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 Death Is The Road To Awe. [ Atalan]

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Elena Rosefield
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MessageSujet: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Sam 10 Juil - 20:52

    Une lueur grise entrant par la fenêtre, et un peu de pluie pour courronner le tout. C'est ce qu'on pouvait appeller un matin typique de Londres. La vile devait être déserte face à cette pluie torrentielle. Elena n'avait rien à faire, ce qui l'embêtait au plus haut point. Donc elle était restée au lit avec Poka, puis avait lu un livre. Elle ne se concentrais pas sur le titre en particulier, mais en prenait un au hasard et commençait à le lire. Après trois ou quatre livres de terminés, la jeune sorcière décida de se rendre au salon, regardant la pluie s'écraser contre la fenêtre la plus près. Elle avait envie de sortir, de prendre l'air tout simplement. Elena s'assied donc sur le canapé, regardant toujours la pluie dévaster chaque rue qui, habituellement, était bondée de gens. Et, sans savoir pourquoi, elle était captivée par ce spectacle. Le temps semblait durer une éternité, mais Elena s'en moquait bien. Poka vint la rejoindre, s'asseyant à ses côtés. Elle flatta ce dernier, toujours aussi captivée par le spectacle qui battait son plein dehors. Un petit sourire apparût sur son visage, un sourire serein et empli de calme. Comme si les températures les plus pires de la saison l'apaisaient. Elena posa son regard sur Poka, puis le prit dans ses bras avant de recommencer à le flatter doucement. La journée était lente.. Trop lente au goût de la jeune femme. Le ménage avait déjà été fait plusieurs fois la journée précédente, et tout était à sa place.. Magasiner? Elle détestait magasiner. Cette solution était la dernière à envisager. Une promenade? La pluie était trop forte, et Elena n'avait pas envie de revenir toute trempée. Elle attendrait donc sûrement durant la nuit pour sa promenade.

    Alors que la jeune sorcière allait prendre sa douche, quelqu'un vint cogner à sa porte. Bon, c'est vrai, il était assez tard.. Près de 18 heures... Mais ça ne changeait pas le fait qu'à l'habitude, elle ne se faisait jamais déranger. Mais la question à se poser est: Qui vient la déranger? Parce qu,au fond, elle ne connaît personne à part son frère. Et si c'était lui que ce passerait-il donc? Entre toutes ces questions et ces hypothèses, elena se leva et se dirigea vers la porte d'un pas lent. Elle ouvrit la porte, prenant une grande inspiration. à sa grande surprise, ce n'était que le porprio de l'appartement. La jeune femme soupira, ne souriant pas plus qu,elle ne le devait.

    - Le loyer. Dit-il en croisant les bras sur son torse supérieurement, ayant l'air totalement impatient.

    La jeune femme ne dit rien, ne lui offrant pas d'entrer non plus. elle se retourna, allant dans sa chambre pour aller chercher le montant d'argent qu'il voulait. Elle empoigna la liasse de billets, puis revint le voir. Elle la lui lança le paquet, puis referma la porte grossièrement. Voilà qui allait le faire partir assez rapidement. Il était impatient? Bien, elle n'avait pas allonger la discussion. Elle revint à ses affaires, allant cette fois-ci définitivement prendre sa douche. Après, elle se rendit à sa chambre, prenant un jeans noir puis un t-shirt gris au passage. elle les enfila rapidement, Il était maintenant 20h36. Le soleil se couchait, mais la pluie avait complètement disparue. C'est avec grande joie que la jeune femme passa à la cuisine, se préparant quelque chose de rapide à manger. Elle avait attendu toute la journée pour ce moment, elle n'allait pas attendre une minute de plus, n'est-ce pas? Elle s'assura que Poka avait aussi de la nourriture, puis jeta un dernier coup d'oeil à l'horloge. Elle affichait maintenant 21 h 32. La jeune femme attrapa une veste beige au passage. Elena attrapa ses clés, puis partit sans destination précise. elle se rendit dans l'ascenseur, attendant patiemment qu'il se rende au rez-de-chaussé. Une fois rendue, elle poussa les gens devant elle, puis courut jusqu'à ce qu'elle soit à l'extérieur. La sorcière prit la direction de gauche, puis se mit à faire quelques pâtés de maisons avant de changer de direction. Le temps passait miraculeusement plus vite, maintenant.

    Les rues étaient anormalement désertes, ce qui foutait les jetons à la demoiselle. En fait, Elena n'avait pas peur.. C'est que ce calme dans ces rues n'était pas normal. Elle continuait toujours son chemin, sans destination bien précise. Mais alors qu'elle allait tourner le coin de la ruelle, elle figea. ses yeux se fixèrent sur rien sauf le vide, puis elle vit quelque chose. Voici ce qu'elle voyait:

    Alors qu'elle avançait et tournait le coin, elle vit trois mecs, s'en prenant à un seul.. Mais que lui voulaient-ils? L'homme seul paraissait bien calme, mais les autres se fâchaient. Pendant ce temps, Elena restait cachée, regardant la scène. Cependant, l'envie lui disait de s'avancer.. De continuer et d'aller aider l'homme. Mais elle n'eut pas le temps, que déjà un des moldu sortit son pistolet et le braqua sur l'homme. Elena porta sa main à sa bouche puis ferma ses yeux alors que le coup de feu retentit. Les 3 moldus fouillèrent le corps, puis partirent avec quelques petites babioles. Une fois qu'ils furent partis, la sorcière courut vers l'homme, puis s'agenouilla à côté de lui, paniquée. Mais alors qu'elle allait regarder son visage, ce fût noir et la vision disparut peu à peu.

    Elena secoua la tête, avançant avec précaution. Comme prévu, lorsqu'elle tourna le coin, les trois moldus étaient là, s'en prenant à l'homme. La jeune femme se cacha, puis regarda. Tout était identique. Les mots, les mouvements.. La scène complète. Elena ferma les yeux et posa une main sur sa bouche lorsqu'elle vit le pistolet et entendit le coup de feu. L'homme tomba au sol, puis les trois hommes fouillèrent le corps et repartirent avec quelques babioles. Une fois hors de vue, Elena se mit puis tomba à genoux à côté du corps sans vie de l'homme. Elle examina la blessure, puis regarda le visage de l'homme. Très bel homme, dans la trentaine sûrement. La jeune femme posa la tête sur ses genoux, commençant à faire un massage cardiaque. Paniquée après plusieurs coups, Elena se mit à crier pour de l'aide. son coeur ne battait plus, il était froid. Très froid.. Même peut-être trop. mais la sorcière était trop paniquée pour s'en rendre compte, voyez-vous? Après encore quelques essais, la jeune femme se mit à pleurer. La première fois depuis plus de 16 ans, en fait. Devant l'impuissance qu'elle possédait face à cette situation, la jeune femme se sentait faible. Les larmes coulaient toujours sur ses joues, elles ne voulaient pas cesser.

    Après quelques minutes d'attente, la pluie se remit à tomber. En colère contre elle-même, la sorcière donna un grand coup sur le torse de l'homme décédé. Elle se foutait bien d'être trempée et d'être loin de la maison.. Elle voulait seulement de l'aide. Elle recommença à crier, espérant qu'un passant l'entendrait. Un passant avec un téléphone cellulaire, cela va de soi. Mais elle restait là, seule.
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Atålan Harding
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Dim 11 Juil - 18:43

Tel est pris qui croyait prendre. Telle est la maxime de mon début de journée.

Contrairement à la majorité des gens, mes journées commencent aux alentours de 19 heures, 20 heures, ce petit interstice entre le jour et la nuit qu’on appelle le crépuscule. L’été, mes crépuscules arrivent plus tard.

Je crevais de faim.

Je suis un homme rituel. J’ai mes habitudes. J’aime mes habitudes.
L'été, je me lève aux alentours de 18h00, quoi qu’il arrive. Dans mon loft, situé à Kensington South, en 1952, j’y ai installé une pièce spécialement conçue pour mes besoins. Le loft est une vieille distillerie, aménagée années après années pour mon confort personnel en y créant les commodités les plus pratiques pour un vampire. Par commodités, il faut entendre, entre autre, cette pièce spéciale qui consiste en une chambre royale sans fenêtre pour que ne perce aucune lumière du jour, un réfrigérateur de 200 litres où je conserve le sang dont j’ai besoin, une salle aux trésors où s’entassent l’argent, les pièces d’art, les trouvailles et les souvenirs accumulés avec les siècles. Depuis l’arrivée de Björn, j’ai agrandi le sous-sol pour lui installer sa propre chambre.

Björn est l’un de mes descendants. Suite à une aventure dont je ne tire réellement aucune fierté, j’ai dû le transformer. Toutefois, sa transformation s’est bien passée, il est très vite devenu indépendant et son éducation ne m’a pas coûté plus de trois semaines de mon temps. Björn fait un extraordinaire vampire. Cela faisait des années que je n’avais pas vécu auprès d’un autre vampire. La cohabitation se passait plutôt bien jusqu’à ce matin. Tout comme moi - parce que je l’ai élevé ainsi -, Björn se lève à 18 heures.

Donc, rien d’exceptionnelle en ce début de journée où comme d’habitude nous nous levâmes à 18 heures. Je pris une longue douche en lisant les news qui ne différaient en pas grand choses de celles de la veille. Quand je sortis de ma toilette, Björn avait déjà pris son petit déjeuner... Je le savais au regard du bol de sang terminé abandonné dans le lavabo de la cuisine. Là où mon apprenti et moi différons, c’est sur la nourriture. Björn ne chasse pas. Il se ravitaille dans ma réserve. Usuellement cette réserve ne me sert que pour les périodes difficiles, quand j’ai du travail au point de n’avoir pas le temps d’aller chasser ou quand la chasse est mauvaise (sang ne possédant aucune sapidité) etc.

Je n’avais jamais remarqué à quel point ma réserve avait diminué jusqu’à aujourd’hui. Il ne restait plus qu’un litre de sang. J’eus une petite discussion de vampire à vampire avec Björn :


- Je n’ai rien contre le fait que tu ne chasses pas mais ne compte pas sur moi pour le faire à ta place. La réserve est vide et à moins que tu ne décides de faire un régime, il va falloir que tu le remplisses toi-même car sur ce coup-là je ne t’aiderai pas. Tu as faim ? Trouve un moyen de manger. Et rempli-moi ce frigo d’ici l’aube.

Il se plaignit. Je n’écoutai pas ses jérémiades et comme tous les jours, je sortis aux alentours de 19 heures pour trouver un festin digne de ce nom avant de commencer ma journée. Mon agape préférée ? Le sang des femmes. Le plus délicat. Je le trouvais généralement sur le chemin me séparant de l’hôpital. Avec les années, afin de ne pas me faire remarquer, je pris l’habitude de changer de parcours chaque soir.

La petite discussion avec Björn m’avait mis en appétit. J’étais agacé de constater la diminution de ma réserve personnelle, néanmoins, l’idée que Björn soit désormais obligé de partir chasser me remplissait de joie. Qu’il fasse son vampire « végétarien » en chassant l’animal ou qu’il s’octroie un petit écart en s’abreuvant d’un humain, je m’en foutais. Du moment qu’il chasse. Nous, vampires, sommes faits pour la traque. C’est notre sport. Notre liqueur. Notre péché mignon.

Je pris par Harrington Road où je comptais rejoindre Old Brompton Road par Reece Mews que j’aurais descendu jusqu’à Cranley Gardens afin de retomber sur Fulham Road qui m’aurait mené tout droit à l’hôpital. Sur cette route j’avais une centaine de possibilités : jeune travailleuses qui rentrent après l’afterworks du jeudi, jeune femme esseulée en quête de taxi pour échapper à la pluie qui menaçait de tomber à nouveau, jeune étudiante se rendant à un rendez-vous galant, touristes... Mais mon parcours s’arrêta à Reece Mews. J’y suivis discrètement une adorable touriste qui m’avait l’air complètement perdue.

Dans la ruelle où régnait une atmosphère humide et lourde, ma jolie proie hésita entre prendre à gauche ou continuer tout droit... à gauche le cul de sac, savais-je, tout droit, elle déboulait sur Old Brompton. A quelques mètres derrière elle, j'espérais qu'elle choisse la première solution. Petit coin calme. Autrement, je devrais attaquer tout de suite.

Malheureusement, mon repas se fit intercepter par trois malfrats qui s’étaient mis en tête de la détrousser de son sac à dos de touriste, forcément plein d’argent liquide, d’appareil photo et de trésors inutiles.

Merde, pensais-je. Ca se compliquait. Devais-je intervenir pour préserver mon repas ?

J’aurais du la laisser à son destin. Faire demi-tour et aller me nourrir ailleurs. Mais quatre plats plutôt qu’un seul ? Comment résister ? Ce n’était pas prévu et je devrais toujours me méfier de ce qui n’est pas prévu. Je devrais fuir l’imprévisible comme la peste. Les rituels, c’est si bon. Si facile à gérer.

Il ne fallut pas plus d’une seconde à la jeune touriste pour comprendre la situation dans laquelle elle se trouvait et pour s’égosiller et crier à l’aide. Une allemande. Alors que deux de ces messieurs s’attaquaient déjà à leur maigre butin, le troisième gifla violemment la teutonne pour lui infliger le silence. Je décidai d’intervenir.

Me voyant sortir de l'ombre et m'avancer paisiblement d'eux, l’un des types siffla les deux autres pour attirer leur attention sur moi. Je regardai mon costume Kenzo, assez indécis. Ce n’était pas le plus classe que j’avais mais j’y tenais. De plus, je devais agir proprement autrement il faudrait repasser à la maison pour changer de costume. Etre en retard ? Non. Jamais. Surtout pas pour trois crétins. Je déteste être en retard. La ponctualité est signe d’une réelle conscience du temps qui passe or le temps qui passe, pour un vampire, n’est pas une donnée très pertinente puisque nous pouvons le gaspiller à tour d’horloge sous prétexte que nous en avons trop. Pas moi. Je veux me dire que chaque minute compte.

