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 Ca fait si longtemps...

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Isis Kitlee
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MessageSujet: Ca fait si longtemps...   Sam 6 Nov 2010 - 0:01

- Ah non… j’t’arrête tout de suite. Si je t’entends encore une seule fois te plaindre que tu tournes en rond, je te sorcièricide. C’est pas vrai … est ce que moi tu m’entends me plaindre?
- Mais tu es une femme, Femme! Tu as été habituée à rester enfermée dans une cuisine depuis la nuit des temps! joua-t-il d’un ton théâtrale qui ne se croyait pas. C’était sa façon de passer du bougonnement à la détente quand il se rendait compte qu’il allait trop loin. Néanmoins le meilleur moyen de rompre avec l’ennui des journées au château restait - ce qui était devenu son activité favorite - prendre la tête à Isis. Et pas qu’un peu. Tellement amusant - et immature - de la voir dans tous ses états. Chaque instant était l’occasion d’explorer une nouvelle manière de la faire crier. Certes. Pour s’activer à la faire crier, il existait des façons plus sardanapalesques* (cent Gallions à qui comprend ce mot sans regarder dans un GMC ou le Net) ; mais il y avait un moment dans la vie où même le plus grand fripon était fatigué des plaisirs primitifs.

A la dernière remarque d’Egon, Isis plissa les yeux, réprima une salve de grossièretés en reconnaissant le sourire goguenard de son cher et tendre emmerdeur. Sourire qui ne s’effaça nullement quand elle lui balança ce qu’elle avait sous la main.


- Arg! Emmeeeett! On cherche à me tuer! poursuivait-il sur sa lancée, esquivant de justesse un talon à aiguille qu’il n’avait pas eu le temps d’identifier avant que l’objet ne frôle son oreille gauche. Sauve qui peut! Le navire Résistance part en baguette! Iccam Rosà a perdue la tête! Elle cherche à me trucider avec... Il saisit l'escarpin et le regarda de travers, outré. Il fit des yeux tous ronds et se redressa de derrière le lit où il était tombé. T’es sérieuse, là? Des talons aiguilles? Isis Lapinou Kitlee, tu es...
- Si tu termines cette phrase je donne pas cher de ta peau Sutham, menaça-t-elle en pointant le deuxième escarpin. Surtout, ne dis rien, tu vas m’énerver. Non, en fait, tu m’énerves déjà.
- Pas possible. Je suis un ange incarné. Je suis l’Iccam le plus charmant de la Terre. Double sourire Email Diamant.
- Si c’était le cas, ça se saurait. T’as pas… je ne sais pas moi, une super réunion avec tes potes, Sacha à ramener à coups de pied au cul dans sa chambre, te battre avec l’autre folle asiatique…

Retour au bougonnement. Egon se jeta sur le lit, sérieusement blasé. Non. Pas de réunion. La misère. Le désert. Solitude et sècheresse. Le monde était calme et l’activité au château, aussi épaisse qu’une feuille de parchemin. Quant à Sacha, les deux garçons rivalisaient d’ingéniosité pour savoir lequel des deux ferait le plus chier l’autre. Sacha gagnait toujours. Egon en avait marre de perdre.

Le Lapinou finit par s’approcher à quatre pattes du lit, s’y accouda et fit ses yeux de petite fille perdue qui allait à coup sûr l’amadouer.

- Ou si tu ne sais vraiment pas quoi faire, tu peux m’aider à ranger tout ça ?

Le tout ça. Un amas de fringue en tas à jeter / à garder. Des trucs récupérés à droite à gauche. Du courrier. Un vieux numéro de la Gazette des Sorciers. Des jouets de Rhidow. Des parchemins vierges mélangés à des cours de Potions et de Botanique avancée, de Législation des Ingrédients et des Plantes Magiques, et de Stratégie des Sortilèges à foison qui, elle en mettrait sa baguette au feu, ne lui appartenait pas. Des photos. Des livres. Une collection de cassettes moldues dont elle n’avait aucun usage à Poudlard. Un vieux jeu de société avec la moitié des pièces manquantes. Une broche en forme de squelette qui ricanait, d’une provenance inconnue. Elle avait même pris le temps de sortir le tableau tombé derrière le bureau qui trainait là depuis au moins 3 semaines. La flemme de le faire avant.

- Ranger? Il avait l’air de découvrir le mot. Visiblement le regard de chatte ne fonctionnait pas sur l'homme quand il s'agissait du mot ranger. Il grimaça en regardant leur univers qui ressemblait à une foire miniature. Ranger, comment ça, ranger? Ranger avec mes mains, ma baguette, mon organisation légendaire et tout!?

Il esquiva le deuxième talon aiguille avec la même acuité.


One hour ago.

- Heu... Tu étais donc sérieuse. Tu ne me faisais pas une blague...

Il s’avança dans la pièce immaculée, son balai à la main. Il le posa n’importe où. Enfin. Comme tout était rangé et trié, on avait l’impression qu’il le posait n’importe où mais il l’avait mis à sa place habituelle. Par terre. Entre l’armoire et un bureau. A mesure qu’il avançait et se déshabillait en semant ses vêtements sur son chemin, son regard était happé par les détails de cette pièce qu’il n’avait plus vue dans cet état depuis qu’ils avaient investi les lieux. Il rentrait d'un tour de vol sur balai à Coolparadize avec Sacha. Oblitérant complètement l’idée qu’Isis avait été sérieuse quand elle lui avait proposé de faire du rangement.

- J’ai décidé de faire un peu de rangement dans nos affaires, trier les trucs qu’on garde et ceux qu’on n’a pas besoin…. Là j’ai un cours de sortilèges avancé des Phoenice, tu sais à qui ça peut être, parce que définitivement ce n’est pas à moi… Rhâ Egon, fais gaffe tu mélanges tout, le tas à gauche c’est ce qu’on donne et le tas un peu plus à gauche c’est ce qu’on jette.
- Oh... fit-il éberlué en regardant les deux piles. Il reprit dare-dare le maillot de Quidditch qu’il venait de mettre dans la pile à jeter.
- Alors...
- Alors quoi?
- Ce cours…
- Quel cours? Il savait très bien de quoi elle parlait mais il éluda la question. Il était fasciné par cette nouvelle chambre. Il redécouvrait des objets qu’il pensait avoir perdu. "Mais bordel!" Elle les avait mis dans la pile à donner. Il récupéra son jeu d’échec sorcier, une vieille plume que Destiny lui avait offerte, un bracelet en cuir et le calendrier 2005 de Poudlard avec toutes les signatures de ses copains.
- Sortilège avancé cycle Phoenice Zone, soupira-t-elle, lasse de se répéter. Et arrête de tout chambouler. Voilà, j’en étais sûre, t’as tout mélangé.
- Tout était déjà mélangé.
- Pas pour moi… mais t’as fini, oui ! Pire qu’un gosse.

Il déposa les affaires qu’il avait repêchées sur le bureau puis il s’arrêta de bouger et la dévisagea. Il devait penser que s’il se faisait assez petit, peut-être qu’elle oublierait de lui demander s’il pouvait l’aider.

- Mais qu’est ce que... Egon, ne me dis pas que tu veux garder ce jeu d’échec alors que tu n’y joue jamais pour ne pas dire que tu n’y as jamais joué. Ne me répond pas que c’est sentimental. Tu dis et tu fais n’importe quoi. Tu te fous sur le lit et tu bouges plus.

Le visage d’Egon semblait rassuré. Pas de rangement forcé. Il alla s’allonger sur le lit et ne fit plus que la regarder. Voler avec Sacha l’avait détendu. Néanmoins, il la surveilla en coin, sans en avoir l'air, pour savoir ce qu'elle faisait de son cours de Sortilèges Avancés.
Délaissant le fameux parchemin, elle finit par reprendre son rangement.


- Dis, au lieu de me mater, tu peux m’aider à ranger ?
- ‘Tu te fous sur le lit et tu bouges plus.’ C’est ce que je fais. Très studieusement même.
- Tu te fous de moi.
- Jamais de la vie.
* Mais bien sur, continue à me prendre pour une cruche… * , pensa-t-elle très fort. Elle soupira. De toute manière, elle se savait perdante. Il arrivait toujours à la faire sortir de ses gonds en un rien de temps.
- Il te suffirait juste de lancer un petit sortilège de rien du tout. T’es sorcier, t’es capable d’y arriver.
- Ah? Et toi? T’es quoi? Un céphalopode unijambiste?

Pour toute réponse Isis pointa un coin de la pièce où trainait un tas d’objets calcinés qui résultait de plusieurs de ses essais.

- C’était quoi avant? demanda-t-il, sans s’alarmer, en désignant le tas de cendres du menton.
- Une chaise, un rideau, et trois paires de tes chaussettes... entre autre. Tant que les sortilèges ne sont pas liés explicitement à la nature ou aux éléments, je contrôle rien et fais tout cramer. Mais franchement, faire du rangement sans magie c’est mission impossible. Je ne sais pas comment les non sorciers s’en sorte, mais c’est chiant à un point inimaginable, et long, bien trop long. J’en peux plus.
- Mais pourquoi tu as voulu ranger alors?
- Je m’ennuyais…
- C'est vrai que ranger, c'est tellement une activité sensationnelle...

Et les chamailleries reprirent de plus belle. Inlassable ritournelle pour fuir l’ennuie et oublier, un instant, leur cage.


- Non, mademoiselle.
- Et si je te privais de sexe.
- Fais-moi rire. Tu ne tiendrais pas une demi-journée.

Pour seule réponse, un roulement des yeux qui en disait long. Il n’avait pas tord. Elle lui chipa un baiser avant de retourner à son activité.

Il lui fallut encore une bonne demi-heure ponctuée par leurs joutes verbales, pour qu’elle déniche un trésor depuis longtemps oublié. Elle prit la boite de ferraille et la déposa consciencieusement sur le lit. Elle passa machinalement la main sur couvercle, se rappelant les bons souvenirs qui accompagnaient sa trouvaille, oubliant sciemment ses inconvénients.


- Tu te souviens du jour où on l’a gagné. Notre tout premier rendez-vous. Ca fait si longtemps… et si peu, en même temps.

Elle ouvrit la boite de Thés Mirage. Elle revoyait cette vieille Bergamote leur expliquer, devant une foule d’envieux, le fonctionnement des thés aux sept péchés capitaux. Elle se rappelait du partage arbitraire. De ce diner. Cette soirée au loft. La salle de bain en tenue d’Eve. La Paresse pour un voyage qu’ils voulaient tranquille et alors bien loin d’imaginer que cette simple saveur pourrait les mener à devenir les Iccams.

Isis grimpa dans leur nid pour se réfugier dans les bras d’Egon.


- Colère et Gourmandise m’appartenaient. Avarice était à toi. La Paresse était à nous deux, énuméra-t-elle, en pointant les cases manquantes. Il s’était mis silencieusement à lui caresser les cheveux pendant qu’elle ranimait ces réminiscences. J’ai aimé Thiam Phucci, notre première nuit sous la pergola. Inoubliable. La gourmandise au Pays de nulle part, enfin, avant notre première dispute.

Avec nostalgie, elle prit l’un des sachets, avant de continuer sur un ton un peu plus guilleret.

- Luxure, celui-là tu me l’as offert, se remémora-t-elle, jouant avec le thé magique avant de le reposer dans son écrin. Elle leva les yeux vers son compagnon qui était devenu bien calme. Tu ne dis rien, Egon.


Dernière édition par Isis Kitlee le Ven 8 Avr 2011 - 2:10, édité 2 fois
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca fait si longtemps...   Dim 14 Nov 2010 - 14:49

- Jeunes gens, et vous plus particulièrement monsieur, après avoir goûté mon thé magique, il s’est avéré que vous avez été tiré au sort grâce à l’enchantement qui distingue les Thés Magiques de Bergamote Tourdemain, trois gallions les six sachets de Thé Mirage, en promotion jusqu’à la fin de l’été dans le magasin du 7 Cromwell street, à York, des autres thés. Vous avez dû vivre l’effet Mirage qui a fait la réputation de mes créations pour en arriver à gagner ce magnifique coffret des Thés Magiques les plus rares, ‘Les 7 péchés capitaux’, d’une valeur de 1700 gallions.

"Qu’est-ce qu’il y a dans ces thés pour qu’il valent aussi cher?"

- Chaque sachet porte le nom d’un des sept péchés capitaux. Lorsque vous déciderez de les faire infuser, selon le thé, une propriété magique extraordinaire vous sera accordée, réalisant ce que vous désirez ou voulez selon le thème du péché. Il n’existe que trois boîtes comme celle-ci sur Terre et je vous offre à présent la dernière.
- Je comprends rien, râla Egon à haute voix.

Exaspérée, la vieille femme descendit de l’estrade où elle s’était perchée pour se donner des airs et s’approcha de lui. Elle lui murmura avec énervement:
- Si tu te fais une infusion Gourmandise, il y a de grandes chances que le thé fasse apparaître devant toi les mets les plus fabuleux, les plus succulents qui existent. Capite, jeune homme?
- Capito.
- Ainsi, vous découvrirez ce que l’avarice, la luxure, l’envie, la colère, la gourmandise (Bergamote adressa un regard noir à Egon), l’orgueil et la paresse peuvent vous apporter de positif...
- Qu’est-ce que la colère pourra bien m’apporter? Interrompit une nouvelle fois Egon.
Bergamote redescendit de son estrade et comme la première fois se pencha entre Isis et lui et lui répondit énervée.
- C’est une métaphore. En vous faisant infuser du thé Colère dans un moment où vous êtes contrarié, peut-être que cela fera apparaître une force décuplée en vous, ou peut-être qu’au contraire cela apaisera vos sens... c’est votre esprit et votre imaginaire qui décidera. C’est comme cela que fonctionnent mes thés: ils dépendent du sujet.

