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 La Chair et le Sang

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Shawn Page
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MessageSujet: La Chair et le Sang   Mar 19 Oct 2010 - 19:13

Suite directe de Et maintenant et Renaissance.

Octobre 2012. Londres.


Dans les ombres, la brume et le silence de ce parc lugubre, il appela Daphne à plusieurs reprises. Le Patronus arriva peu de temps après qu’il eût transplané et le guida à grandes enjambées en direction d’une allée bordée d’arbres aux figures burtoniennes.

Shawn tomba à genoux à côté de la jeune fille qui baignait dans son sang. Il eut un moment l’impression qu’on lui rejouait la scène où Fei était attachée à un rocher et la vision l'insupporta. Dans le grand chaos de pensées qui nous asphyxient quand on se trouve en face de quelque chose de terrible, Shawn se surprit à imaginer que Flawnt pouvait être à l’origine de cette boucherie. La pensée était invraisemblable mais il avait besoin d’en vouloir à quelqu’un pour ceindre l’accès de fureur et de détresse qui faisait pulser son cœur.

Il prit Daphne dans ses bras, abandonnant le Patronus qui s’évapora dès que Shawn l’avait retrouvée. Sa première idée fut de transplaner vers le Chaudon Baveur pour y quérir de l’aide mais, quoi qui ait pu arriver à Daphne, il ne se voyait pas impliquer une fois encore ses amphitryons dans ses histoires. Sa deuxième option fut de l’emporter à Sainte Mangouste mais si Daphne s’était mise dans une situation illégale, on lui poserait des questions... Le temps passait et elle perdait beaucoup de sang. Il s’en voulut de ne pas connaître ces fichus sortilèges sanitaires dont il s’était moqué un peu plus tôt dans la soirée.
Toujours agenouillé, avec Daphné logé dans ses bras, il fouilla sa poche à la recherche du petit bout de parchemin sur lequel elle avait écrit son adresse. C’était sa dernière option.

Il y transplana en catastrophe, rompit l’accès de l’habitation d'un coup d’alohamora et chercha, la baguette au poing pour éclairer son passage, une pièce où il puisse la déposer. Il prit l’étage et se dirigea vers la salle de bain. Les images de Fei n’arrêtaient pas de superposer à celle de Daphne. Il connaissait cette odeur de sang, il reconnaissait ces lacérations infligées à égales profondeurs sur les cuisses, le dos, le ventre. Il en avait pansé de pareilles. Il en avait veillé d’aussi cruelles. Il avait rêvé des nuits par centaine de venger chaque meurtrissure par un coup aussi profond. Ca n’aurait pas soigné, ça n’aurait pas guéri, mais ça l’aurait tellement soulagé.

Il s’engouffra dans la baignoire, tout habillé, avec Daphne qu’il garda à demie allongée sur lui et le dos reposant contre son torse. Il alluma le jet de la douche ancienne et le fit couler à température très froide sur son corps afin de ralentir son cœur et l’afflux de sang. Le sang ne cessait de couler. Shawn commença à regretter de ne pas l’avoir amenée à l’hôpital sorcier. Pourquoi l’avait-elle soigné avec un sortilège informulé ? Il aurait juste fallu qu’elle le prononce à haute voix... il l’aurait retenu...

Lui qui avait tant fréquenté les hôpitaux n’avait été capable de ne retenir qu’un sortilège : tergeo. Il en avait oublié la vertu. Il se souvenait mieux des potions et onguent qu’on lui avait appliqué. Dans le doute, ce sortilège ne pourrait pas lui faire de mal. Il fit tenir le jet en lévitation au-dessus d’eux et chercha sa baguette dans sa poche intérieure. Il jeta le sortilège à plusieurs reprises... rien de probant. Mais l’adrénaline lui ramena des souvenirs enfouis : episkey, episkey, espiskey... combien de fois avait-on utilisé ce sortilège sur lui ? Son coeur battit, c'était ça. D’un mouvement chevronné, il projeta le sortilège sur les blessures aux cuisses. Elles se refermèrent, très lentement. Encouragé par cette réussite, il se dégagea du corps de Daphne et lui retira sa robe lacérée qu'il abandonna sur le dallage. Il appliqua le même sortilège sur son ventre et dans son dos. Une fois encore, les plaies commencèrent à se reboucher.

Il éteignit le jet d’eau et souleva le corps tremblant de froid de Daphne. Il sortit de la salle de bain et entra dans la première pièce du couloir qui lui sembla être une chambre. Il la sécha avec un sortilège, regardant inquiet les plaies tarder à se refermer complètement. Le sortilège n’était pas assez puissant pour de telles blessures. Il lui fallait trouver une potion.

Après l’avoir allongée convenablement et bordée sous les couvertures, il alluma un feu pour réchauffer la pièce. Elle semblait déjà plus paisible. Il était plus rassuré. Pas fier, mais rassuré. Son incompétence aurait pu la mettre en danger.

« — Putain, à quoi je pense, moi, des fois ? » s’engueula-t-il en regrettant une fois encore de ne pas l’avoir emmenée à l’hôpital.

Il alla jusqu’à la salle de bain et inspecta toutes les étagères et les armoires à la recherche de remède, d’onguent ou d’élixirs. Il en trouva un qui avait une odeur nauséabonde. Une vielle étiquette sale et sur laquelle dégoulinait un peu du contenu du flacon indiquait « pharmacopée ascepticum régénérant ». Pas très sûr de son coup, il rapporta le flacon dans la chambre - à la décoration discutable... le goût de l’architecte d’intérieur était très discutable. C’était tellement british...

« — Mademoiselle de Longueville, j’imagine que vous aviez terriblement envie de me revoir mais de là à vous mettre dans un état pareil... je n’en méritais pas tant. Vous êtes une flatteuse », sourit-il quand il vit qu’elle commençait à reprendre conscience. Il posa le flacon sur une table de chevet à côté d’elle mais ne s’approcha pas du lit car, s’il avait prit le temps de la sécher, lui ressemblait toujours à une fontaine Wallace ambulante.

— C’est une potion que j’ai trouvée en fouillant dans une vieille armoire de votre salle d’eau. Les plaies ne sont pas complètement refermées...

