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 L'éducation

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Solace
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MessageSujet: L'éducation   Dim 18 Avr 2010 - 17:25

Je le considérais comme un repas, un petit encas de l’aube dont personne n’aurait jamais rien su car j’aurais été prudente et qu’après l’avoir vidé de son sang, je l’aurais abandonné dans un buisson humide. La rosée aurait nettoyé sa peau souillée. Exsangue, il n’aurait pas survécu au froid et il serait mort. Les vers auraient conclu ce que j’avais entamé en engloutissant la viande de ce corps en cours de putréfaction. S’il avait été plus tenace que d’autres avant lui, peut-être se serait-il réveillé. Ca n’aurait pas été plus inquiétant. Cette éventualité n’est pas une menace. Il aurait repris des forces, se serait réveillé vers seize heures, étourdi et anémique, aurait crié qu’un vampire l’avait saigné. On aurait recherché ce vampire mais on ne l’aurait pas trouvé car je ne suis pas du genre à laisser des traces derrière moi. Je tue à la moindre anicroche. S’il avait généré trop de remue ménage, je serais retournée le voir dans la nuit suivante. Je n’oublie jamais le fumet d’un humain et je peux le traquer des semaines dans l’espoir de le retrouver pour terminer ce que j’ai commencé. Je serais apparue à sa fenêtre, menaçante, faisant planer au dessus de son lit qui aurait été sa barque mortuaire vers les rivages du Styx l’ombre funeste du charognard affamé. Je me serais jetée sur lui pour le saigner pour de bon. On n’aurait plus entendu parler de l’insignifiance de cet humain et j’aurais eu une moindre pitance et une bonne partie de chasse.

Mais rien ne se passa comme prévu et j’engrangeais l’une de mes plus grandes bévues au moment où je décidais de suivre cet humain dans les rues sombres de Londres. C’était le 11 mars 2012.

“Nice to meet you, Grant. My name is Solace.”
“Solace ? On se connaît ?”
“We could. Nous pourrions. Do you mind to walk with me for a while ?”

Je n’avais pas exactement le profil des filles que cet éphèbe parvenait d’ordinaire à ferrer et je fus raisonnablement flattée de constater son incrédulité. Il avait l'air un peu ailleurs mais j’enregistrai une hausse instantanée de son taux de phéromones et de son rythme cardiaque quand je m’en approchai pour lui laisser découvrir mon visage. Il devait me trouver à son goût mais la surprise d’être accosté par une « telle » femme le laissa interloqué. Nonobstant, je n’étais qu’une femme et une femme n’est pas dangereuse. On me passera l’expression mais je mourais de rire et tapais du talon Gucci sur sol chaque fois j’entendais les fables machistes des mortels de sexe masculin. Il accepta l’invitation et m’emmena marcher le long de la River Thames. Nous nous arrêtâmes dans un parc où je prétextai un mal de pieds à cause de mes talons pour l’inciter à s’asseoir sagement près de moi afin qu’il profite de mon désœuvrement mis en scène pour me voler un baiser. Ces bottes m’ont coûté chères parce que, exactement, je n’achète jamais d’ustensiles de mode qui seraient susceptible de blesser ou d’être mal portés. C’était une insulte à Gucci de me servir de ses bottes pour mon guet-apens mais tant que cela fonctionnait, tant que Gucci se montrait bon complice, je continuai de construire mes embuches en jouant sur les mêmes ressors.

Le jeune homme m’embrassa et je mordis sa langue à pleines dents. J’aspirai de lui tout ce que je pouvais. Il était aussi délicieux que son fumet me l’avait laissé présagé. Je ne m’attendais pas à un goût aussi parfait. Je me demandais d’où provenait cette arrière saveur enivrante. Je le compris quand je commençai à ressentir les premiers symptômes. Ma tête me tourna, j’eus quelques apparitions fantasques et délires éveillés, puis très vite son sang anima une assuétude aussi fanatique que toutes les drogues qu’il avait ingurgitées et que son corps contenait.

« Fichtre merde ! Un drogué ! »

Plus qu’un drogué ! Une pharmacie ambulante. Sous ma glotte, je décelai près de dix drogues distinctes plus ou moins nocives. Trois d’entre elles m’étaient précisément inconnues.

Pourquoi ne l’avais-je pas repéré ou senti avant ?
Il paraissait en bonne santé ! Je me suis laissé avoir comme une Blue !
Ces trois siècles ne m’ont donc servi à rien !

J’étais incapable de me concentrer sur l’instant limite où un vampire devait contenir sa gourmandise pour ne pas tuer sa proie. Je ne voulais pas créer une immondice de Nécrodite qui demeure aux yeux de tout vampire l’opprobre suprême. Moi, Solace, Lady de Murray, mère d’une Nécrodite ? Jamais au grand jamais. Mes pensées étaient obscurcies par l’influence de l’une des drogues que cet imbécile avait ingurgitées. J’avais déjà dégusté des drogués – jamais de tels drogués, j’en conviens – et je savais que l’effet de leur sang corrompu par les additifs s’effaçait de mon système plus ou moins rapidement selon la drogue. C’était d’ailleurs très amusant de vivre les délires éthyliques ou hallucinogènes des mortels. Mais cet humain avait exagéré les doses. Je me sentis insultée.

« J’ai attiré un drogué ? Il était sous influence quand il m’a suivi… La honte… »

Je parvins à m’en détacher après un lourd combat. Son sang était délicieux. Quel dommage que la particularité de cette hémoglobine résulte de produits peu glorieux ! Je propulsai son corps contre le tronc d’un arbre et fus agenouillé près de lui, sur le point de lui broyer tous les os du visage tant j’étais furieuse, lorsqu’il ouvrit ses yeux clairs.

« S’il te plaît, Solace, ou qui que tu sois… termine… tue-moi. Je ne veux plus vivre ma vie. Je vis un enfer.
- Oh, ça oui ! Tu vas crever, mon jeune ami… je vais t’arracher le cœur, le dépieuter et le jeter aux poissons. Un drogué ! Un drogué ? Combien de drogues tu as pris et comment tu tiens encore debout ?
- Je serais mort même si je n’avais pas croisé ta route… et je préfère mourir à cause d’un vampire ou de… quoi que tu sois…
- Un vampire, pas d’insulte, s’il te plaît.
- Vampire, sourit-il en fermant les yeux, sur le point de rendre son dernier souffle, mourir dans les bras de Solace la femme vampire aux bottes Gucci automne/hiver 2009. »

J’étais estomaquée et ce gamin n’obtint son salut que parce qu’il réussit étonnamment et précisément à dater de quelle collection était issues mes bottes fétiches. Au moment de l’extrême onction, qu’on citât Gucci, cela me séduisit. Que voulez-vous ? Je pestais parce que j’allais faire la plus grande des conneries de ces deux derniers siècles. Le siècle encore d’avant, je m’étais surpassé en erreurs et en écarts et je pensais avoir pris du galon ces deux cent dernières années… visiblement, pas encore assez.

« Attends, ne meurs pas, Grant… »

Il n’eut pas la force de me répondre et sombrait sous les flots de la rivière Styx. Je mordis précipitamment mon poignet à sang et fit couler dans sa gorge le liquide noirâtre de mon hémoglobine. Après quelques minutes, la réaction fut instantanée. Il se réveilla et s’agrippa à mon poignet, aspirant goulument mon sang comme une autre de ses drogues. Je dus lui mettre un coup de bottes à £2399 pour le repousser.

Depuis cette nuit, depuis un mois, je suis la mère vampire du plus indiscipliné et ingérable vampire nouveau né que je n’ai jamais vu !


10 mai 2012, Pologne, un village près de Varsovie où se tient depuis trois jours un grand rassemblement militant composé de tous les sorciers, les créatures considérées non-humaines et les humains de la Résistance. Le but du rassemblement est purement festif. Comme Sacha est dans les parages, je suis dans les parages aussi. Je le surveille, le protège, malgré les petits contre temps dont je fais les frais ces derniers jours. Sacha ne se pose pas de questions sur mes fréquentes absences. Je suis très souvent absente, même lorsque nous sommes en Angleterre. A Varsovie, il n'en va pas autrement, et comme il passe la soirée avec je ne sais qu'elle jeune femme d'un magazine People pour répondre à ses questions, j'en profite pour...

« Grant ! Lâche ce policier tout de suite ! Tu ne peux pas t’attaquer à tous les humains que tu croises ! Il faut te ressaisir… »

...pour essayer d'élever mon instable petit vampire qui me file entre les griffes dès que j'ai le dos tourné. L'emmener avec moi était un risque mais le laisser seul en Angleterre aurait été le début d'un génocide :
« Tu es une rabat-joie. On dirait que tu te fais du mouron pour eux. Une boîte de nuit, c’est mieux qu’une banque du sang ! » palabre-t-il en s’étirant avec joie, retirant sa chemise à carreaux souillée du sang de sa victime.

C'est le premier jour d'une période où nous ne savons quand le soleil se couchera enfin. La chaleur est moite et humide. Dans les 24 degrés. Ca ne justifie pas cependant qu'on se promène torse nu dans le village. Ce gamin m'exaspère à chacun de ses gestes.

Je fonce sur lui et lui flanque un coup de genou dans les côtes qui le propulse contre le mur du bâtiment qui se trouve derrière nous. Il retombe sur le ventre dans un bruit de roc qui heurte le sol. Une demi-seconde plus tard, je suis assise sur lui et mon avant-bras lui bloque la tête contre le pavé :

« Grant ! Parle-moi encore fois comme ça et je t’enfonce moi-même le pieu dans le cœur… Tu répètes après moi ou c’en est terminé des sorties avec moi : Règle numéro 1 - Je ne tue pas les humains sans la présence de Solace »
« Non je veux pas… »
« Répète ou c’est le pieu. »
« Tu ne préfères pas un bon pieu, toi et moi… »

Un coup de poing dans la tête. Son crâne s’ouvre et saigne. Il gémit en essayant de se passer la main sur le crâne mais je l‘en empêche avec mon autre main :

« Répète… »

De mauvaise grâce, il répète. Son crâne fissuré commence à se refermer :
« Règle numéro 1 : - Je ne tue pas les humains sans la présence de Solace »
« Règle numéro 2 : - Je n’attaque pas en plein jour sans la présence de Solace »
« Règle numéro 2 : - Je n’attaque pas en plein jour sans la présence de Solace »
« Règle numéro 3 : - J’obéis à Solace en toute circonstance »
« Règle numéro 3 : - J’obéis à Solace en toute circonstance, t’es chiante ! »
« Nouvelle règle : Je n’insulte pas Solace sinon je vais devoir trouver un nouveau cercueil dans une Forêt d’Etat. »
« C’est quoi cette règle ? »
« Je viens de l’inventer. Répète. »
« Je te respecte Solace… c’est juste très difficile de se retenir… Quand est-ce que je pourrais sortir seul ? »

Je le relâche. Nous nous relevons d’un coup.

