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 La révélation

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Isis Kitlee
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MessageSujet: La révélation   Dim 7 Fév 2010 - 23:21

Attention warning violence


- […] à Tasks ?
- Non.
- Alors chez Mallhou. Je suis sûr qu’elle serait d’accord.

Isis ouvrit la porte et s’engouffra dans le loft sous la demande insistante de son fils.

- Pour casser les oreilles à Mallhou, c’est non. Ta batterie restera au studio.
- C’est nul, j’peux pas jouer là-bas, elle est coincée entre la table, le dressing et le lit. Et puis, [...]

Isis leva les yeux au ciel. C’était la énième conversation du même genre depuis que le caprice « je veux apprendre à jouer de la batterie » fut dit. Comme toujours, Isis avait cédé et l’instrument avait élu domicile chez Egon. Au grand dam de celui-ci.
Rhidow se débarrassa de sa cape et continua son monologue. Quand il arriva à bout de son dernier argument, Isis jubila intérieurement. Gagner face à un shalimancyen était un exploit qu’elle relevait de plus en plus souvent ces temps-ci. Malheureusement c’était sans compter un dernier argument qu’elle n’avait pas vu venir
.

- Ca poserait pas de problème si Egon et toi viviez ensemble dans une même maison.
- …Trois maisons ne te suffisent pas.
- Ben avec la quatrième je pourrais avoir ma batterie dans ma chambre.

Un bruit étouffé venait du premier étage. Rhidow continua sur sa lancée, trouvant son idée plus que géniale et se demandant comment ses parents n’y avaient pas songé avant. Toutefois, il s’arrêta vite quand il comprit que sa mère s’intéressait plus au silence de la baraque.

- Tu m’écoutes pas !!
- Si….hum Rhidow, va dans la cuisine, je reviens te préparer un goûter.
- Elfy le fera…

C’est bien le problème, c’est qu’Elfy n’était pas encore apparu alors que son elfe de maison était un pot de colle habituellement.

- … Et tu ne m’as pas écouté !
- Rhidow, pour une fois, fais ce que je te demande.

Sa voix dure trahissait son inquiétude. Quelque chose de louche se tramait dans l’appartement. Pas d’elfe, pas de Mallhou, aucun amant en vue et les bruits suspects ne provenaient pas du labo. Pas d’âme qui vive alors que c’était le jour de repos de la directrice de Sainte-Mangouste.
Boudant, Rhidow s’en alla dans la cuisine en marmonnant des reproches qu’elle essuiera le moment venu. Un dernier coup d’œil à son fils pour vérifier qu’il était en sécurité, Isis grimpa l’escalier qui déboucha sur le couloir… vide. Elle se dirigea vers les différentes pièces. La chambre de Rhidow et la sienne étaient grandes ouvertes sans âme qui vive. Un sourire se dessina sur ses lèvres en constatant que son fils et elle avaient une fâcheuse tendance à laisser tout trainer.


Elle s’avança dans le couloir, ouvrit la salle de bain. Personne, là aussi, et rien n’avait été dérangé. Elle se détendit, commença même à rire de sa parano. Il ne restait plus que la chambre de Mallhou, qu’elle ouvrit à la volée.
Mais, elle n’était pas préparée à trouver ce qu’elle vit.


Mallhouwen, livide, était étendue en travers du lit. Ses yeux reflétaient la terreur qui avait précédé sa mort. Son drap de bain ensanglanté ne recouvrait plus qu’une partie de son corps encore intacte. Le reste était décharné, éviscéré, dévoré par la nécrodite. Cette créature plongée dans le ventre de la défunte, dégustait avec félicité la chaire à portée de sa bouche. Seule la chaine attachée à son collier semblait la gêner dans sa tâche.
Au bord de la nausée, Isis pris appui sur le battant de la porte et ferma les yeux, priant pour qu’elle puisse se réveiller. Le tintement de la chaine et un ordre lui firent comprendre que ce n’était pas dans un cauchemar.

