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 Baring

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Sacha de Lansley
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MessageSujet: Baring   Mar 27 Juil 2010 - 2:04

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Sacha était rentré bredouille de l'expédition à Ellis Island. Il restait cependant persuadé qu'Antarès siégeait là-bas et, à force d'insistance, il était parvenu à convaincre ses camarades. L'information avait été relayée auprès de tous les QG Résistants encore actifs. On demandait à la Grande-Bretagne ce qu'il fallait faire et Sacha répondait invariablement: "Rien. Pour l'instant, on attend."

Ils n'étaient pas assez nombreux pour s'attaquer à la forteresse et Antarès avait toujours le Calice tandis qu'eux en étaient encore à prospecter pour la Quatrième Clé. Selon Emmett, il revenait à Sacha de la trouver. L'Amiral avait fini par se dire que Le Passeur faisait vraiment dire tout ce qui l'arrangeait à la Prophétie.

'Je pense que je vais prendre des cours particuliers de langage Centaure ancien... juste pour vérifier parce que c'est pas possible ces histoires. On me fait vraiment faire n'importe quoi.'

De Lansley était un chouïa bougon depuis trois semaines. L'éloignement obligé de sa femme et, de ce fait, le manque de rapports physiques contribuaient en grande partie à ses accès de mauvaise humeur. Qu'il fût en plus de tout ça celui qui doive trouver la dernière Clé finissait de grignoter sa tolérance:

- Prendre les coups à la place des Iccams, OK. Diriger la Résistance, OK. M'éloigner de ma femme, mmmOK. Mettre en jeu la vie de mon fils, mmmmputain. Et ce n'est pas assez, il faut encore que je me coltine la quête du Miroir. Je déteste les Clés. Si je trouve le Miroir, je le ficelle à Mareva et Emmett pour en faire un porte-clés géant. Ce Centaure toxico... Il n'y a qu'un Centaure pour imaginer des choses aussi tordues. 'Le double des Clés'? Sérieusement? Si ce n'est pas du foutage de gueule, ronchonnait Sacha alors qu'il était allongé dans son bureau de la salle Organza, à même les dalles froides. Foley regardait son maître sans savoir quoi dire pour le calmer. L'elfe de maison prit le parti de faire la bonne oreille mais de se garder d'ouvrir la bouche. Il ponctuait d'un hochement toutes les remarques de Sacha en se frottant les mains nerveusement l'une contre l'autre. Il aurait tellement voulu faire quelque chose pour soulager le jeune maître. Mais que pouvait un elfe?

Il régnait une canicule sans pareille sur l'Angleterre depuis le début du mois d'août. Le temps était supposément revenu à la normal mais le sorcier avait oublié ce que signifiait le mot normal. Son sac était encore fermé. Posé où il l'avait lâché en transplanant à Poudlard. Il restait toujours le seul sorcier capable de transplaner dans l'enceinte du château. Il trouva que c'était une maigre récompense pour le sacrifice de sa sexualité, hum, entre autres choses.

Vivre caché le rendrait claustrophobe. Chacune de ses sorties se faisait accompagnée si bien qu'il n'avait jamais le loisir de s'adonner à son activité préférée: le marivaudage. Cela lui était brûlante frustration qu'il dût cesser de nourrir sa libido alors qu'il venait à peine de retrouver sa femme après quelques mois plus ou moins désertiques. La faute lui en revenait, il ne remettait rien en question. Mais bon. Frustrant. Pas de sexe. Pas d'amis. Pas de sortie. Plein de devoirs. Il avait l'impression d'être puni.

Il donnerait n'importe quoi pour faire une pause. En écoutant son maître Foley eut une idée. Il repensa à la création d'Enki. Cool Paradise. Il soumit l'idée à Sacha qui se redressa avec vivacité et sauta sur ses deux pieds:

- Tu es un as, Foley! S'émoustilla Sacha.

Il retira chemise, pendentif et pantalon que l'elfe s'empressa de venir ramasser pour les ranger. Quand il leva la tête, la porte se refermait sur le dos de Sacha qui s'en allait en caleçon à travers les couloirs d'Organza.

Sacha croisa quelques regards amusés de personnes qui le saluèrent solennellement mais non sans rire, donnant leur salut avec une main tendue sur le front comme les militaires moldus:

- Mon Amiral, rit une des jeunes recrues en désignant les jambes nues de Sacha. Il ne vous manquerait pas quelque chose?
- Si, répondit Sacha tout en continuant sa route vers la porte d'eau, deux vahinés en bikini et un Sex On Beach. Rompez!

Les jeunes rirent en poursuivant leur chemin dans les dédales de Poudlard University. Arrivé près du couloir sans issue qui se terminait par le rideau d'eau stagnante, il croisa ensuite Mélanie qui rougit dès qu'elle l'aperçut et s'empressa de baisser les yeux. Cette fois Sacha s'arrêta. La jeune femme n'osait pas le dévisager alors il prit son menton sur son index et l'aida à relever les yeux vers lui. Mélanie était une proie facile, il ne chercha que l'amusement. Il lui sourit en grand en la félicitant pour ce joli blush rose.

- Mais je ne suis pas maquillé, bredouilla-t-elle
- Je sais. Vous me rendriez un service, soldat?

Mélanie émit un son que Sacha traduit par un oui.

- Si vous voyez Emmett, Egon, Isis ou une de ces tortures ambulantes, auriez-vous l'amabilité de leur dire que je suis parti en France pour l'après-midi, visiter ma mère, et que je reviendrai dans la soirée?
- Vous partez en France, monsieur de Lansley?


Sacha réprima un rire. Mélanie n'était pas très vive. C'en était presque touchant.

- Euh, ouais...
Il la prit par les épaules et la dirigea vers une table placée au carrefour stratégique de la salle des vivres et de Cool Paradise. Il l'assit. Elle se laissa balader comme un pantin sans trop comprendre.
- J'ai une autre mission à vous confier. Top secrète. Vous allez vous asseoir à la table qui est ici – il fit apparaître un GMC – et brasser les pages du GMC à la recherche de tout ce que vous pouvez trouver comme variétés de crustacix amphibiques pour me faire un rapport détaillé que je lirai dès mon retour. Si vous croisez un des gradés ou que vous entendez qu'on me cherche, répondez ce que je vous ai dit. Qu'est-ce que je vous ai dit?
- Que vous seriez chez vôtre mère jusqu'à ce soir.
- Parfait, Julie, vous êtes géniale.
- Mélanie, monsieur de Lansley.
- C'est ce que j'ai dit. Hum. Donc interdiction de partager avec qui que ce soit l'importante mission sur les crustacix. C'est entendu?
- Compris, chef.
- Ah! Sophie, si je n'étais pas marié...


Un rougissement.

- Bonne journée!
- Bonne journée. Vous pouvez compter sur moi,
bredouilla-t-elle en le regardant partir vers l'entrée magique. La jeune recrue le regardait avec des yeux impressionnés et beaucoup de dévotion. Elle allait accomplir sa mission et il ne serait pas déçu. Sa naïveté faisait presque regretter à Sacha de ne pas en avoir plus profité. Et quoi? C'était bon aussi quand c'était facile, finalement.

Il la laissa monter la garde à son insu devant la porte d'eau et se faufila vers la plage en sifflotant. Avec cette chaleur étouffante, puisque sa seule mission était de trouver le Miroir et qu'il avait été consigné par Emmett à réfléchir à des détails ou des idées le concernant, le jeune Amiral songea que le devoir serait plus agréable au soleil d'une reconstruction de Phi Phi Island.

Sur la plage, il n'était pas le seul à avoir eu cette idée. Plusieurs adjuvants, nouvelles recrues et majors étaient assis en cercle sur la plage. L'un des Majors faisait planer une carte à un mètre du sable et pointait de sa baguette différents points scintillants verts. Chacun représentait un portoloin illégal de la Résistance placé aux endroits tactiques de la planète. Ils devaient être en train de préparer une mission de terrain. La fréquence de celles-ci n'avait jamais diminuée depuis le 14 juillet. Au contraire, les recrues se montraient plus motivées que jamais à apprendre les ficelles de duels et de stratégies qui permettraient à leur pays de sortir un jour vainqueur d'une bataille à laquelle ils répondraient présent.

Sacha les salua. Il fut accueilli par des yeux ronds de perplexité.

Quoi?
L'Amiral n'avait pas le droit de se promener en caleçon?

Il leur fit une courbette burlesque sans s'arrêter et se dirigea vers l'eau. Il attendit que tous les yeux soient encore accrochés à son dos pour retirer son caleçon et plonger. Le Major Judicaël roula des yeux et rappela l'attention de ses recrues. Cette fois, les yeux étaient bel et bien détournés, et il nagea dans l'espoir de rejoindre une petite crique qui se trouvait dans un renfoncement. C'était un bel instant de liberté.

