvrit une porte et s'effaça pour la laisser passer.
Sa première réaction fut de songer à combien l'air sentait bon. Si elle ne dormait pas beaucoup, il y avait également une éternité qu'elle n'avait pas fait de repas convenable. Et les effluves qui parvenaient jusqu'à son nez lui en semblaient d'autant plus alléchantes. Son estomac se manifesta bruyamment tandis que ses yeux s'occupaient de le faire taire.

'Eh bien, tu avais quand même pas tout à fait tort.'

Hum?

'Il y a bel et bien Mareva Coolwater dans cette histoire.'

Oui. Sauf qu'en plus d'Emmett dont la présence n'était pas si surprenante, il y avait aussi la petite famille Kitlee-Sutham plus un type qu'elle avait peut-être déjà vu mais dont elle ne se souvenait pas. Ca ressemblait, au choix, à un tribunal ou à un goûter d'anniversaire. Mais leurs visages à tous étaient plutôt détendus et souriants. Donc, à moins d'être des sadiques, ça n'était pas un tribunal. Et ça n'était pas non plus son anniversaire.
Figée sur le seuil, elle se sentit pâlir, pendant ce qui lui sembla être une éternité. Le sentiment était d'ailleurs particulièrement paradoxal. Des impulsions contraires la poussaient en avant tout en lui suggérant de s'enfuir.

'Fuir, c'est se condamner à la fuite.'

Elle avait raison. Elle ne pouvait pas fuir pour la simple raison d'entrailles vaguement nouées par l'appréhension. Elle ne ferait jamais rien de sa vie si elle laissait la peur avoir une prise sur elle. Gryffondor attitude! Agir malgré la peur, c'était ça le vrai courage.

'D'autant plus qu'on parle d'appréhension, pas de peur.'

Ca voulait dire qu'elle n'était pas si courageuse?
Un verre levé et Mélusine sourit. Plus aux paroles qu'au geste.
D'autres verres suivirent. Pour ne pas être en reste, sa baguette attira un autre spécimen de la même espèce. Et si le gobelet était vide, pas grave, c'était l'intention qui comptait. Elle le leva bien haut et afficha une confiance qu'elle n'avait pas, en lançant à son tour:


"Bien le bonsoir à vous!"

Et puisqu'elle ne pouvait rien en avaler, elle se résigna à pénétrer véritablement dans l'espace en soutenant le regard de chacun, à tour de rôle. C'était une question de fierté. Egon qu'elle ne connaissait que pour être un ancien camarade de maison. Ridhow qu'elle aimait taquiner et qui le lui rendait bien. Emmett qu'elle avait fui à peu près tout le dernier semestre et qui l'avait laissée faire gentiment. Mareva qu'elle craignait sans trop savoir pourquoi. Monsieur l'inconnu au masque impénétrable. Et Isis, sur laquelle elle s'attarda et qui était la seule personnelle avec qui elle entretenait une relation véritable. Elle aurait préféré pouvoir s'asseoir à ses côtés mais rejoignit le bout de la table et s'assit obligeamment, heureuse de ne pas s'être pris la honte à trébucher sur son kimono. Elle aurait aimé, également, discuter un peu avec Isis loin d'oreilles-témoins. Juste comme ça. Pour le plaisir. Leur dernière sortie remontait à une éternité. C'était un peu sa faute à elle. Elle se contenta de lui sourire.

Echange des banalités d'usage jusqu'à ce que sa personnalité reprenne le dessus sur son sens social:


"Hum... Croyez bien que je suis ravie d'être ici mais... quelqu'un m'explique le pourquoi du comment?"

Si c'était tout simplement une invitation dans les règles, ils la connaissaient au moins assez pour savoir que la promesse d'un bon repas était le meilleur moyen de la convaincre de rester. Ses yeux erraient sur les plats disposés sur la table, au milieu des fleurs et des pichets. Sûre que c'était pas en Angleterre qu'on pouvait se retrouvé attablé face à quoi que ce soit de semblable. Les Anglais n'aimaient pas manger.
C'était bien pour ça qu'elle était Ecossaise.




« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
They told me I didn’t understand the assignment,
And I told them they didn’t understand life. »
John Lennon


Dernière édition par Mélusine McEwan le Mer 1 Juin 2011 - 23:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Kalista Rouge et Rose Iccam   Dim 3 Avr 2011 - 19:08

Isis esquissa un franc sourire quand Mélu posa avec son bagou habituelle LA question que tout le monde se posait. Et quand elle disait tout le monde, elle pensait à la famille Sutham-Kitlee. Bien que les deux iccams présentaient la réponse.