Shawn la regarda. Impassible. Vide. Sans savoir quoi dire de plus. Il ne se voyait pas l’interroger pour lui demander ce qui lui était arrivé. Si elle avait envie de lui raconter, elle ferait. Mais Shawn n’était jamais celui qui posait les questions. Vaguement triste, pour une raison qu’il n’expliquait pas, il ajouta dans un demi-sourire en murmurant :

— Les sortilèges sanitaires... c’est vraiment pas mon truc. Vous m’avez fait peur. »





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Dernière édition par Shawn Page le Mar 19 Oct 2010 - 21:08, édité 2 fois
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Daphne de Longueville
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MessageSujet: Re: La Chair et le Sang   Mar 19 Oct 2010 - 19:14

Daphne émergea avec difficulté et presque immédiatement la douleur se rappela à elle. Les images de cette nuit défilaient dans sa tête, ravivant des souvenirs encore trop récents. La voix de Shawn la ramena à la réalité.

Elle jeta un coup d'œil discret sous les draps et se rendit compte qu'elle était en sous-vêtements. Immédiatement, elle rabattit la couverture, mortifiée de se retrouver dans cette situation. Elle ne s'était jamais déshabillée devant personne et ce n'était pas vraiment comme ça qu'elle avait imaginé le faire pour la première fois.

Elle avait encore un peu de sang dans les cheveux et ses plaies suintaient. Elle se redressa avec difficulté, prenant bien soin de cacher son corps sous les draps. Daphne était tout de même reconnaissante, Shawn ne l'avait pas emmenée à l'hôpital. A Sainte-Mangouste, on lui aurait poser une bonne vingtaine de question, auxquelles Daphne n'aurait de toute façon pas répondu. Never explain, never complain.

Elle trouva le courage de regarder Shawn dans les yeux, et lui dit :

Sectumsempra. C'est de l'essence de Dictame qu'il me faut. Pour les coupures profondes, ça aide. La pharmacie ici laisse à désirer, tous ces trucs sont probablement périmés. Je reviens, j'ai besoin d'une douche
.

Daphne s'enroula dans les couvertures, faisant son possible pour ne laisser apparaître que très peu de peau. Elle se dirigea vers la salle de bain et ferma la porte. Elle laissa tomber la couverture, se déshabilla et se regarda dans le miroir. Elle éclata en sanglots en voyant les coupures, laides et profondes. Samael ne l'avait pas loupée.

Daphne grimpa dans la baignoire avec difficulté mais parvint à se tenir debout. Elle se doucha longtemps, se savonna plus que de raison et se rinça les cheveux. Cela ne la soignerait pas, mais déjà elle se sentait moins sale. Au bout d'une trentaine de minutes, elle sortit de la salle de bain, enroulée dans une serviette, par la porte qui menait directement à la pièce qui faisait office de dressing. Elle n'avait pas encore déballé ses affaires.

Daphne ouvrit donc une de ses valises, y prit un petit flacon, un jeans et un t-shirt qu'elle enfila, après avoir recouvert ses plaies d'essence de Dictame et d'un pansement, qu'elle avait eu le bon sens de prendre, ainsi que d'autres produits piqués dans la pharmacie de ses parents. Les blessures au niveau de ses cuisses et de son ventre se refermèrent, laissant la peau étrangement dure, manquant de souplesse. Daphne se demanda comment elle allait faire pour soigner les plaies qu'elle avait dans le dos. L'une d'entre elles, située entre les omoplates, était difficile d'accès.

Tant pis, elle allait faire avec, hors de question de demander à Shawn de lui tartiner le dos. Elle tressa rapidement ses cheveux puis rejoignit Shawn dans la chambre, une serviette de bain à la main.

Prends ça, tu es trempé. Où as-tu mis ma baguette magique ? Je peux t'arranger ça en un quart de seconde.


Elle marcha avec difficulté jusqu'à lui et lui tendit la serviette. Toujours gênée, elle baissa le regard et lui dit :

Merci. Je suis désolée. Tu es le seul que je "connaisse" à Londres. Je ne voyais pas qui d'autre appeler. J'aurais mieux fait d'accepter ton invitation au resto. Tu as bien fait de m'amener ici, j'aurais détesté Sainte-Mangouste.

Elle soupira et retint ses larmes, hors de question de craquer devant Shawn. Si Daphne tentait de faire bonne figure, elle était en réalité cassée de l'intérieur, quelque chose avait changé, rien ne serait plus jamais pareil. Elle se jura qu'elle aurait un jour sa revanche. Elle se reprit puis dit à Shawn :

Pose-moi toutes les questions que tu veux. Je te dois bien ça. Puis tu me parleras de l'Opposition. Je veux y rentrer.

Se dirigeant vers la cuisine, elle ajouta :

Tu veux un café ? Et pas un commentaire sur la décoration, Page. Je me suis contentée d'hériter, je suis arrivée ce matin, je n'ai pas encore eu le temps de rafraîchir l'endroit
.

Coup d'oeil à la fenêtre, sourire presque vrai.

Il ne pleut plus. Et je ne sais presque rien de toi. Qu'est-ce que tu étudies, à Poudlard ? On se croisera peut-être, je viens d'entrer à Phoenice Zone, en première.


N'attendant pas la réponse de Shawn, elle prépara deux cafés, tendit une tasse à Shawn et s'assit sur le lit. Daphne était décidément bien différente de la jeune fille sophistiquée qu'il avait rencontré au Chaudron Baveur. Avec son jeans troué et son vieux t-shirt, elle avait l'air plus décontractée, plus guerrière que poupée. Et ça ne lui allait pas si mal.
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Shawn Page
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MessageSujet: Re: La Chair et le Sang   Mar 19 Oct 2010 - 21:01

Tout ce qu’on essaye de cacher au prix d’un terrible effort ne fait bien souvent que fuir par tous les pores de la peau. Daphne transpirait le mal être. C’était écrit en rouge sur le pourtour de ses yeux qui luisaient de l’eau salée qui s’interdisait de sourdre. C’était écrit dans ses gestes vifs et contrôlés. C’était écrit dans son sourire fade et dans sa politesse. C’était gravé sur sa peau qui tardait à cicatriser.

Pendant qu’elle était partie, jouant les rouleaux de printemps au cœur de plusieurs ronds de couvertures, Shawn s’était approché mécaniquement du feu pour se réchauffer. Il regardait le foyer sans le voir. Il posa sa baguette sur la cheminée sans chercher à se sécher autrement. Il avait encore l’esprit ailleurs. Il réfléchissait et cherchait à expulser plus calmement le stress provoqué par cette dernière heure. Il avait la peau recouverte de la chair de poule et les quatre membres tremblant. Mais il n’était plus dans son corps. Il était hanté par l’image de Daphne baignant dans son sang au pied de cet arbre décharné. Il ne pouvait pas s’empêcher de faire la correspondance avec la nuit où il avait retrouvé Fei.

