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 Les voies du Seigneur

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Sham Alasdair McBrashen
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MessageSujet: Les voies du Seigneur   Lun 8 Nov - 20:13

Octobre 2012

Dix minutes déjà que je bataillais avec cette foutue cravate.
Je refusais de m'avouer que ma nervosité tenait plus au rendez-vous de cette après-midi qu'à mon incapacité latente à accomplir ce geste simple du quotidien au masculin.

Indéniablement, aujourd'hui était un jour à cravate. Je ne savais pas si c'était à trop étudier les voies impénétrables de la diplomatie moldue ou à passer la moitié de mon emploi du temps auprès d'un haut responsable de la communauté magique en guise de stage validant mon cursus, mais j'en étais venu à prendre des habitudes que ni mes parents ni Poudlard n'avaient pu m'inculquer. Arborer un costume trois pièces pour une première rencontre officielle avec ma toute nouvelle Soumise. J'en portais déjà un lorsque le lien avait été créé, il y a de ça quelques semaines.
Non, nous ne nous étions pas recroisés depuis lors.
Dire que je ne débordais pas d'enthousiasme à l'idée de jouer au Soumetteur en plus de mes rôles d'étudiant attardé, de père de remplacement et de colocataire réconfort était un euphémisme. Mais la volonté d'Ethan avait cette fâcheuse habitude de venir à bout de tous mes préjugés. La volonté d'Ethan et l'obstination d'Alice. Son credo faisait écho à un "Ce qu'Ethan veut, Alice le veut", et, par extension "Sham le veut". Ca foutait un sacré coup de poignard à ma subjectivité mais cette même subjectivité s'était depuis longtemps à moitié dissoute dans le bon vouloir d'Alice.
Oui, je manquais de motivation. Et oui, mon emploi du temps n'était pas aussi pliable et étirable que l'Opposition aurait aimé à le croire. La guerre en cours n'était pas tout et je tenais à assurer mon avenir, aussi précaire soit-il. Le conflit ne durerait pas toujours. Quelqu'un, quelque chose viendrait y mettre un terme, dans un sens ou dans un autre. Et, si je ne finissais pas dans une forêt d'Etat pour haute trahison et crime contre l'humanité comme certains rumeurs au sein du camp d'Antarès le laissaient entendre, il faudrait que je trouve à quoi occuper le reste de ma vie. Je ne pouvais pas passer toutes mes années à étudier en l'attente d'un diplôme que l'on voudrait bien me décerner. J'avais déjà dû redoubler afin d'obtenir un meilleur dossier où il ne serait pas stipulé que j'étais plus assidu à la sieste qu'à mes cours, pas question de rempiler pour une cinquième année à Poudlard Uni. Sans compter qu'il me restait à m'occuper d'Andrew, d'Alice, subvenir aux besoins de chacun et assurer quelques missions pour le compte de l'Opposition. Sophia était la dernière sur ma liste.

Je vins à bout de cette cravate en ayant l'impression de refermer un nœud coulant sur ma gorge. Enfin, avait-on le choix?

Je confiais Andrew, qui nous avais fait une rechute, à la garde de Maxwell, l'elfe de maison tandis que je quittais la maison avec Alice. La rencontre d'aujourd'hui avait pour but de les présenter, elle et Sophia. Puisque nous allions être amenés à partager nos vies pour un temps, c'était une étape incontournable et le meeting d'aujourd'hui serait déterminant pour l'avenir. Je savais Alice réticente à la simple idée de la présence de la Soumise dans notre vie quand, paradoxalement, elle éprouvait un plaisir pervers à ce que quelqu'un se soumette à notre volonté. Que cette soumission soit un choix ou non ne l'importait que peu.

Nous primes le Clockwork Orange, charmant surnom donné au métro de Glasgow puis finîmes à pied pour rallier Glasgow Necropolis, notre lieu de rendez-vous. Un cimetière, en l'occurrence.

Devant la tombe d'Elizabeth Miles, personne encore. Normal. J'avais pris la précaution d'arriver avec suffisamment d'avance pour ne pas me faire, et c'est le cas de le dire, devancer. J'aimais à pouvoir observer les gens arriver. Leur démarche, la façon même dont ils se plaçaient dans le paysage donnait au regardeur l'opportunité de saisir certains traits de leur personnalité. Or, hormis ce qu'on m'en avait dit et le peu que j'avais pu capter d'elle dans le stress de la dernière fois, j'ignorais tout de Sophia R. Keeblyn. Alice aussi était nerveuse et me transmettait ses sentiments d'une façon dont je ne cherchais même plus à m'étonner. C'est donc moi qui me mis à faire les cent pas entre les tombes, tout en restant suffisamment attentif à ce qui m'entourait pour ne pas rater les premiers pas de la jeune femme dans mon champ de vision. Ou quoi que ce soit d'autre, d'ailleurs. J'espérais seulement que, sans être détendu, notre tête-à-tête se révèle moins pénible que notre première rencontre. Pour ce faire, j'avais prié Ethan, en y mettant toute ma conviction, de nous laisser seuls, Alice et moi, avec notre Soumise. Il nous faudrait du temps pour s'habituer à ce qu'impliquait cette situation et garder Jones comme intermédiaire perpétuel n'arrangerait pas les choses.

Enfin, je la devinai approchant, venant de l'Est. Elle me paraissait moins... Plus... Moins aux abois, peut-être.

*
***
*
Quelques mois plus tôt
juillet 2012

- Elle s'appelle Sophia Keeblyn. Elle nous a posé quelques difficultés. C'est un cas un peu particulier. Tu as lu son dossier?

J'avais lu. Effaré. C'était ça à qui on prévoyait de me lier le temps d'une guerre?
Je ne savais pas trop comment le prendre.
Ethan persistait à dire que c'était un immense honneur qui m'était fait. Que c'était la preuve de la confiance que l'on plaçait en moi. J'aurais préféré une autre forme de reconnaissance. Mais j'étais incapable de résister longtemps à mon mentor.
Pour l'"occasion", j'avais déserté l'Université. Il y a, paraît-il, plus important que les études. Je m'en étais persuadé. Le cours du Pr. O'Hara devrait se passer une fois de plus de moi. Nous nous étions rendu à Londres en portoloin et je me laissais dirigé dans les ruelles grisâtres de la capitale par un Jones sûr de lui, comme toujours. Nous avions pénétré dans un immeuble lugubre dans lequel aucun Moldu n'aurait pénétré de son plein gré. Grimpé les escaliers désuets et répugnants de crasse. Toqué trois coups-deux coups-trois coups à une porte branlante. Pénétré dans un appartement à l'image du bâtiment. Introduit face à une jeune femme défaite.

Sophia Keeblyn.

J'étais resté muet un moment, tandis qu'Ethan échangeait les dernières informations à voix basse avec les geôliers de mademoiselle. De toute évidence, elle ne se joignait pas à nous de son plein gré. De mieux en mieux. Je ne sais pas si c'était le fait d'avoir dû m'occuper d'une enfant depuis plus d'un an ou de par mon caractère mais j'osais un maigre sourire dans sa direction. Je ne savais pas ce qu'on lui avait dit ni ce qu'elle imaginait de moi mais il me paraissait soudain important de ne pas lui apparaître comme un monstre. C'était le moins que je pouvais lui offrir. Nous étions tous deux sur le point de nous embarquer dans une histoire dont nous ne connaissions pas les aboutissants. Je l'avais décidé. Pas elle. C4était à moi de faire ce premier effort.


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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Lun 8 Nov - 22:13

Ce matin-là, Sophia se réveilla avec une migraine abominable. Ça devait être une réaction psychologique par rapport à son programme de la journée. Elle devait partir pour Glasgow afin de rencontrer officiellement celui dont elle était la soumise. Elle l'avait déjà rencontré, mais ses souvenirs étaient très vagues, en fait pour tout dire, elle se souvenait absolument pas de l'avoir vu.

Mais il fallait vraiment qu'elle se lève si elle ne voulait pas rater son train. Elle traversa l'appartement de sa cousine en pyjama et alla prendre son petit déjeuner avec son petit neveu qui en mettait la moitié à côté. Galiena arriva avec l'air parfaitement alerte et, comme à son habitude, déclara que Sophia avait une tête à faire peur. Cela coupa l'appétit de sa cousine et elle fonça à la salle de bain pour se préparer. C'est vrai qu'elle avait une piètre apparence. Les cernes sous ses yeux s'étaient encore plus agrandies et avaient pris une étrange teinte violacée, mais Sophia pouvait les cacher grâce au super-pouvoir que toutes les femmes possédaient : le maquillage. Sa cousine lui avait souvent fait la leçon sur son apparence et Sophia avait accepté que sa cousine lui donne deux trois leçons pour cacher des défauts de peau naturellement. Elle en avait vraiment soupé mais à présent cela lui servait. Le jour où elle l'avait vu, Sophia devait vraiment avoir une tête à faire peur, maintenant elle voulait faire impression. Comme sa mère le lui répétait souvent, avoir l'air élégante et fière ouvrait beaucoup de porte et donnait toujours une forte impression dès la rencontre.

Alors Sophia avait décidé de mettre le paquet. Elle avait claqué l'équivalent d'un mois de salaire en vêtements et joaillerie. Et en contemplant son reflet dans le miroir, elle trouva que le jeu en valait vraiment la chandelle. Elle s'était fait un magnifique chignon, avait chipé des boucles d'oreilles à sa cousine et ses vêtements lui donnaient vraiment un côté aristocratique. Si elle faisait comme le lui avait toujours conseillé sa mère et qu'elle levait son menton en fusillant du regard tout ce qui tombait à sa portée. Elle sourit à son reflet, embrassa son petit neveu qui faillit lui lancer une cuillère de compote de pomme sur son manteau neuf et partit prendre le métro.

Elle aurait pu aller à King's Cross à pied mais elle n'avait vraiment pas le temps de profiter de l'air pollué de Londres parce qu'elle allait rater son train si elle prenait trop de temps. Elle avait prévenue sa cousine qu'elle risquait de ne pas rentrer à la maison le soir et qu'elle ne devait pas se faire de soucis et elle avait retiré un peu d'argent pour essayer de se trouver un hôtel au cas où la rencontre durerait plus longtemps que prévu. Mais honnêtement, elle ne risquait pas d'aller loin avec le peu d'argent qu'elle avait. Avec un peu de chance, elle pourrait se trouver un hôtel bas de gamme au dernier moment. Vraiment avec de la chance. Et si elle continuait à en avoir, elle aurait encore du boulot en revenant, parce que vu le nombre de congés qu'elle demandait à Mike ces derniers temps, c'était un miracle qu'elle ne se soit pas retrouvé à la porte plus tôt. Mike était vraiment un ange descendu du ciel.

Sophia prit donc le métro bondé comme à l'habitude et descendit à la gare pour prendre le train, il fallut qu'elle saute vite fait dans le premier wagon pour ne pas le rater et ensuite elle dut tous les remonter pour trouver son siège. Elle passa l'heure et demie de voyage à jouer à feuille papier ciseaux avec une gamine de huit ans, elle pour être franc, elle s'était vraiment amusée. Elle descendit et récupéré vite fait un taxi avec la désagréable sensation d'être en retard. Elle tendit un nouveau billet au chauffeur pour qu'il accélère, ce qu'il fit avec une grande joie. Sophia en profita pour se refaire une beauté et repasser en boucle ses souvenirs. Elle ne se souvenait pas trop de sa rencontre mais en avait gardé quelques flashs à travers les souvenirs brumeux de sa tristesse.

Mais ce n'était vraiment pas le moment de faire ça, elle venait d'arriver deux rues où elle avait rendez-vous. Un cimetière, quel drôle d'endroit pour une rencontre, mais c'est vrai que pour des sorciers, c'était vraiment commun. Alors ... Pourquoi pas. Elle régla sa course et entra dans le cimetière. Elle s'arrêta à l'entrée de la nécropole pour réajuster ses vêtements et prendre une démarche fière et élégante comme elle s'était longtemps entraîné à le faire. Elle le repéra de loin. Assez grand, carrure athlétique. Il faisait les cent pas devant la tombe où ils avaient rendez-vous, et il y avait une enfant avec lui. Sophia savait de vue qu'elle devait avoir un ou deux ans, elle n'était pas plus grande que son petit-neveu.

Elle continua à s'approcher à pas comptés et très travaillés puis se planta devant eux avec un petit sourire fier qu'elle avait vraiment étudié devant son miroir. Elle se pencha vers la petite fille et avec un sourire beaucoup plus grand et chaleureux.

-Bonjour, je suis Sophia.

◊◊◊

Quelques mois plus tôt

Les souvenirs de Sophia de cette période était très vague. Ce qu'elle savait avec certitude, c'est qu'elle avait froid. Vraiment froid. Elle avait passé des jours dans une espèce de cellule étrange à pleurer la mort de sa famille, encore une fois. Ca faisait maintenant dix mois qu'elle pleurait la mort de ses proches dans les souterrains de l'Opposition. Pleurer pour ce qu'elle avait fait, pleurer parce qu'elle avait survécu alors que les autres étaient morts. Pleurer parce que le monde dans lequel elle vivait était injuste. C'était toujours les meilleurs qui partaient les premiers.
Elle réemergeait de temps à autre, et se perdait dans la contemplation du carrelage qui recouvrait le sol de sa "chambre", composée d'une couchette et de toilettes. Elle avait des entailles de plus en plus profondes chaque jours sur les mains, sur la nuque, dans le dos et sur le bas des cuisses. Nettes, c'était l'œuvre d'humains ou pour être précis de sorcier. Ces cicatrices avaient mis presque un an a se former sur sa peau qui normalement aurait du se réparer d'elle même, elles étaient là et témoignaient de la barbarie dont elle avait été victime

Ce jour là, Sophia était à moitié consciente de ce qui l'entourait. Elle n'avait plus de larmes dans le corps, et il fallait qu'elle conserve le peu d'eau que son corps possédait parce que ses geôliers étaient radins sur l'eau. On lui avait demandé de se lever car on voulait l'emmener autre part, en fait des sorciers l'avaient traîné dans le couloir plus qu'elle n'avait marché et l'avaient fait monter dans une voiture qui avait quitté la planque dans la campagne anglaise pour rejoindre un bas quartier de Londres, dans une maison où ils l'avaient fait entré, ils l'avaient poussé dans une sorte de salon où elle s'était assise sur le plus moelleux des fauteuils qu'elle avait connu depuis dix mois. Elle avait posé sa tête contre l'accoudoir pour se reposer et s'était retrouvée seule dans la salle mais elle entendait et devinaient ses gardiens juste derrière la porte. Les cauchemars l'attaquaient la nuit et elle n'avait pas eu beaucoup de temps pour dormir. Elle devait somnolé jusqu'à ce qu'elle entende des pas résonner dans la salle. Elle avait relevé les yeux sur un homme, celui qui s'était penché sur elle avant qu'elle ne tombe dans les vapes le soir où sa mère avait été assassiné. L'autre par contre, elle ne l'avait jamais vu et il n'avait pas l'air très à l'aise ici. Elle comprenait, elle avait eu le temps d'apercevoir le bâtiment entre ses larmes avant de retourner à ses sombres pensées.

Mais cet homme, ses yeux trahissaient quelque chose, d'indéterminable. Comme s'il était là, tout en ne l'étant pas. Et il releva les yeux vers elle pour lui offrir un sourire, un peu hésitant mais c'était déjà ça. On aurait dit qu'il voulait faire bonne impression à Sophia, ce qui était étrange, car personne jusqu'ici ne s'était donné la peine de lui être agréable. Vraiment personne. Alors, chose qu'elle ne croyait ne plus jamais pouvoir faire, elle soutint le regard de l'inconnu en retenant ses larmes. Elle n'ouvrirait pas la bouche, et même si elle avait l'air d'une petite chose sans défense et blessée, elle ne voulait pas inspirer la pitié.

L'homme, Ethan Jones, se pencha vers Sophia et elle esquiva son regard brun en se concentrant soudainement sur l'examen de la manche du pull qu'on lui avait refourgué. Il parla à l'autre homme, elle n'entendit qu'une rumeur confuse, voilà que son cerveau se remettait à délirer. Cela arrivait de plus en plus souvent, accompagné de fourmillement sous la peau entaillée, comme si cette sensation essayait de sortir pour recouvrir ses blessures. Bon, tout ca pour dire qu'il parlait à l'autre homme et que Sophia n'entendait que des sons informes.




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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Jeu 18 Nov - 19:55

Après ce premier contact visuel, je m'étais détourné, ahuri.

- Merde, Ethan, c'est une gamine...