Les trois cadors se tournèrent vers moi. L’un d’eux, le plus vilain, tenait le sac de la touriste d’une main et la touriste elle-même de l’autre. Je lâchai mon attaché case par terre et desserrai ma cravate, assez blasé.

Allons bon. Ils veulent se battre...
Un peu de sport matinal...


Le Vilain flanqua brutalement la teutonne par terre, me faisant signe par ce geste empreint d'une animosité grandiloquente, qu’il était mon homme et que, la touriste, il s’en foutait. L’allemande geignit, frottant ses genoux râpés par terre... l'odeur du sang me monta immédiatement aux narines. Elle se releva pour courir vers moi. Elle larmoyait. Je trouvai l’espoir qu’elle mettait en moi plutôt touchant. Je ne pensais plus qu'à son sang.

Dans un allemand irréprochable qui la surprit, je l’invitai à aller se mettre à l’abri un peu plus loin. Je lui promis de lui rendre son sac quand j’aurais réglé leur compte à nos trois amis. Elle hocha la tête et courut quelques mètres plus loin. C’est ici que tout bascula.
Le plus grand des trois sortit un révolver. En soi, je n’étais pas très effrayé mais ma demoiselle teutonne n’était pas de cet avis. Elle prit aussitôt la poudre d’escampette.

Merde et encore merde. Mon repas qui file à l'anglaise.

Pour lot de consolation, j’avais toujours mes trois oiseaux. Je n'en étais pas moins sérieusement remonté.

Le Vilain sortit un couteau et incita son compagnon armé à le couvrir si le corps à corps dégénérait. La pratique était d’une lâcheté qui ne m’étonnait pas vraiment. Des humains. Ils majoraient leur manque de confiance en leur capacités physiques par le port et l’utilisation des armes à feu. Si j’avais été humain, ils ne me laissaient aucune chance : quand bien même aurais-je pu me débarrasser du Vilain, le Grand et le Petit veilleraient à me mettre une balle dans la tête pour que je ne m’en sorte pas. Tout était un jeu pour eux. Ils agissaient comme les caïds des films dont ils s'abreuvaient par ennui. Malgré tout, je ne les croyais sincèrement pas capable d’appuyer sur la gâchette.
Et j’avais tord.

Je m’avançai vers le Vilain qui tenait son couteau en direction de mon coeur. Je me tenais droit, ne le prenant pas au sérieux. Il effectua quelques avancées furtives qui se voulaient dissuasif. Je le continuai de le laisser se battre seul. Il m'ordonna de me défendre. J'obéis. Je le désarmai en moins cinq secondes en le flanquant par terre d'un coup de poing dans le ventre, j’avais à peine relevé la tête pour m’élancer sur le Grand et le démunir de son jouet que le coup partit.

La vache ! Ca fait toujours aussi mal ! M'écriai-je intérieurement tandis que la balle me perfora le thorax.

Je tombai. Abruti par le coup de feu. A leur tour, choqués et excités par le crime, les trois petites frappes s’en allèrent.
Avant de sombrer dans une courte perte de conscience, j’imprimais le fumet de ces trois abrutis dans ma mémoire olfactive. Pour les retrouver plus tard et les chasser comme il se doit. Mais mon odorat fut parasité par un tout autre parfum. Le parfum délicat d’une femme.

Je gardai les yeux fermés et conservai ma rigidité cadavérique, la laissant s’approcher.

Finalement, le destin était avec moi. J’avais perdu quatre repas potentiels mais un cinquième venait à moi, gracile, compatissant à mon sort, à ma mort, pleurant sur mon buste et défiant la pluie qui s'était de nouveau mise à tomber, frappant de désespoir ma poitrine en criant à l’aide. Je devais arrêter de faire le mort très vite autrement elle allait ameuter tout le quartier. Or j'entendais bien avoir l'exclusivité de la demoiselle avant de me rendre à l'hôpital.

J’ouvris les yeux doucement et la contemplai d’en bas ; joli visage, lèvres pulpeuses, jugulaire battante et pleine de vie, sang sucré, elle venait de manger. Parfait.

- C’est mignon de vous inquiéter comme ça... mais si j’étais vous, je m’inquièterai plutôt pour vous.

Je me levai d’un trait, agenouillé en moins d’un seconde au plus près d’elle, j’avais déjà planté une main sur sa nuque et mon nez dans son cou mais pas encore mes canines. Je savourai l'instant. Son odeur exquise. Un parfum capiteux. Pour que ma proie s’abandonne, j’usai de l’aura séduisante qu’ont les vampires pour la retenir d’avoir envie de se débattre ou de s'en aller. Je voulais remercier sa compassion, faire bien les choses, ne pas la blesser inutilement et qu'elle garde pour unique souvenir de cette rencontre, deux légères incisions dans le cou... où sur l'épaule.

- Je ne vous tuerai pas... je ne tue pas, souris-je en continuant de humer son parfum, sa peau, son cou et ses cheveux. La pluie faisait remonter les plus infimes parfums. Le sien me plaisait comme rarement. Je me désolais de ne pouvoir garder un humain tout entier dans mon réfrigérateur. Du sang à volonté... ça serait tellement génial.

- Je veux juste votre sang... continuai-je d’une voix hypnotique, ensuite, vous oublierez tout de notre rencontre, tout ce que vous avez vu ce soir. Vous n’avez pas peur, j’espère. Il ne faut pas avoir peur... Vous êtes venue à mon aide, je vous dois quelque chose. Je saurai être imaginatif. Mais d’abord, le sang.

Et je plantai mes canines dans le cou de la sorcière... ne sachant alors pas qu’il s’agissait d’une sorcière. Autrement, il est évident que je ne l’aurais pas mordu. Car je sais de quoi sont passibles les vampires qui s’abreuvent du sang des sorciers. De mort. Une mort pour de bon. Cependant, non, vraiment, je n’ai jamais eu envie de mourir exprès.

Je buvais avec gourmandise... et tel était pris qui croyait prendre.
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Elena Rosefield
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Dim 11 Juil - 22:23

    Quoi faire? Personne n'était là pour l'aider, tout le monde s'était enfui. À cause de la pluie.. Sûrement. La jeune femme essuya ses larmes, mais elle était toujours aussi triste de n'avoir rien pu faire pour lui. Et puis, elle n'utilisait plus de sortilèges depuis longtemps. Bien sûr, elle savait s'en servir, mais elle ne désirait pas s'en servir. Comme ça, elle pourrait passer pour une ridicule humaine et c'était tout ce qu'elle voulait. Depuis très longtemps, elle avait rêvé de faire sa vie seule, de ne pas avoir besoin d'une baguette magique pour tout faire à sa place. Elle rêvait d'une existence neutre.. et voilà qu'elle l'avait. Elena était confrontée à des sentiments qu'elle n'avait jamais ressentis avant. Habituellement, le sort des autres ne lui faisait aucun mal. C'était peut-être parce qu'elle y avait mis du sien qu'elle se sentait si mal. Ou parce qu'elle s'était un peu attendrie, sans le savoir. Ou la température. Parque tout le monde sait que la température à une forte influence sur les gens... Que d'excuses et de théories pour justifier un seul cas. Un cas si infime.

    Et ce n'était pas tout. Il y avait aussi cette sensation de froid.. De glace quand elle le touchait. Ça lui rappelait Eric, étrangement. Éric était ce supposé vampire qu'elle avait rencontré quelques mois avant, et qui ne cessait jamais de la pourchasser aux alentours de Poudlard. Depuis peu, il n'avait jamais réapparut. Et puis, elle ne croyait pas qu'il était un vampire. Avec le nombre de mauvaises blagues que les élèves de l'établissement lui avaient fait, elle ne croyait plus en ce qui était rare. Elena se disait que c'était un élève qui en avait payé un autre pour lui jouer un tour, voilà tout. La suivre partout.. Mais là, elle ne savait plus quoi faire, quoi penser devant le corps inerte. C'était louche. Maintenant qu'elle avait fini de pleurer, elle avait tout son temps pour réflchir. De toute façon, ce n'était pas comme s'il allait miraculeusement revenir à la vie, il était mort. Son coeur ne battait pas, il n'y avait aucun signe de vie apparent.

    Au moment où Elena allait se relever, elle entendit quelqu'un parler, lui disant que c'était mignon de sa part de s'inquiéter pour lui, mais qu'à sa place, il s'inquièterait un peu plus pour elle. à ces paroles, la jeune femme releva le regard, regardant un partout.. Pour enfin reposer les yeux sur le visage de l'homme. Il n'était plus là. Il avait maintenant sa main derrière la nuque de la jeune femme, son nez collé contre son cou. Que lui voulait-il?! Enfin, tout cela était insensé. à l'instant où elle voulut se débattre, elle se sentit comme fondre. Incapable de rien, si vous voulez que ce soit plus précis. Envoûtée. Toujours tout de même consciente de ce qu'il se passait, la sorcière put entendre le reste de ses paroles. Il ne la tuerais pas?! Mais.. Mais que se passait-il? elle ne disait rien, se contentant d'essayer de garder son sang froid habituel. C'était difficile dans un situation pareille, mais elle faisait de son mieux. Son coeur battait plus fort qu'à l'habitude, elle était effrayée. Il s'amusait à humer ses cheveux, son cou... son odeur. Et elle ne pouvait rien y faire.

    Elena voulait partir, se sauver loin d'ici. Avoir voulu voir ça arriver avant de se fourrer le nez ici.

    Sa voix était hypnotique.. C'était un rêve. Tout simplement un mauvais rêve. Et elle se réveillerait d'ici quelques minutes. Mais si ce n,en était pas un? Si tout cela était réel? Que pouvait-elle bien faire, maintenant? Elle qui était tellement sceptique..

    Encore une fois, l'homme se remit à parler. il voulait son sang.. Eh bien, les vampires existaient. Elle ne serait plus jamais sceptique face à cela, ce qui était une bonne chose.. elle ressortit de ses pensées, continuant d'écouter le vampire. Elle oublierait tout par la suite, et elle ne devait pas avoir peur. Comment ne pas avoir peur? Elle se sentait incapable de rien, elle ne pouvait pas se débattre, et en plus, c'était un vampire. Pourtant, elle ne le laissait pas paraître. Elena redoutait de laisser voir ses sentiments, mais surtout la tristesse et la peur. Le reste de ce qu'il disait n'avait pas été capté par la jeune femme qui, tant bien que mal, essayait de cacher sa peur comme elle avait l'habitude de faire. Une fois qu'elle n'entendit plus un son, elle sentit juste les canines du vampire se planter dans son cou. Elle prit une grande inspiration, fermant les yeux et fronçant les sourcils. Il allait la tuer, et elle le savait. La laisser là, pour morte. La jeune femme posa sa main gauche sur sa veste, la serrant. et l'autre main sur le pantalon de l'homme, serrant aussi. elle voulait qu'il la lâche, qu'il la laisse partir. Elle ne voulait pas mourir vidée de son sang dans une ruelle. Une cause naturelle aurait été préférée.

    Elena expira longuement, ouvrant les yeux au même moment. si elle aurait eu une arme sur elle, elle l'aurait sûrement utilisée.. Il n'y aucun doute. Mais elle était vidée de tout moyen de défense. Il fallait qu'elle attende.. Qu'il aille fini avant qu'elle puisse faire quoi que ce soit. S'il ne la tuait pas, bien entendu. mais comment faire confiance à un vampire? Comment allait-il s'arrêter?

    aucune émotion ne s'affichait sur le visage de la sorcière, bien qu'elle aurait aimé pouvoir dire quelque chose, ne pas rester sans vie devant cette situation. Il y avait tant de choses à faire, mais elle se sentait incapable de faire quoi que soit. Toujours aussi envoûtée.. elle avait envie de fermer les yeux, de se laisser aller. Malheureusement, Elena ne se laissait pas abattre de cette façon. Jamais dans sa vie elle n'avait laissé tomber quelqu'un ou quelque chose. Dieu qu'elle aurait aimé que quelqu'un arrive.. que son frère arrive. Qu'il soit là au bon moment pour une fois, qu'il la défende. Parce qu'elle ne pouvait rien faire et que lui, si. Mais c'était totalement impossible, il ne voulait plus la revoir. Plus jamais, il avait dit. et c'est là qu,elle était devenue froide, sans émotions. Que perdre la vie ou la garder lui semblait un sujet sans intérêt. Mais ce vampire lui avait fait comprendre qu'elle voulait toujours rester en vie. elle voulait maintenant mourir de cause naturelle.. Ou d'un accident quelconque, mais pas de cette manière. Elle était incapable de bouger à présent, de faire quelque chose tout simplement. Elle était carrément obligée de s'y abandonner.

    Il fallait qu'il s'arrête, qu'il ne la tue pas. Elle n'avait pas envie de mourir. Elle ne croyait peut-être pas en dieu, mais elle méritait de vivre pour autant, n'est-ce pas? la jeune femme ferma les yeux contre son gré, puis expira une nouvelle fois. Il n'y avait rien à faire, c'était peine perdue. Il fallait abandonner.
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Atålan Harding
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Mar 13 Juil - 13:50

Ses paupières se fermèrent doucement. Je sentais son corps raidi se détendre petit à petit. L’eau qui tombait en averse sillonnait le long de nos tibias et de nos mollets pour s’engouffrer dans la bouche d’égout. La pluie attaquait tout ce qu’elle pouvait jusqu’aux couches intérieures de nos vêtements, s’insinuant jusqu’à nos peaux.

Plus je buvais son sang, plus son corps se rafraichissait. Elle se mit à grelotter. Les pulsations de son cœur m’indiquaient que je devais m’arrêter bientôt autrement je la tuais.

Son sang était savoureux. Différent mais, sur le coup, je fus incapable de comprendre en quoi. Il me ramenait à des souvenirs flous. J’étais tellement envoûté par la délectation du miel de sa vie qu’inconsciemment je refoulais ces souvenirs gustatifs auxquels ma lucidité tentait en vain de me ramener et qui m’auraient certainement contraint à me retenir. Au lieu de me poser des questions qui m’auraient dessaisies mon plaisir, je fusionnais avec ce plaisir. Je faisais pour ainsi dire semblant de ne pas comprendre d’où provenait ce parfum dissemblable à tous les autres bouquets d’hémoglobines que j’avais un jour absorbés.

