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 [Big Ben] Wasn't expecting that...

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Charlotte de Lansley
La Mimoune à Sacha


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MessageSujet: [Big Ben] Wasn't expecting that...   Jeu 2 Sep - 2:32

Vendredi 7 septembre 2012. Un square au pied de Big Ben.


Ene,

Je suis désolée, cela fait plus de deux semaines que je ne t'ai pas écrit. Je m'en veux, j'aurais dû répondre à ta lettre précédente plus tôt. Le pire est que je n'ai pas vraiment d'excuse, je ne fais rien de mes journées. Je deviens folle à force de rester enfermée dans ma chambre, mais je n'ai pas envie de sortir. Je n'ai pas envie de voir du monde. Je te passe les aléas de la grossesse qui m'exacerbe les sens... J'adore une odeur et le lendemain elle m'insupporte. Pareil pour les bruits, les goûts et les couleurs. Heureusement, j'ai l'impression que les nausées commencent à s'espacer.
Pour te dire à quel point mes hormones déraillent, j'ai eu une lubie cette semaine. A coup de sorts, j'ai transformé la baignoire en mini-piscine. D'extérieur elle garde l'aspect d'une baignoire, mais une fois installé dedans, on ne touche plus les parois. J'ai ensorcelé le plafond de la salle de bain aussi, pour qu'il fasse toujours un grand soleil. Ne manque plus qu'un goût salé à l'eau, et on pourrait se croire à flotter en pleine mer... Je crois que je suis en manque de vacances. Mais vu mes humeurs, je suis sûre que même si je partais, dans deux jours je serais revenue.
Il y a une autre raison pour laquelle je ne quitte pas ma chambre. Je n'ai pas envie de descendre. Il y a quelques semaines, j'ai surpris une conversion entre mes parents. Ils ne m'avaient pas remarqué dans les escaliers...






    - ... petit morveux ne remettra pas les pieds à la maison ! C'est hors de question !
    - Jack calme-toi, tu ne penses pas ce que tu dis.
    - Bien sûr que si ! Et je ne me calmerai pas Mary. J'ai déjà ramassé ma fille à la petite cuillère une fois à cause de lui. Et maintenant ça recommence ! Je me fiche que ce soit pour une bonne cause ou non, il l'a abandonnée alors qu'elle est enceinte !
    - Il ne le savait pas quand il est parti, et tu le sais aussi bien que moi.
    - Ce n'est pas une raison ! De toute façon, on aurait dû se douter que ça allait arriver. Il a déjà mis une gamine en cloque par le passé et l'a laissée se débrouiller toute seule pendant sa grossesse. Pas étonnant qu'il fasse pareil avec...

    " Papa. "
    - ...
    Je ne m'excuserai pas Charlotte. Il t'a assez fait souffrir comme ça, je ne veux pas le revoir ici.




~† La plume avec laquelle elle était en train d'écrire resta suspendue dans les airs tandis que ce souvenir lui repassait devant les yeux. Elle se souvenait avoir été choquée, dans les escaliers, d'entendre son père parler ainsi de Sacha. Et de l'entendre dire qu'il l'avait abandonnée parce qu'elle était enceinte l'avait finalement fait réagir. Elle était descendue d'une marche pour signaler sa présence et avait lancé un regard aussi glacial que le ton de sa voix vers son père. Elle se souvenait qu'il s'était arrêté une seconde, le spectre de la crise d'adolescence muette et répulsive de sa fille n'étant pas si loin. Il savait que s'il allait trop loin, elle serait capable de monter, faire ses affaires et partir sans donner de nouvelles pendant des semaines. Elle l'avait déjà fait. Et elle en serait d'autant plus capable maintenant que ses hormones déraillaient. Néanmoins, Jack Leonhart assumait ce qu'il disait - mais ne pensait pas totalement, plutôt poussé par une colère sourde - et voulait rester ferme. Elle était remontée dans sa chambre et depuis, elle n'adressait presque plus la parole à son père, sauf pour le saluer et répondre par monosyllabes à ses questions.

Ses parents ne savaient pas que Sacha était venu lui rendre visite dans sa chambre, le soir de son anniversaire. Elle avait juste dit à sa mère qu'il avait trouvé le moyen de le lui souhaiter, mais elle ne lui avait pas dit comment, ni quand. Honnêtement, elle n'avait pas imaginé qu'il allait venir. Si elle y avait pensé, elle ne se serait pas endormie. Néanmoins, elle ne doutait pas qu'il aurait trouvé un moyen de lui souhaiter son anniversaire, qu'il n'allait pas oublier. Même enfermé à Azkaban il avait trouvé une ressource alors... Et c'est peut-être parce qu'elle ne s'était pas attendue à sa visite qu'elle n'avait posé aucune question. Pas de pourquoi. Pas de où. Pas de quand. Pas de comment. Elle ne lui avait pas demandé depuis quand il était l'Amiral. Combien de temps il pensait être parti. Pourquoi il avait eu besoin de se fourrer là-dedans. Ce qu'il pensait de son statut de Soumise. S'il savait qu'elle avait d'abord été dans l'Opposition de son plein gré. Si... Quand ils se reverraient. Rien de tout ça. Elle n'avait rien demandé parce qu'elle voulait juste profiter de ce court moment qu'ils avaient eu ensemble, rien qu'eux deux. Elle avait été tellement égoïste qu'elle n'avait pas trouvé le courage de lui dire qu'elle attendait un enfant. Leur enfant. Et puis, elle ne voulait pas le lui annoncer comme ça, à la dérobée. Elle ne voulait pas qu'il se sente obligé de rester parce qu'elle était enceinte. Elle ne voulait pas l'enchaîner. Qu'il fasse ce qu'il avait à faire et quand il reviendrait, ce serait parce qu'il le voudrait/pourrait. Pas parce qu'elle lui aurait agité sous le nez l'excuse d'un bébé.

La plume était maintenant posée sur le parchemin, inactive. Elle ne savait plus quoi dire, ce qu'elle voulait raconter ou non à son cousin. Une petite saute d'humeur... Sa main gauche jouait distraitement avec le pendentif accroché autour de son cou, auquel était suspendu l'alliance de son mari. Elle ne savait pas ce qu'elle devait penser de ce geste... Il avait dit ne pas pouvoir les emporter avec lui, mais pourquoi ? Elle ne savait pas trop pourquoi, peut-être un mauvais pressentiment idiot, mais elle n'aimait pas le savoir sans son alliance à l'annuaire. Comme si toutes les filles allaient en profiter pour lui piquer son Sacha, en voyant qu'il n'était pas déjà engagé... C'était bête. Totalement. Surtout parce qu'il lui avait demandé de les garder parce qu'il reviendrait les rechercher. Parce que oui, il reviendrait les chercher. S'il ne revenait pas, elle parcourrait la terre entière s'il le fallait pour l'avada et ensuite, le ramener à coups de batte. Un petit sourire pointa au coin de ses lèvres alors que la scène se dessinait dans son esprit, quelque part dans un pays chaud.

