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 [Aberdeen] A little like hell

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Emreis McEwan
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MessageSujet: [Aberdeen] A little like hell   Dim 28 Mar - 18:50

[∞ 8 Avril 2012
∞ Une journée presque normale, avec jour et nuit, température de saison]




∞ Morgane

Il allait me détester de faire ça.
Pas seulement parce que j'étais entrée dans son atelier alors qu'il était sans doute parti faire une petite excursion nature pour se remplir les poumons d'air frais.
Pas seulement parce que la paume de ma main avait été irrésistiblement été attiré par une courbe de la sculpture en cours. Les artistes se rendent-ils compte combien le "NE PAS TOUCHER" est frustrant? Le bois sombre était doux sous mes doigts et ça aurait été pêché de résister à ça. Mon frère a un don pour en appeler au regard, au toucher, à l'émotion. Ses doigts sont magiques et je crois qu'il ne s'en rend même pas compte. Peut-être que le problème, c'est qu'à l'extérieur non plus, ils ne s'en rendent pas compte. Qui a besoin d'art aujourd'hui? Les gens veulent des sortilèges de protection, des amulettes, des armes qui les rendront plus forts que ceux d'en face. Ils cherchent la sécurité, plus la beauté. Mais sans beauté, le monde est triste et ne vaut plus la peine qu'on se batte pour lui. Moi, quand j'ai de la beauté sous les yeux, sous les doigts, je m'en empreigne autant que je peux et je la garde précieusement, comme un talisman, pour m'en rappeler, dans les moments plus sombres et pour me dire que, enfouie sous les décombres, la beauté triomphera toujours.
Mais si Emreis allait me détester, c'était surtout que j'allais l'extraire de son cocon confortable pour une petite virée allez savoir où. A rester cloîtré ici, il se repliait sur lui-même, à en oublier que l'être humain est un être social. Je n'aime pas le voir comme ça et il le sait. Trois semaines qu'il n'a pas fait un saut à Pré-au-Lard pour me faire un coucou. Des hiboux, ça oui! Il veut toujours tellement tout savoir. Et je sais qu'au moindre signe de déprime, au moindre "je m'ennuie", il transplanerait illico. Mais ce n'est pas ça que je veux. Ce que je veux, c'est juste avoir mon frère pour moi. Mon frère qui vient me voir comme ça, pour le plaisir et sans raison. Parce qu'il s'ennuie de moi. Pas parce qu'il est inquiet. Je suis exigeante et j'en suis fière.

A quelques pas de moi, Murtagh me regarde, sa tête légèrement inclinée comme il le fait quand il essaie de capter mes pensées. Et ce sourire-là, ça veut dire qu'il a compris. Il me connaît trop bien. Mais c'est aussi un peu pour ça qu'il est là.

Je contourne un buste masculin encore emprisonné dans sa gangue de bois. Une épaule est apparue, révélée par le noeud d'une branche polie, la clavicule se devine, de même que ce petit creux qu'on a à la base du cou et qui porte un nom que j'ignore. Les pectoraux. Les tendons fragiles de la nuque. Mais le visage est vierge. Je me demande si...

La lourde porte en bois de chêne grince doucement et je bondis deux-trois mètres plus loin. Emreis n'aime pas qu'on jette un oeil à ses travaux en cours. Une histoire d'intimité violée ou je ne sais quoi. C'est ça, aussi, de mettre trop de soi dans ce qu'on fait. Il en serait moins doué s'il ne le faisait pas. Il serait moins sensible s'il prenait plus de distance. Il est comme il est.

J'ai le temps de planter un sourire innocent sur mon visage avant qu'il ne capte ma présence.
Il ne lui faut pas longtemps. Ses yeux filent droit sur moi.


- Salut E.!

Oui. E. Prononcé à l'Ecossaise, ça donne un "ee" anglais vaguement accentué. Inimitable.
Murtagh n'a même pas pris la peine de se cacher.


- On vient pour un enlèvement.

Je souris de toutes mes dents mais il n'empêche que je n'en mène pas large.
Enfin, s'il est de mauvaise humeur, on le saura bien assez tôt. Let's see.





∞ Emreis


"On".
Traduit en langage morganien, ça veut dire "Murtagh et moi".

Qui est Murtagh?

Un ami invisible qui a résisté à l'abandon de l'adolescence.
Morgane l'a créé dès que... Non, il était même là avant. Il a toujours été là. Un compagnon d'enfance qui grandissait en même temps qu'elle. A cinq, j'étais déjà trop vieux pour être vraiment dans le coup et elle, elle a toujours eu besoin de se sentir entourée, comprise. Il lui faut vingt-quatre heures sur vingt-quatre une épaule sur laquelle s'appuyer et une oreille dans laquelle déverser ses secrets. Murtagh était juste là, à portée de voix, à portée de coeur. Jamais absent, jamais violent. Mais un peu jaloux et protecteur, allez savoir comment.
Murtagh a les yeux du bleu des lochs l'été et des cheveux de la couleur du ciel. C'est elle qui me l'a dit. Je suis le seul à connaître son existence. Les grands ne comprendraient pas. C'était sa grande phrase. Aussi, pour ses onze ans, je lui ai offert un chat. A Poudlard, elle en aurait besoin, quand il apparut clair que grandir ne la ferait pas renoncer à celui dont elle était le plus proche. Qu'elle soit un peu étrange, certes, mais qu'elle parle toute seule au milieu d'un couloir... Elle allait se faire bouffer à Poudlard, à cet âge où le moindre soupçon de différence peut vous exclure de façon impitoyable. Murtagh s'est donc trouvé doté d'un double animal qui prenait sa place aux yeux curieux.

Mais il faudrait plus qu'un Murtagh pour oublier l'intrusion de ma soeur. Elle le sait pourtant que c'est mon espace à moi où je n'ai pas à jouer, où je peux passer des heures à rêver sans risquer d'être dérangé. Les parents ne sont jamais venus ici même si la curiosité les démangeait. Surtout Ma. Mais Morgane... Elle sait bien que je suis incapable de lui en vouloir parce que ce petit bout de femme... enfin, elle le sait et elle en profite. Comme maintenant, candide et mutine, attendant un orage qui ne viendra pas.
Je fronce les sourcils, pour la forme mais le coeur n'y est pas vraiment. Je suis content de la voir. je m'ennuie d'elle pendant ses longues semaines où elle étudie. J'aurais pu prendre un atelier à Pré-au-Lard, elle aurait été ravie. Mais non, trop de monde, trop de bruit. Dans l'idéal, l'univers serait silencieux et désert.

Je me risque à relever sa déclaration.
A mes risques et périls.
Celui qui fera renoncer M. n'est pas encore né.


- Un enlèvement... voyez-vous ça! Et en quel honneur?
- Au nom de l'ennui et de la routine... Tu vas finir vieux avant l'heure, E.