Le sang de cette fille exprime des souvenirs qui vont au-delà du gustatif.
Les vampires boivent du sang. C’est un fait. Ils s’en nourrissent.
Certains mortels ont déjà du se poser des questions à ce sujet : quel goût a le sang pour eux ? Est-ce le même que pour nous ?

Imaginons que vous vous coupiez avec une feuille de papier. Une très légère incision, trois gouttes de sang. Vous allez porter la coupure à vos lèvres pour empêcher le sang de couler et, pour cautériser, comme votre mère vous a appris et, avant elle, comme sa grand-mère le lui aura appris, vous allez aspirer ce sang. Pour vous, il a un goût métallique, légèrement salé. Trois gouttes, c’est assez, vous ne vous verriez pas en ingurgiter plus. Cela va sans dire que vous auriez plus de difficulté à poser votre langue sur la blessure d’un autre, et à aspirer un sang qui ne vous appartient pas. Alors passer de ces trois gouttes, à trois litres comme le font les vampires !...

Pourtant, transformez ces trois gouttes salines ne serait-ce qu’en un verre qui en serait rempli à moitié et, par l’esprit, buvez. Laissez couler la liqueur de vie dans votre gosier. Abjecte ?
Ce n’est que psychologique. Vous, mortel, associez la perte du sang, le sang hors du corps, à une idée de mort – à l’exception des femmes qui par ce même sang ordonne la vie – mais je parle ici de sang qu’on extrait du corps d’une manière qui ne serait, dit-on, pas naturelle. Par une plaie.

Ces gabegies intellectuelles confèrent au sang une puissance sacrée qu’il ne mérite pas. Pourquoi hors du corps le sang symboliserait-il la mort quand dedans le corps, il serait la cocarde de la vie ? L’eau a ce don pour vous. Mais pas le sang. Le sang n’est qu’un fluide. Cependant, hors de votre corps, ce fluide est source de vie pour les êtres comme nous – créatures que vous pensez estropiée car elles ne sont pas gouvernées par les mêmes principes biologiques que vous. Le mortel a tendance à très vite cataloguer et à attribuer des sentences négatives partout où il ne peut expliquer par la science un principe qui le dépasse. Faiblesse et étroitesse de l’esprit que je sanctionne. Je ne juge pas l’Homme qui mange d’autres animaux, en quantité et avec une sauvagerie et une cruauté parfois plus rétrograde que notre race. Faites un tour dans les usines à bétails ou dans les abattoirs.

Le sang que je bois est un paradoxe. Pour moi, non-vivant, il est vie. Pour moi, sans chaleur, il est passion. Quel goût sur mes papilles ? Incomparable à tout ce que vous connaissez. Il est puissance d’un soleil qui inspire toutes les particules de l’organisme, semblable à l’ambroisie des Dieux, comme une délicatesse suave, une cassonade de plaisir, une mangue laiteuse qui fond sous le palais et déploie cent autres émanations papillaires complexes et savoureuses, un litchi exotique baigné dans une goutte de clair de lune parfumée à la fleur d’orangée, de la pulpe d’étoile, un parfum de violette marié aux essences de menthe. Chaque mortel a un goût qui lui est propre quand son sang effleure nos papilles. Prendre le sang d’un humain est un plaisir presque inégalable –
presque car il se peut que le sexe rivalise. Je pourrais louper un repas pour une bonne partie de jambes en l’air.

Le sang de cette jeune fille est au-delà des plaisirs gustatifs que j’ai connu depuis plusieurs années. J’aspire ses frissons, sa féminité, ses questions, ses fantasmes, son oubli, ses peurs. Je les aspire au plus profond. Boire, n’est pas prendre, c’est échanger. Je lui rends en certitude, en bien-être, en chaleur, en masculinité, en émoi, en désir, en musique et en plénitude.

Je prends le pire et le commun, et je laisse à travers ma morsure plus qu’une simple pénétration. C’est la réflexion de ce que je suis, ma vie, la connaissance d’une strate au-delà de l’entendement mortel. On ne se sent jamais tout à fait le même, dit-on, après qu’un vampire nous ai mordu. Et pour peu que le vampire ait lésiné sur l’effacement de la mémoire, la morsure est indélébile dans l’esprit. La victime est liée à jamais au vampire qui l’a mordu. Je me promène avec tant d’âme à l’intérieur de moi...

Je sentais le rythme cardiaque de la jeune femme faiblir de plus en plus dangereusement. Elle était devenue si faible que son corps n’avait plus même la force de grelotter. C’était maintenant le signe que je devais arrêter. Elle était aux portes de l’inconscience, évanouie, je ne devais pas lui ouvrir ces portes.

J’écartai mes lèvres de son cou. Ses joues, sa peau étaient froides. Nous en arrivions à la partie du repas que j’aimais le moins. Comme après avoir mangé vous rangez les assiettes et ramassez les miettes, moi, je dois cacher la victime.

Et merde. Je l’écartai légèrement de moi pour distinguer le trou que la balle avait faite dans ma chemise blanche. La pluie mélangée à mon sang avait agrandi l’auréole rouge foncé, quant à la blessure sur mon torse s’était refermée pendant que je buvais.

- Que faire de toi ? Demandai-je à haute voix en regardant son visage blême endormi dans mes bras.

J’avais promis de ne pas la tuer. C’était fait. Elle était toujours vivante. Affaiblie mais vivante. Mais je n’avais rien promis sur la manière de m’en débarrasser... ah, si... j’avais dû dire une ânerie comme « je serais imaginatif. »
Oh, et puis, ce n’était qu’une réplique pour faire bien. Je m’en foutais. Je ne lui devais rien.
Elle avait pourtant été si compatissante en me croyant mort.
A l’évocation de cette pensée, mon ego princier fut caressé dans le sens du poil et je souris niaisement pour moi-même.
Quelque chose frappa dans ma tête.
« Toc, toc, toc.
« Ah non, pas toi !
« Si, si, c’est moi, ta mauvaise conscience...
« Je ne veux pas savoir ce que tu as à me dire.
« Mais tu sais déjà ce que je vais dire, Atålan Harding... alors gagnons du temps.

Je dévisageai encore un peu l’humaine que je tenais toujours dans mes bras. Elle était assez jolie.
Ma mauvaise conscience gagna sans que je combattisse beaucoup et je décidai d’emmener ma victime avec moi. Pas chez moi mais à l’hôpital. Il fallait seulement que je fasse attention à ce qu’on ne me voie pas entrer avec elle. Là-bas, je me changerais, planifiais-je heureux, puis je la confierais à un infirmier en prétendant l’avoir trouvée évanouie sous la pluie. Ce qui n’aurait pas été un mensonge. J’attendrais qu’elle se réveille en faisant croire n’importe quoi au service des urgences, je passerais peut-être même pour son sauveur, dès qu’elle aurait eu les yeux ouverts, je l’aurais hypnotisé pour qu’elle oublie tout de cette soirée... avec un peu de chance, en cours de route, elle mourrait et je la récupérais plus tard dans mon service. A la morgue.

« Kill me. Je deviens cynique...

- Aller ma belle, dis-je en me relevant avec elle dans mes bras. On va à l’hôpital. C’est une grande première pour un vampire d’amener sa victime à l’hôpital... Tu peux être fière de toi, tu me fais faire n’importe quoi.

Si j’avais su à quel point.

Je me mis à chercher mon attaché case, abandonné dans à la pluie, et me penchai ensuite pour ramasser le sac à dos de l’allemande, ce qui me donnerait une bonne raison de lui rendre une petite visite plus tard pour le lui rapporter. En me baissant, j’entendis quelque chose tomber sur le sol. Un léger bruit, tout proche de moi. Je regardai autour en cherchant la provenance. C’est là que je
la vis. Et ça me cristallisa d’effroi.

- ... Une baguette !

Maintenant, je savais à quel point.

Une baguette tombée des poches de la femme que je portais.
Sans plus réfléchir, je me mis à lui tapoter le visage pour la réveiller, des petites claques.

- Hé, hé, réveille-toi ! Tu... Vous êtes une sorcière ? -- Pas de réponse -- Une putain de sorcière... Merde ! Merde ! Merde ! C’est pas vrai, bordel... C’était ça, ce goût... Russie, 1947. Sang humain sorcier. Quel con... j’aurais dû me poser la question !

Dans ces conditions, il était devenu hors de questions de me rendre à l’hôpital. Ils découvriraient très vite qu’il s’agissait d’une morsure de vampire – au départ, j’y comptais bien, j’avais même prévu de faire retomber la faute sur un des vampires Londoniens, mais, alors, ma victime était une humaine ordinaire, elle n’avait pas encore le statut de terrain miné. L’hôpital lanceraient une enquête avec Sainte Mangouste et je me mettrais inutilement dans une sale situation: déposition auprès du ministère de la magie pour leur raconter les circonstances dans lesquelles j’aurais soi-disant trouvé la victime. Ils devinerait bien plus rapidement que les moldus que je suis un vampire. L’abandonner sur le pavé ? Non plus. Sinon, d'ici quelques semaines, le quartier deviendrait le terrain de chasse de tous les chasseurs de vampires. Personne ne devait savoir qu’un vampire avait mordu une sorcière. La seule solution était de la ramener au loft en attendant qu’elle se réveille et une fois sur place d’improviser.

- Et merde encore.

J’appelai Björn avec mon téléphone portable, tout en déposant maladroitement la sorcière sur le sol pour me libérer les bras. La pluie ne cessait pas de tomber. Jusqu’ici, elle ne m’avait pas énervé mais cette fois elle avait gagné.

- Björn, j’ai besoin de toi. C’est urgent. Ramène-toi avec la voiture à Reece Mews. Apporte-moi un imperméable et une couverture. Vite !

Je ne lui avais pas laissé le temps de s’exprimer. Il arriva dix minutes plus tard dans la ruelle. Il ouvrit la portière et je montai à l’arrière avec la sorcière que j’enveloppai dans la couverture. Björn souriait dans le rétroviseur et il me jetait de temps en temps un regard railleur.

- Qu’est-ce qu’il s’est passé, me demanda-t-il en cachant très mal que mon embarras le consolait de notre discussion de tout à l’heure.

Je me contentai de lui montrer la baguette magique dans le rétroviseur, refoulant comme je pouvais mon irritation.

- Elle n’avait rien d’une sorcière, je n’ai pas fais attention, essayai-je de me blanchir.

Björn esquissa une grimace qui ressemblait à un rire comprimé qui ne devait pas sortir.

- Oh, hé, ça va, hein, mâchonnai-je en lui jetant un regard noir.

Il finit par s’écrouler de rire. Il nous conduisit jusqu’au loft où j’appelai Emma pour la prévenir que j’arriverai en retard. J’étais malade... Elle fut étonnée. Je n’étais jamais en retard. Et surtout, je n’étais jamais malade. Elle s’inquiéta mais je lui dis qu’elle ne devait pas. De l’aspirine purifierait tout ça. Je raccrochai...

« Malade ? Je suis dingue. C’est l’excuse la plus lamentable que j’ai jamais donné.

J’avais déposé la sorcière dans le canapé du spacieux salon du loft tandis que Björn était sorti acheter du thé pour le réveil de l’humaine. J’entrepris de la dévêtir pour qu’elle n’attrape pas une pneumonie et je finis par l’envelopper dans une couverture chaude.

« Björn ira étendre son linge, ça lui fera les canines.

Quant à moi, je portais toujours ma chemise estropiée et mon costume était trempé. Je me laissai tomber dans le canapé d’en face en la regardant se réveiller. Je n’arrivais pas à y croire: une sorcière.
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Elena Rosefield
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Ven 16 Juil - 3:58

    Vous pouvez être aussi fou qu'un un chien enragé, dû à la façon dont les choses allaient. Vous pourriez jurer, maudire le sort, mais quand on arrive à la fin, vous devez vous laisser aller.

    Il faisait étrangement froid et, dans des circonstances pareilles, un manteau n'était pas la solution. La pluie s'abattait sur le corps d'Elena et du vampire, s'insinuant même sous les couches épaisses de leurs vêtements. Mais la sorcière ne ressentait plus rien. Son corps réagissait tout seul, elle ne commandait plus désormais. Quand on arrive à la fin, il faut lâcher prise. Lâcher prise ne signifiait pas grand chose. le vrai mot est " abandonner". Car à cet instant précis, Elena avait abandonné sa peur, son angoisse, ses habitudes mais surtout sa vie. Elle n'avait pas le courage de lutter contre tout ceci. Elle n'en avait plus la force. Pourquoi s'arrêter, me direz-vous. Bien des humains ont dit que les miracles existaient. Peu de gens peuvent en témoigner ou seulement prouver qu'ils existent. Mais si un seul miracle se produisait? Parfois, nous sommes sur une trajectoire de collision, et nous ne le savons simplement pas. Que ce soit par accident ou par dessein, il n'y a pas une chose que nous pouvons faire à ce sujet.


    Et si une chose..

