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 La douleur

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Stan Shield
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MessageSujet: La douleur   Sam 11 Déc 2010 - 19:09

Tout était horriblement long et douloureux. Parce qu’il ne souffrait jamais beaucoup et jamais longtemps, Stan en avait oublié l’odeur de la douleur. Maintenant qu’elle le frappait comme une grande main géante et appuyait très fort sur sa cage thoracique pour l’empêcher de bouger, il se remémorait. La douleur avait une odeur rance et suffocante. Elle se propageait dans tout ce qu’on était, les cheveux, les yeux, la langue, la gorge, l’estomac. Lourde et chaude comme du plomb liquide, elle s’insinuait dans nos intestins et s’amusait à les tordre pour nous donner envie de vomir. Elle s’agrippait avec ses ongles saillants sur le bord de nos yeux et les griffait pour les faire pleurer ou pour les faire tomber de leurs orbites. Elle fichait des coups de poing dans la gorge et nos bleus se transformaient en une grosse masse de nœuds et de fils cotonneux qui collaient à l’œsophage. La douleur phagocytait la moindre pensée. Elle les assombrissait d’inédites observations sur la vacuité et la fragilité de l’existence. Qui n’était pas philosophe le devenait toujours un peu quand il était frappé par la douleur. On se sentait passager éphémère de la vie et chétif quand on était allongé dans les bras étouffants de la souffrance. Elle nous serrait dans ses grands bras spaghetti comme une mère prête à commettre un infanticide.

Stan était replié sur lui-même, une de ses mains pressaient une blessure béante sur son flanc gauche. Depuis la blessure, une cascade rouge sang coulait jusqu’à ses mollets. Sur sa poitrine, sa chemise blanche était aussi maculée du même rouge bien qu’il ne fût pas issu de l’une de ses propres blessures. Son autre main caressait périodiquement le petit crâne chauve de l’elfe de maison qu’il avait emmené à Saint Mangouste, pressé par les conseils de sorciers qui avaient été témoins de l’altercation. L’elfe reposait sur un brancard que Stan suivait avec difficulté, ralenti autant par sa propre blessure que par la précipitation et la nervosité des infirmiers qui l’imploraient d’aller se faire soigner et de lâcher l’elfe de maison dont ils allaient prendre soin.

S’il avait mal, Stan avait moins mal pour lui que pour l’elfe de maison dont le thorax avait été déchiré de tout son long par un maléfice. Il souffrait moins encore des blessures physiques que de la latente blessure morale qui planait au-dessus de lui. Il anticipait et avait peur de perdre son unique ami. Cet elfe de maison qu’on regardait comme une sous race mais qui, aux yeux de Stan, valait, en dur et en cœur, plus que toutes les âmes que Sainte Mangouste pouvait contenir en ce moment même.

Une douzaine de minutes plus tôt, tout allait bien à l’exception de trois sorciers apparus subitement dans un centre commercial de Piccadilly Circus. Les trois mages s’étaient jetés sur une femme qu’ils accusèrent d’être de l’Opposition et qu’ils devaient supprimer au nom de la Résistance. La femme n’avait pas eu l’air de comprendre la raison pour laquelle on la prenait à partie de cette manière violente et injuste. Elle avait essayé de s’enfuir et s’était réfugiée, hasardement, derrière Stan. L’Etre de l’Eau n’était dans le centre commercial que pour acheter de nouveaux vêtements à son elfe de maison. Ils étaient au rayon enfant d’une boutique et les environs en étaient remplis. Stan avait pensé que, si l’altercation dégénérait, un de ces enfants ou des innocents qui les entouraient finirait par être blessé.

Bien qu’il ne fût pas dans son élément aquatique et qu'il n'était donc pas en maîtrise totale de tout son potentiel, l’Etre de l’Eau avait fait jaillir une boule lumineuse de protection de la paume de sa main pour concevoir un bouclier qui mettrait à l’abri les clients du magasin. Les trois mages, surpris, prirent la boule de feu pour une attaque et lancèrent plusieurs maléfices en direction de Stan qui les évita tous sauf un qui vint le frapper dans le flanc. Une gerbe de sang, plus impressionnante que douloureuse, avait jailli de son flanc. La femme qu’il protégeait, apeurée, s’était mise à courir vers la sortie du magasin. L’un des trois sorciers s’était apprêté à lui jeter le même sortilège qu’à Stan quand l’elfe de maison s’était interposé à son tour.