Son âge était très certainement stipulé dans ce fameux dossier mais j'avais dû passer dessus ou, alors, la réalité ne m'était pas apparue dans toute sa dimension pathétique.

- Et c'est à peine si on s'est occupé d'elle. C'est un être humain, malgré tout.
- McBrashen...


Comprendre: j'étais trop sentimental. Ethan s'était contenté de hausser les épaule,s à la façon d'un "j'y peux rien". Ça n'était pourtant pas son genre de nier ses responsabilités mais je doutais que le groupuscule d'Opposants qui s'étaient occupés de Sophia auraient refusé un ordre direct de sa part. Il n'avait rien fait pour lui porter préjudice mais il n'avait rien fait non plus pour l'en empêcher. Il me lança un regard, me défiant de m'apitoyer. Je n'étais pas là pour ça et faire preuve de trop de compassion ne me mènerait que dans une impasse. Je ne ferais que perdre un peu de mon crédit et je n'avais vraiment pas besoin de ça. Jones ne serait pas toujours là pour me couvrir et consolider ma réputation. Je savais. Je savais.

- Bien. On va pouvoir commencer. Vous autres, sortez!

Comme les larbins qu'ils étaient, les quelques hommes présents dans la pièce, nous laissèrent, sans doute pour aller s'aérer les poumons ou les enfumer un peu plus, le temps d'une pause cigarette. Je ne niais pas que leur rôle n'avait pas été non plus un bonheur sans tâche. Mais il y avait un entre-deux à établir, qui ne leur aurait pas tant coûter.
Passons.
Je n'avais eu qu'un geste en direction d'Ethan, interdit.
Comment? Déjà? Même pas l'ombre d'une discussion ou d'un entretien en tête-à-tête pour se jauger mutuellement. Je n'eus droit qu'à un retour amusé. Je n'étais pas une séance de speed-dating, plutôt le genre mariage arrangé. On avait choisi pour moi et je n'avais plus qu'à me plier. Très bien. Comme toujours, je me fiais aux choix d'Ethan. les enjeux me dépassaient certainement. Après tout, je n'étais pas, moi, dans les petits papiers des dirigeants de l'Opposition. Je n'étais qu'à peine plus qu'un pion, avec un minimum de libre-arbitre. Soupirant mentalement, je m'approchai de la jeune femme et croisai à nouveau son regard. Et révisai mon jugement. Son regard était déjà lourd de toute une vie, lesté par les évènements récents. Je me refusai à éprouver de la pitié.
Elle parut se cabrer devant l'inévitable, comme un mauvais cheval. Je fus pris d'un doute.

- Tu ne vas quand même pas lui jeter un Imperium?
- Nous n'en sommes pas là. Et nous ne devrions pas devoir en arriver à cette extrémité. Sophia va se montrer très coopérative. N'est-ce pas, Sophia?


Une fois de plus, je fus témoin de cette formidable force de persuasion dont il était doté. Le ton juste, le regard franc. Il inspirait la confiance. je ne savais pas ce qui était vraiment à l'œuvre mais la jeune femme sembla se calmer. Momentanément.
Ethan nous fit signe de nous rapprocher. Je m'exécutais docilement, épargnant à Sophia la peine d'esquisser ce geste contre sa volonté. Elle serait bien assez tôt soumise à une autre que la sienne. La mienne. L'Opposant extirpa une baguette de sa poche et je constatai avec stupeur que c'était la première fois que je le voyais en faire usage. d'ordinaire, il était celui qui assistait, menait, décidait. Rarement celui qui agissait. Je n'avais jamais douté, pourtant, qu'il fut un sorcier hors pair.
Il ne demanda rien, ne nous consulta pas. Il leva sa baguette entre nous, nous désigna à tour de rôle et commença à psalmodier des paroles qui m'étaient inconnues.

J'avoue ne pas me rappeler grand chose de ce moment-là. Sous l'émotion ou je ne sais quoi, je fermais les yeux, pour ne plus voir ceux, agrandis par la peur, de celle qui devenait ma Soumise. J'étais lâche mais je ne voulais pas voir ça. Je ne rouvris les paupières qu'une fois que la voix d'Ethan s'éteignit et que le silence devint lourd et inconfortable. Étrangement, je ne sentais rien. Rien du tout. Rien de palpable. Je me sentais le même et le monde était toujours fidèle à lui-même. je ne savais pas à quoi je m'attendais mais certainement pas à cette impression de normalité. Jones prononça encore quelques paroles, sans que je sois capable de déterminer si elles s'adressaient à moi ou à Sophia. Sans doute aux deux. Il y était question d'Obéissance, de punition et d'humilité. Nous étions désormais Opposant et Soumise, lié par quelque chose à la hauteur d'un serment inviolable. Je serais le seul à pouvoir nous en libérer. Et encore,... il fallait supposer que, pour ce faire, il me faudrait obtenir l'aval d'un haut gradé. A n'en pas douter, ce jour n'était pas pour demain.

Je secouai la tête doucement, ne m'adressant qu'à moi-même. A moitié effaré de combien j'avais été incapable de faire comme les autres. J'entrai dans la danse à contre-temps. J'avais rallié l'Opposition au moment du référendum. Je prenais Soumise alors que l'heure était à la libération. N'importe quoi.


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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Sam 20 Nov - 18:05

Sophia n'avait envie que de dormir, que les cris qui résonnaient sans cesse dans sa tête arrêtent de la pousser à accomplir leur vengeance, elle voulait fermer les yeux et ne se réveiller que lorsque le monde aura cessé de lui en vouloir. Et par dessus tout, elle voulait que les deux hommes dans la salle arrêtent de parler pour qu'elle puisse vider sa tête. Parce que la semaine d'insomnie qu'elle avait passé était en train de se faire sentir cruellement, une multitude de tics agitaient sa peau sur plusieurs endroits, ses yeux la piquaient encore plus à cause des larmes qu'elle avait pleuré, elle avait mal à la gorge à force de retenir des bâillements et son esprit se déconnectait de plus en plus du monde réel. Elle n'était pas loin de tomber dans les vapes.

Ne prêtant plus attention aux deux hommes qui discutaient, elle remonta ses jambes sous son menton et posa sa tête contre le dossier dans l'espoir de pouvoir s'assoupir quelques instants. C'était sans compter les deux hommes, ils avaient discuté dans leur coin et au moment où Sophia tentait de dormir, ils venaient la déranger. Et ils avaient l'air plutôt menaçant envers Sophia. Elle se releva immédiatement et essaya de reculer dans le siège dans le mesure du possible, sans succès.

Et quand l'homme qui avait accompagné les meurtriers de sa famille s'approcha d'elle, Sophia entrevit un moyen de répondre à la supplication des voix déchirantes dans sa tête, et peut-être qu'après, elles la laisseront tranquille et elle pourra dormir la nuit. Tout ce qu'elle voulait, c'était de ne plus jamais voir cette porte sortant de ses gonds et se brisant au pied de l'escalier, ne plus entendre le bruit des pas martelant le plancher comme un présage de mort, sentir l'air frémir sous le passage de sortilèges mortels, et surtout ... ne plus se revoir tomber sur les corps de ceux qui furent sa grand-mère et son oncle et voir les yeux de sa mère s'éteindre en même temps que la vie quittait son corps. Mais pour cela il fallait qu'elle attende de voir comment les choses allaient évoluer. Il fallait que l'homme se rapproche encore, et elle l'emmènerait avec elle en enfer. Mais il fallait qu'il se rapproche, pas cet autre qui venait d'arriver et qui s'approcha d'elle pendant que celui qu'elle visait sortait une baguette. L'homme en face d'elle semblait profondément mal à l'aise et ferma les yeux, Sophia commença à s'inquiéter sérieusement et l'imita. L'autre homme, Jones, prononça des phrases, qui comme les autres échappa au cerveau embrumé de la jeune femme. Mais elle sentit un poids se poser sur son poignet et eut un mauvais, très mauvais pressentiment. Elle remonta sa manche et découvrit un bracelet, léger, qui ressemblait à des chaînes miniatures. Elle rapprocha l'objet de ses yeux et y lut "Soumise à l'Opposition", elle essaya de trouver une attache pour l'enlever, sans succès. Elle y mit toutes ses forces mais le bijou ne se brisa pas.

Elle faillit en hurler, elle ne le fit pas. Elle ne pleura pas non plus. Mais les larmes étaient là, derrière ses paupières, prêtes à couler à la moindre inattention et le cri qu'elle retenait lui enserrait la gorge d'une poigne de fer, elle n'arrivait presque pas à respirer et si elle ouvrait la bouche, le hurlement partirait. Elle se mordit le poing de rage. Si elle n'avait pas attendu, si elle l'avait quand elle en avait eu l'occasion. C'était pourtant parfais, les soldats armés n'étaient plus là, et elle savait que les sorciers étaient tellement prétentieux qu'ils pensaient que tous ce qui pouvait les attaquer n'étaient que des sortilèges qu'ils pourraient contrecarrer avec leur baguette. Seulement, Elain Keeblyn qui avait appris l'art des duels sorciers lui avait clairement dit que si les sortilèges ne marchaient pas, elle n'avait qu'à utiliser son crocher du droit. Et là, ça aurait été l'occasion rêvée, la maison était en ruine, et elle avait repérée une brique sous le siège en face du sien. Les yeux brûlants de larmes de rage de s'être laissée faire soumettre sans avoir bougé le moindre doigt de pied, elle descendit de son siège discrètement et glissa mine de rien sa main sous le siège.

L'homme parlait avec son voisin dont elle ne connaissait même pas le nom, tremblante de fureur, elle se releva péniblement et se mit debout en s'aidant du fauteuil. Ses genoux la faisaient souffrir, comme s'ils avaient pris l'habitude de rester plié et ne voulaient plus reprendre leur position normale. Elle glissa la brique dans sa manche, pour la cacher et s'approcha discrètement. Voilà qu'elle ne voyait plus rien à présent, enfin, elle voyait double à cause de ses larmes.


-Jones, l'interpella t-elle en aillant le temps de remarquer quand même qu'elle avait une voix presque d'outre-tombe, Vous avez détruit ma famille. Ça, c'est pour eux.

Et elle lança sa main armée de brique dans la direction de se tête, mais elle s'aperçut qu'elle avait visé le double d'Ethan Jones crée par les larmes, et qu'elle l'avait raté de vingt bons centimètres. Elle ralentit la force qu'elle avait mise dans son coup qui menaçait de l'entraîner par terre et elle ne fit que remonter son bras, elle envoya son coude violemment dans la pommette de l'Opposant, qui poussa une nouvelle exclamation de surprise plus que de douleur. Elle leva sa main pour le frapper à nouveau mais la porte de la salle s'ouvrit à la volée, elle n'eut le temps que de tourner la tête et d'entendre une détonation avant de se faire heurter par un objet.

Une vague de douleur l'envahit, elle vacilla en portant la main à son ventre pour contempler le sang qui s'écoulait de la plaie, elle releva les yeux vers un des gardes qui la regarda d'un air amusé avant de presser de nouveau la détente. Et ce fut la balle qu'elle reçut à la poitrine qui la fit tomber par terre. Elle sentit une vague de chaleur remplir ses veines et ses os, et Sophia se demanda si elle allait enfin mourir et rejoindre ceux qui l'avait quitté. Elle tomba lourdement sur le sol en se cognant la tête. Elle eut l'impression que la vie s'écoulait à travers ses blessures et sourit en remarquant qu'elle ne sentait pratiquement rien et qu'elle allait mourir sans souffrir. Dans la pièce, même sans le voir, elle sentit une agitation soudaine, des mots fusaient dans la salle sans qu'elle réussisse à distinguer les voix et les mots.

Un grésillement se fit sentir dans son ventre, en fait, aux endroits où elle avait été touchée par une balle. Il s'intensifia et disparut d'un coup, elle ne sentait même plus le sang couler. Elle porta à nouveau la main à son ventre, elle glissa son doigt dans le trou de son pull en s'attendant à y trouver toujours l'entaille qui déversait du sang quelques secondes plus tôt mais son doigt ne rencontra que de la peau, sans aucune trace d'entailles. Elle s'assit en portant une main à sa tête, là où elle avait heurté le sol et qui était douloureux avant de porter une main à sa deuxième plaie qui était comme la première, de la peau nette et sans entaille.

Elle ramena ses genoux contre elle et cacha son visage dans ses mains pour pleurer des larmes de colère, de déception d'être encore là et de tristesse à l'idée de la vie qu'elle allait mener à présent sachant qu'elle ne pourrait pas y échapper en essayant de mettre fin à ses jours. Elle était devenue un monstre, une aberration de la nature, un non-humain. Car la vie humaine était fragile et éphémère, alors que celle de Sophia ne se finirait peut-être jamais.




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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Dim 28 Nov - 12:20

Je regardai, sans comprendre, le trou dans le pull de Sophia, qui me narguait, narguait la réalité. Je ne pensais pas, alors, être confronté à ce qu'elle était. On pensait toujours avoir le temps. mais c'était là, sous mes yeux et je peinais à percuter. Oh, bien sûr, j'étais d'ores et déjà au courant. J'avais lu, j'avais enregistré. Intellectuellement, j'étais prêt mais le pas entre la théorie et la pratique était un tout petit peu plus difficile. Il ne suffisait pas d'avoir conscience, il fallait assimiler. Pourtant, au cours de mes années à l'accueil de Ste Mangouste, j'en avais vu, et de toutes les couleurs, confortant mon constat que l'esprit humain est infini quand il s'agit de se montrer retors envers les êtres de la même espèce. Et je ne parlais même pas du reste de la planète.
Nous étions, je crois, tous un peu sous le choc. Ou alors, j'accordais aux autres le ressentit qui était le mien. Elle était parmi eux depuis un long moment, peut-être avaient-ils déjà... Je peinais à m'imaginer cela. Puis je l'imaginais trop bien. Et je réagis au quart de tour. Ca n'était pas tellement mon genre. J'étais plutôt un cérébral, rarement mû par mes impulsions. Mais ma baguette se tourna soudain vers l'agresseur. Son arme s'effondra dans un bruit sourd tandis qu'il encaissait le choc de mon sortilège. A mes côtés, Ethan tentait de se montrer désapprobateur mais je le connaissais trop bien pour ne pas deviner l'ombre d'un sourire au coin de ses yeux. Je commençais à me tailler une place. Et une réputation. Le coup de la jeune fille ne l'avait pas ému outre mesure. Jones était peut-être un Opposant, avec toutes les connotations négatives que certains y mettaient mais c'était quelqu'un de juste. Il ne s'offusquait pas d'une réaction qu'il jugeait juste. Le seul problème éventuel était que l'agression mineure dont il avait été victime s'était produite en public. Mais il n'y avait que moi. Et les autres avaient réagi avec suffisamment de rapidité pour ne pas le mettre dans une position délicate. On s'était chargé de réagir pour lui et il gardait son aura immaculée. C'était à cela que l'on reconnaissait les grands hommes. Même bafoués, ils conservaient la tête droite et l'honneur intact, chacun réagissant comme si le scénario avait été écrit d'avance et sans que personne ne s'en étonne.

Le garde leva vers moi un regard rempli d'incompréhension. Pauvre type.

- Sophia est sous ma responsabilité. Que je ne te prenne plus jamais à la toucher sans mon accord.
- Tu défends ton petit monstre? Elle n'a pas une séquelle.
- Elle est Mienne. Tu la frappes et c'est à moi que tu portes atteinte.


Il était dans l'Opposition depuis plus longtemps que moi. Il réagit rapidement, comprenant où je voulais en venir. Quand les Opposants ne considéraient pas leur Soumis comme des esclaves, ils les prenaient généralement sous leur protection. C'était pour cette raison que bon nombre de Neutres finissaient par rejoindre les rangs d'Antarès. Des enfants, un secret... tout le monde avait quelque chose à défendre, à préserver. Ou à demander. S'en prendre au Soumis d'un autre Opposant pouvait être considéré comme un affront. J'étais responsable d'elle et quiconque tenterait quelque chose contre elle me signifierait son mépris ou son désaccord avec mes méthodes. Pour acquérir et conserver mon rang, je ne devais en aucun cas permettre une telle attitude. Je n'étais pas certain de parvenir à assumer ce rôle, en plus de tout le reste.
Finalement contraint, je me dirigeais vers Sophia, lui soulevait la tête de deux doigts et la dévisageait, tentant de ne montrer ni colère ni dégoût.

- Sophia. Tu ne recommenceras pas.

J'avais l'impression de gronder une enfant. Et je me sentais ridicule.

- Ethan est mon ami. Quoi qu'il ait pu faire, il l'a fait avec raison. Je ne te demande pas de lui pardonner. Mais tu n'es pas en position de t'opposer à lui.

