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 Pyrrhonisme

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Gary Adams
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MessageSujet: Pyrrhonisme   Ven 7 Jan - 23:04

Gary lisait le Herald tribune assis à la terrasse d’un restaurant où il finissait de déjeuner. Son rdv l'avait quitté il y avait maintenant 30 minutes et il en profitait pour travailler un peu en buvant son café. Il faisait sa revue de presse quotidienne. Sur sa table, gisait plusieurs journaux du même acabit, presse sorcière et moldue confondues. Il était à la recherche d'un nouveau talent.

Son dernier client avait fini par choisir une agence concurrente à sa propre agence, l'ASA. Scott, le patron de l'ASA, ne lui en avait pas vraiment fait le reproche. Son équipe et lui voulaient à tout prix garder Gary malgré sa sulfureuse réputation. Gary rapportait de l'agent et de beaux contrats. C'était tout ce qui comptait. Sa spécialité était la découverte de talents et leur promotion à l'étranger. Il avait un portefeuille de gros clients mais l'homme préférait de loin ses quêtes perpétuelles de la jeune et impressionnable perle rare. Les nouveaux sportifs ou artistes avaient toujours tellement peur de faire un pas de travers qu'ils l'écoutaient sans rechigner. Ses méthodes étaient subversives mais elles fonctionnaient. Il ne fallait pas avoir froid aux yeux pour faire ces métiers. Si Gary sentait de la tiédeur, il refusait le contrat. Quelle que soit la star. Les mous ou les incapables, très peu pour lui.

Sa dernière trouvaille était un jeune joueur de quidditch recruté à Poudlard lors d'un match serpentard/gryffondor de dernière année. Il l'avait fait entrer dans l'équipe nationale anglaise et le môme mettait buts sur buts. La presse l'appelait le boulet de canon. Il était le meilleur batteur de sa génération. Gary l'appelait juste le boulet. Il détestait cet adolescent qui passait pour un monsieur parfait mais n'avait pas plus de jugeote qu'un scroutt. L'ado devenu célèbre refusait désormais les plans douteux de Gary pour le mettre sur le devant de la scène. Comme il lui rapportait beaucoup d'argent, Gary avait fini par se fiche du jeune contestataire. 18 ans, c'était l'âge des expériences. Le souci c'était qu'il ne voulait faire l'expérience de rien. Dommage parce qu'une première page avec l'ado ivre mort à la sortie d'un match de quidditch ça allait faire causer la ménagère et vendre du torchon à scandales. Toujours est-il que la signature, cet été, d'un contrat de l'ado avec une grande marque de nécessaire à balai et de matériel de quidditch avait définitivement inscrit son nom au palmarès des signataires des plus beaux contrats sportifs de la décennie. Rien que pour ça, le môme pouvait continuer de jouer aux échecs sorciers avec ses colocs s'il en avait envie. C'était plus son problème.

Mais pour le client perdu récemment, Gary rongeait son frein en attendant d'en trouver un nouveau pour le remplacer. Comme si c'était de sa faute si cette imbécile de Chiara Zigote ne savait pas aligner deux notes sans bousiller les ondes fm. Pour la reconversion de la diva du grand écran en chanteuse à succès, on repassera. De toute façon, à la base, il en voulait pas de cette actrice. Les divas, c'était pas son truc. Il préférait bosser avec les hommes. Ils faisaient moins de chichis. Il avait accepté de la prendre sous son aile car Scott lui avait demandé presque à genoux.

Alors, ouais, il aurait peut-être dû éviter de dire à Chiara qu'elle chantait comme un gobelin ventriloque pendu au gibet. Il essayait toujours d'insulter les gens avec le sourire pour savourer le moment de doute qu'il prélevait dans leurs yeux lorsqu'ils se demandaient "il déconne ou il est sérieux?" Normalement, on n'insultait pas les stars. Star ou pas, Gary disait ce qu'il pensait. Elle chantait comme une truie, il n'allait pas lui faire croire le contraire. La base de la relation agent/artiste était la confiance et la vérité. La vérité, Gary n'avait aucun problème avec ça. C'était plutôt les autres qui refusaient de l'entendre. Donc, non, il déconnait pas.

Gary était toujours abominablement sincère et cyniquement sérieux. Surtout quand il poussait son mauvais caractère jusqu'à l'insulte. C'était rare qu'il insulte. Mais six heures de studio avec la Castafior avaient réduites sa patience et la chaleur du beau sac de gallions qu'on allait lui donner à néant. C'était épouvantable. Comment l'agence avait pu miser sur cette erreur de la nature? Son chef savait très bien qu'en confiant Chiara à Gary, ça allait partir en scare. Ca n'avait pas manqué. Au bout de six heures et quinze minutes de collaboration, elle voulait rompre son contrat.

Gary soupçonnait son patron de l'avoir fait exprès pour ramasser les sous en cas de rupture de contrat de la part de l'actrice. Sur le principe, Gary n'avait rien à redire. Chapeau bas l'artiste. En ces temps de crise, il fallait trouver la monnaie où elle se trouvait. Ce qu'il reprochait à Scott, c'était plutôt de ne pas l'avoir mis au parfum et dans la combine. Il aurait ainsi pu s'éviter six heures de torture – en dix minutes il était capable d'exaspérer n'importe qui – et tirer un certain pourcentage de cette rupture de contrat. La Castafior avait échue à un autre agent. Bon débarras. Mais dommage pour l'oseille.

Page 13. Divertissements. Rien. Page 15. Sport. Rien non plus. Par contre de la une à la 11, juste avant les petites annonces, ça pleuvait de problèmes politiques, de drames et d'obscures machinations déprimantes.

J'aurais dû faire agent d'homme politique ou conseiller en communication.
Ca me déprime tout ce boulot qui me passe entre les mains.

Il balança le journal sur la pile déjà lue. Où étaient les artistes. Où étaient les têtes à mettre en haut de l'affiche. Où était le pognon, nom de nom.

Il jeta quelques billets sur la table pour payer sa consommation en livres et abandonna la pile de journaux. Il songeait sérieusement à ouvrir son propre cabinet et à se créer son propre portefeuille de clients. Quitte à piquer ceux de Scott ou à emmener avec lui les clients qu'il gérait à l'ASA. Il emmènerait même l'ado amorphe s'il fallait. Scott prenait trop cher sur ses contrats. Mais comment trouver des clients alors que le monde avait les yeux rivés aux infos sur le contexte déplorable qui faisait fièvre au-delà des frontières? Elle fichait quoi la Résistance (ou même l'Opposition. Il s'en contre foutait)?

Faites que l'un ou l'autre des camps gagne et qu'on en finisse!
Retour du divertissement et du sport, retour à une vie superficielle et insouciante.
Fini les années sèches, vive la prolifération des gallions!

Diablement rien de tout ça n'était prêt d'arriver.

Quittant le restaurant, il se dirigea vers la route pour héler un taxi et retourner à l'agence. Il se donnait le temps du trajet et des embouteillages londoniens pour changer d'avis mais il avait envie d'envoyer sa démission au visage de Scott. Juste pour le geste. Il ajouterait probablement aussi qu'il s'est envoyé sa femme l'année dernière et que depuis elle le harcèle. Ca, ça serait juste pour le fun. Gary était à moitié moldu. D'eux, il avait pris le meilleur, c'est-à-dire, tous les vices.

Au moment d'entrer dans le premier taxi qui allait s'arrêter, il se rendit compte qu'il avait doublé toute une file d'attente. Ca grinchait dans la queue. Il fit un grand sourire caustique à tout le monde en s'engouffrant dedans:

- Continuez ce que vous faites, se moqua-t-il, vous êtes tous très beaux en file indienne, ça me donne envie de prendre une photo mais j'ai pas le temps.

Il monta dans le taxi malgré les regards furibonds qu'on lui jeta mais, au même instant, quelqu'un monta par la porte de gauche et s'assit à côté de lui. Qui était assez fou pour monter du côté de la circulation à cette heure de pointe. Quelqu'un de plus pressé que Gary, c'était sûr.

Gary fut surpris. Le taxi regarda dans son rétro et leur dit d'une voix indifférente:

- C'est l'un ou c'est l'autre. Faut choisir qui descend.

Bête de suspens.

- On le fait à shifumi? Demanda Gary avec un sourire séducteur et la main déjà tendue. Il faisait l'idiot mais le visage de la femme assise à côté de lui était plus que familier. Il avait rendez-vous avec elle dans exactement vingt cinq minutes à l'agence. Charlotte de Lansley. Contrairement à lui, elle ne devait pas savoir qui il était. Il ne comptait pas se présenter. Si elle loupait le taxi, vue la file d'attente, elle attendrait longtemps et elle serait en retard à leur rendez-vous. Il adorerait voir sa tête quand elle le verrait dans son bureau et comprendrait qui il est en réalité. Pour ça, il devait simplement jouer à shifumi et gagner. S'il perdait, il tricherait. Enceinte ou pas, c'était pas de sa faute si elle se retrouvait dans cette état et il ne cèderait pas sa place, surtout pas par politesse. De plus, le temps qu'elle arrive à l'agence, il pourrait avoir le temps de discuter avec Scott de l'affaire torride de la castafior.

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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Lun 10 Jan - 22:22


" Oh my God I see how everything is torn in the river deep
And I don't know why I go the way
Down by the riverside.
"


~† Cela faisait maintenant deux jours que cette chanson lui trottait dans la tête, sans cesse. Et de plus en plus, elle se surprenait à en fredonner les paroles sans même avoir eu conscience d'avoir ouvert la bouche. Comme maintenant, en pleine rue. Certains la regardaient en souriant, voyant en elle une future mère tellement heureuse qu'elle chantait son bonheur au monde entier. D'autres la fixaient d'un air louche, se disant que la pauvre avait perdu la tête à force de rester éveillée par le petit monstre qui grandissait dans son ventre, sinon pourquoi Diable aurait-elle eu de telles cernes sous les yeux ? Certes, elle ne dormait pas beaucoup. Il y avait ces cauchemars, toujours. Il paraissait que c'était normal, que c'était pour mieux l'aider à réfléchir à tous les changements que le bébé impliquait. Elle avait beau réfléchir, elle ne voyait pas en quoi se voir en rêve faire une fausse couche, avec du sang partout, pouvait l'aider. Pas plus que de rêver de l'accouchement pour finalement apprendre que l'enfant était mort-né. Dans la catégorie étranges, il y avait ceux dans lesquel son bébé naissait avec la tête de Redgrave. Dans la catégorie troublants, il y avait ceux à la fin desquels le vampire - dont elle savait qu'il l'accoucherait depuis quelques jours seulement - mangeait son bébé. Et enfin, il y avait les pires. Ceux qui revenaient le plus souvent, plusieurs fois par nuits parfois. Ceux qui étaient les plus proches de la vérité et qui l'angoissaient. Ceux qui étaient tellement horribles qu'elle se réveillait en sursaut, les larmes coulant en cascades sur ces joues. Dans ceux-là, elle accouchait, tout se passait bien. Puis Victor arrivait avec Antarès. Victor lui prenait son bébé et Antarès lui prenait son mari. Alors elle ne pouvait même pas demander à ce dernier de lui faire oublier qu'elle avait été enceinte parce qu'il n'était plus là non plus. A la fin de ce rêve, à chaque fois, elle se retrouvait dans un immense vide intersidérale où elle n'avait rien d'autre à faire que les pleurer.

C'était certainement pour cela qu'elle ne cessait d'écouter, de fredonner, de se remémorer cette chanson. Parce que depuis qu'elle l'écoutait, les cauchemars semblaient diminuer. Elle avait trouvé son dreamcatcher personnel. Un petit sourire rêveur sur les lèvres, un sac dans une main, l'autre tenant contre elle tout un classeur de papiers et parchemins, Charlotte s'avança sans même y prêter attention vers la porte du taxi. Elle ne remarqua pas plus les indignations de ceux qui faisaient la queue, ni les réponses moqueuses de celui qui les dépassait. Chantonnant l'air de la chanson, elle ouvrit la porte et s'installa sur la banquette, refermant la porte au moment même où un violent coup de klaxon résonnait pour l'insulter de sa bêtise à marcher sur la route. Elle s'en fichait. Tout comme elle se fichait d'avoir doublé, elle aussi, tout le monde. Depuis peu, le taxi, la voiture en général, était devenu son moyen de transport préféré (enfin, pour les courtes distances évidemment). Elle aimait rester assise à regarder défiler le paysage, les routes, les rues, les gens. Fixer la ville sans la voir vraiment et sans être vue. Cela la détendait. Mais la voix du chauffeur la ramena les pieds sur terre, à la réalité. Il fallait choisir. Choisir ? Seulement alors, elle se rendit compte qu'elle n'était pas seule dans le taxi.
†~


" Shifumi ? "

~† Son regard clair affichait de l'étonnement pour autant elle ne posait pas une question. Elle savait ce qu'était le shifumi. Elle trouvait juste étrange que cet homme lui propose ce jeu pour choisir qui des deux restait dans le taxi. Pourtant, elle pensait que c'était évident. Elle avait quand même pris dix kilos qui étaient presque tous venus se loger à l'avant de son buste. Fallait-il qu'elle en prenne vingt de plus pour qu'il remarque son ventre et lui cède la place ? Amusée - elle était de bonne humeur -, son sourcil droit s'arqua légèrement tandis qu'elle affichait une moue sereine, haussant doucement les épaules tout en posant son classeur sur ses jambes. Enfin. Sur ses genoux. †~

" On peut le faire à shifumi si vous voulez mais je gagne quoiqu'il arrive. "

~† Elle baissa un regard convaincu pour désigner son ventre proéminent. Il y avait bien des désagréments à être enceinte. Ne serait-ce que voir son corps changer du tout au tout. Au début c'était joli parce qu'on se disait que cela abritait le bébé, l'enfant qu'on tiendrait bientôt dans ses bras. Après ça l'était beaucoup moins et elle se demandait comment elle allait pouvoir perdre tous les kilos qu'elle avait pris. C'était sans compter ce que cette prise de poids expresse engendrait comme inconvénients. La poitrine qui tire, les jambes lourdes, les pieds souffrants et, le pire, le mal de dos. Elle avait abandonné les talons aiguilles pour le moment et chaque fois qu'elle s'asseyait, elle avait l'impression de sentir chaque muscle de son dos qui criait délivrance et relâchait toutes les tensions qu'il avait enduré. †~

" Croyez-moi, ce n'est pas tous les jours facile d'être une future mère. Vous ne voudriez tout de même pas m'enlever un de mes petits plaisirs ? C'est le seul moment de ma vie où je peux faire à peu près tout ce que je veux sans qu'on me le refuse ni qu'on me le reproche. Vous n'en profiteriez pas vous non plus ? "

~† A son tour d'afficher un petit sourire séducteur. Elle était de bonne humeur, aimait prendre le taxi, mais n'en restait pas moins pressée. Elle avait un rendez-vous dans maintenant vingt-quatre minutes et elle n'aimait pas arriver en retard (sauf si c'était pour se faire belle). Surtout pas quand cela aurait pu porter préjudice à l'un de ses proches. C'était Eric qui lui avait eu cette rencontre. Elle n'avait rien demandé mais, lorsqu'elle était allée lui présenter ses vœux pour la nouvelle année, il lui avait parlé de cet agent artistique avec qui il pourrait lui avoir un rendez-vous. Ce n'était pas parce qu'elle attendait un enfant qu'elle devait mettre toute sa carrière en suspens. C'était vrai. Elle avait d'autres choses à faire, plus importantes, à organiser, à préparer, et d'ici quelques jours elle serait à des milliers de kilomètres d'ici mais ce n'était pas une raison. Elle reviendrait un jour et alors, elle serait bien contente d'avoir encore des contacts dans le milieu. Elle avait accepté et l'heure du rendez-vous avec cet Adams approchait à grands pas. Gar... Gra... Gry... Elle ne se souvenait plus son prénom. Peu importe, il le lui rappellerait en s'introduisant. Bref, elle n'avait pas le temps et trouver des arguments en sa faveur n'était jamais difficile, surtout pas si elle faisait passer la pilule avec un sourire charmant. Ca marchait toujours sur les hommes, non ? Et, sauf preuve du contraire, son compagnon de taxi en était bel et bien un. †~

" On peut peut-être s'arranger ? "




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Dernière édition par Charlotte de Lansley le Sam 15 Jan - 12:55, édité 1 fois
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Gary Adams
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Sam 15 Jan - 10:39

Gary gardait un sourire charmeur mais il n'en pensait pas moins. Son cerveau fut instantanément envahi par une cascade de bonnes répliques qui auraient vite fait de trancher dans le lard. First, qu'elle soit enceinte, c'était le cadet de ses soucis. Comme il l'avait dit, ce n'était pas de sa faute s'il elle se retrouvait dans cet état, il n'allait quand même pas payer les pots cassés si elle n'assumait pas son gros ventre. Il avait déjà donné avec la grossesse de sa femme, ce n'était pas pour s'occuper de celle des autres. Secundo, les femmes enceintes devraient rester chez elles, comme les vieux, et arrêter d'embêter les gens mobiles et rapides. Tertio, il avait envie de la tester et c'était le meilleur moyen. Outre le fait qu'il était un sacré salopard, il n'en ressentait aucune honte.