    Ce matin, Elena s'était levée plus tard qu'à l'habitude à cause du mauvais temps à l'extérieur. Pendant ce temps, Atålan dormait. Elena avait décidé d'attendre au lit, de lire un livre pour quelques heures et de partit ensuite prendre une douche. Le propriétaire de l'appartement où habitait Elena avait besoin d'argent, et cette dernière n'avait pas encore payé son dû. donc il se rendit à son appartement et obtint l'argent pour payer ses propres dettes. Alors que le propriétaire retournait à son logement, Elena se préparait pour sortir. de son côté, Atålan était déjà debout à engueuler son colocataire qui avait dévasté la réserve de sang dans le frigo. Il décida alors de partir chasser. Trois hommes en quête de sensations fortes étaient alors sortis pour dévaliser un petit magasin, et passaient par une ruelle abandonnée pour ne pas se faire coincer. Une touriste perdue passait alors dans cette ruelle, cherchant désespérément de l'aide. Les trois la remarquèrent bien vite, courant pour lui voler ses objets personnels. Mais Atålan passait aussi par là, et avait aussi remarqué la touriste, qui lui serait un bon repas. Elena était sortie, prenant cette ruelle sans destination fixe. L'affaire se corsa pour Atålan, qui dût essayer d'improviser avec les trois hommes pour tenter de garder son repas bien au chaud. Les trois hommes paniquèrent et la touristes s'enfuit. Atålan était donc coincé avec les trois moldus, qui paniquaient encore un peu plus à chaque seconde. Elena eut alors une vision, et s'arrêta. Les trois hommes tirèrent sur le vampire, qui fût alors cloué au sol. Pendant ce temps, Elena était cachée, regardant la scène d'assez loin pour sa sécurité. Les moldus repartirent, laissant le corps inerte du vampire toujours au sol. Elena accourut, espérant pouvoir aider l'homme à s'en sortir.

    Et si une seule chose s'était passé différemment: si Elena ne s'était pas levée aussi tard, ou qu'Atålan n,avait pas eu à engueuler son colocataire à cause qu'il avait dévaster la réserve de sang, ou que les trois hommes n'avaient pas passé dans cette ruelle, parce qu'ils n'avaient pas le besoin de sensations fortes cette journée là, ou que le propriétaire n'avait pas eu besoin d'argent et n'avait pas été la réclamer à Elena, ou que la touriste aurait prit un autre chemin et que quelqu'un l'aurait aidée, Elena aurait passé par la ruelle abandonnée et n'aurait eu aucun problème.. Mais la vie étant ce qu'elle est - une série d'incidents croisant des vies et totalement hors de contrôle - Atålan se redressa puis mordit Elena, soudainement attiré par son sang.

    .. S'était passée différemment.

    Et la sorcière avait laisser tomber face à cette situation, arrêtant de se battre pour garder le rythme. Pour sa vie. Il n'y avait plus grand chose à faire pour se battre: elle était paralysée des pieds à la tête. Soudainement, elle se sentit simplement léviter. Elle ne touchait certainement plus le sol. Atålan la croyait-il morte? allait-il se débarrasser d'elle ainsi? Tut cela était inconcevable. Pardon. Tout est concevable dans ce monde, alors utilisons quelque chose d'autre. À bout de force, la jeune femme se laissa donc faire, sombrant alors dans l'inconscience. Elena était plus faible que jamais. D'habitude, peu importe la situation, rien ne l'arrêtait. Mais là.. tout était différent. Rien n'avait de sens propre. La réalité était sans dessus-dessous. Le vampire entendit alors un son; une baguette tomber par terre. Lorsqu'il s'en rendit compte, il fût paniqué. Paniqué à l'idée de sa mort, d'avoir mordu une humain qu'il ne croyait en aucun cas être une sorcière. Qui eut cru que ce vampire aurait pu mordre une sorcière? Personne, évidemment. et personne ne le saurait, qui plus est. Car Atålan décida d'emmener Elena chez lui rapidement pour éviter de se faire coincer.

    Une fois arrivés, Atålan décida de retirer les vêtements de la jeune sorcière pour ne pas qu'elle attrape froid, puis la déposa sur le canapé du luxueux loft dans lequel il habitait. Et Elena dormait toujours. Pendant ce temps, le vampire envoya son colocataire chercher du thé pour la sorcière puis étendre son linge avant de s'asseoir sur le canapé du devant et de regarder la demoiselle dormir. Une heure.. Deux heures.. Trois heures de sommeil. La jeune femme se réveilla machinalement, comme à chaque matin d'ailleurs.. Son insomnie, encore une fois. En se relevant, la jeune femme inspira bruyamment, regardant un peu partout. Ce n'était pas chez elle. Alors quelqu'un l'avait trouvée? La jeune femme regarda ses mains, époustouflée d'être encore en vie, comme le vampire le lui avait promis. Heureusement, elle n'avait pas encore remarqué Atålan.

    Un coup d'oeil sous les couvertures et.. Un regard empli de dégoût s'imprima instinctivement sur son visage. Elena constata qu'elle était nue. Que lui était-il alors arrivé de plus? Encore une nouvelle surprenante? Sans attendre plus, la jeune femme prit la couverture entre ses mains, la serrant sur son corps avant de tenter de se lever. Une vague d'étourdissement s'éprit alors d'elle, puis elle retomba sur le canapé. La demoiselle ne se concentrait plus sur ses alentours: elle ne se concentrait maintenant plus que sur elle-même. Il y avait trop de questions sans réponses, trop d'hypothèses et peu de preuves. Trop de choses laissées au hasard. C'est en relevant le regard qu'Elena remarqua qu'il était là. Lui. Ce vampire qui l'avait mordue quelques heures plus tôt. Son regard rencontra le sien, elle ne ressentait pas de la peur.. Mais de la haine à son égard. Tout cela était insensé. La jeune femme ne lâchait pas son regard, puis dit, sans attendre de réponse:

    - Où sont mes vêtements?

    Ce n'était rien de trop déplacé. en fait, elle ne voulait pas s'attirer les foudres d'Atålan et se faire mordre une fois de plus. Elle était encore trop faible pour commencer une bataille avec lui. Et puis, la réponse à " Qui gagneras?" était trop évidente: C'était Atålan. alors elle se contenterais de poser des questions claires et peu brusques, pour l'instant. La fatigue la tenaillait, mais elle n'avait pas envie de dormir. Plus maintenant.
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Ven 16 Juil - 9:49

Une. Deux. Trois heures. Qu'est-ce que ça roupille un humain. C'était quoi ? Même pas deux litres de sang. OK. Trois. Elle se moque de moi. Pourquoi elle ne se réveille pas ?
Je m'impatientais. J'avais envie qu'elle se réveille pour m'en débarrasser le plus vite possible. En trois heures, on a le temps d'en faire des choses. Par exemple, aller travailler. Mais non. Je ne peux pas. Je ne peux pas aller travailler parce que la sorcière roupille sur mon canapé et que je dois être là quand elle se réveillera.

Alors, qu'ai-je fait pendant trois heures ?
Je l'ai regardé dormir.

Tic, tac. Assis comme une statue de marbre sur mon canapé rouge sang, mes yeux ne la quittaient pas, je n'ai pas bougé d'un iota pendant une heure. Je guettais. Pour m'amuser, pour passer le temps, j'ai même compté le nombre de battements de son cœur sur trente minutes. 60 pulsations minutes et une légère arythmie au début. Rythme régulier, faible mais paisible.
Quand j'en ai eu assez, je me suis approché d'elle, j'ai légèrement appuyé sur son pouls pour vérifier qu'elle était toujours vivante et que je n'avais pas été hypnotisé par des pulsations qui n'existaient pas. Puis j'ai appuyé un peu plus fort sur son épaule, pour la réveiller. Un cyclone aurait pu traverser l'appartement, qu'elle ne se serait pas réveillé ma parole !

J'ai donc été prendre une douche, nettoyer tout ce sang, mettre cette chemise à la poubelle et le costume Kenzo dans le bac prévu pour le pressing.
De retour de ma douche, Björn était revenu. Je l'ai laissé s'occuper des vêtements de la sorcière. Sécher, repassé, plié. Il s'est plaint et pour ne plus l'entendre se plaindre, je lui sommairement rappelé qu'il avait toujours un frigidaire à remplir. Il a grommelé un argot londonien dont même moi j'ignore la signification puis il est sorti.

- Ne tue personne en mon absence, a-t-il pouffé.
Il a déguerpi avant que mon regard noir ne se transforme en pire.

Frais, calmé, seul... emmerdé, je me suis rassis sur le canapé face au sien et j'ai attendu, encore, qu'elle se réveille.

Puis le miracle s'est produit. Ses paupières ont commencé frétiller, son cou, ses bras, puis son corps ont suivi. Elle s'est subitement levée. Je l'ai regardé sans bouger. D'ici, je la sens... son odeur, elle n'a pas la même odeur au moment du réveil que tout à l'heure sous la pluie quand elle s'est approchée de moi et qu'elle me croyait mort, ou plus tard, quand elle grelottait de froid et que je lui avais fait perdre beaucoup de sang. Là, au chaud, à 38°7, son odeur est parfaite. Deux de degrés de moins et elle serait à point. Je souris à la pensée. Peut-être que finalement je pourrais avoir envie de la garder.
A vue de nez, elle rentrait dans mon frigidaire. Je pourrais l'y conserver mais le sang froid, c'est pas bon. Or, elle ne rentrerait pas dans le four à micro-onde ou dans les casseroles. Je sais, je dis des bêtises, mais quand on s'ennuie, l'esprit a tendance à vagabonder dans une sorte de n'importe quoi généralisé allant jusqu'à l'absurde.

Enfin. Je ne vais plus m'ennuyer très longtemps.
Madame se réveille à peine et a déjà des exigences. Oui... les vêtements... j'avais oublié ce détail.
Elle est gonflée de jouer les pudique alors que je l'ai recouverte. J'aurais en profiter, je ne l'ai pas fait. Aucune reconnaissance, ces sorcières.

Je n'affecte aucune forme de réponse. Je reste assis et impassible à la dévisager encore un peu le temps que l'envie de la démembrer articulation après articulation me passe. Je suis parfois susceptible et je n'aime pas beaucoup qu'on me donne des ordres. Sa question n'est pas un ordre directe – et cela est bien heureux pour la fragile humaine – mais je l'entends pourtant comme ça.

Quand mon envie meurtrière est refoulée, je disparais du fauteuil pour me rendre dans la salle de bains du premier. Alors que je suis sur le point de prendre un de mes peignoirs dans ma penderie, je juxtapose mentalement les proportions de la sorcière aux miennes. Ca ne colle pas du tout. Elle est minuscule, elle va flotter dedans.
Je laisse tomber ma tête en avant, déconcerté: "Ah, les femmes... si j lui rapporte n'importe quoi, je vais avoir le droit à une sérénade...
'et que ce ne sont pas mes vêtements, et ils sont où mes vêtements ? Et que ceux-ci sont trop grands, je veux mes vêtements... et d'abord je n'aime pas le gris, je veux du rose.' Elles peuvent être infectes. On va s'économiser des jérémiades."

Je vais vers la penderie Björn dont les proportions sont plus minces. Je fouille pour une chemise... et je tombe sur... des vêtements de femmes. Dans la penderie de Björn. Je note quelque part dans ma tête que je dois lui demander à qui appartiennent ces vêtements. Si, dans mon dos, il lui a pris l'originalité d'inviter une femme ici, je ne donne pas cher de notre colocation.
Pour les vêtements, il s'agit d'une robe carmin légère, arrivant aux mollets de celle qui pourra la porter. Autour de la taille une ceinture de soie noire a été cousue jusqu'à une fine fermeture éclaire qui se zippe dans le dos. Ca fera l'affaire.

Je l'emporte mais je prends aussi un gilet noir à Björn. Sait-on jamais si l'humaine a froid.

De retour au rez-de-chaussée, je dépose les vêtements devant elle:

- Vos vêtements sont en train de sécher. Il faudra attendre encore quarante minutes. Un thé, mademoiselle, avant que je vous retire la mémoire de cette soirée pour notre plus grand confort à tous les deux ?

Comme je lui pose la question, je suis debout en face d'elle. Mon visage n'a jamais été aussi sérieux et aimable à la fois. C'est là qu'elle doit avoir peur à mon avis. Quand j'ai l'air sérieux et gentil à la fois. Jusque là, j'ai été assez courtois et distant.
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Ven 16 Juil - 16:30

    À cette étape de leur rencontre, il n'y avait plus rien à perdre. De toute façon, pourquoi devait-elle avoir peur ou craindre quoi que ce soit? Il ne lui ferait sûrement pas de mal. Pendant un court moment, Elena regardait Atålan, dans l'espoir qu'il comprenne sa langue - parce qu'il n'avait pas l'air de comprendre tout, et restait planté à sa place - et aille chercher ses foutus vêtements. Ce n'était pas bien compliqué. Après quelques secondes, le vampire se leva, puis partit les chercher. Alors la sorcière regardait l'immense pièce dans laquelle elle se trouvait. Il n'y avait rien à faire et elle ne se sentait pas très bien ici, pour tout dire. S'il ne l'aurait pas dévêtue, Elena aurait pu courir et tenter de partir. Mais aurait-elle une infime chance? Atålan ce serait sûrement énervé et aurait décidé de la tuer.

    Mauvaise idée.

    Mais alors il revint bien vite, avec une robe et une veste qu'il tendit à la jeune femme. Une robe?! Mais pourquoi? Elena avait envie de répliquer, mais encore une fois: Mauvaise idée. La jeune femme entreprit donc une nouvelle fois de se lever, la couverture autour d'elle et les vêtements dans une main. Il était hors de question qu'elle se change devant lui. Il l'avait dévêtue? Bien, mais ça ne changeait rien au fait qu'elle ne s'habillerait pas devant lui.


    - Y a-t-il une salle de bain ou une chambre assez près? Demanda-t-elle, pressée de se changer et de partir d'ici.

    Elle savait qu'elle ne devait pas trop lui demander de trucs, il avait vite péter un câble et devenir insupportable. Elena restait debout, attendant une quelconque réponse de la part du vampire. Il était debout face à elle, ne répondant rien pour pour l'instant. Bien, alors elle se débrouillerait. Mais alors qu'elle allait se retourner et prendre le couloir, Atålan lui demanda si elle voulait du thé avant qu'il ne lui enlève la mémoire de cette soirée. Oh, bien sûr, il lui avait dit cela beaucoup plus tôt. Chose qu'elle ne croyait, bien entendu. Donc, avec un infime sourire, la jeune femme refusa. Pourquoi lui disait-il tout un tas de conneries? Et même s'il pourrait lui enlever la mémoire, la sorcière ne dirait rien. Pourquoi irait-elle se plaindre? Elle ne s'est jamais plaint de quoi que ce soit. Mais il ne le savait pas, et lui non plus ne pouvait pas faire confiance à l'autre. Ce jeu là se jouait désormais à deux.