Je détestais le rôle que je me donnais. Ses traits tirés, ses yeux gonflés et les larmes qui s'y attardaient me faisaient pitié. Je ne voulais pas enfoncer le clou en lui faisant miroiter que ce qu'ils lui avaient fait subir en la retenant prisonnière ici était loin de ce qu'ils pouvaient lui faire de pire. Elle n'avait vraiment pas besoin de ça.
J'avais promulgué ma sentence et j'espérai que cela suffirait. Châtiment corporel ou mental, ça ne faisait pas partie de mes méthodes. Que les autres s'en contentent ou qu'ils viennent me le dire en face. Dans un duel de sortilèges, je l'emporterais certainement sur eux (excepté Ethan, évidemment). Dans les autres cas... Personne ne sembla pourtant vouloir s'y frotter. Je les soupçonnai tous de se soumettre à un ordre muet de Jones. Cela me convenait. Je n'aimais pas être couvé comme un gamin incapable mais j'étais également incapable de gérer la situation dans son ensemble.
Il était temps de tester la confiance que mon mentor avait en moi.

- Je l'emmène avec moi.

Où? Je n'en savais rien. Mais je ne supportais pas l'idée de la laisser ici parmi eux, à la merci de leurs pulsions agressives. Ils s'en prendraient très certainement à elle dès que j'aurais le dos tourné. Après tout, elle n'était qu'une Soumise. Et l'opinion du garde qui l'avait canardée était assez claire. Un monstre ne bénéficierait certainement d'aucun traitement de faveur.
Jones ne répondit rien. J'eus un instant l'impression qu'il pesait le pour et le contre, et que ce dernier allait l'emporter. Pourtant, il finit par hocher vaguement la tête. J'avais le feu vert. Je redressai la jeune femme par la seule force de mes bras. On ne pouvait pas vraiment dire qu'elle y mettait du sien. Une fois debout contre moi, je la pris par le bras et transplanais tant bien que mal. Elle avait besoin de renouer avec la normalité. Elle avait besoin de repos, d'une douche et de manger. Plus encore, elle avait besoin de calme. Chez moi, il n'y avait ni Alice, ni Andrew. Je m'en étais assuré avant de venir ici. Allez savoir pourquoi. Un pressentiment peut-être.

Depuis ce jour-là, nous ne nous étions pas revu. Je restais en contact avec elle via hibou et, une seule fois, elle avait vu flotter ma tête dans les flammes de sa cheminée. J'essayais de tenir la promesse que je lui avais faite. Je lui demandais alors de ne pas me trahir, de mériter la confiance que je plaçais en elle, en échange de la liberté relative et du respect de sa vie privée. Je ne tenais pas à faire partie de sa vie ni à ce qu'elle prenne part à la mienne. Du moins, pas plus que nécessaire. Je voulais conserver une relation saine et pas trop contraignante. J'aurais sans doute besoin d'elle dans le futur mais elle n'avait pas à me suivre ou à me seconder d'ici là.
a rencontre d'aujourd'hui était plus dans le but de faire connaissance, vraiment, en tant que personnes plutôt que raffermir le lien Soumetteur-Soumise. Officiellement, je gardais un œil sur elle. Officieusement, je m'inquiétais de savoir comment elle allait.
Et puis, il y avait Alice.

Alice qui, malgré une première réaction de recul, rendit son sourire à Sophia. De sa part, c'était étonnant. D'habitude, elle ne faisait pas bonne figure aussi vite et je peinais à sentir s'il s'agissait là d'une manipulation ou bien d'une réaction sincère et spontanée. Après tout, Alice n'était pas plus normale que ne l'était Sophia. Il ne fallait sans doute pas chercher plus loin.


- Bonjour Sophia.

C'était d'un banal affligeant.
Je la détaillais, cherchant des signes de mauvais traitements ou de dépression naissance. A la vérité, je ne savais pas trop à quoi m'attendre venant d'elle. C'était pourtant à moi de faire le premier pas. Ok. Bon. Allons-y. Je ne pouvais pas me contenter d'un banal "comment ça va?". Trop impersonnel, en un sens. Trop inquisiteur, dans l'autre.


- Parle-nous un peu de ce qui t'ai arrivé depuis juillet.

C'était autant pour mes propres renseignements que parce qu'Alice aimait à attendre les gens parler avant de rendre son jugement définitif.
D'un geste, je lui indiquais une allée du cimetière. Autant marcher. Les silences étaient moins gênants lorsqu'ils étaient mobiles.
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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Jeu 2 Déc - 18:16

(Désolée, je n'ai pas réussi à me ralentir plus de quatre jours pour te laisser souffler)
Sophia avait arrêté de pleurer en sentant contre sa cheville un contact de tissus. Et il se pencha vers elle et releva la tête de la jeune femme, lui fit tourner la tête dans sa direction pour lui dire quelque chose qui lui échappa complètement, comme le disait le dicton "ça rentre d'un côté et ça sort de l'autre", c'était arrivé, littéralement. Mais ce n'était pas rare ces temps-ci, et elle n'avait pas le souvenir d'avoir entendu quelque chose distinctement lors de l'année qui s'était écoulée. Elle avait de temps en attrapé une phrase au vol, échappée d'une discussion, mais sans jamais en saisir le sens. La seule chose qui l'avait occupé était ses remords et son chagrin ... et le grésillement sous peau qui suivait tout le temps chaque pics de douleurs qu'elle avait ressentit à de nombreuses reprises, plusieurs fois par jour et pratiquement tout le temps à des endroits très précis : ses mains, ses genoux, son dos et sa nuque. C'est là que la douleur se manifestait le plus, et parfois le tout en même temps. Elle souleva son genou pendant que l'homme dont elle ignorait toujours le nom lui parlait et vit juste au dessus de son genou, sous son collant filé qu'elle avait toujours depuis le jour de ses vingt ans et qui était pour elle comme une deuxième peau à présent, trois entailles à vifs assez profondes en apparence lui barrer le bas de la cuisse comme trois lignes parfaites.

Elle se força à ne pas penser, préférant ne pas chercher à se rappeler dans quelle circonstance ils lui avaient fait ça et fixa les yeux de l'homme encore penché au dessus d'elle qui prononçait des mots qui lui semblaient être d'une autre langue tant ils étaient étouffés. La jeune ne voulait même pas faire l'effort d'essayer de lire sur ses lèvres pour comprendre. Non, elle avait vu dans les yeux de cet homme ce qu'elle fuyait depuis qu'elle s'était rendue compte qu'elle était dans une pièce éclairée, non pas par les néons mais par le soleil, le vrai Soleil. Sophia avait lu dans ses yeux là de la pitié, la seule chose qu'elle ne voulait pas voir, tout simplement parce qu'elle ne la méritait même pas. Elle avait causé la mort de personnes qui en plus d'être non seulement innocent faisaient partie de sa famille à cause de son ... de sa ... de son incompétence, de son imbécilité, de sa connerie ! Et même si elle avait souffert physiquement, e n'était rien comparé au combat intérieur qui se menait en elle, où il n'y avait de place que pour le remord. Elle espérait ne pouvoir ressentir que ça pour le reste de sa vie car c'est tout ce qu'elle méritait et elle ne voulait certainement pas que l'on ressente de la pitié pour elle. S'ajoutait à sa qu'elle avait été élevée par une sorcière très noble et de sang pur qui avait éduqué sa fille dans la fierté de son rang, alors ... Enfin, en gros, elle n'avait jamais eu de pitié dans le répertoire des regards qu'elle croisait avant et elle ne voulait pas le voir non plus dans ceux qu'elle croisait aujourd'hui.

L'homme détourna son regard brun d'elle et Sophia put voir ses lèvres bouger sans qu'elle comprenne l'ensemble de sa phrase, mais son regard fixait, interrogateur, l'autre homme, celui qu'elle avait essayé de frapper, elle en avait encore envie, mais si c'était pour se reprendre des balles dans le corps, c'était hors de question, même si on ne pouvait pas la blesser, cela ne signifiait pas qu'elle n'avait pas mal pour autant. Mais elle refusait de voir cette chose dans le regard d'un homme qui était en partie coupable de son actuel sort. Elle décida alors une chose : elle ne regarderait plus cet homme si c'était pour voir cette pitié dans ses yeux.

Il se releva et la tira par les bras. Elle ne voulait pas se lever, elle préférait rester là, allongée, de toute façon elle ne pouvait pas tomber plus loin. Et puis, d'abord, pourquoi voulait-il qu'elle se lève, était-il comme les autres, que voulait-il lui faire, la blesser comme le faisait les autres pratiquement tous les jours ? Bien qu'elle n'ait plus la notion du temps, surtout quand elle était dans les souterrains : la lumière des néons était constante et rien ne permettait de dissocier la nuit du jour.

Elle leva la tête et vit les gardes les regarder d'un air exaspéré ? Haineux, elle n'arrivait pas à voir ce que leurs visages exprimaient, mais pas de la joie en tout cas et elle vit aux pieds de celui qui lui avait tiré dessus, une arme, en fait, celle qui avait servi à faire des trous dans le seul pull qu'elle possédait. Elle lui lança un regard rempli de fureur avec le peu de force et de conviction qui lui restait et laissa son menton reposer sur l'épaule de l'homme, c'était peut-être lui qui avait désarmé le garde qui l'avait attaqué. Elle ferma les yeux, se sentit compressé très rapidement et quand elle ouvrit les yeux, elle était ailleurs dans un autre appartement.
Elle dormit pendant quatre ou cinq jours avant de retourner vivre loin de l'Opposition.

◊◊◊
Aujourd'hui.
Il la salua, elle se releva en évitant soigneusement son regard. Elle appréhendait d'y retrouver la même pitié dans ses yeux que le jour où elle l'avait rencontré. Elle n'avait aucune animosité envers lui à présent, il lui avait fichu la paix et rien que pour ça elle lui était reconnaissante. Elle ne pouvait pas tellement le détester, certes il faisait partie de l'Opposition mais il ne lui avait jamais fait aucun tord, il s'était occupé d'elle les quatre (ou cinq) jours qu'elle avait passé à dormir et puis, il ne s'était pas incrusté dans sa vie et jusqu'ici, elle avait vécu une vie tout ce qu'il y a de plus normal quand on sort d'un an de captivité et de torture dans des souterrains obscures. Et quand il l'avait prévenu qu'il voulait la voir, elle avait trouvé ça étrange mais n'avait pas trop eu le choix alors elle était venue, en dépensant quand même deux mois de son misérable salaire de serveuse dans de nouvelles boucles d'oreilles et vêtements rien que pour l'occasion. D'ailleurs elle se demandait pourquoi elle avait fait ça. Sophia avait pourtant décider d'économiser pour louer un autre appartement afin de laisser tranquille la famille de sa cousine. Alors pourquoi avait-elle cherché à bien se faire voir de e, liquidant autant d'argent ?

Elle se força à penser à autre chose, elle n'avait pas envie de réfléchir sur ce qui l'avait poussé à dépenser autant pour des bouts de chiffons. Chiffons à mille livres, d'accord mais chiffons quand même. Sophia lui rendit son saut d'un geste de la tête en regardant le col de son manteau et se mit à marcher à côté de lui. Il voulait savoir ce qui lui était arrivé depuis sa libération, s'il savait tout ce qui lui était arrivé depuis tout ce temps. Que de péripéties !


"Et bien, si c'est ce à quoi vous pensez. J'ai commencé à guérir, dit-elle en frottant machinalement les cicatrices de sa main droite, ... lentement, mais ça va."

Guérir, elle n'était pas sûre de pouvoir employer ce mot dans cette situation. Elle ne savait presque plus comment l'utiliser, Sophia espérait que l'emploi était le bon. Elle n'avait jamais eu à parler de guérir puisqu'à chaque fois qu'elle s'entaillait, les blessures se refermaient immédiatement sans laisser la moindre trace. Mais elle ne voulait pas parler de ses blessures.

"Je me suis trouvé un travail dans le quartiers des affaires de Londres"

Enfin, elle s'était trouvé un poste de serveuse dans un bar près du quartier de la City, nuance ! Mais elle préférait lui faire miroiter une image d'elle en tailleur chic, femme fière et bien installée plutôt que celle qui était vraie : une jeune femme à moitié morte de fatigue pour tenir un emploi de serveuse et de blanchisseuse en même qui dormait sur le canapé d'un petit appartement. Au moins, dépenser deux mois de salaire pouvait peut-être contribuer à l'image d'elle en femme aisé et riche plutôt que celle de la petite serveuse qui s'endormait sur son balai.

"J'ai aussi passer des essais dans une équipe de Quidditch et j'ai reçu une réponse positive. Le capitaine m'a dit que leur équipe était plutôt populaire parce qu'ils étaient arrivés en quart de final pour la coup de Grande-Bretagne mais j'étais pas là, alors je pouvais pas ... savoir. Enfin ...

Elle cala une mèche de ses cheveux derrière son oreille en fixant le bout de ses escarpins vernis, de gêne. En effet, à cette époque elle était bouclée dans des souterrains qui étaient bien gardés par de grands malades de la gâchette qui s'étaient amusés à essayer de la tuer une demi-douzaines de fois par jour. Elle se força à ne pas continuer de fixer ses chaussures et remonta son regard sur le col de son Soumetteur en évitant soigneusement son regard.

"Et j'ai aussi été attaquée par un vampire millénaire puis séquestrée par lui dans le plus bel hôtel particulier que j'ai jamais vu et finalement il m'a laissé repartir tranquillement"

C'était une des plus agréables souvenirs qu'elle avait. Si on mettait à part les crèmes qui grattaient et les sorts indolores que l'on lui avait lancé, passer une semaine dans un hôtel cinq étoiles avec baignoires qui envoyaient des jets d'eaux chaudes et moussants, savons odorants, repas succulent, matelas moelleux, draps frais et doux, bref ... le rêve. Ils avaient presque dû la chasser du château au coup de pied au derrière, si on le lui avait demandé, elle n'aurait jamais accepté de partir.

"Sinon, ces derniers mois ont été ... plutôt banal."


Elle lui sourit en s'intéressant soudainement au bouton du col de son Soumetteur puis ses yeux tombèrent sur l'enfant. Elle était absolument adorable mais Sophia qu'elle ne ressemblait en rien à Sham, vraiment. Parfois les enfant ressemblaient à quelqu'un de leur famille, même s'ils n'avaient que le nez, ou la forme des yeux, ou la couleur, ou même un détail insignifiant. Là, rien.

"Elle est adorable, comment s'appelle t-elle ?"


Elle se tourna vers l'enfant en lui souriant et s'agenouilla sans s'occuper de ses collants, de toute façon, ils étaient vieux et tellement filés à certains endroits qu'elle avait du se servir d'un verni rouge pétard pour limiter les dégâts. Sophia sortit sa baguette en se souvenant d'un sort que sa mère lui montrait le soir pour l'amuser et qu'elle lui avait appris à faire quand elle même n'avait plus le temps de le faire pour elle. Elle pointa sa baguette devant les yeux de la petite et dans un éclair bleu, un petit poisson rouge apparut dans une bulle d'eau flottant devant les yeux de la petite. Elle lui sourit de nouveau en rangeant sa baguette Non, vraiment cette question sur leur ressemblance la taraudait. Elle frotta ses cicatrices de la main droite avant de relever ses yeux vers Sham en fixant son nez plutôt que ses yeux.

"Je sais que c'est vraiment déplacé mais ... est ce que c'est votre fille ?


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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Mer 15 Déc - 15:49

Je m'étais efforcé de ne pas tiquer à la mention de guérison et j'étais plutôt satisfait du résultat. Il aurait fallu vraiment bien me connaître pour être capable de discerner l'imperceptible changement d'humeur de mon visage. Bien sûr, Alice y avait été attentive et chercha de quoi analyser la situation dans les archives de ma mémoire. Elle fit le lien avec ce jour mémorable de juillet avec une rapidité déconcertante, même pour moi qui la connaissait depuis presque toujours. Relativisons. Son toujours à elle se comptait en mois plutôt qu'en années.
Je me concentrais alors sur ce que je considérais comme des bonnes nouvelles. De véritables nouvelles sans potentiel perturbateur.