Je ne relève pas.
Par moments, j'ai l'impression qu'on ne vit pas dans le même monde, elle et moi. Le problème, c'est peut-être que je ne vis pas le même monde que l'humanité quasi-entière. Ma tête me plaît plus que le dehors.
A chacun ses défauts.

Je fais mine de me remettre au travail, quand bien même nous savons tous les deux que je suis improductif quand j'ai des spectateurs. Même Morgane ne m'a jamais vu touché une gouge ou ma baguette.
Le temps passe doucement, comme entre deux personnes qui se connaissent depuis longtemps.
Je fais mine de prendre des nouvelles auxquelles elle fait mine de répondre. Je glane juste qu'elle a quitté Achille parce que Murtagh ne l'aimait pas. Retour au point de départ.

Finalement, elle s'impatiente la première. Evidemment.
Elle m'attrape par le bras et m'entraîna au-dehors, sans même jeter un regard en arrière pour voir si ce brave Murtagh suivait.
Depuis qu'elle avait obtenu son permis de transplanage, elle était devenu intenable.

Quand je finis de retrouver mon souffle et que le monde cesse de tanguer devant mes yeux, je reconnais les premières bicoques de la place d'Aberdeen. une odeur de vieille pierre que la pollution ne parvient pas à effacer me frappe le nez. A tout prendre, Morgane aurait pu trouver pire. râlons pour la forme.


- Le centre-ville... tu veux ma mort, M.?
- Un peu de shopping n'a jamais tué personne...


On devrait interdire cette lueur dans les yeux des filles dès qu'on parle de magasins.

- Pas. De. Magasin. Même pas en rêve, Morgane.

Elle stoppe en plein milieu de la rue, recevant une ovation de klaxon. elle sait soudain que c'est no-way, elle a reconnu ce ton dans ma voix. Le "tu vas trop loin" pour que je la suive.

- Dis-moi ce qu'on fait, alors., marmonne-t-elle, l'humeur vaguement maussade.

Un "on rentre" me brûle les lèvres mais je parviens à le retenir. Point trop n'en faut.
Plein d'espoir, je lance négligemment un:


- Café?
- Non. Cinéma?
- Non. Musée?
- Non.


On pourrait croire que nous sommes des habitués du monde moldu. On a juste fait cette scène des milliers de fois. Jamais à Aberdeen. Ca va finir par:

- On se balade au parc?

Va pour le parc.
Ce que je ne savais pas mais qu'elle savait parfaitement, c'est que dans ce même parc, il y avait une petite fête foraine. pas grand chose, trois attractions et deux manèges. Arrivé devant, je fermais brièvement les yeux. J'allais en être pour la Grande Roue.

A moins d'un miracle.


Dernière édition par Emreis McEwan le Ven 14 Mai - 13:51, édité 2 fois
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: [Aberdeen] A little like hell   Jeu 6 Mai - 19:25

De là à dire qu'un miracle pouvait apparaître sous la forme d'un grand truc tout roux et tout maigre, il n'y avait qu'un pas, que Mélusine effectua de sa démarche grandiloquente et enthousiaste. Elle décocha un grand sourire à Morgane, salua le vide pour faire plaisir à Murtagh (l'homme invisible avait finalement trouvé un nom et une identité, gardés secrets au sein de la jeune génération McEwan) et effleura la joue d'Emreis pour faire bonne mesure.
Les salutations d'usage étaient effectuées, on pouvait passer aux choses sérieuses.


"On monte?"

Un regard à la Grande Roue suffisait à expliciter sa proposition.
C'était tout de même fou que, par les temps qui courraient, des choses aussi banales qu'une fête foraine puisse encore exister. C'était bien. Mais fou. De toute façon, la folie frappait le monde entier, alors, un peu plus, un peu moins.

Mélusine pouvait presque prédire la réaction de ses deux cousins, comme s'ils avaient passé leur enfance ensemble. Et ce, malgré sa pas-douéettitude pour la Divination. Emreis allait se renfrogner, les yeux de Morgane pétiller. Le premier trouverait une excuse - aller chercher des glaces, s'intéresser de manière aussi soudaine qu'abrupte à la sculpture en bronze qui ornait la fontaine (il n'y avait ni sculpture, ni fontaine? Il trouverait quand même.) ... - quand la deuxième serait la première à se ruer au guichet pour réserver leurs places et demander si, par hasard, "ça ne pouvait pas tourner un peu plus vite". Emreis qui se serait laissé convaincre (deux filles versus un gars valait un "cours toujours, tu es minoritaire" et une abdication finale) monterait avec elle et, sitôt dans la nacelle, Morgane entamerait la danse des questions à laquelle elle-même ferait écho et auxquelles aucun des trois ne répondrait vraiment.

La suite des événements correspondit mieux aux prédictions de Mélusine que la météo locale aux montées et descentes de la grenouille le long de son échelle.

En parlant de montée... la Grande Roue s'éleva sans un grincement, doucement, avec une souplesse qui démentait sa taille imposante. Elle n'avait jamais compris comment ces trucs-là fonctionnaient et seule la certitude d'être une sorcière et donc, d'être au-dessus des petits accidents matériels communément moldus la convainquait de monter dans ce genre d'engin.
Malgré tout, que ce soit sur un balai ou sur un artefact moldu, elle éprouvait toujours autant de plaisir à quitter la pesanteur terrestre et à gagner les hauteurs. C'était comme ça depuis qu'elle était tout gamine. A défaut de pouvoir réellement voler de ses propres ailes, le moindre accessoire lui permettant de prendre de l'altitude était une invitation contre laquelle elle ne pouvait lutter. Il y avait pire comme vice. La seule conséquence qui aurait pu sembler fâcheuse à n'importe qui d'autre qu'elle était la mine ravie mais vaguement niaise qu'elle affichait la plupart du temps (notamment dans le cas présent où il n'y avait pas besoin de surveiller les cognards et d'armer son bras pour frapper à la moindre occasion). Définitivement, c'était agréable de prendre l'air sans contrainte.
Sans vraiment s'en apercevoir, son goût pour le Quidditch s'était transformé en une habitude quasi-répétitive. Elle ne prenait pas vraiment le temps de se pencher sur la question mais elle sentait qu'un jour ou l'autre, un petit quelque chose de rien du tout jouerait les déclencheurs et qu'elle claquerait la porte au nez du sport pour se lancer dans autre chose en temps qu'occupation officielle. C'était quand un hobbie devenait routine qu'il fallait commencer à s'en inquiéter. Il n'y avait rien de pire que de faire quelque chose comme ça, parce que c'était ce qu'elle avait fait la veille, parce que c'était une activité dans laquelle elle se débrouillait pas si mal et que c'était ce qu'elle avait toujours voulu faire. Mauvaises réponses. Fuir la banalité et changer de route avant de tourner en rond. Les choses n'en étaient qu'au stade de vague soupçon, d'infime pressentiment mais ça ne durerait pas indéfiniment. Tout plutôt que s'enfermer dans un train quotidien. Quelle horreur!