La jeune femme se retourna tranquillement vers Emmett s’attendant à tout moment l’entendre énoncer le problème suivant :

Deux iccams et l’une de leur paire de clés trinquent et s’apprêtent à diner en grande pompe. Leur troisième clé à décliné l’invitation préférant se casser avec un chanteur international le plus aimé dans le monde entier. Une nouvelle personne entre dans la pièce. Qui est ce ?

Vous avez 4 heures.


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- Vous êtes dégoutant.

Les deux se tournèrent d’un seul bloc vers leur fils détachant avec grand mal leur lèvre. Le sourire aux yeux de ses parents en disait long sur ce qu’ils s’apprêtaient à lui dire alors le petit centenaire pris les devants.

- Emmett et Mareva ils passent pas leur temps à s’embrasser autant et devant tout le monde.

Pour seul réponse, Isis tourna doucement la tête de son fils sur le côté pour lui prouver le contraire.

- Tu disais quoi déjà… Emmett et Mareva ils passent pas leur temps à s’embrasser devant tout le monde, parodia-t-elle gentiment.
- C’est pas pareil, bafouilla-t-il, détournant le regard comme le faisait avec pudeur Yamada.
- Ca je n’en doute pas... moi, je ne menace pas de mort Egon à longueur de journée.
- Toi, tu passes ton temps à l’embrasser
- Faux ! Il passe Son temps à M’embrasser

Le shalimancyan chercha a avoir la confirmation de cet argumant dans les yeux de son père. Information exact. Vrai. Alors, avec un hochement de tête désaprobateur, il s’en alla retrouver Yamada et l'interroger sur tout ce qui n'était des bisous dégoutants.


- Comment ça s’est passé ? l’interrogea-t-il d’une voie neutre qui elle avait appris caché généralement une inquiétude.
- Je suis vivante, alors je ne dirais pas si mal que ça.

Elle se lova dans ses bras qui lui avaient tant manqué. Trois jours sans pouvoir l’entendre, le sentir, l’embrasser avait été une torture plus grande qu’elle ne l’avait cru. Cela faisait plus de 5 mois qu’ils vivaient pour la première fois vingt quatre heure sur vingt quatre, ces 72 heures avait été longue. Il lui manquait terriblement. Bien que ce manque, elle ne l’avait ressentit que depuis leur réunification.

- Mais je n’ai pas réussis. Je ne la comprends pas. Je ne pige pas ce qu’elle attend de moi. Elle ne dit jamais rien. J’ai l’impression d’avoir régresser intellectuellement. Avec elle, j’ai la sensation de ne pas être capable de savoir qu’un hippogriffe plus un hippogriffe ça donne deux hippogriffes.

Sans compter qu’elle faisait un sérieux complexe depuis que la Kalista lui avait fait une démonstration de son pouvoir régénérateur.

Egon la taquina pour la réconforter tandis que Rhidow ayant glané ses informations revint vers eux et les entraina à table. Il se plaça délibérément entre ses deux parents pour être sur de plus avoir à supporter leur baiser.

- Tu verras dans quelques années c’est nous qui allons devoir te demander d’arrêter d’embrasser ta ou ton chéri
- Pas vrai d’abord. J’embrasserai personne moi
- Pas même Minna
Isis fit les gros yeux à Egon bien que comme lui, elle était très amusé par les joues roses de Rhidow qui se dandinait sur sa chaise embarrassé.
- Il n’y a pas un couvert de trop ?
- Sacha devait venir, mais il a eu un empêchement de dernière minute. Il est parti avec O’Malley faire on ne sait quoi.
- Que les déités bénissent O’Malley, se réjouit-elle, trop heureuse d’échapper aux railleries de son Gardien. L’ego déjà mis à mal par la Kalista, elle aurait difficilement supporter De Lansley.

O’Malley fut un sujet qui permit à Rhidow de rebondir en oubliant le passage bisous. Il enchaina rapidement avec un récit édulcoré de leur passe temps à Phuket.



Like a Star



L’iccam Rosà posa son verre et chercha le regard de l’écossaise qu’elle trouva rapidement.
Depuis leur dernière entrevue le lendemain du référendum, elles n’avaient pas eu l’occasion de se retrouver ensemble pour discuter tranquillement. Isis lui devait une vérité qui était, ce soir, possible de lui avouer.