Il se remit sur son siège, droit et calme avec un accent d'impertinence dans le regard, et il fit signe au taxi d'y aller:

- Conduisez. Vous me déposez, et ensuite vous déposerez madame. Ca sera madame qui payera la course. Elle est montée en deuxième.

C'était ainsi qu'il négociait, en décidant pour deux. C'était ça ou il ouvrait la portière pour la faire sortir. Il ne parla plus pendant un moment mais son sourire railleur étirait toujours le coin de sa bouche en un rictus qui en disait long. Quand le taxi fut bien engagé, il lui parla sans la regarder, favorisant tactiquement l'observation de Londres qui défilait par les fenêtres:

- Enceinte ou pas, ça ne devrait rien changer. Je ne suis pas là pour faire plaisir aux inconnus. J'ai déjà assez de mal à me faire plaisir moi-même... y'a pas écrit "gentil" sur mon front. En plus, vous avez doublé tout le monde dans la file d'attente des taxis.

Il se foutait de la gueule du monde mais elle n'avait pas vu qu'il était lui-même passé devant dix personnes, en tête de queue, donc il pouvait se servir de cet argument pour la flageller moralement en toute impunité.

- Je trouve ça dégueulasse que les femmes enceintes profitent de leur statut pour doubler tout le monde. Vous devriez prendre un chauffeur privé, on n'en serait pas à négocier des taxis de dernière minute et je n'aurais pas une si piètre image de moi-même à cause de vous. J'aurais pu refuser. Je l'aurais fait sans embarras si vous n'aviez pas été aussi jolie. Une belle emmerdeuse, ouais... Toujours est-il que je ne pouvais pas vous laisser ce taxi en attendant le suivant, je suis pressé. Un rendez-vous important pour le boulot.

Gary parlait toujours très tranquillement malgré ses inflexions accusatrices. Ses remarques ne manqueraient pas de vexer, ou même mieux, d'énerver sa co-voyageuse. Ca animerait le trajet et dans le meilleur des cas, elle descendrait d'elle-même du taxi pour qu'il poursuive la route seul.

Il s'adressa au taxi pour lui indiquer le chemin comme il le voyait hésiter à l'arrivée du carrefour.

- Tournez à gauche. Je vais à la pépinière Show Runner Movies Studios, près des docks de St Katharine dans l'Est End.

Inventant un nouveau programme en vue de la situation exceptionnelle, il décida de se rendre directement au studio où une directrice de casting désirait rencontrer les femmes sélectionnées par divers agents pour la campagne de publicité d'une gamme de vêtements et d'accessoires prénataux. Charlotte ne savait pas qu'à la suite de leur rendez-vous, il aurait espéré la mettre directement dans le bain et éprouver en réel ses talents de comédienne avec ce casting. Donc l'adresse qu'il donna au chauffeur de taxi ne devait rien lui dire. En tout cas, c'était à quinze minutes du siège de l'ASA si on roulait bien, du côté de la banlieue Est de Londres. Si elle comptait bien dans sa petite tête, deux fois quinze minutes équivalaient à trente minutes. Dans le meilleur des cas, elle serait donc en retard de cinq minutes au rendez-vous qu'elle pensait avoir. Comment allait-elle réagir?

C'était Eric qui l'avait averti que Charlotte de Lansley était enceinte. Bien que Gary n'aimât pas vraiment travailler avec les femmes, il avait accepté afin de se mettre sur les rangs de cette grosse campagne de pub pour une société sorcière qui désirait s'ouvrir aux marchés moldus. S'il parvenait à placer sa comédienne sur la campagne, il la prendrait comme cliente. C'était sa façon de traiter en live. Il obtiendrait un bon pourcentage quelque soit la négociation des termes du contrat de Charlotte. Comme elle était une amie d'Eric, il avait songé la mettre au même taux de commission que lui. Il ne serait donc pas gourmand. Eric souhaitait que Gary représente Charlotte avec autant de motivation, de rigueur et de savoir-faire qu'il le faisait pour lui. Dernièrement, après l'hécatombe de son film de cet été provoqué par l'absence de Charlotte, Gary était parvenu à placer Eric sur un film franco-britannique qui traitait de la montée au pouvoir d'Antarès.

Après cette campagne dont le contrat stipulait le tournage de quatre publicités dont deux pour le marketing viral de la boîte, Charlotte serait en gestation le temps de s'occuper de sa maternité. Si leur partenariat se faisait, il comptait profiter de ce laps de temps pour monter sa propre entreprise et ramener ses meilleurs clients avec lui. Ainsi, qu'elle soit prise ou non, il considérait qu'il ne perdait rien. Dans le meilleur des cas, elle était retenue pour la publicité et il touchait 10% de son cachet. Elle accouchait, elle pouponnait et elle revenait vers lui quand il aurait quitté l'ASA ou pas. Quoi qu'il en soit, il aurait touché les 10%. Dans le pire des cas, ça ne marchait pas pour la pub et c'était plutôt tant pis pour elle que pour lui. Certes, au revoir aux 10% de commission mais Gary avait d'autres clients. Ca ne serait toujours qu'un contrat.

Le plus délicat était que le tournage des publicités se faisait aux Etats-Unis. La marque avait des capitaux américains,le siège était à New-York. Mais c'était la branche anglaise qui gérait le budget de communication international. Les créa américains avaient préféré que le tournage soit local. Toutefois, Gary ne comptait pas en discuter avant la signature du contrat si cela se faisait. Il la mettrait devant le fait accompli. Ensuite, il n'appartiendrait qu'à elle de décider si cette publicité méritait le déplacement. Il n'en avait aucun doute. Quel sorcier serait assez troll pour cracher sur 106.000$?

- Ensuite, vous déposerez madame où elle veut.

Se tournant vers Charlotte avec un sourire rayonnant, il lui demanda:

- Nous partageons le même taxi, autant discuter un peu pour passer le temps. Vous faites quoi dans la vie à part participer à l'augmentation de la population?



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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Sam 15 Jan - 15:31

~† Il capitulait. Il n'avait pas l'air enchanté de le faire mais il fallait croire que son petit sourire avait fait son effet puisqu'il n'était pas descendu ni ne lui avait demandé de descendre. De toute façon, s'il avait osé lui faire cet affront, elle aurait fait un scandale, en rajoutant certainement exprès. Elle aurait hurlé à l'impolitesse, que la galanterie n'existait plus, et qu'il devrait avoir honte de lui-même. Intérieurement cela l'aurait bien amusée de le voir s'offusquer. Fut une époque, son loisir préféré était de pousser les gens à bouts, de voir jusqu'où ils étaient capables d'aller. Et elle était particulièrement douée pour les faire craquer. S'il s'était mis à faire un scandale avec elle, peut-être que ça ne l'aurait plus tellement amusée et qu'elle aurait sorti sa baguette avant de lui botter les fesses parce que, quoi qu'il faille faire, elle resterait dans ce taxi qui l'amènerait jusqu'à son lieu de rendez-vous. Elle l'avait décidé, décrété et elle était plus têtue que la pire des bourriques. Heureusement ils n'en viendraient pas à de telles extrémités puisqu'ils avaient trouvé un moyen de s'arranger. Enfin, c'était lui qui avait trouvé pour eux deux. Elle devrait payer la course, ça ne la dérangeait pas, c'était le prix de la tranquillité.

Ne voyant rien à ajouter, elle se tourna elle aussi vers la fenêtre pour contempler la ville qui défilait lentement. Ils n'avaient fait que quelques centaines de mètres quand la voix de l'homme s'éleva à nouveau, la faisant reporter son attention sur lui, qui ne se donna pas cette peine. Le mince sourire qu'elle avait jusque-là aux lèvres se transforma pour devenir demi-teinte tandis que son sourcil droit s'arquait. Il ne lui reprochait pas son état mais presque. En tout cas, il lui reprochait d'en profiter. Elle comprenait qu'il n'avait pas à changer sa manière d'être ni même chercher à lui faire plaisir tout cela parce qu'elle était enceinte. Elle aurait pu se vexer, s'énerver ou le crucifier sur place à l'aide de jolies remarques cinglantes mais elle ne le fit pas. Pas parce qu'il la complimenta. Juste parce qu'aujourd'hui elle était de bonne humeur et, au lieu de mal prendre ses remarques, elle se dit avec objectivité que si les positions avaient été inversées, elle aurait très bien pu tenir ce même genre de discours face à une femme enceinte qui aurait voulu lui piquer son taxi. Sauf qu'elle aurait refusé sans vergogne, se fichant pas mal que la-dite dame soit jolie ou pas. Et puis étrangement, "belle emmerdeuse", ça sonnait bien. Elle ne lui en voulait même pas parce que ça l'amusait.

Sans lui répondre qu'elle aussi avait un rendez-vous important pour son travail, ce qui les mettait à égalité en terme d'empressement, elle se remit à perdre son regard derrière la vitre du taxi. Une seconde plus tard, l'inconnu indiquait la direction au taxi. Show Runner Movies Studios. Charlotte ne s'y était elle-même jamais rendue mais elle en avait déjà entendu parler. S'avérait-il que les deux clients de ce taxi soient du même milieu ? Travaillait-il lui aussi dans le milieu artistique ? A vrai dire, peu importait l'endroit où il se rendait ni le détour qu'elle avait à faire, elle serait toujours gagnante et ce serait moins long que d'attendre le taxi suivant et les autres clients en attente furieux qu'elle leur passe devant. Du coin de l'œil, elle le vit lui faire face. Adoptant la même position, elle l'écouta lui demander ce qu'elle faisait dans la vie. Pour passer le temps. Charlotte n'aimait pas parler pour rien. Si elle avait été de mauvaise humeur, elle l'aurait remballé d'un "ça ne vous regarde pas" expéditif. Mais comme elle était plutôt enjouée aujourd'hui, elle décida de jouer un peu. Sourire provocateur sur les lèvres. Lueur tranchante dans le regard. Mais pas de méchanceté, juste du jeu.
†~


" J'adore passer mes journées à emmerder les gens et à les faire se plier à mes exigences de femme enceinte.
Passer devant tout le monde. Piquer les taxis. Passer pour la gentille et, par répercussion, faire passer les autres pour les méchants. Mais les faire céder malgré tout parce que je suis jolie.
"


~† Elle afficha une nouvelle fois une petit moue enjôleuse sur son visage, pour lui faire remarquer qu'elle avait bien noté tout ce qu'il avait dit et que cela la faisait sourire. Elle reprit, toujours aussi sérieuse (enfin presque). †~

" J'admets que ces occupations me prennent pas mal de mon temps. Entre deux, parce qu'être une emmerdeuse ne rapporte pas grand chose, je suis actrice. "

' Et j'essaye de voir mon mari sans le mettre en danger parce que je suis une Soumise et qu'il est l'Amiral de la Résistance, pour qu'il assiste tout de même à la grossesse. J'aimerais aussi trouver un moyen de sauver notre enfant d'un destin tragique qui le met quoi que je fasse entre les mains de l'Opposition. Comme vous le voyez, j'ai une vie bien remplie. '

~† Mais tout ça, elle ne le dit pas. Son regard s'assombrit légèrement et elle fixa une seconde son classeur le temps d'effacer ces pensées noires. Ce n'était déjà pas facile ici, en Angleterre, qui était pourtant un des Pays Unis de la Résistance. Alors là-bas, à New-York, capitale des Royaumes Unis de l'Opposition ? Elle ne savait pas. Elle verrait bien. De toute façon tout était arrangé maintenant, il ne lui restait que les derniers détails, ici, à régler. Elle était à la fois excitée de changer d'air et de pays, un peu triste de quitter ses parents et ses amis, et en même temps effrayée d'aller vivre là-bas toute seule, pile sur la gueule du loup. Elle espérait que tout se passerait bien, pour une fois. Armant ses lèvres d'un nouveau sourire, chassant définitivement ses doutes, elle releva ses yeux vers l'inconnu, bien décidée à continuer de le taquiner un peu, alors que le taxi se faufilait entre les autres voitures afin de se mettre dans la bonne voie pour le prochain carrefour. †~


" Et vous ? A part profiter de l'argent des femmes enceintes qui veulent vous voler votre taxi, râler parce qu'elles profitent de leur statut et ne pas leur faire plaisir, que faites-vous pour avoir un rendez-vous important au point d'être si pressé ?
J'ai déjà entendu parler de ce studio où vous vous rendez mais n'y suis jamais allée.
"




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Gary Adams
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Sam 15 Jan - 18:41

C'était une sacrée garce. Et prétentieuse et impétueuse avec ça! Elle pensait qu'il avait plié à ses exigences? Quelles exigences? Il n'était pas descendu, c'était sa seule exigence et il l'avait eu vis-à-vis de lui-même. Ce qu'il avait fait s'appelait dans le langage courant un compromis. Elle n'avait pas l'air de connaître le mot. Il la laissa à ses illusions. Il n'avait pas envie de la mettre hors d'elle en demandant au taxi de s'arrêter sur le champ et de la laisser descendre. Ca lui aurait fait les pieds. Elle aurait fait un scandale comme les bonnes femmes savaient si bien les faire pour se rendre intéressantes et, à n'en pas douter, elle se serait débattue. Si à cause de son énervement elle lui faisait un accouchement prématuré dans le taxi, ça serait le pompon.

Elle avait l'air de bonne humeur malgré qu'elle lui réponde sur la même fibre sarcastique. Elle ne se laissait pas faire. Ca serait un atout pour elle dans ce métier mais la différence était mince entre se défendre et se protéger. Il fallait se protéger mais éviter de se défendre. C'était mal vu les retours à l'envoyeur. C'était exécrable mais c'était comme ça. Si elle n'était pas prête à comprendre la différence, elle ferait mieux de continuer à langer des fesses. Parfois il fallait mieux se la fermer. Ce qu'elle faisait présentement très bien malgré quelques fuites sardoniques. Le milieu artistique était un environnement régit par des lois sacrosaintes et incontournables. Ca commençait par l'acceptation de la hiérarchie et le savoir fermer sa grande bouche. Elle l'apprendrait certainement à ses dépens. En tout cas, elles étaient des lois incontournables tant qu'on était personne. Après quelques années de métier, on pouvait commencer à lâcher la bride et laisser libre cours à sa personnalité. Gary passait la majorité de son temps à rappeler ses poulains à l'ordre. Ils avaient tendance à oublier qu'être malin ce n'était pas avoir toujours raison, mais avoir raison au bon moment.

Donc, elle lui racontait qu'elle était une emmerdeuse à plein temps. Dans les instants qui lui restaient, elle était actrice. Peu après, il y eut un court silence. Elle devait penser à quelque chose d'assez triste à en juger par son regard et il eut peur à un instant qu'elle se mette à lui raconter sa vie. Il aimait les choses claires et rapides, il détestait écouter la vie des gens. Sauf si cette connaissance pouvait lui apporter quelque chose de concret: un contrat. Personne ne connaissait mieux que lui le milieu, les requins, les poissons, les ficelles et les bons coups. Il ne fanfaronnait pas là-dessus, il le savait et en était fier. Charlotte, en quelques phrases, venait de lui donner plus d'informations sur elle et sur sa personnalité qu'une discussion de six heures l'aurait fait. Son entretien venait de se terminer en ce qui le concernait et elle était retenue.