Bergamote termina son speech. Egon n’écoutait plus, il la laissa faire sa publicité et en profita pour demander tout bas à Isis:
- Je te laisse Colère (trop aléatoire pour moi) et Gourmandise. En espérant que tu retrouves le goût. Je garde l’Envie et l’Orgueil. Il en reste trois... Je te laisse les distribuer de façon à ce qu’il y en ait un pour toi, un autre pour moi et un dernier à partager tous les deux, tout à l'heure quand nous pourrons enfin partir d'ici...
Courte réflexion, il compléta:
- Et, heu, je crois aussi que tu peux garder le sachet Luxure. Il me fait bien peur celui-là et je crois que j’ai eu ma dose de nichons à l'air pour aujourd’hui.
Egon était resté silencieux. Les souvenirs lui revinrent par vagues difformes. Le sentiment était curieux, pénible et agréable à la fois.

Egon n’aimaient pas les souvenirs. Si tôt que la vie passait, il aimait oublier ce qui avait été. Il était rare de le voir revenir sur un évènement qui n’était plus. Il avait pris cette habitude depuis la mort de Deneb et, plus récemment, la mort de Baten. Il y avait indubitablement des instants moins agréables de la vie que la mémoire se devait de trahir en les plaçant sous clé. Il fallait s’entraîner à effacer, à dulcifier les souvenirs. Pour des raisons d’équilibre interne, il avait pris cette habitude d’oublier au fur et à mesure et la mesure protective avait été étendue même aux souvenirs les plus tendres. Il provoquait sciemment ces amnésies. La vie passée était la vie passée.

La petite boîte en fer le ramena trois années en arrière. C’était un temps où ils apprenaient encore à se connaître. Il y avait l’agréable. Isis et lui attablés dans ce restaurant aérien du Chemin de Traverse. Les voilages autour de leur table. L’odeur exquise de la nourriture. La douceur de son visage éclairé à la bougie. Les confidences d’Isis sur le désir qu’elle ressentait pour lui. Il en était tombé de sa chaise. Littéralement tombé de sa chaise. Le premier baiser. Les premières caresses. La montée fulgurante et animale du désir. Le besoin irrationnel d’être en elle. L’ouverture de la boîte. Le premier voyage avec les Thés Mirages de Bergamote Tourdemain. L’arrivée à Thiam Phucci. La nuit douce, le réveil brutal. La rencontre avec Rhidow. Les rires idiots quand l’enfant les questionnait sur les cris qu’avait poussé Isis. Iccam Rosà, Iccam Umbrès... puis, les souvenirs moins agréables. L’avarice, Venise, Duchesse. La première dispute. La colère dans un wagon de train conduit par le bonhomme pain d’épice et la gourmandise qui était et restait un vilain défaut.

Ce voyage et les Thés Mirages avaient ouvert les portes de ce qui était devenu son futur. S’il retournait en arrière et qu’on lui donnait la chance de recommencer tout à zéro, il s’était un jour questionné: Referait-il la même chose à la virgule près? Il n’était pas certain d’accepter le lot. Mais cela aurait peut-être voulu dire ne jamais rencontrer Isis. Ne jamais l’embrasser. Manquer tout ce qu’ils avaient vécu depuis... perdre Rhidow. Ceci valait bien cela. Il n’avait aucun regret si regretter signifiait vivre en les ayant perdu tous les deux.

Il la serra contre lui pour effacer cette hypothèse monstrueuse de son esprit. Il était heureux où il était. Quelle que soit la condition qu’il avait acceptée pour avoir cette femme entre ces bras.
- Si... si, je parle, dit-il encore un peu songeur, en sortant de sa léthargie.

Sans quitter le contact avec Isis, il se pencha vers la boîte qui était ouverte devant eux. Isis venait de reposer Luxure. Quatre compartiments étaient vides. Du bout de l’index, il survola chacun des trois sachets restant: Luxure, Envie et Orgueil.

Eux qui étaient enfermés dans le château avec une interdiction formelle de sortir, cette boîte de thés pouvait être une porte de sortie acceptable. Emmett n’avait jamais interdit aux Clés et aux Iccams de boire du thé. Egon se redressa complètement en sortant Orgueil de son compartiment. Il le présenta à Isis entre son index et son majeur avec un air séditieux:
- Besoin d’évasion? Suggéra-t-il. Les Thés de Bergamote Tourdemain, 1700 gallions les sept sachets de thés. Une affaire exceptionnelle pour vous sortir de votre ennui et en provoquer d'autrement plus importants! N'hésitez pas, les essayer, c'est les adopter!

L’idée était dangereuse. La dernière fois qu’ils avaient bu ces thés, ils étaient devenus les réincarnations divines les plus recherchées du pays avec pour mission la sûreté du monde magique. Que pourraient-ils leur arriver de pire? Egon avait déjà connu la mort, Isis l’avait frôlé plus d’une fois, ils étaient déjà parents d’un joli garçon centenaire, punis pour une durée indéterminée et consignés dans les sous-sols de ce sordide château... pouvait-on sérieusement faire pire?

Sans le dire à Isis pour ne pas être le sujet de boutades, Egon avait repris les cours par l’intermédiaire d’Enki qui enseignait parfois à Phoenice Zone. Le seul but était de combler son ennui tout en progressant toujours un peu plus en parallèle des entraînements avec Mareva. La séquestration forcée lui décuplait son besoin de se dépenser et de faire fonctionner ses neurones. Sa scolarisation secrète avait fait naître de nouvelles ambitions. Il espérait pouvoir un jour léguer TASKS à Ariane, Leigh et Natacha pour travailler au ministère ou qu’importe... quelque part où il pourrait vivre à cent à l’heure. Il aimait le danger. Il aimait le risque. Cette boîte de thés était un risque à petite échelle - ou un divertissement à grand échelle - à compter que même une partie de d’échec sorcier devenait un luxe tant l’ennui mortel dont ils étaient la cible depuis bientôt quatre mois lui faisait craindre de finir par se transformer en légume.

Il s’assit, chipa un baiser à sa compagne au passage, et ne lâcha pas Orgueil qu’il brandissait avec résolution. Orgueil était son thé d’après le partage aléatoire qu’ils avaient fait à l’époque. Luxure, se souvenait-il devait être le dernier thé à être bu. Son côté coquin l’avait toujours rendu curieux de savoir ce que recelait ce dernier sachet.

La pensée lubrique se dilua par le besoin encore plus grand de satisfaire son besoin d’exercice physique et de hardiesses mentales plutôt que le soulagement de ses hormones... qui ne l’avait jamais autant été depuis ces derniers mois. A tourner en rond, un homme et une femme finissent très vite par trouver à s’occuper avec ou sans jouet. Mais même le sexe ne revêtait aucun attrait quand il était effectué par défaut.
- J’ai besoin de m’échapper et toi aussi... je ne vois pas d’autre solution sans éveiller la colère d’Aeterna... à moins que tu préfères encore une fois qu’on aille te chercher par la peau des fesses chez Cullen.
"Vous avez un nouveau message..."
- Alors? On se tire d’ici? Sourit-il, bravache.




Iccam
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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca fait si longtemps...   Mer 17 Nov 2010 - 23:13

« Message reçu… »

Son escapade lui avait coûté beaucoup.
De un, elle avait pu constater que même énervé, Emmett restait compréhensif. Pas un seul reproche n’avait fusé, malgré qu’elle n’ait pas respecté les règles. A ses yeux, elle avait trahi la confiance qu’il avait mis en elle en autorisant ses nombreuses et fréquentes sorties. Et la confiance était quelque chose de très chère à l’iccam.
A la imite, pour se sentir moins coupable, Isis aurait préféré qu’il s’énerve. Parce qu’à son tour, elle se serait énervée. Avec un peu d’imagination aurait claqué la porte et se serait poser en martyr à toutes les oreilles compatissantes.
Etre victime pour ne plus se sentir coupable.
Coupable de les avoirs inquiéter pour rien. Coupable de se voiler la face et de s’accrocher toujours à sa vie publique au lieu de rester sagement en lieu sur. Coupable d’être… immature.

Son escapade lui avait coûté beaucoup d’amour propre. Pourtant, elle ne la regretta pas.


Pour palier à l’un de ses plus gros défaut, et se prouver qu’elle était apte à ne plus causer de souci aux gens qu’elle aimait, Isis se résolu à ne plus demander de sortir du château.
Si Egon avait fermé sa gueule, pour reprendre son langage, elle avait bien vu qu’il s’était inquiéter de ne pas la voir revenir. Inquiétude tut et cacher derrière un masque impassible qu’elle perçait de plus en plus souvent en trois année de vie commune.

Il y avait quelque fois, enfin beaucoup de fois, où Isis désirait passer outre sa propre règle mais elle tenait bon, toujours. Elle se reposait sur son compagnon. Il arrivait plus ou moins bien à gérer son enfermement malgré son besoin omniprésent de vivre à cent à l’heure, alors elle était capable d’y arriver aussi.

- Alors? On se tire d’ici?

Finalement, ils ne géraient peut être pas aussi bien l’enfermement que ça. Et la proposition était bien trop alléchante pour qu’elle respecte une si petite promesse faite à elle-même. Et puis techniquement, ils ne sortaient pas du château. Indiscipline quand tu nous tiens.

Pour toute réponse, Isis s’étira de ton son long pour récupérer leur vieille théière de la pile à jeter sans quitter le lit. De sa trouvaille elle récupéra l’anse en métal, la cassa en deux, mis les deux morceaux dans sa paume, se concentra et créa deux tasses. Un sortilège basique qu’elle arrivait à effectuer sans trop de difficulté.

Depuis son escapade, Isis passait son temps à explorer sa magie. Elle avait l’impression d ‘être retournée en première année du collège sauf qu’elle était son propre professeur. Elle expérimentait que des sortilèges de bases et de défense. En gros, elle savait créer des boules de feu en guise de lampe qui restait la forme de son travail la plus stable. De cet ersatz, elle arrivait à découler des propriétés de défense, non négligeable. Elle arrivait aussi à métamorphoser toutes choses inertes en restant dans des formes simples. Et bien sur, elle maitrisait les éléments ce qui lui permettait en un claquement de doigt de remplie d’eau chaude la théière dans laquelle elle plongea le sachet de thé à 1700 gallions.


- Tu sais que de toute manière, on se fera avoir par Emmett...



Orgueil


Le thé était fin prêt. Ils avaient préparé une besace dans laquelle se trouvaient la boite des thés, deux trois affaires de rechange, et un peu de nourriture. Ils s’étaient changés et habillés en conséquence de leur voyage.

La dernière fois, ils étaient arrivés nus sur Thiam Phucci. Habiller à la mode Shalimancyenne dans la chambre de Rosà. Revêtus à la mode du 15ème siècle à Venise. Pour qu’Isis finisse en tenue sucrée puis nue dans le train de la gourmandise. On peut dire qu’il avait eu beaucoup de chance de ne pas se battre cul nu tout on long de leur aventure.


Souriante, Isis s’assit sur le bord du lit. Elle prit une des tasses servit par Egon. Avant de la boire, connaissant parfaitement leur fonctionnement, elle se colla à Egon
.

- Je n’ai pas envie d’être séparé comme au moment de l’avarice, murmura-telle à son oreille avant de boire une gorgée de l’infusion à la menthe, puis l’embrasse tendrement sur la joue. Redoutant plus que tout d’être séparé de son aimé.

L’avarice les avaient conduit au carnaval de Venise en l’an 1415. Dès leur arrivé, ils avaient été séparés, contraint de survivre en plein milieu d’une guerre au nom de la Prophétie de centaure. Elle avait été prisonnière d’Anafesto qui désirait plus que tout enfermer les iccams et les déités dans sa salle au trésor. Egon avait été contraint d’usurper la place d’un de ses aïeuls pour sauver Isis.


Quand elle ouvrit les yeux, elle soupira soulagée de ne pas se trouver aux prises d’un second Anafesto. D’ailleurs, elle fut assez contente que personnes étaient dans les alentours.

Elle se releva en même temps qu’Egon. Le lapin nain qu’elle était le laissa gérer le danger de la situation tranquillement. Elle préféra passer son temps à s’attarder sur les environs.

Les ruines envahies par des herbes hautes surplombé une magnifique vallée. Le soleil haut dans le ciel se reflétait dans un lac bordé par une immense forêt. Entre les ruines et ce dense rideau végétal, un saule cogneur se dresser fièrement dans la plaine verdoyante.


- J’ai l’impression d’être déjà venue ici….

Isis tourna sur elle-même pour la troisième fois sans que ce sentiment la quitte. Mais elle n’arrivait toujours pas à déterminé où. Pourtant elle en avait vu des sites avec des vieilles pierres. Pendant toutes leur vacances, ses parents l’emmenaient toujours visiter des vieux sites


Le couple était descendu de la colline pour se rapprocher d’un sentier qu’Egon avait vu. Le chemin de terre les emmena vers d’autres ruines. A la différence prés qu’un large pan de mur n’était immaculé. Aucun végétaux ne l’avait envahit. Curieuse, Isis s’approcha de l’édifice intact, et le contourna.

