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 Le Moldu ou les Sentiments Empaillés

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Sacha de Lansley
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MessageSujet: Le Moldu ou les Sentiments Empaillés   Lun 12 Avr - 19:07

Avant propos


Cher journal,

J’ai hésité à te reprendre car tu fus pour moi le compagnon d’une époque naïve où je pensais qu’en confinant mes pensées, ma vie et mes désirs à l’intérieur de toi cela me les rendrait plus vraies dans la mesure où, même non partagés, les mots gagnent en puissance quand on leur donne une forme noire sur blanc. Or, rien ne devint jamais plus vrai ou plus faux après chaque ligne que j’écrivis en ton cœur de papier.

Relater mes affres, mes souffrances et mes non-dits n’avait aucun sens si ces secrets ne m’encraient pas dans une réalité, qu’elle fut la mienne ou celle des autres. Aucun sens non plus si leur addition en encre et en temps n’égalait pas en valeur la somme de tous mes tourments. L’accumulation des mots n’effleura jamais aussi bien que je l’aurais espéré la réalité de ce que je vivais. J’avais envie d’être réel et, au bout d’une centaine d’encriers, je n’étais ni plus ni moins que moi-même : un enfant de deux mètres, un mensonge éhonté, une vérité douteuse, une anecdote d’ivrogne, une table sans pied, un clown malade, un sourire défiguré, un épée de papier, un grain de sable brisé, une fleur inodore, un cancre travailleur, une métaphore défilée, un cartable vide, un adjectif sans nom, un verbe sans sujet, un néant incomplet. Un sentiment empaillé.

J’avais à cette époque une difficulté certaine à comprendre pourquoi je vivais et à accepter ce à quoi j’aspirais. Oui. J’avais, me semble-t-il, quelques aspirations. L’écrire, ce n’était pas assez.

Depuis, j’ai un peu vieilli et je songe que les mots écrits ne valent pas plus que ceux que l’on dit. Toutefois, je n’ai pas assez vieilli pour prétendre mieux me connaître et me comprendre car, s’il est des choses qui ont évoluées dans ma perception du monde et des gens, il en est d’autres qui sont restées intactes comme, par exemple, l’indifférence que je me porte. Et cela me fait toujours autant sourire de constater que plus je me fous de moi-même, plus les gens m’accordent un crédit affligeant.

Je me fous de moi mais pas de ce que je pense ou des raisons qui motivent mes actes.

Tout cela pour te dire, cher journal, qu’écrire ou non en toi, ne changera rien à ma vie et n’apportera pas de tableau plus clair des chapitres de celle-ci.

C’est très solennellement que je vais te déposer dans le fond de cette caisse en bois. Je suis très heureux d’avoir pu t’expliquer, enfin, après tout ce temps, les raisons de mon éloignement. Ce n’est pas la première fois que je romps une relation mais c’est la première fois que j’essaye d’en expliquer la raison à l’intéressé… N’est-il pas ironique que la seule rupture où je crois me comporter correctement soit une rupture avec un vulgaire objet?

Pour ma part, bien qu’au final tu ne me fus utile en rien de ce que j’attendais de toi, je ne te résume pas à un simple outil mais à un compagnon fidèle qui me prêta de l’espoir et gonfla secrètement mon orgueil quand je me démotivais face à la vanité des rêves que je faisais.

Adieu,
Salue-moi, camarade de papier.
Tu ne seras plus mon narrateur mais je te promets de ne jamais cesser de penser, même mal, même de travers, même sournoisement. Toujours avec détachement et ironie, je serai Sacha. Sacha de Lansley.


Le Moldu ou les Sentiments Empaillés

Il n’avait pas parlé depuis qu’ils avaient quitté Sainte Mangouste. Sa bonne humeur avait décliné dès qu’il avait vu le visage pessimiste du médicomage.

Cette histoire le tourmentait plus qu’il ne l’avait laissé paraître pendant ces dernières semaines. Les premiers jours, il avait consulté Baten Kaïtos en s’imaginant qu’il ne s’agissait là que d’une infirmité passagère. L’infirmité s’installa comme si elle se trouvait chez elle et étendit ses grandes jambes dans le quotidien de Sacha. Faisant des croches pattes à toutes ses habitudes.

- On ne sait pas d’où ça vient, Sir de Lansley. Les experts moldus nous ont transmis leurs résultats… il n’y a rien à signaler, vous êtes en très bonne santé et en pleine possession de vos moyens. Aucune fonction vitale endommagée. Aucune dégénérescence organique, psychosomatique, somatique, corporelle ou physique. Vous entrez dans…
- Ma sixième semaine. Cela commence à savamment m’exaspérer. Je ne vous demande même plus d’antidote, je ne veux qu’une explication. Quelque chose qui ne me fait pas regretter de vous payer aussi cher pour des noises.


L’homme avait rougit et s’était réfugié dans ses parchemins d’analyses qu’il hésita un moment à dévoiler à Sacha, lequel finit par lui arracher des mains. Il parcourut en silence les manuscrits :

« Nom du patient : Sacha de Lansley
Date de naissance : 20 janvier XX à Newquay - Cornouailles
Symptômes : Perte des pouvoirs magiques – avec et sans baguette.

RESULTATS DES ANALYSES
- sorcières & moldues -

Analyses de détection mort subite : NEGATIF
Analyse d’hépatites : NEGATIF
Analyse des maladies transmises par les moldus : NEGATIF
Analyse de contamination sanguine diverses : NEGATIF
Analyse du virus HIV : NEGATIF
Analyse de contamination par morsure d’une créature magique : NEGATIF
Analyse de déficience psychomotrice : NEGATIF
Analyse de dégénérescence des fonctions magiques par maléfice longue distance : NEGATIF
…NEGATIF
…NEGATIF
…NEGATIF »


Sacha avait tourné les talons sans adresser une parole à Charlotte ou au médicomage.

Ils avaient fait le trajet en voiture - ce à quoi Sacha commençait à s’habituer -, et la forteresse qui le séparait du monde des sorciers grandit à mesure qu’ils approchèrent de la Mansion.

Sur le perron, Emmanuel Grape les attendait. L’homme savait que ce rendez-vous était le dernier d’une très longue série. Sacha avait misé tous ses espoirs sur cette ultime rencontre. Prêt à entendre : "Vous allez mourir demain. Désolé." Cela valait mieux que l’ignorance.

Il passa à côté d’Emmanuel, les mains dans les poches, le visage renfrogné:

- Je suis un moldu, lâcha-t-il, laissant l’intendant voir avec Charlotte les détails de cette matinée cauchemardesque.

D’une humeur lamentable, il s’était assis dans un canapé de l'immense salon pour lire un grimoire sur les magies anciennes afin d’essayer de trouver une manière d’entrer en contact avec Juge Lara Impartial pour lui demander si la perte de la totalité de ses pouvoirs pouvait avoir une relation avec la juxtaposition des siens. Il était si désespéré qu’il songea même à contacter Isis Kitlee pour qu’elle témoigne de la façon dont elle avait survécu à cette anomalie.

La série des mauvaises nouvelles s’allongea quand la porte sonna.

'Bouse. J’avais oublié...'

A la porte, la voix d’Elinor: « Choup’! Je suis en retard! Je dois filer, je te laisse la terreur! Bon week-end! Bise, Emmanuel... prenez soin de mon petit monstre. »

Quelques secondes après, la porte claqua, Emmanuel amena Noah. Petit short blanc et t-shirt vert à capuche. La météo était à l'été.