« Quand je serai certaine que tu ne te feras pas couper la tête par le premier chasseur de vampires venu.
Tu as tué un flic ? » dis-je déconcertée en regardant la dépouille qui git à nos pieds.
« C’est pas de ma faute, il m’a cherché… »
« Si Amys ou la Résistance apprend que j’élève en secret un imbécile de vampire nouveau né… si je me fais attraper par le Minsitère de la magie, pauvre con, c’est ma tête qui y passe ! PAS DE MEURTRE SANS MOI ! »
« C’est promis. »

Soudain un petit bruit résonna dans la ruelle et nous aperçûmes une silhouette chétive qui se cachait dans l’ombre. Grant disparut en un instant. Il venait subitement de réapparaître près de la silhouette d’une petite jeune fille qui nous observait. Qu’avait-elle vu ? Encore un problème ! Cet ancien drogué est intenable ! Il ne m’apporte que des ennuis.

En quelques secondes je suis à côté de Grant qui tient sous lui une jeune blonde qui fleure, je l’avoue, un délicieux parfum. Une nouvelle fois, j’envoie Grant voler à travers la ruelle pour délivrer la jeune humaine et je me retourne vers mon apprenti tout en emprisonnant entre mes bras le corps fragile du témoin impromptu.

« Grant. Tu es puni, tu m'entends ? PUNI ! »

Il se rassoit dépité :
« Je n’allais pas lui faire du mal… elle nous a entendu, c’est tout, je ne voulais que… Bon d’accord… j’ai pas contrôlé.
On peut la tuer ? » me demande-t-il joyeux en se léchant les babines.

Je décide de l’ignorer sinon je vais faire un malheur. Je me relève avec notre otage dans les bras, que je tiens comme une enfant qu’on va porter au lit – ou comme une mariée qui va franchir la porte de son nid d’amour sauf qu’ici ce sont les portes de l’enfer auxquelles elle peut prétendre. La pression de mes mains sur son corps l’empêche de se dégager :

« Te rends-tu compte, petit humaine, que tu te trouves dans une situation compliquée… ? Que dois-je faire de toi ? »

Je me pose sincèrement la question. Que vais-je faire d’elle ?
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Allanah Raines
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MessageSujet: Re: L'éducation   Ven 23 Avr 2010 - 23:57

La foule compacte, loin d'être dérangeante, était de celle qui communiquait facilement à ses membres une frénésie de bonne humeur. Si Allanah n'avait pas été présente pour couvrir deux meurtres, surement se serait-elle laissée aller à participer au festival dans les rues du village. Mais elle avait des ordres, elle ne pouvait pas n'en faire qu'à sa tête... encore. La jeune fille espérait, qu'enfin, cette mission serait bien la dernière. Elle ne servait pas à grand chose, en l'instant, ni même jamais en réalité, quand elle ne risquait pas de tout faire rater quand elle ne se résignait pas à lancer le sortilège que l'on attendait qu'elle lance, en vain. Heureusement pour Allanah qu'elle n'était jamais mobilisée pour des missions importantes ou dangereuses, cela aurait été plus problématique pour sa survie au sein de l'Opposition.

L'Opposante fendit la foule pour retrouver le calme d'une ruelle vide, s'éloignant du même coup du gros des festivités. Elle avait mentalement imprimé l'itinéraire qu'elle devait emprunté pour rejoindre le Nain, son recruteur et référent de mission aujourd'hui. L'étudiante le soupçonnait même de la punir à sa manière, pour ne pas s'être donnée à fond la fois précédente. Assister à la mise à mort de deux personnes n'était pas une chose supportable pour Allanah et le Nain le savait, beaucoup trop sensible, il le lui répétait assez souvent. Il voulait la voir s'endurcir, mieux correspondre au standard chez les Opposants, qui n'avait rien à voir avec la réalité si son recruteur acceptait au moins une fois d'apprendre à connaître d'autres personnes que son cercle habituel. Aujourd'hui, il lui était revenu le rôle de traqueur rabattant ses proies jusqu'à elle, avec un homme et une femme inconnus d'Allanah jusqu'à ce jour.

Saurait-elle les reconnaître ? Ce n'était pas le plus important de ces problèmes pour le moment. Elle hésita une seconde à tourner les talons, une seconde de trop. Dans sa hâte, elle se cogna le pied contre une caisse qui trainait là, attirant l'ouïe ultra-développée du vampire. Sous la violence du choc, l'air fut expulsé de son poumons et elle se retrouva plaquée au sol avant d'avoir esquissé un geste. Dans quelle bouse le Nain l'avait-il encore fourré ?! Elle l'aurait maudit si elle avait eut encore assez de présence d'esprit pour le faire. Allanah n'en aurait pas plus eu le temps. Le poids du vampire fut éjecté en un seul coup et elle se retrouva emprisonnée cette fois dans les bras de la vampire.

Un long frisson parcourut le corps de l'adolescente, qui commençait à paniquer. Allanah n'écoutait que d'une oreille la vampire grondait le dénommé Grant comme une mère grondait son enfant. Son esprit se rebella un instant, elle n'était tout de même pas un jouet que l'on enlevait à un enfant capricieux qui venait de désobéir à sa génitrice. Puis les excuses, bien pathétiques, et la joie dans la voix de l'homme à l'idée de la tuer. Elle ne pouvait plus sainement réfléchir, l'instinct de survie pouvait vraiment amener n'importe qui à dire des choses qu'elle n'aurait jamais dites avant :


« Je... je ne dirais rien, s'il vous plaît... »

L'esprit de l'Arbre lui renvoya comme un écho le son de sa voix, tremblante, sans maitrise. Ce n'était pas des suppliques désespérées qui la sauverait, pensa-t-elle soudain. Une part d'elle continuait à lentement glisser vers l'hystérie pure (elle, contre deux vampires, seule, incapable de lancer un sort correctement, quand bien même elle le voudrait pour sauver sa vie !), mais l’autre, saine, réfléchissait déjà à la façon de se sortir de cette légère impasse.

Aurait-elle le temps d’utiliser la formule de transplanage instantanée pour retourner en ligne droite à l’abbaye ? Cette solution était tout de même compromise par la poigne de la Vampire qui l’empêchait de bouger et qui, de toute façon, n’accepterait surement pas qu’elle prenne gentiment sa baguette, le médaillon (objet passe-partout que l’on ne pourrait pas croire être un portoloin miniature) et lui file entre les doigts comme ça. Et si elle faisait cela, que se passerait-il pour son maudit recruteur et les fuyards ? Allanah pouvait difficilement stupéfixier quelqu’un sans l’avoir en face d’elle et le Nain irait tout aussi vite que ses deux vampires à la tuer si elle le laissait en plan dans un moment pareil. Et l’un dans l’autre… manquer se faire vider de son sang par deux dangereuses créatures était une excellente raison de faire valoir son point de vue et enfin être écartée des missions. Cela faisait bien des mois qu’elle tentait de convaincre son recruteur de parler pour elle. Il ne semblait pas se lasser de la mettre dans des situations impossibles et de la sauver de ses situations impossibles. Allait-il encore la sauver cette fois ? Le pourrait-il seulement ? Et plus important... quand ?

Mais comme il était pour le moment absent, Allanah devrait bien se débrouiller elle-même. Domptant sa peur instinctive de se trouver en présence de deux prédateurs naturels de l'Homme, l'Opposante refoula son bégaiement pour paraître moins idiote, bien qu'une telle attitude était assez paradoxale dans un moment pareil :


« Vous... vous êtes sorcière aussi ? Com... »

Allanah se mordit la langue juste avant de sortir une ânerie qu'elle aurait regretté par la suite. Des deux solutions qu'elle avait pour elle, soit mentir, soit dire la vérité, elle opta sans vraiment y réfléchir de se faire passer pour une inoffensive moldue. Et ce petit mensonge (elle se considérait, après tout, avant tout comme une moldue que comme une sorcière !) ne pouvait tenir longtemps si elle avouait, les yeux larmoyants, qu'elle connaissait au moins de nom un vampire possédant toujours sa baguette. Est-ce qu'une moldue était censée savoir qu'un vampire n'avait pas le droit à la baguette ? Surement que pour les moldus, un sorcier, un vampire, un centaure ou quoi que ce soit d'autre était à mettre dans le même sac et doué de magie.

Sa tactique donc : gagner du temps jusqu'à ce qu'elle ait une idée lumineuse, ou que le Nain débarque... ou qu'elle finisse en festin de vampires. Rien de bien joyeux, grimaça-t-elle, intérieurement.
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Solace
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MessageSujet: Re: L'éducation   Lun 26 Avr 2010 - 19:15

J'éprouve malgré moi un plaisir incommensurable quand un humain me supplie. Cela me donne envie de les embrasser et de leur faire la fête avant de les fendre en deux par le milieu pour déguster le fruit de leur vie comme un pauvre affamé à la soupe populaire. Mais je ne suis pas Grant. Je sais me maitriser. Pas de soupe ce soir. Je viens de faire la leçon à mon apprenti, ce n'est pas pour tout briser d'un coup de canines.

Pour compenser la perte de ce repas que je ne prendrai pas, je me penche vers la gamine pour respirer d'une façon presque érotique son cou qui m'attire quasiment autant que celui de mon Amiral.

