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 Et si...

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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Et si...   Mar 26 Oct 2010 - 12:49

"La plus parfaite des vies devrait satisfaire l'exigence de ne point connaître le regret. Une vie lambda a su composer avec quelques regrets et suivre bon an mal an les chemins tortueux en découlant. Une vie inutile n'est qu'une enfilade de regrets qu'on ne peut dépasser pour aller de l'avant.
Est-il possible de changer? Peut-on passer de l'une à l'autre? La vie permet-elle de bifurquer?
J'ose croire depuis longtemps qu'on est le produit de nos choix, voire de notre capacité à faire des choix, que ceux qui sont incapables d'en faire sont de ceux qui subissent la vie sans la vivre à la brûler. Mais quand on est privé contre nous de la capacité de décider, qu'on n'a plus le droit de vouloir, peut-on dire qu'on est encore soi? A-t-on encore une existence propre? Vit-on?..."


La bille du stylo s'arrêta de rouler lorsque la jeune femme leva les yeux sur l'océan de verdure qui l'entourait.

Elinor était assise en tailleur sur un banc en bois rongé par l'âge et les gravures laissées par les adolescents en mal d'amour. A côté d'elle un écureuil grignottait les restes d'un gâteau en toute quiétude. Central Park respirait de vie et de paix en ce matin automnal. Les animaux entamaient leur routine quotidienne et les joggeurs familiers se croisaient souriants, satisfaits de retrouver les points habituels de leur ronde. Certains se saluaient en parlant, d'autres d'un simple signe de tête.

Cela ne faisait que deux jours qu'elle était à New-York et cette ville lui semblait être un paradoxe vivant. LA ville d'Antarès, haut lieu d'Opposition, de règne sans partage, de violence... et voir ce quotidien sans relief, dans toute sa banalité... c'était énorme, une publicité vivante. "Antarès Land: vivez le quotidien tranquille d'une ville ordinaire". C'était effrayant, tellement différent de ce à quoi elle s'attendait bêtement ! Bien sûr tout le monde n'est pas Opposant ici. Ici aussi quand on est différent, il faut fermer sa gueule et filer les droit.

Elle secoua la tête de dépit et ajusta son bonnet gris correctement, puis elle fit de même avec son écharpe assortie. Elle se remit à écrire sur son précieux carnet. Aujourd'hui elle ne plaidait pas et pouvait profiter de sa journée. Depuis quelques temps, elle s'était aperçue que ses plaisirs solitaires de femme moderne étaient en fait constitués en grande partie d'écriture et de nature, rien d'extravagant. A cet instant, elle était servie. Elle continua ainsi à écrire au gré de son spleen pendant un temps indéfini. Quand elle en eut assez, elle ferma son carnet, se laissa glisser sur le banc et ferma les yeux. Seuls le bruissement des feuilles et le bruit sourd des foulées de coureurs sur la terre réussirent à la tenir éveillée pendant quelques temps. Puis elle se laissa aller et s'endormit.



HJ: Je n'attends rien si ce n'est une rencontre. J'aimerais bien avoir le plaisir de poster avec un joueur que je ne connais pas ou avec qui je n'ai jamais posté.


Dernière édition par Elinor Redgrave le Mar 7 Déc 2010 - 18:07, édité 1 fois
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Elliot O'Malley
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MessageSujet: Re: Et si...   Mar 26 Oct 2010 - 21:28

J'ai pas touché le sol depuis deux heures que j'ai déjà réussi à m'attirer des ennuis. J'ai le syndrome du poisseux. Le type qui choisit toujours la file qui va le plus au ralenti. Le mec pas foutu de faire trois mètres sans s'attirer une crotte de chien sous la semelle, le gars pas frais qui a des cernes comme l'océan indien sous les yeux et qui a confondu, ce matin, avant de prendre l'avion, son dentifrice et sa crème pour hydrater la peau. Sur ce dernier détail, j'enfonce mon micro dans la bouche du premier qui se fout de moi. Ouais, O'Malley se fout de la crème hydratante le matin... je tiens à ma peau, quoi.

A New York, c'est un peu les vacances des lunettes noires. J'ai pas à faire le mariole derrière mes verres fumés parce que les ricains se regardent pas les uns les autres. T'es tranquille, tu peux flâner d'un endroit à l'autre sans qu'on se demande où c'est qu'on a déjà vu ta tronche. Les Paquita sont emmitouflées dans leur manteau, les mecs à valisettes foncent dans le subway pour regagner leur petit appartement blindé et être devant le match de baseball avant les premières pubs, et moi, je glande rien depuis qu'on m'a tiré mon portefeuille à Canal Street, à l'ouest de Chinatown.

J'aurais jamais dû aller chez les niak avec mon Canadagoose à 900$, la Rolex débile que Jay m'a offerte et un Pepe jeans sur les fesses. C'était comme leur crier "braquez-moi, j'ai plein de fric". C'est ce qu'ils ont fait. Je suis sorti de chez le disquaire avec les bras chargés de trésors des années soixante dix. On m'avait conseillé d'aller acheter des médiators et des disques chez un petit disquaire réputé pour sa large collection de 45 tours moldus. Bah, j'en aurais profité même pas trois secondes et ils auront jamais quitté leur sac plastique.
J'ai couru sur un kilomètre mais après j'ai arrêté. J'ai hésité à sortir ma baguette pour les stopper mais comme personne n'avait foncièrement l'air d'avoir envie de m'aider ou d'accepter ma présence dans ce quartier, j'ai pas voulu faire d'esbroufe. C'était que des disques.
Puis j'ai voulu me réchauffer en allant boire un chocolat chaud dans un quartier plus accueillant... en payant, je me suis aperçu qu'on m'avait tiré mon portefeuille dans le métro. Je reprendrai plus le métro ici.
Heureusement, la fille de la patronne m'a reconnu. Elle avait mon dernier CD pour les moldus. Elle a demandé une photo et un autographe en échange du chocolat. Je pouvais pas dire non et pour une fois que la célébrité m'aidait à me sortir d'une galère au lieu de m'enfoncer encore plus dedans, j'allais pas faire l'imbécile.
Avant que le café se transforme en hall de gare, j'ai déguerpi, une quarantaine de flashes plus tard.

Finalement, les moldus m'ont un peu cassé les pieds... et en même temps, c'est plutôt cool. Ca fait du bien d'avoir les mêmes emmerdes que les autres pour une fois. Il m'était pas arrivé un truc aussi stupide et banal depuis des années. Maintenant, quand ma vie craint, elle craint corsé. Elle craint pas qu'à moitié, elle craint comme c'est pas possible de craindre pour une vie. Elle craint l'alcool, elle craint la duperie, elle craint la mort, elle craint la déception et les remises en question, elle craint les premières pages de Voilou où ma vie s'étale sans concession, elle craint les mensonges de la presse et l'Opposition qui m'oppresse. Mais elle craint rarement d'avoir fait tomber un verre de rouge sur son pantalon tout neuf ou de s'être pris un râteau par la plus jolie fille de la soirée. Les petites choses qui énervent mais qui ne sont pas très graves. Tout est devenu si grave dans ma vie... finalement, me faire piquer mon larfeuille, c'est un truc cool. Normal. Reposant.

