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 Blandices Défigurées

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Alix Twain
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MessageSujet: Blandices Défigurées   Jeu 15 Avr 2010 - 17:58

Soupirant et rêvant à des horizons plus verts, Alix Twain était assise sur une pile de papier toilette dans la réserve de l'hôtel Tristar près d'Heathrow. Elle détestait son job, elle détestait son patron et elle détestait les avions. Elle se cachait souvent dans ce local pour fumer une cigarette car c'était le seul endroit de l'hôtel où il n'y avait aucun détecteur de fumée. Elle n'était pas fumeuse régulière. Elle fumait au Tristar seulement pour emmerder son patron même s'il lui semblait que ce dernier ne le savait ni ne s'en souciait.

Pendue au mur devant elle, l'horloge la narguait en ralentissant ses aiguilles comme un fait exprès alors qu'il ne lui restait plus que vingt minutes à tenir avant d'être libérée. Le temps ne passait jamais assez vite quand elle devait venir travailler dans cet hôtel de luxe pour hommes d'affaire antédiluviens. Certains d'entre eux devaient avoir négocié les actes notariats de l'héritage de Jésus Christ.

"Il avait un héritier Jésus ?"

Pas plus intéressée par la religion que par le monde des affaires, Alix soupirait de ne trouver rien à penser qui put lui faire passer le temps plus vite. Elle avait pourtant une imagination débordante. C'était faute d'être réellement active dans la vie. Dans sa tête, il en allait autrement. Elle s'inventait des montagnes de lubies pour occuper son esprit et son temps. A une époque, elle avait fait semblant de croire au Prince Charmant qu'il fallait sagement attendre pour avoir quelque chose à penser qui soit émoustillant, un espoir en la vie qui lui promette des péripéties captivantes. L'expérience avait duré deux semaines et s'était soldée par une boulimie d'amants qu'elle consomma avec plus de toupet qu'un noble n'ingurgite son caviar. De la même manière, elle s'était attardée un temps sur un apprentissage de la politique pour avoir quelque chose à dire durant les repas familiaux où James et Noé, ses deux frères, n'en perdaient jamais une pour ramener sur table leurs grandes divergences. Son intérêt pour les prochaines élections débanda avant la fin de sa lecture de la page politique de Marie-Claire.

Elle bailla en éteignant sa cigarette dans un seau vide du personnel de ménage de l'hôtel. Elle chercha parmi les étagères les petits extraits de parfums que les femmes de chambre distribuaient gratuitement dans les chambres, s'en aspergea quand elle en trouva un au parfum de jasmin et enfouit le reste du flacon dans sa poche. Elle se saisit ensuite d'un minuscule tube de dentifrice, mit un peu de pâte dans sa bouche et saliva jusqu'à avoir de quoi cracher. Haleine fraîche et odeur de goudron disparue, elle se dirigea ensuite vers la porte de la réserve. Après un dernier coup d'œil à l'horloge :

"Cette horloge se moque de moi ! Deux heures dix ! Deux heures dix du matin ? Il me reste toujours vingt minutes à attendre ?!"

Elle ouvrit très lentement la porte pour vérifier que le couloir du sixième étage était désert avant de sortir de sa cachette. Elle passa lentement sa tête, puis son buste et sa jambe lorsque la voix tonitruante de Robert Borg, cette enflure de Boddy, l'apostropha depuis l'autre bout du couloir :

- Hé ! Miss Twain ! Attendez un peu !

Bobby Borg était le responsable des femmes de chambres des suites de luxe qui se situaient toutes aux deux derniers étages de l'hôtel. Excepté le huitième étage sur lequel s'étalait une suite présidentielle où elle n'avait jamais eu le droit de se rendre. Comme Alix n'avait pas de poste attitré en vertu des véritables raisons qui lui valaient ce job, le patron, monsieur Fox Tristar, lui avait demandé de s'en remettre à Bobby pour tout ce qui était lié à son contrat de travail, ses horaires et les engagements basiques qui n'étaient pas expressément attachés à l'alliance tacite qui les unissaient. En vérité Alix ne travaillait au Tristar que pour servir de couverture à son patron batifoleur. Son véritable gagne-pain consistait à faire deux ou trois lits pour sauver les apparences et à passer ou recevoir quelques coups de fils quotidiennement à madame Tristar pour lui faire croire que son mari était ou en réunion ou à l'étranger. Service que sa propre secrétaire ne pouvait lui rendre car la secrétaire en question était la nièce de madame Tristar, Bonny. Il la considérait avec autant de défiance qu'une espionne. Alix devait mentir pour l'une et pour l'autre. Encore, en arrivant tout à l'heure à 16 heures pour prendre son service, le patron lui avait téléphoné sur la ligne qu'il avait mise exprès en service pour elle :

- Allô ? Twain ? Avez-vous appelé un coursier pour écarter temporairement Bonny de mon bureau ?
- Oui, monsieur, il arrivera dans dix minutes et votre charmante maîtresse pourra se glisser dans votre bureau. Elle est avec moi dans la suite numéro 718 pour l'instant. Vous préférez monter ?
- Non. Je n'ai pas le temps. Vous avez aussi prévu la sortie ?
- Oui, monsieur. Le client de la 722 aura besoin de changer de suite et Bonny sera très occupée, dit Alix avec espièglerie. Elle avait prévu de lâcher dans la chambre 722 une souris trouvée en cuisine. Le client outré appellerait l'accueil où se trouvait Bonny et Bonny serait tellement affairée à trouver une femme de chambre qui souffre de partir à la chasse à la souris que la maîtresse du patron aurait tout le temps qu'il faudrait pour sortir de son bureau en toute discrétion.

Ce qui était regrettable était que ce type d'incidents n'avait lieu que dans les chambres et les suites dont s'occupait Alix. Un hasard qui ne manquait pas d'appuyer raisonnablement les sollicitations répétées de Bobby Borg quant à un renvoi en bonne et due forme de miss Twain.

Le plan d'Alix avait fonctionné à merveille... sauf qu'au final ce fut elle que Bonny désigna pour partir à la recherche de la souris de la suite 722. Alix s'y était tellement mal pris qu'elle avait mise la suite sens dessus dessous, perdant ensuite la trace du rongeur dans le couloir car elle avait oublié de refermer la porte derrière elle. La bestiole s'était promenée toute la journée dans les couloirs du septième. Le personnel avait passé l'après-midi à la chasse au rongeur et Twain avait eu beau s'excuser dix mille fois, tout le personnel lui en voulait. Les hommes avaient fini par lui pardonner en voyant ses petites moues abattues et chagrinées mais les femmes de chambre se réservaient. Elles pensaient que d'autres souris sillonnaient les couloirs.

Quoi qu'il en soit, même si son but au Tristar n'était pas expressément de satisfaire le client mais plutôt de couvrir les frasques de son patron, Alix devait malgré tout faire acte de présence. Elle avait négocié un mi-temps. Tout se passerait bien mieux si elle n'avait pas eu continuellement Bobby Borg sur le dos.

- Miss Twain, le monsieur de la suite 715 attend ses serviettes depuis plus d'une demi-heure. Si je me rappelle bien, cette semaine vous travaillez pour les suites du septième étage, je ne vois donc pas pourquoi vous vous trouvez au sixième.

Sa voix était pincée comme tout le reste du personnage. Un grand maigre avec une peau grise, des paupières lourdes et gonflées qui retombaient sur les côtés de ses yeux injectés de sang. Ses dents jaunes et mal alignées étaient longues mais pas assez longues pour barrer la route à son haleine fétide. Il portait toujours le même costume noir trois pièces avec une chemise blanche qui lui donnait des airs de Nestor dans Tintin. Globalement, de sa diction à son apparence, il paraissait un homme élégant et raffiné, dans le détail, elle le trouvait abject. Alix savait que Bobby lorgnait sur ses échancrures dès qu'elle avait le regard ailleurs et qu'il n'agissait aussi durement avec elle que pour dissimuler sa frustration de ne pas pouvoir poser ses sales pattes sur elle. Il lui avait collé les suites du septième, c'est-à-dire les suites des clients exigeants à ne pas décevoir, dans l'espoir entêté de lui fournir une bonne raison de la virer au premier écart. L'épisode de la souris amenait de l'eau à son moulin. La surprendre en train de fumer dans le local du sixième pouvait être une bonne raison de plus mais pourtant si vaine ! Vaine comme à chaque fois qu'il allait rapporter à Tristar ô combien la paresseuse Alix Twain lui faisait perdre du temps et ne servait à rien, ô combien c'était avec peine qu'il jugeait qu'il serait bon de la licencier, ô combien elle était incompétente et que sa place se trouvait dans un zoo mais certainement pas dans un hôtel quatre étoiles ! Tristar, pour une raison que Bobby Borg ne comprendrait jamais, refusait de licencier l'incompétente Alix Twain.

Elle renâcla à lui sourire respectueusement et fit une petite courbette mondaine et arrogante avant de disparaitre le plus vite possible.

L'hôtel était calme. Il avait reçu un séminaire de rabougris dans l'après-midi. Il avait duré jusqu'à tard ce soir. Suite à l'épisode de la souris, pour se cacher de Bobby, après avoir conduit vers leur chambre les hommes d'affaires dont elle aurait la charge, Alix s'était glissée dans la salle du séminaire où ils avaient fini par se rassembler et elle avait essayé de comprendre les enjeux de ces quinquagénaires alarmistes. Le colloque de P.D.G. avait parlementé des possibilités de coalitions mercantiles et financières que beaucoup d'entreprises voulaient opérer entre structures dont le siège se situait dans un pays de l'Opposition ou de la Résistance. Les différentes politiques des pays ne devaient pas empêcher le développement et l'expansion d'une macro économie nouvelle, des circuits boursiers où entreraient des entreprises sorcières et de la productivité de tous. Les résultats boursiers répondaient à de nouvelles influences et la géopolitique devaient être mieux analysée par les structures marchandes afin de mieux se préparer aux bouleversements futurs. Ils parlèrent d'une éventuelle guerre qui demanderait des prévisions complexes de la part des analystes financiers… Alix s'était endormi à la fin du discours d'ouverture.

