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 Blasted & Torn

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Atålan Harding
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MessageSujet: Blasted & Torn   Ven 15 Oct 2010 - 20:26

Avertissements

Sujet adulte: idées pouvant être choquantes, violence, sexualité, qui sait.
La préface fait partie de l'histoire d'Atålan. J'avais besoin de poster son contenu dans le jeu mais la suite peut être comprise sans avoir lu ce préambule.
Tous les mots suivis de (*) sont dans le glossaire du forum.
PV Samael Cain.





Préface


Journaux du mois de septembre 2012

Les vampires du clan Bâton-Rouge revendiquent leur désir de servir d’intermédiaire officiel entre les gouvernements ordinaires et sorciers. Pour la première fois de l’histoire, un groupe de non-vivants dévoile son ambition à s’investir dans la vie politique et à défendre les droits individuels de leur race. Une nouvelle page s’écrit dans l’ouvrage de ce monde divisé.

New-York se montre sceptique sur les débouchés de cette initiative et suit avec un enthousiasme modéré les décisions prises au sein des pays de la Résistance. Le porte-parole de l’Opposition, Bruno Abenobashi, a rendu un communiqué de presse stipulant qu’il n’était pas question pour l’instant d’appliquer aux RUOs les négociations en cours dans les PURs. L’Opposition a crée les Forêts d’Etat et prône la liberté des actes de chacun, ce qui, aux yeux des détracteurs de l’Opposition ressemble plus à la loi du plus fort. « Le droit existe pour effacer les inégalités et soumettre tous les citoyens à des règles communes » a commenté Jess Carr qui, toutefois, ne s’est pas prononcé sur l’avènement des vampires.

Les vampires de Bâton-Rouge réclament des sièges au sein des gouvernements Résistants indépendants bicaméristes afin de participer aux décisions politiques et de faire prévaloir leurs droits au sein des communautés européennes et Résistantes.

Parmi les chevaux de bataille de ce clan de non-vivants refusant néanmoins de fonder un parti politique, Atålan Harding, notre seul représentant, affirme que l’intégration des non-vivants dans la vie quotidienne de tout à chacun sera bénéfique aux relations sorciers-vampires qui, jusqu’ici, n’ont jamais été très florissantes.

Ils réclament notamment l’abolition de la loi de nutrition qui, nous le rappelons, interdit aux-non-vivants de se nourrir de sang sorcier. Quant à eux, les gouvernements moldus par crainte et méconnaissances du fonctionnement de ces créatures, n’ont encore jamais intégré de règles à leurs constitutions afin de limiter les dommages pouvant être perpétués contre les leurs.

« Les vampires sont des créatures humaines comme les autres, nous dit Atålan Harding. Nous réclamons des droits. Nous sommes prêts à aider les gouvernements ordinaires et sorciers à se défendre contre les attaques de vampires les moins concernés par la vie humaine, et même à révéler des manières moins dangereuses et sanguinaires de les repousser, et cela qu’ils soient de l’Opposition ou de la Résistance.

Les droits attendus sont fondamentaux : Droit à la consommation de sang humain non limité par la typologie raciale, obtention de papiers d’identités propres à leur genre et implémentation dans la vie sociale et économique d’un pays, création de structures publiques et privées pouvant recevoir légalement des rassemblements de non-vivants.

Ce n’est pas un secret, notre régime alimentaire est basé sur la consommation de sang humain. Vous avez dû apprendre que certains se nourrissent uniquement de sang animal mais, pour la majorité d’entre nous, il est particulièrement difficile de se satisfaire d’un régime aussi grossier. Pour comparaison, imaginez que vous soyez forcés de ne manger que de la salade jusqu’à la fin de vos jours. Si l’on n’est pas végétarien, ce régime est boiteux et insuffisant.

En contre partie, nous garantissons pour les sorciers et les non-sorciers, un combat motivé pour la répression des attaques de vampires. »


Cette citation extraite d’une intervention radiophonique sur les ondes ordinaires et de la RITM, a donné lieu à de grosses contestations aussi bien du côté des vampires que du côté des humains. Les uns considèrent qu’accéder à cette demande équivaut à considérer les humains comme de vulgaires distributeurs de nourriture, qui plus est consentants. Les autres n’envisagent pas d’abandonner la partie triviale de la traque pour se sustenter et hurlent au danger qu’une telle mesure représente. D’après les vampires, cela équivaudrait à l’extinction lente de leur race.

A cela, monsieur Harding a répondu que les esprits les plus progressistes comprendront que, à terme, le meurtre serait banni du système de nutrition du vampire. Quant aux vampires désirant s’adonner à la traque, il conseille à ces derniers de revoir la définition intrinsèque du concept : « La traque est la poursuite sans relâche d’une proie. Elle n’est pas nécessairement conditionnée par le besoin de consommation. Dès lors, on peut aisément l’assimiler à une quête. Plutôt que de privilégier l’utilisation de nos capacités physiques pour cerner nos cibles, nous pourrions privilégier nos capacités de conviction... comme dans la séduction. Trouver celui ou celle qui accepterait de donner de son sang. Appâter l’objet de notre attraction d’une autre manière. Pour les chasseurs invétérés, je rappelle que les pays de l’Opposition ont crée les Forêts d’Etat où chaque créature a la possibilité de s’adonner à la traque punitive en toute légalité. Je ne me prononce pas sur ce procédé. Je voudrais avant tout ajuster notre système nutritionnel à la vie quotidienne de tout à chacun, aussi inhabituel soit-il. Nous devons trouver des compromis pour ne plus être traités comme des prédateurs mais comme des êtres humains ayant perdu leur humanité. Le clan de Bâton-Rouge se tiendrait dès lors pour responsable de la transmission d’information concernant le fonctionnement des vampires. Quant à l’extinction de notre race, je n’y crois pas. Il s’agirait plutôt de conserver ceux qui existent. Les transformations pourraient se faire avec l’assentiment de victimes de maladie, de dommages corporels importants et qui ne souhaitent pas mourir. Tout est à discuter, beaucoup de choses peuvent être réglées si les gouvernements acceptent au moins le dialogue. »

Le très controversé du mode de nutrition n’a pas fini de faire parler. Chaque élocution du clan de Bâton-Rouge est immédiatement suivie de nombreuses contestations, aussi bien de la part de l’opinion publique des RUOs et des PURS, que de ferventes initiatives de soutènement des humains et de certaines créatures magiques, comme les Etres de l’Eau qui voient dans ces enjeux la sauvegarde de leurs propres races. En effet, si les vampires ne représentent plus une menace et sont contrôlés, le marché noir de sang d’Etre de l’Eau serait dès lors freiné. De plus, en soutenant leur ennemi, les Etres de l’Eau voient eux aussi la possibilité de prendre part aux décisions politiques.