- Tu m’as demandé un jour si j’étais une Résistante. A la négative, tu en as conclu que je n’étais là qu’à cause de mon statut de petite amie. Bien que pas totalement erronée, ce n’est pas la raison. D’après une vieille prophétie, je suis la réincarnation de la dyade et en tant que tel, la Resistance me protège.

La voix toujours neutre, et sans ciller, elle répondit à l'énoncé du problème avant la fin de l'épreuve.

- Et je suppose que tu es la quatrième clé, Le Miroir.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Kalista Rouge et Rose Iccam   Jeu 7 Avr 2011 - 23:41

Son rire mourut sur ses lèvres quand Mélusine constata qu'elle était la seule à avoir la fibre comique. Elle était pourtant partie d'un rire franc et joyeux, du genre contagieux mais personne d'autre qu'elle n'avait semblé atteint par son sens de l'humour qui, finalement, devait filer dans la mauvaise direction.
Conclusion: ça n'était pas drôle.
Et Isis était sérieuse.
Elle le voyait au fond de ses yeux.

Mélusine pâlit. Beaucoup et très rapidement.
Si le sang s'enfuit de ses joues, ça n'était pas pour rejoindre sa cervelle. Elle essayait de toutes ses forces de penser, de réfléchir mais c'était à peu près aussi efficace qu'essayer de respirer sous l'eau. Oui, c'était un peu ça. Elle s'en noyait dans sa propre tête. Il lui semblait pourtant qu'on attendait quelque chose d'elle. Un discours. Quelques mots. Ou peut-être juste une réaction sensée. Oui. Voilà. Une réaction sensée. Euh. Tout ce qui lui venait à l'esprit...
Bon. Non. Ca n'était peut-être pas le moment de leur avouer qu'elle ne croyait pas aux Iccams. A la Prophétie non plus, d'ailleurs, maintenant qu'elle y pensait. Non pas qu'elle soit dotée d'un réel sens de la diplomatie mais tout de même... Il y avait des choses qui ne se faisaient pas.
Trouver autre chose.
Approuver. Hocher gentiment du chef et dire: « oui, oui, c'est bien moi! ». L'affirmer. L'assumer.
Elle ne s'en sentait pas non plus capable. Depuis qu'elle avait quitté Isis des yeux, elle avait été incapable de dévisager aucun d'entre eux.

Il y eut, comme ça, un long moment éternel où elle fut incapable de dire ou de penser. Il lui semblait qu'elle avait plongé à l'intérieur d'elle-même, à la recherche d'elle-ne-savait-pas-trop-quoi. Ce genre de quête ramenait généralement à la surface de l'inattendu et de l'involontaire. Et souvent, elle aurait préféré que le tout reste bien planqué là où il se trouvait, sous la surface du monde connu. Mais c'était toujours plus fort qu'elle. Il fallait qu'elle aille jeter un œil quand même. Et tout le reste suivait. Le deuxième œil, les oreilles, les pensées et surtout le cœur.
Ce qu'elle trouva tout au fond, elle n'aurait pas trop su le décrire. N'avait pas vraiment envie de s'y appesantir. C'était fait d'espoir, d'entraide, de... De choses auxquelles elle ne pouvait pas se permettre de s'accrocher sous peine de s'y briser. Il y avait déjà tellement de choses avec lesquelles elle devait composer et qu'elle ne parvenait pas à gérer, des choses qui la hantaient et dont elle ne parvenait pas à se défaire. Dont elle n'avait pas envie de se défaire.

Jusqu'à présent, elle avait essentiellement envisagé cette histoire de prophétie dans sa relation avec de Lansley. Dans ses pires moments de doute, d'amertume ou de rancœur, elle réussissait à se convaincre que TOUT était de la faute de cette foutue prophétie. Sans cela, rien ne se serait passé et la vie aurait gardé sa simplicité d'antan.

'Oh! Sûr! Tu crèves d'envie de revenir à ta vie d'avant.'

Bien sûr que non. Ca n'était pas ce qu'elle avait pensé.
Si elle ne pouvait pas être tranquille deux secondes dans sa tête...

