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 Les chroniques de la mort

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Casey Call
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MessageSujet: Les chroniques de la mort   Mar 17 Aoû 2010 - 3:09

Spoiler:
 

A la verticale, les rayons du soleil frappaient durement une imposante étendue de galets blancs, fermement tassés pour dessiner en demi cercle le parvis du manoir. Il trônait là, debout depuis des siècles, encré en plein milieu d’un parc naturel de plusieurs hectares, parfaitement entretenu. Les pelouses étaient d’un vert éclatant, parfaitement lissées et comparables aux greens des terrains de golf. De puissants arbres sylvestres, plusieurs fois centenaires, bordaient le pourtour de la propriété avec leurs feuillages denses pour l’enclaver sur plusieurs centaines de mètres. Derrière l’importante bâtisse, un lac avait été creusé et une bambouseraie trouvait sa place au beau milieu d’un jardin chinois.

Je levai le nez pour chercher à apercevoir le plus de détails de cette demeure ; des chien-assis reposaient lourdement sur les toits. Cette fois, je prenais tout mon temps pour observer.

Quelques années auparavant, j’avais dû escalader l’un des plus reculé mur d’enceinte pour arriver vers ce même endroit. J’avais traversé péniblement les bois, tapis dans l’ombre pour me rapprocher en catimini et ne pas me faire voir. Aujourd’hui, tout était différent. J’avais transplané, sans précaution, juste devant les grandes portes, puisque je ne risquais plus rien.

Je me mis en marche, traversant la cour et montant ensuite une à une les larges marches d’un escalier en pierre de taille, pour enfin atteindre le péron. Les portes massives s’offraient désormais à quiconque. Ouvertes, le reflet de la lumière du jour pouvait jouer avec les ombres et dessiner le long couloir intérieur. A son extrémité, je devinais des silhouettes en contre-jour. Elles passaient derrière des rideaux en mousseline blancs donnant sur la terrasse extérieure. J’aurais pu les rejoindre maintenant, mais avant cela, je devais faire quelque chose qui me tenait à coeur.

Catherine m’avait tout expliqué. Je franchis enfin les portes d’entrées, puis marchai une quinzaine de mètres droit devant pour suivre le corridor. Sur ma gauche, une bifurcation menait vers un séjour et les autres pièces du rez de chaussée. Sur ma droite, un double escalier desservait les étages. J’hésitai. Une appréhension passagère avait refait surface, mais il n’y avait plus de raisons pour que cela perdure. Je jetai un dernier regard aux baies vitrées se profilant en face de moi. Les silhouettes étaient devenues plus nettes et plus nombreuses. J’entendais même à présent le brouhaha de conversations, le bruit de verrerie que l’on utilise et des talons résonner sur le dallage. Je tournai une dernière fois la tête vers les grands escaliers et je me décidai.

Premier étage. Deuxième étage. Troisième étage. Un nouveau couloir.

Sa longueur, comme les autres, était toujours aussi impressionnante. Un épais tapis rouge recouvrait le parquet sombre pour dessiner une ligne parfaitement droite et sans accroc. J’avançai, dépassant plusieurs portes sur les deux côtés, quelques armoires, vitrines, tableaux et ramasse-poussières divers. Plus j’avançais et plus mon coeur battait fort. Je me rassurai une seconde fois car je n’avais plus de peurs à avoir, mais mes tentatives restèrent inefficaces. Cette fois, il s'agissait de peine, d'angoisses aussi un peu. Mes souvenirs ici auraient réellement dû exister et être meilleurs. Le tapis rouge se termina au pied d’une dernière porte. J’appliquai ma paume sur la poignée, je la tournai et poussai la porte.

A l’intérieur, une âtre de cheminée plus haute que moi s'appuyait contre un mur, un guéridon entouré de quelques chaises en bois travaillé, des armoires impressionnantes toutes aussi ornées, d’autres meubles d’époque, d’autres tapis, d’autres vieilleries encore et ... un lit. Mon regard se figea.

[FlashBack]

- Tu veux vraiment pas venir ?

- Casey, j’ai mis des années pour ne plus souffrir de ces souvenirs ! Tu comprends pas ?

- Si. Sauf que moi, des souvenirs, je n’en ai pas. Alors tu pourrais comprendre pourquoi je veux y aller.

- Mais je ne t’y empêche pas.

- Alors, dis moi.

- Très bien, comme tu veux ! Tu n’en fais toujours qu’à ta tête de tout façon. C’est comme ça depuis que tu es tout petit. Même bébé tu ...

- Oui c’est bon ! Je sais.

- L’entrée donne sur un grand couloir. Tu le traverses et à mi-parcours tu prends l’escalier sur ta droite. Au troisième étage, porte du fond.

- Ca, c’était ma chambre ?

- Nous étions tous dans la même. Tu étais encore bébé quand nous étions là-bas. Ton père avait installé ton berceau à côté de notre lit.

[/FlashBack]

Il était là, devant mes yeux, ce lit dans lequel mon père avait trouvé la mort.

Je refermai la porte. Je voulais juste voir, sentir, y pénétrer n’aurait rien changé. Je fis demi-tour et marchai en ne prêtant plus attention aux décors. Le contact rythmé avec la lisse de l’escalier me confortait dans la descente vers mes pensées. J’imaginais mes parents penchés sur un berceau dans cette chambre. Je voyais leur visage rayonnant un matin dans ce cadre idyllique, et celui de ma mère, plus jeune, finit par se tordre pour afficher le déchirement qu’elle avait ressenti, un autre matin, en découvrant mon père inanimé.

Un rire aigu me tira de mes rêveries. J’étais arrivé en bas sans m'en rendre compte. L’ambiance parmi les invités battait son plein. J’hésitai encore. J’avais vu ce que voulait voir et ce fut la curiosité elle seule qui me poussa à poursuivre la longueur restante du couloir.

Lorsque j’écartai les rideaux, je fus ébloui par le soleil qui rayonnait toujours autant.

La terrasse longeait toute la maison et surplombait de plusieurs mètres le domaine tel un balcon filant. Au delà, le parc, la forêt et plus rien d'autre n’était visible jusqu'à perte de vue. Trois escaliers divisaient, en portions égales, une barrière en pierre pour descendre et atteindre des allées de graviers ratissées. Chacune donnait accès à des jardins fleuris apaisants, ainsi qu'à une rive du lac.

Un elfe de maison passa devant moi, un grand plateau en argent au dessus de la tête, où des flutes de Champagne s’entrechoquaient doucement. J’en saisis une au passage et la bus d’un trait. Je déposai la flute sur l’une des nombreuses tables. Des nappes d’une blancheur irréprochable avaient été soigneusement dressées pour accueillir d’autres plateaux garnis de nourritures diverses. Il était certain qu’il aurait fallu plusieurs jours à un traiteur moldu pour préparer tous ces mets.

Un tintement cristallin s’éleva dans les airs. L’intensité augmentait et je crus qu’il s’agissait d’un elfe trop vacillant. En tournant la tête, j’aperçu un homme joufflu et court sur patte, le genre bon vivant mais énervant. Son teint rougeaud était auréolé d’un large sourire découvrant des dents jaunis par la caféine et le tabac.

- Mes amis ! Mes amis ! appelait-il de sa voix grasse tout en continuant de faire tinter son verre à whisky avec la crosse d’une fourchette où pendait encore un morceau de viande.

- Ah ! Mes amis ! répéta-t-il, encore plus souriant lorsqu’il aperçu les regards converger vers lui.

- Mes amis ! Je voulais tous vous remercier, très sincèrement, merci d’être venu, en ce triste jour. Sur ces derniers mots, son sourire s’était totalement évanoui pour laisser place à une triste mine, trop théâtrale.

- Aujourd’hui, nous pouvons désormais tous ensemble regretter la mort de nos amis Alma et Triptide Call. lâcha-t-il avec un regard bovin encore plus tristement affligé.

Je n’écoutai pas le reste. Je préférais encore aller me chercher une autre coupe, plutôt que de me complaire moi aussi dans ces jérémiades, où l’art de la langue de bois atteignait son apogée.

Mes grand-parents, si je peux réellement les appeler ainsi, n’avaient déjà pas d’amis de leur vivant, ce n'était pas pour en avoir morts. Tout le monde savait ici qu’il avait simplement fallu connaitre quelqu’un, qui connaissait quelqu’un qui avait connu, pour être convié. C’était bien une idée à eux ça tiens, d’inviter tout le monde magique britannique à honorer leur disparition. Je les soupçonnais même d’avoir dérogé à leur règle suprême en ayant invité des moldus, ce qui expliquerait pourquoi toutes les barrières magiques avaient été levées.

Dans cette affaire, le comble était qu’ils n’avaient pas imaginé qu’ils disparaitraient simultanément, ne pouvant ainsi pas profiter de la joie de voir tout ce monde autour d’eux.

Le sorcier, très largement payé pour organiser toute cette comédie, devait avoir fini son intervention puisque les personnes vaquaient de nouveau. Je n'avais bu que six ou sept verres, mais c’était le moment.

Je traversai la foule en direction du parc, mais au lieu de descendre les escaliers, je pris appui sur la rambarde protégeant du vide pour me hisser et m’y mettre debout.

C’était mon tour.

- Ah ! Mes amis ! Mes amis ! Mes très chers amis ! parodiais-je le gros bonhomme en tapant sur ma coupe avec une cuillère, tellement fort qu'elle finit par imploser. Qu'à cela ne tienne.

