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 Regarde ce que le vent t'apporte (pv)

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Kelly Macbeth
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MessageSujet: Regarde ce que le vent t'apporte (pv)   Ven 17 Déc 2010 - 19:18

Je n’avais pas revu Londres depuis ma dernière visite en août de l’année 2011. J’étais venu rendre visite à un de mes collègues de l’hôpital de Kensington. Il était légiste, nous évoluions dans des disciplines très opposées mais monsieur Harding Darmstadt et moi partagions un goût commun pour la conversation et la peinture ainsi qu'une histoire de quelques années. Nos conversations étaient toujours pour le moins surprenantes et j’aimais me faire martyriser par ses points de vue tranchés auxquels j’apportais toujours un peu de pondération. Je n’étais pas venu les mains vides. Je lui avais rapporté de New York une toile que j’avais achetée pour lui à la galerie Sommerson de Manhattan. La toile représentait un vampire qui paraissait être à la fin d’un ébat amoureux quand sa conquête a brandi un long pieu en argent pour le lui planter dans le cœur. La scène était cristallisée à l’instant où elle brandissait son arme au-dessus du buste de la créature des ténèbres encore dévêtue. On ne saurait jamais si le vampire survivrait. La toile s'appelait Regarde ce que le vent t'apporte. Elle était fagotée d’une chemise de nuit blanche qui laissait entrevoir la grâce de son anatomie. La seule source lumineuse provenait d’une bougie posée, dans la perspective, derrière la femme. Par un procédé ingénieux de superposition, le halo apparaissait comme une paire d’ailes angéliques. L’ange tuait le monstre des ténèbres. J’étais certain que le cynisme de mon présent ne manquerait pas de faire sourire mon collègue. Il était lui-même vampire.

J’étais arrivé à la porte de son loft et je sonnai. Ma visite n’était pas annoncée mais je savais qu’à cette heure-ci de la journée, il ne pouvait être ailleurs que dans une chambre hermétique à la lumière du jour. J’allais le réveiller mais c’était de bonne guerre. Lors de notre dernière entrevue, alors qu’il s’était rendu à New York, il m’avait fait une peur bleue en débarquant à ma fenêtre au beau milieu de la nuit. J’habitais au 51ème étage d’une tour.

Bien que nous nous connaissions depuis maintenant plus de seize ans, nous avions continué à nous appeler « monsieur » et à nous vouvoyer. Lorsque je poursuivais mes études de médecine, il me donnait des cours du soir pour me permettre d’améliorer mes travaux sur la médecine magique et moldue. J’obtins mes diplômes avec des honneurs et il me trouva même mon premier emploi. Notre rencontre n’augurait pourtant pas qu’une amitié naîtrait entre nous. Il venait de soigner mon meilleur ami de l’époque, un non sorcier, grièvement blessé dans un accident de voiture, et m’avait accusé d’avoir bougé le blessé probablement atteint d’un traumatisme crânien. Je m’étais sauvagement défendu et lui avais fait la liste des symptômes qui m’avaient prouvés que mon ami n’avait pas de traumatisme crânien et que je pouvais bouger son corps pour lui donner une position plus confortable en attendant les secours. Monsieur Harding fut étonné de mes connaissances – il avait déjà senti que j’étais sorcier et non pas moldu – mais il objecta un énième symptôme que je n’avais pas relevé. Je m’étais senti pris en faute et la vie de mon ami ne tenait qu’à un fil à cause de ma précipitation et d’une erreur d’appréciation que j’avais faite. Monsieur Harding, alors chirurgien neurologue, m’avait juré que je ne ferai pas carrière en médecine si je n’étais pas capable de voir de tels énormités. Il appuyait où ça me faisait mal et j’avais fini par le frapper car il m’avait mis hors de moi. Il avait évité mon attaque sans difficulté. Me traitant, en partant, de jeune imbécile qui voulait la mort de celui qui allait sauver son ami. J’étais resté la nuit à l’hôpital et au matin mon ami était sauvé. Harding était revenu m’annoncer la nouvelle. Je le détestais, le trouvais arrogant et imbu de lui-même mais je lui avais quand même demandé s’il accepterait de m’enseigner en parallèle de mes études. Je lui confiais, à contre cœur, que j’étais un sorcier mais que je m’intéressais aux techniques de chirurgie moldue. A mon grand étonnement, il accepta. Depuis, nous restâmes en contact. Il me voyait grandir et vieillir et, chaque année, je constatais qu’il demeurait inchangé. Cette fois, ce fut à lui de me confier ce qu’il était. Il était un vampire et il se nourrissait de sang humain, me dit-il. Comme il avait eu plus d’une centaine de fois l’occasion de me tuer ou de me mordre sans succomber à cette tentation, je ne me sentis pas plus danger après avoir découvert son secret. J’estimais qu’il était un homme honnête, avec son caractère et ses défauts, mais il ne représentait pas de menace pour moi.

Nous nous vîmes continuellement pendant mes années d’études et, encore aujourd’hui, j’essaye de voir mon ancien tuteur que je surpasserai en âge dès l’année prochaine. Il avait 36 ans, m’avait-il un jour raconté, lorsqu’il fut transformé en la créature qu’il est aujourd’hui.

Le tableau sous le bras, je frappai à sa porte car la sonnerie n'avait eu aucun effet. J’attendis un certain temps avant qu’elle s’ouvre. Je réajustai le col de mon costume anthracite et de mon manteau en laine gris pour soigner chaque détail afin d’être au mieux lorsqu’il me verrait. C’était l’année où nous avions le même âge. D’apparence, bien entendu, mais c’était important pour moi. L’instant était symbolique. Je le voyais toujours comme un mentor malgré les seize ans révolus.

— Bonsoir, monsieur Harding Darmstadt, lui adressai-je en me penchant légèrement en avant, désolé de vous réveiller à cette heure si matinale sans m’être annoncé plus tôt.

Il était dix sept heures.

— Je vous souhaite un très joyeux Noël. Allez-vous me regarder jusqu’à ce que je me transforme en glaçon ou comptez-vous un jour me faire entrer ?
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Atålan Harding
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MessageSujet: Re: Regarde ce que le vent t'apporte (pv)   Sam 18 Déc 2010 - 16:42

- Entrez, lui dis-je en me décalant légèrement pour qu’il passe. Au chaud votre parfum se dilatera et j’aurais plus de plaisir à humer vos fragrances.


J’étais en pleine rêverie quand j’ai entendu la porte sonner. J’espérais que ça ne soit que le facteur ou un colis. J’aurais demandé à Emma d’aller le chercher à la poste le lendemain matin. Mais le facteur ne sonnait jamais trois fois en Angleterre. C’était insistant. Quand la main s’est mise à frapper légèrement contre le bois, j’ai compris que la personne ne trouvant devant ma porte savait que j’étais un vampire. Les coups étaient faibles et saccadés. Le visiteur savait que malgré la faiblesse des coups, j’étais capable d’entendre. Un invité ? Tiens... je n’attendais personne.