Maudit & Tiraillé

Je suis un vampire. Je tue, je blesse, je spolie pour me nourrir.
Je veux bien faire des concessions à ce niveau et j’ai même endossé le rôle de porte-parole pour ma communauté afin de défendre nos droits. Je pense, donc je suis. Si je suis, j’ai des droits. Même le plus méprisable cabot a des droits. Les humains sont fantastiques, n’est-ce pas ? Octroyer des droits à leurs animaux de compagnie et tergiverser des lustres pour un décret qui nous en donnerait. Nous qui fûmes, sommes, marchons et pensons toujours. Leurs chiens, leurs chats, leurs gosses braillards, leurs femmes rebondies, leurs maris sans style, leur sottise concentrique, Ô Diantre et misérable Démons, que ne puis-je les attraper tous un à un pour en faire des playmobils ! Muet, dociles, malléables. Je n’ai plus envie de vivre caché et je veux pouvoir approcher une femme sans qu’elle se mette à crier en découvrant mes dents et en lisant mon désir qui brille à leurs pointes effilées. Il y a tant de moyens, bien plus agréables, de faire crier une femme. Pourquoi ces imbéciles petits humains ne savent-ils donc pas prendre, où ils se trouvent, les opportunités et les plaisirs faciles ? Ils ont tout à gagner à accepter de dire "Oui, je veux bien que vous me siphonniez. Mais en échange, protégez-moi des autres."

Donc, me plaignais-je, je suis un vampire, je tue, je blesse, je spolie pour me nourrir. On me craint et on chavire quand j’écarte mes lèvres toutes parfaites pour croquer les peaux imparfaites... mais si exquises que sept vies de damnation ne me préserveront jamais d’étancher, jusqu'à plus soif, le bonheur de les dégorger vivants.

Alors, si je suis si puissant, si grisant et si parfait, si audacieux et si investi politiquement, peut-on m’expliquer la raison pour laquelle je suis debout, à langer des fesses recouvertes de cette bouillie visqueuse qu’est le fèces de mon jeune descendant, au lieu d’aller chasser ou discourir ? Je rêve. Il est vingt heures et je suis en train de torcher le postérieur malodorant d’un bébé de seize mois. Malodorant ? Euphémisme. Mais si je n’euphémisme pas, il me prendrait peut-être d’avoir des vertiges.

Kate me regarde en souriant et en babillant. Elle a fermé son poing et essaye de le faire rentrer dans sa bouche édentée. Si elle n’avait pas été porteuse de mes gênes, j’aurais aimé qu’elle s’étouffât avec. Je parie que cette graine d’humain aux regards malins réalise parfaitement la situation débile dans laquelle elle me met. Combien d’autres vampires sur la terre sont actuellement en train de langer un enfant ? Aucun, oserais-je espérer. Pour la survie de nos amours-propres.

Je me dépêche d’en finir avant que Björn ou Solace débarque. Trop tard... J’entends le son d’un obturateur. Solace, accoudée au chambranle de la porte de la salle de bain, tient son téléphone portable en mode appareil photo. Si je n’avais pas les mains dans le caca, je... Tiens... mais pourquoi m’en empêcher, faisons-en profiter la communauté.

Je quitte la table à langer quelques secondes pour saisir le téléphone. Elle essaye de m'esquiver mais je la prends dans mes bras. Elle pleure son tailleur Gucci, mon odeur objecte et me prive instantanément de jeu coquins pour la soirée. Quoi qu'elle dise, la garce est plus rapide.

- A qui l’as-tu envoyé ? dis-je en la relâchant énervé.
- J’ai emémessé toute la Résistance, se gausse-t-elle.

Double garce. Je ne la crois pas. Je vérifie.

Merde. Elle l’a fait. Je broie la machine entre mon poing serré et laisse tomber les morceaux sur le sol. Elle se jette à genoux pour les ramasser.

- Putain ! Nate ! C’était le portable d’Amys ! Elle va me tuer.
- Tu es déjà morte.
- Quand même, à chaque fois, ça fait très mal. T’es con, c’était une super photo... super pour ton incroyable campagne d’humanisation des vampires. Tu sais que tu es quand même un gros hypocrite avec cette histoire.

Elle se fout de ma gueule. Elle est complètement contre cette campagne. Elle a envie de chasser et que rien ne l’en empêche. Pourquoi serais-ce hypocrite ? C'est le meilleur moyen de pouvoir contrôler les nôtres et d'obtenir une implication dans les décisions qui influencent notre gibier.

Je n’ai rien à répondre. Kate, se sentant délaissée, se met à pleurer.

- Ton caca t’attend, continue de persifler Solace en disparaissant très vite. Depuis le couloir, elle me lance:
- Je vais chasser. Je voulais savoir si tu étais partant mais je ne peux pas m’afficher avec une nounou d’un mètre quatre vingt quinze, qui pue le lait caillé et les selles humaines.

Comme elle est partie, je me sens. Elle a raison. J’empeste. Je refoule. Impossible de chasser en traînant une odeur pareille. Je termine vite fait de mettre la couche propre et de jeter la sale dans un sac griffé du sigle biohazard que j’ai piqué à l’hôpital. On y met d’ordinaire les produits radioactifs utilisés pour la médecine légale et les besoins de la police scientifique. Rarement pour des couches. Mais je ne peux pas supporter cette odeur. Je regrette parfois que notre odorat soit si sensible. Il est une arme véritable pendant la traque et un supplice dans ce genre de situation.

Emma arrive enfin. Je lui refourgue Kate dans les bras en grognant et je file me doucher. J’ai à peine le temps de l’entendre glousser en me remerciant et en s’excusant de son retard.

Quelques minutes plus tard, j’ai une odeur respectable et une chemise noire sur laquelle personne n’a vomi son biberon. J’enfile une veste courte en cuir et je me tourne vers Emma qui berce et s’amuse avec Emma qui gasille :

- Emma, cette situation ne peut plus durer. J’aimerais que tu te réconcilies avec ton petit ami et que Kate et toi retourniez chez vous.
- Non.
- Tu veux que je le saigne ?
Elle rit.
- Non... je veux qu’il me supplie de revenir et qu’il s’excuse.
- S...su...supplier ? Tu es sérieuse ? Ca ne va pas ? C’est un homme. Même un homme humain n’a pas à venir à s’excuser auprès d’une femme. Surtout qu’il n’est pas en tord.
- Nate !! Il m’a trompé !
- C'est de ta faute. Si un homme trompe une femme, c'est qu'elle avait forcément fait quelque chose pour le pousser à l'adultère. Tu n'avais qu'à lui donner ce qu’il attendait...
- Nate, va-t'en. Va chasser... je ne vais pas combattre tes paradigmes absurdes ce soir.
- C'est un pléonasme. Mais soit. Toutefois, demain, fini. Tout le monde chez soi.
- Ouais, ouais, dit-elle peu convaincu. Étrangement, je ne le suis pas non plus. Mais il faut que ça cesse.

Avant de partir chasser, j’aimerais retrouver cet incapable pour l’obliger à reprendre Emma. Elle ne peut plus rester. Ma maison n’est pas un parking à humains, quand bien même font-ils parti de ma famille.

Me rendant à l’appartement d’Emma, je trouve les lieux calmes, éteints, vides.
Je m’introduis par la fenêtre pour chercher un indice afin de trouver le lieu où il pourrait être ce soir. Près de son répondeur, un note écrite à la va-vite et soulignée trois fois: "St-Ant. Wardour Street. Le 16 oct."
Je ne sais pas où c’est. Je repose la note.
Le répondeur clignote. Un message. Je l’écoute.