Il nagea comme un forcené. Le plus loin possible de la côte. Il voulait s'épuiser, faire tomber les derniers sursauts d'énergie pour que sa cervelle ne lui inflige plus ses éclats de réflexions au sujet de Charlotte. Ca le parasitait pour ses réflexions sur le Miroir. Emmett et les deux Iccams étaient persuadés que pour respecter l'équilibre de la parité prophétique, le Miroir devait être une femme.

Il avait d'abord songé à Charlotte mais il s'avouait qu'à l'affleurement même de la pensée il avait su que ce n'était pas elle. Les Clés avaient cela en commun que toutes avaient fait le choix de s'unir les unes aux autres autour d'Isis et Egon, dans une Résistance aux forces du mal, en dépit de leurs provenances et de leurs affinités. Charlotte avait été soumise. D'une manière ou d'une autre, elle n'avait pas combattu. Cela la mettait sur la touche.

Ca ne simplifiait pas la recherche de Sacha. Il aurait préféré que le Miroir soit un homme, cela aurait grandement restreint le champ d'investigation: 'Une femme dans mon entourage...? Emmett a fumé de l'herbe à Centaure. J'en ai pour deux siècles de recherche... pourvu que ça ne soit pas Méla... Jul... bref, une troll.'

Sacha atteignit la petite crique de ses souvenirs. Il sortit de l'eau, nu comme Umbrès à l'origine. Il alla s'allonger sur le sable. Il demeura alanguit par la douceur du temps de Cool Paradise plusieurs minutes. Il laissa au soleil le loisir de brunir sa peau cependant qu'il entrait dans un demi-songe... il somnolait. A contre-jour par rapport au soleil levant, une silhouette de femme, aussi nue que lui actuellement, se tenait devant lui et pansait une blessure qu'il avait au flanc. Il la regardait faire, sans bouger, jusqu'à ce qu'elle lui tourne le dos pour s'en aller quand la plaie fut refermée. Il amorça un petit mouvement pour la retenir mais la vision d'une large cicatrice qui profanait sa peau lisse l'arrêta dans son élan. Il eut la sensation de reconnaître la cicatrice. Il enlaça la silhouette de l'inconnue. Refermant ses bras autour d'elle pour l'empêcher de s'en aller.

Dans son rêve, son alter ego avait compris l'identité de la femme mais, dans la réalité, Sacha ne parvenait pas à savoir qui elle était et pourquoi cette cicatrice lui paraissait familière.

Il lui murmura qu'il était désolé, qu'il la protégerait et qu'elle ne devait pas s'inquiéter. Il n'était pas ce qu'elle croyait. La silhouette lui répondit qu'elle n'était pas non plus ce qu'il croyait. A l'instant où il la retourna pour voir son visage, Sacha sentit que quelqu'un lui faisait de l'ombre. Là, sur plage, en dehors de son rêve. Il s'était alors extrait de sa rêverie doucement. Il oublia vite la femme à la cicatrice. Il rêvait tout le temps des femmes, ce rêve n'avait rien d'exceptionnel.

Complètement impudique, au lieu de se redresser et de dissimuler son anatomie pour être plus présentable, il essaya de braver le soleil pour découvrir qui s'était approché. L'ombre bougea un peu pour se placer sur son visage et lui permettre d'ouvrir les yeux.

Il vit.

- Manoue... chanta-t-il en s'asseyant.
Serviette appareo, prononça-t-il en tendant sa main devant lui. En quelques secondes une serviette de plage se matérialisa dans sa main. Il s'en entoura avant de prendre Elinor dans ses bras.

'Mélanie fait très mal son travail... on ne peut compter que sur soi-même.' soupira-t-il en souriant à Elinor en la regardant avec des yeux innocents comme il avait appris à son fils. Le meilleur rempart contre une remontrance à venir.

- Ne le prends pas mal mais... qu'est-ce que tu fais là? Tu viens chercher Noah? appréhenda Sacha.





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MessageSujet: Re: Baring   Mar 27 Juil 2010 - 19:57

- Tu me fais chier Rachel ! lança-t-elle en claquant la porte.

Une énième dispute l’avait poussée à sortir dans la ruelle ombragée. Montpelier Street ne reflétait que la discorde qui régnait entre les deux femmes. A croire que les châtaigners qui bordaient le petit parc face à la maison y étaient pour quelque chose. Dans le lot commun de la dispute on trouvait toujours les absences injustifiées d’Elinor, et de plus en plus Loévi Leroy, que Rachel ne supportait pas. Depuis février et la soirée qu’Eli avait passée avec son amie, son nom revenait sans cesse, comme une vague s’échoue inexorablement sur le sable. Pourquoi s’étaient-elles disputées à la base déjà ? Elle ne le savait plus tant la rage la consumait.

Avant de sortir, la jeune femme n’avait enfilé qu’une légère robe écrue en coton, et une paire de sandales. D’une mauvaise foi splendide, Elinor avait choisi cette robe pour son décolleté et son ourlet qui lui arrivait à peine au-dessus du genou, espérant ainsi prolonger la colère de sa compagne jusqu’au soir. Si Rachel savait… Avec Loévi il n’y avait rien. Avec d’autres il y eut des fois, des soirs. Avec Rachel il n’y avait pas de promesses ou de serments. Alors quoi ?

Il n’empêchait que malgré la colère, elle ne pouvait s’empêcher de douter. Rachel n’était pas la seule à se poser des questions sur ces mystérieux ‘trous’ dans son emploi du temps. Antiochus aussi s’en était enquis, et même s’il avait essuyé lui aussi un déni frontal, il avait poussé sa nièce à s’interroger. A partir de là, en regardant plusieurs fois sa montre d’affilée, elle avait constaté des absences de conscience sur sa journée de quelques heures. Il était impossible d’avoir le moindre souvenir de ces trous. Quelque chose lui disait simplement qu’elle n’avait pas bougé de ce qu’elle faisait…

Tout ça la mit mal à l’aide. Pire, ça l’effrayait. Aussi, entendre encore une fois Rachel s’inquiéter sur le sujet l’énerva forcément.

Elle traversa la rue pour aller s'asseoir dans le parc à l’ombre d’un châtaigner, face à la petite église. Les arbres… C’était une longue histoire qui la renvoya à sa propre histoire et à son alma mater. Sans faire ni une ni deux, elle transplanna directement à Pré-Au-Lard. De là, elle marcha silencieusement jusqu’à Poudlard, pour atteindre un chêne qu’elle ne connaissait que trop. C’était lui qui l’aidait le mieux à réfléchir. Elle resta ainsi de longues minutes, assise en tailleur malgré la robe qu’elle portait et qui n’était pas faite pour tenir une telle posture. Elle s’en fichait.

Au bout de quelques temps, une ribambelle de jeunes passa, pouffant à l’encontre de l’Amiral. Il était là. La mère de Noah entama alors une recherche rigoureuse au cœur de l’Université, triant méthodiquement les lieux selon les goûts de Sacha, ses fantaisies, et son caractère.
Au détour d’un couloir elle croisa une jeune fille plutôt jolie, assise à une table en bois, en pleine lecture de GMC. Une plume à la main, un parchemin soigneusement posé à côté, elle leva les yeux sur Elinor qui lui sourit.

- Vous avez l’air très occupée…
- Effectivement. J’ai du travail, et il est très important. Glissa Mélanie d’un air embarrassé.

Intriguée, Eli saisit les documents et y jeta un regard amusé avant de se pencher vers la travailleuse de l’ombre. Elle s’arrêta à quelques centimètres de son visage et la fixa dans les yeux.

- Vous vous appelez ?
- Mélanie. Que voulez-vous ?
- Hummm… les crustacix amphibiques ? dit-elle posant un coude sur la table et en posant sa tête sur sa main en guide de reposoir. Elle sourit de plus belle à la jeune fille qui n’en revenait pas de s’être fait prendre affairée à sa mission si spéciale. Vaste sujet. Enfin bref, je souhaiterais voir l’Amiral. Pouvez-vous me dire où il se cache pour vous avoir donné une mission d’une si haute importance ?
- Il…

Elinor n’était personne dans la Résistance. Alors, drapée dans sa haute idée d’obéissance à l’Amiral, elle se borna à répondre la chose voulue.

- Il est chez parti rendre visite à sa mère dans le sud de la France, il sera là ce soir. Fit-elle non sans une certaine satisfaction du devoir accompli. Mais comment savez-vous que c’est lui qui…

Face à elle, Eli explosa de rire.

- Bien sûr, chez sa mère. J’aurais dû y penser moi-même. En attendant, où est-il vraiment ?
- D’accord, d’accord. Cool Paradise, au fond du couloir derrière la porte d’eau… Mais qui êtes-vous ? Vous faites partie de la Résistance au moins ?
- Un crustacix amphibique. Ne changez pas vous êtes parfaite. Finit-elle en déposant un chaste baiser sur sa joue.