Sous l’effet de la douleur et de l’adrénaline, Stan avait étendu le bouclier (jusqu’ici très faible) à l’ensemble du magasin et avait trouvé la force d’aller affronter un des trois mages. Il eut raison de ce dernier mais les deux autres s’enfuirent, laissant sur place la femme qu’ils étaient supposés arrêter et leur compagnon blessé à mort.

L’elfe était retombé lourdement sur le crâne, aux pieds de la femme. Tous les clients du magasin s’étaient enfuis dans une hystérie générale. La police était sur le point d'arriver. Seuls deux très jeunes sorciers étaient restés avec Stan et l’elfe de maison. Ils s’occupèrent d’aider Stan à rejoindre Sainte Mangouste. L’un des bons samaritains prit l’elfe de maison et transplana. Le second prit Stan et suivit son premier compère. L’un et l’autre avaient à peine 17 ans, ils s’excusèrent mille fois auprès de Stan de ne pas avoir osé bouger quand il y avait eu l’attaque. Stan n’écoutait pas les excuses, il était étourdi par l’inquiétude des blessures infligées à son elfe et ami.

Plusieurs infirmiers, infirmières et médicomages les prirent en charge sur le champ. Ils essayèrent de séparer Stan de son elfe pour que chacun reçoive de toute urgence les soins appropriés à un étage différent mais l’Etre de l’Eau n’écoutait pas.

Stan perdait rarement son sang froid mais quand on lui demanda une nouvelle fois de bien vouloir suivre l’infirmière pour aller faire soigner sa vilaine blessure avant qu’elle s’infecte, Stan hurla de tout ce qu'il était capable de hurler et on entendit son cri déchirer tous les murs de l’hôpital sorcier :

- Vous ne me séparerez pas de lui !

Son hurlement fut suivi d'un silence embêté. Stan haletait. Ses yeux pleuraient. Sa main ne parvenait plus beaucoup à retenir sa chair de couler en même temps que son sang. Mais tout ce qui comptait était qu'on ne le sépare pas de son ami. Personne ici n'était-il capable de le comprendre ?

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MessageSujet: Re: La douleur   Dim 12 Déc 2010 - 21:52

Edwina était dans le vestiaire des infirmières, retirant tranquillement ses vêtements pour enfiler son uniforme. La nuit précédente avait été plutôt courte, la jeune femme avait rendu visite à des amis d'enfance, la soirée avait durée jusqu'à prendre le pas sur le temps réservé alors au sommeil. C'était une soirée qui se déroulait en souvenir d'un ami perdu, décédé alors que tous avaient moins de 17 ans. Edwina avait même rencontré certains de ces amis lors de son enterrement. Un évènement tragique qui avait su rapprocher à une date fixe des jeunes gens de différents univers. Ullysse aurait été si heureux de voir ses amis proches se détendre et passer du temps ainsi en son souvenir. Cela avait toujours été dans son caractère joyeux et accueillant.
Malheureusement, si la soirée avait été un régal, elle avait, comme chaque année, réveillée des souvenirs douloureux. Edwina avait toujours vécu dans un monde presque aseptisé, à l'écart des conflits réels. Tout ce qu'elle avait eut à protéger était sa mère. Elle ne subissait que les conséquences des évènements, et s'enfermait dans une routine au travail.

Elle avait très mal dormit, les souvenirs de son ami secouant ses rêves, leur donnant une tournure des plus triste. Les larmes creusant leur sillon dans ses joues pâles, elle fut forcée de se réveiller pour ne plus voir ainsi le visage meurtrit de son ami. Un accident. Le reste de la matinée, elle l'avait passé chez elle, à errer dans les pièces de sa petite maison. Un instant dans la cuisine, l'autre dans le salon, puis dans sa chambre à retrouver les vieux albums photos. C'est dans sa bulle qu'elle se prépara et alla au travail. Elle n'avait rien pu avaler sinon une grande tasse de thé. Une fois dans le vestiaire, des gestes mécaniques prenaient le dessus sur ses pensées. Elle se déshabilla, mit son uniforme, ramena ses longs cheveux bruns en arrière pour en faire une queue de cheval.