Je lui murmure :
« J’aurais adoré te tuer mais tu ne perds rien pour attendre, Douceur. »
Allons bon. Je dois me concentrer, je ne peux pas me permettre de merder une nouvelle fois. Réfléchissons. L’enfant m’a demandé si « moi aussi j’étais une sorcière »… Moi aussi ? Aussi ? Dois-je en déduire qu’elle est une sorcière ? Je ne suis pas une sorcière ! Elle m’insulte. Je desserre mon emprise et la laisse tomber sur le sol. En deux secondes, je suis agenouillée au-dessus d’elle et je lui fais les poches.
« Beauté, dis-je en la fouillant, prenant soin de passer mes mains aux endroits où je puis me faire une idée du monceau de chair à côté duquel je suis en train de passer, si je trouve une baguette sur toi, ça sera à me faire regretter d’être éternelle. – Joli médaillon… »
Ministère de merde avec ses règles de merde. Ca me fait penser que je n’ai pas encore eu l’opportunité de vérifier si mon néophyte avait retenu ce que je lui ai expliqué au sujet des repas sorciers et non-sorciers et de cet aspect de la législation. Cela fait trois minutes que je ne l’ai pas entendu. Je m’inquiète. Je me retourne vers lui… il… il…
« Grant ! Fichtre merde ! Laisse ce flic ! ll est mort… tu ne vas pas jouer à la Nécrodite, non ? »
Je me tourne vers ma captive :
« Excuse-le, dis-je faussement aimable en plongeant mes grands yeux bleus dans les siens et mes mains dans ses poches, il est bête. Il y a des vampires stupides. Tu y crois, ça ?
Tiens ? Une baguette… »
Je mets la baguette dans mon corsage et relève la gamine en l’attrapant par l’épaule. Je ne la lâcherai pas d’une semelle.
« Grant… Douceur est une sorcière, lui dis-je en tournant la fille vers lui. Lâche ce flic, c’est la dernière fois que je me répète… Ce qui signifie qu’on ne peut pas boire son sang sinon c’est couic-la-tête. Tu te rappelles de ce que je t’ai enseigné sur les repas sorciers ? »
Grant me regarde avec un air ahuri avant de s’approcher de nous à une folle vitesse pour venir inspecter l’humaine. Il la dévisage et la renifle avec un air désolé :
« On s’en fout. Ca sent bon un sorcier ! Pour être puni, il faut se faire attraper… si on ne se fait pas attraper, on p… »
Je le coupe, il va dire une connerie :
« Nope. On ne s’en fout pas… Car on ne se fout pas de finir la tête à côté du corps, sombre idiot. Les sorciers ont tous des indicateurs à schmilblick, là… ils se retrouvent les uns les autres très facilement. »
Il opine et sourit à l’humaine. C’est bien la première fois que je le vois garder le contrôle devant un tas de sang. Je fronce mes sourcils en faisant reculer la jeune fille de peur qu’il ne soit en fait en train de me préparer un mauvais coup :
« Un problème, Grant ? »
« Elle est jolie… C’est dommage de ne pas pouvoir se régaler d’une sorcière. Je peux la garder ? »
« Certainement pas. Et tu vas la mettre où ? Dans ta poche ? »
« Tu es toute la journée en train de traîner autour de ton Amiral, je peux très bien m’occuper de la sorcière ! Ca me fera passer le temps ! »
« Oui l’Amiral, je le protège… je ne salive pas dessus. »
« Menteuse mais admettons… Dans le pire des cas, c’est moi qui risque ma tête. Ca te ferait une charge en moins et tu serais débarrassée de moi… mais je te promets de respecter les trois règles et de ne pas la bouffer. Je veux la garder pour m’entraîner. »
« La garder… ? – Il y a quatre règles, m’embobine pas. »
« La garder pour m’entraîner à ne pas craquer. Si je craque, tu es débarrassée de moi. Si je ne craque pas, tu as un vampire domestiqué qui peut t’accompagner à la chasse et que tu n’es plus obligée de surveiller. »
« Tu es un grand malade, Grant… Je préfère qu’on – bouche tes oreilles, Douceur – qu’on la tue et qu’on s’en débarrasse sans toucher à son sang… »
« Quel courage ! » ironise-t-il en reculant.
Il s’en va vers le policier, le prend et le soulève :
« Je vais cacher le corps. Réfléchis… je trouve que c’est une bonne idée. »
Grant disparait avec les restes de son repas, me laissant en tête à tête avec l’humaine devant laquelle nous parlions comme si elle était le dernier des clébards. Un animal dont la présence ne peut déranger. Je la regarde un instant en réfléchissant à l’idée de Grant. J’ai le sentiment que ça ne m’apportera que des problèmes mais il a su me convaincre :
« Douceur, tu sais que ton avis compte très peu dans cette histoire, toutefois je suis curieuse de savoir : tu préfères un peu de sursis à la portée de mon imbécile d’apprenti ou que je te tue tout de suite… je te promets de faire ça bien et vite. »
Je lui souris comme si c’était la proposition du siècle. L’un comme l’autre, il lui faudra une sacrée bonne étoile pour survivre à cette nuit. Je donne maximum une heure à Grant avant d’abattre ses crocs sur Douceur.
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MessageSujet: Re: L'éducation   Dim 9 Mai 2010 - 17:19

Un long frémissement, encore, la fit trembler, plus de dégoût que de peur cette fois, quand le nez de la vampire se tint trop près de son corps pour qu'elle se sente parfaitement en sécurité. Ce qu'elle lui dit n'arrangea en rien ce qu'elle ressentait, bien qu'une étincelle de rébellion s'alluma au fond de son regard. Le chute suivante fut douloureuse, mais pas autant que de se faire palper sans pudeur par les mains d'une prédatrice hors norme. Allanah se contraignit à ne pas bouger, par instinct, s'éloigner du danger que représenter la femme pour ce qu'elle possédait.

Coup sur coup, la vampire trouva son médaillon (ce qui n'était pas un bon début) et lui prit sa baguette (ce qui n'arrangeait en rien ses affaires), ce qui faisait disparaître pour une durée indéterminée toute chance de disparaître des lieux du drame. Allanah n'aurait jamais cru autant regretté sa baguette un jour, et pourtant, elle se sentait horriblement diminuée maintenant qu'elle se trouvait face à deux vampires, dont l'un ne savait, à priori, pas se contenir dès que du sang humain se trouvait à sa portée et sans défense. Non pas qu'elle pensa qu'elle aurait eu une chance quelconque face à Grant, même si elle avait eu sa fichue baguette. Mais sans, les chances étaient retombées dans le négatif le plus total, avec peu de certitude qu'elle remonte soudainement. L'Opposante avait même craint un instant que la vampire ne la dépèce vivante quand elle avait trouvé sa baguette sur elle, mais loin de la tuer, la découverte qu'elle était une sorcière sembla la ramener à de meilleurs sentiments à son égard, pour un temps du moins. Finalement, ce n'était pas si inutile que cela, d'être une sorcière.


« Chaque race comporte ses moutons noirs, les vampires n'échappent surement pas à la règle, » répondit-elle tout de même à la question la vampire, sans paraître se soucier de la perte de sa baguette, bien que le dégoût suscité par le vampire nouveau né ne quittait pas ses traits.

Pour ne pas faire de bêtise, Allanah avait préféré garder un œil sur Grant, le plus dangereux des deux, d'après elle, de par son manque de contrôle. Ce pouvait tout aussi bien être faux, mais la femme vampire lui paraissait la plus apte à la garder en vie, pour peu qu'elle s'y prenne bien. Et quand elle l'avait vu se repaître du sang du mort... elle avait sentie la nausée lui monter à la gorge. Ce n'était déjà pas simple de voir la mort à l'œuvre, surtout de cette manière, mais en plus être la spectatrice d'un tel manque de respect pour le corps de la malheureuse victime... c'était bien au dessus de ses forces et elle n'avait plus assez de maîtrise sur ce qu'elle ressentait pour le cacher. Après coup, la réflexion qu'elle avait faite lui paraissait osée, vu sa position de faiblesse, mais elle n'en pensait pas moins.

Allanah retrouva une position verticale en un clin d'œil et se retrouva mise en avant par la poigne de la vampire. Elle avait l'impression de n'être qu'un vulgaire bout de viande face à eux, entre l'inspection poussée de la femme, d'être sentie par l'autre. Mais elle se laissa faire, retrouvant une expression vide, proche de l'apathie. Elle avait assez reprit d'aplomb pour ne pas s'en offusquer, ne pas bouger, ne pas parler pour ne pas risquer de dire quelque chose de mal avisée.

Grossière erreur de leur part que de parler sans prendre garder à ce qu'ils disaient. Que le dénommé Grant soit un nouveau-né, peu encore habitué à se contrôler, à ne pas se laisser dicter sa conduite par sa faim, cela, Allanah le savait. Ce qu'elle ne savait pas encore, par contre, c'était que la vampire, elle, était Résistante. Ses yeux s'agrandirent sous le choc de cette nouvelle et elle espéra que sa réaction était passée inaperçue, trop occupés à discuter pour faire attention à ce qu'elle faisait. Amiral... si l'Opposante ne savait pas précisément à quoi ou qui correspondait cette dénomination, elle savait par contre très bien qu'elle désignait une personne de la Résistance, haut placée si celui ou celle-ci avait droit à la garde rapprochée (ou presque) d'une vampire. Elle retrouva une expression neutre, une oreille écoutant la conversation, tandis que les rouages dans sa tête se mettaient en branle.

Ce n'était peut-être plus tant que cela une bonne idée de voir débarquer le Nain ici. Si elle était Opposante, elle transmettait des informations à la Résistance, par le biais de Mélusine et loin d'elle l'idée de faire quoi que ce soit contre des membres de la Résistance, fusse une vampire qui voulait se débarrasser de son corps sans toucher à son sang. De l'autre, on ne parlait rien de moins que de sa vie et sans elle, ça allait être difficile d'aider qui que ce soit. Elle ne pouvait pas non plus expliquer son cas, qu'elle se trouvait un pied dans chaque camp, au risque de tout compromettre. Elle devait donc tabler uniquement sur la possibilité la plus plausible : même si le Nain et ces compagnons débarquaient un jour ou l'autre, les vampires auraient le dessus.

Elle se raccrocha au train de la conversation, assez tôt pour comprendre ce qui se tramait. Elle, objet d'entrainement pour lui ? Tout son corps se raidit à cette idée, une très mauvaise idée. Se pouvait-il qu'ils soient sérieux ? Réellement sérieux ? Ce qui était autrement plus désagréable (et un domaine dans lequel Solace devait s'exercer), c'était le chantage. Alors, elle préférait quoi : mourir ou mourir ? Par Merlin oui, que c'était difficile de se décider, les deux solutions étaient tellement alléchantes ! Bouse ! Quel pétrin, mais quel pétrin !


« Si je reste vivante pendant, disons, une heure, vous me laissez partir, en vie, » précisa-t-elle pour la forme. « Vous l'avez dit vous-même, je suis sorcière, si il m'arrive quoi que ce soit, ça ne serait pas forcément bon pour vous. Et si on ne me retrouve pas, ma... famille se posera des questions et ils sont du genre à ne pas lâcher facilement prise... »

Sa famille, quelle farce ! Mais tout cela n'était que pour le jeu, rien qu'un jeu, l'idée plairait peut-être à Solace, juste pour le plaisir de la voir se débattre avec Grant pendant un moment. Après tout, une heure, c'était largement suffisant pour que le Nain -la dite famille- arrive et la sauve, encore.


Dernière édition par Allanah Raines le Mar 11 Mai 2010 - 12:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'éducation   Dim 9 Mai 2010 - 19:11

Douceur avait fait son choix. Je trouvais la perspective que Grant l'utilise comme sujet de travaux pratiques raisonnablement sadique pour accepter de laisser faire. Avec un peu de chance, je serais débarrassée des deux d'ici une heure. Alors, soit. Allons-y pour une heure de folie. Je souris à la sorcière avec un œil qui frise et une lueur de compassion hypocrite :
- « Douceur, je te laisse aux grandes résolutions de Grant. Ne viens pas te plaindre quand tu seras morte ou s’il lui vient l’envie de faire de toi un porte clés à boyaux. »
Elle ne viendra pas se plaindre si elle est morte... puisqu’elle sera morte. J’en souris de plus belle ! Je relâche la pression sur son bras et la laisse libre d’aller et venir. Elle doit savoir qu’il me faudra moins d’une seconde pour la scotcher au sol s’il lui prenait l’idée stupide de tenter de s’enfuir. J’ai sa baguette et je reste persuadée qu’elle ne peut pas transplaner sans.