Eli continua son chemin jusqu’à la porte d’eau, laissant Mélanie à ses joues cramoisies. Elle pénétra avec plaisir dans ce lieu enchanteur qui lui rappela immédiatement Cuba… Après réflexion, elle pencha plutôt pour la Provence. En fait, affluaient en elles les souvenirs de ses vacances à la mer, quelle qu’elle soit. Elle prit une longue inspiration et profité de cet air marin si doux. C’était un lieu d’apaisement, de relâchement.

Il lui fallut un moment pour comprendre où pouvait être Sacha et localiser son refuge. Elle marcha sur la plage, ses sandales à la main, protégeant ses yeux par une main en guise de visière. A chaque pas ses pieds s’enfonçaient dans un sable brûlant accentuant l’envie qu’elle avait de plonger dans l’eau.
Elle n’y tint plus. A l’aide d’un sortilège de métamorphose, le tissu de sa robe se tendit. Il s’amenuisa ensuite, se rétracta sur son corps jusqu’à glisser comme un serpent et former un bikini de la même couleur. Il révéla d’autant mieux son bronzage aux yeux curieux. Elle se mit à nager, suivant son instinct.

A force de persévérance, elle atteignit la crique où un jeune homme nu était étalé. Point de doute…Elle avança jusqu’à lui, et finit par lui cacher le soleil, comme l’avait fait naguère Alexandre à Diogène. Elle le laissa se relever et la prendre dans ses bras. C’était tellement… enfin, comment dire ? Comme se retrouver à la maison.

‘Il en faut pour arriver jusqu'à toi! J'ai adoré cette chère Mélanie. Et puis franchement, ta mère… c’était marrant.’ Pensa-t-elle à son attention.

- Tu me manques. Lui dit-elle en se laissant tomber sur le sable.

Enlever un enfant à sa mère c’était un peu lui enlever un bout d’elle-même. Mais pour sa sécurité, elle ne devait pas savoir où il était. Il le savait. Elle le savait. Le genre inexorablement raisonnable d’Elinor ne l’autoriserait jamais à mettre en danger la vie de Noah. Cette question de la part de Sacha la déçut, mais l’interpella sur sa fulgurance. Sacha devait avoir peur. Elle ne lui en parlerait pas maintenant mais saurait le lui ressortir plus tard.

- Sacha, j’ai besoin de toi.

‘C’est égoïste mais je ne sais plus quoi faire. Je t’ai trop tenu à l’écart. Je ne voulais pas t’ennuyer avec mes soucis mais j’ai peur.’ C’était plus facile de parler en pensées qu’avec sa voix.

Elle saisit sa main et le fit asseoir avec elle.
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Sacha de Lansley
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MessageSujet: Re: Baring   Dim 1 Aoû 2010 - 17:05

Il avait plissé les yeux sans s'en rendre compte. Quand émergea subitement l'idée qu'elle pouvait à tout moment lire la signification de ses expressions s'il ne se contrôlait pas plus – et, pour l'instant, ce qu'il ressentait s'apparentait à un mélange étrange de méfiance et d'exaltation – il cloisonna son visage. Un masque neutre. Tous ses muscles étaient au repos forcé. Il avait seulement les lèvres légèrement entrouvertes.

Il ne se fermait pas à Elinor, certainement pas au moment où elle lui disait avoir besoin de lui et où elle faisait enfin le pas qu'il attendait depuis longtemps. Il ne fallait pas confondre les raisons de cette soudaine impassibilité. Sacha se réservait tout bonnement le droit de ressentir sans être lu ; sans que ne jaillisse machinalement à l'extérieur de lui un indice qui pourrait trahir son émotion.

Pour la part concernant la méfiance, instinctivement il sut – ou espéra – qu'elle allait lui parler de ses fréquentes absences, celles qui inquiétaient Antiochus et Rachel. Si tel était le cas, il n'était pas certain de croire tout de suite tout ce qu'elle aurait à lui dire. Sacha avait eu beau demander qu'on fît des recherches sur Elinor ou sur son emploi du temps, il n'avait rien obtenu de tangible pour appuyer ses soupçons quant à son appartenance à l'Opposition. Il n'en était pas sûr mais c'était quelque chose dans ce goût là. Il le sentait.
Avec le temps, il avait mise de côté la frustration de ne rien trouver pour étayer sa théorie. Tant qu'Elinor vivait, jouissait, mangeait, marchait, bougeait, elle aurait pu être la plus grande des traitresse, il l'aimerait encore. Pour toujours. Il savait d'avance qu'il ne pourrait pas cesser de l'aimer. Il s'était longtemps préparé à cette idée. La trahison. Sa conclusion fut que, ne pouvant la mépriser ou la rejeter et mettre de côté leur amitié, cela serait à lui de se montrer habile. Comprendre les raisons de la trahison. Comprendre la situation. Comprendre la tentation de se retrouver de l'autre côté. Evaluer les chances de pouvoir la ramener à la raison si son choix lui paraissait s'appuyer sur de mauvais ressors. Il l'avait très bien fait pour Charlotte. Quand bien même ne lui avait-il jamais appris qu'il savait qu'elle avait été soumise de gré, il comprenait.

En outre, quels que soient les mots qui allaient sortir de la bouche d'Elinor – ou entrer dans sa tête par la pensée –, comment faire la part des choses entre ce qui venait effectivement d'Elinor et ce qui venait d'"ailleurs"? Il fallait donc se méfier mais il fallait aussi pouvoir écouter.
La vie quotidienne au sein de la Résistance rendait un peu paranoïaque mais il était de sagesse de ne pas prendre pour argent tout ce qu'on nous disait. Même si ce qu'on nous disait venait de nos amis. Bref. Il préférait son masque neutre parce qu'il ne voulait pas qu'elle comprenne cette défiance qui s'était allumée en lui. Il voulait se donner le temps de réfléchir et de parer à toute éventualité. Opposition, pas Opposition. Trahison, pas Trahison. Qu'importait tant qu'il se donnait la liberté de pouvoir tout entendre.

Pour la part concernant l'exaltation, Sacha la savait presque aussi forte que son sentiment d'incrédulité. Il aurait été injuste de jeter à la figure d'Elinor un grand sourire aussi joyeux qu'égoïste parce qu'il était content qu'elle s'adresse à lui. C'avait été sa peur. Peur que le jour où elle se décide enfin à parler à quelqu'un de ce qui se passait dans sa vie, ce quelqu'un ne soit pas lui. Elle lui avait déjà caché tant de choses qu'il avait apprises par d'autres – Antiochus, Rachel, David, Derwent, Frémont... – qu'il n'aurait pas supporté que l'ultime confidence soit réservée à un autre. Il était pathétiquement heureux d'entendre cette phrase si simple: 'J'ai besoin de toi.' On ne lui avait plus dit depuis... depuis un millier d'années, peut-être deux.

Il brisa le masque neutre au niveau de la bouche. Pour parler. Même si Elinor n'avait rien contre les échanges intracrâniens – contrairement à beaucoup d'emmerdeurs (majoritairement sorciers) qui n'aimaient pas la télépathie. Les moldus disent télépathes ; Sacha appréciait l'étymologie et avait adopté le mot. 'Liseur de pensée', en version sorcier, avait soudain un petit côté naïf qui ne lui plaisait guère. Mais la Légilimancie, restait la Légilimancie. Cette pratique, les moldus étaient loin d'avoir assez d'imagination pour nommer le concept.

- Je t'écoute.

C'était assez de mots. Il l'encourageait à parler sans donner à sa voix plus d'expressivité que son visage. Néanmoins, même si personne n'eut pu décrire un cinquième des sentiments qui l'animaient à cet instant, Elinor savait que chez Sacha, impassibilité n'équivalait jamais à indifférence. Non. Il aimait bien trop dire quand quelque chose l'ennuyait ou quand il s'en foutait. Et c'était tout ce qui comptait réellement. Qu'elle sache que derrière le masque se cachait potentiellement un peu de tout sauf de l'indifférence.

Par la gestuelle, il souligna encore son intérêt – pour peu qu'elle fût envahie d'un doute ou qu'elle souhaitât faire machine arrière et ne rien dire – en pivotant avant de venir s'asseoir en tailleur en face d'elle. Il raccommoda la serviette pour un peu d'élégance dans le mouvement et la pose mais ne détourna jamais son regard imperturbable du sien. Ils étaient face à face et il fit attention à ne pas entrer en contact avec elle. A ne pas détourner sa propre attention de ce qu'elle aurait dit... N'oublions pas qu'Elinor portait un maillot de bain digne d'apparaître dans le calendrier Playwitch 2012.