Les voix de deux abrutis grisés par l’alcool insultent mes oreilles en chanson. Une chanson paillarde rappelant à Yuri, le compagnon d’Emma, qu’ils l’attendront au Pub St-Antoine, qu'il paraît que l'ambiance y est géniale et que, enfin, il est en retard de quelques bières et qu'il devra se rattraper en payant les prochaines tournées.

Très bien, me dis-je, direction le pub St-Antoine.

L’établissement se trouve au fond d’une ruelle poisseuse tout le long de laquelle divers hôtels de passe font clignoter leurs luminaires: "peep show, 25£", "Callgirls + beer, 120£", "chambre à la nuit", "cash et pas de question. 1ère heure offerte" etc.
Payer pour le plaisir ? Se vendre pour l’argent ? Je suis bien heureux de pouvoir utiliser ma carte de crédit à d’autres fins. En parlant de ça, je vérifie mes poches... Solace a la fâcheuse habitude de subtiliser mes cartes bancaires.
Mais ma carte est toujours-là.

J’arrive à la hauteur du pub St-Antoine. Rad paumé. Que peut bien faire Yuri l’ingénieur chimique dans un tel endroit ?
J’entre. Ca pue autant que les fesses de ma tri-bisaïeule. Bière, tabac, sexe, vomi, moisi, poussière.
Je bloque ma respiration. Une vieille musique joue sur le jukebox. Le pub est calme. Très calme.

Je cherche deux excités mais rien de tel ici. Quelques humains au teint malade, des femmes vulgaires aux tenues qui ne laissent aucun mystère, le barman est tatoué jusqu’aux oreilles. Ses bas sont des louanges aux estampes japonaises. Je me dirige vers lui:

- Bonsoir... Un scotch.
Il commence à servir sans répondre mais me dévisage. Sans hostilité mais habité d'un air que je trouve par trop railleur.
- C’est calme, ce soir, fais-je pour commenter et me détourner de l'envie de l'attraper immédiatement par le col, de lui exploser le crâne à coup de bouteille de brandy, en lui demandant ce qui le fait tant sourire chez moi.
- C’est pas ici la fête, c’est au sous-sol. Vous êtes sûr pour le scotch ? Il arrête de verser et boit le verre pour lui.
- Pourquoi ?
- Vampire ?
- Mmm... j’acquiesce, suspicieux.

Il me montre les quelques pèlerins dans la salle:

- Vous en choisissez un qui vous plaît. Vous me payez 60£ pour le droit de passage à la cave. Vous l’emmenez en bas. Pas d'inquiétude, ils sont tous réglo, tous consentants. Vous leur filez leur 70£ quand vous avez fini. Ca veut dire, pas de tuerie, pas de transformation.

Je tombe sur mon séant - "illustrativement" parlant, car je suis plutôt de stature impassible. Quel est donc ce tripot de damnés ? Je me retourne et explore un peu mieux la population du lieu. Ces humains sont tous si hideux et si crasseux. Je sais bien, "blood is blood", mais quand même... Comment des vampires peuvent-ils se sustenter à la gorge des ratés de la société ? Aucune classe. Il faut vraiment crever de soif pour... Un jeune homme attire toutefois mon regard... il est moins repoussant que les autres. Sa présence ici est même un contresens. Je m’apprête à aller vers lui pour m’en servir d’excuse et m’acquitter du petit rituel pécuniaire afin d'obtenir le droit d’aller à la cave pour voir ce qu’il s’y passe.
Deux vampires, un homme et une femme, entrent soudain. Ils mettent moins de temps que moi avant de repérer le jeune homme... Ils se dirigent vers lui, me coupent l'herbe sous le pied. Visiblement, eux, ils connaissent très bien le principe de ce pub. Le vampire homme, petit, sec, a une tête de fouine, le teint verdâtre et les yeux rouges. La femme, tout aussi mal en point, porte une capuche pour essayer de cacher ses cheveux de fils blanc, ses lèvres gercées et sa peau translucide qui laissent entrevoir ses veines remontant jusqu'aux joues. Une nécrodite*. Ce sont des vampires faméliques... ils n’ont pas bu de sang depuis trop longtemps et leur enveloppe charnelle est en train de périr.

Qu’est-ce que Yuri et ses amis ont-ils fait pour parvenir ici...? Sont-ils encore dans ces murs ? Vivants ? Morts ? Au prise avec des vampires nécrodites* ?

Ma soirée avait déjà plutôt mal commencé mais je sens que ça n'est pas prêt de s'arrêter... Damned !


Dernière édition par Atålan Harding le Mar 19 Oct 2010 - 17:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Blasted & Torn   Sam 16 Oct 2010 - 21:27

Il est des situations, des rencontres, des évènements qui vous font réaliser que votre vie n’a eu, jusqu’à présent, aucun sens. Que tout n’a été, jusque là, qu’un fourre-tout grossier d’attitudes absolument incohérentes, voire carrément aberrantes. Ce genre d’épiphanies est plutôt rare de nos jours. Les gens errent, vulgaires pantins, jusqu’à ce que le voile de la mort s’abatte sur leurs peaux flétries, sans pour autant se rendre compte du ridicule de leur existence. Ils ont marché, parlé, travaillé, aimé, baisé. Cela, sans aucune grandeur d’âme, sans aucun désir d’aller plus vite, d’être plus intelligent, plus aimant. Cela, sans ambition aucune. Ils se sont levés, chaque matin, et ont vivoté dans leurs routines stupides.

Samael Cain avait supporté la rengaine incessante des quotidiens plats et sans saveur. Pendant dix-sept ans il n’avait eu qu’une ambition. Le parricide. Une fois sa tâche accomplie, il était entré dans une période quasi léthargique de quatre ans, durant laquelle il avait marché, parlé, baisé, sans que ses actes ne lui procurassent aucune satisfaction. Et puis, il y avait eu cette nuit. Cette rencontre.

Une jeune fille, dans un parc où il passait. Une jeune fille, qu’il avait d’abord voulu posséder charnellement, et qu’il avait finalement maîtrisée par la magie. C’avait été une rencontre des plus banales, en soi. La petite n’avait guère que sa plastique pour elle, encore qu’elle fût loin du canon de beauté. Pourtant, elle avait réveillé en Samael la bête assoiffée de sang qui avait sommeillé en lui jusqu'alors. Il avait tué, une fois. Il avait fait ça brillamment, dans les règles de l’art. Le corps transpercé, démembré, décharné, aurait pu faire l’objet d’un tableau. Pourquoi taire ce talent inné ? Pourquoi se refuser toute utilisation de ses pouvoirs comme il avait pu le faire par le passé ?

Cette nuit-là, il avait fait couler le sang à nouveau. Et ce sang l’avait nourri, quelque part. Il ne savait pas comment, mais il allait mettre sa magie à contribution. Ce qui était certain, c’était que le chemin qu’il allait emprunter serait plus ténébreux encore que cette vulgaire bataille qu’il avait pu avoir avec cette Mademoiselle de Longueville.