- Papa! C'est Noah! Prit-il le soin de préciser des fois que Sacha ne reconnaitrait pas son propre fils. Il adorait quand Noah se présentait. C'était d'une candeur enfantine qui s'effacerait avec le temps. Le genre de détails dont il fallait profiter maintenant. Régard’!

Fier comme un paon et tout excité, Noah courut vers son père pour prétendre au câlin paternel de bienvenue. Sacha prit le débordement enthousiaste de son fils avec maladresse. Il l’aimait plus que tout mais il était difficile en ce moment d’être un papa gâteau.

- Régard’! L’eau elle peut voler avec Noah ma’tenant.

Il n’était pas rare qu’Elinor lui écrive régulièrement pour l’avertir que le petit développait un nouveau pouvoir ou de nouvelles connaissances épatantes sur la magie. Cela lui faisait parfois peur alors elle demandait à Sacha de bien vouloir faire une leçon à Noah afin de l’aider à domestiquer ou réprimer ces pouvoirs.

« Non, Noah. Avec le feu, on n’a pas le droit de brûler les peluches des copains… sauf si elles sont vraiment moches.
- C’était pas belles les pélusses.
- Alors, c’est bien. Mais maintenant on va apprendre à ne pas brûler les peluches qui sont belles.
- D’acco’… qu’est-ce qui fait Noah?
- Noah, il fait attention et il regarde papa… Feu… pas feu… feu… pas feu... A toi, fils. »
Sacha se méfia face à l’excitation de Noah. Si sa nouvelle découverte consistait à incendier les cheveux de papa, il ne serait à même de pouvoir se défendre contre son propre fils.

Il eut raison de se méfier.

Noah pointa son index sur un vase pour faire sa démonstration. L’eau en sortit, laissant les fleurs assoiffée. Le contenu forma une boule compacte et flasque. Une petite planète Terre liquide. L’enfant la fit traverser la pièce jusqu’à son père pour la lui offrir en cadeau. Quand la boule d’eau atteignit son niveau, Noah, heureux, s’applaudit. Sans le contrôle de Noah, la boule explosa sur la chemise de Sacha. Dépité.

- Charlotte... Murmura Sacha à bout de nerf. Charlotte… Sad

Sa belle madame de Lansley était devant lui.
Le ton piteux voulait tout dire.

'Help. Je ne peux pas.'

Sacha regarda l’état de sa chemise.

- Charlotte… Mim’… c’est au-dessus de mes forces.

Noah regardait la chemise de papa avec de grands yeux.

- ‘pati la bulle!
- Ouais. Partie, la bulle. Papa parti aussi, Noah, si tu continues. Pas de magie ce week-end, c’est d’accord?
- C’est d’acco’!


Comme ses grands yeux noisette flamboyaient d’une lueur que Sacha connaissait bien pour l’y avoir placé lui-même à force d’une éducation appliquée sur l’art de la duperie, il savait que ce regard était tout sauf un « d’acco’ ».

'Je ne vais pas survivre à ce week-end…'



Walked out this morning
Don't believe what I saw
A hundred billion bottles
Washed up on the shore
Seems I'm not alone at being alone
A hundred billion castaways
Are looking for a home
(Police)

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MessageSujet: Re: Le Moldu ou les Sentiments Empaillés   Mer 14 Avr - 1:29

~† Elle n'avait pas dit un mot. Assise dans la voiture, le visage fermé et tourné vers la vitre et son paysage qui défilait. Elle n'aimait pas vraiment ce moyen de locomotion, elle trouvait que c'était une perte de temps. La voiture... Même, tout ce qui était moldu. Le transplanage était tellement plus pratique. Mais elle ne voulait pas user de trop de magie devant lui. Elle ne voulait pas le narguer avec ses sorts quand lui ne pouvait pas sortir une étincelle d'une baguette magique... Alors elle se taisait, ne disait rien et acceptait la voiture avec un sourire désolé. Cela faisait déjà six semaines qu'il avait perdu ses pouvoirs. Comme lui, elle avait pensé au départ que ce n'était que passager, que cela reviendrait. Mais cela ne revenait pas. Et cela faisait déjà six semaines. Si elle avait pu, elle lui aurait donné toute la magie qu'elle avait en elle. C'était idiot parce qu'elle se serait retrouvée tout autant désemparée que lui... Mais si elle avait pu, elle l'aurait fait. Parce qu'elle voyait comme cela le rongeait, et elle ne pouvait rien y changer...

Ils étaient revenus à la Mansion, où Emmanuel les attendait. Elle avait baissé tristement les yeux lorsque Sacha avait annoncé qu'il était un moldu, avant de s'enfuir vers le salon. Patiente et désabusée, elle avait expliqué à Emmanuel qu'elle avait lu, à Sainte-Mangouste, au-dessus de son épaule que tous les tests étaient négatifs et que, médicalement parlant, rien ne clochait. Pourtant elle ne se résignait pas. Ce n'était pas normal que ses pouvoirs aient disparu comme ça, comme par magie aussi subitement. Elle ne voyait aucune raison, pas de changement particulier qu'elle n'avait noté. Aussi pensait-elle que ses pouvoirs reviendraient aussi brusquement qu'ils n'étaient partis. En attendant, il fallait simplement prendre le mal en patience et endurer la chose. Encore une fois, elle n'était pas à sa place, elle ne savait pas comment elle aurait réagi. Mais encore une fois, si elle l'avait pu, elle aurait échangé leurs places.

Elle ne se résignait pas et pour cause. Sur tout le trajet qu'ils avaient parcouru depuis l'hôpital jusqu'à ici, elle avait commencé à réfléchir. Son cerveau avait débuté une lente recherche sous-jacente qui ne la quitterait jamais jusqu'à ce qu'elle n'ait trouvé une solution. Elle avait pensé à essayer de contacter Juge Lara Impartiale évidemment. Après tout Sacha avait toujours ses pouvoirs, peut-être était-elle au courant de quelque chose ? Voire même, peut-être en était-elle la cause ? Peu probable mais à envisager. Un peu plus saugrenue, il lui était venu l'idée de convoquer Itchî, le petit Djinn, pour faire un nouveau vœu concernant les pouvoirs de Sacha. Enfin, totalement désespérée et toute neuve, une sombre pensée avait commencé à s'insinuer en elle. Celle qu'elle pourrait profiter de son statut de Soumise au sein de l'Opposition pour réclamer une nouvelle motivation... Après tout, elle était entrée dans l'Opposition pour deux ans en échange d'avoir l'assurance d'avoir un enfant sorcier. Les deux ans étaient passés et on lui avait refusé le droit à quitter le navire. Sous prétexte qu'elle en savait un peu trop, on l'avait passée Soumise. S'ils ne voulaient pas qu'elle parte, ils pourraient au moins considérer une nouvelle requête non ? Antarès pouvait décider de qui naissait sorcier ou non, peut-être pourrait-il faire quelque chose pour Sacha ?