Pour qu'elle choisisse des deux façons de dialoguer, celle qui lui seyait le plus, il répéta d'une inflexion identique mais par l'esprit.

//Je t'écoute, Elinor.//

Il était prêt à tout entendre. Son cœur se vida de ses appréhensions et sa tête évacua tous les souvenirs récents. Il n'y avait désormais qu'Elinor. Son regard vert et merveilleux où, contrairement à lui, on pouvait décerner un macrocosme de sentiments, d'émotions et d'informations... et Sacha aimait ça. Elle n'était pas dans sa phase 'robot'.

Allait-elle se mettre à nu?
Qui des deux, maintenant, était le plus dévêtu?





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MessageSujet: Re: Baring   Lun 2 Aoû 2010 - 18:23

Entre eux depuis plus d'un an il y avait eu l'instauration de non-dits à son initiative à elle. Le retrait d'Elinor par rapport à Sacha reposait sur des raisons solides, comme la sagesse de ne pas attiser le feu qui brûlait entre Charlotte et elle, ou la volonté de ne pas parasiter son rôle dans la Résistance par des microproblèmes ne concernant qu'elle et sa satanée manie de ne vivre que par rapport aux réponses qu'elle trouvait aux questions existentielles qu'elle avait le don de se poser. Son attitude envers Sacha était d'ailleurs le fruit d'un raisonnement. Il n'y avait qu'une chose qu'elle avait occulté dans sa réflexion: le fait que Sacha allait lui manquer.

Au-delà de ça, il y avait une cause sous-jacente indépendante de la volonté de la jeune fille: le rôle que lui faisait jouer l'Opposition à son insu. Cette raison là jouait un rôle non négligeable dans la distance qui s'était installée entre Sacha et Elinor. Mais ça, elle ne le savait pas.



'Il est là devant moi, égal à lui-même. Pour la première fois depuis notre première rencontre je me sens mal à l'aise, dansant sur une corde raide, au bord de la chute. Je suis venue aujourd'hui mais ce n'était pas un coup de tête.

J'ai déjà réfléchi maintes et maintes fois à cette discussion, sur la manière de l'aborder, de la mener, de m'expliquer. Sacha ne donne pas dans l'amphase ni dans le faux-semblant, je ne donne pas dans l'appitoiement. Contrairement à lui, je ne suis jamais dans le selfcontrol comportemental, sauf quand je travaille. Il y a dans mes deux occupations une nature de retenue liée théoriquement au calcul, à la stratégie que j'affectionne et qui nécessite ce comportement. Cependant, les sentiments sont un paramètre trop important de ma vie pour qu'ils se laissent enfermer dans une boîte à la moindre occasion en dehors de mon travail.

Je ne peux rien cacher à Sacha et il le sait. L'Occlumancie n'a aucun effet sur lui, je l'avais essayé la première fois en vain. Il lit en moi comme je peux le deviner lui. J'en déduisis qu'il valait mieux parler sans ambage, et parler de vive voix.

- C'est égoïste. Et c'était surtout la deuxième fois que j'utilisais cet adjectif.

La position de Sacha me rend nerveuse. Avec lui j'ai besoin laisser s'exprimer mon côté tactile. C'est idiot me direz-vous? Oui. Mais c'est comme ça. Je ne me pose plus de question sur ce que je ressens pour lui.

Ce face à face était inévitable. Je lui rends grâce pour l'instant de ne pas avoir appuyé sur mon comportement vis à vis de lui, et le fait que nos rencontres se soient faites rares. Il l'avait déjà fait par lettre interposée quand je lui en avais écrit une pour son anniversaire... Depuis, nous n'avons pas vraiment crevé l'abcès.


- Mes proches se font du souci pour moi par rapport à mon comportement général et par rapport à de soit-disant 'disparitions' ou absences. Plusieurs personnes m'en ont fait la remarque et le reproche dont mon oncle et Rachel. Rachel avait sans doute fait état de son inquiétude auprès de Frémont. Celle-ci avait-elle fait remonter l'info auprès de Sacha? Même si je pensais bien qu'il fût au courant de mon engagement, impossible d'en être certaine.

//"Dans un premier temps j'ai mis les remarques de rachel sur son caractère exalté et jaloux. On ne s'est jamais rien promis et il m'est arrivé d'aller voir ailleurs..."// en pensant cela je dus détourner les yeux des siens.

- Bref, c'est quand Antiochus a commencé à dire la même chose que je me suis mise à avoir des doutes. La coïncidence aurait été étrange surtout que je ne vois pas mon oncle jaloux de rares visites ou de soudaines disparitions. finis-je en roulant des yeux. Alors je n'en ai parlé à personne. La seule chose que je fais, c'est de vérifier très souvent ma montre. Il m'est arrivé de constater des trous... J'aurais dû t'en parler avant...
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MessageSujet: Re: Baring   Lun 2 Aoû 2010 - 20:53

Sur le peu qu'elle avait dit, il avait des centaines de questions à poser mais n'en posa aucune. Depuis quand? Comment se sentait-elle de retour de ses absences? Observait-elle des changements physiques en elle? Des bleus, des marques, des brûlures? Ses vêtements étaient-ils tâchés? Fripés, mouillés, identiques? Rêvait-elle? Avait-elle déjà formulé des théories à ce sujet? Qu'est-ce qui lui donnait envie de parler maintenant? Pourquoi se trouvait-elle égoïste? Elle avait insisté par deux fois. De quoi se sentait-elle coupable? Trop de questions. Le temps ou le fil de la discussion apporterait des lumières à la plupart d'entre elles. De plus, Elinor avait l'air de s'interroger aussi sur beaucoup de choses. Les questions ne résolvent rien, elles sont contrariantes. Surtout dans des moments pareils. Seule l'action compte.

'Quand même, je pourrais m'octroyer une petite parenthèse sur le 'aller voir ailleurs'...? Non? Non. Bon.'

Les traits de son visage se tendirent. Cela commença par le front qui se plissa. Ses sourcils s'étaient élevés. Ses yeux s'ouvrirent un peu plus grand. Lentement sa bouche s'étira et s'ouvrit un peu plus. Il laissa s'échapper un long soupir. Avait-il retenu sa respiration si longtemps? Merde. Il ne s'en était pas rendu compte. Il se pencha et lui pris la main. Il la posa sur son genou et la pressa.

- Tu ne me quittes plus.

L'affirmation avait été prononcée d'une voix égale mais suave. Sûr de lui.

- Tu restes avec moi. Tu dors avec moi. Tu manges avec moi. Si tu vas travailler, ça sera avec moi. Mais je préfère que tu te fasses porter malade. Tu ne me quittes plus, renouvela-t-il avec un peu plus d'autorité. Il était inutile d'essayer de le contredire. Il aurait pu l'avoir au sentiment en soulignant que, de cette manière, elle pourrait voir Noah plus souvent bien qu'il ne la laisserait pas le garder pour des raisons évidentes. La précision lui parut inutile. Elle lierait les deux évènements naturellement.

Il n'avait plus en tête que les questions pratiques. Emmett qui refuserait catégoriquement de le laisser sortir pour accompagner Elinor à son travail. Faire venir un lit supplémentaire dans sa chambre à Verdi. Les explications qu'elle devrait à son entourage pour qu'ils ne s'inquiètent pas de son absence ; néanmoins, elle aurait le bon goût de prévenir pour celle-ci.

La veine qui s'était mise à pulser en travers de son front trahissait son énervement. Il contenait. Il gardait le fardeau de sa fureur à l'intérieur de lui. Furieux contre Antarès ou quiconque était à l'origine de cette situation.

Il aurait aimé simplement qu'ils se voient pour rien. La taquiner sur sa sexualité, lui répéter combien être lesbienne était dépassé de nos jours, lui faire le récits de ses conquêtes imaginaires, lui demander si c'était normal de s'appeler Sacha de Lansley et d'être devenu fidèle et atrocement monogame, de lui faire du chantage pour qu'elle n'aille pas répéter à qui que ce soit cette confidence ; ou faire un plongeon dans l'eau en parlant de la garde de Noah pour les prochaines vacances, d'aller faire des courses pour l'obliger à porter une minijupe, de la laisser lui couper les cheveux, de deviser comme avant, comme tout le temps, pour rien. Au lieu de ça, c'était le who's who quotidien. Qui es-tu? Me mens-tu? Qu'as-tu fais? Que t'a-t-on fait, ma pauvre Manoue?

'Ca me fait mal.'

Comme il l'avait pensé un peu plus tôt, devait-il prendre pour argent comptant ce qu'elle disait? Ne savait-elle réellement rien sur ces 'absences'? Les paroles qui émanaient d'elle avaient-elles été placées là par un tiers où provenaient-elles effectivement d'Elinor. Qu'importait? Il ne la lâcherait pas. Si une de ces absences survenait, il serait là. Il la suivrait. Il lui expliquerait ce qu'elle a fait. Si c'était un mensonge, une manipulation, au moins était-il au cœur du problème. Il démêlerait le mystère... mais pourquoi attendre pour avoir la certitude qu'elle disait la vérité. Qu'il n'y avait rien de plus, rien de caché?