Je réussis à placer un Félicitations juste après l'annonce de Sophia à propos de son nouveau travail. Nous avions beau être Soumise et Opposant, nous n'étions pas familiers l'un de l'autre.
J'enchaînais avec un nouveau sourire approbateur à la mention du Quidditch. Je n'osais pas encore lui dire qu'une telle carrière ne serait pas forcément compatible avec sa situation. Le Quidditch demandait de l'investissement, de la présence et de la régularité. S'il s'avérait que je devais faire appel à elle, elle se retrouverait dans une situation délicate avec ce fameux capitaine. D'autant plus si l'équipe faisait partie de l'élite.
Je me promis à moitié de trouver un moyen de la laisser vivre sa vie sans trop intervenir. Comprendre que je m'abstiendrais autant que je pourrais d'en appeler à ses services si je pouvais me le permettre.

A ce stade de son récit, alors qu'elle enchaînait avec l'épisode séquestration et vampire, je ne pus rester complètement distant et attentif.

- Je suis touché que tu aies songé à m'en parler.

Mon ton était grinçant et si elle prenait ma déclaration comme un reproche, elle serait dans son droit.

- Je croyais avoir été clair, Sophia. En tant que Soumise, tu me dois obéissance et fidélité. En tant que Soumetteur, je te dois protection. Tu n'aurais pas dû me laisser dans l'ignorance.

A la pensée que je ne lui avais laissé aucun moyen de me joindre en cas d'urgence, je réprimais une grimace. J'y remédierai. A la fin de notre entretien.
Pourquoi pas tout de suite? Parce qu'elle avait d'ores et déjà bifurqué.
Un bref silence s'installa, alors que ni elle, ni moi ne savions quoi dire ou regarder.

Miraculeusement, comme souvent, la présence d'un enfant vint combler les vides de la conversation. Combien de fois ne m'étais-je pas agacé de la tournure que prenait une discussion dès qu'un être humain en-dessous de la majorité entrait dans le champ des pensées? Prendre des nouvelles, en donner, s'émerveiller des progrès de la progéniture et surtout être attentif, encore attentif et super-attentif à la moindre parcelle de nouveauté (la troisième dent qui poussait, les premiers mots, les réussites à l'école, le premier béguin, la maladie du dernier, et bla et bla et bla). Je m'en agaçais auparavant mais commençais à comprendre qu'il s'agissait parfois moins d'être rébarbatif que d'entretenir une discussion qui s'essoufflait faute de banalités à échanger.

Alice babilla d'une manière ravie, pour satisfaire à la curiosité de son nouveau public. Coquette à même pas deux ans, je craignais de la découvrir à l'adolescence. Misère, que voilà une ravissante perspective.

- Alice n'est pas ma fille.

J'étais habitué aux regards inspecteurs de paternité. Comme si une femme pouvait prendre la responsabilité d'un enfant qui n'était pas le sien mais qu'on ne pouvait pas en attendre autant d'un homme.

- Sa mère a failli être ma femme. Rachel était...

Malgré le temps qui avait coulé, je peinais à parler d'elle. Pas tant pour l'affection que j'avais eu pour elle et que j'avais perdu mais pour les bouleversements qu'elle avait laissés dans ma vie. Je l'avais aimé. Elle avait eu une fille et laissé un homme en peine. Avait changé le cours de trois existences par sa disparition précoce. mais, plus que tout, je craignais les questions. Quoi y répondre? "Oui, Alice a tué sa mère. Oui, elle est dangereuse. Etait. Maintenant, je m'en occupe. Mais même Natacha commence à s'inquiéter de l'incidence qu'elle a sur moi."
Non. Merci. Sans façon.

- Disons que je suis son parrain. Et que son père ressent quelques... difficultés à s'en occuper.

Un tour de baguette et Sophia avait mis Alice dans sa poche. Elle suivait le poisson du regard et tendait vers lui une petite main potelée et ravie.
Je ne connaissais que peu la jeune femme mais elle semblait avoir perçu que la petite fille était la clef. S'assurer de son affection, c'était s'ouvrir mes portes. Aucune relation ne pouvait partir sur de bonnes bases si ma presque-fille y mettait son veto. Non, je n'étais pas ce genre de père gaga qui prenait l'avis de ses enfants pour un verdict définitif. C'était surtout que le ressenti d'Alice affectait directement le mien. Je peinais à rester en compagnie de quiconque suscitait sa désapprobation voire sa haine. C'était trop difficile, émotionnellement parlant.
Je m'abstint de la regarder, ou, plutôt, m'appliquai à adopter sa technique du fixage de nez.

- Et toi? Tu as... quelqu'un dans ta vie?

Il me semblait opportun de poser la question. J'avais du mal à envisager ce que notre situation avait pu modifier dans sa vie. M'en voulait-elle d'avoir gâché quelque chose? Entre qui étais-je venu m'immiscer?

- Marchons un peu.

Je commençais à me décontracter mais cela nous permettrait, à l'un comme à l'autre, de se concentrer sur autre chose que sur nous.
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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Jeu 16 Déc - 20:51

Elle ne put s'empêcher de hausser les sourcils avec un sourire de gêne qu'elle ne put réprimer. Elle approcha sa main par habitude, elle passait souvent sa main dans ses cheveux quand elle rencontrait une situation difficile émotionnellement. Mais elle avait passé pas mal de temps devant son miroir pour avoir un chignon potable et elle ne voulait pas tout ruiner en laissant sa main vivre sa vie.
Sa question était tellement ... personnelle. Bon ce n'est pas comme si c'était le cas, au contraire, à cause de sa situation avec l'Opposition, elle évitait tout contact avec le sexe opposé pour ne pas risquer la vie de l'Elu. Elle se sentait déjà responsable de mettre en danger la vie de sa cousine, du compagnon de celui ci et de leur fils, un petit garçon de deux ans et demi.

-Et bien ... non. J'ai Caleb ... mais il a deux ans et demi alors ...


La jeune femme préférait ne pas trop s'étendre sur le sujet alors elle garda cette simple réponse en espérant que cela lui conviendrait. Mais il fallait aussi qu'elle empêche le blanc de s'étendre au cas ou il voudrait quand même savoir pourquoi sa vie sentimentale était un désert sans nom. Et elle se rappela l'intervention de Sham sur le sujet du vampire. Bien qu'elle avait adoré être séquestrée dans un hôtel cinq étoiles petit déjeuner servi au lit. Rien que d'y repenser .... Il fallait qu'elle se reconcentre sur le sujet, elle ne doutait pas une seconde de la logique de son soumetteur mais quand même :

-Vous savez quand on vous enlève, les ravisseurs ne vous donnent pas de téléphone parce que vous leur souriez gentiment. De plus Damien a dit qu'il vous appellerait, je lui ai demandé de le faire parce que j'avais peur qu'il y ait une répercussion sur ma famille. Encore

A aucun prix, Sophia ne voulait être responsable encore de la mort des membres de sa famille, il ne lui restait que peu de personnes. Une cousine, un petit-neveu, un oncle et une tante qu'elle n'avait jamais vu de sa vie alors la jeune femme ne pouvait pas dire qu'elle la connaissait vraiment.

-Mais apparemment il ne l'a pas fait, mais j'ai vraiment cru qu'il avait appelé c'est pour ça que j'ai pas appelé après, et à la réflexion je ne connais pas votre numéro de téléphone et j'ai pas de chouette, parce que je pensais que vous étiez au courant.

Et puis, dans son ton, on aurait dit que Sham lui reprochait de s'être fait enlevée, comme si elle avait eu le choix, sérieusement ! Bon, encore une fois, il fallait insister sur le fait qu'elle avait été captive dans une chambre d'hôtel gigantesque, et que c'était toujours mieux que de l'être dans une cave sombre comme elle l'avait été avec les autres Opposants.

-Vous savez, en plus il était très fort, il m'a pétrifiée en moins de trente secondes et je crois qu'il aurait pu le faire les yeux bandés et les mains attachées dans le dos. Il était un sorcier très doué et un vampire millénaire.


Et elle n'avait pas pu s'évader pour plusieurs raisons : d'abord, essayer la course à pied avec un vampire millénaire, c'était idiot et inutile, surtout que Sophia, elle avait courut deux mètres avant de se prendre le pied dans une brique et de s'étaler de tout son long. Ce qui au passage était misérable comme tentative d'évasion. Deuxièmement, son balai était rangé et elle n'aurait pas pu lui dire "Excuser moi, pouvez vous avoir l'amabilité de me laisser sortir mon balai pour tenter de me barrer ? Merci, c'est très fair-play de votre part !"

-En plus, je ne sais pas transplaner, j'aurais eu du mal à me sortir de cette situation. J'ai eu de la chance qu'il me relâche. Enfin bon ...


Non, elle avait eu le malheur, nuance, captive à vie du moment qu'on lui laissait la baignoire à jet massant, aurait été comme le paradis pour elle. Mais c'est vrai qu'elle se serait peut-être lassée au bout d'un moment. Et puis, au vue des informations que lui avait donné Sham comme quoi il n'avait pas été prévenu, et bien elle aurait mit encore plus en danger Galiena, Terence et Caleb et elle ne pouvait pas se le permettre. Elle en avait assez de provoquer la mort autour d'elle tout le temps. Elle commençait à se faire peur elle même et cela ne pouvait qu'empirer de plus en plus tant qu'elle restait aux côtés des gens qu'elle aimait le plus, or tout ce qu'elle désirait c'était de les protéger pour qu'il ne leur arrive pas la moindre chose.

-Enfin voilà.

Elle continua de marcher en fixant le bout de ses escarpins vernis en frottant les cicatrices sur sa main plutôt que de passer la main dans ses cheveux attachés dans sa nuque et ses yeux tombèrent sur la chaussure de la petite qui marchait en regardant le poisson devant elle qui continuait de tourner dans sa petite bulle d'eau. C'était vraiment de la belle magie, songea Sophia en contemplant le poisson, peu de personne ne l'utilisait maintenant. C'était vraiment dommage. Sophia était vraiment très douée dans ce genre de sortilège mais elle n'avait personne à qui le montrer. Caleb, son petit-neveu était plus du genre à regarder la télévision plutôt que les poissons, c'était la conséquence d'avoir des parents totalement pro-Moldus qui vivaient comme eux. Mais Sophia s'était aussi soumise à ce régime et elle adorait.

Mais surtout ce qu'il l'avait intrigué, c'était qu'il avait détourné la conversation lorsqu'il avait parlé d'Alice, c'était d'ailleurs très étrange car elle avait surpris au même moment son regard. De la peur, de ... on aurait dit que la petite le repoussait. Pourtant elle était adorable comme tout, en même temps Sophia trouvait tous les enfants ravissants alors elle n'avait pas vraiment de modèle de référence ... Sophia comprit qu'il valait mieux ne pas poser plus de question sur ce point de la vie de son Soumetteur, mais d'un autre côté, elle avait aperçu une facette humaine de Sham, jusqu'ici, elle ne l'avait vu que froid et distant, elle n'avait pas imaginé une seule seconde qu'il avait pu avoir une histoire avec quelqu'un, force était donc de conclure qu'il n'était pas aussi distant tout le temps.

-Et qu'est ce que vous faites comme travail ?


Sa propre question la gênait, ce n'était pas forcément à elle de poser les questions et même s'il avait l'air d'être de quelqu'un d'assez souple avec sa soumise, elle ne devait quand même pas perdre de vue qu'ils n'étaient ni amis, ni proches. La jeune femme sentit alors une rougeur s'étendre sur ses joues et elle ne put s'empecher de passer une main dans ses cheveux en se décoiffant que légèrement.

-Enfin ... vous n'êtes absolument pas obligé de répondre si vous trouvez ma question trop ... enfin trop personnelle.

Elle fixa son arcade sourcilière en appréhendant avec inquiétude la réponse qu'il allait lui donner. Jusque là il lui avait laissé beaucoup de liberté et elle en avait été très heureuse de ne pas avoir à supporter sa présence dans sa vie. Toujours était-il qu'elle lui était soumise et que cette condition ne lui plaisait pas surtout quand elle était obligée de le cacher aux êtres qui lui étaient le plus proche. Néanmoins, elle n'avait pas envie que leurs relations soient beaucoup moins cordiales à cause d'une question trop impersonnelle.




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Sham Alasdair McBrashen
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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Mar 11 Jan - 20:09

De mieux en mieux.
J'avais hérité d'une Soumise néophyte dans la subitilité des arts magiques... et de la communication. Je commençais à sentir qu'un listing allait être de mise.

    1. lui fournir un hibou, une chouette ou un quelconque volatile lui permettant de me joindre en cas de besoin. Un tour à l'animalerie magique devrait suffire.
    2. lui enseigner les joies du transplanage. Ce qui impliquait une session express et intensive, ou des rendez-vous répétés à perte de temps. A voir.
    3. lui apprendre à se méfier des inconnus. Humpf

Ceci fait...

- Je travaille à Ste Mangouste. Il n'y a pas de mal à poser la question. Comme hôte d'accueil, afin de payer mes études. Tu comprendras que sur un plan strictement professionnel, ton cas m'intéresse.

Tout comme elle remarquerait, peut-être, que malgré cet état de fait, je ne lui avais jamais posé aucune question sur sa nature ou sur l'origine de ses particularités. Et pas seulement parce que j'avais parcouru son dossier. Dossier qui, en outre, était singulièrement incomplet.

- En parallèle, je suis donc des cours à Poudlard Uni, en diplomatie moldue. J'ai un emploi du temps, disons, intéressant.

Avec l'Opposition pour laquelle j'étais supposé trouver un peu de temps, ça ne laissait pas tant de temps pour les loisirs. Je me reposerais quand je serais à la retraite. Ou au chômage. La diplomatie moldue était un peu passée de mode. Du moins, au sens où je l'entendais quand j'avais entamé mes études. Je conclus la parenthèse "La vie de Sham Alasdair McBrashen" par un:

- Tes questions sont légitimes. N'hésite pas à me les poser. Dans le pire des cas, je te dirais de reporter le sujet à plus tard.

Après tout, la curiosité était la clef de tout. Comment appréhender le monde si on gardait les yeux fixés sur sa soi et langue dans sa poche?

- J'ai une question moi aussi. Comment se fait-il que tu ne saches pas transplaner? Tu as une baguette, tu fais de la magie et tu as l'âge légal depuis quelques temps?

Alors?
Je me creusais la tête, à la recherche d'informations. Je ne me souvenais pas avoir lu qu'elle ait fréquenté une quelconque école de magie. Mais, dans ce cas-là, les parents étaient supposés subvenir à l'éducation complète de leur progéniture. Il y avait des enquêtes et les diplômes étaient pour tout le monde, élèves et non-élèves. Passer entre les mailles du filet était... Du calme! Je commençais à m'emballer pour un rien quand c'était juste ma mémoire qui me faisais défaut. D'un autre côté, le cas Keeblyn justifiait à lui seul des mesures particulières. Et j'avais pas à être au courant de tout.

- C'est un handicap sérieux auquel nous allons remédier, toi et moi. Je ne peux pas me permettre d'avoir une..

Le mot faillit jaillir de mes lèvres, hors de contrôle. La situation commençait à peine à se détendre. Ca n'était pas le moment idéal pour lâcher un "Soumise" malencontreux. D'autant plus dans ce contexte.

- Au vu de la situation actuelle, ça n'est pas possible de ne pas être en possession de cette possibilité.

Qui savait ce à quoi nous pourrions avoir à faire dans l'avenir?

- Je vais te donner des cours, les bases. Et tu t'inscriras à la prochaine session de permis de transplanage.

Ca ne sonnait pas comme une suggestion. Et pour cause, ça n'en était pas une.
Viendrait peut-être un jour où sa survie dépendrait de sa capacité à se téléporter. Si c'était moi qui la mettait dans une telle situation, que je lui ai au moins donné les armes pour s'en extirper.
Je rembobinais brièvement la conversation jusqu'à un détail qui avait attiré mon oreille.

- Caleb? Tu as la charge d'un enfant, toi aussi?

Ce serait peut-être un point commun pour trouver un terrain d'entente.
Depuis plus d'un an, j'utilisais l'expression "avoir la charge d'un enfant" plutôt qu'"être parent". L'époque s'y prêtait mieux. La guerre avait produit son lot d'orphelins et de parents adoptifs. Ou de responsable. Natacha, par exemple, n'était pas mère. Et pourtant, l'avenir de dizaines d'enfants dépendait en partie d'elle.

Ma question à moi était personnelle. Au vu de mes paroles précédentes, elle devait se sentir libre de ne m'offrir qu'un "plus tard".
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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Mer 12 Jan - 20:59

Sophia éclata d'un rire léger. Non, on ne pouvait pas tellement dire qu'elle était en charge de Caleb, même pas du tout. Elle se contentait de le garder occupé le mercredi après-midi, et encore. Ses parents s'occupaient presque tout le temps du petit garçon, le pauvre. Avec un mère-poule comme Galy, il allait en baver pendant son adolescence. C'était limite si elle ne l'étouffait pas, et elle faisait pareil avec Sophia quand elle en avait l'occasion. A croire qu'elle voyait sa cousine comme une enfant en bas âge dont elle devait s'occuper. Ce n'était pas parce qu'elle avait quelques années de plus qu'elle qu'il fallait croire qu'elle était une gamine. Sophia avait traversé assez d'épreuves pour se dire mature, voire très mature pour son âge.