Qui avait pu lui faire subir un tel outrage ? Il ne devait rien à Daphne, pensait-il, il ne devait pas être chevaleresque et ressentir le besoin de la venger. Il ne se sentait pas lié à elle d’une autre façon que par un respect naturel. Respecter une femme impliquait-il de défendre aveuglément son honneur, quelle que soit la femme en question ? Avait-elle seulement envie d’être vengée ? Par ces questions, Shawn essayait désespérément de repousser loin de lui la fâcheuse évidence. Oui, il avait envie de la venger. Elle aurait été une pure inconnue, il aurait ressenti la même obligation et il n’avait pas besoin d’être lié aux personnes meurtries pour avoir envie de venger leur honneur. Il ne pouvait pas fermer les yeux et laisser faire. Il n’était pas chevaleresque, il était magnanime. Quoi qu’elle ait pu faire, rien ne méritait un tel traitement. Nous ne sommes pas des chiens.

Il ne savait pas combien de temps était passé mais Daphne était déjà de retour dans la chambre et il n’avait pas bougé. Il se détourna du feu et prit la serviette sans ciller. Habillée comme elle l’était, la petite sorcière dans sa robe blanche lui paraissait bien loin.

« Accio baguette », jeta-t-il en informulé pour attirer à eux l’arme de Daphne. Il la lui remit, las, et fit un léger signe négatif de la tête pour son invitation à être séché en un quart de seconde. Il savait le faire. Merci. Il n’avait pas envie.

Il retira son blouson et le fit léviter en face de la cheminée. Le pull et le T-shirt suivirent mais il appliqua un sortilège à ces derniers pour qu’ils sèchent plus vite. Il remit le T-shirt noir mais laissa le pull et le blouson suspendus en face de l’âtre.

Il s’enroula la serviette que lui avait apportée Daphne autour de la tête, et se frictionna les cheveux. Il avait remarqué sa difficulté à marcher mais ne dit pas un mot. Il l’observait. Impassible et hermétique. Aboulique.

Bientôt, il eut une tasse de café dans les mains et Daphne s’était assise sur le lit. Il resta debout devant le feu, lui tournant le dos. Il posa la serviette sur un dossier de chaise.

« — Hawk Wing. Je viens de commencer ma dernière année. J’aime la pluie. Le feu. Son odeur. Je déteste qu’on me prenne pour un con et je n’aime pas le café. »

Il reposa sa tasse sur la cheminée, l’échangea pour sa baguette et se tourna vers Daphne. Il se dirigea vers elle sans abandonner son visage fermé et sérieux qui, sous les traits sombres, ne supportait pas beaucoup l’apparent délassement de la sorcière. Il était difficile de le tromper parce qu’il avait un jour eu une Fei.
Sans mot dire, il alla s’asseoir derrière elle et, très lentement, sans lui demander la permission mais avec un geste lent pour qu’elle anticipe intellectuellement ce qu’il s’apprêtait à faire, il releva chastement le dos de son vieux T-shirt.

Son dernier coup de baguette apporta près de lui l’essence de Dictame. Il l’appliqua sur les coupures sans appuyer, avec autant de délicatesse qu’il pouvait, pour lui éviter des douleurs supplémentaires.

« — Je ne sais pas si j’ai envie de connaître les détails, dit-il d’une voix monotone et lointaine pendant qu'il appliquait le remède. Je n’ai pas envie de prétendre que je pourrais comprendre et encore moins supporter la confidence sans avoir envie de sortir d’ici la baguette à la main et le cœur rempli de haine pour celui, ceux ou celle qui t’ont fait ça. Ne me donne aucun comment ni aucun pourquoi... mais si tu me donnes un nom, il faut t’attendre à ce qu’il reste gravé en moi comme tes cicatrices. Et je ne pourrai l’effacer que lorsque tes bourreaux seront châtiés. »

Shawn reposa l’essence de dictame à côté du pot de pharmacopée. Il replaça le T-shirt de Daphne et se leva du lit pour s’éloigner d’elle. Chose singulière et enrageante, il n’arrivait plus à la regarder dans les yeux. Il ne pouvait plus que souffrir le son de sa voix.








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Daphne de Longueville
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MessageSujet: Re: La Chair et le Sang   Jeu 21 Oct 2010 - 1:35

Daphne dévisagea Shawn quelques instants, interloquée. Elle était à la fois touchée et intriguée par sa gravité, pas une seule seconde il ne lui était venu à l'esprit que cet homme, rencontré quelques heures plutôt, pouvait être réellement bouleversé par ce qu'avait vécu Daphne. Si la jeune femme avait pu lire dans l'esprit de Shawn, sans doute aurait-elle relativisé, son agression n'était en rien comparable à ce que Fei avait subi. Ses bourreaux avaient sans aucun doute fait preuve d'un zèle bien dégueulasse et d'après ce que Shawn avait dit à Daphne, ils avaient pris leur temps. L'ex petite sorcière en robe blanche avait eu de la chance, tout ceci n'avait duré qu'un temps. Et, si douloureux soit-il, elle n'avait été victime que d'un seul sortilège.

Depuis le lit où elle était assise, Daphne regardait Shawn sans trop réfléchir à ce qui était en train de se passer. Elle pensait au fait qu'il n'y avait en lui plus rien de l'inconnu chaleureux et agaçant qu'elle avait rencontré au Chaudron Baveur. Sombre et pourtant solaire. Avec les traits si particuliers des hommes qui transpirent la bonne et sainte colère. Le choix de Daphne de rejoindre le camp de l'Opposition lui semblait être le bon, Shawn lui inspirait confiance. Elle voyait mal, très mal, un sorcier tel que Shawn défendre une cause aussi vile que vaine.

