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 avec pertes et fracas

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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Mar 24 Aoû 2010 - 17:14

HJ: Avec toutes mes excuses pour le retard.

Elle opina du menton pour approuver les dires de Casey à propos de Piterski. L'information avait fait la une de tous les journaux quand elle était sortie absolument impossible de passer à côté. Le père de Tuppence inspirait le respect de par sa seule présence. On ne pouvait pas dire que c'était la même chose pour ses subalternes. L'agacement était perceptible dans l'attitude générale de la jeune fille qui se demandait pourquoi son oncle ne faisait pas partie de l'intervention.

Les yeux noir du Chef des aurors plongèrent dans les siens. Elle parvint non sans peine à soutenir son regard malgré l'intimidation qu'il provoquait.

Elles étaient rares les personnes qui faisaient cet effet à Elinor. Tuppence Beresford provoquait un peu la même sensation avec la profondeur du gris de son regard, mais par pour la même cause. Là où son père débordait d'autorité naturelle, elle regorgeait de candeur et devenait désarmante. Elle se dit que c'était sans doute de famille... Ce bref instant apaisa la jeune femme qui sentit que l'auror avait la situation en main, au point qu'elle eut presque honte de son soudain emballement.

D'un autre côté, il fallait la comprendre. Elle avait déjà perdu Eliette dans un attentat, elle ne supporterait pas de perdre une autre amie dans la bataille. Shane était précieuse dans sa vie. Elle était devenue un point d'ancrage précieux dans sa vie et arrivait à lui faire relativiser beaucoup de choses de par les montagnes qu'elle arrivait à renverser en dépit de son handicap et des malheurs qui lui étaient arrivés. Par certains côtés, Shane lui ressemblait: élitiste, froide, têtue, réfléchie, cultivée. Ses conseils, Elinor les accueillait avec la plus grande sagesse, comme elle acceptait les colères de Rachel avec patience. La jeune avocate réussit à se détendre et à prendre son mal en patience.

Elinor attendit patiemment avec Casey sans déroger à l'ordre qui leur avait été donné, et approuva même M. Beresford quand celui-ci parla à Casey de sa carrière. Elle ne pouvait qu'abonder dans son sens. Casey call était un véritable chat, sachant toujours retomber sur ses pattes. Impossible de le prendre au dépourvu, même en lui présentant une caisse de poissons comme appât. Au fond d'elle-même, la jeune femme se demandait bien comment il avait bien pu devenir vendeur d'artéfacts en magie noire...

Lorsque le dénommé Wilson réapparut, il n'était pas seul. La médicomage qui avait soigné Elliot l'accompagnait, et son comportement n'appelait pas à la sérénité. Elinor mit cela sur le compte du vent de panique qui avait régné lorsqu'ils étaient arrivés.

Elliot allait bien... Elinor reprit sa respiration sans se rendre compte qu'elle avait retenu son souffle au moment où la médicomage avait ouvert les lèvres. Elliot allait bien... C'était un bon point, un véritable soulagement.

- Mais?

La jeune haussa ostensiblement un sourcil. Tous ses sens étaient à nouveau en alerte.

- Mais il a souffert physiquement. Il souffre de trois fractures et a été énormément choqué. Il aura besoin d'être bien entouré pour remonter la pente.

Les épaules d'Elinor se soulevèrent automatiquement.

- Vous savez, Elliot n'a que sa mère. Il n'a jamais connu son père qui a fini à Azkaban. Son beau-père était auror, il est mort en mission en 2009. Ses grands-parents sont décédés tous les deux dans un attentat à Cork l'année dernière. Mais je suis sûre que Shane sera plus qu'à la hauteur pour entourer son fils d'amour.

- La mère d'Elliot est dans un état grave. dit-elle navrée. Elle a repris conscience mais nous n'arrivons pas à la stabiliser. Elle souffre d'une hemorragie interne que nous avons du mal à juguler. Notre équipe se relai autour des cas les plus préoccupants et elle en fait partie. Nous faisons de notre mieux, mais quoi qu'il arrive, elle ne pourra pas être transférée. Elle ne survivra pas au transport.

Elinor marqua le coup. Elle s'avança vers la borne d'accueil pour s'y appuyer et reprendre ses esprits. Elle était sincèrement désolée d'avoir parlé de la sorte à cette pauvre femme, mais il lui semblait que le sort s'acharnait sur elle. Une main apaisante de posa sur son épaule.

- Non... fit-elle d'une petite voix.

Le silence tomba dans le hall de l'hôpital et contrastait avec le tumulte qui sévissait à l'extérieur. Elinor se lissa glisser contre la banque et se retrouva assise sur le carrelage. Elle prit sa tête dans ses mains. Les éclats de voix de l'extérieur ne l'atteignaient pas. Les paroles échangées par M. Beresford et ses collègues semblaient ne pas toucher ses tympans. Les regards convergeaient sur elle mais elle s'en foutait.

De quel droit la vie se permettait-elle de s'acharner sur cette femme? Elle était aveugle, le père d'Elliot avait tenté de l'assassiner et son compagnon était mort. ça ne suffisait pas comme ça? Elinor commença à saisir toutes les implications de l'état de son amie. Et s'il lui arrivait malheur, qu'adviendrait-il de son fils? Elle repensa à la petite frimousse blonde du garçonnet si joyeux, au cadeau que sa mère voulait lui faire pour son anniversaire... et puis elle pensa à sa propre mère. Elle aussi avait cinq ans lorsqu'elle était morte. L'injustice, elle ne la supportait pas. L'injustice de la vie, c'était pire.

La jeune femme ne se sentit pas le courage de se lever mais elle interpela la médicomage apparemment triste pour elle.

- A-t-elle une chance?
- Elle est très faible.
- Puis-je la voir?
- Rester ici est dangereux. intervint M. Beresford.
- Elle n'en a peut-être pas pour longtemps monsieur.
- Je veux la voir.
- Ce n'est pas raisonnable.

Le regard de l'avocate se releva automatiquement et fusilla le chef du bureau des aurors. Cette fois, elle plus que le soutenir.

- Vous m'avez bien entendue? Là, je me fous du raisonnable.
- Il faut évacuer cet hôpital. poursuivit-ild'un ton toujours monocorde.