Depuis qu'elle avait découvert, en août dernier, qu'elle était supposée être le Miroir d'un Gardien, elle s'en était à peu près arrêtée là. Ce qui, à l'époque, constituait en soi un challenge. Oh, elle avait bien compris que ça ne se résumait pas à ça mais elle avait le temps, non? On l'informerait en temps et en heure. A l'évidence, le temps était le 19 janvier et l'heure... oh, bof! Quelle importance.
Sans trop savoir d'où lui venait cette certitude, cet enchaînement qui la conduisit à penser que si Isis en était et que le secret en était dévoilé en cet endroit, à cet instant et à ces oreilles, c'était bien que toute cette petite assemblée était directement concernée... Quelque part, elle avait peut-être deviné toute seule qu'Emmett était partie prenante de tout ça. Son nom était revenu trop souvent, comme un synonyme du mot « Prophétie » Mais les autres... Mareva Coolwater, par extension d'Emmett. Ok. D'accord. Est-ce que ce qu'elle croyait bien comprendre était ce qu'elle était supposée deviner? Et Isis, maintenant. Egon par association, lui aussi? Toutes ces « extensions ». Toutes ces « associations ». Jamais au grand jamais, entre les mots qu'elles ne pouvaient pas se dire, Mélusine n'avait envisagé qu'Isis puisse être... C'était presque plus facile d'envisager que les autres puissent être... Plus facile et plus flippant, en même temps.

Emmett ET Mareva. Isis ET Egon. Est-ce que tout ne fonctionnait donc que par...? Mais ça ne collait pas si bien. Et pourquoi y avait-il le grand Chinois (ou Japonais ou quelle que soit sa nationalité)? C'était le nouvel aspirant Gardien et on leur avait organisé une sorte de speed-keying à l'autre bout du monde? Ou alors, Rhidow...? Mais c'était vraiment n'importe quoi. Ca ne marchait pas comme ça, pas vrai? Pas vrai?

Et puis...

Quelles étaient les chances pour que cinq personnes citées (si elles étaient bien ces cinq-là mais une petite voix, un peu faiblarde mais très assurée, lui assurait que oui) par une obscure prophétie se retrouvent dans la même pièce, à l'autre bout du monde qui plus était, comme ça, par hasard.

'Peut-être que le hasard n'a rien à voir là-dedans...'

Oh?
Oh.

Mais dans ce cas, où était le maillon manquant?

'Humph...'

Quoi?

'Évidemment, tu ne te poses la question que dans l'intérêt général?'

Évidemment.

'Ça n'a rien de personnel.'

Ça n'avait rien de personnel.

'J'adore quand tu es de mauvaise foi.'

Oui, elle aussi.
Trop de questions.
Trop de silence.


"Euh..."

Sa difficulté à assimiler le tout devait se lire sur son visage comme si le tout était écrit en majuscules d'imprimerie. Clignotantes. Rouges vifs.
Mélusine tenta plusieurs fois de prendre la parole, sans grand succès. Son public n'en capta que quelques onomatopées et bafouillements.
Elle n'osait regarder aucun d'eux très longtemps. Ils lui paraissaient soudain tous très impressionnants, tous autant qu'ils étaient. Et elle se demandait qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire au milieu d'eux tous. Mareva, Isis, Egon, Emmett... Sacha, elle commençait à composer avec mais tous les autres. Oula! Mal au crâne en perspective.
Une nouvelle fois, elle chercha Isis des yeux, c'était son point d'ancrage. La réalité de ce qu'elle était, était supposée être, avait été, serait, etc la dépassait mais subsistait leur lien, amical, qui constituait la seule chose à peu près tangible à laquelle se rattacher. Isis qui paraissait prendre le tout avec tellement de calme. Elle eut un maigre sourire qu'elle aurait voulu plus vaillant, presque provocateur:


"Au fond, j'avais quand même un peu raison. Tu es presque une Résistante."

Résister, c'était s'opposer à Antarès, non?
Et si elle avait un tant soit peu compris quelque chose à toute cette histoire, c'était en quelque sorte de le rôle de leur drôle de bande.

Légères modifications, de-ci, de-là.
Même moi, je me comprenais pas. 14.04.11




« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
They told me I didn’t understand the assignment,
And I told them they didn’t understand life. »
John Lennon


Dernière édition par Mélusine McEwan le Jeu 14 Avr 2011 - 22:43, édité 1 fois
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Emmett Aeterna
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MessageSujet: Re: Kalista Rouge et Rose Iccam   Ven 8 Avr 2011 - 16:37

Lorsque j’avais initié ce rassemblement quelques jours plus tôt, je l’avais fait sans arrières pensées bien que l’idée germait dans mon esprit depuis la rencontre de Noël. L’urgence de mettre en présence les Quatre Clés et les deux Iccams m’avait frappé après que Mareva m’aie confié qu’elle brûlait d’envie d’honorer l’invitation d’Isis qui souhaitait reprendre ses entraînements.