-Non, il a ses parents. Je vis avec eux, donc je m'occupe de lui de temps en temps.


Un point de leur discussion la perturbait. Qu'est ce que c'était que cette histoire d'âge légal ? Elle ne savait même pas qu'il fallait avoir un âge légal pour faire la moindre chose. Bien sûr, elle savait que les enfants n'avaient pas le droit de boire de l'alcool ou de trainer dans les rues le soir sans avoir une excuse en béton armé, ou qu'elle n'avait pas le droit de servir de l'alcool aux adolescents. Mais un âge légal pour pratiquer la magie.

-Quand vous dites âge légal. Je ne comprends pas trop,
fit-elle en plissant le nez. J'ai eu ma baguette à l'âge de sept ans et j'ai commencé à pratiquer la magie à ce moment là. Et puis, je n'ai jamais eu l'occasion de transplaner ou même d'apprendre. Je ne savais pas que c'était possible jusqu'à ce que ma cousine me le montre il y a quelques mois.

Elle hocha un peu de la tête tout en avançant et en jetant de temps en temps des regards pour verifier que le petit poisson avait assez d'eau pour ne pas offrir un spectacle des plus morbides à une pauvre enfant innocente et pure. La mort d'un poisson pouvait traumatiser à vie selon certaines études, Sophia n'en était pas parfaitement persuadée, mais si c'était de grands hommes de sciences qui le disaient et bien ... cela devait bien être vrai d'une certaine manière. Même si Sophia ne voyait pas comment. Mais elle n'avait pas fait de longues études comme eux, en fait, elle n'était même pas allée dans une école, avait rarement été au contact des gens, et d'une manière générale, elle s'en fichait royalement.
Mais, elle aurait bien aimer étudier. Enfin, pas de la manière dont elle l'avait fait. Elle aurait préféré être au contact des autres enfants de son âge. La diplomatie moldue, cela devait parfaitement passionnant ! Ce qui fit d'ailleurs remonter à la surface de la mémoire de Sophia, un détail dans le récit des activités de Sham.

-Je me demande bien ce que vous croyez savoir sur moi pour vous intéresser autant à mon "cas". Au fait, ne le prenez pas mal mais je ne suis pas un rat de laboratoire. Je l'ai déjà été deux fois, je crois que je peux arrêter les frais. Désolée de vous décevoir mais je ne suis pas à disposition pour votre carrière.


Cette réalité faisait partie de ses pires souvenirs, et des mauvais souvenirs, elle en avez assez pour au moins vingt ans dans la mesure où elle pouvait éviter d'en accumuler d'autres. Elle savait que par sa nature, une anomalie, elle serait toujours un objet d'interrogations malsaines, de convoitises pour la puissance, ou n'importe qu'elle raison tordue qui aurait justifié la volonté de posséder la jeune femme.
Certains moments, très rares moments, elle se disait que sa mère avait eu raison de la garder dans la maison toute sa vie. Même si elle ignorait si sa mère avait voulu la garder ou si elle avait vraiment vu le danger qui attendait sa fille dans le monde. Et elle n'aurait jamais la réponse à sa question. Plus maintenant.

Un silence embarrassant était en train de s'installer. Et maintenant qu'elle commençait à le trouver un peu plus sympa, elle n'allait quand même pas laisser tout tomber. Elle ne voulait pas trop parler de sa vie ou de son histoire à un Opposant, question de principes, et elle ne voulait à aucun moment parler des conditions de sa soumission dans la mesure du possible, histoire de ne pas l'encourager ou de lui donner des mauvaises idées sur la façon d'embêter de Sophia. Heureusement, les enfants se chargeaient toujours d'attirer l'attention sur eux ou de trouver un sujet banal et affligeant de discussion.

- Et vous avez la garde de ...


En fait, c'était peut-être trop affligeant pour en parler justement. Mais maintenant qu'elle avait commencé de parler, elle ne pouvait pas arrêter sa phrase comme ça sur un coup de tête, mais pour trouver une fin de phrase maintenant ... Sophia se creusa les méninges à toute vitesse. En modifiant légèrement un mot, ça pourrait toujours passer.

-Vous avez déjà eu la charge d'un Soumis avant ?

Pitoyable, c'était vraiment pitoyable. Elle s'était jurée de ne pas aborder le sujet, mais est ce qu'elle s'écoutait parler ? Non, cela passait à des kilomètres de la tête de la jeune femme.

-Ce n'est pas un sujet qui m'intéresse particulièrement, entendons-nous bien, bafouilla t-elle en piquant un fard et en le regardant au niveau du nez, toujours pour ne pas croiser son regard.
Mais c'est juste ... que ... enfin.

A ce stade là, le silence était peut-être préférable, songea t-elle en triturant d'un geste nerveux les cicatrices de sa main droite. EN plus d'être pitoyable, elle devait apparître ridicule aux yeux de son soumetteur. Elle continua de fixer le sol en frottant avec son puce les minces lignes de peau. En même temps, elle avait une excuse, elle n'avait pas eu l'occasion de s'entraîner à parelr avec les autres et ça ne faisait que quelques mois qu'elle était sortie des souterrains, et dans cet endroit, elle n'avait pas eu le temps de parler. Pas qu'elle s'en souvienne en tout cas. Elle s'était forcée à oublier, aidée en grande partie par le cocon de tristesse dans lequel elle s'était enfermée pendant sa détention et qui avait occupé en grande partie sa tête pendant qu'on la torturait. Mais depuis peu, des souvenirs de plus en plus chargés d'horreur lui revenait, des cris. Le plus stressant dans ses cris étaient sûrement qu'elle ne savait pas s'ils venaient d'elle ou d'un autre. Si seulement elle avait su s'il y avait eu d'autres détenus en même temps qu'elle.

En fait non, elle ne voulait pas savoir, elle voulait oublier.
Sophia remarqua qu'elle s'était arrêtée plongée dans ses horribles pensées, et les cicatrices de sa main, tellement frottées étaient rouges. Elle se forca à arrêter et parcourut les quelques mètres qui la séparait de son soumetteur. Elle avait voulu être invisible et discrète, voilà qui était magnifiquement raté. De quoi avait-elle l'air maintenant ?




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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Mar 18 Jan - 20:23

Calme, je suis.
Calme, je resterai.
Du moins, tant que j'hésite entre deux options: soit elle pose les questions en toute innocence, soit elle cherche à me blesser volontairement. Je ne la connais pas suffisamment pour arriver à faire le tri.
Le calme était ma vertu première. Sans elle, je ne serais pas allé bien loin. Je réagis d'emblée à ce qui m'a gêné. Le reste sera pour plus tard. Il faut que je m'ôte ce doute de l'esprit. Ou que je l'ôte du sien. La relation de confiance que je cherche à instaurer entre elle et moi ne fonctionnera pas tant qu'elle ne verra en moi que l'Opposant. Je suis curieux et je ne vais pas m'en excuser. Juste lui indiquer qu'elle fait fausse route.

- Est-ce que je me suis comporté avec toi comme ces fameux rats de laboratoire?

J'avais découvert ce dont il s'agissait quelques années plus tôt. Depuis le lever du sceau du secret, je savais que certains moldus nous considérais comme un peu attardés. Pensez-vous! Vivre sans électricité, sans automobile. Préférer des us moyennageuses au confort de la modernité. Mais nous n'étions définitivement pas les plus barbares. Les rats de laboratoire. L'idée m'avait soulevé le cœur. Peut-être en souvenir du rat qui avait mon compagnon d'adolescence. Il s'appelait Bruce. Mais je m'éloigne du sujet.

- Où est-ce que tu crois que nous sommes?

Dans un cimetière, certes. Mauvaise question.

- Est-ce que je t'ai jamais posé la moindre question sur tes... humph, aptitudes? Est-ce que je t'ai jeté une batterie de sortilèges expérimentaux? Est-ce que je t'ai séquestrée contre ta volonté pour me servir de toi comme on se sert d'un sujet d'études? Non. Ton cas m'intéresse mais pas au point de me montrer irrespectueux. C'était une façon comme une autre de te dire que j'étais à ton écoute. Et que, quoi que tu me dises, le secret médical serait de rigueur. Ca ne remonterait pas à mes supérieurs.

Ma côte de popularité aurait pourtant bien eu besoin de quelques points supplémentaires. Mais si ils voulaient enquêter sur le cas Keeblyn, qu'ils le fassent par eux-mêmes. Je n'avais pas les moyens de m'y opposer mais, au moins, ne serais-je pas leur instrument dans cette optique.

- Je te considère comme un être humain mais... il n'empêche que ce que tu es a dû influer sur ta vie. Tu te sers de la magie pourtant tu ne sais pas transplaner. Il y a plein de détails qui...

Je ne savais pas trop quoi lui dire pour lui assurer que je n'allais pas lui sauter dessus, la ligoter et l'emmener dans une chambre secrète pour jouer au savant fou.
A cette pensée, Alice gazouilla un rire. C'était peut-être seulement l'enchantement de Sophia qui continuait de la faire sourire.

- Je ne me sers pas de toi, Sophia R. Keeblyn. D'où ma deuxième réponse: je ne collectionne pas les Soumis. L'idée même de Soumetteur me déplaisait à un point que tu n'imagines même pas. Je sais que ton point de vue sur les Opposants est très... tranché. Mais être Opposant ne fait pas de qui que ce soit quelqu'un de mauvais. En tout cas, on ne m'a jamais demandé mon avis ou mon assentiment. On t'a imposé la Soumission. De mon côté, on y a mis les formes en me prévenant, mais le fond est le même. Je doute d'être plus ravi que toi de la situation. Qu'au moins, ceci soit clair. Je n'avais aucun désir de te Soumettre mais, moi aussi, je dois Obéissance à autrui. La seule différence, c'est que moi, je l'ai choisi.

Une bonne chose de faite. Je pouvais passer au reste.

- Tu n'as jamais entendu parler de la Trace?

Si elle me posait la question, c'est que, jamais, elle n'avait été à l'école. Les questions d'âge légal et d'impunité y étaient débattues avec ferveur.

- Les sorciers sont majeurs à l'âge de dix-sept ans. Jusque-là, ils sont sous l'autorité parentale et/ou scolaire. Ils ne peuvent utiliser la magie que dans le cadre de leur apprentissage. Cet apprentissage leur permet de devenir à leur tour des sorciers à part entière. Le transplanage en fait partie. C'est un mode de déplacement très utilisé parce que, eh bien, ainsi, on ne dépend de personne. La ou les personnes qui t'ont enseigné la magie auraient dû t'apprendre cette partie-là aussi.

Soudain, elle n'était plus à côté de moi. Elle me rattrapa en trois enjambées mais...
Bon. La théorie du lacet défait. Avec des ballerines, la théorie était passablement bancale.
J'allais repartir dans mes discours quand mon regard tomba sur elle, vraiment. Au lieu d'éviter le sien, je la dévisageais et tout un tas d'éléments s'enregistrèrent en même temps. Ses joues qu'elle avait gardé rouges d'un embarras que je n'avais même pas noté. Sa main tout aussi rouge. Pas d'embarras mais de....

- Mauvais souvenir?, m'enquis-je d'un ton badin. Le ton de la conversation. Elle paraissait assez réfractaire à ma curiosité.

Je reviendrai à la question du transplanage, qui, décidément, me tenait à cœur, plus tard.


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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Sam 22 Jan - 20:30

Elle le fixa, façon de parler : elle fixait le col de sa veste, sans piper mot. Il se moquait vraiment d'elle, là, est ce qu'il ignorait réellement ou est ce qu'elle avait eu ces cicatrices ou est-ce qu'il l'ignorait réellement. Elle décida que de toute façon, il faisait partie des gens qui lui avaient infligés cela. La jeune femme savait parfaitement qu'elle ne pourrait pas se débarrasser de ces cicatrices, même avec le sort qui la guérissait courant dans ses veines.

-Oui, on pourrait dire ça. En fait, j'en ai plusieurs,
dit-elle en soulevant le bord de sa jupe pour qu'il puisse observer celles qu'elle avait sur son genou droit, puis dans sa nuque. Souvenirs de gens qui m'ont soit pris pour un rat de laboratoire que l'on pouvait disséquer à sa guise ou soit de sac de sable, je n'ai jamais pu savoir pour lequel il me prenait.

Elle aplatit le revers de sa jupe d'un coup de main et se releva de toute sa hauteur en croisant les yeux de la petite fille qui n'avait pas des yeux de petite fille. C'était … terrifiant. Les enfants devaient avoir des yeux innocents normalement, Alice avait des yeux de quelqu'un qui en a vu beaucoup plus que ce qu'il ne devrait. Sophia ne l'avait pas remarqué plus tôt parce qu'elle s'amusait avec le poisson comme une enfant normale, avait-elle pensé. Mais cette gamine, elle n'avait plus le regard d'une enfant. Sophia le sonda longuement avant de décider d'être gentille et rassurante pour Alice et elle lui adressa un nouveau grand sourire que l'enfant lui rendit.
La jeune femme voulait expliquer à son Soumetteur que si lui ne l'avait pas encore traité comme un cobaye, d'autres de son camp ne s'étaient pas gênés pour le faire, loin de là. Mais elle ne voulait pas aborder le sujet de torture sur un plan aussi cru devant une enfant qui semblait en avoir vu/entendu bien trop pour quelqu'un de son âge. A quoi avait-elle été témoin ? Sophia l'ignorait, mais la jeune femme espérait que ce n'était pas son Soumetteur qui l'avait exposée à cela.

-Quant aux expériences dont vous parlez, d'autres les ont fait à votre place, vous n'aurez qu'à demander à Jones, dit-elle en crachant le dernier nom. Je suis pratiquement certaine qu'il était parfaitement au courant de ce qui se passait dans ces souterrains.

Elle détestait cordialement Ethan Jones et elle ne faisait même pas l'effort de le cacher. Elle espérait vaguement qu'elle n'avait pas trop froissé Mr. McBrashen, il lui avait bien fait comprendre que cet homme était un ami et qu'il fallait qu'elle se montre plus respectueuse et surtout qu'elle ne devait pas réessayer de le blesser, ou même de le tuer. Mais il n'avait rien dit sur les démonstrations publiques de haine absolue. Et s'il le lui faisait remarquer, alors elle jouerait sur l'ambiguïté de ses propos. Elle avait eu l'occasion de s'entrainer quand elle était gamine, sa mère appelait ça "jouait à l'imbécile". Et elle y arrivait très bien pour convaincre avec sa mère que "non, elle lui avait dit de ne pas s'approcher du village, mais qu'elle n'avait rien dit sur les champs voisins".

-Et … non, je n'ai jamais entendu parler de la Trace.

Pour elle, c'était un concept tout à fait nouveau, comment pouvait-on tolérer de marquer des enfants ainsi, et surtout : pourquoi est ce qu'elle, n'avait pas été marquée par la Trace comme les autres enfants. Pourquoi personne n'avait jamais remarqué son existence ? Personne n'avait jamais voulu s'aventurer jusqu'au bout du chemin de terre de Mark Beech. Pour qu'elle rencontre quelqu'un, il avait fallut qu'elle même trompe la vigilance de sa mère, des deux adultes moldus qui servaient sa mère et Juliette leur fille. C'était pour dire. En fait, il n'y avait que quelques personnes qui étaient allé jusqu'au bout du chemin, les derniers étaient ceux qui avaient détruit sa tranquillité et celle de ses proches.
Sophia avait des recherches entre-temps et elle avait découvert toutes les caractéristiques d'un sort de Fidelitas. Et sa mère avait été le gardien du secret. Conclusion : c'était de sa faute s'ils avaient trouvés la maison, c'était de sa faute si tous étaient morts.

-Je ... est-ce qu'on pourrait changer de sujet ? demanda t-elle en se raclant la gorge pour cacher le tremblement de celle ci.

Elle ne voulait pas blâmer les morts, surtout quand ces derniers l'avaient été par sa faute. Sa mère avait toujours aimé la vieille magie et surtout la magie ancienne. C'était vraiment de sa faute s'ils étaient morts et si son Soumetteur voulait détruire l'image rayonnante qui lui restait de sa famille parce qu'ils avaient oublier de lui apprendre quelque chose, Sophia ne l'aurait vraiment pas supporter. Mais alors pas du tout.

