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 L'Uruk à Frange

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Isis Kitlee
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MessageSujet: L'Uruk à Frange   Sam 25 Sep - 17:54

Egon a toujours été le plus raisonnable. Depuis leur emménagement dans les sous-sols du château, aller à la Foire Annuelle des Sorciers du Chemin de Traverse, au début du mois, avait été une de ses rares sorties. D’ailleurs, la seule qui n’avait rien à voir avec des missions pour la Résistance. Sortie décidée par Isis, qui avait envie de revivre leur premier rendez-vous pour leurs années ensemble. En tout cas, la partie la plus agréable qui se résumait à une table au restaurant Le Ciel, un verre d’hydromel, des regards qui en disent long et finir enlacés avant d’avoir atteint le lit.
Malgré tout, Egon évitait les sortit car « on [ndlr : Isis et Egon] est des aimants à problèmes, alors ne tentons pas le diable ». Alors le lion raisonnable restait sagement dans sa cage. Et pour éviter de tourner en rond, s’épuisait inlassablement dans des duels de sorciers, dans des mises au point de stratégie et des missions pour la Résistance.

Rester discret et ne pas tenter le diable.

Leitmotiv qu’Isis ne respecter pas des masses. Être raisonnable n’a jamais fait partit de son vocabulaire. Elle ne pouvait se résoudre à arrêter ses sorties. Rester calfeutrer au château la rendait folle. Elle avait essayé. Garder son fils, s’était révéler une expérience traumatisante pour tous les deux. Alors, très rapidement, elle s’était orientée vers ses talents d’apothicaire. Malgré tout, quand le stock des potions pour la Résistance était plein à craquer, il lui fallut trouver un nouveau passe temps. Elle avait bien essayé d’aider Emmett, mais ses talents de traductrices étaient quasi nul sans compter que l’amour qu’elle portait pour la Prophétie n’aidait pas. Alors, elle passait plutôt son temps à ralentir le Passeur qu’autre chose. D’ailleurs, il n’était pas rare qu’il reste travailler chez la Kalista.
De ce fait, Isis sortait. Aller voir ses amis était à ses yeux la seule chose qui calmait ses nerfs. Son exutoire. Et cela même si elle était un aimant à problème.



Le vent automnal soulevait les premières feuilles mortes dans l’allée sombre. L’iccam remonta son col pour lutter contre le froid. Il était plus de 23 heures et avait promis de revenir avant 23 heures. Son repas s’était éterniser, elle allait recevoir un sacré savon. Vu que l’excuse, désolée, avec les copines de promos on n’arrivait pas à se décider qui avait le plus appétissant postérieur dans les mecs de notre promos, et puis fallait bien qu’on finisse la bouteille d’hydromel, ne fonctionnerait surement pas.

Arrivé aux portes de Poudlard, Isis bifurqua vers la forêt interdite. Egon lui avait montré une entrée secrète vers les sous-sols que les vampires utilisaient pour venir à leur guise. Ils étaient pratiquement les seuls à arpenter ce passage, ne craignant pas les créatures magiques de la forêt. Alors pourquoi Isis se dirigeait vers ce lieu ? La raison principale, était qu’à cette heure ci, Poudlard était infesté d’étudiant qui allaient et venaient, en particulier des recrues de la Résistance. Et Isis n’avait aucunement envie d’être balancer, elle avait toujours l’espoir d’amadouer Egon pour le mettre se son côté et de promettre à grand renfort de baiser que ça n’arriverait plus. Se sauver par la chair. Pas très glorieux, mais cela restait une alternative tout à fait agréable.
La seconde, plus importante à ses yeux, était qu’elle aimait marcher seule. Les mains dans les poches, les branchages qui craquaient sous ses pieds, les feuilles tourbillonnantes et le vent lui faisaient beaucoup de bien. La solitude, elle et ses pensées, dans un endroit à ciel ouvert sans que dans les cinq minutes quelqu’un pointe le bout de son nez pour savoir ce qu’elle faisait. Le bonheur.

Elle avait autant besoin de passer du temps avec ses amies autant que d’être seule. Et depuis 2 mois, ces moments étaient des denrées rares.

C’est sur cette pensée, qu’elle entendit un craquement inhabituelle. Trop bruyant pour qu’ils proviennent de ses pas, trop feutrer pour que cela soit un des sombral qui venait la voir de temps à autre. Inquiète elle fit un tour sur elle-même, essayant de trouver le responsable du bruit au travers les feuillages. La boule de feu qui lui servait de lampe fit des cercles de plus en plus large autour du la sorcière, puis revient à sa place. Rien. Isis esquissa un sourire crispée et reprit sa marche.

Ses pouvoirs réveillés, elle usait de nouveau de sa magie, ce qui lui faisait un bien fou. Sa baguette lui manquait mais les quelques sorts basiques qu’elle utilisait quotidiennement donnait des résultats étonnant qu’elle chérissait. Toutefois, elle se limitait à ses sortilèges passifs. Depuis son périple en Indonésie, Isis refusait de s’entrainer sur des sortilèges d’attaques, elle appréhendait les résultats. Le seul hic, est qu’il fallait pas mal de concentration pour utiliser sa magie. Elle manquait encore de pratique.

Elle bifurqua à droite, pressant le pas. Maintenant qu’elle était bien enfoncé dans ce labyrinthe verdoyant, elle trouva que l’entrée secrète n’était peut être pas la meilleure de ses idées. Sentiment qui se renforça quand elle dut contourner un chêne immense qui bloquait le sentier. L’impression que quelque chose tournait autour d’elle ne la lâchait pas. Elle se rassurait tant bien que mal en se disant qu’elle a toujours eu une imagination débordante.

Contourner l’arbre avait été plutôt délicat, talons et sol boueux n’ont jamais fait bon ménage. Ajouter à ça des réflexes diminuer par l’absorption d’hydromel et vous avez une Isis sur les fesses.


- Et merde

A peine le temps de se relever et se dépoussiérer que deux masses menaçantes se ruèrent sur elle. Prise de panique, elle arriva à arrêter l’un des monstres qui se mit à geindre mais n’échappa pas au deuxième. Emprisonner sous l’Uruk à Frange qui la menacé de ses crocs acérés, Isis essaya tant bien que mal d’utiliser sa magie mais la peur bloquait ses capacités. Terrifié elle essaya sans succès de sortir de l’étau de l’animal ce qui n’était en rien aisés. Elle espéra juste que ses hurlements alerteraient les sombrals. Ils étaient déjà venus à son aide dans le passer et là, elle ne voyait pas qui d’autre pourrait la sortir de cette situation.


Dernière édition par Isis Kitlee le Sam 25 Sep - 22:09, édité 3 fois
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Sam 25 Sep - 19:56

En l’absence de sombral, pourquoi ne pas bénéficier de l’aide d’un vampire ? Ces temps-ci, il y avait toujours un vampire qui traînait quelque part...

« A la nouvelle lune, mon cœur s’est brisé. Liam l’a ramassé sans parler. Il se sentait fautif. Peut-être parce que ce n’était pas la première fois que la tournure que prenait ma vie dépendait d’un de ses actes. Devais-je dire, d’une de ses erreurs ? Non... Il serait injuste de lui imputer celle-ci. En fait, je ne sais pas. C’est compliqué. Et même si je devais lui en vouloir, auquel des Liam devrais-je mettre un coup de savate ? Celui du présent ou celui du futur ? Les deux ? J’aimerais lui en vouloir mais j’ai pris l’habitude d’encaisser les bassesses de la vie sans me rebeller contre la destinée. Ce n’est pas faiblesse mais stoïcisme. A part me soulager en lui brisant trois côtes, quelle consolation pourrais-je tirer de la violence ? Aucune. Pourtant, Dieu seul sait combien j’ai besoin de me défouler.

Au premier quartier de lune, mon cœur s’est enivré. Japhet l’a recollé. Japhet et l’alcool. Je n’avais jamais bu avant ce soir-là. En quelques deux cent cinquante années - ou plus, je ne compte plus le temps qu’en décennies - d’errances dans toutes les dimensions temporelles les plus invraisemblables, je n’ai jamais bu un verre d’alcool fort. La bièraubeurre de mes 17 ans ne compte pas. J’avais besoin de solder mes douleurs dans l’éthanol plutôt que dans le meurtre. J’étais très moche. J’étais très mal. D’autant plus que l’alcool n’a pour moi pas le goût attendu. Il coulait dans ma gorge, brûlant, une odeur et un goût répugnant comme si j’avais ingurgité un verre de mercurochrome. L’ivresse a duré la moitié d’une nuit. L’ivresse ne tient pas dans mon corps.

C’est aussi ce soir-là que j’ai résilié les derniers fragments de pureté que j’hébergeais en moi. Impur est devenu mon désir. Impur et commun. Je partageais pour la première fois de ma vie le désir de tous. Le besoin de chair. En masse. Impudique et étanche au respect.

J’ai découvert les ruelles sombres où des femmes marchandent leur corps pour quelques livres. J’ai découvert le sexe dénué de partage. J’ai découvert les gestes qui attirent les moins prudes et la complaisance qu’on ressent lorsque ces jeux de séduction fonctionnent. J’ai découvert d’autres soupirs, d’autres corps, d’autres façons de s’oublier. Elles n’étaient pas toutes des prostituées. Seule la première l’a été. Elle est d’ailleurs la seule que je n’ai pas mordue.

Pour les autres, je les méprisais autant qu’elles m’adoraient. Et je n’aimais pas qu’on me désire. Je supportais toujours aussi peu qu’on me touche. Je ne me permettais ces écarts que pour poser mes lèvres sur un corps à siphonner. Le mélange de l’écœurement et de la nécessité de me nourrir a toujours rendu mes « repas » détestables. Mais ces filles n’étaient ni complètement des proies, ni complètement des corps. Elles étaient ma potion d’oubli.
En les abordant, je restais distant et enclos dans un beffroi de silence. Je les regardais de haut et avec dégoût. Elles appelaient ça du mystère. Ce n’était que de l’inappétence. Plus je me détournais, plus elles cherchaient la concomitance. Je les laissais m’avoir pour jouer leur jeu le temps d’accéder au seul plaisir qui me reste : le sang.

La perdition a duré neuf jours. Puis j’ai rencontré Sarah Leigh. Une Vélane qui m’a posé bien des soucis. Sur le sein de Sarah Leigh, j’ai décidé d’arrêter ce gâchis qui ne me faisait rien oublier de ce que j’avais perdu. De celle que j’avais perdue. Parce que Sarah Leigh était une sorcière et que j’avais bien trop peur, en réalité, de me laisser aller à aimer quelqu’un d’autre.

Je suis retourné au Clocher ce matin. Poussière et araignées. J’ai délogé les habitants indésirables en me faisant croire que je resterai ici pour toujours parce que c’était ma place. Japhet et Liam sont venus me rendre visite. Ils m’ont aidé à nettoyer la vieille chapelle. Je les ai raccompagnés à travers la forêt.

A la pleine lune, moi, j’étais vide.

Liam m’a dit que quelque chose avait changé en moi.
Japhet n’a rien dit. Mais elle écoutait attentivement.

- Je n’ai pas changé, ai-je dit.
D’ailleurs, je ne change plus depuis des lustres.
- Tu es sombre, Seth, a-t-il insisté. Tu dois l’oublier.
- Je l’ai oublié.

Je ne savais pas si c’était vrai ou non. Ils ont eu l’air de me croire.

- Il a raison, a renchéri Jah avec son air conspirateur, qu’est-ce que tu as fait ?

Je n’ai pas répondu. Liam l’a fait pour moi :

- Tu as forniqué !

Le professionnel de la phéromone avait prononcé son verdict. Le membre du jury – Jahphet – avait applaudi :

- Oui ! C’est ça !

Nous arrivions près de Poudlard. Je n’avais aucune envie d’y aller. Je les ai laissé rentrer sans répondre à leur accusation fondée. J’aurais voulu me regarder dans un miroir pour estimer si ce genre de chose était réellement visible... ou peut-être était-ce tout bonnement impossible de cacher à un obsédé sa propre obsession. »



Jah et Liam avaient regagné Poudlard. Liam allait certainement squatter le café campus et Japhet la chambre qu'elle partageait avec ses copines.

Seth s’était profondément engagé dans la forêt pour rentrer au clocher quand un cri l’alerta. Il bouillonnait d’idées sombres et, comme la preuve par la chair n’avait rien donné pour satisfaire son besoin de se défouler, il était prêt à foncer dans toutes les situations qui se présenteraient pour se départir de son excédent d’énergie.

Il se déplaça au plus proche de l’endroit d’où avait retenti le cri en quelques secondes. Son défouloir se présenta sous la forme immonde et à la fois si attirante d’un Uruk à Frange. Seth était toujours aussi fondu de créatures magiques bien que la plupart d’entre elles le fuie comme la peste.

Une silhouette se mut dans les ténèbres de la forêt. Par l’odeur, Seth saisit tout de suite qu’il s’agissait d’une âme humaine. Il ne délibéra pas des heures, trop heureux de pouvoir jouer du poing, et empoigna à bras nu la créature qu’il chevaucha entre les arbres, serrant de plus en plus fort ses bras autour de son cou. Il ne voulait pas tuer cette créature qu’il tenait pour l’une des plus exceptionnelles qui peuplaient la forêt. Il serra jusqu’à l’asphyxie et l’Uruk tomba comme une masse sur son flanc. Seth descendit de son dos et alla coller son oreille contre son cœur pour vérifier qu’il battait toujours.

Le cœur battait faiblement. La bête tressaillit. Il s’empressa de s’écarter d’elle. Il l’observa un temps. Elle ne bougeait plus. Il vérifia les alentours et la saisit à bras le corps pour la déplacer plus loin que les abords du château avant de revenir auprès de la silhouette qui avait failli terminer en agapes pour créature à frange.

La surprise le secoua.

- Isis... Isis Kitlee, murmura-t-il en s’approchant d’elle, conservant une distance règlementaire. Tu...

Tu quoi ? Il avait reçu des lettres d’elle à Carlisle... c’était il y a plus de 80 ans. Aux yeux d’Isis, cela devait faire deux, peut-être trois ans. Lui avait-elle écrit encore ? Il n’était pas repassé chez ses parents depuis l’incident avec les Liam et avec Eden.
Alors « tu » quoi ?

- Tu vas bien ?

C’était un début.

Il s’accroupie à ses pieds, sentit au passage quelques effluves d’hydromel, fut trop préoccupé par celle qu’on lui avait un jour assigné de surveiller pour prendre le temps de sourire. Il regarda ses jambes, se releva, scruta ses bras... il n’avait pas senti l’odeur de l’hémoglobine. A priori, tout allait bien. Mais pourquoi n’avait-elle pas de baguette ?

- Ta baguette ?




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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Dim 26 Sep - 12:58

Isis fut sauvée des griffes de l'Uruk par un miracle. Elle avait bien tenté de faire le poids contre la créature mais ses tentatives échouèrent les une après les autres. C'est au moment où elle réussit à faire venir à elle une grosse branche pour l'envoyer dans la tête du monstre qu'on la délivra.

La main toujours crispée sur son arme de fortune, le reste de son corps commençait doucement à se détendre au fur et à mesure que la créature magique s’éloignait. Les battements de son cœur se firent moins rapides, sa respiration plus douce, même ses tremblements stoppèrent. Encore sous le choque, elle se releva difficilement, déglutie avec difficulté avant de relever la tête pour voir si il le danger avait réellement disparu ou la bête s’amusait juste à jouer avec ses nerfs.

Avec aplomb, elle s’examina rapidement, pour voir si elle était blessée. Des égratignures sur les mains, un manteau déchiqueté, et pour le reste, à part de la boue et un mélange de bave rien à déclarer. Elle allait lâcher son arme de fortune pour vérifier la tête, quand un bruissement de feuille l’alerta. Elle brandit mollement le morceau de bois qui finit sa course sur le sol sans avoir servit, la jeune femme ne pouvant pas le tenir. Finalement, elle s’était peut être cassé un truc
.

- Isis… Isis Kitlee.


Elle le regarda avec des yeux ronds. Seth Cullen. Quand la bestiole s’était écartée, elle avait bien cru apercevoir une silhouette humaine. Elle avait pensées que Solace ou Amys devait trainée dans le coin ou que son imagination avait pris le dessus. Mais jamais au grand jamais elle avait imaginé voir Seth, même pas essoufflé, mais à priori inquiet, débarquer à cet instant précis.

Avec tout le respect et la distance qu’elle lui connaissait, il l’examina attentivement avant de reprendre sa place. Il avait la même attitude, le même regard impénétrable, cette même froideur dans les traits, le même visage. C’était la même personne qu’il lui avait apporté un petit déjeuner dans le parc de château après une crise. Ca remontait à 3 ans. Et il n’avait pas changé. Pas d’un pouce. Le même jeune homme introverti de 17 ans.

Isis se releva doucement, chancela quelque peu, mais tient bon. Elle se massa le bras endolori, la douleur s’atténuait, une bonne chose. Cela sans cesser d’épier à la dérober son sauveur. A force de côtoyé des vampires, elle savait plus ou moins les reconnaitre. Elle ferma les yeux, elle en était sure, le bras qu’elle avait cru voir empoigné l’Uruk à frange portait exactement la même chemise. Ce n’était pas une coïncidence.


- Ta baguette ?

Bien sur elle n’avait encore rien dit. Elle le fixait avec effarement. Quel évènement dans ses trois dernières années l’avait rendu comme ça ? Qui lui a fait ça ? Elle ne pouvait pas imaginer que son ami à ne pas toucher est put avoir un avenir si atroce. Elle se revoyait à l’infirmerie, discutant pendant une partie de carte. « Sans toi, j’aurais commis l’irréparable ce jour-là.» prenait maintenant tout son sens. Sa transformation… au combat blanc il était déjà un… dans ce placard à balai, il était… il a toujours été…


-Tu es…

Non. S’était forcement de la fabulation. Il ne pouvait, elle était encore en état de choc. Seth Cullen était un de ses amis, même si il n’avait pas répondu à ses dernières lettres, ça ne voulait rien dire, il a toujours été distant. Elle le prenait tel quel. Ca ne l’avait jamais inquiété. Il ne pouvait pas être... Pas le Seth qu’elle connaissait. Il ne ferait pas de mal à une mouche.

- Je n’en ai plus… plus besoin.

Elle se concentra, ferma le poing et le rouvrit doucement. De sa paume s’échappa une boule de feu qui éclaira les alentours. Isis fixa son sortilège, mal à l’aise, encore secouée.


- Merci… Ca fait… quoi… la deuxième fois que tu me sauves la vie Roi Cullen.


Elle avait beau sourire, et jouer le ton de l’humour, rien de drôle de venait d’elle. S’accrocher à un surnom d’ado ridicule ne l’aiderait pas. Elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, elle ne pouvait renier ce qu’elle voyait. Ce qu’Amys lui avait appris sur sa race.
Seth était un vampire.

Pourtant, Isis faisait tout pour ne pas l’admettre.