- Isis reprendre les entraînements ? Avais-je demandé abasourdi. J’étais resté sur leurs discordes.

La Kalista avait hoché la tête avant de me tourner le dos pour retourner à ses tâches administratives. Sa voix s’éleva un peu avant qu’elle franchisse la porte de notre chambre.

- Elle l’a demandé elle-même. Sans l’Iccam Umbrès.

Sentais-je une once d’arrogance de la voix de ma compagne ? Etait-elle fière de la requête de l’Iccam Rosà ? Pour la première fois depuis qu’elles s’étaient rencontrées, il m’avait semblé que Mareva reconnaissait qu’Isis pouvait être l’Iccam. Des choses se mettaient en place, réalisais-je. En tant que Passeur et rassembleur, il me fallait saisir l’opportunité. Faire se rencontrer toutes les réincarnations de la Prophétie et voir ce qui en ressortait...

¤ Si Mareva et Isis sont sur la voix pour s’accepter l’une et l’autre... il y a de l’espoir pour Sacha et Mélusine... ¤


Mais lorsque Sacha m’apprit qu’il ne pouvait pas nous rejoindre, j’ai ressenti une vraie déception. Toutefois, je me suis promis de ne jamais leur mettre la pression. Je ne suis pas Tourdemain. Je pense sincèrement que rien n’arrivera si l’on force les évènements. Après avoir envoyé Sacha et Mélusine à Ottawa, j’ai attendu longtemps et patiemment que l’Amiral vienne me parler de sa découverte. J’avais bien compris que cela l’avait chamboulé.

Néanmoins, il ne nous avait jamais officiellement introduit Mélusine. Tout le monde savait que tout le monde savait mais personne n’en parlait. A Noël, nous étions au comble du non-dit.

¤ Ce n’est plus possible aujourd’hui mais allons doucement. N’imposons rien de plus au destin. ¤


Isis avait demandé à Mélusine si elle était le Miroir. Silencieusement, mais avec peut-être trop d’insistance, je me suis pendu aux lèvres de la jeune fille en attendant la réponse. Mon cerveau était en alerte. Il ne fallait qu’un mot, qu’une intention, qu’un hochement de tête... un rien du tout, une adhésion, une acceptation... et nous aurions enfin été quatre. Le silence s’était très subrepticement alourdit. Je n’étais pas le seul à attendre cette réponse. Mais rien. Succession d’onomatopées, regards perdus, épaules soudainement rentrées. Et finalement ruse par l’esquive.

Après que tout le monde ait retenu son souffle mais que la chute ne fut pas à la hauteur de nos espérances, il y eut une sorte de ballet de regards qui convergèrent, divergèrent, se télescopèrent, roulèrent, se fermèrent, se relevèrent, et louchèrent - Rhidow. L’enfant comprenait plus de choses qu’on aurait pensé. Il retourna à son assiette et la tablée dilua sa déception dans des gestes divers comme prendre son verre, se recoiffer gêné ou se resservir gloutonnement du poulet épicé.

La main de Mareva s’est insinuée dans ma paume. Sous la table. Elle a pressé une fois avant d’abandonner ma main au vide. Bien que je n’en montrasse rien, elle savait à quel point le refus de s’accepter, pour une lé comme pour les Iccams, pouvait me toucher. Car tout le temps de ces dénégation, était du temps que nous offrions à Antarès.

J’ai souri en pinçant les lèvres.

¤ Loupé ! ¤


Je me montrai beau joueur. On ne pouvait pas lui en vouloir. Nous étions tous deux. 1 1... elle était sans son Autre. J’étais certain qu’elle était le Miroir. Il ne manquait plus qu’elle le prononce. Si Sacha avait été présent à la table, il lui aurait lancé un regard provocateur pour lui infliger de répondre à la question, elle aurait sans doute bégayé de la même façon mais au final, elle aurait relevé la tête et répondu d’une voix mal assurée : « Oui, je suis le Miroir. »
Dans mon fantasme rêvé, c’est comme ça que je ressentais leur relation. Or, j’étais la Clé du ressenti. J’acceptais de me laisser guider par mes émotions pour transformer en couleur la toile blanche du destin. Je voulais tisser les filaments d’histoires et d’incertitudes, d’amour et de singularités qui composaient chacun d’entre nous afin de créer des anses assez solides, sûres et amples pour porter ce destin qui serait le nôtre. J’étais le fou qui pensait que la Tantra Genèse et la Prophétie étaient des œuvres dont chacun pouvait être le héros. Je n’en ressentais aucune honte. Je préférai être un croyant balloté par les indéchiffrables énigmatiques de l’Histoire plutôt qu’un incrédule mécréant.