Elle claqua la porte de son casier, qui n'avait toujours pas été huilé. Elle allait devoir faire du charme au technicien responsable de la maintenance... puisque c'était le seul moyen d'avoir accès à ses services. Elle grimaça d'avance. Elle quitta le vestiaire, pointa sa présence et passa la porte du couloir. Plusieurs infirmiers passèrent devant elle en courant, visiblement sa journée commençait avec une urgence. Elle se claqua les deux joues pour se réveiller et accourut dans la même direction que ses collègues. Un homme, un elfe et deux adolescents étaient ans le couloir, les deux jeunes n'avaient rien mais étaient tout de même pris en charges pour connaitre les circonstances de l'accident. L'homme était gravement blessé, mais l'elfe l'était plus encore. Chose surprenante, le patient refusait de se séparer de la créature. Plusieurs infirmières essayaient de le ramener à la raison, mais il refusait de se laisser approcher. Capricieux, il hurla son refus de séparation. Voilà qui s'annonçait coton ! Tu parles d'un début de journée ! Les collègues se regardaient entre eux, incapable de prendre une décision. Mais Edwina le savait, bientôt les infirmiers de sécurité débarqueraient et les sépareraient qu'il le veuille ou non.

Mains sur les hanches, la jeune femme regarda la situation, devait-elle intervenir ? Après tout elle était nouvelle dans le service... sa parole n'avait aucune valeur. Elle se mordit la lèvre inférieur, ce n'était pas son jour. Elle aurait parfaitement pu rester là, les bras ballants comme la plupart de ses collègues, à attendre les gros bras, mais son cri déchirant avait touché l'infirmière. Une chance pour le patient, Edwina repéra son médicomage attitré. Il lui devait un GROS service ... Elle se précipita vers lui, l'attrapa par le bras pour que ses yeux noisette se plantent dans son regard.


"La chambre 458 est libre pour deux lits."

Le médicomage, sérieux dans sa blouse immaculée, s'apprêtait à répondre.

"Et on sera quittes !"

Rétorqua-t-elle. Il resta la bouche ouverte, comme sur le point de refuser.

"Je suis sérieuse. Tu me fais ça et la dette s'efface, t'as ma parole."

Elle lui tendit sa main en signe de sérieux, ne supportant presque plus les jérémiades du patient. Il la serra et s'écria auprès des autres infirmières.

"Cas Franklin ! Je veux les deux en chambre 458 !"

Les autres se retournèrent vers le médicomage, puis changèrent de direction en amenant les deux patients dans la chambre citée. Ste Mangouste avait déjà fait exception sur certaines terminaisons d'étages. Pourquoi cela ne pourrait pas s'appliquer à celui-ci ? Edwina avait fort bien étudié, et savait que le médicomage n'aurait rien à rétorquer, la séparation aurait rendu le patient plus violent que nécessaire et donc agravé le danger de ses blessures. Sans relacher sa main il ajouta.

"Miss Lyser, tu sera mon esclave à l'hôpital pendant le reste de la semaine. Maintenant va appeler les chirurgiens spécialisés. Un pour l'elfe et l'autre pour l'être aquatique."

Il relâcha sa main et partit en direction de la chambre. Elle se tut, pressant ses lèvres l'une contre l'autre. Elle se jeta sur le téléphone interne à l'hôpital et murmura.

"Je vais le tuer !"

Elle composa les numéros des différents étages. Bientôt, un bataillon de chirurgiens et autres médecins spécialisés se ruèrent dans le couloir pour assister les patients. La jeune femme donna un grand coup de pied dans le mur de colère. Elle n'avait pas repéré que le patient n'était pas humain. Quelle faute de débutante ! Voilà pourquoi personne n'avait vu la possibilité de les faire cohabiter. Elle retint son cri de douleur, rien qu'avec cette dette elle avait fait mobiliser d'énormes moyens pour ces deux patients.
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MessageSujet: Re: La douleur   Mar 14 Déc 2010 - 21:09

Tout était de non et de piétinement.
Soudain, tout fut de oui et de bonne volonté.
Stan ne sut jamais ce qui avait changé mais son appel avait été entendu.

Il en profita pour s’effondrer de fatigue et de douleur. On le ramassa avec précaution pour le placer sur une civière qu’on fit flotter vers la chambre 458, juste derrière celle de l’elfe de maison.

- Comment sss’appelle votre elfe de maissson ? demanda une voix qui accrochait tous les s.

Stan ne savait pas qu’on s’adressait à lui car ses paupières lui avaient fait savoir qu’elles étaient très fatiguées de rester en l’air et qu’elles préféraient se fermer pour reposer quelques uns des muscles crispés de son visage. Mais il devina qu’il était ici le seul à pouvoir répondre à cette question, alors il fit tout son possible pour répondre clairement avant que les muscles de la bouche se mettent à copier ceux des yeux et du front :

- Timothy, murmura-t-il avec peine.

- Et vous, quel est votre nom, monsieur ? A quelle ethnie d’Etre de l’Eau appartenez-vous ?