Je suis pas retourné à l'hôtel après m'être fait détrousser. Il y a des choses à faire sans argent dans une ville aussi grande, des gens à rencontrer, dans un lieu aussi cosmopolite. J'avais pas envie de m'enfermer. Les répétitions commencent demain, j'en ai pour trois jours de dingueries. Aujourd'hui, c'est mon seul temps de repos depuis des semaines et je compte en profiter.

En sortant du subway, je me suis fait accoster par une touriste japonaise qui m'a pris pour un New Yorkais. Elle voulait savoir où se trouvait les deux tours et comment s'y rendre. "Ca a pas sauté ces trucs-là?" j'ai demandé pas très au courant de l'actualité moldue. Ils les avaient peut-être reconstruites entre temps... Elle m'a dit que si, les tours avaient sauté et que ç'avait été un drame. Je voulais bien la croire. Mais non, a-t-elle continué en japanglais, on les avait pas reconstruite. Il y avait autre chose à la place. J'étais pas au courant. Je pouvais même pas dire en quelle année ça s'était passé. Elle m'a regardé comme si je sortais d'hibernation et que j'avais pas vu le monde depuis des lustres, c'est pas faux. Mais elle m'a expliqué gentiment qu'elle voulait aller déposer des fleurs et faire photos. Je savais pas lui répondre mais je l'ai aidé à trouver quelqu'un qui pourrait l'orienter mieux que moi. J'ai vachement pratiqué mon japonais à force d'aller au Japon pour les concerts. Je faisais l'interprète entre elle et le New Yorkais. Je me suis rendu compte que je pouvais suivre une discussion easy. La touriste était épatée. Elle m'a demandé comment j'avais appris la langue. J'ai menti en disant que c'était à force de regarder des mangas à la télé. Ca l'a fait marrer. Pour me remercier, elle m'a filé son guide. Elle m'a dit qu'elle repartait le lendemain et qu'elle comptait pas revenir ici. C'était cadeau. J'ai pris.

J'ai ouvert une page au hasard et j'ai planté mon doigt sur la première ligne qui s'était glissé dessous. C'était écrit central Park. C'était bon ça, un parc. Pas besoin d'argent!

Je suis donc, sans thune, à arpenter les allées de Central de Park. J'observe un peu autour de moi. Tout le monde est dans sa petite vie, ça fait du jogging, ça boit du Starbuck dans des gobelets, ça rit, ça vit.

Je cherche un banc pour lire un peu le guide et trouver des quartiers où j'aurais jamais le temps d'aller. Il y a un banc où une nana au bonnet gris est carrément endormie dessus.
Il y a assez de place pour deux. Je me glisse à côté d'elle sans la réveiller et je commence à feuilleter l'ouvrage.

Soudain, y'a un ballon en plastique qui arrive droit sur nous. Plus particulièrement, sur la femme endormie. Par réflexe, avant qu'elle soit défigurée, je sors ma baguette et je crie:

- Windgardium leviosa!

La balle se met à changer de trajectoire et à flotter dans les airs. Les gosses sont aux anges. Ils 'approchent en observantun peu mieux l'effet de la magie. Ils regardent leur balle qui joue à la soucoupe volante, planant à quelques trente centimètres du visage de la femme à côté de moi. Elle l'a échappé belle. Dans le bric à broc et la confusion, mon guide est tombé par terre.
Les mères, plus flippées, récupères leur progéniture et n'osent pas venir récupérer le ballon:

- On s'en va, Henry, c'est un sorcier...
- Mais c'est chouette, des sorciers! Il dit, Henry.

Je trouve qu'il a raison, Henry, mais c'est sa mère qui gagne. Elle l'emmène loin de moi.
Il tape du pied et râle qu'il veut récupérer son ballon. Sa mère ne cède pas. Henry pleure comme si on lui avait coupé un bras. La mère rougit. Toute l'attention se dirige vers eux.

D'un mouvement de baguette, je fais suivre le ballon auprès de l'enfant qui se trouve déjà à une bonne quarantaine de mètres de nous. Je lui fais un clin d'œil complice. Il arrête de pleurer, récupère son ballon et me fait un petit signe de la main pour dire au revoir. Je le regarde partir, emmené par la mère hystérique d'avoir vu voler une balle. Elle essaye de lui faire jeter le ballon comme si l'objet était devenu une bombe atomique.


♠ J'aurais tellement voulu que Jezabel ne perde pas le bébé... ♠

Aujourd'hui, je serais pas à New York à me geler les doigts de pieds dans un parc si j'avais été papa. Je serais avec ma femme et mon gosse. Je serais pas le même homme.

Je me tourne vers la rescapée pour prendre des nouvelles:

- Ca roule? Je demande de mon incorrigible accent irlandais. Vous avez failli vous refaire faire le portrait par l'apprenti Ronaldo.


♠ C'est chelou, pour une fois, c'est elle qui me rappelle quelqu'un... J'ai une impression de déjà-vue... ♠





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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Et si...   Mer 27 Oct 2010 - 14:17

Un cri soudain arracha l'anglaise à son profond sommeil. Sa part consciente reconnut un sort, un des plus simples qu'il soit rectifia son esprit. Le reste de son être ne savait plus où elle était. La dureté des planches la fit définitivement revenir à elle. Le dialogue entre la mère et l'enfant la ramena à sa vie. Elle se redressa immédiatement et découvrit le visage de son sauveur. Le silence s'installa entre eux pendant que la petite famille s'éloigna.

Il est des jours où pour croire à la réalité, le rêve est nécessaire, car quand la réalité prend des allures de rêves, on ne sait plus que croire. La force du rêve, c'est qu'il n'est pas prophétique. En l'occurence, pour tester le moment, faire appel au rêve était un bon moyen de discernement. Tel le ressentit Elinor.

- Si ça avait été Samir Nasri j'aurais rien dit, enfin pour le vrai. Il aurait presque pu m'écraser la face avec ses crampons s'il l'avait voulu. Samir Nasri n'était pas là et n'apparaitrait pas par enchantement au détour d'un tronc d'érable. Elliot, lui, était bien là.

Sa phrase resta suspendue dans les airs.

Cet accent à la forte tonnalité Irlandaise, ce visage, elle les aurait reconnus entre mille mais n'arrivait pas à croire à la réalité de cette présence. Son visage ne laissa rien transparaître de son état. Elliot O'Malley. Enorme, c'était énorme. Son rythme cardiaque s'accéléra comme celui d'une collégienne sous l'effet de surprise réalisée. De près il avait bien la même tête que celle qu'il avait à Poudlard, moins poudrée et sophistiquée que celle qu'il a sur la couverture de ses albums. Une seule chose la déçut: son accoutrement. Elle ne pensait pas qu'il était aussi ostentatoire dans la vraie vie, ce malgré son appartenance au monde du show-business... Mais bon!

Pour une fois Elinor n'essaya ni de réfléchir, ni de s'interroger. Elle laissa le destin s'emmêler dans cette matinée. Pour ne pas qu'il se doute de son trouble, elle préféra poursuivre dans sa fan attitude de football. Oui Elinor était toujours aussi moldue de football, d'Arsenal en particulier, mais non de Fabregas. Son chouchou à elle était français, tout comme ce bon Wenger, c'était Samir Nasri. Malheureusement pour Elliot, elle avait en horreur Ronaldo...