Non, sa vie n’avait eu aucun sens. Il allait y remédier.

Mais ce n’était pas pour ce soir, de toute évidence, puisque Samael errait encore et toujours, dans les ruelles sombres et crasseuses de la capitale britannique. Il commençait à faire frais, et le jeune homme avait troqué sa veste miteuse pour un élégant manteau de laine noir acheté l’après-midi même dans les galeries Harrods. Il en avait profité pour refaire entièrement sa garde-robe, et s’était donc résolu à utiliser l’héritage de ce père tant haï. Après tout, il avait été bête de s’en passer pendant tout ce temps.

Une bourrasque fit voleter ses cheveux dans ses yeux. Un frisson parcourait sa peau alors qu’il réajustait son foulard autour de son cou. Malgré son apparente nonchalance, il savait ce qu’il faisait, et où il allait. Il avait envie de nouvelles aventures, et surtout, de nouvelles rencontres. La solitude n’avait que trop duré. Et puis, il avait envie de s’amuser. Alors, il avait décidé de se rendre dans les quartiers chauds. Il tourna à plusieurs coins de rues, et se retrouva finalement devant l’une des innombrables places glauques qui pullulent à Londres.

La musique résonnait jusqu’à l’extérieur, un de ces ignobles rythmes industriels qui pourtant fit monter une vague de désir sexuel chez le jeune homme. Ou bien, était-ce le groupe de prostitués postés devant l’établissement voisin, et qui le regardaient avec un de ces airs lubriques qui n’appartiennent qu’aux gens de petite vertu.

Le volume s’intensifia lorsqu’il ouvrit la porte, jetant de son autre main son mégot de Rothmans. Ses yeux parcoururent la pièce étonnamment vaste dans laquelle il venait de rentrer. Une tapisserie obsolète recouvrait les murs tant bien que mal, pendant par endroits et découvrant des briques noirâtres. Le mobilier puait la bière, la cendre, et le cul. L’endroit parfait, si l’on exceptait la population, qui n’avait rien non plus de bien appétissant.

Samael esquissa une moue boudeuse, et se dirigea malgré tout vers le bar où il alla sagement commander une absinthe. Assis sur un tabouret collant de crasse, il s’amusa gentiment avec sa cuiller et son sucre qui caramélisait au contact de la flamme bleutée. La musique se tut l’espace d’un instant, et laissa place à une version rock n’roll plutôt étonnante de Amazing Grace.

"Amazing grace, how sweet the sound,
That saved a wretch like me;
I once was lost but now am found,
Was blind, but now, I see."



Alors que Samael se satisfaisait de cette nouvelle décoration sonore, la porte s’ouvrit pour laisser place à un nouvel arrivant. Le verre à la main, le jeune homme se retourna, curieux, et observa l’homme qui venait de rentrer. Ses yeux ne cachèrent pas son intérêt. L’homme était immense, encore plus grand que lui. Il dégageait une élégance étonnante, et sa virilité ne laissa pas Samael de marbre, loin de là. Il puait la puissance, et son visage ne donnait aucun doute sur ses origines scandinaves. Frisson.

« Fresh blood, mmmh. »

L’homme se dirigea vers l’autre extrémité du bar, et le regard de Samael ne put s’empêcher de descendre pour observer ostensiblement ses fesses. Il avala son verre d’une traite, bien décidé à aller faire connaissance. Il n’allait pas laisser passer une telle occasion.

Il se leva, le sourire aux lèvres, songeant au bonheur qu’il aurait à se trouver sous les paumes d’un tel homme, mais fut incapable de faire un pas, puisque deux clients qu’il n’avait pas remarqué jusque là lui barraient la route. Un homme, à la carrure ridicule, au visage très peu avenant, et une femme, encapuchonnée. Samael haussa un sourcil, interrogateur. Ne disant mot, il remarqua finalement la couleur peu naturelle des yeux du gringalet, et devina un visage quasi desséché sous la capuche de la femme.

Des vampires. Rien d’étonnant, vu le quartier. La prostitution pouvait prendre différentes formes, après tout. On vendait son cul, pourquoi ne vendrait-on pas son sang ? Son réflexe premier fut se plonger sa main dans sa poche et de serrer sa baguette magique, devant l’air absolument affamé des deux individus.

- Je ne suis pas à vendre, dit-il finalement, confronté au silence pesant des vampires. Désolé.

Et puis, il leur tourna le dos, nullement effrayé au final, pour se rendre vers le bel éphèbe qui lui avait décidément tapé dans l’œil.

La guitare électrique faisait crier le jukebox.

"When we've been there ten thousand years
Bright shining as the sun,
We've no less days to sing God's praise
Than when we'd first begun."

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Atålan Harding
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MessageSujet: Re: Blasted & Torn   Mar 19 Oct 2010 - 18:33

Je n’ai pas besoin de me rabattre sur la vielle poule à fanfreluches orange et à la jupe trop courte qui, de ses échasses bon marché, bat pathétiquement le rythme sur la musique que fait pleurer le jukebox. Le jeune homme que j’ai remarqué esquive les deux loques pour se diriger vers moi. J’aime d’autant plus l’idée de ne pas avoir à me déplacer pour aller piocher, parmi les paumés du pub, mon sésame vers les caves. Cependant, Laurel et Hardy les vampires n’ont pas envie de rester sur un échec et voient d’un mauvais œil le snobisme du jeune vagabond. Ils le suivent des yeux et leurs yeux les mènent tout naturellement jusqu’à moi. Je leur souris narquoisement avant d’accorder mon intérêt pour l’être insolite qui se dirige vers moi. Mon indifférence pour eux leur colle deux baffes de plus sur chaque joue. Je sais d’ores et déjà qu’emmener le petit à la cave ne se fera pas sans deux ou trois taloches. Qu’à cela ne tienne.

Mais...

Par Aphrodite et Apollon ! Qu’est-ce que c’est que cette dégaine ? Ne puis-je que remarquer en estimant d’un regard critique l’allure vagabonde du jeune humain. Solace lui aurait collé un procès pour maltraitance de toilettes et abus de non-style. Deux ans fermes, aurait-elle pu requérir. Je n’aurais pas dit mieux. Ou peut-être aurais-je rajouté "et un bon bain".

Laurel et Hardy rattrapent l’humain qui leur tourne le dos. La femme lève sa main mais je disparais de ma place pour réapparaître une seconde plus tard entre elle et le jeune homme. Je ne suis pas rustre. D’un regard aimable - du moins, aussi aimable que peut l’être un vampire qui s’apprête à casser le bras d’une très vilaine nécrodite dégageant une odeur infecte de macchabée -, je prends le temps de la prévenir que si elle poursuit le geste qu’elle a entrepris, ça ne sera qu’au prix d’une féroce souffrance. Elle se ravise en me montrant ses dents. Je lui renvoie la pareille. J’ai l’avantage sur elle de les avoir toutes.

Elle recule et se rabat sur la vieille à fanfreluche. Quand je baisse le regard sur le vampire nabot, il hésite encore à se battre. Ne s’étant pas nourri depuis longtemps, il comprend que le combat est vain. Indépendamment de la cinquantaine de centimètres qui nous séparent.