Grant choisit ce moment pour revenir. Il s’est trouvé une chemise entre temps et je n’ai aucune envie d’imaginer où ni comment il se l’est dégotée. Pourvu, me dis-je, qu’il ne soit allé tuer personne d’autre. J’en ai assez de couvrir ses idioties.
- « Où as-tu caché le corps ? » lui fais-je d’un ton autoritaire et méfiant dès qu’il apparaît devant nous.
Il prend le temps de se rendre compte que la situation a petitement évolué. Un bref regard en direction de la jeune sorcière pour réaliser que je ne la tiens plus en laisse. Je l’entends qui inspire profondément avant de bloquer sa respiration. Il a peur de respirer son odeur enivrante. Il se prémunie et cela m’étonne. Je lui ai rarement trouvé l’air aussi sagace que lorsqu’il se concentre... et la chose survient très rarement. Il s’approche enfin de nous mais hésite à faire son dernier pas et garde une distance correcte de son TP de sevrage ambulant.
- « Je l’ai démembré. Le tronc est actuellement dans le terrier d’un ours et le membres sont au feu... les moldus dansent devant joyeusement sans même deviner que j'y ai balancé leur représentant de l'ordre... » Dit-il machinalement sans quitter la sorcière des yeux.
Son regard miel est entre l’envie et l’appréhension. J’ai comme l’impression qu’il était sérieux. Il a envie de faire des efforts. Et comme je n’aime pas la facilité  et encore moins avoir tord , je pousse la sorcière contre Grant qui la rattrape in extremis.
- « Tiens ! dis-je en souriant pendant qu’il l’écarte très vite de lui en se bouchant le nez, elle a envie de t’aider à devenir un vampire végétarien. Si dans une heure il ne lui est rien arrivé, je vais me retrouver très emmerdée, Grant... »
Je m’approche d’eux d’une démarche féline et maniérée en leur cédant autant de crédit qu’à une boulimique au régime en arrêt devant une pâtisserie.
- « Très emmerdée parce que mademoiselle a une famille qui va s’inquiéter et elle aura beau me dire qu’elle ne parlera pas de ton petit encas judiciaire à la police moldue, j’ai du mal à lui faire confiance. Donc je ne sais toujours pas ce qu'il adviendra d'elle dans une heure. »
Je tends la main menaçante vers le cou de la jeune fille qu’il me tarde d’éliminer quand Grant aura bien joué mais mon arpète s’interpose et la prend subitement dans ses bras :
- « Elle est à moi », dit-il. Je sens sa difficulté à parler et respirer en même temps. Ca m’amuse beaucoup. Je lui souris. « Pas touche... Une heure ça passe vite.
- Si tu tiens...
- Je tiendrais... Si je rate, tu pourras me dire "je te l’avais bien dit" mais pour l’instant, la sorcière est à moi. »
J’ai l’impression que nous sommes deux enfants à se disputer un jouet. Je les laisse faire.
- « Tu t’appelles comment ? » demande-t-il à la sorcière sans la poser au sol.
On dirait des jeunes mariés comme ça. Je trouve cela ridicule. Grant doit sentir mon regard critique puisqu’il la repose maladroitement au sol en faisant mine de ne pas se préoccuper de mes soupirs de lassitude. Il semble avoir peur de la « casser »... il dose ses gestes.
- « Tu préfères sans doute marcher toute seule » dit-il embêté en s’écartant d’un pas. « Alors, heu... comment tu t’appelles ? »
- « Nous ferons connaissance en chemin... » précis-je cassante en tournant les talons vers l’autre bout de la ruelle. « Ne restons pas ici, je ne veux pas qu’un autre intrus vienne nous pourrir la vie. »
Direction la Maison de Platonov, la petite maison d’hôtes qui se trouve en bordure de forêt. Les deux tenanciers sont un couple de vampires végétariens. Quand je suis avec Sacha dans la journée, c’est eux qui viellent sur Grant. Ce qui est pratique avec les vampires nouveau-nés est qu’ils ont besoin de beaucoup de sommeil. La chambre de Grant est une espèce de cachot situé en cave. Sans fenêtre. Sans autre issue qu’une lourde porte en fer. Mais l’endroit est joliment aménagé pour ce qui me fait l’impression d’une cellule de prison Deluxe. Il y dort des heures avant d’aller massacrer tout ce qu’il trouve. Mouji, la femme de la Maison de Platonov, a retrouvé le cadavre d’un petit garçon caché sous son lit la nuit dernière.

« Comment peut-il croire qu’il tiendra une heure avec une vierge... » me vois-je persifler intérieurement.
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MessageSujet: Re: L'éducation   Mar 25 Mai 2010 - 12:00

Quand en plus les vampires se trouvaient drôle, on touchait vraiment le fond. Allanah lança un regard peu amène à la vampire avant de s’éloigner de quelques pas, dès qu’elle lui lâcha enfin le bras. Comme si une chaîne invisible avait disparu, la respiration de l’Opposante se régularisa et ses pensées reprirent un tour un peu plus ‘normal’. Moins proche serait la prédatrice d’elle, mieux elle se porterait. Mais était-ce vraiment une bonne idée d’avoir accepté cet étrange marché ? Non pas qu’elle préférait mourir maintenant (ne pas mourir tout court avait se préférence), mais elle ne savait pas d’où lui venait ce courage et surtout cette certitude qu’elle arriverait à ne pas se faire vider de son sang pendant une heure. Et si le Nain et ses petits copains décidaient de prendre du bon temps avant de s’occuper de mener à bien leur mission ? Et si au bout d’une heure, il n’apparaissait pas encore ? La vampire tiendrait-elle seulement sa promesse et la laisserait-elle partir en vie, au bout de cette longue heure qui s’annonçait ? Rien n’était moins sûr.

Le vampire -Grant- revint finalement, sans le corps. Allanah se serait aisément passé des détails sur la manière dont il s’était débarrassé du corps et un instant, le dégoût revint lui donner la nausée. Elle allait devoir rapidement apprendre à ne plus attacher d’importance à leur manière de faire ou à leur façon de parler sans fard.

Avec effort, l’Opposante soutint le regard de celui qui avait sa survie plus que sa vie entre ses mains. Et son regard n’avait rien de rassurant. Elle se voyait comme un bout de viande à travers ses yeux, rien de plus, rien de moins. Mais qu’il ne se soit pas encore jeté dessus (et la vampire devait penser la même chose) était un bon point en sa faveur, il ne plaisantait peut-être pas, finalement… Allanah retint de justesse une exclamation surprise quand elle se retrouva propulsée contre Grant et tout aussi vite repoussée à une distance plus convenable. La rancœur soudaine qu’elle ressentait envers la vampire lui coupa la respiration, mais elle s’obligea à regarder le sol, plutôt que de la fusiller du regard. Prudence est mère de sureté. Mais elle roula des yeux, passablement excédée, déjà, quand Grant la retint contre lui. Elle se demanda soudainement si l’un de ceux qui accompagnaient le Nain n’était pas un chasseur de vampires doué, ce qui allait commencer à l’arranger, Résistante ou non. Cette loi du silence commençait à lui peser, quand sa vie était en jeu et que l’on jouait avec en toute impunité.

Acquiesçant au bon sens de Grant, elle retrouva de nouveau la dureté du sol et son rythme cardiaque sa cadence de croisière. Première règle de survie, masquer son identité réelle. Pour l’instant, il avait peut-être l’air d’un petit garçon qui faisait des efforts pour faire amende honorable et paraître civilisé, mais il restait un prédateur, un prédateur dangereux, qui pouvait à tout instant basculer et devenir complètement dingue. Et la première à en pâtir, ce serait elle.


« Eileen, » répondit-elle malgré l’intervention de la femme.

En chemin ? En chemin pour aller où ? Sans en avoir l’air, Allanah effleura son médaillon qui avait retrouvé sa place sous ses vêtements. Avec ça, le Nain la retrouverait où qu’elle soit, mais elle n’en désirait pas moins les suivre. Ne rien savoir… cela allait la rendre folle ! Mais elle ne pouvait pas faire autrement et sans plus discuter, Allanah calqua ses pas sur ceux de la vampire, à distance respectueuse de l’une et de l’autre.

Elle hésita un instant sur la marche à suivre, alors qu’ils atteignaient le bout de la ruelle maudite et s’engageaient dans une rue latérale. L’art de la conversation n’était pas l’un de ceux qu’elle maitrisait le mieux (voire pas du tout), mais ce silence ne la mettait pas plus à l’aise et ne sachant pas où ils allaient comme cela, ni combien de temps cela prendrait pour arriver à destination…


« Cela fait combien de temps que vous êtes un… vampire ? »

Etait-ce une question indiscrète chez les vampires ? Elle n’en savait rien, mais la question était innocente et elle ne pensa pas un instant à chercher à obtenir des informations précises pour d’éventuelles actions. Juste parler, pour que Grant pense plus à lui répondre qu’à planter ses crocs dans son cou.
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MessageSujet: Re: L'éducation   Dim 13 Juin 2010 - 15:27

Je n’en reviens pas. Je marche en tête de cortège tandis que, derrière moi, Grant et son TP ambulant discutent paisiblement. « Paisiblement », le mot est sans doute abusé par l’apparence. Nul besoin de me retourner pour me faire un beau portrait de la situation. Je ne l’entends pas ventiler. Il retient sa respiration depuis que nous avons quitté la ruelle. Il tient réellement à réussir ce pari contre lui-même.

Je doute qu’il fasse cela pour préserver la vie de la petite sorcière. Grant est un vampire nouveau-né. Retenir sa soif lui est plus difficile que toute autre chose. Aucun humain n’aura jamais de comparaison assez parlante pour comprendre la souffrance qu’un vampire ressent lorsque sa soif n’est pas abreuvée. C’est une brûlure insoutenable dans tout l’œsophage, elle s’étend pernicieusement dans le ventre, jusqu’au sexe, et une pression pareille à des mains voulant nous éventrer depuis l’intérieur de nos corps pèse sur l’intestin, le foie, l’estomac. Ses mains imaginaires pressent, pressent, pressent jusqu’à nous donner l’impression que notre propre sang, noir comme un poison, veut remonter jusqu’à la gorge, diffusant un goût acide sous la glotte. Une boule grossit dans la gorge et cette acidité se répand jusqu’au visage, aux joues, aux narines. Tout le corps brûle et l’on a soif pour apaiser cette brûlure. Nos yeux piquent, c’est comme des cure-dents qu’on nous enfonce sur le coin du blanc de l’œil pour nous faire pleurer la cendre terne et acidulée qui nous aveugle et nous étouffe. C’est une douleur de drogué en manque. On ne peut pas lutter contre la Soif.

Grant a remplacé son passé de toxico et les molécules d’héro pour une drogue gratuite et facile à soulever : le sang. Dont le must du good trip est un bon AB+. Le sang humain est un caviar, un soulagement, une nourriture ou un droit de survie pour notre race. Et pour les nouveau-nés, le sang humain est simplement irrésistible. Son pari est perdu d’avance. Grant est un habitué des drogues et on ne peut pas se sevrer aussi aisément, juste parce qu’on le veut. Or, ici, il s’agit aussi de nourriture. Cette fille n’est que de la nourriture. Certes, je concède qu’elle fait partie de ces plats qu’on n’a pas le droit de toucher. Une sorcière. Boire ou transformer une sorcière, c’est la tête coupée assurée.
« Mais personne n’a jamais parlé du meurtre. Pas vu pas pris. Je peux la tuer et faire passer ce meutre pour celui d’un piètre moldu. »
Cependant que j’essaye de raisonner quant au court avenir que cette sorcière a devant elle, loin de mes considérations, Grant essaye de tenir la conversation. Le nez bouché et le visage piqué vers le sol.
- « Eileen... Je suis un vampire depuis un mois. Je suis ce qu’on appelle un nouveau-né. »
Il lui raconte sa transformation sans jamais me citer, sans jamais déterminer que je suis la cause de sa transformation. Comme quoi, il n’est pas aussi sot que je le pensais. Il se contente de préciser que je l’élève le temps qu’il parvienne à se maîtriser.
- « Pas de détails », dis-je néanmoins pour qu’ils n’oublient pas que je suis toujours là et que je les écoute.
Puis à les entendre discuter et à supporter ce marivaudage burlesque, je finis par m’exaspérer.
- « Bon, au trot. Je n’ai pas que ça à faire. Tu la prends sur ton dos. On file. »
Je disparais d’un coup et me mets à courir à travers le bois qui mène à la maison de Platonov. J’ai déjà parcouru plus d’un kilomètre quand j’entends finalement qu’il me suit à la même vitesse. Un petit regard furtif vers eux. Il la tient sur son dos comme un enfant qu’on balade. Les cheveux blonds de la sorcière sont près à s’arracher de son crâne. Ca me fait rire. J’accélère encore la cadence. Je sais que c’est sadique mais je veux que ce court voyage n’ai rien de drôle ou d’agréable pour elle. Je ne voudrais pas qu’elle s’habitue à la prévenance toute récente de Grant. Je ne veux pas qu’elle se sente en sureté, à aucun moment ou qu’elle prenne la confiance. Jamais en ma présence.