- Excusez-moi, mais je suis une grande fan d'Arsenal, alors, les simagrées de sa sainteté Christiano Ronaldo, j'en ai rien à cirer. Enfin, voilà. Merci pour le coup de baguette quoi, je ne sais pas depuis combien de temps je me suis endormie. elle ponctua sa phrase d'un sourire.

Il était avec elle. A Poudlard ils n'étaient pas de la même promotion. Avait-il, quoi, un, deux ans de moins? Ils ne s'étaient jamais vraiment parlé, juste croisés. Alors quand la célébrité tomba sur O'Malley, elle ne fit pas partie de la horde de filles en furies qui s'inventaient toutes sortes de liens avec lui juste pour se faire mousser et entendre les autres glousser dans leur dos. Elinor avait au moins cette constante: elle restait toujours elle-même. Toujours. Trop même.

Et si? Façon polie de se réinventer en imaginant la vie qu'on aurait pu avoir si et seulement si on avait été autrement ou si on avait fait les bons choix. Pour les enfants, Noah et Elliot comme les autres, la torsion de la réalité pour la faire basculer dans le jeu et l'imaginaire partait d'un vigoureux: "On dirait que...". Et si...

Apparemment il ne l'avait pas reconnue, normal. Inutile de faire revivre Poudlard dans de stériles conversations nostalgiques (ou pas d'ailleurs). C'était une personne privée qui avait droit à son intimité. Elle avait su à 17 ansce que ça faisait quand Voilou, Ici Londres et autres avaient parlé de sa grossesse et de son lien avec Sacha, elle avait morflé. Depuis, jamais plus elle n'avait ouvert un de ces torchons, même dans la salle d'attente de Sainte-Mangouste. Alors voilà. Par respect pour lui, elle avait beau avoir tous ses albums et connaître la plupart de ses chansons par coeur, elle préférait passer pour l'instant pour une ignorante.

Et si Elinor n'était plus Elinor mais une avocate anglaise lambda? On dirait qu'elle s'appellerait Norah, qu'elle aurait bien 22 ans mais qu'elle serait toute autre. Après tout, ils étaient aux Etats-Unis, dans un contexte particulier, et ne se reverraient sans doute jamais. La décision fut prise en une fraction de seconde, elle claqua en l'air pour que s'ouvrent les portes d'une mystérieuse journée.

- Je m'appelle Norah. A qui ai-je l'honneur? lui demanda-t-elle en tendant une main glacée vers lui.
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Elliot O'Malley
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MessageSujet: Re: Et si...   Mer 27 Oct 2010 - 16:08

Même si je cherche très loin, je crois pas avoir jamais rencontré une Norah. Elle doit me rappeler quelqu'un comme ça arrive souvent. Je lui tends ma main pour faire poli, pour dire bonjour normalement. Je la serre avec un sourire radieux.
Ensuite, c'est chelou. Juste avant de décliner mon identité, j'ai comme une appréhension qui se transforme petit à petit en fantasme.
Tout me paraît si facile et si authentique que j'ai pas envie de gâcher ça. Un parc, une rencontre fortuite, une main tendue et deux sourires. J'aimerais que ma main reste plantée dans la sienne et que tout s'arrête un moment. Que cette main, toute simple, tendue avec délicatesse dans un acte de politesse des plus basiques, me renvoie dans le passé. Une envie subite de n'être pas moi-même. De revenir en arrière, comme quand j'étais un Serdaigle qui se souciait que ses cours, de ses résultats aux exams, de la fille qu'il allait inviter au bal de fin d'année et de fêter la victoire de son équipe au dernier match de Quidditch.

Je ne veux plus être l'artiste aux lunettes noires, ni ce type chelou que je croise parfois dans le miroir, avec un regard qui se demande s'il a fait les bons choix sans jamais trouver la réponse tant que le jour suivant n'est pas arrivé, et le jour d'après, et le jour encore d'après. Une crainte boulimique de ne jamais comprendre pourquoi et comment j'en suis arrivé là. Si j'ai envie d'être là.

Elle aurait été comment ma putain de vie si j'avais dit à Delamico que, non, faire la première des Bizzar' m'intéressait pas. Si j'avais dit que je préférai rester à Poudlard U pour faire des études supérieures. Que j'avais une copine, que je devais la choyer, que j'avais une famille et que je voulais pas lui faire payer le prix de mes rêves. Mon rêve, c'est quoi après tout? Je sais plus trop...

Et si je changeais de rêve pour une fois. Si ma vie était un songe. Je m'en fous, c'est pas un vrai mensonge... c'est comme si Norah dormait encore sur son banc et que tout à coup à son réveil, elle se retrouvait dans un autre rêve... sans trop le savoir. Je serais un personnage de ce rêve, je serais un Elliot réaménagé... non, pas Elliot... j'en ai assez d'être Elliot.
Je serais ce type habillé trop blingbling, sponsorisé par l'air du temps, à qui on a volé son larfeuille y'a deux heures. Paumé à New York pour une histoire de... de fille... je serais venu d'Irlande pour voir une fille que j'ai aimé mais qui aurait refait sa vie avec un autre. Ca n'aurait pas eu grande importance parce que je me serais déchiré sur les magasins pour me remonter le moral. je serais une sorte de Jezabel au masculin. Ca serait tellement bien d'être insouciant. Ca serait tellement le kiffe que mon seul souci soit d'avoir été trahi par une femme.

Et si je n'étais plus Elliot? Ca changerait cette journée? Elle serait comment la vie de mes rêves aujourd'hui?
J'ai envie d'être mytho, j'ai envie de quitter mes Puma et d'être un quidam qui a une vie normale, loin du bruit, des conneries, de la réalité. Juste une fois, pas longtemps, juste le temps d'ouvrir les paupières et d'être ailleurs... Elle a pas l'air de "m'avoir déjà vu quelque part", ça me donne envie de saisir l'occasion. De toute façon, demain, ma vie nous rattrapa bien assez tôt. Ca ne serait pas un gros mensonge, non, ça serait un petit bond dans une autre dimension...

- Je m'appelle... Ulysse. Enchanté, Norah.

♠ Qu'est-ce que je raconte? Tant pis... Ulysse a fait des grands voyages... ♠


J'espère qu'elle a pas trop relevé l'hésitation. C'est le premier nom qui m'est venu à l'esprit.

Je lâche sa main. Mon sourire se froisse un peu... je m'en veux de lui mentir...

♠ C'est pas un mensonge, Elliot, c'est de l'oxygène. ♠

De toute manière, elle apprendra bien assez tôt qui je suis... alors, peut-être qu'elle comprendra pourquoi j'ai dit n'importe quoi. Peut-être qu'elle me pardonnera et qu'elle saura qu'elle a été mon monde à part, mon royaume du "et si" l'espace d'un après-midi. Elle se dira que j'avais besoin de ça, d'être pas moi pendant quelque temps, de goûter à l'anonymat et de soigner mes incertitudes. Elle saura qu'elle a contribué à une chouette incartade de ma vie, que je lui en suis redevable et que j'ai apprécié, avec sincérité, l'évolution inopinée d'une rencontre dans le monde du si. Une seule minuscule demi-journée. Je demande pas plus.