-Vous savez, j'ai vécu enfermée pendant toute ma jeunesse, quand j'étais plus petite, je pensais que ma mère voulait m'empêcher de voir le monde. Mais quand j'ai été enfermée dans des souterrains alors que je venais juste de sortir de ma cage dorée et là j'ai réalisé que ma mère savait parfaitement que je ne serais jamais en sécurité dans ce monde parce que je ne suis pas humaine. Elle avait ses raisons de ne pas m'enseigner comment m'enfuir. Parce que bête comme j'étais, je me serais certainement jetée dans la gueule du loup.


A la réflexion, elle n'avait eu qu'à prendre le train pour tomber dans les mains de des policiers qui plus tard avaient donné son adresse, brisant ainsi la protection du sort de Fidelitas, aux assassins des membres de ma famille. Elle pouvait donc dire qu'elle s'était véritablement jetée dans la gueule du loup.

-Et je n'en ai même pas eu besoin pour le faire.

Et voilà que maintenant, elle épanchait son pauvre petit cœur endeuillé sur l'épaule de son Soumetteur. Elle était pourtant plus digne que ça, elle ne voulait pas inspirer la pitié à Sham, c'était l'objectif qu'elle s'était fixée en le rencontrant, alors pourquoi est ce qu'elle se laissait aller là maintenant ? C'était complètement idiot.

-Excusez moi, je ne sais pas pourquoi je vous embête avec ça. …


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Sham Alasdair McBrashen
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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Sam 26 Fév - 16:26

Pas plus qu'à mes débuts dans l'Opposition je ne supportais qu'on s'en prenne à l'intégrité de mon mentor. Ethan Jones était, comme tout un chacun, passablement imparfait, mais je refusais de le croire capable de barbarie. Ce n'était pas un homme de terrain mais un stratège, un meneur. Un de ces personnages au charisme doux et discret qui pouvait vous convaincre de le suivre n'importe où. Sa personne m'avait toujours en quelque sorte fasciné. Tant que j'en avais conscience, je ne m'en plaignais pas. Je voulais bien être un pion, à condition qu'on ne passe pas ma cervelle par la cérémonie de lavage collectif.
J'avais envie de lui rétorquer que son opinion sur Ethan m'importait peu, qu'elle faisait sûrement erreur et que jamais au grand jamais, il ne s'autoriserait à jouer les savants fous sur un autre être humain. Trop de respect pour la race humaine en cet homme. Plus encore, j'avais envie de la provoquer en soutenant que certaines causes valaient quelques sacrifices, quand bien même les sacrifiés n'étaient pas de cet avis. Je me tus, pourtant, sans trop savoir pourquoi. Peut-être en avais-je un peu assez que notre conversation tourne autour de mes justifications. Justifications que je jugeais illégitimes. De Jones comme de moi, elle avait déjà dressé un portrait tranché et s'y accrochait de toutes ses dents. Qu'elle pense donc ce qu'elle voulait. l'avenir se chargerait de la détromper. Je n'allais pas me battre sans arrêt contre l'opinion qu'elle pouvait avoir de moi. J'avais plus important à faire.

Je ne pouvais pas mieux rebondir sur la question de la Trace puisqu'elle ne semblait pas avoir envie de s'y attarder et que je n'avais pas envie de la brusquer. La confiance était une chose trop fragile à détruire, même une fois construite. J'en étais à peine aux fondations. Les mises à l'épreuve seraient pour plus tard.
A force de me restreindre à réagir, je ne pus m'empêcher quelques mots au sujet de sa mère vénérée.

- Mentir par omission reste un mensonge, quoi qu'on en dise.

Je n'étais pas un adepte de la dissimulation. Au lieu de Lui mentir en lui cachant ce qu'elle était, sa mère aurait dû la mettre face à ses secrets pour qu'elle puisse grandir avec eux et s'en faire une force plutôt qu'une faiblesse qu'elle jetait à la face des gens comme des accusations.
Je sais. j'y allais peut-être un peu fort mais toutes ces dissimulations m'avaient toujours agacé. Mentir sous prétexte de protéger n'avait, à mon sens, jamais porté de fruit. Et surtout, comment pouvait-on réagir quand on s'apercevait que l'on avait été flouée? Apparemment, Sophia considérait que sa mère avait agi au mieux et si je n'étais pas de cet avis, ce n'était pas à moi de remettre ses illusions à sa juste place. La vérité avait un visage différent pour chacun et la mienne était peut-être tout simplement étrangère à la sienne.

Je l'assurai qu'elle ne m'ennuyait pas, réitérant ma réplique où je certifiai que j'avais envie de mieux la connaître. En définitive, c'était sans doute ce que nous étions en train de faire. Connaissance. Pas forcément en empruntant les voies les plus fréquentées, calmes et délicates, mais, indéniablement, je percevais mieux qui était Sophia R. Keeblyn qu'au tout début de notre entrevue.
Alice se taisait, ultra-attentive aux propos que nous échangions et, plus encore à mes réactions et à mes pensées. J'étais tellement habitué aux particularités de la petite fille que je ne m'en étonnais même plus. Elles faisaient partie de mon quotidien. Mais je me surpris à penser et à espérer que Sophia ne se rende compte de rien. En parallèle, je songeais qu'elle serait bien mal placée de nous juger en fonction de notre lien inhabituel, quand elle était elle-même si particulière. Peut-être était-ce pour cette même particularité qu'Alice lui portait un intérêt si grand, elle qui, d'ordinaire, se désintéressait rapidement des rencontres que je pouvais faire, pourvu qu'elles ne menacent en aucun la place qu'elle possédait dans ma vie. C'était elle la femme de ma vie et elle entendait bien conserver ce statut.


Nous continuâmes d'arpenter le cimetière d'un pas tranquille, en heurtant nos points de vue respectifs, avec toute la fougue ou l'assurance qui pouvaient nous caractériser.
Au bout de quelques temps, j'osais la question qui me brûlait les lèvres:

- Tu veux me parler un peu de ta vie d'avant?

Ca sonnait comme une offre d'amnistie, autant que comme une proposition de me raconter un peu ce qu'elle était. C'était également une manière détournée de l'amener à me raconter ses cicatrices. J'avais encore l'image de sa jambe, féminine et fuselée, entachée de marques qui n'avaient rien à y faire. Sans mentionner sa nuque...
Mon ton sous-entendait que cela la soulagerait peut-être, quand c'était ma curiosité qui était le premier moteur d'une telle interrogation. Alice dressait l'oreille, aux aguets. Elle partageait mon goût pour les historiques personnels. Moi, par attirance empathique. Elle, pour connaitre ces vies qu'elle ne connaîtrait jamais, cette normalité inaccessible. Avec Sophia, elle était bien tombée...
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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Mar 1 Mar - 19:28

Il semblait vraiment s'intéresser à elle. C'était bien la première fois que quelqu'un s'occupait un peu d'elle, et elle se sentait … étrange. Un peu fière ? Contente d'avoir quelqu'un à qui raconter sa vie, qui le demandait vraiment. Enfin, avant ça, il fallait d'abord bien vérifier qu'il s'y intéressait vraiment et que ce n'était pas un intérêt courtois. Quoique, … à la réflexion, elle se fichait royalement qu'il s'y intéresse ou pas, elle avait juste envie de parler de ce qu'elle aimait, de qu'elle avait fait. De parler d'elle et d'elle seulement.
Mais elle ne devait pas oublier non plus que cet homme était aussi un Opposant et, qu'il était potentiellement intéressé par des informations sur ce qui la constituait et pas sur quelque chose qui la concernait. En même temps, la curiosité pouvait certainement expliquer toutes ces questions mais quand même.
Sophia avait appris à se montrer méfiante à présent, une attaque de vampire avait suffit à ébranler sa barrière d'innocence et de naïveté, pour ne pas dire stupidité.
Mais ce qui était plus étrange, c'est qu'il n'avait rien dit sur lui depuis un bon bout de temps. Et puis la petite fille, Alice, ne pipait plus mots, non plus. Elle ne semblait pas assez petite pour comprendre les mots qu'ils prononçaient, mais est ce qu'elle pouvait les comprendre ? Et cet éclat d'intelligence qu'elle avait vu dans cet enfant ? Ces deux personnages étaient très singuliers. Peut-être même autant qu'elle-même l'était. Son soumetteur semblait lui cacher quelque chose, et c'était dans son droit, bien sûr. "C'est lui qui est aux commandes après tout", songea Sophia avec une amertume qui éclipsa son beau sourire. Et puis ne disait on pas que la meilleure défense était l'attaque.
Mais encore plus étrange il semblait penser, à juste titre il faut bien l'avouer, qu'elle avait eu une vie avant. Ce qui différait avec les autres qui avaient eu sa personne à surveiller, étant donné qu'ils avaient très clairement exprimé leur avis sur la nature de la jeune femme le dernier jour où ils avaient eu sa garde : un monstre.

Elle avait vraiment envie de se confier. Dire à quel point la vie était dure pour elle qui avait passé toute sa vie avec ses quatre volontés réalisées dans la minute qui suivait. Les heures de sommeils qui filaient sans qu'elle puisse gouter au plaisir de se laisser aller dans les bras de Morphée … Les quelques minutes à peine de répit entre son travail de jour et celui de nuit. Ce genre de chose. Qui mis bouts à bouts rendait la vie infernale à une Sophia devenue plus que maigrelette à cause de ces déplorables conditions de vie. Et Galiena, oh, Sophia ne lui en voulait pas de ne pas voir que sa cousine allait mal, elle l'avait déjà hébergée, lui enlevant le poids d'un problème qu'elle aurait eu vraiment du mal à régler toute seule.
Et bien sûr la jeune femme était trop fière pour le lui faire remarquer à grand renfort de hurlements et de larmes qui auraient été superflus l'un comme l'autre étant donné qu'elle était encore en vie malgré cette situation, ce qui signifiait qu'elle pouvait parfaitement y survivre, de plus, il n'avait pas à se plaindre ainsi. C'était tout, elle était trop fière pour se plaindre. Dans sa tête, elle se voyait à la manière d'une Walkyrie rousse, belle et fière. Mais soyons réaliste, elle était loin du compte. De plus, une Walkyrie ne laissait pas pleurer face à un vampire parce qu'il l'avait immobilisé. En plus, elle n'était pas assez en chaire pour être une Walkyrie, de un et de deux, cela faisait longtemps qu'elle avait cessé d'être belle avec cette tête de trois mètres de long et des valises sous les yeux.

- Je ne crois pas qu'il y ait une parcelle de moi qui vous soit inconnues, regardez vos dossiers.

Voilà qu'elle recommençait l'agressivité. Non, arrêtez de penser aux comparaisons avec la fierté des Walkyries, elle n'en était absolument pas une. Et puis cette mine de chien prêt à attaquer n'avait rien de l'élégance à laquelle elle aspirait. Automatiquement elle se sentit coupable, bien plus que d'habitude. Surtout peut-être parce qu'il y avait eu un ton parfaitement amical dans sa voix, un ton qui supposait qu'il voulait la paix entre eux deux.
Sophia ignorait à l'époque que ce sentiment de culpabilité allait régir sa relation avec Sham pour un bon petit bout de temps.
Mais elle devait se reprendre tout de suite, déjà par ce que ce n'était pas une bonne idée de se faire un ennemi de son soumetteur, et ensuite par ce qu'il n'avait pas l'air si méchant, bien qu'après son séjour, elle ait appris que l'habit ne fait pas le moine.

- Pardon,
murmura t-elle à contre coeur. Bien sûr que je veux parler.

Sauf qu'évidemment, elle ne savait pas quoi aborder, sans trop avoir à parler de ce qui lui tenait vraiment à coeur et qui consistait son jardin secret. Elle ne savait pas comment et surtout quoi dire. Sophia se demandait si elle avait envie de dire quelque chose, car après tout, elle commençait vraiment à apprécier cet homme.

-Je suis fille unique et j'ai grandi toute seule, bercée par les récits de voyages que mon oncle me faisait en revenant de ses soi-disant quêtes aux trésors. Et des livres que je lisais. Voilà.


Très mince, et il fallait s'attendre à se qu'il demande plus de précision, ça se sentait venir à des kilomètres. Mais si elle devait parler, il allait surtout falloir qu'elle fasse un immense travail sur elle même pour parler de sa vie. C'était tout ce qui lui restait de son passé, et elle ne savait pas si elle voulait le partager avec quelqu'un.

Elle regarda ses cicatrices sur ses mains pour ne pas avoir à le fixer dans les yeux. Il fallait qu'elle prenne un temps pour réfléchir, est ce qu'elle voulait lui dire ? Est ce qu'elle voulait lui dire pour sa famille ? Sophia sentit une grande vague de tristesse l'envahir, ses yeux la picotèrent et elle sentit les larmes menacer de couler. Ah non ! Elle n'avait vraiment pas le temps pour les larmes, ce que cela l'énervait d'être aussi sensible !

-Ma famille me manque,
avoua t-elle dans un souffle pour éviter de faire remarquer que le chagrin lui serrait la gorge. Elle me manque tellement. C'est de ma faute s'ils sont morts, j'aurais voulu ne jamais venir au monde. C'est de ma faute …

Elle baissa les yeux sur ses chaussures en s'efforçant de penser à des choses joyeuses, elle savait mieux que quiconque ce qu'elle était capable de faire quand elle était triste. Elle pouvait se retrouver à marmonner par terre comme un légume sans rien remarquer de l'extérieur et oublier ce qu'il s'est passé un peu avant.
Et elle ne voulait pas recommencer, elle avait ainsi perdu des mois de sa vie, bon elle avait oublié quelque chose qui l'aurait encore plus traumatisé, mais elle avait oublié. Tout oublié.


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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Dim 6 Mar - 20:36

Et merde.
Je n'avais jamais su comment réagir face aux larmes. J'aurais encore préféré qu'elle reparte dans son discours "vous vous servez de moi, je vous déteste et ainsi de suite" parce que c'était toujours plus facile à gérer. Je me souvenais de ma sœur aînée, usant de ses glandes lacrymales comme de son argument le plus percutant pour faire céder notre père. Qui cédait à chaque fois. Et qui réussissait à rallier notre mère à la cause de ma sœur. C'était ainsi qu'elle avait obtenu les choses les plus étranges et biscornues dès l'âge de cinq ans. Un ours en peluche de la taille de son lit, l'adoption du lutin dégoûtant trouvé sous le parquet quand je devais me contenter d'un banal crapaud, le retrait d'une punition qu'elle avait tout fait pour récolter, j'en passe et des meilleures.
Mais plus que de la méfiance, je ressentais surtout de la maladresse et une gêne innée face à la situation de ce moment-là.

Je ne me sentais pas de la prendre dans mes bras. Nous n'étions pas assez proches et puis... Non, je ne me sentais pas. Lui débiter des banalités? Ca n'avait jamais été tellement mon genre? Et puis, quelles banalités? Ca va aller? Qui y croirait? Moi le dernier. Lui dire que je comprenais? On avait tous subi des pertes de gens qui nous étaient proches depuis le début de cette guerre. Néanmoins, je n'avais jamais eu le sentiment que c'était de ma faute. Antarès pouvait être un peu malade quand il s'y mettait. Les gens disparaissaient pour le compte d'une guerre qui, pendant longtemps, n'avait pas été la mienne. La seule chose pour laquelle j'aurais pu me sentir coupable aurait été de ne pas les avoir protégé. Mais soyons réaliste, qui pouvait prédire qui frapperait quand et où? Et surtout qui?

'Arrête de cogiter, McBrashen.'

C'était tout moi, ça. Partir dans des questions mi-existentielles alors qu'il fallait (ré)agir.

- Je sais que tu ne me croiras pas mais ça ne m'empêche pas de te le dire. Tu n'y es pour rien. La faute revient uniquement à leurs assassins.

Facile à dire, je sais. Mais un peu vrai, malgré tout. Non?

- Tu ne peux pas porter ad vitam eternam le poids d'une faute qui n'est pas la tienne. Je veux dire... tout ce qui est arrivé est lié à...

Les mots bloquaient un peu.

- ... à ce que tu es. Mais la vie est une succession de choix. Qui a fait le premier choix qui a mené ta vie dans cette direction? Impossible à savoir. Il y a eu ta mère et depuis, tout ce qui t'a séparée de ce jour-là... Tous les sorciers qui se sont hasardés à toucher au temps le savent bien... la vie ne bascule pas toujours au moment que l'on croit.

'Pitié McBrashen, tu vas lui filer mal au crâne avec tes bêtises!'