Les deux tons étaient froids et acides.

- Je ne partirai pas sans l'avoir vue une dernière fois.
- Mademoiselle Redgrave, j'ai des ordres.
- Vous en savez pas comment organiser la logistique. Moi, si. Laissez-moi la voir et nous vous aiderons.affirma-t-elle en incluant Casey dans l'affaire.
- Comment ça?
- Le directeur de la Pitié, l'hôpital sorcier français, est mon beau-frère. Antiochus Ackroyd, mon oncle. Un de vos plus proches amis. Appelez-le.
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Casey Call
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Mer 25 Aoû 2010 - 20:25

Je penchai la tête légèrement vers la gauche pour mieux apercevoir la silhouette qui s’avançait dans le dos de Lannig Beresford.

- Monsieur ?

L’ancien auror pivota d’un quart de tour pour rencontrer son interlocuteur du regard et conserver les autres personnes dans son champs de vision.

- Virgil ?

- Nous venons de recevoir un patronus du service d’information. - Le brigadier paraissait gêné. - Il y a eu une nouvelle explosion, plus ... sévère. lâcha-t-il en déglutissant difficilement.

- Où ?

- Au ministère, monsieur. La désolation dans le ton de sa voix ne nécessitait pas plus de détails pour cerner l’étendue des dégâts possibles. Une vague de frisions balaya tout mon corps. Qu’une telle institution, si hautement symbolique, puisse être atteinte, n’importe quel sorcier en aurait été affecté, même moi qui ne suis pas patriotique pour un sou, ni ne porte cet endroit dans mon coeur.

- Le Ministère ? Pour la première fois, la voix de Lannig s’effondra.

- Il y a une centaine de blessés, monsieur. ajouta le brigadier après plusieurs secondes pour devancer des questions trop pénibles pour être posées oralement.

- Et une dizaine de morts. Il nous laissa quelques secondes supplémentaires pour digérer ce nouveau cauchemar.

Quelques soient les personnes avec qui mon regard se croisait, j'apercevais la même lueur horrifiée. Entre-nous, le silence se posa doucement comme une nappe de brouillard enveloppe un paysage champêtre, un matin où la rosée s’accumule sur les feuillages comme l’effroi sur nos visages.

Les sorciers en poste aux quatre coins du hall commencèrent inconsciemment à délaisser leur place pour se rapprocher. L’annonce qui venait de résonner hypnotisait et cinglait.

- On se ressaisit, n’oubliez pas vos missions ! lança le responsable à ses hommes pour les recadrer après avoir lui-même retrouvé ses esprits.

- Monsieur ? Le ... Le patronus précisait autre chose, monsieur. hésita le messager à l’éprouvante tâche.

- Quoi encore !? L’impatience et l’énervement étaient maintenant de mises.

- Un message. Pour vous. Votre ... ex-femme ... mais elle va bien ! s’empressa-t-il d’ajouter pour ne pas porter un nouveau coup supplémentaire.

- Mon ? Quoi ? Qu’est-ce qu’elle a ?

- Rien, enfin ... Elle serait venue vous voir au Ministère. Elle ne savait pas que vous étiez en mission.

La peur me monta au visage et je sentis mon sang bouillir. J’avais déjà oublié la phrase rassurante du sorcier et, comme certainement Lannig à ce moment-là, quelque chose d’inqualifiable me forçait à m’imaginer les pires scénarios. Une image me vint.

Je vis Tuppence, pleurant sur l’épaule de ma mère, effondrée par l’autre drame de sa vie et assise à une table dans une pièce éclairée à la bougie, un jour de veillée funèbre. Cette pensée augmenta mes tremblements, et, même si Virgil faisait de son mieux pour modérer ses propos, il commençait à m'énerver avec tous ces malheurs.

- Le souffle de la détonation l’a déséquilibré. Elle serait tombée et se serait cognée la tête. Elle aurait perdue connaissance, quelques minutes, mais hormis des égratignures, elle semble aller bien.

- Serait, serait, aurait, semble ! Qu’est-ce que c’est que tout ça ??

- Je n’en sais pas plus monsieur Beresford, désolé. Le médicomage qui était sur place ne veut pas s’étendre sur ses diagnostics ; il recommande que tous les blessés soient placés sous observation à Sainte-Mangouste pendant 24 heures au minimum. La bombe était d’origine magique et personne ne sait si un sortilège n’y était pas dissimulé. Votre ex-femme ne semblait pas d’accord pour être hospitalisée, mais les ordres des services sanitaires sont clairs et sans exception. Tous les blessés doivent rester sous surveillance médicale.

- Et où sont-ils ?

- Une bonne partie encore au ministère, monsieur. Je les ai prévenu que le transplanage avait été interdit dans l’enceinte de Sainte-Mangouste ; le seul point d’accès, c’est la zone d’embarquement. Votre ex-femme et quelques autres sont déjà sur le toit. Ils seront tous emmenés à Paris.

Sur le toit ? Que pouvaient-ils bien faire sur le toit de l’hôpital ?

- Très bien Brigadier. Beau travail. lui dit-il en ayant reprit le ton paisible de sa voix habituelle.

- Merci, monsieur. Dernière chose, le ministre vous fait dire qu’il vous attend de toute urgence dans son bureau.

- Le ministre attendra. Je dois voir Joanne.

Virgil piocha dans la poche de son pantalon et en sortit une enveloppe scellée. Lannig l’interrogea du regard.

- Je ne sais pas, monsieur, mais je pense que le ministre a anticipé votre réaction. Quelques minutes après le patronus, un hibou est arrivé. lui répondit-il dans un timide sourire.

Mon oncle ouvrit l’enveloppe et en retira une lettre portant le sceau du cabinet du ministre. Ses yeux parcoururent rapidement les quelques lignes de la missive qu’il finit par ranger avec résignation.

- Très bien. Je vais devoir partir. adressa-t-il sa phrase à tout le hall. Wilson, vous prenez le commandement. Encore merci Brigadier, vous pouvez retourner à l’étage.

Le sorcier le salua et repartit en direction des ascenseurs. Lannig avait une mine un peu déconfite, mais il fallait être très observateur pour le remarquer.