Il va pour faire demi-tour et rejoindre sa compagne. Avant de le laisser partir, il m’arrive néanmoins une question. Je l’attrape par le bras pour le retourner :

- Vous êtes en ville... c’est rempli d’humains... pourquoi êtes-vous dans cet état-là ?

Il fait une grimace et crache par terre une gerbe de sang noir pour agrémenter le dédain que lui inspire l’histoire qu’il évoque :

- J’ai été enfermé six mois dans la Forêt d’Etat* d’Olympic (i) pour avoir mordu un sorcier. C’est Gabrielle qui m’a tiré de là... C’est une nécrodite, elle était Soumise et elle a fini par bouffer son Soumetteur, ricana-t-il comme si le souvenir était plaisant. On compte pas y retourner alors tant que l’amendement sur la nutrition des vampires passe pas, on est condamné à acheter le sang jusqu’à ce qu’on retrouve assez de force pour chasser nous-mêmes...

Regardant le sorcier qui était derrière moi :

- Je vous laisse ! De toute façon, il m’inspire pas cet humain ! Il est louche !

Je me permettrais de remettre en question l’avis du vampire en le comparant d’un bref regard incrédule avec ledit sorcier. Mon jugement aurait différé.

Je me tourne enfin vers la grande gigue mal sapée et lui montre le chemin que le barman m’a précédemment enseigné pour accéder aux caves. A aucune seconde, je n’image qu’il puisse être sorcier. Le barman m’a promis que tous étaient "clear"... j’ai voulu comprendre "non sorcier". Ne le laissant pas ouvrir la marche, je vais déposer les 60£ exigées. Le barman les empoche et se sert un second verre de scotch.

Ayant rejoint mon jeune laissez-passer, je ne compte pas décliner mon identité et je me fous de la sienne ou des raisons qui l’ont amené dans ce pub. Je n’ai qu’une idée en-tête : retrouver Yuri et comprendre comment ce genre de lieu a pu trouver le jour.

En descendant les marches qui s’enroulent autour d’un mur porteur surplombé d’une voûte de pierres taillées, je lui conseille d'une voix timbrée :

- Si tu la fermes et que tu ne me prends pas trop la tête, tu peux te sortir d’ici avec tes 70£ et sans une morsure. Ne me quitte pas d’une semelle.

Je termine ma phrase au moment où nous atteignons la dernière marche. Vision chaotique d’une bande de vampires dépravés et puant l’au-delà. Leur odeur est infecte. La cave est une ancienne cave à vin. Il y fait frais. Des torches sont suspendues au quatre coin. Des tables, des lits vétustes, des pichets de vin pour les humains et de la chair tendre pour les vampires s’étalent ou se pavanent en une bacchanale morbide et indigne. Des femmes dévêtues sont clouées aux crocs malades de non-vivants en manque de sang. Des hommes de tout âge et de toute race, puants, coulant de sueur et de stupre, gras et ignobles, se plient aux mille et un désirs des miens dans des danses macabres et lascives. Nous traversons les corps à moitiés dévêtus et le parterre de chair pourrie. Impénétrable, je m’applique à chercher dans cette multitude de débauche, le visage connu de Yuri. Je ne le trouve pas.

Des yeux rouges, jaunes, bleus clairs, verts, violets, parme, noirs, blancs, injectés de sang, de souffrance, de maladie et de moisissure de l’âme, nous regardent passer avec envie. Les humains regrettant de ne pas s’être vendus à un vampire décent, les vampires lorgnant l’humain qui m’accompagne. Ni lui ni moi n’avons notre place ici. Quelques têtes nous suivent. Je comprends qu’il faut que je fasse illusion le temps de trouver Yuri sinon les damnés s’en mêleront.

J’attrape l’humain par la main et je l’entraîne à l’endroit le moins éclairé de la pièce, où une table et un canapé de velours noir sont libres. Je l’y pousse par trop violemment pour qu’il s’assoie, sans réaliser ma force. Parfois j’oublie combien les humains sont friables.

- Désolé, fais-je sans l’être réellement. Qu’est-ce que c’est que cet endroit ? Me dis-je à haute voix en m'asseyant à côté lui.


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MessageSujet: Re: Blasted & Torn   Jeu 21 Oct 2010 - 0:36

A mesure qu’il s’approchait de l’homme, les sens de Samael s’incendiaient littéralement. Il les préférait vieux, pourtant… Cheveux gris, ridules. L’âge, l’expérience. Ce qu’il ignorait, c’était que derrière sa plastique jeune et tellement alléchante, l’homme cachait bien plus d’années que le plus vieux des vieillards. C’était peut-être ce qui l’excitait à ce point, sans qu’il le sût. Car ses yeux reflétaient une lueur différente que celle qui brille dans les yeux des jeunes hommes. Samael l’avait clairement remarquée. Il semblait hors du monde. Très certainement hors de ce monde, qui les entouraient à présent. Ce monde vil, sale, puant. Il n’avait rien à faire dans un endroit pareil.

Samael non plus, n’avait pas sa place. Il avait retrouvé son élégance naturelle. Cela faisait d’ailleurs bien longtemps qu’il n’avait pas été aussi propre. L’eau des rivières et des lacs suffisait lorsqu’il voyageait. Mais il avait particulièrement savouré son bain, ce matin, et ses senteurs fruitées qui étaient à présent quasiment réduites à néant. Il dégageait une légère odeur musquée, une odeur de transpiration, d’avoir fréquenté les galeries marchandes bondées et chauffées à outrance, l’après-midi.

Il accéléra le pas, peu à peu. Son bas ventre s’affolait. Ces cheveux blonds, ces yeux clairs, cette barbe naissante. Et cette carrure… Que venait-il faire ici, bon sang ? Et alors que Samael hésitait entre l’excitation et le questionnement, l’homme disparut purement et simplement. Décontenancé, Samael haussa un sourcil et regarda autour de lui. Et lorsqu’il se retourna, il reconnut ces jolies fesses qu’il n’avait que trop peu reluquées. Et le voilà rassuré. Et paradoxalement apeuré. Il n’avait vu aucune baguette dans sa main, alors qu’il s’approchait de lui. Juste un verre d’alcool. Il n’était pas sorcier. Encore un vampire…

Samael oublia ses songes lubriques au profit d’idées plus sombres. Que venaient foutre tous ces suceurs de sang ici ? Cela sentait mauvais, et ce n’était pas à cause de l’atmosphère puante de l’établissement. Le jeune homme frissonna. Il n’avait jamais eu affaire à des vampires, auparavant. Mais il connaissait parfaitement leur psyché.

Il comprit alors ce que l’homme venait chercher ici. La même chose de lui. Le vice, la violence, surtout pas la vertu. Par conséquent, il aurait surement été sage de profiter de l’altercation entre les vampires pour s’esquiver, quitte à devoir payer une pute, dehors. Et la laisser morte dans un coin de rue, après lui avoir fait subir les pires outrages. Mais Samael n’était pas d’humeur. Cadavre ambulant ou non, l’homme lui avait tapé dans l’œil. Et puis, ce pouvait être intéressant… Et puis, Samael n’était pas sage.