Cela faisait bien trop de questions pour trop peu de vigueur à répondre. L’alphabet reprit quelques unes de ses lettres, empêchant quelques mots de se former, et s’amusa à n’avoir plus aucun sens dans l’esprit de Stan qui le connaissait pourtant par coeur. Son flanc conjugua tous ses efforts pour retenir encore un peu les braises qui lui donnaient l’impression de cuir sa chair et ainsi lui permettre de répondre. A moitié délirant, il n’eut que le temps de soupirer son prénom avant de sombrer dans un endroit intégralement noir et où il ne se passait rien. Un peu comme un sommeil.

On les emmena au quatrième étage, Pathologie des sortilèges, puisqu’on avait appris des deux adolescents que les longues plaies qu’ils portaient avaient été provoquées suite à l’utilisation d’un maléfice. D’aucuns ignorait lequel mais l’Etre de l’Eau et l’elfe de maison semblaient avoir été meurtries par le même sort.

On prépara la chambre 458 et une armada d’outillage médico-magique fut apportée au chevet des deux créatures.

L’opération de l’elfe nécessita deux médicomages spécialistes des créatures magiques et des sortilèges. En essayant de recoudre la plaie, les urgentistes se rendirent compte que les fils se déliaient et que la blessure se rouvrait. C’était une blessure très joueuse mais elle n’amusa pas les médicomages autant qu’elle l’aurait voulu. Le sang ne cessait de couler et ça désarmait tout le monde. Ils tentèrent des sortilèges mais, du Tergeo à l’Episkey, aucun sort n’eut d’effet. La plaie absorbait les contre sortilèges. Si personne ne trouvait une manière de refermer cette blessure, l’elfe mourait. On pratiqua une transfusion de fortune après avoir fait venir six elfes de maison dévoués qui travaillaient dans les cuisines de Sainte Mangouste. Chacun donna son sang en alternance. Mais l’elfe saignait toujours. La plaie refusait de se fermer. Une infirmière devait venir régulièrement éponger la plaie et évacuer le bac dans lequel le plasma était drainé.

Sur le second lit, on avait allongé Stan. La plaie était si profonde qu’après l’analyse d’une organimagie (radiographie pour les sorciers) un des médecins finit par révéler que le bas des branchies avait été touché, d’où la coloration violette qui se mêlait au sang. Le liquide vital contenu dans les branchies de l’Assassymbe était en train de se répandre lentement. Si personne ne doutait de la douleur qu’un tel trou pouvait provoquer, plusieurs trouvèrent néanmoins le mélange de rouge et de violet aussi joli qu’une gelée sur laquelle on aurait fait couler un coulis de mûre. Mais la blessure ne se mangeait pas, d’ailleurs les estomacs des plus jeunes infirmiers furent si rassasiés de cette vision qu’ils demandèrent à leurs propriétaires d’aller les vider dans les lavabos et les toilettes les plus proches. Il y avait un incessant ballet de blouses blanches entre les lavabos et les couloirs du quatrième étage de l’hôpital. De plus, de la même façon que pour la blessure de l’elfe de maison, la plaie de Stan se rouvrait malgré tous les soins et toutes les opérations testées.

Tout le monde était pessimiste quant aux pronostics vitaux des deux patients et le tableau clinique complexe de l’Etre de l’Eau finit par décourager quelques médicomages. Les moins impressionnables restèrent à rôder auprès des infirmières pour grappiller quelques informations et se rendre ensuite au centre de recherche dans l’espoir de trouver l’idée du siècle. Ces irréductibles internes et jeunes médicomages considéraient que la chance leur était donnée de se faire remarquer en résolvant ce trépident mystère, de travailler et de s’expérimenter sur le corps d’un Etre de l’Eau.

Devant la chambre 458, un ban d’internes rôdait toujours. Une vieille infirmière exaspérée par leur manque de décence finit par les chasser :

- Virez-moi vos sales postérieurs de là. Il nous faut des solutions maintenant ! Oust ! Revenez quand vous saurez de quelle ethnie provient cet homme !

A cours d’idées, les médicomages avaient même ouvert les diagnostiques à toutes personnes ayant une idée pour refermer ces plaies. Les solutions les plus abracadabrantes furent écartées. Pour certains ayant une plus grande conscience professionnelle et qui étaient plus intéressés par la santé de leur patient que par les lauriers qu’ils récolteraient en trouvant la manière de les guérir, la priorité était de trouver des Etres de l’Eau qui pourraient donner leur sang à Stan de la même façon qu’on avait mis en place des transfusions pour l’elfe.