    - Désolée, mais le thé n'est pas mon fort. Si vous pourriez m'offrir de m'aider avec cette robe à la place, ce serait plutôt apprécié. Je n'ai pas de mains dans le dos, et j'aimerais bien pouvoir l'enfiler correctement. Elena agita le bout de tissu, puis sourit doucement. Si ça lui ferait comprendre quelque chose, alors ce serait bien.

    Le vampire était assez aimable, mais il n'avait pas l'air de s'habituer aux femmes. Ou le problème, ce n'était qu'elle. Car il n'avait sûrement pas voulu d'Elena chez lui.. Alors pourquoi était-elle ici? et pourquoi gardait-il une robe dans ses affaires?! Tout cela était insensé. Bon, elle était certaine que ce n'était pas à lui, mais il devait avoir déjà invité une femme.. Et pourtant, il avait l'air non-habitué à celle-ci. Avait-elle fait quelque chose de déplacé? D'inusité? De méchant? De malpoli? L'avait-elle offensé? Si oui, elle s'en excusait... Mais elle ne s'en était malheureusement pas rendue compte.


    - Ehh.. Vous n'allez pas vraiment effacer ma mémoire, si? Un petit rire passa la barrière de ses lèvres tandis qu'elle voyait l'air sérieux qu'Atålan affichait. Attendez. Mais je ne dirai rien. Je vous le jure. Je vous en prie, laissez moi m'habiller et partir.. Ça ne vous compliqueras pas la tâche. Et puis on ne se reverra plus, c'est promis.

    La jeune femme ne trouvait rien à dire de plus. Quoi dire pour qu'il change d'avis? Il y avait sûrement quelque chose à faire.. Il devait changer d'avis à tout prix. Elena ne voulait pas passer le reste de sa vie à se demander pourquoi ces deux incises dans son cou étaient là. Tout cela n'était vraiment pas drôle. Pourtant, la jeune femme refusait de croire qu'il allait vraiment le faire. Mais elle négocierait. Elle lui donnerait n'importe quoi pour ne pas qu'il lui fasse oublier. Si elle détestait bien quelque chose à part une salle en désordre c'était bien d'oublier des trucs.

    - Écoutez, j'ai de l'argent. Beaucoup d'argent. Je peux vous aviser un chèque ou je peux vous donner ce que vous voulez. Si vous voulez mon sang.. On peut s'arranger quelque chose, tant que vous ne m'enlevez pas la mémoire ou la vie.

    Elle était prête à tout, pour la première fois de sa petite existence insignifiante. Elle en avait même oublié d'aller s'habiller. Mais ce n'était pas si grave pour l'instant, car elle négociait. Elena était sûre que, contre son sang, il accepterait. Il fallait qu'il accepte.
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Jeu 22 Juil - 8:39

Elle parle. Elle n'arrête pas de parler et ça va me rendre fou. Pourquoi les femmes ne peuvent rien faire d'autre que parler, expliquer, décortiquer, poser des questions ? Elle me pose des questions dont elle n'attend même pas les réponses, elle rebondit sur ses propres remarques sans attendre mes réactions et ça va dans tous les sens. "Vous avez une salle de bains ?" Pas le temps de répondre – et pourtant, je suis du genre rapide dans mon genre puisque je suis un vampire – mademoiselle, veut déjà que je lui agrafe sa robe... "et le thé, c'est non-merci. Ma mémoire ? Pourrions-nous négocier ?" AAAAAAAAAAAAAAARRRG !! Est-ce les femmes en général qui sont comme ça ou les sorcières sont-elles pires que les autres ?

Mes sourcils se froncent doucement mais le reste de mon visage reste immobile. Pour quoi me prend-elle ? Pour un être cupide ? De l'argent. A-t-elle seulement regardé autour d'elle ? Trouve-t-elle que je manque d'argent ? Elle m'insulte. Et si seulement elle avait vu le sous-sol ! Je peux m'acheter l'Angleterre avec toutes les œuvres que j'ai collectionné jusqu'à aujourd'hui !
Ou alors, elle me prend pour un imbécile ? Est-ce que j'ai l'air d'avoir envie de boire du sang de sorcière au risque de finir la tête tranchée par les aurors du ministère de la magie et autres chasseurs de vampires ? Peut-être qu'elle est si certaine que la tentation de son sang sera si grande pour moi que je serais incapable de me retenir et que je foncerai tête baissée dans son marché idiot. C'est donc sous-estimer ma ténacité et je déteste ça. Je ne suis pas un vampire nouveau-né. Je sais me retenir.

Assurément, l'optique d'avoir une jeune sorcière comme distributeur gratuit dans un coin de mon appartement pour les cinquante années à venir est une idée séduisante mais je préfère vivre plusieurs siècles de plus plutôt que me satisfaire d'un plaisir éphémère qui risque de précipiter ma perte. Sa proposition est un attrape-nigaud. Mais qu'est-ce qu'elle a dans la tête ? Elle me rend dingue. A moins qu'elle méconnaisse les lois de son propre peuple... Tout le monde, et surtout les sorciers, sait très bien que les vampires n'ont pas le droit de boire du sang de sorciers et encore moins de les transformer.

« On ne dit rien sur le meurtre... je me demande si finalement je ne la tuerais pas pour lui faire fermer son clapet une bonne fois pour toute.

Je ne peux empêcher mes yeux de tomber dans l'échancrure que fait la couverture qu'elle tient sur serrée sur sa poitrine. La tuer. Ca serait du gâchis. Mes prunelles remontent d'un coup sur son visage. Je suis excédé. Je penche mon buste vers elle pour la regarder droit dans les yeux:

- Je ne négocie pas avec une sorcière, lui ai-je murmuré les mains dans mes poches, en retenant mes récriminations, avant de me retourner pour aller mettre ma veste. Je voudrais qu'elle comprenne que je n'ai pas que ça à faire. Je suis sur le point de partir et sa proposition ne m'intéresse pas. Je tiens trop à ma vie pour tout risquer pour un peu de sang sorcier.

Je lui désigne une petite porte qui se trouve sous l'escalier menant à l'étage en mezzanine. C'est un bureau rempli de livres que je n'ai pas encore triés. J'aimerais aménager la pièce en bibliothèque. Pour le moment, à part un fauteuil, des étagères vides et des cartons, il n'y a rien. Et surtout, il n'y a pas de fenêtre. Pas d'autre issue que celle qui mène au salon. Cela fera l'affaire pour qu'elle se change:

- Changez-vous là-dedans. Une fois que cela sera fait, continue-je aussi sereinement que je le peux, je vous attacherai... votre robe, je ne vous offrirai pas de thé et nous passerons à l'effacement de votre mémoire. Croyez-moi, ça vaut mieux. C'est la mémoire ou la tombe. Vous choisissez. Je n'ai pas le temps de discuter, je dois aller travailler et vous m'avez fait perdre assez de temps comme ça. Les cicatrices s'en iront dans quelques jours et vous trouverez votre vie, sans moi dans vos souvenirs, très agréable. Quant à moi, je donnerais n'importe quoi pour oublier que je vous ai prise pour une humaine ordinaire. Alors, faites-moi plaisir, oubliez pour deux. Allez, oust, allez vous changer.

Je lui tourne le dos. Je ne veux plus en parler.

« C'est horrible. Sa proposition me hante. Pourquoi a-t-elle parlé ?
« Du sang de sorcière quand je veux... pour toujours...
« Non, c'est idiot, ça sera ma perte.
« Mais... je pourrais accepter et l'hypnotiser plus tard...
« Trop risqué. Laisse-la aller se changer et débarrasse-t-en maintenant ! Rien ne vaut la sécurité, Harding ! Laisse tomber cette tentatrice.


C'est horrible. Faites qu'elle ne parle plus.
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Elena Rosefield
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Sam 7 Aoû - 14:50

    Il n'y avait rien à dire, rien à déclarer de plus. Tout ne pouvait se passer comme on le désirait, n'est-ce pas? Elena était toujours debout, face à Atalan qui était toujours aussi... Mort qu'avant. Aucun mouvement, aucune parole. La sorcière ne quittait pas ses yeux, comme hypnotisée par leur couleur. C'était tout simplement magnifique. Mais que pouvait-elle faire de plus pour aider à faire avancer les choses? Attendez; Y avait-il au moins quelque chose qu'elle pouvait faire pour retourner les évènements en sa faveur? À ce que la sorcière pouvait voir, il n'y avait aucune issue très près de l'endroit où elle était. Seulement, il fallait qu'elle se change et elle était certaine que le vampire ne l'installerait pas dans une pièce remplie de fenêtres ou de portes. Quel dingue serait-il pour la laisser là-dedans? Après tout, son dernier espoir maintenant était les mots.. Ou le sang.

    Bien sûr, Elena savait qu'elle n'avait pas le droit de faire ça. Mais qui n'a jamais enfreint les règles au moins une fois? Qui n'a jamais fais de compromis pour ses valeurs, ses principes? Pour ne pas oublier. Pour vivre sans questions qui n'ont pas de réponses. Peut-être même par égocentrisme. Peu importe la raison pour laquelle on le fait, de nôtre point de vue, elle est toujours valable. Un froncement de sourcil. Aucun mouvement. Atalan avait l'air irrité. Était-ce ce qu'elle avait dit ou simplement le fait qu'elle parlait qui l'incommodait? Toujours yeux dans les yeux, les deux jeunes gens ne bronchaient pas. Il n'y avait aucun geste, aucune parole. Le silence s'était installé depuis peu, mais ils savaient tout les deux que les mots n'étaient point nécessaires en cet instant. Si Elena parlait, il pétait un câble. Si, au contraire, c'était lui qui parlait, Elena perdrait son calme.

    Pourtant, la jeune sorcière attendait toujours les réponses à ses questions. Mais allait-il ouvrir la bouche et briser ce moment? Atalan semblait lui aussi chercher quelque chose dans le regard de sa compagne momentanée, mais ses yeux finirent par se poser sur l'échancrure que faisait la couverture sur la poitrine de la jeune femme. C'était maintenant au tour de la sorcière de ne pas réagir, de ne rien faire du tout, de ne pas faire de son. Que pouvait-elle faire? De plus, il n'avait pas pris de temps à remonter de nouveau son regard dans celui d'Elena.

    Tout à coup, Atalan se pencha vers elle, lui murmurant qu'il ne négociait pas avec une sorcière avant qu'il se retourne pour aller enfiler sa veste. Bouche-bée, la jeune femme restait là à regarder le vampire. Il pointa une petite porte près d'eux, avant d'ouvrir la bouche et de lui dire qu'elle pouvait aller se changer là dedans et qu'une fois que cela sera fait, il l'aidera à attacher sa robe, ne lui offrirait pas de thé et passerait à l'effacement de sa mémoire. Elena savait que ce n'était pas le moment de répliquer, donc elle partit vers la petite pièce.. Qui s'avérait être pas si mal finalement. Des boîtes de cartons, un bureau.. Des livres. La jeune femme posa la robe sur le bureau, prenant son temps pour faire une petite visite de la pièce. Avec tous ces livres et ces étagères vides, il ne fallait pas un idiot pour deviner que cette pièce devait être emménagée en bibliothèque. Elena passa ses doigts sur plusieurs des couvertures des livres, regardant distraitement autre chose. Certes elle était une grande lectrice, mais la pièce la captivait en ce moment.

    Après avoir fait le tour, elle revint au point de départ, laissant tomber la couverture au sol avant d'aller chercher la robe. Elle l'enfila rapidement, puis se plaça dans le cadre de la porte, souriant au vampire pour lui faire signe de venir l'aider.


    - Alors, de quoi j'ai l'air? Demanda-t-elle, essayant de détendre un peu les choses.

    Elena attendit, croisant les bras et un infime sourire aux lèvres. Il ne lui retirerait pas la mémoire. Elle allait tout faire pour qu'il ne le fasse pas. Malgré sa crainte, la jeune sorcière était pleine de confiance. Elle savait qu'elle y arriverait. Peu importe ce qu'elle devait faire.
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Atålan Harding
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Dim 22 Aoû - 21:09

- D’une sorcière qui va se faire croquer.

Réponse courte et efficace. Je zippe d’un coup brutal le dos de sa robe puis je la retourne face à moi. Le tour sur elle-même termine sa révolution entre mes bras où je l’emprisonne. Mon nez hume la délicatesse de l’exquis nectar auquel je n’ai pas le droit.

Tout le temps qu’a duré le changement de vêtement, je me suis tenu à l’écart de la porte de la bibliothèque. J’étais aussi impatient qu’un enfant qui attend la fin de l’école. Je voulais clairement que cette situation touche à sa fin et que la sorcière disparaisse de ma vie. J’ai fait une grosse connerie et j’étais prêt à la réparer de la seule manière que je connaissais. Ce n’était pas simple. Sa proposition me hantait de même que l’afflux de son sang dans mes entrailles. Il coulait en moi. Je m’en étais empiffré. Je devais me résoudre à dire non au met le plus délicieux que j’avais jamais goûté depuis que la loi sur la nutrition des vampires était passée. Non, à un plaisir qui m’avait consumé et qui fouillait mes limites du raisonnable à la recherche d’une brèche où s’infiltrer pour m’attaquer de l’intérieur. Nous avons beau être plus solides qu’un roc, nous sommes régis par des appétits qui font plier notre ténacité comme une tige de blé au vent. Comment résister ?

Elle est revenue avec son sourire ensoleillé et je ne suis pas dupe deux secondes des problèmes qu’il va me causer. Il va moudre encore un peu plus ma
résistance, tuer le petit ange qui se bat bec et ongles pour faire taire le petit diable, me rappeler les aurores que je ne vois plus, me donner envie de parfums oubliés, attirer ma bouche contre cette peau sous laquelle bat le sang de la vie... et mon nez dans son cou ce n’est déjà plus assez.