Première raison: elle ne lui racontait pas sa vie. C'était la meilleure chose qu'elle avait pu faire... ou plutôt ne pas faire: s'épancher à la première occasion. Qu'est-ce qu'il détestait quand les gens commençaient à lui raconter leur vie comme s'il en avait quelque chose à foutre. Deuxième raison: elle avait du répondant et de la suite dans les idées, une belle voix, bien tenue, et une bonne diction. Troisième raison: elle avait le sens de l'humour. Du moins, celui qui accrochait Gary. Quatrième raison: elle était toujours dans le taxi, quoi qu'il en dise. Cinquième raison: elle retournait la question. Parfois les gens filaient de l'info sans demander contrepartie et, paradoxalement à son dégoût pour les petites discussions sans but, il détestait plus que tout qu'on ne s'intéresse pas à lui. Il n'avait en revanche aucune propension à l'épanchement. Il répondait par-dessus la jambe mais il était toujours flatté qu'on s'intéresse à lui.

Reste à savoir si elle séduira la directrice de casting.

Il s'arma de son plus beau sourire et se tourna franchement vers elle, content d'avoir déjà résolu le problème de l'entretien.

Pour la directrice de casting, si vraiment Charlotte pinait le rendez-vous, Gary était prêt à user de moyens plus subversifs. L'agent était foncièrement contre les promotions canapé de ses poulains. D'un point de vue général, il s'en foutait. Chacun faisait ce qu'il voulait pour réussir. Mais à ses yeux, dans ses écuries à lui, c'était le pire moyen pour arriver à ses fins. La parole était rapide dans le milieu. Si quelqu'un apprenait qu'un tel ou une telle avait eu le rôle en couchant avec tel autre, on pouvait être certain qu'il faudrait en passer par là à chaque contrat. Le cercle vicieux était grand ouvert. Une fois dedans, impossible de s'en sortir. La profession était cruelle.

Alors Gary se dévouait sans ambages à leur place. Eux devaient rester honnêtes et immaculés, l'agent était là pour faire le sale travail. La femme d'un producteur, une directrice de casting, une actrice chiante, une journaliste... tous les moyens étaient bons pour obtenir ses signatures. Mais la règle numéro deux était de ne jamais coucher pour avoir un contrat (ou un rôle). Dans le cas de Charlotte, la chose serait un peu compliquée. Mais elle n'aurait pas toujours un polichinelle dans le placard. La règle numéro un était pour lui: ne jamais coucher avec ses clientes. Trop d'emmerdes.

- Ben moi, quand je ne martyrise pas une femme enceinte, je travaille dans les relations publiques. Attaché de presse et agent.

C'était absolument délicieux de manipuler les coïncidences.

Toujours l'air de ne pas y toucher, il parlait calmement:

- J'ai un rendez-vous important avec une directrice de casting. Sait-on jamais, si vous êtes une bonne actrice vous pourriez un jour avoir la chance d'y travailler.

Maintenant, éducation de la future pouliche.

- Ce sont les plus grands studios de Londres. Ils ont été construits entre 2009 et 2011 près des docks dans d'anciens entrepôts rachetés par un promoteur indépendant.

C'était aussi le rôle d'un agent d'informer ses clients de ce qu'il était important de savoir dans le milieu. Il n'y avait pas seulement une question de leur trouver des castings ou de nouvelles équipes, de les coacher sur leurs entretiens ou leur relation avec la presse ou de les pousser au cul pour qu'ils aillent à tel ou tel évènement public, il fallait leur apprendre le métier et les lieux et les personnes qui le composaient. Ca lui permettait d'optimiser leurs connaissances. L'ignorance l'insupportait. Il n'avait aucune envie d'emmener des imbéciles en haut de l'affiche.

- On y tourne plusieurs projets en même temps. Ca été agrandi après la forte montée au pouvoir d'Antarès et la découverte du monde sorcier par les non sorciers. On y accueille autant des projets à financement magique et non magique. En ce moment il y a un casting là-bas... et je dois présenter une de mes clientes à la directrice de casting. Je veux arriver avant que le haras de comédiennes se pointe. Qu'est-ce que vous avez fait comme film? J'ai pas souvenir de vous avoir déjà vu...

Assertion fausse. Il connaissait le travail d'Eric parce qu'il le représentait, donc il connaissait le travail de Charlotte.
Il voulait l'entendre parler de son métier et de son expérience.
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Dim 16 Jan - 19:04

~† Attaché de presse et agent... La jeune anglaise garda un visage passablement neutre néanmoins elle tiqua un peu. Son regard se fit plus incisif, plus perçant. Presque comme si elle cherchait à percer les secrets de cet inconnu et à lire en lui. Comme si, à l'observer aussi intensément, elle pourrait avoir les réponses à ses questions. Comment il s'appelait. Qui il était. Où il travaillait. Avec qui. S'il connaissait Eric. S'il était cet agent qu'elle devait justement rencontrer d'ici quelques minutes. Ou si tout cela n'était juste qu'une étrange coïncidence assez cocasse. Mais, n'ayant absolument aucun pouvoir de légilimencie, elle se contenterait de rester attentive et circonspecte. Ce n'était pas tous les jours qu'un agent et une actrice se retrouvaient par pur hasard à partager le même taxi, sans être liés de quelque manière que ce soit ni s'être jamais vus. Soit, pourquoi pas.

Il acheva ses doutes en lui révélant qu'il avait rendez-vous avec une directrice de casting. Il était donc très peu probable, voir impossible, qu'il soit l'agent qu'elle allait rencontrer. A moins que, comme Sacha, il ait en sa possession un médaillon lui venant d'un Djinn lui permettant de se dupliquer. Cela par contre aurait été totalement fou et incroyable. Quoiqu'il en soit, il y avait donc peu de chances qu'il soit cet Adams avec qui elle devait s'entretenir. Ce n'était peut-être pas plus mal, car s'il avait été la même personne, on ne pouvait pas dire que leur collaboration commençait sous les meilleurs jours... Elle en future mère insupportable, lui en rabat-joie grincheux, voilà qui aurait promis une entente pour le moins explosive. Bien qu'elle semblât au demeurant être plus ou moins sur la même longueur d'onde que cet inconnu souriant. Comme lui, elle n'était pas prête à sacrifier qui elle était, ce qu'elle avait, ni son mauvais caractère pour qui que ce soit, que cette personne soit enceinte, âgée ou jolie. Et comme elle, il avait l'air d'avoir un sens de l'humour assez sarcastique étant donné qu'il répondit à sa question sur le même ton qu'elle. Mais peu importait de savoir si leur entente aurait été bonne ou exécrable, elle ne le reverrait certainement jamais, ou alors seulement au détour d'une soirée mondaine.

Le taxi continuait sa route vers les Studios que l'homme était en train de lui décrire. Elle ne savait pas tout cela. Elle se doutait juste qu'ils devaient être assez vastes et utilisés pour qu'elle en ait entendu parlé sans y avoir jamais mis les pieds. Apparemment ils se situaient près des docks, mais elle n'allait jamais par là. Les studios s'étaient développés et s'ouvraient aux projets magiques comme moldus. Suite à la montée d'Antarès. Encore lui. Toujours lui. Malgré tout elle aimerait bien s'y rendre un jour, même sans avoir à y tourner, juste visiter parce que cela devait être impressionnant. Après tout elle était encore jeune dans le métier, même si cela faisait plus de cinq ans que son premier film était sorti (déjà). Mais elle avait continué ses études et les avait terminées il y avait seulement un an et demi. Elle ne trouvait pas pénalisant de ne pas connaître toutes les ficelles ni tous les lieux, elle était encore jeune. Cela viendrait avec le temps. Et parce qu'elle était encore jeune et "débutante", elle ne s'offusqua pas qu'il ne la reconnaisse pas. Au contraire.
†~


" J'ai fait trois films. Que trois films. Déjà trois films. Vous trouverez cela peu ou important selon mon âge mais un trois reste un trois et c'est certainement pour ça que je ne vous dis rien. Je ne cours pas après la popularité. Je l'ai déjà dit dans une interview, si j'avais voulu être célèbre il y a des moyens plus rapides pour le devenir. Ca ne fait pas si longtemps que j'ai eu mon diplôme et pouvoir marcher dans la rue sans avoir à me cacher est plus qu'appréciable. Mon but n'est pas d'être reconnue par tous les sorciers. Je veux juste faire ce qui me plaît, jouer, du mieux possible et continuer de progresser. Si le Cinémagik aboutit à un succès tant mieux pour le réalisateur, moi je demande juste à être repérée dans le milieu pour faire de nouvelles expériences et aller le plus loin possible. "

~† Il était étrange comme sa langue se déliait avec facilité lorsqu'elle parlait de choses qui la passionnaient. C'était avant le cas pour le Quidditch. Aujourd'hui, c'était avec le Cinémagik. Cette aisance était d'autant plus notable lorsque l'on savait la difficulté qu'elle avait à parler d'elle, ce qui la touchait, et exprimer ce qu'elle ressentait. Elle était une handicapée des mots à mettre sur les sentiments pour les communiquer à leur juste valeur. Alors pour éviter de dénaturer la justesse de ce qu'elle éprouvait en le formulant mal, elle préférait se taire et le montrer. C'était peut-être là son plus gros défaut, ses silences. Même si son orgueil et sa fierté n'étaient pas très loin derrière dans la liste de ses imperfections. †~

" J'ai commencé avec le réalisateur Eric Marvendall. En... 2007, avec le film Entre Deux Mondes. J'ai joué avec John Darcy et Bryan Wickham, deux acteurs qui débutaient comme moi. Ca raconte l'histoire d'une fille qui vit dans deux mondes grâce à un objet magique et qui est poursuivie à cause de cet objet. Mais je ne vous en dirais pas plus, si jamais vous décidiez de le regarder, je vous gâcherais la surprise. "

~† Elle eut un petit sourire tout en haussant les épaules d'un air malin. Le film avait fait du bruit à l'époque. Pas tellement parce qu'il avait choqué, plu ou déplu. Juste parce que c'était au moment du procès sur-médiatisé de Sacha, dont elle était la petite amie. Mais elle n'aimait pas parler de cette époque qui avait été difficile pour elle, alors elle évitait de le rappeler en parlant du film. †~

" Le deuxième était toujours d'Eric et est sorti en 2009. Attends-moi, avec Hélène Japcock. Ce nom en revanche doit vous être familier. Elle commence à être bien connue et c'est très bien pour elle, Hélène est adorable. Dans ce film nous jouions deux sœurs victimes d'une malédiction jetée sur leur famille. "

~† Et avec un petit sourire nostalgique et triste, elle se souvint que dans ce film, son personnage, enceinte également, se suicidait pour mettre fin à la malédiction. Charlotte et le bébé qu'elle portait étaient maudits eux aussi. Pas magiquement. Mais par la vie. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle se mette dans des situations pas possibles ? Si elle était encore là aujourd'hui, c'était parce que Sacha était toujours vivant, contrairement au personnage qu'elle avait incarné et qui avait perdu son grand amour. Elle n'était pas seule puisqu'elle l'avait toujours, et il était son seul espoir et la seule chose qui la retenait dans cette vie trop compliquée. Même si elle ne savait absolument pas si elle aurait été capable de passer à l'acte et d'avoir assez de courage pour s'ôter la vie. †~

" Et le dernier, Obsession, date de 2011. Il a été réalisé par le français Bertrand Nesriac et tourné en grande partie à Poudlard University. J'y incarnais une étudiante qui était totalement obsédée par l'un de ses camarades de classe.
J'aime les films dramatiques. Qu'ils ne soient pas lisses. Dont la fin nous surprend parce que nous n'y avions pas pensé. J'aime jouer des personnages sombres et torturés. Qui ont de la matière et que l'on voit évoluer en bien ou en mal. Explorer les coins sombres de notre humanité, là où on ne veut jamais aller parce qu'il fait trop noir et qu'on ne sait pas exactement ce qu'il s'y passe. Si à la fin du film le spectateur se pose des questions et ressent comme un malaise, c'est que j'ai réussi à faire passer ce que je voulais parce qu'il aura touché du doigt sa propre noirceur. Nous ne sommes pas des anges, et je pense que c'est bien de se rappeler parfois que nous avons tous cette partie ténébreuse cachée en nous. Même si c'est juste le temps d'un film et les quelques secondes de grâce qui suivent la scène finale.
"


~† Lorsqu'elle se tut, elle se rendit compte qu'ils n'étaient plus très loin maintenant, dans quelques minutes ils seraient arrivés au point de rendez-vous de cet inconnu à qui elle avait beaucoup parlé. Trop parlé. C'était rare. Elle s'en sentit même un peu gênée, laissant échapper un petit rire embarrassé. †~

" Excusez-moi, je vous ennuie avec tout ça. Je suis horrible quand je parle de Cinémagik, je ne sais plus m'arrêter.
Ce casting, pour lequel vous présentez votre cliente, c'est à quel sujet ? Un film, une publicité ?
"




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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Mar 18 Jan - 18:11

- Ouais, je connais Eric, dit Gary. Je connais autant les personnalités sorcières que non sorcières.

Gary parlait de manière à ce qu'à aucun moment Charlotte n'ait un indice sur son statut de sorcier. Il évita les mots comme "moldus" ou "cinémagik" pour ne pas se montrer trop familier avec le registre du langage magique.

- Et vous, m'sieur, vous connaissez du beau monde? Vous avez bossé avec qui de connu? Demanda le chauffeur dans une tentative abusive d'entrer dans la conversation. Il suivait avec avidité la discussion. La célébrité et les strass attiraient toujours la curiosité des quidams. Gary entendait cette question régulièrement. Il la trouvait énervante. Célébrités, célébrités, vedettes, starlettes, buzz, glamour... Les gens n'avaient que ces mots là à la bouche. Ils vivaient leurs fantasmes par procuration en suivant les boires et les déboires de ces âmes publiques qui erraient sur les grands écrans, les petits écrans et les pages de papiers glacés.

Gary sourit à son reflet dans le rétroviseur et s'avança entre les deux sièges avant avec lenteur. Il se racla la gorge, un peu déconcerté et lui dit:

- Vous connaissez un peu le cinéma?
- J'y connais rien aux sorciers mais je connais le cinoche, ouais, un peu.
- Toutes les personnes que vous voyez dans vos magazines sont à deux coups de fils de moi, minauda Gary. Qui est votre acteur ou votre sportif préféré?
- J'adore Robert de Niro.
- Rencontré. Il est gay.
- Non!!! No way! C'est un homme, un mec, un vrai!
- Ouais, peut-être mais il est gay. Il joue dans des daubes depuis Heat. C'est un type charmant au demeurant.
- Gay! Non, il est pas gay... on le saurait!
- Ce que vous lisez des magazines, c'est 50% trafiqué. Du pipeau d'agents artistiques ou d'attaché de presse pour couvrir leur star ou pour faire mousser le public. Tu verras que le jour où de Niro changera d'agent, le scandale sur ses aventures homosexuelles va exploser... vengeance d'agent.
- Non, merde, c'est pas vrai... et comment vous le savez?
- Vous m'avez demandé qui je connaissais... bah je connais de Niro. On s'est envoyé en l'air dans les toilettes du Four Seasons il y a cinq ans.

C'était le coup de grâce et le taxi était hors de lui. Son icône, la grande icône masculine et virile n'était qu'une tapette refoulée. Il avait l'air dégoûté. Le chauffeur mâchouilla son ressentiment et regretta d'avoir posé la question. Il ne lui vint pas une seconde à l'esprit que Gary lui avait raconté n'importe quoi. Mais Gary avait la paix. Il détestait les incursions dans ses discussions privées. Cette discussion avec Charlotte était privée.

Tant que ses interlocuteurs n'étaient pas dans la déblatération sordide de leur quotidien, Gary était à même d'écouter sans chanceler. Il écoutait même avec intérêt dans le cas de Charlotte. D'abord parce qu'il avait été convaincu et qu'elle avait le soutien d'Eric qu'il respectait et ensuite parce qu'elle parlait du métier. Les discussions de Gary tournaient toutes à 80% autour de son boulot. C'était une déformation que beaucoup de personnalités du milieu artistique avaient. Des métiers passionnants qui empiétaient largement sur leurs vies privées. Gary savait de quoi il en retournait, son ménage battait de l'aile depuis presque six ans à cause de sa profession. S'il n'avait pas encore quitté sa femme, c'était bien pour protéger leur fille de onze ans, Saphir. Elle venait d'entrer à Poudlard.