Daphne jouait maintenant avec sa tasse de café, qu'elle faisait rouler doucement entre ses deux mains, les coudes appuyés sur les genoux, le dos courbé, les jambes légèrement ouvertes. Aucune tenue, plus rien à foutre. La remarque de Shawn fit mouche, qu'elle fut personnelle ou pas n'avait pas d'importance, Daphne lui trouvait comme un air de reproche. Elle n'y répondit cependant pas, car Shawn s'était levé et avait pris place près d'elle. Shawn ne s'en doutait probablement pas, mais Daphne était en train de faire un effort surhumain, pour ne pas se lever, s'éloigner d'un air outré et demander à son sauveur de déguerpir vite fait. Mais elle se laissa faire. Peut-être était-elle trop fatiguée. Peut-être qu'elle ne trouvait pas ça si dérangeant, finalement. Malgré tout, il lui était impossible de se détendre, son dos était raide, l'une de ses mains crispée, accrochée aux draps de lit. Daphne tenta de se concentrer sur ce que Shawn lui racontait, ne pas penser au fait qu'un inconnu lui massait plus ou moins le dos allait probablement l'aider. Frisson.

Puis tout s'arrêta.

Daphne suivit Shawn du regard, qui à nouveau s'était levé et éloigné d'elle. Elle but une gorgée de café. Il était dégueulasse. Elle se leva à son tour, jeta le contenu de sa tasse dans le feu et la posa sur la cheminée. Elle reprit ensuite place sur le lit, et se décida enfin à répondre à Shawn.

Je n'avais absolument pas l'intention de te prendre pour un con. Je suis plus compliquée que j'en ai l'air. Comprends-moi, Shawn. Tu m'as tirée d'un très mauvais pas et je t'en suis reconnaissante. Mais tu sais comment je fonctionne. Tu m'as retrouvée baignant dans mon propre sang ET vue quasie-nue. Ne me demande pas en plus d'être honnête, tu en as découvert bien assez pour ce soir. N'espère pas de moi que je dégouline d'émotions et que je me répande. Ce n'est pas mon genre et ça ne le sera jamais.

Daphne haussa les épaules.

Crois-moi, je l'ai cherché. Tu m'as trouvé agaçante, tout à l'heure ? Tu n'as encore rien vu. Pas de nom, Shawn. J'ai un prénom, une voix, une marque de cigarettes et un visage, aussi. Mais il me semble t'avoir attiré assez d'ennuis comme ça. Je ne vais pas te faire le plan de la nana indépendante assez grande pour se défendre toute seule. C'est pas mon cas. N'importe qui peut m'en mettre plein la gueule, et pour pas un rond. Ce que je sais, c'est que je n'aime pas pourrir les autres avec mes propres emmerdes.
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MessageSujet: Re: La Chair et le Sang   Ven 22 Oct 2010 - 4:21

« — Dégoulinante de... ?

Il se retourna. Les yeux de Shawn avaient déjeté Daphne dans débordement spontané de rancœur. Il n’avait même pas pu en terminer sa phrase. Elle lui restait bloquée dans la glotte comme un mauvais goût de sang ferreux. D’abord, il s’énerva et ensuite, il réfléchit :

— Tu te fous de moi ? Non ! Je ne sais pas comment tu fonctionnes. Pas plus que tu sais comme JE fonctionne. Comment tu peux penser sérieusement que j’attends de toi un épanchement et des larmes ? Je n’attends rien d’autre qu’un putain de nom et ce que tu sais de cette personne ! Je ne sais pas faire, étancher les larmes. Pas plus que je sais faire ces merdiques sortilèges de chirurgie ! Je sais pas ce que tu ressens et j’ai pas envie de savoir parce que j’ai pas envie que ça me rende dingue.
Parce que ça me rend dingue, Daphne, d’imaginer que quelqu’un ait pu te faire ça intentionnellement... ça me rend dingue de te voir préparer un café comme si rien de tout ça n’avait été vrai, ça me rend dingue que tu m’envoies ta lionne pour te secourir et que tu oses à peine me demander de te passer cette putain de crème de Doctoume, ou je sais pas quoi. Ca me rend fou que tu me baratines comme ça... et...

Il s’était calmé d’anaphore en anaphore et la détresse avait refait surface. Une détresse bestiale et primitive acoquinée au dépit de sa remarque suivante :

— Et tu sais ce qui me rend le plus dingue ? C’est d’imaginer ce que tu as pu faire pour te foutre dans une situation pareille ! « J’ai des choses à faire », qu’elle m’a dit ! Des choses à faire... A droite, me faire égorger, à gauche, trois nems... quel choix difficile !
Tu m’as impliqué au moment même où tu m’as envoyé ton Patronus. Ce n’est pas un reproche ! Tu as bien fait...

Sincèrement, vu comme il l’invectivait de nouveau, on pouvait en douter. Cependant, il était bien sincère :

— Mais maintenant, ne me joue pas le refrain de la femme forte. Je sais que tu es forte. Je n’en ai jamais douté... Accepte juste la main tendue. »

Shawn enfila son manteau suspendu près du feu. Il était chaud et sentait le bois fumé. Il était incapable d'écouter quoi que ce soit dans cet état. Il avait besoin de se calmer maintenant qu'il avait expulsé une partie de ce qui le tourmantait. Il jeta un dernier regard à Daphne. Regard illisible. Emotion indéterminée.

« — Je ne crois pas que tu me prends pour un con. Je pense que tu me sous-estimes.
Je reviens, j’ai besoin de marcher... »

Il dévala les escaliers et se dirigea droit vers la porte d’entrée. Il sortit dans la rue et hésita sur le chemin qu’il voulait emprunter. Il prit par la gauche parce qu’il n’y brillait aucune lumière. La nuit abreuvait les rues de ses ombres charbonneuses. Il y avait parfois une flaque d’eau, tellement noire qu'il ne s'y reflétait rien. Les bouches d’égout gerbaient une odeur fétide et de la fumée opaque et blanche. La nuit était calme. Londres dormait. Ses fenêtres, comme des milliers d’yeux fermés, cachaient les rêves, les cauchemars et les fantasmes malsains des gens de cette ville. New-York lui manqua. Même sa folle de mère lui manqua. Et les latkes ! Et le canard à l’israélienne ! ... Yalla ! Il avait besoin du confort et du bruit de la grande pomme pour réfléchir. Londres était si calme. Si calme et pourtant, on y agressait aussi les jeunes filles.
Il enfonça ses mains dans son blouson et marcha sans direction.

Il pensait à Daphne. Il pensait à Fei. La première fois, il n’avait pas pu se venger. Cette fois-ci, il ne laisserait pas passer. Il ne pouvait pas. C’était comme si laver cette offense le délivrerait de la prison de la précédente. C’était con parce que, quelque part, Daphne avait raison : « chacun sa merde ». Et cette merde n’était pas la sienne. Il avait certainement assez à faire avec la quête du trinôme Résistant et l’épée de Damoclès qui luisait au-dessus de sa tête.