En parlant de Sacha :

- Sacha n’a pas pu venir, souris-je protecteur pour que Mélusine retrouve son rire. Ce soir restait une soirée décontractée. Elle n’avait que l’ambition de faire se rencontrer et se reconnaître certaines personnes. Rien d’autre.

¤ Il faut que nous commencions à prendre l’habitude d’être les uns avec les autres. ¤


Comme du côté des deux tiers masculins de la famille Sutham-Kitlee, on ne s’était pas arrêté de manger pour autant, je me suis resservi du riz après en avoir proposé à Mareva et Yamada.

- Mélusine, je vous présente le commandant Yamada.

L’attention puis les yeux de Mareva gravitèrent soudainement en la direction de Mélusine pour intercepter une réaction. Prononcer « Yamada » en sa présence était le sésame pour tous les débordements. L’homme était son aîné de vingt ans, il l’avait quasiment élevé comme un second père, mais Mareva le considérait avec autant d’importance que la prunelle de ses yeux ou la lame de son Ki.

- Yamada ! Cria Mareva d’un ton martial.

Comme il venait d’en recevoir l’autorisation, Yamada se mit debout et salua Mélusine d’un geste militaire. Il se rassit aussi subitement qu’il s’était levé et poursuivit de se servir comme si de rien n’était.

- Je suis le bras droit et l’homme d’affaires de mada... mademoiselle Coolwater, dit-il d’une voix monotone.

La discussion prit un tournant humoristique quand Mareva se vit obligée d’expliquer à tout le monde qu’elle couperait n’importe quelle partie du corps à qui l’appellerait « madame ».

Ce temps-là n’était plus d’actualité. Elle avait accepté de retirer son alliance - pour mon plus grand plaisir - et son entourage devait se mettre à la page. Le temps passa avec une nouvelle décontraction. On parla de l’entraînement d’Isis, des Clés, de la Prophétie, des nouvelles et de la Thaïlande avec un détachement bon enfant. Ce que j’avais dans le fond toujours convoité. Cela faisait du bien de prononcer le mot Iccam sans que le terme prenne irrémédiablement une signification lourde. Autour de la table, qu’on croie ou non en la Prophétie ou qu’on trouve les plats trop épicés ou que les passages Shalimancyan des Textes restent partiellement abscons, personne ne s’empêcha d’en parler. Après une heure et demie, nous savions plus ou moins tous la même chose. Je leur avais expliqué que je bloquais sur l’explication de deux notions :

- ... Et en fin de compte, même avec les explications de Rhidow sur les concepts de l’antiquité, sa mémoire centenaire n’est pas infaillible... On pense, l’incluais-je habilement dans mes recherche pour flatter son petit ego de Shalimancyan, que cette « lumière » est le résultat d’une « fusion ». Comment obtenir cette lumière et comment procéder à cette fusion... je n’en sais rien...

Pour la première fois, je partageais avec les autres Clés l’avancée de mes recherches.

Soudain, dans la salle de restaurant, on entendit du bruit. Yamada se leva comme un jouet monté sur ressors et dégaina sa baguette. Mareva suivit avec plus de délicatesse en l’incitant à ranger son arme d’un regard froid. Son maître d’hôtel entra dans le petit salon et enjoignit leur directrice à le suivre jusqu’à l’accueil où un homme « étrangement habillé » demandait à entrer pour parler à un des invités de Mareva.

La Dame Rouge sortit de table calmement.
Elle revint une demi-douzaine de minutes plus tard, n’affectant aucun signe d’alarme sur son visage :

- Mélusine, entama-t-elle d’une voix impassible qui ne trahissait pas sa curiosité, Elliot O’Malley est venu vous chercher... il... il a fait un malaise. Il a l’air amoché et fatigué. Mon personnel l’a emmené dans une chambre. Il est en train de recevoir des soins. Je vous accompagne à sa chambre.

