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 avec pertes et fracas

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Casey Call
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MessageSujet: avec pertes et fracas   Dim 28 Fév 2010 - 3:22

J’étais dans la rue. Je marchais encore dans le quartier moldu lorsque ça s’est produit.

J'avais décidé de me rendre sur le chemin de Taverse et, pour cela, j’avais opté pour l'itinéraire d’accès conventionnel, plutôt que celui de la poudre de cheminette ou encore le transplanage. Malgré la vague de froid qui s’était affaissée lourdement sur le pays depuis plusieurs jours, les habitants de Londres semblaient s’en être accoutumés. Ils étaient nombreux à être de sortie ce samedi, bravant les intempéries. Tous traversèrent les rues avec rapidité pour éviter la pluie qui s’était mise à tomber depuis quelques minutes. Ils s’empressaient d’avancer pour rentrer précipitamment dans un pub ou un magasin quelconque. Pour ma part, je devais être à environ cinq cents mètres du Chaudron Baveur. Je me demandais si Tom était toujours le propriétaire. Cela faisait bien longtemps que je n'étais pas allé dans le fameux pub et je me mis même à penser que j'y retrouverais peut-être l’Elfe que Tuppence et moi avions rencontré quelques années auparavant.

Puis, sans que je comprenne pourquoi, un souffle brulant et tonitruant m’avait propulsé vers l’avant. La surprise du choc me fit oublier bon nombre de détails. L'une des seules choses dont je me souvienne est que j'eus l'impression de voir ma vie défiler devant mes yeux pendant que j’effectuais un vol plané défiant tous les records olympiques de saut en longueur. Je me souviens également de cris poussés par d’autres.

Je retombai lourdement plus loin, face contre un trottoir qui m’offrit un amorti réduit et difficile à encaisser. J’entendis le bruit de mon arcade sourcilière se briser sous le choc et je perdis connaissance.

Plus tard, sur une durée que je ne pouvais quantifier, je rouvris les yeux pour me trouver dans la même position. Ventre contre terre, des douleurs s’immisçaient dans tous les recoins de mon corps, avec un sifflement aigu bourdonnant continuellement dans ma tête, j’essayai de me relever, mais, à mi-parcours, mon corps refusa de m’obéir plus longtemps. Je m’effondrai une deuxième fois et perdis à nouveau connaissance.

La seconde fut la bonne. La douleur était toujours là, comme le sifflement incessant dans mes oreilles, mais j'étais parvenu, certes avec difficultés, à me relever. M’aidant de mes bras, je pris beaucoup de précaution car je sentais les sensations de vertiges s'approcher.

Désorienté, je dus attendre quelques minutes debout avant d'émettre une hypothèse sur ce qu'il venait de se produire. Progressivement l'acouphène provoqué par la déflagration disparaissait pour laisser place à des cris, des voix affolées, des pleures.

Mes yeux parcouraient sans interruption toutes les scènes d’épouvantes que je pouvais rencontrer. Il y avait un homme titubant le visage ensanglanté ; une femme passée au travers la vitrine d’un magasin ; un chien sur le flanc sans vie ; des sacs, des parapluies éparpillés un peu partout ; un petit garçon inanimé au pied d’un imposant conteneur à poubelles métallique et cabossé.

Ceux qui le pouvaient déambulaient de chaque côté de la rue avec des regards hagards. Leurs expressions me donnaient l’impression d’être dans l’un de ces films moldus et médiocres de zombies.

Je ne savais pas quoi faire. Que s’était-il passé exactement ? Pourquoi une explosion ?

Ce fut lorsque je vis un homme apporter son aide à une vieille femme qu’il me vint à l’idée d’en faire autant. Par chance, je n’avais pas l’impression d’avoir été trop touché. Je sentais bien quelques douleurs et je me doutais que mon sourcil devait saigner, mais j’arrivais à marcher sans trop de difficulté.

Je passai une main sur mon visage et, à tâtons, j'arrivai à localiser l'endroit de ma blessure. Avant de me diriger vers le corps allongé du petit garçon, j'observai ma main recouverte de mon sang.

J'avançai enfin vers de lui, encore ralentit par le contre-coup, et, lorsque je fus suffisamment près, je pus remarquer qu’il respirait encore.

J’accélérai le pas puis je m’agenouillai à ses côtés. Comme dans les films que j’avais pu voir, j’appuyai mon index et mon majeur contre le cou du garçon. Je dus insister, replacer à plusieurs reprises mes doigts pour trouver la jugulaire et ressentir une faible sensation que je jugeai être un pouls.

Sans réfléchir, je serrai fermement ma main contre son bras et je fermai les yeux pour me concentrer.

Je ne savais pas s’il était un (futur) sorcier ou non, mais l’endroit où je pouvais l’emmener était le seul que je connaissais et qui pouvait faire quelque chose pour lui.

Autour de nous le noir se fit, l’air se comprima et nous fûmes transportés avec célérité dans l’hôpital pour sorciers.

Nous avions transplané à quelques mètres des portes, à l’intérieur du bâtiment. Lorsque j’ouvris le yeux et que je relevai la tête, je voulu appeler à l'aide, mais je fut stoppé par la surprise de constater un nombre inhabituel et important de visiteurs.

Certains étaient debout, sans trop savoir quoi faire, alors que d’autres, très certainement du personnel, s’activaient en tout sens pour répondre à toutes les demandes. En arrivant ici, c’était comme si nous avions quitté une catastrophe pour en découvrir une autre.

[HJ] Libre. Postage tranquille. [/HJ]
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Casey Call
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Dim 7 Mar 2010 - 17:02

Accroupi, une main posée sur le sol en guise d’appui, j’étais à mille lieux de réaliser l’absurdité de ma position. Tel une grenouille, ou un crapaud – question de point de vue –, s’apprêtant à bondir …

Car sur le moment, la seule chose que j’avais en tête, c’était de m’époumoner pour hurler à l’aide. Proche de moi, j’avais peut-être le corps sans vie d’un gamin ou de celui s’apprêtant à ne bientôt plus respirer. Je n'avais aucune idée de son état.

