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 Romeo + Juliet

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Stan Shield
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MessageSujet: Romeo + Juliet   Sam 11 Déc - 14:58

C’est un soir où la lune est grosse. La neige a recouvert les trottoirs et les voitures. Où qu’on regarde, tout est blanc, et gris, et délavé. Il fait froid au bout des orteils bleus, froid au bout du nez rouge, froid dans le sourire jaune des passants qui salent le bitume pour prévenir du verglas de demain. Ce sont des touches de couleurs faiblardes qui essayent de percer le voile lourd de l’hiver. L’hiver a tout engourdi, tout englouti, tout ralenti. Le ciel est noir comme le sol est blanc, les murs s’agacent du givre, des larmes de glace gémissent aux gouttières. C’est l’hiver avant l’heure, c’est l’hiver qui pleure.

Stan s’amusait à marcher à reculons dans les blocs de neige maculés du parc en face de chez lui. C’était la première fois qu’il voyait la neige. C’avait été un enfant du parc qui lui apprit la façon dont on nommait ce blanc qui tombait du ciel : neige. L’Etre de l’Eau trouva que le mot était beau. Il décida donc de le garder, avec toutes ses lettres qui n’étaient pas bien nombreuses mais qui sonnaient bien entre elles.

Il observait les traces que ses pas laissaient devant lui, imaginait une histoire écrite à l’envers et qui l’aurait guidé à l’autre bout des empreintes qu’il avait laissées. Le ciel des Anglais réservaient des surprises fabuleuses.

Comme le parc fermait ses grilles à 20h00, les gardiens l’invitèrent à sortir. Stan les regarda en hésitant à leur demander s’ils pouvaient garder le blanc intact jusqu’à demain. Il reviendrait dès le matin car il n’avait pas terminé sa rêverie sur les glaces. Il acceptait de laisser son rêve suspendu aux arbres décharnés à condition de pouvoir le reprendre le lendemain où il l’avait laissé. Sa requête resta dans sa bouche. Les gardiens le regardaient toujours et leurs deux mains étaient dirigées vers la sortie. Les yeux bleus de l’Assassymbe brillèrent des reflets argentés qui miroitaient un peu partout. Il tut son hésitation et considéra qu’il était inutile de garder la neige. De toute façon, il croyait les gardiens incapables de cacher toute la neige d’ici demain. Ca ferait trop de travail. Il faudrait des centaines de gardiens de parc pour avaler toute cette neige et il ne pensait pas qu’il existait autant de gardiens à Londres.

Il leur sourit poliment et s’éloigna vers la grille de sortie.

Il marcha au hasard des rues car il n’avait pas envie de retourner chez lui. Il n’y avait rien à faire chez lui. C’était trop grand pour une seule personne et un elfe de maison. On lui avait appris qu’on pouvait vendre les biens mobiliers. Il s’était montré intéressé par l’idée, bien que la donner (à Mélusine ou à qui que ce soit d’autre qui aurait trouvé une meilleure utilité que lui à une si grande maison) ne l’aurait pas beaucoup ennuyé. En échange de sa maison, lui avait-on expliqué, il pouvait obtenir de l’argent et, avec cet argent, il pouvait investir dans un bien plus petit qui lui laisserait encore suffisamment d’argent pour vivre bien à côté et ceci sans travailler puisqu’il ne travaillait pas.

- Mais je veux travailler, avait murmuré Stan, soucieux.

Malheureusement, il ne se connaissait aucun talent qui pût être mis en valeur dans un ouvrage qu’on aurait pu rémunérer. Son interlocutrice avait dû penser la même chose que lui parce qu’elle avait éludé la question d’un emploi en parlant plus volontiers des bénéfices et des plus values qu’une affaire immobilière de cet acabit lui rapporterait. Elle s’était même proposé de l’aider dans ses transactions et dans la mise en vente de la villa des Shield. Mais l’Etre de l’Eau avait refusé avec politesse. Depuis quelque temps déjà, il s’était mis d’accord avec lui-même de refuser toute proposition, aussi gentille soit-elle, concernant des concepts qu’il ne comprenait pas.

Néanmoins, il n’avait jamais abandonné l’idée de travailler.

Gardien du parc était un bon métier. Il les avait observé des heures. Ils marchaient dans les allées enneigées, donnaient la direction aux passants, rappelaient aux usagers qu’il était interdit de marcher sur l’inexistante pelouse, fermaient et ouvraient les grilles du parc à des heures précises. Il pouvait le faire. De plus, il aurait ainsi tout le loisir de marcher à l’envers dans la neige et discuter avec les anglais qui traversaient le parc. Il apprendrait des choses par ces discussions et il se sentirait bien à travailler dans un lieu qui n’était pas fermé.

Il se mit en tête de chercher un travail. Pas ce soir. Peut-être le lendemain matin quand les commerces et le parc ouvriraient. Il ne savait pas comment s’y prendre. Ce soir, décida-t-il, il se contenterait de trouver quelqu’un qui lui expliquerait comment et où chercher un travail.

En marchant, sa balade l’avait guidé jusqu’à l’entrée d’un théâtre. Beaucoup de gens faisaient la queue dans le froid. Il y avait beaucoup de gens, beaucoup de nez rouges et d'orteils gelés, donc beaucoup d’informations potentielles sur un futur métier qu’il aurait pu faire. Stan, qui n’était pas très au fait qu’on ne pouvait pas aborder n’importe qui dans la rue pour poser des questions de cet ordre, ne vit dans cet amoncellement de personnes que des bornes d’informations auxquelles il fallait se frotter pour obtenir gain de cause.

Alors qu’il allait s’approcher d’un couple qui discutait par trop énergiquement de choses que Stan ne comprenait pas (il y avait des mots comme "trompée", "menteur", "trahison", et d'autres beaucoup plus vulgaires), la fille, qui composait la moitié de ce couple, leva sa main et donna une claque à l’autre moitié du couple. Cette autre moitié de couple giflée se fâcha et jeta deux petits bouts de papier en l'air. Les bouts de papier volèrent sans force jusqu'à la figure de Stan pendant que l'homme giflé tournait déjà les talons avant de partir d’un pas furibond. Etonné, Stan ramassa les deux rectangles en papier. A quelques chiffres près, ils étaient identiques :

12 décembre 2012 – 20h30
Roméo et Juliette
Théâtre du Colisée
Siège Corbeille H2
82£


L’autre petit rectangle avait un siège corbeille qui s'appelait H3.

Stan tendit les deux papiers à la jeune fille qui pleurait en regardant son amant partir.

- Tenez, madame, dit-il en la regardant ébahi par l’eau qui coulait de ses yeux. Il savait que c'était le signal de la détresse. Il fut touché par la tristesse de la jeune femme mais elle ne se laissa pas regarder. Le bras de Stan perdit en énergie et se baissa comme elle ne prenait pas les tickets que son amoureux lui avait jetés au visage. A la place, elle dit à Stan :

- Gardez-les, vous n’avez qu’à y aller. Moi, je n’en ai plus envie. Vous n’avez qu’à inviter quelqu’un d’autre sinon les billets seront perdus.

La femme partie en courant, et en pleurant de plus belle, dans une autre direction qu’avait prise son amant.

Maintenant Stan était tout hébété avec deux petits rectangles en papier qui allaient se perdre s’il n’y allait pas. Il se posa bien la question de savoir "où" il fallait aller pour que les billets ne soient pas perdus. Il regarda la file d’attente qui avançait très doucement devant lui. Tous les gens de cette file avaient le même petit coupon rectangle dans la main. Peut-être y allaient-ils. Il prit la décision d'y aller aussi, ne serait-ce que pour voir ce qu'il y avait.

L’Etre de l’Eau chercha autour de lui quelqu’un qui n’avait pas de petit rectangle en papier dans sa main pour lui donner celui qu’il avait en plus. C’est alors que, près de l’affiche "Roméo et Juliette" collée au mur du théâtre et qui reproduisait, en beaucoup plus grand, l’illustration qu’il y avait déjà sur les petits rectangles en papier qu’il tenait, il remarqua une jeune fille seule. Elle avait les yeux rivés à l’affiche et un visage songeur. Stan s’approcha d’elle et lui tendit un des deux tickets :

- Bonsoir, dit-il parce qu’on lui avait appris qu’il valait mieux introduire ses paroles de cette formule quand on s’adressait à quelqu’un qu’on voyait pour la première fois depuis le début d’une journée, une dame m’a donné ces deux billets pour qu’ils ne soient pas perdus. Si cette pièce vous intéresse, et comme je n’ai pas besoin de deux billets, je peux vous laisser celui-ci.
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MessageSujet: Re: Romeo + Juliet   Sam 11 Déc - 22:25

Voilà combien de temps que je vivais seule et que ces draps n’avaient plus l’odeur de celui que j’ai tant aimé. Ce matin en me réveillant, alors que j’ouvrais les yeux, la bouteille de parfum s’était brisée, tombée pendant mon sommeil agité où je revivais la mort d’Henry. Je lutte dans ce souvenir qui hante mes cauchemars pourtant je connais la fin, mais je lutte, jamais je n’y arrive, mais je lutte tout de même. C’est l’inconscient qui voudrait que le conscient souffre moins. Quand je vois la bouteille, j’ai envie de pleurer, mais je n’y arrive plus, non pas que je ne puisse pas, j’ai trop pleurer pendant l’année où je me remettais des injections de sang d’être de l’eau. Cette bouteille avait quasiment l’âge d’Henry. Je m’accrochais à cette minuscule bouteille, mais elle est brisée, comme le fut son propriétaire il y a encore quelques années de cela. L’odeur du parfum s’est envolée dans ma chambre, faisant remonter en moi les souvenirs d’Henry, mon Roméo, mais je ne devrais pas me comparer à Juliette, car Juliette, belle Juliette, n’a jamais été lâche comme je le suis, elle a suivit son amant moi ce ne fut pas mon cas, je préfère la vie seule, que pas de vie du tout. Ce qui est paradoxale, car la mort me délivrerait de la mort d’Henry. Je suis une lâche, mais une lâche violente qui détruit le peu d’humanité qu’Henry à voulu conserver en moi en tuant les humains, oui, je suis triste, oui je suis violente. Mais je n’ai pas toujours été comme ça. J’ai mis en marche le Lacrimosa de Mozart, et je me lève. Le parquet n’est pas froid. Au fenêtre je vois qu’il a neigé. J’aime la neige, c’est quelque chose de beau, c’est quelque chose de simple. J’attache mes cheveux que j’ai long désormais, Je les natte vers l’arrière, ils tombent. Je vais sortir, il est déjà bien tard dans la journée, je me suis couchée plus que tard hier, j’avais très faim.