Et il y avait plus efficace que le mal de crâne pour venir à bout des larmes.
Sans que je ne m'en étonne vraiment, ce fut Alice qui se montra la plus efficace. A coups d'images mentales, elle me poussa dans la bonne direction. Tendre un mouchoir. Sourire façon gentil. Oser un petit geste genre tapotement de la joue pour finir sur son épaule dans un geste un peu bourru de réconfort. Je n'avais pas suivi toutes les directives de la petite fille que je trouvais un peu... excessives. Elle en profita pour bouder. Me bouder, cela s'entend. Et pour adresser un beau gazouilli à Sophia. Trop mature pour être honnête. je n'avais pas une grande expérience des enfants (ladite expérience commençait et s'arrêtait avec Alice) mais quelque chose me disait qu'une gamine de cet âge ne devait pas être capable d'une telle concentration et d'une empathie comme celle-ci. Elle n'aurait pas dû être à même de percevoir la situation dans toute son ampleur pourtant elle tendit clairement les bras en direction de Sophia. Je la lui présentais. A elle de la prendre. Ou pas. Alice, avec ses pouvoirs étranges, était à même de la soulager. Elle avait des capacités terrifiantes mais était également capable de faire du bien. Je n'y comprenais plus grand chose. Sophia ne gagnerait qu'à la prendre. Au moindre soupçon de problème, je reprendrais le contrôle de la situation.

L'air de rien, le temps de lui laisser sécher ses larmes et de décider si oui ou non elle était tentée par un câlin Alice/Sophia, je lançais:

- Tu vois, en dépit de tout, on a quand même un point commun. J'ai toujours beaucoup lu.

C'était ce que je recherchais depuis le début. Un quelque chose qui nous rapprocherait. Même juste un peu. Pour que j'arrête d'être le grand méchant de l'histoire. Pour qu'elle se souvienne que j'étais aussi un être humain.

- J'ai eu une enfance sympa, ne va pas croire le contraire. Mais je trouvais toujours qu'il manquait quelque chose à ma vie. Et ce quelque chose, je le trouvais parfois dans les livres.

je n'aurais pas su décrire le quelque chose en question. Un peu de piment, d'aventure ou d'imagination. De l'extraordinaire.
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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Lun 7 Mar - 19:13

Il n'avait pas l'air d'y croire lui même, Sophia ne put même pas s'empêcher de sourire tristement, ce qu'il ne savait pas c'était que si elle pouvait contrôler le temps, elle savait parfaitement ce qu'elle essaierait d'empêcher, la seule erreur qu'elle avait commise et qui avait définitivement scellé le devenir de sa mère au moins. Et ça n'avait absolument rien avoir avec ce qu'elle était, loin de là.
Si la jeune fille n'avait pas désobéis à sa mère en s'échappant de la maison afin de découvrir le monde par elle-même et qu'elle ne s'était pas faite prendre par les policiers, jamais elle n'aurait eu à donner leur adresse, et si elle ne l'avait pas fait, jamais ils n'auraient su où les chercher. Elle avait trahi le lien de fidélité, sa mère était la gardienne du Secret et elle avait transmis le secret à Sophia, quant à Sophia, elle avait tout bonnement tendue sa tête et celles des membres de la famille sur un petit plateau d'argent.

Mais son sentiment était bon, à la base, alors elle ne lui en voulait pas trop. Elle sentait son chagrin menacer de pointer d'un instant à l'autre, mais elle devait à tout prix se retenir, cela prit quelques minutes mais elle réussit à ré-enfermer le monstre dans le fond de son cœur. Elle était plutôt ravie de voir qu'il n'essayait pas de lui faire la discussion, elle lui en était au moins reconnaissante. Ses larmes à peu près essuyées, elle tourna la tête vers eux et elle vit que la petite fille tendait les bras vers elle, elle eut un petit instant de recul et d'hésitation, mais elle prit l'enfant dans ses bras. Et elle ne put à peine s'empêcher de laisser un immense sourire s'épanouir sur ses lèvres. Elle était vraiment adorable, elle l'avait déjà penser quelques instants plus tôt, mais là elle était forcée de se donner raison bien qu'elle soit un peu plus inquiète de sa réaction : comment cette petite fille avait su qu'elle était si triste ? Elle n'ignorait pas que les enfants savaient ressentir la tristesse chez leurs parents, mais elles venaient à peine de se rencontrer. Elle assura la stabilité de la fillette sur sa hanche et amena sa baguette et le poisson par extension, vers Alice. Elle savait que pour une raison obscure, elle commençait déjà à se sentir un peu mieux. Et elle voulait faire autant plaisir à la petite fille qu'elle même avait de plaisir avec elle.
La jeune femme ne savait pas pourquoi, mais il y avait quelque chose de très déconcertant chez cet enfant, mais elle n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. Il y avait son regard bien sûr : vif, intelligent. Un regard d'adulte ou presque. Mais quelque chose en plus la dérangeait, il fallait qu'elle réfléchisse bien à ce qui la dérangeait.

Elle sourit en entendant qu'ils avaient un point commun, elle savait que son soumetteur était humain, bien sûr, mais elle n'aurait jamais douté que leur point commun devait être la chose la plus importante durant son enfance.

- Je …, elle s'arrêta un quart de secondes pour retenir un sanglot dans sa voix qui avait faillit éclater. Pour moi les livres ont été mes amis pendant toute ma vie, c'est en eux que j'ai tout appris. Ma famille était là mais, eux restaient constants, toujours.

Elle s'arrêta pour constater que ce qu'elle disait était complètement débile, et qu'avec son histoire de livres constants, elle allait vite lui faire très peur, et à la gamine aussi, ce n'était absolument pas son projet. Son idée en arrivant dans le cimetière, était d'impressionner son soumetteur par son esprit vif, son élégance naturel et son charisme hallucinant. Mais sa réussite n'était vraiment pas flagrante. Loin de là, elle était passée par une presque-altercation et des larmes, très loin de ce qu'elle voulait imposer comme image.

Et maintenant elle apparaissait comme folle avec ses livres. Bonjour le marketing !

- Enfin, la voix des auteurs a été la seule voix étrangère pour moi. Je n'ai jamais rencontré de personne à l'extérieur et eux m'apprenaient de nouvelles choses, ils étaient comme de nouvelles voix de ma tête. Des voix qui racontaient l'histoire, les sciences, des histoires, des légendes … Que des choses comme ça.

Il valait peut-être mieux qu'elle arrête tout simplement de parler des livres, c'était sûrement préférable, nettement préférable. Elle réajusta Alice qui glissait de sa hanche et contempla le poisson avec l'enfant en posant sa tête contre la sienne.
Qu'avait-il dit à propos d'Alice déjà ? Elle n'était pas sa fille mais sa filleule, cependant sa mère avait faillit être sa femme, quant au père, il était incapable de s'occuper de l'enfant. Sham était le parrain d'Alice, mais pourquoi avait-il accepté si sa mère était son ex ? Était-il si généreux ou s'était-il aussi trouvé un point commun avec le père d'Alice dans la douleur de la mort de cette femme ? Ou était-il tout simplement généreux ? Sophia songea qu'elle ne le connaissait tout simplement pas assez pour en juger. Et remarquant qu'elle le dévisageait de manière intempestive, elle retourna son regard sur le poisson et tenta de le toucher en même temps que l'enfant, même si elle savait, par expérience, qu'il était impossible de l'attraper.

- Pourquoi … hum, Pourquoi est ce que vous aviez l'impression qu'il vous manquait quelque chose ? Vous n'aviez pas d'ami ou de gens à voir pour vous amuser ? Je sais que les enfants ont des amis, enfin c'est toujours ce que j'ai vu. C'est comme ça partout non ?

Sa connaissance dans les mœurs des enfants était très limitée puisqu'elle n'avait connue qu'une enfant de son âge et celle ci était toujours hors de la maison pour voir ses amies, alors elle n'avait pas vraiment pu se trouver des amies. Les seules personnes avec qui elle avait été amie étaient les membres de sa famille et ses poupées quand elle avait moins de huit ans. Et c'était entièrement à cause de ça qu'elle s'était enfuie le jour de son quinzième anniversaire, dans l'espoir de voir et de rencontrer de choses nouvelles. On pouvait lui reprocher sa curiosité pour son soumetteur, par contre on pouvait facilement l'en excuser.


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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Mar 22 Mar - 19:58

CCPlus Sophia me parlait -ou laissait échapper - des bribes de ce qu'avait été son enfance, plus je m'interrogeais sur celle qui avait été sa mère. J'avais bien compris que l'exposer au monde constituait un trop grand danger pour cette dame mais il y avait tout de même des limites à ce qu'on pouvait faire endurer à une enfant. Il me semblait que tous les mômes avaient droit au minimum syndical: être insouciant et jouer avec des petits êtres humains du même âge. Ce que j'apprenais de ses jeunes années me perturbait plus que je ne le montrais. Je me permettais à peine un front plissé et concerné. Le sujet de sa mère était un peu tabou. Je doutais qu'elle accepte mes remises en question avec un grand sourire. Et mon rôle auprès d'elle ne me le permettait sans doute pas. C'était toujours la même chose, le double tranchant de la curiosité et des tentatives relationnelles. A poser des questions, on obtenait des réponses dont on ne savait que faire. Tenter de rester dans une discussion sobre et naturelle était déjà un exploit en soi.

*Bien, McBrashen. Rebondis donc sur tes propres expériences littéraires.*

Un donné pour un rendu me paraissait être un compromis relativement équitable.
Sauf que je n'avais aucune idée de comment expliquer ce que j'avais lancé en l'air de quelques mots. Ca n'était pas exactement le genre de conversation que je pouvais avoir avec Andrew ou mes camarades de promo. Encore moins avec Ethan. Quant à Maxwell... ma foi, c'était un elfe de maison. Et je prenais conscience, tristement, que mon univers se résumait à peu près à ce cercle d'intimes et de moins intimes. Ah! Si! Il me restait encore Emmy. Mais depuis l'arrivée d'Alice dans ma vie, j'avais moins de temps à lui consacrer. Et Natacha. Qui me battait un peu froid ces derniers temps. Champ relationnel restreint. Tant pis ou tant mieux, je n'étais pas prêt d'y remédier. Je m'imaginais mal arriver à l'Abbaye et lancer une petite session de discussion littéraire. Dommage. J'aurais aimé en apprendre un peu plus sur la littérature moldue. L'an passé, nous avions eu un programme de cours sur les contes. Un peu particuliers, mais intéressants. Rien à voir avec les histoires que l'on racontait au petits sorciers. Un de ces jours, je devrais peut-être faire un saut dans une bibliothèque moldue. Emprunter quelques bouquins et parfaire mes connaissances. Mais, même en ayant étudié les Ordinaires pendant ma scolarité et mon cursus universitaire, il y avait toujours tellement de choses qui m'échappaient, des détails, des références, des boutades. Il fallait s'accrocher et, une fois le temps des études, de la paternité et de l'Opposition passé, j'aspirais à me détendre les neurones.

- Je ne sais pas exactement... Même dans la vie des gens ordinaires, il y avait toujours ce petit plus qui la rendait extraordinaire. L'arrivée impromptue d'un élément extérieur, le début de l'aventure, la découverte ou le suspens.

En comparaison, ma vie à moi m'avait souvent parue bien fade.

- J'imagine qu'il me manquait surtout le point de vue extérieur, un narrateur pour raconter ma vie telle qu'elle était et lui donner de la saveur. Je crois que j'ai eu une enfance très calme. Rien à signaler. Et c'en était presque dommage. Quand j'étais môme, je trouvais que les personnages de mes bouquins étaient presque plus consistants que ma réalité. J'aurais bien aimé naître moldu. Eux doivent voir leur vie prendre un tout autre tour quand ils reçoivent leur lettre de Poudlard. Ou alors être Cracmol. Etre élevé en Sorcier pour me découvrir sans Magie.

Ca aurait été difficile mais ça aurait constitué en soi une aventure. Devoir s'adapter à un univers qui n'avait pas été le mien.
En cela, Antarès nous avait offert l'aventure. Un peu trop, peut-être. Il avait bousculé le train-train monotone de nos vies. Je gardais bien mon opinion pour moi.
Mais mon entrée dans l'Opposition, plus encore que ma soudaine décision de reprendre mes études, avait été pour moi le déclic pour me sortir de la vie toute tracée que l'on m'avait offerte à la naissance. Avoir l'illusion d'être maître, sinon de son destin, des décisions qui lui donnaient un tournant.

Je ne savais pas trop comment partager cette idée à ma toute nouvelle Soumise, ni n'étais certain d'en avoir envie. Le plus souvent, je préférais garder mes pensées pour moi. Ce qui leur permettait de rester libre.
Soulagé de la présence physique d'Alice, je me décontractais un peu tout en ressentant paradoxalement le vide de mes bras. Je savais qu'il me faudrait bientôt la récupérer. Ca n'était pas vraiment de la possessivité. Plutôt comme si j'avais besoin de sa présence près de moi pour me sentir exister à part entière.

Notre tour du cimetière touchait au terme. Le temps pour encore une ou deux questions. La prise de contact aurait été à la fois plus intéressante, plus riche, plus frustrante et plus dérangeante que ce à quoi je m'étais préparé. De toute façon, il faudrait nous revoir à un moment ou à un autre. Plus que jamais, j'entendais néanmoins lui laisser le maximum de liberté.

- Je suis un peu curieux mais... quel genre d'histoires aimais-tu particulièrement?

Dis-moi ce que tu lis, je te dirais qui tu es? Oui. Un peu.

- Ca va te paraître stéréotypé, mais j'adorais les histoires d'aventure, de découverte de pays lointains. Juste ce qu'il fallait d’exotisme et de suspens.

Et je piquais de temps à autre les bouquins fleur bleue de ma sœur. Mais ça, je le gardais bien pour moi.
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Sophia R. Keeblyn
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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Mer 23 Mar - 16:35

Sophia sourit franchement en entendant les récits de jeunesse de son Soumetteur, cela faisait vraiment bizarre de savoir qu'elle arrivait parfaitement à l'imaginer enfant alors qu'elle avait déjà eu beaucoup de mal à l'imaginer en propre humain. Le plus amusant était sûrement qu'elle avait aimé la lecture pour la même raison que lui. Sauf qu'elle l'avait certainement aimé encore plus que lui. Car même si sa vie avait été ennuyante, lui au moins avait pu aller dehors quand cela lui chantait, Sophia elle n'avait jamais eu le droit d'aller au-delà de son porche.

Elle aussi avait aimé s'imaginer que quelqu'un allait arriver et briser la monotonie qu'elle subissait jour après jour. Quelqu'un ou quelque chose. Et puis elle en avait eu marre d'attendre et elle s'était enfuie, préférant ne plus attendre d'être délivrée de sa prison dorée, elle s'était libérée tout seule.
Et Sophia parfaitement qu'elle serait toujours capable de se libérer toute seule une fois encore, mais qu'elle le ferait seulement si elle avait perdu tout espoir de voir quelqu'un arriver pour la délivrer. Que comme la dernière fois, il faudrait qu'il soit arrivé quelque de grave pour qu'elle perde tout espoir et accepte d'enfin de se servir de ses propre ressources pour … et bien, venir à sa propre rescousse.

Avec un sourire un peu diminué suite à cette révélation faites à elle même, la jeune femme se força à se reconcentrer sur son Soumetteur. Et remarqua qu'elle appréciait vraiment qu'il ait décidé d'arrêter de s'interesser au "cas Keeblyn" pour plus se concentrer sur Sophia tout simplement.
Elle lui jeta un regard amusé pendant qu'il ne la regardait pas et remarqua qu'il était plutôt pas mal comme humain pour quelqu'un qu'elle avait classé dans la catégorie des gens sans cœur pour participer et faire partie d'un régime politique tout à fait inhumain. Mais il fallait qu'elle se vire ce genre d'idée de la tête, elle allait vraiment se mettre à l'accepter, mais il en était vraiment hors de question qu'elle le fasse. Non, elle s'était jurée de détester à vie tous les Opposants et ce à vie. Ou jusqu'à ce qu'ils soient traduis devant la justice pour tous les crimes contre l'humanité qu'ils avaient commis.

Mais en attendant, elle ne pouvait tout simplement pas le snober royalement alors qu'il s'engageait sur un de ses sujets préférés, c'était au dessus de ses capacités et de sa volonté. Elle aimait les livres et elle aimait parler d'eux, après tout ils avaient été ses seuls amis d'enfance.

- Moi aussi ! s'exclama t-elle avec un grand sourire. Enfin je ne lisais pas que ça. J'ai tout après dans les livres. J'ai lu les livres d'Histoire, de Sciences, de Philosophie, de Sortilège, de Potions. En fait j'ai appris beaucoup plus vite quand j'ai eu ma baguette à sept ans.