Mais, alors que je m’étais déjà détendu pour me relever, j’eus l’impression de sentir une force puissante et invisible me donner une claque dans le dos. Mon buste s’avança, suffisamment pour me donner l’impression d’être déséquilibré, puis j'entendis, un dixième de seconde ensuite, le bourdonnement d’un bruit s’apparentant à une nouvelle explosion.

Puis, le silence tomba.

On croyait pourtant entendre un bruit étrange planer, presque imperceptible. Un écho lancinant et pesant qui n’était que le son du silence de notre monde s’arrêtant de vivre. Pendant ce même moment, les regards se croisèrent et s’échangèrent. Tous, nous nous demandions ce que notre monde était en train de subir. Un mélange saisissant de doutes et de peurs s’égrainait sur nos visages alarmés.

Puis, comme si notre monde n’était destiné qu’à une seule chose, exister, chaque personne reprit progressivement le fil de sa vie. Nous nous réanimions, reprenant la place ou le rôle qui nous était attribué. Le patient redevenait patient et le corps medicomagique débordé.

Une jeune sorcière, habillée en blanc de pied en cap, s’avança vers moi, le regard préoccupé et intéressé.

Je continuai à me relever pendant qu’elle s’approchait. Nous n’eûmes pas le besoin d’échanger un mot avant plusieurs minutes.

Elle était venue pour s'accroupir et se pencher sur le corps allongé du garçon. Elle avait sortie sa baguette, pour la passer consciencieusement sur chaque partie de son corps, sans pour autant le toucher une seule fois. Je regardai le diagnostic s’établir avec un intérêt presque malsain.

[HJ] Sujet toujours libre.[/HJ]
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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Mer 10 Mar 2010 - 12:16

HJ: Hope you don't mind. J'ai adoré ce que tu as écrit.

Music


J'ouvris les yeux sur le plafond blanc de l'hôpital de Sainte-Mangouste. Une de mes mains se porta automatiquement à ma tête. J'avais mal. Mes doigts en retournèrent maculés de sang. D'autres douleurs s'éveillèrent en même temps que mon corps: dans le dos, au genou gauche. Rien de grave cependant, je pus me relever très vite.

Comment avais-je pu atterrir ici? Je ne savais plus.

Ma tête tournait, et il m'était difficile de retrouver un semblant d'équilibre. Tant bien que mal, je parcourus la distance qui me séparait d'un mur salvateur.

Oui, j'y étais. Tout me revint en bloc.
Nous étions sorties avec les garçons pour faire du shopping. Nous étions devant le magasin de quidditch quand Elliot demanda à sa mère s'ils pouvaient aller à l'animalerie. Sa mère tenait mon bras, elle n'avait pas pris sa canne blanche. Elle répondit à son fils qu'ils avaient déjà un vieil hibou miteux et acariâtre, et qu'ils n'avaient pas besoin d'un chat en plus. Elle sourit en tournant son visage vers moi. La veille au soir elle m'avait dit qu'elle attendait son anniversaire pour lui en acheter un... Et puis l'impensable. Un bruit et plus rien. Je ne savais pas qui nous avait fait transplanner là.

Il me fallut quelques secondes pour réaliser qu'au milieu de l'agitation qui régnait. Mes bras se levèrent à nouveau pour couvrir ma tête. Je devais avoir une plaie et elle saignait abondamment. Cependant, ce n'était pas ce qui m'affolait le plus. Je n'entendais plus.

Je vivais l'effervescence, je la subissais même. Mais il m'était impossible de m'y intégrer. Tout semblait marcher sans moi. L'ouïe me revint lorsque j'aperçus Shane. Elle était encore couchée au sol, protégeant Noah pleurant dans ses bras. Elle avait une jambe ensanglantée. Je me précipitai vers elle et serrai Noah contre moi.

- Shane*! Shane! Comment ça va?

Une autre détonnation. Mais que se passait-il?

Une fois la stupeur passée, les lieux retrouvèrent un semblant de normalité pour un hôpital débordé. J'observais la frénésie ambiante, sonnée par l'horreur des blessures affichées. Merlin... Au milieu de tous les patients, mon regard fut irrésistiblement attiré par le cas d'un petit garçon, allongé à même le sol, pris en charge par une jeune guérisseuse. Des cheveux mi-longs, d'un blond éclatant.
Il ne bougeait pas.

Et puis je réalise...

- Elliot!

Je pris Noah avec moi, délaissant Shane pour aller m'enquérir de l'état de son fils. La jeune femme leva le regard vers moi. Noah se mit à pleurer quand il reconnut son ami.

[color= yellowgreen]- Vous êtes sa mère?

- Non, sa mère est là-bas, elle a perdu connaissance je pense. Qu'a-t-il?

- Cage thoracique enfoncée mais il respire. Difficilement mais il respire. Ses défenses magiques ne sont pas touchées. ça devrait aller.

Un de ses collègues intervint et prit Elliot avec lui sur un brancard lévitant. La jeune femme m'expliqua qu'il fallait attendre, et se dirigea vers Shane.

Je n'avais pas remarqué Casey. Quand je m'aperçus de ma bévue, je lui fis un signe de tête histoire de lui signifier que j'étais désolée. Shane était entre les mains de personnel compétent, la tension descendit d'un cran.

Je posai Noah au sol et me rapprochai de Casey. Je le connaissais, mais depuis notre sortie de Serpentard, c'était sa cousine qui me parlait de lui plus que si nous étions encore au collège. Tuppence avait une sincère admiration pour ce cousin qu'elle s'était trouvé récemment. Et depuis qu'il avait sauvé sa vie et celle de ses frères, un lien spécial l'unissait à lui.

- Je ne comprends pas ce qui se passe. Un attentat? lui demandai-je.