L'idée n'était qu'un fœtus, elle ne voulait rien demander de plus à Antarès après s'être faite avoir ainsi. Néanmoins l'idée était bien là et s'il fallait en arriver à de telles extrémités, elle n'hésiterait pas. Elle ne savait juste pas quelle était la limite, à partir de quand elle se déciderait à essayer de trouver une solution concrète pour Sacha. D'un autre côté, demander à nouveau quelque chose à l'Opposition n'était peut-être pas une bonne idée, que les intentions soient bonnes ou non. Elle avait servi deux ans Antarès et tout ça pour quoi ? Être sûre qu'elle aurait un enfant sorcier ? La belle affaire si Sacha ne retrouvait pas ses pouvoirs. Voir Noah user de ses dons était déjà assez pénible, s'il devait en plus regarder un deuxième enfant sorcier grandir... Plus les choses allaient, le temps passait, et plus Charlotte se disait qu'elle avait fait un mauvais choix. Qu'elle n'aurait pas dû accepter le marché au départ, qu'elle avait fait tout cela pour rien. Et de voir là Sacha trempé par la magie de Noah, affligé de ne pouvoir rien faire...

La jeune brune retint un soupir, se contentant de lancer un regard désolé à Sacha après qu'il l'ait appelée à la rescousse. Résignée et agacée, elle leva sa baguette et sécha la chemise de son mari d'un informulé. Par Merlin, elle aussi avait oublié que c'était au tour de Sacha de garder leur gnome... Et Redgrave qui s'était déjà enfuie en courant, trop heureuse de retrouver sa liberté. L'image lui avait fait penser à quelqu'un déposant une bombe et s'enfuyant avant que celle-ci n'explose... Non, Charlotte n'aimait toujours pas les enfants. Elle avait entendu elle-ne-savait-plus-où quelqu'un dire qu'il aimerait les enfants le jour où il en aurait. Elle se plaisait à se dire que ce serait également son cas, d'ici là... D'ici là, ce n'était vraiment pas le moment pour que le petit Noah ne fasse une démonstration de ses pouvoirs (anormalement trop nombreux!). Les sourcils froncés, la voix de l'anglaise s'éleva, à la fois autoritaire et irritée.
†~


" Ce n'est pas un jeu Noah. Ton père a dit pas de magie ce week-end, et si tu désobéis... "

~† Eh bien quoi ? Que ferait-elle ? Si cela ne tenait qu'à elle, elle irait l'accrocher à un arbre par les pieds mais elle était sûre que le petit monstre parviendrait à s'en détacher. Ou bien elle le renverrait par hibou postal à sa mère. Ou bien elle en ferait cadeau au premier vampire qui passerait... Bon d'accord, elle exagérait, elle n'irait pas jusque là. Elle avait toujours du mal à accepter le petit garçon, mais comme les mois étaient passés, elle avait lentement assimilé que le gamin n'y était pour rien et n'avait pas voulu de cette situation. Par contre, elle avait reporté la rancœur qu'elle avait auparavant pour le bébé sur sa mère qui, elle n'en démordait pas, n'était pas toute blanche dans l'histoire... Toujours était-il qu'elle ne savait pas comment finir sa phrase sans énerver un peu plus Sacha. †~

" ... tu dormiras à la cave. "

~† Bon, d'accord, elle aurait pu trouver mieux. Et maintenant que les mots étaient sortis de sa bouche, elle les trouvait ridicules. Complètement. Mais il était trop tard. Elle tourna son regard vers celui de Sacha, haussa vaguement les épaules d'un air ahuri qui voulait dire "Bah quoi ? J'ai pas trouvé mieux". Et, pour éviter d'avoir l'air idiote plus longtemps, elle fit volte-face, attrapa le vase vidé de son eau, et se dirigea vers la cuisine pour le re-remplir. Pas de magie. †~

" Quelqu'un a soif ? "




    I keep a close watch on this heart of mine
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Sacha de Lansley
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MessageSujet: Re: Le Moldu ou les Sentiments Empaillés   Ven 16 Avr - 21:58

'A…? A la cave?... Mimoune… Amour de ma vie… il va te bouffer en deux secondes.'

Noah regardait Charlotte avec ses yeux interrogateurs en réfléchissant à l'endroit où pouvait bien se trouver cette cave merveilleuse où l'on pouvait s'endormir si l'on faisait de la magie. C'était une grande tentation pour le petit bonhomme.

Si en effet, pour un enfant moldu, la réclusion au sein de cette antre cauchemardesque restait synonyme d'une rupture temporaire et angoissante du lien parental, d'un rejet et d'une condamnation pour faute grave, pour le gnome sorcier, une cave apparaissait pour être un lieu mystérieux, proche du parc d'attraction, dans lequel tout le loisir leur serait donné de pratiquer la bêtise - et la magie - au terme de longues explorations interdites. Surtout dans la cave de son papa. De toute manière, il ne connaissait rien qui pût à la fois appartenir à son papa et être menaçant pour lui… même pas sa belle-mère qui lui était une femme avec un certain caractère mais qui s'avérait potentiellement rigolote avec ses grands yeux jolis et ses caves où on pouvait dormir.

Cave. Cette même cave, songeait Sacha, emplie de tous les trésors possédés naguère par ses parents et qu'il avait stocké à la mort d'Anthony pour n'avoir plus sous les yeux ces antiquités vétustes qui lui rappelaient une époque lointaine. Epoque où il était un fils. Epoque où il était encore sincère.

'Epoque où j'étais un sorcier…'

La cave des de Lansley, donc, où la Résistance s'évertuait à repérer Antarès et réparer ses crimes.

Sacha souffla avec amertume en regardant son imperturbable double qui avait sauté du fauteuil et courait joyeusement vers Charlotte, les mains tendues en avant pour se rattraper en cas d'obstacle imprévu. On avait beau savoir faire de la magie mieux que son père, quand on avait appris à se tenir debout depuis moins de deux ans, marcher droit n'était pas aisé.

Les deux menottes arrivèrent à la hauteur des cuisses de Charlotte vers la quelle il finit par lever les bras pour obtenir qu'elle le prenne dans les siens:

- Noah l'a soif ! Se réjouit-il d'être le premier à le confier. Avec de la pômme dedans? Tenta-t-il d'attendrir Charlotte en baissant l'intonation de sa voix qui sortit sans certitude mais avec beaucoup d'espérance. Noah était un séducteur de première et il avait parfaitement intégré quand prendre des pincettes pour demander quelque chose qu'il désirait vraiment.

'Les siens ils font pas des sats.'
'Les chiens ne font pas des chats…'


Sacha ne fut d'aucun secours à son épouse. Il referma les grimoires qui jonchaient la table victorienne et s'allongea dans le fauteuil, un bras sous la nuque et les yeux dans le vague. Il déprimait sévèrement. N'avait-il jamais été aussi abattu auparavant?

Il ferma les yeux et se repassa pour la centième fois les diverses situations qui auraient pu être la source de ce handicap. Premier symptôme connu de déraillement des pouvoirs… Nicobar.

Nicobar. 14 décembre 2011. Mission de niveau IV avec Lucy Stonemarten, aka Bla-Bla-Bla-McEwan.

Je reste à contempler le plafond en attendant qu'elle se réveille.
Elle ne se réveille pas.
J'aimerais bien qu'elle le fasse.
Pas qu'il est l'heure mais je reste moi. Sacha.
Sacha qui peine à ne pas avoir les idées polluées par le stupre dès qu'une occasion se présente.

Ca n'a jamais été la connerie qui m'étouffait, néanmoins, quoi qu'en ai jamais dit les journaux, je suis toujours resté d'une fidélité (presque) exemplaire depuis que je suis marié. Ce n'est pas une Etc-McEwan qui va rompre cela. Pourtant, elle me perturbe.