▄▄▄ ▄ ▄▄▄ (une légère pause) ▄▄▄ ▄▄▄ (pause)
Derniers à-coups ▄▄▄ (pause) ▄ ▄▄▄ ▄ ▄ (une légère pause) ▄ (une légère pause) ▄▄▄ ▄ (une légère pause) ▄▄▄
▄▄▄ ▄ ▄▄▄ (une légère pause) ▄▄▄ ▄▄▄ (pause)



Code morse... "K M. T lent. K M." ?

Ce jeu de tambourin a eu raison de mon sommeil. Je dormirai quand je serai mort, n’est-il pas ? Je me lève, passe un bas de pyjama noir et une robe de chambre que je ne prends pas la peine de nouer. Avant de sortir, je jette un regard embêté à la masse de peau claire qui était allongée à côté de moi. Ca dort sans souci du monde extérieur. La Terre cesserait de tourner, ce corps dormirait encore. Le bruit de la sonnerie ne l’a pas dérangé. Que l’humain a l’air paisible dans son petit monde étroit de sensations. Il entend, voit, sens, ressent et goûte petit. Il acquiert son salut de la faiblesse de ses sensations.

Devant le miroir, j’aplatis sommairement les épis de cheveux récalcitrants. Etre présentable en toute occasion. Dans le reflet, je vois derrière moi que la masse étire ses jambes dont l’une sort de sous le drap. Allongée sur le ventre, elle étend son bras gauche et tâtonne à la recherche de moi. Elle ouvre lentement les paupières pour constater le vide. Voilà donc la seule chose qui réveille un humain : la conscience de sa terrible solitude. Sur ce point, nous sommes peut-être égaux, me dis-je.

Elle pousse un râle en s’apercevant que je suis hors du lit :

- Tu pars ?

Je ne réponds rien. Je n’ai de compte à rendre à personne sous mon toit.
Elle insiste.

- Tu reviens ?

Pas de réponse. Je m’occupe toujours de ma chevelure bien qu’elle soit désormais parfaitement en place.
Elle insiste encore et se redresse.

- Je pensais que tu ne travaillais pas avant 19 heures 30, s’étonne-t-elle.
- J’ai un invité.

Elle s’étale de nouveau dans le lit, comme à bout de force. Nous n’avons dormi que 3 heures après que je l’ai pêché dans une soirée huppée de Hampstead.

- Si je te laisse boire mon sang avant que tu retournes travailler, tu peux me laisser dormir encore ? me demande-t-elle déjà endormie.

Ses négociations sont inutiles. Je peux me servir sans permission et elle en a conscience. Son arrogance m’amuse. En quelques secondes, je me retrouve sur le lit et elle est dans mes bras. Ma mâchoire est déjà plantée dans sa jugulaire. J’aspire fort mais brièvement et je l’abandonne pour retourner à la porte. Du revers de la main, j’essuie avec dédain une larme de sang qui coule au coin de ma bouche :

- Tu es libre de partir quand tu veux ou de rester dormir encore. Je ne tiens pas prisonnière et tu n’es pas là à cause d’un chantage. Je décide de la qualité de mes repas... et de mes divertissements. Ne te fourvoie pas. Ne renverse pas les rôles et nous resterons amis.

Elle reste tremblante sur le lit, la main posée sur son cou à la place de la morsure. Elle a eu peur. C’est tout ce que je voulais : qu’elle n’oublie pas qui je suis et pourquoi elle est toujours en vie.

Je sors de ma chambre, monte l’escalier qui mène au salon et vais ouvrir la porte.

K M ? K M ? Kelly ? Kelly Macbeth ?

Que ferait-il en Angleterre ? A ce que je sache, nous n’avons pas d’urgence ou de cas thérapeutique ces derniers temps à l’hôpital. Visite de courtoisie annuelle ?



Je l’invite à s’asseoir dans un canapé tandis que je me dirige vers le coin cuisine pour préparer son thé. Aucun signe d’émotion superflue. Le simple fait que je l’aie laissé entrer sans poser de question démontre la réjouissance que j’éprouve à le voir ici. Même à l’improviste.

Je reviens quelques secondes plus tard. Dans la bouilloire sur la gazinière, j’attends que l’eau frémisse.
Je reste debout face à lui et dénonce le colis empaqueté qu’il porte sous son bras :

- Kelly Macbeth. Nous ne nous étions pas vu depuis un moment... Avez-vous fait tout le trajet depuis New York pour m’apporter une toile que vous auriez aussi bien pu m’envoyer par la poste ou avez-vous fait le déplacement simplement pour parader avec votre dernier achat ?

Suis-je en droit de vous demander ce qui me vaut le plaisir de votre visite ?





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Kelly Macbeth
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MessageSujet: Re: Regarde ce que le vent t'apporte (pv)   Jeu 23 Déc 2010 - 15:55

Déjà les répliques caustiques d’Atålan fusaient et je n’étais pas entré dans son loft depuis plus de cinq minutes. Sa répartie cinglante m’avait toujours intimidé mais je m’appliquais du mieux que je pouvais pour ne rien lui offrir de ma timidité. Je n’aimais pas lui céder trop de terrain car, aussi calme prétendais-je être, de nous deux il était celui qui maîtrisait le mieux ses émotions. Sans doute était-ce parce qu’il n’en ressentait aucune. Son dédain, son enthousiasme, ses colères ou ses moues n’étaient que des masques qui se superposaient les uns après les autres pour mimer les sentiments humains. Souvent il me disait être déshumanisé et avoir perdu la trace de ses émois. La mémoire de ses jours humains était restée claustrée dans un endroit de son cœur qu’il atteignait qu’en de rares occasions et par inadvertance. Il aimait ne pas être touché et faire l’acteur était la meilleure parade pour supporter l’éternité. Seul l’esprit était immortel, les sentiments étaient soi-disant superflus. Je ne partageais aucun point de ses réflexions mais je m’étais toujours juré de compatir. Il était bel homme, une charpente solide creusée dans un charisme qui confinait à l’insolence. Quoi qu’il arrive, si ce n’était par l’esprit, son physique lui apporterait ce qui viendrait à manquer.

Pendant qu’il était allé me préparer un thé, j’avais posé le tableau sur le canapé à côté de moi. Il ne manqua de le remarquer. Je pris le paquet, me levai et lui tendis des deux mains comme c’était la coutume dans mon pays. On ne donnait jamais un objet d’une seule main. Il fallait le donner de tout son être et de tout son cœur, la tête et le buste penchés par considération pour le destinataire, et ne se relever qu’une fois que ce dernier s’était saisi du présent. Cela fonctionnait pour pratiquement toute sorte de d’objet qui nous était offert, tasse de thé, cartes de visite, etc. J’attendis qu’il le prît et ne me rassis que lorsqu’il commença à ouvrir le présent. Pendant ce temps, je lui expliquai les raisons du cadeau et de ma présence ici. Je savais que je m’aventurais sur un chemin qui le laisserait probablement de glace mais ça comptait beaucoup à mes yeux. Je n’avais pas envie de passer à tord pour un sentimentaliste cependant c’était un moment que je m’étais résolu à passer avec lui.