- Vous voyez, Miss Redgrave, nous avons eu la même idée en plus d’avoir un même ami. lui dit-il gentiment en faisant référence à la Pitié.

L’opération d’évacuation semblait rudement préparée, comme si le ministère et ses autorités travaillaient depuis un bon moment aux pires plans catastrophes, dont l’un d’entre-eux était en marche.

Lannig commença ensuite à prendre la direction des grandes portes pour sortir et rejoindre le ministre, sans donner son accord final pour que nous puissions rester ici.

Lorsqu’il passa près de moi et qu’il me dépassa presque, je lui saisis le bras.

- Lannig ! Laisse moi y aller ! lui demandais-je franchement.

Il se retourna, un peu surpris par mon geste et me regarda de pied en cap avant de me répondre.

- Je me demandais combien de temps tu allais encore me vouvoyez. me dit-il avec douceur et peut-être un peu d’affection.

- Casey, il apposa ses deux mains contre mes épaules, Tuppence ne me pardonnera jamais s’il t’arrive quelque chose à cause de moi.

- Et moi, c’est elle et ma mère qui ne me pardonneront jamais d’avoir laissé Joanne seule. C’est une moldue, elle ne va rien comprendre ! Et Elinor ne te pardonnera pas non plus. lui disais-je en lui rappelant implicitement le cas de Shane.

J’eus l’impression que son regard s’infiltrait dans les profondeurs de mes iris pour me sonder.

- Ne risque pas ta vie. Promets le moi Casey.

- Juré, monsieur ! répondis-je en reprenant le mot incessamment utilisé par Virgil.

Lannig m’offrit un vrai sourire comme je n’en avais encore jamais vu sur son visage ; il ôta ses mains de mes épaules et se raidit.

- Laissez-les monter ! ordonna-t-il à tous les sorciers présents qui suivaient encore nos conversations depuis le début.

- Merci Lannig.

- Prends soin de Joanne. Bon courage Miss Redgrave.

Il nous tourna le dos et reprit sa marche en direction de la sortie. Devant les portes, les deux gardes exécutèrent simultanément des sortilèges pour déverrouiller les protections et les replacer rapidement derrière lui.

- On y va ? demandais-je à Elinor, mon sourire s’estompant doucement. Je lui tendis la main pour l’aider à se relever et pour l’encourager également.

- Votre amie est au troisième étage aussi. lança la médicomage.

- Je ... je préférerais ne pas venir. Wilson, l’auror, me regarda avec un air à ne plus rien y comprendre. Elinor, je ... je préfère te laisser voir Shane seule. Je pense que ce sera mieux.

J’avais rencontré Shane Derwent pour la première fois à la bibliothèque de Poudlard alors que je n’étais déjà plus étudiant et que j’avais reçu une autorisation exceptionnelle du directeur. J’avais aimé sa personnalité et son incroyable capacité à s’adapter dans un monde jonché d’obstacles et de difficultés pour sa condition. Elle m’avait littéralement impressionné et je l’avais apprécié presque immédiatement. Quelque chose me disait que le moment difficile qu’elle vivait devait rester entre proches, afin de conserver une certaine intimité. Elles avaient surement des joies à partager qui ne me regardaient pas.

- Tu lui diras juste que la Chrystalide c’est du bidon. lui disais-je en référence à l’objet que je cherchais à l’époque et qui s’était, par la suite, avéré être une grosse supercherie. J’espérais qu’elle s’en rappelle et qu’elle en sourie, peut-être. C’était ma seule contribution.

- Comment va-t-on sur le toit ? demandais-je à l’auror.

- Je vais venir avec vous.

Arrivés devant les portes métalliques en accordéons des ascenseurs, Wilson appuya sur les deux boutons d’appel.

- Seul celui de gauche peut nous emmener jusqu’en haut. Votre amie prendra l’autre. me dit-il avant qu’un léger tintement ne retentisse.

Les portes s’ouvrirent et, avant de me séparer d’Elinor, je fis de mon mieux pour lui offrir un nouveau sourire d’encouragements, mais celui-ci était affaibli par la peine qui flottait toujours autour de nous.

Wilson et moi entrâmes dans la cabine qui se mit en branle rapidement dès que le sorcier eut posé sa baguette sur un panneau, fixé à la paroi, où de gros boutons en bois, marqués d’un chiffre, indiquaient les étages.

Avant que je puisse dire quoi que ce soit, une voix s’éleva.

- Toit !

Les portes s’ouvrirent et donnèrent directement sur l’extérieur. Le soleil frappait une vaste dalle de béton. Eblouis, je dus focaliser mon regard pour comprendre les scènes qui se développaient devant moi.

Hormis les centaines de malades dispersés un peu partout, une énorme machine surplombait de trois ou quatre mètres le sol. Sa longueur couvrait une bonne partie du ciel et plusieurs passerelles, composées de rondins de bois serrés par d’épais cordages, reliaient l’immense bête au sol.

Je fis quelques pas pour lever la tête et essayer de comprendre. Que pouvait bien faire une telle machinerie au dessus de Sainte-Mangouste ?

Après plusieurs secondes, je compris voir un immense bateau dont ses voilures ondulaient avec le vent et brillaient avec le soleil. De chaque côté de l’appareil, des ailes de plumes blanches, aussi grandes que le bateau, battaient nonchalamment pour faire voler le navire et le rendre presque vivant. La lenteur de leurs mouvements produisait un vrombissement sourd et ronflant, presque apaisant.

Par vagues, des patients gravissaient les passerelles, formant de véritables rampes d’accès pour rejoindre le pont principal. De loin, je les entendais décliner leur nom et prénom à des aurors chargés de les répertorier avant leur montée.

- Qu’est-ce que c’est que ça ? soufflais-je pour moi-même.

- C’est l’Arche ! me répondit Wilson qui observait la scène avec la même fascination que moi, même si lui devait l’avoir déjà vu bien avant. Dans le timbre de sa voix, je pouvais entendre les tonalités de la fierté.

- L’Arche !? répétais-je incrédule.

- Avec tout ce monde, transplaner aurait pris trop de temps. Et nous n’avons pas reçu d’autorisation du gouvernement Français. m’avoua-t-il à demi-mot.