* HJ: Shane Derwent, ancien professeur de potions à Poudlard collège.
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Casey Call
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Dim 18 Juil 2010 - 19:08

- Bonjour Elinor. répondis-je avec une simplicité déconcertante pour la situation.

Je profitai de cet instant de normalité pour reprendre conscience et m’inquiéter un peu de mon état. Je passai à nouveau ma main sur ma blessure. La fracture était douloureuse et ouverte, mais elle restait supportable. Le plus désagréable était certainement cette couche de sang qui commençait à coaguler sur ma joue.

- Laissez. Je vais le faire. me répondit la jeune soignante, alors que je m'apprêtais à sortir ma baguette pour réparer seul les dégâts.

Elle murmura un sortilège que je connaissais pas, puis j’eus l’impression qu’un gel visqueux et glacial coulait de mon front pour s’étendre jusqu’à mes lèvres. La sensation désagréable me fit tressaillir, puis elle disparue, comme elle était apparue, rapidement.

- Voilà. La blessure est refermée, mais vous devrez prendre du Poussoss pour votre arcade.

Encore un peu surpris, je soufflai un faible merci qui mourut dans le vacarme ambiant.

La jeune sorcière nous tourna le dos pour se pencher à nouveau sur le corps allongé du garçon. Elle échangea quelques paroles avec les hommes venus apporter le brancard.

- Aucune idée. repris-je à l’intention d’Elinor. J’étais à deux pas du Chaudron Baveur quand ça s’est produit.

Je me mis à la regarder plus en détails. Nous avions passer une partie de notre scolarité ensemble et je la trouvais tellement changée que j’avais du mal à retrouver son visage de jeune fille derrière celui de la jeune femme.

- Nous l’emmenons au troisième niveau exceptionnellement. Chambre 311. Nous n’avons plus de place dans les autres services.

- Pourquoi ?

- A cause de ça. dit-elle en écartant les bras pour montrer la foule inhabituellement dense. Depuis ce matin on nous en amène par vagues. Des blessés, souvent des traumatismes ou des brulures principalement. On maitrisait très bien la situation sans vraiment comprendre tout ce qu’il se passait dehors, mais depuis trois heures environ, les arrivées s’intensifient. Ils sont de plus en plus nombreux, venant de toute l’Angleterre et de même plus loin. D’ailleurs, je m’attarde trop, désolée mais je dois y aller.

Vous voulez accompagner votre fils ?


- Heu Non ! répondis-je rapidement, frappé par le fait que l’on puisse m’imaginer comme un père et que cela puisse être le cas.

La jeune femme me regarda interloquée, voir dégoutée, ne comprenant pas que je puisse refuser.

- Ce n’est pas mon fils. Décidément vous avez tout faux. C’est pas très rassurant. répondis-je sur le ton de l’humour.

Le brancard et le garçon s'éloignèrent seuls pour rejoindre l’un des ascenseurs du bâtiment quand une nouvelle détonation se fit entendre.

Chacun réagit à sa manière. La peur généra chez certains des cris, d’autres se jetèrent à terre ou alors se voutèrent, un homme disparu sans demander son reste et quelques courageux avaient brandi leur baguette.

Mais cette fois, pas d'explosion. C'est l'arrivée simultanée d'une dizaine de sorciers en transplanant qui produisit cette impression.

Du groupe, l’un d’entre-eux sortit. Le chef, surement, s’avança d’un pas pour se démarquer des autres et il appliqua sa baguette contre sa gorge.

- Brigade Magique. Malhouwen Piterski est demandée d’urgence au rez-de-chaussé. Les visiteurs sont priés s’évacuer les lieux immédiatement. brisa-ti-il le recent silence de sa voix amplifiée.

L'écho résonnait dans les étages, alors que le reste de la troupe commençait à se disperser. Du regard, ils cherchaient tous les valides ou les blessures légères ne nécessitant pas de Médicomagie. Ils leurs indiquaient ensuite les portes d’entrée en guise de sortie.

- Garder votre calme, merci. Sortez sans encombre.

Dans les sorciers venus prêter main forte au leader, je vis un visage que je connaissais.

- Viens ! lançais-je à Elinor. Je m’étais saisi de son poignet pour l’emmener avec moi et tenter d’en savoir plus.

- Hey Vince ! Salut !

L’homme se retourna et il n’afficha aucune expression particulière lorsqu’il m’aperçu. Il paraissait juste surprit d’entendre quelqu’un prononcer son prénom.

- Oh Casey ! Comment vas-tu ? Tu ne devrais pas rester là.

Vince connaissait bien le père de Tuppence. Bien que ce dernier travaillait au bureau des aurors - et qu’il y avait souvent des frictions entre Aurors et Brigade magique : problèmes divers de complexes d’infériorité ou de supériorité - nous nous étions déjà rencontrés plusieurs fois et je savais que les deux hommes s’appréciaient.

- Que se passe-t-il ?

Il hésita pour juger si la situation était trop confidentielle ou non pour me le dire.

- Des attentats. Un peu partout. Les aurors sont tous occupés à droite à gauche et on pense que Sainte Mangouste est menacée.

- De ? Quoi ? Menacée par qui ?

- On en sait que dalle ! Ca fait un moment qu'on y comprend plus rien de toute façon ! On fait ce que l'on nous dit de faire, c'est tout.

HJ : Je rattrape mon retard. Il m'a fallu beaucoup de temps pour retrouver le goût de l'écriture. Désolé pour tout ce temps.
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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Sam 24 Juil 2010 - 15:52

HJ: T'inquiète, pas de souci. J'avais envie d'un peu d'action.

A mesure que le dénommé Vince parlait, je me demandais ce qui pouvait bien se tramer au Ministère. J'avais beau avoir des contacts particuliers dans l'institution grâce au travail de diplomatie que je menais, je n'avais pas pour autant entendu parler de telles menaces. Et puis... voir les brigades magiques prendre le pas sur les aurors dans de telles missions n'était pas coutume. Autant de raisons à mon avis de se méfier de cette soudaine apparition.