'Mais pour l'instant, profite!'

Sûr!
Et au diable l'air niais et enjoué!
La vie était faite pour être vécue. Et aimée.


« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
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MessageSujet: Re: [Aberdeen] A little like hell   Ven 14 Mai - 14:39

∞ Emreis

Les femmes sont pareilles à des oiseaux. Elles jacassent, gloussent, elles roucoulent.
Les deux mademoiselles M. ne manquent pas à la règle.
De leurs pépiements, je retiens surtout que Mélusine se trouve à Aberdeen, non par hasard, mais parce qu'elle avait des "choses" à faire ici. La connaissant, il pouvait tout aussi bien être question de vie ou de mort. Ou bien d'un concours de patacitrouille comme une occasion unique de glaner la seule carte de chocogrenouille manquant à l'appel de sa collection. Allez savoir.
Elle est, de toute façon, beaucoup trop têtue pour qu'on puisse en tirer ce qu'elle veut garder secret. Elle détourne, retourne l'attention dans un fouillamini de détails qui embrouille plus qu'il ne débrouille l'esprit. Au fond, tout au fond, je crois qu'elle a peur qu'on la prenne au sérieux et de ne plus pouvoir, ensuite, se défaire de cette étiquette. Elle aime qu'on la croit folle, s'en glorifie et s'en amuse.

C'est vrai qu'elle a l'air un peu folle alors qu'on se met en mouvement.
La Grande Roue s'élève et c'est la preuve définitive que les miracles n'existent pas. Le sol s'éloigne et mon malaise grimpe vers le ciel en même temps que nous. Je ne regarde pas en bas. Je sais ce qui se passerait, comme à chaque fois. Enfant, on me taxait d'un vertige maladif mais ça n'est rien de semblable. Le vertige, de ce que j'en ai saisi, c'est le mal de mer transposé en milieu aérien. la nausée, le ventre noué, l'impression de mourir un peu à chaque mètre gagné. Le monde qui tourne et se déforme.
Définitivement, je n'ai pas le vertige, juste l'appel du vide. Ce même syndrome qui m'a fait détester chacun des cours de Vol dispensé à Poudlard, quand je m'accrochais à mon balai comme à ma vie pour résister à l'envie, au besoin impérieux de monter toujours plus haut, pour tout lâcher. Pour planer durant un court instant d'éternité. Pour me sentir libre, parfaitement et définitivement. Et pour finir écrasé au sol, comme une banale crêpe.
C'est ça 'altitude pour moi: la peur de ne pas y arriver, cette nouvelle fois. Que ma raison s'éteigne pour obéir à mon corps qui en appelle au grand saut. L'immensité, sous mes pieds, quand la falaise se défile tout en bas et qu'un soupçon de folie me murmure que je ne risque rien à faire de pas de plus. Et que ce saut-là vaut bien tous les sacrifices.

Ce sera plus facile, alors que Morgane et Mélusine sont avec moi.
Les autres sont le meilleur des freins à l'impulsivité, à la spontanéité.
Il n'empêche qu'il serait tellement facile, une fois en haut, de me défaire de la ceinture de sécurité et d'enjamber la barrière dérisoire qui me séparerait encore du vide.
Et puis, qui sait, peut-être que je m'envolerais...

Il suffirait d'un instant pour oublier la pesanteur et les lois de la gravité, aussi, je me concentre sur elles. Il y a un moment que j'ai perdu le fil de leur conversation, de leurs monologues en écho. Elles n'ont rien remarqué. Elles sont tellement habitué à ce que je sois l'auditeur silencieux de leurs discours incessants.
Plutôt que de les écouter, je les regarde. Le langage du corps nous en apprend beaucoup plus sur les gens que leur langue qui s'agite. Ado, quand je m'ennuyais en cours, je m'amusais à regarder les couples du moment. Rien qu'à les voir, je pouvais estimer leur espérance de vie. La plupart du temps, ils rompaient ans l'intervalle prévu, à un ou deux jours près. Et ça marchait pour tout, les bluettes adolescentes étaient juste plus faciles à disséquer. Mais à observer un groupe d'amis, il était facile de deviner qui était le véritable meneur, qui était rarement, d'ailleurs, celui qu'on entendait parler le plus haut. Au sein d'une classe, aisé de savoir qui était celui, discret, qui avait la confiance des autres; où régnaient les tensions et les jalousies malgré les apparences. Et caetera. Les gestes sont toujours plus difficiles à pervertir que les paroles. Dommage que je ne me souvienne jamais de les observer chez les autres quand ce sont mes propres doutes et sentiments qui entrent en jeu...

Je connais Morgane presque par coeur, et, ce que je ne savais pas encore, je l'apprenais généralement de sa bouche. Aussi, je me fixe plutôt sur Mélusine que je vois trop peu ces derniers temps. Toujours à courir sans jamais se fixer. Elle a toujours été comme ça mais... Mais renoncer une fois sur deux aux réunions du McBand, c'était autre chose. Nous avions fondé le McBand quand ma soeur devait avoir 8 ou 9 ans. La musique est ancrée dans l'histoire familiale depuis des générations. A chaque gathering du clan McEwan, on sort les instruments et on affûte la voix. Très jeune, on a dû s'y mettre aussi. Xaël soufflait dans une cornemuse avant même de savoir parler. Mélusine a évidemment flashé sur le bodhran qui n'était qu'un autre moyen de défouler son agressivité et sa fougue naturelle. Quant à Morgane et moi, on avait touché un peu à tout. Certains sont polyglottes, nous étions polyphoniques. Et nous avions fondé le McBand, groupe officieux de la jeune génération McEwan. On jouait faux et on faisait plus de bruit que de musique, mais c'était un moyen idéal de se retrouver tous les quatre dans quelque chose de commun, malgré nos caractères relativement... opposés.
Et, depuis quelques mois, notre cousine n'était plus aussi régulière dans nos petites réunions improvisées. Je savais pourquoi mais ça ne m'empêchais pas de me faire du souci. J'étais inquiet. Je suis inquiet et Gwen, ma tante, aussi, bien qu'elle se taise.

J'observe donc Mélusine en silence et je vois dans ces traits quelque chose que je ne pensais pas voir de si tôt. Quelque chose que je n'espérais plus. Un soupçon de douceur qu'elle cache bien loin de la surface et qui n'apparaît que quand elle rit. Ou quand elle se croit seule, sans doute. Quelque chose qui lui donne de la force sans même qu'elle s'en rende compte.

Je l'es interromps toutes les deux sans même savoir la conversation que je coupe.