Je relève ses cheveux au-dessus de sa nuque par libérer encore un peu plus le parfum si humain qu’ils dégagent. Je ne croque pas. Je voulais seulement lui faire peur. Me faire peur, aussi. Mais je serre fort. J’ai envie de la briser pour la punir, et de la caresser et de la boire et de la chérir. C’est insupportable.

Je finis par la repousser vivement.
Je recule à toute vitesse et me dirige vers la porte du loft. C’est décidé. Je ne peux pas.

- Ca me défait le cœur... aller. On y va. Je vous escorte jusqu'à chez vous et une fois là-bas...

Pas la peine de terminer ma phrase. Elle sait la conclure. Une fois là-bas, je lui enlèverai la mémoire. Je ne peux me duper une fois encore. Ce que je fais est stupide. Je repousse délibérément le moment où je devrais lui retirer la mémoire pour profiter encore un peu d’elle, de son odeur et de sa présence. Je la déteste pour tout ça. Pour me rendre servile d’une façon aussi abjecte... aussi simple, en étant juste elle: humaine et sorcière.

- En chemin, vous prendrez garde de ne pas utiliser la magie sinon je me sentirai forcé d’arracher le bras qui aura manipulé la baguette. De si jolis bras...

Je l’attends à la porte qui reste ouverte et je lui présente la sortie et lui tend sa baguette... je ne sais pas si elle avait deviné que c'était moi qui l'avais mais par élimination, la devinette était aisée. Je lui souris avec obligeance. Quand on dit quelque chose de cruel, il faut toujours sourire sinon l’on ne fait pas assez peur.


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Elena Rosefield
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Mar 24 Aoû - 2:13

    Que faire pour se sortir du pétrin? Il n'y avait aucune issue apparente dans ce loft. Elena repassait en boucles quelques plans dans sa tête, mais ni l'un ni l'autre n'avait l'air d'être au point ou simplement efficace. La sorcière gardait toujours ce sourire radieux sur son visage, ne laissant pas paraître une seconde ce à quoi elle pensait. Elle gagnerait, peu importe ce qu'il lui en coûterait. Son sourire s'effaçait peu à peu et c'est là que le vampire répondit. En un temps trois mouvements, ce dernier avait déjà zippé la robe. Elle fit un tour sur elle-même et atterrit dans les bras d'Atalan, incapable de s'en défaire peu importe la force ou l'effort qu'elle y mettait. "Et puis merde, il prend sans mon autorisation maintenant" se dit-elle subitement, gardant les yeux grands ouverts pour être consciente de tout ce qu'il se passait. Un peu de sarcasme pour remédier à son impuissance face au vampire l'aidait un peu à garder le moral haut. En fait, ce n'était pas le moment d'avoir le moral bien haut. Mais elle avait un plan, et c'était tout ce qui l'importait en ce moment.

    Ele n'osait plus bouger. Le nez du vampire était dans son cou,il remontait doucement ses cheveux au dessus de sa nuque, inspirant l'odeur qu'ils dégageaient. Mais il ne faisait rien. On pouvait entendre le coeur d'Elena battre. Tout simplement. Toujours les yeux grands ouverts, la jeune sorcière prit une grande inspiration pour calmer son pouls qui ne cessait de s'empirer à chaque seconde qui filait entre ses doigts. Ces secondes semblaient devenir une éternité, bien que sa patience soit inépuisable. Il la serrait si fort.. Mais que lui voulait-il au juste? Tout cela n'avait plus de sens... mais plus il continuait, plus il s'enfonçait dans son propre jeu. Elena réprima un sourire, gardant cet air quelque peu affolé. S,il refusait d'accepter sa proposition, alors elle allait le forcer à accepter. Il n'aurait aucun autre choix que de dire oui. C'est en une fraction de seconde que le vampire repoussa la sorcière vivement, et qu'elle recula quelque peu. après avoir expiré un bon moment, Elena remonta son regard sur Atalan qui s'était déjà dirigé vers la porte du loft. Il avait fait son choix, mais Elena n'avait pas fait le sien. Il lui restait encore quelques cartes à jouer.

    C'était son tour de diriger le bal, cette fois-ci. Dans la pièce emménagée en bibliothèque, la jeune femme avait trouvé quelque chose. Un petit truc qui pouvait lui être utile à tout moment. En fait, il ne lui servirait pas maintenant. Elle devait jouer le jeu qu'elle s'était tant pratiquée à retourner dans sa tête, à déceler toutes les parcelles et les failles possibles grâce à ce si petit instrument. Étant habituée à vivre une vie partiellement humaine, Elena n'était plus habituée à de telles situations. Elle laissa place à l'étonnement sur son visage, puis écouta Atalan distraitement. Ses pensées étaient aux bons endroits et ses idées, aussi claires et limpides que l'eau. Pourtant, elle laissait place à la confusion, la désorientation et la peur sur son joli visage.

    Elena s'avança sans broncher, puis s'arrêta lorsque le vampire mentionna: la baguette. Ses yeux se firent menaçant, puis elle avança d'un pas rapide vers Atalan. Elena n'écoutait plus un seul mot du reste de sa phrase, elle ne voulait que sa baguette. Atalan la sortit, puis la jeune femme mit ses doigts dessus, les serrant délicatement pour reprendre la baguette. Une fois cela fait, elle sortit du loft puis posa sa main sur la bretelle de la robe puis serra son poing fortement. Seul Atalan aurait pu entendre le bruit de quelques gouttes s'échouer sur le sol, ainsi que le scintillement que seul un bout de verre pouvait créer. elena ouvrit sa main, avançant de quelques pas vers le vampire en lui collant presque la main au visage. Une expression de dégoût au visage, la jeune femme cessait d'avancer, la baguette bien serrée dans l'autre main.


    -Oseras-tu me dire que tu n'as pas envie, maintenant? Ai-je besoin d'en ajouter un peu plus pour te tenter..?

    S'il n'était pas au pieds du mur, Elena n'hésiterait pas à en ajouter peu à peu. Il allait céder, et c'était tout ce qu'elle voulait. toute personne ou créature à son point faible. Il suffisait simplement de le trouver et de s'amuser un peu, non? Tout pour atteindre son but.. C'est ce qu'on peut déceler en voyant la scène à cet instant précis. Elena n'abandonnait jamais, avait toujours le dernier mot et ne laissait personne lui piler sur les pieds. S'il ne l'avait pas appris, alors maintenant il faisait partie d'une de ces personnes qui avaient connu ses foudres. Ou les martyrs de son orgueil surdimensionné. Peu importe ce qu'elle veut, elle l'obtient.
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Atålan Harding
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Jeu 9 Sep - 9:35

Jusqu’ici, je n’avais pas compris à quel point la sorcière tenait à sa mémoire. Pour prendre un tel risque, elle devait y accorder plus de valeur que je ne pensais et ce pour une raison que je n’identifie toujours pas.

L’orgueil, sans doute. L’inconcevabilité qu’une personne porte atteinte à l’intégrité de son cerveau.

Parce que les souvenirs en tant que tels de cette soirée n’avaient à ses yeux aucune valeur. Elle ne voulait quand même pas se souvenir du vampire qui lui avait sucé le sang pour l’odieux plaisir d’alimenter ses cauchemars des prochaines nuits ? A part se souvenir de ce soir pour pouvoir mieux me dénoncer, je ne vois aucune raison pour laquelle elle souhaite s’accrocher à cette parenthèse inintéressante de sa vie. Bien qu’une rencontre avec moi, je l’avoue, aucune femme n’aurait envie de l’effacer... Je déconne. Je suis imbu de moi-même, certes, mais pas totalement stupide. Le comportement de cette sorcière est inexplicable. Illogique.

Pourquoi veut-elle se souvenir de ce soir au risque de se faire saigner devant moi ?

Elle se tient devant moi, le doigt estropié brandit face à mon visage comme une arme ultime... qui n’a malheureusement aucun effet. En tout cas, pas plus d’effet que si son sang était resté à l’intérieur d’elle. Elle empeste l’humanité et ce parfum délicat que j’ai tout entier envie d’aspirer sans avoir à faire un tel geste. Elle me prend pour un nouveau né, ce n’est pas possible.

Je suis déconcerté. Je la regarde un assez long moment sans bouger du pas de la porte. La créature si vulnérable finit par m’arracher un sourire. Cette situation est si grotesque et si romanesque. Elle doit me confondre avec ses vampires de conte de fée. Un quelconque Lestat de bas étage.

Elle m’énerve. Et quelque part ce geste stupide me touche.
Cette stupide, cette naïveté humaine est touchante.

Je me décide à lui attraper le poignet avec vigueur. J’amène sa plaie à ma bouche pour lui faire un peu peur, et plaisir aussi... pour qu’elle pense que ce piège candide a fonctionné.

Je tire sur son bras pour qu’elle s’approche de force et je lèche le sang. Aucune loi contre ça. Je ne me sens pas en faute. La salive, c’est bien connu, aseptise les plaies. Je suis pressé qu’elle voie ce que la salive d’un vampire peu réaliser sur sa peau. J’aspire un peu du sang par gourmandise. Au bout de quelques secondes, je ne sens plus rien sur ma langue. Sa plaie s’est refermée. La salive des vampires cautérise les plaies de même que leur sang peut guérir un humain s’il en boit.

Je lui rends sa main avec un sourire de satisfaction.

- C’est guéri, lui dis-je pour me moquer d’elle. Plus de bobo.

Puis je ne bouge plus. Je la dévisage des pieds à la tête. Mes yeux se fixent à sa baguette.
Elle est si déterminée que la lui avoir rendu est peut-être une erreur de ma part. Je voudrais la lui reprendre tout de suite mais ça serait avouer que je me méfie d’elle.

Je dois faire des concessions
, me dis-je.

Je referme la porte derrière moi pour qu’elle comprenne que la ramener chez elle n’est plus à l’ordre du jour... en tout cas pas pour l’instant. Je retire ma veste afin de souligner encore plus cette décision et à l’instant où je retourne vers elle, je ne sais toujours pas ce que je vais faire d’elle. Je me laisse aller, sans réfléchir. Je pense que je parais moins menaçant mais mon silence doit l’incommoder.

Comme à une poupée, je lui retire le gilet de Björn et vais le pendre à la patère tout en gardant sa main dans la mienne et en la promenant à travers le loft comme un zombie. Après trois minutes sans parler et quand je n’ai plus de mouvements à effectuer pour gagner du temps et réfléchir à ce que je vais faire d’elle, je la soulève dans mes bras et je plonge mes yeux dans les siens. Je m’applique à user de l’aura sensationnelle que les vampires utilisent pour hypnotiser leur proie et les rendre aussi docile qu’un mouton... je lui laisse juste assez de libre arbitre pour qu’elle comprenne ce qu’il se passe.

En un clignement d’œil, nous nous retrouvons au sous-sol, dans ma chambre sans fenêtre. Je la dépose sur le lit sans sensualité mais avec assez de précaution pour ne pas lui briser les cervicales. Une fraction de secondes plus loin, je suis sur elle. Toujours sous mon emprise, je la manipule comme un jouet fragile. C’est une main qui remonte le long de sa cuisse et qui relève la robe avant d’aller s’aventurer sur ses côtes et de longer son sein pour arriver doucement à sa gorge.

J’approche ma bouche de la sienne, respire son haleine, je frôle sa joue de la mienne et inspire un peu du parfum sanguin qui bat contre sa jugulaire.

Après avoir exploré plus que je ne devrais mais sans avoir jamais brisé aucun tabou, je me relève et la laisse sur le lit. Le lien d’hypnose est rompu. Je lui rends toute sa vigueur et sa détermination. Je voudrais qu’elle comprenne qu’ici, elle n’est rien qu’un jouet pour moi. Ici, puisqu’elle ne semble pas pressée de rentrer chez elle, chaque seconde peut faire d’elle un Pinocchio attaché à mes filets. Je pourrais faire ce que je veux d’elle... alors qu’elle cesse ses petits détours ou autre acte grandiloquent comme s’entailler les veines.

Où elle finira sans robe.

Dans ma main, entre temps, j’ai repris la baguette.

Je la dévisage une nouvelle fois avant de parler:

- Vous devriez craindre autant pour votre vertu que pour l’intégrité de votre mémoire.

Je m’assois en face d’elle, au bord du lit.

- Pourquoi tenez-vous autant à vous souvenir de ce soir ? Je n’aurais rien effacé d’autre que ce qui s’est passé cette nuit.

J’ai une idée qui vise plus à la taquiner qu’autre chose. Je fais mine d’avoir trouvé ses motivations:

- Ah ! Je sais ! Vous êtes masochiste. Vous avez envie de devenir l’esclave avouée d’un vampire sadique... c’est ça ? Parce qu’autrement, dis-je plus sérieusement
, je ne comprends pas que vous refusiez le cadeau que je vous fais. Je pourrais vous tuer...

Je regarde sa poitrine et ses jambes découvertes avec apesanteur:

- Ou profiter de vous avec une facilité démente...
Qu’est-ce que vous faites encore ici ? Vous n’avez pas d’amis ? Pas de famille ? C’est quoi votre problème ? Vous avez envie que je vous vide de votre sang ? Je ne le ferai pas.


Je lui désigne la porte de ma chambre:

- Répondez-moi... et sortez d'ici. Je ne veux plus vous voir. Partez, rentez chez vous avec votre mémoire et votre folie. Si vous me trahissez je saurai quoi faire de vous. Mais je vous jure que si vous restez une minute de plus ici, je bois, je prends ce qu'il y a à prendre - elle aura compris que je parle de sa vertu - et je tue.
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Mar 14 Sep - 20:00

Spoiler:
 

    Je ne savais plus quoi faire. À ce moment précis, j'étais vidée de toute idée pouvant me sortir de cette situation grotesque dans laquelle je m'étais consciemment mis les pieds. Je ne voulais rien oublier. Chaque humain a droit à sa mémoire, il a droit de garder en mémoire chaque moment de sa vie. Alors pourquoi viendrait-il m'enlever ce moment si précieux de mes pensées? Non, je n'y tenais pas autant. Je voulais tout simplement garder chaque partie de ma vie intacte et claire à mes yeux. Ne pas me réveiler le lendemain et me demander ce que j'ai fait de ma soirée d'hier, ou qu'est-ce qu'il m'était arrivé. Il y avait rien de plus insultant que cette situation. Ça m'était arrivé un peu trop de fois auparavant. Qu'on me cache ce qui n'est pas bien pour moi, j'en avais eu ma dose. Et maintenant, je voulais mettre un terme à tout cela. Mes choix m'avaient conduits jusqu'ici, et pourquoi devrais-je le regretter? Il n'y avait rien de pus lâche que de regretter les instants de sa vie et les choix que l'on a fait.