Elle se figea.
Ca y est, elle savait d’où venait son impression de déjà vu.


- Poudlard

Ce lac, ce saule cogneur, cette dense forêt… ces ruines étaient Poudlard.
Et sur le mur des souvenirs devant lequel elle se tenait lui annonçaient la sinistre vérité. Dans la liste des élèves décédés lors du combat blanc, l’un des noms brillait. Tremblante, elle passa la main sur les lettres graver pour être sur qu’elle ne rêvait pas.

Isis Kitlee



« Ca m’apprendra à contourner mes propres règles… »
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Ca fait si longtemps...   Lun 29 Nov 2010 - 1:07

Et si Isis avait été tuée pendant le Combat Blanc? Que signifiait cette alternative? Dans quel monde avaient-ils mis les pieds? Un monde, assurément, où la jeune Iccam n’avait pas croisé le chemin de Seth Cullen. Un monde où Seth n’avait pas été chargé, par les soins d’Egon et ceux de Sacha, de la tenir écartée des dangers.

Dans l’immédiat, il fallait découvrir ce qui se cachait derrière les anomalies de cette époque. Egon avait saisi la main d’Isis. Loin d’être perturbé par la découverte du nom de sa bien-aimée sur le mur de pierre, il sourit avec légèreté.
- N’est-ce pas ce que nous étions venus chercher? De l’aventure et des mystères? Nous sommes servis, mademoiselle, ne nous plaignons pas, la nargua-t-il avec pragmatisme. Les étrangetés avaient peut-être fini par assouplir l’entrain de l’ancien Gryffondor dont il fallait plus qu’un nom sur un monument commémoratif à une époque alternative pour mettre en alerte tous ses signaux de défense. Quand bien même ce nom était celui de sa petite amie. Ce qui comptait, avant toute chose, était qu’au bout de sa main, fermement maintenue, Isis était toujours là.

Les environs étaient calmes. Un vent automnal courbait la cime des arbres et quelques oisillons aventureux s’échouaient sur les branches dégarnies. Egon parcourut les autres noms qui avaient été gravés sur le mur du Souvenir. Lyes Ashton. Ethan Collins. Catherine Cranendwall. Cédric Diggory. Juge Lara Impartial. Sullivan McAlistair. Gern O’Brian. Ecko Sagementi. Dans l’ordre alphabétique, juste à côté d’Isis Kitlee, il manquait quelque chose…
- Deneb Kaïtos… il… il manque Deneb.

Cette fois, son self control partit en fumé. Il camoufla la réaction que cette constatation avait provoquée avec le plus grand mal. Une soupe un peu trop salée d’excitation et d’appréhension pompa d’un coup son air décontracté. Il détestait être pris par surprise et se retrouver face à ce genre d’incidents qui risquaient à tout instant de rouvrir les blessures. Les plaies ne lui faisaient plus aussi mal qu’avant. Mais les cicatrices avait cette fascinante vertu à lui cisailler le cœur en deux. A le brûler.

Il s’accrocha plus fort à la main d’Isis pour se retenir de défaillir et, sans hésitation, il prit la direction du château.
- Je veux savoir, lâcha-t-il assombrit.

Aux abords d’un sentier qui menait tout droit aux marches de la porte principale, ils virent au loin les premiers signes de vie. Quelques élèves. Des groupes qui se dirigeaient vers l’entrée principale. Une prise de conscience l’arrêta dans son élan:
- Si, ici, tu n’existes pas et qu’on découvre que tu es vivante, tu vas provoquer quelques chocs cardiaques...

A peine sa phrase terminée, que des voix et des rires s’élevèrent derrière eux. Un groupe de joueurs de Quidditch qui revenaient du terrain, munis de leurs balais de tenues aux couleurs des quatre maisons.

- Cette fois on vous a rétamé! paradait l’une des filles en sautillant autour d’un Serdaigle.
- Oh ! Ca va... c’était un accident. Et puis nous sommes toujours en course contre Serpentard pour la deuxième place.
- Dix buts, ce n’est pas un accident! contrecarra une seconde voix.
- Si tu penses que Serpentard va se plier au souafle des Serdaigle, tu te fourres le doigt dans l’œil.
- Vous avez bu du Felix Felicis, avouez! Les Poufsouffle n’ont plus rien gagné depuis des lustres!
- Comme vous êtes mauvais joueurs! On a mérité notre victoire!
- Je suis sûre que l’Iccam Rosà a fait pencher la balance! s’amusa un Gryffondor.

Egon se raidit. Avait-il bien entendu? Iccam Rosà? Non... Il la tenait par la main l’Iccam Rosà. Si Isis n’existait pas dans ce monde, il ne pouvait pas y avoir d’Iccam Rosà.

Le groupe s’aperçut de la présence d’Isis et Egon et s’arrêta de marcher d’un seul bloc. Les joueurs dévisagèrent Isis mais firent à peine attention à Egon. Celle qui paraissait la plus jeune groupe, toutes couleurs de maison confondues, leva son bras en direction d’Isis et bégaya:
- Tu... tu... tu... v... vous... vous... vous voyez ce que... ce que je vois, les mecs?

Les autres acquiescèrent, mortifiés. Ils étaient pâles comme les fesses d'un fantôme. Trois d’entre eux sortirent brusquement leur baguette. Egon fut aussi diligent. Il se plaça entre Isis et eux et les menaça en même temps de la sienne, brandie avec fermeté:
- Gentil... Cool... on va vous expliquer, dit-il.
- Pousse-toi, Egon! dit Winnie Iscarioth, elle n’est pas ce que tu crois. Isis est morte.

Sur ces entrefaites, une dernière joueuse fit son apparition. Le tatouage d'Egon réagit instantanément. Il ressentait les picotements liés à sa présence. Elle était fièrement juchée sur son balai, un antique InterStella 555 qui rasait le sol à une allure endiablée et presque dangereuse. Elle fit un virage de dernière minute pour se poster au milieu des deux groupes et elle ralentit si inopinément que tout le monde leva son avant bras devant ses yeux pour se protéger de la bourrasque que son freinage avait engendré.
Egon l’avait craint et elle était là. Fière, belle, déroutante, en chair et en os. Vivante. Deneb.
- Holà! Qu’est-ce qu’il se passe ici? questionna-t-elle à la volée. On ne peut plus vous laisser seuls sans qu’il survienne un drame?

Elle sauta de son balai avec adresse, le gardant dans la main droite et s’avançant vers Egon sans hésitation. Elle passa son bras libre autour de sa taille, faisant fi de la baguette d'Egon toujours dirigée vers les joueurs, et sourit avec détachement en murmurant:
- Toi, forcément, tu es toujours dans les embrouilles.

Sans qu’il ait pu réagir, elle colla sa bouche contre la sienne et l’embrassa d’un baiser des plus naturels. Il resta immobile. Surpris. Attaqué. Pris en otage. Distrait par le naturel déconcertant avec lequel elle s’était élancée contre lui. Elle rouvrit les yeux et, derrière Egon, s’aperçut alors de la présence d’Isis. Deneb cligna deux fois des yeux et se recula de quelques centimètres de la bouche du Gryffondor:
- Alors ça! Quelle surprise! s’étrangla-t-elle. Personne ne meurt donc jamais complètement dans vos foutues histoires? Isis !!! Ma pote!!! Hey! Shanty! T’as vu, C’est Isis!

Et Deneb éjecta littéralement Egon sur le côté pour s’offrir un chemin direct vers son amie qu’elle serra de toutes ses forces contre elle:
- C’est bien toi? C’est vraiment toi? Mais je pensais que tu étais morte!!! Ils ont dit que tu avais été tuée pendant le Combat Blanc!

Alors qu’insouciante, Deneb s’était jetée au cou d’Isis, ses compagnons, à dix lieues d’être émus, avaient à présent armé leurs baguettes et jeté leurs balais à terre. Y compris Shanty qui paraissait des plus méfiantes. Tous étaient près à en découdre avec cette illusion revenue des enfers. Un jeune homme en vert, perça l’assemblée et se posta en tête du cartel:
- Iccam Rosà, reculez de cette personne. Elle ne peut pas être Isis Kitlee. J’ai vu Isis mourir de mes propres yeux... C’est certainement encore un piège de Sacha de Lansley et d’Antarès.

Le garçon qui avait parlé n’était autre que Liam Cullen. Juste après l’arrivée de Deneb, il avait atterri derrière le groupement de joueurs. Le beau blond aux boucles d’or arborait les couleurs de sa maison. La petite réunion d’étudiants ressemblait à l’après-match d’une rencontre amicale d’anciens élèves. En effet, en y regardant de plus près, Egon releva que leur équipement et leurs tenues étaient griffés de l’insigne d’une des ailes de Poudlard University. Ainsi, cette Deneb Kaïtos était à Clover et Liam Cullen, à Unicorn Ring. Parmi les autres Gryffondor, Egon ne connaissait personne. Il reconnut néanmoins Ellis et Terence Orphens, Winnie Iscarioth et Shanty Bendla.

Deneb s’interposa une nouvelle fois. Elle leva sa baguette au-dessus de sa tête, délaissant un instant Isis et lançant un maléfice qui fit disparaitre toutes les baguettes des mains de leur propriétaire pour les faire réapparaitre quelques secondes plus tard dans la sienne:
- Je sais encore reconnaître mes amis. C’est Isis. Je vous dis que c’est Isis.

Deneb pinça Isis à la joue pour prouver que la jeune fille n'était pas une illusion ou tout autre chose. Elle alla même jusqu'à la renifler.
- Polynectar, mes fesses! Et vous avez vu ces joues? Liam, sans déc', toi qui l'as déjà vue sous toutes les coutures, me dis pas que tu ne la reconnais pas. Même si elle semble un poil plus vieille que la dernière fois que nous l’avons vue, je vous dis que c’est Isis. Mon cœur ne peut pas me tromper. Et si mon amoureux est avec elle, c’est qu’elle ne représentante aucun danger... pas vrai, Iccam Citrouille? demanda-t-elle en prenant Egon à partie.
- I.. Iccam Citrouille... Ben voyons...

Deneb sourit.

Improvisant et incapable encore de réfléchir ou de savoir quoi faire, Egon baissa enfin sa baguette et se tourna vers Isis avec un regard complice et à la fois désolé. Pour le moment, tant qu’ils ne comprenaient pas la vie dans cette nouvelle farce de Bergamote Tourdemain, la prudence était de rigueur.
- Oui... Citrouille. Elle ne représente aucun danger. On vous expliquera mais pas ici, dit-il pour jouer le jeu et gagner du temps.

Enchantée, Deneb les abandonna pour se diriger vers Liam et lui tirer une boucle dorée, l'obligeant à pencher la tête sur le côté:
- Cullen, tu prends ton rôle de Gardien un peu trop à cœur. Tu parles d’un jeu de Clés. Vous êtes une sacrée bande de paranos, ouais! Allez, on rentre tous au château. Douches et ensuite rendez-vous dans la Grande Salle pour fêter la victoire des Poufsouffle.

Un Gryffondor bougonna à l’intention de Deneb:
- J’suis quand même sûr que t’as triché, Iccam Rosà.

Shanty hésita un instant et dépassa Isis, la tête baissée, sans s’adresser à elle, apparemment très perturbée de la voir belle et bien vivante.

- Et moi, je suis sûre que tu n’es pas Isis, sourit Liam en emboîtant le pas à Shanty. Pour la simple raison que j’ai vu mon frère la tuer de mes propres yeux. Et ce qu'il lui a fait, personne ne peut y survivre...

Tous s’étaient mis à marcher en suivant Deneb. Egon et Isis restèrent en arrière. L’Iccam reprit la main d’Isis:
- Sacha du côté d'Antarès, Deneb vivante, Liam Gardien, Shanty - et peut-être d'autres encore - remplaçant les Clés que nous connaissons... Okay. Orgueil et préjugés, nous voici. Quoi qu’il arrive ici, deux règles, s’il te plaît: 1/ N’oublie pas que je t’aime. Aussi perturbante soit l’apparition de Deneb. C’est toi que j’aime. 2/ Rappelle-moi de faire un débriefe avec ma psy en rentrant...

Deneb Kaïtos - Iccam Rosà
Clover Spring
(diplômée)
ancienne Poufsouffle
Liam Cullen - Gardien
Unicorn Ring
(diplômé)
ancien Serpentard
Shanty Bendla - Passeur
Clover Spring
(diplômée)
ancienne Poufsouffle
Winnie Iscarioth
Poenice Zone
(2ème année)
ancienne Poufsouffle
Terence Orphens
Hawk Ring
(diplômé)
ancien Serdaigle
Ellys Orphens
Moon Shadow
(diplômée)
ancienne Poufsouffle
Andrew Tyler
Clover Spring
(diplômé)
ancien Gryffondor
Eden Sanders - Miroir
Moon Shadow
(diplômée)
ancienne Gryffondor


Mareva Coolwater - Kalista
(professeur de sciences politiques à Poudlard)







Iccam


Dernière édition par Egon Sutham le Dim 3 Avr 2011 - 21:12, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Ca fait si longtemps...   Sam 11 Déc 2010 - 2:55

- Quoi qu’il arrive ici, deux règles, s’il te plaît: 1/ N’oublie pas que je t’aime. Aussi perturbante soit l’apparition de Deneb. C’est toi que j’aime.