« Justement, rectifia-t-il vis-à-vis de lui-même, il me reste peu de temps. Je ne veux pas mourir en trainant mes regrets comme des enclumes. Si je reste à la regarder sans rien faire, c’est accepter qu’il existe des choses capables de déterminer à notre place l’endroit où on a envie de frapper. Où on a besoin de se noyer. Non. Je ne peux pas la fermer. Je ne sais pas la fermer. Le Royaume-Uni, c’était ma carte pour la liberté. C’est mon choix. »

Pour Daphne, qu’il connaissait autant que les sortilèges médicaux, et pour lui, qu’il découvrait autrement depuis qu’il était devenu anglais. On se découvrait tous les jours. Ca le faisait quand même un peu chier de se découvrir roastbeef.

Il prit le chemin du retour. Ce froid était inhumain. Il se frotta les paumes jusqu’à retrouver le pallier de la petite maison si british.

« Sans rire, si elle préfère que je l’aide à refaire la déco, ça serait peut-être plus brave que de courir le diable vauvert. »

Il referma la porte derrière lui et monta tranquillement les marches. Calme. Il entra dans la chambre et alla s’étendre sur le lit, où il y avait de la place. Il se mit à rire. Un rire qui nettoyait le reste des salissures de son esprit :

« — Je tombe que sur des tarées ! riait-il. Je dois avoir été craignos avec les femmes dans ma vie antérieure... Vous me le faites bien payer aujourd’hui... alors, Daphne ?

Il tourna sa tête vers elle :

— Qu’est-ce qu’on fait ? Je te jette un sortilège de légilimancie ? Je t’arrache tes souvenirs pour me faire trois brasses dans une pensine ou tu arrêtes les cas de conscience et tu me dis ce que tu sais sur la personne qui t’a fait ça et ensuite on n’en parle plus ? On n’en parle plus jusqu’à ce que... hum... et on en parle plus. Your choice. »





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MessageSujet: Re: La Chair et le Sang   Ven 22 Oct 2010 - 11:32

Daphne leva les yeux vers Shawn, qui désormais élevait la voix. Au fur et à mesure que le ton montait, Daphne, toujours assise sur le lit, avait l'impression de rétrécir. Néanmoins, elle avait le sentiment qu'elle avait eu sa dose en matière de conflit pour les dix prochains siècles au moins et c'est pourquoi elle répondit avec la même fougue.

Putain, Page, c'est quoi ton problème ? Si c'est du danger que tu veux, je te ferai la cuisine ! Pas besoin de partir à la recherche du cinglé qui m'a fait ça. J'ai fait une mauvaise rencontre, je me suis faite agresser et je ne vois pas, mais alors VRAIMENT PAS en quoi m'apitoyer sur mon sort rendrait les choses plus faciles. Je suis conne mais digne ! Et fière de l'être !

Shawn abordait maintenant un sujet délicat. Les joues de Daphne se teintèrent d'un rose vif, elle était visiblement en proie à une gêne sans précédent.

Je...C'est parce que je n'ai... Je ne te connais depuis quelques heures, ce qui s'est passé ce soir me met extrêmement mal à l'aise, et tu me reproches de ne pas t'avoir demandé de jouer les infirmières ? Figure me out, Shawn. Prends le temps de réfléchir à qui tu as en face de toi, merde. Je n'aurais pas fait appel à toi si je n'avais pas été dans une situation critique. You did your part. Tu m'as sauvée et soignée, ne joue pas les héros plus que de nécessaire.

Daphne inspira longuement, expira puis retrouva son calme.

Je te dois déjà beaucoup. Il est hors de question que tu te mettes en danger parce que je me suis attirée des ennuis. Et je te trouve franchement sévère. Tu crois vraiment que tout ceci faisait partie de mes projets ? J'avais juste l'intention d'aller prendre l'air et me promener à Highgate. Aussi surprenant que cela puisse paraître, si j'avais eu le choix, j'aurais mangé des nems plutôt que de la poussière.

Elle ne tenta pas de retenir Shawn. Il reviendrait, elle en était sûre. Une fois seule, elle se laissa tomber en arrière et s'allongea sur le lit, prit un oreiller et y enfouit son visage. Elle n'avait plus trop le choix, Shawn ne semblait pas vraiment décidé à "lâcher l'affaire" et si il reprenait à Samael l'envie de jouer avec Daphne, avoir un Shawn Page sous la main était un sérieux atout. La petite sorcière ne pouvait cependant pas tout lui raconter, il risquait de la prendre pour une cinglée. Et franchement, on ne pouvait pas lui donner tort. Qu'est-ce qui lui était passé par la tête ? Se promener seule à Highgate Park était déjà une idée brillante, mais pousser Samael à bout, l'embrasser et avoir envie de lui méritait un prix. La porte claqua à nouveau et Daphne se redressa immédiatement, ignorant combien de temps s'était écoulé depuis le départ de Shawn. Elle le regarda d'un air dubitatif, cherchant à savoir si il était toujours en colère. C'est alors qu'il se coucha sur le lit de Daphne. Air de reproche dans ses grands yeux bruns. "Il s'allonge sur le lit où je suis assise. Il ne fait décidément rien pour me mettre à l'aise", pensa-t-elle. Mais déjà le rire de Shawn se faisait entendre. Daphne sourit, prit un oreiller et le balança à Shawn. Toujours tournée vers lui, elle lui répondit :

Je ne suis pas tarée, Page. Je suis compliquée. Tu me sous-estimes, je suis bien meilleure en Occlumencie qu'en self-défense. Je vais tout te raconter. Tu feras le tri toi-même.

Daphne lui raconta tout, ou presque. Pourquoi elle était allée se promener seule à Highgate, l'arrivée de Samael, les sarcasmes, le cimetière et les serpents. Puis enfin la fuite, la traque et le combat. Dont Shawn connaissait la fin. Une fois son récit fini, elle marqua un temps de pause puis dit encore :

Il s'appelle Samael. Il vient de Salem, dans le Massachussetts, pas dans l'Oregon. Il a un léger accent américain, une allure de clochard et des airs de dandy. Les cheveux mi-longs. Il faisait noir, je serais incapable de te décrire la couleur exacte de ses yeux. Mais ils étaient sombres. Il semblait nourrir une certaine passion pour les vampires, je pense qu'il souhaitait en devenir un. Et il a clairement eu un sacré entraînement, il été bien trop rapide.