— J’aurais dû venir beaucoup plus tôt en réalité mais mes travaux m’ont retenu. Le 1er mars, j’ai fêté mes 36 ans.

Le mot était grand. Je n’avais rien fêté, j’avais passé la nuit à l’hôpital pour reconstruire le visage d’un loup-garou qui avait été attaqué par des vampires lors d’une des nombreuses rixes mesurant ces deux types de créatures éternellement ennemies. Dans l’après-midi j’avais reçu la visite de mon frère et de sa femme, nous avions déjeuner ensemble, il m’avait donné des nouvelles de nos parents et de mes neveux, un cadeau qui ne me plut pas – une lampe à énergie magique diffusant une lumière de couleur différente selon l’état de son propriétaire. Rouge si j’étais fâché, bleu si j’étais rêveur et décontracté, vert si j’étais d’humeur aventureuse, blanc si j’étais satisfait, etc. – et nous finîmes par nous dire au revoir sur les marches de l’hôpital où ils me raccompagnèrent avant de retourner au pays.

— Si mes souvenirs sont bons le 1er novembre 1679, à l’âge de 36 ans, vous viviez vos dernières heures humaines. J’aurais dû venir en mars ou en novembre. Ou même en août, à la date de votre anniversaire humain. Nous avons désormais le même âge physique. A partir du mois de novembre 2012, je suis devenu votre aîné. Quelque chose se brise de l’extérieur bien qu’à l’intérieur vous soyez mon aîné à tout jamais. C’est donc une date importante et j’avais envie de la fêter avec vous car vous restez, dans mon cœur, mon maître le plus cher. Un jour je mourrai, l’attente de cet instant ne m’effraie pas le moins du monde, mais à la minute où je pousserai mon dernier soupir, j’aimerais avoir la vanité de croire que j’ai été un des disciples que vous avez formé et qui restera dans votre mémoire encore longtemps. Comme votre mémoire vous jouera sans doute des tours et que votre cœur est moins sujet aux débordements que le mien, je vous offre ce tableau en guise de Rapeltout. Quand vous le regarderez, dans cent ans ou plus, dans votre solitude et votre insupportable éternité, peut-être vous rappellerez-vous qu’un jour votre fidèle disciple a eu le même âge que vous et qu’il en fut fort touché.

La bouilloire se mit à siffler dans la cuisine. Je souris à monsieur Harding et me rassis. Je ne m’attendais pas à une effusion de sa part. J’osais à peine espérer une réplique désobligeante jetée sur un ton badin et un sourire en coin.

— Que pensez-vous qu’il arrivera à ces deux personnes ? désirai-je changer de sujet avant qu'il me répondît afin de m'éviter la remontrance des raisons de ce cadeau. La femme parvient-elle à percer le cœur du vampire ou le vampire la repousse-t-il pour la mordre ?

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Atålan Harding
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MessageSujet: Re: Regarde ce que le vent t'apporte (pv)   Sam 8 Jan 2011 - 23:06

C’est que cet imbécile arriverait presque à me faire ressentir. Ressentir de la paix. Du bien-être. Une sorte d’accomplissement de soi. Sa voix soutenue et déférente m’oblige à un petit sourire final. Je me sens touché. Seul mon rictus, et malgré toute la bonne volonté du monde, parvient à clarifier ce que je ressens. Mais je ressens. C’est désagréable car je ne sais pas quoi faire de cette émotion.

Il a l’obligeance de changer de sujet. Cela m’évite de chercher quelque chose de sensible à lui répondre. Je me sens terriblement étranger à ce registre, aux déversements de bons sentiments. Si d’autres s’y empêtrent, je ne détourne pas le regard, je ne me sens pas en gêne, je me contente de les regarder surnager sans leur tendre la main. Kelly n’est pas homme à espérer que je lui tende la main. Je le remercie intérieurement de cette pudeur. J’aime les peuples orientaux car ils ont une pudeur naturelle dans la gestion de leurs relations. L’effusion est contenue, elle se vit à l’abri des regards indiscrets, les signes extérieurs d’émotivité se lisent à peine sur leurs visages ronds et plats. Leur ovale me plaît. Leur regard me plaît aussi. Aigrefins et intelligents. N’en déplaisent aux yeux grands ouverts dont nous sommes parés et qui ne voient pourtant rien.

S’ajoutant à mon répit, la bouilloire se met à siffler. J’entends sa question. J’ai déjà une réponse. Je la retarde de quelques minutes, le temps de revenir avec sa tasse et de m’assoir en face de lui.

J’étends mes bras sur le dossier du canapé rouge en cuir et je contemple la scène de la toile.

- Cette toile a été réalisée par un vampire cherchant la rédemption, lui dis-je en souriant.

S’attendait-il à ça ? Connaît-il réellement le galeriste qui la lui a vendue ? Je me vois lui expliquer les raisons d’une telle déclaration.

- La perfection des traits. La précision des lignes et de la perspective. Le jeu des ombres et des lumières. L’infinitude du détail... et, si vous voyiez cette toile avec mes yeux de vampire, vous y verriez aussi la réponse à votre question... c’est écrit dans le regard du vampire. En très fin. Très petit. Le halo de lumière est une métaphore à peine déguisée de l’espoir représenté par cette femme qui est l’origine, la tentatrice et la délivrance des actes impurs commis par le Rejet de Dieu. Le Vampire se laissera embrocher. Il aurait le temps de fuir, de la tuer, et il prendrait même beaucoup de plaisir dans la saignée mais il préfère que son vice soit sa perte. Qu’elle le tue et il sera quitte avec la Mort et avec Dieu qu’il espère rejoindre. La créature des ténèbres aimerait récupérer son âme... en purifiant son corps grâce à son propre sacrifice, il rejette sur l’humaine la damnation du Ciel tandis que, par sa mort, il récupère son âme. Psaume 130 du Livre des Psaumes.

Des profondeurs je crie vers toi, Yahvé:
Seigneur, écoute mon appel.
Que ton oreille se fasse attentive
à l'appel de ma prière!
Si tu retiens les fautes, Yahvé,
Seigneur, qui subsistera?
Mais le pardon est près de toi,
pour que demeure ta crainte.
J'espère, Yahvé, j'espère de toute mon âme,
et j'attends sa parole;
mon âme attend le Seigneur
plus que les veilleurs l'aurore,
qu'Israël attende Yahvé!
Car près de Yahvé est la grâce,
près de lui, l'abondance du rachat;
c'est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.



Quelques secondes plus tard, je suis assis à côté de Kelly. Ma tête est penchée près de la sienne et je renifle son cou. Je cherche à l’effaroucher. Je ne le mordrai pas. Murmures félins. J'attends son geste de recul. Un signe de sa répulsion.

- Joli cadeau. Pensez-vous que je sois prêt pour la rédemption ? Désirez-vous m’occire dans mon propre salon ? Ce cadeau... d’anniversaire... est-il...