M'abandonner.

- Je suis là depuis environ dix ou quinze minutes... vous étiez déjà endormie quand je suis venu m'assoir, je lui dis. Quant à Arsenal...

Je ne connaissais qu'un seul nom de joueur de football moldu. Elle doit certainement être moldue si elle aime le foot... Quoique, ça veut rien dire. J'aime le basket et je suis pas moldu. Sur le fait que je suis un sorcier, je ne peux rien altérer puisque j'ai déjà sorti ma baguette. Mais si je devais changer quelque chose dans ma vie, ça serait pas ça. Ca serait tout le reste. De toute manière, je suis tellement sorcier que je pourrais jamais imaginer ce que c'est que d'être moldu. Je gafferai tout le temps. Comme la fois où Fatou m'a demandé de faire du café... j'ai failli tuer sa cafetière.

- Je suis pas très connaisseur du football. Désolé pour le crime de lèse majesté.

Je ramasse mon guide à l'aide de la baguette. Je la range dans mon blouson mais je garde le bouquin dans la main:

- Vous êtes d'ici? Je demande en lui montrant la couverture où c'est écrit "New York for Japonese".






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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Et si...   Lun 8 Nov 2010 - 13:11

Cette connivence involontaire avait plongé la jeune fille dans un vent de légèreté infinie auquel le poids de son existence n'avait plus de réalité propre, et vola en éclats.

Ce souffle d'inconnu ouvrit une parenthèse de nouveauté enchantée que la plus puissante magie n'aurait pu égaler, et présenta un éventail de possibilités.

Un soupir faillit s'échapper de sa bouche. Elle parvint à le retenir et à le muer en sourire. Celui-ci s'agrandit à la remarque du dénommé Ulysse sur le football.

- Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas un crime. J'ai une forte tendance à m'emporter dès qu'on me parle de foot. souffla-t-elle en haussant les épaules feignant de s'excuser. Je pensais que mon accent me trahirait comme le vôtre. Vous êtes irlandais n'est-ce pas? Moi je suis anglaise et présente à New-York pour affaire, an english woman in New-York. finit-elle en souriant.

Un troupeau de joggeurs passa devant eux, brisant la magie l'instant, et quelque part, la joie d'Elinor. Une chose la chagrinait et commençait à la faire douter du bien fondé de la légèreté de sa démarche:
l'équation n'était pas identique pour tous les deux car une inconnue faisait défaut à Elliot. Il ne savait pas qu'elle savait qui il était vraiment... Que se passerait-il si jamais il le découvrait? Pourrait-elle noyer le poisson?

Mais il n'y avait pas que ça. Tous les deux avaient à peu près le même âge, c'était assez évident physiquement. Alors, comment allait-elle s'y prendre pour prétendre qu'elle ne le connaissait pas de Poudlard si elle lui avouait être sorcière? Et si elle le lui cachait, comment allait-elle réussir à se priver de magie ? Si un gros morceau de son coeur appartenait au monde moldu, réussirait-elle à se faire passer pour une moldue pur sucre? "Sapristi ! J'ai parlé du coup de baguette ! J'ai parlé du coup de baguette ! Il va se douter de quelque chose, c'est sûr !"Merlin, elle n'avait pas anticipé ça ! Comme quoi, s'inventer une vie, ce n'est pas aussi simple qu'il peut y paraître.

Tout un flot d'interrogations et de difficulté apparurent soudain aux yeux de l'imposteuse. Pour une fois elle refusa de se prendre la tête, et de prendre chacune l'une après l'autre. Ce serait même une des principales caractéristiques de Norah: une bonne humeur perpétuelle, contagieuse, qu'aucun obstacle ne saurait remettre en cause. Elle fit même le choix d'essayer de prendre chacun de ses défauts et de les prendre à contre-pied, ce qui lui semblait difficile mais pas impossible.

- Comment pouvez-vous avoir un guide pour japonais visitant New-York? s'étonna-t-elle en espérant dévier ainsi tout soupçon. Vous êtes plein de mystères Ulysse, à moins que New-York ne soit qu'une escale dans votre Odyssée?

Devant eux, un groupe de touristes passa, suivant une femme replète gesticulant. Autour d'elle, tout le monde semblait saisi d'émotion. La petite femme s'arrêta et désigna un immeuble qui bordait le parc. Certaines personnes sortirent leur appareil pour photographier la bâtiment de loin. Apparemment, leur guide les convainquit d'attendre d'arriver devant l'immeuble.

- Je me demande ce qu'ils vont voir là-bas. Vous avez vu? Ils semblent tous chamboulés par ce que leur raconte cette dame. Je serais curieuse de les rejoindre. Elinor lâcha la petite troupe du regard pour fixer Elliot de ses grands yeux verts. J'ai la journée pour moi. Si ça vous dit de jouer le visiteur lambda, nous pourrions commencer par infiltrer discrètement ce petit comité et voir ce qui se cache derrière cet immeuble qui ne semble pourtant rien avoir d'extraordinaire. Je peux aussi vous inviter à boire un café pour vous remercié d'avoir évité à mon visage d'être tuméfié. A moins que vous ayez déjà plannifié votre journée bien sûr.

Elle n'avait nullement l'intention de le laisser planté là comme ça et d'abandonner son rêve d'évasion l'espace d'une journée, mais elle se devait de lui laisser le choix. Norah était un joli prénom. Elle serait avocate et moldue. Découvrir le reste et voir si elle aurait pu aimer sa vie serait à découvrir, pareillement en ce qui concernait Ulysse pour Elliot. Jouer un personnage, dissimuler sa vie et sa nature, il y avait un certain côté excitant qui faisait refléter à nouveau une certaine joie sur le visage d'Elinor.


Dernière édition par Elinor Redgrave le Dim 14 Nov 2010 - 10:57, édité 1 fois
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Elliot O'Malley
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MessageSujet: Re: Et si...   Dim 14 Nov 2010 - 0:08

C’est lancé, je ne peux plus reculer. Je suis Ulysse, je suis devenu mon pote Ulysse. Sauf que mon pote Ulysse est un moldu et qu’il est sacrément ridicule en balai. Je suis juste un nom qui cache une vie imaginaire. Je n’ose pas trop pipeauter Norah. D’abord, je suis un piètre menteur. Même si aujourd’hui, là, maintenant, j’ai envie d’être le roi des mytho et de me forger une vie nouvelle et tranquille et normale et sans concert ou autographe, j’ai quand même un petit remord. Ca reste un mensonge.

Elle a l’air si gentil cette Norah que ça me fend le cœur de la mener en bateau. Je me promets que dès que cette journée s’achève, je lui dis moi-même la vérité. Et surtout, je la remercie.

Son idée de jouer les touristes lambda me dit beaucoup.

Elle est anglaise. Je suis irlandais. On est européen. On est des touristes. On fusionnera assez facilement dans le groupe.

Je me lève pour lui montrer physiquement mon assentiment à cette proposition. Ma main tendue vers elle, je l’aide courtoisement à se lever. Je garde bien mon guide de touriste japonais sous le bras mais je range la baguette.