J’ai enfilé une robe en soie noire, fluide, de très épais collants et une paire de chaussures dans l’esprit Doc Marten’s, sauf qu’elle ne sont pas vernies, plus fines et elles sont cloutées. J’enfilais un manteau en fausse fourrure, quand il neige, il fait froid, et non ce n’est pas un animal que j’ai tué. J’ai plus de compassion pour les animaux que les humains. Et je suis sortie, fermant derrière moi, avec cette ferme attention de me complaire dans ma propre mélancolie, car la bouteille s’est brisée. C’est idiot, cela peut sembler être un détails, Au fur et à mesure que je marche mon pendentif, une montre à gousset se cogne au dessus de mon estomac, ma marche est rythmée. Je ne sais pas véritablement où je me dirige. Vers un endroit calme. Les gens semblent pressés, les humains vont trop vite et ne savent pas profiter de leurs vies qui est courte, et ils l’a passent tous de la même manière avec la même fin pour chacun d’eux. Ils sont d’une banalité étonnante et pourtant je m’étonne à les observer, à en trouver certains beaux, mais ne croyez pas que je les aiment bien, non. Je continue, je marche, je passe devant des magasins, j’aime les lumières, et certains côtés faux des rues marchandes. Le côté, fêtons Noël joyeusement, en famille en montrant que nous nous sommes heureux et qu’ils peuvent tous aller crever dans le caniveau le soir de Noël, il est évident que nous ne bougerons pas nos royaux postérieurs. Il fait froid et le monde est aussi glacé que cette neige. Ce monde pourrit, et je pourris tranquillement en sa compagnie. Il n’y rien de beau, c’est véridiquement pathétique, mais c’est terriblement grisant. J’arrive en face du théâtre et là devant moi, en très grand, en trop grand. « Romeo & Juliet » . Ce qui doit arriver arrivera. Je suis resté stupide devant. Je ne suis pas Juliette et Henry n’est pas Roméo, mais je compare leur amour au notre, pas leur conditions, mais la force et la volonté qu’ils avaient de s’aimer. C’est la seule chose belle. Mais quand on y réfléchit, Roméo et Juliette n’étaient ils pas un trop jeune pour trouver le grand amour, je ne critique pas, je m’interroge.

La séance commençait dans quelques minutes, je haussais les épaules. J’aime cette pièce, parce que j’aime l’art. Je n’aime pas Roméo et Juliette simplement parce que c’est la plus connue de Shakespeare, c’est simplement parce que j’ai vécu la passion et la naïveté de croire que l’amour pouvait durer toujours. Soit la mort vient, soit l’ennui s’immisce. La passion s’estompe et l’on commence à se haïr parce que l’un comme l’autre sera convaincue d’avoir perdue du temps avec cette personne. Alors, je trouve ça très drôle. « Jusqu’à ce que la mort nous sépare ». Oui, ou l’ennui. Puis je fus abordée. Je me retournais, et puis je sentis. Vous savez, je sais maintenant. Tous mes souvenirs sont remontés, tous sans aucune exceptions, mais surtout les plus dur. Les plus violent, les plus morbides. L’odeur de son sang, j’ai eu ce sang dans les veines, un sang corrosif, je restais devant lui buvant ses paroles qui avaient une saveur acide. Puis, j’ai repris conscience. Devais-je lui en vouloir ? Il me proposa des places. Alors je me suis dis que je ne pouvais pas refuser, par politesse, car l’occasion était trop belle, car je voulais revoir Roméo et Juliette ce soir. Car la bouteille ce soir s’est brisée. Alors j'ai souris.

- Ce serait avec plaisir.

Je tendis ma main.
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Stan Shield
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MessageSujet: Re: Romeo + Juliet   Dim 12 Déc - 16:55

Elle était une personne jolie à regarder et elle avait de jolis pendentifs autour du cou. C’est la première chose qui vint à l’esprit de Stan en la regardant. Ses critères de beauté pouvaient se révéler singuliers parce qu’étant un Etre de l’Eau, les canons de la beauté du genre humain ne lui étaient pas familiers.

Par exemple, Stan ne trouvait pas les strangulots horribles. Ils n’étaient pas beau non plus mais leur apparence lui était familière. Il y en avait des jolis et des laids. La peau rugueuse des sorcières ne le rebutait pas. Au contraire, il jugeait de la beauté d’une femelle de l’En-Dessous, en appréciant la couleur de ses écailles, la perfection des palmes à ses doigts ou la puissance de sa nageoire caudale. Une sirène, une Candice ou un Etre de l’Eau femelle aux cheveux algueux et chatoyants lui plaisait plus qu’une femelle aux couleurs sombres et aux cheveux lisses. Il était sensible aux galbes des formes et à l’odeur de la gent féminine. Son attirance était instinctive et animale. Il ne s’était jamais embarrassé avec les codes usuels de la beauté. Les autres races que la sienne n’étaient à ses yeux que différents. Ni laids, ni beaux.

Cependant, à force de vivre au milieu des humains et d’avoir fini par comprendre que d’apparence il en était plus proche qu’il n’était proche de certaines ethnies d’Etre de l’Eau, il s’était fait une plutôt bonne opinion de ce qu’on pouvait considérer plaisant à l’œil ou non. Cette personne était plaisante. Autrement plus plaisante que tous les humains qu’il connaissait. Il ne savait pas encore que celle qu’il avait en face de lui n’était plus humaine et que cette beauté avait été usurpée à l’au-delà. Il distingua chez elle une odeur qu’il ne connaissait pas et pour laquelle il ne parvint pas à trouver de place dans la classification qu’il s’était fait des différentes races qu’il avait croisée tout au long de ses voyages.

Il fut enchanté de la voir prendre le billet. Il la salua avec la même formule de politesse que pour se présenter, lui tourna le dos et alla vers la file qui s’était mise à avancer un peu plus vite. Les portes s’étaient ouvertes.

Il imita les personnes qui se trouvaient devant lui, un couple de vieilles personnes qui portaient des vêtements qui sentaient la poussière, et il tendit son petit papier à une femme qui le déchira en deux et ne lui rendit que la moitié du billet. Stan reprit sa moitié de billet très étonné qu’on vienne lui déchirer son petit rectangle de papier alors qu’il n’avait rien fait de mal. Mais comme le couple de vieilles personnes n’avait pas paru outré par la méchanceté de la femme à l’entrée, Stan ne se rebiffa pas.

Il essaya de suivre le couple à travers le flot de gens mais les perdit bientôt de vue. Sans comprendre comment chacun semblait savoir dans quel coin de ces couloirs démesurés il fallait se diriger, Stan se laissa colleter par la foule et se retrouva vite dans les allées de l’orchestre.

Il était entré dans une immense et luxueuse salle remplie de sièges rouges alignés à la perfection et tous tournés vers un rideau vermillon en velours qui ne disaient rien du tout. Le rideau était fermé, sage et silencieux. Pas comme les gens qui piaillaient dans tous les côtés de cette pièce ronde. Certaines personnes prirent des sièges. Stan se décida à les imiter mais une nouvelle femme, portant le même uniforme noir et rouge que celle qui lui avait déchiré son ticket à l’entrée, lui barra la route avec un grand sourire qu'elle étira très largement, entre lui et le siège qu'il convoitait, et lui demanda son ticket. Stan lui tendit le ticket déchiré, très embêté à l’idée de devoir expliquer la raison pour laquelle il était déchiré. Il ne voulait pas causer de problèmes à la femme de l’entrée. Il garda donc le silence et s’apprêtait à essuyer les conséquences du billet déchiré. Mais la jeune ouvreuse ne parut pas fâchée que Stan n’ait qu’une moitié de ticket. Elle le prit par l’épaule et le tourna vers le fond de la salle, levant son bras devant elle. Elle désigna un balcon rempli encore d’autres sièges rouges et alignés à la perfection, qui étaient aussi silencieux que les rideaux. C’était à l’étage du dessus :

- Vous n’êtes pas au bon endroit, monsieur, dit-elle en rétrécissant son sourire de moitié pour laisser passer Stan en direction d'une porte qu'elle lui désigna ensuite. Votre siège se trouve là-haut. Prenez à droite en sortant et vous trouverez un grand escalier. Vous le prenez et, en haut, vous tournez à gauche. Il y aura deux entrées, vous ne prenez pas la première mais la deuxième. Corbeille. Siège H3. Je crois que c’est là où il y a la petite femme blonde, vous voyez ?

Oui. Stan voyait très bien. La femme à laquelle il avait donné le second billet avait trouvé avant lui. Elle devait mieux savoir que lui le fonctionnement de tous ces étranges rituels.

L’ouvreuse lui rendit son ticket et Stan suivit le chemin qu’elle lui avait indiqué.