Langue. Cou.

- Une invitation à mourir plus vite ?

Je me recule, me relève et rabiboche ma robe de chambre en souriant narquois :

- Merci, mon ami. Je me souviendrai à jamais du maladroit qui m’a offert le mode d’emploi au rachat de mon âme. C’est bien que vous soyez venus. A Noël, on m’a fait une demande originale et votre présence impromptue me donne des idées.

Le souvenir de Sacha me demandant de l’aide pour suivre la grossesse de sa femme se mélange soudain à la trivialité de voir un Opposant, qui plus est Shaula, s’occuper de ses soins. J’ai ici beaucoup de matière à jouer et à m’amuser. Tout en rendant service, cela va sans dire.

- Un couple de mes connaissances dont la femme Soumise est enceinte d’un Résistant a besoin d’un suivi médical durant la fin de sa grossesse. Si je vous dis le nom de la Soumise, promettez-moi de ne pas faire de syncope ici. J’ai une jeune femme qui m’attend dans ma chambre... j’aurais espéré la rejoindre avant l’aube pour avoir le temps d’aller chasser ensuite. Bref.

Je me rassois à ma première place et me penche sur mes coudes pour donner un peu plus de sérieux à mon ton badin malgré que tout cela m’amuse au plus haut point :

- C’est Charlotte de Lansley. La femme de l’Amiral. J’ai promis de mettre son enfant au monde cependant je ne peux pas quitter Kensington à cause de mes obligations professionnelles. De plus, je ne peux sortir de jour... tout cela risque de m’être très compliqué. La naissance est prévue pour le mois de mars. Si elle accouche de jour, je suis battu. Mais c’est une autre histoire... il faudrait qu’elle soit suivie par une personne de confiance qui a accès à du matériel médical. Une personne qui ne monnaierait pas son mari contre une récompense antarienne. Mari, je précise, qui espère être présent à l’accouchement. Que diriez-vous de suivre cette grossesse - dans la plus grande légalité, profitant de votre position au sein de l’Opposition, tout en veillant à la santé de la jeune femme ? Il ne doit rien arriver à cet enfant, que vous ressentiez ou non de l’antipathie pour son concepteur. Quant à ce qui arrivera à Sacha après que le bébé soit venu au monde, vous serez le seul à juger... je n’ai promis de m’occuper que de l’accouchement et de leur sécurité jusqu’alors. L’après, c’est vous, Kelly, qui déciderez.


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Kelly Macbeth
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MessageSujet: Re: Regarde ce que le vent t'apporte (pv)   Dim 9 Jan 2011 - 2:02

— Vous me demandez de...

Il me demandait de trahir Antarès en lui taisant une information capitale.

Non... Monsieur Harding Darmstadt.

Qu’allait-il encore me faire faire ? Le lien solennel qui nous unissait devait-il couvrir de ses si fines fibres l’ensemble de ses caprices ?

J’avais eu du mal à trouver mes mots et il me déstabilisait une fois de plus. Premier mouvement de mon cœur : la récitation du De Profundis. Je ne connaissais pas la symbolique exacte de cette toile au moment de son achat. Je m’étais laissé guidé par mes souvenirs et mon ressenti. Le vendeur auquel j’avais eu affaire était un homme d’une quarantaine d’années au visage émacié par la drogue et la maladie mais j’étais certain qu’il n’était pas un vampire. Il m’avait certifié que le peintre était mort récemment, ce qui, selon lui, donnerait encore plus de valeur à son œuvre en éveillant l’intérêt des collectionneurs. Si Atålan disait vrai – et je ne pensais pas qu’il se jouait de moi ou qu’il se serait vanté pour si peu – la gloire posthume de ce peintre proviendrait de ce qu’il était un vampire. Son œil de peintre pouvait transmettre plus que la quantité de l’âme d’un mortel dans une seule de ses toiles. Pour un être qui doutait avoir une âme, je trouvais que l’œuvre dominait ses semblables par sa fabuleuse expressivité et son intrigante profondeur. Il n’était peut-être pas si étonnant, qu’en dehors des personnages qui y étaient représentés, ce tableau me fît penser à monsieur Harding.

Deuxième mouvement du cœur : son approche prédatrice. S’il prétendait ne ressentir aucune émotion vivace à part la colère, Atålan Harding n’en était pas moins un sensuel. Un charnel. Il ressentait son univers en conséquence de ce qu’il y provoquait plus fortement que n’importe qui. A la minute où j’avais réalisé que ce cadeau aurait pu être mal interprété, Atålan était déjà à côté de moi, son nez près de mon cou, sa poitrine ouverte et froide contre mon bras. Il alla jusqu’à goûter le suc de ma peau. Mon mouvement de recul ne reflétait pas ma répulsion, contrairement à ce qu’il aurait pu croire, mais ma surprise. Il s’amusait à mes dépends d’avoir su en un regard l’origine de cette toile et l’explication de sa symbolique et il me le faisait payer à sa manière, avec récréation. Toutefois, il ne m’aurait pas mordu pour une erreur d’appréciation mais sa gourmandise et ses provocations continuelles me faisaient craindre qu’un jour il se prenne à son propre jeu. Sachant que, par amitié, je ne le dénoncerai jamais s’il lui arrivait de me « goûter », je m’interrogeais parfois sur les raisons qui le retenaient de se laisser aller. Je m’inquiétais qu’il refoule sa soif et finisse par y céder sans même savoir se contrôler. Pour travailler dans le secteur médical depuis tant de siècles, il devait avoir une bonne tolérance à l’appel du sang. Mais la gourmandise, de même que la colère, menaient à des excès incontrôlables. a chaque fois qu'il s'approchait ainsi de moi, j'étais surpris qu'il ne plante jamais ses dents au cœur de ma chair.

Troisième mouvement du cœur (et, cette fois-ci, j’éprouvais plus de mal à m’en remettre) : sa requête. Une demande sujette à me faire pendre haut et court par Antarès s’il venait à l’apprendre. Une sollicitation encline à attiser dangereusement ma curiosité. Plus la mission était intolérable, plus elle flirtait avec les frontières de notre sens commun. Pour fricoter avec l’interdit, nous devenions parfois de grands inconscients. Malgré toute la sagesse dont je m’encensais d’être quasiment le créateur, je ne faisais pas exception.

Je n’accepterai pas sans avoir protesté en bonne et due forme.

— Vous perdez la raison. Vous avez bu du sang de gobelin ou l’excès de stupre a émoussé votre sens du rationnel.

Je refoulais beaucoup de ma colère qu’il osât me demander sans peine une telle chose, je le soupçonnais même de deviner que je ne lui refuserais pas, je m’agaçais tout seul de savoir d’ores et déjà qu’il gagnerait et obtiendrait ce qu’il voulait. Je restais calme en surface mais l’intérieur bouillonnait de rage.

— Vous profitez de notre amitié.

Trop orgueilleux pour crier, je me contentai de parler entre les dents en regardant devant moi, sans le regarder lui.