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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Mer 29 Sep - 20:38

- Deux fois...? Peut-être plus à vrai dire. Tu faisais beaucoup le mur pour rejoindre Jonathan à l'époque... laissa-t-il en suspend.

Il n’avait pas eu besoin d’être fin psychologue pour remarquer qu’Isis avait subitement changé d’aura. Il aurait aimé mettre avec insouciance cela sur le compte du choc émotionnel de ce qui venait de se passer mais les années lui avaient appris qu’il n’était jamais bon de voir chez les autres ce qui nous arrangeait de voir. Au mieux, cela repoussait l’échéance de la franche discussion à plus tard. Au pire, on laissait le non-dit se propager comme un poison qui tendrait tôt ou tard à paralyser la relation qu’on entretenait. Il choisit la version « instant de vérité ».

Il l’avait senti fuyante tout à coup. Elle s’appliquait à avoir l’air normal mais c’était comme si sa voix et son regard étaient tombés dans leurs talons.

Seth recula et finit par tourner complètement le dos à Isis. Il écarta légèrement ses bras du long de son corps puis il lui fit de nouveau face. Il avait choisi un emplacement où un rai de lune était parvenu à percer la trouée de feuillages sombres.

Il avait ce visage immobile que rien n’affectait. Ni la crainte de la décevoir, ni celle de l’effrayer comme il devait être effrayant pour de nombreuses personnes de se trouver en face d’un être qui n’était ni vivant, ni mort... et, surtout, qui avait très mauvaise réputation de part son mode de nutrition. Mais vampire, ce n'était pas tout.

Ainsi, les bras écartés et les yeux fixés à elle, il attendit que la lune pleine fasse son œuvre. Il retira sa chemise, lentement, comme s’il s’agissait d’une punition et qu’il se conduisait sciemment à l’échafaud.

Alors, le faisceau lunaire intensifia la blancheur de sa peau. Son visage fin et lisse à la mâchoire allongée se durcit. Un duvet de poils blonds commença à pousser. Puis le duvet s’étendit à ses tempes, ses joues, ses bras, jusqu’à devenir une véritable fourrure. Son dos se courba, pliant sous l’autorité d’un bassin et d’épaules robustes et carrées qui s’élargissaient et s’allongèrent. Sa corpulence doubla de volume, ses ongles se transformèrent en griffes, ses dents étonnamment blanches en crocs aussi acérés que ceux des Uruk. Il était sur quatre membres. Son pantalon s’était déchiré sous la musculature massive du loup qu’il était devenu. La seule chose qui n’avait pas changé était la couleur vert d’eau de son regard.

Il s’approcha très lentement d’Isis pour ne pas l’effrayer. Il dirigea son large museau vers la paume intérieure de sa main et la licha. Puis, il se redressa pour fondre ses yeux clairs dans ceux de son ancienne camarade. Même sur quatre membres, il arrivait presque à sa hauteur.

Il aimait être loup. A l’intérieur de son corps tout devenait chaud. Et surtout, son cœur pulsait.

Il la contourna en prenant bien soin de ne commettre aucun mouvement brusque. Une fois derrière elle, il licha encore une fois son cou pour la chatouilla et profita de la distraction pour l’attraper par le col et la tirer vers l’arrière. Il lui indiquait qu’il voulait qu’elle l’accompagne. Il se positionna couché pour lui permettre de monter sur son dos et, quand elle fut installée, il se mit à avancer au trop, puis un peu plus vite, et encore plus vite, jusqu’au galop. Il ne fit pas d’excès de vitesse mais il voulait qu’ils s’éloignent de la bordure de la forêt. Ils traversèrent la nuit et atteignirent bientôt le Clocher. Il la fit descendre de son dos et alla sur le pas de la porte qu'il poussa de ses deux grosses pattes de devant.

Il entra et en ressortit presque aussitôt sur ses deux pieds, avec sa peau pâle et son sourire d'albâtre edit: ET SON PANTALON Very Happy. Il terminait d'enfiler une chemise :

- Excuse-moi pour le kidnapping. Je te raccompagne dès que tu veux. J’avais pensé à la chemise, sourit-il mollement, mais pas au pantalon.

Cela était sa façon d’expliquer à Isis, sans drame, sans grandes phrases, ce qu’il était devenu. Elle aussi avait des choses à lui raconter... elle pouvait faire de la magie sans sa baguette. Alors, elle aussi, qu’était-elle devenue ?

Seth désigna le Clocher de la chapelle en souriant à son invitée :

- C’est ma maison... si le coup du loup-garou ne t’a pas dégoûtée, je t’invite à boire quelque chose de chaud. Je crois que Japhet a laissé du thé quelque part.

Il réfléchit et fit une petite grimace amusée :

- Mmm, tu avais plutôt l’air d’en être au mojito... mais, pour une raison que seuls Dieu et Liam doivent connaître, mon frère a acheté du saké et de l’alcool de violette. Je ne peux pas en boire... m-m-mais, rassure-toi, j'ai, heu, déjà mangé. Enfin, je veux dire, tu... enfin, tu ne crains rien. De toute manière, même affamé, tu n'aurais rien craint. Promis.

Silence malhabile.

- C’est une invitation, Isis.

Et il aurait aimé qu'elle l'accepte.




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Dernière édition par Seth Cullen le Ven 8 Oct - 21:01, édité 1 fois
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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Sam 2 Oct - 17:16

Elle regarda silencieusement la porte ouverte, mettant fin à sa lutte intérieur. Après un temps, qui dut rendre son hôte encore plus mal à l’aise, elle s’avança doucement vers l’entrée. Arriver à l’auteur de Seth, elle leva le bras pour le toucher, lui signifier que leur amitié était le plus important à ses yeux et que la révélation importait peu, avant de laisser retomber. Il semblait appréhendait toujours les contacts humains. Alors, elle freina sa spontanéité, et lui sourit. Sincèrement. Sa peur avait laissé sa place.

- Du thé. Ca sera parfait… mais je note pour la liqueur de violette. Je serais contente de t’en débarrasser dans le futur.


Elle finit par entrée dans le clocher. L’intérieur simple et rustique faisait ressortir la chaleur de lieux. On se serait cru dans un bric à brac où se mélangeaient les époques et les styles. Si la douceur du lieu contrastait avec la froideur du maitre des lieux, son caractère maniaque était de loin contredit par les tous de livres qui poussaient un peu partout.

Isis ôta son manteau déchiqueté et le laissa dans un coin.


- Je peux me débarbouiller quelque part ? J’ai pas envie de tout dégeulasser.

Si Seth était vêtu d’une simple chemise immaculée, c’est bien elle qui déparié dans cette maisonnée. Couverte de boue séchée, elle s’orienta dans la direction que son ami lui indiqua. La salle de bain quoi que petite était très représentative de la pièce principale. Amusée, elle ôta du bout des doigts le livre qui trônait dans le lavabo pour ne pas l’abimer et le posa délicatement sur le haut de la pile la plus proche. Elle tourna lentement le robinet, se crispa au bruit de la vieille tuyauterie, et regarda l’eau sortir par giclée. Quand le flot fut continu, Isis commença à se nettoyer.

La transformation en loup l’avait profondément choquée. Elle remettait en question toutes ses suppositions, sans rien changeait à l’horreur de la découverte.


Valait-il mieux être un loup-garou ou un vampire ?
Vaste question dont la seule réponse valable aux yeux de la jeune femme était ni l’un ni l’autre. Depuis sa rencontre avec l’amant lycan de Mallhou – d’ailleurs, le seul qui eut grâce aux yeux d’Isis - elle n’avait jamais changé d’avis. Devenir l’une de ses créatures restait, à son avis le pire châtiment que l’on puisse infliger à un être humain. Faire de sa vie une lutte interminable entre sa nature bestiale qui dévorait tout sur son passage et sa conscience. Trouver un équilibre pour ne pas devenir un monstre. Alors que le reste du monde vous considère comme tel si malheureusement, vous êtes infecté.


Alors, qu’est ce que ca changeait que Seth soit l’un ou l’autre ? Les deux.
Il avait toujours son regard droit, son sourire indéchiffrable, son syndrome du sauveur et sa froideur. Il gardait toujours ses distances. Montrer plus ses failles… y lui sembla qu’il avait craint qu’elle n’accède pas à sa requête.


Elle releva la tête et passa la main sur le miroir pour retirer la buée. Son reflet semblait las, abattu. Triste. Elle ferma le robinet.

Rien. Ca ne changeait rien.



- C’est très joli chez toi, Seth. On s’y sent bien. L’idée du livre dans le lavabo est très intéressante. Insolite,s’amusa-t-elle, quand elle entra dans la pièce principale, je te la piquerai bien.

Il devait surement tué pour survivre.
Elle avait tué par vengeance.


ISis s’était approchée de l’espace cuisine pour l’aider à préparer le thé. Silencieusement. Elle aurait préféré des retrouvailles plus conventionnelles. Mais, aucun des deux n’étaient conventionnelles.


Ca ne faisait pas de différence.
Deux sorciers devenus… autres choses.



- Ca peut boire du thé un loup-garou ? Un vampire. Un hybride des deux… dis moi que tu es un hybride des deux. Je ne sentirais moins anormale. Ca compenserais que je fasse de la magie sans baguette… parce qu’entre nous, sérieusement, je suis sur que ca choque plus les gens de voir de la magie sans baguette que de voir un loup-garou ou un vampire. C’est trop banale…

Dédramatiser. L’effet surprise était passé. Elle avait passé ce cap. Elle avait évacué ses inquiétudes.

Elle lui gratifia un sourire moqueur. Attendant un pique de la part de son ami.


- N'empêche, tu es plus tactile en bêbête à poil. Ca fait bizarre comme sensation. Na pas te voir déglutir, à deux doigt de te foutre en l'air parce que tu as réussit a atteindre ton but, réussir à toucher quelqu'un. J'suis super contente pour toi.

Vraiment rien de conventionnelle.
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Seth Cullen
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Sam 2 Oct - 18:19

« Les autres me dégoûtent. Qu’on me touche me demande un effort particulier pour ne pas en être malade. C’est biologique. Avec le temps, tout ça est peut-être devenu plus une habitude qu’un réel écœurement. Car, plus que tout autre sensation, j’exècre qu’une femme me touche. J’ai détesté tous les aspects de la dépravation de ces neuf derniers jours bien qu’à l’instant où j’accomplissais toutes ces licences, j’en ressentait le besoin.

Je dois décider qu'on peut me toucher.

Il est vrai que sous ma forme lycanthrope, ça ne me fait rien. Je n’y pense pas. Je ne suis plus un homme, je ne suis qu’un loup. Je mange, je vis, je dors comme un animal. Je ne suis qu’instinct et je ne suis que nature. La nature ne méprise rien. La nature ne pense pas. Elle se défend quand on l’attaque, elle s’obstine à étendre son empire, elle survie sans se poser de question. Elle n’a pas de conscience et elle est tranquille.

Quand je suis loup, je n’ai aucune barrière. Je ne ressens pas les choses de la même façon. Le simple fait de marcher sur quatre pattes change toute la vision qu’on a du monde.

Je ne m’étais jamais posé la question jusqu’à présent. Isis a raison. Pourquoi me serait-il plus délicat de toucher une prostituée qu’une amie ? Je suis plus tactile lorsque je ne suis pas dans ma forme humaine. Pourquoi n’ai-je jamais cherché à transférer la sérénité que j’éprouve alors ? Me suis-je bloqué psychologiquement ? Me suis-je imposé sans le savoir des paramètres d’humanité ou de bestialité quand je passe d’une forme à l’autre ? Me plais-je à oublier ces lois quand je ne suis qu’un pion de la faune fantastique ? »



Seth fut saisi par la remarque. Il se tourna vers Isis et interrompit les gestes qu’elle avait en cours en posant sa main sur son avant bras. Il regarda sa main froide sur la sienne. Il ne parvenait pas à décrire ce que ça lui faisait. Jusqu’ici, il n’avait pas touché Isis en souvenir de ce que ça lui avait fait la première fois qu’il avait dû la prendre dans ses bras pour traverser tout Poudlard lors du Combat Blanc.

« Et maintenant ? Qu’est-ce que ça me fait ? »

Sans jugement pour son geste et sans considération pour ce qu’il aurait pu paraître cavalier, il fit glisser la paume de sa main le long du bras d’Isis et remonta jusqu’à son épaule. Sur le chemin de sa main, il eut le temps de remarquer que son vêtement était quasiment haillon. A la fin de son exploration, il lui donnerait une chemise ou un pull. Pour l’instant, il était bien trop étonné par ce qu’il était en train de faire.

Son visage était sérieux et absorbé par sa main pâle sur l’épaule enguenillée. Il releva son visage vers Isis et rompit le contact physique :

- Je ne bois pas de thé, répondit finalement d’une voix sans poids. Je ne mange rien qui soit cuit. Mon cœur bat quand je suis un loup et il cesse quand je suis un vampire. Mon corps est chaud quand mon cœur bat et il redevient d’une froideur macabre quand il cesse. Je ne suis pas assujetti aux biorythmes humains bien que je puisse vomir, pleurer, transpirer... avoir un orgasme. Il y a d’autres choses...

Il prit la main égratignée d’Isis et laissa sa phrase en suspend. Peut-être que le Saké pourrait servir de désinfectant. Il n’aurait eu qu’à lever son bras pour saisir, au-dessus de lui, la bouteille posée sur une étagère de cuisine désespérément vide. Vide de nourriture. Juste à côté trois bandes dessinées moldues. Rien d’autres. Où était la bouteille d’alcool de violette ?

Mais il n’avait pas besoin d’alcool pour la désinfecter quand un peu de sang pouvait la soigner. Il passa son index sous le plan de travail en bois et ne mit pas plus de quelques secondes pour y trouver une épaisse écharde.

- Je ne devrais pas appréhender de te toucher.

Il appuya son doigt sur l’écharde jusqu’à la sentir dans sa chair. D’un mouvement sec, il retira son index. Il saignait. Il apporta son doigt au-dessus de la paume d’Isis qu’il n’avait pas lâchée et l’enduit de son sang. Il le passa sur toutes les lignes de sa main, sentant des remous dans son ventre mais il ne vomissait guère plus aussi facilement depuis qu’il était un vampire.

- C'est juste... bizarre. Plus agréable que...


La fin de la phrase aurait été trop équivoque. Il s'abstint de la terminer.

Après un temps de ce drôle de rituel, les micro-plaies se refermèrent. Il sourit en allumant l’eau de la robinetterie pour y passer la main d’Isis afin de la nettoyer.

Il aurait aimé la croire en ce qui concernait la magie sans baguette et ce qu’on pouvait considérer de normal ou d’anormal. Il apprécia plus la tentative de relâchement que le trait d’humour. Pour s’éviter toute réaction au sujet de cette guérison paranormale, il rebondit à rebours sur ce qu’elle avait dit :

- Comment arrives-tu à faire de la magie sans baguette ?

La main était propre. Il l’invita à s’asseoir sur un coin de table qui n’était pas envahi par les livres. Il attendit qu’elle fût assise pour filer en vitesse vers sa chambre et en rapporter une chemise et un pull. Blancs tous les deux.

- Prends ce que tu préfères, dit-il en s’asseyant à son tour.

Et de revenir sur la question qu’il venait de poser :

- Raconte-moi ce qui t’es arrivée.




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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Mer 6 Oct - 13:56

Pendant toute l’expérience, Isis ne dit mot, sans pour être insensible. Le geste qu’il avait entreprit la fit sursauter. Elle frissonna par la température surnaturelle de la main qui la guérissait. Mais plus que tout, elle ne put s’empêcher de pouffer très légèrement quand il lui dit que s’était « plus agréable que… ».
Etonnant, pas dans le fait qu’il laisse en suspend sa phrase, dans le fait qu’il l’ait débuté. Dans ses souvenirs, elle ne revoyait aucun moment où Seth avait exprimé un sentiment tel quel. Elle l’avait toujours vu comme un observateur qui, s’il ressentait quelque chose, ne partageait pas sauf avec un proche.

Elle écarquilla les yeux quand il la guérit. Mais là aussi, ne dis rien. Elle le regarda curieuse. Curieuse de le voir affronter un de ses démons. Curieuse de savoir ce qu’il pensait, ce qu’il ressentait. Curieuse de percer le mystère Seth Cullen.


La tasse précieusement tenu dans les mains, elle eut à peine le temps de souffler sur la fumée qu’il était déjà revenu. Elle regarda du coin de l’œil les deux vêtements posés sur la table avant de boire une gorgée. L’épaule droite de son chemisier était complètement déchirée, et le bas de ce même côté. Le reste, intact, se fut le manteau qui avait tout pris.


- Merci

Mais elle n’en prit aucun. Elle n’avait pas froid pour l’instant. Le thé lui suffisait. Et même à l’état d’haillon, elle n’était pas indécente.

- C’est une longue histoire, commença-t-elle, lasse d’avance.

Elle n’avait aucune envie d’approfondir le sujet. Elle n’a jamais envie d’approfondir ce sujet. Surtout avec des personnes extérieures aux remues ménage de sa vie. Pour les protéger, en partie, pour garder une partie de sa vie vide de toute prophétie, mais surtout depuis juillet, de ne pas donner de piste à toutes personnes susceptible de mettre les siens en danger. Même si elle avait confiance en eux.

- Je pourrais te sortir un gros baratin, mais je n’ai jamais été lâche… même si pas très courageuse.

Isis lapa une autre gorgée pour se donner un peu de courage et commencer un récit qu’elle redoutait d’avance. Elle joua avec sa tasse, la faisant tourner entre ses doigts pour se calmer.

- Tu te souviens, de cette soirée à l’infirmerie où je t’ai battu à plate couture à ce jeu de carte stupide sur des créatures magiques. Maintenant que j’y repense, ça a dut te faire bizarre… ca parait si loin, murmura-t-elle, j’ai… j’ai fait une crise. Tu m’avais porté jusqu’au parc. Je m’en souviens parce que ton geste m’avait surprise, et émue. Enfin, cette crise n’était pas quelque chose d’isolée. Depuis mes huit ans, depuis que mes pouvoirs sont éveillés, je les aie subis. Plus au moins violente, mais sans jamais de trêve. Après mes aspics, elles ont empirées, à tel point que je tombais dans un coma si profond que je paraissais morte. Je revenais à la vie quelques minutes après, et dans les dix minutes qui suivaient j’étais complètement rétablie.

Silencieuse, elle fixait son thé. Parce qu’Il l’avait cru trépassé qui avait passé ce foutu marché avec Ghlida… Isis n’avait jamais pardonné à sa sœur d’avoir fait ça.

- J’ai alors entrepris des recherches sur mes origines, reprit-elle, décrispant ses doigts sur la porcelaine, j’ai été adopté par des moldus. Je ne sais pas si tu savais. Enfin, ca n’a aucune importance, enfin si... mais, où j’en étais… donc, j’ai entrepris des recherches, qui pour faire court… en faite, non, je ne peux pas faire court… comment je vais t’expliquer ça sans t’embrouiller….