Donc Gary écoutait Charlotte lui parler des films qu'il connaissait déjà pour avoir vu deux d'entre eux une première fois alors qu'il allait devenir l'agent d'Eric et une deuxième fois, plus récemment, il les avait de nouveau visionné, toujours avec Eric, pour se concentrer un peu mieux sur le jeu de Charlotte. Il n'était pas allé au bout d'Obsession. Le film l'avait ennuyé mais il en avait vu assez pour se faire une idée et ne pas refuser la proposition d'Eric.

Le taxi s'était engagé dans les petites rues des docks au moment où Charlotte voulut en savoir plus sur le type de casting qui allait avoir lieu. Il ne marqua aucun changement d'attitude mais apparut plus sérieux qu'auparavant. Il avait encore des cartes à jouer pour tester Charlotte ou, plus vraisemblablement, pour s'amuser d'elle.

- C'est un casting pour une publicité, resta-t-il vague.

Il la regarda avec intensité un certain temps, introduisant une offre qu'il jugeait à la fois difficile à refuser et à accepter. Ses yeux bruns étaient déterminés. Il défiait la tentation de Charlotte avec un avant-goût de sadisme.

- Seriez-vous prête à annuler le rendez-vous que vous avez pour m'accompagner à ce casting et visiter les studios? C'est une occasion en or. Je m'arrangerai pour vous faire rencontrer la directrice de casting. Taylor Regan est une femme très occupée, c'est toujours très bien pour une comédienne de rencontrer en direct ces intouchables qu'on appelle les directeurs de casting. Et puis si vous me montrez votre travail, je pourrais devenir votre agent...

Il resta face à elle, légèrement tourné vers elle, dans l'attente de sa réponse. Le taxi les interrompit et leur demanda où exactement il devait s'arrêter. Charlotte venait de s'octroyer une minute de sursis en plus pour réfléchir à sa réponse. Gary se détourna d'elle et s'avança entre les deux sièges de devant pour pointer de l'index une direction.

- Vous voyez l'entrée, là-bas, l'allée entre les deux entrepôts? Vous la prenez, vous allez jusqu'au bout, on va déboucher sur une grosse route, vous la traversez et en face, il y aura une entrée avec le box de sécurité des studios. On rentre. C'est vraie ville à l'intérieur, je n'ai pas envie de marcher.

Le taxi acquiesça et Gary se recula dans son siège et revint à Charlotte:

- Vous avez réfléchi? Il vous suffit de repousser votre rendez-vous. Si vous voulez, vous pouvez appeler avec mon portable. D'après votre filmo, vous devez être une sorcière... si vous ne savez pas vous en servir, dites-moi seulement qui vous étiez supposée rencontrer ou bien l'endroit où vous deviez vous rendre, je trouverai bien le moyen de dégoter un numéro à appeler.

Si elle lui disait "je dois rencontrer Gary Adams aux Agents Sorciers Associés", il n'aurait qu'à composer son propre numéro de portable et ils tomberaient sur occupé. "Laissez-lui juste un message" aurait-il tenté de l'influencer sans trahir son identité.

J'ai envie de continuer à taire mon identité le plus longtemps possible.
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Mer 19 Jan - 12:21

~† Charlotte avait souri largement en se mordant doucement la lèvre inférieure lorsqu'il s'était joué du conducteur. Pour s'empêcher de rire. Peut-être que c'était vrai et qu'il avait effectivement passé du bon temps avec ce grand acteur américain - depuis qu'elle avait mis un pied dans le Cinémagik, Charlotte s'était renseigné et ouverte à la culture cinématographique moldue ; plus encore depuis qu'elle était enceinte et qu'elle passait ses journées à ne rien faire. Elle ne savait donc pas s'il mentait ou non, après tout ce n'était pas impossible, mais elle reconnaissait une pointe de sarcasme cachée derrière toute la persuasion dont pouvoir faire preuve cet homme pour convaincre le chauffeur. A son humble avis, il se fichait complètement de lui et s'amusait de la situation. Si le moldu derrière le volant lui avait posé des questions sur le monde magique plutôt que de vouloir connaître les coulisses du cinéma, peut-être qu'elle aurait eu le même genre de réaction et qu'elle lui aurait raconté absolument n'importe quoi parce qu'il les interrompait. Et certainement même que plus les mensonges auraient été gros, plus il les aurait cru. En même temps le pauvre taximan ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même. C'était lui qui avait voulu s'immiscer dans la conversation, s'ils avaient voulu discuter avec lui, ils lui auraient adressé directement la parole.

C'était étrange comme il lui rappelait son ancien côté Serpentard. Elle se dit que s'il était sorcier et qu'il avait été à Poudlard, il était indéniablement passé par cette maison. Et s'il était moldu, il y aurait tout de même mérité sa place. Il lui faisait se remémorer ses anciens côtés, quand elle se jouait de tout et de tous. Quand elle n'en avait rien à faire et sautait à pieds joints dans les plats de naïveté tendus par les Autres, riant intérieurement aux éclats de les voir éclaboussés de leur propre crédulité. Cela la rendait un peu nostalgique parce qu'elle se dit qu'elle s'était beaucoup ramollie. Elle était devenue plus tolérante. Pas gentille mais presque. Et il était rafraichissant de savoir que le jeu n'était pas si loin, juste à portée de taxi. Ce jeune inconnu réveillait en elle ses anciennes pulsions de sadisme et ses travers ironiques. Et cela lui faisait un bien fou. Comme une bouffée d'air dans son quotidien trop morose. Un rappel de la simplicité dans sa nouvelle vie trop compliquée. Un retour à "l'innocence" alors qu'elle allait avoir un bébé.

Pour cette raison, l'offre de cet agent la tenta même si elle n'hésita pas réellement. Il lui proposait de repousser son rendez-vous avec Adams pour aller avec lui au casting et voir les studios. La proposition était alléchante. D'autant plus qu'il disait que c'était une rare opportunité de rencontrer une directrice de casting. En vérité, ce qui lui coupa toute envie d'accepter sa proposition fut sa proposition de lui montrer son travail pour que lui devienne son agent. Qu'elle ait été aussi immature qu'avant ou aussi calme qu'à présent, sa réponse aurait invariablement été "non merci". Parce que cette réponse ne dépendait pas de son caractère, de son impulsivité ou de son humeur mais de ses valeurs. Et il y en avait certaines qu'elle ne trahirait jamais, peu importe la hauteur de la tentation. Sans rien dire pour le moment, elle le laissa expliquer le chemin au taxi, se contentant de jeter un œil par la vitre avec curiosité. Une seconde plus tard, il revenait à la charge, lui proposant de décaler son rendez-vous. Il pouvait lui prêter son téléphone pour ça - chose dont elle ne savait pas se servir -, et même le faire à sa place ayant remarqué qu'elle était sorcière. Elle resta silencieuse encore quelques petites secondes, fixant avec attention le visage de l'homme pour juger de sa sincérité et de sa détermination. Elle finit par afficher un mince sourire au coin de ses lèvres et secoua doucement la tête.
†~


" C'est très aimable à vous mais je vais refuser. Je ne doute pas que vous avez raison quand vous dîtes que c'est une occasion en or mais... J'ai justement rendez-vous avec un agent. "

~† Elle montra le classeur qu'elle avait sur les genoux et l'agita doucement pour lui faire comprendre qu'il contenait tout son travail, qu'elle allait présenter à un autre agent. †~

" Pour être sur un tel casting, vous devez être très bon. Mais je dois rencontrer Monsieur Adams des Agents Sorciers Associés, peut-être le connaissez-vous. Il m'a été conseillé par un proche et vous ne pourrez jamais rivaliser avec ça, même si vous me proposiez dans la minute le contrat de mes rêves. Désolée. "

~† Elle haussa tout doucement les épaules, sans se départir de son sourire. Elle se mordrait peut-être les doigts de n'avoir pas accepté cette proposition mais elle ne regretterait jamais. Elle n'avait pas de regrets. Et puis le rendez-vous avec cet Adams avait été arrangé par Eric qu'elle considérait comme son parrain. Elle avait confiance en lui et elle était certaine qu'il ne lui proposerait pas n'importe qui pour agent. Et rien que pour cela, ce jeune homme n'avait aucune chance car malgré tout, il restait un inconnu.

Le taxi continua de se rouler et ils arrivèrent au niveau de l'entrée des studios.
†~


" J'espère que nous nous recroiserons tout de même un jour, peut-être pour fêter un succès, qui sait ? Je m'appelle Charlotte de Lansley. Je ne vous donne pas mes coordonnées, je suis sûre que si vous le vouliez vous dégotteriez un moyen pour me contacter.
Et vous, quel est votre nom ? Que je ne vous confonde pas un jour avec ces requins auxquels je ne réponds jamais. Et que je puisse me vanter de vous avoir emmerdé dans un taxi.
"




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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Ven 4 Fév - 15:03

Elle lui expliqua avec un peu trop de politesse qu’elle avait rendez-vous avec lui-même. Un certain monsieur Adams. Moins rassuré de la fidélité de la jeune actrice que frustré de ne pas avoir pu rivaliser avec lui-même, Gary haussa des épaules peu convaincues de l’air de dire "Ah ouais, peut-être que j’ai vaguement entendu parler de lui."

Le taxi arriva près de la clôture de sécurité. Il fit signe au taxi de s’arrêter en lui tapotant sur l’épaule d’un geste amical. Suite au refus de Charlotte, il avait changé d’avis. Il marcherait jusqu’au studio. Plus vite repartait-elle, plus de chance avait-elle de revenir à l'heure pour le casting. Au même instant, Charlotte lui demanda son identité après lui avoir donné la sienne. D’après elle, ils se rencontreraient peut-être au détour d’un succès, d’un évènement. C’était peu dire. Ils allaient se rencontrer de nouveau d’ici cinquante minutes, le temps qu’elle fasse un aller retour du studio à l’ASA où elle apprendrait de Scott que Gary l'avait appelé pour qu'elle le rejoigne au Show Runner Movies Studios. Retour à la case départ. La prochaine fois, elle n’aura qu’à saisir les opportunités qui se présentent. Ca lui ferait les pieds, le portefeuille et une petite balade, songea Gary. Sans pitié, l’agent descendit du taxi en éludant sa présentation. Une fois sur le trottoir, il se pencha par la porte ouverte et la salua rapidement:

- Vous saurez bien assez vite qui je suis, sourit-il mystérieusement en tapotant son nez de son index pour lui signifier qu’il avait du pif pour ce genre d’affaire. Je vous remercie pour la course! A la revoyure Charlotte de Lansley!

Gary claqua la porte et donna deux brefs petits coups sur le toit de la carrosserie pour signaler au chauffeur qu’il pouvait repartir. Il le regarda rouler, très content de son sale coup. Quand le taxi tourna au coin du boulevard, Gary mit ses lunettes de soleil et se dirigea nonchalamment vers le box de sécurité. Il se présenta par politesse bien que les deux agents l'eurent reconnu. Les dernières fois qu’il était venu, Gary accompagnait une célèbre chanteuse à la mode dont il était l’agent. Elle venait tourner le clip de son prochain tube dans les studios 1300. L’un des agents de la sécurité avait une fille qui était fan de la starlette. Dès qu’il l’avait appris, Gary lui avait obtenu un autographe et deux places pour un concert privé. Il fallait toujours se mettre les petites gens dans la poche. On ne savait jamais quand ça pourrait servir.

- Bonsoir messieurs. Quoi de neuf?

Les types saluèrent et prirent des nouvelles de Gary avant de lui révéler les derniers potins des studios. Connaître les potins était une force dans le milieu. Il ne fallait jamais les prendre au mot mais il fallait toujours savoir ce qui se disait. Ensuite décidait-on de faire semblant de les croire, de les alimenter ou non. L’agent apprit que le deuxième jour de tournage d'Elliot O’Malley s'était bien passé mais que la sécurité des studios avait dû être renforcée à cause des donzelles qui avaient essayé de s'infiltrer pour aller à la rencontre de la vedette. Ils lui apprirent aussi que la holding qui détenait les studios s’était manifestement séparée d’un de ses plus grands associés et que, de ce fait, les travaux prévus pour l’agrandissement des extérieurs seraient repoussés. Il y aurait de l’eau dans le gaz et de la rupture de contrat dans l’air, pensa Gary. Tous ceux qui avaient compté sur l’agrandissement de la pépinière et réservé les studios pour des projets à venir allaient très vite se retourner sur d’autres solutions et la réputation du SRMS allait en pâtir. Gary n’en avait rien à foutre. Il fallait seulement qu’il le sache.

Avant de quitter les deux hommes, il leur demanda un petit service :

- Vous voyez la jeune femme qui était dans le taxi?

Ils firent un oui pas très convaincu. Ils ne l’avaient pas bien regardé mais ils se souvenaient du chauffeur qui était à l’avant. Gary leur fit remarquer passablement déconcerté que le chauffeur avec lequel elle reviendrait ne serait certainement pas le même.

- La cliente s’appelle Charlotte de Lansley. Quand le taxi se pointera orientiez-la vers le studio 400. Le casting pour Vanessa Heaven.

Les deux agents se regardèrent l’un et l’autre avant de poser la question:

- Si elle devait se présenter au casting pourquoi est-elle repartie? Ca commence bientôt normalement... y'a même déjà des filles qui sont arrivées.

Gary haussa les épaules mimant l’ignorance :

- J’en sais rien... vous devriez lui poser la question si elle revient, fit-il mutin avant de les saluer et de se diriger vers la grille qu’ils ouvrirent.

Pour ne pas perdre du temps et raviver l’amitié obligée qu’il était supposé avoir pour Taylor Regan, la directrice de casting, Gary se rendit directement au bureau de production installé pour l’occasion près du studio 400. Le casting débutait dans moins de quarante minutes. Il profita du chemin à pied pour appeler Scott et le prévenir de lui envoyer son RDV de 15h30 au Show Runner Movies dès qu'elle serait arrivée. Gary raccrocha au nez de Scott sans donner plus d'information. Il espérait seulement qu’il n’y aurait pas trop d’embouteillages pour que Charlotte revienne avant que la horde de blondasses décolorées et de brunasses sans saveur au ventre rond arrivent pour être castées.

Au bureau de prod., une batterie d’assistants, le réalisateur et Vanessa Heaven elle-même étaient en train de préparer le casting. Gary entra par la double porte vitrée sans y être invité. Une assistante essaya de l'intercepter et de l’interroger : qui êtes-vous? C’est privé ici... et ce genre de conneries. Gary lui sourit assez durement et lui passa devant sans la considérer. Elle obéissait aux ordres, il ne pouvait pas lui en vouloir directement, mais il ne supportait qu’on s’adresse à lui sans que ça soit essentiel. Il ne lui paraissait pas essentiel d’être emmerdé par une stagiaire.

Au bout de la pièce, assises avec un groupe autour de trois bureaux collés les uns aux autres, Vanessa et Taylor le reconnurent. Taylor ouvrit ses bras et lui fit signe d’approcher:

- Gary!! Gary, Gary, Gary! Approche que je te présente José Norriega et l'équipe de Vanessa!

Il trouva qu’on l’avait un peu trop nommé dans une même phrase mais ainsi était Taylor. Elle sur-jouait trop. Elle prononçait tout trois à quatre fois pour souligner sa joie. Tout était "super, super, super" ou quand elle n’y croyait pas "c’est pas vrai, c’est pas vrai, c’est pas vrai, dis-moi que tu déconne, Gary!"
Mais l’agent jouait son jeu parce que telle était la règle pour garder ses contacts. Il se laissa embrasser par la bouche botoxée et étreindre par les bras anorexiques de Taylor. Derrière lui, comprenant qu'elle avait gaffé et que Gary était connu de ses supérieurs hiérarchiques, la stagiaire devint rouge de honte. Gary aimait le rouge de honte. Il se retourna pour savourer la couleur comme on savoure une crème dessert. Il lui donna un petit levé de sourcils qui lui fit l’effet de deux claques et elle repartit avec les autres assistants trier des papiers, broyer du noir, trouver ce monde injuste et passer des coups de fils.