- Nous volerons au dessus des nuages. L’Arche ne peut pas être détectée par les radars moldus. Il nous suffira juste de descendre lorsque nous serons au dessus de la Pitié. Ni vu, ni connu. Un simple sortilège d’illusion suffira pour la phase d'atterrissage ! s’exclama-t-il très enjoué.

- UN sortilège ? demandais-je pour relever l’incohérence tout en continuant à avancer vers les files d’attentes qui se profilaient devant chaque passerelle. Plus nous progressions et plus je devais relever la tête pour apercevoir l’ensemble de l’embarcation.

- Oui, enfin, plusieurs ! compléta-t-il en m’indiquant du doigt un groupement de taches noires dans le ciel éloigné que je pris pour une nuée d’oiseaux.

Ne comprenant pas, j’insistai en regardant à plusieurs reprises ce qu’il me montrait. De plus en plus, j’étais convaincu que l’ambition de ce plan avait fini par lui monter à la tête. Puis, je finis par remarquer que le nuage devenait plus imposant. Il semblait se rapprocher à une vitesse très élevée et les moineaux grossissaient et se précisaient. Lorsqu’ils atteignirent notre verticale, bien plus haut que le bateau, je compris qu’il s’agissait en réalité de plusieurs sorciers volants sur des balais.

- L’escorte de la Brigade Aérienne.

- La ?

- La Brigade Aérienne ! Une section d’aurors spécialisés.

- Dans le vol sur balai ?

- Ouais ! Entrainés par les meilleurs joueurs de Quidditch au monde ! précisa-t-il avec toujours beaucoup d'entrain.

- Magnifique, le sorcier hocha vigoureusement de la tête pour approuver, mais je dois retrouver ma tante ! le pressai-je un peu.

- Venez !

Nous nous dirigeâmes vers l’un des aurors chargé de relever les identités. Wilson dialogua quelques instants avec lui avant de me laisser lui parler.

- Dites lui son nom !

- Joanne Smelt ! répondis-je assez fort pour couvrir le tumulte des patients.

- Elle est déjà à bord ! Montez !
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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Mar 31 Aoû 2010 - 16:37

Le couloir était plongé dans un silence que seuls brisaient les pas nerveux d'Elinor. Ses talons claquaient sur les carreaux et résonnaient en echo aux battements de son coeur à ses oreilles. Les portes des chambres étaient toutes ouvertes et à chaque fois qu'elle passait le nez à travers l'une d'elle, ses entrailles se tordaient à l'idée de voir Shane allongée, morte sans qu'elle ait pu lui faire ses adieux.

301, 302, 303, ... 307. Elle était là.

Les longs cheveux blonds maculés de sang de Shane encadraient son fin visage. Son teint était encore plus blafard que d'habitude. Elinor retint son souffle et s'approcha du lit en priant de toutes ses forces pour voir la poitrine son amie se soulever. Plus elle approchait plus sa vision se floutait. Ses yeux s'étaient embués. Ce n'était pas la meilleure chose à faire pour aider Shane à partir, mais cette réaction était incontrôlable.

Elinor leva timidement son index et caressa la joue de son amie qui se mit à bouger. Ses yeux s'ouvrirent par réflexe même s'ils ne donnait aucune image à son cerveau, et elle sourit. Simultanément, une sphère d'une dizaine de centimètres apparut au niveau de l'épaule droite de la tête de la patiente et attira immédiatement l'attention d'Elinor. Dès que son regard fut capturé, la sphère se mit à délivrer une lumière solaire diffuse et se déplaça au-dessus de la tête de Shane, jusqu'à se mettre au niveau de son oreille droite. Durant son déplacement, la lumière s'était bien affaiblie. Elinor comprit. Elle voulait lui demander, si elle souffrait, ou ce qu'elle pouvait faire pour l'aider, mais à quoi bon? Rien n'y ferait.

- Sortilège de correlation solaire. C'est moi qui leur ai demandé de le produire pour que je sache à quoi m'en tenir.

Ce sortilège avait été inventé par Dyllis Derwent, l'aïeulle de Shane, qui avait dirigé l'établissement quelques siècles plus tôt. Il était exécuté auprès des malades en bout de course, pour aider les familles à se préparer à l'inévitable. Il n'apportait aucun soin et aucun espoir, seulement un accompagnement psychologique.

- Comment sais-tu...
- Je savais que tu viendrais, et donc que tu le verrais. dit-elle en esquissant un tendre sourire.
- Il indique le temps...
- ... qu'il me reste à vivre. Les médicomages ne peuvent plus rien pour moi. Shane termina sa phrase dans un sanglot ce qui entraîna la même réaction de la part de son amie. Toutes deux pleurèrent à chaudes larmes et un petit nuage blanc se forma autour du soleil de Shane.

- ça fait tellement mal que tu partes Shane. Je me sens mal.
- Pourquoi? Parce qu'on était parties pour faire du shopping? Il ne faut pas.

Le silence retomba. Elinor avait pris les mains de son amie dans les siennes et essayait de ne pas se focaliser le déplacement du petit astre, feignant de croire que cela l'arrêterait dans sa course vers la mort. Mais rien n'y ferait et elle le savait, autant se battre contre des moulins.

- J'étais avec Casey Call avant de venir te voir. Il m'a dit un truc bizarre, comme quoi la chrystalide, c'était du bidon. dit-elle en terminant les sourcils froncés tandis que Shane se mit à sourire.
- Si tu le revois, dis-lui que je n'en ai jamais douté mais que j'avais énormément apprécié son petit jeu avec la bibliothécaire. Il a du panache ce garçon.

Elinor lui fit un signe positif de la tête avant de se reconcentrer sur Shane.

- Et Elliot, tu l'as vu? La médicomage m'a dit qu'il allait bien. Je dois le retrouver. Si tu veux, je vais le chercher!

Shane leva sa main au visage d'Elinor et couvrit sa bouche.

- J'ai vu Elliot, elle me l'a amené pour que... Je l'ai vu. J'ai pu le serrer dans mes bras une dernière fois. Elinor, ...