- Mais où trouver des Etres de l’Eau dans les dix minutes ?

Stan sortit de la chambre noire de sa tête où il n’y avait pas grand-chose à faire à part attendre. Il entendait les inquiétudes autour de lui. Il ordonna à ses muscles faciaux de bien vouloir se décontracter le temps de proposer une idée. Les muscles firent la grise mine, se détendirent avec lenteur et difficulté. De la sueur perlait sur le front de Stan mais il ne se découragea pas. Qui commandait là ? Ses muscles ou lui ?

- River Thames... Les 36 enfants de Cybéria Shimes, articula-t-il difficilement. Cybéria... sir... sire... ène...

Il y eut un mouvement à côté de Stan. On lui prenait la main. Il sourit pour dire merci mais ne le prononça pas parce que sa langue se reposait un peu. La voix qui prononçait trop de "s" ordonna qu'on transplane le plus vite possible vers la Tamise pour en ramener des sirènes et procéder à des transfusions en attendant de trouver comment abolir le maléfice... ils n'avaient rien à perdre à essayer. Mais les sirènes n'ont pas de jambes ! Comment les emmener ici ? La rivière est grande ! Comment savoir où chercher ? demanda quelqu'un d'autre. Le ton monta. C'était l'excitation et l'urgence qui parlaient. Sur ces entrefaits, le bataillon de jeunes internes revint du centre de recherche pour essayer de récolter encore quelques informations sur l'Etre de l'Eau, et tout au milieu de la chambre de Stan et de Timothy, on aurait dit un marché aux poissons. Beaucoup de bruit. Beaucoup de cris. Beaucoup de stress et peu d'initiatives. Pendant ce temps, l'elfe de maison poussait son dernier soupir. Mais il y avait tellement de bruit, tellement de cris, tellement de stress, tellement de yeux qui regardaient partout sauf sur les lits des deux patients, que personne ne se rendit compte que l'un des deux vint à manquer de vie.

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MessageSujet: Re: La douleur   Ven 24 Déc 2010 - 20:49

Edwina était restée en retrait, observant passivement les faits et gestes des médicomages et autres spécialistes. Un vrai champ de bataille se disait-elle, bien loin de savoir ce qu'il se passait réellement. Elle pensait avoir joué son rôle dans cette histoire, elle avait aidé du mieux qu'elle avait pu, au prix d'un esclavage d'une semaine. Elle soupira, s'adossant au mur du couloir avec une collègue. Elles étaient toutes deux trop inexpérimentées pour pouvoir faire autre chose, pour pouvoir assister à ce grand débat clinique. On les avait écartées dès le début, et elles n'avaient pas jouées les téméraires. Ce genre de postes était important pour l'une comme pour l'autre car elles n'avaient fait d'autre choix de vie. Lydia et elle regardaient à travers les vitres de la chambre, Flynn, médicomage respecté par tous sauf par les nouveaux entrants parlait d'un ton sifflard et faisait de grands gestes.

"Il devrait encore plus lui postillonner dessus..."

"Qui sait ? On découvrirait peut-être un nouveau remède."

Sa collègue lui donna un coup de coude dans les côtes en riant silencieusement. Edwina se contenta de sourire en voyant Lydia faire ce genre de mimique. La situation n'était pourtant pas drôle, loin de là.
On entrait, on sortait, on s'exclamait, on allait chercher une solution qui à chaque retour se trouvait inefficace... On ne savait faire que ça pour le moment, chose qui exaspérait grandement la jeune infirmière.

Ses yeux noisettes fixaient les deux corps sanguinolents. Soudainement son médicomage attitré sortit de la chambre 458 et s'avança vers elle.

"Il nous faut deux infirmières pour éponger les plaies béantes. Toi et Lydia vous vous en chargez."