- Ah mes bons amis ... ! continuais-je dans ma lancée en me débarrassant indifférant des restes de mon verre pulvérisé. Je poussai le vice jusqu’à afficher une mine réjouie mais larmoyante - J’étais fière de ce coup là -.

- Alma et Triptide sont morts et c’est la chose la plus ... la plus ...insistais-je le poing serré devant moi, le visage durement triste. Je voyais déjà quelques personnes prendre les mêmes mimiques sévères, s'efforçant de paraitre elles aussi attristées, la plus belle chose qui soit !

J’entendis des «Oooh !» d’indignation, des «Aaah !» de dégoût et tout un tas d’autres onomatopées ou peut-être était-ce des borborygmes de ventres repus.

- Hé oui ! disais-je à une vieille femme pour lui confirmer qu'elle avait bien entendu.

- Alma et Triptide étaient mes grand-parents. Ces mêmes grand-parents qui n’ont pas hésité à mettre ma mère et moi à la porte de leur immense baraque lorsque leur fils - mon père - est mort.

Je m'abstins de préciser qu’à la sienne, de mort, personne n’avait été réuni comme aujourd’hui. Je m'abstins également de dire que je n’avais que neuf mois à cette époque et que ma mère n’avait pu compter que sur son courage pour nous sortir de ces drames. Je ne quittai pas la foule des yeux. Je voulais voir si quelqu’un allait encore oser me prendre pour la personne qui était, ici, indigne. Je n'insistai pas car en réalité je ne cherchais dorénavant plus à le savoir. Je m’en foutais. J’avais juste eu besoin de le dire, haut et fort.

Je descendis de mon piédestal de fortune et le seul véritable regard compatissant que je croisai fut celui d’un elfe. Il ne m’adressa pas la parole comme s’il n’en avait pas le droit, mais je vis dans ses yeux une douleur sincère.

- Donne moi ça petit, c’est trop lourd. lui disais-je en me saisissant de son plateau. Je récupérai au passage la bouteille posée et j’envoyai valdinguer le reste par terre.

- Héé Allez !!! Champagne ! hurlais-je pour finir mon intervention en brandissant le précieux vin.

Je pris ensuite la direction du parc, plus calme et à l’abris des conversations qui allaient, j’en suis sûr, continuer à se poursuivre tout le reste de l’après-midi.

- Et les elfes ont fini de travailler pour aujourd’hui ! lançais-je en descendant les marches.

D’autres plateaux s'écroulèrent et les cris de quelques "madames" s’élevèrent.
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Alix Twain
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MessageSujet: Re: Les chroniques de la mort   Mer 1 Sep 2010 - 15:17

Ce garçon lui avait fait penser à Noé. Il avait rage et désillusion dans le sang presque autant que les invités y avaient alcool et petits fours. Au début de l’esclandre, Alix qui était souvent à l’origine des désordres, s’était spontanément demandé ce qu’elle avait encore bien pu faire. Elle en eut une petite idée. Les mains en l’air comme si une milice de flics l’entourait pour la mettre en état d’arrestation, elle avait bredouillé que ce n’était pas elle qui avait renversé la caisse de champagne de la remise. Bien sûr, c’était elle mais il fallait toujours commencer par nier jusqu’à ce que quelqu’un apporte la preuve formelle que nous étions en cause. Tout cela n’était pas bien moral mais Alix avait pris l’habitude depuis l’enfance d’organiser sa défense en commençant par un mensonge. Comme n’importe quel avocat le ferait.

Quand elle se rendit compte que personne ne la braquait ni ne la regardait, elle tourna sa tête en direction de ce que les convives regardaient. Le jeune homme ivre (ou fou) venait de prendre la parole. Alix hésita à applaudir. Elle pensait que c’était le début d’un happening. La petite fête était morne, heureusement quelqu’un avait prévu un divertissement. Un enterrement était déjà suffisamment triste pour qu’on n’aille pas y afficher ses mines graves comme des breloques d’antiquaires poussiéreuses. Des gens riaient entre eux mais quoi qu’Alix grapille des conversations, elle ne comprenait pas le sens de ce qui les avait fait rire. La majorité était des vieux. Peut-être que dans quelques années, Alix comprendraient l’humour des gens ringards. Pour l’instant, rien ne la faisait rire vraiment. Sauf le garçon qui allait faire un spectacle et qui lui-même riait beaucoup.

Au début, elle avait un grand sourire en tenant son plateau maladroitement au-dessus de son épaule et avec ses deux mains. Elle tenait le plateau assez haut. Alors que le garçon commençait un discours, une petite vieille voulu prendre une coupe dans le plateau d’Alix. La jeune humaine fronça les sourcils en sa direction et leva encore plus haut le plateau en murmurant à l’invitée :

- Dites, il cause, le jeune là-bas. Faut l’écouter. C’est pas le moment de se pocher... et puis vous avez l’air déjà bien faite.

Alix s’écarta et avança vers le garçon qui avait pris toute son attention. Ce qu’il disait n’avait rien de drôle. C’était même très triste. Mais Alix ne comprenait pas le fond de cette tristesse, ni même ce qui avait pu l’engendrer.
La petite vieille s’était étouffée de rage et était allée chercher le traiteur sorcier pour dénoncer la jeune impudente. Ca serait bien sa veine. Elle avait enfin trouvé un petit job d’été et il avait fallu que Damien use de ses relations pour lui permettre de travailler à un poste qui ne demandait pourtant quasiment aucune qualification. Elle était la seule humaine et surtout la seule qui ne soit pas à un elfe de maison à faire le service. Elle s’entendait très bien avec ses collègues de travail bien qu’ils ne la considèrent pas du tout comme leur égal. Dès qu’Alix faisait une bêtise – ça arrivait relativement souvent et avec une régularité d’horloger – les elfes s’affairaient à l’aider à récurer, ramasser, ranger, cacher, nettoyer avant que le traiteur ne s’aperçoive de quelque chose. Ils ne lui faisaient jamais de remarque mais une petite révérence maladroite en regardant leurs pieds nus. Ils ne lui parlaient guère plus. Ca convenait à Alix... sauf qu’aucun elfe n’avait été là quand elle avait renversé la caisse de champagne...

Le jeune homme était donc un membre de la famille de ceux dont on célébrait le décès. Il dénonçait l’hypocrisie des convives. Donnait une version moins édulcoré de la personnalité des défunts. Alix posa son plateau sur une table proche d’elle au moment où il descendit vers le jardin en déclarant que les elfes étaient de repos.

"Oh ? Et les humains ?!"

Ni une ni deux, Alix retira son tablier pour courir après le jeune homme. Le traiteur la rattrapa avant qu’elle passe par-dessus la balustrade. Il avait eu bien raison car en bas, il y avait des rosiers et Alix n’aurait jamais pu sauter un mètre sans créer un cataclysme.

- Où tu vas comme ça ? Si les elfes sont libérés moi je n’ai plus que toi !
- Heu... oui mais non. Je démissionne, lui sourit-elle en lui fourrant une des coupes de son plateau encore à portée dans les mains et en buvant cul-sec la deuxième.

Le traiteur afficha la même tête que la petite vieille qui l’avait suivi jusqu’ici pour entendre Alix se faire gronder. Son horrible air de crapaud constipé s’effaça quand elle entendit le traiteur proposer à Alix :

- Je double ton salaire si tu restes.
- Je peux pas, je dois aller voir ce type !
- Casey Call n’a certainement pas besoin d’une petite idiote comme toi maintenant. Laisse-le tranquille.

"Il s'appelle Casey..."

La vieille dame était repartie outrée. Alix resta un temps en face du traiteur. Elle le dévisagea puis regarda en direction du garçon qui était déjà bien loin. Autour d’eux tout le monde discutaient et piaillait sur ce qui venait de se passer: C’était honteux, disaient les vieilles commères, c’était un misérable, murmuraient leurs maris, le respect des morts, et puis ça ne se faisait pas, et puis, et puis... heu... était-ce vrai ? Triptide était-il un monstre ? Finalement, ils l’avaient toujours su, il y avait quelque chose de bizarre chez Alma. Etc. Il y eut écoulement d’anecdotes... et Casey Call s’en allait de plus en plus loin et Alix était triste et compatissante. Elle connaissait bien ce sentiment misérable.

- Non, je ne peux pas. Et puis j’ai cassé la caisse de champagne dans la remise.

Le traiteur fit grise mine mais prit sur lui:

- Je triple ton salaire, grinça-t-il des dents.

Alix sourit et prit par les escaliers car elle avait souvenir qu’en bas de la balustrade d’innombrable dangers l’attendaient. Le traiteur jeta sa toque par terre et brailla après Alix qu’elle lui revaudrait ça et qu’elle ne trouverait jamais plus de travail dans la restauration ! Il hurla qu’il allait la pourrir et que Damien entendrait parler de cette histoire. La jeune humaine eut un frisson en songeant à son vampire Soumetteur et à sa fureur mais elle avait l’habitude de ses sautes d’humeur. Elle lui donnerait un peu de sang et on n’en parlerait plus.

Entre temps, elle avait couru jusqu’à Casey. Dans sa main gauche elle tenait une bouteille de champagne qu’elle avait subtilisé avant de partir. Dans sa main droite, il n’y avait rien alors elle brassait le vent avec, la main en l’air pour interpeler Casey:

- Hey !!! Haaay !!! Toi là ! Casey ! Attends-moi !