— Votre demande est la plus déraisonnable que vous m’ayez faite...

Je ne parlais pas de devenir obstétricien le temps d’une grossesse mais d’accepter de croiser l’ennemi intime de mon supérieur hiérarchique direct sans broncher. Sacha de Lansley n’était pas mon ennemi mais il était celui de l’idéologie d'Antarès. Par transfert, il devenait mon ennemi. Le détail était de trop. Le détail pouvait être ma perte.

J’attendis plusieurs minutes dans un silence profond avant de poursuivre. Je réfléchissais à la manière de rendre tout cela possible sans que rien ne me retombe dessus. Même livrer Sacha à l’issue de cette histoire ne me semblait pas une solution qui vaille mieux que de le livrer d’entrée. Si pendant presque trois mois je cachais à Antarès que j’aurais pu faire capturer l’amiral de la Résistance, il me ferait payer ce délai.

Je soupirai.

— Pour que cela fonctionne, il faudrait que la demande provienne d’elle... ou plutôt de son Soumetteur. Personne n’écoutera la volonté d’une Soumise. Et pour que je sois son médicomage traitant, il faudrait que Yann Kenston l’envoie à New-York ou que lui-même y aie une mission. Je n’ai strictement rien à voir avec l’Opposition britannique donc sur ce dernier point je ne peux avoir aucune influence. Par ailleurs, je doute que Yann soit aussi compréhensif que moi pour accepter de réunir les de Lansley, malgré les conditions.

Je relevai la tête vers Atålan pour lui faire ressentir que je n’avais toujours pas digéré qu’il me fasse un tel coup. Je prenais sur moi pour mettre ma rancœur de côté et agir comme un homme et non pas comme un lâche qui n'use de l'amitié que lorsque celle-ci peut lui apporter profit.

— Toutefois, si madame de Lansley trouve une bonne raison de convaincre Yann d’y déménager le temps de sa grossesse, ça pourrait être plus simple pour tout le monde. Je ne compte pas faire des allés retours par cheminée ou par transplanage international. Ça éveillerait les soupçons et il n’y a aucune raison pour qu’un médicomage américain soigne une patiente Soumise anglaise...
Il existe une dernière possibilité. Elle peut faire prévaloir ma spécialité et prétendre avoir des complications sérieuses dues à une morsure ou une attaque de créature magique. Si vous vous chargez vous-mêmes de rendre ce mensonge plausible, je vous montrerai où il faudra la mordre pour qu’elle ou le bébé ne risque rien mais que la blessure paraisse toutefois impressionnante. Il me semble qu’elle est comédienne... il faudra qu’elle joue un peu la comédie de la douleur pour compléter la duperie.


Au sein de l’Opposition, et comme je pressentais qu’en raison de l’homme auquel elle était mariée la dame devait être très surveillée, on lui conseillerait très vite de me consulter pour un cas comme celui-ci.

— Décidez-vous vite car dans quelques temps, il lui sera impossible de prendre l’avion. Traverser l’Atlantique en bateau peut être très incommodant pour une femme enceinte. De plus, elle a interdiction de transplaner, ça pourrait provoquer des malformations chez le nourrisson. Je pourrai m'arranger pour la recevoir à la Tour Antarès dans la première dizaine de janvier si d'ici là vous avez trouvé la manière de convaincre Kenston. Et pour finir, monsieur Harding, si elle accouchait de jour, je terminerai ce que j’ai commencé. En ce qui concerne ce qu’il adviendra de son mari une fois l’enfant mis au monde, je ne sais pas encore... nous verrons le moment venu si j’oserai saisir l’opportunité.
Devez-vous rejoindre maintenant la dame qui vous attend en bas ?


Je me sentais jaloux qu’il préfère la compagnie d’une femme (qui n’était très certainement que de passage) à celle d’un compagnon de longue date. Longue date pour moi seul, il était vrai. C’était à mon tour de proposer une requête immédiate :

— La médecine sorcière méconnait les vampires. Accepteriez-vous de subir des tests ? lui demandai-je froidement et sans prendre de gants. Ce soir.
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Atålan Harding
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MessageSujet: Re: Regarde ce que le vent t'apporte (pv)   Mer 19 Jan 2011 - 21:37

J'avais mis beaucoup de minutie dans le déguisement de ma réaction lorsqu'il me demanda de devenir son cobaye. Kelly pouvait bien s'interroger sur l'endroit où le mèneraient mes incessants caprices, je me suis subitement demandé où ceux de Sacha me conduiraient moi-même. Devenir un rat de laboratoire ? J'espère qu'il n'entend pas m'ouvrir la cage thoracique en deux pour analyser mon système cardiaque sous prétexte que je guérirai d'une telle boucherie. En premier lieu, je ne meurs pas, certes, mais je souffre. Aucune anesthésie ne me ferait sombrer dans le sommeil. Il serait amené à m'ouvrir alors que je suis éveillé. Une telle chose est purement inenvisageable. Je ne suis pas une grenouille. On ne fait pas de vivisection sur un Harding Darmstadt, surtout s'il est capable de vous arracher les membres à mains nues.

- M. Macbeth, lui dis-je au creux d'un sourire figé, vous approchez un scalpel de ma poitrine ou de toute autre partie de mon corps et je vous écrase le visage – en toute amitié – contre le bitume de Buckingham Palace.

L'avertissement me parait clair. Je peux alors réagir à tout ce qui vient d'être dit sachant que cette mise en demeure n'est absolument pas synonyme d'un refus catégorique. Je lui disais simplement "oui, mais..."

- Tant que vos expériences excluent la boucherie, je n'y vois pas d'inconvénients.

Un silence lourd.

- Ainsi donc vous souhaitez jouer au docteur avec moi, raillai-je, encore un peu stupéfait par sa requête. Je dois renvoyer mon encas de ce soir au bénéfice d'une étude d'anthropologies sur les damnés de Dieu... vous êtes devenu bien exigent, monsieur Macbeth. Je ferai tout ce que vous voulez. Je suis très curieux de connaître les conclusions que vous pourrez tirer du beau spécimen que je suis. En ce qui concerne la morsure, montrez-moi ce soir comment cela devra se passer.

Le petit Amiral deviendrait plus dangereux qu'une armée de dragons magyars si j'attentais à la vie de sa femme ou de son futur enfant. Il me faudrait retenir l'enseignement de Kelly pour la reproduire avec une précision chirurgicale si je ne voulais pas me faire d'un coup l'ennemi numéro 1 de la Résistance. A n'en pas douter, tirer le cheveu d'un de Lansley était un acte suicidaire dont j'aurais été incapable d'assumer les conséquences. Tout d'abord, j'aimais bien la sérénité de mon quotidien, alors devenir la cible de tout un bataillon de petits revanchards de la Résistance ne me disait trop rien. Ensuite, je ne voulais pas prendre la place d'Antarès dans le cœur du fougueux jeune homme. Bien que je me trouve être une personne exceptionnelle de part mes qualité physiques et mentales, j'ai assez de modestie pour reconnaître le danger, aussi insolite soit-il, là où il se trouve. Certes, je pourrais l'écraser sans difficulté, comme un moucheron gorgé de sang. Toutefois, cela se ferait certainement au prix de ma tranquillité. Evitons les soucis et visons bien la veine.