Je pris Noah dans mes bras pour aller voir le fameux meneur du groupe.

- Je ne peux pas partir sans mes amis: une femme aveugle et son fils. On vient de les prendre sur un brancard. Ils ont besoin de moi.

- Fermez la! Votre fils aussi a besoin de vous. souffla-t-il d'un ton malsain. Nous ne faisons pas dans la dérogation. Vos amis seront transférés dans un autre hôpital magique, comme le reste des patients.

- Où? demandais-je d'un ton marquant d'évidence ma détermination.

- Ailleurs. Je ne suis pas médicomage, moi.

- Certainement. Mais je me demande aussi quel est votre grade car votre fonction est d'assurer la sécurité, et pour cela vous devez prévoir un plan d'évacuation et...

L'homme sortit sa baguette et la colla sur mon menton. Ce geste brusque et soudain fit pleurer Noah qui serra encore un peu plus ses bras autour de mon cou. Il ne me fit pas baisser les yeux pour autant, au contraire. D'une main ferme je saisis sa baguette et la repoussai.

- J'ose espérer que vous vous trompez de cible.

- Sang de reptile. J'aime ça. me glissa-t-il presque à l'oreille.

- Je veux savoir où iront mes amis et je ne partirai pas sans cela.

L'homme me dévigsagea quelques secondes en se grattant le menton. Le calme de la scène contrastait avec l'évacuation qui se faisait dans la cohue. Cependant, il n'y avait que les blessés légers qui sortaient. Les brancards ne descendaient pas.

- Nous essaierons de les transporter à la Pitié, à Paris.

- Me voilà rassurée. Je connais le Directeur, il me tiendra rapidement au courant alors. Merci.

J'eus la nette impression qu'il fut désharçonné par ma réponse. Autour de lui ses collègues faisaient de leur mieux pour faire régner l'ordre et calmer les esprits. Instinctivement mes pas me guidèrent vers Casey. Le regard malsain de cet homme m'avait mise mal à l'aise, ses manières encore plus. Je pris le bras du cousin de Tuppence pour qu'il se penche un peu vers moi afin que je puisse parler à son oreille, mais je n'en fis rien. Dans ma nuque, une branche de mon triskel commençait à me brûler. Je tournai vers moi la paume de ma main gauche. Noah sanglottait toujours contre moi.

- Du calme mon coeur. Tout va rentrer...

Une autre branche se mit à produire son effet. Au creux de ma main, deux lignes se colorèrent, celle qui me représentait, et celle qui symbolisait Sacha et Noah. Un danger imminent nous guettait Noah et moi.

- Il faut fuir, vite! Fais-moi confiance Casey.

Pas le temps de réfléchir. Je saisis la main de Casey de ma main libre et l'entraînai en courant vers la sortie. Avant que nous pûmes atteindre la porte, le souffle d'une nouvelle explosion nous propulsa au sol.
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Casey Call
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Dim 25 Juil 2010 - 15:41

Nous courrions. Droit devant pour atteindre la sortie. Je ne comprenais pas l'état d’alerte Elinor, mais la panique dans son regard avait été un élément suffisant pour que je la suive sans poser de questions.

Nous avancions. Les portes principales en verre se rapprochaient de plus en plus. Nous y étions presque arrivés quand un bruit assourdissant explosa dans l’enceinte du bâtiment. Nous fûmes projetés vers l’avant avec une telle force que j'avais eu l'impression d'être au centre de la déflagration.

Je vis les portes se rapprocher encore plus vite, notre vitesse était alarmante et il ne faisait aucun doute que nous allions les percuter de plein fouet et passer au travers. Nos os allèrent se briser sous le choc, puis nos corps allaient être lacérés par les éclats de verre. Ce constat était indéniable. Ma seule réponse fut de fermer les yeux, comme si cela pouvait permettre d’éviter le choc ... Je ne voulais surtout pas voir de mes propres yeux ce qu’il allait nous arriver.

J’attendis presque patiemment le moment fatidique. L’inévitable.

Pourtant, sans comprendre, cette force qui nous avait propulsé vers la sortie s’estompa, trop rapidement pour que cela puisse être conventionnel. Je ralentissais jusqu’à m’immobiliser totalement, mais pas de choc, pas de chute non plus.

Comment ... ?

L’incrédulité me fit rouvrir les yeux et à cet instant je pensais être mort.

Hormis la volonté de trouver une explication rationnelle au fait de ne pas avoir ressentit le passage de ces fameuses portes, j’avais beaucoup de difficultés à comprendre la position dans laquelle j’étais et où j'étais. Il me fallu quelques secondes pour comprendre. Cette surface, sombre et grisâtre, qui s’étalait devant moi était le macadam d’un trottoir, celui de devant l’hôpital. Finalement, je m’étais retrouvé dehors sans percuter les portes ? Et comment était-il possible que je puisse voir ce que je voyais sans avoir le nez écrasé contre le sol ? Je ne ressentais effectivement aucune pression, aucun point de contact entre mon corps et le sol.

J’étais en réalité en position horizontale, en lévitation de quelques centimètres ou plutôt comme si soudainement la gravité venait de s'annuler. Je flottais, mais impossible pour moi de bouger. Une sensation puissante et invisible me maintenait dans cette position. Seule ma tête était libre de quelques mouvements restreints. Puis, un mécanisme se mit en marche. Lentement, je bougeai dans les airs, comme une marionette, je me redressais pour reprendre une position normale et verticale, sans avoir décidé de quelque chose. Ma tête se releva, ce qui me permit de voir ce qui m’entourait réellement. Mes pieds ne touchaient toujours pas le sol, mes mouvements étaient restreints encore et, lorsque j’aperçu Elinor et Noah sur ma droite, je compris enfin que je n’étais pas le seul dans ce cas. Par je ne sais quel miracle, nous étions passés au travers les portes comme si la matière n'existait plus et n'offrait plus de Résistance. Toutes les personnes présentes dans la rue, et peut-être même plus loin, vivaient la même chose. Position verticale, flottant à quelques centimètres au dessus du sol. Inexplicable.