Une vive douleur irradia dans l'abdomen de la blessée ce qui l'interrompit dans ses propos. Le temps lui était compté. Il fallait faire vite. Elinor tenta de prendre la parole, mais elle l'en empêcha et continua pendant un moment qui bouleversa littéralement la vie et le futur d'Elinor.

- - - - -


La lumière de la terrasse mordit ses pupilles et la força à baisser le regard. Au sol, sur le béton surchauffé, elle aperçut une ombre gigantesque accompagnée d'un brouhaha incessant. Lorsqu'elle leva la tête une main au-dessus des yeux, elle fut décontenancée par la scène qui se déroulait devant elle. Le tour de force magique que nécessitait cette intervention força son respect.

Sans plus attendre elle fonça vers cet étrange vaisseau en espérant y retrouver Casey.

Les amarres jouaient toujours leur rôle et les passerelles d'embarquement étaient encore dehors. Lorsqu'elle pénétra dans la coque, elle se rendit compte de la minutie qu'avait dû demander cette opération d'évacuation puisque rien n'avait été laissé au hazard.

L'auror de garde lui demanda de décliner son identité et l'objet de son embarquement... C'est là que les choses se corsèrent.

- Vous n'êtes pas sa mère.
- Une médicomage du nom d'Evita Dolorès détient un papier à ce propos.
- Mme. Dolorès est occupée, je ne peux rien pour vous.
- Mais vous en comprenez pas? Il n'a plus de famille. Il me connaît, il a confiance en moi.
- Mais vous n'avez aucun lien de parenté avec lui. Je suis désolé.
- Sa mère vient de mourir, elle me l'a confié. Mme. Dolorès a le testament que lui a demandé d'écrire la mère du petit. Ecoutez-moi!

Intrigué par la ténacité de la jeune femme, l'auror la laissa passer mais appela quelqu'un à la rescousse.
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Casey Call
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Mer 1 Sep 2010 - 3:33

- Regardez ! Ici se trouvent les portes menant aux cales !

J’assistais à une véritable visite guidée présentée par un auror qui s’en faisait comme un devoir. Il ne me quittait plus et me montrait sans relâche toutes les ingéniosités imaginées par les concepteurs. J’observais avec intérêt, mais ce qu’il me fascinait le plus, c’était de surplomber la ville de Londres qui s'étirait au dessous de nous. Le pont principal était immense, encore plus gigantesque vu d’ici que d’en bas. De longues lattes d'un bois clair striaient avec régularité le sol et hurlaient au martyr sous chacun de nos pas.

- Nous les ouvrirons quand nous aurons décollés.

- Pourquoi voulez-vous les ouvrir ? disais-je d’un ton volontairement plat pour apaiser son excitation.

- Pour permettre à ceux du bas de monter et inversement !

- Vous voulez dire qu’il y en a dans les cales ?

- Biensûr, elles ont été aménagées pour ça ! Vous n’avez pas vu en montant ? Cette passerelle donne accès au pont et les deux autres aux cales !

- Mais pourquoi ne pas les ouvrir maintenant ? demandais-je un peu énervé, car cela me fit réaliser qu'il m'allait être difficile de vérifier si Elinor était bien à bord, et si ce n'était pas le cas, j'allais devoir accompagner Joanne seul jusqu'en France, en mettant de côté cet auror qui ne me quittait plus d'une semelle. Pour ma tante, cela aurait été de bon coeur, mais je réalisai aussi que je la connaissais encore que très peu et cela me mit mal à l'aise.

C'était difficile à expliquer, mais je crois qu'au final c'était vis-à-vis de Tuppence que je me sentais le plus mal. J'étais ici, à rechercher sa mère pour l'accompagner jusqu'en France, alors que sa fille aurait très certainement voulu être à ma place. Allez savoir pourquoi, mais à ce moment là, j'avais l'impression de voler un instant d'une situation qui aurait dû être parent-enfant. Je pense que la raison en était que, si ma mère avait été dans cette situation, je n'aurais pas voulu que quelqu'un d'autre que moi ne s'en occupe.

- Parce qu’avant de partir, chaque auror en poste, devant chaque passerelle, devra recontrôler que tous les patients passés par lui soient bien à bord !

Décidément, les services du ministère devenaient très procéduriers, à la limite de la paranoïa compulsive même.

- Parce que s’il en manque, on part pas ?

- Ben ... Heu ...

Je lui fis rapidement un signe de la main et un geste de la tête pour lui dire d’oublier. Je ne voulais pas qu’il parte à nouveau dans des explications et la simple vue de sa tête médusée me contentait.

- Oh et ça là-bas c’est ...

Je n’entendis pas la suite car j’avais bifurqué dans la direction opposée. Devant moi, la silhouette de cette femme assise me fit penser à ma mère. Je n’aurais pas pu expliquer pourquoi, mais j’étais persuadé que c’était elle. Ses coudes reposaient sur ses genoux et ses mains attrapaient son visage. Je m’étais dirigé vers elle presque inconsciemment, sans me préoccuper de toutes les autres personnes qui arrivaient et occupaient l’espace de plus en plus, formant de petits groupes parfois, alors que d’autres restaient seules, isolées, l’air totalement perdues et se demandant, plus que moi, ce qu’elles faisaient ici.

Mon esprit déclara qu’elle n’était pas ma mère et le doute se leva lorsque je vis mieux la forme de ses cheveux.

- Joanne ? disais-je d’une petite voix pour lui faire lever la tête.

La pauvre femme tressaillit, ôta difficilement la tête de ses mains et me regarda. Ses yeux et ses cernes étaient rougis par les larmes. Sa vue devait être troublée, car je n’étais pas certain qu’elle m’ait reconnu immédiatement.

Je n’eus pas besoin d’entendre de confirmation, je m’avançai vers elle et me mis à sa hauteur.

Elle fondit de plus belle en pleures et ma réponse fut de passer mes bras autour de son cou pour rapprocher sa tête contre mon épaule.

- C’est fini Joanne. C’est fini.

Elle voulut parler, mais je sentis qu'elle n’en était pas encore capable. Dans les murmures qui s'étendaient autour de nous, la voix de l’auror rencontré plus bas commençait à énumérer des noms.

A plusieurs reprises, je lui répétai les mêmes mots pour la rassurer et attendre patiemment qu’elle reprenne ses esprits.