- Mélusine, tu es amoureuse.

J'en oublie même le vide.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: [Aberdeen] A little like hell   Jeu 27 Mai - 12:55

"Même pas vrai."

Et si ses joues s'enflammèrent, c'était juste parce que le soleil tapait trop fort.
La Grande Roue eut un hoquet, sembla s'arrêter l'espace d'un court instant, avant de repartir de plus belle. A une vitesse légèrement supérieure à la normale. Comme si le manège était au diapason de son cœur.
Elle ne s'arrêta pas sur cette impression fugace.


'Si c'est pas vrai, pourquoi tu te sens le besoin de démentir à tout prix?'

Parce que ça n'était pas une bonne chose de laisser autrui se bercer d'illusions. Emreis, sans être un grand romantique, avait l'air typique de celui qui vient d'apprendre une bonne nouvelle et qui se réjouissait pour elle. Il ne fallait pas le laisser dans l'erreur. Pas avec le "je veux tout savoir" qui s'étalait sur le visage de Morgane à grands coups de curiosité.
Elle n'avait jamais été du genre à raconter n'importe quoi juste pour faire plaisir aux gens.


'Bien sûr... Bien sûr...'

Bon. La discussion était close, alors?

'Pour selon que je suis une petite voix dans ta tête depuis plus de vingt-deux ans, je te trouve bien naïve... Si on parlait de tes rêves...?'

Ses rêves...
Ces rêves-là étaient des images, des sons et des odeurs, des goûts et des sensations. La vue, l'ouïe, le goût, l'odorat et le toucher. Ces rêves étaient les cinq sens. D'une simplicité déconcertante. D'une évidence vraiment flippante.

Extrait du carnet des rêvesUne journée d'automne, aveuglée de soleil.
Sa saison préférée, quand la nature se parait d'or et d'écarlate.
Elle flottait sur le dos, touche de banc sur l'immensité du loch. Les nuages redessinaient les personnages de ses histoires d'enfant. Là, la vieille Rabignac, tressautant autour de sa canne, à en faire fuir les épouvantails. ici! Mouche le dragon et la petit Lao aux grandes oreilles, en quête du mythique pot de confiture d'étincelles. Derrière eux, Plip, Plap et Plop, les trois grenouilles espiègles. Il y avait même Kaffaljidhma qui s'arracha du ciel pour venir danser sur l'eau. Ses arabesques faisaient naître des éclaboussures à la surface de l'eau qui s'évanouissaient dans l'air dans un léger tressaillement. Des algues jouaient à la surface, accompagnant la sarabande de Kaffaljidhma. Ces mêmes algues qui frôlèrent sa peau et s'enroulèrent à ses chevilles.
Lentement.
Lagoureusement.
Remontaient le long de ses jambes. Glissaient jusqu'à son ventre. Effleuraient son dos. Se reposaient dans le creux de son cou, dans une lente caresse végétale.
L'étreinte se resserra jusqu'à devenir cocon. Une immense chrysalide organique, au camaïeu de verts.
Et doucement, la nymphe s'enfonça sous la surface de l'eau. Elle aurait dû paniquer, elle le savait. Mais elle se sentait juste bien. Ou bien en accord avec elle-même. Depuis James, elle avait perdu un peu de ces sensations-là... Et puis quelle importance de mettre des mots là-dessus? Pourquoi toujours vouloir tout définir, en tronquant toujours la meilleure part? Les algues devenues lianes formaient d'étranges entrelacs aquatiques, faisant d'elle une drôle de créature hybride.
L'étreinte se resserrait encore, insidieusement à vouloir atteindre le point de fusion. Rien à faire, sinon s'abandonner.
Des petits points lumineux dansaient devant ses yeux. Des petites lucioles souriantes.
Les lianes devinrent chair et c'était son corps qu'elle serrait contre le sien à en oublier les frontières. Abolition des nationalités, ils faisaient état commun.

De retour sous les étoiles. Une grande clairière au milieu de nulle part. L'herbe chantonnait doucement. L'orage n'était pas loin.
Il était là, allongé à côté d'elle. Juste assez près pour qu'elle sente sa chaleur sans avoir besoin de le toucher. En silence. C'était un beau silence. De ceux, si rares, qui sont des états de paix à part entière et que l'on ne ressent pas le besoin de combler par des paroles ou par des gestes. De ceux qui ont de goûts d'éternité et qui sont tellement précieux.
Elle sentait son odeur, son goût, son lui et c'était juste normal. Naturel. Evident.
Elle aimait ce passage fait d'un rien qui était en fait un immense tout. Elle savait qu'elle serait en manque au réveil et se sentirait vide. Alors, elle étirait son rêve, y demeurait encore un peu et faisait marche arrière pour revivre ce moment. Encore. Et encore.

De retour sous les étoiles. Une grande clairière au milieu de nulle part. L'herbe chantonnait doucement. L'orage n'était pas loin.
Il était là, allongé tout contre elle. Juste sur son coeur pour sentir son sang pulser...

Intraduisible.
Les mots n'étaient là que pour planter le décor.
La Grande Roue tressautait au rythme de sa mémoire. Perdue beaucoup trop loin de la réalité, Mélusine était sourde au malaise de ses partenaires d'aventure.
Elle s'exilait elle-même dans ses paysages oniriques. Avec son compagnon au visage inconnu.


En silence. C'était un beau silence. De ceux, remplis de tellement d'émotion qu'il menacent de déborder et vous emporter, loin, dans un de ces endroits où le mal n'existait pas.

Mélusine évita furieusement le regard amusé saupoudré de compassion de son cousin et fit mine d'observer le paysage. Ses mains fouillaient le petit sac en bandoulière qui reposait à côté d'elle. Il n'en fallut pas plus à Piccolo pour prendre son envol et partir faire le guet. Le vivet doré faisait toujours le guet, c'était fou, ça.l

'Peut-être parce qu'il y en a toujours besoin... Ce n'est pas parce que tu t'enfermes dans ton petit monde et que tu te convaincs que tout va bien que...'

Elle ne s'enfermait pas dans son petit monde.
Et elle ne se convainquait pas que tout allait bien. Il suffisait d'écouter les cris d'angoisse des autres passagers de la Grande Roue. Le manège en était revenu à un rythme de croisière mais l'inquiétude subsistait toujours. C'était comme ça, depuis un moment. La moindre anicroche faisait craindre le pire. C'était sans doute normal. Mieux valait être prudent.
Les caprices de la roue donnèrent une idée à la jeune femme. Après tout, plus besoin de se cacher, par les temps qui courraient, pas vrai?
Sous l'oeil intrigué de Morgane qui avait sans doute vu le coup venir, Mélusine sortit sa baguette et d'un rapide sortilège...


'Tu m'impressionnes.'