C'est tout ce dont je me souviens. Alors, heureux ?

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Shawn Page
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MessageSujet: Re: La Chair et le Sang   Sam 23 Oct 2010 - 16:41

Shawn écouta en silence. Pour qu’elle raconte en oubliant presque sa présence, il n’effectua aucun geste et aucun commentaire tout au long de la narration. Il dut rassembler une force surhumaine pour ne pas se remettre à hurler quand elle lui décrivit le passage de la traque et du combat. Clairement, ce type était un sociopathe qui refoulait un sadique malsain en s'en prenant aux femmes. Il ne devait pas sûr de sa sexualité qu'il avait bipolaire et il transférait sa frustration en violence. Un ado en somme.

A la fin de la narration, Shawn avait un nom et assez de détails pour lancer ses premières recherches. L’Opposition était pleine de ressources pour ce genre de recherche. Ils n’arrivaient pas à mettre la main sur le trio de Résistants le plus recherché au monde mais ça ne serait qu’une question de semaines car Shawn était plus que motivé pour leur mettre la main dessus. Il valait d’ailleurs mieux pour eux que ce soit lui qui les trouve plutôt que Bruno ou Antarès lui-même. Quant à ce Samael, Shawn n’en dirait pas autant. S'il le retrouvait avant Daphne, Samael ne deviendrait plus que le souvenir de Samael.

A partir de maintenant, l’Opposant n’était plus à la recherche de trois mais de quatre personnes. Les calculs et prévisions fusèrent dans son esprit. Une marque de cigarettes ? Un prénom ? Pourvu qu’il lui ai dit la vérité sur son identité, c’était bien plus de renseignements qu’il n’avait besoin pour retrouver quelqu’un.

S’il le fallait, il ferait surveiller tous les bureaux de tabac tenus par des Opposants moldus. Combien de sorciers américains expatrié en Angleterre fumaient des cigarettes moldues ? Il n’y en avait pas tant.

Shawn garda tout ça en tête et comme il l’avait promis à Daphne, ils n’en reparleraient plus jusqu’à... trois petits points. Sous entendu, jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvé. Alors, il appellerait Daphne pour qu’elle lui dise ce qu’elle voulait faire de Samael. C’était comme ça qu’il le voyait. Il n’en démordrait pas.

Il se retourna vers Daphne :

« — Heureux ? Non. Satisfait. Assez. Je vais voir ce que je peux faire avec ces infos... je te tiendrai au courant. Et comme je te l’ai promis, je ne t’embête plus avec ça. Pour l’instant.
Ce qui me rendrait heureux maintenant, c’est une douche et une chambre... »

Il s’assit et regarda autour de lui, se demandant s’il pouvait demander le gîte. Il venait d’annoncer ce dont il avait besoin, si son hôtesse était maligne, elle comprendrait la demande sous-jacente sans qu’il ait à la formuler. Dans le pire des cas, puisque Daphne était revenue chez elle, sa chambre au Chaudron Baveur devait être libre et il pouvait toujours y transplaner. Tom allait encore lui passer un sacré savon.

Une question subsistait pourtant. Une grande question !

« — Bon... et sinon, plus sérieusement, dit-il (et on aurait presque pu croire qu’il allait réellement dire quelque chose de sérieux), tu ne sais pas faire la cuisine ? Ca craint. Tu ferais décidément une très mauvaise femme... je ne peux pas envisager de te draguer. C’est définitif. Passe encore le côté psychorigide mais faire une cuisine criminelle, ça c’est pas possible. Tu peux donc dormir sur tes deux oreilles et ne rien craindre de moi. »

Sa manière de souligner sans niaiserie qu'il n'avait aucune idée derrière la tête la concernant. Pas envie, pas besoin, pas maintenant, pas elle. Rien à voir avec le fait qu'elle soit goï.

Shawn se leva du lit et alla récupérer les affaires qui lui appartenaient dans la pièce. Il avait encore du sang de Daphne sur lui. Il avait besoin de cette douche, de se délasser, et surtout, il avait besoin de sommeil car dans à peine trois heures il avait rendez-vous avec les deux Shaulas. Il voulait être vif et maîtriser la situation.

« — Je peux prendre une douche ? demanda-t-il. Et... comment dire ? Si tu viens dans l’Opposition, ça sera plus facile de retrouver Samael. Je pourrais... t’orienter. Si tu choisis la Résistance, c’est bien aussi. Tu serais une parfaite bombe à retardement pour les rendre tous givrés. C’est inestimable. »

Il avait l'air très sérieux, cette fois, quand il proféra sa vanne.






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MessageSujet: Re: La Chair et le Sang   Ven 29 Oct 2010 - 11:57

Daphne était peut-être une cinglée, mais elle n'était pas une ingrate. La remarque de Shawn était vexante mais paradoxalement rassura la sorcière, qui avait des palpitations à l'idée qu'un homme dorme chez elle. Mais après tout, il avait démontré qu'il était quelqu'un de bien.

Shawn n'avait franchement pas l'air d'un psychopathe. "Samael non plus", songea Daphne. Elle retrouva son calme et, bien décidée à ne pas se laisser insulter de la sorte, elle se leva, croisa les bras et dit :

Je n'avais pas l'intention de... La remarque concernant mon âge au Chaudron Baveur était une blague, je ne m'attendais pas à ce que tu me dragues. Psychorigide, moi ? C'est n'importe quoi. J'imagine que pour te plaire il faut danser nue sur les tables avec 4 grammes d'alcool dans le sang et 2 de cocaïne dans les narines. Psychorigide... Merci, Shawn, je me suis fait casser la gueule, j'avais bien besoin de me faire insulter en plus...

Elle s'arrêta là, et sortit de la pièce. Se dirigeant vers la salle de bain, elle marmonna :

Psychorigide... Mais pour qui il se prend celui-là...

Daphne rinça rapidement la baignoire, sortit de ses valises une serviette de bain propre et revint dans la chambre.

Psychorigide, mais sympa. Prends un douche et noie-toi. Tu peux dormir ici si tu le souhaites. Je dormirai sur le divan. Prends le lit, je n'en veux pas, ma grand-mère est morte là-dedans, et je ne suis pas sûre qu'on ait changé les draps.