Nouveau ballet de regards.

Mareva conduisit Mélusine dans la chambre où on avait installé Elliot. Rhidow insista pour revoir sa star préférée ; personne n’eut assez de force pour le retenir. En attendant le réveil de ce drôle de messager, la petite assemblée se dispersa dans l’hôtel, inquiétée par l’intrusion inopinée.




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MessageSujet: Re: Kalista Rouge et Rose Iccam   Jeu 14 Avr 2011 - 22:46

Elle avait fait de son mieux pour rallier l'humeur détendue que tout le monde avait tenté de tisser après sa non-réponse. Mélusine avait souri, beaucoup écouté mais était restée muette. Cela ne lui ressemblait pas mais, en dépit de tout, elle n'était pas à son aise. Elle sentait plus qu'elle ne voyait combien ils étaient tous unis par des mois communs dont elle s'était elle-même exclue, volontairement. Une pointe de jalousie la taraudait. Oh, bien sûr, on pouvait sentir quelques tensions sous-jacente, notamment entre Isis et Mareva Coolwater, mais elles étaient légères, peut-être volontairement gommées. Plusieurs fois, elle avait ouvert la bouche pour glisser quelques mots sur sa rencontre avec la Spirite. Parce qu'elle avait été sous l'impression de le leur devoir. Mais peut-être plus encore parce qu'elle avait le sentiment que, si, sur Terre, il y avait des personnes capables de comprendre et de l'éclairer, ces personnes étaient majoritairement rassemblées autour de cette table. Elle s'était tue, encore, toujours et malgré tout. Une réserve l'avait retenue.
Au fond, elle savait bien l'origine de cette réserve. Évoquer la Spirite, c'était parler du Canada. Et l'ensemble constituait des souvenirs qu'elle taisait jalousement, qu'elle voulait garder rien que pour elle, parce qu'ils n'auraient jamais la même valeur ni le même sens pour des yeux et des oreilles étrangers.

Les autres s'étaient montrés beaucoup plus généreux et plus diserts, partageant de bon gré avec elle les avancées et les questionnements sur ce qui était supposé tous les réunir. Plus d'une fois, elle s'était sentie gênée et un peu coupable, en se gardant bien de le leur montrer, déterminée, sinon à être ce qu'ils voulaient, à faire bonne figure et à ne pas apparaître comme une hôte ingrate et disgracieuse. Elle pouvait bien faire ça.

La jeune femme commençait à se dérider pour de bon, et, oh miracle, à participer à la conversation sans se restreindre aux seuls sujets alimentaires quand le binôme asiatique les quitta brièvement. Assise toute seule à son bout de table, elle songeait qu'elle devrait arrêter de sursauter pour un rien et que, vraiment, il n'était pas poli de garder les yeux tournés vers la porte, quand bien même elle mourrait de curiosité de savoir ce qui avait bien pu déclencher leur exode.
Pendant le bref laps de temps où leur comité se retrouva restreint,
C'était ce qu'il lui aurait fallu. Un comité restreint. Encaisser les vérités une par une. Affronter les regards un par un. Dans ce genre de situation, elle préférait les tête-à-tête.

'Tu t'en souviendras la prochaine fois où tu fuiras Emmett au QG alors qu'il veut juste s'assurer que tu vas bien.'

Oui, bon, voilà. Elle avait eu tort. Contente?

'Oui.'

Elle se promit de ne plus reculer et d'aller parler avec Emmett. Un jour. Et de s'organiser une entrevue avec Isis, pour qu'elles puissent aborder ça de façon plus intimiste. Quant à Mareva et Egon... Euh, c'était une autre histoire. Mais peut-être qu'elle pourrait...

Son prénom retentit soudain, la tirant de ses pensées dans un sursaut. Mélusine se retrouva à suivre Mareva, sans même poser de questions. Escortées par Rhidow, elles parviennent dans une petite salle où...


"Oma!"

Sourcils froncés, expression inquiète, elle s'approcha. Les yeux d'Elliot s'entrouvrirent. Elle l'avait connu en meilleure forme. Le regard du jeune homme ne la quittait pas, jusqu'à ce qu'elle s'approche. Il lui attrapa la main comme si c'était la seule à laquelle il pouvait se raccrocher. Elle sentit qu'il... Elle baissa le regard sur sa main gauche. Autour de son doigt...