Elles n'eurent qu'à hocher de la tête en signe d'approbation avant qu'il ne passe son chemin. Elles sortirent leur baguettes et lancèrent un sortilèges à leurs mains afin de les garder saines et sans microbes pour pouvoir s'occuper des patients sans risque d'aggravation du cas. Elles passèrent les portes, puis partirent chacune de leur côté, Edwina se retrouva au chevet de l'être de l'eau tandis que Lydia était à celui de l'elfe.
Des compresses, et même une bassine étaient à disposition. La jeune femme inspira profondément pour se calmer, il y avait beaucoup de sang oui, mais elle connaissait la procédure. Elle étala avec soin et précision les compresses sur la plaie. Pendant que celles-ci se gorgent du sang du patient, elle en profita pour retirer la chemise de l'homme qui avait déjà été découpée à la va-vite par les médicomages. Méticuleuse elle la découpa plus encore pour laisser champ libre à ses supérieurs. Le tissu termina sur le sol, un interne se chargea de le ramasser.
Surprise, Edwina dû faire face à quelque chose qu'elle n'avait pas prévu, le sang coulait avec une affluence inconnue! Elle se mordit la langue pour garder la précision de ses gestes, les compresses qui d'ordinaire étaient bien spongieuses se retrouvaient pleines en moins de 5 minutes. Elle dû les changer, laissant les usagées dans la bassine. Les doigts souillées par le sang violet du patient, elle prit sa baguette et essaya tous les sorts de cicatrisation qu'elle avait apprit, mais rien n'y faisait, la plaie béante déversait son encre sur ses mains. Elle eut un regard vers sa collègue qui elle paniquait littéralement. Visiblement c'était un effet du maléfice.


"Il faut trouver par quel maléfice ils ont été blessés !" Cria-t-elle. "Interrogez les adolescents !"

Personne ne semblait y avoir réellement songé visiblement, trop absorbés par ce cas presque unique. Lydia la regardait, incapable de faire autre chose.

"Les elfes vont pas tarder! Continue !"

Elle hocha la tête nerveusement, reprenant son souffle avant de s'y remettre. Oui, les transfusions pour l'elfe allaient bientôt arriver pour l'elfe, mais ce n'était pas le cas de l'être de l'eau. Ses statistiques ne faisaient que dégringoler. Avec un calme surprenant, la jeune infirmière continuait à changer les compresses, essayant de les combiner pour qu'elle retiennent le plus de sang possible à l'intérieur de son corps. Ses mains étaient d'un violet qu'elle aurait pu apprécier dans une autre situation. Elle réussit à trouver une combine, empilant 7 compresses qu'elle maintenait à la main contre son torse. Les médicomages de temps en temps demandaient à dégager la plaie pour essayer les divers remèdes. On tentait de trouver une solution pour ramener des sirènes à Ste Mangouste. Les transplanages étaient lancés mais encore fallait-il aller les chercher dans la Tamise !

"On pourrait pas lui réinjecter son sang ?"

Flynn lui jeta un regard étonné. Il s'approcha d'elle.

"Et comment croyez vous ssssa posssible ?"

Elle le regarda avec de grands yeux étonnés, c'était lui le médicomage pas elle !

"Je sais pas ! Il y a bien moyen avec une bulle de récolter le sang et de le réinjecter dans ses veines... s'il a des veines... Ce serait temporaire, le temps que les sirènes soient trouvées, ici les compresses ça ne marche plus !"


Il réflichit un quart de seconde avant d'écarter Edwina violemment.

"Hey!"

Les autres médicomages l'assistèrent pour mettre en place le système trouvé par la jeune sorcière. Quelques minutes plus tard, la perte de sang n'était plus la priorité, puisqu'il sillonnait dans l'organisme du patient en boucle. Une solution temporaire... car il était infecté par sa blessure, mais on ne pouvait pas y faire grand chose pour le moment. Elle soupira, jeta un coup d'oeil distrait aux statistiques de l'elfe. Elle cligna des yeux, naturellement, puis s'affola.

"LYDIA ! ON L'PERD !"

La blonde collègue releva le visage, et horrifié constata qu'elle avait été trop accaparée par son self contrôle. Elle en avait oublié son patient. Ca n'allait pas passer aux yeux de la direction ! Edwina se rua sur l'elfe, commença un massage cardiaque, un elfe de l'hôpital se chargeait du bouche à bouche, tout allait vite, très vite ... beaucoup TROP vite. Un médicomage prit sa suite, on le secoua d'énergie pour que son coeur réponde, à plusieurs reprises. Un interne débarqua en sueur, mais un sourire ravi sur le visage. Il avait analysé le maléfice responsable des blessures et trouvé le contre-sort. Les médicomages s'emparèrent immédiatement de cette solution pour l'appliquer. Les blessures se refermèrent, laissant juste une cicatrice noire sur leurs peau. Leur vie n'en était pas sauve pour autant.
La poitrine de l'elfe se souleva faiblement, il avait retrouvé un pouls. Ils avaient tous deux perdu beaucoup de sang, l'elfe était à l'article de la mort, mais stable. On le mit sous perfusion, avec transfusion sanguine. Son cas était plus calme à traiter. On profita de l'inconscience de l'être de l'eau pour transférer son elfe dans une salle où il serait nettoyé, bien au calme. Edwina retourna au chevet de l'homme aquatique. Elle quémanda de quoi le laver. Les sirènes n'étaient toujours pas arrivées, et on lui empoisonnait l'organisme à lui retourner en boucle un sang désoxygéné... Elle passa dans la salle d'eau de la chambre, pour se laver les mains. Une fois séchées, elle retourna dans la chambre et prit l'éponge. Elle aurait pu lancer un sortilège d'auto-nettoyage mais elle avait bien trop peur de briser le savant système de boucle qui avait été maintenu au cas où la peau cèderait de nouveau. C'est avec un grand soin qu'elle faisait disparaitre le sang violet de la peau d'albâtre du patient. Les portes claquèrent de nouveau, ils n'avaient pas trouvé de sirène mais un assassymbe avait coopéré, à savoir comment le médicomage avait fait pour le persuader de venir prêter main forte !
Edwina prêta assistance à la transfusion, l'assassymbe la regardait à peine, elle cependant ne se gêna pas pour l'observer, il avait une posture, une manière de bouger qui paraissait presque surnaturelle.