Elle posa la tasse. Les confidences ne sont pas son fort. N’ont jamais été son fort. Et, à priori, ne le seront jamais… Elle se tortura les mains, bougea nerveusement, remis sa tignasse encore mouillée en place, respira un bon coup…

- En fait, pendant ses crises, je voyais des choses, comme des espèces de vision, des trucs que je ne comprenais pas… mais il y avait toujours ce mot qui revenait, Galléa. J’ai donc orienté mes recherches comme ça. J’ai suivi tout un cheminement, grâce à l’aide de Bérénice, une de mes profs à l’époque, et je suis arrivé chez une vieille dame. L’une des plus loufoque qu’il m’ait été donné de voir. ‘Fin bref, elle connaissait mon mal et comment m’en guérir, enfin, pour être exact, elle possédait la clé de ça. Ma mère biologique, lui avait laissé des souvenirs qui me permirent de reconstituer à la fois l’histoire de ma naissance et celle de mon mal.

Rien à faire. Elle n’avait pas son flegme à la Cullen pour passer un capte sans le moindre signe d’agacement, de gêne, de « je veux être ailleurs ». Malgré tout, elle se promit d’aller au bout de son récit, même si il était brouillon. Elle lui devait bien ça, se montrer aussi courageuse que lui. Elle avait une dette envers lui, et sachant qu’elle ne pourrait jamais s’en acquitter, elle se devait de faire cet effort.

- Donc, par ses souvenirs, j’ai appris que mon père adoptif était mon véritable père et qu’il ma eu avec Marjane, ma mère biologique. Tout ça plus au moins orchestré par ma mère, qui, elle, ne pouvait pas avoir d’enfant. San oublier le fait que ma mère avait recueillit ma mère biologique et qu’au fil du temps, elles se considéraient comme des sœurs… et ce n’est pas intéressant comme infos, souffla-t-elle, la tête dans les mains.

Deux années étaient passées et l’information n’avait toujours pas été digérée. Elle n’abordait jamais le sujet avec quiconque. Les rares fois où on avait du aborder spécifiquement cette partie étaient un cauchemar. L’amour absolu de ce triangle amoureux ne remportait pas jamais la bataille contre la trahison qu’Isis ressentait.


- Donc, commença-t-elle, essayant vainement de faire taire les tremolos de sa voix, Marjane était, est une Galléa. Par ou commencer ce nouveau chapitre…Bon, à part si tu as vécu dans un cercueil depuis le combat blanc – je rigole, mais je ‘accorde, s’était pas drôle – Thiam Phucci est l’île légendaire ou naquit La Rose à L’ombre. C’est aussi l’île ou naquit les sycides, qui après avoir du fuir Thiam Phucci, se rebaptisèrent Galléa. Qu’on croit à cette légende ou non, il s’avère que ces femmes ont commencé leur nouvelle vie dans la forêt de Brocéliande. Marjane est née sur l’île des déités.

Isis finit son thé. Elle se rassura, la partie qui allait débuter était celle qui la gênait le moins. Elle commençait à maitriser le sujet. Mainte fois, elle du conter cette histoire à Rhidow qui lui réclamait sans cesse. En même temps, on pouvait difficilement faire plus épique.

- Elle [ndlr : Marjane], ce ne fut bien entendu pas la seule à venir sur ces nouvelles terres. La cheftaine de leur clan, Azra, instaura les règles du camp. Pour la plupart, ces règles étaient là pour protéger ses Sœurs et sa fille Ghilda, née demi Galléa, demi sorcière. Elle utilisait comme son père la magie blanche. Alors que sa mère, comme Marjane, et comme moi, utilisons la magie verte… Mais j’aborderais le sujet plus tard. Donc reprenons, Ghilda grandit, entouré de femme adulte et de son père. Alors, ce ne fut pas une surprise qu’elle trouva la compagnie d’une enfant moldus qui n’habitait pas très loin de leurs camps, Vix. Il se trouve qu’en grandissant, l’Ankou s’éprit de la jeune femme qu’elle était devenue. Celle-ci refusa ses avances et pour faire cours se refugia chez les Galléas. Je ne vais pas t’ennuyer avec toutes les péripéties qui il y a eu, ca nous prendrait toutes la nuit, et toute la journée de demain, mais sache que ça aboutit à une sorte de pacte entre les Galléas et Vix. Les Galléas sont de nature divine, de ce fait, l’Ankou n’a aucune emprise sur elles. Alors, quand l’amoureux éconduit s’appropria la vie de Vix, les Galléas divisèrent son âme et la cachèrent en elle pour qu’il ne la récupère pas. Pour se rituel, il y 9 Galléas, dont Marjane.

Isis alla se resservir en thé, tout en continuant son récit.

- De ces 9 femmes, il y a deux ans, seul 2 étaient en vie, et une vivait en enfer. Enfin pour être précise, seul 2 Parcelles de Vix étaient dans le cops de deux personnes en vie, et une troisième Parcelle étaient dans le corps d’une personne en Myr.

Elle posa sa tasse brulante et s’enveloppa du pull blanc.

- Ce fut une hécatombe chez mon peuple. Si ces 9 femmes avaient réussit à protéger Vix, l’âme de celle-ci, nommer donc Parcelle, devint un poison au fil du temps. Les sentiments négatifs comme la colère, la haine, le désespoir ou encore la nostalgie les faisaient sombrer doucement à force des malaises et des crises. Beaucoup se tuèrent. Elles n’avaient aucun moyen de s’en débarrasser à moins de donner se fardeau à leur fille. C’est comme ça que j’ai hérité de la Parcelle de ma mère et que j’ai eu le droit à mon lot de maux liés à ma Parcelle.

Remontant nerveusement les manches, elle reprit, consciente qu’il y avait des trous énorme dans son récit et que Seth les avaient déjà tous repéré même si il ne disait rien.

- J’ai été libéré de cette Parcelle. Complètement guérit… même si à vrai dire, ce n’était pas une maladie. L’un des mystères est résolu. Alors, parlons plus technique. Les Galléas utilisent la magie verte. La magie de la nature. Elles n’ont jamais eu de baguette, pas besoin. Ca fait partie de leur facette divine d’utiliser l’essence magique à travers elle et sans catalyseur. Par contre, les Galléas issu d’un père sorcier utilisent la magie blanche. Je ne sais pourquoi, mais la magie usuelle prévôt sur celle de la nature. Moi, je suis issue d’une Galléa et d’un moldus, alors, je ne sais pas ce que ca aurait du donner… normalement je n’aurais jamais du survivre. J’aurai du être morte née. Donc mon cas est exceptionnel. A vrai dire, j’ai supposé que tant que la Parcelle de Vix était en moi, elle me permettait d’user de la magie blanche. Mais j’ignore pourquoi. Peut être une sorte de bouclier, une arme qi pouvait me permettre de supporter sa présence de Vix sans me détruire complètement. Enfin, le fait est que depuis que je ne l’ai plus, j’use de la magie verte. Il m’a fallu du temps pour m’en rendre compte. Au début, j’avais l’impression de perdre mes pouvoirs. En vérité jusqu’à très récemment je le pensais vraiment. Ca a été une période…. Difficile serait un terme trop faible.

Elle se remémora les périodes de cette triste découverte. Une partie d’elle était à jamais morte suite à ce fait. Ca l’avait bouleversé de manière trop subtile pour qu’elle s’en rende compte.

- Au début, se fut des sortilèges qui faiblissaient en qualité. Puis, petit à petit certain sort m’était impossible à réaliser. Un peu plus tous les jours, mais infime. Puis il y eu la période où ma baguette ne me répondait plus du tout. Là, ça a été vraiment délicat. J’ai arrêtée de l’utiliser. J’avais peur de blesser quelqu’un, de blesser mon fils. Et là, ça à évoluer plus rapidement au point où maintenant, si je touche une baguette, n’importe laquelle, je fais exploser tout ce qui m’entoure.


Isis se souvient de sa première rencontre avec la Kalista. Plus que la rencontre avec une des clefs et sa présentation au Résistants qui étaient dans les confidences, se fut la dernière fois ou Isis tient sa baguette dans la main. Elle avait à peine effleuré du bout du doigt que l’explosion qui en découla pulvérisa la table, blessa trois personnes et souffla la salle entière. Isis eut sa main et son bras droit inerte pendant quelque heure.

- J’ai passé presque un an et demi étant persuadé de ne plus jamais faire de magie de ma vie. Mais plus maintenant, minauda-t-elle, maintenant, je peux faire des super boule de feu éclairante juste en fermant le poing. Ce n’est pas la classe ça.


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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Jeu 7 Oct - 17:36

- C’est la super classe.

« Je n’ai pas tout compris mais l’essentiel est là. Je n’ai pas posé de question et je ne l’ai pas interrompu pour obtenir des précisions car il m’a paru que chaque phrase prononcée lui coûtait un pénible effort.

Cependant, un passage de ce récit m’avait marqué car ce n’était pas la première fois qu’une de mes connaissances me parlait de Myr, d’Ankou et d’une certaine Ghilda.

Il y avait eu cette fois, pendant ma formation avec Amys pour survivre à mes premiers instincts de vampire. Ma tutrice m’avait raconté la raison pour laquelle elle avait disparu. Elle m’avait transformé au prix de sa vie. A cette époque, elle souhaitait en finir. Boire le sang d’un humain contaminé par la morsure d’un loup-garou était un suicide programmé. J’avais été son va-tout pour la mort. Mais son récit ne faisait pas mention de Galléa et encore moins d’Isis. Il avait été question d’Egon Sutham. Le parrain de Noah. Noah, mon ami. Amys m’avait fait le récit de ce que cet homme avait dû endurer pour sauver sa petite amie.

Bien avant ça, Liam m’avait aussi raconté cette histoire. A l’époque, elle était morcelée et elle m’avait été complétée par Noah. Noah qui venait d’un futur alternatif désirait me former pour empêcher Liam d’être tenté par la morsure et ainsi éviter le sordide futur qui attendait ma famille.

Comment toutes ces personnes, Amys, Liam et Noah, pouvaient-ils avoir une histoire en commun avec les ancêtres d’Isis ?

La question me perturbait mais je la gardai pour moi. Manifestement, cette histoire mettait Isis très mal à l’aise. Je n’avais pas envie d’empirer la douleur de ces confidences en lui confiant que je connaissais personnellement la personne qui était à Myr avec cette Ghilda et que cette personne était à l’origine de mon état. »


Seth avait gardé un visage dénué de tout signe qui aurait pu trahir que cette histoire l’avait fait tiqué.

Il avait envie de trouver Amys. Noah était retourné à son époque et Amys serait la seule à pouvoir expliquer cette coïncidence. Il se leva et marcha en long et en large, ses déplacements n’étaient pas nerveux. Il semblait avoir besoin de se dégourdir les jambes:

- Mais aujourd’hui, dit-il en marchant, tu es vivante et tu es forte. C’est ton histoire.
Nous n’avons pas des histoires très faciles, finit-il par sourire en s’étirant.

La nuit était bercée par la lueur des chandeliers. L’automne avait bardé les soirées d’une brise plus fraîche. Seth aimait cette humidité. Le soleil était un calvaire. En marchant, il s’était retrouvé près d’une fenêtre. Les yeux perdus dans la forêt et le cours d’eau qui descendait jusqu’au lac de Poudlard. Ses pensées s’ébrouaient dans un amas d’images qu’il se confectionnait et de questions qu’il ne se sentait pas de lui poser. Il ne se rendit pas compte qu’il avait laissé un long silence. Il reprit comme la suite logique de ce qu’il avait dit un peu avant :

- Je ne sais pas si tu attends de moi que je te rende la pareille. Dois-je te raconter ce qui m’a amené là ? Ce qui s’est passé depuis la dernière lettre que je t’ai écrit... Ca commence par une morsure. Non, par deux morsures. J’étais très curieux à l’époque. Je trouvais extraordinaire de rencontrer un lycan. Ca n’a pas très bien fini comme tu peux le constater. Comme je suis une personne qui a beaucoup de chance, ça ne s’en est pas arrêté à un loup mais à un loup puis à un vampire. Je me suis réveillé au milieu d’une forêt... seul. Après, il y a mes deux dernières années à Poudlard et un combat jour et nuit pour comprendre ce qui m’arrivait. Je suis mort... enfin, mon cœur a cessé de battre le jour de mes 17 ans.

Seth revint s’asseoir à la table. Il venait à peine de poser ses fesses sur la chaise qu’il réalisa qu’il n’avait pas envie d’être immobile. Il était plein d’énergie. Il avait envie de chasser. De se dépenser. De bouger... il se tint à carreaux.

- Je ne sais pas si tu te souviens de Caleb Sutham... il était à Poufsouffle. Disons que Caleb avait de grands pouvoirs. Il m’a aidé à domestiquer ma transformation en loup-garou... nous sommes toujours amis. Un jour, le vampire qui m’a crée est revenu. Avec son humour à la con, il s’est excusé du contre temps qui l’avait retenu loin de moi. C’était une femme. Elle aurait dû me former à la soif et à la traque, m’a-t-elle dit. Ce qu’elle fit l’été de mes 17 ans en m’emmenant avec elle et Caleb à travers un voyage temporel éprouvant. Nous sommes revenus. J’ai essayé de reprendre ma vie où elle s’était arrêtée... malgré ce qui était arrivé. Ca a marché... un temps. Mais rien ne demeure, sauf mon visage d’adolescent. Tout bouge et je devais bouger avec ce Tout agaçant. Je suis reparti, seul, cette fois, pour voyager dans différentes époques et oublier celle-ci... si pénible. J’ai vécu plus de 250 ans, Isis. Mais je reviens toujours, parce que c’est ici que tout à commencé et c’est ici que j’aimerais que tout finisse.

Seth était de nouveau debout.
Il ne tenait pas en place.

Avait-il jamais parlé autant à Isis ?
Il ne tenait pas en place.

Il regarda les vêtements qui étaient toujours sur la table :

- Heu, si tu veux te changer, il y a une chambre là-bas. C’est le squatte de Liam, je ne veux absolument pas savoir ce qu’il y a laissé. Ne me raconte rien, blagua-t-il.

Il désigna un couloir. Celui qu’elle avait emprunté pour se rendre à la salle de bain. La deuxième porte du couloir était sa chambre. Il n’y avait jamais dormi mais son frère ou ses quelques invités y logeaient quand ils venaient. Pendant ce temps, Seth lisait. Il lisait beaucoup parce que les nuits sont longue et que ses yeux sont rapides. Initialement, cette chambre avait été construite pour Eden. Elle n’y dormirait plus. Et pour cause.

- Mais si tu es bien comme ça, pas de souci... tu dois être fatiguée, non ? Je te raccompagne ?


« Ca c’était très malhonnête et cavalier, Seth Cullen. Tenter de se débarrasser de ton invitée pour courir vers Amys et en apprendre plus ? Pourquoi ne pas simplement insister et confronter ton histoire avec celle d’Isis ?

Parce que, ma curiosité ne doit pas se tarir au détriment de son bienêtre... Aller, Amys peut bien attendre une nuit. Je n’ai pas vu Isis depuis trop longtemps. »

Mais la proposition était lancée. Il ne restait plus à Seth qu’à attendre la réponse, en espérant qu’elle fût négative.
Ou, à prendre son courage à deux mains et croiser les doigts pour qu'Isis ait du culot :

- Autrement la chambre de Liam t'es grande ouverte. Si tu veux passer la nuit ici et rentrer demain matin.





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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Jeu 7 Oct - 19:16

Isis regardait interloquée Seth faire les cent pas. Elle se demandait comment il avait pu changer autant en seulement 3 ans. D’imperturbable, il était devenu agité, comme si il avait besoin de se mouvoir pour réfléchir, alors qu'elle l'avait toujours plus ou moins statique si on excepté les matchs de quidditch.
Les explications avaient apporté la réponse. Finalement, en 250 ans, il n’avait pas beaucoup changé.

Le menton dans la paume de main, Isis suivait les aller retour du p’tit vampire, jouant négligemment avec la tasse.


- Tu as tenté de me virer Cullen. Je n’aurais jamais cru ça de toi.

Elle se leva et alla à sa rencontre. Il se tenait près de l’évier, droit et impénétrable. Jamais elle n’aurait vraiment deviné qu’il souhaitait qu’elle reste.

- Et je ne dormirais pas dans la chambre où ton frangin s’est envoyé en l’air avec d’innombrable personne. Ca me gâcherait à coup sur le merveilleux souvenir de ma nuit passé dans ses bras. Un trop beau souvenir.

La tasse lavée, elle la laissa s’égoutter sur l’évier.


- Non, mais tu étais sérieux avec ton « je te raccompagne ». Je te déballe ce qui m’est arrivé durant ces trois années, et ça, tu peux le croire, je le fais pas à tout le monde. Et après tu m’annonces que tu as vécu 250 ans grâce à de voyage dans le temps. Et puis… basta, tu en as marre. Alors, on se dit au revoir, on attend 250 ans. Tu me resauves la vie une énième fois. On se refait une petite discussion autour d’une tasse de thés, se racontant nos petits malheurs. On se souhaite bonne chance et on repart pour 250 ans. Cullen, me prend pas pour une scrout, tu t’en sortiras pas comme ça.


Pourquoi s’enflammait-elle ?
  • a) Elle détestait être rejetée
  • b) Elle ne souhaitait pas que cette rencontre fortuite se finisse de cette manière
  • c) Elle voulait connaitre le nom de ce bonne femme vampire pour lui faire regretter de s’être servit de Seth comme ticket de magicobus vers Myr
  • d) Elle voulait savoir ce qui l’avait titillé pour l’agiter à ce point.


- Si tu me disais déjà ce qui te tracasse.

Le ton s’était adoucit. Son coup de sang était retombé.


- Je ne suis pas fatiguée. J’ai toute la nuit devant moi. La journée de demain. Et tout le temps qu’il faudra. Les personnes qui m’attendent savent ou je suis. Si besoin, elles sauront me chercher.

Pendant son récit, elle avait sentit Egon cherchait inconsciemment le lieu ou elle se trouvait. Si elle était en danger. Le connaissant, il devait s’inquiéter qu’elle ne soit pas rentré tout en se gardant bien de le montrer à quiconque. De toute manière, elle se ferait priver de sortit, comme une ado, alors autant continuer sur cette voie et assumer jusqu’au bout son escapade.

- Et non, pas de questions, réprimanda-t-elle, la main levée vers le visage de Seth pensant anticiper une réaction d’un être humain lambda, oubliant à qui elle avait à faire. Pas avant que tu es répondu à la mienne. Aux miennes.

Isis alla camper sur un fauteuil en signe de défie. S’il avait toujours l’intention de la virer, il pouvait se mettre le doigt dans l’œil.

- Je te propose une sorte de jeu. On se pose les questions qui nous tracassent chacun notre tour. Peu importe que ça fasse mal. Crever les non-dits. Tu as toujours réussit sur moi. Pire qu’un psychomage. Au fait, pour te préparer, ma prochaine question concernera le combat blanc. Mais pour l’instant, tu n’y couperas pas. Qu’est ce qui te tracasse autant pour perdre ta bienséance?