Souvent, elle se surprenait dans cette position. La main gauche qui tripotait le pendentif et l'alliance. La main droite posée sur son ventre, comme pour l'entourer, le protéger, le rassurer. C'était le cas aujourd'hui, assise dans la pelouse au pied de Big Ben. Charlotte entamait son 3ème mois et, à part les soutiens gorges, elle n'avait pas encore eu à refaire toute sa garde robe. Depuis peu, elle ne rentrait plus dans ses vêtements les plus moulants. Mais les plus amples lui allaient encore. Son ventre commençait à s'enrober peu à peu, était plus saillant, mais avec le pull de laine et le pantalon de toile qu'elle portait, ce n'était pas vraiment visible. Pas encore. Pas pour quelqu'un qui ne la connaissait pas bien. Quand elle avait eu la confirmation de sa grossesse, elle n'avait jamais imaginé être aussi heureuse. Elle ne pensait pas non plus qu'elle serait aussi... "mère". Pas déjà, alors qu'il n'y avait qu'un fœtus dans son ventre, qu'elle ne pouvait même pas sentir bouger. Le sentiment était peut-être exacerbé par le fait qu'elle était seule. C'était un peu sa compensation... Une chose était sûre, si elle n'avait pas eu ce petit être en elle, elle aurait sombré dans la déprime totale. Oh elle n'était pas épargnée, les cernes sous ses yeux trop souvent humides le montraient bien. Mais elle arrivait tout de même à trouver parfois le sourire.
†~




Mardi 28 août 2012. Hôpital de Sainte-Mangouste.

    - Regardez. Juste là. C'est sa tête. Et le bruit que vous entendez, c'est son coeur.
    Le bébé est en parfaite santé.




~† La première échographie avait été un moment particulier. Elle l'avait vu. Son bébé. Leur bébé. Elle avait entendu son petit coeur qui battait. Il était vraiment là, bien réel en elle. Son coeur à elle avait battu la chamade et elle avait observé avec curiosité et émerveillement la projection de l'être qui grandissait à l'intérieur de son corps. La médicomage avait pris des mesures et en avait déduit que le bébé allait bien. Elle avait daté la conception au 16 juin, à quatre jours près avait-elle précisé. Et le terme de la grossesse devrait être pour les environs du 18 mars 2013. Charlotte n'avait pas voulu connaître le sexe. Ce premier examen lui avait paru étrange. Parce qu'une joie et une émotion inexplicables s'étaient emparées d'elle, et tout à la fois, elle s'était sentie extrêmement triste et désespérée. Elle aurait aimé que Sacha fût là, qu'il ait assisté à ce moment magique. Le pire était qu'elle ne pouvait même pas partagé cela avec lui par hibou, elle ne pouvait pas le joindre, et n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait. En sortant de l'hôpital, elle avait fondu en larmes.

Alors aujourd'hui, elle écrivait peut-être un parchemin pour son cousin, mais elle ne se voyait pas lui raconter tout cela. Pas comme elle l'aurait fait pour Sacha. Elle avait beau adorer son cousin et le considérer presque comme son frère, il n'était ni son époux ni le père du bébé. Même sa mère, elle ne l'avait pas autorisée à venir à l'échographie. Pourtant, ses parents étaient bien les seuls à connaître son état et à s'en soucier. Elle ne l'avait dit à presque personne pour l'instant. Juste ses parents, son cousin et Eric, qui avait de ce fait reporté le tournage du Cinémagik. Elle ne l'avait pas dit à son Soumetteur, mais elle ne pourrait bientôt plus le lui cacher. Cela dit, étrangement, elle avait pensé que depuis qu'il était de notoriété publique que son mari était l'Amiral de la Résistance, l'Opposition aurait été plus sur son dos. Elle avait songé que Yann l'aurait plus souvent sollicitée. Peut-être même qu'il lui aurait fait passer un interrogatoire, pour savoir ce qu'elle savait des occupations de Sacha. Mais non, rien. Elle n'avait pas vu Yann depuis plusieurs semaines et ce silence-radio, de la part de l'Opposition, ne lui inspirait pas confiance.

Puisque son Soumetteur la laissait en paix, qu'elle n'avait pas de tournage de prévu et qu'elle préférait éviter son père - en congés -, elle avait décidé de sortir. Pas envie de rester enfermée dans le noir, allongée sur son lit, à contempler son plafond englouti par les ténèbres. Pourtant Merlin savait que cette occupation prenait une grande partie de ses journées habituellement... Et puis ce matin, elle n'avait pas été trop malade. Elle se sentait à peu près en forme, alors autant en profiter. Elle avait utilisé la poudre de cheminette jusqu'au Ministère, puis avait pris un taxi jusque Big Ben. La voiture n'était pas son moyen de transport préféré mais il lui était déconseillé de transplaner tant qu'elle porterait l'enfant. Et, même si les moldus connaissaient l'existence des sorciers, elle ne se voyait pas faire le voyage en balai. Elle avait décidé de s'installer là, sur un petit coin d'herbe. Il ne faisait pas très chaud mais le soleil était au rendez-vous. D'ailleurs, sur les pelouses, plusieurs personnes avaient eu la même idée qu'elle. Seuls, en couples ou en groupes. Elle avait commencé sa réponse à Eneas mais s'était arrêtée en cours de route. Et maintenant, une main portée à son cou, et l'autre sur son ventre, les yeux fermés, allongée sur l'herbe, elle profitait de la douceur du soleil sur sa peau blanche. Mais cela aurait été trop beau, le tableau aurait été trop idyllique, il fallut bien que quelque chose vienne la contrarier. Pas grand chose, juste un petit rien. Une brise de vent un peu plus forte qui fit vaciller la plume et s'envoler le parchemin. Et, évidemment, sa baguette qui était bien cachée dans sa cape, roulée en boule sur le sol. Redressée d'un bond, pourtant elle n'avait pas envie de se lever. Portant sa main en visière, elle chercha du regard vers où s'était envolé son courrier. Bouse.
†~


" Bouse... "




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Dernière édition par Charlotte de Lansley le Mer 6 Oct - 19:54, édité 3 fois
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Victor
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MessageSujet: Re: [Big Ben] Wasn't expecting that...   Mer 8 Sep - 10:22

::: Ethan

Ces derniers mois, mes nuits et mes journées étaient uniquement organisées autour des missions qui s’accumulaient et devaient être traitées par des procédés presque industrialisés. Tout s’était accéléré depuis le référendum. Je ne comptais plus les jours, car les préoccupations du moment n'étaient axées que sur les soulèvements qui tiraillaient l’Opposition par endroit. Les puissants n’avaient rien à craindre, ni rien à perdre. Ils bénéficiaient de la confiance directe d’Antarès et le résultat des votes leur avait permis de s’affirmer encore plus qu’avant, en prenant désormais les rênes du pouvoir plus légitimement. A l’inverse, ceux qui ne s’étaient frayés une place qu’en jouant des coudes et en appliquant une autorité dans la terreur, sans avoir un réel soutien des grandes instances de l’Opposition, se retrouvaient maintenant dans des situations plus compliquées, voir même bloquantes. Ils avaient hérité de leurs autorités en la tirant du chaos et la paix n’arrangeait pas leurs affaires. Le clan ne connaissait pas ce problème, car Victor protégeait notre position et s’assurait en permanence que la situation reste confortable. Il était plus vigilant que jamais et lorsque nous intervenions, c'était avec énergie pour resserrer les rangs et éviter son effritement. Victor pensait que c’était dans ce genre de situation qu’une dominance trouvait ses faiblesses. L’Histoire confirmait que le sentiment de victoire grisait les hommes qui finissaient par relâcher leurs attentions et la chute devenait alors inéluctable. La grande difficulté commençait donc maintenant. Il était nécessaire que nous consolidions nos positions car les acquis ne sont que temporaires et la rébellion finira par se montrer à nouveau. Il nous faut l’anticiper, la contrecarrer et l’étouffer avant qu'elle ne puisse reprendre sa respiration, quelques soient les solutions que nos adversaires puissent trouver pour y parvenir.