Les plus hébétés étaient les moldus avec leur esprit cartésien les empêchant de pouvoir admettre un tel phénomène possible. Puis, alors que les regards d’incompréhensions commencèrent à s’échanger, j’eu l’impression qu’une fine neige se mit à tomber du ciel. Je relevai machinalement la tête autant que je le pus, mais je ne voyais aucun flocon. Non, c’était ma vision qui se brouillait, un peu comme un poste de télévision moldu déréglé. L’effet parasite augmenta jusqu’à supprimer totalement les environs. Le problème ne venait pas de ma vue, mais des lieux eux-même. Ils étaient remplacés par un blanc resplendissant et immaculé, empêchant de distinguer quoi que se soit d'autre. Seuls les individus n’en étaient pas affectés. Ils étaient toujours visibles et flottaient tous dans un endroit totalement blanc, sans aucun repère. C’était irréel. Quelle force était capable d’immobiliser autant de personnes et supprimer un paysage urbain si complexe ?

Il régnait ici une forte incompréhension. Elle était telle que le silence s’était imposé de lui même, ou peut-être ce phénomène avait-il également supprimé le bruit. Alors que je m'apprêtais à rompre ce silence en appelant Elinor, l’immense voile qui nous englobait commença à son tour à se disperser. C’était une transition. Des parasites revenaient peupler la blancheur avec des gouttes de couleurs cette fois. Elles tombaient de nulle part sur des surfaces qui semblaient ne plus exister, pour redessiner leurs formes, leurs contours, leurs aplats et ramener les lieux. La rue, les bâtiments, les vitrines, les abris de bus, les couloirs de taxi, les feux de signalisation reprenaient leur constance. J’avais l’impression d’être à l’intérieur d’un tableau qui prenait forme en accéléré ou d'assister à une pluie diluvienne créant la scène, mais celle-ci était différente.

Dans cet endroit, tout semblait détruit, cassé, brisé en mille morceaux et figé. Des bâtiments en feu, leur façade noircit et en partie rasée, laissaient se découvrir les intérieurs d'appartements, éventrés, mis à nu sur les rues qui, elles, étaient parsemés de cratères et de carcasses de voitures. Puis, des corps. Carbonisés, mutilés, déchiquetés, mourants ...

Tout cela me rappelait un documentaire sur la seconde guerre mondiale, ce genre de documentaire où l'on peut voir des photos de villes entières soufflées par des bombardements. Sauf que dans notre cas, toutes les catastrophes semblaient s’être produites en même temps. Cette vision d’horreur reflétait un monde parallèle annihilé, il portait les traces de tant d’années de conflits que son ciel s’en était même totalement obscurcit.

Le bruit d’un craquement rompit le silence latent. Un éclair fendit le ciel au dessus de nos têtes. De surprise, je levai les yeux.

Votre avenir ? en lettres gigantesques se couchait progressivement au travers les nuages.

Tout cela était une illusion. Comme pour les attentats, le but n’était pas de détruire ou de tuer, mais de générer la peur et l’interrogation.

Ce message interrogateur aurait aussi bien pu être écrit par la Résistance que par l’Opposition.

Du coin de l’oeil, je remarquai une silhouette qui attira mon attention. Contrairement à nous autres, celle-ci n’était pas immobilisée. Elle progressait lentement dans ma direction, d’un pas difficile et claudiquant. Cet homme, habillé de guenilles, passa devant moi sans me regarder. J’essayai de l’interpeler, mais aucun son ne sortit de ma bouche. Son visage m’était familier. A l’exception des cicatrices barrant son visage, je le reconnu au bout de quelques secondes. Je me voyais dans cette illusion, des dizaines d'années en plus et les marques d'une difficile et éprouvante existence sur tout le corps.
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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Lun 2 Aoû 2010 - 12:04

'Alors c'était cela que ressentaient les cosmonautes? Un état de légèreté et de grâce couplé à ce qui ressemble à une suspension du temps.'

Ses yeux vert s'étaient plissés instinctivement en attente du choc inexorable qui avait semblé se profiler. Elle attendit, attendit, mais rien ne se passa. Au-delà de la surprise, il y avait eu les interrogations. Pourquoi n'avait-elle pas pu serrer davantage ses bras autour de Noah? Pourquoi ses muscles avaient obstinément refusé de lui obéir?

Les pleurs de Noah résonnaient sur les murs environnant.

La situation lui rappella la fuite dans le temps qu'elle avait connue avec Loevi, où sa conscience avait été prisonnière dans un corps qui lui lui répondait plus. Pourtant, cette fois, elle se sentait en pleine possession de ses moyens physiques. Aussi, l'appréhension la gagna progressivement même si le fait de ne pas être seule dans cette situation la réconfortait.

A quelques centimètres de ses yeux il y avait de l'asphalte. C'était celui du trottoir face à l'Hôpital. Son fils et elle se retrouvaient donc en lévitation au ras du sol dans une position surprenamment confortable...

La seule partie du corps de la jeune fille qui accepta de rompre cet état de paralysie fut sa tête. En réussissant à la tourner de quelques degrés vers la gauche, Elinor aperçut Casey dans une position similaire à la sienne. Mais Casey n'était pas le seul de la sorte. La totalité des autres personnes qu'elle put apercevoir se trouvaient confrontée à cette même situation, donnant un parfum d'irréel à cette rue d'ordinaire si animée.

Quelle était cette force surpuissante présidant au présent de tant de personnes? Antarès?