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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Ven 8 Oct - 18:43

« La nuit passée dans ses bras ?
Oh... non. Pas Isis !
Liam Cullen, à quel fruit de la tentation n’as-tu jamais cédé ? »


Liam s’était bien gardé d’en parler à son frère mais Seth comprit de manière rétrospective diverses allusions qu’il avait faites à l’époque.

Flashback - Carlisle, 1ère année d’étude de Liam à Poudlard University, 2009.

- Un hibou vient d’apporter une lettre pour toi, Seth ! cria Japhet à travers la villa qui baignait sous la canicule estivale.

Allongé sur le lit de sa chambre aux rideaux à demi tirés et le visage sous un roman qui était particulièrement mauvais et qui ne pouvait pas avoir d’autre utilité que de servir de pare-soleil, Seth bougonna. Sa sœur entra en trombe dans la chambre, se jeta sur le lit de son frère et le débarrassa de l’ouvrage qui recouvrait son visage. Elle lui pendit la lettre au-dessus du visage :

- C’est l’écriture d’une fille ! gloussa-t-elle. Tu trompes Eden ?

Liam passait dans le couloir au même moment. Son oreille parabolique avait entendu les mots « Eden » et « Tromper » dans la même phrase. Il voulait s’en donner à cœur joie. Il s’incrusta à son tour sur le lit de Seth, cerné par sa fratrie.

- Ma chambre n’est pas un espace public. Sortez.
- On veut savoir de qui est cette lettre !
l’apostropha Jah.

Liam se saisit de la lettre pour faire mine de l’ouvrir mais la main du vampire fut prompte à la lui retirer. Seth était déjà à l’autre bout de sa chambre. Il regardait sa fratrie, assise sur le lit dans l’attente que leur curiosité soit récompensée. Seth soupira et décacheta la lettre en leur assénant déconcerté :

- Vous êtes pathétiques.

Il regarda la signature :

- Isis Kitlee. Elle me donne des nouvelles. Me demande si j’irai à la Foire Annuelle en septembre et espère que je vais bien. C’est tout. Rien de sexuel, Liam. Rien de croustillant, Jah.
Libérez ma chambre.


Liam avait sourcillé et sourit en se levant et commenta d'un air détaché :

- Isis de Poufsouffle ? Petite brune, jolies mensurations ? Hum... Tu lui passeras le bonjour de ma part. Je me demande si elle aime toujours la vue qu’on a depuis l’île de la Cité...

Retour au présent.

Seth fronça des sourcils amusés mais se vit obligé de corriger la demoiselle. En d’autres circonstances, elle n’aurait pas eu tord, toutefois, il se devait de préciser.

- Liam n’a jamais eu d’innombrables conquêtes qui soient venues ici. Par contre, il s'est servi de ma chambre pour stocker un nombre impressionnant d’articles et de magazines dont je n’ai pas envie de connaître la provenance ou l’utilité.

Un sourire railleur lui échappa.

- Il travaille pour des magazines féminins... ce qui en soit est dans l'ordre des choses.

Le cadet des Cullen avait tenté plusieurs fois d’inviter son aîné - du présent - à vider sa chambre de tous les instruments, magazines et appareils féminins qui s’entassaient dans cette pièce. La plus part étaient des cadeaux de firmes moldues et sorcières qui faisaient de la publicité dans les pages de Sexy Witches et de WMV, des envois pour des tests de comparaison de produits ou pour des sondages de qualité. De la boîte de protections féminine, à la cire à épiler, en passant par le maquillage, les parfums, les faux ongles, les crèmes et potions d’embellissement et divers outils de tortures que Dieu (ou le Diable) avait forcément créé pour punir les femmes d’être les descendantes d’une croqueuse de pommes, tout y était. Il ne manquait que les gardes de robes qui allaient avec, bien que la chambre devait probablement receler de lingerie, d’une robe ou deux de haute couture et d’escarpins qui ne faisaient que les rendre plus grandes.

Très loin d’être impressionné par le grand retour de Princesse Gros Mots, Seth alla s’assoir sur le plan de travail de la cuisine qui se trouvait à quelques mètres du fauteuil où elle s’était assise. Elle le défiait et il n’eut pas envie de réagir à ses remarques sarcastiques. Il lui souriait, amusé. Content qu’elle ne se soit pas laissée abuser par sa tentative de la mettre à l’écart.

Par contre, elle avait faux. Il ne se sentait pas tracassé le moins du monde. Il avait envie de bouger car il était peu habitué à rester enfermé la nuit. Pour les vampires, la nuit était le moment privilégié pour la chasse. Il fallait croire que ce soir, Seth Cullen serait privé de traque par Isis Kitlee. Il avait été pressé de rejoindre Amys pour enquêter. Cette histoire lui avait fait réaliser qu’il n’avait pas vu sa créatrice depuis le retour de son dernier voyage. Elle devait savoir qu’il était rentré mais elle non plus ne s’était pas pressée de rendre visite à sa progéniture.

Pourtant, pendant sa descente aux enfers, elle avait dû « ressentir » le mal qu’il l’avait rongé. Que faisait Amys ? Qu’est-ce qui l’avait retenu de venir le voir ?

Il remit ses questions à Amys à plus tard puisque, d’après le petit jeu d’Isis, il pourrait peut-être en apprendre plus, directement auprès d’elle. Il décida qu’en fonction de ce qu’il allait comprendre ce soir, il en discuterait - ou pas - avec Amys. Cela lui donnerait une bonne raison de la retrouver.

Le vampire se cala sur le plan de travail en bois, de profil par rapport à Isis, et adossé au mur qui formait un renfoncement assez large pour que son dos puisse tenir aisément avant de se poursuivre en une courte cloison d’un mètre qui marquait grossièrement la séparation de la cuisine avec la partie salon de la pièce principale. Il releva un genou qu’il retient entre ses bras pendant que l’autre jambe était allongée sur tout le long du plan de travail.

Il prenait son temps pour s’installer. Son visage était impassible. Il réfléchissait à ce qu’il serait bon de dire tout de suite ou de révéler. Il était d’accord avec les termes de ce jeu mais il ne doutait pas que toutes les vérités n’étaient pas bonnes à dire... il fallait attendre le meilleur moment pour les balancer.

Il fit la première confidence à pas de loup. Choisissant ses mots mais ne prétendant à aucun moment avoir envie de la ménager. Le jeu pour le jeu.

- Jouons, Isis, sourit-il de façon indescriptible. Excuse-moi d’avoir essayé de te chasser. C’était maladroit mais pour moi, à cette heure-ci, je suis généralement en chas... enfin, en promenade. J’étais pressé de te mettre à la porte car je voulais rendre visite à une personne qui m’avait déjà parlé de Ghilda auparavant. J’ai été surpris. Comme me raconter tout cela avait l’air de te faire de la peine, je n’avais pas le cœur à insister. Mais puisque tu veux jouer, jouons.

Seth avait récapitulé les protagonistes liés à cette histoire. La dernière fois que ses méninges avaient été aussi éveillées remontait à la lecture de Also sprach Zarathustra, de Friedrich Nietzsche.

« Liam me confie que Noah vient de 2023. Dans le futur, lui et moi sommes recherchés pour de multiples meurtres.

Flashback - Poudlard, 2008.

- Mon parrain et éducateur, qui s’appelle Egon Sutham et qui n’est pas véritablement mon cousin comme je l’ai inventé ici, eut un jour l’occasion de descendre en Myr, l’enfer des sorciers, pour sauver sa femme habitée par une force maléfique. Comme Orphée aux enfers, tu vois? A Myr, il fut aidé par Amys, une femme vampire qui avait été punie et envoyée aux enfers pour s’être suicidée en buvant le sang contaminé d’un sorcier mordu par un loup-garou. Je ne sais pas si tu sais que l’Ankou punit gravement les suicidés considérant qu’il est le seul à avoir le droit de vie ou de mort sur le genre sorcier. Bref, je crois qu’Amys est le vampire qui a mordu ton frère... Dans le futur, ton frère va être à l’origine d’un sacré bain de sang.

C’est en regardant la presse qu’un jour Amys (ressuscitée) est venue trouver Egon pour lui raconter que Seth était le jeune sorcier dont elle avait bu le sang empoisonné... elle lui a expliqué qu’elle était morte avant d’avoir pu se présenter à lui et l’éduquer à sa soif. Egon et Amys vous ont longtemps recherché pour calmer la soif de Seth mais... heu... Seth est vraiment très puissant. Regroupant les propriétés du vampire et du loup-garou, il a achevé Amys... mais laissé Egon en vie pour que celui-ci retourne près de ses enfants. Personne n’a jamais compris ce que Seth recherchait, sauf que... heu... d’après mon parrain qui a pu en réchapper, le bain de sang dont on a accusé ton frère... je... Egon dit que... je ne sais pas trop, Liam... Seth aurait visiblement domestiqué sa soif tout seul et c’est toi qui aurais tué les innocents. Je suis désolé...

- Tout ce que tu as dit n’arrivera pas car je vais le changer... Seth vivra heureux et je ne tuerai personne. Je dois lui dire... alors avant de me donner ton identité, sache que je raconterai tout à mon frère. Tu vas me dire qui tu es ?

- Je m’appelle Noah... Noah de Lansley. Je suis le fils de Sacha de Lansley et d’Elinor Redgrave.

- Je sais très bien ce que cela veut dire. Si tu crois que nous n’en avons pas parlé des centaines de fois...
S’il est comme il est, c’est de ma faute. J’ai du mal à imaginer ne rien pouvoir faire pour partager sa douleur... Noah, Seth va mourir. Son cœur va cesser de battre et je serai là quand cela arrivera. A son réveil, il ne sera plus le même. Il sera un autre... et je refuse de le laisser subir mes erreurs tout seul. Je n’ai pas peur de mourir si je peux rester avec lui.

- Ce que tu vas changer dès à présent pourra empirer ou améliorer la situation... il faudra être vigilant. Egon est allé à Myr... l’idée est dangereuse mais tu crois que nous pouvons y envoyer quelqu’un avec promesse de retour afin de demander à Amys d’éduquer non pas Seth... mais toi... ou alors, il ne faut pas que Seth te morde si tu commets des crimes.

(Extrait de Les Autres, avec Liam Cullen & Noah de Lansley)

Retour au présent.

Le soir même, Liam me présentait Noah. Nous décidâmes qu'au début des vacances d'été, nous partirions à la recherche d’Amys dans une époque future puisqu’à cette époque-ci, Amys était encore en Myr. »



Ils l’avaient retrouvé en 2010, se souvint encore Seth. Elle l’avait pris sous son aile pour le former. Ils avaient voyagé dans d’autres époques passées et futures. Elle lui avait raconté en détail l’histoire de Myr et la raison pour laquelle elle n’avait pu remplir son devoir de créatrice. Puis, quelques centaines d’années plus tard, Seth était revenu en 2008.

Mais désormais 2012 était arrivé. 2012, c’était maintenant et Seth savait exactement où se trouvait Amys aujourd’hui puisqu’il y avait été avec Noah pour rencontrer sa créatrice.

Elle est dans une association qui s’appelle TASKS, se remémora-t-il. Elle s’occupe d’orphelins.

Plus sérieusement, pour Isis, il poursuivit de sa voix baryton-basse :

- A mon tour de te poser une question... ma créatrice m’a raconté l’histoire de Ghilda, de Vix, d’Ankou et tout ça... et toi ? Comment... l’as-tu apprise cette histoire ? La Pensine ne concernait que l’histoire de tes ancêtres, d’après ce que tu m’as raconté. Alors qui t’a raconté les chroniques de Myr ?




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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Mer 13 Oct - 10:51

Vampire + Nuit = Chasse.
Elle se sentit bien stupide d’avoir réagit de cette manière. Mal à l’aise de ne pas avoir fait le rapprochement, elle s’excusa par un sourire. Il ne semblait toutefois ne pas lui en tenir rigueur. Même si elle n’en aurait pas mit sa baguette au feu.


Je joue.
Il joue.
Nous jouons.
A moi de jouer.



- Les chroniques de Myr… ça fait très légendes héroïques, murmura-t-elle, regrettant presque d’avoir ouvert sa grande bouche quelque minutes plus tôt. En réalité, je connais deux chroniques liées à Myr. L’une est directement liée à mes ancêtres. Elle concerne Enoch, le père de Ghilda.


Isis se remémora l’histoire contée par Marjane. Se doutant bien que ce n’était pas de celle là qui parlait.


- L’Ankou, pour se venger du refus de Vix, pris la vie de toutes les personnes sous son autorités qui était proche de la jeune femme. Il prit la vie de son fiancé, le frère de Ghilda, le fils d’Enoch. Enoch, ne supportant plus cette situation, passa un pacte avec l’Ankou. Le sorcier du affronter 10 épreuves donnés par la Mort dont il ressortit vainqueur. Enoch mourut peu de temps après, l’Ankou n’est pas un être fairplay. Mais ça ne doit pas être celle que ta créatrice t’a racontée…

Isis respira un grand coup. Cap ou pas cap.


- Quand j’ai découvert mon histoire, je possédais encore ma Parcelle. Et comme tu l’as fait remarquer, je ne suis pas très douée pour supporter ce genre de révélation.

Cap.

- Egon était là quand…. Hum, je n’ai pas du te l’écrire. Je ne suis plus avec Jonathan.Ca fait un peu plus de trois ans maintenant. Je suis avec Egon maintenant, Egon Sutham… Si je me souviens bien, s’est le cousin de Caleb.

En même temps, les repas chez les Sutham restaient rares. Et les histoires de familles n’étaient pas leur tasse de thé. Alors, elle ne s’était jamais posé la question sur l’absence de nouvelle de Caleb Sutham. D’ailleurs, dans ses souvenirs, il était très rarement dans ses pattes, et le peu de conversation qu’ils avaient eu ensemble se finissait toujours de la même façon, écourté par son camarade. Elle ne s’en était jamais offusquée, mais ce soir, ce fait la titillait.

- Donc, Egon était avec moi quand j’ai découvert mes origines. Ces révélation ajoutées aux autres, faisait que j’ai craqué. J’ai fait la connerie de jouer au petit alchimiste pour me sentir mieux. Ca n’a fait qu’engendrer une dispute avec Egon. Il n’en fallu pas plus pour que la Parcelle de Vix réagisse. J’ai fait une crise très violente. Quand j’ai repris connaissance, Egon était près de moi, mort. Et moi, je n’avais plus de Parcelle.

En réalité, l’Ombre était à ses côté quand elle se réveilla, mais elle préféra taire cette partie. Isis frissonna quand elle se souvient de cette scène. Cette période avait été très néfaste.


- Douze jours après il revient dans notre monde. C’est comme ça qu’à débuter les chroniques de Myr
, ironisa-t-elle, elle détestait cette dénomination. Ce qui va suivre, c’est ce qu’il m’a raconté plus tard. Je connais seulement une partie de l’histoire. Je le soupçonne de ne pas tout me dire, pour ne pas me faire souffrir. Me sentir encore plus coupable.

Isis releva le regard le profil de Seth, toujours si indéchiffrable.

- Egon a cru que j’étais morte. Alors, il a supplié Ghilda de prendre sa vie en échange de la mienne. En mourant, elle possédait une des parcelles de Vix, de ce fait, Sidh lui fut refusé. Elle résida donc en Myr où elle épousa l’Ankou. Elle y réside en tant qu’incarnat, un être humain fait de chair. Et comme toute Galléa, elle subissait les effets de sa Parcelle. Alors, quand elle accepta le marché d’Egon, elle lui fit promettre de la délivrer de l’emprise de Vix sur elle comme sur moi. Si tu te souviens, il n’y a qu’un seul moyen de se débarrasser de notre parcelle, la transmettre à sa descendance. Et l’Ankou, de par sa nature, ne peut enfanter…

Le silence se fit long.

- Les jumeaux qui furent issus de cette union non consentit possédèrent les Parcelle de Vix. Alors, pour se débarrasser une fois pour toute de Vix, l’Ankou les tua.

Isis ne sut jamais qu’ils furent jetés vivant dans les griffes de nécrodite. Mais elle savait qu’Egon en avait été témoin.

- Comme ai-je apprise cette histoire ? C’est malheureusement moi qui en suis la cause. Par contre, je n’ai jamais eu ouïe dire de la présence d’un vampire. Alors, qui es ta créatrice et comment, elle, a-t-elle su ? Et surtout pourquoi t’en a-t-elle parlé ? Dans quel but t’avoir raconté cette… histoire ?

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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Mer 13 Oct - 17:54

Seth resta de marbre quand il entendit prononcer le prénom d’Egon Sutham. Il ne se serait jamais douté que la fille de la chronique eût pu être Isis. Il écoutait avec attention bien qu’il connaissait déjà l’histoire. Ce qui changeait des versions qu’on lui avait raconté jusqu’ici était qu’il pouvait mettre un visage sur la femme qui avait provoqué la 6ème chronique. Parce qu’en effet. Les chroniques étaient au nombre de sept, elles se narraient depuis des millénaires par les visiteurs qui en ressortaient vivants ou qui conservaient leurs liens avec les vivants, et elles s’appelaient respectivement :
« Livre I Comment Gabor devint l’Ankou et créa Myr »
« Livre II Comment Messunc devint l’Oz et créa Sidh »
« Livre III Comment Ankou et Oz rejetèrent les non-vivants »
« Livre IV Comment Enoch défia l’Ankou et surmonta les 10 épreuves »
« Livre V Comment un vampire fit entrer les non-vivant en Myr »
« Livre VI Comment la fille d’Enoch fut libérée du mal »
« Livre VII Comment Messunc perdit Sidh »
Amys les lui avait toutes racontées mais il restait des parties approximatives dans chacun de ses récits, sauf ceux dans lesquels elle avait pris part. Les chroniques 5 et 6. Ces chroniques légendaires ou devenues légendaires émerveillaient Seth qui se fit le serment d’être celui qui, dans ses nombreuses nuits sans sommeil, mettrait à l’écrit les Chroniques de Myr.

"Un jour, pensait-il, Isis et Egon deviendront légendaires."

Ah ! S'il savait à quel point !

Seth eut soudain envie de rencontrer cet Egon. Amys et lui était la pierre angulaire qui faisait tenir cette histoire. Le destin était décidément très joueur. Dans les mécanismes impénétrables des hasards et des coïncidences, comment en était-on arrivé à ce constat : "Ma créatrice est à Egon ce qu’un jour on m’a demandé de devenir pour Isis, sans que jamais de liens ne soient occurrents entre nous tous" ?

Par contre, Isis non plus n’avait pas l’air d’avoir eu vent de l’entièreté de l’histoire. A ce stade, Seth en savait un peu plus qu’elle mais il se questionnait sur la légitimité qu’il avait de lui raconter ce qui lui manquait. Egon ne lui avait pas tout dit... il avait caché l’aide précieuse qu’Amys avait joué dans son aventure. Il devait y avoir une raison.