Elle ouvrit les yeux pour voir foncer sur elle la nécrodite recouverte du sang, toute griffe dehors. Par instinct, et avec un calme qu’elle ne se connaissait pas, elle enfonça le sabre noir qui apparut dans sa main, en plein dans la poitrine du monstre. Cette dernière étonnée mis un certain temps avant de comprendre qu’on l’avait éventrée. Elle hurla de douleur quand le métal noir se mit à brûler sa chair. Pleurant mille maux, elle supplia son maitre de la libérer de son mal.
Isis, interdite, regarda se dérouler la scène. La nécrodite agonisait au pied de son maitre qui l’acheva avec indifférence. Le sorcier, elle le connaissait, c’était la dernière conquête de Mallhouwen
.

- Je croyais que tu n’avais plus de magie, Gamine. Tu as bousillé mon jouet…

Il laissa tomber le bout de la chaine sur le corps livide de sa bouffeuse de chair et se dirigea, baguette armée, vers Isis. Ce n’était pas ce qui l’inquiétait le plus, les cris, appels hystériques de Rhidow qui grimpait déjà les marches, le rapprochaient du danger. Et ça elle ne le permettrait jamais.

- Tu vas me le payer… mais avant je vais tuer ton insupportable gosse.

La menace dite, il signa son arrêt de mort. Sans réfléchir, elle tendit la main vers le sorcier qui perdit peu à peu toute sa force vitale, il finit par saigner de tous ses orifices en agonisant lentement. Une petite voix susurra à Isis la méthode pour récupérer en elle les souvenirs de cet être infâme. Que cela lui serait utile. Cette même petite voix l’avertit que Rhidow arrivait à sa hauteur.

Isis se retourna, attrapa son fils, et l’emmena loin du massacre sous ses hurlements enfantins. Étonnement calme, elle analysa les souvenirs récupérés et remercia une fois n’est pas coutume Ghilda qui était venue s’engouffrer dans son esprit. Ce n’était pourtant pas faute de la combattre à chaque intrusion.

Isis sortit en courant de l’appartement, déclencha l’alarme à incendie pour que tous puissent évacuer les lieux. Elle s’engouffra dans les escaliers les dévalant, sans prendre de gant avec Rhidow. Il se plaignait qu’elle lui faisait mal et qu’elle courait trop vite. Mais il le fallait, et arrêta de se plaindre quand il vit le visage de sa mère.


Quand ils atteignirent le rez-de-chaussée, la déflagration résonna dans tout le quartier. Isis et Rhidow sortirent et s'enfuirent loin de l’immeuble qui commença à s’effondrer. Ils coururent jusqu’à l’entrée du monde sorcier la plus proche.

Elle entendit les sirènes des voitures moldus, et sentit le monde sorcier s’affoler. L’immeuble qui s’était effondré abritait plusieurs personnalités sorcières très importantes au sein de la communauté. Beaucoup connus pour leur investissement contre les idées d’Antares. Mais il n’était pas de l’opposition. C’était juste un type qui pensait que tuer une partie des « ennemis » d’Antarès, le ferais entrer dans ses bonnes grâce. Un fanatique.
L’opposition n’y était pour rien. Dommage, peut-être que cet évènement aurait rendu moins fébrile Oz et que la guerre allait être enfin déclaré. L’espoir des Résistants.

Ils arrivèrent à une entrée secondaire du monde sorcier. Arrivés dans une des ruelles du chemin de Traverse, Isis courut encore quelque temps, jusqu’à ce que son bout de chou n’en puisse plus. Alors, ils s’arrêtèrent pour reprendre leur souffle dans une ruelle peu fréquentée. Elle serra Rhidow en pleurs, ne prêtant pas attention à ses propres larmes.



Elle réalisa que renoncer ne protégerait pas ses proches comme elle l’avait cru.
Elle comprenait enfin les paroles de la Kalista.


Des compromis s’imposaient.