'Réveille-toi…'

Je me récite la prophétie du Centaure en latin pour oublier. Mon corps parle autrement. Et c'est certain, ce n'est pas le Centaure qui me fait bander.

'Putain… réveille-toi…'

Immobile sous son corps qui se réchauffe et me réchauffe, j'ai les pensées emprisonnées dans de vagues fantasmes que j'essaye les uns après les autres de tuer dans l'œuf. Additionné à la fatigue, et mes défense sont plus faibles, la chevelure de feu me consume. Quand même… tenir face à un révolver, un vampire et une armée d'Opposants, pour échouer lamentablement devant les seins de Lucy! Non, de McEwan. Merlin est injuste. Mais nous le savions déjà.

Ce à quoi je ne m'attendais pas fut qu'elle se réveillât et sourît.

Je m'attendais plutôt à une bonne baffe bien que je ne me sentais pas en faute.

Elle protège sa poitrine de ses mains et me dit:

- T'as des fuites spirituelles de Lansley…
'Hun?'
- J'entends tous ce que tu penses.
- Merde.

'Quatre mois plus tôt, la rouquine entend mes pensées sans que je ne m'en rende compte.'

20 janvier 2012. Deuxième symptôme. Maison Kaïtos. Anniversaire.

- C'est quoi?
- C'est Iman. Une petite fille.
- Fi'?
- Oui. Noah, t'es un bonhomme et Iman c'est…


Je dirige les yeux vers Enym qui tient Abel dans ses bras. Le brave Auror n'a pas l'air d'avoir plus de certitude que moi.
A côté du berceau, Baten Kaïtos hausse les épaules avec amusement. Il s'est fait une raison. Etant lui-même pourvu de capacités extraordinaires nous mettons cela sur le compte de la génétique sans avoir les connaissances nécessaires pour approuver formellement notre conjecture.
Enki arrive à son tour dans la chambre d'enfants de l'Ancienne maison qui voit se dérouler cet étrange rassemblement de papas. Le petit Jack essaye farouchement de se dégager de ses bras pour retourner auprès des plantes qui ne cessent de l'attirer pour mille raisons que nous ne comprîmes que récemment. Jack, semble-t-il, a la capacité de communiquer avec elles et de contrôler leur croissance.

Telle était la raison de cette agrégation paternelle. Merwick, Kaïtos, Youshenko, de Lansley et leurs rejetons.

Le but intime de cette réunion informelle dont aucune des mères n'est au courant est de protéger les quatre enfants en leur apposant la Trace. Trop de kidnapping ces derniers mois. Trop curieux que nos enfants sorciers développent de tels pouvoirs qui, à nos époques respectives, n'apparaissaient de manière tangible qu'aux environs de sept ans.

Nous observons chez Iman et son jumeau une capacité originale à pouvoir changer de sexe, passant certains jours de fille à garçon. Aujourd'hui, la petite Iman est une fille et Shaula est un garçon. La veille n'était rien de moins que l'inverse.

Noah et les éléments. Jack et les plantes. Les jumeaux et la métamorphose. Abel… Abel développe un pouvoir épatant qui consiste à freiner l'échelle du temps dès qu'il est contrarié. Nous avons gagné six minutes trente cinq au début de cette réunion tant il fut difficile de convaincre Abel de se laisser apposer la Trace. La vieille pendule lunaire d'Enym s'est arrêtée. Mais aussi les gens qui marchent dans la rue. Le nuage qui menace de pleuvoir. L'oiseau qui a presque atteint son fil. Le vent qui voulait renverser un pot de fleur du balcon de la villa d'en face.

- Sacha… à toi… enfin, à Noah.

Je prends Noah par la main pour le mettre en confiance tandis que Merwick s'en approche. Il lui appose la Trace suite à quelques gestes mystiques pratiqués avec cet étrange objet dérobé dans le département des mystères. Une sorte de louche en étain. Dès qu'un enfant s'en approche, l'objet émet une lueur différente selon le sujet puis s'éteint sans qu'aucun contact physique ne fût nécessaire.

Noah sourit en essayant d'attraper la louche mais Enym la fait disparaître d'un coup et frotte avec amitié le crâne de mon petit bonhomme.

- Bravo Noah, dit-il, tu as été sage.

Joyeux, il demande:

- Papa? i' peut avoir Iman, Noah?
- Tu dis quoi?
Dis-je subjugué par la spontanéité avec laquelle il a fait sa demande.
- Je voudrais Iman, je veux une Iman.
- Une sœur?


Il acquiesce. J'éclate de rire.

- Alors, ça mon vieux, tu vas devoir en discuter avec ta mère – et vu les circonstance, ça me parait mal barré – parce que de mon côté, Charlotte n'acceptera jamais de te donner une petite sœur.

Noah panique.

- Sarlotte?

Une lueur brille dans le regard de mon fils. Déterminée.
Je sais que la mémoire des enfants s'efface.
Il oubliera.

- JE VEUX UNE IMAN!

Premier caprice. Premier débordement depuis que j'élève mon fils. Je ne l'ai jamais vu dans un état pareil. Une flamme surgit de la paume de sa main. Enki et Enym réagissent très vite en écartant leurs fils de Noah mais Baten a deux enfants pas assez de bras pour les écarter tous les deux. Spontanément, je lance un sortilège à Noah pour éteindre la flamme mais mon pouvoir se… bloque. Je n'ai pas le temps de réfléchir. Tout va vite. Le berceau prend feu. Iman pleure. Noah arrête instantanément quand il entend les cris de la petite fille anamorphosis:

- Pas pleurer Iman… c'est pas méchant Noah!


Par un jaillissement lacustre d'élémentaliste, Baten - qui a laissé Shaula dans les bras d'Enki -, éteint les flammes tandis que j'attrape Noah à la volée pour le gronder. De peur. D'incompréhension de ne pas avoir su exhausser mon patronus entre lui et le berceau. De panique de découvrir que ces quatre enfants sont aussi prodigieux qu'imprévisibles et dangereux. Pour eux. Pour autrui.

- Désolé, Baten… finis-je par exprimer au Médicomage Général des Armées.

Il me fait signe qu'il y a eu plus de peur que de mal. Les enfants se mettent de nouveau à rire et à chahuter entre eux. Depuis ce jour, nous évitons de les laisser ensemble quand un adulte n'est pas en présence.

'Incapacité à contrôler mon patronus… ou incapacité à… ce n'est pas possible… me battre contre mon fils? Ce n'était pas ma volonté. Je voulais protéger Shaula. Protéger Noah…'

Troisième symptôme. 24 janvier 2012. Douvres. Impossible de scanner le cerveau de Salomé Decameron.

Quatrième symptôme. 9 mars 2012. Forêt d'Etat du Connecticut. Mission de sauvetage de Niveau IV d'Enki Youshenko. Perte de contrôle d'un Avada Kedavra. 17 morts dont deux femmes.


'J'étais dangereux… je…"

Ses flashes rétrospectifs prirent du sens pour la première fois depuis des semaines. Sacha réalisa que cela faisait maintenant plus de quatre mois qu'il ne maîtrisait plus complètement ses pouvoirs et qu'il était devenu aussi imprévisible et dangereux que les quatre enfants sorciers. Aussi dangereux qu'eux…

'Mais plus maintenant.'