Seth conservait son visage tourné vers la fenêtre alors qu’Isis venait de l’accabler de nouvelles questions. Le paysage de la forêt se modifia. Les arbres se décharnèrent, le ciel devint rouge, et, la terre, des cendres grises que le vent chaud faisait danser dans de petits cyclones. Les collines, au loin se transformèrent en une tour immense en haut de laquelle brûlait le feu de Myr. Seth visualisait Myr comme s’il y était tant les descriptions d’Amys avaient été précises. Il se figura Egon, perdu et assoiffé arrivant dans la ville des morts. Sa peau recouverte de la matière gris cendré qui recouvrait le sol. En une fraction de secondes, sa rêverie éveillée le propulsa dans les couloirs caverneux du château d’Ankou. La rencontre avec Amys qui ressemblait à une Nécrodite. Sa bouche cousue par les fils indénouables d’Ankou. La goutte de sang qu’elle avait prise à Egon en le griffant et qu’elle avait glissé entre les fils pour boire une si petite dose d’hémoglobine. La soif brûlante après des centaines d’années vécues en Myr sur l’échelle du temps inversée. Le bain d’Egon. La rencontre avec Ghilda. L’année de tentatives avortées de féconder la Galléa. La soumission insupportable et le chantage de la chair. C’était un viol et Amys en avait été témoin. Sa participation pour éveiller le désir de l’Incarnat qui n’en avait aucun. Le mirage sensuel qu’elle avait pu créer pour qu’il oublie la situation et pour qu’il se soumette au bon vouloir d’Ankou. Et finalement, l’œuf. La libération... puis la trahison d’Ankou.

Le paysage macabre s’effaça peu à peu de l’imaginaire de Seth. Il regarda Isis avec une once de compassion. Il descendit du plan de travail et s’approcha d’elle doucement. Il tira une chaise et s’assit en face d’elle. Il braqua ses yeux dans les siens et lui prit la main après une hésitation due au souvenir de la difficulté que le contact produisait en lui.

- Je n’ai pas dit qu’un vampire était présent, sourit Seth. Je t’ai seulement dit que ma créatrice m’avait raconté l’histoire. Elle aurait pu l’entendre de n’importe qui... enfin, de n’importe qui connaissant l’histoire d’Egon. Mais tu as raison, elle y était et elle était avec Egon en Myr. Elle m’a raconté son histoire pour m’expliquer la raison pour laquelle elle n’a pas pu s’occuper de moi après la morsure. Ce qui m’oblige à te détailler la façon dont elle s’est retrouvée en Myr. La relation entre un vampire et sa progéniture est très forte, Isis. Elle m’a raconté son histoire pour s’excuser de m’avoir abandonné et pour m’empêcher un jour de songer au suicide si je voulais mettre un terme à ce que j’étais. Ce qui, je l’avoue, m’est passé plusieurs fois par la tête.

Seth parlait en regardant la main qu’il avait entre les siennes. Il jouait avec ses doigts, les détachait les uns des autres, les rassemblaient par deux ou par trois, retournait la paume vers lui et suivait les lignes de sa main de l’index. Lui qui, avant ce soir, n’avait jamais touché Isis sans que cela soit pour une raison précise, il ressentait le besoin d’être en contact avec elle alors qu’il lui racontait. Ca lui rappela le jeu qu’il avait fait avec Eden pour s’affranchir de sa crainte du contact. A l’époque, prendre une mèche châtain entre son index et son majeur lui paraissait plus difficile que de résoudre une énigme d’arithmancie en cinq minutes. Mais depuis, il avait compris que pour s’accoutumer aux autres, il devait commencer par une petite partie du corps. Pour Isis, il avait choisi la main. Et ça le détendait autant que ça le recentrait sur ce qu’il disait.

- Ma créatrice avait plusieurs siècles derrière elle quand elle a décidé de mourir. Elle se promenait dans la forêt polonaise où elle revenait sur les traces d’un épisode de son passé vécu pendant la seconde mondiale. A ce moment, dans cette même forêt, j’étais en train de chercher des créatures magiques... j’étais seul car Liam m’y avait déposé. Nous devions initialement camper entre frères mais il est allé rejoindre une de ses petites amies.

Je suis tombé sur un combat pharamineux qui opposait celle qui deviendrait ma créatrice à un loup-garou qui venait de l’attaquer. Elle avait l’avantage. Elle voulait se battre une dernière fois avant de laisser le lycan la tuer. Mais mon odeur d’humain a infesté la forêt et malgré ma cachette, j’ai interrompu leur combat. Ils savaient qu’ils étaient observés.

Le lycan fut le premier sur moi. Il m’a mordu. Le vampire a essayé de me sauver mais il était trop tard. Elle a fini par repousser et tuer le loup mais, moi, j’étais déjà perdu. J’avais été mordu et, en m’abandonnant là, je me serais réveillé quelques jours plus tard... devenu lycanthrope. En tant que vampire, elle ne pouvait pas se résoudre à laisser se crée un nouveau lycan... ennemi parmi les ennemis des vampires. Elle a voulu tenter le tout pour le tout en me mordant et en aspirant jusqu’à ma dernière goutte de sang contaminé. Elle savait qu’elle me tuait. Elle savait aussi que le sang des garous était mortel pour les vampires mais, de cette manière, elle n’abandonnait pas son premier objectif qui était de se donner la mort. Avant de trépasser, elle m’a fait boire son sang. Le rituel de la transformation était complété. Elle en est morte.

Elle est arrivée à Myr. D’après le livre III des chroniques, Myr et Sidth refusent les vampires. Par ailleurs, Myr punie les suicidés. Ma créatrice contractait deux imperfections mais elle est maligne. Elle a proposé un marché à Ankou afin de réhabiliter les vampires en Myr au lieu de leur faire connaître la douleur éternelle du feu sacré. Mais quand le temps d’honorer le pacte est arrivé, Ankou n’a pas tenu sa parole et il a gardé ma créatrice près de lui, comme serviteur. Elle fut condamnée à une soif éternelle. Le temps de Myr est plus long. Les douze jours d’Egon étaient sept années de la vie d’un être humain... imagine que ma créatrice y a vécu trois ans. Des siècles et des siècles de souffrance. Elle a très vite regretté son suicide.

Quand Egon est arrivé en Myr, elle y a vu l’opportunité de revenir parmi les vivants. Si Egon parvenait à retirer la Parcelle de Vix du corps de Ghilda, il serait libéré... si ma créatrice l’aidait, elle bénéficierait de la même grâce que l’Incarnat. Elle mit donc tout en œuvre pour soutenir, protéger et encadrer Egon durant son séjour à Myr.

Pour s’assurer qu’Egon accepterait les termes du marché, à savoir donner un enfant à Ghilda, il a enfermé ma créatrice assoiffée dans la même pièce que lui et son épouse. S’il n’accomplissait pas très vite le... l’acte, le vampire finirait par le tuer. Le temps était donc compté car la tentation de ma créatrice était grande bien qu’elle avait déjà décidé d’aider Egon à s’en sortir vainqueur.

Enfermée avec Ghilda et Egon, elle se fit aimer de Ghilda et elle apaisa la souffrance morale et physique d’Egon. Pour gagner du temps, Egon avait décidé de laisser ma créatrice boire régulièrement de son sang à condition qu’elle veille à s’arrêter sans le tuer.

Un an de ce régime s’est écoulé avant que naissent non pas un mais deux enfants. Une fois n’est pas coutume, Ankou ne respecta pas sa part du marché et il envoya ma créatrice et Egon dans le désert de Myr. Ils ont erré longtemps. Quand Egon est tombé, ma créatrice a continué à marcher en le portant. Ils cherchaient la porte qui menait vers le monde des vivants. Quand Ghilda, reconnaissante d’avoir été libérée, s’est rendue compte qu’Ankou n’avait pas tenu sa parole, elle lui a réclamé d’ouvrir la porte. Ankou s’est présenté avec sa femme dans le désert et, pour la première fois, il s’est excusé. Il a ouvert la porte.

Ma créatrice a décidé de laisser Egon auprès des siens et de partir avant son réveil. Elle savait qu’il avait vécu quelque chose de complexe et elle ne désirait pas qu’il y repense à chaque fois qu’elle le regarderait.

Elle est alors partie à ma recherche, moi, le petit garçon qu’elle avait transformé avant de mourir. Elle voulait savoir ce que j’étais devenu. Mais elle ne m’a jamais trouvé. Quant à moi, j’avais rencontré Caleb qui fut réellement le premier à me parler de Myr et d’Egon. Ma créatrice me cherchait dans le présent et moi je la cherchais dans le futur. Grâce à Caleb, je savais à quelle époque je devais voyager pour la rencontrer. Je l’ai rencontré. La boucle était bouclée.



Seth lâcha la main d’Isis. Il lui semblait que c’était le moment de la laisser seule pour qu’elle assimile l’histoire. Il avait conscience qu’il manquait un élément important à son histoire, le nom de sa créatrice. Mais il n’avait pas le droit de trahir Amys. Ni même Egon Sutham. Si cet épisode avait été gardé secret, il devait y avoir une raison, se répétait Seth. Quelle qu’elle soit, il ne devait pas jouer avec les secrets des autres.

« Imaginons qu’aujourd’hui Amys soit revenue auprès d’Egon pour une raison ou une autre. Ils ont un pénible passé commun... le genre d’anecdote qu’on ne partage pas au comptoir d’un bar, même avec ses meilleurs amis. Imaginons, par-dessus toute ironie, qu’Isis connaisse Amys parce qu’elle serait revenue dans le quotidien d’Egon... comment Isis prendrait-elle l’idée qu’il n’a pu ressentir du désir que pour la femme vampire et jamais pour la nymphe ?

Je suis catégorique. C’est à Egon Sutham de raconter son histoire. »


Seth resta calme encore un moment et décida qu’il n’avait plus de question à poser. Lui, comme elle, avait beaucoup de choses à digérer.

- C’est ma créatrice, tu comprends, Isis ? demanda-t-il en souriant avec amitié et consternation. Je lui fais confiance et je la respecte... si dans l’histoire, comme on te l’a raconté, personne n’a jugé bon de te raconter cette partie, ce n’est pas à moi de décider du contraire. J’en ai déjà dit beaucoup. Egon ne me connait pas encore dans cette époque. Je le rencontre en 2023. Si tu veux lui demander le nom de ma créatrice et lui avouer que tu connais désormais toute l’histoire, dis-lui seulement que tu la tiens de la progéniture du vampire qu’il a rencontré à Myr.

Seth restait debout à un mètre d'elle. Il écoutait les bruits autour d'eux, en dehors de la maison. Il écoutait chaque bruit pour mieux les soustraire à son audition et se concentrer sur le seul dont il avait besoin pour comprendre la situation: les battements du coeur d'Isis.

- Isis... est-ce que ça va... ? demanda-t-il. Tu encaisses ?

"Au fait... qu'est-ce qu'elle faisait dans la forêt ?"

Il compta les années et trouva qu'elle avait terminé l'université.

"Elle ne va plus à Poudlard..."





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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Sam 16 Oct - 13:54

- J’encaisse.

Sa voix tremblait malgré ses efforts pour cacher sa peine. Elle se leva et commença à s’agiter arpentant la pièce de long en large. Tout pour ne pas rester clouer sur ce fauteuil. Elle devait surmonter les vérités dites, elle devait arrêter de les subir.

- Je peux toujours utiliser la chambre ? Finalement, je crois que j’ai sommeil
, mentit-elle, souriante pour donner le change. Elle espérait juste trouver une cachette où se terrait les prochaines heures pour se maudire sans être dérangé.

Elle tapota l’épaule de Seth en remerciement et s’engouffra dans la petite chambre. Comme le reste de l’habitation, elle ressemblait à un bric à brac sauf que les livres étaient remplacés par tout ce qu’un mec n’aurait jamais besoin. Isis referma la porte derrière elle et se laissa glisser tout du long.

Pourquoi les secrets font-ils toujours aussi mal ? Elle pensait s’y habituer un jour à ses révélations qui lui apprenaient toujours des éléments désagréables. Elle avait survécu avec plus ou moins d’aplomb à toutes les hécatombes de sa vie. La mort de ses parents, sa tentative de suicide, la présence de sa Parcelle liée incontestablement au triangle amoureux de ses parents… le fait d’être la réincarnation d’une déités qui doit sauver le monde alors qu’elle est incapable de se sauver elle-même, le sacrifice d’Egon.

Finalement, la blessure avait beau être cicatrisé, subsister toujours la culpabilité d’être LA responsable de son voyage en Myr. Elle savait pertinemment qu’il ne lui avait pas tout conté, mais elle ne se doutait pas que ca incluait la présence d’un succube vampiresse.

« Plus aucun secret entre nous », comme éternelle promesse, jamais respecter. A croire qu’ils aiment se faire souffrir en pensant se protéger l’un et l’autre.

Ses bras enlaçaient ses genoux contre elle. Isis avait envie d’être dorloter, protéger. Elle avait tenu bon en s’agrippant à la main glaciale qui jouait distraitement avec ses doigts. Elle s’était raccrochée à elle tout au long du récit, pour ne pas sombrer, pour se sentir protéger. Elle aurait du rester coute que coute accrocher à cette main. Là, elle avait envie d’une épaule sur qui se reposer, et finalement pas être seule dans une pièce de fourre tout à dix mille bornes de son univers.

Prenant conscience de ce fait, elle se releva et se dirigea vers la salle principale. Elle n’avait pas fait deux pas qu’elle abandonna l’idée. Le seul qu’elle désirait, Egon. Seth ne pourrait pas la rassurer même avec tous les efforts du monde. Alors, elle fit demi-tour, et pris non pas la direction de la chambre, mais celle de la salle de bain.

Elle fit tourner le robinet de la baignoire. Elle regarda distraitement l’eau remplir le bain pendant qu’elle se déshabillait. Elle déposa les affaires dans un coin de la pièce, avant de plonger la jambe dans l’eau chaude. Elle se figea, inquiète, elle n’arrivait toujours pas à affronter une étendu d’eau sans éprouvé une peur panique. Elle canalisait toutefois sa peur, en particulier pour les tâches du quotidien, sans pour autant s’en affranchir. Les clapotis aidant, elle commença doucement à se relaxer.

Finalement, qu’est ce que ca changeait. Pourquoi elle en faisait tout un drame. L’épreuve n’en avait pas été plus horrible. Peut être moins. Il avait eu un soutien dans cette épreuve. Ce n’était peut être pas un mal que la vampiresse aient été à ses côtés. Même si Isis ne digérait pas le rôle de Viagra, elle était reconnaissante du fait que ce non-humain n’avait pas faillit à sa tâche. Elle l’avait protégé jusqu’au bout de l’affrontement.

Elle sortit du bain, grelottante, et s’emmitoufla dans la première serviette propre qu’elle trouva. Deux fois trop grande pour son petit gabarit, elle avait l’impression d’être vêtu d’une toge en éponge. Elle ramassa ses affaires et trottina jusqu’à la chambre.

Elle lassa tomber les affaires poisseuse sur le sol et entreprit de découvrir rapidement de quoi se mettre quelque chose de décent sur le dos. Elle avait besoin de demander quelque chose à Seth. Quelque chose qui la turlupiner depuis un bon moment.

Avec tout autre personne, cela ne l’aurait pas gêné de venir en serviette de bain qui l’a couvrait complètement. Mais s’était Seth. Le même qui s’était rhabiller de la tête au pied après s’être transformer en loup devant elle. Il aurait pu se retransformer à poil, elle n’en aurait pas était plus choqué pour autant. Mais Seth était pudique, aussi bien pour lui que pour les autres. Alors, elle s’habilla avec les moyens du bord.

Vêtu d’une robe de soirée qui ressemblait étrangement à celle qu’elle portait lors de son rendez-vous improviser avec Liam, elle s’immobilisa dans l’encadrement du couloir. Elle espérait que Seth soit toujours là. Il était bien là, malgré l’heure qui s’était écoulé.


- Je me suis permise de prendre un bain
, commença-t-elle, jouant nerveusement avec une mèche de cheveux mouillé, et d’emprunter une robe à Liam. Je suis désolée pour ma réaction… je n’ai pas en savoir son nom. Le nom de ta créatrice. Je la remercie juste pour avoir épaulé Egon dans cette sordide histoire.

Elle ne connaissait pas l’existence des chroniques de Myr. L’histoire de la magie n’avait jamais été sa tasse de thé. Mais elle se promit d’en toucher un mot à Emmett. Savoir à quoi correspond le livre III que Seth avait cité.

- Je… je voudrais te demander quelque chose. Ca fait longtemps que ca me travaille. Trois ans, un peu plus… j’ai toujours considérer ca comme anodin. Je n’ai jamais voulu y voir autre chose que le hasard. Je t’en suis tellement reconnaissante que je n’ai jamais osé te le demander en trois ans.

Elle s’avança et se pelotonna dans le premier siège. Elle reprit bruyamment. Les secrets la rendent toujours malheureuse. C’est un fait. Mais il fallait qu’elle sache.

- Lors du Combat Blanc, tu m’as sauvé la vie en me protégeant et m’éloignant de tout danger. Pourquoi moi ? Pourquoi Caleb qui t’a fait remonter le temps est venu prendre ta suite ? pourquoi n’a tu pas protéger ton frère ou ta sœur, pourquoi tu as secouru une camarade qui partageait ton cours de rune. On ne s’était jamais vraiment parler avait ce jour… alors pourquoi ?

Il lui faudrait peut être un peu plus d’une heure pour s’en remettre suivant la réponse. Mais elle devait en avoir le cœur net. Son intuition avait déjà sa réponse.


- Saurais-tu qui je suis ?

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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Ven 22 Oct - 14:24

- Lors du Combat Blanc, tu m’as sauvé la vie en me protégeant et m’éloignant de tout danger. Pourquoi moi ? Pourquoi Caleb t’a fait remonter le temps est venu prendre ta suite ? Pourquoi n’as-tu pas protégé ton frère ou ta sœur ? Pourquoi tu as secouru une camarade qui partageait ton cours de runes. On ne s’était jamais vraiment parlé avant ce jour… alors pourquoi ? Saurais-tu qui je suis ?

Les vingt minutes qu’avaient durées le Combat Blanc lui revinrent à l’esprit. C’était la première fois qu’il buvait du sang humain. Il se souvenait de la douleur d’avoir sciemment été transpercé par des balles. Il se rappelait de l’odeur du sang, de la poudre et de la peur. Il revoyait la panique générale, les corps tomber sur le dallage comme des sacs de néant et résonner d’un bout à l’autre du château. Il se rappelait d’avoir suivi les instructions d’Egon, de Sacha et de Noah à la lettre. Parmi toutes les versions futuristes que Noah avait vécues, s'ils parvenaient à assurer celle-ci, celle de ce 8 janvier 2009, l’avenir serait « moins pire » disaient-ils.