Il arriva enfin dans ce qu’ils appelaient "corbeille". Il descendit l’allée latérale et, encore une fois, une femme en rouge et noir lui demanda son ticket. Stan commença à s’inquiéter de toutes ces étranges femmes souriantes qui n’en voulaient qu’à son billet déchiré. La femme lui désigna le siège H3 mais sembla attendre quelque chose de la part de Stan. En regardant très vite autour de lui, l’Etre de l’Eau se rendit compte que quelques usagés donnaient de l’argent à d’autres femmes pour leur avoir indiqué leur siège. Stan fouilla sa poche... il ne trouva qu’un billet de 20£ et le donna avant d’aller s’asseoir à côté de la jeune fille blonde aux rangers. L'ouvreuse ouvrit des yeux exorbités et s'empressa de ranger le billet de 20£ dans sa petite bourse.

Quant à Stan, il s’assit, soulagé. Ca lui avait semblé toute une aventure de trouver une place. Comme il ne connaissait pas son voisin de droite, qui n’avait plus de cheveux, et qu’à sa gauche la fille était plus jolie et qu'il lui avait déjà parlé devant le théâtre, Stan engagea la conversation par la gauche :

- Qui sont Roméo et Juliette ? demanda-t-il. La question lui tournait dans la tête depuis un bon moment. Le lustre s'éteignit soudain et toute la salle plongea dans le noir. Les criailleries devinrent des murmures. Il ne se passait toujours rien mais les gens avaient l'air de trouver ça bien.
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MessageSujet: Re: Romeo + Juliet   Mar 14 Déc - 10:10

Quand je regardais le prix des places, je devinais très vite qu’il s’agissait de très bonnes places, de celles qui se trouvent en haut, et qui coûte une petite fortune, j’ai les moyens d’aller aux théâtres, j’y vais dès que je le peux. Je n’eus pas le temps de remercier l’être qui n’était pas humain, et qui me semblait véritablement perdu, comme s’il découvrait le monde humain pour la première fois. Je vis éloignée du monde magique, à part pour me nourrir de sorciers lorsque j’en croise un et que j’ai faim. Mais je n’aime pas véritablement ce monde, je n’aime pas ce conflit, il est inutile, un exemple de la fragilité de la nature. Je rentrais dans le théâtre, le beau théâtre, je fus regardée, je fus admirée, on vantait ma beauté et mon charme dans des murmures que tous pensaient inaudibles, mais moi je l’ai entends, ça me fait rire, je continue, mais les murmures sont toujours les mêmes et les fantasmes dégoulinent de chaque homme voire même de certaines jeunes femmes. Nous sommes dans une génération très ouverte d’esprit à l’opposé de l’Angleterre que j’ai connue quand je n’étais qu’une humaine. Je regardais la place et me dirigeais vers les places dîtes en corbeille, en hauteur, des places magistrales, très peu loin des places que l’on attribuait aux Rois et aux Reines. Je soupirais. Je montais les escaliers, retirais mon manteau, et le prenant sous mon bras, je continuais ma montée, repensant à ses souvenirs de soirées aux théâtres, alors que j’avais encore le bras d’Henry à la place de ce manteau. La jeune femme souriante me demanda mon ticket, je la soupçonnait d’attendre un pourboire, je sortis de mon sac en cuir un billet de cinq livre, ce que je trouvais bien généreux par rapport à ces gens qui leurs donne à peine quelques centimes voire une ou deux livres. Elle sourit, contente de son billet, et je m’engouffrais dans la salle.

Je m’assis, contente d’avoir croisé le chemin de cet être de l’eau malgré mon ressentiment pour son sang, je restais tranquille, posant mon manteau sur le dos de la chaise, puis mon gilet qui découvrait mes épaules nues d’un blanc laiteux, puis un homme dégarni entra dans la Corbeille me toisant d’un air surpris, je haussais les épaules et reportait mon attention sur les autres humains tous agglutinés dans les sièges du bas, mon attention se porta sur un couple de vampires. Oui, nous aimons nous mélanger aux humains, ça nous donne un airs moins monstrueux et moins sectaire. Ils m’ont remarquée, j’ai de meilleurs places qu’eux et je suis plus vieille. Alors il sourit, je trouve ça amusant, il n’y en a pas d’autres. J’ai l’impression que les vampires aiment les choses vieilles, le théâtre, les opéras, les choses tristes. J’ouvris ma montre en pendentif, et regardais l’heure, quelques minutes avant le début de la pièce, je me demandais où était passé cet individu qui m’avait l’air complètement perdu. Je le vis en bas, évidemment. La jeune femme en rouge lui expliqua où il devait se rendre, et me désigna. Je m’accoudait à la balustrade, et attendait le début de la pièce. J’aime surtout la fin de la pièce. Elle finit simplement mal de manière tragique, il ne pouvait pas y avoir d’autre fin. Une fin heureuse aurait rendu la pièce sans saveurs sans goût. Alors Shakespeare n’aurait pas connu autant de succès par cette pièce qu’il écrivit en début de sa carrière. Cela me fait penser que je dois faire un concert de piano demain, étant pianiste de métier, je suis toujours en activité, car j’aime cela. Alors la porte s’ouvrit, c’était la jeune femme a qui j’avais donné le billet de 5 livres, lui, il lui donna 20livres. Je levais les yeux aux ciels, elle partie le sourire aux lèvres ce qui me sembla évident, elle allait surtout raconter qu’elle avait eu 25 livres voire plus de pourboire à la corbeille H. La lumière s’éteignit, on entendit des « Aah » et des « Ooh » signes d’une attente enfin terminée. Puis il se tourna vers moi. Et me demanda qui était Roméo et Juliette. L’homme à côté de moi le regarda de manière si méprisante que j’eus envie de lui sauter dessus et de lui briser son petit cou gras et pourtant très chétif. Les créatures magiques ne vivent pas dans notre monde et si c’est le cas ce n’est pas depuis longtemps, et les vampires eux surtout s’ils sont d’origine humaine et non vampires comme moi préfèrent la ville. Alors je me redressais. Qui sont ils ? Il semblait préoccupé de ne pas savoir qui étaient ces deux inconnus.


- Roméo et Juliette ? Voyez vous, Roméo et Juliette sont deux adolescents, Juliette est une Capulet et Roméo est un Montaigu, et simplement pour cela ils ne peuvent pas s’aimer. Et pourtant, ils le font, avec une passion insolente que personne ne semble comprendre. C’est à Vérone, que commence cet amour, la rivalité entre les Capulet et les Montaigu ensanglante la ville. Roméo au début de la pièce n’aime pas encore Juliette, mais alors qu’il se rend au Bal donné en son honneur espérant y croiser sa maîtresse actuelle, il trouve Juliette, et c’est là que commence leur amour. Mais c’est une pièce tragique, alors ce serait trop facile si Roméo et Juliette pouvait vivre leur amour et avoir des tas de têtes blondes, alors les obstacles sont trop importants et les circonstances font que la fin est triste mais belle. Mais vous dire la fin risquerait de couper votre « Roméo et Juliette », surtout si c’est la première fois.

Le vieux dégarni siffla un chut, je le regardais dans les yeux, il soutint mon regard, pendant quelques trente secondes assez pour que je lui ordonne de se taire jusqu’à la fin de la pièce. La pièce commença. Entre alors les personnages de Grégoire et Samson, les serviteurs des Capulet. Ce que je précisais à l’être de l’eau. Je trouvais presque plaisir à expliquer la pièce. J’aimais tellement cette passion destructrice.
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Stan Shield
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MessageSujet: Re: Romeo + Juliet   Mar 14 Déc - 13:43

Sa voisine lui offrit un abrégé qui lui permit de situer un peu mieux ce dont il s’agissait. Il la regardait avec des yeux grands ouverts et attentifs. Il prenait tout cela très au sérieux. Il avait envie de comprendre ce que tous ces rituels signifiaient et ce qui avaient motivé un tel rassemblement devant des rideaux fermés. Stan trouvait le rouge des rideaux magnifique mais pas au point qu’on dût s’acquitter de 20£ ni même 82£ pour avoir le droit de contempler leur immobilité. Il trouvait les chorégraphies des fucus marins plus plaisantes à admirer et la chose était gratuite. Aucun Strangulot, quel que soit son caractère, ne demanderait à un sirène de payer pour regarder une pierre, une algue ou une épave sous-marine.

A la fin du discours de la jeune femme, il hocha doucement la tête pour montrer qu’il avait compris et qu’il la remerciait pour ces explications. Son voisin de droite s’adoucit à son tour après que les yeux de sa voisine de gauche lui eurent raccommodé l’exaspération grâce à deux soufflets tonitruants qui le tinrent muet et docile jusqu’à la fin de la pièce.

Ainsi Roméo et Juliette avaient l’air d’être des personnes connues de la jeune femme. Un détail perturba Stan mais il n’eut pas le temps de réclamer l’information. Elle avait parlé d’une pièce. Stan connaissait les pièces de monnaie et les pièces de la maison. Il eut le sentiment que le "début de cette pièce" cachait encore un troisième sens qu’on aurait pu donner à ce mot mais il fut trop tard pour s’en assurer. L’Etre de l’Eau copia sur l’assemblée pour faire un beau silence et tourna son visage vers les rideaux qui se levèrent lentement après que quelqu’un frappât plusieurs coups contre quelque chose dans la salle. Le bruit ne parut pas déranger les autres spectateurs alors Stan décida que le bruit ne le dérangeait pas non plus.

Après une introduction orchestrale tempétueuse dépeignant l'animosité qui règne entre les Capulet et les Montaigu, un prologue choral fut déclamé pour résumer la tragédie.