Lorsque nous arrivons devant l’établissement, je m’arrête subitement. Grant, sur mes talons a déjà commencé à ralentir mais, le prenant par surprise, je me tourne et lui arrache littéralement la sorcière du dos et la jette par terre.

J’admets aussi qu’il y a un peu de jalousie dans mon geste. Je suis le maître de Grant. Je ne supporte pas que son attention soit soudainement divisée et qu’une partie d’elle aille à cette poche de sang sur pattes.

La réaction de Grant est surprenante. Très vivement, il se poste en face de moi, son nez à quelques centimètres de mon visage et son regard miel mitraille le mien. Il m’en veut.
- « Pourquoi tu fais ça ? » rugit-il avec véhémence. Dans son bras en suspend qui désigne la pauvre chose au sol une baffe qu’il m’aurait volontiers consacrée lancine dans un courant électrique lourd et flamboyant. Mais il retient son poing.
Il sait qu’il n’a aucune chance contre moi. Il comprend aussi que c’est exactement ce que je cherche. Je veux le mettre hors de lui parce que, outre le fait d’avoir été aussi facilement détrônée du piédestal où il m’avait placé par la sorcière sans défense, je ne supporte pas la nouveauté de cette situation. Je voudrais le pousser au drame pour avoir légitimement l’occasion d’éliminer Eileen. Dans la loi des vampires, on évite tant qu’on peut de voler la proie d’un membre de son clan. Paradoxalement, Eileen est devenue la propriété de Grant depuis le moment où il a décidé de la garder en vie. Il l’a vu le premier.
- « Je suis ton maître, tu n’as aucun ordre à me donner, aucune question à me poser, dis-je tranquillement en commençant à me diriger vers les marches de la Maison Platonov. Je fais ce que je veux et comme je le veux. Je te fais déjà la grâce de te laisser jouer avec ta proie, fais-moi celle de continuer à me respecter. Et plus jamais, tu ne me parles comme ça !
- Solace, reprend-t-il avec un ton tragique qui conserve la rage engloutie dans sa gorge, ce n’est pas un ordre mais un conseil : tu ne la touches pas. »
C’est un monde ! Je m’apprête à lui rentrer dedans mais le voilà déjà à genoux près d’Eileen, l’aidant à se relever. Je regarde ses gestes mesurés et sa façon pathétique de se boucher le nez quand il la prend dans ses bras pour la relever. Je roule des yeux. Il prend ce pari tellement au sérieux !

Pour ce que j’ignore de la démarche de Grant, pour lui, ceci ne représente pas seulement un pari. C’est l’assurance de se dédouaner des actes qu’il a commis jusqu’ici et contre lesquels il ne peut pas lutter. Si la gamine reste en vie, il croit que son âme ne sera pas complètement pourrie par le pécher.

Je pensais aussi à ces choses au début. Je me rappelle des nuits d’insomnie où je me demandais si c’était bien ma bouche qui aspirait lentement la vie de tous ces humains qui ne méritaient pas ça. Mais Dieu n’a rien à voir dans notre drame. Il nous a délaissés. Une fois que nous devenons des vampires, nous sommes voués à être des prédateurs, et eux, les humains, ne sont que des proies parmi tant d’autres. C’est la loi naturelle. On n’en veut jamais au lion de manger la gazelle, pourquoi en voudrait-on au vampire de se régaler des humains ? Seulement parce qu’on fût un jour humain et qu’un lion ne mange jamais un autre lion ? C’est ridicule. Depuis le soir où j’ai transformé Grant, il n’est plus une gazelle. Il est devenu un lion et, conformément aux lois naturelles, il doit vivre sa vie de lion... nous avons laissés suffisamment de crédit aux gazelles en leur promettant de ne pas nous nourrir d’une partie de leur race. Que veulent-ils de plus ? Si certains, comme Mouji, son mari, Amys et peut-être un jour Grant, acceptent de jouer le jeu complètement en ne se sustentant pas du tout du sang humain, qu’ils fassent. Mais je ne ressens aucune affinité pour ces êtres de sang qui se tuent entre eux et viennent ensuite nous faire la morale. Je respecte et je vis dans leurs lois mais qu’on ne me demande pas de compatir à leur avenir... quand ils ont hypocritement décidé du nôtre.

Grant m’énerve.
Et ça m’énerve qu’il prenne la défense de cette humaine...
- « Tu n’as pas toujours été comme ça, dit-il très bas en me passant devant avec Eileen. Laisse-moi devenir ce que je veux. »
Putain ! Qu’est-ce qui m’a pris d’aller un jour lui raconter mon histoire avec Moïse ? J’espère qu’il ne l’a pas prise au pied de la lettre.

Soudain, la porte de l’hôtel s’ouvre. Mouji et son mari, Epathe, nous invitent à entrer, surpris de voir que nous sommes accompagnés d’une humaine.
- « Une sorcière » je lui grogne en passant devant elle.
Je peste et vais directement vers le petit salon m’affaler dans un de ces beaux fauteuils Voltaire. Leur surprise frôle la consternation quand ils comprennent que c’est Grant qui est en charge de l’humaine. Offusqué qu’on lui fasse si peu confiance, Grant quitte Eileen qu’il abandonne devant Mouji qui s’empresse de l’écarter d’un geste maternel de la vision du nouveau-né, se souvenant du petit garçon de la veille. Elle regarde son mari tracassée puis nous demande :
- « Pourquoi vous vous promenez avec une sorcière ? Solace ? Grant ? »
Il y a une tension palpable dans l’air. Aucun de nous ne répond. Grant s’est avancé jusqu’au comptoir du bar, il nous tourne le dos et s'assoit sur un haut tabouret. Epathe sourit pour détendre l'atmosphère le temps d’obtenir quelques réponses à leurs interrogations. Il s’adresse à Eileen :
- « Vous avez faim mademoiselle ? Il doit rester de la nourriture pour... pour humain... dans la cuisine. Voulez-vous suivre ma femme ? Elle va vous servir à boire et à manger. »
Subtil. Il essaye d’écarter Eileen de Grant. S’il savait que présentement, je suis celle des deux qui en veut le plus à sa vie.
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MessageSujet: Re: L'éducation   Jeu 1 Juil 2010 - 20:20

Si la situation n’avait été aussi périlleuse, Allanah aurait plus facilement eu le courage de demander ce qu’il fallait qu’elle fasse pour qu’elle ne voit plus Grant se retenir de respirer en sa présence ou de sentir son sang à chaque inspiration. Elle ne posa pas la question car la réponse était toute trouvée : il n’y avait aucune solution, car si elle était encore en vie en cet instant, c’était bien pour apprendre à ce même Grant à se retenir de sauter sur les premiers moldus vivants qu’il croisait, pour s’en repaître avidement. La situation était périlleuse, quoi que Lanah n’en doutât pas une seule seconde, et elle se trouvait encore plus désespérée qu’elle ne l’était de penser à poser une question aussi idiote. Elle tenait à sa vie, pas à l’abréger de manière inconsidérée.

L’Opposante écoutait attentivement le récit de la transformation de Grant, notant dans un coin de son esprit qu’il devait vraiment la prendre pour une sotte en ne formulant pas clairement qui était à l’origine de son changement de statut, passer de proie à prédateur. Allanah ne connaissait surement pas aussi bien le fonctionnement de cette race à part, celle des vampires, mais ce qu’elle savait, ce qu’elle croyait, c’était que la notion de charité, les vampires ne devaient pas la connaître et malheureusement pour eux, les deux spécimens qu’elle avait eu le malheur de croiser n’étaient pas ceux qui allaient changer sa façon de voir les choses. La jeune fille avait du mal à croire que sa tortionnaire s’était sentie investie d’une mission divine qui consistait à sauver de l’égarement tous les vampires nouveaux-nés. Mais elle garda ses réflexions pour elle et son doute également. Elle n’avait jamais été très douée en Divination.

La marche à pied était une activité conseillée, plutôt que de prendre tout autre moyen de transport personnel et polluant. La course n’en faisait pas partie, mais celle à dos de vampire devrait être déconseillée et classer dans les moyens de transport à risque, très risqué même. Solace ne lui demanda bien entendu pas son avis quand elle décréta que le rythme de leur marche ne lui convenait soudainement plus et décréta sans en regard en arrière qu’elle devait… Allanah s’était arrêtée alors que la vampire avait déjà disparu de son champ de vision, la laissant seule avec Grant, pendant un court instant. Elle se posa la question de savoir ce qui poussait les nouveaux-nés à obéir aveuglément aux vampires plus âgés, alors que Grant s’était approché d’elle, contrit. Pour lui ou pour elle ? Mais l’Opposante n’avait pas réellement le choix et elle laissa le vampire la mettre sur son dos et s’élancer à la suite de Solace pour la rattraper.

C’était finalement une mauvaise idée de ne pas avoir essayé de dissuader Grant de respecter les quatre volontés de la vampire. De sa vie, elle n’aurait jamais cru devoir supporter en silence (elle préférait éviter d’ouvrir la bouche) pareil traitement. Sauf peut-être si on l’avait forcé à passer son permis de transplanage, ce qui n’aurait pas manqué de la désartibuler, compétente comme elle l’était dans tout ce qui touchait à la magie. Comment sa tête tenait-elle encore à son cou ? C’était là un immense mystère auquel elle n’avait aucune réponse à apporter, la seule chose dont elle se sentait capable de faire sans que cela ne soit trop difficile, était de se cramponner à Grant et prier Merlin que lui ne la lâche pas en cours de route, indisposée par son odeur ou tout ce qui pourrait le gêner venant d’elle, misérable humaine au sang chaud.

Pas le temps de s’habituer à la vitesse, elle ne le pourrait jamais, pas le temps non plus de voir l’énième provocation de Solace envers elle. Confusément, Allanah associa le harcèlement de la vampire au harcèlement moral qu’elle avait dû supporter en silence de la part de sa belle-mère, avant qu’elle ne juge, à la mort de son père, que sa vue l’insupportait et ne la mette proprement dehors. Jamais Natacha Palmyria n’avait osé lever la main sur elle, mais ses sarcasmes étaient pires encore que si elle l’avait battu. Aujourd’hui, elle devait subir les menaces et les attaques de Solace sans rien pouvoir faire, même si Lanah avait de plus en plus de mal à réprimer le geste instinctif de tout sorcier en difficulté : celui de chercher sa baguette. Elle avait retenu de justesse un cri quand, encore, elle fut jetée à terre. Encore, la chute fut douloureuse. Encore, elle sentit la colère bouillir dans ses veines. Encore, elle se sentit impuissante.