Seth n’avait jamais cherché à élucider les mystères. Il avait rencontré brièvement le Egon du futur et n’avait jamais plus recroiser son chemin. Cet Egon était un homme barbu aux yeux d’un bleu transperçant. On aurait pu croire qu’il était un vampire tant cette couleur était liquide et céleste. Il avait une trentaine d’années et, dans son monde, on se battait encore contre Antarès. La Résistance avait été réduite à un seul tout petit pays. L’Angleterre. Thiam Phucci avait été dévastée dès qu’Antarès avait compris qu’elle était la terre d’origine des Dyodes. A partir de ce jour-là, les pouvoirs des deux divinités avaient faibli car une nébuleuse de dépression les avait saisis. Umbrès, dans sa haine, avait provoqué malgré lui un Armageddon. Rosà avait tellement souffert de la perte de ses premiers enfants qu’elle n’avait pas trouvé la force de calmer sa moitié. Il n’y avait dès lors qu’un seul espoir : les Iccams qui conservaient toujours le legs d’une partie des pouvoirs divins. A trente ans, Sacha et Egon se battaient toujours. Ils étaient toujours en cavale. Ils avaient trouvé une manière de traverser le temps à des échelles plus importantes qu’un simple Retourneur de Temps ne pouvait les faire voyager. Après beaucoup d’hypothèses et d’essais, ils avaient décidé d’envoyer Noah à l’époque où tout aurait pu changer sans empirer le futur.

Le plan consistait à préserver Isis du Combat Blanc pour que la parcelle ne se réveille pas. Sinon, elle en mourait. Egon avait longtemps hésité avant de formuler cette hypothèse. Si en 2023, il savait que la fille qui le sauverait de ses démons souffrait d’un mal étrange et qu’en retournant dans le temps, il aurait pu l’en délivrer le plus tôt possible, pourquoi attendre ?

Parce que le temps était une imbrication complexe. S’il sauvait Isis en 2008, il ne la revoyait pas à la Foire Annuelle, ils ne buvaient pas les thés, ils ne rencontraient pas Rhidow et Tourdemain, et quelques années plus tard, comme c’était le cas à leur époque, Emmett cherchait toujours les deux Iccams.

Alors, il fallait choisir le bon moment. Chaque chose en son temps car le temps est une donnée complexe avec laquelle il est dangereux de jouer.

La seconde partie du plan était d’empêcher Sacha d’aller se battre et de partir à la recherche d’Antarès, l’homme qui avait sauvagement tué toute la famille d’Edward Abbercomby, fondateur de ce qui serait bientôt la Résistance. Pourquoi l’empêcher ? Il aurait peut-être eu ses chances contre un Cracmol. Mais chaque chose en son temps. Dans cette version, si Noah n’était pas allé le ralentir de dix malheureuses minutes, cela aurait été assez pour que Sacha repère Antarès qui avait pris l’apparence d’un élève et qui s’enfuyait avec le Calice sous la cape. Il se serait méfié, il aurait approché l’enfant qu’il aurait cherché à emprisonner. Le Calice serait tombé. Sacha n’aurait pas su ce qu’était cet objet. Le Calice serait tombé et aurait vibré si fort que le champ magique qu’il renferme aurait vibré dans toute l’école, dans le monde entier. Ailleurs, la parcelle se serait réveillée. Isis en mourait... et les sorciers, sans Calice, perdaient leurs pouvoirs. Il n’y aurait plus eu d’Iccam pour le remplacer. Dans une autre version, encore, Sacha se faisait tuer par une balle et la suite, sans lui pour guider la Résistance, n'était que pire.

Alors, il fallait choisir le bon moment. Chaque chose en son temps car le temps est une donnée complexe avec laquelle il est fastidieux de traiter. Il valait mieux laisser Antarès s’échapper et éviter de perdre le Calice. On l’attraperait plus tard. On y arriverait.

Quand Sacha et Egon avaient demandé à Noah et Seth de s’assurer que le Calice ne serait pas brisé et qu’Isis ne serait pas tuée, Seth avait demandé la raison pour laquelle, ils ne pouvaient pas prévenir plus tôt l’école pour empêcher ce fameux Combat Blanc d’avoir lieu.

- On a déjà essayé, dit Egon a regret. Il semble que cet évènement doive avoir lieu sinon certains liens et certains changements consécutifs à cette débâcle ne verront pas le jour. Or, nous avons besoin que cela arrive pour avoir la chance, un jour, de supprimer Antarès... malgré tous les voyages dans le temps de Noah, nous n’avons jamais réussi à savoir qui était réellement cette personne. Occupez-vous juste de ces deux choses... Iccam Rosà est importante.

Sacha raconta dans le détail comment l’invasion du château allait avoir lieu. Egon précisa où chaque personne se trouvait, lui-même, dans ce passé de 2009 était à des lieues de Poudlard. Il n’avait encore qu’une chose en tête. La mort de Deneb. Il était incapable de force et son esprit était brouillé. Il se réveillerait quand il rencontrerait Isis. Aussi, Seth ne devait pas avoir l’esprit ailleurs quand il devrait la protéger :

- Il y aura beaucoup de sang, avait prévenu Egon. Ne... ne reste pas près d’elle trop longtemps.

Seth n’avait rien dit. Il se croyait alors incapable de blesser qui que ce soit. Il n’imaginait pas le futur. Il n’imaginait pas ce que serait ce Combat Blanc. Il songeait à sa fratrie. S’il était occupé à protéger Isis, qui s’occuperait de sa famille et de ses amis ? Liam ? Pouvait-il seulement faire confiance à Liam pour qu’il protège Eden ?

En voyant son tourment, Sacha avait changé de sujet. Il faisait confiance à Seth pour trouver une solution et il aurait trouvé ça abusif de lui demander de ne pas s’en soucier. Le jeune vampire s’en ferait quoi qu’il arrive. Il n’avait pas envie qu’une de ses paroles puissent laisser croire à Seth qu’Eden, Japhet et Liam étaient des pertes moins importantes... Il ne voulait pas donner cette impression. Il se tut. Il s’était adressé à son fils avant de leur faire toucher l’objet magique qui les ferait retourner à leur époque :

- Fils, dix minutes. Tout ce que tu as à faire, c’est de me retenir dix minutes. Utilise tous les moyens que tu as et ne m’écoute pas, tu sais comme je peux dire des conneries des fois. Quand ça sera fait, retourne auprès d’Isis car Seth... le sang... enfin, vous comprenez tous les deux. Elle ne doit rien voir, rien savoir. Ni Egon. Jamais. Ils doivent laisser faire les choses... elles se passeront. C’est la dernière fois que nous pouvons retourner à cette époque. Faites pas de bêtises.

« Je racontais tout ça à Isis. Je ne voyais plus de raison de cacher ce chapitre de mon histoire puisqu’il m’était donné l’opportunité de la raconter enfin. Je me rendis compte avec surprise que je n’avais rien oublié de ce premier voyage temporel. J’avais été choqué de connaître une époque où Isis, une simple camarade d’étude de runes, deviendrait un tel enjeu pour l’avenir. C’était malheureusement une époque où elle n’existait plus car, dans la salle d’examen, si aucun vampire n’était venu la kidnapper, elle serait aujourd’hui en Myr. Coincée avec le Calice. »

- Voilà, Isis, pourquoi et comment je sais.

Seth lui sourit en replaçant ses mains sur ses oreilles comme il l’avait fait à l’époque pour qu’elle n’entende pas :

- Cette robe te va bien... ça aurait été regrettable que tu ne sois pas là aujourd’hui pour la porter.

Il ôta ses mains et continua :

- Je t’avais promis que tu comprendrais plus tard la raison pour laquelle tu avais été enfermée dans ce placard à balais. Chose faite. Je ne savais pas que la rencontre avec Egon ferait de lui ton petit ami... C’est ça, n’est-ce pas ? Cette curiosité et cette nervosité... c’est plus qu’un Iccam. C’est ton petit ami ?




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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Sam 23 Oct - 14:49

- Il est bien plus que ça… je suis incomplète sans lui.

Le sourire aux lèvres, les yeux baissés, elle rougissait. Son cœur se réchauffait à cette simple phrase, Un petit copain ? Non plus que ça. Pas besoin d’un autel avec un parvis d’inviter qui applaudit à l’énoncer des vœux pour la rendre heureuse.

L’amour est quelque chose de simple chez Isis.
Elle aime. Elle déteste. Elle rit. Elle égueule. Elle le marave s’il touche à ses plantes. Elle le rend dingue. Elle marque son territoire. Elle tanne pour avoir la maison de ses rêves. Elle vit pour eux deux, jusqu’au jour où elle décide de lui demander, innocemment, entre deux gorgée de café, « tu sais ce qui manque dans cette baraque, les cris d’un enfant. Un mini Sutham-Kitlee qui aurait tes yeux et mon génialissime caractère. Tu t’imagines les avantages avec lequel il commencerait sa vie. Tu m’passes le beurre ?



- C’est un amour que je voudrais simple mais…

Mais la théorie est vite balayé par la pratique. Tomber amoureux le même jour où l’on apprend qu’on est la réincarnation des déités et qu’accessoirement on doit sauver le monde du nouveau mégalomane, rend les choses un poil plus complexe. De cette situation née des questions qui n’aurait pas leur place dans un rapport simple de couple.


Suis-je amoureuse parce qu’on est les iccams?
S’aime-t-on aussi intensément à cause du lien qui nous uni ?
S’aimera-t-on toujours quand notre tâche sera accomplie ?

Peu importe qu’ils soient certains de leur sentiment. Qu’ils soient persuadés que ça ne compte pas. Elles sont des épées de Damoclès au-dessus de leur tête, dans son esprit.

- …être iccam ça complique un peu les choses.

Quel euphémisme.

En particulier après avoir entendu le dernier récit. Seth lui avait tout dit, conter, décrit dans les moindres détails. Il a tenu sa promesse. Il tient toujours ses promesses malgré le temps qui passe. Elle lui en était reconnaissante, bien plus qu’elle ne pourrait jamais lui montrer.

Elle n’avait pas paniqué, même pas un tic de nervosité. Elle avait écouté, studieuse, curieuse de connaitre le fin de mot de l’histoire. Boucler la boucle, enfin. Et être délivrée du poids qui lui pesait.
Soulagée de comprendre pourquoi. Pourquoi ce fichu placard à balai ? Pourquoi elle ? Pourquoi la pression qui lui mettait pour devenir ce qu’elle devait être, lui était si insupportable ?
Elle venait de comprendre ce qui l’avait bloqué. Que les épreuves endurées lui avaient été bénéfique pour se découvrir. Une aide pour surmonter ses craintes.

Sa magie. Elle l’a réveilla pour sauver son fils.
Sa faiblesse. Elle s’était prouvé qu’elle pouvait être forte, même si cela s’alliait à la destruction, dans sa vendetta contre l’assassin de Mallhouwen.
Son manque de confiance. Seth venait de lui donner de quoi la surmonter. Surmonter le dernier de ses tares. Elle n’a jamais eu confiance en elle, se dépréciant toujours. Pourtant savoir que dans un futur révolu, elle était un espoir, la rendait plus forte. Elle voulait en être digne, être courageuse pour honorer leur acte. Ils lui avaient sauvé la vie par le biais de Seth, alors elle se dépasserait pour être à la hauteur de leur espérance.
Il lui fallait un but auquel se raccrocher. Seth venait de lui apporter.

Pourtant ce n’était pas faute d’avoir été dirigé vers cette voie. Les efforts d’Emmett. La confiance d’Egon. Les leçons de Mareva auraient du la pousser vers cette acceptation de son rôle depuis bien longtemps. Mais quoi qu’ils aient pu lui dire, elle ne voyait qu’une chose, elle ne leur était d’aucune utilité. Pas une as des missions, pas un super combattante reconnu dans le monde entier, pas une grande oratrice ni une dirigeante charismatique, et aucune connaissance dans le déchiffrage d’une Prophétie du Centaure. Alors, à quoi bon lui apprendre à devenir quelque chose d’important alors qu’elle ne servait à rien.

Maintenant, elle ne savait toujours pas en quoi elle pourrait aider, mais elle savait qu’elle y arriverait.


- La seule chose de simple c’est mon fils. Rhidow. On l’a adopté. Il a huit ans maintenant, enfin 109 ans exactement mais il en parait 8. C’est… mon rayon de soleil dans ses temps brumeux. Quand je suis avec lui, tout me parait si simple, si limpide, si beau… c’est ça beau.
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Mer 27 Oct - 21:49

Seth trouva qu’Isis avait gagné en maturité. Ce qu’elle avait traversé, combiné au fait d’élever un enfant, devait avoir contribué à la philosophie sereine qui paraissait être la sienne désormais. Elle était sans doute apeurée à l’idée de ce que le futur lui réservait, elle avait probablement des doutes, comme tout le monde, et il était sûr qu’elle agissait toujours avec inconscience, mais ça n’empêchait pas qu’il la trouvait grandie. Elle savait prendre du recul sans se mentir sur ce qu’elle se ressentait.

Il lui adressa un sourire bienfaiteur.

L’incomplétude qu’elle ressentait en l’absence d’Egon lui était un sentiment familier. L’absence d’Eden l’avait plongé dans les turpitudes et les vicissitudes les plus extrêmes. Depuis son retour, il avait l’impression que ses émotions n’avaient jamais été à ce point sollicitées et incompréhensibles. Il ne comprenait plus l’amour. Il doutait de ce qu’il était vraiment. Il en voyait les effets à l’extérieur des gens, comme pour Isis et cette impression de plénitude et de force qui l’entourait, mais à l’intérieur de soi, il en ignorait les nuances. Comment vivait-on réellement ce sentiment ? Ne se fourvoyait-on pas en le voyant où ça nous rassurait de le voir alors qu’il n’avait peut-être jamais existé ?

Pourquoi en a-t-on tellement besoin ? Et, si ce n’est l’amour, pourquoi le contact et le corps appellent-ils celui des autres au-delà de toute raison ? Ne sait-on vivre seuls ? Ne sait-on taire les instincts ?

Même pour lui, qui ne savait supporter très longtemps ou de manière agréable le toucher des inconnues, si l’assouvissement charnel lui faisait défaut, ses idées ne tournaient plus très rond. Même un vampire – Amys disait « surtout les vampires » – a besoin de l’autre. De se sentir complet en se mirant dans l’autre, en se recherchant à travers l’autre, en se plongeant dans l’autre.

Les pensées de Seth l’emportèrent loin d’Isis. Il vécut ses derniers jours en vitesse accélérée. Il remonta le temps jusqu’à Eden. La dernière fois qu’il l’avait vue avait été une souffrance de plus.

« - Eden...

J’avais été étonné de la voir devant la porte du Clocher. J’ai vérifié derrière elle. Je n’aurais pas aimé qu’elle vienne accompagnée. Elle n’avait pas annoncé sa venue et, au lieu de vérifier ses alentours, j’aurais mieux fait de vérifier les miens. Il y avait Hortense dans le salon. Et Hortense n’était pas beaucoup vêtue.

Je suis sorti en refermant la porte d’entrée derrière moi pour empêcher Eden de regarder à l’intérieur. Mal attifé, la ceinture du pantalon débouclée et la chemise manquante, elle devait penser que j’étais sur le point de me reposer ou de prendre une douche. Le quiproquo m’arrangeait. Je voyais en sa présence une aubaine particulière pour lui parler. J’avais des centaines de questions à lui poser. J’étais affolé et en même temps fou de joie à l’idée qu’elle soit venue jusqu’ici, devant ma porte. Je l’ai éloigné de la chapelle :

- Qu’est-ce que tu fais ici ?

Ma question avait sonné plus durement que je l’aurais voulu. Mais je me sentais toujours idiot et trahi par l’épisode qui s’était passé à Londres.

- Je voulais qu’on se parle... Tu es parti si vite la dernière fois... Je n’ai pas eu le temps de t’expliquer, avait-elle commencé.

Cela faisait plus de dix jours que j’attendais ce moment. Je ne lui en montrais rien. Je me sentais déjà contaminé par toutes les femmes au travers desquelles je m’étais vengé. Sali... épuisé. Perdu.

Nous nous assîmes près du cours d’eau qui frétillait timidement. Il ne faisait pas chaud. L’odeur d’Eden, son parfum, me cloua à mes nostalgies pour de bon. J’avais envie de la prendre dans mes bras, de la serrer. Je n’étais plus certain d’avoir envie de savoir ce qu'elle avait à me dire. Si elle avait pu m’expliquer que je m’étais trompé, que ce que j’avais cru comprendre n’était qu’une mauvaise interprétation de la situation, ça m’aurait soulagé. Je savais cependant que j’avais très bien compris la situation. Ce qu’elle allait me dire me ferait souffrir. Je me préparai à l'entendre. J’avais besoin qu’elle m’explique pour passer à autre chose.

Mais Hortense est soudain sortie de la chapelle.

- Seth ! Qu’est-ce que tu fais ? Je t’attends, il fait froid, le feu s'éteint !


Un sourire accompli sur le visage, Hortense était devant la porte. Pas plus vêtue qu’une Eve, un drap autour d’elle et l’odeur du stupre qui m’envahissait jusqu’ici. Heureusement, que ça, Eden ne pouvait pas le sentir. Elle n’avait pas besoin de le sentir. Elle voyait.

Ses yeux gris m’ont déchiré. Ils m’ont traité d’hypocrites. Elle qui s’apprêtait à me faire ses plus humbles excuses et à me raconter ces deux années sans moi... mais dans ces conditions, pourquoi se prendrait-elle la tête puisque je tournais si rapidement la page ?

Elle s’est levée comme une bourrasque et m’a giflé. Elle s’est fait mal au poignet. J’ai voulu voir sa main mais elle s’est reculée avec dégoût, regardant du côté d'Hortense qui savait exactement ce qu'elle était en train de faire. Elle ruinait le dernier espoir d'un renouveau avec la femme de ma vie... de ma mort.

- Hortense ! Rentre ! Rentre, bordel ! Hurlais-je à la moldue.
-
Tu es immonde, Seth ! Et moi qui me faisais du souci ! S’écria Eden.
- Ce n’est pas ce que tu crois ! Me suis-je défendu en me levant à mon tour.
- Ah ? Qu’est-ce que je dois croire ? Qu’elle est tombée toute nue, par hasard, sur le palier du Clocher et que, dans ta grande âme, tu lui as donné des orgasmes à défaut d’un peu de pain ? Salope !!!
- C’est à moi qu’elle dit salope, la naine ? Se mêla Hortense en nous rejoignant. Elle n’avait pas écouté mon avertissement.
- Hortense ! Je t’en prie, tais-toi ! Rentre...
- Non ! Je ne rentre pas ! C'est avec moi qui tu as commencé la soirée, tu ne vas pas finir avec cette... C’est "quoi", elle ? C'est qui ?
- Tu me dégoûtes ! Ne m’approche pas, Seth !