A peine rentré à la villa Hayma et je devais déjà en repartir. Victor avait quelque chose à faire à Londres et je devais l’accompagner. Je n’eus le temps de voir que Galaad, au détour d’un couloir. Nous prîmes la voiture de Morgan, un coupé sport rouge flamboyant que je trouvais trop tape à l’oeil, pour longer la Royal Botanic Gardens, sublimée à cette époque de l’année par le soleil. Comme à son habitude, Victor conduisait rapidement. Il accéléra encore lorsque nous bifurquâmes pour prendre la A4 en direction du centre de Londres. Sur la route, nous n'échangeâmes que très peu, ce qui était habituel avec lui. Victor ne parlait que quand il avait quelque chose d’important à dire, mais en général, il demandait toujours un rapport sur les missions réalisées et le fait de ne pas me l'avoir demandé me montrait que quelque chose devait le contrarier.

Lorsque nous entrâmes dans la ville, nous nous engageâmes en direction de Big Ben. Nous entrâmes dans un parking sous-terrain près du monument et nous rejoignîmes la surface quelques minutes plus tard.

Dehors, je suivis Victor qui s’engagea d’un pas assuré dans une petite ruelle pavée. Il s’arrêta devant le St Stephen’s Tavern et tira de sa poche la photo d’une jeune femme qu’il me donna.

- Dans le parc, derrière toi, ramène la moi. J’échangeai un profond regard que je n’avais qu’avec lui seul. C’était un peu sa manière de dire, j’ai confiance en toi et d’ajouter un merci silencieux.

Le visage m’était inconnu, mais elle paraissait très jeune et c’était bien la première fois que je voyais Victor se déplacer pour quelqu’un apriori sans grande importance.

Je fis demi-tour pour rejoindre l’avenue débouchant sur Westminster Bridge. J’attendis que le bonhomme passe au vert pour me fondre dans la masse des touristes et rejoindre le parc au pied de Big Ben. Une seule seconde m’avait suffit à mémoriser le visage de la jeune fille et je préférai me débarrasser de la photo dans une poubelle publique.

Depuis l’entrée du parc, je pouvais observer sans difficultés l’ensemble des lieux et les visages. Je ne tardai pas à localiser la jeune fille, adossée contre un arbre en train d’écrire. Je m’avançai vers elle, faisant attention à conserver le pas lent des mortels, et je sentis une brise se lever faisant se chevaucher les brins d'herbe dans une mélodie apaisante. Le parchemin de ma cible s’envola pour atterrir à quelques mètres de moi. J’accélérai pour surprendre le papier et y apposer mon pied pour le bloquer. J’attendis que le vent cesse de souffler un instant pour lever mon emprise. Je n’eus pas le besoin de me baisser pour pouvoir lire son contenu dans les grandes lignes. Je jugeai le document sans réel intérêt pour l’Opposition et je ne voulu pas la ramasser pour le conserver, mais pour le tendre à la jeune fille. J’attendis qu’elle se lève et s'approche ; l’impression que la photo m’avait donné se confirmait. Je savais d’ores et déjà qu’elle n’était pas une vampire mais une sorcière. Je captai cette odeur étrange, mais tellement délectable, d’une magie imprégnant et marquant son sang comme une signature. Je restai sur mes gardes comme d’habitude, mais je n’adoptai pas une posture trop défensive. Au contraire, j’étais plutôt détendu car cette mission contrastait de beaucoup avec la précédente qui avait consisté à corriger plusieurs défauts dans une troupe de jeunes vampires dans le nord du Yorkshire.

- Victor souhaite te parler. Suis-moi, s’il te plait. lui disais-je d’un ton froid pour coller à la phrase.

Je n’avais aucune idée dans quoi elle était impliquée, ni si elle avait un rapport directe avec l’Opposition, mais j’essayai de rester un maximum courtois, bien que je jugeai qu’un bonjour aurait été dissonant et déplacé.

Quand Victor ne donne pas d’indication supplémentaire, c’est que toute liberté est donnée. Je pouvais agir comme bon me semble, mais je fus tout de même assez préventif pour m’imaginer l’éventualité qu’elle s’y refuse. Toutefois et malgré le monde environnant, je ne ressentis aucune appréhension, car je savais de mes expériences qu’il était possible de tout faire sans que personne ne lève le petit doigt. Ils regardent bien souvent médusés, tétanisés par ce qui peut arriver aux autres ; ils ont peur, ils réprouvent, mais lorsque nos regards s’échangent, tous baissent les yeux et cherchent désespérément et rapidement une alternative plus sûre, la fuite, comme s'ils n’avaient été les témoins de rien. Ne pas se retrouver impliqués dans la misère des autres, telle est la nature des hommes.
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: [Big Ben] Wasn't expecting that...   Mer 15 Sep - 14:49

~† Le parchemin sur lequel elle avait apposé sa jolie écriture d'ancienne étudiante s'envola et virevolta au gré du vent. Les airs semblèrent bien s'amuser avec lui. Il frôla le sol et chatouilla les brins d'herbe quelques instants. Puis il repartit, évitant de peu la collision avec un pigeon qui déambulait là. Il s'éleva à quelques centimètres, avant de redescendre un peu. Son joli ballet fut alors brutalement interrompu lorsque le pauvre parchemin se retrouva écrasé sous le poids d'une lourde chaussure. Fin de la scène, fermeture du rideau. Charlotte quant à elle, fut plus ou moins soulagée que l'on stoppa la course de son parchemin évadé. Cela lui éviterait d'avoir l'air ridicule à se battre avec sa cape enroulée pour récupérer sa baguette... La main toujours en visière pour se protéger du soleil, elle vit son sauveur se pencher pour ramasser sa lettre, mais il n'était visiblement pas décidé à venir jusqu'à elle pour le lui rendre. Bouse. La galanterie se perdait...