- Go, Norah. C’est une très bonne idée. Moi aussi je veux savoir ce qu’il a d’aussi chouette ce bâtiment tout moche. Et quand nous en aurons marre de marcher, c’est moi qui vous inviterez à boire quelque chose... si le guide est allemand, par contre, on aura l’air de deux idiots. Je maîtrise pas aussi bien l’allemand que le slang...

Nous marchons vers le groupe. En chemin je lui raconte la raison pour laquelle je me suis retrouvé avec un guide japonais. Pas la peine de mythonner, je lui raconte la vraie histoire. La japonaise perdue, les disques volés, le trajet dans le subway et mon portefeuille trouvé par un pickpocket dans ma poche intérieure de blouson. Mince! Mon portefeuille! Je n’ai plus de portefeuille... je ne peux pas l’inviter à boire quoique ce soit... je suis devenu Ulysse le SDF. Bouse!

En même temps, ça n’a pas l’air de la gêner plus que ça que je sois un sorcier. Elle semble même plutôt à l’aise avec le concept. J’ai connu des moldues plus sceptiques.
A la fin de ma narration de l’épique vol de disques et de portefeuille - que je rallonge pour en faire des caisses comme tout mec qui respecte. Là où, dans la réalité, on se fait détrousser par un petit chinois d’un mètre soixante qui court vite, dans ma version masculine, ils étaient dix ninjas, je me suis bien battu mais, quand même, ils étaient dix ninjas. Allez savoir ce que dix ninjas voulaient à ma collection de Van Halen et d’Aerosmith... Je souris assez pour qu’elle comprenne que j’en fais des caisses. Elle ne saura jamais vraiment le fin mot de cette histoire mais on aura bien ri.

- Bon, en gros, finis-je en riant, si on va boire quelque chose quelque part, c’est vous qui m’invitez... c’est trop piteux mais je trouverai le moyen de me racheter.

Quand je lui aurais dit la vérité, je filerai des places de concerts ou je l’inviterai en loge, en backstage ou tout simplement à dîner... sauf si à la fin de la journée je me rends compte qu’elle est relou. Je suis gentil mais pas tarte.

Entre temps, nous sommes arrivés près du groupe. Ce n’est ni de l’allemand ni de l’anglais, c’est de l’espagnol. Super. Je ne parle pas un mot d’espagnol. Ca me fait rire.

Je glisse à l’oreille de Norah que je ne sais dire que "agua por favor"; avec mon accent irlandais, je crois que c’est pire que tout.

- En même temps, si je ferme bien ma bouche, et que je hoche la tête dès que quelqu’un fait "haaa!" ça devrait passer...


J’espère qu’elle parle le spanish pour que je connaisse enfin le secret du bâtiment tout laid.
On se cale dans la masse, je fais des "basta cusì" quand je frôle quelqu'un, sans me douter que c'est italien et pas du tout espagnol et qu'en plus ça ne veut pas du tout dire "excusez moi" mais "c'est assez"/"ça suffit"...
Une drôle d'espagnole au mono-sourcil me dévisage et fait des gros yeux ronds. Ce genre de regard que je connais... c'est le fameux "mais je t'ai déjà vu quelque part, toi..."

♠ Merde! ♠

Elle commence à me dire quelque chose en espagnol et à sortir une feuille de papier et un stylo en gloussant. Son excitation monte. Elle commence à parler fort, trop fort. Des gens se retournent sur nous.
Finalement, je prie pour que Norah comprenne pas un mot d'espagnol. Une autre fille qui accompagne celle qui a un mono-sourcil se met à sautiller et à parler en espagnol. Je fais des "non, non" désespéré de la tête et je répète sans fin "basta cusì", sans imaginer, encore une fois, que cette fois-ci, si c'avait été espagnol, c'était exactement ce que j'aurais voulu leur dire: NON C'EST ASSEZ! RAZ LE BOL! JE ME CASSE!

Je souris maladroitement à Norah en haussant les épaules pour lui montrer que je ne sais pas ce qui leur prend:

- Heu, on va peut-être pas rester... elles sont bizarres,
lui dis-je, en tachant d'éviter son regard. J'ai la tête tournée vers ailleurs, où on ne peut pas lire dans mon regard combien je suis gêné et combien j'ai réellement envie d'être ailleurs.

J'attrape Norah par le coude et je l'éloigne du groupe d'espagnols qui s'est tout retourné quand il a entendu les deux nanas commencer à parler d'Eyot Romali. Heureusement qu'on comprend rien aux espagnols quand ils essaient de parler en anglais. Mais je suis limite, là. Même avec deux "basta cusi" et trois "agua por favor", je peux pas m'en sortir.

Je souris en faisant un grand geste d'au-revoir de la main. On est déjà à deux cent mètres du groupe dans une allée bordée d'arbres et qui conduit vers un petit pont quand je m'arrête de speeder:

- Je suis désolé, je dis à Norah essouflé par notre course, finalement, je préfère visiter juste avec vous...

Je tends mon guide japonais à Norah sans essayer d'expliquer quelle mouche m'a piqué.

- On a toujours un guide japonais. Je comprends mieux le japonais que l'espagnol...

Je dois trop avoir l'air minable. Ca sera plus compliqué que je pensais d'être Ulysse.





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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Et si...   Mar 16 Nov 2010 - 15:16

L'écoute de son histoire de ninjas fut entrecoupée de gloussements de sa part. Il ne s'agissait pas de gloussements niais pouvant accompagner deux pouffements de pétasses de base en transe à la sortie d'un hôtel. Elle était heureuse car cette récurrence dans l'emphase masculine lui manquait quelque part. L'influence masculine dans sa vie était représentée par Louis, Hadrien, et Sacha. Dénominateur commun: la paternité, même si pour Sacha, c'était différent eu égard à la relation d'amitié fusionnelle qui les unissait. Mais avec lui, rien n'était pareil et au final, Elinor n'avait pas d'amis homme.
Quand il finit, elle riait aux éclats.

- Vous avez déployé tant d'efforts pour y parvenir que je ne peux refuser. lui glissa-t-elle toute souriante. Nous déjeunerons donc ensemble, je vous invite avec plaisir.

Ce moment de joie fut de courte durée. Il ne fallut pas plus de quelques secondes à quelques pintades du groupes pour démasquer le vedette derrière le supposé touriste trop bling-bling du groupe. Obvious. Ils auraient tellement dû s'en douter que s'en était affligeant de honte de se faire pister comme ça.

La réalité avait tendance à courir vite pour nous rattraper. Tout juste si elle nous flanquait pas de fessée, comme si c'était lui faire insulte que d'avoir envie de s'en extraire l'espace d'une journée. D'un côté elle n'avait pas tort, choisir une star de la chanson comme compagnon d'évasion, ce n'était pas malin. En même temps, on ne choisit pas les gens pensant comme soi, c'est déjà pas mal qu'il y en ait.

Elinor trouva le fait dommageable car elle venait de comprendre que l'immeuble dont parlait la guide était le Dakota Building, celui-là même devant lequel John Lennon s'était fait assassiner. Too bad... Contrairement à son amie Tuppence, Elinor aimait bien les Beatles. Peut-être que si elle avait été jusqu'au lieu-dit, elle se serait laisser submerger par une certaine émotion elle aussi.