Stan trouva que c’était une très bonne idée de faire bouger les rideaux, d’autant plus que ce qu’il y avait derrière était bien plus joli que le plus beau des velours rouges. C’était la salle d’un château décorée pour un bal. La pièce ressemblait à la demeure des Shield, et en taille, et en architecture. Stan s’imagina que c’était le "début de la pièce" dont avait parlé la jeune fille. Il comprit soudain pourquoi la pièce n’était qu’un début. C’était parce qu’elle était coupée en deux. En tout cas, il s’agissait donc bel et bien d’une pièce de maison. Une salle avec des ornements, des murs, des guéridons, des tapisseries, des statues, des portes et des balcons en mezzanine. Une pièce tout ce qu’il y avait de plus ordinaire, si on exceptait qu’elle était ouverte par devant et qu’on pouvait tous y voir dedans.

Tout à coup, plusieurs personnes présentes dans cette salle de bal se mirent à se causer les uns aux autres, sans se soucier de toutes ces centaines de personnes qui les regardaient silencieusement assises sur leurs fauteuils alignés. Parfois ce qui se disait sur la scène provoquait les réactions de ceux qui étaient présents dans la salle avec Stan. Ils riaient à ce que se disaient ceux qui étaient dans la salle de bal. Mais l’objet de leur discorde ne faisait pas beaucoup sourire Stan qui regarda tout autour de lui inquiet.

"Pourquoi rient-ils alors qu’ils se querellent ? Ce n’est pas drôle de se disputer..."

Mais ceux qui étaient dans la salle de bal paraissaient coupés des spectateurs, ne pas entendre les rires, et ils ne réagissaient qu’entre eux. Stan trouva ce comportement bien étonnant et, pour ne pas détonner, il se mit à écouter très attentivement ce qu’il s’y disait.
Les invités chantent les plaisirs qui les attendent ce soir-là. Le jeune noble Pâris s'émerveille de la magnificence du bal, mais Tybalt, neveu de Capulet, l'assure qu'il oubliera cette splendeur quand il verra la magnifique Juliette, la fille de Capulet. Lorsque Capulet conduit sa fille dans la salle, elle devient en effet le centre d'attention. Capulet invite jovialement les invités à danser dans les pièces voisines et se réjouit de laisser Pâris escorter Juliette. Lorsque la scène est vide, Roméo Montaigu masqué et ses amis Mercutio et Benvolio sortent de leur cachette. Grâce à leur déguisement, ils ont pu entrer dans la maison rivale sans se faire remarquer. Roméo émet maintenant des réserves sur leur équipée et souhaite partir. Il explique qu'il a récemment fait un rêve qui l'a rempli de sombres pressentiments quant à leur aventure. Mercutio écarte ses prémonitions avec légèreté, prétextant qu'elles sont l'oeuvre de la reine Mab. Roméo tire un peu de réconfort de cette ballade, mais aperçoit soudain Juliette à travers une porte ouverte. Il tombe amoureux d'elle dans l'instant. Ensorcelé, Roméo est poussé dehors par ses amis au moment où entrent Juliette et sa nourrice Gertrude. Gertrude lui chante les louanges de Pâris comme futur époux. Juliette, pour sa part, proteste son manque d'intérêt pour le mariage. La nourrice s'en va et, alors que Juliette s'apprête à retourner danser, Roméo sort d'un coin de la pièce. Après quelques mots, ils réalisent que leur destinées sont liées. Dans l'échange qui suit, Roméo découvre qu'il est tombé amoureux d'une Capulet. Bien que Roméo ait remis son masque, Tybalt réussit à l'identifier. Après un départ précipité de Roméo, Tybalt révèle à Juliette qu'elle parlait avec un Montaigu haï. Les invités reviennent au centre de la scène: Roméo et ses amis sont parmi eux. Mercutio pense qu'ils ont été remarqués et les Montaigu opèrent une retraite hâtive. Capulet n'autorise pas Tybalt à les suivre et encourage ses invités à poursuivre les festivités.
Les hommes se disputaient sans fin. Comme l’avait prévu sa voisine, ils se disputaient parce qu’ils n’étaient pas de la même tribu. Là encore, lorsqu’un d’entre eux sortit son épée pour en attaquer un autre, personne dans la salle ne parut effaré par la violence. Au contraire, ils en riaient ou regardaient calmement, absorbés par la joute. Et les querelleurs continuaient de se quereller sans que personne n’intervienne.

Plus le temps passait, plus Stan fut transporté dans l’histoire des personnes.
Roméo s'est séparé de ses amis et s'est faufilé comme un voleur dans le jardin des Capulet. Il apostrophe Juliette comme soleil levant. Peu après, elle apparaît au balcon et Roméo révèle sa présence. Elle lui demande une déclaration d'amour et de fidélité qu'il lui donne avec enthousiasme. Leurs tendres paroles sont momentanément interrompues par Grégorio et d'autres serviteurs de Capulet, qui courent dans le jardin à la recherche d'un page des Montaigu aperçu dans les parages. Lorsque le calme est revenu, Roméo ressort de sa cachette. Juliette confirme qu'elle est prête à l'épouser au moment de son choix et Roméo réitère son serment. Ils sont à nouveau interrompus, cette fois par Gertrude, qui appelle Juliette dans la maison. Les deux amoureux se séparent à contre coeur.
Il fut très attentif à ce que se dirent les deux adolescents une fois qu’ils furent seuls. Il se demanda ce qu’était l’amour dont ils parlaient tout le temps, comme d’un énième personnage qui aurait été présent tout au long de l’histoire. L’Etre de l’Eau ne comprenait pas tous les mots qui étaient utilisés. Le langage imagé des protagonistes donnaient à leur discours des sens qui laissaient Stan très perplexe.

Par exemple, le jeune Roméo était venu sur les ailes de l’Amour. Stan ne connaissait pas un tel moyen de transport. Ces deux enfants devaient être des magiciens. Ils se prêtèrent serment plusieurs fois, renchérirent tour à tour sur la profondeur de leur amour, échangèrent des baisers et des caresses et décidèrent de s’aimer et de s’unir bien qu’ils ne soient pas du même camp. Aux yeux de Stan, qui ne savait pas ce qu’était l’amour mais qui comprit que ces deux personnes éprouvaient de l’attachement l’une pour l’autre bien que leur entourage ait l’air de ne pas soutenir ce qu’ils appelaient amour, Roméo et Juliette avaient bien raison de ne pas se soucier de l’influence des circonstances.

D'autre part, Stan aima beaucoup Mercutio qui le fit rire une fois ou deux. Mercutio était espiègle, comme l’elfe de Stan alors Stan s’identifia à Roméo et vit dans le personnage de Mercutio, une réplique de son ami l’elfe de maison. Néanmoins, l’Etre de l’Eau se sentait parfois très mal à l’aise de laisser ces gens se disputer sans cesse ou de les regarder dans l’intimité de leur vie. Lui-même n’aurait pas réellement su apprécier qu’on l’espionnât de cette façon.
En coulisse, un choeur de moines se fait entendre. Frère Laurent entre avec un panier rempli de plantes et de fleurs qu'il va utiliser pour confectionner des potions secrètes. Il chante les merveilles de la nature. Roméo arrive en courant et lui révèle son amour pour Juliette Capulet. Juliette le suit bientôt avec Gertrude. Les deux amoureux demandent à frère Laurent de les unir. Convaincu de la force de leur attachement, il mène à bien la cérémonie. Une rue devant la maison des Capulet. Le page de Roméo, Stéphano, raille les Capulet avec une chanson qui parle d'une blanche tourterelle détenue prisonnière dans un nid de vautours. Cette scène attire dehors Grégorio et d'autres serviteurs des Capulet. Stéphano reprend immédiatement le refrain de sa chanson en leur présence et défie Grégorio en duel. Mercutio s'indigne de ce que Grégorio se batte en duel avec un simple enfant. Tybalt prévient Mercutio de faire attention à ses paroles et ils s'engagent à leur tour dans un duel. A l'arrivée de Roméo, Tybalt se retourne immédiatement pour l'affronter. Roméo conserve son sang-froid et demande à Tybalt d'oublier les jours de haine entre les deux familles. C'est Mercutio qui prend sur lui de défendre l'honneur de Roméo.
Arriva un moment pendant lequel Stan eut réellement du mal à rester assis sans bouger mais le stoïcisme des autres spectateurs lui intima d’agir avec réserve. On venait de tuer Mercutio, l’ami de Roméo. Une femme assise dans la pièce en bas en avait même sorti un mouchoir pour pleurer dedans.

Ne pouvant pas supporter plus longtemps la mort de ces personnes sans réagir, Stan se pencha doucement à l’oreille de sa voisine et murmura très inquiet :

- Ne doit-on rien faire pour aller aider Mercutio ? Il me semble que toutes ces personnes souffrent atrocement. C’est un supplice. Je me sens très affecté de devoir regarder plus longtemps autant de souffrance sans réagir... Pourquoi personne ne fait rien pour arrêter leur dispute ?

Les mains de Stan étaient crispées sur les bras de son fauteuil. Son voisin de droite s’empêcha de pousser un "chut" parce qu’il avait peur des yeux fâchés de la voisine de gauche mais Stan sentait que sa question l’exaspérait. L’Etre de l’Eau trouva son voisin presque aussi injuste que Tybalt.
Roméo, subitement en colère, cherche à obtenir sa revanche ; il se bat en duel avec Tybalt et lui inflige un coup mortel. Une fanfare et une marche annoncent l'arrivée du duc. Les partisans des deux maisons crient justice et, après avoir appris ce qui s'est passé, le duc exile Roméo de Vérone.
Son cœur battait très fort. De tristesse et de désolation. Il battit d’autant plus qu’en bas, sur la scène, le rideau tomba et que personne n’était allé aider ce pauvre Mercutio ni même Tybalt que Roméo venait de tuer à son tour. Les membres des deux maisons renouvelèrent leurs imprécations haineuses. Si son elfe de maison avait été tué, ou ne serait-ce que blessé, Stan aurait été hors de lui. Mais au lieu de cela, ici, les gens applaudirent et commencèrent à se lever. Un vieux monsieur était monté sur la scène pour annoncer que nous étions à l’entracte. Stan se ficha de savoir où ils étaient. Pour lui, ils étaient dans une arène et, dans ce cirque, on abattait des personnes et on les félicitait, et on les encourager en les applaudissant. C’était intenable.