Beaucoup d'entre eux avaient repris leur avion dès la fin du dîner, d'autres étaient restés. Mais l'hôtel était assez vide ces derniers temps. Ce n'était pas la saison des vacances, des séminaires, du tourisme. Elle n'avait plus que le "monsieur de la suite 715". C'était le directeur d'une multinationale et l'organisateur du colloque. Monsieur Perse. Alix présumait que Monsieur avait six femmes, dix maisons à travers le monde, un million d'employés sous ses ordres et des milliards sur son compte en banque. Bien qu'il ait l'âge de son père, il serait bon de se trouver un amoureux comme ça car elle n'était toujours pas parvenue à économiser pour s'acheter son Wii Step pour faire du sport devant la TV. Elle n'aimait pas le sport. C'était un bon compromis.

"Une Wii Step ça doit même pas valoir une brique de sa maison… je peux peut-être lui dire que je n'accepte que les pourboires en Wii Step…" rêvassait-elle en arrivant près du chariot qu'elle avait abandonné dans un couloir avant d'aller fumer sa cigarette.

La jeune femme arriva au septième étage avec la serviette requise. Elle réajusta sa tenue et ses cheveux, fit un grand sourire commercial avant de frapper à la porte :

- Femme de chambre, monsieur Perse ! Je vous apporte votre serviette !

Personne ne répondit. Elle hésita à entrer. Il devait dormir puisque le bar du rez-de-chassée, le seul autre endroit qui valait la peine aux alentours, était fermé. Comme il n'y avait pas le panneau "ne pas déranger", elle sortit sa carte magnétique :

- J'entre, monsieur Perse.

Elle poussa la porte et entra dans la suite. C'était très calme, rangé… monsieur Perse était allongé sur son lit. Il était tout habillé… Alix avança en s'imaginant qu'il avait tellement bu pendant le repas qu'il s'était effondré. Mais plus elle avança, plus le tableau se précisa. L'homme ne dormait pas :

- Il… il est mort… murmura-t-elle.
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MessageSujet: Re: Blandices Défigurées   Jeu 15 Avr 2010 - 18:39

Le maudit ! Mes sens surhumains et ma magie me font courir à la vitesse d’une voiture de course sur les trottoirs de Moscou. Je tente d’éviter les moldus, non pas parce que je ne veux pas tuer en les renversant, leur vie m’indiffère, mais parce qu’ils me ralentiraient. Et j’ai besoin d’aller vite. Ce chien galeux va m’échapper si cela continue. Et ce Perse, ce foutu Perse, il ne doit pas sortir de cette ville. Pas en vie en tout cas. Sinon il alertera l’Opposition qui sera au fait de ma trahison. Et ça ne doit pas arriver, mais avant que je ne puisse accomplir mes objectifs. Donc je cours à m’en fendre les genoux, écrasant et détruisant le pavé sous mes pieds à cause de la force de vampire que j’ai en moi. Petit à petit je gagne sur Perse, qui n’est plus de première jeunesse et qui n’est pas un vampire. Et qui heureusement ne peut pas transplanner grâce un sort que j’ai eu le temps de lui lancer.

De fait, cet homme est très fort pour fuir, me dis je. Il a échappé à plus d’une dizaine de tentatives d’assassinats de la Résistance et même au sein des Opposants il n’est guère aimé. Mais cette fois je suis sûr qu’il va trouver son maître. Car je suis sûr désormais de finir par arriver à le rattraper. Bordel que fait il ? Il s’arrête, je m’arrête, des passants nous séparent. Il jette un coup d’œil à sa droite. A part des voitures rangées sur le bas côté je ne… Merde ! J’ai à peine le temps de faire un bond prodigieux sur un balcon qu’un 4x4 noir vient s’écrabouiller là où je me trouvais quelques fractions de secondes auparavant. Je pensais qu’il utilisait toute sa magie à courir vite mais non.

Je soupire. En dessous du balcon sur lequel j’ai sauté les moldus se rassemblent autour de la voiture défoncée dont le propriétaire vocifère des insultes à qui veut lui prêter l’oreille. Pathétique. Un sorcier aurait réparé ce bout de métal d’un geste. Et un sorcier n’a pas besoin de… véhicule. Ni de véhicule polluant. Vraiment pathétique. Ma cible a disparue dans l’horizon depuis un certain temps mais je n’en ai que faire.

Je désirais le rattraper à la course par simple amour propre. De fait, j’avais prévu qu’il pourrait me distancer et j’ai appliqué un deuxième sort dans le premier. J’ôte la magie qui lui interdisait de transplanner d’un geste de baguette. J’attends quelques secondes. Pour avoir la confirmation que Perse est aussi stupide qu’il est rapide à s’enfuir. J’ai un sourire mauvais. Quand je le tuerais – car je serais bien obligé de le tuer – ce ne sera pas en buvant son sang. D’une part ça laisserait un indice inutile à mes chers camarades Opposants, d’autre part on dit que boire le sang d’un abruti ne fait qu’engourdir l’esprit. Je veux bien accorder foi à cette légende.

Et si il est si stupide c’est parce qu’il a transplanné. En ignorant le second sort que je lui avais appliqué. Un marqueur magique. Je sens très précisément dans quel endroit ma cible se trouve. Sourire carnassier. Je transplanne à mon tour, réglé sur la position de Perse avec autant de précision qu’un aimant contre du métal.

Et ça n’a pas manqué. Il est là, devant moi. Enfin pas exactement devant moi. Il est tombé cul au sol en m’entendant transplanner. Et en me voyant. Il faut dire, je suis impressionnant je le sais. Une haute taille, drapé dans une longue cape noire qui elle même entoure une robe de sorcier noire qui semble se terminer en fines volutes, le tout accordé à mon teint pâle et glacial et sans oublier de mentionner mon aura de magie noire… Sa peur est compréhensible. Elle le serait même si je ne lui réservais pas un mauvais sort. Or je lui réserve un mauvais sort. Je lui fais sourire amusé. Je profite de son choc pour insonoriser la pièce et fermer toutes les issues d’un geste vif. Il semble se ressaisir et tente d’attraper la baguette, mais je ne lui en laisse pas le temps. D’une manchette je l’envoie voler contre le mur d’en face. Je prends sa baguette, je la regarde, je le regarde, je souris. Et je brise la baguette. Puis enfin je prends la parole d’un ton rogue.


- Ca fait mal hein, d’être frappé par un vampire. Tu vois si tu avais été plus coopératif tu te serais épargné cette poursuite inutile. Mais passons. Je sais que tu sais où se trouvera Antarès quand il réunira les siens, dans un mois et demi. Je veux savoir… non, tais toi je n’ai pas fini. Je veux donc savoir la situation géographique précise de leur lieu de rendez vous, le nombre de gardes qui l’accompagneront et les protections qui seront mises en œuvre. Et avant que tu ne tentes une inutile bravade, tu as bien vu que personne ne t’entendra crier et que tu ne peux t’échapper. Et tu sais aussi que tu vas mourir. Forcément. Tu comprends bien, je n’ai pas le choix. Alors épargne toi des souffrances inutiles.

Et il abdique. Je suis soulagé. Je n’avais pas envie de passer des heures à le torturer. Après qu’il ait tout déballé je le délivre sa peur, de sa souffrance et de sa haine, d’un éclair vert de ma baguette. Pris d’une inspiration soudaine je le fais léviter jusqu’à son lit. Et enfin je prends le temps de considérer mon environnement. C’est un bel hôtel. Une belle suite. Sa profession d’emprunt chez les moldus est dans les affaires si je me souviens bien. Je jette un coup d’œil et je vois un papier jaune sur une table basse. Colloque… économie. Bon. Ca je connais. Enfin l’économie sorcière mais puisque les moldus sont des êtres inférieurs ça ne doit pas être bien complexe. Et je m’en moque de toute façon.

Je vais faire en sorte qu’on ne découvre pas son absence tout de suite. Histoire que je puisse me forger un alibi si l’opposition enquête. Je prononce quelques mots dans une langue étrange. Ou plutôt dans une noble langue qui apparaîtrait étrange au sorcier commun. Mais pour moi ces sifflements sont une mélodie magnifique. Tout doucement ma manche droite ondule. Et tout doucement encore un serpent en sort et se glisse délicatement sur le sol. Je lui jette un sort et il se trouve auréolé d’étincelles vertes. Je lui dis quelques mots en fourchelang.


- Je t’ai jeté un sort. Là où je te vois toi sous ton aspect réel, les autres verront l’homme que j’ai tué. Quand tu tenteras de leur parler la Langue ils entendront des propos sur leurs finances en rapport avec leurs assertions. L’illusion commencera dans dix minutes. Tu as donc dix minutes pour localiser leur lieu de réunion et t’y rendre. Et l’illusion finira dans trois heures. Si leur absurde réunion n’est pas finie tu prétexteras un malaise – ce sont les seules paroles que l’illusion traduira correctement – et tu te rendras ici. Pendant ce laps de temps le corps sera invisible. Va.

Et lentement il se glisse dans un conduit d’aération. Bon. Avant de rendre le corps invisible je me dirige tout d’abord dans la salle d’eau de la chambre. Je m’inspecte dans un miroir. Pas de neige sur l’ourlet de la robe, pas de séquelles de l’explosion de la voiture, je suis impeccable, c’est tout à fait excell…

Ma face doit être comique à observer. Bordel de merde ! J’aurais dû le rendre invisible tout de suite ! Ou maintenir le bloquage magique des accès ! Car j’ai entendu la fille et je la vois du coin de l’œil – elle se reflète dans le miroir de la salle de bain – qui vient de constater le décès de ma victime. Tant pis. Il faut réfléchir calmement. Je jette un nouveau sort. La porte se referme derrière la blonde humaine. Les accès sont de nouveau magiquement fermés. Tout est resté insonorisé. Bon, je supprimerais les traces de magie après. Pour l’instant je n’ai pas le choix. Deux corps ça attirerait par trop l’attention. Dans un bruissement de robes j’apparais devant la petite humaine. Je vois sur son visage l’effet produit et je m’en amuse. Ma voix rauque, glacée, s’élève.


- La misérable moldue que tu es s’est fourrée dans un sale pétrin.
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Alix Twain
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MessageSujet: Re: Blandices Défigurées   Jeu 15 Avr 2010 - 21:10

"Moldue ?"

Dans la voix de l'être sombre et magnifique qui était apparu devant elle comme par enchantement et sans bruit, Alix décelait une once de mésestime. Elle savait par le mage noir avec lequel elle avait eu une brève aventure en Italie en 2010 que "moldu" était la manière dont les sorciers qualifiaient ceux qui ne l'étaient pas.

Alix, quant à elle, avait une manière bien personnelle de qualifier les gens qui la qualifiaient de "moldue" avec autant de mépris :

"Sale con !"