Peu à peu les corps se redressèrent dans une danse quasi funèbre. Des fils invisibles semblaient animer en même temps toutes ces marionnettes de chair pendant qu'une fine neige se mit à tomber. Elinor frissonna, mais pas à cause du froid. La neige n'en était pas. Il s'agissait plus d'une averse hallucinatoire qu'autre chose. Bientôt le champ de vision de ces prisonniers devint blanc et silencieux. Elinor ne faisait pas attention aux réaction des personnes autour d'elle. Cette démonstration de force avait happé toute son attention et annihilé toute tentative de réflexion. Bientôt, une averse colorée rendit à l'environnement toutes ses dimensions. La couleur revint, le décors aussi. L'architecture, le relief, tout se recomposa à grande vitesse, mais rien n'était comme avant...

Elinor resta sans voix, tout comme Noah qui semblait à présent plus fasciné qu'apeuré. Pourtant tout autour, il n'y avait plus que des ruines.

Lorsque le ciel se creva dans un grand bruit et laissa apparaître ce pseudo slogan, un noeud se forma dans l'estomac de la jeune mère. Une seule question pointait: qui? Qui pouvait être assez puissant pour réaliser cette prouesse? Qui pouvait avoir intérêt à agir de la sorte? A qui la peur engendrée pouvait prifiter? La Résistance? L'Opposition?

Un bruit de talons attira son attention. Il provenait de l'Hôpital. Elinor tourna une nouvelle fois la tête et s'aperçut alors, plus âgée. Elle n'avait quasiment pas changé et son apparence était soignée. Comme ça, elle se serait donné environ 10 ans de plus. C'était à quelque chose près cette apparence qu'elle avait lorsqu'elle s'était vue à Paris dans son flash-forward. Dans ses bras elle serrait un adolescent à la silouhette frêle. Malgré ses cheveux blonds qui lui descendaient jusqu'aux épaules, Elinor était persuadé qu'il s'agissait d'un garçon, mais ce n'était pas Noah. Il semblait en sanglots dans les bras de son double plus âgé qui pleurait aussi à chaudes larmes. Elle le poussa à se remettre en marche. La jeune Elinor s'interrogeait sur la raison de cet état lorsque le visage de l'adolescent apparut. Ce regard bleu azur embué qu'il affichait, elle le connaissait: c'était Elliot.

La jeune Elinor voulut les interpeler, mais sa voix resta muette. A force d'observation, la spectatrice se rendit compte qu'en fin de compte c'était bel et bien elle qui était la plus bouleversée des deux. Bientôt, c'est une Rachel plus âgée qui les rejoignit. Elle entoura de ses bras ses deux compagnons et les fit avancer...

Le visage de son double plus âgé et son attitude générale fit monter des larmes aux yeux de la jeune fille. Dans la scène qui se déroulait non loin d'elle, des spasmes s'étaient emparés de l'Elinor du futur qui était à présent dans les bras de Rachel. Il n'en fallut pas plus à la jeune fille pour comprendre les raisons de son état.

Bientôt, les lettres rouges qui s'étaient emparées du ciel se dilatèrent et semblèrent se disperser au gré du vent qui venait de se lever. Un courant d'air froid descendit dans la rue, emportant avec lui les lettres qui venaient de se décomposer en une épaisse fumée rouge. Craignant pour sa vue, Elinor ferma les yeux et sentitl'air glacial lui fouetter le visage par rafales. Les bourrasques prirent alors consistance et la foule se retrouva prise dans une véritable tempête de sable élimant peau et vêtements. Les corps se tordirent jusqu'à prendre des position impossibles à tenir dans une articulation normale du squelette. Le craquements de certains os était pourtant inaudible avec le bruit produit par la tempête.

Les corps s'envolèrent comme des poupées de chiffons et furent libérés de leur paralysie et tombèrent au sol.

Une voix s'éleva dans les airs, monocorde, incontournable.

- La décision vous appartient.

Dès qu'elle put bouger, Elinor ressentit une vive douleur au coude. Elle ouvrit les yeux ébétée, constatant que tout avait repris une apparence normale. Noah était toujours dans ses bras et s'était remis à pleurer. Rassurée, l'ancienne Serpentard chercha Casey du regard. Ne le voyant pas, elle l'appela.

- Casey!
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Jeu 5 Aoû 2010 - 4:35

Le retour à la réalité se marqua par un rappel à l’ordre brutal des lois de la physique. La force gravitationnelle s’était rétablie pour me ramener inexorablement au sol. Mon corps retrouva sa masse et mon poids fit se ployer mes jambes au contact du sol. J’amortissai la chute par une main qui me permit de ne pas basculer à la renverse et ainsi conserver un équilibre toutefois précaire.

Une voix céleste s’éleva pour apporter cette fois un message porteur d’espoirs et, après cela, la vie pu enfin reprendre son rythme. Progressivement, le tumulte de la ville regagnait sa place. Au loin, on pouvait réentendre les klaxonnes hurlants d’une rue encombrée, les crissements d’une circulation étouffée par les accélérations et décélérations multiples, le tout mêlé à des conversations intriguées. J’avais l’impression d’avoir été placé dans une bulle insonorisée, à l’écart du monde, qui venait tout juste de se percer.

Comme beaucoup, j’étais déboussolé. Je ne savais pas vraiment combien de temps avait duré cette illusion, deux minutes, peut-être cinq, mais être à nouveau confronté brutalement au monde environnant m’avait donné l’impression que cela faisait beaucoup plus de temps. J’étais surpris de réaliser à quel point il était aisé de s’accoutumer au silence et que le bruit était indubitablement une forme de pollution. Plusieurs questions vinrent sillonner mon esprit, mais la première ne portait pas tant sur la teneur de cette vision de mon avenir que de comprendre comment une telle illusion collective avait pu être orchestrée et qui en était à l’origine. Nul doute qu’il avait fallu combiner plusieurs forces simultanément pour y parvenir.