Dernière édition par Isis Kitlee le Sam 6 Mar 2010 - 15:41, édité 1 fois
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: La révélation   Dim 28 Fév 2010 - 21:43

- Et tu te maries quand?
- Comment ça, je me marie quand? Je me marie pas.
- Ah, parce que t’as l’air… heu…
- Et alors? Quand on a l’air “heu” ça veut dire qu’on doit se marier? T’es pas marié à ce que je sache.
- Heu, non. Non, non, pas du tout… mais je t’ai vu passer du dépressif de service à Super Iccam Action Heroe, et ça coïncide comme de par hasard avec le début de ton aventure avec Is…
- Ouais. Bon. Tu n’as pas un gosse qui pleure quelque part, un pilliwig à vacciner ou un Opposant à martyriser? J’ai des devoirs à faire.
- Des devoirs… Tu serais pas en train de roug...
- Tout à fait. Rhidow m’a embobiné dans une histoire de guirlande chocogrenouille pour Pâques, coupa-t-il.
Enki avait l’air dubitatif. Aussi incroyable que cela puisse paraître, le mensonge était véridique. Certes. A une semaine près.
- Ne pose pas de question, grommela Egon qui ne se résignerait jamais, préférant changer de sujet en levant le menton vers la baie vitrée du salon des Céti: Singulier... C’est pas ton fiston avec sa pelle et sa baguette en sucre? On dirait que Jack aime beaucoup les filets du diable de Serena… Je ne savais pas que ça se mangeait. Ton fils est un génie.

Et Egon de filer à l'anglaise pendant que, paniqué et sans demander son reste, Enki cavalait déjà à travers le jardin pour atteindre son fils qui terrorisait les graminées de Serena à coup de dents de laid:
- Nooon! Jack!! Lâche la plante tout de suite! C’est dégueux! Mais t’es un grand tordu, toi! Dwi va m’arracher la tête si t’as encore la varicyllis! Six fois en quatre ans… qu’est-ce qui a fait un gosse pareil? Moi, d’accord, mais non… oh… t’es crado! Bouse, Jack… Hey! Egon! Egon? Enfoiré…

“Egon, parti.”

Transplanage d'urgence anti-questions.

Depuis quelque temps, il n’était pas rare que le petit cercle d’élus qui connaissait, ou supposait connaître, l’existence des deux Iccams - un Iccam et demi selon Sacha - le questionne quasiment sans gêne au sujet d’Isis et lui. Comme s’ils s’attendaient à ce qu’une quelconque concrétisation apporte le bonheur sur Terre et fasse fuir Antarès. Winnie s’imaginait même inviter Antarès aux fiançailles pour le soûler. La Résistance avait du mouron à se faire. Seul Adel ne se prononçait pas. Mais Adel ne se prononçait jamais. “Je surrêve là… Youshenko qui me demande si je me marie. Tous mais pas lui…”

Enki était son dernier appui contre la prospection envahissante menée au coeur de sa vie privée. Passaient les lessivages réguliers du bulbe crânien à la de Lansley, Egon s’y était habitué. Passaient les petites remarques espiègles des filles de la bande. Elles étaient des filles, les ragots faisaient partie intégrante de leur vie. C’était génique. Obligé. [M.A.C.H.O 4ever] Passait Micka qui le narguait en décomptant scrupuleusement le nombre de nuits où il découchait pour aller dormir au loft. Passait Enym, qui l’analysait fréquemment pour essayer d’obtenir de lui l’avenir proche d’une vision d’Iccam. Passait sa mère, elle était une mère et une mère voulait devenir grand-mère. Passait aussi Emmett et sa foi incommensurable en l’amour des Iccams, point d’orgue d’une stratégie casuistique absconse énumérée par un Centaure qui n’avait peut-être jamais existé.

Mais ne passait pas le bon vieux Yoush’. Le vieux pote des cours avec Chourave! Le 36.15 Dwi-?-ou-Shanty-? et les années d’adolescences… pas Enki, lui qui se foutait ordinairement de tout. La coolattitude. Ca-roule-ça-boom. Sourire Email Diamant qui vous ferait oublier le malheur: “pas lui aussi…”

Le temps était délavé, pesant, humide et chaud. Egon arpenta les rues en direction du métro tout en songeant à l’exaltation générale qui l'entourait plus ou moins sporadiquement selon les périodes.

Jusqu’ici, rien ne l’avait jamais vraiment dérangé dans l’idée d’être un Iccam. Il pouvait aider. Il avait un but pour les autres, le monde. Ce monde ignoble. Mais il le sentait au fond de lui. Une opiniâtreté qui sommeillait, une irradiation des sens, une aura qui l’entourait, une synergie avec des choses dont il se moquait avant. Il ne se sentait pas plus fort, il se sentait différent. Habité. Bien que, par sagesse, le scepticisme restait la meilleure défense, il y avait quelque chose en lui, hors lui, autour de lui, qui le suivait depuis qu’ils avaient rencontré Bergamote Tourdemain. La mystérieuse relation gémellaire qu’il entretenait avec Umbrès n’était pas faite pour ramollir cette sensation.