Regroupant ses affaires, elle fourra sa plume et son encre dans son sac à main, coinçant sous son bras droit sa cape - et sa baguette. Pas envie de se lever et pourtant, si elle voulait récupérer ses écrits, il fallait bien. La lettre n'était peut-être pas finie, mais ce serait déjà ça de moins à écrire pour terminer sa réponse. Ouh, la jolie fainéantise ! Quelques pas silencieux la menèrent devant l'inconnu et, avant qu'elle ait pu ouvrir la bouche pour le remercier, le voilà qui lui demander de le suivre. Hum ? Est-ce qu'elle avait manqué un épisode ? Charlotte se retourna, balayant des yeux le parc. Pourtant non, il n'y avait personne derrière elle, donc c'était forcément à elle qu'il s'adressait. Il n'avait prononcé que deux phrases et pourtant, quelque chose ne lui plaisait pas dans ce qu'il venait de dire.
†~


" Soit j'ai une perte de mémoire subite et je ne me souviens plus votre nom, soit on ne se connait pas, mais alors je ne vois pas pourquoi vous m'auriez tutoyé...
Néanmoins merci quand même, pour ma lettre envolée.
"


~† Légère ironie saupoudrée de condescendance. Que voulez-vous, elle ne changerait plus pour maintenant... Ce détail déjà la chiffonnait, qu'il la tutoie comme s'ils se connaissaient et se voyaient tous les jours. Non elle ne le connaissait pas, et ne l'avait jamais vu. Le respect aussi, se perdait... Elle ne pensait pas l'avoir déjà rencontré pourtant, ce qu'il disait semblait faire sonner une petite clochette au fond d'elle. Comme si elle savait de quoi il parlait. Victor. Victor, Victor... Elle chercha rapidement dans son proche entourage, mais elle ne se souvenait pas d'un Victor qu'on lui aurait présenté récemment. Un indice sur son interlocuteur peut-être ? Indéniablement. En dehors du fait qu'il soit plus grand qu'elle d'une quinzaine de centimètres, et qu'il soit certainement plus âgé, c'était ses yeux. Ses yeux d'un bleu translucide. Sa peau aussi pâle que la lune. Sa beauté irréelle qui semblait contraster avec la banalité de l'endroit. Elle les avait étudié pendant ses cours à Poudlard, et pensait ne pas se tromper. Vampire. Cet homme face à elle, son "sauveur" comme elle l'avait pensé quelques instants plus tôt, était un vampire. Cela ne l'effraya pas, ni ne la dérangea, ni ne l'émerveilla. Cela l'indifféra. La jeune sorcière n'avait rien contre les autres créatures magiques, dont les vampires, tant qu'ils ne les importunaient pas, ses proches et elle. Qu'il soit vampire n'y changea rien, face à elle se trouvait un homme qui lui parlait. Rien d'autre.

Et pourtant, ce fut certainement qu'il fût vampire qui éveilla son attention, sa curiosité, et peut-être un peu sa méfiance. Dans son esprit, la combinaison des mots "vampire" et "Victor" l'amena au mot "Opposition". Elle se souvint alors avoir déjà entendu parler de ce Victor par Yann, pourtant elle ne l'avait jamais croisé. Ni lui ni son clan, dont faisait très certainement parti celui qui se trouvait devant elle. De ce Victor, elle ne savait qu'une chose : il était un vampire, et un vampire qui était responsable de sa race dans l'Opposition Anglaise. Enfin, c'était ce qu'elle avait cru comprendre de la conversation qu'elle avait capté alors qu'elle attendait parce que Yann l'avait demandée. Hors, si c'était bien de ce Victor dont il s'agissait, pourquoi Merlin voulait-il la voir, et lui parler, à elle ?! Elle n'était pas vampire. Et elle avait toujours affaire à Yann, et uniquement à lui. Pourquoi cela changerait-il aujourd'hui ? Après avoir récupéré son parchemin, et maintenant qu'elle avait une vague idée de l'identité du Victor en question, ses sourcils se froncèrent légèrement, accentuant les cernes sous ses yeux.
†~


" Victor ? Et Victor ne peut pas venir en personne s'il souhai... "

~† Pas le temps de terminer sa phrase. Un nouveau courant d'air, dans le sens contraire celui-là, amena jusqu'à son odorat, détraqué par les hormones, l'odeur du vampire. Si ce dernier aurait dû lui paraître irrésistible et enivrant, tout au contraire il la révulsa. D'un geste vif, elle plaqua sa main gauche sur sa bouche. Nauséeuse. Elle qui pensait que les vomissements commençaient à disparaître... C'était raté. Dans un nouveau haut-le-coeur, elle réussit à bredouiller ce qui ressemblait à un " Excusez-moi " , avant de déguerpir pour se réfugier dans un buisson, à l'abri des regards - et des oreilles - sensibles. Elle n'avait même pas eu le temps de lui demander son nom à lui, ni ce que Victor lui voulait mais une chose était sûre : Victor devrait patienter. †~




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MessageSujet: Re: [Big Ben] Wasn't expecting that...   Lun 20 Sep - 19:53

::: Ethan

Deux solutions s’offraient à moi. La première consistait à patienter et à réitérer calmement ma demande. La deuxième était plus brute. J’aurais pu foncer sur elle, l’attraper par la peau des fesses et l’emmener sur mes épaules.

Le problème que me posait la première possibilité était que si moi j’étais prêt à attendre sagement, je n’étais pas assez malade pour penser que cela puisse être le cas de Victor. Je venais à peine de rentrer, je n’avais pas envie qu’il ait une dent contre moi et que ma punition soit encore l’une de ces missions commando au fin fond du d'un pays merdique.

Pour ce qui était de l’autre alternative, j’avais un cas de conscience, comme quoi, même chez les vampires ça existe. Doit-on en conclure qu'ici se trouve la réponse à la sempiternelle question "Les vampires ont-ils toujours une âme ?" ? L'âme est-elle liée à la conscience ? Non, oui, j'en sais rien, bref. Cette jeune femme était enceinte. Je n’en avais pas été persuadé au début, bien que j’aie ressenti quelque chose de très particulier dans son sang en plus de la magie, mais ses vomissements me confortèrent dans cette idée et j’aiguisai encore plus mon odorat pour presque sentir la chose en elle vivre. Je me voyais donc mal la trimballer sur mes épaules dans ces conditions, pas trop pour elle ou l’enfant, mais surtout parce que s’il lui arrivait quelque chose, j’étais certain qu'on irait me le reprocher.

Bon. Déjà, avancer. Je rejoignis la jeune fille, mais j’évitai de trop regarder au risque d'apercevoir un liquide autre que l'habituel sang s'échapper d’elle. Celui-ci ne m'intéressait pas. Je n'étais pas ce genre de vampire.

- Je ne te conseille pas de faire ça devant Victor. Il est susceptible en ce moment. C’est bien que tu l’aies fait avant. lui disais-je très terre-à-terre pour essayer de camoufler les bruits de la faiblesse humaine.

- De gré ou de force, tu devras me suivre - hors de question que je retourne au Bangladesh pour toi - et vu ton état, tu devrais bien choisir. J’hachai mes mots pour les placer judicieusement et être certain qu’elle les entende distinctement entre deux haut-le-coeur.

J’avais fait ce qu’il me semblait le mieux. J’utilisai déjà la méthode douce avant de la durcir s’il le fallait. Je focalisai toute mon attention maintenant sur elle pour ne pas lui laisser d’autres solutions et j'espérais qu'elle se ressaisisse rapidement pour rentrer au plus vite.