"Je vous laisse ! De toute façon, il m’inspire pas cet humain ! Il est louche !"

Les deux hideux s’en allaient. S’il était louche, eux l’étaient d’autant plus. Samael haussa les épaules et vint s’asseoir à côté du vampire, attendant patiemment qu’il eût fini son verre. Il en profita pour commander un nouveau whisky, qu’il sirota, pensif. Il regardait les deux autres partir, soulagé. L’idée de se trouver en présence d’Atålan l’enchantait, mais celle de se retrouver pris en sandwich entre trois vampires était bien moins alléchante.

En revanche, ce qui suivit le troubla à nouveau, d’une manière plus importante encore. D’abord, les paroles, qu’il ne comprit pas vraiment. Il était venu ici en prédateur. Il devenait la proie. Il s’en fichait. L’inédit l’intriguait. Et ce qui se passait dans la cave où ils descendirent ne lui déplut pas. L’odeur était forte, plus encore que là-haut, mais les scènes de bacchanales qui s’y déroulaient lui donnèrent des idées.

Le vampire saisit sa main. Il était glacé. Samael l’observa à nouveau. Là, assis à côté de lui, sur le sofa. Il se redressa, et prit place plus confortablement. L’homme l’avait poussé avec une force indescriptible, si bien que Samael s’était quasi écroulé sur les coussins.

"Qu’est-ce que c’est que cet endroit ?"

Allumant tranquillement une cigarette, Samael répondit :

- J’allais vous poser la même question. Il me semblait que vous auriez été en mesure de me répondre…

Le vampire lui jeta un regard noir. Samael poursuivit.

- Je veux dire… Au vu de ce que vous avez pu me dire là-haut. D'ailleurs, je me fiche de votre argent.

« Par contre, je ne serais pas contre si tu enfonçais tes dents dans ma chair. Tes dents, ou autre chose, » pensa-t-il, un sourire étrange planté sur ses lèvres. Il disparut lorsque Samael ouvrit la bouche pour cracher la fumée. Il ne savait pas quoi dire. Le ton glacial d'Atålan l'avait bien refroidi. Il ne savait plus vraiment quoi faire, ignorant tout à fait les intentions du vampire. Alors, il se contenta de fumer, en silence, ses yeux, oscillant entre les groupes dénudés, les crocs ensanglantés, et le visage fermé de son compagnon.

Il n'avait plus la main. Il avait mal joué, mais c'était au tour du vampire. Cette partie allait se clore en défaite. Ce qu'il ignorait, c'était le goût de cette défaite. Il l'espérait doux, au milieu des draps. Ou violent, contre un mur. Contre le vampire et sa peau glaciale.

Sans conviction.
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MessageSujet: Re: Blasted & Torn   Sam 23 Oct 2010 - 23:35

- Tant mieux. Je ferai des économies, réponds-je indifférent.

A l’odeur pestilentielle qui règne, l’humain trouve bon d’ajouter celle du pétun. Ils ont donc tous décidé de me tuer une deuxième fois ce soir. Dans cette soupe à la chair, au tabac, à l’alcool et au sang, je ne vois ni ne sens l’odeur de Yuri. L’atmosphère est trop phagocytée par ces miscellanées insupportables. Tu parles d’un repas ! J’ai besoin de fourrer mon nez dans un bouquet de violettes. Il en va de l’intégrité de mes naseaux. A ce rythme, ils vont dysfonctionner jusqu’au siècle prochain. J’en viens presque à regretter l’odeur du lait et du derrière de Kate. Je suis malade.

Enervé, je dois trouver quelque chose à faire pour m’occuper sinon le garçon finira par me servir de souffre douleur. Chaque vampire a son antianxiolytique naturel. Solace, c’est le shopping. Moi, la cruauté. Je lui laisse encore deux bouffées avant de me tourner vers lui et de lui prendre la cigarette des mains. Je la porte à ma bouche, aspire une bouffé, grimace en recrachant la fumée et éteins la cigarette sous la table.

- Ca empeste.

Je tourne la tête vers la salle, dont je n’arrive pas à détourner mon attention. Je cherche à capter les visages qui m’ont échappé. A cette seconde, je ne sais pas si les observer me sert d’alibi pour éviter de me pencher sur la question de l’humain que j’ai traîné ici ou si j’espère encore sincèrement y trouver Yuri. Tout en s’occupant, certains n’arrêtent pas de regarder dans notre direction. Ils se questionnent. Pourquoi je les observe, pourquoi je ne m’occupe pas de mon charmant goûter, pourquoi je ne suis pas flétri, pourquoi le garçon a l’air si détaché de la situation... Cette dernière question, je finis aussi par me la poser aussi.

- Ne fumes pas à côté de moi. Si tu as envie d’empester, c’est ton problème. Ne m’inflige pas cette odeur en plus... du reste, finis-je les yeux toujours écroués au spectacle.

Je me tourne finalement vers lui pour le contempler. Pourquoi son regard me dérange-t-il autant ? Parce qu’il est vide ? Parce qu’il est avide ? Il y scintille, étouffée, une lueur qui ne m’est pas étrangère. Convoitise, curiosité, désir ?

Les yeux nous braquent par dizaines. Ils attendent. Comme une vocifération muette de pupilles, je sens qu’ils me crient d’agir ou, si je ne me charge pas de lui, ils le feront à ma place et dans la plus grande barbarie.

En ai-je vu assez ? Si Yuri n’est pas ici, rien ne me retiens dans cette cave. Je peux leur laisser l’humain. Après tout, n’a-t-il pas dit lui-même qu’il était gratuit ? Ces vampires affamés me seront grés de leur offrir le bon plan de la soirée. En échange, ils me donneront des informations sur le petit ami d’Emma.

Je souris. L’idée m’enchante. Son effronterie m'agace. Que je le leur livre ou que ça ne soit qu'un divertissement pour le plaisir de le voir enfin s'inquiéter de son sort, l'idée m'enchante.

Toujours face à lui, maintenant qu’il n’a plus sa cigarette pour se donner de la contenance, il a l’air misérable. Franchement, il serait très con de ne pas profiter le premier de l’appât que la chance a mis sur mon chemin.

- On dirait que tu te fous de ce qui pourrait t’arriver, ai-je commencé en m’avançant de quelques centimètres vers lui. Ma main s’en va dans son cou, elle écarte des cheveux pour délivrer la jugulaire qui bat la mesure de son rythme cardiaque. Je souligne la veine de mon index en remontant jusqu’à l’oreille. Je finis par appuyer ma main toute entière sur sa peau.

- Ce qui m’arrange. Comme ça nous serons deux.

D’un geste véloce, pour satisfaire notre public, il suffit d’un clignement de paupières pour que l’humain se retrouve allongé sur ce canapé, moi sur lui, et ma main dans sa nuque qui n’a pas bougée. Reprenant une allure normale, pour lui laisser le temps d’interpréter nos nouvelles positions géographiques, je me penche vers son cou que j’ai totalement dégagé de la chevelure brune. Je ne fais que sentir. Je balaye mon nez sur le carré de peau découverte. Il pue. Il sent l’humain, la sueur, le tabac, l’eau des sources et une odeur de fleur que je ne parviens pas à détailler. Il pue par Opposition à l’odeur des femmes qui sentent si bon. Je préfère les femmes... cependant, on ne dit jamais non à un repas offert gracieusement.