Je relevai la tête puis mon corps tout entier. J’étais à nouveau libre de mes mouvements et il me fallu un temps pour le réaliser. En premier lieu, je vis le visage d’une femme d’une quarantaine d’années, choquée par l'illusion qu'elle venait de voir. Sa figure était crispée et profondément marquée par le trouble, son regard était perdu dans des pensées qui lui criaient de paniquer. Lorsqu’elle retrouva un peu ses esprits, elle partit en courant sans se préoccuper des autres, ni pour essayer de comprendre ce qu’il venait de se produire. Elle ne marqua aucune hésitation sur ce qu’il venait de lui être montré, elle semblait ne vouloir qu’une seule chose : Rentrer auprès de proches, comme si une menace imminente pesait sur eux. D’autres s'observaient, presque un peu honteux d’avoir vécu cet instant et cherchant vraisemblablement à partager leur incompréhension. Quelques petits groupes se formèrent progressivement pour commencer à échanger sur le nouveau sujet d’inquiétude du moment.

- Elinor ? finis-je par répondre à mon tour, juste le temps nécessaire à mon esprit pour qu’il se souvienne que mon prénom avait été appelé.

Je la cherchai du regard, puis dépassai deux hommes encore hébétés positionnés entre nous.

- Tout va bien ? lui demandais-je pour m'enquérir des deux.

Je lui offris mon bras pour la hisser et l’aider à se relever. Je l’observai rapidement de pied en cap pour juger si, comme moi, elle n’avait pas subi le choc du passage au travers les portes d’entrée.

On entendit distinctement un cri s’élever.

De l’autre côté de la rue, dans un groupe de quelques personnes, un jeune homme soutenait une femme plus âgée qui semblait s’évanouir. Le garçon croula sous son poids et fit de son mieux pour l’allonger doucement au sol. A leur côté, une jeune fille se tenait debout en pleures et les regardait apeurée.

- Pourquoi ?? s’était-elle mise à hurler. Pourquoi la Résistance continue ! Ils ont perdu ! Qu’ils arrêtent !! continua-t-elle avec toujours la même intensité affolée et entrecoupée par des hoquets.

- La Résistance n’y est pour rien ! C’est Antarès qui est derrière tout ça ! lui répondit avec hargne une femme près de nous.

Quelques paroles continuèrent à s’échanger. L’une répondant à l’autre que l’Opposition n’avait plus de raisons de faire cela, tandis que la balle revenait, puis rebondissait à nouveau pour critiquer et défaire chaque clan.

- L’Opposition a tué mon fils ! lâcha brutalement l’autre protagoniste qui se mit à pleurer à son tour.

- La Résistance a tué ma femme ! s'époumona une troisième personne qui intervenait dans les échanges par un revers.

- C’est qu’elle le méritait ! répliqua encore une autre personne sans réfléchir.

Il n’en fallu pas plus pour que l’homme qui avait perdu son épouse sorte sa baguette magique. Le sortilège traversa une bonne partie de la rue puis s’écrasa contre le pilier d’un réverbère et tout s’enchaina. D’autres personnes prirent part au conflit Résistants/Opposants qui venait de naître de nul part. Les sorciers échangèrent des sortilèges et les moldus en venaient aux mains. En quelques minutes, la portion de rue toute entière devant Sainte Mangouste était devenue un vaste champs de bataille où, j’en suis sûr, certain devaient se battre sans véritablement savoir pour quel camps était l’adversaire choisi, ni même s’ils avaient pu répondre oui ou non au référendum.

- On devrait rentrer ?! Il faudrait prévenir Vince avant que ça ne tourne vraiment mal ! lançais-je à Elinor en indiquant l’hôpital du menton et en jouant avec le volume de ma voix pour me faire entendre et couvrir ainsi le bruit des sortilèges et des heurts qui filaient autour de nous.
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Mar 17 Aoû 2010 - 16:35

Le ton montait autour d'eux. On aurait cru que la colère trop longtemps contenue face à tel ou tel camp sortait enfin. L'abcès déversait tout son pus dans cette triste rue puant maintenant les relents de haine. Les sortilèges volaient, les noms d'oiseau fusaient.

Face à cet état de fait, Elinor ressentit le besoin impérieux de protéger son fils.

- Attends, lui dit-elle en sortant son bras du sien. Laisse-moi mettre Noah à l'abri.

Elle transplanna chez elle dans la foulée et y trouva Rachel, lui confia son enfant, et lui raconta brièvement ce qui s'était passé là-bas. Rachel n'essaya même pas de convaincre Elinor de rester en dehors de tout ça, c'était inutile et elle le savait. Elle se contenta de prendre l'enfant dans ses bras et de regarder repartir Elinor avec un regard inquiet. Celle-ci le soutint et disparut dans le bruit caractéristique du transplannage.

Dans la rue qui faisait face à l'Hôpital, des éclats de voix fusaient toujours. Les choses semblaient même empirer. La violence devenait reine et l'inaction suspiscion.

- Allons-y, ça urge.

Les deux jeunes gens entrèrent dans l'Hôpital en espérant qu'une aide institutionnelle pourrait calmer les esprits à l'extérieur. Mais à l'intérieur, un autre vent de panique sévissait. Le hall s'était empli de brigadiers de la magie et d'aurors. Deux d'entre eux discutaient à part devant la banque d'accueil. Il y avait là le Chef du Bureau des aurors, le père de Tuppence Beresford, la cousine de Casey. L'homme qui discutait avec lui devait être le responsable de l'autre volet de la protection magique.

Elinor connaissait Lannig Beresford. Elle l'avait rencontré plusieurs fois au Ministère.

- Que faites-vous ici?
- Les choses vont mal dehors, les gens ont cédé à la panique et sont en train de s'entretuer.
- On sait, malheureusement, c'est à peu près partout pareil.

La jeune femme écarquilla les yeux.

- Et vous ne faites rien? ça veut dire... que...
- Oui, vous comprenez bien. Et il vous faut sortir.

Vince les approcha et prit Elinor par les épaules pour la conduire dehors avec Casey. Ce geste de familiarité agaça l'ancienne serpentard habituée à plus de déférence.