Elle le suivit presque à regret. Quand ils arrivèrent au pont, elle lui sourit timidement, hors d'haleine.

- Y a pas de soucis... Heureusement que j'ai mis une bonne paire de baskets ce matin, je ne savais pas que je rencontrerai Usain Bolt!

D'un geste gracieux elle remis son bonnet et son écharpe comme il faut sur elle, en cherchant ce qu'elle pourrait dire pour donner un peu plus de normalité à cette fuite.

- L'espace d'un instant j'ai cru que vous étiez ... Elle laissa planner sa phrase en l'air jusqu'à ce que les mots descende en piqué sur leur victime.... gay. Déguerpir devant des filles, moches certes, mais quand même tout en étant sapé de la sorte, c'est chelou. Mais bon, puisque vous préférez m'avoir toute seule pour vous... Les yeux de la jeune femme pétillaient d'espièglerie. Enfin... En même temps, quand on a la chance d'être avec moi, quoi de plus normal... finit-elle en souriant pour appuyer sur sa fausse vanité et renverser finement le poids de la renommée d'Elliot sans avoir l'air d'y toucher.

Finalement, elle retira l'écharpe de son cou. Leur footing l'avait laissée bien réchauffée. Elle l'enroula autour de son poignet, puis quand elle forma une boule, la glissa bien au fond de son sac besace en prenant d'y dissimuler sa baguette pour ne pas se trahir. Une main glissa autour de son cou dénudé pour ajuster le col de sa chemise noire qui dépassait de son blouson en cuir. Machinalement, sa main se porta jusqu'au tatouage de sa nuque et le découvrit quelques instants.

- Alors maintenant, Monsieur "Je suis tellement le plus fort en japonais que je peux me servir de ce guide", où est-ce que tu m'emmènes Ulysse?

Le tutoiement était venu de manière naturelle. Puisqu'ils devaient passer du temps en semble, ce n'était pas choquant pour Elinor qui se mettait à essayer de penser comme cette Norah. Sa retenue naturelle lui aurait interdit de tutoyer cet homme qu'elle ne connaissait pas. Pas Norah.

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Elliot O'Malley
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MessageSujet: Re: Et si...   Dim 21 Nov 2010 - 18:32

- D'abord, je ne suis pas gay - même si des fois, je pense que je vais finir par changer de bord - et qu'est-ce qu'elles ont mes fringues? Ai-je demandé d'emblée en reculant de quelques pas pour qu'elle y regarde encore un peu. Ca me permet d'éviter de justifier encore un peu plus la raison de ce sprint. Elles sont super mes fringues. Ca tient chaud, c'est tout ce qui compte...

Streetwear blingbling mais cool. Je fais le faux vexé parce que je m'en fous, pour de vrai. Je ne serai pas plus susceptible en Ulysse qu'en Elliot.

- ... et vous avez raison... J'ai beaucoup de chance d'être avec vous.

Je ne suis pas avare de sourires. D'abord, je me sens désolé pour le sprint et, en plus, j'ai l'impression qu'elle aurait bien aimé visiter la maison ou écouter le guide... Merlin! Non. Ca voudrait dire qu'elle a compris l'espagnol!
On pourra toujours revenir quand le groupe sera passé. Je me dis qu'en attendant, on pourrait rester dans Central Park. Ca ne manque pas d'activités et de coins à visiter.

Tandis qu'elle retire son écharpe, j'ai le temps d'apercevoir un bout de tatouage qui ressemble à un triskell. J'ai aussi un tatouage. Ca pourra toujours me faire une discussion sous le coude pendant le chemin, des fois que je me retrouve à cours de mots.

Elle se moque de mon guide. Ou de moi. Je souris rapidement en l'ouvrant pour le feuilleter et trouver une béquille.

Je trouve vite la page de Central Park. Plus par les illustrations qu'autre chose. J'ouvre la page qui liste les activités et je me place à côté d'elle pour qu'elle profite aussi du guide. Même si elle n'y capte rien.

- Bon alors...

Je souffle. Mon niveau me permet de comprendre certains kanji et hiragana mais pas de là à le traduire. C'est cependant assez pour lire les mots "vélo" et "location". Je lui désigne le paragraphe concerné de l'index. Une image d'une famille sur des vélos hollandais et une adresse: Loeb Central Park Boathouse. Parking lot, East Drive at 74th Street.

- On peut se louer des vélos et se balader un peu ici. Il y a...

Je m'appuie sur le Guide pour lister des endroits conseillés:

- The Adventure Playground... mouais, ça doit être pour les gosses. On peut essayer de trouver Alice in Wonderland... Traverser le Arthur Ross Pinetum, Azalea Pond et le Balcony Bridge... je sais pas. Les images ont l'air chouette. Il y a aussi le Belvedere Castle et on peut finir avec le Bethesda Terrace. En vélo, on en aura pour une petite heure et demie. Et ce que je te propose ensuite, c'est de sortir de Central Park pour aller se perdre dans la ville... une chose est sûre, je prends plus le métro... Je pense que je t'abandonnerai quelques minutes histoire d'aller à mon hôtel chercher de l'argent. Je transplanerai pour aller plus vite. J'ai du mal à supporter l'idée de pas avoir un sous en poche... et en plus, il faudra que je te rembourse la location des vélos. Qu'est-ce que tu en dis? T'as envie qu'on rajoute des choses à la liste de cette journée? On doit se faire plaisir tous les deux...


Il faut aussi que je trouve une bonne excuse pour éviter les lieux où il y a foule. Je veux pas d'autre spanish au monosourcil.


♠ Merde, à la garder loin de la foule, elle va finir par croire que je suis un vieux dragueur ou un sale pervers... déjà qu'elle pense que j'ai le look pour... ♠

D'ailleurs, il va falloir penser à se parler de nos vies. Quitte à passer une journée ensemble, autant qu'on ne reste pas complètement des inconnus.

Je lui pose une première question personnelle pendant qu'on se remet en marche - vers la location de vélo? J'ai le guide sous les yeux, je suis le chemin suggéré par la map à travers les allées qui mènent à la maison aux bateaux en face de laquelle se trouve la boutique. On en a environ pour dix minutes de marche.

- T'es mariée? Un copain? Question légitime: je ne te drague pas, je suis sevré pour les douze années venir de ce côté-là... Mais qu'est-ce que t'es venue faire à New York toute seule?





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MessageSujet: Re: Et si...   Ven 26 Nov 2010 - 18:59

Les bras croisés, petit sourire en coin, la jeune femme écouta patiemment la tirade d'Ulysse sur ses fringues tout en pensant que tête nue comme ça, où qu'ils aillent, Elliot serait vite découvert et que leur petit jeu serait quant à lui bien bref. Elinor fit cravacher son cerveau pour trouver une solution jusqu'à ce qu'il prononce quelques mots d'une douceur infinie. "J'ai beaucoup de chance d'être avec vous." Et voilà, comme ça.