Grant prit sa défense, mais Allanah n’écoutait même pas ce qu’ils disaient encore sur elle, comme si elle n’était pas là, comme si elle ne les entendait pas. Ses mains écorchées avaient happé toute son attention. Le sang colorait de rouge les paumes de ses mains, la douleur l’empêchait de mettre de l’ordre dans ses pensées, de calmer la haine qui lui battait les tempes. Elle ne savait même plus si elle arriverait à retenir Le Nain de la tuer s’il en avait l’occasion, tellement le ressentiment que l’Opposante éprouvait envers la vampire obscurcissait son jugement. La seule bonne nouvelle, c’était que sa tête tenait toujours et qu’à priori, elle avait toujours autant de cheveux sur le crâne qu’avant.

La jeune fille cligna plusieurs fois des paupières quand le nouveau-né réapparut devant elle. Il paraissait en colère. Oubliant momentanément qu’elle était blessée, elle chercha à frotter ses paumes contre ses vêtements, dans une puérile tentative de masquer le sang, avant que la douleur, bien que supportable, ne se rappelle à elle. Elle accepta bon gré mal gré l’aide du vampire, sans décrocher d’autres mots qu’un vague merci. Même si il n’y était pour rien dans l’attitude de son « maître », il restait de la même espèce qu’elle et cela, Allanah ne le pardonnait, qu’il se montre prévenant ne changeant rien à ce qu’elle en pensait. Elle marcha aux côtés de son sauveur, sans même daigner lever les yeux vers Solace, qui ne méritait pas moins que son dédain. Cela lui ferait certainement une belle jambe, mais l’Opposante se sentait déjà beaucoup mieux ainsi.

Les surprises n’étaient pas finies quand apparurent les gérants de l’hôtel pour vampire. Et contrairement à ses deux geôliers, les nouveaux venus étaient tout sauf effrayant. Il se dégageait des deux vampires (il ne pouvait y avoir que des vampires qui puissent ouvrir un hôtel pour des vampires…) comme une force tranquille, dû surement à leur âge, qui devait être bien éloigné de la cinquantaine que leur aurait donné Allanah en temps normal. Personne ne répondit à la question sur le pourquoi de sa présence ici et vaguement, Lanah se demanda si ces deux là pourraient l’aider. Il avait l’air bien plus accort que les deux autres et surtout, aucun ne semblait en vouloir à sa vie, ce qui changeait. Allanah se surprit même à se détendre. Un peu, assez pour ne plus ressemblait à une petite chose affolée, avec les yeux d’une bête traquée.

Quand le vampire, Epathe, lui demande si elle a faim, Lanah secoua la tête :


« Si vous le permettez, je voudrais bien me laver les mains, » demanda-t-elle en tendant ses paumes meurtries en avant.

Les deux vampires se regardent sans rien dire et Mouji prend les choses en main, l’invitant à la suivre. Sans un regard en arrière, soulager de s’éloigner tant de Solace que de Grant, Allanah suivit la maîtresse de maison, observant tout autour d’elle, pour prendre ses repères. La vampire la conduisit obligeamment jusqu’à une salle de bain, pourvu d’un miroir qui lui renvoya une image assez affreuse d’elle-même. L’anglaise n’était pas coquette, mais il y avait un minimum et après avoir nettoyé ses plaies de la poussière et des cailloux dues à sa chute, elle s’attaqua à remettre un peu d’ordre dans sa tenue et ses cheveux blonds. Après cela seulement, elle accepta la collation qui lui avait été proposée.

Elles se trouvaient au 1er étage de la bâtisse abritant l’hôtel et malgré la répulsion que cela entraînait immanquablement en Allanah, elle s’avoua être curieuse. Ce n’était pas tous les jours que l’on avait l’occasion de côtoyer des vampires sans être exsangue au bout de cinq minutes à peine.

La première question ne vint pas d’elle, mais de Mouji, dans le souci était visible sur les traits de son visage :


« Comment vous êtes-vous retrouvé dans cette situation ? »
« Je les ai surprit à vider de son sang un policier moldu, » répondit-elle platement. « Si au bout d’une heure, je n’ai pas subi le même sort, je serais libre de partir. En vie. »

La curiosité de Mouji apaisée, Allanah, à tort ou à raison, ou parce qu’elle se sentait en confiance avec la vampire, se sentit autorisée à poser une question à son tour :

« Cela fait longtemps que vous habitez ici ? »
« Depuis toujours. »
« Et Solace ? »
« Presque autant. »
« Les vampires peuvent être jaloux ? »

Drôle de transition. La surprise était lisible, mais la question ne fut pas prise de travers et Mouji, sans se démonter, se mit à rire de sa naïve question :

« Bien sûr ! Nous ressentons les choses comme n’importe qui. Nous souffrons, nous aimons, nous haïssons mais… »
« Je l’avais remarqué ça, » coupa-t-elle sans s’en rendre compte.

L’Opposante ne put poursuivre. Mouji et elle avaient fini par rejoindre le rez-de-chaussée et sans réellement l’inviter à la suivre, sa guide la laissa seule dans ce qu’Allanah considéra comme une salle à manger, au service des pensionnaires humains, à n’en pas douter. Une table, des chaises, de large fenêtre laissant entrer la lumière, la pièce était accueillante. L’idée de prendre la poudre d’escampette lui effleura l’esprit, le bruit d’une porte qui s’ouvre l’empêcha d’approfondir cette réconfortante idée.

Le frisson qui lui donna la chair de poule n’était pas dû au froid. C’était plutôt quand on savait avec certitude que les choses allaient se gâter et que par anticipation, on en tremblait d’effroi. Allanah fit l’extrême effort de faire face au nouvel arrivant, un vampire, un autre. Pas de doute possible, il ne s’en cachait pas. L’attraction fut soudaine, bien qu’elle captait, à la lisière de son esprit, la conscience séculaire de l’Arbre-Mère combattre l’invasion de son inconscient. Se barricader, elle savait le faire, mais l’emprise du vampire avait été trop inattendue, elle n’était pas préparée à ça et ne pouvait le repousser totalement.

Elle croisa une fraction de seconde les pupilles sombres et glacées, la main froide sur sa joue, la voix mélodieuse, bien que basse et rauque :


« Une humaine ici, seule ? Ce n’est pas très prudent. »

Impossible de détourner le regard, impossible de ne pas ressentir le sourire qui devait ourler les lèvres du vampire. Sa voix était douce, tout comme la prise qu’il avait sur son menton. Il ne lui faisait pas mal physiquement, mais ses intentions étaient claires et cela valait bien toutes les blessures. Seul son esprit, une partie, se rebeller, lançant un appel au secours que personne ne pourrait entendre.
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Solace
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MessageSujet: Re: L'éducation   Lun 12 Juil 2010 - 18:14

Epathe avait décidé que c’était l’heure de la réconciliation et des explications. Je me permis de douter de son efficacité. Pis, de douter de son utilité. Je n’avais pas besoin de sa générosité archaïque pour régler cette affaire avec mon apprenti et cela m’énervait d’avance de le laisser jouer les intermédiaires. Pour qui se prenait-il ? Qu’est-ce qui lui donnait le droit de s’interposer entre Grant et moi ?

Grant n’était pas le nouveau-né le plus difficile à mater. Il était revêche à toute forme d’autorité, c’était une chose aussi naturelle que fâcheuse, mais il fallait en passer par là pour son éducation. Depuis quand les apprentis étaient-ils disciplinés ? Depuis jamais. Grant était un prototype on ne pouvait plus commun de vampire néophyte indocile. Jouer les fortes têtes ? Remettre en question mon autorité ? Ca me fait une belle jambe ! Il n’était pas rare que des conflits persistent entre un vampire adulte et son nouveau-né. Il fallait en passer par là pour lui inculquer les principes de base et l’empêcher de brader son potentiel afin d’en faire un digne représentant de notre race.

La relation entre un apprenti et son maître est morcelée d’une panoplie de sentiments, de ressentiments, de situations et d’expériences plus ou moins désagréables ou vivables. Je ne rendrai pas l’éducation de Grant plus facile sous prétexte qu’il est jeune... et entêté. Son éducation est un ouvrage intime. Lent. Laborieux. Insondable pour les regards extérieurs. C’est un travail de longue haleine et chaque apprentissage est spécifique au vampire et à son apprenti.

Je n’avais pas besoin de papy vampire – qui n’était d’ailleurs mon aîné que par le physique et non pas par l’âge. Mais il était là et il était notre hôte. Il s’était stratégiquement posté à équidistance de Grant et moi et nous jaugeait du regard comme un prêtre confesseur. Je lui aurais bien mis une tarte... mais à quoi bon nous quereller tous à cause de cet imbécile obstiné de Grant ?

Alors, j’avais décidé de laisser malgré tout Epathe prendre les choses en main. Si je détestais qu’il s’invitât dans notre dispute, son intervention pourrait néanmoins me servir à relayer mes opinions.
Et puis, tant que, dans nos démêlés, il gardait une distance correcte entre Grant et moi, je n’avais aucune raison de m’emporter. Jusqu’ici, j’avais tout juste le poil qui se hérissait de haine.
- « Par lequel je commence ? Questionna Epathe de sa voix ténébreuse. Grant ? »
Grant était jeune et impressionnable. Epathe devait penser qu’il lui en faudrait peu pour s’enflammer et tout balancer. Pourtant, j’avais envie de parler la première.

Le nouveau-né ruminait au-dessus du zinc. Je savais pertinemment ce qu’il essayait de faire et l’enquiquiner fut tout ce que j’avais trouvé comme châtiment pour le punir de m’avoir délaissé. Avec ma vitesse de vampire, je m’étais levée et étais venue m’assoir sur le bar, croisant mes fines jambes sous son nez. Il tourna la tête. Je changeai de place instantanément et me retrouvai assise de l’autre côté. Sachant que détourner continuellement la tête ne lui servirait à rien pour me fuir, il finit par rester dans cette position, le regard dans le vide. Je savourais mon ascendance sur lui... et il était grotesque.
- « Tu n’oses toujours pas respirer, susurrai-je en me penchant à son oreille. Ca t’obsède, hein... son sang. C’est encore frais, ça flotte autour de toi... Alors ? Tu as eu envie de l’étriper, de planter ta mâchoire dans le creux de ses mains ? Ne te prive pas ! »
Grant ne répondait pas. J’avais raison, il ressassait la vision des paumes ensanglantées. La soif faisait son œuvre, creusait son œsophage, lui déchirait l’estomac et les poumons, s’incrustait dans la moindre alvéole, dans la plus infime connexion neurale. La soif, l’envie d’hémoglobine, était partout en lui. Grant en transpirait de convoitise. Elle grattait dans ses résolutions et insinuait son poison de mort dans l’esprit de Grant. Il se demandait à quoi bon résister, à quoi bon combattre ce qu’il était.

Je voulais qu’il combatte – croire le contraire serait mal estimer mes intentions vis-à-vis de mon apprenti – mais pas qu’il combatte ce qu’il était. Qu’il combatte son assujettissement à la soif pour être enfin libre mais tout cela ne devait pas se faire au détriment de l’acceptation de ce qu’il était : un vampire.