::: Victor

La taverne St Stephen's affichait toujours cette triste mine dans son décor glauque et d'un goût douteux. L’atmosphère semblait être tirée tout droit d’un film d’épouvante tellement il y faisait sombre, mais il était toujours étonnant de voir à quel point la bonne ambiance régnait. Le style de la grande salle montrait ostensiblement un mobilier rural et massif, où les seules décorations qui ornaient les tables étaient des écharpes et des sous-verres affichant les noms de diverses marques de bières. Ici, tout était fait pour coller à la tradition des pubs Irlandais. Le choix d'une telle ambiance fut très certainement déterminé par la position de la taverne qui s’affichait à quelques pas du très célèbre Big Ben. La masse de touristes visitant le monument devait s’attendre - et surtout rechercher - un lieu qui collait à l’image de ce qu’ils se faisaient de la Grande-Bretagne, sans faire de distinction entre les différentes îles environnantes. C’était plus vendeur, plus attrayant et propice aux bonnes affaires plutôt qu’une couteux bar lounge comme il en existait déjà tant à Londres.

J’avançai pour rejoindre le comptoir du bar alors que des serveurs et serveuses déambulaient difficilement avec d’immense plateau marron solidement fixé à leur épaule où reposait principalement de larges pintes de bières. Leur style vestimentaire respectait un traditionnel polo d’un vert sombre, dont la couleur rappelait facilement la Saint-Patrick, devenue depuis pas si longtemps une fête presque internationale.

- Bonjour David.

L’homme, occupé à parler avec une cliente, décrocha son regard de la jeune fille avec un sourire qui disparu en me voyant.

- Ah. Bonjour Victor. Il s’occupa machinalement les mains en décrochant un torchon et en essuyant l’espace devant moi.

- Je ne vais pas rester ici. L’arrière-salle est libre ?

Il arrêta son geste et leva les yeux du bar pour me fixer.

- Oui, mais nous allons bientôt l’ouvrir. Il y a de plus en plus de monde ici.

- Tu vas devoir rester un moment comme ça encore.

- Tu ? Tu as besoin de la salle ?

- Tu es perspicacité. Oui, j’en ai besoin.

- Mais c’est que ...

- Que je doute que tu veuilles nous contrarier.

- Nous ?

- Yann.

- Ke... Kenston vient ici ?

- Non. Je doute que ce genre d’endroit lui plaise. disais-je en levant les yeux et en voyant de vieilles guirlandes lumineuses pendre au dessus de moi.

Je me levai du tabouret sur lequel je m’étais assis et je m’orientai vers l’arrière-salle.

- Oh ! Tu seras gentil d’indiquer le chemin à Ethan et son invitée.
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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: [Big Ben] Wasn't expecting that...   Mer 29 Sep - 17:06

~† Pliée en deux, une main la soutenant contre un tronc d'arbre, l'autre retenant ses cheveux pour qu'ils ne se salissent pas, Charlotte ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi ce Victor voulait la voir, et pourquoi il avait envoyé un autre vampire venir la chercher. S'il tenait tellement à lui parler, n'aurait-il pas pu venir lui-même ? Et puis même, que pouvait-il bien lui vouloir de toute façon ? Malgré les sons peu commodes qui sortaient de sa bouche, elle capta des bruits de pas. Un bref regard lui indiqua que le vampire l'avait suivie. Bouse, il ne pouvait pas la laisser vomir tranquillement ? C'était déjà assez humiliant, elle n'avait pas besoin en plus d'un spectateur ! Parlant plus fort pour recouvrir ses vomissements, il lui indiqua que c'était.... Hum ? Est-ce qu'il se moquait d'elle ? C'était censé être drôle ou... ? Si ses lèvres n'avaient pas déjà été occupées, elle lui aurait certainement répondu qu'elle se fichait bien que le pauvre Victor soit susceptible en ce moment - elle aussi l'était soit dit en passant - et que si cela la reprenait quand elle serait en sa présence, elle n'y pourrait rien et mieux même, elle l'embouserait royalement.

Toujours trop occupée, elle ne répondit pas tout de suite lorsqu'il lui dit qu'elle devrait le suivre de gré ou de force. Et, Merlin, elle se fichait comme de son premier dragée de Bertie Crochue s'il devait partir au Bangladesh ou peu importe où par sa faute ! Elle n'aimait pas le ton qu'il employait avec elle, ni qu'il continue de la tutoyer, alors elle commençait à se dire que si elle pouvait l'embêter d'une manière ou d'une autre, en l'envoyant au Bangladesh par exemple, elle n'allait pas se gêner. Si elle voulait, elle pouvait s'avérer être une véritable peste, et une chieuse particulièrement efficace. Or, elle commençait malheureusement pour lui à le vouloir... Penchée au-dessus du sol, ses yeux fixant les racines du tronc, elle cracha une dernière fois pour dégager le mauvais goût qui lui restait dans la bouche. Elle resta une seconde encore immobile, pour s'assurer que ses nausées étaient passées. Elle se redressa ensuite, relâchant ses cheveux pour fouiller dans les tréfonds de son sac. Elle en tira une petite fiole, remplie d'un liquide rougeâtre. Potion, pour faire disparaître le goût désagréable dans sa bouche, et dissiper les maux de tête qui se profilaient.

La médicomage lui avait prescrit cette potion chaque fois que son coeur se soulevait, et elle avait trouvé ces petites fioles toutes prêtes dans une boutique du Chemin de Traverse. Elle aurait très bien pu fabriquer elle-même cette potion, mais c'était déconseillé étant donné que la plupart des ingrédients risquaient de ne pas plaire à l'odorat délicat d'une femme enceinte... D'un geste las, elle porta la fiole à ses lèvres et ingurgita son contenu sans précipitation. Elle ferma les yeux un instant, pour laisser la potion agir, puis les rouvrit et les darda directement sur le vampire. Sans le lâcher du regard, elle glissa la fiole vide dans son sac. De gré ou de force avait-il dit... Manque de chance pour lui, elle n'était pas d'humeur à coopérer. Pas alors qu'il la tutoyait. Pas alors qu'il lui donnait des ordres. Et certainement pas alors qu'il les menaçait, elle et son bébé. Il avait beau être un vampire, il devrait pourtant savoir qu'une mère dont on menace l'enfant peut se montrer bien plus dangereuse que n'importe quelle créature sanguinaire... Le regard froid, elle se décida à lui répondre.
†~


" Si j'étais vous, j'éviterais de menacer une future mère. Surtout une sorcière. Je n'ai pas de choix à faire, puisque je n'ai de comptes à rendre à personne d'autre que Yann. "

~† Inévitablement, le prénom "Yann" devait être parlant pour le vampire. Si elle n'avait pas été enceinte, elle aurait certainement transplané ou aurait tenté de s'échapper et de semer le vampire. Étrangement, elle n'avait pas tellement envie de se retrouver seule avec deux de ces créatures, et encore moins sans avoir eu de nouvelles de l'Opposition depuis quelques semaines. Son instinct lui disait que ça ne sentait pas bon pour elle, alors pourquoi leur faciliter la tâche ? Seulement voilà, il s'avérait qu'elle portait en elle un enfant et, tant qu'il serait là, elle ne pourrait pas faire n'importe quoi. A vrai dire, elle ne pourrait jamais plus se montrer irresponsable, elle le craignait bien... Elle se devrait, toujours, de pouvoir le maintenir en sécurité. Et contrarier le vampire en face ne lui semblait pas des plus sûrs. Mais elle ne se voyait pas non plus le suivre gentiment, en opinant de la tête à chacune de ses phrases. Elle n'avait pas envie de voir ce Victor, quoiqu'il ait à lui raconter... Alors, puisqu'elle ne pouvait pas s'enfuir sans risquer pour elle ou le bébé, elle allait se débrouiller autrement. Faire comprendre qu'il ne valait mieux pas pour lui qu'il la touche, et imposer une condition s'il voulait qu'elle aille parler à son chef, patron, supérieur ou peu importe ce qu'il était pour lui. Eh, c'était l'un des privilèges à être la Soumise du responsable de l'Opposition Anglaise... Au moins pouvait-elle profiter de cela. †~