Oui, au moins, elle était passée de la théorie pure à la pratique, bon, pour les Potions, son instruction avait été nettement plus longue et il avait fallu attendre plus d'une centaines d'explosion pour que sa mère ait pitié d'elle et accepte enfin de lui donner des cours. Le problème c'est qu'après, comme elle avait assimilé beaucoup de chose, il ne restait pas beaucoup de livres qu'elle n'avait pas déjà parcouru de long en large et en travers alors elle s'était mis au livre qu'il restait : les contes pour enfant et les romans. Elle avait très vite développé un goût très prononcé pour les contes, même si ça, elle ne l'avouerait jamais. Mais la seconde place, était vraiment accordée, sans aucune hésitation, aux romans policiers qui lui rappelaient les récits de voyages que lui racontait son oncle, quand il revenait. Mais quand il n'était pas là, il fallait bien quelque chose à l'enfant qu'elle était pour patienter sans râler.

- J'ai lu beaucoup de récits d'histoires. C'était mes préférés. , dit-elle avec un nouveau sourire, perdue dans les histoires de momies que lui racontait son oncle en revenant d'Egypte. J'avais besoin de ça pour essayer d'imaginer ce qu'il pouvait y avoir plus loin que le sentier qui menait à la maison.

Elle hocha la tête pour apprécier ses paroles. Ce chemin avait toujours été une tentation pour elle, jusqu'à ce qu'elle l'ait parcouru. La jeune fille avait été désenchantée en voyant ce monde qui ne ressemblait pas aux descriptions qu'elle en avait lu dans les livres et quand elle était rentrée, elle n'avait plus du tout envie de ressortir dans ce monde qui avait été trop dure avec elle et qui manquait singulièrement de couleurs.

Mais, comme Sham l'avait dit, elle devrait vraiment arrêter de vivre dans le passé. Maintenant, elle ne pouvait plus rester dans une bibliothèque toute la journée, elle était entrée dans le monde réel et avait compris pourquoi des gens écrivaient des livres. Il leur fallait bien une alternative, surtout pour les gens qui comme elle cumulait deux métiers pour joindre les deux bouts, et qui même avec ça n'y arrivait pas forcement.

Elle leva les yeux vers l'allée qu'il parcourait, ils n'étaient vraiment plus très loin de la sortie maintenant. Bizarrement, cette constatation ne lui apportait pas autant de réconfort qu'elle ne l'avait pensé. La corvée était finie, mais au final elle avait quand même envie de continuer de parler de livres avec lui. Si seulement il n'avait pas été un Opposant, elle n'aurait pas été obligée de le détester cordialement. Le pire c'est que maintenant, elle ne le voyait pas vraiment comme un "méchant", il aimait beaucoup les livres comme elle. Mais elle ne pouvait pas savoir s'il n'avait pas menti pour se faire bien voir à ses yeux, parce que si c'était ce qu'il avait fait, c'était très réussit. Elle se sentait même coupable de devoir le détester simplement par principe, même si contrairement aux autres il n'avait pas porté la main sur elle ni même traité de monstre. Au contraire, il l'avait défendu, bien qu'au passage il l'avait réprimandé d'avoir balancé une briquette sur un démon personnifié qui n'avait peut-être pas pris part mais avait certainement orchestré le meurtre de sa famille.

D'ailleurs, complètement hors sujet, mais cette pensée venait de lui traverser la tête en le voyant flotter un peu trop près de ses yeux, enfin assez pour la sortir de ses pensées. Le poisson. Elle pouvait arrêter le sortilège ou le faire durer. Si elle savait qu'elle ne voulait pas et ne pouvait pas apprécier Sham tant que sa période de culpabilité et de deuil par extension ne serait pas passée. Au moins jusque là, en espérant qu'il ne lui fasse pas un sale coup en attendant.

- Euh. Pour le poisson ? demanda t-elle en remontant la petite fille dans ses bras. Je peux faire durer le sortilège si vous me trouvez une poche d'eau. Si elle veut le garder.

Indirectement, c'était aussi pour jouer dans la même cour que lui, maintenant elle se sentirait coupable de l'apprécier un peu, alors s'il décidait de la faire disséquer ou n'importe quel autre coup tordu, elle osait espérer qu'il se sentirait coupable quand il verrait ce poisson dans son bocal.


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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Dim 27 Mar - 19:39

Un sourire se glissa sur mes lèvres sans mon autorisation mais je l'y laissai parce que je le trouvais bien là où il était. Un des vieux magazines que laissait traîner Andrew faisait état des effets bénéfiques du sourire sur soi-même et sur son entourage. D'après la fille qui avait rédigé cet article, le sourire avait un effet domino. Plus vous souriiez, plus on vous souriait et à récolter des sourires, on avait le moral qui remontait en flèche. Pas sûr que cette théorie soit efficace sur le terrain, mais, au quotidien, ça n'était pas une idée plus stupide qu'une autre. Je me servirai de Sophia comme de mon cobaye. Pour une fois que l'expérience serait positive, ça devrait la changer. Au mieux, ça mettrait un peu de calme et de bonne humeur dans notre début de relation. Au pire, elle me prendrait pour un simple d'esprit et je ne prendrais pas l'effort de la démentir. Renvoyer l'image d'un naïf vaguement illuminé était plus utile que passer pour un génie. Les gens se méfiaient moins, ou, du moins, en attendaient moins des premiers que des seconds.

Elle me grand-souriait. Je lui grand-souriais.
Peut-être que le cobaye, c'était moi, finalement... A d'autre! J'avais connu expériences plus traumatisantes.

Une bribe de ses paroles finit par arriver jusqu'à mon cerveau (j'étais peut-être plus simple d'esprit que je le croyais, en définitive...).

Une baguette? A sept ans? La vie de cette fille allait me rendre fou! Il n'y avait donc rien qu'elle ait fait comme tout le monde? J'en regrettais presque d'autant plus que sa mère soit morte. J'aurais aimé la rencontrer pour remettre quelques éléments au clair dans la manière dont elle avait éduqué sa fille. Evidemment, ça n'était ni mon rôle ni ma place et je me serais fait rembarré comme pas deux... Evidemment, je n'aurais jamais rencontré Sophia si elle était encore entourée par un semblant de famille... mais je me projetais parfois ainsi sur ce que j'aurais fait si. Ca permettait de prendre prise sur la réalité. Se dire "ok, là, je peux rien faire, rien dire mais j'aurais pu si seulement". ... Et hop! J'évacuais ainsi un poil de frustration.

Au lieu de m'étonner sur son éducation, je surenchérissais donc:

- Je connais un ou deux livres qui devraient te plaire... Je te les ferais passer un de ces jours.

Brièvement, il me sembla être revenu à Serdaigle, où je ne m'étais jamais senti plus à ma place. S'y livrait un trafic de bouquins à faire pâlir d'envie n'importe quel négociant un peu véreux. On s'y prêtait ouvrage sur ouvrage et on oubliait de se coucher sous prétexte d'une conversation en cours. Quitte à sombrer dans le stéréotype, mes collègues de chambrée et moi avions un point commun qui nous unissait tous: nous avions des meilleurs amis communs, à feuilleter, à déchiffrer, à dévorer. On était plus liés par des nourritures intellectuels que par des suées sportives. On bâtit des amitiés en fonction de ses affinités. Bref.

Je m'abstins de lui dire que je comprenais son besoin d'évasion. Soit elle m'avait bien perçu et c'était inutile. Soit je risquais une maladresse et ouvrais grand les portes pour une nouvelle déferlante d'accusations mêlées de culpabilité.

Nous étions parvenus au terme de notre petite promenade. Je trouvais tellement étrange de nous séparer là, maintenant. C'était, je ne sais pas, presque brutal. Nous commencions à peine à trouver un terrain d'entente et j'aurais aimé affermir cette base à notre relation, tout en étant conscient du danger que cela pouvait constituer. Le futur nous montrerait sans doute qu'une trop grande proximité entre nous n'apporterait rien de bon. J'étais Soumetteur, elle était Soumise. Une camaraderie viendrait brouiller cette hiérarchie. Ni elle ni moi ne l'avions voulu mais je ne pouvais malgré tout pas me permettre de faire de ma Soumise une amie. Peut-être étais-je figé dans des codes qui me dépassaient. Ou peut-être étais-je seulement mal à l'aise face à cette situation. J’envisageais seulement, une fois la guerre terminée, de rattraper ce temps perdu, et d'essayer de la connaître vraiment, pour ce qu'elle était et pas parce que quelques Opposants avaient décidé de la mettre sous ma responsabilité.

Nous verrions bien.

- Je crois qu'Alice aimerait beaucoup le garder.

L'enfant ne comprendrait pas les "ne t'inquiète pas, elle t'en fera d'autres". Elle avait une acuité certaine et inquiétante de la réalité mais certaines notions comme les hypothèses lui échappaient encore. D'autant plus que je ne pouvais pas lui promettre que nous nous reverrions tous les trois sous de bons auspices. Ni que nous nous reverrions tous les trois tout court. J'essayai de maintenir Alice au maximum à l'écart de l'Opposition. Et je doutais d'être amené à revoir Sophia dans le seul but de lui faire la conversation.

Le moment ds au revoir était venu et je ne savais pas trop comment conclure notre entrevue.
Alice était encore dans les bras de la jeune femme. Je décidai de l'y laisser jusqu'à ce que nos chemins se séparent pour de bon.

- Je t'enverrai un hibou dans quelques temps. Tu pourras le garder, ce sera le tien. J'aimerais que tu t'en serves pour... me donner des nouvelles.

Je ne voulais pas lui donner l'impression de la fliquer mais je ne pouvais pas non plus la laisser se balader dans la nature sans nouvelles. Ethan n'apprécierait déjà pas beaucoup de la savoir plus libre qu'il ne l'aurait souhaité. Mais ce serait notre compromis. La liberté contre la confiance.
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MessageSujet: Re: Les voies du Seigneur   Dim 27 Mar - 21:52

- Bien sûr !

Bien sûr. Que pouvait-elle dire d'autres de toute façon ? Elle n'était qu'une petit soumise à la volonté de "grands" hommes, grands ) prendre dans le monde, grands en honnêteté, oh non, ils ne l'étaient pas. Ce qui dérangeait le plus Sophia dans ce "Bien sûr", c'était qu'elle était vraiment d'accord pour le dire. Et que ce n'était pas qu'une simple formule pour dire " je suis à vos ordres, je ferais ce que je voudrais". Ou n'importe quelle autre formule pour dire qu'elle était à sa disposition.

Bien sûr, elle était ravie qu'il lui envoie des livres. Sa bibliothèque était dépourvue étant donné qu'elle n'avait pas eu le courage de traverser son ancien salon dévasté pour accéder à la salle des livres. Elle n'avait pas eu le courage de retourner les bergères renversées, ni de réparer le lustre ou l'horloge, ni de nettoyer les tâches de sang, ni de juste poser le pied sur le seuil d'entrée de cette pièce où tout avait basculé. Elle n'avait plus rien à lire qui lui rappelle les récits de sa jeunesse, les livres de son oncle étaient là bas. Alors bien sûr qu'elle était contente qu'il veuille lui en prêter quelques uns.

Bien sûr qu'elle comprenait que la petite fille garde le poisson. Même si elle comprenait moins bien pourquoi le fait d'avoir réussit à insérer un élément dans la vie de cet homme pour qu'il se sente coupable s'il arrivait quoi que ce soit à la jeune femme ne la réjouissait pas autant qu'elle ne l'aurait espéré.

Bien sûr qu'elle était d'accord pour lui envoyer de ses nouvelles par le hibou qu'il lui ferait parvenir, même si elle avait la désagréable impression que ce n'était pas pour lui raconter sa vie qu'il voulait qu'elle lui écrive. Mais elle était déjà très heureuse d'avoir un hibou à elle, et de ne plus avoir à requérir à sa cousine pour toutes ses commissions. Ça faisait au moins une belle perspective dans le fait qu'elle allait devoir rester en contact avec un homme qui la possédait presque pour ainsi dire, qui la gardait pour d'autres. Pour quand ils auront besoin d'une nouvelle personne à disséquer. Elle se voyait mal demander sa Résistante de cousine envoyer pour elle une lettre à un Résistant. Ni ce qu'elle lui aurait sortit pour lui expliquer pourquoi elle écrivait à de telles personnes. Non, Galy ne savait rien pour le moment, et c'était tellement mieux ainsi. Sophia ne voulait pas qu'elle s'en fasse pour elle. Elle ne voulait pas qu'on la plaigne, c'était vraiment la dernière chose dont elle avait besoin. Dont sa fierté avait besoin. Surtout tant qu'il lui en restait.

- Je le ferais bien sûr.

Oui que pouvait-elle faire d'autre de toute façon ? Ou dire ? La jeune femme ne se voyait absolument pas dire "Non, mon coco, là tu peux toujours prier et attendre pour que les Trolls commencent à philosopher !"Cela aurait été très déplacé, et ça n'aurait rien fait à part lui attirer juste un peu d'ennuis. Pour changer.

Alors qu'il fallait qu'elle lui soit reconnaissante. Il la laissait libre. C'était déjà bien. Elle s'était tellement imaginé des soumis collés à leurs Soumetteurs, obligés de les suivre dans les moindres de leurs déplacements. Et elle avait prié pour que ça ne lui arrive pas. Et ça ne lui arrivait pas. Il fallait vraiment qu'elle se tienne à carreaux maintenant. Qu'elle se fasse oublier en attendant que cela change. Et surtout le cacher à sa cousine, si celle ci le découvrait, alors tout serait bouleversé, et peut-être qu'elle était capable de tout détraquer, elle avec ses grands sabots.

Elle releva la tête vers lui, prenant quand même grand soin à ne pas le regarder dans les yeux. Ça, même malgré le fait qu'elle ait sympathisé avec lui et qu'elle le trouve très sympa et complaisant, rien ne la fera changer d'avis pour le moment. Mais elle lui souriait, c'était déjà ça non ? Elle était déjà assez intriguée, mais positivement, de le voir lui sourire comme ça. C'était tellement étrange. Mais elle ne pouvait s'empêcher de se sentir bien en sa présence. Et elle s'en voulait d'avoir l'impression de pouvoir lui faire confiance alors que s'il y avait une chose qu'elle avait apprit de ses livres, c'était que les pires sadiques se cachent toujours derrière les sourires, ils vous font de belles promesses jusqu'au jour où ils n'ont plus besoin de vous et qu'ils vous tuent avec ce même sourire qui vous a charmé sans éprouver le moindre remord.

Ou, elle commençait à avoir à des pensées glauques là, remarqua t-elle en frissonnant.

Ils étaient arrivés à la tombe d'Elizabeth Miles, celle la même où ils s'étaient rejoins pour leur entrevue. Là où elle l'avait vu en arrivant avec une petite fille dans les bras. Qu'elle tenait maintenant. Quelqu'un qui les aurait vu ce serait demandé ce qui s'était passé entre les deux. Elle se demandait s'il y avait un quelconque message à tirer de cette image. Probablement. Mais là elle ne voyait pas vraiment.

- Bon, et bien je vais peut-être pas partir avec la petite, fit-elle remarquer avec un petit rire.

Elle se rapprocha de Sham pour remettre l'enfant dans ses bras, un court passage où elle fut très près de lui et aussi très, elle rougit et recula dès que l'enfant fut soutenue. Elle rabattit une mèche de cheveux qui s'était échappé de son chignon derrière son oreille en fixant les pieds de son soumetteur pendant qu'elle rougissait. Elle les releva un peu pour tomber sur le poisson qui nageait tranquillement dans sa bulle.
Sophia se souvint qu'elle avait un petit sac en plastique qui avait hébergé son repas dans le train. Elle le sortit et se dressa sur la pointe des pieds pour attraper la bulle et son poisson qui commençait à s'élever lentement dans les airs. Avec un grand sourire, elle ferma le sac et le tendit à la petite fille en renonçant à effleurer sa joue comme elle aimait le faire avec son neveu.

Elle les salua, ils la saluèrent. Et ils se séparèrent chacun de leurs côtés. Sa raison lui conseillait d'espérer de ne plus le revoir, mais sa conscience lui murmurait qu'elle avait bien envie de le connaître un peu plus.
Mais il ne fallait pas.

Alors elle reprit le train qui allait vers Londres en regardant le paysage et à la moitié du chemin, elle retira ses inconfortables chaussures pour les baskets qu'elle utilisait en tant que serveuse et se dit, que cette rencontre n'avait pas été si terrible que ça.

FIN


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