Extinction totale des pouvoirs.

Il se redressa d'un bloc sur le fauteuil:

- Attendez… Charlotte… Une idée le traversa. Caduque. Laconique. Stupide. Critiquable. Mais pourquoi pas? Sa voix était bouleversée et douce. Et lasse. Juste… Noah, bonhomme, viens par ici. Toi aussi, Charlotte. Tu as ta baguette sur toi… je…

Sacha agissait avec prudence. Hésitation. Il ne voulait pas perdre la confiance de son fils. Il le prit dans ses bras et le serra de toutes ses forces. Un peu trop fort. Noah se plaignit gentiment en riant. Ca chatouillait, disait-il. Mais ça faisait mal, papa. Arrête sinon Noah il va plus respirer. Sacha le reposa sur ses genoux et scruta Charlotte d'un air décidé avant d'en revenir à son fils:

- Noah, Charlotte va essayer un sortilège sur toi mais ça ne fera pas mal. C'est juste pour vérifier si…

'Si tu parasites mes pouvoirs… ou si Charlotte est…'

-… Si Noah et papa sont sur la même longueur d'onde. Ou si Noah est devenu tellement fort que…

Trop difficile de lui expliquer et qu'il comprenne. Trop impatient d'essayer.
Le 'moldu' hocha le chef en direction de sa femme pour lui demander de s'accomplir.

- Un patronus, Charlotte. Rien de dangereux.

C'était sa femme. Il l'aimait d'un amour sincère. Elle en avait la marque sur elle. Et autour du doigt. Et peut-être même dans le sang. Il aurait tout fait pour elle. Jusqu'à s'arracher les tripes pour les abandonner à Antarès si tel était le prix réel de la liberté du monde où il aurait aimé vivre en paix avec celle qu'il aimait. Mais quand il lui fit cette demande, une recommandation rutilante et offensive brillait dans ses pupilles. Il n'avait pas le droit de la solliciter pour l'accomplissement d'une telle chose. C'étai vrai. Surtout si son regard lui disait: 'Fais-le, Amour. Mais blesse-le et je ne réponds plus de moi.'



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Charlotte de Lansley
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MessageSujet: Re: Le Moldu ou les Sentiments Empaillés   Lun 19 Avr - 22:20

~† De légers bruits de pas dont le rythme était typiquement celui d'un enfant qui court. Devant l'évier, elle était déjà en train de remplir le vase d'eau quand les mains de Noah arrivèrent sur ses jambes. Instinctivement, elle se crispa et se retint de justesse de se reculer d'un pas. D'un geste vif, elle baissa la tête vers l'enfant qui levait les bras vers elle. Crispation accentuée. Elle voulait bien lui donner un verre d'eau. Avec de la pomme dedans même s'il voulait. Mais qu'il ne la touche pas. Il ne pouvait pas lui demander de le prendre dans ses bras. Pas encore... Elle ne pouvait pas, c'était au-dessus de ses forces. Ce fut à son tour de jeter un regard vers Sacha pour l'appeler à l'aide mais il s'était allongé et ne faisait déjà plus attention à eux.

Impression de solitude... Merlin, elle n'allait jamais tenir tout le week-end. Elle savait bien que Sacha était perturbé par la perte de ses pouvoirs et tout ce qu'il voulait, mais s'il ne voulait pas qu'un drame arrive, il ne faudrait pas qu'il la laisse s'occuper de son enfant tout le week-end. Pour l'instant ce n'était qu'un verre d'eau, mais s'il se mettait à déprimer les deux jours sans faire attention, comme il le faisait maintenant... Elle ne tiendrait pas. Trop difficile. Elle sentait déjà cette part d'ombre en elle qui commençait à se révéler, à monter. Celle qui avait une rancœur et une haine infinie pour Redgrave. Elle n'était pas là mais leur fils oui et, immanquablement, ce serait vers lui que se tourneraient ses sombres pensées. Elle avait assimilé que le gamin n'avait pas voulu de cette situation, et que comme elle il n'avait pas eu le choix. Mais il n'en restait pas moins qu'il était l'incarnation de ses "problèmes". Peut-être plus maintenant, mais il l'avait été à un moment de sa vie et elle ne pouvait effacer tout le ressentiment qui avait grandi en elle à son égard.

Pétrifiée, elle fixait les mains de Noah tendues vers elle. Arrêtée dans son geste, elle n'osait plus bouger de peur que le Diable en elle n'en profite pour sortir de sa boîte... Elle resta bien quelques secondes ainsi, aussi immobile qu'une statue. Jusqu'à ce que son attention ne soit détournée par l'eau qu'elle avait laissée couler et qui débordait maintenant du vase, heureusement posé dans l'évier. Elle stoppa un juron au bord de ses lèvres. Comme un réflexe. Pas devant les enfants, puis elle coupa l'eau. La seule parade qu'elle trouva pour échapper aux petites mains tendues de Noah fut de faire volte-face pour foncer sur le meuble qui contenait les verres. De dos à tout le monde, elle en profita pour fermer les yeux un temps et inspirer profondément. Lorsqu'elle se retourna, l'ébauche d'un sourire poignait sur ses lèvres. Elle attrapa le sirop de pomme, en versa dans le fond du verre, avant de revenir vers l'évier pour compléter avec de l'eau. Elle s'apprêtait à tendre le verre à Noah quand Sacha la stoppa dans son élan d'un mot.

Elle suivit plus lentement le bambin jusqu'à son père, déposant par la même occasion le verre sur la table du salon. Sacha s'était redressé, rigide, et elle n'aimait pas trop l'expression qu'il avait. Devait-elle s'inquiéter ? Et que voulait-il qu'elle fasse avec sa baguette ? Noah se plaignit d'être serré trop fort. Pourquoi Sacha le tenait-il si près de lui ? La sentence tomba : il voulait qu'elle lance un sort au gamin. De nouveau, Charlotte se crispa. Sur la défensive. Était-il devenu fou ? Il ne pouvait pas lui demander de... Elle ne pouvait pas... Pas sans... Il voulait vérifier quelque chose. Oui mais non ! Qu'il trouve un autre cobaye ! Et la précision de Sacha sur le fait que le sort ne devait pas être dangereux, ainsi que son regard vigilant la firent plonger dans une colère sourde. A juste titre, car elle savait que Sacha avait raison de se méfier en lui demandant une telle chose, de soupçonner son côté sombre. Comme quelques instants plus tôt, elle se figea. La main fermement serrée autour de sa baguette, elle ne bougeait pas, luttant intérieurement. Ses yeux restaient fixés sur Noah et elle avait peur de lancer le sort. Même un Patronus.
†~


- Je vais le faire.

~† La voix d'Emmanuel sonna comme une délivrance à ses oreilles. Son regard était fuyant mais l'intendant put néanmoins y lire un merci. Elle s'effaça, se reculant d'un ou deux pas, et baissa la tête. Elle se mordit la lèvre. Elle s'en voulait de ne pas pouvoir lancer un simple sort sur Noah sans que cela ne devienne une question de vie ou de mort... enfin presque. Elle attendit quelques instants, le regard toujours baissé, mais rien ne se passait. Trouvant cela anormal, elle consentit à jeter un œil à la scène... Mais pas de Patronus. Les sourcils légèrement froncés, elle observa Emmanuel qui semblait perplexe et désolé. Il n'arrivait pas à appeler son Patronus ? Quoi, il avait perdu ses pouvoirs magiques lui aussi ?! C'était une épidémie ou... ? †~

- Je....