Alors, fait en sorte qu’elle ne te tripote plus.
Elle ne le dit pas.

Elle s’empêcha de déverser sa colère. Elle garda le goût de son impuissance remplir tout son être. Elle enfouie sa douleur au plus profond d’elle. Rester impassible, pour se protéger, pour ne pas dire quelque chose qu’elle regrettera.

Elle l’aimait. Il l’aimait. Ils s’aimaient.
Pourtant, leur premier amour respectif restait intact. Jonathan avait rebattit sa vie au Canada, Deneb résidait dans les souvenirs d’Egon. Ca allait de soi. Chacun respectaient la présence des premiers et de leurs marques indélébiles dans le cœur de l'autre. Ils écrivaient ensemble la seconde page, à quoi bon jalouser la première.

Pourtant, Isis qui avait autant que possible veillé à ne pas s’aventurer sur le terrain de Deneb, là, elle était plongée au plein cœur d’un cauchemar. Au quotidien, elle gérait la cicatrise Citrouille, l’oubliait très souvent, et évaporait les minuscules doutes qui pouvaient résider d’un seul geste. Ce n’était pas aussi aisé quand le fantôme était devenue chair et os.

La jalousie n’avait pas lieu d’être. Isis se raccrochait à cette idée. Deneb était morte, enterrée et, plus qu'un souvenir. C’était la réalité et la seule chose qui comptait. Deneb n’existait plus. La copie qui l'avait embrassé n’existait pas. Elle ne pouvait pas être jalouse de quelqu’un qui n’existait pas. C'est tout ce qui comptait, pour ne pas défaillir et faire n'importe quoi au nom de la sacrosainte jalousie.
Alors. Elle ne le dit pas.


Les blessures allaient s’ouvrir, si elles ne l’étaient pas déjà. Il ne montrait rien, se camouflait derrière son pragmatisme, son expérience au sein de la Résistance à gérer des situations improbables. Se protéger de la douleur. Elle ne le voyait pas, mais le ressentait.
Egon se montrait professionnel, calme, et maitre de la situation en apparence du moins. Il restait protecteur et rassurant, comme toujours. Il n’avait rien fait, n’y était pour rien. Ce n’était pas lui qui avait fait renaitre de ses cendres son premier amour. Ni lui qui s’est jeté à son coup pour lui fourrer sa langue dans la bouche.
Pourtant, une partie d’Isis désirait lui faire du mal. Le blesser, autant que ce baiser l’avait blessé.
Elle le niait, le nierait à jamais. "Non ce n’est pas grave, elle ne savait pas qui tu étais." "Je sais que tu m’aimes." "C’est cool, pas de problème, on gère comme on peut, c’est qu’une broutille, on en a vu d'autre". Ca pourrait être des phrases qui sortaient de sa bouche. Erronées toutes autant qu’elles étaient car la seule vérité résidait dans le contraire. Ca n’allait pas. Elle ne le supportait pas cette image de la parfaite petite Citrouille collé serré avec son mec.
Mais déverser sa rancœur et accuser à tord Egon ne résoudraient rien. Empirer les choses à coup sur.
Donc. Elle ne le dit pas.


D’ailleurs, elle ne dit rien. Rien du tout.


Quand il finit d’énumérer sa deuxième règle. Isis continua à rester muette.

Elle n’était pas la reine du camouflage sentimentale. Ce qu’elle ressentait se reflétait inlassablement dans ses yeux, dans ses traits, dans ses gestes. Si Egon ne savait pas de quoi ils retournaient exactement, ils avaient déjà sentit que sa petite amie était tourmentée. Ils avaient déjà mis en œuvre ses protections, des regards rassurants, des c’est toi que j’aime, des blagues idiotes. Pourtant quoi qu’ils fassent, Isis ne pouvaient, ne voulaient, se résoudre à ne pas donner d’importance à ce baiser. Parce qu'elle saignait dans son coeur.


Elle fuit son regard, délaissant les yeux bleus pour suivre les silhouettes qui grimpaient vers les ruines. Plus de parole à écouter alors elle retira doucement mais fermement sa main de l’étau. Elle ne voulait plus le voir, l’entendre, ni le toucher, tant qu’elle n'avait pas les idées claires. Elle pourrait le blesser. La dernière fois, la dispute s'était fini lui en Myr, elle avec son cadavre dans le lit. Elle ne réitérait pour rien au monde cette gourde. Elle s’enveloppa de ses bras et commença à suivre le groupe. Seul le parfum d’Egon et le gout amer de sa jalousie resta inscrit sur elle, en elle.


Il lui fallut une dizaine de pas pour être à la hauteur d’un des gryffondors qu’Egon ne connaissait pas, Andrew Tylor. Il les attendait, souhaitant rendre la situation plus amicale et les surveiller, enfin la surveiller. S’était-elle le danger.

Dans son monde, Andrew et lapinou avait eut une aventure en septième année. Brève et agréable. A priori ça n’était pas le cas dans cette réalité vu qu’Isis était décédée avant. Aussi bavard que dans son monde, le Clover lui parla du bon temps. Si la petite rose ne prit pas part à la conversation, elle glana quelques infos importantes sur sa double vie. Les plus intéressantes se résumaient à trois points. Pour commencer, Jonathan Mateo avait été son premier petit copain et s’était noyé accidentellement dans le lac noir deux ans avant le combat blanc. La seconde, qui découlait de la première - et qui restait une constante quelque soit la réalité - elle avait couché avec la moitié des garçons et des filles de Poudlard pour noyer sa peine. La troisième, bien plus étonnante au vu de la réaction de l’intéressé, résidait dans le fait qu’avant le combat blanc, la rumeur disait que Liam et Isis projetait de se marier malgré le fait qu’ils n’avaient jamais confirmé leur relation.


- Tu connais notre Gardien, il ne confirme ni n’infirme jamais rien… et toi non plus. Alors, c’est la vérité, vous comptiez vous…
- Arrête ça tout de suite Andrew. Ca ne la regarde pas. Ce n’est pas Isis, même si Deneb affirme le contraire. Ce n’est pas Isis. Pas notre Isis. Pas ma Isis.

Traversant le hall dans lequel ils venaient d’arrivés Shanty déboula comme une furie. Elle récupéra Andrew et l’obligea à la suivre dans l’un des corridors qui avait été reconstruit car dans le Poudlard que la vrai iccam connaissait, ce couloir n’existait pas.
Isis ne l’avait jamais vu comme ça, aussi méfiante, autant sur la défensive. Le dégout mêlé à la peine la blessa profondément. On aurait pu penser que voir sa meilleure amie disparu depuis des années aurait été un merveilleux cadeau, pourtant les retrouvailles avaient un gout amer. Isis récupéra ses larmes avant qu’elles se fassent la malle sur ses joues.

Derrière elle, on prit Egon à part pour le mettre dans la confidence et on le tint éloigner d’Isis. Devant elle, Terence et Ellys lui demandèrent de les suivre. Le but, éloigner l'iccam Umbrès d’Isis, et éloigner Isis des étudiants. Ceux là même qui s’agroupaient dans le hall épiant la ressuscitée avec un mélange de crainte et de curiosité. Isis eut même le loisir d’être l’initiatrice de 3 malaises successifs.


On l’emmena dans une pièce ultra protégé. Le lieu ressemblait à une salle de réunion où les Résistants se rassemblaient pour débriefer leur mission. Ellys déposa un verre de jus de citrouille devant elle avant de sortir de la salle. A la dernière minute, elle rebroussa chemin.

- Tu sais, Shanty…

- est choquée. J’comprends.
A vrai dire. Isis était aussi choqué qu’elle de la voir en chair et en os. Elle comprenait, même si ca faisait mal.
- Et pour ce qu’Andrew a dit hum… Eden est avec Liam maintenant. Tu sais tout comme ça.

D’ailleurs à ce moment là, Liam tout beau tout propre entra à l’autre bout de la pièce en compagnie de la Kalista, Mareva Coolwater. Au moins une donnée qui ne changeait pas à défaut de s’en réjouir. Ellys et Terence sortirent et firent entrer Deneb au bras d’Egon.

Dans les mètres carrés se trouvaient maintenant, Les trois Iccams, le Gardien, La Kalista. Chouette.

Pas tout à fait. La porte se rouvrit pour accueillir Eden Sanders.
Dernière gryffondor mystérieuse de toute à l’heure. Nouvelle petite amie de l'ex de la défunte Isis, et accessoirement Miroir. Rajouter à cela que découlait d’elle l’envie de voir l’Iccam Rosà ressuscité à dix pied sous terre et vous avez la description la plus complète. Comment Isis pouvait elle le savoir. C’est exactement comme ça qu’elle-même regardait Deneb.


- Shanty viendra plus tard. On peut commencer.

Assis en face d’Isis, La Kalista tout imposante qu’elle était. Sur sa gauche, Liam adossé négligemment au mur, épiait les iccams. A la droite de l'asiatique, assise studieusement, le Miroir épiait Liam. Derrière Isis, Deneb qui avait posé amicalement la main sur l’épaule d’Isis, prête à réaffirmer ses dires et à contrer les arguments de ses clés.

Chouette. Vraiment très chouette.




Dernière édition par Isis Kitlee le Mer 19 Jan 2011 - 16:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Ca fait si longtemps...   Mer 22 Déc 2010 - 22:31

‘Miroir pour Eden. Kalista pour Mareva. Gardien pour Liam. Passeur pour Shanty. Iccam Rosà pour Deneb. Iccam Umbrès pour Egon. Antarès sera toujours Antarès. Mais à ses côtés, Seth et Sacha font la différence. Seth a tué l’Isis de ce monde pour une raison encore inconnue. Liam a été témoin de ce meurtre... or, il était censé épouser Isis. Poudlard est quasiment en ruine mais visiblement en cours de reconstruction. Cette drôle d’addition ne me suffit pas. J’ai besoin de plus d’explications. Une seule chose me turlupine. Ai-je un autre Moi dans cette histoire? Isis est double. Pourquoi pas moi?’

Ce fut à cet instant que Mareva prit la parole.
- Il ne peut pas y avoir deux Iccams Rosà.

Tout le monde hocha la tête de manière plus ou moins prononcée pour soutenir cette assertion. Egon ne bougeait pas mais restait sur le qui-vive.

. . .

Quand on avait essayé d’éloigner Isis de lui et qu’il s’était brièvement retrouvé seul avec Deneb, il avait refoulé sa colère du mieux qu’il avait pu pour ne pas provoquer de changements climatiques ou ruiner ses chances de se fondre dans le paysage sans qu’on se pose de questions à son sujet.
- Ramène-moi près d’elle, avait-il requis avec fermeté.
Deneb en avait été étonnée. Elle avait essayé de le calmer d’un sourire indulgent. Elle connaissait ses regards et comprenait que celui, ardent, qu’il lui jetait à l’instant ne trouverait l’apaisement que si l’on répondait à sa requête. Egon ressentit chez elle un changement net d’expression. Son visage s’était abandonné à un velours opaque de sentiments qu’il ne pouvait plus interpréter. Elle se fermait et devenait méfiante. Il restait une ouverture à peine plus petite que le siphon d’un espoir. Elle attendait de lui des explications. Quelque chose n’allait pas et maintenant qu’ils étaient seuls, elle comptait obtenir des réponses.
- Où l’as-tu trouvé? Tu as disparu depuis deux jours et tu reviens avec une fille qu’on croyait tous morte.
- Si je t’explique, tu promets de me croire et de ne pas le dire aux autres?
Deneb parut encore plus suspicieuse. Un peu perdue. Le siphon se rétracta encore. S’y faufiler devenait de plus en plus ardu mais Egon ne devait pas perdre sa seule alliée dans cette histoire. Il s’obligea à se décontracter malgré l’apparente méfiance qui naissait en Deneb. Egon avait l’air très mystérieux, devait-elle penser. Etait-ce le même Egon qu’elle avait abandonné entre leurs draps deux jours auparavant, dans la maison Kaïtos? Elle acquiesça à la question d’Egon.
- Tu ne m’as jamais menti. Je peux croire tout ce que tu me diras. Même si ça me blesse, je sais que tu ne me mentiras pas. Parle-moi avec honnêteté... qui es-tu?

Son visage était impassible. Elle dévisageait Egon. Ce dernier se demanda à quel moment il s’était trahi. Y avait-il une époque où elle ne lirait pas en lui comme dans un livre ouvert? Il fut passablement bouleversé de la voir garder son aplombs tout en consentant à l’idée qu’elle était en face d’un homme qui prétendait être son compagnon et qui ne l’était certainement pas. En voyant la mine dubitative d’Egon, elle sourit en lui prenant la main: - Je te connais comme si nous avions été conçus avec un cerveau et un cœur pour deux. Je connais tes regards et tes baisers. Tout à l’heure, tu ne m’as pas rendu mon baiser et, maintenant, ce qui brille dans tes yeux quand tu me demandes de te ramener auprès d'Isis, est plus brûlant de désir que tous les regards que tu m’as adressé jusqu’ici. Alors qui es-tu?
- Je suis Egon.
- Je le vois bien. Je suis d’accord pour dire que tu es Egon et qu’elle est Isis. Je le sens. Je le sais. Mais pourquoi n’êtes vous ni l’un ni l’autre, notre Egon et notre Isis? Où est mon Egon?
- Je ne sais pas... Nous sommes ici grâce à des Thés Magiques qui nous ont été offerts par une vieille sorcière s’appelant Bergamote Tourdemain. Ses Thés ouvrent des sortes de passerelles vers des mondes parallèles... nous sommes arrivés tout à l’heure, devant le Mur du Souvenir, et nous ne savions pas encore l’environnement dans lequel nous avions débarqué. Dans l’époque d’où nous venons, Isis est Iccam. Je suis aussi Iccam et, plus encore qu'être Iccam ou poussière, je suis avec elle. C'est-à-dire que je l’aime.