Taylor lui présenta Norrigea et son équipe de cameramen. Il filmerait les essais de la journée et les quatre spots de Vanessa Heaven. Heaven, quant à elle, était une magnifique quadragénaire aux cheveux roux et à la peau dorée. Ancienne petite main chez Givenchy, elle avait créé sa marque six ans auparavant et s’était brillamment lancée dans le milieu des affaires en se cramponnant au business niche des femmes enceintes. Ses produits moyens et hautes gammes plaisaient au public international. Gary et elle avaient eu une aventure passagère à l’époque où elle était encore couturière dans la haute couture. Elle était en plein divorce et lui en pleine ascension. Vanessa fut l'une des rares maîtresses avec lesquelles il avait gardé de bons contacts.

Ils discutèrent des dernières nouvelles et des filles qui étaient supposées se présenter au casting jusqu’à ce que l’heure dudit casting arrive.

- Alors Gary? T’es venu sans "pouliche" comme tu dis? plaisanta Taylor.
- J’ai bien quelqu’un mais sa présentation au casting dépendra de sa faculté à savoir encaisser, sourit-il. Mais tu me connais... Je te promets que si elle vient, tu ne seras pas déçue. Toutes les autres vont te paraître fades.
- Je ne savais pas que tu avais une comédienne enceinte dans ton catalogue, dit Vanessa quelque peu sceptique. La réputation de Gary était répandue: il n’aimait pas particulièrement travailler avec les femmes alors une femme enceinte!
- Yeux-cheveux-nationalité? S’intéressa la directrice du casting, curieuse de connaître la raison pour laquelle Gary estimait que sa comédienne ne se présenterait peut-être pas. Qui c’est?
- Bleu-Brune-Caucasienne. Peau laiteuse et satinée. Charlotte de Lansley, rétorqua-t-il impassible tout en les dépassant pour les laisser gérer la nouvelle entre elles.

De Lansley... qui ne connaissait pas ce patronyme?
L’agent manipulateur se servait de tout ce qui existait pour gagner l’intérêt et se munir de passe-droits importants. Avoir déjà un nom pouvait servir et il ne fallait pas cracher dessus. Néanmoins, Gary ne doutait pas que même sans s'appeler de Lansley, Charlotte pouvait énormément plaire à Vanessa et Taylor.

Ils marchèrent vers le studio où un set avait été aménagé sur fond bleu, encadré par plusieurs projecteurs alimentés par magie et trois caméras dont une magique elle aussi. Le studio tenait son nom, 400, parce qu’il faisait exactement 400 mètres carrés. Tout le monde se mit en place tranquillement, en buvant des cafés et en discutant des derniers résultats de Quidditch.
Pour les actrices sorcières et moldues qui allaient se présenter à la sélection et qui devraient attendre plus ou moins longtemps, un coin du studio éloigné du décor avait été dressé avec soin par les assistants. Des canapés, des fauteuils, des chaises, des petits gâteaux et de l’eau. C’était bien parce que les comédiennes seraient des femmes enceintes qu’elles avaient le droit à un tel confort. Gary avait plutôt l’habitude de voir des petites salles combles où les comédiens étaient entassés et mal assis.

La partie salle d’attente et le décor étaient séparés par un grand voile opaque et noir suspendu dans les airs qui permettait de couper le studio en deux. On ne pouvait voir ce qui se passait de l'autre côté mais les voix résonnaient plus au moins sans que les paroles soient complètement perceptibles.

Gary s’apprêtait à laisser les membres du casting se mettre en place derrière le rideau pour aller flâner devant le studio et guetter si Charlotte arrivait mais Taylor l’invita à venir participer. Il accepta, amusé. Il n’avait jamais suivi cette étape de la vie de ses comédiens.

- Je reviens. Je dois juste aller me présenter à ma comédienne... elle ne me connaît pas encore.

Gary planta Taylor, José et Vanessa pour attendre devant l’entrée du studio. Le trio étaient abasourdit par la nouvelle et la nonchalance de Gary.

Dehors, plusieurs femmes enceintes parfois accompagné par leurs agents ou une amie s'étaient attroupée et commençaient à affluer. Il était seize heures. Le casting ouvrait ses portes. Ils furent guidés par des assistants jusqu'à l'espace d'attente. Parmi ce troupeau de ventres ronds, il chercha celle sur laquelle il avait misé.

Pour passer le temps, il s’alluma une cigarette et s’appuya contre l’entrée, regardant une à une les femmes qui entraient et les évaluant complaisamment dans sa tête:

Madre de Merlinus! Elle va accoucher d’un cachalot, celle-là!
Bienvenue au royaume de la varice...
Heu, c’est quoi cette couleur de cheveux? Orange ou jaune? Et la mèche violette, c’était vraiment obligé?
Par Zeus! Faut pas qu’elle sourie elle...
Ah... pas mal. Dommage qu’elle soit enceinte en fin de compte...

Trois cigarettes plus tard, Charlotte n'était toujours pas arrivée. A l'intérieur, le casting avait commencé.


Dernière édition par Gary Adams le Sam 12 Fév - 3:24, édité 2 fois
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Jeu 10 Fév - 17:58

~† Curieuse après les derniers paroles que lui avaient lancées cet inconnu dont elle était censée découvrir sous peu l'identité, elle indiqua l'adresse de l'ASA au chauffeur du taxi qui se remit en route. Il ne chercha pas plus à discuter le long du chemin, encore estomaqué par ce qu'il avait appris de son acteur favori. Par chance, la circulation était fluide à cette heure-ci et elle mit à peine plus de quinze minutes pour rejoindre son lieu de rendez-vous. Elle serait à peine en retard, elle s'en sortait finalement plutôt bien... A l'intérieur de l'agence, elle se présenta en annonçant qu'elle avait un rendez-vous avec Monsieur Adams. L'homme qui la reçut regarda sa montre et après un petit temps de réflexion sembla se rappeler que Gary - voilà, c'était ça son prénom - l'avait appelé. Un instant, elle crut qu'elle s'était déplacée pour rien parce que cet Adams n'était pas là, mais Scott - directeur de l'agence, s'était-il introduit en quelques secondes - balaya ce doute. Ce n'était pas que Gary n'était pas là, il était ailleurs. Et elle devait le rejoindre le plus vite possible. Au Show Runner Movies Studios. Charlotte eut subitement très chaud. Son sang fit un tour plus rapide que les autres dans son corps et ses joues rosirent légèrement. Comme un coup de fouet des tréfonds de son âme qui la secouait et réveillait son côté sombre. A cet instant précis, si le Gary en question avait été face à elle, probablement l'aurait-elle giflé sans retenue. Au lieu de cela, elle afficha un petit sourire crispé et ressortit de l'agence en fulminant.

Dehors, elle héla le premier taxi qui passa, se jetant presque sous ses roues. La voiture pila et la cliente ainsi que le chauffeur sortirent précipitamment pour savoir si tout allait bien. Elle acquiesça avec mauvaise humeur et demanda au chauffeur de retourner à l'intérieur tandis qu'elle-même prenait place. La précédente occupante se retrouva éberluée sur la chaussée, avant de se ressaisir et de l'insulter. Sans s'en soucier, elle demanda au taxi de rouler, elle était pressée. Il ouvrit la bouche pour protester mais lorsqu'il croisa son regard dans le rétroviseur, il la referma aussitôt et accéléra, laissant sur le trottoir la pauvre femme qui hurlait d'insurrection. La circulation était toujours aussi fluide et elle se dit qu'en un quart de plus elle pouvait être aux studios. Seulement elle n'avait pas beaucoup apprécié le coup que venait de lui faire Adams. Elle allait le faire mariner un peu, ça lui ferait les pieds à lui aussi. Elle renseigna l'adresse des studios au taxi, mais lui indiqua un chemin bien précis. Ils allaient faire un laaarge détour. L'homme tenta bien de la convaincre que ce n'était pas le chemin le plus court si elle était pressée mais elle l'arrêta d'un "je sais" qui mettait fin à la discussion. Il allait la prendre pour une rustre mal élevée mais Merlin savait comme elle s'en fichait. Au moins Gary avait-il réussi le miracle de la rendre furieuse alors qu'elle s'était levée de bonne humeur...

Sur le chemin, elle réfléchit. Elle eut tout le temps pour cela. Elle se demanda comment elle allait bien pouvoir se venger de cet affront. Peut-être bien qu'en arrivant elle allait le gifler devant sa copine la directrice de casting. Ca lui remettrait peut-être les idées en place et le ferait redescendre les pieds sur terre. Ou bien peut-être qu'elle allait pourrir le casting. Elle s'en fichait, elle n'avait encore rien signé, n'avait pas de contrat et si elle avait réussi à se passer d'un agent jusque-là, elle pouvait continuer. Ou alors elle allait se montrer parfaitement charmante, allait tout faire comme il fallait et quand elle aurait signé, elle allait faire de sa vie un enfer. Sauf qu'elle partait dans cinq jours. Hum. Quelques scénarios dans le même genre lui passèrent devant les yeux, sur fond de ville défilante derrière une vitre, avant qu'un doute ne lui traverse l'esprit. Et si celui avec qui elle avait rendez-vous n'était pas celui avec qui elle avait partagé le taxi ? Peut-être que ce n'était qu'un énorme hasard, et elle allait arriver remontée sur ces grands chevaux alors que le malheureux n'avait rien fait. Mais ses doutes ne subsistèrent pas longtemps. Il y avait trop de coïncidences. Elle voulait bien laisser une marge de manœuvre avant de forger son opinion mais elle n'était pas non plus idiote.

Quarante minutes plus tard, le taxi arrivait dans l'entrée des studios, au niveau du box de sécurité. Les deux agents lui demandèrent son nom. Perplexe, elle le leur donna, et ils indiquèrent la route au chauffeur après lui avoir demandé pourquoi elle était repartie tout à l'heure.
"
Fâcheux malentendu", avait-elle répondu. Mes fesses ! C'était juste Gary que ça avait bien fait marrer de la voir courir partout pour ses beaux yeux. Elle jurait que si ce n'était pas Eric qui le lui avait conseillé, elle l'aurait laissé en plan à son casting. Elle n'avait rien demandé. Néanmoins faire un détour dans Londres avait au moins eu pour mérite de la calmer, elle n'était plus aussi remontée qu'elle ne l'était en sortant de l'agence. Le taxi longea plusieurs entrepôts et se gara finalement devant l'un d'eux. Elle ne le savait pas encore, mais le casting était déjà commencé depuis quinze minutes. Un homme était dehors, devant l'entrée à attendre, une cigarette à la bouche, et elle le reconnut. Ses doutes s'envolèrent définitivement, l'inconnu et Gary Adams étaient bien le même homme. Calant son classeur contre elle, elle paya le taxi et sortit pour se diriger nonchalamment vers son peut-être-futur-agent-mais-c'était-mal-parti. Sourire. †~

" Gary Adams je présume ? Oh, je suis terriiiiiiiblement désolée pour le retard, il y avait un monde fou sur Knighstbridge ! "

~† Voix condescendante. Dans son regard clair brillait une lueur vive que le trajet en voiture n'avait pas réussi à apaiser. Ses yeux l'auraient crucifié sur place s'ils avaient pu. Néanmoins son sourire ne quittait pas ses lèvres, bien qu'il ne soit pas tellement sincère et peu avenant. Sur la route, elle avait décidé qu'elle verrait bien comment elle se comporterait sur place. Elle laissait faire au gré de ses humeurs et envies, et advienne que pourra. Elle ne prit pas la peine de détailler plus la route qu'elle avait emprunté, contrairement à lui elle ne le prenait pas pour un idiot et il se douterait bien tout seul qu'elle avait fait exprès de faire un détour par une rue très fréquentée. Arrivée face à lui, elle observa avec dédain sa cigarette et décida de reculer d'un pas. Plus proche, elle n'avait maintenant plus besoin de parler si fort et seul un murmure mi-railleur mi-rancunier s'écoula de ses lèvres venimeuses. †~

" Pour parler simplement, je n'aime pas beaucoup qu'on se foute de ma gueule. Sachez monsieur Adams que vous avez toute mon attention, mais je ne sais pas encore si c'est une bonne ou une mauvaise chose.
Si vous voulez bien m'excuser, l'emmerdeuse que je suis a besoin de passer aux petits coins après tout ce périple en taxi.
"


~† Sans ménagement, elle lui colla le classeur plein de ses travaux passés dans les mains et le planta là, entrant dans le studio sans attendre d'avoir sa permission et sans non plus vraiment savoir où elle mettait les pieds. Un peu impressionnée par la grandeur des lieux et leur disposition, elle n'en montra cependant rien et accosta la première personne qui lui tomba sous la main pour lui demander où se trouvaient les toilettes. On lui montra d'un signe de la main et lorsqu'elle tourna la tête, une armée de femmes aux ventres trop ronds était installée dans des canapés et fauteuils, grignotant et discutant. Charlotte s'arrêta instantanément dans son élan et resta les yeux rivés sur ces filles. Elle commençait seulement à comprendre où elle était et dans quel genre de casting Gary l'avait traînée... †~

' Oh par Merlin... Elles sont toutes enceintes. C'est quoi ce casting ? Il a quand même pas... '




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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Mar 12 Avr - 21:57

- Vous présumez bien mieux que vous ne savez être à l’heure. C’est désolant pour une actrice, rétorqua Gary en jetant son mégot avec un visage railleur et passablement hermétique à l’air renfrogné que la jeune actrice affichait. Vous jouerez les divas du plateau quand vous battrez toutes les autres minettes à plates coutures ou quand vous toucherez les cachets des Bizzarr Sisters.

Elle était passée par Knighstbridge. Et pourquoi pas par l’Ecosse pendant qu’elle y était? Alors qu’elle continuait de se plaindre sans avoir l’air d’y toucher, il lui avait décerné un petit lever de sourcil incrédule en se tournant direction le studio pour la conduire à l’intérieur. La vessie de madame joua son propre concerto. Charlotte fit un détour par la case petit coin en lui mettant ses classeurs et son book dans les mains. Gary le feuilleta en se rendant à la table de l’équipe de tournage. Il prit place en bout de table, à côté de son ex.

- Elle est arrivée ta perle rare? lui chuchota Vanessa en souriant.

Gary haussa les épaules pour rester vague et mystérieux. Devant eux, une femme qui devait peser dans les 500t et qui suait comme un cachalot privé d’eau répondait aux traditionnelles questions de Taylor Reagan.


Il ne fallut guère plus d’un regard à Gary ou d’une intonation dans la voix de Taylor pour savoir que le cachalot qui sue ne serait jamais retenue.

- C’est une perte de temps, dit-il à haute voix en accentuant son ennui d’un bâillement mal élevé.

La femme cachalot le fusilla du regard avant de pivoter ses prunelles vertes - qu’elle avait d’ailleurs particulièrement jolies, ce qui constituait à peu près son seul atout - en direction de Taylor pour attendre son verdict censeur. L’avis de l’importun qui avait interrompu son monologue triste et chiant comme un Discours sur la Méthode était-il partagé par les autres jurés du casting? A vrai dire, oui. Carrément partagé mais personne n’était assez honnête pour le dire d'emblée. Tous voulaient ménager ces femmes au ventre plein de futurs emmerdements. De la gauche de Gary en bout de table, jusqu’au bout de la table sur tréteau à l'extrême gauche : habituée aux manières rustres de Gary, Vanessa avait laissé échapper un petit gloussement malgré elle. Sa répartie nonchalante lui avait décidément manqué. Avec lui, au moins, les castings étaient moins classiques. Taylor, plus professionnelle, s’était contentée d’un soupir de lassitude. Les farces de Gary ne la faisaient plus rire depuis longtemps mais elle aimait tellement le personnage qu’elle acceptait son tempérament incorrigible. Le réalisateur avait rougi, embêté. Il n’aurait pas voulu que le manque de vergogne, d’engouement et l'excès d'antipathie de Gary pontifie définitivement sur la réputation des gens du métier.

Pour aller plus loin dans sa provocation et saborder le travail de Taylor, Gary finit par poser son front sur ses deux mains jointes sur la table :

- Taylor, je pionce. Réveille-moi quand Charlotte de Lansley sera arrivée. Elle pisse pour l’instant...

Gary s’interrompit et se releva subitement comme s’il avait été frappé par une pensée de la plus grande importance. Il interrogea la jeune femme stupéfaite qui était restée debout, raide comme un bâton :

- Au fait, quand une femme enceinte va aux toilettes, ça prend plus de temps qu’une femme ordinaire ? Parce que déjà que c’est ordinairement long, là...
- Gary, la ferme, le coupa Taylor pour faire taire les gloussements de Vanessa et le soliloque sur les pipis.