" D'ailleurs, je ne parlerai à "Victor" qu'en présence de Yann. Désolée de vous décevoir, et de vous faire risquer un retour au Bangladesh, mais comme je vous l'ai dit je n'ai pas à choisir. Je ne reçois d'ordres que de Yann Kenston.
Si vous m'assurez qu'il sera là, je vous suivrais sans faire d'histoires. Néanmoins s'il n'est pas là, je crains que la discussion avec Victor ne doive être reportée...
"


~† Un petit sourire mi-insolent mi-compatissant s'afficha avec audace sur son visage de jeune humaine enceinte. Il n'était pas encore venu le jour où Charlotte Leonhart de Lansley obéirait sans opposer aucune Résistance. Yann était peut-être son Soumetteur, mais elle avait une relative confiance en lui, et il l'avait toujours bien traitée. Il lui avait d'ailleurs expliqué que lorsqu'il l'avait prise en tant que Soumise lorsqu'elle avait demandé à quitter l'Opposition, c'était pour elle le moindre des maux. Et elle le croyait. Et bien qu'elle soit officiellement sa Soumise, cela n'avait pourtant jamais rien changé à leur relation. Alors elle ne parlerait à Victor que si Yann était là, car de ce Victor, elle ne savait au final pas grand chose. Et elle n'avait bizarrement pas envie de se jeter dans la gueule du grand méchant loup sans un filet de sécurité... †~




    I keep a close watch on this heart of mine


Dernière édition par Charlotte de Lansley le Lun 18 Oct - 20:14, édité 1 fois
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Victor
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MessageSujet: Re: [Big Ben] Wasn't expecting that...   Lun 11 Oct - 21:26

::: Victor

L’atmosphère était toujours la même. La pièce, spacieuse, était aussi sombre qu’hermétique. Elle avait été creusée en soubassement comme pour une cave et les seules ouvertures étaient de petites fenêtres rectangulaires très en hauteur. Elles ne donnaient qu’à quelques centimètres au dessus du trottoir extérieur. En plein jour, elles étaient occultées par des rideaux en velours, épais, marrons et saturés de poussière. La nuit, lorsqu’ils étaient écartés, elles ne laissaient voir que des ombres fantomatiques, souvent celles de paires de jambes parcourant la rue, faiblement éclairée derrière les lucarnes. J’avançais dans la pièce facilement ; les tables et les chaises semblaient ne pas avoir été bougées depuis ma dernière viste, avec cette même manière d'être rangées et empilées. Seule une exception, celle trop massive pour être déplacée par des humains, une lourde table peu travaillée en bois. Elle donnait l’impression d’être encrée au sol. Son style ancien et rustique reflétait le fruit de l’Irlande. J’avançai encore pour rejoindre une poutre verticale où je passai ma main contre pour faire basculer l’interrupteur qui y était accroché. L’ampoule scintilla faiblement et se stabilisa pour projeter une lueur grasse. Elle semblait aussi vieille que Big Ben.

Des souvenirs me revinrent. Ils dataient d’une époque révolue, où les ambitions et les tâches étaient naissantes, mais captivantes. C’était le temps où nous devions agir dans l’obscurité. Chasser des idées saugrenues mais ingénieuses. Nous battre pour atteindre notre but. La reconnaissance. Plus jamais nous ne voulions subir l’oppression du passé. Ce monde s’était ouvert à nous le jour du référendum. Nos actions payaient. On avait l’impression d’avoir gagné, mais nous nous sommes laissé endormir. Gagner aujourd’hui implique pouvoir perdre demain. Telle était la logique des existences qui s’imprimait dans une boucle infinie.

Nous devions anticiper le recommencement, le jour où la Résistance tentera de reprendre le flambeau. Pour nous, les choses devaient changer, et, dans cette pièce, s’était jouée une phase importante dans notre élévation. Nous savions, depuis longtemps, que les ministères, en particulier celui de la magie, n’avaient jamais été de notre côté. Une semaine après le référendum, alors que la Résistance était déclarée officiellement perdante par la force du suffrage, rien avait vraiment changé. Les combats incessants de ces dernières années nous avaient presque fait oublier pourquoi nous nous battions. Le référendum, en lui-même, n’était donc pas une victoire. Les Résistants n’allaient pas rester sans rien faire et quelques uns d’entre-eux occupaient encore des sphères trop importantes. Nous devions faire se bousculer les choses.

Tipus Gamett était une figure du monde magique. Haut-Mage au Ministère, il était officiellement rattaché au cabinet du ministre. Officieusement, il était son influant bras-droit. Avec Marcus, nous devions le cueillir pour lui poser quelques questions sur les factions restantes de la Résistance, mais aussi pour faire passer un message au Ministère. Le sorcier sortait d’une cabine téléphonique quand nous lui sommes tombé dessus. Je l’interpelai simplement pour lui montrer une photo prise plus tôt. Celle-ci me permit de ne pas avoir à me justifier pour qu'il accepte de venir avec nous.

Tipus était ouvertement un Résistant et il en savait beaucoup. Une nouvelle gouvernance devait se mettre en place. Le vieux sorcier nous accompagna sans dire un seul mot durant tout le transport. Son regard était livide, mais il gardait une certaine rigidité pour montrer qu’il n’était pas vaincu. Les clés de la taverne en poche, nous l’avions conduit dans cette même pièce qu’aujourd’hui. Nous étions jour de fermeture, mais David, le propriétaire, ne pouvait pas nous refuser cet accès. Un Opposant, dont la femme avait trahi à la Résistance une information capitale sur le contenu d’une mission cruciale pour l'Opposition, devait se rendre aussi discret que possible. Lorsque Tipus découvrit la pièce, la réalité des faits lui sauta au visage. Ses yeux rencontrèrent toutes les craintes qu’il avait pu avoir pendant le chemin. Au milieu de la salle, ligotée et bâillonnée, l’une de ses petites filles siégeait exténuée par la peur et les larmes. Marcus se déplaça pour prendre place derrière elle tandis que mes doigts s'enfoncèrent dans la nuque du grand-père, pour le forcer à avancer et prendre place sur la chaise en face de sa petite fille. Sa mission était simple. Il ne devait plus résister comme il le faisait. Il devait prendre en compte que nous avions gagné cette bataille. Sur sa famille reposait une épée de Damoclès qui pouvait s’abattre à tout instant s’il ne coopérait pas. A partir de là, nous n’eûmes plus aucune difficultés avec les autorités du ministère qui se montrèrent plus accueillantes. Dans nos camps, certains membres commencèrent à prendre des positions intéressantes stratégiquement au sein même des institutions d’états. Tant que nous sommes en place, nous ne sommes plus des Opposants.