" Je vais essayer. "

~† Pour que Sacha puisse vérifier ce qu'il voulait. Mais aussi pour qu'elle s'assure qu'elle avait encore ses pouvoirs, bien qu'elle les eût utilisés il y a peu. Et elle se doutait que si son mari avait pris le... risque de lui demander cela, c'était qu'il avait quelque chose d'important derrière la tête. Peut-être en lien avec la perte de ses pouvoirs. Une seconde, elle inspira doucement pour se calmer, puis elle leva sa baguette vers Noah. Elle hésita encore un instant, et finalement son Patronus fit son apparition. Un dragon. Assez grand et fin. Des épines le long de ce que l'on pourrait considérer comme étant son dos. De longues ailes presque squelettiques. Immatériel. Elle s'était toujours demandée si la forme de son Patronus avait un rapport avec le métier de sa mère. En tout cas, la créature fantomatique s'interposait maintenant entre Noah et elle. Le Patronus pouvait paraître hostile. Mais il semblait également curieux et indécis. Il se pencha sur l'enfant, frôla sa joue... En réalité elle le retenait. Elle se retenait.

Sa cage thoracique se soulevait un peu plus que d'habitude comme elle respirait. Sa bouche était sèche. Ses mâchoires serrées. Craquera, craquera pas ? Pétrifiée à nouveau. Presque subjuguée par le spectacle qui s'offrait à elle : elle parvenait à ne pas blesser le garçon. Mais elle commençait à sentir cette chose insidieuse et dangereuse qui montait subtilement en elle, cachée derrière sa petite victoire... Aussi préféra-t-elle mettre fin au sortilège maintenant, faire disparaître son Patronus avant de ne plus parvenir à se contrôler. Elle espérait que ce serait suffisant pour Sacha. Toujours était-il que, non, elle n'avait pas perdu sa magie... Comme réveillée, elle se rappela de la raison pour laquelle ils avaient fait cette petite expérience. Elle se rendit compte que quelque chose clochait. Emmanuel n'avait pas réussi, alors pourquoi elle ? Baguette baissée, la jeune brune releva un regard confus vers son époux.
†~


" Où est-ce que tu voulais en venir ? "




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MessageSujet: Re: Le Moldu ou les Sentiments Empaillés   Mer 30 Juin - 21:23

- Noah te protège... il te fait confiance, dit Sacha sur un ton dépassionné. Presque abattu. Et en échange, il me punit...

Cette allégation remettait en question beaucoup de choses dans la vision que Sacha avait du monde. Et de lui. Qu’on le battît au fer blanc pour lui faire cracher son ego s’apparentait à une balade de convenance à côté de ce qu’il réalisait.

Noah protégeait Charlotte parce qu’elle symbolisait non seulement l’espoir de concrétiser son vœu le plus cher mais aussi la seule barrière entre ce vœu et sa réalisation. Ironie du sort, le vœu du père et du fils était commun mais le père avait décidé de bloquer son désir au détriment de sa satisfaction. Pour ne pas brusquer sa femme. Pour n’avoir rien à lui demander et dont la réponse aurait été un non. Un non qu’on ne discute pas et qui serait mal passé. Noah jugeait donc que Sacha méritait une mise en quarantaine pour avoir failli depuis tant de mois à l’assouvissement de ce vœu que tous les deux partageaient pourtant.

Une manière de transmettre à Sacha un message: ‘Si tu ne comprends pas, si tu n’assumes pas, tu n’as pas le droit d’avoir d’influence sur moi.’

Un père sans espoir, incapable de le comprendre ou de se comprendre. Seule Charlotte était à même de lui donner ce qu’il désirait et il l’avait compris le jour où il avait incendié le berceau d’Iman. Il protégeait Charlotte et il n’avait plus confiance dans son père. Faible. Acceptant les fatalités comme une averse qui s’éternise et contre laquelle on ne peut rien. Noah avait deviné avant Sacha le désir le plus profond de son père: être à nouveau père.

Si Noah n’était pas la cause directe de l’annihilation des pouvoirs de Sacha, il n’en était pas moins le catalyseur. Il révélait à son père que le blocage de ses pouvoirs avait un lien intime avec le blocage de son désir de paternité. Et si Noah se bornait à son tour à bloquer quiconque se mettait en travers de son chemin, c’était bien pour démontrer que contrairement à Sacha ces derniers temps, il était quant à lui maître et moteur de ses choix et l’un d’eux, aujourd’hui, était Charlotte... la fertile Charlotte.

Les sentiers spirituels de Sacha étaient encore désordonnés. Ses pensées chaotiques restaient plus proches du pressentiment que de la réflexion cossue. Il s’était redressé sur le canapé et regardait son petit bout d’homme le dévisager... l’épier. Comme s’il soumettait son père à un examen décisif: ‘Alors, t’as compris, papa? T’as compris ce que tu désires et que tu ne veux pas dire?’

Non... Pas complètement. Mais la pensée s’insinuait lentement dans son cerveau. Il prenait une leçon de vie de son fils et il n’était pas certain d’être tout à fait prêt à concéder à autrui le droit d’avoir plus raison que lui. Surtout si autrui avait quatre ans.

La réflexion de Sacha se conclut temporairement sur un soupir d’abandon alors qu’il se leva. Lourd. Raide. Il n’était pas prêt à partager sa réflexion. Encore moins avec la principale intéressée qui lui prit soudain l’envie de fuir de peur qu’elle perce trop profond le secret de son tracas.

- Parce que je... je n’ai pas... laisse tomber, finit-il par dire en se dirigeant vers le perron. Un grand bol d’air. Il en avait besoin.

Il marcha lentement, traînant le pas, jusqu’à la grande porte d’entrée du manoir et alla s’asseoir sur les marches, laissant derrière lui ouverte la porte par laquelle un courant d’air frais se faufila pour venir jouer avec les rideaux.

Devant lui, le domaine rayonnait sous les percées d’avril. Tant de grandeur, de richesse, de pouvoirs périmés et de beauté entre les mains d’un homme qui n’arrivait même pas à formuler tout haut ce qui le tracassait. Sacha vivait un déni qui paralysait jusqu’à ses pouvoirs magiques. Et sa vie conjugale – il fallait avouer que ces dernières semaines la vie intime du ménage de Lansley se résumait à un baiser sur le front de temps à autre. Il n’avait pas la tête à ça. Pour être honnête, il n’avait pas envie de toucher Charlotte parce que lui faire l’amour sans songer qu’à l’issue des caresses il aurait tant voulu être père ravivait la dénégation. Il culpabilisait en bien d’autres manières mais le blocage persistait même à cet endroit-là de son pantalon. Il avait empaillé ses sentiments de crainte que la vie qu’il y mettait dedans n’agite par trop de déception son cœur endolori. Il ne contrôlait rien. Son désir, sa tristesse, ses envies, ses besoins, ses pensées, sa magie. Comme cette fois avec bla-bla-bla McEwan. Alors il se privait. Il suffisait peut-être seulement de verbaliser les pensées qui l’obsédaient pour retrouver ses pouvoirs – et ses orgasmes – mais c’était bien trop dur. Trop dur de dire que...
Noah regarda Charlotte pour guetter ce qu’elle allait faire ou pas... pour s’enquérir de la manière dont il fallait réagir parce que...