Il se demanda un instant si elle prendrait mal le fait qu'il la scanne, qu'il explore son cerveau et ses souvenirs pour confirmer ses révélations. Ca serait abjecte de lui demander. Surtout si elle était sincère. Il réfrènerait peut-être son envie de se confier. Il ruinerait l'instant et le courage qu'elle avait eu en venant lui parler.

Il eut moins de remords à la pensée suivante. Il devait lui scanner le crâne. Il devait s'aventurer dans ses souvenirs. Oui. Ses yeux s'éclairèrent comme deux lanternes qui guident les pèlerins dans la nuit. Il le devait. Devoir protéger.

'Si Elinor n'a aucune conscience de ce qu'elle a fait durant ses absences, peut-être que cependant son inconscient a conservé des souvenirs... je dois essayer.'

Il tira un peu plus la main qui était posé sur son genou et attira Elinor plus près de lui. Ses deux mains se faufilèrent sur ses joues. Son visage était minuscule dans ses grandes mains. Il avait oublié comme son visage était minuscule dans ses grandes mains. Il planta ses yeux charbon dans le vert des siens et l'interrogea dans la foulée:

- Légilimancie. Je peux?

Au cause d'Etc-McEwan Sacha avait pris l'habitude – sans jamais le dire à l'intéressée qui s'en serait retrouvée gonflé d'orgueil et, ça, il ne l'aurait pas supporté – de toujours demander la permission avant de fouiller l'esprit des gens.

- Tu ne te souviens plus mais peut-être qu'inconsciemment... – Il marqua une pause. Elinor avait déjà compris quand il avait dit 'inconsciemment' mais il finit sa phrase pour la forme. Sans détailler. Elle avait déjà fait le lien avec la légilimancie – il reste des souvenirs.

La question ferait aussi office de test. Si, pour une raison ou une autre, elle lui disait non, la méfiance serait de rigueur.

Il se félicita intérieurement de faire d'une pierre deux coups. Non seulement il était impossible de deviner qu'il avait douté d'elle mais en plus il aurait confirmation ou infirmation de l'intégrité de Manoue.

Dans quel monde vivait-on? Tester ses amis... Ca le dégoûtait. Mais tant qu'elle ne voyait pas la face cachée de la lune, c'était le mieux pour eux. Pour l'instant. Il marchait sur des œufs et il comptait n'en briser aucun. Peut-être que si le remords l'habitait encore lorsque tout serait terminé, il ferait amende honorable en lui avouant avoir douté. Avoir eu peur qu'elle soit venue pour lui mentir et le piéger. 'Faute avouée, à moitié pardonnée.' Ces dictons de mères-grands fonctionnaient peut-être encore dans la morale collective.







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MessageSujet: Re: Baring   Lun 9 Aoû 2010 - 17:49

Le roulement des vagues sur le sable créait une sonorité routinière qui avait réussi à focaliser mon attention. Les paroles de Sacha avaient le même effet sur mon esprit que cette eau salée sur le sable: elles le façonnaient à l'envie sans que ma volonté puisse lui dicter quelque chose. Elles étaient inexorables. Impossible de râler ou d'essayer de me faire entendre. Et le pire, c'est qu'au fond de moi je l'enviais. Il pouvait jouer de son autorité sur moi, jouer l'excessivité, se donner un rôle sur-protecteur alors que je ne pourrais jamais le faire avec lui. Il avait déjà tellement de monde autour de lui pour cela! Pour la première fois je me rendis compte que depuis quelques temps nous n'étions plus sur le même pied d'égalité. Je ne pouvais plus jouer Manoue comme je le faisais avant, et je ne m'en était pas aperçue avant... Quelque chose était vraiment détraqué chez moi.

Je n'osais pas regarder Sacha dans les yeux.

- Et ...

C'est foutu. Je venais de le perdre aussi. Ma main s'enfonça dans le sable et se crispa à l'abri du regard de Sacha. J'avais beau me dire que c'était la meilleure des solutions, quand même... mes entrailles ne l'entendaient pas de cette façon.

Lorsqu'il me demanda s'il pouvait utiliser la légilimancie, mes yeux s'écarquillèrent pour finalement se fixer dans les siens. Il demandait l'autorisation à présent? Que s'était-il passé dans la vie de Sacha depuis le début de cette crise dans notre monde pour qu'il soit devenu aussi policé? J'étais consciente que j'avais changé, après tout, je l'avais décidé. En était-il autant pour lui? Où était passé mon Sacha, ce garçon libre à l'attitude arrogante et au surnom ridicule? Je ne pus que hausser les épaules pour toute réponse. Sacha avait simplement mûri.

Je m'allongeais sur le sable, un peu à la manière d'un patient chez son psy, paupières closes, prête à laisser Sacha pénétrer mon âme pour la énième fois.

- Vas-y.

Je m'attendais à tout, à être scrutée dans tous les coins de ma tête, je ne chercherais pas à cacher quoi que ce soit, il le sait. Mon âme lui est définitivement ouverte. Je le sentis entrer en moi et lire le fil de ma ces derniers mois, ce en quoi j'étais persuadée qu'il ne trouverait pas grand chose si ce n'est la confirmation des reproches et des doutes de Rachel, et de l'inquiétude de mon oncle.

Il y aurait beaucoup de choses à examiner, mais rien d'extraordinaire. Voyez plutôt dans le désordre: l'achat de ma maison à notre retour de Paris dans le quartier de Westminster, près de South-Kensington, ce qui était censé être mon havre de paix. Mon retour au Cabinet et à mes activités d'avocate. Mes premières leçons de lecture à Noah qui m'étonnais chaque jour un peu plus. Nos vacances lascives à Cuba au même titre de que mes aventures libertines à l'abri de la connaissance de Rachel. Les souvenirs de mes relations pénibles avec Patrick Leroy au Ministère de la Magie Français, peut-être des images de ma rencontre avec Mordred à Paris...

Ca personnellement, j'en doute. Je n'ai aucun souvenir visuel de ce moment. Enfin. Que trouverait-il encore? Ah oui, une chose dont il ne savait pas grand chose au final: mon expérience dermagraphique avec Abdel chez Louange Deb.

Il ferait le tri puisqu'il voulait tout savoir de moi, et ainsi rattraper ces mois de non-dits.
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MessageSujet: Re: Baring   Ven 13 Aoû 2010 - 18:07

Consentante, Elinor s’étendit près de lui un peu comme ses maîtresses d’un temps jadis l’avaient déjà fait à maintes reprises. Mais il n’en tirait cette fois-ci aucune réjouissance. Son cœur se serra en regardant ce visage si doux en contre bas de son ombre qui l’assombrissait. Son cerveau lui projeta une salve d’images brèves qui lui donnèrent la nausée. Ce fut laconique, brûlant et violent comme une décharge électrique. Au visage paisible et abandonné d’Elinor se superposèrent tous ceux qu’il avait un jour vus ainsi candides et purs et qui, après son passage, avait perdu cette pureté, maculés par la crasse qu’il avait étalé avec un désintéressement total pour l’avenir et les sentiments de ces femmes. Il avait beaucoup souillé. Vol qualifié de virginité. Recèle de cruauté. Anéantissement de nombreuses réputations. Contamination par le mal de tout ce qu’il effleurait de ses vils desseins. Destruction enjouée de toute forme d’innocence. Menus larcins éthiques. Vandalisme lascif. Vampire sexuel acharné. Indécrottable Don Juan. Il avait beaucoup brisé sans se soucier des débris qu’il laissait derrière lui. Il ne s’était jamais penché pour tendre la main et redresser les fleurs qu’il avait piétinées.

Il la regardait s’allonger et s’abandonner. Comme très peu, à part elle, savait le faire.

Sacha restait persuadé que toutes les personnes qu’il avait spoliées, d’une manière ou d’une autre, savaient à quoi s’attendre avec lui. Sans doute espéraient-elles le changer. Peut-être s’attendaient-elles à un miracle. A ses yeux, personne n’avait jamais été dupe. Croire en lui, à cette époque, c’était se fourvoyer exprès dans le but de rejeter plus tard la faute sur lui quand l’affaire tournerait de la manière qu’on s’attendait. C’était à dire, mal. Cette règle du mensonge condamné lui allait parfaitement. Il se fichait qu’on lui en veuille ou qu’on nourrisse des sentiments hostiles à son égard. Jouer le truand était bien plus aisé que de jouer les bons samaritains. C’était si facile de faire le mal. Les gens étaient si friables. Il n’y avait pas de surprise dans le comportement de Sacha. Il aimait avoir des jouets, s’amuser, les abîmer puis les jeter. Dans ses souvenirs, quand il était prêt à faucher ce qu’on lui consentait sciemment, aucun visage n’avait jamais brillé du relâchement qu’affichait celui d’Elinor quand elle fermait les yeux, disposée à laisser cette strige aspirer tout ce qu’elle avait en elle. Sans barrière. Sans condition.