- Dis moi si tu vas bien ? finis-je par lui demander pour la forcer à prendre la parole.

Hormis par le choc psychologique, elle ne paraissait pas blessé. J’étais rassuré pour tout le monde et je continuai à la réconforter quelques minutes encore, mais si un faible mouvement de sa tête m'avait répondu positivement.

- Joanne Smelt

- Lannig n’était pas au ministère. Il était ici, avec moi. Il a dû partir, sinon il serait venu. continuais-je, toujours pour la rassurer.

- JOANNE SMELT !?

- Oui, ici ! C’est bon ! répondis-je à l’auror en le cherchant du regard pour lui montrer ma tante.

- Qu’est-ce que ... Qu’est-ce que je fais ici ?

Mes yeux trouvèrent la lueur de peur qui voilait les siens. Je lui saisis les mains et je pris une profonde respiration pour me permettre de réfléchir à la manière par laquelle j’allais lui présenter les choses.

Même si cela lui fit du mal, je lui rappelai l’explosion au ministère - ses yeux me confirmèrent que cet épisode n’avait pas été oublié - je poursuivis en lui expliquant qu’il fallait que l’on aille en France pour effectuer quelques vérifications médicales. J'avais pris le soin d'adoucir ma manière de présenter les choses, pour éviter que de tels termes déclenchent plus d’appréhensions encore.

Plusieurs claquements sourds se firent entendre. Je tournai la tête pour remarquer des aurors penchés par dessus bord. Je compris ensuite qu’ils avaient commencé à lancer des sortilèges aux passerelles pour qu’elles s’enroulent et remontent jusqu'au bateau.

- Envoyez le signal !

Un lancétincelle sortit au-dessus des passagers et longea une voile sur sa parallèle pour éclater à plusieurs mètres dans le ciel.

Comme toutes les personnes sur le pont, je levai la tête pour voir la troupe de sorciers sur balai quitter leur vol stationnaire et se mettre en action.

Une légère secousse bouscula le navire et ses occupants, puis les ailes se mirent à battre plus rapidement. Etrangement, le bruit qu'elles produisaient n'augmenta pas. Au contraire, il était devenu plus rauque, plus sourd. Le bateau commença à s'élever et je sentis, contre mon bras, une pression s’accroitre. Les mains de Joanne étaient crispées et son regard fixé dans les nuages pour observer ce que les moldus devaient toujours avoir du mal à comprendre.

- Tout va bien se passer. Je suis là, avec une amie qui doit être dans les soutes. Je vais t’accompagner jusqu’à Paris, on va faire les examens que tu dois faire et nous rentrerons. D’accord ?

Son signe de la tête était loin d’être convaincant, mais il y avait du mieux. Ses yeux s’asséchaient et je complétai sa réponse par un léger sourire. Elle m’en rendit un, un peu tiraillé au départ, mais elle se força ensuite pour le rendre plus sincère et réitéra un geste de la tête.

Je me levai et lui tendis la main pour l’aider. Je voyais bien sur son visage qu’elle préférait rester assise, mais j’étais persuadé qu’aller prendre l’air allait lui faire du bien.

Elle se hissa avec difficultés, ses jambes flageolèrent son sous poids et se stabilisèrent ensuite devant sa résignation.

Nous fîmes quelques pas pour rejoindre la poupe, son bras accroché au mien.

A l'arrière, le passage du navire creusait un sillon et fendait les nuages. Sans nous en être rendu compte, nous étions déjà dans les hauteurs, et la brèche dans les nuages laissait entrevoir des formes labyrinthiques, représentées par les rues et les bâtiments de la ville. Les espaces verts se démarquaient très nettement des amas grisâtres, les véhicules devenus anodins progressaient difficilement ça et là, et le chemin de traverse, vu du ciel, se confondait aux ruelles moldues. Le passage du navire, comme la trainée d’un avion dans le ciel, s’effaçait progressivement, comme si les nuages se cautérisaient pour reprendre leur forme et leur consistance et ainsi gommer notre trace.
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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Jeu 16 Sep 2010 - 12:00

- Miss Redgrave?
- Lewis! Je suis heureuse de vous voir.
- Tu la connais?
- Ouais, c'est la nièce d'Ackroyd, elle bosse pour le Ministère.
- Ah...

Elinor passa cinq bonnes minutes à expliquer les raisons de sa présence ici. L'auror l'écouta le visage grave, semblant comprendre toutes les implications de la situation dans laquelle la jeune femme se trouvait.

- Les enfants seuls ont été rassemblés dans la coque à l'avant de l'arche. Je vais consulter les registres de mon collègue. Quant à Mme. Dolorès, je ne sais pas où elle se trouve.
- L'Arche est grande. Comment faire pour mettre la baguette dessus?
- Le directeur de la Pitié est dans la cabine du commandant. C'est lui qui coordonne l'action des médicomages. Je vais vous accompagner jusqu'à lui.

D'abord trouver David, ensuite rejoindre Elliot. Lewis lui ouvrit le chemin. En route se déroulèrent sous les yeux de la jeune femme des scènes d'une violence rare. Des blessés gisaient, le regard perdu dans l'incertitude du futur de leur vie. Des plaies béantes, physiques et morales, pansées du mieux possible par un personnel gardant son calme du mieux possible.

Les visages étaient tous inconnus, ceux des patients autant que ceux des soignants. La gravité emportait le silence. Au-delà de la situation, chacun semblait se positionner dans le monde actuel. On sentait la réflexion prendre le dessus. Personne ne parlait à voix haute. Les conversations se faisaient dans les chuchotements. Parfois quelques mots se détachaient sous un regard réprobateur: Résistance, Opposition... Mais vite, les mots d'après étaient étouffés. On craignait la confrontation, les regards réprobateurs, ou pire malgré les aurors, la rixe.

L'Arche décolla et imposa une petite secousse qui déstabilisa les passagers. Lewis imprima un rythme de marche assez soutenu. Ils atteignirent la cabine du capitaine assez rapidement. Lewis frappa. La porte s'entrouvrit et Lewis murmura quelques mots. Tout à coup, la porte s'ouvrit et David apparut. Stature imposante, regard bleu azur, comme sa sœur, imposant le respect à quiconque ne le connaîtrait pas, mâchoire carrée avec un bouc entourant une bouche aux lèvres charnues qui découvrirent un sourire ravageur.