Dans tout cela, un seul regret. Le mot était peut-être trop gros. Toujours est-il. A l’intérieur, il refoulait souvent le besoin d’en parler avec Isis. Si tant est qu’elle fût son double, réellement, autrement que dans un lit ou dans un cœur, elle aurait pu être la seule parmi tous ces regards concentriques, curieux et en même temps agaçants, à le comprendre. A comprendre ce qu’il ressentait. Une énergie fabuleuse, des sensations vertigineuses, la folie de croire que tout est possible, puis soudain, tout le contraire, le noir, des rendez-vous cauchemardesque avec Ankou, la mélancolie, la violence incontrôlable qui fait trembler le moindre copeau de pensée. Il se sentait envahi avec une tempête aphasique qui ne demandait qu’à exploser. Il tentait de la contenir entre ses côtes prêtes à exploser quand la sensation d’infinité le prenait… mais il n’en parlait pas. Un silence, c’était entendu. C’était bien. Se retenir et emmagasiner pour elle, Isis, et pour ce qu’il ignorait de l’identité et des rôles des Iccams.

Il savait le sujet tabou depuis l’année dernière, peut-être l’était-il même depuis toujours. Elle se montrait plus défaitiste et perplexe que Sacha à ce sujet. La confrontation avec La Kalista avait ouvert quelque chose. Une brèche. Une blessure. Des possibilités? Un progrès malgré l’évident fiasco? Appareillé à la perte graduelle de ses pouvoirs magiques par la baguette et à l’étrangeté de pouvoir déplacer des objets et allumer du feu par le seul pouvoir de la pensée… autant d’éléments qui prouvaient que ‘ça’ changeait. Elle changeait. Impossible de le dissimuler. De se mentir. Impossible pourtant d’en parler sans qu’il finisse par se sentir coupable. Ce qui comptait alors pour lui, la grande majorité des fois où le mot Iccam revenait sur table, était de la protéger de la pression et de l’énervement surprenant qui les entouraient. Il restait silencieux, nul besoin de mot quand il avait ces yeux la.

Dans le métro, après plusieurs stations perdu dans ses rêveries, il remarqua qu’une vieille femme le dévisageait. Sourcils blancs froncés derrière des lunettes d’écailles années soixante-dix. Cheveux méchés par le Toni & Guy du troisième âge. Trois ou quatre arrêts de plus. Elle ne détournait pas les yeux de lui. Il lui fit une mimique désapprobatrice. Depuis quand les vieux étaient-ils si mal élevés? Qu’est-ce qu’il avait? Un bouton gros comme un gobelin sur la truffe? Les patacitrouilles de Jack collées au pantalon?
Tâchant de trouver un ailleurs où regarder, il se rendit vite compte que la vieille femme n’était pas la seule à le fixer. Une autre, par-là avec son gosse serré contre ses jupons. Un type barbu qui lui rappelait obscurément Hagrid. Deux adolescents qui avaient même cessés leurs échangent buccaux: ‘qu’est-ce que j’ai fais encore?’ se demanda-t-il en se regardant dans le reflet de la vitre qu’une demoiselle de quarante ans bien frappés lui ouvrit en se décalant, pressée qu’il se regarde aussi..

Avant de se regarder, vite, un coup d’œil furtif en bas, à sa ceinture. Fermée... C'était pas ça. Puis, une main sur la poche arrière pour vérifier que sa baguette magique n'en dépassait pas. Depuis que les moldus avaient appris à vivre aux côtés des sorciers qu’ils classaient volontiers et sans pitié dans la catégorie des animaux bizarres, Egon se méfiait presque autant d’eux que des Opposants. La peur des autres engendre de drôles de conneries. Rien d’anormal à détecter. Un vieux chewing-gum mâché de Rhidow qu’il lui avait fait recracher pour parler à sa maîtresse. Collé et durci à jamais dans le 501 qui avait vécu toutes les guerres. Rien.