Quand elle courait on aurait dit un croisement entre Karmite la grenouille et un Barbapapa.

Elle parvint enfin à le rejoindre. Elle n’avait pas prévu ce qu’elle allait lui dire. Alix agissait toujours sans réfléchir. C’était un élan du cœur et au fond d’elle, elle savait bien que le traiteur avait raison : ce dont Casey avait besoin maintenant n’était certainement pas d’un hybride de Karmite et de Bozo le clown.

- Je...fff... je...fff suis... suis... complètement morte... ffff, Alix reprenait son souffle en regardant la distance parcouru. On ne pouvait pas dire qu’elle était une grande sportive. Elle roula des yeux et revint à Casey. Je...fff suis... Alix Twain... j’étais là... là-bas...fff

Elle lui tendit la bouteille de champagne secouée pendant sa course et, penchée en avant, une main appuyée sur son genou pour continuer de reprendre de l’air, elle lui sourit :

- Tu veux qu’on l’ouvre ensemble ? Je sais pas pour toi mais moi, j’ai super envie de boire.

Alix n'avait pas emporté de verres. Si elle buvait, si ils buvaient, le partage se ferait au goulot.
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MessageSujet: Re: Les chroniques de la mort   Dim 5 Sep 2010 - 22:31

Mon regard avait arbitrairement fixé un point imaginaire. Le lac était devenu mon repère, une destination pour ne plus rien percevoir de cette journée. L’allée guidait mes pas, comme un sentier salvateur le ferait au coeur d’une forêt sombre et hostile. Je suivais sans m’en rendre compte un chemin que j’avais emprunté en quittant la terrasse et qui m’avait volontairement fait subir plusieurs détours. Ses méandres dessinaient un itinéraire travaillé, dans le but de piéger le promeneur et l’amener devant des incontournables du parc. Une fontaine en pierre, aperçue du coin de l’oeil, puis une roseraie parfaitement entretenue où siégeait un kiosque blanc en son centre. Ici, tout avait été fait pour vous en mettre plein la vue. La démesure régnait et vous séduisait, sauf si comme moi vous aviez un sentiment de rébellion latent. Il m’avait envahi plus tôt et me rongeait toujours. Je transgressai la bienséance que les lieux voulaient m’imposer en quittant le droit chemin. Je coupai la pelouse pour rejoindre mon but plus rapidement. J’en avais assez de voir tout en grand. Alma et Triptide auraient été en rage de me voir défier les autres paradis que l’on voulait me forcer à contempler. Quelqu’un avait-il auparavant déjà osé fouler cette interdiction ? Qui aurait pris le risque de marcher sur ce gazon et défier l’architecture grandiloquente ? Peut-être mon père quand il était enfant, et encore.

Mon but se rapprochait plus rapidement maintenant et les piaillements des invités se disloquaient dans l’immensité du domaine. Au bord de l’eau, j’aperçu pour la première fois un ponton en bois fixé à la rive. Il était bordé par deux rangées de torches magiques qui ne s’allumaient qu’à la tombée de la nuit. Je bifurquai légèrement vers cette direction lorsque mon prénom m'assaillit. Il me transperça tellement brutalement que je l’assimilai à une onde de choc se propageant jusque dans les profondeurs de la forêt.

Je m’arrêtai, presque tétanisé. J’étais devenu un voleur prit la main dans le sac. A aucun moment j’avais supposé qu’on puisse ici me connaître aussi bien. La terrasse ne regorgeait que d’un gratin d’anonymes, persuadés d’être les meilleurs parmi les meilleurs et ne s’intéressant qu’à eux-même. J’hésitai un peu, puis beaucoup, en me demandant ce que je devais faire. Me retourner ? Détaler à toutes jambes ? Fuir dans un recoin pour ne pas être retrouvé ? Mais qui pouvait me reprocher quelque chose ? Qui, ici, pouvait me dire que je n’étais pas à ma place ? Au contraire, j’étais le seul à en avoir une. J’étais chez moi.

[FlashBack]

- Ah ! Monsieur Call ! Je vous en prie, entrez, entrez !

Dans la pièce, un grand bureau en acajou était surmonté par deux lampes à pétrole qui étincelaient en projetant une lueur diffuse. Contre le mur, une cheminée participait à alimenter l’ambiance du lieu. Elle éclairait deux fauteuils confortables en cuir vert mousse qui avaient été agencés en vis-à-vis, avec une table basse, dans le même style que le bureau, qui reposait entre eux deux.

- Je suis ravi que vous ayez pu venir à une heure aussi avancée. Veuillez m’en excuser, mais mon travail occupe tout mon temps en ce moment.

Je suivais cet homme bedonnant qui s’avançait pour prendre place derrière son bureau.

- Oh excusez-moi. Je vous en prie, installez-vous. me dit-il après avoir fait apparaitre un siège en face de lui.

Il utilisa à nouveau sa baguette pour amener de nul part un épais dossier entouré d’une ficelle rouge. Il entreprit de la dénouer, mais interrompit son geste. Ses deux mains reposaient lourdement sur le dossier lorsqu’il me fixa du regard. Le sourire qui l’avait suivi jusqu’à présent se tirailla.

- Je manque à tous mes devoirs, désolé. Comment allez-vous Monsieur Call ? Je suis vraiment très sincèrement désolé pour vos grands-parents. me dit-il pour la forme.

- Pas moi. répondis-je sans hésiter.

Le sorcier fut secoué par ma remarque mais ne s’en laissa pas démonté.

- Eh bien ... Tant mieux ! Alma et Triptide étaient ...

- des gens abjectes et personne ne les regrette. Maintenant, dites moi pourquoi je suis ici. le coupais-je en voyant qu’il allait me servir de nouvelles palabres inutiles.

Il fut surpris à nouveau par mon intervention et paru gêné quelques instants, mais constatant qu’il ne pouvait pas me contredire, il reprit là où il s’était arrêté.

Il libera le dossier, l’ouvrit, et prit la première feuille pour la mettre devant ses yeux.

- Je suis l’exécuteur testamentaire de vos grands-parents Monsieur Call. Il marqua une pause comme pour me laisser le temps d’intervenir. Quand il ne vit pas de réaction de ma part, il poursuivit en glissant vers moi la page qu’il tenait.

- Voici.

J’hésitai à m’en saisir en imaginant qu’Alma et Triptide étaient tout à fait capables de pousser leur méchanceté jusqu’à leur mort en piégeant le document.

Lorsque je pris enfin la feuille jaunit par les années, je découvris en-tête une calligraphique pompeuse reprenant les noms complets de mes grand-parents.

- Comme vous pouvez le remarquer, le testament est vide.

Un peu énervé, je lançai la page sur le bureau. Je ne voyais pas l’intérêt de me faire venir ici pour ça et je ne m’attendais à rien de leur part de toute façon. Quoiqu’à y réfléchir, j’aurais pu penser qu’ils lèguent tout à Voldemort, Antarès, ou à un autre méchant du moment.

- Attendez, me dit-il avec un geste de la main au moment où je m'apprêtais à me lever pour partir, Alma et Triptide n’ont rien écrit, car ils n’avaient pas d’autres choix.

- Vous pourriez être plus clair ?

- Vous ne connaissez pas l’histoire de votre famille ?

La seule histoire que je connaissais était la disparition de mon père et l’exclusion de ma mère. Je m’abstins néanmoins de lui répondre.

- Hé bien, je pense que vous aurez toute l’occasion de la découvrir par vous-même. me répondit-il un peu gêné d’avoir posé la question. Pour ce qui nous occupe, sachez qu’un très ancien pacte magique coule dans le sang de tous les Call.

Il commençait à devenir intéressant.

- Et ce dossier raconte son histoire et ses tenants. me dit-il en le tapotant du doigt.

Il précise que la grandeur d’un membre de votre famille ne peut s’obtenir sans contribuer à l’image de votre nom. Cela passe essentiellement par un digne héritage des valeurs et des biens possédés aux descendants, dans le but d’obtenir un salut éternel. Le pacte implique, s’il n’est pas respecté, un déshonneur, une chute inexorable dans les limbes et dans des enfers plus effroyables que ceux du commun des moldus.

Je ne pensais pas que cela puisse être possible, mais je comprenais facilement que des personnes comme Alma et Triptide puissent y convenir. Ils faisaient partie d’une génération d’anciens qui portait beaucoup d’importance à ce que la mort leur réserve. Ils m’avaient fait subir, en m’excluant ma mère et moi de leur domaine, ce qu’un tel pacte réprouvait. Ils devaient corriger le tire et, à la place d’excuses et de remords sincères, ils n’avaient trouvé qu’une action matérialiste.

- Vous êtes le seul descendant, donc le domaine de Chestnut Park vous revient de droit, tout comme le contenu du coffre de Gringotts dont voici la clé. Sur la somme que vous y trouverez, deux milles galions seront retenus pour l’organisation de la veillée et pour les frais d’exécution testamentaire.

- Quelle veillée ?

- Ah oui, pardon. Il fouilla dans le dossier et me remit un nouveau papier.

- Alma et Triptide avaient fait appel à mes services pour m’occuper de leur succession et organiser une journée en leur honneur.

Je passai le reste de la rencontre à signer quelques documents officiels. Je remarquai que le nom de ma mère n’apparaissait nul part, comme si elle n’avait jamais existé.