Voyant l'air horrifié de Shawn, elle ajouta :

Par Merlin, Shawn, c'était une blague. Mais j'ai bien peur que tu ne puisses pas aller dormir tout de suite. Va te laver, et avant d'aller te coucher je veux que tu m'expliques comment faire partie de l'Opposition.


Shawn leva un sourcil. Visiblement, le ton autoritaire ne fonctionnait pas avec lui.

Enfin... Je voudrais. Va prendre ta douche, je nous prépare à boire. Rejoins-moi dans le salon quand tu auras terminé.


Daphne sortit donc de la chambre une nouvelle fois, et entra dans une autre pièce, également équipée d'un feu ouvert. D'un coup de baguette magique, elle alluma celui-ci, y fit léviter une bûche puis se dirigea vers une antique desserte, qu'elle ouvrit. Dans celle-ci se trouvait un nombre respectable de bouteilles, remplies et encore scellées.

C'était d'ailleurs la seule chose que Daphne conserverait lorsqu'elle rafraîchirait le vieil appartement. Grand-mère de Longueville avait mauvais goût en matière de décoration, mais suffisamment d'argent que pour s'offrir de miraculeux alcools. Ce qui ferait probablement plaisir à l'autre goujat sous la douche. Elle prit deux verres poussiéreux, qu'elle lava à l'aide d'un sortilège.

Ceux-ci redevenus brillants, elle sortit un whisky aussi âgé qu'onéreux, et, puisqu'elle était incapable de boire ça sans vomir, elle attrapa également une bouteille de vin blanc. Moelleux, un peu sucré, c'était ce qu'il fallait à la jeune femme. Après avoir posé son butin sur la table basse, elle se retourna et jeta un coup d'œil à la pièce. Elle se chargerait demain de la décoration, tout ici lui rappelait sa famille et son éducation, c'était insupportable. Daphne s'approcha alors d'une vieille tapisserie, sur laquelle était reproduit l'arbre généalogique des de Longueville. En dernière ligne, se trouvaient Daphne et quelques cousins qu'elle ne connaissait que peu... Tout ça était absolument ridicule. La plupart des gens ignorent le prénom de leur arrière grand-père et ne s'en portent pas plus mal. Les portraits des membres de sa famille lui lancèrent un regard sévère, auquel elle répondit par un haussement d'épaule.

Vous n'êtes plus que des fantômes, leur dit-elle.

Puis elle fit face à la porte. Shawn venait d'entrer dans la pièce."Merveilleux", se dit Daphne." Il vient de me surprendre en train de parler à une tapisserie. Si il n'était pas déjà convaincu que je suis complètement folle, ce sera chose faite." Elle fixa Shawn du regard, attendant la boutade.
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MessageSujet: Re: La Chair et le Sang   Lun 1 Nov 2010 - 23:34

« — Ma blague sur sa psychorigidité l’a complètement renversé : elle parle à son mur » persifla Shawn à voix haute, comme s’il adressait à un interlocuteur invisible.

Il entra dans le salon douché, propre et déstressé. Il aurait pu chanter « I belive I can fly » tant sa nouvelle peau lui donnait des ailes. Ses cheveux étaient encore humides mais l’Opposant n’aimait pas s’infliger le séchage à la baguette comme certains sorciers avaient l’habitude de le faire. L’odeur fleurie du savon remplaçait celle de son parfum. C’était la seule chose qui lui manquait : son odeur à lui... et du sommeil. Mais Daphne avait insisté pour en savoir plus sur l’Opposition et la façon d’y entrer. Il avait pris le temps de la douche pour réfléchir à la manière d’aborder le sujet sans procéder aux habituels lavages de cerveaux des partisans trop consciencieux.

Dès qu’il avait été seul dans la salle de bain, il avait relâché la pression. Il s’était laissé glisser le long de la porte refermée et s’était pris la tête dans les mains. Les images macabres ne voulaient pas le laisser tranquille. Fei. Flawnt. Daphne. Un visage inconnu qui meurtrissait Daphne. Les paroles de la jeune anglaise et toutes les discussions de la soirée tournaient dans sa tête comme un titre obsédant qui passe en boucle à la radio :

« Il pleut. » « Cette banalité est peut-être tout ce qu’il y a dire aujourd’hui. » « Vous êtes le jeune homme à l’aise en société, je suis la jeune fille de bonne famille coincée et incapable de s’ouvrir aux autres. » « Pourquoi fatalement une jeune fille de bonne famille devrait-elle être mal à l’aise en société, Daphne ? » « Du mépris, j'en ai à revendre, mais plutôt pour ceux de ma famille, et surtout pour tous ceux qui croient que ce monde-là est le mien. » « Je ne me sens à ma place nulle part. » « C'est un plaisir épique mais réel de vous rencontrer, Shawn Page. » « Fais gaffe à toi, Shawn, cette année, ça va être chaud à Poudlard... tout le monde n’aime pas beaucoup cette fusion avec l’Opposition. » « Fais attention. » « Tu nous manques... » « Je suis environ n’importe qui. » « Vous n'êtes pas trop mal, dans le genre n'importe qui. » « Au contraire de vous, je me sens chez moi un peu partout. » « Ne pas trouver sa place n'est généralement que temporaire. Ce qui est triste, c'est d'avoir pris n'importe laquelle pensant qu'on ne trouverait pas mieux, et d'y rester. » « L’Opposition. » « C’est un mouvement évolutionniste intéressant. » « Ta bouffeuse de nems est beaucoup moins obstinée qu’on pensait. » « Des gallions pour effacer l'atrocité. » « Les Opposants ont mauvaise réputation. » « Les choses ont changé. » « Je veux choisir un camp. » « Vous ne serez pas moins Daphne de Longueville parce que vous êtes une Résistante. » « J'ai eu 17 ans le 1er septembre. Vous pouvez me draguer en toute légalité. » « Il ne pleut plus. Et je ne sais presque rien de toi. »

Le plus difficile à nettoyer n’était pas le sang séché, les bleus laissés par Flawnt sur ses joues et sa mâchoire ou la saleté sur les vêtements. Il y avait des endroits du cœur qu’un jet d’eau ne pouvait pas décrasser. Les souvenirs traînaient des odeurs putrides qu’un peu de savon ne ferait pas oublier. Il avait eu beau frotter sa poitrine et son visage, il n’avait ni atteint le cœur, ni lavé la tête. La crasse dévastatrice restait imprégnée. Page avait trop d’orgueil pour laisser apparaître les fissures. Il collait les morceaux avec un peu d’humour, un sourire par là, un sarcasme par ici. C’était assez pour tenir jusqu’à la prochaine déchirure. La faiblesse était d’accepter la faiblesse. Il la refusait en bloc, ainsi que l’échec.