Stan était pâle et très mal à l’aise. Ses yeux s’accrochaient désespérément à la jeune femme. Il espérait qu’elle allait lui expliquer les raisons d’une telle cruauté. Il ne concevait pas qu’il puisse en exister de bonne... il espérait simplement qu’on le désabuse. L’idée d’avoir été témoin d’un meurtre sanglant l’enlisait dans la confusion et la douleur.
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MessageSujet: Re: Romeo + Juliet   Jeu 16 Déc - 15:33

Derrière Roméo et Juliette il y a une morale que je trouve simpliste. La tolérance. Certes, c’est simple de le dire, mais de le faire c’est une tout autre affaire. La tolérance, l’homme se cache derrière ce bien beau mot sans même savoir ce qu’il veut dire, on le voit partout que ce soit dans le monde humain comme dans le monde magique auquel j’appartiens simplement parce que je suis un vampire. Il est évident que je n’appartient pas au monde humain, du moins pas celui qui n’a pas l’esprit assez ouvert pour penser que la jeune femme dans la corbeille H, se nourrit de sang humain et sorcier. Les humains qui suivent cet humain devenu une sorte de tyran magique savent qui nous sommes, mais ce n’est pas la même chose et je n’ai aucune envie de me lancer dans des explications aussi bien douteuses que vagues selon moi. Alors je regarde devant moi, j’arrive à me concentrer sur plusieurs choses, la pièce que je connais par cœur, en 212 ans je l’ai vu autant de fois que j’ai d’année à mon actif, tout du moins quand je n’y allais qu’une fois par an. Cela pourrait paraître cliché aux yeux de certains d’aimer Roméo et Juliette, mais qu’en ai-je donc à faire de votre avis après tout ? Je suis la pièce, regarde le petit couple de vampires, je soupire. Le voisin dégarni ne parle plus, les humains sont très obéissants, surtout lorsqu’il s’agit de les convaincre de modérer leurs paroles. L’inconnu qui m’a donné sa place quand à lui semble véritablement perdu. Perdu … Perdue. Alors que Roméo et Juliette continuait leur périple amoureux, cette fameuse nuit me revint en mémoire, un souvenirs noir. Il fallait bien que l’un de nous deux meurt un jour où l’autre mais aucun de nous deux n’avait prévu que ce soit aussi tôt. Certainement pas. Je restais quelque peu crispée sur mon fauteuil, je me concentrais sur la pièce faisant abstraction de toutes ces petites veines qui pourrait calmer le trop d’émotion qui arrivait d’un seul coup. Je respirais, humais tranquillement l’air ambiant, il y avait un trop plein de parfum de grande marque qui donnait une odeur un peu trop sucrée à mon goût.

Pourtant cet inconnu à côté de moi avait quelque chose de rafraîchissant, alors que Mercutio tombait dans la poussière de la scène, il semblait prêt à se lever et porter secours à ce poète. Je trouvais ça drôle autant que fantastique, comme quoi les cultures ne sont pas les mêmes partout, je le trouvais étrangement touchant. Il avait quelque de naïf que trouvais admirable, emporté par la pièce, par rapport à cette foule qui, en bas, semblait blasée par la pièce comme s’il s’agissait d’une pièce où chacun devait venir pour paraître, comme on le faisait quand la reine venait s’asseoir dans les places royales. Je trouvais ça méprisable, et méprisant pour la prestation. Personne ne semblait écouter véritablement la pièce, l’espèce humaine est si méprisable, que je préfère vous voir en petit déjeuner, en déjeuner, en goûter et enfin en dîner qu’en être capable de réfléchir. Je regardais la pièce, mais pas avec les même yeux que celui semblait penser que tout ce qui se déroulait sous ses yeux était véritable. Allons restez assis, et écouter la voix des acteurs, écouter l’interprétation, vous sauterez du balcon à la fin pour vous indigner. Mais indignez vous parce que personne ne sait véritablement ce que veut dire Roméo et Juliette aujourd’hui. Car l’amour aujourd’hui ne semble être qu’une étape par laquelle on se doit de passer, et vous serez paria si vous ne trouvez pas mari, femme pour faire de beaux enfants. Je le trouvais amusant, cette désolation dans ce visage, il semblait indigné, témoin d’un crime qui ne fut commis que dans l’écriture de cette pièce. Puis l’entracte. Il me regarda, comme je me devais de lui expliquer, sauf que l’entracte signifiait que nous devions sortir, prendre l’air, apprécier la compagnie des humains. Je souriais, étant donné qu’il ne semblait pas comprendre que nous devions nous lever, alors je croisais les jambes. Le dégarni quitta la corbeille, j’eus la terrible envie de lui ordonner de ne pas revenir, je n’aime pas sa compagnie. J’attendais que les gens soit sortis, mais j’avoue prendre un malin plaisir à le regarder presque me supplier pour une explication, mais j’estimais pourtant qu’il devait rester dans cette émotion pour continuer la pièce. Mais ce serait fort cruel de le laisser dans ce désespoir. Regardons les choses en face, il serait raisonnable de lui expliquer, je n’avais aucune envie qu’il s’indigne haut et fort durant la pièce se couvrant de ridicule. Car de nos jours, peu de personne ne savent pas qui sont Roméo et Juliette, évitons une humiliation évitons les rires gras des hommes.

- Non personne n’ira au secours de Mercuto, ni même condamner Roméo pour la mort de Tybalt. Restez assis. Ne vous inquiétez, si le sang avait été versé de manière aussi abondante, je ne serais plus sur ce siège … Ne soyez pas victimes des railleries humaines simplement parce que vous n’êtes pas un humain. Ne leur faîtes pas ce plaisir, et ne me faîtes cette honte.

Je souriais.
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MessageSujet: Re: Romeo + Juliet   Jeu 16 Déc - 18:39

"Lui faire honte ?"

Qu’est-ce qu’est la honte ? Stan le savait. On le lui avait enseigné à diverses reprises. La honte est le sentiment pénible qu'excite dans l'âme la pensée ou la crainte du déshonneur. L’opprobre, l’humiliation qu’on subit ou qu’on fait subir à quelqu’un à cause d’un comportement en dehors de la norme ou qui crée la confusion. L’Etre de l’Eau n’ignorait pas qu’il était souvent à l’origine de situations porteuses du sentiment de honte pour les gens de son entourage qui l’accusaient souvent de manquer des manières droites et correctes qui étaient les leurs. Tout le monde donnait toujours l'impression de tout savoir beaucoup mieux que lui, et comme Stan ne savait pas et qu'il n'était pas gêné par son ignorance, il leur donnait volontiers raison. Ainsi étaient-ils, eux, les éduqués et les intelligents, lui, le sauvage et l'ignorant.

Stan avait connu toute sorte de hontes. Lui-même ne la ressentait jamais parce qu’il avait été élevé sans égard pour le jugement des autres qui l’aurait empêché de vivre comme il l’entendait. Le vieil homme lui avait appris qu’on ne devait jamais avoir honte de rien. Pour remplacer ce sentiment désagréable, l’indulgence était une meilleure servante. Elle rendait l’âme plus belle. Stan voulait avoir une belle âme même s’il ne savait pas à quel endroit de son corps l’âme se situait. Il savait cependant respecter que, dans la société de la jeune femme aux bottes noires, subir la honte d’autrui était un embrassement insupportable. Or, Stan ne voulait rien transmettre qui pût être insupportable aux autres. Il ne ferait donc rien qui provoquerait la honte de la jeune fille, par respect pour ses croyances à elle.

Les siennes, de croyances, étaient autres. Stan partageait le sentiment de Roméo, à cet égard, et comme Roméo, il n’aurait pas eu honte de détonner, ou d’éprouver de l’attachement pour la fille de ses ennemis, il n’aurait pas eu honte de se faire battre par son ennemi si, en refusant de se battre, il avait pu ramener la paix entre les deux familles.

Il se souvenait des prémisses de l'épisode qui l’avait rendu si triste :
TYBALT. - Roméo, l'amour que je te porte ne me fournit pas de terme meilleur que celui-ci : Tu es un infâme !
ROMÉO. - Tybalt, les raisons que j'ai de t'aimer me font excuser la rage qui éclate par un tel salut... Je ne suis pas un infâme... Ainsi, adieu : je vois que tu ne me connais pas.
TYBALT. - Enfant, ceci ne saurait excuser les injures que tu m'as faites : tourne-toi donc, et en garde !
ROMÉO. - Je proteste que je ne t'ai jamais fait injure, et que je m’arme d'une affection dont tu n'auras idée que le jour où tu en connaîtras les motifs... Ainsi, bon Capulet... (ce nom m'est aussi cher que le mien), tiens-toi pour satisfait.
MERCUTIO. - ô froide, déshonorante, ignoble soumission !
Roméo avait été jusqu’à se laisser rouer de coups par Tybalt lorsqu’il lui avait dit qu’il éprouvait le même attachement pour son nom (que partageait Juliette) que pour le sien. Dans cette scène, d’ailleurs, Mercutio avait beaucoup déçu Stan. L’ami de Roméo n’aurait jamais du éprouver de la honte à la place de son ami... il n’en serait sans doute pas mort s’il avait accepté de ne pas y accorder d’importance.