Mais dans le reflet, c’était une autre paire de cognards.

Il se pétrifia en se découvrant. Ecarquilla les yeux, recula de plusieurs pas contre la vitre opposée tant la vision était ahurissante. Calmé, se reconnaissant, médusé mais se redressant sur toute sa colonne vertébrale, il avança vers la vitre et se regarda de plus près. Il passa sa main à quelques centimètres au-dessus de sa tête pour essayer de ‘le’ toucher. Ce halo étrange. Cette lumière rouge de feu.

Dans le wagon, il était plus que jamais l’attraction du jour. Par sa gauche, il entendait vaguement qu’une femme vociférait contre son conjoint d’avoir loupé l’arrêt. Le conjoint, comme tous les autres, observaient Egon perplexes, sans gêne. Il aurait préféré que sa baguette dépasse de son pantalon.
- Putain… n’en revenait-il pas en collant presque son nez contre la vitre. Il avait oublié ses spectateurs.

La lumière autour de lui s’intensifia. Son cœur se mit à bourdonner. D’une insoutenable vibration qui l'ankylosa sur place. Ca ne blessait pas. Ca… l’alertait.

Comme la rame s’engouffrait dans un nouveau tunnel, une vive lumière écarlate illumina les rails. Le métro freina brusquement jusqu’à l’arrêt total. Egon se rattrapa à une poignée, se tenant l’épaule qui ne cessait de brûler pour essayer de faire compétition avec la sensation générale que c’était tout son être qui se consumait. Les gens se mirent à crier. La vieille Toni & Guy cria un ‘C’est lui! C’est à cause du sorcier!! Maudits sorciers!’ épouvanté.

Le maudit sorcier s’était assis, comme soudain épuisé. Une fatigue prenante qui n’était pas sans lui rappeler la longue marche dans le désert de Myr. Par la fenêtre la lumière croissait toujours, jusqu’à l’éblouissement total. Il pensa en un premier temps que la lumière était issue de lui mais, lorsque par la fenêtre de la rame arrêtée la silhouette accorte de Fiodor apparut, il comprit.

Fiodor, l'hippogriffe, l’avait aidé lorsqu’Isis et lui avaient été sur Shalymance, capturés et jetés dans l’arène par les enfants de Thiam Phucci. C’était la première fois qu’on leur avait parlé d’Iccam. Egon se redressa, combattant les vibrations qui l’agitaient pour ne pas perdre l’équilibre. Il sortit sa baguette d’un geste violent. ‘Oh!’ Fit le wagon. Il la pointa sur la porte mécanique et la fit disparaître pour laisser l’animal entrer. ‘Ahan’ fit le wagon. Un hippogriffe à Londres, station Tottenham Court… Egon avouait sans conteste que ça valait bien un ‘haaaa!’ Mais le ‘ha!’ fut pour lui, lorsqu’après une révérence polie au flamboyant hippogriffe, la créature lui rendit la politesse avant de s'abaisser pour lui faire signe de monter sur son dos.

Ils parcoururent les tunnels à une vitesse infernale, évitant les wagons qui venaient en sens inverse à quelques poils d’occamy. La sensation de vibration dans sa poitrine se transformait en sensation de brûlure franche à mesure qu’ils s’éloignaient - ou s’approchaient de l’endroit vers lequel Fiodor désirait l’emmener. Il se passait quelque chose de grave. Il s’inquiéta. Egon agissait sur des coups de tête, prêt à tout pour assaillir de force les problèmes que lui avaient valu ses décisions impulsives. L’inquiétude se mua en frustration, puis en colère:
- Fiodor! Où on va?!! hurlait-il pour se faire entendre. Question stupide et dérisoire. Il savait pertinemment que la créature ne pouvait lui répondre. Mais elle le comprenait. Comprenait son élan. Son angoisse et l’hippogriffe para ces vices en accélérant encore la cadence.