Une fois la situation régularisée, l'être aquatique fut placé sur un lit à côté de son elfe. Edwina prit une pause, secouée par les évènements. Elle revint deux bonnes heures plus tard, entra dans la chambre calme. Elle vérifia les statistiques de l'elfe qui avait de nombreuses installations reliées à son petit corps. Tout était calme, mais faible.
Elle passa au chevet du patient aquatique, regarda sa fiche.


"Stan..."

Elle regarda le visage endormi de cet homme et esquissa un léger sourire.

"Et bien alors enchantée ... Stan."
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MessageSujet: Re: La douleur   Ven 21 Jan 2011 - 20:02

hors heu : Le sang de Stan est rouge. C’est le liquide qui circule dans ses poumons qui est violet.



Stan avait entendu la voix au milieu de l’île Grecque dans laquelle il était en train de rêver. Où il était, il n’y avait plus de douleur, plus de nuit derrière les paupières, plus de sang qui s’écoulait sans discontinuer, plus d’hommes et de femmes en blanc qui l’empêchaient d’être près de Timothy.

Le paysage n’était plus blanc et froid mais réchauffé par les rayons obliques du soleil qui pleuvaient une douche lumineuse entre les cumulus. La mer d’un vif bleu s’enroulait sur elle-même en des centaines de vagues aux crêtes d’argent, et tranchantes comme de couteaux. La peau du morceau de terre perdu au milieu de la mer était verte. Elle recouvrait chaque hauteur et chaque colline de son tapis de verdure. La main de la Nature avait peint le sable en jaune pour ceindre le cœur d’émeraude de son île natale. Stan volait au-dessus de cette île. Timothy lui tenait la main. Lui aussi il savait voler. C’était un rêve lénifiant. Tout était paisible. Même la mer chuchotait calmement ses clapotis argentés en venant lécher la grève.

La voix s’étira entre les cumulus et s’enroula autour de la taille de Stan. Ce n’était pas fait exprès. La voix n’était pas brutale, elle ne criait pas. Elle venait juste l’envelopper pour l’attirer en dehors de son rêve. Puisqu’il avait bien rêvé et qu’il n’avait plus peur de sa douleur, Stan accepta de se laisser emmener par la voix. On prononçait son prénom et l’Assassymbe ne pouvait pas prétendre ne rien avoir entendu. Ca n’aurait pas été poli or Stan connaissait peu de chose de la vie de la Terre, peu de chose hormis la politesse.

Il ouvrit les yeux. Le rêve s’effaça pour de bon et la voix le relâcha sur le lit blanc de Sainte Mangouste. Il tourna doucement la tête vers le lit voisin. Timothy avait un visage en souffrance. L’Etre de l’Eau ferma les yeux et décida que pour l’instant, il préférait regarder le plafond blanc devant lequel un visage de femme était suspendu.

- Ench... anté, murmura-t-il.

Sa voix sortie enrouée. Il ne força pas pour ajouter d’autres mots. Il n’avait rien à dire qui valait la peine d’être partagé. Il n’avait pas la force de lui demander son nom. Il reconnut ses vêtements, ceux du personnel de Sainte Mangouste, alors sa fonction était amplement suffisante pour combler ce qu’il avait besoin de savoir d’elle.

Dans les autres choses qu’il voulait savoir, il y avait l’état de santé de Timothy. Il voyait bien que ça n’allait pas. Son thorax était parcouru par de grosses bandes blanches et une cicatrice noirâtre en dépassait légèrement. Dans l’un des fils qui étaient reliés à lui, un liquide rouge vif circulait d’une poche flottant seule au-dessus du lit à son avant-bras frêle et blanc.