Elle n'arrivait jamais à faire comme les autres. Où beaucoup auraient eu peur ou auraient crié, la jeune blonde était restée flegmatique. C'était probablement parce qu'elle avait pris l'habitude que ce genre d'évènements n'arrive qu'à elle depuis qu'elle était enfant. A la découverte du corps inanimé de Perse, elle avait été plus fascinée qu'écœurée. Quand le sorcier était apparu, Alix était alors penchée au-dessus du cadavre et elle examinait sa figure figée en songeant qu'elle ne savait qui elle devait appeler en premier. La police ? Son patron ? Les pompiers ? Des docteurs ? La présence de ces derniers lui parut inutile car Perse était bel et bien mort.

Elle se redressa doucement pour contempler l'homme encapuchonné sous une cape noire qui était face à elle. Elle n'avait jamais connu d'être qui lui inspira à la fois autant d'attrait que d'antipathie. Il avait une beauté exquise, une peau brillante et pâle comme la neige, des yeux flamboyant d'un rouge incendiaire et des cheveux noirs comme le plumage des corbeaux. A première vue charismatique, il se dégageait de lui une puissance inaccoutumée qui la laissa coite. Elle conçut à refermer la bouche après qu'il la traitât de moldue.

Derrière elle, la porte s'était fermé toute seule. Aucune fenêtre ouverte, aucune issue dans les corridors, aucun courant d'air dans la suite qui put justifier cette bizarrerie. Elle en déduisit que c'était le sorcier qui l'avait fermé avec sa magie. Aussi le dévisagea-t-elle avec plus d'appétence et quitta-t-elle les traits si jolis de son faciès d'ange noir pour le parcourir tout entier et espérer repérer la baguette magique. Il n'en avait pas qui soit visible mais près du mur opposé au lit gisait ce qui devait en avoir été une. Avait-il cassé sa baguette ?

L'ordre des questions qu'elle se posait n'était pas très pertinent mais c'était Alix. Elle était ingénue, parfois si déconcertante de naïveté et de sens commun que, même quand des malfrats tentaient de l'attaquer dans la rue, ils finissaient par lui serrer la main avec compassion avant de s'enfuir en lui laissant son sac. Elle aurait mieux fait de se demander ce que le sorcier faisait dans la chambre de Perse et ce qu'il entendait exactement par "tu t'es fourrée dans un sale pétrin".

"C'est vrai parbleu ! Qu'est-ce qu'il fait dans la chambre de Perse et qu'est-ce qu'il entend par se fourrer dans un sale pétrin ?"

Elle quitta la baguette brisée des yeux, regarda de nouveau le sorcier qui n'avait rien à voir avec le sorcier qu'elle avait eu un jour pour petit ami et qui n'était déjà pas très commode dans son genre – il y avait quelque chose en plus chez celui-ci – puis, elle mit ses deux mains sur ses hanches d'un air sévère – en tout les cas, aussi sévèrement qu'Alix pouvait faire croire qu'elle pouvait l'être, ce qui n'avait rien de très concluant mais qui était très drôle à voir, surtout si on considérait qu'elle n'avait toujours pas compris à quel type de créature elle avait affaire :

- Dites, vous ! C'est vous qu'avez fait ça ? gronda-t-elle le sorcier.

Elle pointa Perse de l'index les sourcils froncés sans se poser la question de la profondeur de la merde dans laquelle elle s'était fourrée et elle se fourrait encore en blâmant comme ça un assassin présumé. Sa panique intervint à rebours suite à des déductions griffées d'élucubrations naïves et irrecevables quand elle s'imagina Tristar, Borg et les flics l'interroger sur la découverte du corps :

- Que faisiez-vous quand vous avez découvert le cadavre de monsieur Perse ? Interrogeait un flic imaginaire.
- J'apportais une serviette…
- Pourquoi apporter une serviette si tard ?
- J'avais… oublié de le faire quand il a sonné le room service au début… mais je… c'est pas moi qui l'ai tué !
- Ah ouais ? Où étiez-vous, avec qui et que faisiez-vous à l'heure du crime ?
- Je fumais une cigarette dans la réserve des suites !
- AH-AH ! Je le savais ! vociférait Borg dans son cauchemar éveillé, vous êtes virée ! Virée Twain !!
- Elle ne pourrait pas plutôt être virée demain soir parce que je dois recevoir ma maîtresse à 17h45 pétantes et ma femme va appeler pour savoir ce que je veux pour dîner…
- Je préfère être virée qu'être accusée de meurtre, monsieur Borg. Tristar, la ferme ! On s'en fout de votre femme et de votre maîtresse ! On parle de mon arrestation maintenant !
- Vous n'avez pas d'alibi ?
- Vous étiez seule dans la remise ? Insistait un deuxième flic.
- Non… Oui, enfin... je vais pas inviter tout le monde dans la remise dès que j'ai envie de fumer des clopes !
- Miss Twain, au nom de la république et de la monarchie, vous êtes virée et inculpée du meurtre de monsieur Perse !
- Noooon ! J'ai pas encore acheté ma Wii Step !


Alix papillonna des yeux et sortit d'un coup de sa rêverie qui n'avait durée que quelques fractions de secondes durant lesquelles elle avait eu un regard flou et absent. Il était sorcier ! S'il voulait, il pouvait disparaître d'un coup en l'enfermant dans la suite et faire croire qu'elle était responsable de l'homicide ! Elle fit grise mine et, complètement abattue, elle laissa tomber ses bras le long de son corps, les épaules abaissées.

- Me dites pas que c'est vous qui avez fait ça… je vais avoir des problèmes, soupira-t-elle.
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MessageSujet: Re: Blandices Défigurées   Ven 16 Avr 2010 - 1:08

Son expression d’indifférence perplexe m’atteint en pleine figure. Mon regard que je sais de braise se pose sur elle et j’hésite sur la conduite à tenir. Dois je finalement l’envoyer voler à l’autre bout de la pièce, la faire se désarticuler d’un simple coup ? Non évidemment, ça ce serait un comportement de barbare moldu. Enfin. Les moldus qui tuaient leurs ennemis avec des épées ou avec leurs mains c’était il y a plusieurs siècles. Déjà à cette époque ils m’étaient insupportables. Maintenant ils tuent avec des armes à feu, des armes de lâches qui ne leur font courir aucun risque. Si cette femme pouvait me tuer, si une telle arme pouvait m’atteindre, elle n’hésiterait pas puisque moldue. A cette pensée je réagis à son absence de réaction visible par un sourire plein d’ironie. Je n’insiste pas plus, essayant de faire comprendre à cette femme obtuse que si elle avait eu affaire à quelqu’un d’autre de ma race elle serait sans doute déjà morte. Ou pire. Quoique je ne l’épargne pas par pure bonté, je l’admet volontiers

Dans un bruissement de tissu je vais m’asseoir sur le lit de la suite. J’en savoure le moelleux. J’achèterais cet endroit dans quelques décennies. Mais bien sûr je ne passerais pas cette décennie ci sauf si j’arrive à faire en sorte que les Opposants, mes chers amis adorés et loyaux, n’aient jamais connaissance de mon implication dans le meurtre de ce soir. Or ça ne sera pas le cas si elle parle. Mais si je la tue on risque de penser que j’ai voulu la faire taire et qu’elle savait quelque chose. Or donc leur enquête s’orienterait sur un tueur lié à l’Opposition. Je ne peux le permettre. Je ne peux pas non plus simplement la tuer et jeter le cadavre quelque part, il se trouverait des gens pour faire le lien et dans ce cas ça serait encore plus suspect .

Que faire de toi, petite moldue sans importance qui soudain en acquiert brutalement ? Je pourrais aussi te mettre sous imperium tiens. Mais néanmoins le problème c’est que tu risquerais d’être décelée. Qu’est ce que je pourrais faire hein ? Merlin qu’est ce que tu m’emmerdes. Je ne sais que faire. Je me relève et je la jauge des têtes aux pieds. Elle n’est pas moche. C’est à dire que j’aurais pu en faire mon casse croûte d’une nuit, étant donné mon habitude de ne prendre que le sang des créatures esthétiquement convenables. Mais évidemment… on est loin de cette agréable situation.

Et tandis que ma présence teintée de magie noire – en temps normale c’est angoissant – se fait sentir dans la pièce… elle parle enfin. Mais pour dire quoi ? Mon visage reste figé dans le marbre. Néanmoins je suis stupéfait. Elle se retrouve face à un vampire, à un vampire qui dégage une indicible aura d’antiquité, et qui est en plus un sorcier à la puissance magique faramineuse. Je ne me vante pas mentalement, j’énonce des faits. Même une moldue sent ces choses là habituellement ! Mais elle… elle a conscience que je pourrais la tuer ? Là comme ça, et que ça ne me causerait absolument aucun problème moral ? Elle a conscience que je pourrais aussi la vider de tout son sang ?

Quelle est cette idiote en face de moi ? Car pour ignorer la peur en toute circonstance il faut être idiot. Sans doute la peur est elle parfois paralysante mais en l’occurrence elle s’appellerait lucidité. A vrai dire cette inconscience de sa situation me semble presque insultante. Mes pupilles carmins virent au pourpre sous l’effet de la contrariété. Je toise la moldue. Je ne dévoile aucun sentiment, je ne montre rien de la perplexité irritée qui m’habite. Je choisis mes mots finalement, quand je lui répond d’un ton plein de morgue.


- Oui tu vas avoir de gros problèmes. Mais si tu crois que tu vas finir ta vie dans une douillette petite cellule moldue tu t’illusionnes. J’aimerais d’abord attirer ton attention sur ma pâleur de mort et sur mes yeux carmins, sans oublier mon aura particulière qui n’est pas seulement là à cause de la magie noire. Les gens, même les moldus les plus dégénérés, remarquent cela d’habitude. Un rapport avec l’instinct de la proie face au prédateur. Et si tu n’as toujours rien compris, je suis un v a m p i r e. Qui boit du sang. D’humains. Ou d’humaines.

J’articule comme on le ferait pour une enfant, plein de sarcasme. Enfin, comparé à moi cette fille est effectivement une enfant. Voire un moustique. J’ai la nette impression qu’elle n’a aucun instinct de survie en plus. Comme je lui ait dit les humains ont en général une réaction épidermique quand ils rencontrent un immortel surtout si celui ci est âgé. Et je suis très âgé. Cette réaction qu’ont les humains, c’est sans doute parce qu’ils savent qu’ils constituent un échelon inférieur dans la chaîne de prédation. Mais pas elle. Cette réaction m’inquiéterait si je n’étais pas sûr de n’avoir affaire qu’à une simple humaine.