La cabine du capitaine avait plus des airs d'appartement que de simple cabine. Le luxe y était ostentatoire et en totale contradiction avec la mission de l'Arche. Boiseries au murs, stucs et peintures au plafond, tout était décalé. On se serait plus senti dans un manoir du XVIIème que dans un immense bateau flottant. Ils furent accueillis par une douce musique qui s'échappait d'un vieux phonographe. Elle précéda David qui se précipita vers Elinor.

- Elinor! Que fais-tu ici? Tu n'as rien?
- Rien de grave, j'ai eu de la chance.

Le puissant médicomage prit sa belle-sœur dans ses bras. Celle-ci lui raconta tout ce qui leur était arrivé à Casey et à elle depuis la première explosion.

- Nous sommes en train de préparer la prise en charge des patients à Paris. Dolorès est précédée d'une excellente réputation. Je vais envoyer quelqu'un à sa recherche pour les faire venir ici à elle et à Elliot. Et ton ami?
- Il doit être à la recherche de sa tante.
- Comment s'appelle-t-elle?
- Joanne Smelt.

Le chef des aurors présent ordonna à son subalterne de les retrouver sur le champ. La porta claqua presque immédiatement après l'ordre. De son côté, David envoya un médicomage rapatrier Dolorès et Elliot.

Dans la cabine spacieuse ne restaient à présent qu'un responsable auror pour l'opération, David, et deux autres personnes inconnues à l'allure sévère.

- Elinor la situation est grave. Les aurors craignent une autre vague d'attentats à Londres, Lannig Beresford vient de nous l'apprendre.
Il faut prévenir Rachel et la faire rejoindre Paris le plus vite possible.
Sais-tu où elle est?
- Chez nous avec Noah.

David parut contrarié et pris de cours.

- Dès que nous arriverons à Paris, j'irai mettre Elliot à l'abri chez Tuppence Beresford, la fille du Chef du Bureau des aurors. Je transplannerai à Londres pour aller chercher Rachel et Noah.
- Antarès a fait placer un sortilège d'entrave-transplannage sur l'Angleterre. intervint le responsable des aurors.
- Vous avez des hiboux sur l'Arche? Je vais lui en envoyer un pour qu'elle s'éloigne de Londres.
- Malheureuse, les hiboux sont surveillés depuis l'annonce du référendum. Les aurors interdisent formellement de s'en servir.
- C'est exact. Antarès ne sait pas que nous sommes au courant de ses plans et nous tenons à garder la chose secrète.

Elinor sentit l'abattement la gagner. Elle gagna une baquette en cuir rouge où la rejoignit David. Il passa un bras protecteur autour de ses épaules. Rachel et Noah les préoccupaient aussi.
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Mar 28 Sep 2010 - 1:49

Par à-coups, un vent tiède sifflait dans nos oreilles. Il s’engouffrait dans notre esprit pour emporter avec lui ses mauvais pensées. Ici, Joanne se sentait mieux. Les muscles de son visage reprenaient des expressions curvilignes. Ils se décontractaient d’une douleur identique à celle visible des autres visages clairsemés du pont. Elle, ne fixait que l’horizon. La ligne parfaite dans laquelle s’échapper était si simple. Aucune réflexion inutile, les peines s’oublient et les angoisses s'amenuisent pour évaporer la peur dans un état second. Une apesanteur, un apaisement de l’esprit et une manière de se rassurer. Le ciel offrait son paysage divin, moutonneux, étrange par son omniprésence et sa consistance, et nos yeux, noyés dans la difficulté à le comprendre, s’émerveillent de sa présence, que l’on soit Hommes, Sorciers, ou toutes autres choses sensées.

- Merci Casey. me glissa-t-elle entre deux chuintements. Sa voix et son visage s’étaient voilés d’une timidité mélangée d’une gêne. Elle ne me regardait pas, son attention toujours suspendu au dessus des nuages, une larme glissant péniblement contre sa joue.

- Soit pas bête. Tu es ma tante.

Le bateau changea sa trajectoire. Il tangua et s’inclina légèrement à tribord ; le vent souffla dans une autre direction que la notre et son doux et lancinant chant se tut pour laisser au silence la possibilité de s’imposer en flottant autour de nous.

- Oui, mais rien ne t’obligeait.

- Non, rien ne m’y obligeait.

Le navire se redressa et nous réprimes une route droit devant. La mélodie s’enclencha à nouveau.

- Tu es gentil.

- Tu le diras à Catherine. lui répondis-je après que l’effet de surprise soit passé. C’était une première.

- On ne se parle pas beaucoup.

- Je sais. clôturais-je la discussion sans entrer dans les détails.

Joanne et ma mère étaient des soeurs que rien ne rapprochaient. Elles avaient vécu ensembles et partagées, de fait, certains moments, certaines choses plus ou moins importantes, mais le lien familial qui les unissait n’avait jamais été vraiment présent. Je crois que ni l’une, ni l’autre, n’avait d’explication logique à tout ça. C’était juste deux personnes qui s’appréciaient, sans plus, aussi étrange que cela puisse paraitre, et comme quelqu’un de l’on rencontre une fois dans sa vie, sans avoir véritablement d’avis. Elles s’étaient éloignées avec l’âge, puis perdues de vue sans peine et ce fut la rencontre de leur enfant, Tuppence et moi, qui les avait un peu rapproché depuis quelques temps.

- Joanne Smelt demandée sur le pont ! s’éleva une voix amplifiée au dessus de nous.

Son prénom la percuta. Je la sentis tressaillir et toute la tension qui s’était échappée d’elle revint en un instant. Le brouillard gris de ses appréhensions s’était tout à coup rebellé pour fondre sur elle et irriguer à nouveau ses pensées.

- On va aller voir. lui répondis-je très doucement.

Elle m’observa hésitante, forcée de quitter son horizon rassurant, puis acquiesça presque pour me faire plaisir.