Après une petite moue, je me dirige vers l'escalier menant au sous-sol.

- Je reviens tout de suite pour nos apprentissages communs. J'ai une jeune femme à sortir du lit.

Autant se débarrasser de ce qui gêne Kelly dès maintenant. J'attrape le tableau au passage pour aller le mettre à l'abri de l'humidité. Celui-ci ne finira pas ses jours entassés contre un de mes murs. J'aime ce tableau. Il mérite un clou et un bel éclairage.

Sur le chemin, je cherche la manière la plus courtoise de limoger la demoiselle pour ses bons services. Je sens que je vais encore passer pour un salaud. Ma foi, me dis-je en haussant les épaules, elle devrait savoir qu'il ne faut jamais croire un vampire. Elle voulait dormir, la voilà chassée. Je n'aurais qu'à lui suggérer de terminer sa nuit vivante chez elle ou morte ici. Comme elle voudra.

Je pousse la porte de la chambre et pose le tableau près du lit. Je l'accrocherai plus tard. Pour lors, je la regarde. Elle est allongée. Sommeillant. Son souffle est calme. Je m'avance et m'assois sur le bord du lit puis retire doucement le drap pour contempler une dernière fois ce à côté de quoi je passe. Elle s'éveille lentement quand le drap est à ses hanches. Lorsqu'il est sur ses chevilles et que mes lèvres gravissent ses jambes du talon jusqu'en haut de l'intérieur de sa cuisse, elle est totalement réveillée et pousse des petits gémissements de plaisir. Je suis comblé d'être capable d'autant de bonheur avec de simples lapement. Elle plane. L'atterrissage risque d'être douloureux. Pourtant, on ne pourra pas me reprocher d'essayer de faire ça en douceur.

- Tu as soif ? me miaule-t-elle en se retournant et en agrippant ma tête entre ses deux mains pour me hisser vers elle.

Je l'aide un peu et parviens jusqu'à ses lèvres. Je prends ce qu'on me donne.

- Plus tellement...


Elle sourit étonnée. Elle croit que j'ai soif d'autre chose. Ce qui n'est pas foncièrement faux.

- Tu pourras boire après, propose-t-elle.
- Après ton départ ?
- Mon départ ?

Elle arrête tout mouvement et me regarde méfiante.

- Il faut que tu partes. J'ai un invité qui tient absolument à ce que tu nous laisses seuls, lui dis-je en m'amusant.

Je me relève instantanément mais laisse sur le lit la robe de chambre soyeuse qu'elle avait commencé à me retirer. Je rassemble ses vêtements en un clin d'œil et reviens près d'elle pour les lui tendre :

- Habille-toi.
- C'est tout ? "Habille-toi et dégage" ?
- Heu... s'il te plaît ?

Elle ne trouve pas ma plaisanterie très drôle. Elle enfile sa robe sans sous-vêtements. Elle les fourre dans son sac à main et prend ses chaussures à talon avant de me rejoindre près de la porte. Elle hésite quelques secondes à me dire quelque chose mais se réfrène. Son regard change de couleur et elle finit par soupirer en levant la main près de ma joue.

- Laisse-moi te gifler. Tu me dois bien ça, exige-t-elle.
- Pourquoi ce soir tout le monde a-t-il décidé d'exiger de moi des choses débiles ?

Elle ne comprend pas ma réflexion mais insiste en souriant narquoisement, la main toujours à hauteur de mon visage. Je tourne légèrement la joue pour lui faire plaisir et pour l'inviter à le faire:

- Frappe, dis-je déconcerté.

La gifle s'abat sur ma joue. Elle a l'air d'être satisfaite mais se frotte la main en me passant devant pour monter l'escalier et regagner le salon.

Passant devant Kelly, elle s'arrête un instant:

- Vous êtes un emmerdeur monsieur, lui dit-elle énervée avant de repartir et de prendre la porte.

Je ris.

- Elle a bien raison ! la soutins-je en m'approchant de nouveau de Kelly pour qu'il me fasse la démonstration de la morsure. Alors, maintenant que nous sommes seuls, montrez-moi comment je dois procéder pour le coup de canines. Une femme enceinte, ça doit être délicieux...

Ma dernière remarque est dite rêveusement. La dernière fois que j'ai mordu une femme en milieu de grossesse, j'admets avoir eu un certain mal à m'arrêter.
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MessageSujet: Re: Regarde ce que le vent t'apporte (pv)   Dim 23 Jan 2011 - 2:14

Monsieur Harding éprouvait continuellement le besoin de me ridiculiser. Peu de ses gasconnades m’atteignaient réellement mais, ce soir, ma susceptibilité avait dû être portée à son comble par les origines premières de ma venue. Je l’avais mise sur le compte d’une mauvaise configuration astrale. Les planètes et les étoiles avaient une influence sur notre sensibilité. J’aurais probablement dû vérifier les conjonctures astrologiques avant de m’aventurer chez ce persifleur professionnel. A présent, je prenais tout avec plus d’importance que ça en avait réellement.

Lorsque la jeune femme apparut en haut de l’escalier menant au sous-sol, je m’étais levé immédiatement. De la courtoisie élémentaire bien que je fusse enchanté de la voir s’en aller. J’avais trouvé cocasse de me faire traiter d’emmerdeur par une belle-de-nuit qui accordait ses charmes au premier vampire qui se présentait. Pour quoi ? Pour un orgasme hors norme ? Pour vérifier en chair et sans os la réputation licencieuse qu’on prêtait à ces créatures de la nuit ? Elle n’était rien de mieux qu’une prostituée et j’étais un emmerdeur. Je n’aurais jamais pu prendre son insulte sérieusement ni lui retourner avec un sourire charmant : « Et vous, vous êtes une catin, madame. » Si les rôles avaient été inversés, je crois qu’Atålan ne se serait pas économisé l’outrage. Je ne suis pas Atålan. Quand je n’en pense pas moins, je n’en dis pas plus.

Monsieur Harding et moi étions désormais seuls. Il était revenu le torse nu et sans le tableau qu’il avait emporté. Je me demandais où il allait le poser. Ferait-il ramasse poussière au beau milieu de sa large collection d’objets d’art et de peintures ? Le saurai-je un jour ? Les questions s’en allèrent dès qu’il s’approcha de moi, le regard rêveur à l’idée d’enfoncer ses canines dans le corps d’une sorcière et qui plus était, enceinte. Je lui souris en coin avant de l’inviter à s’asseoir.

— Pour commencer, veillez à vous nourrir avant et plus que de raison pour éviter toute gourmandise. Quand vous la mordrez, si personne n’est présent pour vous arrêter et que vous ne parvenez pas à vous retenir seul, l’épouse de votre commanditaire n’aura aucune chance de survie quand votre poison se propagera dans son sang.