[/FlashBack]

J’étais bel et bien ici chez moi. Je repris confiance lorsque je compris que je n’avais de toutes façons plus beaucoup d’autres solutions. Un pas lourd se faisait ressentir de plus en plus, foulant sans aucune précaution ni admiration le parc ayant appartenu à Alma et Triptide.

Le spectacle que je vis était assez déroutant et un peu effrayant. Je discernai au loin quelques personnes rangées derrière la rambarde de la terrasse, regardant dans ma direction une jeune femme qui courait avec acharnement. J’avais l’impression d’être la proie d’un prédateur disgracieux qui allait y passer.

A son arrivée, j’attendis patiemment qu’elle reprenne son souffle. J’instaurai inconsciemment une certaine distance de sécurité.

Je l’écoutai sans y comprendre grand chose. Je n’avais aucune idée de ses motivations, ni de qui elle était. Son prénom et son visage résonnèrent dans ma tête sans réveiller de souvenirs. Mon regard se posa sur la bouteille qu’elle me montrait et je fis de même avec celle que j’avais emporté. Je lui avais déjà attribué une destinée et la partager n’en faisait pas partie.

Je ne me posai pas plus de question. Je lui répondis d’un signe de la tête pour lui dire qu’elle pouvait me suivre si elle le voulait vraiment.

Je remis en action mon plan initial. En marchant, je dévissai du bout des doigts la boucle dorée du muselet et le bouchon sauta pour atterrir dans le lac en traçant une belle courbe. Les eaux calmes se troublèrent de plusieurs cercles concentriques ; ils s’étirèrent et ondulèrent, puis la surface se retendit lorsqu’ils disparurent progressivement.

La première marche de l’estrade surplombait le lac de quelques centimètres. J’avançai pour rejoindre l’extrémité du ponton et m’y asseoir. Mes jambes m’offrirent la sensation étrange mais appréciable de pendre dans le vide. J’avais devant moi un effet d’optique qui me donnait l’impression d’être en plein milieu du lac, entouré d’eau de toutes parts avec pour seul horizon la forêt.

- A la tienne ! disais-je en levant ma bouteille vers elle et en attendant qu’elle fasse de même pour que nous trinquions.
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Alix Twain
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MessageSujet: Re: Les chroniques de la mort   Lun 6 Sep 2010 - 16:35

Sa bouteille de champagne entre les mains, Alix regarda celle tendue par Casey pour lui montrer qu’il était aussi bien pourvu qu’elle. Elle haussa les épaules d’un air compréhensif comme pour lui dire que c’était tant mieux, qu’il n’y avait pas de souci. Puis elle attendit qu’il fasse un mouvement, un geste qui la renseigne sur ce qu’elle devait faire. Elle avait toujours en tête l’avertissement du traiteur: "Casey Call n’a certainement pas besoin d’une petite idiote comme toi maintenant. Laisse-le tranquille." Ca l’embêtait de l’admettre mais le traiteur avait raison. Il était rare de la voir sur sa réserve mais elle paraissait marcher sur des œufs. Autant dire qu’elle ne voulait pas faire de faux pas qui transforme le tout en omelette indigeste. Aussi attendit-elle et observa-t-elle le moindre signe de la part de Casey pour comprendre s’il l’acceptait dans cet instant pénible ou s’il valait vraiment mieux qu’elle s’en aille.

Comme elle n’était pas du genre à rajouter sa couche sur la douleur des autres, elle espérait qu’aucun détail en elle ne le laisse penser que sa présence ici était dûe à une forme de voyeurisme malsain. Il y avait des gens qui se l’avouaient mal mais qui supportaient les autres dans le seul but de se sentir mieux, sans réel regard pour ceux qu’ils pensaient soutenir. Ils aimaient intérieurement voir l’autre souffrir et ils se prévalaient allégrement de leur grande bonté quand ils se surprenaient à aider autrui:

- Mais que je suis bon ! J’aide mon prochain ! Dieu, tu me vois bien de là-haut ? Tu vois comme je suis bon et gentil ?
- Ouais, ça va, j’te vois. La ferme, je fais une partie de poker avec Judas et mon crétin de fils et je gagne.

Comme si Dieu aimait à savoir qu’on faisait le bien... alors que les motivations du bien était trop souvent mauvaises. C’était la forme la plus dégueulasse qu’elle connaissait de compassion. Celle qui n’était qu’un miroir tourné vers ses propres vanités.

Elle n’était pas comme ça. De tous les défauts qu’on pouvait lui prêter, Alix n’avait pas celui-ci. Elle était altruiste et ne faisait que les choses que son cœur lui dictait. Ca pouvait parfois passer pour une sorte de sentimentalisme chrétien, sans compter que les bénéficiaires de son intérêt souffraient quasiment toujours de l’aide qu’elle voulait leur apporter parce qu’elle s’appliquait à sa tâche avec une gaucherie qui confinait à l’impotence, alors il se trouvait souvent qu’elle finissait en véritable martyr et qu’elle acceptait ce sort sans broncher, mais la vérité était qu’elle se reconnaissait sans orgueil lorsqu’il s’agissait des maux d’autrui. Et même si c’était maladroit, elle faisait toujours de son mieux pour apaiser les maux. Le mal était une chose universelle que tous les êtres humains étaient à même de comprendre, de partager et d’accepter sans réflexion ou sans aucune forme de philosophie car tout à chacun avait déjà connu souffrance.

Casey ne la repoussa pas. Elle sauta sur l’occasion en trépignant et en sautillant de joie avec son grand sourire qui la faisait passer pour une débile mentale. Elle lui emboîta le pas et ils arrivèrent à un plan d’eau sur lequel s’avançait un ponton. Casey s’y assit et déboucha sa bouteille. Alix l’imita en tout point, prenant deux fois plus de précaution que lui avant de s’asseoir parce qu’elle était du genre à trébucher et à finir à la flotte si sa vigilance se relâchait ne serait-ce qu’une seconde.

Elle imaginait la scène. Casey vient de s’asseoir et ouvre sa bouteille. Elle le copie et tente d’ouvrir sa bouteille. Trop concentré sur ses mains, elle en oublie qu’elle a aussi des pieds et qu’elle ne leur a pas commandé de s’arrêter à la limite de la dernière planche de bois. Plouf Alix.

- glglglgloups ! O’scours ! Caglouspey ! Je me coule ! Je me coule ! Sauve le champagne ! C’est du Dom Perignon ! Dis à mon père que gloups !

"Merde, mon père saura jamais que c’est moi qui ait mis le feu au tapis du salon en 92... quelle idée aussi de faire un feu de cheminée... quand je suis dans la pièce ?"

Revenue sur Terre, Alix était assise (et en vie) à côté de Casey. Elle s’attelait à la difficile tâche de l’ouverture de la bouteille. Comme elle avait été formée toute la journée par les elfes de maison et le traiteur à cet exercice, qui pour le commun des mortel n’avait rien de vraiment périlleux, elle ne prit pas de précaution particulière pour ouvrir le Champagne. Afin d’éviter l’incident qui avait eu lieu lors de l’ouverture de sa première bouteille (un bouchon dans l’œil et le petit coquart qui en résultait), elle avait juste penché sa tête sur le côté pour que la capsule saute ailleurs que dans son visage. La seule chose à laquelle elle n’avait pas pensé s’était que la bouteille avait été secouée à cause de sa course.

Ce qui devait arriver arriva: juste après le plop, le bouchon partit rejoindre le premier dans le lac et juste après un tiers de la bouteille lui jaillit au visage. Surprise, elle se releva d’un bond et se mit à sautiller sur place en secouant les mains de côté. C’était le grand retour de Karmite la grenouille. Ses cheveux dégoulinaient et ses yeux la piquaient. De sa main qui ne tenait pas le Champagne, elle se frotta les yeux en jurant comme un putois :

- Put*** de me*** de pu** de bouteille de chi**** !!!

Consciente du vocabulaire inapproprié, elle se reprit:

- Pardon, Casey ! Pardon ! Je parle pas comme ça d’habitude ! Mais pourquoi c’est toujours à moi que ça arrive ?

Les yeux au ciel et les bras en croix avec sa bouteille de Champ:

- Dieu ! Qu’est-ce que je t’ai fait ?!

Retour sur sa blouse toute mouillée:

- Le teinturier va encore se foutre de moi...

Piteuse et se rasseyant, défaite:

- Très bien, je capitule... pas capable de faire le service plus d’une heure sans me faire virer, pas capable d’ouvrir une bouteille sans créer une éruption alcoolique, pas capable de faire trois pas sans me cogner ou sans trébucher... comment font les autres pour ne pas mettre leur vie en danger à chaque fois qu'ils colle un timbre sur une enveloppe ?

La litanie de désillusion n’appelait pas de réponse, Alix s’était rassise et buvait goulument son vin.

- La seule chose de bien aujourd’hui c’est le pied que j’ai pris quand le traiteur m’a proposé une augmentation alors que tu venais de libérer les elfes et que cette vieille face de crapaud qui voulait mon renvoi a tourné au rouge parce q...

Elle se tut instantanément. Elle était en train de parler de quelqu’un de l’entourage de Casey. Elle avait cru comprendre qu’il détestait les gens de ce milieu bourgeois mais cela n’était pas une raison pour cracher dessus. Ca se trouve, face de crapaud était la tante ou la cousine préférée de Casey.

- Heu, désolée, je me suis laissée emportée.