Deneb resta silencieuse un long moment. Egon préféra passer sous clé le passage de l’histoire qui précisait que Deneb était morte. Néanmoins, rien qu’à voir son expression quand il lui avait dit aimer Isis, il sembla à Egon que Deneb avait compris la raison pour laquelle une telle chose pouvait être rendue possible. Ni maintenant, ni ailleurs, il n’aurait pu vivre sans elle, de même qu’elle serait incapable de vivre sans lui. Ni maintenant, ni ailleurs, il n’aurait changé son amour pour celui d’une autre. Jamais il n’aurait cessé de l’aimer sauf si l’aimer était devenu impossible. Or, la seule manière de rendre leur amour impossible était que l’un d’entre eux n’existe plus. Elle n’existait plus. Elle était morte. A son époque à lui, elle était morte et son cœur était libre.
Ils furent interrompus par l’arrivée de Mareva et Liam : - Allons voir de quoi il en retourne, dit calmement Mareva en faisant signe à Egon et Deneb de les suivre.

Ils traversèrent plusieurs couloirs. Deneb n’avait pas prononcé un mot depuis qu’ils avaient quitté le hall. Ils arrivèrent enfin près de la porte d’une salle de réunion où Ellys et Terence les attendaient. Egon se plaça par courtoisie derrière Deneb pour qu’elle entre la première. Il ne savait pas du tout ce qu’elle allait faire des informations qu’il lui avait transmise. Elle restait imperturbable et concentrée.

‘Ne leur disons rien pour l’instant et continue de jouer le jeu. J’ai peur de ce qu’ils feront, à elle ou à toi, s’ils apprennent que vous provenez d’une autre... heu... passerelle?’, finit-elle par lui murmurer par la pensée juste avant qu’ils n’entrent dans la salle. Egon hocha la tête, étonné que cette Deneb sache communiquer par la pensée, réagisse à tout avec autant de sérénité et démontre un contrôle sans précédent sur ses émotions.
Il désira expérimenter rapidement le lien télékinésiste qui les unissait: ‘Si je veux parler avec toi, tu m’entends?’
‘Oui, répondit-elle, je n’entends que ceux qui désirent communiquer ainsi avec moi. Si tu n’avais pas accepté ma voix dans tête, elle n’aurait pu y entrer de nouveau.’
‘Bon à savoir...’

. . .

- Shanty viendra plus tard. On peut commencer, suggéra Eden, quelque peu bravache et nerveuse.

La réunion impromptue ressemblait à un tribunal et Egon n’aimait pas beaucoup le tour que prenait le rassemblement. Heureusement, protectrice, Deneb se plaça derrière Isis.

Elle prit la parole en premier: - Je sais qui est cette Isis, révéla Deneb.

Secoué et abasourdi, Egon s’en voulut soudain de lui avoir prêté sa confiance. Il croyait la connaître mais, il fallait se rendre à l’évidence, ici, rien n’était certain.

Liam s’approcha d’Isis et se plaça à sa droite. Egon affecta un petit réflexe de défense et se posta à sa gauche, face aux autres. La main d’Egon était en alerte, à proximité de sa baguette. Il était prêt à en découdre avec n'importe lequel, Deneb en tête.
- Vous souvenez-vous de cet être masculin qui était double dans la Prophétie? Delfino? Poursuivit-elle. Nous avons fini par penser qu’il s’agissait d’Egon et d’un de ses descendants. Ils se voyaient en réflexion à travers un miroir. Et si la même chose existait pour la réincarnation mortelle de la Rose, émit Deneb. Et si j’avais un antagoniste?
- Si tel était le cas pourquoi la Prophétie n’en fait-elle pas mention? Riposta Eden en croisant les bras.
- La Prophétie suggère sans cesse qu’il existe toujours un envers et un endroit à chaque personnage. Une force à deux facettes. Chacun trouve son équilibre en trouvant son double. La Prophétie nous dit qu’Egon a un double. Nous sommes en déséquilibre si l’Iccam Rosà n’a pas son double, expliqua lentement Deneb sans se laisser perturber par l’agitation d’Eden.

Egon écarquilla alors les yeux, incapable de chasser son étonnement face à l’audace de Deneb. Il fut rassuré de comprendre qu'elle n'essayait pas de les vendre. Au contraire, elle essayait de jouer les exégètes en prêtant à la Prophétie des significations qu’elle n’avait probablement pas, afin de mieux faire accepter la présence d’Isis. En semant le doute. Toutefois, songea-t-il, cela ne ferait que reculer le problème et gagner du temps. Le temps qu’on se mette à analyser ladite Prophétie pour se rendre compte qu’il n’y avait nulle trace de double féminin pour l’Iccam Rosà et que, de nouveau, on en revienne à l’énigme plus terre à terre de la présence d’une Isis supposée être morte.

Néanmoins, la conjecture de Deneb fut entendue et les cerveaux fonctionnaient à plein régime. Les deux seuls dont la suspicion ne paraissait pas faiblir étaient Liam et Eden. D’ailleurs, l’ancien Serpentard prouva la vivacité de ses réflexions et ne se laissa pas abuser pour l’hypothèse de Deneb.

- Ca n’explique pas en quoi cette personne serait votre double.
Deneb sourit à Liam en se penchant de côté pour intercepter son regard :
- Tu me gardes bien de moi-même, Gardien, le récompensa-t-elle d’un sourire incrédule, mais tu penses en sot. Tu penses petit.
Liam se raidit et encaissa. Deneb semblait avoir toute autorité et accepté pleinement le rôle d'Iccam leader qui mènerait ses troupes aux combats. Elle paraissait motivée par une telle foi et une telle assurance qu'Egon en retenait son souffle.
- Qui était Iccam Rosà avant que je le devienne? Demanda-t-elle à l’attention de tous.
Tous les yeux convergèrent vers Isis. Il y eut un très long moment de silence.
Ainsi donc, Isis avait été Iccam avant de mourir. Deneb devait être l'Iccam successeur.
- Ca n’explique pas la raison pour laquelle elle est vivante, reprit-elle après que personne n’ait contesté, mais ça confirme que la théorie des doubles de la Prophétie est réelle. Si Iccam Umbrès a un double alors Iccams Rosà doit elle aussi avoir un double. Si notre fusion n’a pas fonctionné la première fois, c’est que nous n’étions pas au complet. Alors tant qu’on n’aura pas élucidé l’étrange raison pour laquelle le destin nous a ramené Isis que je considèrerai comme mon double jusqu'à ce qu'on me prouve le contraire, personne ici ne touchera à elle. Touchez à elle, c'est toucher à moi.
- Pour que ta théorie soit vérifiée, Iccam Rosà, contesta Mareva, il faudrait que nous retrouvions le double de l’Iccam Umbrès. A ce jour, il n’y a jamais eu qu’un seul Iccam Umbrès même si nous supposons que Delfino fut son double. Nous n'avons jamais trouvé de Delfino encore vivant.

Un nouveau silence divisa l’assemblée. Tous les yeux convergèrent cette fois-ci vers Deneb. Chacun espérait qu’elle trouve la répartie nécessaire pour répondre à la réfutation de Mareva. Soudain songeuse, Deneb plissa les yeux. Elle venait de penser à quelque chose d’important mais ne le partagea pas. Au lieu de ça, elle tourna sa tête vers Egon et le dévisagea. Ils avaient eu la même idée et en même temps. Un cerveau pour deux. ‘Si tu n’es pas mon Egon, c’est que mon Egon se trouve quelque part, ici... il faut le retrouver sinon ils ne seront jamais convaincus.’
‘Ce que tu as dis au sujet de la Prophétie et des doubles, c’était vrai?’
‘Oui. Je n’ai pas menti. Je pense que l’équilibre est la clé de voûte de la Prophétie. Chaque nouvelle figure implique que son antagoniste se trouve quelque part...’


Il était cependant impossible pour les deux complices de révéler l’existence d’un second Egon tant que les Clés de Deneb Kaïtos étaient encore sceptiques quant à l’existence d’une seconde Isis. Le seul moyen de les convaincre était de ramener l'autre Egon.
- Alors nous devons trouver le double de Citrouille, annonça Deneb. Pour ce soir, je vous prie, chacun, de garder vos baguettes dans leur fourreau. Isis est mon invitée. Liam, trouve-lui une chambre et des vêtements. Je tiens à ma fête et j’en ai assez de voir vos mines contrites! Eden, va me chercher Shanty. Elle est la Passeuse, je refuse qu’elle ferme ses yeux. C’est à elle de valider nos rencontres avec les différents acteurs de la Prophétie. Je ne veux pas qu’elle se laisse influencer par ses sentiments personnels.
- Vous admettrez qu’on puisse ressentir une certaine perplexité vis-à-vis de cette personne, objecta Liam en rejoignant Eden en face d’Isis mais en se gardant bien de la regarder.
- Cette personne, comme tu dis, s’appelle Isis. Que tu le veuilles ou non. Je sais que toi, plus que quiconque, tu as du mal à accepter cette apparition. Mais il faudra remettre à plus tard les questions que tu te poses, Cullen. Tu vois bien qu’elle est vivante.

Silence. Liam se détacha d’Eden et s’approcha soudain d’Isis. Son nez était presque collé à celui de l’Iccam. Il observa longuement son regard. Enfin, il ferma les yeux, inspira, comme pour sentir son parfum, puis rouvrit les paupières avec un regard irrévocable et un sourire en coin. Egon se crispa et souhaita s’interposer mais il fut arrêté dans son élan par la main de Deneb posée délicatement sur son avant-bras. ‘Laisse. S’il y a bien une personne qui serait incapable de lui faire du mal tant qu'il doute, c’est bien lui. Je ne dirais pas la même chose d’Eden. Il faudra la surveiller...’

- J’ai aimé Isis comme un fou, dit doucement Liam, avec une pointe de nostalgie et une douleur encore palpable dans les yeux. Sa voix était catégorique et grave. Il continuait de regarder Isis droit dans les yeux, sans se reculer ou se départir de son visage glacial et obstiné. Je me serais tué pour elle et je suis toujours prêt, aujourd’hui, à tuer mon propre frère pour venger sa mort. Si j’avais en face de moi la personne pour laquelle je suis allé jusqu’en Myr pour repêcher son âme, je le sentirais. Tu n’es pas Isis. Tu en as l’apparence, le parfum et l’aura mais tu n’as pas le cœur de celle que j’aimais. Je suis revenu bredouille de Myr parce qu’elle était en Sidh, d’après Ankou, or personne n’entre à Sidh si son coeur bat encore et personne n'en sort une fois entré.

Eden refoula un hoquet de rancœur et tourna précipitamment les talons pour fuir au plus vite ce supplice. Ce qu’elle venait d’entendre la troublait.

Elle prit la porte en bégayant: - Je vais parler à Shanty... à toute à l’heure.

Liam se redressa après avoir offert une dernière moue de dégoût à Isis qu’il défiait avec majesté. Il sortit à son tour sans se retourner. Enfin, Mareva s’approcha et s’accroupit près d’Isis en souriant:
- Ma pauvre petite, semblait-elle compatir, tant que nous n’aurons rien élucidé, je veillerai à ce qu’ils te gardent en vie. Il serait dommage de mourir encore une fois... N’aie aucune crainte.

Elle caressa avec tendresse la joue d’Isis avec une étrange lueur de nostalgie dans le regard puis se releva pour quitter les lieux à son tour, laissant seuls Deneb, Isis et Egon:
- Elle t’a consacré beaucoup de temps avant ta mort, expliqua Deneb. Tu étais son élève préférée malgré ton sale caractère.
Elle contourna le siège où était assise Isis et se plaça devant elle et Egon qui n’avait pas bougé de sa gauche.
- Bon... Liam va revenir te chercher. Est-ce que tu vas bien? Je veux dire... pardonne-les. Ta présence est perturbante pour tout le monde.
Egon prit la main d’Isis dans la sienne et la pressa doucement.
- Je vous laisse. Retrouvons-nous plus tard à la fête... il faut que j’aille parler avec Shanty. Au fait, mon Egon a une chambre dans les sous-sols. C’est encore un peu l’Armageddon à cause de la dernière attaque de Sacha et Seth mais plusieurs pièces ont été épargnées dont la sienne. Sixième couloir à droite après les cuisines. Si je peux me permettre, évitez de vous montrer publiquement en couple sinon ça va les alerter. Pour cette nuit, si vous n’êtes pas repartis, nous trouverons un arrangement.

Elle disparut après un dernier sourire qui cacha mal son inquiétude et sa tristesse. Elle devait se demander ce qui était arrivé à son Egon, les raisons de sa disparition, préférant aussi probablement éviter de penser qu’il y avait une époque où elle et lui n’étaient plus ensembles.