... fit stopper la Grande Roue.
Bien. Ils étaient désormais au sommet, et tranquilles pour discuter tranquillement. Loin des oreilles indiscrètes.


"Même pas vrai, je te dis."

Enchaînons.

"Bon. Et vous avez réfléchi à ma proposition?"

En voilà un sujet qui était un peu plus intéressant. Et un peu plus sensé.


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Dernière édition par Mélusine McEwan le Sam 26 Fév - 19:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Aberdeen] A little like hell   Dim 11 Juil - 9:59

∞ Morgane

La mauvaise foi de Mélusine fait sourire mon frère, qui va même jusqu'à oser un:

- Mais...

Téméraire le Emreis.
La réplique, salée, ne tarde pas:


"Je t'en pose des questions sur Camille, moi?"

Et c'est mon tour de sourire. Je suppose qu'on se connaît trop bien, tous les trois, on sait où et comment faire mouche... et obtenir le silence. E. retrouve son air lointain et n'insiste pas plus longtemps. Camille, c'est une histoire vieille de quatre ans, à se tourner autour, ponctuée de "je t'aime moi non plus". En période de jachère camillienne, il occupe son temps et son coeur avec une fille ou une autre. Elles ne durent jamais bien longtemps. Pas vraiment le temps, pas vraiment le coeur. Il y tient trop à son petit poète breton même s'il crèverait plutôt que de le reconnaître à voix haute. On a l'aveu sentimental difficile dans la famille. Certains héritent de genoux cagneux. On aurait pu tomber plus mal.
Toujours est-il que Camille est territoire interdit dans les discussions. Je parviens parfois à lui tirer un ou deux vers du nez mais j'ai mes moyens. Et puis, je suis sa soeur. Ca change tout.

Si Mélusine a réussi à lui claquer le bec, moi, il m'en faudra un petit peu plus. Je ne fonctionne pas au chantage murtagien. Elle sait d'ores et déjà tout ce qu'il y a à en savoir, alors...
Elle le sait parce qu'elle commence à se désintéresser totalement de Emreis pour me regarder de travers. Osera? Osera pas?
Je décide de délayer un peu et laisser traîner le suspens. Rien de tel pour l'humeur que la voir tourner en bourrique.
Un petit saut du coq à l'âne.
Sa proposition.

Elle nous avait pris, Emreis et moi, entre quatre z'yeux, il y a de cela un peu moins de deux semaines, pour nous servir un laïus sur la situation actuelle et sur la nécessité d'y remédier. C'était court, direct et enflammé. Comme d'habitude. Son petit topo (vraiment court, tellement elle était convaincue d'avoir raison et qu'une longue et pénible argumentation serait vraiment de trop) s'était conclu par quelque chose approchant le "Rejoignez la Résistance.". J'exagère. C'était un tantinet moins impératif mais l'idée était là. On avait échangé un regard, avec mon frère, et elle avait compris qu'elle devrait faire preuve d'un peu plus de patience. Ni E. ni moi n'avions sa spontanéité et sa faculté de sauter sur une occasion sans réfléchir, juste parce que l'idée lui plaisait et qu'elle le
sentait.
Il n'empêche que rapidement, je tenais ma réponse. Je savais Emreis beaucoup plus sceptique.



∞ Emreis


Sceptique était un euphémisme.
Le lunatisme a du bon. Camille allait me servir d'excuse pour justifier mon absence temporaire de la conversation. Il faut savoir rebondir sur les situations.

Ce qui, bien évidemment, ne m'empêchait pas d'écouter. Je sais qu'on me croit souvent coupé du monde et de ses réalités. Ca n'est sans doute pas tout à fait faux. Et je sais que je cultive cette impression. Après tout, je préfère passer pour un rêveur et un idéaliste. Il y a pire comme reflet extérieur de soi. Il n'empêche que ça n'est pas en m'exilant dans mon esprit que je réussirais dans la voie que je me suis choisi. Enfin, choisi... c'est plutôt elle qui m'a choisi. Pour créer, j'ai besoin d'observer autour de moi. Les gens peinent juste à comprendre qu'on puisse se contenter de se placer en observateur sans rien dire.

J'écoute, donc, d'une oreille.
Mélusine perd patience la première.


"Alors?"
- Alors quoi?
"Ma... proposition?"

Zyn se tend. Ca se sent, aussi fort que la tension qui règne dans l'air avant un orage, une fin d'après-midi d'été. Elle se tend et elle a peur. Même si elle ne l'avouera jamais. Elle est redevenue sérieuse, quand bien même elle tente d'afficher tant bien que mal un sourire léger. C'est à ce moment-là que je me rends compte que les choses vont être un peu plus compliquées que je ne le pensais. Son combat lui tient beaucoup trop à coeur.
Ma soeur n'a pas encore saisi, sinon, elle aurait quitté la légèreté au lieu de se réfugier dans le chantage.


- Tu me dis comment il s'appelle et moi, je te dis ma réponse.

A cet instant précis, Morgane a le regard à la fois espiègle et ingénu de ses cinq ans, Mélusine les joues rouges et l'éclair de colère au fond des yeux qui ne présagent rien de bon. Elle se retient, pourtant. Et je ne peux m'empêcher d'être impressionné de combien elle se maîtrise et fait passer l'intérêt général avant le sien.
Elle semble hésiter, regarde en bas comme si, éventuellement, se jeter du haut de la Grande Roue et s'enfuir en courant constituait une bonne alternative.


"Si je te le dis, je veux votre réponse. A tous les deux."

Elle me regarde fixement, avec ce petit air qui me dit que, finalement, je n'étais pas si doué dans ma stratégie "je m'exile dans ma tête avec Camille".

- D'accord.

M. ne dit rien mais elle a les yeux qui brillent. Elle est certaine de gagner au change.
Ca vaut donc pour deux accords implicites.


"Amba.", lâche-t-elle à toute vitesse, comme si elle n'y croyait pas vraiment, avant d'enchaîner, têtue comme pas deux: "Bon. ALORS?"

Il ne sert à rien de retarder l'échéance plus longtemps. Espérons que la réponse de Morgane compensera un peu la mienne. Sinon, je sens que ce petit tour dans le manège va avoir des allures d'enfer.

- Non, Mélusine. Je suis désolé. Je suis...
-... un pacifiste. Tu le sais très bien.
- Mais en ce qui concerne Morgane, elle...
- accepte.
- Mais tu... Je croyais...


Je croyais, naïvement, qu'elle allait se contenter d'un "je vais réfléchir".

- On a pas le temps, E..
- Tes études...