Le vieil homme avait raison. L’indulgence aurait sauvé la vie de Mercutio. Elle est meilleure complice que la honte qui avait précipité le trépas de Mercutio. Ironiquement, Roméo avait finit par tuer Tybalt pour venger la mort de son ami.
ROMÉO, seul. - Donc un bon gentilhomme, le proche parent du prince, mon intime ami, a reçu le coup mortel pour moi, après l'outrage déshonorant fait à ma réputation par Tybalt, par Tybalt, qui depuis une heure est mon cousin !... ô ma douce Juliette, ta beauté m'a efféminé ; elle a amolli la trempe d'acier de ma valeur.
Cette histoire était triste.
Dès le début, les chœurs avaient prévenus mais Stan n’avait pas compris. Maintenant, il comprenait.

La salle était devenue si vide que même le mot vide ne savait plus remplir ses quatre lettres.
Comme eux, quelques personnes étaient restées sur leur siège pendant que tous les autres étaient sortis. Finalement, Stan se dit qu’ils avaient eux aussi beaucoup souffert et trouvé l’histoire insupportable. Peut-être étaient-ils allés chercher de l’aide contrairement à ce que disait la jeune femme.

Stan écouta le conseil de sa voisine et resta assis. Elle ne paraissait pas inquiète. Elle avait même l’air confiant. Elle avait dit qu’elle ne serait pas restée sur son siège si le sang avait coulé plus abondamment. L’Etre de l’Eau en déduisit qu’elle se lèverait si quelqu’un sur "le début de la pièce" dépassait les bornes. Elle n’avait pas l’air très costaud mais elle avait l’air sûr d’elle.

- Je ne ferai rien qui abattra la honte sur nos deux... maisons,
sourit-il difficilement en faisant référence à la malédiction que Mercutio avait prononcé à l’encontre des Capulet et des Montaigu. Mais je n’aime pas beaucoup qu’ils s’entretuent au lieu de chercher des solutions. C’est... tragique. Quelle que soit la matière dont est faite l’amour, n’est-ce pas une chose qui semble tendre et douce et qui devrait être gratifiée avec autant de tendresse et de douceur ? Je ne sais plus trop bien si l’amour qui unit Juliette et Roméo est une bonne ou une mauvaise chose à compter qu’on tue pour lui plus qu’on ne donne la vie.

Des gens revinrent après dix minutes. Ils se rassirent à leurs sièges sans que les femmes aux grands sourires ne viennent cette fois leur prendre leurs petits billets déchirés en deux. L’homme qui était à la droite de Stan ne revenait toujours pas.

Les lumières des lustres du théâtre étaient toujours allumées et le rideau était toujours baissé. Le bruit et les criailleries étaient de retour.

Pour se changer l’esprit, Stan changea de conversation.
Il se rappela qu’en premier lieu il était ici pour trouver des informations sur le travail. Roméo et Juliette lui avaient fait oublier son objectif. La jeune femme avait l’air de savoir beaucoup de choses. Peut-être saurait-elle aussi ce qu’il faut faire pour trouver du travail.

- Vous travaillez ? se renseigna-t-il d’abord.





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MessageSujet: Re: Romeo + Juliet   Ven 17 Déc - 12:07

Alors que la salle était vide, je me prenais à me projeter dans le futur. Ce que je n’avais pas fait depuis la mort d’Henry. Je n’aimais pas me projeter dans l’inconnu, c’était terrifiant, et j’aimais vivre au jour le jour, ne pas véritablement savoir ce que je ferais le lendemain, par mon travail je pouvais vivre libre. Mon travail de pianiste me laissait assez de temps pour profiter de ma terrible immoralité, cadeau aussi beau qu’empoisonné, car la vie aussi longue puisse t-elle être est une torture lorsque l’on est seule, bien heureusement je ne suis pas devenue aigrie comme le sont devenue certaine de mes connaissances vampires. Je n’ai que très peu de lien avec les gens, depuis cette perte. Je ne me complais pas dans le langage, ni même dans la compagnie des gens surtout si celle ci m’est insupportable. Je n’aime pas la superficialité de la vie des gens, même si la mienne me le semble. Je restais le regard vide sur ma chaise, cet entracte me semblait bien long assez que pour les spectateurs humains oublient où nous étions rendu dans la représentation. Il y a des choses belles dans la vie, et l’homme ne le voit pas. Sa vision est réduite et son esprit étroit. Dois-je véritablement les haïr, je ne les hais pas je les méprise pour leur existences. La mienne est futile car elle n’a pas de véritable but, je n’ai pas de but, je ne recherche pas la gloire, je ne recherche pas la reconnaissance de mes pairs, car les seuls personnes qui assistent à mes concerts de piano sont des humains et leurs estimes ne m’atteint pas, fugitive comme elle est. Alors je me demande pourquoi ils viennent si ce n’est que pour parader dans de nouveaux atours, afin de faire la cour. Je regarde autour de moi, on dit que les époques font que les choses évoluent, il y a des choses qui ne changent pas surtout chez les hommes, rien de n’évolue, elles varient.

Il parla. J’écoutais reportant mon attention sur cet personne qui me semblait toujours aussi perdu malgré mon conseil de rester assise. C’est tragique en effet. Mais c’est la même ce que cherchait l’auteur, la tragédie de l’intolérance qui entraîne la mort de deux enfants. Les enfants ne sont que les mimes de la haine de leurs parents. Il semble tellement touché par cette mort. Il en était presque attendrissant. Je souriais, il ne semblait pas avoir compris que ce n’était pas un véritable meurtre et que l’odeur du sang m’aurait bien trop torturée pour que je ne laisse le sang couler sans y goûter ne serait qu’une goûte. Il semblait hermétique depuis que Mercutio était tombé sur la scène. Puis il parla de l’amour comme une chose qui était sensée donner la vie plutôt que de la prendre. Je trouvais ça beau, je respectais son avis, mais pour l’avoir vécu, l’amour à ses raisons que la Raison ignore, nous ne sommes pas maîtres de nos pulsions, et sous l’effet de cette pulsion, sous l’effet de l’envie de vivre un amour éternel et immortel Roméo et Juliette ont satisfait cette envie. L’un ne peut pas vivre sans l’autre. C’est beau, mais c’est faux. L’un peut vivre sans l’autre, mais le survivant ne trouvera pas le bonheur si son attachement était fort.

- L’amour n’est pas raisonnable. C’est tragique, mais malgré la tragédie de l’histoire n’y voyez pas la beauté ?


Il restera prisonnier de son amour qui sera alors une prison. Je suis prisonnière de mes passions passées et de mes souvenirs. Je m’y complais, je ne m’en plains pas. Je décroisais mes jambes et respirais l’air ambiant. Je soupire. Il me pose une question. Décidément, il parle énormément. Je commence à avoir soif. J’attendrais la fin de la pièce pour me restaurer, loin des regards ou près, cela ne me dérange guère, car les bêtes sauvages n’ont que faire de l’avis des gens. Je fermais les yeux, passait ma main sur ma gorge, et mordait ma lève inférieure. Il me demanda si je travaillais. Je trouvais cette question bien en dehors du contexte, mais j’y répondrais. Voilà longtemps que je n’ai parlé avec des gens qui semblaient avoir de l’esprit aussi différent soit il. Je ne répondis pas tout de suite. J’aime le silence de la salle, mais il ne dure qu’un instant car déjà ils rentrent tous après s’être grassement restauré, ils sont heureux d’avoir mangé, cela se voit sur leur visage. Ils ont le ventre plain et le cœur qui bat plus vite. Ils sont beaux les humains quand ils ont mangé, ils sont heureux. Le ventre plein et l’esprit à la digestion. Pitoyable, revoyez vos priorités.

- Je suis pianiste, mon prénom est Cieran.

Imaginez seulement un instant que je saute dans la foule et que je croque dans un des humains. Ce serait amusant. Mais certainement pas pour cet être de l'eau.

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MessageSujet: Re: Romeo + Juliet   Lun 20 Déc - 19:36

- De la beauté ?

Qu’est-ce qu’était la beauté sinon un lever de soleil sur les collines parfumées de rosée ? Ce pouvait-il que le tragique renferme de la beauté ? Stan ne trouvait beau que ce que ses yeux pouvaient voir. Les objets, les effets de la nature. Il n’avait encore jamais appris à appliquer le concept de la beauté à des évènements ou à des sentiments, à l’impalpable et l’immatériel, à autre chose qu’à des objets ou parfois à des personnes.

Il réfléchit un instant à ce qui pouvait être beau dans les affrontements dont il venait d’être témoin. Toutes ces personnes étaient guidées par des passions extrêmes qui les amenaient à agir sans réflexion. Etait-ce beau de voir mourir son meilleur ami ? Etait-ce beau de ne pas pouvoir être avec la personne à laquelle on tenait ? Etait-ce beau de manigancer, de mentir, de parader ? Etait-ce beau d’être aveuglé par ses sentiments au point d’en perdre la raison ? Et ce personnage qu’on appelait amour et qui était là sans être visible, était-il beau, était-il bon, de rendre toutes ces braves gens aussi belliqueuses ? On se battait pour l’amour mais l’amour se battait-il pour eux ?

Non... non... si la jeune femme posait cette question, c’était parce qu’il devait y avoir de la beauté quelque part. Mais Stan eut un mal pas possible à le concevoir. Il changea de méthode et se força à voir ce qui était beau dans ce qu’on ne voyait pas de toutes ses deux pupilles grandes ouvertes.

Il regarda la demi-pièce qui était en contrebas et se rappela ce qui s’y était dit. Beau... beau... beau ? Non... il n’y arrivait pas. La salle du bal était belle, Juliette était belle, Roméo était beau, les fleurs et les dorures étaient belles... il n’y avait de beau que ce qui était visible... car dans ce qu’il ne voyait pas, il n’avait vu que tuerie et méchanceté...