En sortant de la douche, il avait téléphoné à sa mère. L’horaire lui promettait de tomber sur elle assez rapidement.

« — ‘Man, c’est ton fils.
— Bah je sais que tu es mon fils. J’ai la sonnerie spéciale Shawn et l’affichage de numéro ! Tu me prends pour qui ?
— Une folle ? Une geek ?
— Parle pas à ta mère comme ça ou tu vas finir comme Moshê.
— Je rigolais...
— Shawn... ?
La voix de Veronica s’était faite inquiète. Elle connaissait son fils parce qu’elle l’avait fait.
— Oui...
— Qu’est-ce qu’il se passe ? Qu’est-ce que t’as ? Ca va pas...
— Ca va, j’avais juste envie de t’entendre.
— OUH LALALALALA ! Non ça ne va pas alors ! Tu n’as jamais envie de m’entendre ! Shawn, tu m’inquiètes ! Qu’est-ce qu’il y a ?
— Papa va bien ?
— Shawn, tu ne changes pas de sujet, s’il te plaît.
— Une fille s’est faite agressée ce soir...
Silence. Veronica attendait la suite qui ne vint pas. Elle devina que son fils n’entrerait pas dans les détails. Il lui avait déjà raconté l’histoire de Fei. Elle savait que ce genre de chose le touchait. Elle n'ignorait rien des réactions épidermiques de son fils. Elle espérait juste qu'il ne se soit pas mis dans une merde noire... elle espérait aussi que Shawn n'avait pas mis la main sur l'agresseur. Elle n'aurait pas aimé lui apporter des oranges dans une Forêt d'Etat parce qu'il lui avait pris l'envie de venger la jeune fille en tuant son agresseur. Elle tut ses inquiétudes. cette fois, il ne s'agissait pas d'elle. Elle agit en mère.
— Une fille que tu connais ?
— Oui, un peu.
— Elle va bien ?
— Je ne sais pas. Elle a l’air d’aller bien mais je ne sais pas faire ces trucs-là... parler. Comment on sait que les gens sont vraiment heureux ?
— Ah, Johnny, avait-elle soupiré en hébreu, ce n’est pas une bonne question. La question est de savoir ce qui les rend heureux et ce que tu peux faire pour y contribuer... ou pas. C’est une petite amie à toi ? Une juive ?
— Pas du tout. C’est juste une fille. Une sorcière. Anglaise, protestante, anglicane, Polen*, Golen*, je n’en sais rien.
— Si elle a besoin de toi et qu’elle comprend que tu seras-là, elle te sonnera. En attendant, ne t’impose pas... chacun digère les choses de la vie à sa façon. Pense à toi, mon grand... Elle est encore avec toi ?
— Je suis chez elle. Elle dit qu’elle veut rentrer dans l’Opposition.
— Ah... dit-elle perplexe. Et tu hésites ? Tu n’as qu’à lui proposer d’être son tuteur.
— J’en sais rien. Je vais voir... Elle est en bas... je vais y aller, ‘man.
— Tu ne te bats pas comme un voyou, hein ?
— Je ne me bats jamais, oooh !
— C’est ça ! Prends-moi pour Adel.
— Merci, maman. Bonne fin de journée... »

Shawn avait rangé le téléphone portable dans son pantalon et il s’était fabriqué un beau sourire en redescendant. La petite remarque taquine qu’il envoya à destination de Daphne l’aida un peu plus à classer très loin de la surface les tourments qui l’habitaient.

Il avait pris la décision que si Daphne entrait dans l’Opposition, il veillerait à ce qu’elle ne tombe pas entre les mains de n’importe quel Shaula ou Dschubba qui lui donnerait à faire n’importe quoi.

Il s’assit dans un fauteuil et pris le whisky qu’on lui tendit. Il n’en but qu’une gorgée par politesse et reposa le verre devant lui, sur une petite table de salon.

« — Pour entrer dans l’Opposition, il suffit de demander. C’est sans frais de dossier et sans obligation d’achat. Si tu es sûre de ce que tu veux, demain... heu, tout à l’heure, j’ai un rendez-vous important avec deux Shaulas. Je peux leur demander de valider la permission de procéder à ton adhésion officielle... dès lors, tu recevras un tatouage. Un scorpion noir. C’est le totem d’Antarès. La marque de son clan. Tu peux choisir la taille et l’endroit où il te sera magiquement tatoué, ainsi que ton tatoueur. Ca fait assez mal... mais ça passe relativement vite. Seul un grade supérieur ou un Shaula peut te l’apposer. Ca se fait très vite. Ils ne s’embêtent pas avec les formalités d’adhésion. Cependant, comme pour tout bon produit marketing, il est plus facile de valider son abonnement que de le résilier.

— Il y a plusieurs grades au sein du mouvement. Le plus bas est Soumis, ensuite il y a les Lesath, un grade de base. Bien pour débuter, c’est la norme. Puis, il y a les Sargas. Ensuite les Acrab, un grade transitoire entre Sargas et Dschubba. Les Dschubba, comme moi, et les Shaula. Les chefs qui représentent Antarès dans le monde. »

Shawn était assis, les deux bras accoudés au fauteuil et les mains se rejoignant autour de son verre qu’il ne buvait plus mais se contentait de faire rouler entre ses paumes. Il l'avait repris pour s'occuper les mains. Il avait les yeux perdus dans les flammes du feu que Daphne avait allumé. La voix monotone et vide de conviction. Il essayait de ne donner aucune tonalité à tout ce qu’il disait. Il ne voulait montrer aucune emphase pour ne pas influencer Daphne. Un peu aussi parce qu’il était ailleurs, parce qu’il était fatigué et préoccupé.

Toujours un peu lointain, il demanda :

« — Et tu penseras à me dire ce que tu racontais à tes murs... »

Il leva la tête vers l’arbre généalogique. Il n’en avait jamais vu d’aussi... y avait-il un mot pour décrire quelque chose d’aussi morbide, déprimant, vétuste et laid, qu’une frise de portraits de vieux croulants décédés et trop volubiles ?


Spoiler:
 





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