- C'est pas joli joli ce qui se passe dans la ville. On sait pas qui est derrière ça mais en tous cas, ils ont bien réussi leur coup.

- Je ne peux pas sortir. Mon amie et son fils sont dans l'Hôpital. Je ne pense pas que votre collègue les ait déjà fait transférer. Et les autres patients?

Vince s'arrêta net: il n'avait pas anticipé cette question et avait du mal à savoir quoi répondre. Il se retourna vers les deux chefs qui avaient repris leur discussion. Pendant ce temps, Elinor plongea son regard vert inquiet dans celui de Casey. Il était hors de question qu'elle sorte d'ici sans savoir ce qui était advenu de Shane et d'Elliot.
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MessageSujet: Re: avec pertes et fracas   Mer 18 Aoû 2010 - 2:00

L’attitude de Vince était penaude. Les bras ballants, on ressentait très clairement qu’il n’avait pas le courage d’interpeler son supérieur pour lui poser la question. Autour de nous, le grand hall était désormais vidé de ses visiteurs, seuls des groupes de brigadiers et d’aurors étaient dispersés pour condamner les accès aux ascenseurs et aux portes. Debout vers les cheminées, d’autres sorciers du ministère marmonnaient des sortilèges indéchirables, afin de bloquer toutes nouvelles arrivées. Deux hommes, en position défensive, bras croisés et serrant leur baguette, prirent place devant les portes principales, tandis qu’un troisième s’avançait à présent au milieu de la pièce. Il pointait sa baguette vers le sol et se déplaçait pour décrire un large cercle, très probablement pour condamner le transplanage dans toute l’enceinte du bâtiment.

- Bon, maintenant, ça suffit ! nous lança le sorcier chargé de nous reconduire vers la sortie.

- Vous allez me faire avoir des problèmes ! Son visage se tordait de sentiments liés à la peur et à la colère.

Il sortit sa baguette et nous en menaça avec vigueur. Un signe de la tête entendu nous indiquait les portes d’entrée.

- Attends ! lui disais-je en préparant ma dernière carte.

- Lannig ! ... Lannig s’il vous plait ! interpelais-je l’homme à plusieurs mètres de nous. Il concéda, devant mon insistance, à mettre en pause sa conversation et s’en excusa auprès de son interlocuteur.

Il m’observa, fit une légère moue contrariée mais montrant sa résignation à m’accorder un intérêt, très certainement parce que j’étais le cousin de sa fille et se disant qu’elle aurait très certainement désapprouvé un autre geste que celui-ci.

Il se rapprocha de nous, délaissant l’autre sorcier qui nous observait maintenant de loin. Lorsque le père de Tuppence fut suffisamment proche pour entrevoir l’extrémité de la baguette de Vince, il pressa légèrement le pas.

- Qu’est-ce que tu fais ? Sa stature était imposante, tout comme le ton de sa voix qui inspirait un respect inné.

- Désolé Monsieur, je croyais que ...

- Laisse nous.

Vince ne se fit pas prier pour ranger sa baguette et déguerpir rapidement. Son front commençait à perler de sueur et son soupir de soulagement en disait long.

Lanning prit une position d’attente et je compris qu’il fallait que l’on se justifie sans attendre.

- Nous sommes venus avec Shane Derwent et son fils. Ils avaient été admis ici. Nous ne pouvons pas repartir sans savoir ce qu’ils sont devenus.

Il réfléchit et, sans que j'eusse besoin d'en dire plus, il interpella un auror nommé Wilson. Ce dernier répondit à l'appel par un signe de la main et s'avança vers nous. Son visage était très émacié et fatigué.

- Oui ?

- Avez-vous trouvé la directrice ?

- Non, toujours pas, même son bureau semble avoir disparu.

- Vous pourriez être plus précis ?

- Tout est en cartons et le sortilège de sa plaque nominative a été levé.

- Ca me semble normal non ? osais-je intervenir pour rompre le silence du doute qui venait de se déposer entre les deux hommes.

- Que veux-tu dire ?

- Malhouwen Piterski ?! La gazette n’a pas annoncé sa mort en Février ?! cherchais-je du regard Elinor pour obtenir une confirmation. Wilson en resta hébété.

- Verifiez moi tout de suite cette information. Et trouvez moi un responsable ! comanda-t-il d’une voix toujours très posée, mais où une pointe d’agacement était tout de même palpable.

On ne pouvait après tout pas leur en vouloir avec toutes les préoccupations des services du Ministère durant les conflits incessants Opposition/Résistance.

- Attendez ici. nous dit-il tandis que le sorcier Wilson s’enfilait dans un ascenseur pour remonter dans les étages et retrouver le personnel.

- Tu aurais dû être auror plutôt que de vendre tes objets de malheurs. me dit-il dans un simple sourire que je lui rendis.

Lanning retourna vers le sorcier qui l’attendait toujours et ils reprirent leur conversation.

J’avais l’impression qu’un cercle avait été tracé autour d’Elinor et moi tellement je respectais la consigne qui nous avait été donnée de ne pas bouger. Pendant ce temps, des sorciers du ministère s'affairaient comme s’ils se préparaient à une charge ennemie. La tension était palpable par une atmosphère alourdie par l'agitation et les visages préoccupés des hommes occupés à protéger les lieux.

- T’inquiète, ils vont les trouver.

Quelques minutes passèrent et Wilson revint accompagné d’une jeune femme. C’était elle que nous avions rencontré plus tôt, elle qui avait pris en charge le fils de Shane et qui avait soigné ma blessure. Tous deux allèrent dans la direction de Lannig qui interrompit à nouveau sa conversation pour les accompagner vers nous.

La médicomage semblait terrorisée et perdue.

- Elliot va bien. nous dit-elle immédiatement pour nous rassurer en nous remettant. Pourtant, elle avait l'air plus attristé. Mais ...


Dernière édition par Casey Call le Dim 29 Aoû 2010 - 15:42, édité 1 fois
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