Une estrade surplombait le pont. Sur le dessus, quelques patients hagards avaient trouvé un refuge, un endroit où il se sentait un peu mieux qu’ailleurs et peut-être un peu plus en sécurité. Certains visages étaient voilés d’une absence, d’autres montraient une mine soulagée de ne pas avoir été appelés. Nous nous avançâmes jusqu’au sorcier ; un couloir s’était dessiné devant nous, on s’écartait sur notre passage, comme si nous avions fait quelque chose de mal. L’auror attendait, cherchant un visage répondant à son appel et, lorsque nos regards s’changèrent, il descendit les escaliers pour rejoindre le pont et venir à notre rencontre.

Il nous expliqua qu’une jeune fille que je compris être Elinor nous attendait dans la cabine du capitaine. Il nous ouvrit le chemin pour nous guider dans tous les méandres du bateau.

Je continuais toujours à jouer le rôle du protecteur avec ma tante. Je lui expliquai brièvement ce que je savais d’Elinor et pourquoi nous nous étions retrouvé dans ce pétrin. Lorsque nous passâmes une dernière porte, nous découvrîmes une vue encore plus splendide que celle du pont. Devant nous, au fond de la cabine, une large baie vitrée offrait une vue à 180 degrés sur la proue du bateau qui glissait sur les nuages.

Je présentai ma tante à Elinor et je m’enquis ensuite rapidement de l’état de Shane. Apprendre sa disparition me poignarda. Je ne la connaissais presque pas, mais je l’avais apprécié. Sur le coup, j’eu l’impression que Joanne prit un instant la relève. Elle me soutint, tout du moins je sentis sa présence devenir protectrice plutôt que protégée. A y réfléchir, c’était la première fois que je vivais la mort de quelqu’un d’appréciable. Je n’avais que sept mois quand mon père est mort, je n’en m’en rappelais pas et je n’avais jamais véçu cette douleur d’une telle manière qu'aujourd'hui. C’était un déchirement provenant des viscères. Quelque chose que qui tord le ventre et ravage l'esprit en semant le trouble.

- Et son fils ? Où est-il ? Il est ... au courant ?

Je ne pouvais m'empêcher de penser à lui. Je me voyais un peu en cet enfant, sauf que son histoire allait être encore plus tragique que le mienne. Je ne voulais pas croire que cela puisse exister.
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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Ven 22 Oct 2010 - 17:25

David avait accueilli les nouveaux arrivant avec le capitaine. Ils n'y mirent ni chaleur, ni cérémonie. David se présenta comme le Directeur de la Pitié, et comme le beau-frère d'Elinor, ce qu'elle appuya d'un signe de tête.

Quelques secousses troublèrent la lourde atmosphère qui habitait les lieux

Elinor se leva posa son regard sur la tante de Casey avant que celui-ci ne la lui présente. Des traits fins et réguliers encadrés par de longs cheveux noirs, mais un regard las. Tuppence avait plus de sa mère qu'elle ne le croyait. Seuls ses yeux et son regard l'apparentaient à son père, physiquement du moins. Elinor s'approcha et attentdit que Casey lui présente sa tante.

- Enchantée. Je suis une amie de votre fille.
- Oui, Casey m'a dit cela.

Le fait de connaître Tuppence ranima la flamme dans le regard de cette femme. Soudain, la jeune fille prit conscience du fait que toutes les personnes présentes dans l'Arche avaient subi la même atrocité, au-delà de toutes les frixions et de toutes les barrières qu'avaient pu dresser Résistance et Opposition. La souffrance devrait être un lieu commun propice au rapprochement des hommes, mais ceux-ci ne s'en rendent pas compte et préfèrent l'utiliser comme tremplin pour exacerber la haine. Un regard, un sourire, une main tendue devraient repousser loin les frontières de l'intolérance pour bâtir le socle d'une nouvelle humanité, érigeant la compassion en étendard.

Casey s'enquit de l'état de Shane et fit replonger son amie dans la dure réalité de la perte d'un proche.

- Il est avec une médicomage. Quelqu'un a été envoyé pour aller le chercher... Je ... Il est au courant, oui. son regard se perdit automatiquement sur le parquet à la fin de sa phrase et il y resta figé.

Elle ne savait pas dans quel état il devait être. Sans doute dévasté quoi que de sa propre expérience, Elinor ne se souvenait pas avoir immédiatement compris ce que signifiait la mort de sa mère jusqu'àce qu'elle ait vu son corps inerte. Elle avait cinq ans aussi lorsque sa mère était morte, le même âge que lui. Ce serait la même douleur pour lui quand il s'endormirait le soir. Le même déchirement le jour de son anniversaire et qu'elle ne serait pas là, la même douleur lorsqu'il ferait chaque année sa rentrée des classes sans personne derrière lui... Et encore, dna son malheure Elinor avait été soutenue par son père. Lui n'en avait pas.

Elle avait pensé à tout ça lors de la confession de Shane. A nouveau ce constat la frappa. Elle avait pris la responsabilité de s'occuper d'Elliot comme de son propre fils. De l'adopter, de faire reconnaître ce lien par le Ministère et par le monde pour que ce petit bonhomme soit conscient un jour qu'elle serait là, à ses côtés, et ce quoi qu'il arrive. Mais cette solution allait bouleverser sa vie à elle, à Noah, et à Rachel... Comment pourrait-elle gérer cela? Et lui allait-il subir ce changement? Le battre? Se rebeller?

- Sa mère me le confie. Elle a fait écrire un testament à la fameuse médicomage pour le mettre noir sur blanc.

Elinor fixa Casey intensément. Ses yeux brillaient d'anxiété. Elle recherchait un soutien. Elle avança timidement vers lui et se blottit contre lui sous le regard curieux de sa tante. Celle-ci semblait comprendre ce qui se passait et posa une main apaisante sur l'épaule de son neveu.

- Excusez-moi de vous interrompre mais nous n'allons pas tarder à atterrir à Paris sur le toit de la Pitié. Asseyez-vous pour votre propre sécurité. intervint le capitaine. Quelques instants après, le vaisseau volant amorça sa douce descente.

La baie vitrée offrit une vue sans intérêt puisque l'Arche traversait d'épais nuages gris cotoneux. Ce n'est que quelques minutes après que le panorama de Paris vu du ciel se dessina sous leur yeux.
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