Sauf peut-être l’amitié de Mercutio pour Roméo. Si cette amitié devait être comparée au visible, elle était aussi fuitée et pétillante et qu’une cascade de soleil dans les branches des saules pleureurs. C’était beau. Mais l’amitié qu’on ne pouvait voir, même avec des grands yeux ouverts et en parfait état de marche, était belle. Est-ce que ce qu’on appelait amour n’était pas fait de la même étoffe ? Il n’était pas visible parce qu’il était présent et unissait ces gens. Ainsi Roméo et Juliette, à cause de l’amour, étaient prêts à toutes les folies... voire même à mourir pour le consacrer. Etait-ce beau ou simplement fou ?

Stan ne sut quoi dire. Ses sentiments n’étaient pas éveillés à de tels concepts. A l’amour, à la beauté, à ces choses qu’on ne voit pas mais qu’on ressent. Stan ressentait le chaud, le froid, le danger, le bonheur. Pour le reste, il ne savait pas. Pour rattraper son manque d’inspiration, il convint de confier ses dernières pensées à haute voix, en regardant la jeune femme qui ne tarda pas à se présenter :

- Je ne sais pas ce qui est beau dans l’atrocité mais votre patience avec moi est plus belle que dix meurtres qu’on commet au nom de l’amitié.

Elle jouait du piano et elle s’appelait Cieran. Stan avait toujours pensé que le piano, comme celui qui trônait au milieu du salon des Shield, était un instrument dont on se passionnait et non qu’on pût en tirer un bénéfice marchand. Si l’on pouvait faire un métier de ses passions, cela ouvrait des perspectives nouvelles aux yeux de l’Assassymbe. Il se passionnait des gens, mais il était sans doute compliqué de se mettre à vendre des gens comme on vendait sa musique. Il se passionnait de la nage, de la mer et des espèces marines. Existait-il un métier qui puisse le faire vivre cette passion ? Il savait aussi chasser les murènes et les requins. On appelait ça pêcheur. Cependant Stan ne le faisait que par jeu. Il était incapable de tuer une autre espèce pour s’en nourrir. Stan mangeait des fruits et des végétaux. Il avait encore beaucoup d’autres passions comme jouer avec les arbres ou son ombre, marcher dans la neige et courir dans les plaines. Mais comment transformer ces plaisirs en métier ? La partie était loin d’être gagnée. Parmi ses passions, il n’en connaissait aucune qu’il put utiliser pour en faire un travail.

- Je m’appelle Stan, dit-il par souci d’égalité et échanger son prénom avec celui de la jeune fille.

Ce qu’elle venait de lui révéler le laissa songeur. Il se contenta de lui dire :

- Je ne suis que Stan. Je n’ai pas de métier. J’en cherche mais je ne sais pas encore pour quoi je suis fait.

Devant eux, le rideau se rouvrit. Le silence revint aussi vite qu’il était parti. L’homme à côté d’eux n’était toujours pas revenu. Stan regardant derrière, en haut de l’année de la corbeille, l’homme était là, assis sur des marches. Il avait eu bien trop peur du regard de Cieran. C’était l’heure de se taire. Le cœur de Stan se mit à battre... il avait peur lui aussi. Peur de ce qui allait arriver à Roméo et Juliette.

L’histoire reprit.
Juliette pardonne à Roméo d'avoir tué l'un de ses parents. Ils chantent tous deux leur amour pendant la nuit de noces. Roméo desserre soudain son étreinte lorsqu'il entend l'alouette annoncer le jour. Juliette refuse d'abord de le croire, mais elle prend ensuite conscience de la réalité. Ils réalisent qu'ils doivent se séparer avant d'être découverts ensembles. Peu après le départ de Roméo, Capulet, Gertrude et frère Laurent entrent dans la chambre. Capulet annonce à Juliette que le dernier souhait de Tybalt était de voir Juliette épouser Pâris et que ce mariage est déjà arrangé. Juliette est au désespoir. Lorsque son père quitte sa chambre, elle dit à frère Laurent qu'elle préférerait mourir plutôt que d'épouser Pâris. Il suggère une ruse grâce à laquelle elle pourra s'échapper avec Roméo. Elle devra boire une boisson qui lui donnera l'apparence de la mort. Les Capulet transporteront son corps au tombeau familial, où Roméo la retrouvera. Juliette accepte ce plan. Elle fait appel à tout son courage. Une vision de Tybalt ensanglanté la fait hésiter, mais elle vide finalement la fiole. Une salle magnifique chez les Capulet. Juliette entre au son d'une marche nuptiale. Les invités lui présentent leurs meilleurs voeux et lui offrent des cadeaux de mariage, mais au moment où Capulet lui prend le bras pour la faire entrer dans la chapelle, elle s'effondre. A l'horreur générale, Capulet s'écrie que sa fille est morte.
Son cœur bondit, se frustra, se cramponna à sa poitrine et pleura.
Les mains de l’Etre de l’Eau était enfoncées dans les bras du siège. Il s’était promit de ne pas intervenir et de laisser les personnes d’en bas dérouler leur querelle sans jeter la honte sur Cieran.
Frère Laurent apprend d'un autre moine, frère Jean, que Roméo n'a pas reçu la lettre lui expliquant la ruse parce que son page a été attaqué. Frère Laurent demande à Jean de trouver un autre messager. Après un interlude instrumental destiné à dépeindre l'état de Juliette, Roméo apparaît.
L’ultime instant arriva... Juliette mourait pour de faux. Roméo mourrait pour de vrai et, dans un souci d’égalité, Juliette mourut pour de bon. Stan était atterré. Immobile, les yeux grands ouverts sur la demi-pièce.
Croyant Juliette morte, il boit le poison qu'il portait sur lui. A ce moment, elle s'éveille et ils chantent leur amour. Roméo lui dit qu'il vient d'absorber un poison fatal. Alors qu'il s'affaiblit, Juliette dévoile un poignard caché dans ses vêtements et se frappe. Dans un effort final monumental, Roméo et Juliette en appellent à la clémence divine avant de mourir.
Stan se tordit de toutes les douleurs et s’indigna jusqu’à en être à bout de souffle. Il regardait, impuissant, les deux familles qui promirent de se réconcilier pour honorer la mort de leurs deux enfants.

Le rideau tomba. Les lustres se rallumèrent.

Stan n’avait jamais pleuré. Pourtant, sur sa joue, une larme se mit à couler. Une larme violette, comme celles des êtres de son ethnie. Ses yeux, stupéfaits étaient encrés à la scène. Ses épaules, affaissées, soutenaient avec difficulté le poids de sa tête pleine.

Pourquoi pleurer ? Il ne savait pas qu’il renfermait autant d’empathie. Il pleurait parce qu’il comprenait la douleur de Roméo et de Juliette. L’un sans l’autre, l’amour qui les liait était imparfait. Ils ne devenaient que la moitié de rien du tout si l’autre n’existait plus. Etait-ce beau ? Etait-ce fou ? Il ne savait qu’une chose : c’était douloureux.

Soudain, les rideaux se rouvrirent.

Alignés les uns à côté des autres, toutes les personnes de l’histoire, même Mercutio, même Tybalt, même Roméo et même Juliette, se tenaient debout, mains dans la mains tous autant qu’ils étaient. Ils se penchèrent en avant et souriaient à n’en plus finir. En vie et victorieux. Les gens de la salle se levèrent pour les applaudir. Des femmes au premier rang leur jetaient des bouquets de fleurs. Stan était stupéfait.

- Tout cela n’était qu’un mensonge, murmura-t-il pour lui-même en restant assis.

Mais l’histoire de Roméo et de Juliette étaient encore dans son cœur et gouvernait la mélancolie de l’Assassymbe qui restait toujours assis, sans bouger, sans applaudir. Sans plus parler.

Ce pouvait-il que tout le monde ici sache depuis le début que tout cela n’était qu’une farce blessante ? Cela expliquerait la façon dont ils étaient tous restés assis. Ils savaient que tout cela n'était qu'un mensonge. Lui avait été assez stupide pour s'imaginer que tout était vrai.

Complètement perdu et à fleur de peau, Stan se leva de son siège est remonta l’allée à grandes enjambées. Sans le faire exprès, il bouscula sur son passage le pauvre homme qui avait changé de place. Il courut jusque dans le couloir et se laissa tomber le dos au premier mur qu’il trouva, les bras repliés sur ses genoux et son front posé dessus. A l’intérieur de la salle, il entendait les acclamations et les applaudissements qui n’en finissaient pas. Il avait l’impression d’avoir ressenti tout ce qu’ils avaient joué. Puis d’avoir été abandonné avec ces émotions étouffantes sans trop savoir qu’en faire.
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MessageSujet: Re: Romeo + Juliet   Jeu 6 Jan - 15:45

[HRP : Désolée c'est court et en retard. je ferais mieux la prochaine fois. ]

Non, tout ceci n’était pas un mensonge. Ou alors toute notre vie est un mensonge. J’aimais son incrédulité face à tout ceci, il y a des choses qui rafraîchissent, un homme qui ne savait pas comment prendre la fin d’un pièce et le retour des acteurs censés être mort me semble rafraîchissant. Il s’appelait Stan, il n’était pas humain. C’est tout ce que je savais. Et que savait il sur moi ? Que je m’appelais Cieran, et que j’étais pianiste, j’avais fait de ma passion un métier, je n’ai jamais regretté de ne pas faire un métier cérébrale comme m’avait dit ma mère à l’époque, il y a longtemps. Voilà longtemps que j’étais pianiste et que j’avais l’expérience de l’âge sans les désavantage liés à l’âge. Je suis un vampire, le temps est mon allié, du moins c’est ce que beaucoup de vampires pensent et que beaucoup d’humains pensent dans leur imaginaire trop imaginaire. Nous ne sommes pas beaux véritablement, nous sommes une illusion du temps, le temps ne nous touche pas physiquement, mais quelle arme face à notre psychologie. Nous grandissons sans vieillir, nous n’évoluons plus, nous ne sommes plus des hommes, nous sommes entre deux, ni vivants ni morts. Il parlait de ma passion, il parlait de ma patience. Je suis patiente parce que je vieillis, parce que j’aime Roméo et Juliette. Ce que j’aime ici, c’est ce calme apparent, alors qu’ils pensent tous à la même chose.