Donc au lieu de m’inquiéter, je suis fasciné. Je dévore des yeux cette inconsciente, cette fragile, cette faible humaine qui s’inquiète de son futur alors que dans son présent, je figure. Et soudain je décide de figurer aussi dans son futur. Enfin je décide, pas vraiment. La solution que j’ai trouvé m’y contraint. Léger soupir. Je m’allonge sur le lit de la suite, laissant reposer ma tête sur mes bras. Je ferme légèrement les yeux, gardant une pleine conscience de mon environnement. A cet instant mon illusion doit être en train de distraire les amis du cadavre qui repose à quelques centimètres de moi. J’ai deux heures cinquante environ pour la convaincre que ce qu’elle vit réel. Je me demande si elle a déjà fait un transplannage d’escorte. Sans doute pas. Si elle vomit sur mes chaussures… elle découvrira qu’Antarès et moi avons un point commun. Enfin si elle sait seulement qui est Antarès. Je parle à nouveau.


- Bon, bon. J’ai envie de te tuer mais je ne peux pas pour des raisons qui échappent à ta sphère de compréhension, ô humaine insouciante. Et je ne veux pas que tu parles de ce que tu as vu ce soir. Et les sortilèges d’amnésie s’effacent. Je vais donc te jeter un sort pour m’assurer que tu gardes à jamais le silence sur ce souvenir et pour m’assurer que personne ne puisse le défaire, je vais te garder à portée de main. Tu vas devenir ma soumise. Ce qui veut dire… eh bien ce que ça dit. Tu seras un genre de serviteur. Je te préviens d’avance il est inutile de tenter de m’attaquer en me rouant de coups de poing, de pousser des hauts cris ou que sais je encore. Si tu me sers bien je te libérerais de ton contrat avec l’Opposition. Sinon… eh bien tu devines. Compris ?
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MessageSujet: Re: Blandices Défigurées   Ven 16 Avr 2010 - 15:46

- Oui tu vas avoir de gros problèmes. Mais si tu crois que tu vas finir ta vie dans une douillette petite cellule moldue tu t’illusionnes.

Pourquoi à chaque fois que ce type prononçait le mot "moldu", Alix avait-elle l'impression qu'il allait vomir ? Elle rehaussa son buste et tendit l'oreille puisqu'il le lui avait demandé, qu'elle se sentait toujours aussi fascinée par sa présence et que, trop occupée à le trouver fantastique, s'insurger ou désobéir ne l'effleura pas. Elle s'assit sur le lit, près du corps de Perse auprès duquel elle s'excusa car son poids le fit sensiblement rouler sur le côté.

- Je suis désolée, monsieur Perse. Puissiez-vous reposer en paix au paradis.

Puis elle hocha la tête pour obtempérer après avoir remis maladroitement le corps à sa place initiale.

Alors le sorcier attira son attention sur son teint valétudinaire et ses yeux pourpres. Alix tendit le cou et plissa les sourcils pour mieux visser son regard sur l'être sombre puisque, cette fois, on le lui demandait et qu'elle pouvait légitimement le dévisager. Oui ! Tout ce qu'il disait, elle l'avait bien remarqué, c'était une des premières choses qu'elle avait remarqué et elle avait trouvé ça joli. Très inhabituel mais joli. Il ressemblait à un personnage qu'elle avait croisé dans le jeu virtuel Second Life. EXxo2001.

EXxo2001 interprétait le manageur d'une boîte pour métalleux. Il avait réussi à se confectionner un personnage qui empochait plus de Lidz en vendant des bières virtuelles qu'en vendant ses T-shirts Iron Maiden. Alix avait promis d'acheter une caisse de T-shirts Iron Maiden violet et noir dans la collection d'EXxo2001 s'il acceptait de l'employer comme serveuse virtuelle au Lothar – son antre – parce que ça ferait gagner de la popularité à son propre personnage et qu'elle n'avait plus de lidz depuis le deuxième jour de son inscription. EXxo2001 avait accepté. La semaine suivante, concluant une transaction financière de 650£ avec la carte de crédit du Tristar, Alix se retrouva en possession d'une caisse de cinquante T-shirts dans son living room et aujourd'hui encore elle avait du mal à les écouler. Toutes les filles de son immeuble et de sa famille avait le fameux T-shirt Iron Maiden by EXxo2001 violet et noir. Selon Alix, qui dans Seconde Life s'appelait Xilla, ça en valait la peine. Elle pouvait regarder tous les concerts online du Lothar gratuitement et jouissait de la réputation convoitée dans Second Life. La plus énervante des contreparties fut toutefois de voir son personnage obligé de s'habiller comme les vampires hard rockeurs du Lothar et grand nombre d'entre eux ressemblaient à ce sorcier aux yeux rouges. Sauf que lui était bien réel. Alix se remit droite. Et s'il n'était pas un sorcier mais un vrai vampire ? De nos jours, tout était possible.

La réponse à sa question allait venir d'elle-même. L'homme à la peau de lune confirma sa dernière présomption. Alix sourit et se tourna complètement vers le vampire. Il avait désormais toute son attention. Elle n'avait jamais rencontré de vampire auparavant. Elle lisait beaucoup d'articles sur eux, et même avant ça, elle avait lu Stocker et Rice et Meyer !

"Il n'est pas aussi beau qu'Edward mais il est très envoutant" souriait-elle en attendant la suite.

Il était un vampire. Elle n'en revenait pas. Etre sorcier c'était déjà énorme mais être un sorcier vampire ! Parbleu ! Un vrai vampire qui ne vend pas des bières virtuelles et des T-shirts Iron Maiden par correspondance sur Internet !

L'humaine insouciante qu'elle était abandonna l'idée de trouver une baguette sur lui mais elle avait envie de voir ses crocs. Elle voulait savoir si tout ce qu'on racontait à leur sujet était vrai. Ils ont peur de l'aïl et des croix, ils ne peuvent pas entrer dans les maisons où on ne les a pas invités, ils sont chétifs face à la kryptonite… non, c'est Superman… ils boivent du sang humain. Alix se demandait si le sang humain était meilleur pour eux que pour elle. Le sang avait un goût de fer et de sel. Peut-être que pour le vampire, il avait un goût semblable à la barba papa ou au snickers ! Ca serait formidable ! Elle avait enfin la chance d'avoir un vampire face à elle et elle pourrait lui poser toutes ses questions.

"Est-ce qu'il a déjà lu Ann Rice ? Qu'est-ce qu'il pense de Bella ? Elle aurait dû choisir Jacob ou Edward dans le tome 2 ?"

- Bon, bon. J’ai envie de te tuer mais je ne peux pas pour des raisons qui échappent à ta sphère de compréhension, ô humaine insouciante. Et je ne veux pas que tu parles de ce que tu as vu ce soir.

Alix grimaça. Pas forcément parce qu'il venait de dire qu'elle échappait à la mort pour une raison mystérieuse mais parce qu'elle venait de se souvenir que ce vampire était responsable de l'homicide du brave monsieur Perse. Il y avait différentes façons de se nourrir pour les vampires, ils n'étaient pas obligés de piper le sang de tous les humains qu'ils croisaient. Ca serait un peu comme si elle bouffait un snickers dès qu'elle en voyait un an dans la vitrine des magasins. Heureusement pour sa ligne elle n'avait pas cette gourmandise. Tuer monsieur Perse, c'était mal. En plus il avait tué un homme d'influence.

En regardant de plus près le cadavre à côté d'elle, elle se rendit compte qu'il n'avait pas de trace de morsure. Elle releva les yeux sur le vampire qui entre temps s'était allongé en face d'elle, de l'autre côté du corps de Perse qui symbolisait une bien funeste frontière.

Blablabla, il allait effacer sa mémoire des évènements qui s'étaient produits ce soir. Elle était sur le point de protester, jurant qu'elle n'avait pas envie de raconter ce qu'elle avait vu car au mieux personne ne la croirait au pire elle serait accusée du meurtre à sa place. Mais blablabla jusqu'à cette phrase qui la laissa perplexe :

- Tu vas devenir ma soumise.
- Soumise ? Murmura-t-elle intriguée. Qu'est-ce que…
- Ce qui veut dire… eh bien ce que ça dit. Tu seras un genre de serviteur. Je te préviens d’avance il est inutile de tenter de m’attaquer en me rouant de coups de poing, de pousser des hauts cris ou que sais je encore. Si tu me sers bien je te libérerais de ton contrat avec l’Opposition. Sinon… eh bien tu devines. Compris ?

Alix le dévisageait stupéfaite. Ce vampire n'était pas très futé car elle ne connaissait personne qui ne soit pas un peu demeuré ou kamikaze sur les bords qui lui demanderait en toute conscience et en pleine possession de tous ses moyens psychiques et mentaux de le servir. Monsieur Tristar pour exemple. L'homme ne brillait pas par son discernement sinon il aurait choisi quelqu'un qui ne provoque pas un raz de marée à chaque fois qu'elle est supposée le couvrir. Elle sourit à son vampire – il était devenu son² vampire depuis une minute – et passa au-dessus du corps de Perse en s'excusant une nouvelle fois de le bousculer dans son repos éternel et espérant que le paradis c'était joli et qu'il était bien arrivé près du petit Jésus.

"Si par hasard, monsieur Perse, vous arrivez un jour à communiquer avec les humains, pourriez-vous me dire si Jésus a eu des héritiers… désolée de vous déranger encore, hein, reposez en paix et saluez ma mère, elle me manque."

Elle se mit sur ses genoux tout à côté du vampire. Il sentait très bon. Plus elle s'approchait de lui, plus elle sentait son rayonnement mystérieux et aliénant. Elle essaya de se concentrer et de surpasser cette attirance qu'elle attribuait à son état de non vivant pour parler face à face. Par une inutile et naïve précaution, elle mit ses deux mains autour de son cou pour se protéger d'une attaque dentaire. Comme elle se trouvait peut-être un petit peu trop proche de lui et qu'il était susceptible de changer d'avis et de la boire comme une coupe de vin frais avant qu'elle ait le temps de dire "Wii", il valait mieux un petit peu de précaution que pas du tout.