Eden est partie en courant. J’avais peur qu’elle transplane et qu’elle disparaisse pour toujours. Je ne voulais pas non plus laisser Hortense, seule, au milieu de la forêt. Cette douleur infligée malgré moi à Eden me donnait une vague impression de lui rendre enfin la monnaie de sa pièce. Je voulais qu'elle ressente une infime partie de ce que j'avais ressenti à Londres. Je voulais la blesser. Je voulais aussi arranger les choses. Si j'avais pu noyer Hortense dans la rivière ou la faire taire, je l'aurais fait. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?

Mon hésitation a fait monter l’énervement. J’ai repoussé Hortense avec vigueur. Elle est tombée, s'est blessé au mollet, ça saignait, ça ne m'a même pas attiré. Elle s'est contenté de geindre. J’étais déjà parti à la recherche d’Eden. J'avais vu son ombre se faufiler en direction du sentier menant au château mais elle dût penser que j'aurais tôt fait de la rattraper. Dès qu'elle serait dans le périmètre de Poudlard, elle ne pourrait plus transplaner. Un crac retentit. Elle avait disparu. »


Seth se gratta le coin de l’arcade sourcilière en signe de gêne. Il ne se voyait pas donner le change et raconter cette histoire à Isis. De plus, qu'en aurait-elle eu à faire ?
Ses souvenirs ravivait sa haine. Il ne fallait pas qu'il repense à tout ça. Il ne voulait pas savoir à qui était la faute. L'amour l'avait fait espéré et tenir. Puis, comme dans toute bonne trahison, l'amour avait eu raison de lui au moment où il s'y était attendu le moins.

Il était assis contre la table, les bras croisés sur sa poitrine. Il balaya d’un soupir le morne souvenir :

- Si ça peut te rassurer, être vampire ça complique aussi un peu les choses, esquissa-t-il d’un sourire bref. Comme l’amour n’a jamais été très simple en lui-même - enfin, je crois... Je ne l'ai rencontré qu'une fois - ça donne une sorte de sauce insipide à la fin. Sauf si on tient bon et qu’on se raccroche aux bonnes choses. Comme tu le fais avec Rhidow.

Un silence.

- J’ai faim. Il faut que je m'occupe pour ne plus y penser.




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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Sam 30 Oct - 15:01

- Si tu veux

Le bras tendu, le poignet en évidence, elle invitait Seth à se servir.

Ce n'était pas un coup de tête. Ni un caprice. Encore moins une tentative de mettre fin à ces jours.
Ce n'était pas une manière de le mettre mal à l'aise. Si s'était le cas, elle aurait fait ou dit autre chose. Et dans cet optique, même si elle avait réussit, il ne l'aurait jamais fait apparaitre sur ses traits. Seth reflète l’image de quelqu’un d’impassible malgré lui. Ca faisait partit du personnage.

C’était un geste impulsif. Elle n’y avait pas réfléchit. Ca allait de soi.
Pas de donner son sang à un vampire. Elle ne l’aurait jamais fait pour Amys ni Solace, et encore moins pour un vampire lambda.
Ca allait de soi de lui proposer. S’était Seth. Un ami. Elle lui devait sa vie, son amour, son fils. Sans lui, plus de soirée avec les copines, plus de repas interminable chez les Kaitos, plus de batterie, pas de soirée en amoureux et fini les galipettes.
Alors il pouvait se servir de son sang pour se nourrir. Ca ne retirera jamais la dette qu’elle avait. Une dette qu’elle se savait incapable d’honorer.


Inconsciente. Pas pour elle.
Incongrue. Sans aucun doute.



- A moins que… tu sois végétarien.

Isis prit conscience de sa bévue.
Une sorcière servant de festin volontaire à un vampire. Outre la déontologie dans cet acte, il y avait des lois. Les bafouer signifiait la mort pour les vampires.

Nul suceur de sang n’avait le droit de toucher à un sorcier. Pas besoin d'expliquer en long et en large les conséquences de cette proposition.


Le bras se replia contre sa poitrine.
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Mar 2 Nov - 21:57

La tête que fit Isis arracha son premier fou rire depuis longtemps à Seth. Il n’avait plus ri comme ça depuis la dernière partie de chasse avec Noah. Il s’en tenait les côtes. Il la trouva adorable - et à "croquer" - avec son teint empourpré et son bras replié sur le thorax.

- Végét ! Vég... ahahhahah !! Is...is... ahahahahaha !

Le rire lui sciait les mâchoires et les côtes. Il avait dû se reculer et se tenir à la cloison de la cuisine tant ses jambes, rigolant aussi, ne le tenaient plus debout. Il essaya deux ou trois fois de dire quelque chose mais il repartait de plus belle dans un nouveau fou rire. Il ne fallait plus qu’il la regarde sinon ça ne lui passerait pas.

La main tendue devant lui et qui pointait Isis, il essayait désespérément d’articuler quelque chose qui avait décidément du mal à sortir. Il finit par s’accroupir et se concentrer sur le sol qui n’avait rien de drôle en attendant que le fou rire lui passe.

Un, deux, trois... il releva lentement la tête vers Isis... raté. C’était reparti pour un tour.

Des anges passent. Des troupeaux d'anges passent et Seth riait toujours.

Il finit allongé et épuisé de rire, les bras en croix et les yeux ouverts sur le très haut plafond du Clocher.

- Ahhh, soupira-t-il en fin de rire, tu aurais dû voir ta tête. Je n’avais jamais vu une tête pareille. C’est la plus belle tête qu’on m’ait faite depuis cent ans.

Il se redressa d’un mouvement aérien et s’avança de nouveau vers elle.

Ses traits étaient encore rayonnants de sa crise de rires. L’amusement planait sur son visage lactescent. Il avait un air assez canaille et ses yeux pétillaient d’une réplique qui ne tarda pas à sortir :

- Iccam Rosà, je suis très touché par ce geste. Mais si je bois de la cuvée 2012 d’Iccam Rosà, en dehors de finir au bûcher, j’ai peur de ne pas savoir m’arrêter et que ça soit la dernière fois que quelque chose de bien m'arrive. Je sais très bien m’empêcher et, même si je suis très curieux de savoir à quel point tu es différente ou similaire à... à Eden, par exemple, je ne peux pas accepter. La morsure met deux jours environ avant de s’effacer. Merci... c’est adorable.


Il aurait pu accepter. Ce qu’il venait de dire n’était qu’à moitié sincère. Véritables étaient le sentiment de gratitude et le remerciement. Cependant, il n’avait aucunement peur de finir sur un bûcher. Ca serait même une délivrance et le châtiment aurait été mérité. De plus, avant de finir dans les flammes ou la tête coupée, il fallait d’abord être dénoncé puis attrapé. Il pensait qu’Isis ne le dénoncerait jamais de sa propre volonté, d’autant plus qu’elle le lui avait spontanément proposé sans se poser de question. Le geste était d’une candeur et d’une réelle générosité. Quand bien même se fourvoyait-il et enjolivait-il la détermination d’Isis, il faudrait encore l’attraper et la chose était plus malaisée. Seth n’était pas mauvais pour disparaître sans donner signe de vie. On le lui avait mainte fois reproché et il en payait d’ailleurs encore les conséquences.

Il ne craignait pas non plus de savoir ou non s’arrêter. Il le pouvait sans difficulté et il ne mettrait jamais la vie d’Isis en jeu pour quelque motif que ce soit.

Ce qui le retenait réellement le plus était de mettre Isis dans la situation où elle devrait le dénoncer. Comme il l’avait dit, les marques de la morsure disparaissaient généralement au bout de deux ou trois jours. Si quelqu’un voyaient ces marques, il devinerait ce qui s’était passé et poserait des questions. Elle lui tendait le poignet, certes. L’automne emmenait avec lui la mode des manches longues mais, dans son intimité avec Egon, que dirait ce dernier quand les manches longues tomberaient ? Et si la morsure était au cou, l’objection serait la même. Quant aux autres endroits du corps, c’était impensable. Pour finir, il ne garderait pas Isis cachée au Clocher le temps de la cicatrisation sinon ses amis de la Résistance lanceraient un avis de recherche mondial et la Résistance devait avoir d’autres trolls à fouetter.

Seth avait vu des sorciers sur lesquels on avait utilisé un philtre de veritasserum ou de la légilimancie pour les faire parler. Alors, même si la tentation planait dans son regard amusé, jamais il ne mettrait Isis dans une situation pareille. Il ne voulait pas qu’un jour, peut-être, elle soit obligée de le trahir.

Il se releva et tendit sa main à Isis, avide de continuer à domestiquer et éradiquer le rejet tactile, et pour l’inviter à se relever :

- Tu veux chasser avec moi ?
demanda-t-il, mutin comme s’il la mettait au défi d’accepter. Tu ne risqueras rien. Je ne ferai pas l’andouille. Et en chemin, tu me diras ce que tu as bien pu trouver à mon frère... je ne comprends pas les filles. C’est écrit sur son front qu’il n’est pas viable.

Ses yeux se plissèrent, galopins et rieurs :

- A moins que ça soit exactement ce que tu cherchais...

Presque pour lui, en souriant avec une pointe de nostalgie :

- J’aimais cette époque, même si elle était parfois difficile.
Chasse ou pas chasse ? Tu peux m'attendre ici en lisant les magazines de Liam. Je peux aussi te rapporter quelque chose à manger si tu as faim. Je n'en aurais pas pour plus de trente minutes. C'est comme tu préfères.


Si elle disait chasse, la robe serait peut-être en trop.




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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Mer 10 Nov - 21:08

Elle patienta le temps qu’il finisse gentiment de se moquer.
Au début, elle en fut interloquée. Soyons franc, quand elle avait replié son bras en réalisant sa bévue, elle imaginait au pire qu’il la chasse, au mieux de l’indifférence. Elle était à dix milles lieux de penser qu’il partirait dans un fou rire interminable.

Alors, elle patienta calmement, attendant que sa petite crise de clownerie finisse par s’estomper. Il se calma. Pour reprendre de plus belle. Pour se calmer de nouveau. Et recommencer. Et ainsi de suite jusqu’à l’épuisement.

Ce serait mentir si elle n’avouait pas s’être prise eu jeu. Elle l’accompagna dans son euphorie de manière plus discrète.

Puis vinrent les explications, les cuvées d’iccam et les « c’est… adorable » irrésistible avec ses yeux pétillants et les traits mutins. Isis ne l’avait jamais vu aussi vivant qu’en cet instant. Elle se retenu de ce jeter à son cou.

Elle aimait ce Seth. Amicalement s’entend.

Elle avait l’impression d’avoir franchit un de ces nombreux rempart. Il lui montrait une de ces facettes qui ne semblait n’avoir dévoilé qu’à ses proches. Et d’après elle, la liste se composait de son frère, Liam, sa sœur Japhet, son premier amour Eden, a rajouter sa créatrice, et des amis avec qui il avait trainé à Poudlard, Caleb, et O’Malley. Dans ses souvenirs la coqueluche des groupies du monde entier était super potes avec l’hybride. Quoi qu’elle n’en mettrait pas sa baguette au feu.
Isis, et ce même si elle se fourvoyait, avait l’impression d’avoir passé un cap dans sa relation avec Seth. Voir même Le Cap. Le passage entre être une amie lambda à qui on a sauvé la vie et une amie qui appartenait à sa meute.

Alors, dans cet état d’esprit, elle prit sa proposition de chasse plutôt bien. Si la demande aurait pu être dérangeante, Isis l’abordait comme une espèce de rite de passage. Un test pour les louveteaux fraichement admis pour permettre à l’alpha, en l’occurrence Seth, de connaitre la place de la nouvelle louve dans son clan.


- Si tu me laisse le temps de remiser cette superbe robe au placard, je suis ton homme… ou ta femme.

Elle attendit qu’il lui lâche la main, elle s’était rendu compte qu’il faisait beaucoup d’effort pour domestiquer sa répulsion. Elle ne voulait pas non plus le brusquer. Sans perdre de temps, au cas où il changerait d’avis, Isis s’engouffra dans la chambre sans prendre le temps de fermer la porte. Comme elle lui signala, troqua la robe noire pour ses fringues cradingues et déchirés de partout. Tout en répondant à ses questions.

- J’aimais bien aussi cette époque. Tout me semblait possible et insurmontable. Il y avait des bas, mais il ne prenait pas le pas sur les bons côtés… alors que maintenant, ca serait le travers. Mais...

Elle sortit de la chambre et termina d’enfiler le pull blanc de mister Cullen.

- Mais, pour rien au monde j’y retournerais. C’est un merveilleux souvenir, surement l’une des plus belles années de ma vie à lors actuel, mais j’ai Egon et Rhidow maintenant. Je ne me risquerais pas de les perdre pour rien au monde. Pas par nostalgie.

Isis se tenait au garde à vous, prête à partir en chasse, tout guillerette et à mille lieux de vraiment comprendre qu’elle partait en chasse. Elle avait toujours à l’esprit cette pensée euphorisante de faire partit de la meute.

- Pour Liam… je n’aimais pas son côté tombeur, il me laissait indifférente. Collectionner les conquêtes à mes yeux était un fait sans aucun intérêt. C’est ce qu’il cachait, c’est… un souvenir pendant un cours qui m’a… tu lui diras pas, mais il m’a ému. Ce n’était pas juste un beau mec qui couchait avec la moitié du collège. Je le voyais dorénavant, comme un mec sympa qui préfère mettre en avant son foutu caractère mais doté d’un charisme impressionnant. Il joue avec son monde de manière intelligente et élégante. Il préférait cacher ses qualités derrière une image d’un mec désinvolte.

Elle se dirigea naturellement vers la porte après avoir tendu sa main à Seth pour qu’il l’a prenne.

- J’étais pareil en quelque sorte… je me cachais derrière une image frivole que je n’assumais pas au grand jour contrairement à lui. Passer une nuit avec ton frère n’était pas préméditer c’est arrivé comme ça. Ca reste un bon moment. Et je crois que ca c’est passer parce qu’il était comme moi, pas viable. Les questions sur les relations sexuelles de ton frère sont terminées ?

Elle lui fit un grand sourire mutin, curieuse de savoir la réponse qu’il lui apportera.

- Liam a parlé de moi ? Je veux dire… j’ai l’impression que tu n’étais pas au courant, alors, je me demandais, c’est une bonne chose où j’étais vraiment un mauvais coup ? Autant dire, que par décence pour mon ego, je t’interdis de me répondre la deuxième.
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Mer 24 Nov - 14:38

« C’était comme si elle ne me parlait pas du même Liam. Pour moi, il restait le tombeur sans scrupule guidé par l’intelligence de sa queue et non pas celle de sa tête. J’aimais mon frère. De tout mon cœur. Du moins, au jour d’aujourd’hui, je pouvais dire que je l’avais aimé. Nos agissements et la manière dont nous appréhendions nos relations amicales et personnelles étaient diamétralement opposées mais je me reconnaissais en lui. Nous n’avions simplement pas la même façon de soigner notre solitude. Il avait toujours recherché l’activité intense et la séduction était un ouvrage à plein temps. Pour ma part, je concentrais mes efforts dans la construction stable et à long terme. Quoi qu’il en fût, cet aspect de nos vies occupait plus de 90% de nos pensées.

Aujourd’hui, la tendance était inversée. Je ne me sentais pas viable. Je n’étais pas celui sur lequel on pouvait fonder des espoirs. Comme quoi, il dormait en chacun de nous un côté sombre et un côté clair. Sous les ailes des anges dormaient les démons.

Liam avait trouvé la stabilité et j’arpentais les nuits à la recherche de mes coups d’un soir. Seul le fond du problème n’avait encore jamais évolué : nous souffrions toujours de la même solitude. Il la comblait en fondant ses espoirs dans un avenir fabriqué de rêves qui n’étaient pas les siens et j’occupais le temps à me dépouiller de la morale et des principes qui m’avaient autrefois fait homme.

A mes yeux, les filles qui tombaient pour Liam n'étaient jamais ignorantes de ce qui les attendait. J'avais seulement du mal à comprendre qu'on recherche cela chez quelqu'un.

Liam n’avait jamais mis son caractère de côté. Il n’avait jamais souffert des racontars, lesquels alimentaient toujours plus et mieux sa publicité personnelle. Si on le traitait d’enfoiré ou de Dom Juan, cela ne le touchait ni ne l’ennuyait. Il ne se galvaudait jamais de ce qu’on eût pu penser de lui. La seule chose qui comptait pour Liam était la satisfaction de ses désirs. Quand il en était un en jeu, il mettait tout en œuvre pour tirer le meilleur parti des situations ou des gens. Manipulateur et sincère, il n’avait jamais eu besoin de mentir ou de dissimuler ses desseins car la rumeur arrivait toujours avant lui auprès des personnes qu’il voulait séduire. Si ce qu’il était dérangeait quelqu’un, ce n’était jamais lui. Loin d’être un handicap, on lui pardonnait d’être Liam car il avait toujours été sincèrement lui.

Mon frère me manque.
Je le déteste.

Si mon dernier voyage dans le temps m’a fait revenir avec un frère aussi exaspérant et attachant que l’original, celui de mon temps, le vrai Liam, si je puis dire, est une fois de plus l’acteur de mes plus grandes déceptions. Cette fois, j’aurais du mal à lui pardonner. »


Pendant qu’Isis était retournée mettre ses vêtements abîmés, Seth avait préparé un petit sac qu’il lui tendit alors qu’ils se dirigeaient vers la porte. La besace contenant des vêtements pour lui. Notamment, un pantalon.

- Les questions sur les relations sexuelles de ton frère sont terminées ? Liam a parlé de moi ? Je veux dire… j’ai l’impression que tu n’étais pas au courant, alors, je me demandais, c’est une bonne chose où j’étais vraiment un mauvais coup ? Autant dire, que par décence pour mon ego, je t’interdis de me répondre la deuxième.
- Ma question n’était pas d’ordre sexuel. Tu m’as donné plus de détails que je demandais,
rit Seth en ouvrant la porte à Isis. Et, non, il ne m’en a jamais parlé... une fois, tu m’as écrit à Carlisle. Liam a semblé te connaître. Il a fait sa figure mystérieuse en me demandant de te passer le bonjour et de te demander si tu aimais toujours la vue qu’on avait depuis l’île de la Cité - ce que je n’ai absolument pas fait - et j’ai compris cet air quand tu m’as dit que vous aviez eu une petite aventure. C’était de la satisfaction sur son visage... toutefois, il ne se vante jamais de ses conquêtes. Les autres le font pour lui. On pourra lui envier une certaine discrétion.

Ils marchèrent jusqu’à l’orée du bois. Seth avait gardé la main d’Isis dans la sienne. La sensation était encore neuve. Il y pensait. Il ressentait sa main. L’acte n’était pas encore tout à fait anodin néanmoins, il ne le gênait pas.

- En fait, je pense qu’il a aimé chacune des filles – et des garçons... – avec lesquels il a eu une aventure. Aussi brève furent-elles. Je me demande s’il se souvient de toutes. En tout cas...