    Soudainement insultée par l'arrogance d'Atalan, je m'étais simplement arrêtée de respirer devant ce geste rapide et les paroles qu'il dit par la suite. Je laissai mon bras tomber le long de mon corps, comme figée sur place quelques secondes. Mon regard fixé sur un point invisible, prise par un sentiment d'angoisse d'une intensité incomparable. J'ignorais ce qui se trouvait autour de moi, me concentrant sur ce point quelques secondes de plus. Je n'avais pas été aussi froide et sans vie depuis un bon bout de temps. Ça faisait drôle de se sentir vidée de toutes émotions, de ne plus pouvoir entendre ce qu'il se passe à côté de nous, de ne plus voir les visages qui nous manquent tant. C'était ainsi à toutes les fois que des visions faisaient surface. Je pouvais les arrêter, ou choisir de laisser libre cours à ce mystère qui faisait partie de moi. Et c'est ce que je choisit: Je m'arrêtai. Je ne voulais pas en voir plus pour l'instant, je ne voulais plus avoir accès à ce neutre sentiment qui m'habitait.

    Un clignement suffit à ce que je reviennes sur Terre. Pendant ce temps, le vampire s'était permis de me retirer la veste et de me prendre la main, comme on fait à un enfant lorsqu'on ne veut pas le perdre dans un magasin. Je ne disais rien, ne m'y opposait pas non plus. Il me promenait dans le loft, sans but précis. Je regardais autour de moi, regardant pour la première fois l'endroit dans lequel je me trouvais. Tout était luxueux.. Les couleurs étaient en accord parfait avec le décor, et tout avait été placé dans un ordre logique. Tout semblait avoir été placé pour ne servir que de décoration. Mettait-il les pieds dans sa cuisine? Ou faisait-il simplement l'épicerie? Face à ces réflexions mais surtout aux sublimes articles neufs - ou non- de ce loft, j'avais un peu honte de mon appartement minable et de devoir faire l'épicerie.

    Un silence inconfortable s'était installé entre nous, mais j'ignorais totalement ce détail. Je voulais manger. J'avais faim. Une raison de plus pour m'enfuir à toute vitesse chez moi. Mais je n'abandonnais pas, et j'étais à cheval sur mes principes. J'ouvris la bouche pour laisser glisser quelques compliments sur sa splendide demeure, mais il me prit dans ses bras, puis en un clignement on se retrouvait déjà dans sa chambre. J'avais pris une grande inspiration et avais retenu mon souffle pendant ce trajet d'une fraction de seconde. Il me déposa brusquement sur le lit, sans me briser quelque chose. Gentil de sa part d'y avoir pensé. Je me sentais comme obligée de répondre sans brusquer, un peu comme la fois où il m'avait mordue. Même pas une seconde plus tard, il es sur moi. Je retiens toujours mon souffle, consciente de ce qu'il pourrait m'arriver. Je n'étais qu'un simple jouet pour lui.

    Je sentis sa main parcourir ma cuisse, relever la robe.. Passer sur ma côte et longer mon sein. Je fermai les yeux, déconnectée de toute réalité. Je ne savais plus ce qui me motivait à rester plus longtemps ici. Je me force à oublier cette fois-ci. À ignorer ce qu'il se passe, à ignorer ses caresses. Mon coeur battait la chamade. Aucune raison.. Il se leva d'u trait, et je reprit ma respiration d'un coup sec, assez bruyemment. Recroquevillée sur moi-même, le regard posé sur la draperie de son lit, je reprenais mon souffle. Il avait pris ma baguette, j'étais maintenant devenue une petite humaine sans défense. Atalan se mit à me poser des questions auxquelles je n'avais pas le temps de répondre. Il se mettait à rebondir sur ses propos, se contredisant à chaque menace. Il vint s'asseoir au bord du lit, en face de moi.


    - Je ne sais pas. Écoutez, laissez moi tranquille. Ma mémoire, je veux la garder. Ne pas oublier un seul moment. Me poser des questions à propos de la soirée que j'ai passé ne m'intéresse pas du tout.

    Un soupir s'échappe, je relève mon regard pour le poser sur Atalan. Jamais je n'avais été aussi vulnérable de ma vie.

    - Oui, c'est ça. Vous allez me tuer et profiter de moi! Vous vous contredisez! Il y a à peine quelques heures vous m'avez dit que vous ne me tuerai pas! Et là, vous me menacez de me tuer..

    Je me relève et baisse la robe au passage. Je m'avance vers Atalan, me posant devant lui. Sa question sur ma famille m'a totalement fâchée. En même pas une fraction de seconde, je le gifle en sachant qu'il n'a sûrement rien ressenti. En colère, je m'exclame:

    - Ne me posez pas de questions sur ma famille.. Ça ne vous regarde strictement pas!

    Les larmes aux yeux, je me retourne et part. Je referme la porte derrière moi, et laisse tomber mon dos contre la porte. Je glisse, assise au sol, esssayant de contenir mes larmes. Je restais là, tentant de reprendre mes esprits pour partir d'ici. Il m'avait laissé une chance, et je ne devais pas la laisser passer. Mais à cet instant, je n'avais pas la force de me relever et de partir.
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Atålan Harding
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Mar 14 Sep - 20:45

Sa gifle est une caresse mais j’ai obtenu ce que je voulais. Son départ.

Je reste assis sur le lit pendant un long moment. Je finis par m’allonger et fermer les yeux. Soudain l’odeur vient chatouiller mes narines. Elle s’est faufilée sous la porte, s’est élevée dans les airs comme n’importe quel autre parfum et s’est engouffrée dans mes narines. L’odeur de sel. L’exhalaison caractéristique des larmes. Pour moi, ce n’est rien que dioxygène, nutriments et lysozyme. Cette odeur me harcèle à chaque fois qu’une famille vient reconnaître un corps à l’institut médico-légal. L’humain, étreint par la douleur que la perte a incitée, me fond dans les bras. Lorsqu’Emma est dans les parages, elle me sauve de cette situation embarrassante en prenant à sa charge la famille de la victime. Elle sait que les effusions et les sentiments larmoyants m’incommodent. Ni les larmes, ni leur senteur ne sont les causes de mon malaise. Dans ces cas-là, il s’agit plutôt de la raison de leur sécrétion. Emma le sait. Elle sait que je suis un vampire et elle comprend ce que cela implique. Ma descendante ne m’a jamais demandé d’être autre chose que ce que je suis, quand bien même ne sait-elle même pas que je suis plus que le grand-père de son arrière grand-père.

Les émotions de la tristesse ou de la douleur ne me touchent pas. Elles m’embarrassent. J’ai oublié ce que la tristesse signifiait et j’aime mieux ma vie sans cette connaissance.

Mais qu’on aille larmoyer devant le pas de ma porte...


Qu’est-ce que c’est son problème ?!

Je l’ai libéré, je lui ai demandé de rentrer chez elle, c’est tout ce qu’elle voulait. J’ai accepté de la laisser partir avec sa mémoire non ponctionnée et l’humaine est encore dans mon appartement.

Elle veut mourir ou je n’y comprends plus rien.

Cette humaine est la poisse incarnée. Un sticker. Un pot de colle. Et pourquoi pleure-t-elle ? Je ne l’ai pas blessée, au contraire, je l’ai réparé. Je n’ai pas profité d’elle, je l’ai libéré.

Alors que fout-elle encore ici ?

Je me relève avec lassitude et marche jusqu’à la porte que je tire. Un instant j’ai cru que ma porte couinait mais ce n’était que son ventre. Il est vrai que le métabolisme de ces perfusions sur pattes a besoin d’un repas toutes les 4 heures environs. Quels sortent de goinfres sont-ce là ?

J’ai envie de lui dire qu’elle empeste et que ses larmes me donnent la nausée mais je me vois m’accroupir dans son dos puisqu’elle est toujours assise et lui murmurer avec lassitude et au milieu d’un soupir:

- Une sorte de simulation de la troisième guerre mondiale dans votre ventre... ? Je n’ai rien à manger ici... sauf vous, s’entend.

J’espère qu’elle appréciera le trait d’humour. Je me trouve très drôle quand je suis passablement exaspéré.

- Vous êtes l’être humain le plus collant et le plus incompréhensible qui m’ait été donné de rencontrer. Pour fêter ça, je vous commande à manger parce qu’il est hors de question que je cuisine, et vous fichez le camp.

Je sors mon téléphone portable pour passer un coup de fil à Emma, me relevant et enjambant la sorcière pour me diriger vers l’escalier qui remonte vers le salon.

- Allô ? Emma... Oui, je sais. En retard, bla bla bla... je ne viens pas cette nuit. J’ai un petit souci... non rien de grave...

Je me retourne pour admirer mon souci dans les yeux.

- C’est juste une fuite... c’est en train de maculer tout mon parquet... oui, c’est ça... à demain... non, non... pas la peine de passer... je te vois demain soir.

Je raccroche.

- Alors, ça mange quoi une sorcière ? Je ne suis pas certain que la livraison de tarte à la citrouille à domicile existe... il y a un filon à prendre. Néanmoins Pizza Hut et Allo sushi font du très bon travail à en croire leurs bénéfices annuels. Une pizza ?

Je n’arrive pas à croire que je suis en train d’inviter une humaine pot de colle et pleurnicheuse à manger une pizza dans mon loft sans me l’avoir envoyé au préalable. Pour souligner encore un peu plus l’ironie de la situation, moi aussi j’ai faim. Il est difficile de supporter un pot de Nutella ouvert devant les yeux sans avoir envie de plonger son index dedans. Ce n’est qu’une image. Pas des plus charmantes, je l’admets, mais comme je l’ai dit, je ne fauterai plus avec le sang de cette folle furieuse.

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Elena Rosefield
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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Mar 14 Sep - 23:48

    J'étais toujours assise, les yeux fermés pour me vider l'esprit. Je ne pouvais pas faire autre chose, bien malgré moi. Mes larmes avaient alors arrêté de couler. Je n'entendais plus aucun bruit de l'autre côté, signe qu'il n'avait peut-être pas bougé.. Ou qu'il s'était endormi. Peut-être pas. Enfin, comment je pouvais le savoir? J'osais pas remettre les pieds de ce côté là non plus. Après deux ou trois minutes, je ne sentis plus la porte contre mon dos. Cet appui était disparu. Mais je l'ignorais. Je préférais l'ignorer, en fait. Je sens une petite pression dans mon dos, et une voix s'élever. J'ouvris alors les yeux, souriant à l'humour qu'avait employé le vampire. J'avais envie de dire quelque chose, mais rien ne voulait sortir de ma bouche. C'était comme si tout était resté coincé à l'intérieur.

    Et si cet inconfort était dû aux moments passés?

    Je ne sais pas. Je ne sais plus quoi penser. Ce que je sais, c'est que j'ai faim et que je ferais mieux de déguerpir d'ici avant qu'il ne se fâche. Avant que j'ai eu l'opportunité de me lever, Atalan se remit à parler. Je le regardais quelques instant, hochant de la tête sans grand enthousiasme puis sourit. À cette réponse, le vampire partit en prenant son téléphone. Il se dirigea vers l'escalier, et je me levai d'un bond. Il lança un regard vers moi, puis je me rapprocha de lui. Toujours mon infime sourire au visage, j'affichait une mine intriguée à l'idée que le vampire devait mentir à mon propos. Pourquoi ferait-il cela? Après tout, je doutais que ce soit la première fois qu'il ait eu à inviter une femme ici.

    Ce que je voulais manger, maintenant. De la pizza ferait mon affaire. Je prit le téléphone puis commanda rapidement.


    - Tu sais, tu seras obligé d'en prendre une pointe... Je déteste manger seule.

    Petit sourire en coin sournois pour courronner le tout. Pour l'inciter un peu plus à accepter, je m'approche du vampire, prends les coins du collet de sa chemises puis fais glisser mes doigts sur la couture qui descend sur son torse. Je commence à déboutonner sa chemise, ne m'arrêtant seulement qu'au troisième.

    Je penche la tête sur le côté, reculant de quelques pas avant de me retourner et de m'avancer vers l'entrée. Un grand sourire vainqueur ornait maintenant mon visage. Je savais qu'à quelque part, j'avais gagné. Je voulais lui faire savoir que je n'avais pas envie d'être seule, et que je voulais à tout prix qu'il mange un morceau avec moi. Le livreur sonna. Je prends de l'argent, la lui donne puis part avec la commande.

    Je suis plutôt curieuse de savoir pourquoi il ne mange pas. La nourriture a pourtant du goût. J'ouvre la boîte de carton, puis remet une petite pointe de rien du tout dans les mains d'Atalan, et je commencais déjà à manger la mienne.


    - Allez, fais moi plaisir et mange un peu.

    Il avait plutôt l'air catatonique. Alors pour le faire bouger, je déposai ma pointe sur la table, puis retourna voir Atalan. Je me remis à déboutonner deux boutons de plus, mordillant ma lèvre inférieure. Il se dépècherait à manger, de cette façon. Mon but? De voir s'il allait manger si je le "contrôlait" un peu. Après mûre réflexion, je reboutonnai sa chemise, allant me rasseoir à la table, prenant ma pointe entre mes doigts avant de la finir. Je faisais une grosse connerie. J'avais déjà vu jusqu'où il pouvait aller, je ne tenais pas à en voir plus pour l'instant. Je ne voulais pas non plus qu'il se fâche contre moi.