- Déjà, entama-t-elle, à mon tour d'attirer votre attention sur ma carrure. Regardez-moi bien, monsieur le vampire, est-ce que vous trouvez que j'ai le calibre pour vous boxer ? Ensuite, franchement, j'ai du mal à porter les piles de dix serviettes sans les faire tomber. D'abord, je trouve ça extraordinairement pesant et, en plus, je suis d'une gaucherie du confine à l'infirmité. Si vous voulez que je sois votre serviteur, il ne faut pas vous attendre à des miracles… Vous l'avez dit vous-mêmes, je ne suis qu'une misérable moldue… ben vous ne savez pas à quel point vous êtes tombée sur l'une des moins dégourdies. Vous êtes vraiment certain que vous ne préférez pas me tuer ? C'est pas que j'ai envie de mourir, elle n'a rien d'extraordinaire mais j'aime bien ma vie, mais je ne voudrais pas vous garantir ce que je ne pourrais remplir même avec la meilleure volonté du monde. Surtout, je ne voudrais pas vous mettre dans l'embarras devant vos amis de l'Opposition.

Elle avança doucement une main vers son visage car elle avait envie de le toucher pour sentir sous ses doigts l'impression de cette peau lumineuse mais elle se ravisa car son cou était de nouveau à découvert. Elle soupira désarmée :

- Je peux enlever mes mains ? Je suis sûre qu'avec ou sans vous pouvez me terrasser sans problème…

Alix retira lentement ses mains en fixant la bouche du vampire. Elle espérait toujours voir ses crocs mais elle n'osait pas lui demander de faire la grimace pour les lui montrer. Se trouvant particulièrement prolixe, elle poursuivit d'une traite sans lui laisser encore lui répondre :

- Je veux bien être votre soumise, comme vous dites, mais est-ce vraiment la seule solution pour vous assurer de mon silence ? M'ôter la mémoire, c'est pas assez ? Vraiment, vous n'êtes pas précautionneux… Tuer monsieur Perse dans un hôtel en plein séminaire sur la macro économie entre sorciers et hum... mol... moldus… Vous saviez qu'il va au spa tout seul sans ses gardes du corps une fois par semaine ? C'est une des femmes de chambre qui me l'a dit. Vous auriez pu le cueillir demain matin car il y serait allé seul, comme chaque vendredi. Pour commencer, pour vous aider, je veux bien nettoyer la chambre de toutes vos empreintes… c'est dans mes cordes.


² clin d'oeil à tru blood ^^
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MessageSujet: Re: Blandices Défigurées   Ven 16 Avr 2010 - 18:32

La présence du cadavre si proche de moi m’ennuie. Sans avoir besoin de sortir ma baguette je le fais léviter jusqu’à la salle d’eau dont je referme la porte par le même moyen. Et puis je ris. Ce qu’elle vient de dire, le coup du paradis, c’est quand même très fort. Elle se trouve en face de l’individu qui est sans doute le plus vieux vampire d’europe, peut être du monde, est dans un lieu qui est en train de subir une véritable saturation par la magie noire et pourtant elle raconte des inepties à un cadavre. C’est totalement fou. Je ne peux m’empêcher de la jauger encore une fois, de m’attarder sur chaque détail de son corps, de chercher une baguette magique cachée, de me demander si un sortilège serait à l’œuvre qui me dissimulerait sa véritable nature. J’ai beau savoir qu’elle n’est qu’une humaine moldue, sa réaction me fait douter. Enfin, il est probable qu’elle soit folle, tout simplement.

Quand j’attire son attention sur ma… physionomie particulière, je ne note aucune altération majeure du visage. Si je n’étais pas moi j’ouvrirais la bouche en grand d’ébahissement. Mais enfin, tous les moldus du monde savent reconnaître un vampire maintenant, à cause de ce maudit Antarès. Mais pas elle ? Ou alors elle sait mais s’en moque ? Je n’y comprend rien du tout. Cette fille me plonge dans d’abyssaux abîmes de perplexité. Quand enfin je lâche le mot vampire je suis en droit d’espérer une réaction spectaculaire. Je me dis, ça y est elle va craquer. Je me dis qu’elle va bondir, pousser des hauts cris et tenter vainement de s’enfuir en ouvrant la porte. Bref qu’elle aura une réaction logique, prévisible, humaine, moldue.

Mais pas du tout. Je dois combattre mes yeux qui tendent à s’écarquiller. C’est proprement stupéfiant. Ou alors est ce qu’elle pense que je suis une sorte de gentil vampire ? Que je ne tue jamais ? Est ce qu’elle s’imagine que je suis comme certains enfants de la nuit honteusement travestis dans les contes moldus, que je bois du sang d’animaux non humains ? A l’intérieur de moi une froide colère fais soudain son nid. Cette fille est beaucoup trop confiante et je n’aime pas ça du tout. J’ai déjà établi qu’elle n’était qu’une moldue mais c’est d’autant plus insultant. Parce qu’enfin, ne se rend elle compte de rien ? Ou alors… elle croit peut être rêver ? Mais non. Sa réaction avec le corps de Pierce.

Ah ! Enfin je remarque de l’incompréhension et de la perplexité quand elle murmure le mot « soumise ». Eh oui ma belle petite moldue insignifiante, tu comprends enfin dans quoi tu t’es fourrée ? Tu vas enfin mesurer la gravité de la situation ? Visiblement pas. Elle me dévisage, interloquée, stupéfaite, mais pas horrifiée. Son expression… on dirait un instructeur dont la recrue a dit une sottise. Oui c’est ça, on dirait que j’ai dit quelque chose de particulièrement stupide. Mais qui est cette fille ?

Et là elle commence une longue tirade qui, je l’avoue, me laisse pantois. Elle veut que je la tue ou quoi ? Dans une telle situation une humaine normale aurait déjà vanté ses innombrables qualités, se serait déjà mise à genoux en disant qu’elle était la parfaite fée du logis et qu’elle serait la meilleure des serviteurs dont je pourrais rêver. Mais elle fait exactement le contraire. Oh j’y suis, peut être est ce une forme particulière de suicide ? Mais non j’en doute, si elle voulait que je la tue elle aurait eu un comportement beaucoup plus hystérique.

Captivé par l’incongruité de ses dires je n’avais pas remarqué son manège avec ses mains. Enfin un peu de peur. Mais c’est aussi ridicule que tout le reste. Je choisis de ne pas répondre et j’observe, stupéfait, sa main s’approcher de mon visage. Je me met légèrement en garde. Serait ce une chasseuse qui utilise une toute nouvelle méthode d’approche. Je me pose la question et prépare un sortilège informulé dévastateur. Mais non elle retire sa main.

Du coup je suis vraiment en colère. Elle me prend pour un foutu animal domestique ou quoi ? Ou pour un fauve stupide ? Elle se dit « je vais lui caresser le visage mais va t il mordre » ?! Je suis sidéré par son impudence, ses gestes irrévérencieux et par toute ce qui, en vérité, la concerne. N’a t elle aucun sens commun. Et puis elle n’a visiblement rien compris à ce que j’ai dit. Je ne compte pas lui effacer la mémoire mais insérer un sort qui l’empêchera de parler de ce qu’elle a vu. Précisément les sortilèges de mémoire sont très faciles à défaire. Mais je ne la corrige pas.

Cependant je perds le contrôle vers la fin de sa tirade. Elle, petite moldue, veut m’apprendre comment on tue ? Et pire, elle me confond avec un moldu et se propose d’effacer mes… empreintes ? Je suis sidéré ? Choqué. Jamais depuis plus d’un millier d’année un humain ne m’a parlé avec une telle légèreté, et ce n’est pas tant mon orgueil qui augmente la portée de ma réaction que l’inconscience de la fille.

D’un geste brusque je l’attrape par la taille et je la fais basculer sur le lit, me mettant au dessus d’elle, caressant son visage. J’espère que ça, ça provoquera une réaction de peur, sinon je ne saurais que faire. Car il est très important qu’elle ait peur sinon elle pourrait être amené à faire des choses stupides dans le futur. Il est également important que cette peur se teinte de haine, pour qu’elle ne soit jamais atteinte de ce que les humains appellent syndrome de Stockholm. Je lui murmure à l’oreille de la fille qui doit ressentir de plein fouet la fatale séduction qu’un vampire fait naître.


- Et pour les empreintes que je vais laisser sur ton corps ?

Je remonte son haut. Je suis excité c'est entendu. Je veux juste lui donner un avertissement, pas la posséder, mais j’avoue que sa réaction insolite et intrigante n’a pas été sans provoquer du changement dans une certaine de partie de mon corps. Néanmoins je me contrôle parfaitement. Lentement j’enlève ma cape et je me retrouve en chemise noire et pantalon, au dessus de la jeune femme dont le soutien gorge est découvert. Je plaque mes lèvres contre les siennes, débute un baiser langoureux, sa poitrine contre mon torse et fais mine de déboutonner ma braguette… avant de tout arrêter de m’allonger sur le lit à nouveau. Je murmure, d’un ton rauque, encore empreint de désir.

- Tu vois ? Je pourrais te posséder quand bon me semble, je pourrais aussi te tuer si je le désire. Ne l’oublie pas. Ton assurance est tout à fait… hors de propos. Sérieusement, tu crois vraiment qu'un million de gardes du corps comme ceux de ton monsieur Perse auraient pu m'arrêter ?
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MessageSujet: Re: Blandices Défigurées   Sam 17 Avr 2010 - 17:15

Alix eut à peine le temps de cligner des mirettes à la fin de son élocution qu'elle se retrouva allongée sous le vampire. Elle le regardait avec de grands yeux abasourdis. Quelle vélocité ! Si on comparait la célérité de ses réflexions et de ses gestes à celle d'un humain des plus standards, Alix représentait la lenteur absolue. En conséquence il était imaginable que sa lenteur paraitrait encore plus désespérante à un être qui se mouvait si rapidement. Pourtant, cette fois le décalage était justifié. Il fallut à Alix un peu de temps pour assimiler l'évolution de la situation:

"Il y a un vampire allongé sur moi."

L'assimilation étant faite, à la seconde même où le vampire était entré en contact avec elle, Alix avait. Alix. Avait… A… vait… Alixavait… bzzzzit… Alix. Alix aaaa-vait? Ouh-ouh, Alix ? Bon… Alix avait perdu toute capacité motrice et mentale. Le vampire avait comme absorbé l'autonomie, l'indépendance et la détermination qui définissaient la liberté d'un individu. Elle n'était plus qu'un magma en fusion dont la seule attribution était de ressentir. Elle n'était plus un corps, elle n'était plus une idée, ni une pensée d'être humain. Elle n'était plus un geste, ni une odeur, ni une personne. Elle n'était qu'un aspirateur à sensations et le vampire était soudain devenu tout ce qu'elle était capable d'aspirer.