Elle laissa un petit silence s’incruster par-dessus ses bêtises avant d’expliquer d’une voix moins déterminée:

- Le traiteur m’a dit que les gens pour qui je travaillais étaient décédés...


"Décidément, je dois avoir un truc avec les employeurs morts..."

Une pensée pour Damien le vampire mégalo.

- C’est son cousin qui est notaire qui l’a mis sur le coup. Moi je ne suis pas sorcière mais mon Soumetteur l’est. Il m’a branché sur ce job pour que je gagne un peu d’argent car à cause de lui j’ai perdu mon job précédant. En gros, je n’ai rien à faire ici... encore moins depuis que j’ai démissionné. Mon Soumetteur va me tu-er !
termina-t-elle en riant jaune.

Alix ne savait pas quoi dire d’autre à Casey mais il lui avait semblé qu’elle devait un minimum d’explication. Même s’il ne lui avait rien demandé. Tout comme elle ne lui demanderait jamais d’explication sur ce qu’il venait de se passer sur la terrasse. Il n'avait aucun compte à lui rendre. Elle était ici par choix parce qu'il n'y avait eu personne d'autre ni aucune raison, dans toute cette fête mortuaire, qui lui donnait envie d'être à leur service, quel qu'en soit le prix.
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MessageSujet: Re: Les chroniques de la mort   Mar 7 Sep 2010 - 7:15

- Si c’est une question d’argent, lui répondis-je franchement, tu seras payé ce qui t’a été promis. Ne t’inquiètes pas. Le budget est très très large ... disais-je en portant le goulot de la bouteille à mes lèvres. J’insistai sur mes derniers mots, car je me rappelais encore du sac de galions qui était passé devant mes yeux pour rejoindre les paluches de gargantua. Et tout ça pour quoi au final ? Pour lire un dossier d’un trentaine de pages à tout casser et pour décréter, toi tu touches le pactole et moi je me sers au passage. En me remémorant les mois de recherches acharnés qu’il me fallait pour ramener une quelconque commande, où, à maintes reprises, j’avais percuté les dangers pour réunir une somme deux à trois fois moindre, je me rendais compte qu’il y a vraiment des métiers où les gens ne se gênaient pas.

- Tu seras la première elfe de maison à toucher un salaire. ajoutais-je dans un sourire avant de replonger dans ma boisson.

Cette fille était de plus trop barrée pour ne pas lui donner ce qui avait été convenu. Plus les gorgées réchauffaient mon corps et plus mon sourire continuait à s’étirer. Je la revoyais courir vers moi avec la grâce d’un oiseau blessé cherchant à décoller et les expressions de son visage devant ce magnifique geyser de Champagne me firent presque avaler de travers. Je reposai vivement la bouteille qui claqua dans un bruit sourd contre le sol.

Mes réticences à son égard s’étaient progressivement gommées, peut-être parce que son comportement me faisait penser au mien quand j’étais encore à Poudlard. Je m’étais assagi depuis quelques temps et au fond de moi, je le regrettais. J’aimais cette insouciance d’enfant, celle qui fait faire n’importe quoi, par n’importe quels moyens, sans se soucier des conséquences et de ce que les autres peuvent en penser. Son regard éclairait son visage d’une douce folie, ce qui la rendait presque juvénile par moment.

J'extirpai ma baguette logée dans la veste de mon costume pour la diriger vers Alix. Un rapide informulé sécha ses vêtements et ses cheveux du si précieux liquide français.

- De rien. lui disais-je avant même qu’elle m’ait dit quoi que ce soit et sans m’être préoccupé qu’elle soit une moldue et qu’elle ne fût peut-être pas habitué à la magie, aussi bénigne et indolore soit-elle.

Je m’avançai un peu afin de pouvoir tendre mon bras et plonger l'extrémité de ma baguette dans le lac. Je la remuai deux fois vers la gauche puis trois fois vers la droite et, lorsque je la retirai, l’eau s’y accrocha sur une courte distance pour suivre mon geste et former une stalagmite défiant la gravité. Ma baguette s’en détacha facilement et les lois de la physique reprirent le dessus. L’eau retomba en une sorte de gel qui montrait que la viscosité de l’eau avait augmenté.

- J’ai toujours rêvé faire ça ! disais-je en prenant appui sur le sol pour me mettre debout et observer le phénomène se propager. La surface du lac ondulait plus difficilement, jusqu’à ce qu’elle se fige. Elle luisait au soleil avec une intensité plus grande qu’à l’état liquide et ressemblait maintenant à un lac d’altitude, gelé en hiver.

Je fis confiance à mon sortilège et sautai du ponton. J'atterris sur le lac et, comme prévu, la surface s’était solidifiée mais restait translucide.

Je récupérai ma bouteille et levai les yeux vers Alix.

- Allez viens ! Ne me dis pas que tu n’as jamais voulu te prendre pour dieu !?

Contrairement aux apparences, la surface de l’eau n’était pas glissante. Elle donnait juste l’impression qu’une immense plaque de verre avait recouvert le lac dans sa totalité. Elle laissait apparaître de longues algues vertes qui ondulant paisiblement sous l’eau et des poissons aux reflets multicolore évoluant comme si de rien n’était, accompagnés par des organismes habituellement microscopiques grossis par le phénomène.

J’avais le sentiment de disposer d’un liberté sans frontière ni restriction. Je faisais ce qu’il était impossible de faire normalement et parfois, le fait d’être un sorcier, me sortait de la tête. J’avais été élevé comme un moldu jusqu’à mes onze ans, la magie ne s’était dévoilée que lorsque j’étais entré à Poudlard, mais en dehors, rien n’avait véritablement changé dans mes habitudes. J’avais toujours été ce même garçon, conditionné par l’éducation de ma mère, une moldue réprouvant la magie sans se l’avouer. Maintenant, devant un tel spectacle, j’avais l’impression de rattraper un impair. Si tout s’était déroulé normalement dans ma vie, j’aurais grandi ici avec ma mère et un père sorcier. J’aurais pu faire d’autres âneries plus amusantes que celles des moldus, comme celle d’aujourd’hui par exemple.

J’avançai tout de même d’un pas hésitant pour soumettre ce nouveau sol à la Résistance de mon poids. Il n’y avait aucune fluctuation, aucune sensation particulière manifestant un danger proche.

Alors je continuai à avancer et un craquement s’éleva. Les battements de mon coeur s’accélérèrent de manière fulgurante et la peur saisit mes entrailles pour tordre mon estomac. Je me voyais déjà plonger et piéger sous l’eau à la recherche d’une sortie introuvable. Mon premier réflexe fut de quitter du regard mes pieds pour regarder devant moi et essayer de voir et comprendre où la cassure était en train de se produire. Au lieu d’une crevasse, je n’aperçu que le visage flétrit d’un elfe de maison. Je le reconnu pour lui avoir pris la bouteille que je tenais.

- Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu veux ? lui demandais-je d’une voix dont le ton montrait l’énervement d’avoir été surpris.

L’elfe se ratatina sur lui même en jugeant son intervention mauvaise envers un sorcier.

- Désolé, Casey Call, monsieur. Désolé, Alix Twain, miss. Je suis Twitty, votre elfe de maison, monsieur.

J’attendis patiemment qu’il termine une traditionnelle révérence, car ayant à plusieurs reprises rencontré des elfes à Poudlard, j'avais appris qu’il fallait éviter au maximum de les brusquer, sauf si l’on voulait que l’échange s’éternise dans des lamentations.

- Casey Call doit savoir que des êtres de l’eau habitent ce lac, monsieur. Twitty les connait bien et Twitty ne pense pas qu’ils aiment être enfermés, monsieur.

Ses yeux globuleux roulèrent dans ses orbites. Je crus à un moment qu’il allait tourné de l’oeil en osant me dire les choses aussi franchement. Il abaissa son regard pour fixer l’étrange sol. Il ne semblait pas rassuré.

- Des êtres de l’eau ? Ici ? Ca m’étonnerait qu’Alma et Triptide aient été d’accord.

Il avait tressailli en entendant les prénoms de mes grands-parents et je doutais que ses dernières années à Chestnut Park aient été paisibles jusqu’à présent.

- Casey Call a raison. Les maîtres n’en voulaient pas sur leur domaine, mais ils sont revenus maintenant que tout est fini.

Il trembla à nouveau en réfléchissant à la portée de sa phrase. J’enchainai rapidement pour éviter une quelconque crise.

- Revenus ?

- Oh oui ! dit-il avec plein d'entrain, comme s’il s'apprêtait à raconter une histoire qui le passionnait. Votre père, monsieur, leur avait offert ce lac quand il était encore élève Serpentard. Ils ont toujours habité ici jusqu’à sa disparition, Casey Call, monsieur.

Les yeux de l’elfe se noyèrent, mais il resta bien droit, stoïque, affichant et contrôlant avec fierté ses souvenirs comme s’ils dataient encore d’hier.

Le seul problème, c’est que je n’avais pas de contre-sortilège. Je savais sa durée dans le temps limitée à une heure ou deux, mais je n’avais aucun moyen d’annuler quoi que ce soit.

- Hé ben ... Je crois qu’ils vont devoir attendre un peu que le sortilège cesse ...

- Twitty peut le faire, monsieur. Sa gêne me montra que sa proposition cachait une envie de les libérer rapidement.

- Dommage ... murmurais-je en regardant Alix, un peu déçu de voir le phénomène s’arrêter si rapidement.