En dehors de l’amusement sadique de le voir échouer à son propre pari, il fallait comprendre ce que je gagnais ou perdais à l’issue de son combat intérieur. Qu’est-ce qui m’énervait tant ? Je ne supportais pas que ce combat contre ses propres instincts se fasse au préjudice de la logique des non-vivants. Grant, logiquement, devait domestiquer sa soif pour devenir un bon chasseur et avoir le choix de tuer ou de garder en vie ses proies. Il devait apprendre à évaluer les situations. A devenir un vampire libre d’aller et venir sans nourrice. Il ne servait à rien de réfuter ses instincts. Il était ce qu’il était et il devait l’accepter. Soi dit en passant, je préférais le savoir vampire que camé. L’état dans lequel je le connus me le rendait bien plus mort que maintenant.

Tout cela était la différence entre être une vulgaire créature assujettie à ses instincts et être un individu doué d’intelligence et de maestria. Logiquement. Jamais au grand jamais les principes de survie et de vie des non-vivants que je lui inculquais ne devaient lui servir de bouclier contre la soif parce qu’il abominait d’être un vampire – ou qu’il se prenait d’empathie pour une sorcière. Je n’aimais pas ça non plus.
- « Vas-y Grant, explique donc à Epathe ce que nous fichons avec une sorcière. Raconte-lui le flic. Raconte comme tu n’es qu’un imbécile qui s’est fait prendre en flagrant délit par Eileen...J’attends avec grand intérêt la narration du passage où tu paries que tu ne craqueras plus pour sauvegarder la vie de ton tas de globules rouges ambulant. Aaah ! Grand moment, Epathe ! Tu as loupé quelque chose ! » Je venais de révéler les grandes lignes. Un dernier sarcasme pour la route : « Grant a une petite amoureuse et pour bien me faire chier, il n’a rien choisi de mieux qu’une sorcière. Tu y crois ça ? »
Grant se leva bouillonnant d’agressivité et essaya de me balayer d’un geste du bras. J’avais déjà disparu. Mon rire résonna aux quatre coins de la grande pièce. Epathe se racla la gorge et s’approcha de Grant avec sympathie.
- « Tu t’en veux pour le petit garçon, questionna le vieux vampire. Et je roulai des yeux. Non. Tout mais pas le coup du paternel. Aller, je sors, je vais vomir dehors.
- Elle m’énerve ! Je ne comprends pas ce qu’elle veut ! Que je me contrôle, que je ne me contrôle pas ? Je comprends plus rien ! De toute façon, je n’y arriverai jamais, confia Grant quand il me sut sortie. Evidemment, même de derrière la porte, j’entendais tout ce qu’il disait. Quelque part, je me reconnaissais en lui. Mes premières semaines avaient été insupportables. Heureusement que j’avais Elistar.
Je m’assis sur la barrière en bois du palier de l’hôtel et je me mis à écouter leur discussion en regardant la pénombre grouillante de vie noctambule.
- On est tous passé par là, répondait Epathe d’un ton paternel. Tu y arriveras. Solace aussi sait que tu y arriveras. Si elle est dure c’est pour te canaliser. Tu ne dois pas t’éparpiller... »

« La vache. Je sais tout ça, moi ? Merci Epathe. »

Grant lui raconta comment il avait enlevé Eileen contre son gré et ce qu’il avait fait du policier. Epathe compatit difficilement. Il ne buvait plus de sang humain depuis des décennies. Lui, plus que n’importe qui d’autre, aurait voulu convertir Grant à devenir ce qu’on appelait grossièrement un « vampire végétarien. » Il n’aimait pas les manières bestiales de certains vampires mais il trouva de bon ton de ne pas semer le doute dans l’éducation de Grant en plein moment de crise. Le jeune vampire était en train de se faire. Il apprendrait certainement plus tard qu’il n’était pas obligé de s’adonner à des moyens aussi subversifs pour se nourrir.


La discussion s’achève brusquement.
Je ne les entends plus. Dommage, le vieil Epathe en était presque arrivé au chapitre où il fallait avoir confiance en soi, y croire et toutes ces mièvreries de vampires à la diète.

Je rentre mais ne trouve plus personne dans le hall ni au bar.
Je renifle... je le sens. Un autre vampire. J’accours dans le salon.

En voyant la scène, je me demande si je ne retournerais pas plus plutôt dehors pour continuer de vomir ou pour me pendre. Même si cela ne me tuera pas, peut-être qu’au moins je ne serais pas obligée d’assister à tout ce cirque.

Portrait.

Eileen est attablée devant une assiette.
Mouji et Epathe se tiennent pour l’un à sa gauche et pour l’autre à sa droite. Sur la défensive.
Et mon idiot de Grant est devant la sorcière, les bras en croix, on dirait un Jésus en pierre planté au-dessus du portrait frigide de Marie-Madeleine – qui est la fille de joie dans cette histoire ? – les genoux repliés, en position d’attaque.
Face à eux, debout et charmant, le bel Isidar se tient les mains dans les poches sans prendre au sérieux la mise en garde des trois vampires qui défendent Eileen.

Vous voyez comme c’est à vomir ? Ca ne vous fait pas vomir ? Moi si.
- « Bonsoir, Isidar, dis-je en me mettant à mon tour en garde. Isidar est aussi beau qu’imprévisible. D’une décennie à l’autre, nous avons été amants et ennemis sans vraiment justifier nos querelles ou nos penchants. Nous aimons nous détester autant que nous aimons nous aimer. Je te présente Grant... il surchauffe. Ce sont ses harmones détraquées de vampire nouveau-né. Pas tou-touche à son amoureuse sinon il se fa-fâche.
Isidar apprécie les présentations en hochant la tête d’une manière calme et courtoise. Ses yeux descendent vers Eileen puis remontent lentement vers Grant. Il sourit, sans bouger plus que ses lèvres et ajoute :
- Une humaine... Très mauvais choix, juge Isidar d’une voix mélodieuse et non agressive.
Je me tourne vers la petite assemblée.
- Mouji, Epathe, je vous présente Isidar Fliggen... une connaissance de longue date.
La tension croît pour tout le monde sauf pour Isidar qui n’abandonne pas son insolente sérénité. Mouji expérimente le terrain d’une voix lèse empreinte d’un fond d’hypocrisie en lui demandant :
- Vous resterez pour dormir ?
Un rictus amusé déforme le coin de la bouche du vampire. Il répond avec grâce :
- Non... pour dîner. »
Et là, c’est dramatique. Isidar disparaît. Il réapparait soudainement près de Grant qui n’a pas anticipé et lui bloque le passage trop tard. Il tend sa main vers le cou d’Eileen pour la saisir à toute vitesse et avec une grâce incomparable à tous les genres de vampires que je connais. Quand Isidar se bat, c’est un ballet. Un peu comme Atalån et Harold. Mouji et Epathe qui ont les sens plus affûtés, font glisser la chaise sur laquelle Eileen est assise jusqu’à l’autre bout de la pièce. La chaise tourne sur elle-même. Isidar s’apprête à bondir sur Eileen mais, à contre cœur, je me jette sur lui pour l’en empêcher et le plaque au sol.

Le vampire tombe dans un bruit sourd. Sous la pression de nos corps le sol s’affaisse. Un petit cratère déforme le plancher. Grant ne perd pas une minute avant de courir vers Eileen pour la prendre dans ses bras. Mouji lui crie de l’emmener dans sa chambre. Et de verrouiller le blocus. Grant disparait avec Epathe vers la cave.

Tout ça ne dure, montre en main, que trois minutes. Le calme revient aussi subitement qu’il s’était en allé. Un nuage de plâtre, de poussière et de débris de bois retombe doucement sur nous.
Je reste allongée sur le ventre d’Isidar et je lui décerne un sourire séducteur :
- « Perdu.
- Vraiment ? Questionne-t-il mutin en relevant doucement la tête pour m’embrasser. A croire que cette décennie-ci ça sera l’amour.
- On va chasser ? »
A ma proposition Mouji se racle la gorge.
- « Il y a un trou dans ma salle de restaurant, se contente-t-elle de dire de sa voix souffreteuse.
- Je vous rembourserai la remise en état, madame, sourit Isidar en restant sous moi. Cela vous embête-t-il que je parte avec Solace pour une partie de chasse ? Je peux aussi bien rester ici et terminer celle que j’ai commencée.
- Non. Dehors.
Mouji me roule des yeux. Elle s’adresse à moi :
- Ecarte-moi ce vaux rien de mon hôtel. Je vais m’occuper du petit et de la sorcière. Vous, monsieur Fliggen, vous n’êtes plus le bienvenu dans cet hôtel. Allez, oust !
Nous nous relevons d’un bond.
Avant que nous sortions, Mouji m’arrête en m’attrapant le bras et me glisse à l’oreille :
- Eileen n’a pas crié... Grant était le premier dans la salle. Il y a quelque chose qui n’est pas clair...»
Je fronce les sourcils intriguée. C’est vrai. Moi non plus je n’ai pas entendu crier. Comment Grant a-t-il pu sentir Isidar avant tout le monde à la distance où il était et avec si peu de pratique de la traque ?

Au sous-sol, dans la chambre capitonnée, Epathe posait la même question à Grant qui haussait un sourcil réprobateur à son aîné : il ne mentait pas, il avait entendu Eileen crier.
Il se tourna vers Eileen et l’encouragea à soutenir ses propos devant Epathe :
- « Dis-lui que tu as appelé à l’aide !... »
La discussion m’intéressait soudain plus que la partie de chasse.
Se pourrait-il que mon petit protégé ait développé une capacité liée à sa vie d’avant ?

Nous ne tardâmes pas à rejoindre Epathe et les autres dans la chambre de Grant. Je fis faux bond à Isidar qui partit chasser seul en me faisant promettre de le rejoindre avant l’aube. Je promis. Mais avant, je voulais comprendre ce qui s’était passé. Nous arrivâmes juste à temps pour entendre la réponse d’Eileen.


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MessageSujet: Re: L'éducation   Ven 1 Oct 2010 - 14:54

« Et bien… »

Cet intérêt soudain pour sa personne rendait mal à l’aise Allanah. Il fallait dire que le choc qu’elle venait de subir, entre la brusque apparition du nouveau vampire, le retour de Grant qu’elle n’espérait pas (plus), son catapultage jusque une chambre aussi noir qu’un four… La vitesse à laquelle les événements s’étaient enchainés lui donnait le tournis et ne lui faisait que plus regretter sa précédente liberté. Rabattre des proies et juste cela lui paraissait maintenant moins tragique que la dernière heure qu’elle venait de passer.

Tous attendaient une réponse qu’elle serait bien incapable de donner. Enfin, elle pouvait répondre à la question, mais y donner une explication plausible… L’adolescente elle-même n’était pas certaine de ce qu’il s’était passé. Comment pourrait-elle croire que l’aptitude qu’elle possédait avec les Arbre-Mères puissent s’étendre avec toute personne possédant la même capacité, mais sans les arbres ? C’était à se donner des migraines infernales ! Allanah savait très bien qu’elle pouvait discuter d’esprit à esprit avec Mélusine, de manière générale, à chaque fois qu’elle était en contact avec l’Arbre le plus proche de l’endroit où elles se trouvaient. Et le temps passant, sa sensibilité augmentant, l’Opposante avait appris qu’il y en avait bien plus que ce qu’elle aurait pu croire. Il en existait des dizaines, répartis avec plus ou moins de logique, à travers le pays. Elle n’avait jamais essayé de contacter Mélusine par un autre biais, sans contact avec le grand végétal. Était-il possible que ce soit possible ?