Aujourd’hui, j’inspectai à nouveau ces lieux. J’aimais observer l’environnement dans lequel des actions allaient se jouer. Je me plaisais à assimiler la place de chaque objet dans une rigueur destinée à transformer la configuration de la pièce en une véritable topologie. C'était la clé d'une maîtrise pleine et entière de notre rapidité, car, contrairement à ce que d'autres espèces pouvaient en penser, nos mouvements ne sont pas l’essentiel de notre rapidité. Ils doivent précéder notre esprit, qui lui est le réel moteur de nos performances.

- Tiens, enfin, je ne t’attendais plus.

L'odeur du sang emplissait la pièce de ses effluves suaves.


::: Ethan

Un constat d’échec.

Une deuxième solution.

L’offensive.

La pulsion qui m’anima fut tellement rapide que je n’eus pas l’impression d’en avoir prit la décision. Un réflexe élancea mon bras vers la jeune fille. A ce moment, je me rappelle avoir reçu de mon esprit l’ordre de ne pas la tuer, ce qui provoqua un très grand effort de ma part. Ma trajectoire était rectiligne et aussi brute que l’accélération du serpent se déployant pour mordre. Je contrôlai la position de ma main pendant sa course pour qu’elle saisisse l’emplacement idéal. Contre sa gorge, ma paume se colla à sa peau pour exercer immédiatement une pression maîtrisée. Je voulais faire taire rapidement Madame Trompe-la-mort, car sa condescendance bourdonnait dans mes oreilles depuis un temps trop longtemps insupportable. Je la tirai vers moi, lentement, je ramenai mon bras contre mon corps, tout en augmentant proportionnellement la force que je libérais dans mes doigts. Ma mission ne devait plus avoir une once d’alternative.

Son odeur était devenue polymorphe. Au fil des actions, elle variait inlassablement pour prendre des tonalités qui faisaient tout l’intérêt des êtres humains. Les vampires ne pouvaient pas produire ces odeurs. Mon corps ne laissait plus transpirer mes sentiments comme avant, et, le temps étant, j’avais oublié de quoi les odeurs étaient faites et à quoi elle pouvaient vraiment correspondre. J’en avais encore une petite idée, en plaçant des mots comme la peur, la stupéfaction, la rage, la panique, l’excitation parfois, sur ces expressions mais je n’étais plus sûr de les ressentir de la même manière. Les vampires avaient des signatures olfactives aussi, mais elles étaient souvent monotones, froides, verdâtres. Celles des êtres humains étaient au contraire chaudes, marquées, vivantes.Me retenir de la tuer sur-le-champ n’était rien comparé à me contraindre de ne pas la mordre. Tant bien que mal, je pouvais essayer d'absorber ces tonalités que, de toute façon, je n’étais plus capable de synthétiser.

A son odeur, se rajouta un bruit saccadé. Une perturbation sonore quasi indéchirable. Ce bruit m’envoutait. Je devais l’écouter pour le discerner et le comprendre. Il agissait comme une lueur. L’énergie de la vie produite par ce que les humains appellent des battements ou, d’une manière plus aseptisée, un rythme cardiaque. Son coeur frappait et s’accélérait. Je n’entendais que lui et j’arrivais à anticiper ses variations si je serrais plus ou moins fort son cou. Ses inspirations me permettaient de contrôler le juste débit à lui laisser pour qu’elle ait la stricte quantité d'air nécessaire à sa survie, dans un mode néanmoins dégradé.

Le plus curieux, c’était que sa respiration amenait avec elle un autre bruit, plus profond, plus caverneux. Il se libérait de ses entrailles pour marquer la présence du deuxième coeur qu’elle portait en elle. J’étais fasciné et intrigué de pouvoir l’entendre.

A ce stade du jeu, je n’avais plus rien à faire de savoir qui elle était. Elle aurait pu être la fille ou la Nièce, comme on le disait à une certaine époque, de Kensten que je n’en aurais pas été plus inquiété. Ma mission était de la conduire. Victor était le seul à qui j’accordais de rendre des comptes.

L’insouciance de l’espèce humaine et de ses nouvelles générations me consterna. Cette future mère semblait être prête à mettre en péril deux vies pour rien, sauf pour une ridicule histoire de fierté. Je constatai qu’elle ne dû pas autant fricoter avec la mort qu’elle ne voulait le faire croire, car je doutais qu’elle réagisse de cette manière si elle avait déjà perçu une telle menace peser sur elle. Je ne plaisantais jamais avec la mort.

- Transplane et je te retrouverai. lui disais-je lentement au creux de son oreille.

Je ne devais pas y planter mes dents.

Je ne devais pas déchirer quelques tissus pour y tremper un peu les lèvres.

Je ne devais pas serrer mes doigts jusqu'à ce qu'ils transpercent sa chair.

Je devais garder le contrôle.

Son sang me rappela à l’ordre. Je le sentais commencer à circuler plus difficilement autour de mes doigts. J’entrouvris à peine les lèvres dans un mouvement compulsif pour céder brièvement à une pulsion et je rapprochai encore un peu plus la jeune fille. Dans le parc, je pense que l’on aurait pu nous prendre pour un couple partageant un moment de complicité, tellement nous étions proche.

- J’ai toute l’éternité pour te retrouver. Toi ou ton enfant. lui disais-je en prenant volontairement mon temps pour articuler chacun de mes mots.

Je reculai un peu mon visage pour retrouver ses yeux. Placide, Je l’observais. J’attendais qu’un voile couvre ses yeux, jusqu’à ce qu’elle perde connaissance.

- Fin du spectacle. disais-je en serrant encore un peu plus.
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MessageSujet: Re: [Big Ben] Wasn't expecting that...   Lun 18 Oct - 21:57

~† Le petit sourire hautain et tout à fait serpentesque qu'elle avait pu arborer après avoir soumis ses exigences quant au bon déroulement de la rencontre - à savoir la présence de Yann -, ne manqua pas de s'effacer aussi vite que la flamme d'une bougie peut vaciller lorsqu'elle se rendit compte de l'étau qui lui enserrait la gorge. La main du vampire s'était emparée de son cou et elle avait été forcée de se rapprocher de lui avant même de comprendre qu'il l'avait saisie au col. Sans grand espoir, elle amena ses propres mains sur celle, gelée, du vampire dans le but illusoire de lui faire lâcher prise. Toute batteuse qu'elle avait pu être durant ses plus jeunes années, elle ne pouvait lutter face à la force surréaliste de ces créatures sans vie. Ses ongles agrippaient la main de l'éternel et pourtant il ne relâchait pas la pression. Au contraire, il l'augmentait.