La confiance qu’elle lui témoignait l’émut. Il passa sa main sur sa joue et se pencha pour l’embrasser parce qu’il la trouvait belle et parce qu’il ne savait pas résister. Il ne l’embrassa pas comme on embrasse une femme mais comme un pèlerin embrasserait les pieds d’une déesse. Avec chasteté.

Il lui cajola quelques mèches de cheveux qui bordaient son visage puis conserva sa main sur sa joue. Son pouce caressa sa pommette. Il sourit et d’une voix basse et douce:

- Redgrave, j’ai besoin que tu aies les yeux ouverts pour la légilimancie.

Dès que ses paupières battirent et que ses prunelles toquèrent à sa rétine, Sacha s’engouffra dans l’inertie apaisante des souvenirs d’Elinor. Il se heurta à des visages qu’il ne connaissait pas, changeait de quartier quand les trois premières secondes d’un souvenir ne l’interpelaient pas, fermait prudemment la porte des instants les plus intimes pour essayer un autre couloir. Il n’y avait aucun voyeurisme. Il ne resta pas dans les souvenirs qui ne le concernaient pas. Il lui laissa tout ce qu’il pouvait éviter d’apercevoir en s’échappant d’un couloir à l’autre des circuits complexes de l’intellect. Les engrammes défilèrent à toute vitesse. Il n’avait pas envie de faire ça. Il voulait trouver une piste et sortir le plus vite possible.

Il rencontra Rachel dans un moment de furie et ferma la porte aussitôt qu’il comprit que la discussion tournerait à la dispute. Même s’il avait très envie d’y rester, il remisa aussi les scènes où Elinor jouait avec Noah. Il entra dans l’arrière salle d’une boutique de tatouage et s’en alla avant de voir le motif. Les premières semaines dans la Résistance, il sautilla sur chaque souvenir comme sur des pierres enfoncées dans la vase d’une rivière, pour travers le ruissellement sans trop se mouiller. Il survola Cuba mais décida ne pas y atterrir.

Cependant, il s’emmêla dans la nasse de la douleur que forma l’amas grisâtre de la perte de Derwent. Il resta à contempler les larmes d’Elinor et superposa une main virtuelle au-dessus de la sienne pour la soutenir. Il aurait aimé être présent pour les moments les plus durs...
Il ne savait plus depuis combien de temps il était dans la mémoire d’Elinor. Depuis qu’il pratiquait la légilimancie, il n’était jamais resté aussi longtemps dans l’esprit de quelqu’un.
Il se sentit épuisé.

Alors qu’il allait renoncer, Sacha se heurta à un engramme qui l’empêcha d’emprunter le chemin d’un souvenir qui commençait à Paris. Le souvenir commençait dans une rue.
Elinor marchait en contresens d’un large mouvement de foule, une manifestation. Elle suivait quelqu’un qu’elle venait de reconnaître. Elle parvint à le rejoindre en transplanant devant lui pour lui barrer la route. Sacha reconnut l’homme pour l’avoir déjà vu en photo. Mordred. Dans la recollection d’Elinor, dès que le chemin de Mordred fut barré par la Résistante, il soupira. Il n’avait pas l’air étonné. Il l’avait déjà repéré et c’était elle qu’il essayait de fuir.

- Qu’est-ce que tu fais là? Demanda Elinor. Pourquoi tu me fuis?

Mordred s’était contenté de lever la main devant son visage...
C’était à cet endroit que Sacha s’était soudain heurté à un mur sombre. L’esprit d’Elinor résistait. Sacha fut projeté à l’extérieur d’Elinor.

- Manoue, s’inquiéta-t-il.

Elle transpirait. Ce n’était pas le fruit du soleil de Cool Paradise.

Il s’assura qu’elle allait bien. Elle paraissait aussi étonnée que lui de la barrière que lui avait infligé son esprit. Sacha voulut réessayer. Il dévala les allées mnémoniques jusqu’à la rue où Elinor remontait la masse indistincte des manifestants pour rejoindre Mordred et, de nouveau, il fut expulsé du souvenir.

Après plusieurs essais – et sa concentration et sa forces s’amenuisaient de plus en plus –, il décida de prendre un autre chemin. Il arriva à trouver l’entrée vers la fin de l’engramme et s’y faufila doucement.
Elinor était à demie consciente. Allongée sur le lit d’une chambre d’hôtel. Son esprit était brumeux et lourd. Dans un semi flou, elle discerna la silhouette de Mordred qui venait de la déposer sous ses draps. Il se dirigea ensuite vers les fenêtres de la pièce pour fermer les persiennes sur une vue de la Tour Eiffel. Il faisait nuit. Par la fenêtre, on entendait des voix, des clameurs... les manifestants? Elinor essaya de bredouiller quelques paroles mais elle replongea dans un sommeil. Un voile noir s’abattit sur la chambre. Quand le voile se leva de nouveau, elle se redressa d’un trait sur son lit, regarda autour d’elle, se demanda ce qu’elle faisait ici, se frotta les yeux, les cheveux... ses vêtements étaient sales. Déphasée, elle se leva, tituba... une douleur à la cuisse la lançait. Elle releva la jambe de son pantalon évasé. Un large bleu pourfendait le haut de sa cuisse droite. Elle grimaça en se dirigeant vers la salle de bain. Un mal de tête insupportable. Elle se regarda dans la glace, en essayant de se souvenir. Sacha plongea dans le souvenir du souvenir. Plus profondément encore à l’intérieur d’Elinor. Il aperçut seulement deux hommes qui pointaient leurs baguettes sur elle. Elle lança un godet de bieraubeurre au visage du premier pour se donner le temps de... de... Avada Kedevra... de tuer le deuxième. Elinor écarquilla les yeux devant la glace de la salle de bain et sourit:

- Je ne sais pas ce que j’ai bu hier soir mais ça devait être puissant, je suis en plein délire.

Elle se traîna vers la douche et Sacha sut que c’était le moment de sortir du souvenir, quand bien même il serait bien resté pour voir les ablutions de la jeune fille.
Après quelques détours sur les layons les plus isolés de ses souvenirs, il répertoria dix périodes illisibles de la mémoire d’Elinor. Dix instants qui variaient d’une à douze heures et pendant lesquelles il était impossible de savoir ce qu’elle avait fait. Mais c’était là. Caché quelque part en elle. Plus de la moitié des déficits mnémoniques étaient liés à une rencontre avec Mordred. Une minorité commençait après sa rencontre avec des inconnus qui variaient d’un souvenir à l’autre. Elle revenait à elle, seule, perdue. Sans réellement fixation des souvenirs. Sans même imaginer que la majorité du temps, Mordred était la pierre angulaire des soubresauts de sa mémoire. Ses retours à la conscience se faisaient souvent des matins, comme si rien ne s’était passé avant. Elle s’éveillait vierge d’une partie de sa vie.

Une image l'avait marqué mais il avait tenté de garder son calme,de ne pas faire un sort à cet instant brouillon... Il avait aperçu un bulletin "oui" tomber dans une urne. Un pincement au coeur. Il ne pouvait pas lui en vouloir. Elle n'était pas elle-même. Il se demanda combien de ses amis avaient voté pour sa capture. Idée idiote. Idée de faible qui meurtrie pour rien. Aujourd'hui n'a pas de règle. C'est chacun pour soi.

De retour sur la plage, il contempla Elinor... indécis sur le commentaire qu’il devait faire quant à ce dont ils venaient d’être témoins. Sa main était restée sur sa joue tout ce temps. La sueur perlait sous la coupole que formait sa paume sur le petit carré de chair. Il écarta ses doigts. Un silence dans lequel les vagues se brisaient sur le sable blanc de Cool Paradise égrainait ses secondes.

Il l’aida à se redresser. Regard indescriptible.

- Mordred, dit-il.

Il ne savait pas encore ce que devait être la fin de sa phrase.
Son sang ne fit qu’un tour et soudain, il aboya:

- Je vais le tuer, Elinor. Qu’est-ce qu’il t’a fait faire...

Ce n’était pas une question. L’intonation était trop désespérée, accablée.

- Je vais le trouver et je vais le tuer.

Les mots murmurés étaient emprunts de déception et d’hébétude.

- Il faut qu’on trouve une manière d’extirper ces blackouts de ta mémoire.