Egon attendit qu'elle soit partie pour raconter rapidement ce qui s'était passé avec Deneb en son absence.
- C’est assez de périples tordus pour toi? Demanda Egon pour une tentative maladroite de détendre l’atmosphère. Pour moi, là, c’est limite. Au moins, on n’a plus le temps de s’ennuyer.




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MessageSujet: Re: Ca fait si longtemps...   Dim 3 Avr 2011 - 23:19

- De s'ennuyer, répéta-t-elle, ça ne fait pas partie du contrat. On s’est fait enfler depuis le début. Et après, on s’étonne que je ne voulais pas du job.

Isis s’appuya contre son épaule et joua avec la main de son compagnon. Il était son phare dans cette tempête incontrôlable. Sa bouée de sauvetage, son ancre, son sémaphore, son Nérée, peu importe. Elle était mal à l’aise dans cette réalité, et il lui permettait de ne pas sombrer.

- J’pensais naïvement que cette escapade nous permettraient… je sais pas trop… chercher une coupe magique au milieu d’un labyrinthe peuplé de créature magique, se jeter dans un lac pour secourir une âme esseulé au sein d’un banc de strangulot, ou se battre contre un dragon. Un dragon. Voilà, c’est ça que je voulais, proclama-t-elle, un dragon. Un truc où t’as pas besoin de remettre tous tes sentiments en question.

La jalousie s’était évaporée petit à petit au fil de la réunion, tandis que le malaise d’Isis s’encrait de plus en plus profondément. Une peur qui germait, s’épanouissant en un branchage compliqué dans lequel les doutes fleurissaient sans se faner.
Egon ne lui était pas acquis. Pas définitivement. Il pourrait en aimer une autre. Un autre. Quelqu’un d’autre.
Leur amour était si irréfutable. Depuis le début tout allait de soi. Leur relation semblait l’Evidence même. Ce n’était pas une symbiose parfaite, un cerveau et un cœur pour deux, mais leur lien n’en était pas moins indéfectible. Elle le pensait jusqu’à présent. Maintenant, elle doutait.
Isis avait pourtant gagné la première manche contre ses épées de Damoclès. Ces perfides armes avaient riposté avec vigueur. A la liste d’interrogation laisser sans réponse définitive « Suis-je amoureuse parce qu’on est les iccams? S’aime-t-on aussi intensément à cause du lien qui nous uni ? S’aimera-t-on toujours quand notre tâche sera accomplie ? », se rajoutait « M’aimera-t-il toujours ? »

Elle ne voulait pas le perdre. Jamais. Elle ne pouvait pas s’imaginer sans lui à ses côtés. Il était son corps, son cœur, son esprit. Elle ne vivait que pour leurs discutions, leurs chamailleries, leurs baisers, leurs disputes aussi. Il était le seul à hanter chaque secondes de sa vie et ce de manière inconditionnelle.

T’aimer c’est plus que des mots. Elle n’avait jamais aussi bien compris cette phrase.


- C’est basique, tu tues le dragon et basta. Terminé. On passe au thé suivant. Un truc simple. Pourquoi c’est toujours compliqué ? T’aimer c’est si simple. Le reste ne peut pas l’être également ?

Elle s’était redressée et fit face à l’homme de sa vie. Les yeux dans les yeux, nez contre nez, Isis humait doucement le parfum d’Egon. Elle ferma ses paupières pour mieux s’imprégner de son aura.
Quand elle les ouvrit, elle perçut l’espace d’une seconde les yeux bleus foncés inquisiteurs de Liam. L’iccam Rosà était resté neutre bien que l’exercice ne fut pas aussi facile qu’elle l’aurait cru. Elle avait été très gênée face au questionnement du Gardien endeuillé. Elle entraperçu dans ses prunelles foncés les émotions contradictoire auquel Egon avait été confronté quelques années plus tôt.

Passé cette seconde, Isis plongea dans les yeux turquoise qui n’éprouvaient plus la perte de l’être aimé. Elle s’avança pour prendre un baiser quand la porte s’ouvrit les interrompant.



- Iccam Umbrès, vous pouvez aller vous préparez si vous le désirer. Je veuille sur elle. A moins que vous désiriez être tranquille pour pouvoir rouler des pelles à cette usurpatrice.
- Il ne fait que la soutenir, intervient Andrew sur un ton badin, qui entra à son tour, sans compter que le roulage de pelles consolatrices, c’est la méthode d’Eden. Je suis persuadé qu’Egon a la courtoisie de garder sa langue dans sa bouche contrairement à l’ex du vampire qui a démembré ta bien aimée en menus morceaux. Langue qu'il ne pourrait jamais fourrer dans celle qui considère depuis très longtemps sa petite sœur. D'ailleurs, je me suis toujours demandé ce qu'Isis avait bien pu dire pour qu'Egon ne te casse pas la gueule. Un mec avec ta réputation s'approchait d'elle, c'était signer sa mise à mort.

Isis regarda les deux amis s’affronter du regard. Liam laissa tomber en premier se murant dans l’indifférence tandis que l’ancien gryffondor soupira du désespoir devant les mises les mises en scène de son pote. Il reprit, toutefois, très vite son sourire sans une dernière petite pique sur sa robe de sorcier.

- Egon, ça t’ennuie de garder Isis avec toi cette nuit, se reprit-il, sur un ton plus léger, il n’y a toujours pas de chambre disponible, et Liam ne semble pas dans de bonne disposition pour lui redonner sa chambre.
- Elle n’a pas de chambre.
- Si celle où tu ne dors plus, expliqua-t-il patiemment, d’ailleurs, si je me souviens bien tu n’as toujours pas rangé ses affaires. Ca pose un problème si on récupère de quoi l’habiller pour la sauterie de ce soir. Non. Tant mieux.


Andrew chopa Isis par le bras sans donner la possibilité à Liam de refuser. Et entraina son Amiral/Iccam à sa suite. Bien que d'un tempérament plutôt insouciant, il savait à quel point le retour d'Isis mettait tout le monde mal à l'aise et apportait un flot d'interrogations qui n'allaient pas avoir de réponses rapidement.


Dans le couloir, Andrew discuta de tout et de rien avec Egon. Il l’informa de l’avancement des travaux du château, de missions mineures de la Résistance, d’une nouvelle recrue prometteuse bien que trop arrogante. Quand il commença à entrer dans le détail et transmettre des noms ou des missions en cours, Liam mit très vite le holà.


- Ah ! T’es encore là. Tu vas me suivre encore longtemps. Je te le répète t’es pas mon type Bouclette.
Pour toute réponse, Liam jeta un regard éloquent vers Isis.
- Ouais, la confiance règne. Bon, on est arrivés, commenta-t-il, en s’arrêtant devant la chambre qu’occupaient Isis et Liam. Egon je te confie notre précieuse Petite Rose, je fais vite.



- Elle n’est pas l’iccam. Froid. Inflexible. Exact. Et en même temps, Isis percevait une douleur inavouée.
- D’après la Prophétie, c’est possible. Deneb en parlait avec Shanty tout à l’heure, et notre chère Passeuse a approuvé l’interprétation de l’iccam remplaçante.
- Tu crois à la prophétie que quand ça t’arrange Tyler.
- Je n’y crois pas, mais je prends dans ce ramassis de fadaises que ce qui m’intéresse. Bon, c'est pas tout ça. Vous deux, commença-t-il en ce tournant vers les deux iccams, je vous rejoins, parce que si Mareva tombe sur les affaires d’Isis, elle va tuer Liam, et je ne compte pas aller le repêcher en Myr.
Andrew entra dans la pièce et embarqua Liam à sa suite. Ce dernier ne semblait pas spécialement vouloir entrer dans la pièce, mais le rouge et or ne lui laissa pas le choix.

Isis, de nouveau seule avec Egon, dans un long couloir vide resta quelque secondes silencieuse. Elle ne savait pas quoi faire. Elle questionna du regard son double. Eviter d’aller à la panique, elle se concentra sur des questions pragmatiques. Chaque thé apporte son lot de problème, mais recèle aussi une réponse qui doit les aider à devenir des iccams.
La paresse leur a révéler leur rôle. La colère leur a fournit les explications. L’avarice a permit de différencier la véritable prophétie, ce qui leur a permit de découvrir les clés. La gourmandise, bien plus intime, leur a permit d’approfondir leur relation. L’orgueil…


- La Fusion… si ça se trouve c’est ce qu’Emmett appelle la Lumière. Il m’en a vaguement parlé quand il a demandé que Rhidow l’aide pour la traduction d’une partie de la prophétie en Shalimancyan. Tu crois que c’est ce qu’on doit découvrir pour pouvoir partir de ce traquenard ?


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MessageSujet: Re: Ca fait si longtemps...   Lun 4 Avr 2011 - 3:10

Egon s'engagea avec Isis dans le couloir avec le joyeux Andrew. En discutant avec lui, il put ainsi comprendre qu'il était Amiral à la place de Sacha. 'Quelle corvée!' Super cadeau que le destin lui avait fait dans cette vie-là que de contracter deux rôles aussi coupe-gorge. Il pensa que l'absence de l'actuel Egon devait être liée à ses prérogatives partisanes. Cette optique ne le rassura pas plus sur la santé de son double qui était là, quelque part, dans cet univers parallèle. Deneb devait se ronger les sangs.

Contrairement à Andrew, alors qu'ils se dirigeaient tous vers l'ancienne chambre de Liam pour récupérer des affaires pour Isis, Egon n'avait pas omis la présence pesante de Liam qui suivait Isis comme une deuxième ombre. C'était presque angoissant de sentir sans cesse son regard sinistre sur elle. Décidément trop oppressé par la présence de Liam, Egon perdit un instant le fil de la discussion qu'il entretenait avec Andrew. Puisque d'après le même Andrew, Isis et Egon étaient connus pour leur amitié fraternelle, Egon se permit de prendre Isis par l'épaule pendant la fin du trajet et de la presser contre lui d'un bras protecteur. 'Où qu'Isis se rende dans ce château, je ne la lâche pas...' Ce Liam était un exalté. Egon n'aimerait pas laisser Isis seule avec lui. Pour une fois, ce n'était pas question de jalousie mais de bon sens. Il était difficile de tromper un homme ou, plus généralement, une personne qui avait tragiquement perdu son tendre amour. Le processus de l'oubli était long et pénible. Egon le connaissait bien.

*** Ceux qui suivent l'intrigue peuvent sauter ce passage. ***
D'abord, c'est la dénégation. 'Non... dites-moi que ça n'est pas vrai. Dis-moi que tu ne m'as pas laissé.'
Le refus de croire en l'évidence. 'Elle n'est plus. Je suis seul. Hier encore, tu étais là. A présent, je survie sans toi. Puis-je vivre vraiment sans toi? Tu ne m'as pas dit au revoir. Tu m'as abandonné. Rejeté. Je suis seul. Je ne suis rien. Sans toi, je ne suis rien. Ma vie n'a aucun sens.'

Ensuite, c'est le vide chaotique. On se sent seul, faible, incomplet. L'univers devient insondable. On perd son visage, son identité. On s'oublie. On voudrait mourir oublié. Ne rien faire et attendre de mourir. De toute façon, on est si abasourdi qu'on n'a plus la force d'être en colère. On est las de tout. Vide de tout. L'amour est bouillonnant dans notre corps mais l'être qui l'anime n'existe plus. On se retrouve avec trop d'amour pour une seule personne, pour un seul corps... les stimulations solitaires ne suffisent pas. Arrachent le cœur. Jouir seul sur la pensée d’un cadavre croupissant. C'est sordide... c'est horrible... on réalise qu'on n'entendra plus sa voix nous dire 'je t'aime'. Qu'on n'aura plus son corps dans le sien. Son odeur dans ses narines. Que nos communions, nos réunions, nos bêtises, nos disputes vont nous manquer. Tout ce qu'on détestait nous manquera aussi.

Alors, c'est le début du cycle d'hallucinations, de mensonges qu'on se fait à soi-même. On voit l'autre partout. Un rien nous le rappelle. On prétend que ce n'est pas grave. Qu'on s'est remis. 'Tout va bien, je t'assure, maman, j'ai plus mal. Je vais aller de l'avant.' Maman nous connait. Maman nous a fait. Maman n'est pas dupe. Mais elle a de la peine pour nous. Elle nous laisse nous mentir sans savoir à quel moment il faudra mettre le frein et nous ramener à la réalité. 'Ralentis... tu vois bien que tu t'es trompé de chemin, mon enfant...'

Pourquoi sommes-nous perdu? Bordel! On enrage! On essaye de se débarrasser violemment du souvenir. On doit survivre. C'est ce qu'on se dit bien qu'on n'y croie pas beaucoup. Les amis s'inquiètent... on n'a pas envie de les inquiéter. Alors on se met à sortir, à suivre le groupe. On redresse le dos, on bombe le torse, on s’invente des activités, des buts insensés pour occuper nos journées. On sourit absent mais on sourit quand même. On préfère avoir la paix et souffrir en secret.