- Il a des problèmes. Prends mes fringues... tu vas en avoir besoin... Prison d’Etat de... de l’Ile White. Shawn Page... chantage. Opposition... Antarès l’attend

Sa voix était un peu plus qu'un filet mais elle ne l'entendait déjà plus. Elle fixait la chevalière qui flotte autour de son index. Quand elle réussit à s'en détacher, Oma avait à nouveau sombré dans l'inconscience. Il lui sembla que Rhidow marmonnait quelque chose non loin d'elle mais sa propre attention ne lui revenait pas.
La jeune femme se releva, pâle, incapable de fixer ses pensées. Inapte à se concentrer sur ce qui l'entourait. Du bout des doigts, elle retira la bague pour la glisser à son pouce. En forçant un peu, elle resterait bien à sa place. Il fallait qu'elle reste à sa place. Et les vêtements. Oma avait dit qu'elle en aurait besoin. Elle réclama ses affaires à mi-voix et on les lui apporta sans poser de questions. Elle retrouva son kilt et surtout son sac. Maintenant, elle avait besoin d'un GMC. Oui. Maintenant. Ils avaient quand même bien un foutu GMC dans cet hôtel. Quoi? Au-rez-de-chaussée, il y en avait un en libre service. Ok. D'accord. Pas automate et regard vide. GMC. Giggle Earth, carte mondiale en directe. Et toutes les infos en prime. Île White. Forêt d'Etat. Antarctique. Transplanage impossible. Archipel de Ross. 24 kilomètres de long. Une image en bordure d'océan. Ca irait.

Elle passa les fringues d'Elliot un peu dans le désordre, les mélangeant avec les siennes. Avec tout ça, elle n'aurait certainement pu remporter que le concours du sorcier le plus mal déguisé en Moldu mais elle n'y prêta pas la moindre attention. Elle crevait de chaud dedans mais c'était également le cadet de ses soucis. On pouvait transplaner au sein de l'hôtel Coolwater? Ah. Oui. Non. Ca n'était pas un souci. La chevalière. C'était bien ça? On pouvait transplaner avec n'importe où en direction de n'importe quoi.

Mélusine eut un bref sursaut de conscience, se souvenant de où elle était. Et avec qui. Ceux qui s'avéraient les deux autres Clefs et les deux Iccams. Peut-être que tout cela avait un sens. Peut-être qu'ils devaient tous rejoindre Sacha de Lansley sur l'île White. Faire front ensemble et il se passerait
quelque chose. Elle y songea. Vraiment et à 100% pendant au moins une minute entière. Mais c'était elle qu'Oma était venu chercher. Et c'était à elle qu'on avait confié la chevalière. Si c'était une histoire de Prophétie, de Clefs, de Tout Ça, c'était à Emmett qu'on se serait adressé, non? Merlin! Elle n'était pas en état de réfléchir sérieusement.
Et il fallait qu'elle... Elle ne pouvait pas s'évaporer comme ça. Ça n'était pas....
poli. Avisant Mareva Coolwater quelques pas plus loin, elle... elle allait faire quoi? Les mots se bousculèrent à ses lèvres.

"Il faut que je... Je dois partir. Désolée. Je voulais juste... Mais il faut que je..."

A la place des explications qu'elle ne pouvait pas lui servir, elle arbora la chevalière sous ses yeux. La sorcière comprendrait. Elle présenterait ça aux autres comme elle voudrait. Comme elle pourrait.

"Prenez soin d'Oma. Et remerciez-le. Pour moi."

Elle avait suffisamment confiance en lui pour le laisser seul juge de ce qu'il pourrait raconter. Et de ce qu'il devrait taire. Elle n'avait plus le temps de s'attarder.

Mélusine s'esquiva sans ajouter un mot de plus. Tout au mieux tenta-t-elle un maigre salut à destination des présents et s'enfuit-elle jusqu'à l'extérieur du bâtiment. Là, le soleil était en train de rejoindre l'horizon. Face au couchant, la jeune femme convoqua l'image mémorisée sur GMC. S'y immisça le visage du capitaine. Et si, au lieu de visualiser un endroit, on visualisait une personne avant de transplaner, que se passait-il? Etait-on à même de la rejoindre et d'atterrir juste devant elle? IL faudrait qu'elle essaye. Un autre jour.
Elle se concentra mieux. Plus fort. Et disparut dans un claquemenent.






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Kalista Rouge et Rose Iccam
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