Mais la télépathie n’était qu’affabulation n’est-ce pas ? Si Allanah était bien prête à croire que des créatures étranges et jusque là inconnues puissent apparaître, elle ne l’était pas encore pour croire qu’elle pouvait être la victime de l’apparition de don étrange chez les sorciers. En mettant de côté que son propre recruteur était un empathe sensible et que tant d’autres Opposants comme lui avaient certains de ces dons qu’elle ne voulait pas accepter… D’un point de vue purement logique, ce ne devait être que son lien avec l’Arbres-Mère qui avait gagné en puissance, sans plus être gêné par la distance ou de quelconque barrière. Mais alors, comment expliquer que Grant, pendu à ses lèvres, soit si vite venu à son secours ? Elle sentait poindre le mal de crâne.


« J’étais tétanisée, je ne pouvais sortir aucun son, je… »

La déception et la colère se peignirent sur les traits de Grant, alors qu’Allanah baissait la tête, pourtant la main à sa gorge, comme si elle cherchait encore une explication à ce qui s’était passé. Elle ne voyait pas d’autre façon de l’expliquer, elle devrait bien se faire une raison un jour… Rester à savoir si ce jour viendrait rapidement ou non.

Oubliant un instant qu’elle était en présence de spectateurs vampires, l’Opposante releva la tête, décidée à tirer au clair toute l’histoire. Dans tous les cas, si elle était télépathe, tous ceux qui comme elle était liée à un Arbre-Mère devrait l’être et en voyant le bon côté des choses, elle pourrait plus facilement les trouver de cette façon qu’en voyageant à droite et à gauche en croisant les doigts pour en croiser un. Pour en avoir le cœur net, il fallait essayer.

Allanah ne savait plus trop comment elle avait fait pour contacter l’esprit du vampire dans sa tentative d’appel à l’aide, et elle se décida à fonctionner de la même façon, à l’instinct. Elle avait déjà compris, ce qu’elle avait vérifié, que cette étrange faculté ne fonctionnait à priori qu’avec une autre personne, humaine, animale ou morte, qui possédait la même faculté. Grant ici présent était le seul, si elle en jugeait par la tête qu’il faisait.


- Grant.

Le vampire en face d’elle fit un bond de côté, Epathe et Mouji le regardant étrangement, sans que rien ne vienne faire croire à Allanah qu’eux aussi avaient entendu son appel télépathique. Elle avait sentit, comme si Grant l’avait traduit en mot, son étonnement et sa surprise à l’énoncé de son prénom. Il la regardait maintenant étrangement, sans lui répondre, d’une façon ou d’une autre. Pour lui comme pour elle, c’était une chose nouvelle et lui encore moins qu’elle ne savait pas comment cela fonctionner.

- Je crois… non, je suis sûre. Nous pouvons communiquer sans que personne d’autres n’entendent ce que nous disons. Nous parlons à notre esprit, plus besoin de mots, ni de cordes vocales. Tu peux me donner ta main ?

La demande lui parut étrange et après un temps d’arrêt, Grant lui tendit sa main, comme elle le lui avait demandé, non sans crainte, mais Allanah se demanda si c’était par crainte de ce qu’ils faisaient ou si c’était parce qu’il se défiait encore d’elle. Mais dans la logique de la jeune fille, si elle pouvait communiquer avec Mélusine en contact avec l’Arbre-Mère, il était tout à fait possible que la communication télépathique soit de meilleure qualité si elle était en contact physique avec une autre personne pouvant communiquer de cette façon. Et en même temps, elle voulait tenter une autre expérience.

Allanah enserra la main froide de Grant entre les siennes et ferma les yeux, se concentrant sur une image. Une image sans risque, la place et la fête des Résistants qu’elle avait eu l’occasion d’observer, avant de se faire enlever. Elle se concentra sur les gens, sur les détails qu’elle avait en mémoire, reconstituant une fresque des farandoles, des bribes de chants, la joie de vivre. Elle ne s’attendit pas au commentaire de Grant face au spectacle d’être humain faisant la fête.


- Un vrai festin.

Et il ne parlait pas de la nourriture offerte aux estivants qui se pressaient autour des tables. Allanah ouvrit les yeux sur une image de jugulaire et vit que Grant souriait. Il prenait plutôt bien la nouveauté lui.

Derrière Grant, Mouji et Epathe étaient perdus. Ils allaient et venaient de Grant à elle, sans réellement savoir ce qu’il se passait, même si ils devaient bien avoir une petite idée. Allanah, elle, profita de la présence d’un lit pour s’assoir un instant, contrecoup de l’attaque et de la démonstration de télépathie. Le nouveau-né, lui, avait déjà commencé à expliquer tout ce qu’il venait de se passer à sa transformatrice.

Au bout d’une minute ou deux, l’Opposante se releva et demanda à Mouji si elle pouvait sortir. L’autre vampire devait être loin maintenant et elle avait besoin d’un peu d’air frais et de lumière. Si les vampires se contentaient bien d’obscurité comme dans cette chambre, Allanah avait besoin de tout le contraire, en journée. Prévenante, la vampire l’accompagna jusqu’aux étages supérieurs pour l’amener jusqu’à un jardin extérieur, partie intégrante de l’hôtel pour créature de la nuit et leurs invités humains. Un arbre immense et surement très vieux étendait ses branches et créait un coin d’ombre qui conviendrait mieux à Mouji que si elles restaient en plein soleil, malgré son besoin de recharger ses batteries avec l’astre solaire. Elle se contenterait bien de l’ombre et du vent, par égard pour la tenancière.

Elles s’installèrent sur un banc qui avait trouvé sa place sous l’arbre et Allanah releva ses genoux pour poser sa tête dessus. Un sourire de compassion aux lèvres, Mouji prit place à côté d’elle.


« Dure journée n’est-ce pas ? »
« Oui. »

L’ombre passa par-dessus le mur d’enceinte sans que ni Mouji ni Allanah ne s’en rende compte. L’adolescente était perdue dans ses pensées (qu’elle ne partageait pas avec Grant) et la vampire scrutait ses traits, essayant peut-être de percer les mystères sous son crâne épais. Elle attendait simplement, que l’anglaise parle, qu’elle vide son sac. Il y avait tant de choses à dire ! Mais Allanah hésitait encore à les partager avec quelqu’un que, de toute façon, elle ne reverrait jamais, l’heure écoulée. Elle ne prendrait jamais le risque de recroiser Solace.

L’explosion de magie les prirent au dépourvue. Une épaisse fumée fit suffoquer l’adolescente, qui mit son bras devant son nez et sa bouche, en maigre tentative pour ne plus tousser. Ses yeux lui piquaient qu’elle avait l’impression qu’ils brûlaient de l’intérieur. Elle n’y voyait plus rien, même quand elle tentait vaille que vaille de comprendre et de voir ce qu’il se passait. En tâtonnant, Allanah chercha la main de Mouji, sans jamais la trouver. La vampire était en réalité à ses pieds et la jeune fille dû faire un extrême effort pour comprendre ce qu’il se passait. Elle tomba à genoux devant Mouji et d’une main, lui secoua l’épaule, l’appelant d’une voix rendue rauque par la fumée. Mouji se tordait de douleur et ce n’est qu’à cet instant que l’Opposante remarqua un fait étrange. La fumée… scintillait ? Elle tendit la paume à travers l’épaisse fumée, surprise de voir se déposer sur sa peau de la poussière… d’argent.

Sans ménagement, Lanah releva le corps de Mouji pour comprendre, horrifiée, que tel l’acide, l’argent attaquait la peau de la vampire. Ça ne pouvait être qu’un coup de…

Allanah cria pour de vrai cette fois quand une ombre attrapa son bras et la tira. L’Opposante ne se calma que quand elle reconnut les traits de son recruteur à travers le brouillard magique. Le Nain n’avait pas l’air particulièrement ravi de la voir, voire de devoir la sauver. On pouvait même dire qu’il était en colère. Furieux. Meurtrier.


« Incapable, » gronda-t-il, en continuant à la tirer et à la relever.
« Non, attends, Mouji… » cria-t-elle en retour, tendant la main vers sa protectrice, toujours à terre.
« Tu veux être tuée ? »
« Non ! Mais… »
« Alors lève-toi en vitesse avant que je ne décide de te laisser croupir ici ! »
« Et ma baguette… ! »
« Tu veux vraiment aller la récupérer ? L’effet du sortilège ne va pas durer longtemps, décide toi vite. »

Ce qu’il pouvait être énervant ! Le cœur meurtrit de devoir laisser Mouji dans cet état, Allanah se laissa conduire jusqu’à deux autres Opposants de leur mission, qui jouer les vigiles. Le Nain la poussa dans les bras de l’un d’eux et transplana sans plus un regard vers elle. Mais elle ne pouvait décemment pas laisser Mouji dans cet état et avant que celui qui la tenait fermement ne transplane, Allanah tendit son esprit vers Grant, dans une dernière supplique.

- Grant ! Dans le jardin, Mouji !...

¤¤¤¤

L’atterrissage à l’Abbaye de Canterbury ne se fit pas en douceur, mais Allanah commençait à avoir l’habitude du manque de considération pour sa personne. Elle se releva du sol froid de l’Abbaye sans un regard pour les trois Opposants. Les deux qu’elle ne connaissait pas partaient déjà, la laissant seule avec Le Nain. Il lui tournait le dos, mais il n’était pas difficile d’imaginer qu’il se retenait de ne pas lui vociférer dessus. Au lieu de cela, ce fut d’une voix trop calme qu’il parla :

« Tu es aussi douée avec une baguette qu’un manche à balai, même garder une position est encore trop dur pour l’idiote que tu es. Je ferai une recommandation pour que tu ne sois plus affectée à des missions. C’est ce que tu voulais non, bosser dans la paperasse ? »

Et il la planta là, sans qu’elle n’ose croire à ce qu’elle venait d’entendre. Il avait fallu des mois d’attente pour qu’il reconnaisse qu’il ne pourrait jamais faire d’elle un soldat doué sur le terrain, qu’elle ne pourrait jamais mener aucune mission sans que cela ne vire à la foire. Il avait fallu qu’elle se fasse enlever par des vampires, qu’elle manque se faire sucer le sang, qu’elle découvre qu’elle était télépathe… tout ça pour arriver à cette conclusion. Plus les longs mois précédents, à courir à droite et à gauche avec des Opposants pour des missions diverses et variées…

Allanah ferma la bouche qui s’était ouverte de surprise en écoutant Le Nain. Finalement, les choses sérieuses allaient pouvoir vraiment commencer, maintenant qu’elle aurait accès à toutes les informations dont elle aurait besoin pour Mélusine : ordre de mission, nom d’Opposants, cibles potentielles et tellement d’autres choses.

Il fallait qu’elle contacte Mélusine.

Il fallait qu’elle se rachète une nouvelle baguette, pour remplacer celle qu’elle avait dû laisser en Pologne. Cette seconde tâche allait creuser un trou certain dans ses économies et Allanah soupira à cette idée. Elle réfléchissait déjà aux heures supplémentaires qu’elle allait devoir faire à Pré-au-Lard, chez la fleuriste un peu étrange qui avait accepté de lui donner du travail en dehors de ses heures de cours, en quittant l’Abbaye.


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