- L’est triss’ papa? Demanda-t-il hébété à Charlotte en laçant sa main à la sienne.

Emmanuel approcha de Sacha à pas de velours et s’assit sur les marches à côté de lui. Le moldu avait enfoui sa tête entre ses bras et regardait en bas le marbre brûlant que des fourmis tentaient de traverser sans être vues. Noir sur blanc. Impossible de ne pas les voir. Elles grouillaient avec délicatesse le long des marches.

- Vous allez bien? S’enquit Emmanuel de sa voix suave.
- Non, pas vraiment, non.
- Pourquoi cette expérience?
- Je voulais vérifier mes présomptions.
- Quelles sont-elles?
- Noah me déteste...
- Puis-je en douter?
- Si ça vous fait plaisir...


Comme un enfant qui boude, Sacha continuait de parler sans relever la tête de ses bras. Emmanuel s’affairait à jouer les médiateurs pour son jeune maître comme il le faisait autrefois entre lui, Benjamin Crow et Anthony de Lansley.

- Ca ne me plaît pas beaucoup en réalité. Je n’aime pas douter de vous et je crois que votre fils non plus. Il vous le fait savoir à sa façon...
- Keutchy... dès que je suis avec lui, je bloque. Dès que je suis en situation de... hum... de ‘reproduction’, je bloque. Je panique,
termina Sacha en relevant la tête, se passant la main sur le crâne avec vigueur. Il me rappelle que... j’ai envie de...
- Envie de...?
- De rien. C’est pas grave.


Sacha se leva d’un trait et retourna à l’intérieur. Il se dirigea vers Charlotte et l’embrassa sur le front.
Certes, il était incapable de formuler à haute voix ce qui le tracassait, néanmoins il savait que c’était là, derrière son crâne, pas loin... Depuis plusieurs mois, il attendait des réponses à son handicap. Les réponses étaient couchées dans son crâne. Au bord de sa tête. Prêtes à bondir ou à déborder. Ce qui comptait, c’était qu’il avait compris... mais il n’avait pas à en faire pâtir son entourage – il pourrait toujours soulager ses frustrations sur Etc-McEwan en lui assénant ses provocations les plus infantiles.

- Mim’... Je crois que tu vas vivre avec un moldu encore un moment, confia-t-il polisson à Charlotte.

Un court temps. Noah resta prostré dans les jupons de Charlotte, intimidé par son père revenu avec un air décidé mais sans doute pas celui qu’il lui avait espéré. Le petit frère ou la petite sœur, pensait Noah, ce n’était pas pour encore.

- Merci, madame de Lansley... pour le sortilège, murmura-t-il en frottant la tignasse de son fils. - Toi, par contre, fils, je ne te remercie pas. Puis de nouveau à Charlotte: - Puisque mon fils a décidé de créer une sorte de conspiration et de refuser à peu près tout ce qui provient de moi, Charlotte, j’ai l’immense plaisir de t’annoncer que ce weekend tu es de corvée de baby-sitting. Bien entendu, je me tiens à ta disposition si tu as besoin de conseils.

Le jeune Noah n’avait probablement rien compris à ce que venait de raconter son père nonobstant, devant l’emphase retrouvée de son ton, il lui prit de sauter de joie et s’accrocher encore plus fort à la jupe de Charlotte:

- J’y reste avec Sarlott’!
- Tout à fait.
- Ouaiiis!
- Je te le fais pas dire...


Emmanuel passa dans le hall un peu plus loin, un sourire aux lèvres.
Il s’enfuit rapidement sous sa forme de corbeau. Volant à travers les étages pour éviter d’être l’arbitre de ce qui pouvait très vite dégénérer.

- Qu’est-ce que tu veux faire ce soir? Lui demanda Sacha.



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MessageSujet: Re: Le Moldu ou les Sentiments Empaillés   Jeu 8 Juil - 18:57

~† 'J'aimerais éviter de tuer ton fils' n'était peut-être pas la meilleure chose à dire, encore moins vu l'humeur maussade de Sacha en ce moment. Néanmoins, ce fut la première pensée qui traversa l'esprit de la jeune anglaise à la question "Qu'est-ce que tu veux faire ce soir". Inutile de dire que ses yeux s'étaient agrandis comme des souaffles quand Sacha lui avait annoncé qu'elle était de corvée de baby-sitting. Corvée de baby-sitting. Une nounou. La nounou de Noah. Mais il avait complètement perdu la tête !? D'accord elle avait réussi à lui lancer un sort sans le blesser. D'accord son envie de l'étrangler chaque fois qu'elle le voyait était passée depuis quelques mois. Mais tout de même... Nounou. Et pendant tout un week-end ! No way. Impossible. Elle n'allait jamais tenir. Et après, sur qui est-ce que cela allait retomber si un malheur arrivait, même de moindre importance ? Non, non, non. Elle ne voulait pas être de corvée de baby-sitting comme il disait, ni endosser cette responsabilité. Elle n'était pas nounou, elle était actrice. Ce n'était pas incompatible mais, dans son cas, elle était nulle avec les enfants. A part les faire asseoir avec un parchemin et un crayon pour qu'ils dessinent, elle n'avait aucune idée de ce qu'elle pourrait faire faire à un môme pour ne pas qu'il s'ennuie...

Les de Lansley père et fils avaient un problème ? Très bien, qu'ils le règlent entre eux, elle n'avait pas à payer les pots cassés ni à subir les dommages collatéraux. Seulement voilà, le fils n'avait que quatre ans. S'il avait été plus vieux, elle les aurait enfermé l'un comme l'autre dans une pièce et les aurait laissé là jusqu'à ce qu'ils aient discuté et réglé leurs problèmes. Mais Noah n'avait que quatre ans, alors cela allait être un peu plus compliqué... Parce que, oui, il devait y avoir quelque chose qui ne tournait pas rond. Quelque chose qui clochait. Elle n'était pas dupe. Depuis quand Noah la protégeait, elle ? Et depuis quand punissait-il son père, et surtout pourquoi ? Est-ce que c'était lui qui avait retiré ses pouvoirs à Sacha ?! Et pour toute réponse, elle avait eu le droit à un magnifique "laisse tomber". Non, elle n'allait pas laisser tomber. Pouvoirs ou pas pouvoirs. Déprimé ou pas déprimé. Sacha avait compris quelque chose ce soir, avec cette petite expérience. Quelque chose qui concernait sa perte de pouvoirs. Et elle ne le lâcherait pas tant qu'elle n'aurait pas compris elle aussi. Sa requête était légitime, après tout elle était punie presque autant que lui... Faire le trajet en voiture moldue, s'empêcher de faire de la magie, subir son humeur maussade... Et elle ne pouvait même pas se consoler au lit parce que, même là, ça n'allait pas fort.