Dernière édition par Emreis McEwan le Sam 26 Fév - 19:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Aberdeen] A little like hell   Mar 14 Sep - 16:09

Oui, elle aurait dû sauter de joie et sourire grand et fort. oui, elle aurait dû se satisfaire d'avoir rallié Morgane à sa cause. Oui, oui et encore oui.
Sauf que Mélusine n'avait jamais été capable de se satisfaire de demi-mesures. Tout le monde avait ses petits défauts. Pourquoi se satisfaire d'une moitié quand on pouvait viser le tout? Ce qu'elle disait: aucun intérêt. C'était frustrant, c'était vexant et surtout, c'était incomplet. Mais jamais Emreis n'avait été de ceux qui coopèrent pour peu qu'on leur brandisse une batte de mauvaise humeur, sourire carnassier à l'appui. Dommage. Monsieur se targuait d'être un non-violent et c'était supposé fonctionner dans les deux sens. Il s'enfermait dans une bulle qui semblait marquer la séparation entre son corps et son esprit; atteindre l'un laissait l'autre impénétrable. Du moins, c'était l'impression que son cousin offrait. Elle n'avait jamais osé mettre son ressenti en application.


'Preuve que tu n'es pas si troll.'

Eh oh! Elle n'était pas là pour évaluer son degré de trollitude, ok? De toute façon, l'avis général avait déjà tranché et elle ne se préoccupait pas vraiment de rectifier le tir. L'avis général demeurerait ce qu'il était, à savoir général quand c'était le particulier qui l'intéressait. Les foules se manipulaient à la baguette et l'opinion publique retournait sa veste comme de rien pour un argument bien tourné, alors...
La jeune femme se tourna intégralement vers Emreis. La soeur de celui-ci comprendrait que les causes perdues passaient en priorité. Elle la soutiendrait, peut-être même.


"Très bien. Pourquoi?"

Là était sa question préférée. Celle qui récoltait le plus souvent des "parce que". Mais autant jouer le tout pour le tout, dans le meilleur des cas, les gens allaient jusqu'à répondre. Quelque chose. Pour de vrai.

"Je veux dire, ok, tu es pacifiste. Mais les pacifistes sont supposés vouloir la paix, non? Et en ce moment, pour espérer la paix, il faut un peu faire la guerre. C'est pas moi qui ait décidé des règles."

Jouer les ingénues était la meilleure façon d'obtenir des informations. Du moins cela fonctionnait-il sur Xaël. Soit parce qu'il était plus âgé, soit parce qu'il était moins conciliant, ça fonctionnait moins bien sur Emreis. Elle n'alla pourtant pas jusqu'à poser avec son sourire le plus naïf. Ca ne lui allait pas si bien et surtout, ça n'avait jamais été très crédible.

"Bouse, Em'. C'est la guerre dehors, tu le sais ça?"

Il fallait la poser cette question-là, surtout quand on gardait un pourcentage d'incertitude face à la réponse. Un très vague doute. Il était tellement... dans son monde. plus encore qu'elle, ses rêves et ses espoirs. Plus encore que Xaël, ses poésies et ses muses. Plus même que Morgane, ses amis imaginaires et sa réalité modifiée. Les McEwan n'avaient jamais eu les pieds accrochés solidement au plancher des dragons et, au pays des Mac, Emreis était leur Roi.
Elle aurait voulu rester clame, prouver qu'elle avait mûrement réfléchi au tout et que c'était sa tête plus que ses tripes qui s'exprimait, pour changer. Peine perdue. Elle ne comprenait pas qu'on puisse refuser de se choisir un camp et de défendre ses idéaux au péril de sa vie. La tolérance et l'empathie n'avaient jamais constitué ses qualités principales. Ses yeux brillaient déjà d'une lueur un peu trop vive et elle respira lentement pour calmer son sang qui se mettait déjà à bouillir. Mélusine ne s'était pas attendue à réagir vivement à la déclaration prévisible de son refus.


'Ok. Zen. No stress. Vous êtes tous pareils, vous ne cédez jamais face à la contrainte.'

Sauf si la contrainte en question était une baguette avec un Avada au bout des lèvres. Encore que...

"Enfin quoi... Tu as envie de continuer à vivre comme ça? A avoir peur? A laisser un Faché 2 ... hem... diriger le monde au doigt et à l'oeil? Tu trouves ça juste? Tu trouves ça beau? De s'endormir le poing serré sur sa baguette, planquée sous son oreiller, à se réveiller pour un grincement? De se mettre à paniquer quand tu n'as plus de nouvelles de quelqu'un depuis quarante-huit heures? De te demander si tu peux encore avoir confiance dans celui-ci, qui a pourtant partagé tes sept années à Poudlard? D'avoir le soupçon et la méfiance chevillés au corps? De..."

Morgane s'interposa, déposant une main calmante sur le bras de Mélusine, un sourire aux coins des lèvres. Celle-ci se tut d'emblée, contrairement à son habitude. Elle eut une petite moue et détourna le regard pour observer les nuages. La Grande Roue était toujours immobile mais en se fixant sur la danse lente des nuages, on pouvait presque se convaincre qu'on continuait à avancer. En bas, une petite foule commençait à se former tandis que les cris de panique s'estompaient. Les Moldus recherchaient une solution.
Amusant.
Presque.
Pas vraiment.
Les yeux toujours dans le vague, Mélusine reprit la conversion quelques lignes plus haut:


"Ses études? Pfffffff. A quoi ça sert de faire des études? Si ça se trouve, dans six mois, ça ne lui servira plus à rien."

Nouveau sourire de Morgane. Elle avait compris que cette légère boutade était la façon de Mélusine de la remercier pour son "oui".
Bras croisés, mine boudeuse, elle gardait les yeux en l'air, dans une parodie de ses bouderies de gamine.


"Et, de toute façon, je suis pas amoureuse."

Pour de vrai. Ca n'était pas le genre de choses qui vous tombait dessus au bout de deux heures et trois rêves, si?
Amba était une sorte de... de talisman, à invoquer quand la vie faisait trop mal. Une image à sceller dans sa poitrine pour continuer à faire battre son coeur.


« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
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MessageSujet: Re: [Aberdeen] A little like hell   Dim 27 Fév - 10:09

∞ Emreis


Au lieu de dériver sur le sujet facile de l'état amoureux de Mélusine, je fis montre, une fois n'était pas coutume, d'un peu de courage, et plongeais au vif du sujet. La guerre. L'engagement. Et le non-engagement. Je savais que c'était un discours perdu d'avance. Celui qui ferait changer ma cousine d'avis n'était sans doute pas encore né. Ou alors, il se cachait au fin fond de l'Himalaya, inconscient de son pouvoir. Je penchais pour l'option numéro une. Une intuition, comme ça.

- Est-ce que tu ne peux pas envisager qu'il y ait plusieurs façons de vivre cette guerre?