L’agent sourit d’un sourire triomphateur avant de reposer son front sur le dos de ses mains superposées.

- Je me tais, je me tais, Taylor...

- Merci mademoiselle Chakademus...
- Sérieux? releva-t-il la tête abasourdi. C’est son nom?
- Gary!

Vanessa riait aux larmes et le réalisateur s’enfonça dans son siège avec un air de plus en plus désemparé. Gary reposa son front sur ses mains, comme un enfant qui s’ennuie.

Après six passages supplémentaires, il avait relevé le visage et s’était mis à feuilleter le book de Charlotte. Pour s’occuper pendant que la brochette de femmes enceintes passait, il se mit à trier le book de sa future recrue. Il retira toutes les photos trop vieilles pour figurer dans le livre et secoua nerveusement la tête quand une photo était particulièrement mal choisie. Il fourra le petit de déchets dans sa poche intérieur. Il ne restait plus que deux photos et son CV dans le book.

- C’est pas possible d’avoir des goûts de bouse comme ça! S’énerva-t-il tout seul dans son coin en finissant de trier le book.

Il se voyait tout reprendre avec elle. Comme s'il était au au milieu d'une discussion de café et tout en continuant de faire fi d'une autre jeune femme qui était en train de répondre aux questions de Taylor, Gary entonna à sa voisine :

- Si tu la retiens, Vaness, ce que je sais que tu feras sinon ça voudrait dire que Taylor et toi avez des goûts aussi bouseux que la personne qui a fait ce book, je l’accompagne aux Etats-Unis pour la former... c’est une herbe folle. Elle fait n’importe quoi. Mais elle a du talent. Je vous le promets.
- Gary, soupira Taylor en faisant sortir la femme enceinte qui avait pâli en écoutant l’agent, tu veux bien te taire deux minutes et te concentrer sur les filles?
- Non, je ne peux pas... C’est une perte de temps. Laisse-moi aller la chercher, Taylor. S’il te plaît.

Gary offrit à Taylor son visage le plus faussement désespéré. Il avait un certain talent pour l’exagération et le drame. Taylor n’était pas dupe mais elle n’aimait pas que Gary prenne les choses en main. Pour se débarrasser peut-être un peu plus vite de la corvée du casting, elle accepta que Gary aille chercher sa nouvelle recrue.

Il sauta sur place pour fêter sa demi-victoire sans modestie.
Sous le regard de Vanessa qui le couvait des yeux depuis le début, Gary passa le rideau noir qui séparait les membres du casting des comédiennes et modèles et alla trouver Charlotte qu’il avait plantée (ou qui l’avait planté) à l’entrée du studio. L’un et l’autre était trop fier pour s’attendre encore plus longtemps. C’était ainsi que madame de Lansley n’avait pas trouvé l’agent à sa sortie des toilettes. Une façon pour lui de ne pas laisser à la jeune femme croire qu’elle pouvait lui parler n’importe comment ou monter sur ses grands chevaux comme s’il était un prof sadique et elle une cancre quelconque en pleine tentative de rébellion immature.

- Taylor Reagan voudrait vous voir, mentit-il pour gonfler l’orgueil et l’assurance de Charlotte, tout en lui tendant son bras à la manière d’un cavalier. Une façon de remettre les compteurs à zéro et de se faire pardonner. Sa voix n’était ni railleuse, ni prétentieuse, ni impolie. A peine contente.

Ils traversèrent le grand studio vers le côté casting sous les yeux interrogateurs des autres filles qui restaient par dizaines agglutinées sur les canapés. Gary ne prêta aucune attention aux mirettes qui les martelaient de toute part.

En chemin, il n’avait que quelques secondes pour préparer Charlotte. Il était très sérieux. Gary était toujours sérieux quand il mettait sa réputation en jeu. Il parla bas et vite :

- Quoi qu’il arrive, répondez sincèrement aux deux femmes. Quand vous entrez, saluez-les poliment puis saluez l’homme en dernier avec un sourire distant au début comme à la fin du casting. Pendant l’entretien, au moment de répondre, ne regardez que la personne qui vous parle. Fixez-la du regard sans agressivité mais avec assurance. Vous devez les séduire. Elles, les femmes. C’est un casting pub. Votre cible pour la publicité sera la femme enceinte. Alors celles qui se trouvent derrière le rideau, ne les quittez pas du regard. Imaginez qu'elles sont vos employeuses mais aussi des femmes qui ont été enceintes. Pas de regard dans le vide, pas de regard fuyant, pas de "heuuu", pas de sourire ou de lueur qui trahit une double pensée. Con-cen-trée du début à la fin. N'oubliez pas que même si vous êtes enceinte, vous devez donner l’impression que tout est possible, beau et facile... Même quand on a le ventre gros comme le Titanic, envie de pisser toutes les dix minutes, qu’on se sent parfois aussi sexy qu’un chou de Bruxelles, qu’on a envie de bouffer trois sangliers en club sandwich dès le petit déjeuner et que des connards ne nous laissent même pas monter avant dans le taxi... f-a-c-i-l-e et souriante. Taylor, je te présente Charlotte de Lansley. Tu peux virer tes autres cachalots. Mon cachalot est plus sexy que les vôtres.

Ca n’y ressemblait pas mais c’était une sorte de compliment à la Gary pour Charlotte. L’agent avait enchaîné ses derniers conseils alors qu’il relevait le rideau d’un coup de baguette pour laisser Charlotte devant la table. Il gagna sa chaise et la laissa faire. Il était sûr de son coup.

Dans le pire des cas, je m’envoie Taylor à la troisième mi-temps.




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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Mer 13 Avr - 17:59

~† Un peu assommée par tous les conseils de dernière minute que venait de lui prodiguer Gary, quand le rideau s'était levé, elle avait retiré son bras du sien et le premier réflexe qui lui était venu était d'apposer un mince sourire avenant sur ses lèvres. C'était tout ce qu'elle avait retenu de ce qu'il venait de lui dire : sourire et être sincère. Le reste lui était entré dans la tête de manière un peu trop brutale et agressive et ses pensées se mélangeaient et tourbillonnaient à une vitesse folle dans son esprit embrouillé. Ce n'était pas qu'elle était troll, mais elle aimait prendre son temps et réfléchir. Digérer ce qu'on lui disait et laisser les conseils mariner un peu pour pouvoir ensuite les appliquer à sa manière. Elle n'était pas un robot. D'autant plus qu'elle n'avait pratiquement jamais participé à un casting. Pour le premier film d'Eric, elle avait été recrutée par hasard et pour le deuxième, eh bien elle connaissait très bien Eric. Pour le film de Bertrand, c'était lui qui l'avait contactée et elle avait juste eu à passer une audition. Quand aux bijoux Miracle, elle avait rencontré le directeur publicité de la marque par hasard lors d'une soirée mondaine et les choses s'étaient déroulées de manière très facile. Elle l'avouait sans honte, jusqu'ici elle avait eu beaucoup de chance dans ses contrats. Aujourd'hui, c'était différent, elle devait faire ses preuves. Peut-être, mais elle n'était pas vraiment stressée parce qu'elle n'avait rien demandé... C'était Gary qui voulait la présenter pour ce casting, pas elle qui voulait absolument décrocher le contrat. Sur ce point-là, elle pensait avoir un avantage inestimable sur toutes ces autres futures mères qui l'avaient dévisagée quand Gary était venu la chercher. Pas de stress car elle ne s'attendait à rien. Si elle réussissait tant mieux, si elle ne signait pas, ce n'était pas grave. †~

" Bonjour. "

~† Le visage assez détendu et le regard décomplexé, elle détacha ses yeux de Gary qui venait de s'asseoir pour le promener sur chaque autre personne assise à cette table et les saluer un par un. Pas un sourire charmeur qui annonçait clairement qu'elle voulait tous les séduire. Pas un sourire goguenard de la fille blasée par les castings qui connaissait les ficelles du métier. Pas un sourire franc de la meilleure copine en devenir. Pas non un plus sourire railleur comme elle en avait l'habitude. Juste un sourire sincère et poli parce que la soudaine excitation lui avait fait retrouver sa bonne humeur. Elle avait vidé son esprit et ne pensait à rien d'autre qu'à faire de son mieux en étant fidèle à elle-même. Une femme assez âgée et que Charlotte jugea désespérément maigre, surtout comparé à son corps arrondi par la grossesse, prit la parole et lui posa une première question. La jeune brune songea que ce devait être la directrice de casting, la fameuse Taylor Regan. †~

- Très bien mademoiselle...
" C'est "madame". "
- ... Madame de Lansley, nous allons commencer. Je vais vous poser quelques questions. Avez-vous actuellement un agent ?

~† En voilà une question qu'elle était bonne. Avait-elle un agent ? Elle hésita à jeter un œil à Gary qui devait la maudire d'avoir repris sa si importante directrice pour juste un titre. Même si elle s'était trouvée devant Merlin en personne et qu'il l'avait appelée "mademoiselle", elle l'aurait corrigé. Il y avait des choses, comme ça, sur lesquelles elle n'était pas prêtes à faire de concession. D'autant plus qu'elle avait fait un effort, pour une fois elle n'avait pas été rustre ni sèche dans son ton de voix. Juste franche et sincère. C'était lui qui le lui avait demandé... Cela ne répondait toutefois pas à la question. Avait-elle un agent ? Ce Gary Adams avait l'air d'être au moins aussi emmerdeur qu'elle. Elle n'avait rien signé qu'il lui faisait déjà passer un casting. Elle ne le connaissait pas mais pouvait déjà juger que ses méthodes étaient atypiques. Il y allait au culot et même si elle en faisait les frais, une partie d'elle ne pouvait s'empêcher d'en être amusée. Plus important, il avait l'air de savoir ce qu'il faisait, de bien s'y connaître et d'être bon dans son métier. Les quelques conseils qu'il lui avait donnés juste avant de la présenter avaient suffi à la convaincre. Alors, avait-elle un agent ? La réflexion ne lui avait pris que quelques secondes, tandis que son sourire s'étendait à ses yeux. †~

" Je suppose que oui. "

~† L'espace d'un instant, les regards se tournèrent vers Gary. Elle n'imaginait même pas le cirque qu'il avait fait pour la faire passer avant les autres filles qui attendaient. †~

- Très bien ! Quel est le dernier projet sur lequel vous avez travaillé?
" J'ai joué dans un film en 2011 pour un réalisateur français, Bertrand Nesriac. La même année, j'ai été l'ambassadrice de la nouvelle collection du bijoutier sorcier Miracle. J'aurais dû commencer un nouveau tournage cet été pour Eric Marvendall mais il a été reporté. "
- Pour quelles raisons ?
" D'abord à cause des dérèglements climatiques. Puis suite à l'annonce de ma grossesse. Le projet est toujours d'actualité, il est juste en suspens. "
- Jusqu'à ce que vous accouchiez ?
" Exactement. "
- D'accord. Madame de Lansley, connaissez-vous la marque de Vanessa Heaven ?
" Oui, bien sûr. J'ai même déjà acheté quelques vêtements pour moi. Ce n'est pas évident d'en trouver de jolis quand on a le ventre arrondi. Ceux-ci sont très frais et m'ont permis de rester sophistiquée et de me sentir belle malgré le bébé. "
- Vous vous sentez laide ?
" Non. Mais la plupart des habits pour femmes enceintes ne sont pas très chics et sont informes. Les vêtements Heaven sont pratiques et permettent de rester à la mode. Je me suis trouvée à l'aise par rapport à mon bébé et ça ne m'a pas empêché de me trouver séduisante. "

~† Elle n'était pas en train de mentir, de feindre ou de faire lèche-bottisme. Si la femme à laquelle elle parlait depuis tout à l'heure était effectivement Taylor Regan, Charlotte ne doutait pas que l'autre femme assise à la table était Vanessa Heaven. Si elle n'avait pas été observatrice elle n'en aurait jamais rien su, mais la jolie rousse ne parvenait pas à cacher une certaine fierté suite aux phrases que Charlotte employait. Et elle aurait eu tord de s'en priver, Charlotte pensait chacun des mots qu'elle disait concernant les vêtements de cette marque. †~

- Je vois que nous avons affaire à une cliente. Justement, quelle image pensez-vous que la marque devrait diffuser pour séduire les cibles marketing?
" Je crois qu'Heaven a déjà une bonne réputation, je pense qu'elle devrait continuer sur cette voie. Miser sur le côté "nouveauté" et "fraîcheur". Ce n'est pas parce qu'une femme est enceinte qu'elle se sent moins féminine. Au contraire. Le corps change et grossit pour accueillir le bébé, et on a envie de se prouver qu'on peut rester jolie et sexy. Je ne me suis pas encore penchée sur la collection pour les nouveaux nés mais je pense la même chose. Un bébé est un cadeau magnifique, pourquoi se priver de l'habiller avec des vêtements mignons adaptés à ses besoins ? Ce n'est pas parce qu'on devient mère qu'on est moins femme. "
- Madame de Lansley, êtes-vous gênée par la nudité ?

~† Ce n'était pas Taylor Regan qui venait de lui poser cette question mais bien Vanessa Heaven, enfin elle pensait. Sans sourciller, elle se tourna vers elle et prit le temps de la réflexion pour répondre à cette question. †~

" Je n'ai jamais posé ni joué nue. "
' Mais je sais que Sacha détesterait. '
" Je pense néanmoins que la nudité peut être artistique et ne rime pas forcément avec "tout montrer". "

~† Elle ne savait pas vraiment quoi en penser. S'imaginer poser nue était autre chose que si on le lui demandait vraiment. Se montrer totalement déshabillée devant une caméra impliquait dévoiler certaines choses qu'elle préférait garder secrètes et intimes. Mais quel meilleur moment pour le faire que quand elle portait leur enfant ? †~

- Comment vous sentez-vous dans votre corps ?
" Bien. Épanouie. Forcément un peu déséquilibrée mais j'aime me dire que c'est mon enfant qui grandit là-dedans. "

~† Charlotte gardait un visage aimable et serein. Suite aux réponses qu'elle venait de donner, Vanessa se tourna quelques instants vers Taylor, puis l'homme dont elle n'avait toujours pas deviné l'identité, et enfin Gary. Charlotte ne savait pas juger ce que voulait dire ce regard mais elle avait l'impression que l'entretien était bientôt terminé. Taylor reprit. †~

- A combien de mois êtes-vous et quand l'accouchement est-il prévu?
" Pratiquement sept mois. Le bébé devrait arriver vers mi-mars. "
- Avez-vous passé la visite médicale?

~† Quelle visite médicale ? Perplexe, la jeune anglaise ne put s'empêcher de se tourner vers Gary tout en répondant, masquant sa surprise et une moue dubitative qui ne demandait qu'à être affichée sur son visage. †~

" Non, je suis arrivée il n'y a pas très longtemps. S'il faut passer une visite médicale je la passerais, mais il n'y aura pas de problèmes, je suis bien suivie. "

~† Et pour cause. Elle passait par un médicomage de la Résistance pour que Sacha puisse être présent sans risquer d'être dénoncé. Et d'ici quelques jours, elle serait suivie par un médicomage de l'Opposition à New-York. Elle et son bébé allaient très bien, il n'y avait pas de doute là-dessus... Malgré tout, elle eut subitement un léger scrupule. Et si elle signait le contrat ? Comment ces personnes qu'elle essayait de convaincre réagiraient quand ils apprendraient qu'elle s'était faite attaquée par un vampire et qu'elle partait pour New-York ? Elle n'eut même pas vraiment besoin de se poser la question. Peu importait le contrat, elle partirait. Parce que ses contrats, ses films, ses publicités, tout passait après Sacha et la famille qu'ils essayaient tant bien que mal de construire. Elle verrait bien comment Heaven prendrait les choses le moment venu. Au pire, elle perdait le contrat et ils prenaient une autre fille. †~

- Serez-vous disponible de mi janvier à mi février?
" A priori, oui. "
- Bien. Madame de Lansley, merci.