Ce qui n’aurait pas été mon problème mais je me passai de ce petit commentaire cynique. Je pris le bras de monsieur Harding et lui désigna différentes veines... tout en commentant ma démonstration :

— Il est entendu que nous éviterons l’artère carotide, les veines et artères sous-clavières ou les jugulaires trop proches du cœur et du cerveau. J’aurais bien proposé l’artère fémorale ou les veines iliaques mais je ne vous fais pas confiance deux secondes, lui indiquais-je placidement mais non sans sarcasme en lui prenant finalement la jambe pour poser son mollet sur mes genoux et laisser le pied pendre au-delà. Pour attraper la fémorale ou l'iliaque, il fallait attaquer par l'aine. Savoir le visage de monsieur Harding si prêt des intérêts féminins ne me disait rien qui vaille.

Je relevai le bas de son pantalon de pyjama jusqu’au genou. Sa cuisse massive empêcha que je relève plus haut le tissu. Je sortis ma baguette de mon pochon et fis disparaître la jambe droite du pantalon.

— Maintenant, il va falloir m’aider, monsieur Harding. Positionnez-vous légèrement sur votre flanc, la tête au bord du canapé, de façon à ce que le dos de vos genoux soit en ma direction. C’est la veine saphène que nous allons essayer d’atteindre.

Fort de cet information, et avec son aide, je soulevai légèrement sa jambe et la pliai pour lui montrer l’angle idéal. Etant donné sa position, il lui fallait un peu de souplesse pour deviner ce que je pointais de la baguette dans le creux de son genou. Mais monsieur Harding était un médecin plus expérimenté que la moyenne et un bon vampire. Non seulement il connaissait les veines et leur emplacement avec exactitude mais, en plus, il devait connaître toutes les formes de stimulation pour faire ressortir les plus inatteignables.

— Pour faire ressortir la saphène, pressez avec vos pouces et une force modérée, en haut et en bas de la veine, pour faire garrot en haut du mollet et en bas de la cuisse... sur tout le pourtour du genou.

J’avais reposé ma baguette pour lui montrer le geste. Sous mes paumes, sa peau était aussi douce, froide et dure que le marbre. J’en vins à me demander s’il sentait ne serait-ce qu’une pression alors que j’y mettais toutes mes forces. Sa veine finit néanmoins par gonfler et ressortir au milieu des autres réseaux violacés de sa peau.

— Positionnez-la sur un canapé ou sur un lit. Elle est enceinte, lui rappelai-je pour insister sur les précautions à prendre et la délicatesse à observer, vous devrez l’aider à porter sa jambe... ses abdominaux ne peuvent pas être sollicités comme les vôtres. Vérifiez que son ventre est bien en bordure de canapé ou de lit pour qu’elle trouve l’équilibre facilement sans que la position ne soit trop incommodante. Mordez autour de la veine et évitez de la percer de par en par. Pour cela, vos canines supérieures doivent s’enfoncer à...

Je lui lâchai la jambe pour regarder son visage. Grâce à l’insistance de mon regard, il finit par ouvrir la bouche de très mauvaise grâce et par sortir ses canines. Il les rétracta immédiatement après que je les ai évaluées :

— à environs 6 millimètres. Pas plus que le contact de vos incisives latérales. Quand vous sentez que vos incisives touchent sa peau, n’enfoncez pas plus vos canines dans sa chair. Ca ne doit être l’affaire que de quelques secondes. Ne retirez jamais vos mains en garrot pour que votre poison ne se diffuse pas dans son corps. Dès que vous l’avez mordue, retirez vos canines et pressez avec assez vigueur pour faire ressortir le poison. Ou aspirez mais sans les dents !


La partie technique était terminée. Profitant du voisinage de ma baguette que je n’avais pas rangée, je fis graviter ma tasse jusqu’à moi pour en boire les dernières gorgées. Je reposai la tasse et fis apparaître ma sacoche de médecin à la place. Tout en continuant de parler, je me mis à préparer une seringue et des éprouvettes. La sérénité et la lenteur de mes gestes rappelaient l’esprit méthodique et quasi maniaque que j’avais lorsque je me préparais à une opération.

— C’est une veine qui saigne beaucoup mais qui est entourée de très peu de nerfs. La douleur sera minime pour un écoulement assez impressionnant. Vous pouvez laisser le sang couler en surveillant le flux... suffisamment pour que ça ait l’air impressionnant mais pas assez pour qu’elle perde des forces.

L’emplacement de cette morsure était médicalement stratégique mais aussi psychologiquement efficace. En la mordant derrière le genou, nous laissions aux esprits échaudés imaginer le pire des traitements qu’elle aurait pu subir pour se faire infliger une telle morsure à un tel endroit. Une telle blessure supposait qu’elle avait dû être allongée pour la subir. Il était impensable qu’un vampire survenu brusquement laisse gentiment sa victime debout tandis qu’il se mettait à quatre pattes pour mordre sa proie. Cela laissait plutôt supposer que le vampire qui l’aurait ainsi mordu, l’avait auparavant couchée, poussée ou renversée puis retournée. Elle pourrait même inventer qu’il l’avait faite tomber sur le ventre pour ajouter de l’urgence à son cas. L’image était amplement violente, inadmissible et écœurante pour qu’on n’obligeât pas madame de Lansley à trop s’appesantir sur la façon dont cela s’était passé. On se contenterait du contexte en évitant de faire revivre à une femme enceinte les détails scabreux de cette agression. Pour parfaire la mise en scène abominable, je conseillai ensuite à Atålan de demander à madame de Lansley d’abîmer ses vêtements sur tout leur devant et de s’infliger des griffures bénignes aux genoux pour parachever les séquelles de cette attaque préfabriquée. Les griffures seraient guéries avec une simple potion.

— Ne traînez pas en l’amenant chercher des secours. Si elle ne sait pas s'appliquer un sortilège curatif, proposez-lui pour toute auto-médicamentation d'effectuer un Alligare Vulnus... Rien d'autre. Un bandage se nouera autour de la plaie. L'hémorragie s'arrêtera au bout d'une vingtaine de minutes. Prévoyez quelque chose de sucré pour qu'elle ne perde pas connaissance ou qu'elle ne s'affaiblisse pas trop. Pas de potion que je n'aurais prescrite. Pas de garrot, surtout pas. Évitons la gangrène à cette pauvre femme. L’idéal serait que l’agression se passe non loin d’un endroit où Kenston pourrait la trouver lui-même... vous êtes prêt à monter un tel canular, vous serez certainement apte à provoquer le hasard idéal qui ferait que ce soit Yann qui retrouve madame de Lansley.

J’avais fini de sortir tout mon matériel et mes parchemins en terminant de parler. Je me tournai vers monsieur Harding pour revenir sur les termes de notre échange :

— Je veux un extrait de plasma, de larme, de cérumen, de cellules épithéliales et... et vous savez très bien quoi, dis-je amusé.