Mais sa chair recèle d’une autre saveur plus pétillante, plus piquante.

- Tu es sorcier...

Je le murmure en souriant alors que je viens de comprendre.

Je regrette moins l’incident qui a eu lieu avec Elena. Avoir goûté son sang, alors que je ne savais pas qu’elle était une sorcière, m’a remémoré cette odeur oubliée jadis, au temps où boire le sang des sorciers ne nous menait pas aussitôt à l’échafaud. Je ne me ferai plus avoir. J’en souris. Mon rictus est profondément déconcerté.

Je ne m’écarte pas pour autant. Tout en lui parlant et en profitant du poids de mon corps sur le sien, ma main droite part à la recherche de sa baguette. D’extérieur, notre public doit penser que j’ai entamé les festivités. C’est bien.
Poche intérieur, poche extérieures, le long de son buste, de l’autre côté... je finis par trouver l’objet recherché tout en continuant de lui parler :

- Tu es un don du ciel, lui dis-je nouvellement enjoué. Et ce n’est pas bon signe pour lui. Une valeur exceptionnelle. Si je te propose à une de ces créatures qui n’a que faire de la bonne morale, je pourrais t’échanger contre les informations que je suis venu quérir ici.

Je glisse sa baguette dans mon vêtement. S’il essaye de la récupérer je lui casse le poignet et le bras qui va avec.

- Si tu es toujours vivant après quoi, je te la rends dès que j’aurais eu ce que je veux.

Je me penche pour murmurer à son oreille pendant que les vampires dévoient leur attention de nous, satisfaits aussi bien que contrariés. Ils auraient préférés que je boude mon encas et que je le leur laisse. Si tout va bien, il sera bientôt à eux.

- Tu es toujours gratuit ? ne puis-je m’empêcher de m’amuser de lui. Parce que cette histoire risque de te coûter chère.
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MessageSujet: Re: Blasted & Torn   Ven 19 Nov 2010 - 0:40

C’était une bête manie, la clope. Il n’aimait pas franchement le goût, ni l’odeur du tabac qui se consumait. Parfois même, il grimaçait et se retenait d’écraser son mégot avant même de terminer. La cigarette, c’était la Mort. C’étaient les glaires qui polluaient sa gorge, de plus en plus avec le temps. En fait, c’était lui-même qu’il consumait, à chaque bouffée.

C’était idiot, puéril. Mais il raffolait du geste, il aimait par-dessus tout glisser ces petits tubes entre ses lèvres pour en aspirer le contenu. Et puis, la clope, elle lui donnait tout un tas d’idées… D’ailleurs, il ne comprenait pas tous ces hétérosexuels qui fumaient sans pour autant saisir tous les sous-entendus phalliques qui y étaient liés. Lui, dès qu’il fumait, il y pensait…

D’ailleurs, il y songeait justement lorsqu’Atålan lui ôta sa Rothmans des doigts pour finalement l’écraser vulgairement dans un cendrier déjà bien encombré. Il l’observa, calmement, sans dire mot, et soupira. Quelques secondes de moins avant la Mort. Du moins celle, inéluctable, vers laquelle il courait en enfumant ses poumons… Il faillit le remercier, bêtement, puis se ravisa. Au lieu de cela, il esquissa un sourire, éclaircit sa voix, et s’amusa enfin :

- Je croyais, l’espace d’un instant, que vous faisiez attention à votre santé. Ce qui aurait été plutôt original, loufoque même, de la part d’un vampire.

Ses lèvres s’étirèrent davantage, et il poursuivit, de plus en plus à l’aise face à la créature, face à lui.

- Ceci dit, je préférais l’odeur de la cigarette à celle du stupre, de la crasse, et du sang, qui me reviennent soudain sous le nez…

Il grimaça soudain. Malaise, à nouveau. L’homme n’avait aucune expression, il avait les yeux rivés sur lui, des yeux froids, distants, inhumains. Frisson. Samael baissa les yeux et se concentra sur le sol souillé, collant. Il ne rendait donc pas compte qu’ils étaient le centre d’attention, le point de convergence de dizaines de paires d’yeux, qui brûlaient de désir.

La voix du vampire résonna à nouveau, suave, sensuelle. Samael se hasarda à relever la tête, et osa même plonger son regard dans le sien. Il entrouvrit la bouche, bien décidé à rétorquer il-ne-savait-quelle réplique incisive, pour une fois, mais il se retrouva soudain tout contre le vampire qui s’était enfin décidé à s’intéresser à lui d’un peu plus près. Sa peau était glacée, mais son souffle dans son cou, étrangement brûlant.

Il se retrouva complètement soumis, allongé sur le sofa, collé tout contre Atålan. L’homme est faible, et Samael était une proie des plus faciles. Il avait soudain très chaud, son souffle s’épaississait, s’accélérait, ses muscles se crispaient, dans l’attente qu’Atalan la satisfît et le soulageât de toute cette excitation qui grimpait inexorablement dans tout son corps.

Oui, il se fichait tout à fait de ce qui pouvait bien lui arriver. Il pouvait bien mourir, il voulait juste, à ce moment là, sentir les crocs du vampire perforer sa chair et le vider de tout fluide.

« Tu es sorcier… »

Samael sourit, les yeux fermés, convaincu que son acolyte n’allait pas le laisser partir sans rien faire. Il savait à quel point le sang sorcier plaisait à ces créatures, il savait aussi qu’ils n’étaient pas censés le boire. Mais dans un tel lieu, il lui semblait qu’aucune loi n’arrêtait qui que ce fût, ne régissait quoi que ce fût. Il attendait donc, brûlant de désir, la décharge de douleur qui le submergerait.

Mais il prenait son temps, sadique, il le laissait s’incendier un peu plus encore… Il baladait ses mains le long de son corps sans s’attarder sur les zones qui demandaient d’ordinaire une attention toute particulière. Et puis… Samael comprit, en l’entendant. Il se maudit d’avoir été à ce point aveuglé par son appétit sexuel.

Il se raidit et essaya de se redresser, sans succès. Le vampire le surpassait mille fois, et ne semblait pas décidé à le laisser tranquille.

Ce qui contrariait fortement Samael, qui se sentait terriblement floué. Avec cette histoire de baguette, la donne avait changé ; s’il était enclin, quelques secondes auparavant, à servir de dîner à Atalan, il était à présent tout à fait réticent. Il devait récupérer son arme et sortir d’ici au plus vite.

Il plongea deux yeux noirs de colère dans ceux du vampire, et, un rictus aux lèvres, il murmura :

- Que crois-tu ? Tu es peut-être immortel, mais tu ne possèdes aucune once de magie en toi. Ce n’est pas mon cas. Avec ou sans baguette, je suis plus fort que toi. Joue-toi de moi et tu maudiras ta mort incomplète.