Il y avait sa peau froide qui diffusait une odeur enchanteresse. Elle remplit ses poumons de toute cette effluence et essaya longtemps de l'emprisonner en elle de crainte qu'il ne lui soit plus jamais donné de pouvoir inhaler cet entêtant parfum. Elle dût quand même se résoudre à relâcher l'air parce qu'il lui semblait que morte elle aurait encore plus de difficulté à respirer que vivante. La douceur et la texture de sa peau la firent frissonner quand il l'effleura pendant qu'il relevait lentement son haut jusqu'au dessus de sa poitrine. Son corps s'était cambré malgré elle pour rechercher instinctivement un contact plus appuyé et plus prolongé avec toute la surface froide du vampire. Elle aimait ses yeux rouge sang. Elle se voyait dedans, au travers des flammes de l'enfer qui brûlaient dans son regard. Ses paupières s'étaient fermées et elle vécut en tri-dimension cet instant: sens, essence, puissance. Par un simple contact, il avait assailli toutes les écoutilles de son navire à flot et elle coulait.

Il attendait de la peur ? Elle n'eut que du plaisir.

Il pensait au syndrome de Stockholm ? Elle n'aurait su situer le pays sur une mappemonde mais, à cet instant précis, elle était capable de reproduire une carte topographique assez nette des plateaux, des vals et des monts du corps de son assaillant.

Sur l'échelle de Richter, elle aurait dit de lui qu'il était à 6 et passerait à 7 s'il osait glisser sa bouche en deçà de sa gorge qu'elle lui offrait sans s'en apercevoir en étirant son cou à quelques dangereux centimètres de sa mâchoire carnassière. Elle était à plus de 12. L'activité sismique s'accentua quand il posa sa bouche sur la sienne. C'était comme ça que les vampires tuaient leur proie ? Parce qu'elle se sentait dépérir. Ce désir lui faisait un mal de chien tant il saturait tous ses sens. Toutefois elle n'avait aucune arme pour le combattre. Mais il aurait fait bon mourir embrochée sur la houe aiguë de la luxure. Ca devait être une sensation invraisemblable de faire l'amour avec un vampire, avec la Mort elle-même. Si dans une caresse et un baiser résidait un sentiment similaire à l'écartèlement de tous les sens, à l'amarrage extrême aux frontières de l'être, c'est à dire, à la fin de soi, à la Mort, que devait-il en être d'un coït ?

Peut-être qu'elle n'allait pas tarder à le savoir parce qu'il lui prit de déboutonner son pantalon. Cette fois Alix essaya de se dégager mais la tentative était aussi vaine que Borg qui essayait de la faire virer. Impossible de se dégager car impossible d'en avoir l'envie. Elle voulait rester là, sous lui. Non ! Elle ne le voulait pas vraiment, c'était l'influence qu'il avait sur elle qui lui faisait croire qu'elle le voulait mais une petite voix au fond d'elle se révoltait. Elle ne voulait pas mourir. Elle ne voulait vraiment pas crever pour cause de coït avec un vampire. Ca ferait désordre sur ta pierre tombale: "ci-gît Alix Twain, morte pendant un orgasme avec le vampire de la suite 715."

Elle n'avait pas du tout envie de rejoindre Perse au paradis. Encore qu'elle pourrait peut-être demander elle-même au petit Jésus s'il avait des héritiers.

- Salut Jésus ! Est-ce qu'avant de mourir, tu as eu des héritiers ? On se posait la question sur Terre. Enfin, moi, je me la posais. Parce que je me disais… comment te dire sans te vexer ? A 33 ans… tout le monde a eu une petite aventure, non ? Avec Marie-Madeleine, tu ne vas pas me dire que… qu'il n'y a rien eu…? Tu peux te confier, tu sais, moi je suis morte parce qu'un vampire m'a fait monter au septième ciel. Dans tous les sens du terme, tu vois.

Deux faits quasiment simultanés eurent alors lieu. On ne savait si l'un intervint avant l'autre ou si l'un résultait de l'autre, toujours est-il que soudain Alix reprit conscience:

"Il est hors de question que monsieur le vampire me prenne sans mon autorisation ! Non mais ! J'ai déjà accepté de lui plier ses serviettes de bain ! Il va quand même pas me voler un orgasme cette ordure ! Je préfère encore boire des bières virtuelles avec EXxo2001 en portant des T-shirts débiles ! Dégage sangsue !"

Et soudain, avant même qu'Alix ait pu essayer de le repousser, le vampire se dégagea de lui-même et roula sur le côté.

Furieuse, Alix se redressa, remit son débardeur en place et s'assit sur le ventre du vampire :

- Ca va pas ? Vous avez failli me violer ! Encore boire mon sang, j'aurais compris ! Vous avez faim, je suis un repas facile, la tentation est grande. Mais me violer ? Qu'est-ce qu'ils vont dire dans ma famille s'ils apprennent que je me suis envoyée en l'air avec le vampire psychopathe qui a tué Perse ? Soumise oui ! Mais pas de sexe avec moi ! J'ai dit que j'étais d'accord. D'ac-cord. Qu'est-ce qu'il vous faut de plus ? Je ne vais pas signer un contrat de soumission…

"Je soussignée Alix Twain, autoriser le vampire Machin – comment il s'appelle ? – à ne jamais révéler les crimes dont elle aura été témoin, à le servir docilement jusqu'à la fin de ses jours – si proche soit cette fin – à lui apporter quotidiennement ses petits déjeuner au lit, à savoir des tasses de sang AB négatif, et à nettoyer ses capes avec un adoucissant hypoallergénique, ceci envers et contre tout, en échange de quoi le contrevenant s'engage à ne pas la tripoter sans son consentement."

- Je ne suis pas un sex toy, voyons… Vous devez être un sacré méchant dans votre genre !

Avait-on fait plus inconsciente ?

Alix avait encore les joues rosies à cause de l'épisode et elle ne niait pas qu'une partie d'elle avait été subjuguée par la beauté et l'attrait inexplicable que ce vampire représentait pour elle. Elle lui attrapa la main et regarda ses doigts un par un pour les examiner avec attention. Il avait des empreintes. Qu'est-ce qu'il racontait alors ? Elle lâcha la main et lui sourit avec tendresse. Pour être atteinte du syndrome de Stockholm, il fallait non pas savoir placer Stockholm sur une carte, mais se considérer comme un otage et compatir aux motivations de son ravisseur. Or, Alix ne se sentait pas prise en otage et ne ressentait aucune compassion pour le vampire sorcier. Elle avait spontanément envie de lui appartenir depuis la seconde même où ses yeux rouges avaient croisé les siens. Elle le désirait ardemment car c'était peut-être la chance de sa vie de sortir d'un quotidien idiot où elle n'avait envie de rien – même la Wii Step ça ne comptait pas. Pour la première fois depuis longtemps, elle voulait quelque chose. Elle voulait rester avec ce vampire.

- Vous m'avez fait peur, vous savez, avoua-t-elle embêtée mais, parallèlement, on avait comme des difficultés à deviner la définition qu'Alix donnait au mot "peur" tant elle avait sur elle une manière singulière de s'exprimer. C'est pas gentil mais je vous pardonne, ça ne doit pas être tous les jours facile d'être un vampire. Moi, monsieur le vampire dont j'aimerais connaître le prénom, je m'appelle Alix Twain. Je suis enchantée de vous servir... Mais est-ce que tout ça veut dire que je ne nettoie pas vos empreintes ?

"Je lui demanderai un autre jour pour ses crocs…"
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MessageSujet: Re: Blandices Défigurées   Dim 18 Avr 2010 - 5:28

C’est la situation la plus absurde que j’ai jamais vécue. Les pulsions meurtrières augmentent de minutes en minutes et je me dis, en dépit de la logique, que finalement deux cadavres au lieu d’un, est ce que ça se remarquerait tant que ça. Comment la tuer ? Je lui brise le cou ? Je succombe à l’ivresse du sang et je la vide de tout son précieux liquide rouge ? Merde alors, si quiconque me voyait avec elle ainsi assise, sur mon ventre, sur un lit, dans une chambre, je pourrais faire une croix sur mes ambitions de dirigeant et sur l’élimination future d’Antarès. En temps normal j’aurais déjà écouté la violence qui se réveille depuis tout à l’heure, au cœur de mon corps, et je l’aurais envoyé voler contre le mur opposé. Mais la chose qui m’en empêche c’est que, depuis tout à l’heure précisément, je suis ébahi. Certains téméraires me défient mais pas elle. D’un autre côté elle ne tremble pas de peur non plus. Enfin elle a une réaction de tarée.

De fait, la première marque de contrariété lui vient quand je me lève sans tenir compte du poids plume assis sur mon thorax. Elle se retrouve projetée contre la rambarde du lit. Je n’en ai cure. Debout en face du lit j’envisage de lui infliger un endoloris en guise d’avertissement. Non, les sortilèges impardonnables laissent une trace trop forte. Des sorciers talentueux pourraient reconstituer une partie de ce qui s’est passé ici. Je serre les crocs. Je sors ma baguette je la pointe vers le lit où se trouve la jeune femme, je lance une série sorts informulées.

Diverses choses se passent en même temps. D’abord la jeune fille est projetée au sol par le lit qui semble faire, de lui même, une ruade. Ensuite le lit en question se refait, l’eau qui se trouvait dans le lavabo de la salle de bain et dans la baignoire disparaît. Toutes les traces de présences dans la chambre disparaissent. Toutes les cellules épithéliales que l’humaine laisse tomber sont désintégrées avant d’atteindre le sol – elle parle d’empreinte mais sait elle seulement que la créature inférieure qu’elle est perd sept cent grammes de ces fameuses cellules épithéliales en un an ? J’en doute. Quoiqu’il en soit les sorts jetés effacent toutes traces matérielles de moi même et de l’humaine mais surtout, beaucoup plus important, les sorts effacent toutes les traces de magie, y compris la leur. C’est comme si personne n’était jamais venu ici et que l’homme était mort tout seul.

La seule trace est une fille humaine et moldue que je vais emporter avec moi en partant, cantonner dans une maison bien gardée à Londres en la faisant trimer d’arrache pied et, quand elle sera morte, je ferais disparaître le cadavre. J’ai un sourire mauvais. Si elle croit qu’être la soumise d’un Opposant se résume laver le linge elle se trompe lourdement. Cela consiste aussi à tester les nouvelles potions et les nouveaux sorts. Généralement les esclaves divers deviennent rapidement fous quand ils sont au service d’un Opposant.