Nous rejoignîmes la rive qui offrait une pente douce depuis le lac. Arrivés sur le bord, l’elfe se retourna et claqua une fois des doigts.

La surface se marbra puis frémit un court instant pour regagner enfin son état liquide. Des ridules parsemaient à nouveau le lac qui reprenait progressivement vie.

- Ils vont venir saluer Casey Call ! dit-il ravi en trépignant sur place.

- De ?

Un bruissement montait des profondeurs, il augmentait petit à petit jusqu’à ce que des silhouettes élégantes se profilent sous l’eau. Leurs mouvements donnaient l’impression d’assister à un ballet aquatique, libéré de toutes contraintes et maitrisé à la perfection.


Dernière édition par Casey Call le Sam 16 Oct 2010 - 15:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les chroniques de la mort   Sam 18 Sep 2010 - 18:31

Si Alix avait été une personne raffinée, elle aurait refusé l’aimable suggestion de Casey qui consistait à la rémunérer bien qu’elle ait lâché son poste. Du moins, aurait-elle pu faire semblant de résister, par politesse. Comme ces hypocrites bonnes femmes qui sortent trèèès lentement leur porte monnaie au moment de l’addition mais avec l’espoir profond d’entendre monsieur le leur faire baisser d’un viril : "Non, laisse, je t’invite." Si monsieur voyait la vitesse à laquelle madame sort sa bourse quand il s’agit de se payer la dernière paire de Louboutin, il ferait moins le coq et ces chichis n'auraient aucune emprise sur lui. Ces femmes mériteraient que monsieur les laisse terminer leur geste in-ter-mi-na-blement long d’ouverture de bourse en les gratifiant d’un angélique : "Ah ! Tu veux payer ta part ? Je trouve ça très estimable. Ca change. D’habitude les femmes préfèrent se faire inviter." Dans ta tronche, sale matérialiste et hypocrite bonne femme ! Si tu veux te faire inviter, dis-le ! N’esquisse pas le moindre mouvement du porte monnaie et assume ta radinerie ! Alix, elle, assumait pleinement. Si les hommes avaient besoin de payer l’addition pour se sentir hommes, grand bien leur fasse. Elle préférait dépenser ses sous en Louboutin. Si l’homme proposait de partager en deux, elle ne s’offusquait pas, elle payait et ça ne changeait rien... sauf qu’elle n’accepterait pas de prochain RDV avec lui.

Alors cela ne surprendra personne de savoir qu’elle avait bu de plus belle en portant un toast à la santé de son camarade de beuverie :

- Trop cool ! S’était-elle exclamée à l’idée d’être un elfe de maison payé et riant du tour que prenait sa démission. Elle n’aurait peut-être pas une goutte de sang à verser à son vampire.

Le cool s’en arrêta ici et à la magie par laquelle il lui sécha ses vêtements. Ensuite il y eut la séquence patinoire.

D’abord, elle avait été émerveillée de constater la puissance de la magie. Qui ne le serait pas en voyant la métamorphose de l’eau en cette matière vitreuse sur laquelle on pouvait évoluer comme un Christ sur les eaux de Tibériade ? Mais Casey devait surestimer la blonde humaine. Elle récapitula rapidement toutes les assurances auxquelles elle avait souscrite (par obligation, pour son bien et pour le bien d’autrui) et il lui semblait qu’aucune ne mentionnait le remboursement de frais médicaux pour ce genre de péripétie. Elle voulait demander à Casey si son assurance couvrait les accidents de patinage sur lac vitré et, si tel était le cas, une humaine pouvait-elle en bénéficier ? A peu près certaine que les assureurs sorciers (s’ils y en avaient), refuseraient de payer les frais d’hospitalisation d’une poisseuse sans baguette, elle se laissa néanmoins convaincre grâce au visage soudain rayonnant du maître des lieux.

Elle fit un premier pas sur la vitre, resta en équilibre sur un pied comme si ça aurait pu changer quelque chose à son poids et écouta de ses deux oreilles à quelle sauce la prochaine catastrophe allait la manger. Dans une telle situation, il y avait l’embarras du choix : vitre brisée, chute en tout genre, glissage atterrissage les dents contre le ponton, fracassage de tête contre Casey... Aucun bruit. Aucun craquement. Elle regardait devant elle Casey qui évoluait avec la même retenue. Pas de souci en vue non plus. Par chance, la vitre ne glissait pas. Alix gagna en assurance et se mit à marcher avec émerveillement sur la surface magique. Elle se mit subitement à quatre pattes, le nez collé à la surface en verre pour essayer de discerner quelle sorte de vie trépidante les poissons pouvaient vivre là-dessous. Elle ne vit qu’une algue qu’elle prit pour une tête de mort avec des cheveux vert. Sa surprise fut si grande qu’elle sursauta et recula d’un bond, tombant sur ses fesses et laissant se vider la fin de la bouteille de champagne sur la vitre. Elle sourit car il y avait eu plus de peur que de mal.

Elle crut mourir d’une crise cardiaque quand la voix de l’elfe de maison percuta le silence paisible. Sa première idée fut de croire qu’on venait la chercher pour reprendre du service alors elle s’en remit courageusement à Casey pour le laisser résoudre le conflit. Piteuse et prête à se faire savonner, elle regagna la rive en adoptant la démarche du crabe, c'est-à-dire, de côté, parce qu’encore une fois, pour une raison scientifique qui ne trouvait de solution que dans son cerveau détraqué, elle pesait forcément moins lourd en biais. Mais la présence de l’elfe n’avait rien à voir avec son absence à elle. Elle en fut un peu déçue. Visiblement, elle ne manquait à personne au banquet.

Le mot magique résonna : "Etre de l’eau" !

Ses oreilles se transformèrent en parabole géante et ses yeux en radar pour chercher déjà un de ces êtres magnifiques qui peuplaient ce lac. Ca serait tellement grandiose d’en voir un ! Elle écouta distraitement ce que l’elfe disait mais elle enregistra au hasard quelques bribes de la discussion que Twitty entretenait avec son maître : "Etres de l’eau", "revenus", "Serpentard". NB: demander à Casey ce que ça veut dire.

Accroupie à côté de sa bouteille vide et le nez collé à la vitre du lac à la recherche d’une ombre, d’un mouvement ou d’une queue de poisson géante, il fut moins une quand le lac reprit sa consistance en un claquement de doigt et qu’Alix manqua d’y plonger tête la première. Seul le bout de ses cheveux qui encadrait son visage étonné avait baigné dans l’eau.

Alix se redressa et approcha de Casey. Ce fut un instant où elle n’avait plus 32 ans. D’ailleurs, personne ne pouvait jamais s’imaginer qu’Alix avait 32 ans. Machinalement, elle prit le poignet de Casey d’une main et lui désigna l’eau de l’autre, excitée à l’idée qu’elle allait rencontrer ces êtres merveilleux. Ils apparurent petit à petit. Elle commentait avec extase :

- J’ai déjà croisé un peu de tout depuis que vous existez... loups-garous, sorciers farfelus, gobelins, vélanes, vampires... on m’a déjà parlé des sirènes mais tu vois, pour moi, elles n’existent que dans les contes de fées. J’aimerais leur parler... juste une fois ! Elle est trop géniale ta vie, Casey ! Si on met de côté le décès de tes parents, c’est vrai. Tu es le propriétaire d’une maison avec un lac rempli d’êtres de l’eau ! (Made in Alix, mais ses interlocuteurs finissaient parfois par s'habituer à ce qu'elle parle sans filtre des sujets qui demandaient ordinairement de prendre des gants. Elle était née sans et souvent ça ne dérangeait que les autres. Elle pensait jamais à mal.)

Elle ne se rendait pas compte que, dans son excitation, elle était en train de broyer le poignet de Casey. Son cœur battait à toute allure. Elle ressentit des picotements dans son bas ventre comme si elle descendait une montagne Russe à toute vitesse. Une première tête sortie de l’eau, puis une seconde et une troisième et encore une autre. Ils étaient quatre : trois hommes et une femme.

Ils étaient beaux comme un être fabuleux peut l’être.

La femme avait un iris gris et transparent qui entourait un pupille grosse et ronde et noire comme ses longs cheveux. Sa peau était anthracite et foncée, et sa bouche bleutée et un peu gercée par la vie aquatique. Leur peau à tous paraissait plus épaisse que la délicate peau humaine. Elle ne ressemblait pas à l’idée qu’Alix s’était fait des sirènes mais elle, au moins, était vraie, là, devant elle. Les trois hommes avaient en commun la même couleur de peau étrange et sombre. Elle luisait sensiblement au soleil, comme si on y avait saupoudré une cendre argentine. Ils avaient la même prunelle noire à la taille disproportionnée et de très grands yeux aux couleurs inattendues : l’un les avaient améthyste, l’autre couleur Sphalerite taillé, et le troisième d’un vert bleuté incongru, comme une émeraude, et tout aussi transparents et lumineux que les gemmes auxquels ils faisaient penser.

La femme sirène et celui qui avait les yeux violets étaient restés en retrait derrière les deux autres. Ils avaient hoché la tête en guise de salut quand les deux autres avaient sorti leur main palmée pour effectuer un geste de déférence plus net.

- Casey Call. Jeune maître.