~† Charlotte sourit une dernière fois et hocha simplement la tête en guise d'au revoir. Elle pensait qu'il était venu le temps des discussions et délibérations sur ce qu'ils avaient entendu et vu. Durant tout l'entretien, elle n'avait pas vraiment aimé se sentir ainsi détaillée du regard, observée sous tous les angles pour savoir si elle passerait bien ou non. Mais cela faisait parti du jeu. Jugeant qu'il était temps pour elle de se retirer, elle se retourna pour se diriger vers le rideau d'où elle était arrivée afin de s'éclipser et les laisser parler. †~




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Gary Adams
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Jeu 14 Avr - 11:40

Taylor se pencha pour épingler Gary du regard. L’agent était assis sur sa chaise, droit comme il ne l’avait jamais été durant tout le début du défilé de prétendantes. Il regardait le rideau qui venait d’être refermé par Charlotte. Ses yeux étaient brillants de fierté. Elle ne s’en était pas trop mal sortie. Elle faisait encore un peu trop « bonne élève » mais il taillerait le diamant brut en véritable machine de guerre. Elle en avait les capacités. Il sentait le regard appuyé de Taylor sur lui mais se délectait de ne pas répondre tout de suite à sa sollicitation muette.

- Un sourire et vous lui donniez Merlin sans confession, dit-il bravache et le sourire en coin avant de tourner très lentement sa tête vers la directrice et Vanessa. José éteignit la petite caméra pour que les délibérations se fassent sans témoin. Lui aussi avait l’air conquis. Pour la première fois depuis le début du casting, il émit une opinion avant Taylor.

- Très jolis traits, très naturelle. Une jolie voix. Sûre d’elle. Je peux vous repasser l’essai... elle est photogénique, son teint est laiteux et parfait. Maquillée et coiffée, elle passera encore mieux.

Vanessa hocha la tête pour partager l’avis de José. Taylor, au milieu, n’avait pas détaché son regard de Gary qu'elle toisait lourdement sans parler.

- Bon, vas-y. Crache ce que tu as à dire, Taylor, s’impatienta-t-il en s’accoudant à la table.

La petite assistante à la réalisation choisit ce moment pour entrer et demander si elle pouvait faire venir la candidate suivante. La pauvre enfant repartit sans obtenir d’autre réponse que quatre regards ostensiblement menaçants. Après un rougissement éperdu, elle chavira, tourna sur elle-même et repartit sans demander son reste.

Dans le studio, on entendit un petit cri de stupeur. La jeune femme venait de s’évanouir. Tout le monde se demandait ce qui se passait derrière le rideau noir et pourquoi le rythme d'appel avait soudainement été freiné.

Du côté des castings, après un long silence, Taylor plissa le coin de sa bouche. Un rictus. Sans adresser de regard à Vanessa, elle interrogea toutefois la créatrice. La question lui était clairement adressée.

- Elle t’a plu?

Vanessa secoua la tête négativement. Gary haussa un sourcil outré. Elle mentait! Il connaissait Vanessa par cœur. Elle avait adoré Charlotte. Taylor sourit satisfaite. José fit une grimace d'incompréhension. Lui aussi pensait avoir partagé le même feeling que ses co-workers. Vanessa reprit:

- Elle ne m’a pas plu, elle m’a conquise. Je veux cette fille. Elle me rappelle mes derniers mois de grossesse. Elle donne envie de tomber enceinte!
- Taylor? Insista Gary qui ne serait satisfait que lorsque la directrice de casting aurait enfin admis qu'il avait eu raison depuis le début.

- Tu me surprendras toujours, Adams, concéda finalement Taylor d’une voix sèche mais amicale. Je ne sais pas où tu les trouves. Tu l’as briefé pour les regards?

Victoire! Gary se leva de sa chaise sans répondre mais garda un indéfinissable sourire aux lèvres. Il referma tranquillement les boutons de sa veste et contourna la table. Un baiser à Vanessa, sur la bouche (sinon ce n’est pas drôle). Un gros câlin à Taylor qui le traita de troll chenapan en lui rendant l’étreinte et une bonne poignée de main à José.

- Je vous laisse finir. Je n’ai plus rien à faire ici...
- Que faisons-nous des trente qui restent?
- Je peux m’en occuper, sourit sardoniquement Gary.

Ca ne présageait rien de bon mais personne n’avait envie de s’en charger. Répondre aux larmes, aux questions désœuvrées et à l’incompréhension des candidates étaient un supplice pour les productions. Gary n’avait pas de scrupules.
- Vas-y mollo, dans ce cas, exigea Vanessa.
- Bien sûr! Pour qui tu me prends! S’offusqua-t-il en passant le rideau.

De loin, il vit Charlotte. Il lui décerna un hochement de tête discret mais positif qui la récompensait. Dans la trajectoire, la jeune Madeline tombée dans les pommes était entourée de deux régisseuses qui lui donnaient des petites tapes sur les joues pour la réveiller. Gary s’avança vers les canapés où s'agglutinait les femmes enceintes. Il eut l'impression d'être devant un parking de montgolfières colorées, penchées sur le côté et alignées à la perfection. Il se posta face à elles en écartant les bras, comme un bon seigneur qui allait s’adresser à ses villageois. Villageoises en l’occurrence.

- Mesdames, nous vous remercions toutes de vous être déplacée mais le choix est fait. Aussi, vous faisons-nous toutes nos excuses pour celles que nous ne verrons pas. Mais pour parer à ce manque de délicatesse, la production remboursera le taxi à chacune d'entre vous et Heaven vous offrira 50£ en bons d’achats!

Depuis le rideau, le cri enragé de protestation de Taylor:

- GARY!!!!!!!!

Les femmes enceintes se regardaient les unes et les autres atterrées. Avant de se faire épingler par la vieille botoxée, Gary se dirigea promptement vers Charlotte dans les bras de laquelle il fourra ses book et classeurs. Il la prit par l’épaule et la dirigea en toute hâte vers la porte du studio:

- On ferait mieux de déguerpir! Suggéra-t-il, tout sourire. Vous avez été brillante. J’avais oublié de vous prévenir de quelques détails. Un. Tous mes conseils, écoutez-les puis oubliez-les. Comme vous avez fait. Il ne faut se préoccuper que de ce qui vous reste naturellement. Le reste viendra plus tard. Deux...

Gary héla le premier taxi d’une file de trois véhicules qui faisaient le pied de grue devant les studios pour ne pas retourner vers Londres à vide.

Il invita Charlotte à monter la première, tout en continuant de lui parler.

- Deux, donc. Il s’agit de quatre publicités et d’une campagne d’affichage pour Heaven. Le tout sera shooté à New-York à partir de janvier 2013. Compte tenu de l’avancement de votre grossesse, il faudra que vous vous envoliez le plus tôt possible car dans quelques semaines vous n’aurez plus le droit de prendre l’avion.

- On va où? demanda le taxi.

- Trois. Maintenant vous avez un agent. -- On va à l’ASA. 84 Baker street. Westminster. -- Et quatre... dans l’audiovisuel, on appelle toutes les actrices « mademoiselle » et ce jusqu’à leur mort. C’est un signe de respect. Vous avez de la chance que Taylor ne vous ai pas envoyé bouler. Je crois qu’elle a trouvé cette ignorance touchante.

Toutefois, sur ce coup-là, de Lansley n’avait pas été très fortiche. Face à une tribu de femmes enceintes, aussi jeunes soient-elles, elle aurait dû analyser qu’il y avait forcément une bonne raison pour qu’on l’appelle « mademoiselle » alors que la bonne société désignait toujours une femme enceinte par un courtois « madame », présumant à tord ou à raison que de par son état, la femme enceinte était mariée, en couple, concubine mais, quoi qu’il en soit, irrémédiablement associée à un « monsieur » qui était la cause de cet état. Si malgré votre ventre rond, on vous appelle quand même « mademoiselle », c’est qu’il y a une bonne raison.

- Maintenant vous le savez.

Dans le taxi, Gary cessa de discuter pour se replier dans ses pensées après avoir expliqué très rapidement à Charlotte ce qui allait suivre si elle était d’accord: signer le contrat qui faisait de lui son agent avant toute chose. Lui expliquer ce qu’avoir un agent lui apporterait dans sa carrière. Répondre à ses questions éventuelles. Attendre l’envoi du contrat de Heaven. Passer la visite médicale du travail. Légalement obligatoire pour toutes les personnes désirant travailler dans le milieu du spectacle et de l’audiovisuel. Heaven se chargerait de tous les frais associés à la venue et au séjour de Charlotte aux Etats-Unis.

Ils arrivèrent à l’ASA après de longs embouteillages. La nuit était tombée sur Londres. Gary présenta sommairement Charlotte à Scott avant de se diriger vers une salle de réunion disponible. Il lui offrit un siège et des rafraichissements.

- Toilettes? Interrogea-t-il soucieux du bien-être de la vessie de sa nouvelle recrue. Il ne voulait pas être interrompu par un pipi de plus. Ca faisait longtemps qu’elle n’était pas allée s’enfermer dans les toilettes et le français se méfiait. Ensuite, si vous avez d’autres questions, je peux y répondre. Tout va aller très vite maintenant... ce qui changera votre vie est que vous n’aurez plus à vous soucier de la gestion de votre carrière. Je le ferai pour vous. Alors? Partenaires?
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Lun 18 Avr - 20:54

~† Mademoiselle. Si on appelait toutes les actrices "mademoiselle", alors elle n'y couperait pas mais elle détestait déjà ça. La question ne s'était jamais posée puisque sur les précédents tournages soit on l'appelait Mademoiselle Leonhart à raison puisqu'elle n'était pas encore mariée, soit on l'appelait simplement Charlotte. A ses yeux, on la respectait plus en l'appelant "madame" que "mademoiselle". Elle préférait être Madame de Lansley que Mademoiselle de Lansley. Parce que c'était ce qu'elle était. En l'appelant "mademoiselle" on l'insultait en dénigrant son statut de femme mariée, quand bien même cela n'avait rien à voir avec elle mais qu'il n'était question que d'histoire et de tradition. Ceux qui lui témoignaient ce "respect" n'en sauraient rien mais elle le prendrait très mal. C'était pour cela qu'elle reprenait toujours les gens quand ils se trompaient sur sa civilité. Ils avaient dû et devaient toujours suffisamment se cacher avec Sacha. Qu'on ne l'appelle pas Madame de Lansley sonnait à ses oreilles comme une dénégation des liens qui les unissaient... Elle adorerait qu'on l'appelle "mademoiselle" quand elle aurait cinquante ans. Pour l'heure, elle en avait vingt-deux et préférait "madame". Mais elle ne pourrait pas révolutionner le monde du cinéma pour un caprice de son égo alors il lui faudrait finir par l'accepter. D'ici-là, elle rongerait son frein et tenterait de ne pas montrer sa contrariété chaque fois qu'on la "respecterait". Elle n'en dit pas plus que lui dans le taxi, se contentant de regarder la ville qui défilait avec distance. En vérité, intérieurement elle boudait à moitié. Elle avait l'impression de s'être faite grondée comme une gamine et n'aimait pas du tout cela. Mais silencieuse, elle encaissait.

Ah ! Cinq minutes plus tôt elle était positivement surprise et ravie par le petit signe complice de Gary qui lui signalait que c'était gagné, elle restait perplexe face à l'assistance qui s'était évanouie, elle riait presque d'entendre son nouvel agent provoquer et maintenant elle était assise dans un taxi à se forcer à garder un visage indéchiffrable pour ne pas montrer qu'elle faisait la moue. Les joies des hormones et de la grossesse. Elle qui était déjà une lunatique de base, elle ne faisait plus que cela depuis quelques temps : passer par des émotions complètement contradictoires en moins de deux secondes et pour pas grand chose. Elle ne s'en rendait pas toujours compte sur le moment, mais c'était très déstabilisant. Le trajet en taxi eut au moins le mérite de la calmer un peu. Quand ils arrivèrent à l'ASA - étrangement, elle eut la sensation d'avoir été un peu girouette toute la journée -, elle avait retrouvé une bribe de sourire. Elle salua de nouveau Scott, précisant avec ironie qu'ils s'étaient déjà rencontrés, et suivit Gary jusqu'à une salle vide. Elle l'écouta lui annoncer le programme qui suivrait avec attention et préféra répondre à sa première question en évitant soigneusement la dernière.
†~


" Toilettes. "

~† Petit haussement d'épaules vaguement désolé. Sa vessie ne l'embêtait pas vraiment néanmoins elle avait besoin d'un peu de solitude et de quelques minutes pour réfléchir. Elle emprunta le chemin que lui indiqua son nouvel agent et attendit d'être définitivement seule pour pouvoir songer correctement. L'endroit n'était pas très glamour pour cela mais c'était bien la seule pièce dans un bâtiment public dans laquelle elle était certaine de ne pas être dérangée. La vérité était qu'elle avait un peu peur. Gary venait de lui préciser que tout irait très vite à partir de maintenant mais tout allait déjà trop vite pour elle depuis qu'il lui avait confirmé d'un hochement de tête qu'elle était prise. Elle voulait faire pause. Elle avait besoin de faire pause quelques minutes et les toilettes étaient une excuse parfaite.

Ce qui la freinait autant ? Les derniers mots qu'il avait prononcé. 'Vous n’aurez plus à vous soucier de la gestion de votre carrière. Je le ferai pour vous.' Elle n'avait jamais eu d'agent et ne savait donc pas exactement tout ce que cela impliquait. Un instant, elle songea que si tout le monde décidait de prendre un agent artistique, ce n'était pas juste pour se décharger de la gestion d'une carrière. Au contraire, qui mieux qu'elle-même aurait pu choisir et décider de ce qu'elle voulait faire de la suite de son aventure dans le Cinémagik ? Non, elle pensait qu'il devait y avoir d'autres raisons. Probablement quelque chose en rapport avec la sûreté, vérifier que les contrats étaient bons et qu'elle ne faisait pas arnaquer. Démentir des rumeurs qui circulaient. Sûrement faire toute la paperasse aussi. S'assurer que tout était à son avantage et ce genre de choses. Elle imaginait. Elle n'en savait rien, elle n'en avait jamais eu. Elle n'avait jamais non plus beaucoup discuté de ces choses-là avec ses collègues acteurs, elle n'avait jamais ressenti l'envie ni le besoin d'avoir un agent jusqu'à ce qu'Eric lui parle de Gary Adams. Pourquoi en prendre un aujourd'hui alors ? Parce qu'en une journée, il lui avait fait décrocher un casting.

Son but n'était pas de devenir la plus populaire des actrices du Cinémagik. Elle voulait juste continuer à s'amuser et cela impliquait d'être suffisamment à l'aise et connue pour pouvoir se permettre de choisir les films dans lesquels elle souhaitait jouer ou non. Pour pouvoir être suffisamment à l'aise et connue, il lui fallait se faire remarquer, un peu. Pas trop non plus, elle ne supporterait pas, elle avait besoin de sa tranquillité. Et pour se faire remarquer, il lui fallait être au courant des bons plans du moment. Et c'était là qu'entrait en scène Gary, en tout cas c'était comme cela qu'elle le voyait. Il était là pour lui proposer des choses intéressantes qui la feraient avancer et dont elle n'aurait jamais entendue parler seule mais au final, c'était elle qui avait le dernier mot sur ce qu'elle acceptait ou non. C'était sa carrière, son avenir, son image. C'était elle alors c'était à elle de choisir. Ce que lui en retirait ? Certainement de l'argent, ensuite, c'était son problème à lui. C'était lui qui avait choisi d'être agent, il devait avoir ses raisons et ses motivations, elle n'avait pas à juger de cela.