On ne jette pas les petits souvenirs comme on avait promis de le faire. C'est trop précieux, ces petits riens... Liam était dans cette phase. Egon pouvait le sentir comme s'il pouvait le re-sentir en lui-même. Même s'il le niait, Liam n'avait rien oublié de ces petits riens. 'Combien de temps n'ai-je pas changé les draps dans lesquels Deneb avait dormi pour la dernière fois! Je n'ai pas touché à ses affaires. J'avais besoin de croire qu'elle existait toujours... dans un tube de rouge à lèvres oublié, dans une paire de chaussettes mal rangée, dans son parfum sur l'oreiller, ses affaires dans la douche... si je retirai tous ces objets, c'était admettre qu'elle ne reviendrait jamais. Personne ne rentrait dans mon sanctuaire. Je n'avais envie que personne ne vienne prendre pitié de mes souvenirs morbides entassés.'

L'hésitation du Gardien avant qu'ils entrent dans la chambre confirma la sensation d'Egon qui se prit d'une solidarité et d'une compassion immédiate pour Liam. Il savait ce qu'il était en train de ressentir. La réplétion des sens. L'odeur à ses narines aussitôt qu'Andrew avait ouvert la porte de la chambre. Il était dans cette phase. Sauver les apparences en se mentant comme il pouvait. La phase mensonge est intolérable. Un bourdonnement incessant dans les oreilles. Des tressautements cardiaques. Le souffle court dès qu'on tombe sur une photo, sur un vieux t-shirt qui porte encore son odeur, sur un souvenir débile acheté ensemble pendant les premières vacances en amoureux.

- La fusion… si ca se trouve c’est ce qu’Emmett appelle la lumière. Il m’en a vaguement parlé quand il a demandé que Rhidow l’aide pour la traduction d’une partie de la prophétie en Shalimancyan. Tu crois que c’est ce qu’on doit découvrir pour pouvoir partir de ce traquenard ?

Egon avait entendu mais son cerveau n’arrivait pas à se détacher de Liam auquel il s’identifiait trop fort. Il mit quelques secondes à réagir à la voix d’Isis et à réaliser qu’il était resté debout sur place au lieu de se mettre en route en direction de sa chambre. Il était hypnotisé par la détresse du Serpentard. Il aurait aimé entrer dans cette pièce et le sortir de là, le sauver de sa douleur et lui épargner cette torture inutile.

Andrew paraissait sensible à son environnement, plus que son effronterie ne le laissait paraître, et il ne devait pas ignorer la difficulté de Liam à passer outre ses souvenirs. Outefois, la méthode pour la dépasser était un peu brutale et maladroite. Le pousser dans cette chambre, c'était le forcer à combattre ses mensonges or Liam n'était pas prêt.

Egon était absorbé par le dos de Liam. Il le regardait avancer comme un fantôme au milieu de leurs affaires. Même de dos, le Gardien dégageait une douleur indomptable. Des sueurs froides. Il était encore dans la tyrannie des images. L'être perdu qui rejaillissent à n'importe quel instant bien qu'on essaye de toutes ses forces de repousser ces souvenirs douloureux au loin. Très loin dans la mémoire. Mais de l'extérieur, tout semble aller bien. Et on a même réussi à convaincre notre mère que ça allait pour le mieux. On est très inventif, on est très convainquant quand on ne va pas bien et qu'on veut à tout prix le cacher.

*** Reprise de la lecture. ***


Revenant à lui après quelques clignements rapides des yeux, la question d’Isis lui revint en écho.

- Je crois surtout que si fusion il doit y avoir, tant que tout ce joli monde n'est pas sur la même longueur d'onde, fusion il n'y aura jamais. En tout cas essayons de découvrir ce que ça signifie et comment ils ont procédé pour 'fusionner'... comme chaque dimension visitée possède une part de vérité, il est possible que nous apprenions des choses intéressantes à rapporter à Emmett et Sach...

Egon se censura. Il était préférable de ne pas prononcer le prénom de Sacha tant qu'ils n'étaient pas seuls. Même en répondant, son regard restait accroché à Liam qui accaparait toute son attention, animait sa sympathie et, plus que tout, une méfiance légitime à l'égard de cet homme blessé. Il connaissait la dernière phase et c'était tout le bien qu'il espérait pour ce garçon : un jour, allez savoir pourquoi, la colère fait place. On a arrêté de pleurer. On se lève un beau matin, un triste matin, un matin fat. On arpente cette chambre chaos. 'Ce n'est pas possible... je ne peux plus vivre comme ça...' Autour de nous, c'est le mouroir. La litanie des souvenirs fanés. Il faut trier et choisir de garder ce qui est bon. Le reste peut être entassé, classé, sauvegardé sur une disquette interne qui nous accompagnera toujours. Mais elle ne blessera plus. On existe avec notre douleur. On coexiste avec la souffrance. Comme toujours. L'Homme est fait pour avancer et oublier. On ne sait pas toujours comment, pourquoi, avec qui... mais on avance.

On range tous les souvenirs... le petit tube de rouge à lèvres est soigneusement posé sur la pile de vieux t-shirts. On retient les larmes. On a déjà trop pleuré... on ne va quand même pas chialer sur un tube de rouge à lèvres qu'on détestait tant quand elle le portait. Si. On pleure quand même. Une vraie fontaine. Ainsi se fait le deuil. Notre manière d'enterrer nous-mêmes l'être disparu et tant aimé. Tant aimé que le moindre détail reste gravé.
Après on se sent mieux. Pas bien mais mieux. On est offert à la vie et prêt à rencontrer une autre facette de soi. 'Moi amputé de la moitié de mon cœur...' Objectif, réparer le cœur blessé. Sans se presser. Trop de choses font peur. Il faut s'habituer à ces nouvelles peurs, à ces nouveaux visages, à son nouveau désir. Sh’abituer, aussi, à vivre sans cesse avec la crainte de perdre ceux qui nous reste.

Dans les yeux de Liam, Egon lisait l'historique de sa propre douleur... mais la chronologie de son affliction s'en arrêtait irrémédiablement au cycle mensonge... il ne donnait pas l'air d'avoir fait son deuil. Le Serpentard était resté coincé dans le vide chaotique. Dans le refus d'accepter la mort. Il avait tout enfoui à la va-vite sous un tapis magique, un masque d'impassibilité, mais l'arrivée surnaturelle d'une seconde Isis faisait ressortir la poussière mal astiquée. Chaque regard sur la revenante ravivait la douleur de ce qu'il avait mis tant d'effort à cacher: son anéantissement.

Donc Egon compatissait mais ne pouvait se départir de sa prudence. Après avoir ressassé pendant des semaines - et probablement encore aujourd'hui - tous les détails de sa vie avec Isis, les choses qu'il aimait (ses sourires, les souvenirs, les odeurs, les parfums, ...) il était certainement impossible de tromper Liam: 'Impossible de tromper un homme amoureux’, se répéta Egon en voyant venir vers eux Andrew suivi par le regard moribond de Liam, ’amoureux meurtri et si accroché à l'infime et aux détails que personne à part lui ne voit plus.'

- Toujours là tous les deux? Qu'est-ce que vous regardez comme ça? Tiens, prends ça puisque t'es encore là... fit-il en mettant dans les bras d'Isis une trousse de toilette et quelques sous-vêtements.
Il se retourna amusé vers Liam qui avait l'air furieux mais qui avait accepté de désigner à Andrew - sans se résoudre pour autant à les toucher lui-même - le tiroir des sous-vêtements de l'Iccam Rosà.
- J'ai pris les plus sexy, juste pour mon fantasme personnel, sourit-il de toutes ses dents qu'Egon aurait bien brisé une à une s'il n’était pas supposé n’être que son ami.
- Tu me provoques Surprised, s'octroya-t-il néanmoins, sous couvert d'un protectionnisme acrimonieux.


Andrew sourit en faisant une singerie clownesque et retourna dans la chambre. A l'étonnement de tous, d'un coup de baguette, Liam venait de sortir d'une armoire en chêne une housse à vêtement contenant une robe courte et légère couleur ivoire.

De son air absent et affligé, il la fit graviter jusqu'à Egon.

- Ca l'habillera.

Il sortit sans ajouter un mot et bouscula intentionnellement Andrew au passage pour le punir de l'avoir obligé à subir une telle torture psychologique. Andrew se frotta l'épaule en en rajoutant un peu trop à sa douleur mais plaisanta en regardant la silhouette de Liam disparaître dans les décombres.

- Un jour, il oubliera... C'est plutôt Eden qui mange sa mauvaise humeur ces derniers temps.
- Quelle commère tu fais, le railla onctueusement Egon. On te retrouve dans la Grande Salle. Il faudra qu'on discute de la traduction de la Prophétie et de la fusion, lança l'Iccam un peu au hasard, un peu au bluff, pour voir s'il pouvait profiter de la langue bien pendue et de l'insouciance d'Andrew pour obtenir d'autres informations. Tu n'as pas dit ce que tu en pensais tout à l'heure... de l'idée de Deneb et des doubles...
- Hopf! Comme je le disais à Liam, je ne crois que ce qui peut vous arranger. Ce qui compte vraiment c'est de défendre Poudlard et de vous aider à récupérer le Calice. Je veux défendre la Rose et faire partie de son armée si armée il y a vraiment... pour l'instant, même après la réunification des Quatre Clés autour des Iccams, t'as bien vu qu'aucune armée n'était magiquement apparue... C'est du pipeau de centaure ça se trouve, ou...
- Ou quoi? s’intéressa Egon.

Le petit groupe avait recommencé à marcher. Naturellement, Andrew avait emprunté un couloir qui menait vers celui où, dans leur époque, Egon et Isis avaient leurs appartements. Ce qui rassura Egon qui en déduisit que dans cette époque il avait probablement hérité du même espace que là-bas puisqu’il reconnaissait ce trajet. Dès lors, il saurait se diriger. En tout cas, il fallait miser cette hypothèse car il ne se voyait pas demander bêtement à Andrew où se trouvait sa chambre.

- Ou l'une des Clés... peut-être plus... n'est pas une Clé... ou encore...
Le regard d'Egon se fronça et incita Andrew à parler le fond de sa théorie.
- Ou encore l'un ou l'autre des Iccams...
- ... n'est pas un Iccam, murmura-t-il stupéfait par cette éventualité en regardant Isis.

A première vue, Andrew n'avait pas envie de se lancer sur ce terrain glissant sans la présence des autres. Il se défila à un carrefour de couloirs et pris une autre direction qui devait quant à elle mener à sa propre chambre.
- J'vais me changer! On se voit tout à l'heure! s'exclama-t-il en souriant avant de s’enfuir d'un pas rapide.

Enfin seuls, Egon prit la main d'Isis pour l'embrasser machinalement, toujours happé par les pensées engendrées par la réflexion d'Andrew : - Allons nous changer... on réfléchira à la manière dont on peut en apprendre plus sur la fusion et ce qu'ils savent de la Prophétie dans ce monde.



Quelques minutes plus tard, ils poussèrent la porte de la chambre d'Egon. La décoration était très différente de celle de leur pièce au château mais il s'agissait bel et bien du même endroit. Ils avaient dû faire un détour à cause de deux ou trois couloirs fermés pour reconstruction.

La chambre était décorée très simplement mais avec goût. Il ne fut pas étonnant à Egon d'en apprécier l'harmonie puisque, d'une certaine façon, c'était une version de lui qui avait décoré le lieu. Quelques affaires et photos de Deneb et son double étaient posés sur une étagère. Egon passa devant chacune d’elle et les regarda avec attention en souriant: - Ils avaient l'air heureux, remarqua-t-il en amateur comme s'il regardait des étrangers. Plutôt que de le replonger dans une nostalgie, la vision de cet amour et de ce bonheur vécu par son double ranima le sien. L'Iccam baissa les trois cadres pour ne plus être regardé par les protagonistes et se dirigea vers Isis qui était elle aussi en train de découvrir le lieu. Son visage passablement innocent s'approcha de celui d'Isis qu'il enlaça à la taille avec un air coquin.
- Existe-t-il une des dimensions déjà visitée dans laquelle nous n'avons pas... fusionné? Very Happy

La question était pure rhétorique. Déjà la main d'Egon partait à la rencontre du flanc de l'Iccam tandis qu'il la soulevait d’un seul bras pour l'embrasser.

- C'est dingue mais je n'arrive pas à prendre cette histoire au sérieux, dit-il. Je vois et je reconnais la tristesse de Liam, je comprends l'emmerdement d'Andrew et les ultimatum d’Eden... mais... ce n'est pas notre histoire, tu comprends. Suis-je sans coeur? Je sais que ce qu'on vit est vrai dans un monde faux mais... je ne me sens pas concerné. Je me sens touriste. Je visite. Je m'amuse. Je m'éclate. J'ai juste envie de ma nana, de m'envoyer en l'air avec elle dans toutes les dimensions et, éventuellement, de sauver le monde s'il nous reste du temps après.
Il avait fallu moins que l'énoncé de sa première phrase pour qu'Isis se retrouve allongée sous lui sur le lit. Ils restaient en diagonale du lit. Egon avait l'air d'être redevenu aussi insouciant qu'Andrew. Tant qu’Isis était en sûreté, rien de ce qu’ils vivaient ne lui importait véritablement. Or, s’assurerait toujours que ce dernier point soit une constante. Dans une dimension avec lui, le vrai lui, à ses côtés, elle ne mourait jamais. Cette option n’était plus possible.




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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: Ca fait si longtemps...   Ven 8 Avr 2011 - 2:08

Elle sentit son souffle chaud sur son sein nu. Ca la fit sourire.