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MessageSujet: Re: Baring   Mer 18 Aoû 2010 - 19:43

Evidemment qu'elle le savait. Mais fermer les yeux à cet instant, avait été inconsciemment un dernier sursaut de pudeur. Lorsqu'elle les rouvrit, Sacha se glissa dans sa tête et entama sa promenade sur les sentiers de sa mémoire. Elle traversa avec lui les souvenirs dans lesquels il décida de s'appesantir, en lui facilitant tous les accès. Comme elle l'espérait, il n'y avait rien de bien exceptionnel et le chemin s'effectuait sans heurts. Ce travail sur elle-même, Elinor l'avait déjà fait toute seule et il n'avait rien donné de probant. Cependant, il y avait clairement des moments où elle avait disparu, sans trouver elle-même d'explication rationnelle.
Les fouilles de Sacha pour rassembler les artéfacts mnémoniques de sa jeune amie commençait à durer et la fatiguaient. Malgré toute sa bonne volonté, elle sentait son corps s'épuiser au fil des souvenirs. Ses muscles semblaient revivre physiquement ces moments traversés, et se tendaient de plus en plus en sentant Sacha appuyer sur une situation en particulier.

Elle l'entendit de manière lointaine l'appeler, mais elle ne pouvait pas lui répondre. Si Sacha avait été expulsé de sa mémoire, elle-même fut projetée dans un autre souvenir. Elle ressentit une intense douleur à la tête et en plissa les yeux. Sacha replongea dans le même engramme et parvint à s'y glisser. Pendant ce temps, elle essaya de se rappeler. C'était sur de réfléchir en même temps que d'être pénétrée mentalement. Elle se sentit inconfortable, épuisée, et faillit jeter Sacha hors d'elle tant elle ne supportait plus l'intrusion.

Elle se laissa redresser dans un état second. Immédiatement elle mit ses mains sur sa tête pour essayer de faire disparaître douleur et fatigue. Peine perdue. Il se mit à parler mais elle ne l'écoutait pas. Elle entama sa réflexion sur cette brèche ouverte dans sa mémoire, notamment sur cette rencontre avec Mordred au cours d'une manifestation.


C'était un jour particulier. Des centaines de partisans de la Résistance s'étaient donné rendez-vous pour une manifestation géante dans Paris. Le aprcours avait été étudié à l'avance, et l'évènement avait reçu l'agrément nécessaire de la part des autorités sorcières et moldues. Il se ferait de Nation à Bastille. Elle s'en souvenait car dans son coeur de Résistante novice, elle s'était dit que le symbole de la Bastille avait de la gueule. C'était un mois après son entrée dans la Résistance, tout juste. Ses activités auprès du Ministère anglais de la Magie, de son ambassade et les diverses petites missions qu'elle effectuait pour la Résistance lui interdisaient raisonnablement de prendre part à la manifestation. Elle n'avait pas eu de problème avec ça. Rachel lui avait même fait la leçon. Inutilement, certes, mais elle la lui avait faite quand même. Tout ce contexte remontait à la surface de sa mémoire, douleur comprise. C'était comme si quelques chaînes déliaient des bribes de souvenirs. Par contre, après la sortie Sacha de sa tête, elle ne put remonter seule au moment où elle rencontra Mordred. Elle avait juste le flash qu'avait vu Sacha.

Dans ce flash, le lieu l'avait interpelée. Les Français n'avaient pas l'habitude des pubs après le travail, alors les émigrés anglais se retrouvaient à peu près tous au même endroit, comme ils avaient l'habitude de le faire dans leur pays. Le plus fréquenté d'entre eux, notamment par les sorciers, était le Korrigan, non loin du Boulevard du Souffle, à la surface, dans une ruelle isolée. C'était là qu'elle était quand elle s'était retrouvée face à ces deux hommes.

Par contre, elle se souvenait clairement de ce matin dans cette chambre d'hôtel et de son visage fatigué dans la glace, de cette douleur à la cuisse. Elle pensait vraiment jusque là n'avoir pris qu'une belle cuite au point avoir un black-out total sur cette soirée... Mémoire abusée et tronquée. Elle était belle l'avocate! Comment pourrait-elle combattre contre des assassins en audience?

Son attention fut en alerte quand Sacha parla de tuer son frère et une autre barrière tomba dans son esprit: celle qui la ramenait à sa rencontre avec Mordred à Paris. Tout à coup, Elinor se rendit compte que l'histoire qu'elle racontait mécaniquement à chaque fois que quelqu'un lui parlait de ce voyage n'était qu'illusion. Aucun souvenir visuel, juste une histoire apprise par coeur. Les vrais souvenirs de leur rencontre lui apparurent.

Son corps tremblait et elle ne s'en était pas aperçue. La pression accumulée depuis quelques mois s'écoula à force de larmes dévalant à présent les joues d'Elinor. Instinctivement, elle se rapprocha de Sacha et l'enlaça. Autant elle trouvait Sacha ridicule quand il voulait être auprès d'elle constamment, autant à présent, elle ressentait un besoin obsédant d'être protégée.

Qu'avait-elle bien pu faire d'autre pendant ces absences? Elle avait déjà tué un homme, chose qu'elle ne se pensait pas capable de faire. Alors comment était-ce possible? Qui savait bien ce qu'elle avait pu faire d'autre? Qui lui avait fait ça à part Mordred? Pourquoi elle? Qu'allait-elle dire à Rachel, et encore plus à Antiochus? Lui qu'elle avait constamment raillé pour ses anciennes activités de mangemort! Toute la personne d'Elinor vola en éclats et elle plongea dans une confusion totale. Elle n'avait plus aucune certitude sur rien à part sur Sacha. Il était son seul point d'ancrage. Au-delà de ça, elle se dégoûtait, avait l'impression d'être un poids pour tout le monde et ne se faisait plus confiance, au point d'en vomir.

Elle avait tué. Elle s'était vue le faire mais ne se rappelait pas l'avoir fait. Une haine sourde monta en elle. Sacha voulait tuer Mordred, mais elle ne pouvait pas l'appuyer. Elle avait tué et mesurait à présent la portée que pourraient avoir ses propos mélangés à la colère qu'elle ressentait. Elle ne pouvait encourager Sacha sur la voie du crime, ne serait-ce que par rapport sa responsabilité de parent. Noah avait deux criminels pour parents!

Elle serra Sacha plus fort contre elle comme pour l'empêcher de repenser à ce projet de meurtre.

- Ne me lâche pas Sacha, ne me lâche pas. Ne fais pas ça. le supplia-t-elle en sanglottant. J'ai tué. Ne tue pas. Pour Noah, pour moi... Il paiera ce qu'il a fait, mais par la justice. Quand ce sera le moment, je l'enverrai moi-même à Azkaban.

Elle lui raconta de manière très détaillée à présent sa rencontre avec Mordred, le sortilège d'oubliettes qu'il lui avait fait subir, et la manière dont ce souvenir venait de se s'ouvrir à sa conscience. Cependant elle ressentit la nécessité de changer de sujet et de s'éloigner de Mordred pour trouver des pistes.

Du mieux qu'elle pouvait elle reprit son discours, centré cette fois sur ce qu'elle pouvait lui apprendre quant au lieu du crime qu'elle avait commis, en séchant ses larmes au fur et à mesure. Elle lui raconta le Korrigan et les seules choses que ce pub évoquait pour elle.

- Je ne sais pas si ça pourra aider, mais je ne sais surtout pas qui pourra m'aider à retrouver le fil de ces souvenirs. De quoi aurais-je besoin? D'un exorcisme? D'une potion? Je ne sais même pas si j'ai été victime d'un sort de magie noire!
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MessageSujet: Re: Baring   Mar 24 Aoû 2010 - 19:06

Citation :
assassiner, verbe transitif
Sens Tuer avec préméditation. Synonyme abattre Anglais to murder, (politique) to assassinate

assassiner: les synonymes. Synonymes abattre, achever, tuer, buter, crever, décapiter, décimer, descendre, écraser, égorger, empoisonner, exécuter, exténuer, exterminer, faucher, flinguer, foudroyer, fusiller, guillotiner, immoler, lapider, liquider, lyncher, massacrer, occire, refroidir, saigner, trucider...

‘J’ai aussi des métaphores que le dictionnaire n’imagine pas.’