Sa voix était grave. C’était l’être de l’eau le mieux bâti des trois qui parlait. Les Yeux Jaunes. Il avait l’air d’être le représentant des autres qu’il présenta en les désignant tour à tour d’un geste de la main :

- Bonjour. Je me nomme Aspenide, voici Escham, mon frère, et derrière... (il ne se retourna pas et sans même avoir regardé une seule fois l’ordre dans lequel ils étaient apparus à la surface et dans lequel ils s’étaient rangé, il sut les placer en les désignant de son index par-dessus son épaule, ce qui ne manqua pas de retenir l’attention d’Alix), Isobel et Ossimée, ma cousine et son compagnon... Je suis ce qui se rapproche le plus d’un chef de ban pour ma famille. Nous sommes douze, dit-il.

Alix lâcha le poignet de Casey et s’avança près de la rive pour discerner ce qu’elle attendait le plus : la queue de sirène.

Elle avait assez d’éducation pour ne pas dire : pouvez-vous me montrer votre queue ? Elle ne le demandait pas aux hommes, pourquoi le demander aux poissons, n’est-ce pas ? De toute façon, elle ne se voyait pas prononcer cette phrase.

Casey était chez lui et ces êtres étaient locataires de son domaine. Elle n’avait rien à voir dans cette histoire et elle détermina, après un effort considérable de patience, que ce n’était pas à elle de parler la première. Elle n’osait même pas saluer. Elle se contentait d’être à genoux au bord du lac et de couver de ses grands yeux étoilés de rêves d’enfant qui prenaient forme les quatre progénitures de cette folle de Dame Nature.

Elle avait tellement de questions à leur poser ! (Il faudrait à cet égard que Casey l’empêche de poser certaines d’entre elles, notamment quand Alix désirerait aborder le problème de la reproduction).
Son regard devait la trahir car celui aux yeux verts, gêné ou offusqué de l’insistance avec laquelle elle regardait en direction de l’eau, se racla la gorge en se déplaçant face à elle. Elle sursauta et cessa de scruter l'eau à travers les vaguelettes provoquées par les remous de leur nageoire caudale.

- Vous cherchez quelque chose ?

Elle en avait les larmes aux yeux. L’être de l’eau lui parlait ! à elle !

Elle écarquilla tout grand ses yeux d’un triste et banal marronnâtre et lui sourit avec autant d’amour qu’on pouvait mettre dans son visage lorsqu’on regardait une œuvre d’art de génie :

- N... non... c’est juste la première fois que je vois des personnes aussi jolies.

Alix ne se rendait pas compte que, aussi grotesque qu’elle l’avait l’air, accroupie et les larmes aux yeux devant le lac, comme une Madeleine lavant les pieds du Christ, elle venait en une seule phrase de gagner le cœur de quatre êtres de l’eau. Elle n’imaginait pas que les sorciers et ces êtres fabuleux se disputaient depuis des siècles pour savoir si on pouvait ou non considérer ces derniers comme des personnes ou comme des créatures. Le mot "personnes" les touchèrent plus que le compliment. Mais, sans le vouloir, elle avait provoqué un silence de plomb qu’elle traduisit par "merde, j’ai dû gaffer. Promis demain j’arrête de boire."

Il était temps que quelqu’un prenne la parole. Tous les quatre la dévisageaient comme si elle était une extraterrestre. Qui était cette femme qui leur nommait "personnes" et non pas "créatures" ou "être de l'eau" ?

Alix se releva, impressionnée, et alla quérir le regard de Casey pour essayer de comprendre ce qu’elle avait fait.



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MessageSujet: Re: Les chroniques de la mort   Jeu 14 Oct 2010 - 22:39

Je n’avais encore jamais vu d’aussi près des êtres de l’eau. Une fois, j’en avais aperçu un en regardant par le fenêtre d’une salle de classe à Poudlard. Elle donnait sur le Lac Noir, ce qui me permis de voir la créature nager rapidement à la surface de l’eau puis s’enfoncer dans les profondeurs pour disparaitre.

Penser à l’école aujourd’hui me fit regretter mes atitudes du passé, car j’étais certain que cette espèce magique était au programme scolaire, mais je n’avais aucun souvenir de ce qu’il avait pu être dit ce jour-là. M'en rappeler m’aurait peut-être permis de connaître la manière par laquelle il fallait les saluer, encore s’il en existait une particulière, ou s’il y avait des choses à éviter avec eux.

Je n’avais pas le choix, je devais improviser ce premier contact avec ces êtres, qui, malgré leur apparence, ne semblaient pas si éloignés de nous. Je répondis donc de la même manière que la leur, ce qui me déconcentra quelque peu d’Alix que je n’eus pas le temps de retenir. Mon bras s’étira, mais ma main se referma dans le vide. J'aurais voulu éviter au maximum qu’elle ne s’approche trop près.

Aspenide et les trois autres semblaient profondément intrigués par son attitude. Pour ma part, vu l’aperçu qu’elle avait pu me donner d’elle quelques minutes plus tôt, je n'en fus étrangement pas plus surpris que ça. La créature qui se présenta être le leader du groupe me lança un regard pour que je leur vienne en aide et que je leur explique ce qu’elle était en train de faire.

- Excusez Alix, c’est une moldue. leur disais-je tout en me déplaçant vers la jeune femme pour l’aider à se relever.

Du coin de l’oeil, j’aperçu sur le visage d’Aspenide, puis sur celui des autres, de la compréhension, comme si mon explication justifiait tout.

Je prononçai un bref désolé par pure politesse, mais celui-ci fut poliment ignoré. A partir de là, tout avait été pardonné, même si finalement ils n’étaient pas paru plus offusqués que ça. L’atmosphère se déchargea un peu.

- Voici Alix Twain, disais-je pour présenter la jeune femme en me rappelant du nom prononcé par Twitty, et je suis ravi de vous accueillir ici. Comme mon père semblait l’avoir voulu, poursuivais-je en regardant cette fois l’efle, qui approuvait déjà ma phrase en ayant deviné sa suite, vous devez vous sentir ici chez vous sans avoir le besoin de m'appeler maître.

Escham et Aspenide s’échangèrent un bref regard.

- Nous vous en remercions et sommes ravi à notre tour de constater toutes les ressemblances que vous avez avec votre père.

La réflexion me toucha plus que je ne l'aurais imaginé. Mon coeur se serra un peu, mais revint à sa forme initiale avec un peu de concentration.

- Merci. disais-je en utilisant un mot concis mais qui résonnait pour moi à sa juste valeur.

Je me penchai pour les saluer et clôturer ces salutations respectueuses. En me redressant, j'entendis un reniflement bruyant.

L’origine du bruit avait des yeux globuleux, noyés par les larmes et un nez en trompette qui commençait à couler. L’émotion de Twitty était peut-être louable, mais difficilement appréciable dans la situation. Je fronçai les sourcils en me murmurant qu’il pourrait nous épargner ce spectacle et, comme s’il pu m’entendre, il essuya ses larmes et me répondit par un grand sourire. Il devait penser que cette autre manière d'exprimer sa joie était meilleure ou plus adaptée, mais en réalité, elle ne l’était pas. Ses lèvres se découvrirent pour aligner très approximativement des dents jaunes ou noirs. Il était à mille lieux de l’image habituelle que l’on pouvait se faire de la beauté des Elfes de maison, qui, ici, était toute relative, je vous l’assure. Je ne pus que produire une espèce de grimace, tiraillée entre l’envie de lui rendre son sourire et une touche de dégoût.

Les êtres de l’eau me regardèrent avec amusement ce qui participa encore plus à détendre l’atmosphère, toujours un peu tendue et protocolaire.

Je me mis ensuite à réfléchir pour trouver rapidement quelques choses à ajouter.

- Oh ! Eh bien, Alix .. me disait justement qu’elle aurait aimé pouvoir rencontrer des gens de votre espèce ! improvisais-je en me disant que même s’il s’agissait peut-être d’un mensonge, elle m’appuierait lorsque j'allais tourner mon regard vers elle pour obtenir une confirmation.

- Oh ! Vraiment ? Et bien, nous sommes ravi. répondit-il avec une tonalité que je ne sus pas sur le moment si elle était sèche ou maladroite.

Immédiatement, je doutai de l’utilisation du mot "espèce". Je ne savais pas pourquoi mais, même si j’étais certain que son emploi soit à la hauteur du terme, quelque chose m’influençait pour me dire qu’il pouvait peut-être être vu comme péjoratif. Je ne voulais tellement pas paraître ségrégationniste que je doutais de moi-même.

L’appréhension ne se fit absolument pas ressentir de l’autre côté, ce qui me rassura immédiatement en voyant leur visage conserver leur sérénité.

- D’ailleurs, nous aimerions vous inviter à venir chez nous ! La tête de la jeune fille se décrocha un peu de derrière les deux êtres de l’eau qui semblaient plus âgés.

- Ah ? Ben ... Je regardai à nouveau Alix pour obtenir son avis. Mais ... ? La faisabilité de l'opération me fit douter.

- Si vous le voulez bien, bien entendu. Aspenide nuançait les propos de sa cousine pour donner un aspect facultatif à l’invitation.

- Ah si ! Si ça ne me dérange pas ! Enfin, je veux dire que j’accepte très volontiers votre invitation. repris-je rapidement pour montrer ma sincérité.

- Mais par contre, je ne vois pas bien comment .. Comment aller sous l’eau ? Exactement.

- Avec la branchiflore. répondit Escham.

- avec la branchiflore ... biensûr... J’avais perdu un classique, mais gagné une nouvelle bonne raison de regretter de n'avoir rien glandé à Poudlard ... Non, rien faire c’est le pied.