    - Désolée. Dis-je tout simplement, regardant la boîte de carton sur la table. Je pris une nouvelle pointe, soupirant. Qu'allait-il dire?

    J'avais peur de l'avoir fâché. Qu'il se mette en colère et me réduise en un petit tas de cendres. Sur ce point, je ne doutais pas de ses capacités.

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MessageSujet: Re: Death Is The Road To Awe. [ Atalan]   Ven 17 Sep - 11:59

Je suis stupéfait. Je suis stupéfait dans le très mauvais sens du terme. Je suis stupéfait dans le très mauvais sens du terme par cette petite idiote. Je me rabâche la même question au moindre geste qu’elle esquisse :

« Est-elle cinglée ? »

D’autres en découlent et ont tendance à fuser avec violence aux quatre coins de mon cerveau. Ce qui augmente mon exaspération. Qu’est-ce que c’est son problème ? Est-ce qu’il y a écrit « vampire en libre service » sur mon front ? Qu’est-ce qu’elle a besoin de tripoter mon col de chemise ? Me suis-je ramolli au point qu’elle ne redoute plus ma présence ?

Quand elle s’est approchée de moi pour prendre le téléphone et qu’elle m’a attrapé par le col en jouant les allumeuses de dernière classe, je me suis raidi. Ce n’était que déplaisir. Est-il possible qu’une femme puisse tenter de séduire un homme avec autant de maladresse et d’inélégance ? Et, a fortiori, est-il possible qu’elle se sente si décontractée que l’envie subite de me jouer son petit numéro de charme l’accapare à ce point ? Je l’ai repoussé, impassible, pour la faire reculer de quelques pas en appuyant sur son plexus solaire. Elle souriait malgré tout. Elle avait cet air triomphant sur le visage et je me demandais bien de quoi elle se sentait fière. Je l’ai dépassé, montant l’escalier vers le salon et lui laissant passer la commande.

Elle se sentait soudainement chez elle et je n’aimais pas ça. L’attente de la livraison fut un supplice. Je sentais qu’elle me dévorait des yeux et je ne voyais en ces regards qu’un piège très mal mise en place et qui voulait ma perte. Elle tentait de m’amadouer, sans subtilité, pour une raison que je ne comprenais pas. Je la laissai assise dans un des canapés rouges disposés en carré au centre du loft et je faisais tout ce que je pouvais pour ne pas l’approcher. Nous n’avons pas échangé une parole pendant les 35 minutes d’attente. La porte a sonné. J’ai disparu de devant mon bureau où, pour passer le temps, j’avais entrepris de classer quelques dossiers. Je suis réapparu devant la porte d’entrée, j’ai saisi la pizza, jeté l’argent au livreur en lui claquant la porte au nez. La porte était déjà refermée quand je lui ai lancé qu’il pouvait garder la monnaie.

J’ai déposé la pizza à côté d’elle. Elle m’avait dit qu’elle n’aimait pas manger seule. Au mot, je n’en avais rien à foutre. La nourriture des humains n’avait aucun goût pour moi. Si elle pensait que j’allais m’intoxiquer pour ses beaux yeux, elle se trompait. Elle insista encore une fois pour que je goûte. Je pris le morceau, le humai puis le reposai dans la boîte.

- Non. Votre nourriture humaine n’a aucune saveur pour moi. La seule chose qui puisse me nourrir c’est votre sang.

Je me suis cependant assis à côté d’elle et je l’ai dévisagé. Je ne comprenais rien à cette humaine qui souffrait de nombreuses mutations de la personnalité. Peut-être devrais-je la présenter au centre de recherches psychanalytiques de l’hôpital. Nous tenions-là un sacré spécimen. Elle devait souffrir d’une névrose quelconque conjuguée à une sévère schizophrénie. N’eût-elle pas sentie si bon que je l’aurais balancé dans les bras du livreur un peu plus tôt pour qu’il la ramenât chez elle.

Je restai assis sans bouger. Je ne parvenais pas à détacher mes yeux de l’étrange spécimen humain. Je la regardai manger en inventant toute sorte de scénarios sanglants où je me débarrassais d’elle non sans avoir profité une dernière fois du sang qui coulait dans ses veines et qui me paraissait être la seule valeur réelle de cette sorcière.

Je n’étais pas encore au bout de mes peines. Je pensais qu’elle ne pouvait pas aller plus loin dans l’inconscience mais la jeune femme avait beaucoup de ressources. Elle se mit à s’approcher de moi. Je restai de glace et regardai ses mains déboutonner deux boutons de ma chemise. J’étais en hallucination complète. Le flux de questions m'assaillie une nouvelle fois : « Est-elle cinglée ? » « Qu’est-ce que c’est son problème ? » « Est-ce qu’il y a écrit « vampire en libre service » sur mon front ? » « Qu’est-ce qu’elle a besoin de tripoter mon col de chemise ? » « Me suis-je ramolli au point qu’elle ne redoute plus ma présence ? »

La folle s’accapara ma lèvre inférieure. Je ne bougeai toujours pas. Je la laissai faire pour la curiosité de savoir jusqu’où elle voulait aller. Peut-être essayait-elle à sa manière de se venger de ce que je lui avais fait en bas. Je la croyais de toute manière incapable d’aller au-delà de ce stupide baiser que je ne lui avais pas rendu. Et j’avais raison de croire ça. Elle s’arrêta d’elle-même, referma tous les boutons et s’excusa en retournant à sa pizza.

Il n’y avait pas de mot juste pour décrire l’addition salée de mon exaspération, de ma perplexité, de mon incrédulité et de mon agacement. Et malgré toutes ces sensations insupportables (parce qu’il me brûlait de la catapulter contre le mur et de lui aplatir le crâne contre le sol), je ne parvenais pas à oublier l’odeur exquise de son sang qui battait dans ses veines.

La seule pensée que m’inspirait son incroyable comportement était qu’elle était seule. Une solitude si pesante qu’elle se fourvoyait avec le premier vampire venu au risque de se faire bouffer toute crue. Seule et perdue au point que ses repères variaient au bien et au mal, la guidant sur des sentiers déraisonnables et dangereux. En dehors de la folie, je ne voyais aucune autre explication à ces changements de personnalité consécutifs.

Elle est effrontée, paumée, seule et inconsciente.
Elle m’est insignifiante, gauche, fascinante.

Je ne sais pas ce qu’elle veut. Je ne sais pas si elle pense se sortir indemne de cette histoire. Je ne sais pas combien de temps je vais résister. Parce que si elle continue à me chercher comme ça, elle finira par me trouver et je doute vraiment qu’elle souhaite me trouver. Je doute qu’elle comprenne à quel point, à cette heure, il n’y a pas d’endroit plus risqué pour elle.

Quant à ce que je ne sais pas... je ne sais pas si je veux tant que ça la faire voler à travers le loft pour lui écraser la tête contre mon étagère ou la boire jusqu’à la lie malgré la menace que cela représente pour moi. Je ne sais pas si son comportement me touche ou m’exaspère seulement.

Malheureusement pour elle, ces prorogations ne me tracassent que parce que dans le fond, ce que je cherche à obtenir est le beurre, l’argent du beurre et, bien entendu, le sang de la crémière. Je ne ressens aucun besoin profond de la comprendre, de compatir ou de m’appesantir sur son sort. Trop folle pour moi.

Il faudrait que je bouge autrement elle va penser que je me suis transformé en statue.

Je me tourne légèrement vers elle qui continue de manger sa part de pizza. Elle affirme une touche d’appréhension. Je crois qu’elle craint les représailles. La façon dont je vais prendre sa petite incartade sur ma bouche.

Je ne sais pas quoi lui dire. Je n’ai rien envie de lui dire.

- Tu t’y prends tellement mal.


Ah. Finalement, j’avais quelque chose à lui exprimer. Mon affirmation tombe comme un couperet. Je tranche sans vergogne.

- Je ne sais pas ce que tu cherches à obtenir de moi. Il est probable que tes motivations m’indiffèrent presque autant que ce qui va advenir de toi si tu continues à agir comme une petite écervelée.

Avec n’importe quel autre vampire, il est sûr et certain qu’elle serait en train de gésir dans le caniveau de la ruelle de Reece Mews et non pas attablée en face d’une pizza.

- Quoi qu’il en soit, quoi que tu cherches à faire, tu t’y prends mal. Aurais-je été un homme et non un vampire, ça n’aurait pas été mieux.

Je m’approche et lui retire des mains la part qu’elle était en train d’engloutir et je la pose dans la boite que je repousse sur la table basse.

- Le sexe fort n’admet pas qu’on se serve de lui comme d’une poupée qu’on habille et qu’on déshabille à souhait. Qu’aurais-tu fait ensuite ? Une mise en pli. Je crois rêver...

Cependant que je lui parle, d’une main pleine d’assurance, je caresse son épaule et finis la course de mes doigts sur son poignet que je saisis avec poigne. Je l’attire contre moi. Son cou... je ne peux m’empêcher d’inspirer l’effluve qui s’en dégage. La jugulaire bat des chants enivrants contre mes lèvres. J’ai de la peine à me retenir d’y planter canines et incisives.

- Pour le séduire, il faut de l'abandon et de l’élégance.

Je murmure le préliminaire en faisant glisser la fermeture éclair de sa robe jusqu’à sa chute de reins.

- Il faut du silence, du velours, de la féminité.


Si ce n’est pas ma main qui s’est faufilée entre le tissu de sa robe et son flanc chaud qui respire avec grand peine, ce sont mes lèvres, promeneuses, qui provoquent son frisson. Je sens son cœur battre et agiter mes sens à sa manière. Je ne le voulais pas mais... ça doit être à cause de la pizza, oui, c’est ça. C’est de la faute de cette honteuse pizza... je plante doucement mes crocs dans sa chair, dans la partie charnue qui amorce le dessin de sa poitrine. Près du pli de son bras qui rencontre l’épaule. La morsure diffuse un courant frais dans l’épiderme et anesthésie la douleur. Quand j’aspire le fluide délicat pour lequel je serai damné jusqu’à ma perte, je sens les tremblements du corps que je fends. C’est le moment que je préfère. Les premiers tremblements. Ceux qui précèdent la relâche totale du corps. L’humain se cambre, s’offre. Il ouvre une autoroute funeste au-dedans de lui, où je m’engouffre avec gourmandise. Du sang coule le long de son sein, le reste s’engage dans ma gorge. Je bois. Je fais doucement pour ne pas la briser. L’humain est si fragile. Je retire tout le tissu qui la vêt et qui me gêne. Pour ne pas la laisser en reste, je guide ses mains sur ma poitrine pour qu’elle ôte ma chemise que je trouve de trop dans cet instant où j’aimerais sentir toute sa peau contre la mienne. Je voudrais qu’elle transfert son parfum merveilleux sur ma peau, qu’elle imprime ses caresses sur moi pour étourdir encore plus mon cerveau et qu’elle me fasse oublier que je commets une faute qui me mènera tout droit à l’échafaud.

Je déteste ce que je suis en train de faire et c’est plus fort que moi. Je déteste cette humaine et je l’adore en même temps. Je retiens mes gestes pour ne pas lui faire mal.

Je suis le point de changer l’abscisse de la morsure parce que son ventre me chante les louanges d’un délicieux orgasme gastronomique lorsque la porte d’entrée s’ouvre. Björn. Il a un timing très discutable.

Je soupire en me redressant de la jeune proie à perte de sens. Elle est étendue en dessous de moi ; Ses jambes sont emmêlées autour de ma taille ; l’un de ses bras me retient par le cou, l’autre est ballant et sans force le long du canapé.

Je soupire en l’attirant dans mes bras, la faisant asseoir à califourchon sur moi et tirant sur ses épaules la couverture qui avait servi à courir sa nudité quand elle était inconsciente en début de soirée. Restons courtois en n’exposant pas la nudité de la demoiselle.

- Björn, dis-je irrité. Tu n’avais pas des courses à faire ?
- J’interromps quelque chose peut-être ? me nargue-t-il.

En vérité, il tombe bien. Je ne sais pas comment aurait fini cet épisode s’il n’était pas intervenu. Il me remet les pieds sur terre.

- Il faut qu’elle parte, dit-il.

Je suis bien d’accord avec lui. C’est ce que je me tue à dire depuis deux heures ! Mais dans l’état des choses, j’ai une femme nue assise sur moi, je ne peux pas la mettre dehors dans ces conditions là. Rhabillons-là, au mieux.

Je m’ébouriffe les cheveux en faisant mine de réfléchir mais ma réflexion est déjà toute trouvée.

- Oui, elle doit partir.
- Pas d’humain ici, rajoute mon nouveau né.
- Oui, pas d’humain ici.Je n'étais pas tout à fait convaincu. Le goût de son sang envahissait toujours mon palais et la frustration de ne pas avoir été jusqu'au bout de l'ébat n'arrangeait rien.

Je dévisage ma jeune compagne avec un sourire sardonique qui lui fait savoir qu’elle va très vite devoir partir. Je ne me porte pas caution de la situation dans laquelle elle s’est mise toute seule.

Pourtant... le sang a sa raison que la raison ignore.

- Si tu restes passer la nuit ici, dis-je à la sorcière, je ne pourrais pas te laisser partir avant demain soir.

Björn s’étouffe d’antipathie :

- Non ! Elle ne reste pas ! Elle doit partir Atalån ! Je ne dors pas avec une humaine dans l’appartement !

Björn devait avoir crainte que la sorcière profite de notre sommeil pour nous planter un pieu dans le cœur. Dès que l’aube se ferait sentir, le sommeil nous gagnerait. Il n’avait pas tord. De plus, je n’étais pas certain d’avoir envie de rompre avec mes habitudes. Je regarde la sorcière sous sa couverture et je finis par concéder à Björn :

- Jeune demoiselle schizophrène, je crois que je vais vous raccompagner jusqu’à votre logement une bonne fois pour toute.

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