Ce qui la bloquait aussi était que de prendre un agent impliquait de le faire entrer un peu dans sa vie. Connaître ses goûts, ce qu'elle aimait ou non, ce qu'elle voulait ou pas. Cela voulait dire aussi induire une certaine dose de confiance. Or ces choses-là étaient des choses que Charlotte avait beaucoup de mal à octroyer après si peu de temps. Il lui fallait des preuves, des faits qui attestaient de la bienveillance à son égard de la personne étrangère pour qu'elle veuille bien l'intégrer à son cercle de proches. Car dès que ce serait fait, cela voulait dire que la personne en question avait accès à ses faiblesses et pouvait de ce fait la blesser. C'était pour cela qu'il lui fallait du temps. Entière, si elle se donnait c'était avec ses atouts et ses défauts et elle prenait de même : avec la possibilité de lui faire du bien comme du mal. Alors elle choisissait très précautionneusement pour éviter tant que possible d'être déçue ou heurtée par son cercle intime. Néanmoins lorsque cela arrivait, la chute n'en était que plus douloureuse... Ses réflexions n'avaient duré que quelques minutes. Elle réfléchissait vite mais bien, cela lui avait suffi et l'avait décidée. En acceptant de devenir partenaire si vite avec Gary, elle misait sur son instinct et ce qu'elle avait vu jusqu'ici. Elle comptait sur les points communs de caractère qu'ils avaient et sur la maîtrise de son travail. Il savait ce qu'il faisait et comment il le faisait. Elle revint dans la salle de réunion et s'installa sur un siège. Elle accepta une boisson et, après avoir reposé le verre, elle releva son regard clair et perçant vers le jeune agent. C'était quitte ou double.
†~


" Je n'aurai qu'une question. Jusqu'où ira mon pouvoir de décision si c'est vous qui gérez ma carrière ? "




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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Lun 25 Avr - 10:53

Pendant la pause pipi, Gary en avait profité pour rassembler tous les papiers nécessaires à l’élaboration d’un contrat ainsi que la documentation liée plus spécifiquement à la campagne d’Heaven. Le contrat était type, il remplirait le reste avec Charlotte de Lansley et devrait ajouter une clause concernant sa grossesse. Il eut même assez de temps pour leur faire préparer un petit plateau de viennoiseries françaises que la secrétaire, Mounia, leur apporta pour accompagner le thé et le verre de jus de fruits de Charlotte.

Maintenant en bras de chemise en face de sa nouvelle artiste, il s’était assis en bout de table, au coin, et Charlotte était à côté de lui, de l’autre côté de la perpendiculaire. Les bras croisés devant le contrat couché sur un parchemin de la meilleure qualité et une plume à encre noire, il attendait les questions. Beaucoup des réponses, il le savait, se trouvaient dans le contrat.

La première interrogation tomba. Il ne s’était pas attendu à celle-ci. D’habitude, les artistes avaient plutôt des inquiétudes d’ordre juridique et pécuniaire, obsédés par l'idée qu'on était là uniquement pour ramasser du blé sur leur dos et qu'on essayait de les avoir: Qu'est-ce que ça allait leur coûter, quel pourcentage prenait Gary, combien de temps étaient-ils liés par le contrat, en cas de rupture, comment cela se passait-il, la clause d'exclusivité s'étendait-elle aux activités annexes...

Il se redressa sur sa chaise et fit glisser le parchemin devant les yeux de Charlotte pour lui désigner un paragraphe bien précis. L'article concernant les obligations du mandant et du mandataire. Connaissant chacune des lignes qui le composaient par cœur, il le récita en la regardant dans les yeux avec un air dégagé pour rendre moins solennel un moment qui n’avait pas à l’être. Gary détestait les rituels, la gravité et ces choses qui requéraient un grand sérieux alors qu’elles n’étaient que des broutilles. De la paperasse officielle et chiante à mourir. Le vrai sérieux arriverait bien plus tard, lorsqu'il faudrait bouger son popotin de femme enceinte pour complaire aux obligations de l'artiste, quand il faudrait se rendre à une soirée de remise des prix où on ne recevait aucun prix mais où il fallait absolument avoir un avis sur tout, quand des journalistes peu scrupuleux viendraient mélanger sa vie privée et sa vie publique pour faire leur choux gras. Pour l'instant, ce n'était que l'histoire du bout de parchemin qui allait expliquer les termes de leur relation à venir. Autant détendre de Lansley en lui montrant que tout ça était on ne peut plus ordinaire dans le monde qu’elle allait désormais attaquer de plein fouet.

Bien qu’elle ait quelques films derrière elle, Gary avait bien compris qu’elle avait dû travailler dans des conditions très singulières (et il ne voulait vraiment pas savoir lesquelles) et éloignées de la réalité de leur environnement. Elle paraissait n’avoir strictement aucune connaissance précise de la manière dont fonctionnait leur milieu, les règles basiques, le vocabulaire, les habitudes et les codes obligatoires à connaître pour survivre et ne pas s’en sortir trop abîmés. Comme si elle était venue tourner ses films et qu’elle était repartie chaque soir sans avoir croisé personne, sans avoir causé à quelqu'un d'autre que son réalisateur, sans avoir eu de vraie interaction avec les acteurs du domaine artistique et audiovisuel.

Je me demande comment ils ne l’ont pas encore bouffé.

Par curiosité, Gary aurait bien aimé voir la tête des contrats de production qu’elle avait signée avec les sorciers qui l’avaient engagée pour ses films précédant. Peut-être relèverait-il un vice de forme et parviendrait-il à récupérer des fonds qui n’auraient pas été distribués à Charlotte, rêvassa-t-il un bref instant avant de lui réciter les paragraphes importants.


Spoiler:
 


- C’est comme un contrat de mariage, dit-il ensuite. Ce que vous avez fait avant n’appartient qu’à vous mais ce que vous allez faire à partir de maintenant sera le fruit de notre collaboration. Ce document définit aussi la manière dont nous pouvons rompre et ce qui reviendra à chacun après la rupture. A la différence d’un contrat marital, le mandant et le mandataire ont aussi un rapport financier très net. D'habitude, je prends 10% mais j'ai promis à Eric de me montrer moins rapace avec vous. Je vois 7% de toutes vos rémunérations. C’est l’objet de mon travail, en même temps: je m'occupe de votre promotion et je perçois un pourcentage sur les contrats que vous signez par mon intermédiaire.

Gary laissa à Charlotte le soin de parcourir le parchemin pendant qu’il commentait.

- Pour une durée de 18 mois à compter d'aujourd'hui, et renouvelable si tout se passe bien entre nous, je rythme votre carrière, j’organise votre promotion, je vous conseille et j’encadre l’image que vous diffusez... et comme mon plus grand intérêt est que ça marche pour vous (autrement je ne touche aucune commission), il est évident que les conseils que je vous donne et les castings où je vous envoie sont pour le bien de votre carrière et vont dans le sens d’une logique artistique que je définie en fonction de votre personnalité.

Il faudra bien apprendre à me faire confiance, Charlotte. J'ai beau être le plus bel enfoiré que vous allez croiser dans votre carrière, au moins aurez-vous la satisfaction de comprendre que, aussi discutables soient mes méthodes, je serai toujours dans votre camp.

Il n’en reste pas moins que vous êtes la seule à signer avec les productions et à vous présenter aux castings. Vous acceptez ou refusez librement les travaux ou les castings que je vous propose. Seulement, comme le stipule notre contrat, si au bout d’un moment vous ne suivez pas ma ligne promotionnelle, que vous ne travaillez pas, n’allez pas aux castings, aux interviews, bref, que vous ne respectez pas votre part du contrat, je peux décider de rompre le partenariat. Vous me devrez une compensation. De même qu’à tout moment mais moyennant là aussi un dédommagement, vous avez le droit de mettre fin à mon mandat.

La clause d'exclu vous interdit de bosser sans moi, c'est la seule chose qui soit vraiment contraignante pour l'artiste mais c'est comme ça, c'est la vie. Si vous vous mettez à bosser pour la concurrence, comprenez que j'ai le droit de faire la gueule. Donc, cette clause d'exclu est une protection pour les agents.

Vous êtes donc libre de décider de l’orientation que prendra votre carrière sachant que mon but sera que ça marche pour vous. Si ça marche pour vous, ça marche pour moi.


Gary la laissa assimiler pendant qu’il complétait les espaces vides du parchemin. Il prit son adresse, définit une date pour la visite médicale et expliqua ensuite à Charlotte que la particularité de sa grossesse nécessitait qu’il se prémunisse contre certains "accidents". Tacitement, elle aurait deux mois de congés de maternité après son accouchement, donc il la laisserait relativement tranquille. Si par la suite, elle désirait reprendre le travail plus tôt ou plus tard, il était prêt à s’en accommoder à condition qu’elle ne s’enterre pas dans ses devoirs parentaux sans lui donner de nouvelles.

En riant sarcastiquement, il se décrivit comme une Super Nanny pour artistes, une sorte de coach de vie.

Ils discutèrent de la manière dont allait se passer le travail avec Heaven. A cause de sa grossesse, elle devrait se rendre là-bas par avion ou par poudre de cheminette assez rapidement, avant de n’avoir plus le droit de voyager. La production prenait en charge les frais inhérents à ses déplacements et à sa vie sur place pendant la durée du tournage mais pas entre chaque tournage des quatre publicités et campagne de PLV. Sur ce point, Gary promit à Charlotte de faire son possible pour que le client (Heaven), la défraie aussi des jours passés sur place, même hors dates de tournage.

- S’ils vous font venir et vivre aux Etats-Unis pendant presque un mois et demi, ils doivent assumer les conséquences financières.

Le premier tournage était prévu le 19 janvier. Elle aurait une assistante sur les plateaux et dans tout ce qui serait en relation avec les pubs. Son assistante, recrutée par le client, s’occuperait exclusivement d’elle et viendraient faire les pick-up et la raccompagner à son hôtel tous les jours, elle la suivrait au fitting (les essayages, précisa Gary) et aux shooting.

Il signa la partie mandataire et tendit la plume à Charlotte.

- Bienvenue dans le petit monde très prisé du cinéma, de l’art, des paillettes, des strass, de l’argent facile et de la bêtise humaine! Plaisanta Gary avec une voix de ténor qui se parodiait. Tel était le portrait qu’il aimait se faire du monde dans lequel et par lequel il vivait.

_______________________

VOCABULAIRE

plv: "publicité sur le lieu de vente", c'est toute la publicité visuelle qui est présente sur le lieu de vente du produit (pancartes, écriteaux, têtes de gondole, prospectus, étiquettes etc.)
clause d'exclusivité: clause contractuelle qui interdit à un artiste de bosser avec plusieurs fournisseurs d'un même service avec lequel il a un contrat
pick-up: sur un tournage, le transport des acteurs, les mannequins ou les artistes est pris en charge par la production qui envoie quelqu'un les chercher à leur domicile ou sur le lieu où ils sont hébergés pour les emmener sur le lieu de tournage à une heure bien précise (l'heure de convocation)
shooting: tournage ou séance de prise de vue
fitting: séance d'essayage et de magasinage

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Charlotte de Lansley
La Mimoune à Sacha


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MessageSujet: Re: Pyrrhonisme   Jeu 28 Avr - 9:59

" Vous savez que je suis déjà mariée ? "

~† Un petit sourire au coin des lèvres. La réponse que Gary lui avait fourni sur la seule inquiétude qui l'habitait concernant ce contrat l'avait rassurée et lui avait fait retrouver sa bonne humeur. Peut-être que les viennoiseries y étaient aussi un peu pour quelque chose. Elle plaisantait sur sa comparaison avec un contrat de mariage. Pour elle, c'était gagné dès qu'il lui avait dit que ce serait toujours elle qui déciderait au final. Peu importaient le pourcentage qu'il prenait, la durée du contrat ou même si elle ne pouvait pas aller voir ailleurs. Peu importaient les conditions, elle était venue le voir lui et pas un autre parce qu'Eric le lui avait conseillé. Et elle savait que jamais Eric ne l'aurait dirigée vers quelqu'un qui n'aurait pas été dans son sens ou qui aurait voulu l'arnaquer ou se faire de l'argent sur elle. Elle ne se souvenait que trop bien de sa furtive rencontre avec Elliot O'Malley au cours de laquelle son propre agent avait fait venir Rita Skeeter pour créer un scandale... Elle ne connaissait pas Gary mais si Eric la guidait vers lui, c'était qu'il ne le pensait pas capable de lui faire un tel coup tordu. Cela lui suffisait. Elle prit la plume qu'il lui tendit, la trempa dans l'encre et signa le parchemin sous son nom, côté mandat. Voilà qui était fait. †~

" Partenaires. "

~† Elle acceptait également parce que les conditions ne lui paraissaient pas déraisonnables. Elle avait beau être envoyée ici par Eric, si elle avait décelé quelque chose de suspect en lisant le contrat, elle serait partie sans signer. Mais elle avait lu le contrat dans son entièreté (et avait détesté cela, elle trouvait que c'était beaucoup de blabla pour pas grand chose, en tout cas juste pour s'assurer les arrières. Ah, la paperasserie ! Cela lui rappelait ses cours théoriques...) et ne trouvait rien d'exagérer. Un an et demie, cela ne lui paraissait pas trop, ni pas assez. C'était une juste durée pour apprendre à se connaître et voir si cela collait et s'ils avaient les mêmes directions en tête. Elle ne trouvait pas non plus extravagants les 7% (ni même les 10%, mais le fait qu'il baisse parce qu'Eric le lui avait demandé ne fit que la rassurait dans son idée qu'elle avait fait le bon choix). C'était normal qu'il prenne une part sur les travaux qu'il lui trouverait. Elle imaginait le travail qui se faisait en amont aussi important que la réalisation des contrats en eux-même. Il proposerait, elle disposerait, il était logique qu'il ne fasse pas cela pour rien. Quant au fait d'aller voir ailleurs... L'idée ne lui traverserait pas l'esprit. Ils n'avaient encore rien signé qu'elle n'avait pas voulu le suivre lorsqu'il s'était fait passer pour un autre. Maintenant qu'il était officiellement son agent, elle ne voyait pas pourquoi elle aurait envie d'aller voir si c'était mieux chez le voisin. Sauf s'ils ne s'entendaient vraiment pas, auquel cas ils mettraient simplement fin au contrat et cela s'arrêterait là. Mais de manière globale, dans tous les domaines de sa vie, dès qu'elle laissait quelqu'un y entrer, elle restait loyale et fidèle. Il fallait juste arriver à entrer...

Lorsque la question de New-York était arrivée sur le tapis et des rémunérations qu'Heaven lui devrait pour vivre là-bas pendant la durée du tournage, Charlotte n'avait rien relever. Elle devait de toute manière se rendre dans la Grosse Pomme dans quelques jours, et y resterait de toute façon plus longtemps que le tournage des publicités. Elle avait décidé de ne pas s'en faire pour cela et de voir comment les choses évolueraient. Laisser faire. Cela donnerait du travail supplémentaire à Gary de devoir gérer cette crise avec la production mais elle ne pouvait de toute façon pas le prévenir à l'avance ni faire une quelconque allusion. Trop dangereux. Elle verrait bien... Maintenant qu'elle savait exactement ou presque en quoi consisterait le rôle de Gary, les parts de responsabilité que chacun avait et jusqu'à quelles limites elle allaient, elle était rassurée. Maintenant qu'elle avait signé, elle était plus détendue. Assise un peu plus confortablement dans le siège, une main sur le ventre, elle écoutait Gary qui lui annonçait l'emploi du temps qui arrivait, tout ce qui concernait ce qui précédait les tournages à venir.

Cela commencerait dès le lundi matin, dans trois jours. Une grosse réunion à laquelle assisteraient la production, Vanessa Heaven mais aussi les coiffeur, maquilleur, chef costumière. Une réunion artistique qu'ils appelaient ça. Elle se souvenait avoir déjà participé à une telle chose lorsqu'elle était ambassadrice des bijoux Miracle. Durant cette réunion, on lui prendrait entre autres ses mensurations, et ils discuteraient tous ensemble des vêtements qu'elle porterait pour la première publicité. Dès le lendemain, le mardi, elle irait seule avec la chef costumière dans les ateliers d'Heaven pour sélectionner les vêtements qu'elle porterait durant le premier tournage. Elle les essayerait et ils seraient retouchés ou faits sur mesure si besoin était. Les essayages pour les autres tournages se feraient au fur et à mesure puisqu'elle était sujette à un poids variable étant donné le bébé qui grandissait dans son ventre. Dans sa tête, elle songea que le soir-même des essayages, elle se ferait mordre par un vampire. C'était tendu, mais c'était jouable. Maintenant qu'elle savait un peu mieux vers quoi elle allait, l'entretien était terminé. Charlotte se releva, Gary fit de même, ils se serrèrent la main et se donnèrent rendez-vous ici-même après le week-end. En sortant et en appelant un taxi, elle se rendit compte qu'à partir de maintenant, tout allait s'enchaîner très vite et que la naissance allait arriver à grand pas. Au moins n'aurait-elle pas le temps de s'ennuyer...
†~


THE END




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Pyrrhonisme

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