La donne avait changé. Tout désir s’était évaporé. A part celui de se défaire de l’emprise de l’ignoble créature qui le tenait en joue. Néanmoins il regretta très vite d’avoir menacé Atålan. De toute évidence, il n’était pas né de la dernière pluie. Et si Samael était assez puissant pour performer des sorts sans sa baguette, ils étaient loin d’être assez puissants pour écarter le vampire.

Alors, son visage se radoucit soudain.

- Ne rends pas les choses difficiles, vampire… Je pourrais te donner du bon temps, et qui sait, te renseigner moi-même…

La main de Samael glissa lentement sur le torse du vampire, pour aller gentiment se loger entre ses cuisses, alors que ses lèvres, tâtonnantes, venaient quérir dans son cou quelque saveur immortelle.

Une fois ne fait pas putain.
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MessageSujet: Re: Blasted & Torn   Jeu 16 Déc 2010 - 16:44

Je vous passe l’hilarité que sa menace avait provoquée. Sorcier ou non, le vagabond n’en était pas moins aussi fragile qu’une poupée de porcelaine. Sa vie ne tenait qu’à un fil, la mienne était un roc posé sur ce fil. Aucun sortilège ne pouvait réellement m’atteindre. Avada Kedavra en tête. Quant à finir haché menu ? Je repousserais. La tête pleine de chauves-souris ou le corps en lévitation ? Ca n’aurait pas été la fin du monde. Quel sortilège pouvait me mettre au supplice ? Aucun. Or, si ce n’était de disparaitre pour toujours, je n’avais peur de rien.

Je le voyais très mal utiliser la magie dans un lieu bondé de vampires qui auraient eu moins de scrupule que moi à le saigner sans commisération. J’étais à la fois son geôlier et son protecteur.

Il trouva, sans magie, le moyen d’intriguer mon attention sans que je me moque de lui : il aurait pu me renseigner, dit-il. A cet instant, j’avais éludé le « bon temps », ne voyant pas où il voulait en venir.
En y repensant, il était vrai que le charmant était présent dans le bar depuis plus longtemps que moi. Peut-être avait-il vu passer Yuri et ses amis. Peut-être les avait-il vus ressortir. Ma réflexion n’arriva pas à bout parce qu’une des mains du sorcier vint s’immiscer sur les parties les plus sensibles de mon anatomie. Je compris ce qu’il entendait par « bon temps ».

Je baisse les yeux sur le sorcier. Interrogatif. Celui-là n’a pas froid aux yeux et il me laisse abasourdi autant que perplexe. Il a définitivement envie de mourir. Se peut-il qu’il pense que le sexe puisse être son sauf conduit vers la vie ? Il n’est pas sorcier, il est putain. Une fois ou où mille, la morale ne tient pas compte du nombre mais de la qualité des initiatives.

S’il était dans ce bar, c’était, pareillement que les autres, pour vendre son sang. Voire plus. C’est ce que j’imagine. Il démontre de tant de flegme que j’imagine aussi que ce n’est pas la première fois. Il m’a pourtant signifié que l’argent ne l’intéressait pas. Certes, il aurait pu me mentir. Enjoliver les apparences pour rendre le contexte moins glauque. Merde. Je tourne en rond. Je ne le comprends pas. Que veut-il ? Qu’est-ce qui intéresse ce type à part, dans l’immédiat, les conséquences engendrées par la folie d’avoir posé sa main sur moi - et encore, le geste ressemble plus à une tentative désespérée de corruption pour s’échapper qu’à toute autre chose.

Serais-je un fou et un inconstant si j’interrompais ma quête le temps d’accéder à son désir ? Est-ce que son désir attise le mien ?

Oui.

Je suis l’homme dans toute sa splendeur. Mettez le libertinage sur mon chemin et je ferai des détours effarants pour rassasier mes penchants avant de retourner en guerre. Au risque qu’on me coupe la tête ce faisant. Le vit n’a pas d’œil. Donnez-moi un objectif pour lequel me battre, si la récompense est payée en cabrioles lascives, elle me dédommagera toujours mieux qu’une médaille. J’ai très honte de ma faiblesse. Si, je vous jure.

Relevons le défi et la tête du jeune homme. Je lui laisse l’espace réclamé pour que sa caresse aboutisse à un soupir. J’enferme sa bouche entre mes lèvres, sa langue autour de la mienne, ma main libre sur son épaule et sur son flanc que j’effeuille du vêtement qu’il porte. Et plus sa main travaille, et plus mon désir croît, et plus mon corps fait fi de la gravité et de toutes ses lois. Je ne le laisse pas en reste et j’étudie avec zèle la chimie d’un corps rose, tendre et gorgé de sang, plongé dans les méandres de mes séracs. Car dans chaque loi de la chimie, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Aucun baiser ne tombe dans le vide. Mes atomes sont plus crochus que les siens. Ils rebondissent. Se renouvellent. Je les rattrape au vol avec une vivacité qui ne le laisse pas respirer. Je transforme l’air qui lui manque en apnées défigurées, lui fais boire à ma bouche le poison de mon désir, envenime chaque caresse pour les rendre plus voraces. Tout se transforme. Tout se transforme. Son corps contre le mien. Nos bustes égaux en fermeté. Nos bassins jumeaux qui n’ont aucun secret. La panique chaude et moelleuse de son ventre contre la froideur marmoréenne du mien.

Puis la tentation devient trop grande. Mes crocs, en tout point symétriques à l’élan de mon désir, sortent de leur cachette. Mes canines se mettent à table. Je mords à l’intérieur de sa bouche. Son sang se mélange au poison de ma salive. Je les bois à même la vasque charnue. C’est délicieux et je souffre qu’il soit sorcier car, à un moment, il va falloir m’arrêter sinon je le tue. Le baiser ensanglanté ankylosera sa bouche et ôtera toute souffrance et toute conscience au sorcier. Je ne veux pas l’enivrer. Je voudrais qu’il garde le contact avec lui-même. J’écarte donc mes lèvres et mes crocs, pourlèche le contour de sa bouche pour nettoyer les souillures vermillon et sucrées. Il a un sang magnifiquement sucré.

Je perds mon visage contre sa joue pour bénéficier de la douceur de sa peau et retarder la déclinaison de sa convoitise. J’attends l’engourdissement et de savoir ses pieds au bord du ravin pour me dégager du fouillis de sa chevelure brune. A son oreille, je murmure :

- Tu es horriblement imprudent, jeune sorcier. Et c’est atrocement plaisant.
Appelle-moi, Nate. Plus jamais "vampire".


Un temps. Je le libère lentement de mon poids, me redresse et m’assois en refermant les boutons de ma chemise. Ce faisant, je poursuis :

- Je cherche un homme qui s’appelle Yuri. Il était accompagné de deux amis qui devaient être dans un piètre état. Yuri est un grand blond aux yeux foncés. Aussi grand que toi. Il a une cicatrice très prononcée, creusant sa joue, du haut de la tempe au bas de son menton. L’as-tu vu entrer ? Ne me mens pas... que tu l’aies vu ou non, je te garde... au moins jusqu’à ce que je comprenne ce que tu es.
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