Stan toussota pour s’éclaircir la voix mais son abdomen et son flanc lui rappelèrent très vite qu’ils n’étaient toujours pas en état. S’il voulait respirer sans souffrir, chaque soupir devait être plus léger que l’ombre d’une plume. Il murmura afin d’utiliser le moins d’énergie possible. Dès que la femme serait partie, lui aussi partirait d’ici. C’était l’endroit le plus lumineux et le plus blanc que Stan avait connu pourtant il s’y sentait comme dans une petite boîte où il serait facile d’étouffer.

- Il va mourir... je l’entends.


Il connaissait le rythme cardiaque de Timothy. Le nombre d’heures qu’ils avaient passé ensemble lui avaient décompté tous les types de battements cardiaques dont il était capable. Quand il avait peur, quand il était fâché ou facétieux, quand il dormait, quand il était inquiet ou désolé... ce rythme cardiaque était proche de celui du sommeil mais en bien top faible. Même de l’endroit où il se trouvait, Stan pouvait discerner sa faiblesse.

Il ne voulait pas être là, dans la grosse boîte blanche, quand cela arriverait. Il fallait qu’il emmène Timothy dans un lieu qu’il connaissait. C’était tellement triste de cesser de vivre sans avoir vu une dernière fois le soleil.

Stan ne pouvait pas attendre. Il se releva d’un coup. Ses douleurs grognèrent dans son corps mais il ne les écouta pas. Il regarda son corps nu et chercha du regard où on avait mis ses affaires. Dedans, il y avait la clé de la grille de la grande maison des Shield.

- Je veux mes affaires, demanda-t-il avec calme à la femme, s’il vous plaît, ajouta-t-il pour compléter sa demande. Je dois partir d’ici pour qu’il voie le ciel une dernière fois... et je dois aller me soigner.

La douleur était coriace. Elle s’agrippait désespérément au flanc de Stan avec ses centaines de doigts aux ongles taillés. Lorsqu’il respirait, il pouvait presque sentir le trou béant à ses poumons. Il savait aussi qu’on avait refermé la peau sous les compresses mais que son poumon était resté ouvert. Il pouvait presque ressentir siffler l’air, avec affliction, par l’alvéole corrompue. Il connaissait son corps mieux que personne. Comme tous les êtres de l’eau et de la nature, son corps était son principal outil de survie. Il fallait connaître son corps, ses habitudes et ses fonctions pour vivre bien dedans. Aussi ressentait-il le moindre changement qui avait eu lieu dedans. Ce n’était pas son sang qui brûlait ses veines. Ce sang était chaud, impétueux, taciturne et combattif. C’était le sang d’un Assassymbe. Le lui aura-t-on prêté pour se remettre et se reconstruire ? La supercherie pourrait le faire tenir jusqu’à ce qu’il trouve un bassin, une rivière ou de l’eau... mais il fallait qu’il se débarrasse de ce sang étranger. Son sang à lui était vaporeux, fluide et léger comme la rosée, et dansant comme des algues entortillées par les courants. Il pulsait dans ses veines avec allégresse et passion, parfois si frais qu’il donnait à la peau de Stan une tiédeur presque mortelle. A présent, Stan était brûlant. Ce sang le brûlait de l’intérieur.

Les jambes de Stan essayèrent de se dérober sous le poids de son corps mais il se rattrapa à l’épaule de l’infirmière. Il s’excusa et essaya de nouveau de se tenir debout. Il chancela une nouvelle fois.

"Seul, je n’y arriverai jamais..."


Il la regarda avec ses deux yeux violets et incertains. Stan ne savait pas que ses yeux étaient violets. D’habitude, il les avait bleus clairs et parsemés de pépites d’or hors de l’eau, et d’un bleu flore quand il était dans sa forme Assassymbe, sous l’eau. Le violet était le signe de la maladie.

- Il faut que vous m’aidiez à partir d’ici, dit-il. Comme la vibration de sa voix le suggérait, l’Etre de l’Eau ne donnait pas un ordre, n’implorait pas non plus. Elle sollicitait avec une détermination matinée d’urgence. Il lui demandait un service et il s’en rendait bien compte.

- Je dois emmener Timothy où il y a le ciel,
répéta-t-il avec plus de fermeté mais tout en restant à l'orée de sa nature douce. Et il faut que je me soigne avec mes propres méthodes.

Il ne reprocherait rien à l'infirmière, sauf de lui barrer la route.
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