Mais bien sûr elle étant déjà totalement dérangée, elle ne souffrira pas vraiment des expérimentations. Qui sait, ça pourrait même lui redonner toute sa raison. Je vrille un regard mauvais sur la jeune impudente. J’ai vécu plus d’un millénaire et je n’ai jamais vu un tel mélange d’inconscience, de folie et d’idiotie. On dirait un petit animal sans rien dans la tête qui fonce au devant du danger. Ou un kamikaze japonais. Ou un shaman africain qui foncerait aux devant de dangereux esprits de magie noire. A la différence qu’elle n’a rien pour se défendre, sinon sa folie qui m’a trop ébahie pour que je puisse la tuer. Pour l’instant.


- Pauvre folle. C’est ta maladie mentale qui fait que je sais que tu n’es pas responsable de tes actes et c’est la seule raison pour laquelle je n’ai pas cédé à la colère en te tuant sur place et au diable les traces que ça laisserait. Tu t’imagines quoi ? Que les vampires sont semblables à vos contes de fée à la con. Pauvre idiote, pauvre niaise, j’ai vécu un millier d’année mais jamais je n’ai vu ni entendu parler de fille aussi désespérément inconsciente. Puis que tu sembles avoir pris plaisir à la démonstration d’il y a un instant, faudra t il que je te prouve à quel point un vampire peut faire mal pour que tu te décides enfin à prendre ta situation au sérieux ?

Cependant… minute. Une seconde, un instant s’il vous plaît, p a u s e. Si je ne me trompe pas… le sort que j’ai jeté plus tôt… elle aurait dû être soulevée dans les airs et y rester, pas être simplement frappée par le lit. Garder son calme. Garder son visage glacé. Bien. Je sens que j’ai toujours un air aussi mystérieux et impénétrable. Mais en fait une seule question… c’est quoi cette fille, nom d’un gobelin asthmatique – ce qui n’est pas courant parce qu’ils disposent d’un système de ventilation interne très perfectionné ! Elle serait… immunisée… contre la magie ? Je savais qu’une telle chose était possible mais… merde ! Pour être sûr je lance un sort sans utiliser ma baguette et sans faire aucun geste. Cela visait simplement à lui colorer les yeux en vert pomme. Aucun effet.

Je peste. Je rage. Je maudis absolument tout. Antarès, l’Angleterre, la France et la Navarre, les sorciers, les vampires, tout y passe. Je suis en plein conflit intérieur. Elle n’est pas dangereuse parce que mes capacités de vampire sont physiques et pas magiques néanmoins… quoique. Elle pourait être une arme utile contre Antarès. Une fille insensible à la magie pourrait supprimer les obstacles plus que n’importe qui d’autre. Et sans même parler de ça elle pourrait aller me chercher des artefacts défendus par des protections millénaires sans faire sourciller personne.

Après la rage j’entrevois un intérêt, un potentiel, qui dépasse toutes mes espérances. Cette fille est l’arme ultime. Elle peut m’apporter une puissance que je n’aurais jamais espéré acquérir en ce siècle. Surtout que, je l’ai bien remarqué, elle semble prendre son parti de la coexistance avec moi et ce n’est pas pour me déplaire puisque ça signifie qu’elle fera ce que je dirais. Doucement je m’approche d’elle. Même si la magie n’a aucun effet sur elle, le vampirisme dégage une aura qui n’est pas magique mais purement organique, un simple mélange chimique et biologique, aussi si elle n’est pas sensible à la séduction surnaturelle, nul doute que je lui fais de l’effet. Je lui carasse la joue doucement.


- Excuse moi, je ne voulais pas crier, tu comprends c’est inédit de rencontrer une humaine comme toi.

Puis je me détourne. Eh, faut pas m’en demander trop. Ce n’est qu’une créature inférieure point, si pour utiliser son formidable pouvoir je dois faire ami – ami tant pis. Merlin me pardonne, il est possible qu’elle soit si exaspérante que je ne me contrôle pas et que je le tue au bout d’un certain temps, mais enfin elle ne pourra s’en prendre qu’à elle même. Je reprends, de ma plus belle voix de velours.

- Je suppose que tu n’as jamais transpla… euh non en fait, je n’ai rien dit.

MERDE ! Alors là c’est un hurlement de rage qui déferle en moi. Je ne peux pas m’enfuir par transplannage d’escorte. Je m’assois en suspension dans l’air, hors de portée d’elle au cas où elle tenterait un truc absurde. Il faut que je réfléchisse. Comment rejoindre le point d’extraction dans les temps si j’ai un fardeau comme elle ? Comment suis je sensé passer inaperçu avec ça ? Je m’affale dans les airs. Un sort de lévitation ressemblant à celui que j’utilise nous ferait peut être sortir. Peut être qu’elle n’annule que la magie qu’on lui applique mais pas ma magie à moi de sorte que… rah. Trop hasardeux. Je ne sais que faire. On me porte un coup alors qu’aucun ennemi ne s’est avancé, et je reste sur le carreau
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MessageSujet: Re: Blandices Défigurées   Dim 18 Avr 2010 - 21:36

Le vampire se trompait sur un point essentiel : Alix avait peur. Mais ce n’était pas parce qu’elle avait peur de lui ou de ses réaction qu’elle subsistait à l’attraction qui émanait de lui. Son effronterie la mit une fois de plus dans une situation dont elle se serait volontiers passée. Elle avait énervé le vampire et il l’avait bousculé. Elle l’avait bien cherché.

Il lui démontra comme il n’avait nullement besoin d’elle pour nettoyer ses empreintes. Il savait faire les lits tout seul. Bah elle aussi ! Ils avaient enfin un point commun. Encore sonnée par la chute sur le sol, elle fut ébahie de le voir s’activer avec sa baguette. Elle qui n’était pas une rapide, on l’avait déjà souligné à plusieurs reprises, comprit cependant très vite que si la baguette brisée n’était pas la sienne… elle devait être celle de…

"Perse… Mon bon vieux Perse. Vous étiez un sorcier vous aussi ?"

La jeune femme n’osa plus faire un geste ni bouger. Il aurait été malencontreux de se faire cogner par un de ces objets volants qu’il remettait à sa place et de se trouver une nouvelle fois les quatre fers en l’air. Elle se recroquevilla sur elle en attendant que le vampire termine de ranger et plongea dans une autre de ses rêveries. Elle était silencieusement assise à table en face du vampire dont elle était en train d’apprécier les lignes de son torse qu’elle imagina telles qu’elle les avait senties lorsqu’il s’était allongé sur elle. Sa robe de chambre d’un tissu couteux et raffiné était légèrement entrouverte. Elle ne le regardait pas avec envie ou désir, elle le regardait grandement intriguée : un torse qui ne bouge pas, qui est solide et immobile comme la pierre. Blanc et lisse comme le marbre. C’était assez pour absorber toute son attention. Le vampire lui parlait de la liste des choses qu’elle devrait faire et elle ne l’écoutait pas parce qu’elle était distraite par ce carré de peau passionnant. Alors soudain le carré de peau disparaît. Alix cligne des yeux pour rechercher une trace de son vampire et le voici debout à côté d’elle avec ses yeux rouges menaçant et sa tasse de sang AB négatif dans la main. Il la lui verse sur la tête. Elle sursaute en écartant les bras pour regarder tout ce rouge qui dégouline sur sa blouse blanche.

- Tu ne m’écoutes pas du tout, misérable moldue.

Encore sous le choc, Alix ne trouve rien à lui répondre. Elle essuie son visage d’un air embarrassé et écarquille les yeux. C’était vrai, elle n’avait pas écouté… il lui semblait qu’il avait parlé de mettre l’Opposant à la machine à lavée et d’aller espionner le linge sale.

"Il a de drôles de lubies ce vampire. Pourquoi je dois espionner le linge sale ?"

Mais si c’était ce qu’il voulait, elle le ferait.
Elle se lève et retire sa blouse sans aucune gêne de se retrouver à demie-nue devant lui. Elle lui tourne le dos et s’en va vers la buanderie du vampire pour ajouter au linge sale à espionner son vêtement qu’il vient de tacher. Elle connaît très bien sa blouse, elle est certaine qu’il n’y a rien à craindre de sa part et qu’elle ne se formalisera pas d’avoir été tâchée par l’odieux vampire. Ca ferait un vêtement en moins à surveiller.

Puis, elle flâne dans sa maison à la quête d’une histoire, l’histoire de sa vie. Les vampires, quand ils sont vieux, ont un long passé, des centaines d’objets qu’ils entassent à travers les siècles qu’ils traversent. Il serait si fascinant de connaître la provenance et l’histoire de toute cette brocante. Elle traverse chaque pièce comme on tourne une page d’histoire pour arriver enfin à la salle de bain et prendre une douche pour retirer le sang AB négatif de son visage. Sous la douche, elle pleure un peu, malgré elle, sans trop le vouloir ni comprendre pourquoi. A chaque fois qu’il s’énerve, elle sent qu’elle le déçoit, elle se sent plus modique qu’un penny comme il dit souvent qu’elle l’est. Misérable. La misérable petit humaine.

"Pourquoi me garde-t-il ?
Il sait nettoyer les empreintes tout seul, je suis sûre qu’il a des milliers de sortilèges pour cuisiner, pour laver le linge, pour plier les serviettes, pour se servir des tasse de sang, pour tuer, pour torturer, pour blesser, pour humilier, pour vivre sa vie éternelle sans avoir une misérable humaine dans les pattes. Pourquoi veut-il faire de moi une Soumise qui ne lui sera d’aucune utilité ? Qu’il me tue et qu’on n’en parle plus !"


Alix se releva de sa position recroquevillée et sortit de sa rêverie. Elle avait rêvé, ça lui avait remis les idées en place. Il lui avait parlé pendant qu’elle méditait et tout comme dans sa rêverie, elle n’avait rien écouté. Elle craignit soudain qu’il se fâche encore et qu’il la balance par la fenêtre du septième étage, aussi ne dit-elle rien qui puisse la trahir et opina-t-elle du chef pour faire comme si elle avait bien compris ses paroles. A tous les coups, il venait de la traiter une nouvelle fois de bonne à rien, de moldue, d’idiote. Quelque chose dans ce goût-là. Etre rêveuse nous permettait parfois d’échapper à quelques nouvelles déceptions.

"Ce n’est pas un Edward, c’est un Volturi," conclut-elle.