A peine cette phrase fut-elle prononcée que je la regrettai. Je m'enfonçai moi-même dans ce qui s'annonçait être un débat à n'en plus finir. D'autant plus que je n'étais pas certaine d'arriver à formuler ma pensée. Morgane me dévisageait la bouche entrouverte. Elle n'avait jamais entendu ce que je m'apprêtai à dire. D'ordinaire, je ne me sentais pas l'obligation de justifier ma manière d'être. Je suppose que d'ordinaire, ce que j'étais ne constituai pas un défi, une provocation à ce qu'étaient les autres. je m'étais toujours arrangé pour "être" dans mon coin, sans gêner personne. Tout au plus me prenait-on pour l'illuminer de service, le type un peu loufoque, fantasque, rêveur mais inoffensif. On oublie rapidement les gens inoffensifs. Et l'oubli me convenait mieux que le feu des projecteurs. J'aimais mon calme. Il me permettait d'être libre.
Prêt pour un long discours?
Pas vraiment.


- Imagine seulement le monde s'il répondait à ta vision des choses, à tes idéaux guerriers, tels que tu les conçois. L'humanité entière serait sur le pied de guerre. De deux choses l'une, soit les forces en présence serait de puissance égale, auquel cas on s'enliserait dans un conflit sans fin, dont l'apogée serait également le déclin. Le monde s'entre-tuerait au nom d'une cause et il ne resterait bientôt plus grand monde pour nous pleurer. Ou bien, l'une de ces forces auraient la supériorité, numérique, intellectuelle ou tactique, peu importe. Je ne suis pas certain que cela empêcherait un massacre. Quand bien même... Quoi? Les plus forts convertiraient les autres à leur foi? Se plier ou mourir? Tu voudrais vraiment d'un monde comme celui-là? Avec du noir, du blanc, sans aucune nuance de gris...

Je force le trait et Morgane grimace. Peut-être y dissimule-t-elle un sourire.
Je sais très bien pourquoi. J'ai visé juste. Le monde de Mélusine a longtemps été bicolore. ombre et lumière. Sans aucun entre-deux. Je ne suis pas sûr que son point de vue ait radicalement changé.


- Il en faut qui reste. pour pleurer, espérer, soigner, protéger. Que fais-tu des enfants? Tu les enrôles aussi sous prétexte qu'on a besoin d'armes et de bras? Que fais-tu des vieillards? Tu les fais tenir sur leurs cannes tremblantes et tu leur refuses au moins la tranquillité d'une vie trop remplie? Que fais-tu de tous les autres? De ceux que la violence écœurent? De ceux qui ont juste envie de distiller un peu de rêve dans le cœur des autres, de ceux qui ont de l'amour à donner et des sourires à revendre? Si je dois avoir un rôle dans cette guerre, je préfère encore être celui qui soigne et réconforte. Celui qui assure que tout n'est pas perdu, que l'homme n'est pas si nul, qu'envers et contre tout, on garde du bon en soi, que l'humanité n'est pas périmée, pervertie. Demande-moi de devenir médicomage, force-moi à rejoindre TASKS comme ta mère l'a fait, dis-moi d'aller sur les fronts pour chanter ou peindre. Tout mais ne me demande pas de participer à la destruction.

- Emreis, tu exagères. Il y a d'autres moyens d'aider la Résistance que de participer au combat.


Ceci, je le sais. Je crois. Mais je force le trait parce que c'est ce à quoi Mélusine est le plus sensible: aux images fortes, un peu stéréotypées. Celles qui décrivent une réalité inexistante, qui caricaturent la vérité. Elle doit comprendre que je ne m'engagerai pas. Quand bien elle me supplierait à genoux. Je ne serais pas le dernier à ne pas lui céder. Sans doute pas le premier non plus. Elle a parfois ce trait de caractère qui définit beaucoup des enfants uniques. Elle ne conçoit pas le non. pas quand il s'accompagne de supplique ou d'yeux larmoyants. Pourtant, elle m'a fait hésité. Je le lui dirais plus tard, quand elle se sera calmée. Il en faut pourtant beaucoup pour ébranler mes certitudes. Mais sa détermination et cette lueur au fond de ses yeux...

- Je suis désolé, Zyn...

Et je le suis vraiment.

- ... mais je ne rejoindrais pas ton camp. Tu as toute ma sympathie et je crois en tes batailles. Mais je suis fait pour être neutre.

Y aurait-il eu un service obligatoire que j'aurais été objecteur de conscience.
Ici et maintenant, j'étais déserteur.
Peut-être avais-je toujours été un peu lâche.
Peut-être pas.
Etre lâche, c'était plier face au regard des autres. Etre ce qu'ils attendaient de nous sans s'autoriser d'être différent. D'être soi.
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MessageSujet: Re: [Aberdeen] A little like hell   Sam 12 Mar - 13:41

Soulagée qu'ils aient définitivement quitté le territoire Amba, et ce, même si Morgane semblait brûler d'y faire un séjour prochain (elle-même hésitait encore sur l'intitulé du panneau à poser à l'entrée: "Chasse gardée" ou "Propriété privée"? On ne s'aventurait pas impunément dans l'intimité de ses sentiments comme d'un rien. Chacun plaçait sa pudeur où il pouvait.), Mélusine en serait presque arrivée à considérer leur enrôlement hypothétique comme un no man's land.

Elle resta un long moment silencieuse (long pour elle) sans qu'elle ne sache elle-même si elle se donnait le temps de réfléchir, d'assimiler ou si elle s'était seulement égarée dans les méandres de ses pensées. Aucun indice ne filtrait vraiment sur ses traits, et, prudemment, Emreis et Morgane se gardèrent bien de perturber ce moment de calme. De ce genre de clame qui précédait ou suivait les grandes explosions.
Et pourtant... si grande explosion il y eut, elle passa relativement inaperçue. Un éclat dans les yeux, une maigre grimace ou une mimique d'agacement, vite chassé(e) par un:


"D'accord."

Le soupir de soulagement de ses cousins étaient presque audibles et lui arracha un grand sourire. Elle aimait bien cette réputation qu'elle avait, jusqu'au fin fond de son cercle familial. Ses sautes d'humeur y étaient connues comme le loup blanc, de même que son enthousiasme à toute épreuve et son caractère qui, finalement, n'était pas si mauvais pour peu qu'elle aimât la personne qui lui faisait face. Mais, ça, c'était top secret. Il manquerait plus qu'on croit qu'elle avait bon cœur.

"D'accord,il en faut qui restent, mais..."

Boh! Hé! Ca ne pouvait quand même pas être aussi simple!

"Mais Morgane a raison."

Un court silence, de quoi laisser l'espace pour sa petite bombe.