Elle avait lancé les mots en l'air comme ça, là, sans y prêter plus de conviction que ça, et lui, il venait de les reprendre de volée pour leur donner du relief, un fond de vérité qui les faisaient tourbillonner autour d'elle comme pour la protéger, le tout enveloppé de sourires exprimant une profonde gentillesse. Totalement désarmée par l'instant, Elinor n'essaya même pas de batailler avec sa raison. Disait-il ça avec conviction? Le pensait-il? Ce n'était pas ce qui comptait le plus. la vérité, c'était que cette étrangère n'avait entendu de telles phrases à son propos que trop peu souvent pour qu'elle puisse s'habituer à leur chaleur. C'est con de se faire toucher en plein coeur par quelqu'un à qui on ment sciemment. Le pire, c'est que ça met encore plus mal à l'aise.

Lui aussi mentait. Mais pourquoi? Son costume de star était-il trop grand pour lui? Il lui montrait son plan, se débattait avec cette langue pour essayer de trouver et de lui faire croire qu'il s'y entendait. Elle y jetait un oeil distrait, préférant le regarder lui. Ce n'est que lorsqu'il parla de ce qui était écrit qu'elle se sentit relativement impressionnée. Finalement il la comprenait peut-être cette langue difficile. Elliot était à Serdaigle avant...

- Bon alors... On peut se louer des vélos et se balader un peu ici. Il y a...

Du vélo? Et un vélo hollandais en plus? Même pas le truc sportif style VTC ou autre, non, un vélo hollandais, le truc qui ressemble à un Vélib' parisien pas frais... En voilà une drôle d'idée. Un vélo. Si elle s'était imaginée un jour faire du vélo (hollandais) avec Elliot O'Malley en plein Central Park, alors là... Quoi que bon, avant, New-York s'appelait New-Amsterdam. "Manquerait plus qu'un panier devant le guidon pour faire bucolique, tiens..." pensa-t-elle. Mais bon, il en fallait plus que ça pour contrarier Norah, car Norah devait être quelqu'un qui respirait la bonne humeur - sauf en parlant de foot, bien évidemment - et la joie de vivre. Alors vélo de mémé ou pas...

- Très bonne idée. se força-t-elle à répliquer. On n'a qu'à faire ce que le guide recommande sur tous ces sites. Sincèrement, ce qui te plaira me plaira. Je ne connais rien ici de toute façon, et puis, tu es le maître du guide Jedi, le seul à le comprendre. La seule chose que j'aimerais faire c'est t'inviter dans un bon resto à midi. J'aime la gastronomie et je sais qu'il y a un bon restaurant étoilé à Manhattan. Je sais que c'est pas donné, mais je t'invite, ne t'en fais pas. J'espère que tu me fais confiance.

Ils se mirent en chemin de bonne humeur. Tout semblait aller pour le mieux lorsqu'Elliot posa les deux questions auxquelles il fallait s'attendre et auxquelles pourtant, elle n'avait pas préparé de réponse.

- Célibataire, je suis célibataire.

Le mensonge est un art, surtout pour un Serpentard. Sauf que quand on grandit, il y a des choses qu'on n'a pas envie de dissimuler parce qu'on en est fier. En cela, Elinor était comme toute mère du monde, fût-elle sorcière ou moldue.

- En fait je suis mère célibataire, Sa vie commençait à la rattraper et déformait peu à peu l'histoire qu'elle avait commencé à se raconter, nourrissant sa culpabilité envers Elliot. Quand elle se frotta à la question du métier, elle hésita encore une fois. Se dire avocate était repartir vers la vérité. Mentir pouvait l'entraîner vers des problèmes concernant un métier auquel elle ne connaîtrait rien. à New-York pour le boulot, mais aujourd'hui, c'est repos. Vous pouvez me poser la question, il n'y a pas de problème. Que vous est-il arrivé pour que vous vous sentiez immunisé de l'amour à ce point? Je drague pas, question légitime, être mère à mon âge découragerait n'importe quel prétendant. affirma-t-elle avec aplomb sans préciser la nature de son activité.

Autosatisfate de sa réponse, elle continua son chemin avec lui, en jetant parfois un oeil distrait au guide. Ils passèrent un petit pont enjambant un ruisseau et quelques arbres majestueux lorsqu'une voix attira Elinor. Un peu plus loin sur le chemin se tenait une guérite multifonctions en matière de nourriture et de souvenirs. Devant elle se tenait un homme noir grassouillet qui hurlait pour vanter la qualité de ses produits qui étaient aussi gras que lui, du moins pour les hot-dogs.

- Je trouve qu'il nous manque quelque chose pour faire touristes... Je reviens.

Elle s'en alla vers la cabane en bois et se mit à discuter avec le gérant. Les deux personnes se mirent à gesticuler, désigner quelques produits, et discuter. Elinor sortit son porte-monnaie et paya l'homme qui lui tendit un sachet en plastique sur lequel était imprimé un fier "I love N. Y.". Il paraissait assez lourd et gonflé. Lorsqu'elle revint vers lui, elle afficha un large sourire.

- Voilà. La panoplie des parfaits touristes. Non parce que là, tu n'es pas en tenue pour enfourcher un vélo hollandais mon gars.

Du sac elle sortit un bonnet estampillé NYPD qu'elle mit à la place de celui qu'elle portait déjà. Elle prit ensuite un sweat pourpre avec une grosse pomme rouge dessus et l'enfila après lui avoir donné le sac qui contenait encore d'autres trésors. Quand il le prit, elle fit de son mieux pour faire entrer son pull dans son sac.

- Tu fais comme tu veux, c'est un cadeau. A la con, certes, mais un cadeau pour jouer les touristes. T'es pas obligé de tout mettre. En tous cas, ça m'a fait plaisir d'acheter ça. A Londres, on reconnait les touristes à leurs habits, sacs, casquettes et bonnets I love London. Ils se ressemblent tous et sont marrants. Je suis contente de jouer les touristes moi aussi... Elle écarta les bras et exposa fièrement le sweat qui dépassait de son blouson en cuir dans une pose quasi christique. Son grand sourire s'afficha de nouveau.

Bonnet, sweat noir avec un gros NY, tout y était. Le geste n'était pas anodin. Caché sous un bonné et des fringues improbables pour une star, il passerait plus inaperçu, du moins c'était ce qu'elle espérait. Mais il n'y avait pas que du calcul dans le geste d'Elinor, son sourire était franc, tout comme ses pensées. Protéger Elliot de sa célébrité, c'était protéger leur entente et leur moment de détente.

Elinor lui imposa de reprendre le chemin, lui laissant ainsi le choix de mettre ou non son déguisement. Ils étaient côte à côte et silencieux. Le paysage continuait à se dessiner patiemment autour d'eux jusqu'à ce que deux-cent mètres plus loin apparaisse une ringuette imposante de vélos noirs, impeccablement allignés par un loueur besogneux. A la grande horreur d'Elinor, chaque bicyclette gonflait son guidon derrière un large panier d'osier blanc. affraid "Rhooooooooo nonnnnnnnn! Le manque de bol ! On n'en fait plus depuis le vingtième siècle de ça !" Heureusement devant Ulysse, Norah parvint à contenir ses pensées.