Elle sentait son sang qui palpitait plus vite et plus fort sous sa peau. Elle avait chaud. Elle entendait les battements de son coeur rugir jusque dans ses tempes. Et plus il serrait, plus elle avait l'impression de sentir l'oxygène qui manquait à son cerveau. Elle ne voulait pas mourir. Elle ne voulait pas mourir et pourtant, lorsqu'il la défia de transplaner, elle n'eut qu'une envie : relever la provocation. Par Merlin, elle jurait que si elle n'avait pas été enceinte, elle aurait trouvé un moyen d'attraper sa baguette et de transplaner quelques mètres plus loin. Pour lui faire un pied de nez. Peut-être même un bras d'honneur avant de transplaner définitivement. Elle aurait adoré le faire, mais elle ne pouvait pas.

Sa première réaction suite à ses mots fut la fureur. Une lueur aussi fulgurante et violente qu'un éclair passa dans ses yeux. Il osait. Il osait la menacer. Pire encore, il osait menacer son enfant. Dans un bref flash délirant, elle se voyait prendre sa baguette - qui n'était pas enroulée dans sa cape - et le pétrifier. Dans son esprit ils se trouvaient dans une pièce vide et non pas en plein parc. Membre après membre, elle le brûlerait vif. Mais pas assez pour le tuer. Elle inciserait ces mêmes membres un par un avec une lame d'argent, sauf la tête. La pétrification et le fait qu'il soit un vampire ne supprimeraient pas la douleur. Alors, pour finir, elle verserait du sang de loup-garou entre ses lèvres mortes avant de le ranimer. Immobile, elle le laisserait pourrir sur le sol. Sans une once de regret dans le regard, elle l'observerait agoniser et se dessécher. Flétrir jusqu'à crever. Alors les choses reviendraient dans l'ordre : il ne serait qu'un cadavre sans vie.

A force d'avoir des images aussi sombres dans l'esprit et dans le coeur, elle finirait un jour par craquer. Elle en était certaine, un jour, elle ne pourrait plus contenir le monstre qui obscurcissait son âme. Et ce jour-là... Ce jour-là, elle ne se retiendrait pas. Elle finirait même sûrement folle, mais ce serait leur faute, à tous. Pour l'heure elle se maîtrisait et l'effroi remplaçait la haine. Merlin, elle ne voulait pas mourir. Pas déjà... Pas comme ça. Pourtant elle ne voulait pas non plus céder. Elle ne voulait pas plier. Elle ne voulait pas beaucoup de choses mais n'avait pas vraiment le choix... Dans un dernier sursaut de réflexion, elle se dit qu'elle avait bien fait de retirer sa bague de fiançailles. Immanquablement, le CdL se serait changé en SdL et l'aurait alerté que quelque chose n'allait pas. Elle avait pris cette décision quelque jour après que Sacha lui ait confié son alliance. Elle avait retiré sa bague magiquement modifiée pour venir l'accrocher elle aussi à son cou. Ce n'était pas par vengeance, pas dans le but de dire "si je n'ai plus de nouvelles de toi, tu n'en auras plus de moi". Non. Elle ne voulait pas qu'il puisse penser qu'elle pouvait être heureuse sans lui. Ce n'était pas le cas. Il y avait juste parfois la découverte de leur enfant qui ensoleillait son coeur éteint.
†~


" Stop. "

~† Au bord de l'évanouissement, elle renonçait. Encore une fois, si elle n'avait pas porté la vie en elle, elle n'en aurait rien eu à faire et aurait tenu tête jusqu'au bout, coûte que coûte. Et il lui en coûtait de ne pas suivre son habituel orgueil... Mais un instinct primaire et sauvage la poussait à se protéger plutôt qu'à vouloir jouer à l'invincible. Se protéger mais surtout, protéger l'enfant. Elle ne voulait pas qu'il lui arrive malheur. Et si pour cela, elle devait changer son comportement et s'assagir... Elle capitulait. Au moment même où elle avouait sa défaite, les doigts du vampire se firent moins pressants sur son cou. Son regard clair ne se détourna pas de ses yeux translucides mais plus aucune Résistance n'y était lisible. Lorsqu'il l'eût complètement relâchée, elle se massa la gorge un instant, pour apaiser la douleur et laisser le temps à son sang de refaire le tour complet de son corps. Après une légère hésitation, elle reprit la parole, d'une voix très réservée et raisonnable. †~

" Je vous suis. Ne menacez plus mon enfant et je promets de vous suivre sans résister ni me plaindre. "

~† Le marché était équitable. Enfin presque. Elle savait bien qu'elle n'avait pas le choix mais c'était pour éviter de totalement perdre la face. Et pour lui, vu la manière dont il s'était énervé alors qu'elle commençait tout juste à pousser un peu, elle ne doutait pas qu'il saurait apprécier la paix et le silence qu'elle lui offrait. Il avait bien dû s'apercevoir qu'elle pouvait être une véritable enquiquineuse quand elle le décidait. Enfin, encore une fois, elle aimait à penser cela pour ne pas se diminuer plus qu'elle n'avait eu à la faire... Elle ne savait pas si le ton neutre qu'elle avait employé avait joué ou non, mais en tout cas, il ne protesta pas à sa soit-disant requête. Sans un mot de plus, il se retourna pour marcher vers là d'où il était venu. Elle resta une seconde à fixer le vide, en se disant que ce n'était vraiment pas une bonne idée, mais finalement comme promis, elle le suivit. Ils traversèrent le parc, puis l'avenue, avant de s'engager dans une petite ruelle. Ils pénétrèrent finalement dans une taverne dans laquelle Charlotte n'avait jamais mis les pieds. L'accueil était loin d'être chaleureux mais la décoration apportait quelques touches festives. Derrière le comptoir, un homme leur fit un petit geste de la main pour leur signifier d'approcher, avant de les saluer. †~

- Ethan. Victor vous attend dans l'arrière-salle.

~† Elle aimait de moins en moins cela mais n'en dit pourtant rien. Toujours silencieuse comme les pierres, elle emboîta le pas à Ethan - dont elle savait maintenant le prénom. Elle ne jeta qu'un bref regard dans la salle, notant un nombre assez conséquent de touristes. Mais aucun ne pourrait rien pour elle. Comme ils avançaient vers cette fameuse arrière-salle, le vacarme de la taverne s'estompait et elle parvint à capter une discussion. Des voix graves, entre deux hommes donc. Mais impossible de savoir de quoi ils parlaient. Ethan ouvrit la porte et la conversation cessa. Il la laissa entrer et elle reconnut presque avec soulagement le visage familier de Yann. Il discutait avec un vampire qui devait sans aucun doute être le Victor qui lui causait déjà tant d'ennuis. Mais rapidement, son apaisement se changea en inquiétude. Quelque chose n'était pas normal, elle le sentait. Il ne lui offrait pas de sourire à la fois amusé, intéressé et mystérieux. Elle n'avait pas le droit non plus à son habituel "Milady". Pour autant, il ne la fuyait pas du regard. Au contraire, il la fixait bien droit dans les yeux et elle avait l'impression qu'il... s'excusait ? Il se détourna, salua Victor, puis Ethan, avant de transplaner. Elle ne savait pas pourquoi, mais cette brève apparition ne la rassurait pas. Le regard qu'il lui avait lancé... On aurait dit qu'il l'abandonnait. Ou qu'il lui demandait quelque chose. La porte avait été refermée entre temps et, à présent seule avec ces deux vampires, dans cette sombre pièce livide, elle pressentait que le pire était à venir... †~




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