Il n’avait pu ignorer le frissonnement d’Elinor quand il parla de tuer Mordred. Il n’avait pu mais il fit comme si. Cela ranima la problématique de l’humanité à laquelle il avait déjà songé auparavant sans que ses réflexions n’aboutissent à un quoi que ce fut de concluant: qu’était-ce que tuer quelqu’un? Parce qu’on le voulait et qu’on jugeait la cause louable, le devait-on? Non. Évidemment non. Mais pourquoi, alors, l’acte d’achever, de buter, d’exécuter, d’occire, et on en passe, était-il devenu aux yeux de Sacha quelque chose de si banal? Si son premier meurtre l’avait changé à tout jamais, qu’il en avait vomi ses tripes et que ses cauchemars l’avaient tourmentés des mois et des mois, les suivants furent sans conséquences pathologiques. Etait-il devenu monstrueux ou le sentiment de ne jamais tuer sans que cela ne fut motivé par une raison respectable rendait-il plus facile l’acceptation de l’horreur? En réalité, existait-il des meurtres respectables?
- Bonjour, jeune sigisbée. Je vais respectablement vous égorger pour l’adultère que vous avez commis d’avec ma femme.
- Mon très ingrat ennemi, je me sens d’humeur à vous assassiner, et ceci, avec tout le respect que je vous dois.
- C’est avec tous les égards que votre condition de manant vous confère que j’ai la grande joie de vous annoncer que je compte vous flinguer.

Le meurtre, quoi qu’expriment les desseins de l’assassin, n’avait rien de respectable. Sacha le savait et cela n’affaiblissait en rien l’acte qu’il commettait de plus en plus souvent sans guère se poser d’autres questions que le vide apaisant que laisserait la disparition de l’assassiné.

Tout cela ne voulait pas dire que tuer était devenu facile. Certes, sa conscience ne souffrait plus car il avait choisi de faire la part des choses et de se battre avec les armes que le monde déposait à ses pieds comme des offrandes pour le libérer, mais l’avant possédait toujours ses redoutable cas de conscience. ‘Le dois-je vraiment?’ ‘Existe-t-il une alternative?’ ‘Ne suis-je pas dans l’erreur ?’ ‘Tue-je la bonne personne?’

Ces questions finissaient par peser moins lourd que le danger face à lui ou que les respectables raisons qui faisaient se dresser la baguette au-dessus de l’âme à éteindre.

Il serra Elinor pour qu’elle ne soit pas effrayée par cette certitude qui contractait tous les traits de son visage sombre: il était fait pour tuer comme d’autres étaient faits pour pétrir le pain en cuisine. Quand bien même, Egon, Emmett et Enki favorisaient le terme ‘guerrier’, et qu’au mot se mâtinait les concepts de ‘défense’ et de ‘protection’, lui ne s’embêtait plus avec les nuances. Il était un assassin. Et il était horriblement bon dans la discipline.

Pour ces raisons, il baisa le front d’Elinor...

- Ne me lâche pas Sacha, ne me lâche pas. Ne fais pas ça. Le suppliait-elle en sanglotant. J'ai tué. Ne tue pas. Pour Noah, pour moi... Il paiera ce qu'il a fait, mais par la justice. Quand ce sera le moment, je l'enverrai moi-même à Azkaban.

Et lui répondit par un mensonge qu’elle aimerait mieux entendre.

- D’accord, Manoue. Ne pense plus à ça...

Elle lui racontait ce qui revenait à la surface et à chaque sanglot de plus, la certitude que Mordred ne s’en sortirait jamais vivant s’il croisait son chemin finissait d’apaiser le cœur de Sacha.

‘Exorcisme?’

Qu’est-ce c’était cette bête-là?
Inconnu au vocabulaire du sorcier. Probablement un terme moldu à la Manoue. Quoi qu’il en soit, il savait à qui s’adresser.

- Je connais un type qui pourrait...

Sacha pensa naturellement à Amba.


Amba
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Ce qui séparait le Dyode du sorcier était l’étendue dérisoire de ses possibilités magiques. De plus, avec tous les voyages qu’il avait effectués, son carnet d’adresses devait être bien rempli. Il devait y avoir quelque part quelqu'un qui pourrait raviver les souvenirs.

Il n’osa pas écarter Elinor de lui et il continua à s’adresser à elle en la gardant logée contre lui comme elle était:

- Tu te sens d’attaque pour qu’on le rencontre ce soir? Hésita-t-il. On se détend pour la fin de la journée, et après le dîner, on va le voir. Ca t’irait?

Spoiler:
 







Walked out this morning
Don't believe what I saw
A hundred billion bottles
Washed up on the shore
Seems I'm not alone at being alone
A hundred billion castaways
Are looking for a home
(Police)



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MessageSujet: Re: Baring   Mar 21 Sep 2010 - 13:21


Non.

La seule envie qu'elle avait présentement, c'était d'embrasser Noah, Elliot, et de prendre Rachel dans ses bras pour s'excuser de toutes les horreurs qu'elle lui avait dites alors que son instinct lui avait dicté les bonnes réponses. Antiochus aussi d'ailleurs. Pour l'instant elle se sentait vide et à l'étroit dans ce corps qui avait semblait-il décidé de vivre un pan de sa vie seul, mu par des intentions extérieures à sa propre conscience.

Sacha ne s'en tiendrait pas à ce qu'il venait de promettre. C'était Sacha.

- Ouais. souffla-t-elle sans conviction.

Elle se mit en retrait par rapport à Sacha tout en continuant à réfléchir. Les secondes filaient.

Elle était devenue une marionnette dans les mains d'un puissant, exactement le contraire de ce pour quoi elle s'était battue dans ses études. Il fallait que cela cesse. Elle avait sa propre conscience, son libre-arbitre. En être privée de manière aussi déloyale la révolta soudain. Il n'y avait plus de fatalité maintenant qu'elle savait. A elle de se libérer.
Pour se faire elle avait son ami, son frère. Sacha était avec elle et ça faisait trop longtemps qu'ils s'étaient oubliés. Aussi, Elinor eut la soudaine envie de rattraper ce temps perdu en profitant du créneau qu'il lui offrait. Elle décida de briser définitivement les murs de silence qui les avaient trop longtemps tenus éloignés l'un de l'autre et trouva ça normal. C'était surtout elle qui avait mis de la distance entre eux.

Son visage s'éclaira et ses yeux vert se plongèrent dansle regard profond de Sacha.

- Oui, profitons. Je vais remonter voir ta chère collaboratrice et lui emprunter plume et parchemin pour envoyer un hibou tout simple à Rachel. Il y a trop longtemps que je marche à côté de toi sans mes dix centimètres de talons. A 18 heures, nous irons à l'Opéra.

L'annonce du référendum par Antarès n'avait en rien perturbé la vie culturelle londonienne. Les Prom's de la BBC battaient leur plein au Royal Albert Hall et dans ses environs. Ce festival de musique classique célèbre dans le monde entier était the place to be pour les amoureux de ce genre de musique et d'art. Sacha ne pouvait pas avoir oublié cet évènement estival malgré le contexte politique actuel.
L'opéra était un trait d'union entre eux. Lui seul pouvait sceller à nouveau leur étrange duo. Elle l'embrassa sur le front sans lui laisser le temps de réagir et se leva.

- Rendez-vous dans un quart d'heure dans le grand hall. Nous mangerons après. Dis à ton fameux Amba que nous sommes par avance désolés du retard que nous aurons.

**

Spoiler:
 

Le hibou s'envola majestueusement dans le ciel. A sa patte virevoltait le court message que la jeune femme venait d'écrire en français. Dans quelques heures l'oiseau se poserait sur une des fenêtres de leur maison et délivrerait tranquillement son message.

Cette lettre n'avait aucun intérêt poétique Merlin merci et presque aucun sens à qui ne connaissait pas le couple qu'elle formait avec Rachel. Elle comprenait simplement un code simpliste qu'elles utilisaient depuis leurs missions conjointes pour la Résistance à Paris. Sans trop en dire, Elinor espérait que Rachel lui ferait confiance.

A présent elle se tenait bras croisés, dans le hall du château en attendant Sacha. Sacha avait raison. Il fallait qu'elle essaie de se détendre après ce qu'elle avait vu. Après tout, ce n'était pas vraiment elle qui était responsable du crime qu'elle avait vu. Elle avait besoin de s'en convaincre. Entre temps elle avait réussi à se renseigner sur le programme de l'opéra. Ce soir au Royal Albert Hall: Tristan und Isolde de Wagner... rien que ça.

Elle laissa un soupir s'échapper lorsqu'elle s'appuya sur un pillier en pierre. Ses yeux se fermèrent et elle vit Noah jouer dans quelques souvenirs lointains. Elle avait une véritable adoration pour son fils même si l'étendue des pouvoirs qu'il affichait à son âge la troublait. Et puis il y avait cette aventure vécue avec Loévi, cet éventail de futurs dans l'un desquels elle s'était aperçue morte. Noah pleurait à chaudes larmes aux côtés de son père. C'est là qu'elle réalisa que Caleb Sutham et Noah ne faisaient qu'un... Encore des questions sans réponses... De cela aussi il faudrait qu'elle parle avec Sacha. Peut-être savait-il quelque chose? En tous cas les recherches qu'elle avait faites de son côté n'avaient rien donné.

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