La tête d’Egon reposait sur sa poitrine tandis qu’elle entremêlait ses cheveux entre ses doigts. Elle lui tapota le flanc pour lui faire changer de position. A force de peser, il commençait à lui faire un peu mal, toutefois, elle le garda avec un plaisir non feint, entre ses cuisses.

- J’arrive pas à me détacher… je veux dire, je sais que tout ça n’est pas réel – bien que notre fusion est on ne peut plus réel et très agréable – mais je me sens concernée. Trop peut être.

Elle sentit les doigts de son compagnon effleurer sa gorge, descendre jusqu’à la naissance du pubis, et remonter la chatouiller au niveau des côtes. Elle sursauta. Ca le faisait marrer. Chatouilleuse, elle l’était et il le savait que trop.

- Je suis jalouse. Je crois c’est ce qui m’empêche de me détacher.

L’annonce eut l’effet escompté. Il arrêta momentanément ses taquineries. Appuyer sur les coudes, il releva la tête pour l’examiner. Isis, qui ne souhaitait pas savoir si le soudain intérêt qui lui portait était du à un foutage de gueule dans un très proche futur ou à autre chose, elle continua sur sa lancée comme ci de rien n’était. Elle évita quand même de plonger dans ses prunelles turquoise.

- Je ne l’ai jamais été avant aujourd’hui. Je veux dire jalouse. Bon ok, je fais la gueule comme Amys est dans les parages. Et encore plus quand elle nous la joue tripoteuse d’iccam Umbrès. Mais je ne suis pas jalouse, c’est juste… que je ne peux pas la blérer ta vampire.


Elle se releva, obligeant Egon à suivre le mouvement.
Pourquoi lui dire ? Elle n’en avait aucune idée. Mais elle avait besoin qu’il sache. Qu’il sache ce qu’elle ressentait. Qu’il ait une esquisse de ce qu’elle pouvait ressentir dans cette alternative. Qu’il peut être comprenne qu’elle avait peur de le perdre pour la première fois depuis leur premier rendez-vous deux ans plus tôt.

Elle lui chipa un baiser avant de se diriger vers la salle de bain. Prendre une douche et se changer. Leur intermède horizontal n’avait pas changé la donne. Is étaient dans un univers où le danger le plus grand était qu’on découvre leur véritable identité.


- Au fait, interpella-t-elle, se retournant vers son homme encore vautré dans le lit, pendant qu’on est au stade des révélations. Liam et Andrew… sont tous les deux mes ex dans notre vraie vie...

- ...A toute suite, ajouta-t-elle malicieusement, en fermant la porte de la salle de bain derrière elle.


Tandis qu’elle venait d’enfiler son deuxième escarpin, Deneb entra en trombe dans la pièce.

- Ah merdouille. Je pensais que…

- Tu n’as pas à t’excuser, l’interrompit Isis, tu es chez toi.
- Egon, il est ?
- En train de finir de se préparer.
- Bien.
- Des nouvelles de ton Egon ?
Deneb ne répondit pas, mais Isis présentait que si elle n’en avait pas, celle que Deneb détenait ne devait pas être encourageante.

- On doit retenter une nouvelle fusion après la soirée. Je voudrais que tu prennes ma place.

Le brusque changement de conversation laissa Isis abasourdit.

- Comme tu es iccam et que tu l’a aussi été avant ta mort dans cette passerelle, peut-être que ça marcherais. Qui sait ?

Isis se garda bien de répondre à cette question. Qui sait ? Elle n’en savait rien.
Enfin si, Seth lui avait fournis une réponse. Dans un futur révolu, personne n’avait remplacé Isis comme iccam Rosà. Ce fut pour cette raison qu’on confia au vampire de la protéger durant le combat blanc. Ce faut aussi pour cela qu’elle était encore en vie. Et qu’Egon passait son temps à veiller à ce qu’elle le reste.

En parlant du loup, il sortit de la salle de bain, habillé d’un costume qui aurait pu appartenir à sa propre garde de robe qu’Isis connaissait aussi bien que la sienne. Deneb en profita pour reprendre possession de ses biens et se changer.



Trainant dans le couloir, Isis raconta à Egon sa discussion avec Deneb.


- En tout cas, il n’y a pas qu’Andrew qui émet des doutes sur la véracité de l’identité des iccams et des clés.


Dernière édition par Isis Kitlee le Dim 17 Avr 2011 - 23:26, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Ca fait si longtemps...   Sam 16 Avr 2011 - 20:41

Egon ne répondit pas. Il le concevait facilement. Liam était trop égaré par sa douleur refoulée pour se rendre compte que le problème avec son actuelle Iccam Rosà était peut-être qu'elle n'était pas la bonne Iccam.

Si deux Iccams coexistaient dans la même dimension, se pouvait-il que la puissance de la plus ancienne absorbe l'énergie de la nouvelle? Ainsi la fusion qu'ils projetaient de réaliser après la fête fonctionnerait avec Isis à la place de Deneb. 'Pour une hypothèse plus large maintenant. Si à des époques, ou dans des dimensions différentes, deux Iccams existent... y a-t-il interférence dans le processus de fusion?... Bouse!' se demanda Egon. C'était quoi cette histoire de fusion en réalité? Comment s'y prenaient-ils? A quoi cela servirait-il?

L'ancien Gryffondor, dans son for intérieur et en son imagination masculine débordante s'imagina la fusion comme une sorte d'orgie de Clés et d'Iccams où tout le monde forniquait avec tout le monde. Il chassa l'image insolite quand, dans son délire, Liam et Andrew s'approchèrent dangereusement d'Isis.
- Fichez-lui la paix vous deux, les somma-t-il dans sa rêverie. En plus, Andrew, t'es même pas une Clé. Qu'est-ce que tu fais dans mes fantasmes?

Le songe s'évapora dans un petit nuage imaginaire. Egon revint à la réalité. Il prit la main d'Isis en souriant en coin. Enchantement à rebours de ses confidences d'un peu plus tôt.Il y avait pourtant songé durant tout le temps de la douche. Seulement à sa sortie, Isis avait été happée par la discussion qu'elle venait d'avoir avec Deneb et sa réaction était tombée dans l'oubli.
- T'es jalouse... tu es donc humaine après tout, se moqua-t-il tout haut donnant l'impression que cette réflexion était sortie de nulle part.

Ils arrivèrent à l'entrée de la Grande Salle. Suite aux attaques régulières de l'Opposition, le plafond n'avait plus rien de la magie illusionniste qui émerveillait tous les élèves et les étudiants depuis des siècles et des siècles. Il avait été magiquement raccommodé par quelques sortilèges de protection contre les intempéries. Un dôme transparent faisait office de toiture ouverte sur les cieux ténébreux.

La musique battait son plein. Un groupe d'élèves s'étaient institué MC. Ils jouaient un rock repris du répertoire d'Elliot O'Malley. Tous les joueurs avaient quitté leur tenue de Quidditch. Des collégiens et des étudiants plus vieux étaient mélangés. Une banderole aux couleurs des Poufsouffle était suspendue dans les airs. Les lettres du slogan changeait régulièrement d'ordre pour féliciter l'équipe des anciens élèves dont Deneb qui visiblement avait arraché la victoire en attrapant le vif.

Justement, l'Iccam les rejoignit flanquée de Liam qui n'était jamais fatigué de son air taciturne. Le jeune homme était habillé d'un costume noir sans cravate. Il observa comment la robe qu'il avait choisi seyait à Isis mais se garda de tout commentaire.

Deneb entama la discussion:
- J'ai convaincu le Gardien d'accepter l'échange. Eden le suit.
Un sourcil de Liam frétilla nerveusement. Deneb avait dû utiliser des moyens assez réfutables pour l'en convaincre mais elle était parvenue à obtenir gain de cause.
- Shanty et Mareva veulent bien essayer. Elles considèrent qu'on n'a rien à perdre. Juste après mon discours, donnons-nous rendez-vous au même endroit que la dernière fois.
'Heu...? Deneb. Précisions.'
'...Dans la salle du trône de La Rose et de L'Ombre. Dans votre dimension vous n'avez donc jamais essayé de...?'

Egon fit un léger non de la tête. Comme le silence durait un peu trop longtemps pour paraître honnête, l'Iccam prit sur lui de jouer les apparences.
- Viens danser, Citrouille. Profitons de la fête, sourit-il. Se dirigeant vers la foule, Egon adressa un dernier regard facétieux à Isis avant de disparaitre. Pour le plaisir de la taquiner. Ses yeux disaient: 'Ben vas-y, danse donc avec ton ex. Il en crève d'envie.'
Il avait confiance en elle. C'était plutôt l'inverse dont il souhaitait s'amuser. Maintenant qu'il avait appris qu'Isis ressentait de la jalousie, il n'allait pas se priver d'en profiter. D'habitude, c'avait toujours été lui le troll jaloux qui fulminait dans son coin tandis que ses yeux turquoise se changeaient en eau ardente qui aurait volontiers ébouillanté Cullen, le petit frère vampire.

A ce propos. Seth avait-il discuté avec Isis des liens tacites qui les unissaient? Isis savait-elle pour Amys? 'Elle m'a avoué pour Liam et Andrew... peut-être devrais-je lui raconter enfin ce qui me rapproche tant d'Amys.' Dur à digérer. Une lueur sombre battit furtivement son regard.

Au bras de Deneb, tout en dansant, Egon oublia momentanément ses histoires de cœur et de vie. Il focalisa son intérêt sur la fusion. La Poufsouffle paraissait très inquiète de l'absence d'Egon mais répondit néanmoins aux interrogations de l'Iccam.
- C'est quand même dingue que vous ne sachiez pas comment fonctionne la fusion. C'est la première chose que Shanty a traduit de la Prophétie. Vous verrez tout à l'heure de quoi il en retourne. En tout cas, il vaut mieux que vous vous trouviez près de l'aura de La Rose et de L'Ombre si un jour vous deviez le faire car nous sommes très vulnérables lorsque la lumière jaillit de l'Iccam féminin. Malheureusement pour nous, la dernière fois cela n'a rien donné. J'ai souffert le martyr pour rien...
'Souffert...' Le mot fit tilter Egon dont les pupilles pâles roulèrent jusqu'à Isis et Liam qui dansaient.
Souffrir encore.
- Il n'est pas question d'armée ou de quelque chose de cet ordre là?
- Si... dans la mesure où nous sommes le symbole de guerriers, la prophétie parle d'une armée mais nous ne sommes que nous: deux Iccams, quatre Clés et tous ceux qui, derrière, croient en nous et nous soutiennent. C'est ça l'armée de la Rose... les gens qui croient en nous.

Egon ne s'était jamais imaginé les paroles de Tourdemain de cette manière. Cela avait plus de sens ainsi. Etait plus rassurant aussi. Pas d'armée, pas de guerre. Pas de guerre, pas de mort. Il ressentit soudain le besoin de retourner auprès d'Emmett pour lui rapporter ce qu'il venait d'apprendre. Etre témoin de ce que serait la 'fusion' débloquerait peut-être les interprétations du Passeur.

La chanson se termina. Un homme assez âgé qui devait être professeur appela Deneb à venir prononcer son discours de victoire. Egon en profita pour rejoindre Isis et Liam. A son approche, il sentit la gêne de Liam. Palpable. Il n'en dit rien. Il se pencha à l'oreille d'Isis pour murmurer taquin:
- Vous étiez très beaux tous les deux. On aurait dit deux ados qui dansent leur premier slow...
- Il faut rejoindre les autres aux sous-sols, préconisa Liam, froid comme une cathédrale en hiver.

Rappelé à l'ordre, Egon hocha la tête pour adhérer.
- Deneb a dit que ça faisait un mal de chien, Lapin... Je sais que tu n'as plus Vix mais... Es-tu certaine que tu veux essayer? Que se passera-t-il si ça fonctionne? Serons-nous condamnés à rester ici? Cette fois, je n'aime pas la tournure que prennent les évènements et je ne prends plus notre histoire à la légère, lui confessa-t-il à voix basse en chemin, tout en suivant Liam vers la salle du trône. Il se rappelait de cette salle... il se souvenait... difficilement... mais il se souvenait... il y a quelques années... le fils de Sacha... Caleb Sutham... venu du futur. Il l'y avait fait venir pour... pour quoi déjà? Pour le soustraire à l'emprise d'un philtre d'amour alors qu'il était dans les bras de la petite Allanah Raines. Allanah. La protégée d'Emmanuel... Elle vivait à Newquay à l'époque... qu'était-elle devenue à présent? Je n'ai pas le droit de m'attacher aux personnes de cette époque, lui avait-il expliqué plus tard. Je suis là pour trouver une façon de sauver l'Iccam... je dois sauver l'Iccam comme tu me l'as demandé avec papa. Je ne peux pas t'en dire plus. Tu m'as fait promettre de ne rien te dire mais... voilà, quoi. Je ne t'ai pas fait venir pour rien. Ilfallait nous séparer. J'aime beaucoup Allanah. J'aime trop Allanah.

Aujourd'hui seulement ces paroles prirent un sens réel aux oreilles d'Egon. Isis était cette Iccam. A l'époque, il était alors très loin de ces conceptions. Il comprenait enfin ce que son double d'un futur lointain avait voulu faire.

Il serra un peu plus fort la main d'Isis dans la sienne.
- Tu ne me quittes pas. Promets-le moi, murmura-t-il soudain très sérieux.





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