Elle venait de créer son baromètre à vampires. Comme elle l’avait pressenti plus tôt, celui-ci était un vrai méchant. La vie serait insupportable à ses côtés. Il allait lui falloir un plan de secours pour ne pas sombrer dans la déprime totale si la garder avec lui était bel et bien ce qu’il avait décidé.

Mais en un geste il ébranla toutes ses certitudes. Il devint étrangement accort.
Alix qui ne se comportait pas comme un chien qu’on bat et qui revient pour chercher l’affection de son maître – puisqu’elle n’était pas un chien mais une misérable humaine – se méfia. On peut tromper une fois cent Alix mais pas cent fois une Alix.

C’était inédit de rencontrer une humaine comme elle ?

"Et alors ? C’était pas inédit de rencontrer un vampire comme lui ? C'est pas pour autant que je m'énerve moi !"

Elle resta par terre, encore charmée par la douceur de sa main sur sa joue. Heureusement, il la retira bien vite et elle retrouva tous ses esprits. Elle était fâchée, vexée. Elle en avait assez de ses jugements iniques. Qu’attendait-il de plus d’une humaine qui se retrouve coup sur coup témoin de l’assassinat de l’un de ses clients par un vampire et décrétée la chose dudit assassin sans aucun préavis ? Elle trouvait qu’elle avait très bien pris la chose depuis le tout début et elle n’allait pas lui lécher les baskets – non, il porte pas de baskets – pour lui faire plaisir.

Elle se releva et se dirigea vers la porte de la suite pour s’en aller :

- Je m’en fiche de vos excuses. Elles ne valent rien parce que vous me faites votre petit tour de séduction pour que je les accepte. Ça ne compte pas. En plus, figurez-vous que je sais très bien ce que veut dire "transplaner", je suis sortie plusieurs mois avec un sorcier. Il vous ressemblait… sans les canines. Vous avez des canines pointues ? demanda-t-elle subitement en se retournant vers lui au moment où elle atteignit la porte qu’elle ne tenta pas d’ouvrir. Vous dites que vous n’avez rien à voir avec les vampires de mes contes de fées mais il doit bien y avoir des similitudes… si je dois être à votre service, je dois comprendre votre fonctionnement, comment vous vivez, ce que vous voulez de moi… d’ailleurs, comme vous savez tout faire, dites-moi vraiment à quoi je peux bien vous servir ? A pas grand-chose il me semble. Si vous avez encore le choix, vous devriez choisir une autre Soumise. Je ne dois pas correspondre à la description du poste. Je ne corresponds à aucune description de poste d’ailleurs.

Cette prise de conscience l'acheva. Alix s’effondra au pied de la porte et enfouie son visage dans ses mains :

- Qu’est-ce qui ne tourne pas rond chez moi ? marmonna-t-elle affectée avant de se reprendre. Pourquoi j'attire toujours les sociopathes et les sadiques du monde entier ?

Elle releva le visage vers le vampire pour écouter ce qu’il avait à lui répondre ou s’il allait une nouvelle fois l’envoyer valser contre le sol. Elle y était déjà au sol… ça lui économisait une maltraitance.
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MessageSujet: Re: Blandices Défigurées   Ven 23 Avr 2010 - 19:13

Je ne suis pas spécialement cruel. J’ai connu des individus réellement cruels. Mon père depuis longtemps tombé en poussière par exemple. Il battait les gens pour le plaisir. Ou le roi Lothaire, qui m’était odieux. Comme un autre souverain de funeste mémoire, il prenait des gens, les mettait dans des cages et les suspendait dans une pièce pour qu’ils y meurent de faim dans un minuscule espace. L’historiographie populaire n’a pas retenu ce travers, moi si. Et ça ce n’était que des humains, que des moldus. Mais bien sûr il y avait aussi Lord Voldemort, de qui j’ai été un camarade, pour autant qu’on puisse l’être, pendant si longtemps. Lui n’était pas fondamentalement cruel, c’est juste qu’il pensait que la peur était un moyen d’affermir le pouvoir. Contrairement à ce que ses ennemis s’employaient à dire, il n’était pas un psychopathe sanguinaire. L’obscurité était juste la chose la plus puissante selon lui. Une opinion comme une autre.

Cependant même si j’ai côtoyé diverses terreurs au cours de ma longue vie, jamais je n’ai fait souffrir pour le plaisir sauf en de rares occasions quand la cible m’avait blessé personnellement. Pourtant je dois bien avouer que la tentation fut grande. Adolf Hitler par exemple, que j’ai rencontré pour qu’il me serve d’intermédiaire jusqu’à Gellert Grindelwald. Ce moldu là… oh, Voldemort était maléfique mais ce Hitler était l’incarnation du Mal comme seul un moldu peut l’être. J’aurais aimé qu’il souffre mille morts sur la lame acérée de ma colère mais ça n’a pas été possible. Et puis à des degrés divers j’ai voulu du mal à nombre de personnes.

Eh bien là je sens que je vais finir par vouloir du mal à cette petite conne complètement folle et insensible à la magie. Assis en tailleur, en lévitation, je cherche une solution de fuite. En réalité j’en ai déjà trouvé une qui pourrait convenir mais elle est risquée et ridicule. Mais enfin… je ne peux pas sortir par la porte car les protecteurs de Perse – je ne doute pas qu’il y en ait dans le couloir – me verrait et même si ils n’allaient pas oser attaquer ils diraient tout à leurs supérieurs. Je ne peux pas non plus transplanner à cause d’elle. Néanmoins… soupir.

Je redescends au sol et je jette un regard mauvais à la moldue. Le visage dans ses mains, l’air de chien battu, voilà une attitude moldue plus classique. Enfin non bon je suis de mauvaise foi. L’humanité, moldue ou pas, est dominatrice et malfaisante avec ceux qui sont plus faibles et pathétique avec ceux qui sont plus forts. Ca vaut même pour certains vampires. Enfin quoiqu’il en soit, je ne sais pas pour le dominateur mais à force d’être exaspérer elle va clairement me faire devenir mauvais. Seigneur Voldemort, quel était ce sort déjà, qui obligeait les… ah mais non. Pas de sorts. Merlin ! Vraiment quel nid à problèmes. Mon exaspération perce clairement dans ma voix.


- Vois tu petite moldue, il y avait, il y a quelques années de cela, un sorcier. Qui n’avait rien en commun avec ceux que tu peux imaginer. On l’appelait Lord Voldemort, et encore peu osaient prononcer ce nom, lui préférant la litote de « celui dont on ne doit pas prononcer le nom ». Il avait pour but l’élimination des sangs de bourbe ce qui était à mon sens une erreur mais aussi l’asservissement des moldus ce qui n’était pas bête. Sans parler de la domination du monde mais c’est le propre de tous les grands êtres.

Je marque une brève pause dans mon propos, songeur. Voulait il vraiment dominer le monde ? J’y réfléchis beaucoup ces temps ci et je ne sais plus trop. Je crois qu’il se serait contenté du trône d’Angleterre et d’un pouvoir d’influence à l’extérieur. Ou pas. Il était réellement assez difficile à déchiffrer.

- Et bref il se trouve que lui, il était réellement sadique quand il en voyait l’utilité. Tu n’as aucune idée de ce que signifie ce mot. Voldemort maintenait en vie des hommes et des femmes pendant des semaines en leur arrachant leurs organes et en leur inspirant des visions qui leurs faisaient perdre la raison. Alors, pauvre petite idiote, ne viens pas m’insulter car je pourrais aussi bien faire disparaître le corps de Perse, hacher menu le tien pour qu’il soit méconnaissable, qu’on le prenne pour celui de Perse, et que toi tu aies disparu. La seule chose qui m’empêche de faire ça c’est que c’est trop salissant. Compris ?

Bon et puis aussi ça ne tromperait pas très longtemps les enquêteurs Opposants. Néanmoins si elle croit que je peux lui infliger des supplices innommables sur l’instant c’est mieux. Nouveau soupir. J’ôte le sort de fermeture d’une fenêtre de la suite. Je regarde en bas. Il se trouve que la face ouest de l’hôtel, celle de laquelle je me penche, est concomitante d’une petite rue actuellement déserte. Je jette un coup d’œil rapide à la moldue. Tout réside dans le postulat qui va suivre. Je pense que même si elle est insensible à la sorcellerie, si je fais apparaître un objet normal par sorcellerie, ledit objet agira sur elle de façon normale et qu’elle ne va pas le faire s’évaporer, puisque là ça serait de la magie. Tout comme précédemment le lit a bougé et l’a frappé et qu’il n’est pas devenu insensible à ma magie parce qu’elle était dessus.

Théorie vraisemblable, probable même, mais pas absolument certaine. Il y a un petit risque. Mais je n’ai pas vraiment le choix puisqu’il reste à peine trente minutes avant que mon faux mr Perse débarque ici. Le plan étant décidé je me met en action. Je commence par faire disparaître le cadavre. Ensuite je fais un geste de baguette. Et aussitôt une moquette de plusieurs dizaines de centimètres, d’un incomparable moellonnage envahit la petite rue sous les fenêtres de l’hôtel. Je pourrais y faire tomber un set en cristal qu’il ne serait pas endommagé.

Maintenant, moment redouté. Je regarde la fille. Je soupire une troisième fois et je parle très lentement, détachant bien mes mots, tentant d’être un vampire aimable et charmant ce que dément ma criante exaspération.


- J’ai fait apparaître une moquette dans la rue. Capable d’amortir le choc d’une statue de verre creuse jetée depuis un nuage. Dix fois mieux que ce que vos pompiers utilisent pour les gens piégés dans des immeubles incendiés. Ce qui tombe bien puisque toi, tu vas sauter de la fenêtre et atterrir sur la moquette. Tu n’auras rien. Ca sera sans doute même euh… amusant. Et il n’y a pas d’autres possibilité de toute façon, les autres accès étant bloqués par magie comme tu le sais.

Et là je ne suis pas peu fier. J’ai dû ruser. Puisqu’elle est insensible à la magie directe j’ai modifié la texture des portes. J’ai fait fondre le bois dans les rainures, j’ai fait apparaître de la colle extra forte dans chaque interstice, j’ai fait se liquéfier l’intérieur des serrures, etc. Le tout d’une main, sans baguette, discrètement et sans qu’elle puisse le voir et comprendre son insensibilité à la magie qu’elle semble ignorer pour l’instant. Je souris autant d’auto satisfaction que d’amusement devant la scène à venir.

- Allez, fais ton grand plongeon.
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