Je baissai le regard vers son entre-jambe pour qu'il n'y ait pas d'erreur de compréhension. Sa semence.
J’aimais ma revanche. C’était assez fat mais je l’aimais.

— Pas de scalpel. Juste des prélèvements pour effectuer une recherche d’ADN et d’autres tests. Quant aux questions que je me pose, dis-je, marquant une pause très légère, elles concernent l’hypertrophie de vos sens et la manière dont s’opère la transformation d’un être humain en vampire. Comment... que... qu’avez-vous vu dans Regarde ce que le vent t’apporte que je n’ai pu discerner à l’œil nu ?
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Atålan Harding
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MessageSujet: Re: Regarde ce que le vent t'apporte (pv)   Dim 24 Avr 2011 - 17:11

- Dois-je vous répondre avant ou après la masturbation ? lui dis-je insolemment en m’étirant, fort de tous ses bons conseils au sujet de la morsure idéale. Je savais que Kelly serait le meilleur dans ce rôle-là. A moins que pour les besoins de votre étude vous préfériez que nous en parlions pendant ? « La masturbation chez les vampires », ça, c’est du mémoire !

Sans attendre les répliques à mes boutades, je disparais du salon dans une bourrasque de vent, emportant avec moi le flacon pour l’échantillon de sperme si adroitement réquisitionné par mon confrère. Une fois assis sur le rebord de mon lit avec un flacon en verre entre les mains et les mon pantalon de pyjama sur les chevilles, je me permets de maudire comme il se doit le jeune Sir de Lansley. J’éprouve un peu de peine à comprendre comment j’en suis arrivé à devoir donner mon sperme au savant fou et accoucher une sorcière dans la plus grande illégalité en moins si peu de temps...

- Pffff.

Mon soupir est sincèrement désabusé. Je regarde autour de moi dans la chambre et ne vois rien qui provoque l’excitation. Peut-être que je n’aurais pas dû laisser la jeune femme partir aussi vite.

- Bon, bon, bon... quand il faut y aller...

J’espère que Kelly est patient... finalement écrire un mémoire médical sur la sexualité des vampires ne serait pas un mal. Il saurait alors que le temps qui passe ne nous semble pas le même qu’aux humains.

- Non... me remets-je en question en me reculottant irrité. Je ne peux pas.

Je ne suis pas excité. Ca fait 600 ans que je ne me suis pas masturbé, je ne vais quand même pas le faire pour la science. Il se fout de moi. Je demanderai à Grant.

C’est très exactement quatre minutes plus tard que je remonte à la même vitesse et lui balance son flacon vide avant de m’assoir en face de lui en croisant les jambes précieusement. Mes yeux me mitraillent.

- Faites vos prélèvement. Celui-ci je ne peux pas. Vous n’auriez pas dû faire partir la demoiselle... elle aurait pu vous seconder.

Pendant qu’il s’effectue et que je me laisse balloter avec une docilité très discutable surtout qu’il s’agit de me faire enfoncer un écouvillon dans les oreilles, je réponds à ses interrogations concernant les sens vampiriques.

- Pour les vampires auxquels j’ai eu à faire, nous avons tous les sens hypertrophiés. Certains ont une acuité visuelle plus aiguisé d’autres, parfois c’est l’auditif, ou l’olfactif... ça dépend. La progéniture de mon amie Solace a les cinq sens hypertrophiés à outrance. Ce qui doit être une tannée à vivre.

J’arrête de parler le temps qu’il passe un second écouvillon sur la paroi intérieure de ma joue pour prendre un peu de salive. Dès que ma bouche se referme, je reprends:

- Dans les tableaux en général, je vois les couches successives des traits de peinture et si je me concentre, je peux même en déduire le nombre de jours que le peintre a mis pour réaliser son œuvre. Les mélanges ne sont pas toujours identiques, c’est ce qui me permet de voir chaque coup de pinceau où vous, humains, ne voyez que le produit final. Je décèle la nervosité des traits portés le soir. Je sens la chaleur des aubes successives qui ont légèrement jauni l’huile... mais dans cette toile, le trait est parfait. Les dosages et les pigments sont les mêmes du début à la fin. L’œil du peintre de Regarde ce que le vent t’apporte voit au-delà de l’œil humain, puisqu’il a peint au-delà de ce que l’œil humain peu voir. Le mouvement du pieu, le regard de la femme, la larme naissante du vampire sont des détails que votre regard ne peut relever, Kelly. De plus, le vampire a gravé « Psaume 130 du Livre des Psaumes » en minuscule dans la pupille du personnage. La femme va le tuer. Et lui se laissera faire pour qu’on lui pardonne ses actes.

Kelly s’attaque désormais à mes larmes. Il approche son visage du mien et me fait respirer le liquide le plus infecte qu’un vampire puisse respirer : de l’ail. Certes, une gousse d’ail ne nous repousse pas comme les légendes humaines essayent de le faire croire mais il n’en reste pas moins que l’odeur est la plus incommodante que je connaisse. Pas un vampire ne saurait supporter très longtemps cette odeur sans que ses yeux ne pleurent. Kelly, ce barbare sadique, me colle un extrait de jus d’ail sous le nez. L’odeur me picote les sinus, mes glandes lacrymales qui ne fonctionnent jamais si bien que je les pensais rouillées, se mettent à produire une coulée de larmes que Macbeth s’empresse de recueillir. Dès que je sens qu’il en a suffisamment, je le repousse. Pas trop fort pour ne pas lui casser une côte:

- Macbeth ! je hurle en me frottant les yeux. Vous allez me tuer pour de vrai ! Retirez moi ça d’ici !

Je saisis l’extrait de jus d’ail et cours vers la porte d’entrée où je le jette le plus loin possible dans la rue. J’ai jeté l’objet si loin qu’on n’entend même pas le verre qui se brise. Je claque la porte et reviens m’asseoir.

- C’est assez maintenant ! Laissez-moi tranquille. Quant au sperme, il faudra attendre... Une idée lubrique me surprend. J’accours près de Kelly, pose ma main sur son entre-jambe en souriant sournoisement... ou vous charger vous-même de tirer de votre cobaye la matière première de vos expérimentations.

Sourire austère et un rien vengeur. Je n'ai jamais rien su des inclinaisons sexuelles de mon camarade médicomage. Néanmoins le pousser dans ses retranchements est un jeu qui aurait effacé ma frustration de tout à l'heure.
Il reste Kelly Macbeth, mon jeune apprenti du même âge que moi à quelques siècles près. Dommage... je ne peux pas.

Je retire ma main de Kelly et me relève. J’ai toujours eu le sens de la rupture.

- Je dois m’habiller et sortir chasser avant d’aller à l’hôpital. Voulez-vous m’accompagner pour le dîner à défaut de me servir de dîner ? En chemin nous mettrons au point les derniers aspects du stratagème du couple de Lansley et si la nuit est bonne, après l'autopsie que je dois faire à 21h00, nous finirons dans un Club de Soho avec de jolies demoiselles.

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