Un silence. Il déboutonna la chemise, ôta ses chausses et retira sa ceinture qu’il fourra dans la besace qu’il avait donnée à Isis. Deux pantalons fichus le même soir... il faudrait qu’il arrête de se transformer devant autrui. Une fois qu'il ne portait plus que son pantalon, Seth inspira et étira un sourire un peu forcé :

- En tout cas, aujourd’hui, je suppose que c’est du passé. Il est marié... à Eden, lâcha Seth en se transformant subitement en lycan. Il n’avait aucune envie d’offrir à Isis la réalité de son expression après cette dernière confidence. Son épine dorsale se courba, ses griffes sortirent, ses pattes s’épaissirent et le poil blanc de loup recouvrit bientôt tout son corps qui gagna le volume d’un gros ours. Il n’y avait plus que les yeux de la bête qui ressemblaient encore un peu à Seth. Les yeux souriaient avec tristesse.

Il leva le museau vers son propre flanc pour inviter Isis à s’asseoir de la même façon qu’à leur arrivée. Il se baissa pour lui permettre de trouver facilement ses prises et quand elle fut assise sur lui, il se mit à galoper.

Ils traversèrent la forêt Écossaise jusqu’aux confins des ombres dansantes. Soudain, il arrêta sa course. Il leva ses naseaux. Un fumet imperceptible pour les narines humaines l’alerta d’une présence. Le loup sourit. Une proie.

« Pour obliger Isis à me saisir plus fort au collet, je bougeotte, comme si je m’essorais en sortant de l’eau. Lorsque sa prise devient plus forte, je m’élance vers un buisson derrière lequel je sens une présence. C’est un cerf. Triste repas. Je préférais encore l’Uruk à Frange mais, ce soir, il s’agit plutôt de me ravitailler le temps qu’Isis retourne au château.

A la dernière minute, je comprends que je ne suis pas le seul sur la proie cervidé. De l’autre côté d’un taillis, l’odeur pestilentielle d’une acromentule m’envahie. Je trésaille. L’envie, la joie, l’excitation d’avoir une chasse moins évidente. En temps normal, j’aurais repris ma forme humaine pour combattre l’araignée géante mais dans la situation...

L’acromentule est de petite taille. Elle s’élance vers nous pour nous évincer en tombant, les huit pattes en avant et la première, sur le cervidé. Le cerf panique et essaye de s’enfuir vers des tertres plus sombres. Je bondis à la dernière minute sur le tronc d’un arbre mort qui est tombé entre deux chênes dont l’un le maintient en équilibre à une hauteur de quelques mètres. Le cerf passe en dessous du tronc. L’acromentule le rate de peu. D’un autre bond, je m’écarte de l’acromentule arrivée près du tronc mort et part avec un peu d’avance en direction du cerf. L’araignée me crie d’arrêter et de laisser le cerf sinon je paierai de ma vie. Je ne demande que ça. Un peu de challenge.

« Accroche-toi bien Isis ! »

Je ne peux que penser.

La course nous emmène jusqu’à une futaie. J’ai perdu la trace du cerf. Je freine. L’acromentule est toujours sur mes talons mais le bruit de ses lourdes pattes s’est multiplié. Je comprends qu’elles sont désormais deux. Elles se dirigent droit vers nous. Je hume l’air pour repérer la piste du cerf. Des traces de sabots enfoncés dans la bourbe m’indiquent qu’il s’est dirigé vers la frontière de la forêt, à l’ouest, en direction de Pré-au-Lard.

Les deux acromentules sont à six mètres.
»


« En quelques secondes, je recouvre ma forme humaine. En moins d’un souffle de fourmi, je me retourne et j’attrape Isis, sous les fesses de laquelle l’épaisse fourrure blanche a disparu. Elle tombe dans mes bras avant de toucher le sol. Je bondis aussitôt dans un arbre où, caché par les feuillages, nous regardons en bas les deux bestioles passer à toute allure en direction de la piste du cerf. Elles s’arrêtent subitement et lèvent leurs immenses mandibules vers la cime du chêne où nous sommes réfugiés. La deuxième acromentule est de taille adulte. Elle me crie de descendre. J’ai toujours Isis dans les bras et je guette entre les feuilles l’activité des deux araignées.

La plus petite des deux se met à prendre de l’élan et à taper dans le tronc pour nous en faire tomber. Ni une ni deux, je saute dans l’arbre suivant. Je suis tout sourire. J’adore ça... la chasse.


- Accroche-toi bien, Isis, dis-je en plaçant ma main sur le bras qu’elle a autour de mon cou pour inspecter qu’elle a une bonne préhension.

Puis, une dernière fois, je saute en bas de l’arbre et me mets à courir à toute allure en direction de l’ouest. Je sème assez facilement les deux acromentules. Elles n’oseront jamais venir si près de la route. Quant au cerf, une fois que son odeur se fait plus dense, je ralentis. Je m'accroupie doucement, prenant garde à ce qu’Isis soit toujours bien cramponnée dans mes bras et autour de mon cou. Nous espionnons le cerf. L’animal est en train de paitre l’herbe grasse, persuadé que le danger est loin de lui. Si je m’approche de trop près, il sentira mon odeur de vampire. Les animaux ne supportent pas notre odeur contrairement aux êtres humains qui en sont hypnotisés.


- Par contre, Isis, lui dis-je en la déposant sur l’herbe derrière le buisson où nous sommes cachés, maintenant, je ne veux plus que tu regardes... je n’aime pas qu’on regarde boire.

Je lui souris une dernière fois avant de disparaitre. Je me retrouve quelques secondes plus tard près du cerf que j’attrape au cou. Je renverse sa masse sur le sol et me penche vers lui. J’enfonce mes crocs dans sa chair et cependant que je m’abreuve, je reprends ma forme lycanthrope pour nourrir les deux parties de moi. La bête et le vampire. »


Quelques dizaine de minutes plus tard, Seth revint vers Isis où il l’avait laissé derrière le buisson. Il était de nouveau sur deux jambes, un genou à terre et l’autre relevé de manière a cacher la partie inférieur de son anatomie. Un véritable homme des bois. Il tendit sa main vers Isis pour lui demander le sac :

- Je peux ?

Spoiler:
 




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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Lun 6 Déc - 21:58

Eden et Liam.
La métamorphose avorta les jolies phrases de soutient partagée entre réconfort et pitié. Ce qui, soyons franc, soulagea une Isis qui n’avait jamais aimé l’exercice même si elle le surmontait avec abnégation quand elle si trouvait confrontée. Alors elle considéra l’aveu comme elle pensait qu’il devait l’être. Une blessure trop importante pour qu’il puisse la cicatriser pour l’instant.

Avant de grimper sur lui, au plutôt sur sa bête, elle caressa doucement la fourrure entre les deux yeux, descendant lentement jusqu’au museau qu’elle emprisonna tendrement. Le but, lui permettre de plonger dans les prunelles étonnement humaines du loup. Lui murmurer par un regard qui se voulait dénuer de pitié ou tout autre sentiment négatif, pour lui faire comprendre sans mot « Je garde précieusement la confidence, et peu importe quand, où, comment, pourquoi, si tu en ressens le besoin, je suis là ».

Puis vint la chasse.

- maintenant, je ne veux plus que tu regardes... je n’aime pas qu’on regarde boire.

Non sérieux.

Pourtant aucune réplique ne fusa. Ce n’était ni le sérieux de la demande, ni son absence la seconde d’après. Son silence était du au simple fait que durant ce laps de temps, Isis se crut en train de contempler l’œuvre de Michel-Ange. David s’apprêtant à défier Goliath. Et comme dans son souvenir, elle se mit à rougir. A huit ans, quand on rougit devant la photo d’une statue représentait un bel éphèbe et tout nu dans un bouquin qu’on avait chipé discrètement à sa mère - alors qu’on lui avait interdit - et qu’en plus, on est pris sur le fait par son père un brin moqueur, peu se comprendre. Mais là, maintenant, rougir ça l’énerva. En réalité, c’est sa gêne qui l’énerva. A mois que ca soit le fait qu’elle ne la comprenne pas qui l’énerva. Bref, elle s’énerva pour rien, parce qu’il y avait pas de quoi s’énerver.


Alors pour décompresser, et pendant son temps d’attente, elle s’allongea de la manière la plus discrète possible, pour ne pas gêner le chasseur de marbre, pour contempler les étoiles. Elle repensa à la course effrénée qu’ils avaient vécue. Les sentiments éprouvés étaient partagés. Partagés entre l’allégresse du galop et la peur de la chasse.

Contrairement à son transport jusqu’au clocher, cette fois ci, elle ressentit un plaisir à galoper sur le dos de Seth. Elle avait déjà monté Benemoth et même si le sombral était bien plus rapide que n’importe quel loup-garou, Isis n’avait jamais éprouvé du plaisir à voler sur son dos. Pourtant, elle donnerait très cher pour remonter sur son ami.
Pendant la course, on aurait dit que rien n’aurait pu les arrêter. Comme si la végétation était un lac dans lequel ils avaient plongé, courant, esquivant, zigzaguant, se noyant dans les herbes hautes, les tapis de feuilles mortes, les arbres aux couleurs chatoyantes. La plénitude qui en découlait lui semblait irréelle. Isis ne s’était jamais autant sentit sereine. Entendre le vent siffler, sentir les brindilles la chatouiller, humer la terre mouillée la rendait complète. Complète c’est ça. Jusqu’à sentir la chaleur de sa magie au plus profond d’elle-même. Elle éprouvait sa puissance et pour la première fois depuis son parcours en Indonésie, ne fut pas effrayait par les possibilités qui s’offrait à elle. Plus important encore, elle la considéra comme sienne.

Devenir louve, pensa-t-elle.

Maintenant qu’elle était au calme, elle trouva sa pensée grotesque. Elle ne désirait pas devenir louve. Ce qu’elle désirait par-dessus tout s’était de pouvoir vivre tout sa vie dans l’apaisement que cette course lui avait procurée.

Pourtant non. Même pour ne faire plus qu’un avec la source de sa magie, la nature, cette forêt, Isis ne se ferait pas transformer volontairement en lycan. Pour plein de raison, la plus simple résidait dans la chasse.

Courir à perdre halène à travers les paysages avait un prix trop chère à ses yeux. La chasse ou plus généralement le danger n’était pas des moteurs dans sa vie. Elle les fuyait sans aucun remord. Ce n’était pas son essence.
Lutter pour attraper sa proie, échapper à des acromentules, être submerger par l’adrénaline du combat, par le plaisir, l’excitation, le jeu, très peu pour elle. Elle avait tenu bon, gardé son sang froid, s’accrochant plus que de raison à Seth, mais n’entrava pas la traque.

- Je peux ?

Parce qu’il en avait besoin.
Parce qu’il savait ce qu’il faisait.
Parce qu’il ne la mettrait jamais en danger. Il lui avait dit, il lui avait montré, il l’avait prouvé une fois de plus. Elle était indemne.

Isis se releva tranquillement, acquiesça, et lui tendit négligemment le sac. Quand elle releva les yeux vers lui, elle se mit à rougir. L’image de David lui revint en mémoire.
Mais maintenant, elle n’était plus énervée. Elle savait pourquoi elle était mal à l’aise. Parce que c’est la toute première fois qu’elle considérait Seth comme un bel homme. Oh elle savait qu’il était joli garçon, il avait été parmi les mecs les plus en vus des Bécasses mais son salut vint du faite qu’il était bien trop mystérieux pour qu’on l’enquiquine. Malgré tout, Isis ne voyait en lui, ou plutôt n’avait vu qu’en lui, un ami, et pas un mec avec qui elle aurait pu avoir une relation. Et ça, elle ne l’aurait jamais cru.

Pour éviter de s’attarder sur les muscles qui se dessinaient à travers la peau albâtre de l’hybride, Isis reporta son attention sur le sac. Elle examina les vêtements qu’il avait emportés pour se détacher de l’image du chasseur. D’abord la chemise, puis le pantalon, des chaussures… et là, ce fut La question qui lui sauta aux yeux.

Caleçon, ou pas caleçon ?

Hum… on va éviter la question.

Isis se releva, s’épousseta, tourna le dos à la scène de crime, et commença silencieusement à se diriger vers le sous bois. Elle tendit la main à Seth. De un parce qu’elle ne savait pas où elle se trouvait par rapport au Clocher, et qu’elle se serait perdu sans le moindre doute. De deux, parce que quand il lui prit la main, et récupère la besace, elle se hissa sur la pointe des pieds pour lui faire un baiser. Un remerciement pour la ballade car même si la chasse n’était pas sa tasse de thé. Elle avait beaucoup apprécié la sortie.

Maintenant il ne restait plus qu’à rentrer. Ses bâillements trahissaient sa fatigue. Et même si elle essayait tant bien que mal, elle ne pouvait pas cacher encore très longtemps sa fatigue.
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MessageSujet: Re: L'Uruk à Frange   Mar 7 Déc - 20:39

Il tendit sa joue pour aider les lèvres à accéder plus aisément à leur but. Son sourire était de fierté ; de pouvoir faire ce genre de chose sans éprouver de malaise. Mais aussi de plaisir. Il restait incontestable qu’un bisou flattait le nerf de l’amitié.

Seth fourra la main d’Isis dans la sienne et ils avancèrent à travers les frondaisons nocturnes. Il garda ses sens en éveil, près à en découvre avec les Acromentules qui devaient les attendre non loin de l’endroit où ils les avaient laissé. Pour éviter quelque malencontreux problème, Seth décida de faire un détour.

Après quelques bonnes minutes de marche et quelques bâillements d’Isis qui l’interpelèrent, il la souleva pour l’aider à se mettre sur son dos. Elle pourrait s’endormir malgré sa raideur. Elle protesta qu’elle n’était pas cul de jatte et qu’elle pouvait marcher. Il protesta à son tour, tout sourire, qu’elle lui semblait si fatiguée et si minuscule et que parfois il en oubliait que les simples humains, aussi Iccam soient-ils, savaient grimper sur le dos des vampires. Fatiguée ou non. Elle redoubla d’efforts pour le contredire de toute la mauvaise foi que Seth lui connaissait. Ses derniers arguments auraient sûrement eu plus d’effet si elle avait pu réprimer un bâillement en plein milieu. Les mimiques taquines de Seth eurent raison de sa fierté. Portée, elle lutta contre le sommeil, mais malgré la rigidité du dos vampirique, elle somnola.

Il ne courut pas. A peine accéléra-t-il le pas. Ils en avaient pour quarante minutes à vitesse humaine. Il attendit qu’elle soit complètement endormie pour filer à travers le bois. Il se força à être délicat et à éviter les virages surprenants.

Ils furent rentrés après quelques minutes de plus. Il poussa la porte du Clocher avec un de ses pieds, faisant habilement passer Isis de son dos à ses bras, et se dirigea vers la chambre de Liam. Il déposa Isis sur le lit puis alla allumer le feu dans la cheminée. Comme il était seul, que personne n’était là pour le dénoncer, il alla vers la petite boîte cachée derrière une étagère du salon pour en sortir sa baguette. Il l’utilisa pour garnir les braises et attiser l’âtre de la chambre.

Avec la même délicatesse, comme si elle avait été accueillie par une brise qui parcourait la chapelle, il retira son pull et la borda dans le lit. D’un autre coup de baguette raisonnable, il écarta les artifices de Liam, les robes, les magazines, les échantillons de beauté. Il remisa le tout dans la vieille armoire qui contenait déjà beaucoup des affaires de son frère.

- Il faudrait que je brûle tout ça... soupira-t-il.

Finalement, il n’y eut plus rien à remuer, plus rien à nettoyer ou à mettre en ordre pour améliorer l’hospitalité du lieu. Il songea qu’il aurait peut-être mieux valu qu’il emmène Isis près des siens mais il n’avait pas la moindre idée de la manière dont il aurait pu les contacter. Aussi se ravisa-t-il. Admettant, en outre, qu’il aimait l’idée de l’avoir pour lui tout seul encore un peu. Il la regarda dormir un instant, repensa à toutes leurs discussions de la soirée, à la partie de chasse, à sa main dans la sienne, au baiser. Il porta machinalement sa main à sa joue, à l’endroit où il avait accepté ce témoignage de grâce, et sourit.

Il attira à lui un des grimoires qui jonchait les lavabos et les étagères de la cuisine. Il l’ouvrit à une page et alla se caler près d’Isis pour lire, bercé par la respiration de l’Iccam.

Le lendemain, se dit-il rêveur, il lui demanderait sérieusement de quelle façon il pourrait rejoindre la Résistance. Il en avait envie. Il trouvait que sa rencontre avec Isis augurait un avivement spontané de sa foi dans un futur meilleur. Si Isis était proche de la Résistance, il y avait de grande chance qu’Egon en soit aussi... et si Egon y était :

- Amys y sera.


« Le lendemain, je lui fis ma demande.
Ne pouvant prendre sur elle d’inviter un étranger au cœur de « trois petits points » - elle ne termina pas sa phrase -, elle me fit attendre devant un chêne à l’orée de la forêt.
Quelques minutes plus tard, entre l’arbre et moi, Sacha de Lansley se présenta.
Visage fermé et pâle. Las. Calme. Loin de l’image combattive que j’en avais de par mes voyages dans le futur et des souvenirs ternis par les couches poussiéreuses des années que j’avais accumulées.

- Isis m’a dit...
- Et ?
- Tu es un ami d’Amys, n’est-ce pas? Si je recoupe ce que j’ai lu dans l’esprit d’Isis sur votre petite soirée – pas brillant de la faire crapahuter dans les bois alors que tu savais ce qu’elle représentait – et ce que je sais de l’histoire d’Egon, tu es le rejeton d’Amys.

- Oui, grinçai-je des dents. Je n’aimais pas qu’on m’appelât « rejeton » quand d’apparence on avait guère plus de quatre années que moi.
Ma mine sombre le fit sourire.
- Encore un fichu vampire.
Il avait décidé de se faire saigner ce matin. Je redoutais son verdict et il me déplut de comprendre que mon appartenance à la Résistance dépendait de lui.
Il eut le même sourire moqueur. Ou plutôt, dirais-je, amusé. Il se détendit et vint s'asseoir à côté de moi qui n'avais pas bougé.
- Amys n’est pas là. Je n’ai rien contre ton adhésion... je pense même que j’ai quelque chose à te confier qui pourrait te plaire. Mais pour qu’on soit réglo, il faudra remplir trois conditions.
J’attendis la suite sans moufeter.
- Un. Egon doit valider aussi. Deux. Amys doit valider aussi. Trois, Grant doit valider... aussi.

Je ne savais pas qui était Grant mais j’acceptai aveuglément ces trois conditions. Je ne voyais aucune raison pour laquelle on pouvait se méfier de mes intentions. J’avais confiance en moi aussi bien qu’en elles.

- Je m'occupe d'en parler à Egon, m'assura-t-il avant de transplaner. Ne me donnant aucune autre information sur la façon dont nous nous contacterions. Ce Sacha version 2012 avait avait beaucoup changé... Encore que. C'était le même homme de cynisme qui m'avait fait du chantage pour que j'accepte de sauver Isis le jour du Combat Blanc. Le même, en dix années plus vieux.

La première chose à faire était de retrouver Amys. Direction TASKS. »



Fin




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