- C'est original ces paniers. Je crois que ma grand-mère en avait un comme ça.
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MessageSujet: Re: Et si...   Jeu 2 Déc 2010 - 15:24

Quand je lui parle de vélo, elle paraît très enthousiaste. Tout a l’air de lui plaire à cette fille. On peut pas dire qu’elle soit dure à vivre. Pourquoi, moi, je me coltine les cinglées en tout genre et pourquoi y’a certains types qui tombent sur des Norah?
Sur le chemin, elle me dit qu’elle est mère et célibataire. J’ai une pointe de pincement au cœur, un truc minuscule mais qui fait mal et que j'ai appris à cacher. Je reste silencieux et j'écoute. Ca me renvoie à mes propres turpitudes. C’est dans quelle vie qu’on peut répondre à la cool "bah moi je serais papa aujourd'hui si j'avais pas laissé ma nana entrer dans l'Opposition sans rien faire."
On peut pas. Dans aucune vie on ne renchérit avec ses propres problèmes comme si c'était facile d'en parler. Je garde pour moi.

En tout cas, le visage de Norah rayonne de plus belle quand elle mentionne son enfant. Pour le moment, je ne veux pas faire le Sherlock Holmes de 3615 Meetic, alors j'évite l'investigation plus poussée, les pourquoi, les comment, les exclamations déplacées du genre "ah! Quel dommage! Qu'est-il arrivé au père?" Je déteste quand on me le fait, je ne me vois pas lui demander les circonstances de son célibat monoparental au risque d'enfoncer un couteau dans la plaie. La seule chose qui m'étonne est qu'elle n'insiste pas d'elle-même sur les détails courants que les mères adorent déverser avec fierté au sujet de leur progéniture. Y'a qu'à voir ma mère quand elle parlait de moi et qu'on lui avait rien demandé: "Oh! Alors mon fils il a six ans! Il est beau, mon fils, tu devrais le voir, il danse et il chante des heures, tout seul, en face de son public d'ours en peluche, debout sur le canapé du salon. Il chante bien. Il suit déjà des cours de piano mais cet été je vais le mettre à la guitare!" On aurait dit que ses phrases n'avait plus de points quand elle causait de moi. Si on l'arrêtait pas, elle pouvait continuer des heures.

Mes copines déjà mères sont un peu pareilles. Elles passent le plus clair de leur temps à discuter de leurs mioches avec les yeux comme des étoiles. Du petit rot trop "cute" après le biberon, à ces sublimes petites chaussures qu'elles vont leur offrir pour Noël, une mère est inextinguible quand il s'agit de son môme... mais pas Norah. Raison de plus pour ne pas insister et lui demander ne serait-ce que son âge.

Elle semble encore hésiter entre le tutoiement et le vouvoiement. Une minute elle me dit "tu" l'autre elle tape dans le "vous". Je lui confirme poliment qu'on peut se tutoyer après qu'elle me renvoie la question sur mon immunité amoureuse. Elle drague pas, dit-elle en reprenant ma formulation. Je lui dis pour rire que ça m'étonnerait bien. Je suis tellement génial que je comprends pas pourquoi on me draguerait pas. Evidemment, je ne me crois pas. C'est juste pour faire le cake. Pour lui répondre, je décide soudain que ce brave Ulysse a rencontré les mêmes soucis que moi à quelques détails près que j'évite de répandre.

- Je viens de me séparer d'une emmerdeuse invétérée et j'ai très mal encaissé. Je suis à New York pour oublier... Même si c'est moi qui suis parti, ça m'a laissé un goût amer. Je pensais avoir tout fait pour que ça marche mais, il y a un moment, où "tout" ne suffit plus. Où on se rend compte que si l'autre n'a pas envie que ça fonctionne, ça ne fonctionnera jamais... un mélange de confiance déçue, d'illusions perdues et de tragédie à la grecque. Je te passe les détails horribles de la séparation... je pense qu'aujourd'hui, être en couple ne dépend plus seulement de nos affinités psychologiques ou sexuelles. Si les histoires de camps, d'Opposition, de Résistance, de sorciers, de non sorciers viennent se conjuguer aux problèmes raciaux préexistant et aux inégalités des statuts sociaux... ça rend tout bien trop compliqué. Je vais peut-être attendre quelques années avant de repenser à fonder une famille...

Je fais l'impasse sur le moment incongru où elle disparait en direction d'une boutique pour revenir les mains chargées de trucs à touristes. Sincèrement, c'est la meilleure idée du siècle! Avec un attirail pareil, personne n'ira jamais me chercher sous un bonnet NYPD. Je retire momentanément la doudoune et la tend à Norah le temps de passer le sweat noir. En dessous, je n'ai qu'un pull col V en maille légère car grâce à la doudoune Canada Goose, pas besoin d'autre chose qu'un vêtement fin tellement on est protégé du froid. Je remets le manteau sans le zipper pour laisser le logo du sweat en évidence sur ma poitrine et je la félicite d'avoir trouvé ma taille sans me l'avoir demandé. Hélas, mais je fais passer la chose avec un sourire ravageur et un poil dragueur, je mets mes lunettes noires pour couronner le tout. Mon déguisement est nickel chrome. Je me sens ridicule mais protégé. J'accroche un petit badge NY à ma doudoune et nous reprenons le chemin.

Devant la boutique de vélo, je coince. Elle fait une remarque sur les paniers en osier bah moi j'ai un sourire jaune et le visage qui se décompose:

- Il manque plus les rubans multicolores aux poignets... je critique, désabusé. Non, sérieux, monsieur,
dis-je en interpellant le type qui s'occupe des locations, y'a pas moyen d'avoir des VTT ou des vélos... normaux?
- Qu'est-ce qu'ils ont mes vélos?
Répondit-il piqué au vif. Ils sont très beaux mes vélos? C'est quoi un vélo normal? S'ils vous plaisent pas, je...
- Okay, okay, no worry. Calmos. On prend deux vélos, je concède miné.

Norah a toujours l'air jovial. Elle sourit, elle trouve les petits paniers lui rappellent sa grand-mère. Bon. Je vais faire honneur à sa grand-mère, essayer de pas l'insulter et arrêter de tirer la gueule mais je vais avoir l'air d'une gonzesse sur ce truc. Je réalise pas deux secondes que Norah ressent la même chose que moi.

Nous enfourchons les vélos après avoir réglé les selles, les guidons et la location.

Donc si je résume bien: j'ai un bonnet NYPD, un sweat à touriste I love NY, un badge à l'effigie de la baie de New York sur la Canada Goose, des lunettes noires et je suis juché sur un vélo avec un panier en osier. J'adore New York...

Nous flirtons avec les allées et les râles de l'automne qui s'engouffrent dans les branchages au-dessus de nos têtes. Après un temps, je finis par oublier ce à quoi je peux ressembler. C'est juste agréable. On fait la course quand on aborde des côtes, je la bats deux fois et elle une fois. On passe devant divers bâtiments, lacs et aires de jeu à l'ambiance paisibles. On dirait qu'ici, le monde est normal. Quand nous reprenons un rythme de balade, je me place à côté d'elle et je la questionne sur son tatouage:

- J'ai vu tout à l'heure que tu étais tatouée. Moi aussi... il représente quoi ton tatouage?






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