"Je vais arrêter le Quidditch?"
- Tu plaisantes?
- Dis pas n'importe quoi...!
- Tu as des... ennuis?
- Mais tu ne peux pas! Le Quidditch, c'est toute ta vie.
"Justement... non. Je me suis lassée..."
- Mais on ne peut pas se lasser d'une passion!
"J'aime toujours autant sauf que... c'est le milieu professionnel qui me plaît plus."
- ??!?
"Il faut être performant, tout le temps. L'argent sous-tend tout. Ca n'est plus le sport pour le sport. Il faut des résultats, de la régularité... Et je n'ai plus le temps d'être régulière. Ça me demande trop d'énergie. Et je..."
- Je ne sais pas quoi te dire, Mélusine.
"Pas grave. Il n'y a rien à en dire. Si je continue, je vais perdre mon goût pour le sport et ça, je veux pas."
- Ca veut dire qu'on continuera nos McEwan vs McEwan?
"Évidemment!
- Chouette!
"Et puis... les gens se souviennent de James et de … Je sais très bien que si on associait pas mon nom au sien, jamais on ne m'aurait proposé de..."
- Tu ne peux empêcher personne de lier un individu à un autre. Surtout dans ce cas-là...
"Peut-être mais je trouve ça nul. Je suis moi, avant d'être la copine de. Je n'appartiens à personne. Je suis un être humain entier. Je..."


Silence. Il n'y avait pas grand chose à répondre à cela.
Regards embarrassés et sourires mal à l'aise.
Ça n'était ni le lieu ni l'heure de s'empêtrer dans ce genre de glu relationnelle. Enchaînons.


"Bref... Ça veut surtout dire plus de rentrées régulières dans mon compte à Gringotts. Et Morgane est étudiante.

Et les McEwan ne descendaient pas de Crésus.

"C'est bien les idéaux et les grandes batailles mais si on y survit, il faut quand même aussi songer un peu à vivre..."

C'était bien la première fois qu'elle était aussi réaliste. Ça ne lui tombait pas souvent dessus mais, lorsque ça arrivait, difficile de lui faire lâcher le morceau jusqu'à ce qu'elle soit parvenue à ses fins.

"Alors, Emreis, on va avoir besoin de toi..."


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MessageSujet: Re: [Aberdeen] A little like hell   Mer 30 Mar - 15:36

∞ Morgane

- Besoin de moi?
- Besoin de lui?


Bon, ok, j'avoue! J'étais un peu jalouse. Je venais limite de lui prêter serment de l'assister dans son combat et j'y avais gagné rien de plus qu'un sourire. Pas que j'attendais des banderoles et un grand discours de bienvenue mais je n'aurais pas été contre un tout petit chouïa plus d'enthousiasme. Enfin, quoi! On allait être partenaire de terrain et vu comme elle nous avait tannée...

Alors, on avait besoin d'Emreis? Je n'étais pas certaine de comprendre où Mélusine voulait en venir et pourtant, on tendait à dire que les McEwan évoluaient sur la même longueur d'onde. Mais ma cousine avait toujours été particulière. Moins que moi, certes, mais particulière quand même. Les garçons de la famille étaient plus faciles à cerner. J'imagine qu'elle tenait son goût du secret de tante Gwen. Mais l'heure n'était pas à l'analyse psychologique. Je voulais percer Zyn avant qu'Emreis ait compris quoi que ce soit à cette histoire. Question de fierté féminine. Emreis était parfois tellement plus en phase que moi avec les gens. Plus attentif malgré son caractère rêveur.
Bref... Je voulais comprendre où Mélusine avait l'intention de nous perdre.
Elle avait parlé de moi en tant qu'étudiante. Et de compte à Gringotts. En résumé, elle parlait d'argent. Je sais, je sais,, à la manière dont je réfléchis, on sent que j'ai fait des études poussées. Mais si elle parlait vraiment d'argent, il fallait qu'on m'explique où Emreis entrait en ligne de compte. Enfin, quoi, Emreis était Emreis. Avec plus de phases que la lune et une irrégularité émotionnelle chronique. Comment voulait-elle qu'il ...

Selon toute évidence, la logique mélusinienne avait également échappé à mon frère.


- Tu veux que...?

Ou pas.

"Oui."
- Non.


Ils avaient fini de jouer les agents secrets, oui?

- Humph... Quelqu'un daignerait m'expliquer à moi, pauvre mortelle, ce qui se passe dans votre tête?

Ils sourirent à l'unisson, soudain unis par un humour commun. J'aurais trouvé ça sympa si ça n'avait pas été envers moi. IL fallait les supporter, parfois, ces deux zygotos-là. Mélusine, plus bavarde, craqua la première.

"Ca veut dire qu'on va se faire entretenir, très chère..."

- Rectification: ça veut dire que Mélusine aimerait que vous vous fassiez entretenir.



∞ Emreis


Enfin... Disons que je ne convainquais que moi. Je voyais déjà la sourcil droit de Mélusine se hausser d'amusement.

"Tu n'es pas en position de refuser, Em'."

Traduit, cela donnait quelque chose comme: tu peux toujours essayer de refuser, Emreis McEwan, mais la plus têtue, c'est moi. Et c'était certain, de nous deux, je céderais le premier, lassé par ses harcèlements incessants. Pour m'épargner quelques longues heures de souffrance inutiles, je n'avais plus qu'un seul choix: opiner gentiment du chef et suivre les instructions de ma rousse cousine.

"J'adore quand vous êtes coopératifs..."

Nous voir marcher au pas dans cette situation précise, elle aimait ça mais, d'ordinaire, elle préférait qu'on lui résiste. Plus intéressant. Avoir son propre point de vue et le défendre envers et contre tout. Et surtout, le garder pour elle. Elle ne cherchait pas tant à convaincre qu'à prouver qu'elle avait des opinions, et qu'elles tenaient la route. On n'était pas forcé de plier mais d'accepter qu'elle puisse avoir (aussi) raison.
C'est ainsi que, sans l'avoir prémédité, sans m'y être attendu, je me retrouvais presque à prêter serment que, non seulement je ferais tout pour les soutenir dans leurs projets mais que pour ce faire, je trouverais un job qui leur permettrait de ne pas partir en mission le ventre vide. Mélusine appelait ça la Résistance passive et était ravie de m'avoir converti à sa foi.

Quelques temps plus tard, après de nombreuses discussions et des recherches très actives de la part de Morgane, je me retrouvais en contact avec quelques uns des acteurs artistiques locaux. C'était ma concession. Avoir un job avec des horaires fixes et des responsabilités m'étaient déjà contre-nature, aussi ne voulais-je pas de quelque chose de purement alimentaire. Je n'étais pas certain de m'épanouir dans un travail pour lequel j'étais payé mais j'étais bien déterminé à essayer. C'était l'art sinon rien. Après quelques entretiens, passablement désespérés, ou désespérants, je finis par croiser la route d'Ulysse Denali. Je ne sais pas ce qui me séduisit le plus sur le moment, le concept même de son Petit Musée, l'emplacement ou le personnage lui-même. Mais je me retrouvais à signer pour une période d'essai.

Le futur seul savait où cela me mènerait.
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