Elle ne se plaignait pas. Elle comprenait qu'il était dans une mauvaise période, cela pouvait arriver à tout le monde. Et elle faisait tout ce qu'elle pouvait pour le soutenir. Mais s'il avait un indice sur ce qui causait ses troubles magiques sans rien faire pour l'arranger, là non. Dix minutes plus tôt il ne savait absolument pas ce qu'il avait et maintenant, il croyait qu'il allait rester moldu ? Elle n'était tout de même pas troll, et il aurait dû savoir qu'elle allait faire la corrélation, et qu'elle n'allait pas simplement "laisser tomber" après ce qu'il lui avait dit. D'un autre côté elle ne voulait pas non plus le brusquer, le forcer, le bousculer parce que, comme l'avait justement fait remarquer Noah, son papa était triste. Quand il était parti s'isoler, elle n'avait pas su si elle devait le rejoindre ou non. Encore plus paralysée par la petite main qui s'était glissée dans la sienne. Et, une fois de plus, Emmanuel avait pris les choses en mains. Elle n'avait pas bougé pendant leur discussion, ni à leur retour. Juste un froncement de sourcil quand Sacha lui avait annoncé qu'elle devrait encore vivre avec un moldu pour le moment. Pourtant, le froisser et lui tirer les vers du nez de force n'était pas la solution. Elle optait pour réserve.
†~


" Je ne sais pas...
Peut-être aller voir un match de Quidditch. Ou aller manger une glace. Une fête foraine peut-être ? Ou simplement rester ici et profiter du soleil qui va se coucher.

Mais, avant ou après cela, j'aimerais comprendre. Comprendre ce que tu as compris avec cette petite expérience.
J'aimerais savoir si tu sais pourquoi je suis la seule à pouvoir utiliser ma baguette sur Noah. Savoir pourquoi tu penses qu'il te punit, et si cela a un rapport avec le fait que, toi, tu n'aies plus de pouvoirs.
Tu as deviné ou compris quelque chose et j'aimerais que tu me l'expliques. Parce que j'aimerais bien retrouver le vrai Sacha... et mon mari par la même occasion. Je ne parle pas de tes pouvoirs mais de tout le reste...
"


~† Un petit sourire pour faire passer la pilule. Elle ne l'accusait ni ne lui reprochait d'être déprimé. Elle-même ne savait pas comment elle aurait réagi si elle avait été à sa place. Elle lui faisait remarquer, simplement, que le Sacha qu'elle connaissait lui manquait. Son regard taquin et impudique lui manquait. Son sourire railleur. Même ses petites piques ironiques... Sans oublier son appétit sexuel qui fondait comme neige au soleil. Et ça, ce n'était vraiment pas normal... †~

" Si tu ne veux pas en parler maintenant je ne t'y forcerais pas, mais ce ne sera qu'un sursis. Tu le sais aussi bien que moi... "

~† La dernière chose qu'elle voulait était le braquer. Alors ce mince sourire tendre resta apposé sur ses lèvres tandis qu'elle levait une main délicate pour la passer dans ses cheveux foncés. Son geste était plutôt assuré et rassurant mais intérieurement elle était hésitante. Elle ne savait pas s'il n'allait pas la repousser ou Merlin savait quoi d'autre. De plus, elle ne pouvait pas exactement parler ouvertement avec Noah qui les observait et les écoutait, toujours accroché à sa jupe. Quand à sa promotion au poste de baby-sitter pour ce week-end, ils verraient cela plus tard. Une chose à la fois... †~

" Est-ce que tu as envie d'en parler Sacha ? "




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MessageSujet: Re: Le Moldu ou les Sentiments Empaillés   Jeu 22 Juil - 16:28

Sacha regarda sa femme sans s'armer d'expression particulière. Il laissa sa main s'enfoncer dans ses cheveux. Ses yeux étaient inexpressifs mais en lui tout pulsait. Il se retenait de beaucoup de choses. A présent qu'il avait compris, il savait ce qu'il retenait. Pourquoi il le retenait. Cela ne rendait pas la chose plus facile à vivre mais au moins rien n'empirait.

Il pesa brièvement le pour et le contre de toutes les solutions qui s'offraient à lui.

Un. Sa première Impulsion.

- Lâche-moi.

Il recule pour s'éloigner de son affection autrement il devrait céder à...

...Deux. Son Instinct.

- J'ai envie de toi, de plus de toi. Parce que moi je n'existe qu'en toi.

Ordonner à Noah de filer en vitesse. Ce qui suit n'est pas pour les yeux innocents.

Et trois. La Constance.

- Tu sauras, Charlotte. Mais pour l'instant, je n'arrive pas à le dire.

Tourner les talons, fuir, à l'étage, dans la salle de bains. Prendre une douche froide et frapper le mur parce qu'il n'était pas encore assez con pour se frapper lui-même.

Quatre. La vérité.

- Je veux un enfant.

Attendre le cœur battant qu'elle rougisse, bégaye, essaye de trouver une excuse minable pour lui expliquer sa carrière... que la vie... que pas maintenant... et puis le reste... des choses... ces trucs à la con qu'elle cache et qu'elle croit qu'il ne sait pas. Il fait exprès de les ignorer depuis qu'il a compris. Comme le reste. Parce qu'on vit très bien dans l'ignorance. L'ignorance ne blesse pas. La vérité tue. Sépare. Écrase. Pèse. On nous méprise pour la vérité.

Il s'était fait amoureux des vérités à une époque reculée où elle n'était qu'une arme pour blesser autrui. Il se prévalait d'être un miroir qui réfléchissait la vérité obscène des Autres. Comme elle était: crue, cruelle, réelle. Naturelle. Maintenant, il avait l'impression d'être son plus beau mensonge. Les mensonges étaient l'apanage des courageux. Il fallait beaucoup de courage pour avoir des mensonges et vivre avec dans l'intime espoir de ne pas blesser ou de ne pas faire fuir son entourage. Comme on se perd quand veut bien faire. Plus rien n'avait de sens. Vérité ou mensonge. L'un et l'autre était devenu conceptuel et hors de portée. Ce qui comptait, c'était elle. Devant lui.

Il visionna grandeur réelle ces solutions qui se jouaient devant lui en fantôme. Dans tous les cas, il la blessait ou créait un froid. Alors... autant la blesser le moins possible. Il choisit une solution bâtarde en se penchant sur son fils pour le prendre dans ses bras et l'embrasser.

- Monsieur de Lansley junior, il apparaitrait que tu as devant toi la seule femme devant laquelle ton père est une carpète. Il va falloir qu'on cause sérieusement toi et moi...

Il prit la main de sa femme et l'attira à lui pour l'embrasser. Pas un baiser sur le front qui fuit ses responsabilités. Pas un baiser profond qui se targue d'envisager plus. Un baiser sur sa bouche désespérée.

- Charlotte, je t'aime. Pour l'instant, c'est tout ce qu'il y a à savoir.

Il arqua les sourcils à la manière d'un reproche naissant, enjoliva ses lèvres d'un souriant murmure tandis qu'il posa sa main sur l'une des oreilles de son fils, appuyant légèrement pour l'obliger à poser l'autre oreille contre son épaule afin qu'il n'entende rien des paroles qui suivraient – et qu'il n'aurait probablement pas comprises de toute manière:

- Si d'ici le dîner nous faisons une partie de Quidditch dans le jardin, suivie d'une course en sac à citrouilles et d'une balle au prisonnier d'Azkaban, je crois que petit homme s'endormira dans sa purée d'épinards vers 20h00 et que nous aurons une soirée... Mmm, une nuit tranquilles.

C'était tout ce qu'il avait bien voulu retenir des sollicitations en demi-teintes de Charlotte. J'aimerais bien retrouver le vrai Sacha... et mon mari par la même occasion. Je ne parle pas de tes pouvoirs mais de tout le reste...

Le reste aussi lui manquait.



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