- C’est un truc pour aller sous l’eau. disais-je à Alix, comme si cette phrase était sensée expliquer quelque chose. Le mot "truc" signifiait ici peut-être une potion, peut-être un appareil magique ou encore une plante. Je ne m’en rappelais plus. Je savais juste que la branchiflore m'évoquait une forme vague.

Ossimée le Silencieux se décala pour venir au même niveau qu'Aspenide. Il avança vers nous en saisissant le sac en cuir qu’il portait en bandoulière. Il en sortit une boule qui ressemblait à des spaghettis verts emmêlés.

- Une plante. disais-je pour remplacer mon mot "truc" de tout à l’heure. La forme se précisait dans mes souvenirs, je pensais la voir dans le flashback d’une diapositive, projetée contre le mur d'une salle de classe et aperçue entre deux bâillements.

Ossimée sépara la boule en deux et nous en offrit chacun une moitié.

- Il faut l’avaler. dis-je aussi bien pour Alix que pour moi, l'intonation de ma voix se rapprochant de l'interrogation.

- Oui, vous devez l’avaler. me confirma l’être aux yeux améthyste, rompant son silence.

Je portai ma main à la bouche et je lançai un regard en biais vers Alix avant de passer à l'acte.

Ce qui reposait dans ma main était verdâtre et visqueux, et donnait la désagréable impression d’être remuant et vivant.

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MessageSujet: Re: Les chroniques de la mort   Lun 25 Oct 2010 - 23:28

Casey était un garçon gentil. Cette conclusion à laquelle était parvenue Alix au prix d'un effort de concentration sans précédant, lui agrandit le sourire jusqu'aux oreilles. Il avait fallu qu'elle croise la route d'un sorcier pour se sentir enfin intégré au monde. Ses semblables auraient jugés que ce n'était sûrement pas brillant de se sentir enfin intégrée alors qu'elle évoluait dans un univers qui était soudain peuplé de sorciers, d'elfes de maison et d'hommes poissons. Mais c'était le mieux dont elle était capable. Ces gens-là ne lui faisaient pas le reproche de sa maladresse et n'insistaient pas avec des mots cuisant sur ses incapacités. Ils faisaient avec... peut-être même qu'ils ne le voyaient pas. Parmi eux, elle n'était pas la plus bizarre. Et ça faisait du bien que la roue tourne un peu. En contre partie, elle ne les trouvait pas vraiment bizarre non plus. Elle les trouvait fantastiques! Uniques.

Elle n'était pas totalement stupide, elle savait de quoi elle était capable ou non. Elle connaissait ses pires. Pour la première fois depuis longtemps, elle se sentait à son aise dans un milieu. Un milieu extraordinaire dans lequel ses pires ne lui étaient pas reprochés. Si chacun doit être apparenté à son environnement et qu'elle se sentait bien dans celui-ci, ici et maintenant, peut-être que d'une façon inexpliquée, Alix était faite pour être ici, entourée de ces gens dont, quatre ans auparavant, elle n'aurait jamais osé imaginer l'existence sauf dans les niveaux les plus hauts de ses jeux Wii.

La figure émerveillée d'Alix s'était transfigurée en décorum d'émotions plus ou moins résumé dans le "merci" qu'elle lâcha un peu pour tous, un peu pour rien. Pour la situation en elle-même, pour le jeune sorcier désenchanté qui ne la regardait jamais avec méchanceté, pour l'elfe rigolo qui paniquait pour une Wii ou pour un non, pour les poissons-hommes qui les invitaient dans un monde à eux où elle n'était pas encore bien sûr d'avoir sa place.

Le cœur léger et bien à sa place au bout de ses artères, elle fit confiance à son entourage et ingurgita le truc qui était en fait une plante pour aller dans l'eau. C'était comme des spaghettis martiens. Puisque Casey l'avait gobé, elle le suivit. Elle n'était pas très sûre que son estomac et son métabolisme supporteraient le même traitement que celui d'un sorcier mais elle fit confiance.

Elle avala le truc. Elle avait eu raison: c'était dégoutant et ça n'eut pas sur elle les effets escomptés. Casey avait changé un peu et son corps s'était adapté au milieu marin en lui faisant pousser des sortes de branchies dans le cou et des mini palmes entre ses doigts de pieds et les doigts de la main. Sur Alix, l'effet fut différent. Elle manqua de s'étouffer. Les êtres de l'eau s'inquiétèrent mais ne pouvaient rien faire pour elle puisqu'elle était sur la rive. Elle tomba à genou, se prit le cou avec les mains pour montrer qu'elle s'étouffait. Ses yeux étaient rouges comme un gloss à la cerise et elle avait viré au jaune. Toute sa peau se transforma en une épaisse pellicule jaunâtre. La sensation d'étouffement passa et elle se redressa.

Escham s'approcha de la rive et tendit la main vers Alix en souriant:

- Ah! Je viens de découvrir que la branchiflore avait des effets secondaires sur les moldus... viens avec nous, on va faire un essai avant d'aller sous l'eau.

Loin d'être en confiance, Alix se laissa emmener pour la curiosité et pour n'avoir pas mangé cette plante dégoutante pour rien. Elle retira sa chemise et son pantalon pour les retrouver secs à son retour et cacha ses attributs à Casey en croisant ses bras sur sa poitrine pendant qu'elle goûtait l'eau du bout des pieds. Si les êtres de l'eau étaient tous nus parce que c'était dans leurs coutumes, les sorciers, comme les gens ordinaires, n'avaient pas cette même liberté. Alix ne se sentit pas aussi à l'aise devant les yeux des êtres de l'eau que devant ceux du sorcier. La faute en revenait à Adam et Eve qui avait croqué le fruit défendu. Alix, grande croyante d'un ordre universel qui était supérieur à l'humanité, se demanda un instant si Dieu avait crée les sorciers et la magie ou s'il s'était mis d'accord avec un autre Dieu qui gérait les sorciers à part. S'ils étaient descendant d'Adam et Eve, ça expliquait la raison pour laquelle ils portaient des vêtements et ne se comportaient pas totalement comme une bande de hippies. Elle avait déjà remarqué qu'ils étaient hyper écolos.

Dans son grand délire théologique, Alix était rentrée complètement dans l'eau du lac. Elle tenait fermement la main d'Escham.

A trois Casey était allé dans l'eau. A trois, elle avait plongé la tête sous l'eau.
Escham avait plongé à son tour pour vérifier qu'elle pouvait y respirer. Alix fit un signe de "oui" de la tête et remonta à la surface:

- Casey! Je peux respirer sous l'eau! C'est génial... mais pourquoi je ressemble à un citron? C'est pas juste...

Aspenide émit une hypothèse comme quoi le corps d'Alix avait été contaminé par la plante magique d'une manière plus totale parce que son métabolisme devait se protéger plus que celui d'un sorcier. Plutôt pressée d'aller visiter leur maison, elle ne posa pas de question sur les raisons du pourquoi et du comment. Elle alla se mettre près de Casey, où elle se sentait plus à l'aise malgré son avatar de maillot de bain, et tout le monde plongea d'un seul coup pour aller dans les profondeurs du lac.

Alix nageait comme elle courait: karmik la grenouille dans son milieu naturel. C'était ridicule mais moins qu'à la verticale. Elle envia la grâce des êtres de l'eau et après quelques centaines de mètres, encadrée par Escham qui s'était naturellement posé en chaperon pour elle, et de Casey, qu'elle ne voulait pas quitter, elle essaya de nager avec un peu plus de beauté. Elle passa donc de karmik la grenouille à une sorte de têtard sans nageoire.

Elle commença à fatiguer alors Escham lui prit la main et la tira. Tout à coup, le rythme n'avait plus rien à voir. Aspenide prit celle de Casey et ils parcoururent plus de la moitié du lac à une vitesse ahurissante. C'était Disney Subaquatique World!

Ils ralentirent quand ils approchèrent une avancée rocheuse et recouverte d'algue et de coquillages. Il y avait une porte magnifique implantée dedans. Alix se demanda comment les êtres de l'eau avaient fait pour construire leur maison à partir de rien. Etait-ce le père de Casey qui leur avait fournit de l'aide et du matériel?

La femme poisson alla ouvrir la grande porte en bois peinte de vert et émaillée par endroit. Il n'y avait pas de serrure, il suffisait de pousser la porte. Tout était sombre derrière. Sombre et silencieux. Des petits poissons passaient devant eux, d'autres s'en allait, effrayés, se cacher dans les petites crevasses du tunnel qu'ils pénétrèrent.

Après un long moment, où rien n'était visible, ils arrivèrent à une bifurcation lumineuse. A gauche, le tunnel sombre continuait, à droite, il donnait sur la source lumineuse... c'était magnifique... on aurait cru qu'on était dans le film abysse. Huits habitations marines en forme de coquillages géants ou construites dans des rochers creusés, des lumières qui provenaient d'algues phosphorescentes et d'anémones de mer, des jardins de plantes aquatiques et des terrasses de marbres blanc somptueux...

Alix s'arrêta de nager et tira sur la main d'Escham pour l'arrêter à son tour. Il lui sourit en écartant les bras avec fierté. Il lui montrait sa maison. Leur chez eux. Leur univers.

Alix se tourna vers Casey pour voir s'il partageait son émerveillement qui n'en finissait pas.
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