Tout cela était un mensonge déclara t-il. Je soupirais, applaudissait en souriant. C’était une bonne interprétation. Il se leva et partit. Les hommes sont impulsifs, et je trouve ça fort drôle. Mais entre nous, il faut savoir tempérer ses pulsions. Alors que les gens commençaient à se lever, je restais assise, je n’avais pas du tout envie de voir des pleurs et des pleurs et des pleurs. Je n’aime pas véritablement consoler, car je n’ai pas été consoler et même, je ne le souhaitais pas, je voulais me complaire dans mon spleen. Je me levais enfin, sans me presser après tout, j’ai toujours eu tout mon temps. Je n’ai pas l’ambition de le retrouver, s’il ne voulait pas d’explications c’était son problème, moi je n’ai pas pour vocation de retrouver les gens, je ne chercher pas. Il n’y a pas de hasards, mais si le destin le veut alors je l’aiderais. Allons, allons, il ne faut faire un fromage de tout ceci. Il y a tout de même beaucoup plus grave. Mais j’imagine que c’est compliqué de gérer un trop plein de sentiments. Je pris mon manteau en fourrure, passait les manches, attrapais mon joli sac en cuir et quittais les lieux repensant à cet homme, du moins ce non-humain et je haussais les épaules. Non aucune envie de le chercher, je suis curieuse, mais je suis aussi un peu fatiguée. Alors que je marchais dans le couloir, je vis un boule de forme humaine non-identifiée, je reconnu très vite l’homme qui avait assisté à la pièce avec moi. Je continuais à marcher vers lui puis m’arrêtais devant lui, soupirais. Je restais de marbre. Attendant qu’il se calme et qu’il puisse me parler sans laisser sa voix influencée par son trop pleins d’émotions. Il n’y a rien de mieux que la nourriture sucrée pour soigner ce genre de chose. Je n’ai goût de rien, mais j’aime les gâteaux, j’aime leurs esthétiques. Et puis je pense que je lui dois quelques explications, sinon, j’ai peur qu’il ne frise la dépression nerveuse.

- Allez relevez vous, vous n’allez pas rester contre ce mur, il n’a aucunement besoin de vous vous tenir. Suivez moi, je vais vous expliquer. Ce n’est pas un mensonge c’est un divertissement, allez venez, je n’aime pas me répéter.

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MessageSujet: Re: Romeo + Juliet   Jeu 20 Jan - 18:23

Stan était tellement accablé de se rendre compte de la méprise qu’il avait faite, qu’il se laissa entraîner par Cieran sans opposer de contraintes. Sa tête avait choisi de vaquer à des questionnements et des argumentations dont il était incapable de suivre les raisonnements. La cruauté des passions humaines et la manière dont ceux-ci étaient capables de les reproduire comme un mirage parfait, le laissait pétrifié. Ils avaient donné de l’argent pour qu’on se paye leur tête, réalisa-t-il en marchant dans les couloirs du théâtre. Quel genre de peuple était-ce ? Il se laissa porter par ses jambes qui connaissaient bien leur travail. C’était heureusement car sa tête était toujours embuée d’interrogations et de doutes qu’il ne parvenait pas à résoudre. Tout allait tout seul, sans lui, sans son avis. Il regretta de ne pas faire assez souvent peser son avis dans ce qui se passait autour de lui. Bientôt, il apprendrait. Il apprendrait aussi à donner son opinion. Il ne savait pas encore comment ou si même il l’avait déjà fait, mais il se donnerait ce droit.

Il gardait bon espoir d’entendre Cieran démystifier les sentiments contradictoires qui se bousculaient dans sa poitrine. La Beauté de Roméo et Juliette mettait des claques au Mensonge de la mort, les acteurs s’avançaient tout au bord de sa mémoire pour balancer des répliques dont Stan s’était souvenu, l’homme gras et chauve toussotait nerveusement et finissait par mettre des coups d’épée dans la Honte, comme un dragon, l’Amour volaient avec l’acteur de Roméo sur son dos, l’Amour jetait des flammes terribles sur les Certitudes et tout à coup Juliette arrivait en chemise de nuit et combattait les Préjugés... non, vraiment, la tête de Stan était un véritable calvaire. Ses tempes battaient encore du sang qui lui était monté.

Ses yeux regardaient sans contempler, ses mains balançaient sans danser, ses pieds avançaient sans voler. Plus rien n’allait.

Quand il releva la tête, fatigué de ce qu’elle était vraiment très lourde de questions, ils étaient dans la rue. Quelques spectateurs fumaient des cigarettes et discutaient joyeusement de la pièce. L’oreille de Stan se tendit sans trop de motivation et chaparda au vol les paroles enjouées d’une femme. Il ralentit le pas et s’arrêta à quelques mètres d’eux.

- Il était bon ce Roméo ! C’est la première fois que je vois l’interprétation de cet adolescent menée avec autant de fougue et d’arrogance ! Alors que c’est quand même ça aussi la pièce ! Roméo et Juliette sont des ados. Ils sont guidés par leurs hormones ! Leur attirance est physique et bestiale. Il ne faut pas oublier que Shakespeare était très coquin ! Franchement, fabuleux ! La mise en scène, le décor, les costumes... Mercutio aussi m’a convaincu. Et toi Jack ? Qu’est-ce que tu en as pensé ?

Le Jack en question écrasait son mégot sur la chaussée, sous ses semelles qui crièrent de douleur d’avoir été si douloureusement brûlées. L’homme n’entendit pas le cri de la rencontre du mégot avec sa semelle mais il entendit la question de sa partenaire et il y répondit avec moins d’enthousiasme que la jeune femme :

- Je suis d’accord, les acteurs n’étaient pas mauvais... Juliette minaudait un peu trop à mon goût mais au moins, il y avait une proposition. Par contre, je ne suis pas d’accord avec toi. La mise en scène était à chier. Trop classique. Pour une pièce de théâtre écrite il y a plusieurs siècles et qu’on a vue et revue des centaines de fois, le metteur en scène aurait pu se libérer de certaines contraintes quand il a dirigé les acteurs. Même chose pour d’autres choses comme les costumes, le décor parqué dans un peu trop de réalisme. C’est une histoire qu’on peut raconter de tellement de façons différentes... Enfin, c’était vraiment poignant, ça m’a retourné le cœur la scène finale. Pourtant, on connaissait la fin.

- J’avoue, moi aussi. C’est agréable qu’un texte si célèbre parvienne encore à raviver nos émotions.

- C’est vrai... aller, on va boire un verre et je te raccompagne après.


Les écoutant encore parler Stan haussa les sourcils. En voilà une autre découverte de taille !

"Ils prennent tant de plaisir à commenter leurs points de vus... à partager leurs goûts, leurs émotions et ce que ça leur a fait... ils ont aimé la douleur et le cadre dans laquelle elle a été jouée."

Tout était inexorablement fait exprès pour reproduire le texte de Shakespeare en grandeur nature. Il y avait quelqu’un qui s’appelait le metteur en scène et qui avait l’air d’avoir décidé de raconter l’histoire. Les autres, les acteurs, avaient appris un texte écrit à l’avance pour joeur cette histoire selon les directives du metteur en scène. Les lumières, les ballets des décors et la position des personnages... tout avait été prémédité.

L’Etre de l’Eau regarda le couple s’en aller bras dessus et bras dessous vers un petit pub qui faisait le coin de la rue. Jusqu’à ce qu’il disparaisse, il n’avait pas bougé. Il avait même oublié la présence de Cieran à ses côtés.

Lorsqu’il se souvint qu’il était dans la rue, qu’elle était dans la rue et que la rue était encore là, autour d’eux, il sourit à la jeune femme :

- Je n’ai rien compris, s’accorda-t-il enfin de révéler. Peut-on réellement dégager du plaisir à regarder se dérouler une histoire aussi triste ? Pourquoi cherche-t-on à raviver des émotions aussi douloureuses dans le corps ?

Et parce que Stan pouvait facilement passer d’une idée à l’autre sans oublier la première idée, il ajouta sur le même ton :

- J’ai faim, Cieran.

Il ne disait rien d’autre. Il avait faim. Selon l’interlocuteur, cette simple phrase pouvait engager un grand nombre de possibilités des plus simples aux plus inimaginables.

Le plus souvent, l’humain répondait : « Tu veux manger quelque chose ? » Stan, en lui, pensait mais ne disait pas que le propre d’avoir faim était de faire disparaitre ce manque en le comblant. Donc, oui, il avait envie de manger quelque chose. La raison pour laquelle on lui posait cette question en retour lui avait toujours échappée mais il y répondait toujours d’un hochement de tête sans souligner l’inutilité de la question. Parfois l’humain disait : « Moi aussi ! Je connais un endroit génial ! » Pour cette réponse, Stan ne réagissait pas. Il se laissait guider car lui ne connaissait aucun endroit qui soit génial à part les fonds sous-marins mais les humains ne savaient pas manger sous l’eau.

Est-ce qu’à cette question, une femme vampire répondait : « Moi aussi et je vais me faire le petit couple charmant qui vient de passer. » Stan ne savait pas. Il ne connaissait pas plus les vampires que leur étrange habitude nutritive. Il savait une seule chose : ce n’était pas bien de manger un être vivant. Toutefois, les humains le faisaient quotidiennement... aurait-ce été différent qu’une créature comme le vampire les mange comme eux mangeaient les autres animaux ? Peut-être qu’un jour Stan trouverait la réponse à cette énième interrogation. Pour l’instant, elle n’était pas de rigueur puisqu’il n’avait aucune idée de ce qu’était la femme au pendentif en face de lui.


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