Au-dessus d’une haie d’index pointés vers eux et d’un jardin de fourmis qui poussaient encore des ‘ho!’ et des ‘ha!’, ils avaient fini par sortir du subway. Fiodor piqua alors à toute vitesse vers le flanc d’un immeuble… Egon le reconnut. Il blêmit. La brûlure dans la poitrine forcit, à en faire mal, à avoir envie de vomir. Son tatouage brûlait moins... mais il brûlait aussi. Myr été dans son t-shirt col V, brûlant, comme les morsures d’Amys. Où était-elle au demeurant? Il pensait que le vampire le suivait comme son ombre…

Mais l’animal ne s’arrêta pas à l’immeuble. Il poursuivit un peu plus loin.
“Isis… Rhidow!”
Bien que Fiodor laissât sur le carreau panthères, guépards et autres sprinters des faunes, le temps paraissait trop long à l’Iccam.

En vol, à sa grande surprise, ils distinguèrent Benemoth, le sombral, se diriger vers eux: “Qu’est-ce que c’est que ce bor…” Descente vertigineuse des deux créatures qui volaient aile contre aile. Soudain, trou noir. Egon eut l’impression qu’on l’aspirait dans le chat d’une aiguille. Sensation étrangement analogue à celle du transplanage. Se pourrait-il que les deux créatures sachent transplaner?... La question ne subsista pas dans son esprit. Ils réapparurent presque aussitôt près de l’entrée du Chaudron Baveur. Fiodor n’avait pas atterri qu’Egon sautait déjà de son dos. Question d’habitude. Il traversa le petit troquet sans prendre la peine de saluer Tom, fila à grandes enjambées vers le mur. Baguette. Ouverture du passage de Traverse. Sur ses talons, les deux créatures le suivaient. Bientôt, le précédèrent, lui montrant le chemin à suivre.

Une course pénible pendant laquelle il s’était imaginé les pires choses. Un rien satisfait que Fiodor ne l’ait pas déposé près de Sainte-Mangouste, il trouva au loin un petit point noir perdu à l’horizon de décombres sombres d’une ruelle et qui, en grossissant, petit à petit, devint Isis et devint Rhidow enlacés l’un contre l’autre.

Visiblement Benemoth et Fiodor avaient provoqué moins d’émulation parmi les sorciers que parmi les moldus. Pourtant la présence de ces deux créatures n’était pas plus justifiée sur le Chemin de Traverse que sur les lignes du métro. “Ils ne les voient pas…” comprit Egon entre deux pensées anxieuses alors qu’il arrivait près des deux êtres les plus chers à sa vie. Les créatures restèrent à l’entrée de la ruelle, comme pour en monter la garde.

A cet instant, Egon Ménélas Sutham comprit trois choses essentielles en les serrant tous les deux dans ses bras, rassuré de les savoir entiers malgré le souvenir de la vision préoccupante de l’immeuble en ruine de Mallhouwenn, entourés de la police et des pompiers: “Un. Je les aime plus que tout. Deux. Je veux un enfant. Trois. Enki avait raison…”


Combien de temps pour combien de larmes? Il ne savait pas. Rhidow, assimilant la gravité de l’attitude d’Egon, n’osa pas prononcer un mot en un premier temps. Egon finit par desserrer son emprise autour d'eux et l’enfant - qui paraissait n’avoir pas réalisé l'ampleur de la situation qu’il avait pu vivre - lui relata une histoire où on l’avait privé de batterie mais que ce n’était pas grave puisqu’ils allaient vivre tous les trois dans une grande maison maintenant que l’immeuble de Mallhou était cassé.
- Et pourquoi il est cassé l’immeuble de Mallhou? Et elle est où d’abord, Mallhou? Elle va pas être contente qu’on a cassé son immeuble. C’est pour ça que t’es triste Iccam Rosà?

Une façon très terre à terre de percevoir la situation. Mais il en manquait de grands pans. Peut-être n’était-ce pas le moment de poser des questions toutefois il fallait des réponses. Pour avoir l’air moins tragique devant Rhidow, Egon s’empara du visage d’Isis et l’embrassa. D’abord, il en avait une monstrueuse envie pour se prouver qu’elle était bien vivante et que toute cette peur n’avait été en rien fondée. Ne pas dramatiser quoique difficile d’apercevoir ses larmes sans être bousculé.
Ensuite, pour faire cesser les questions enfantines, embrasser Isis devant le petit Shalymancyan avait un certain avantage…
- Oh! Nan, hein! Pas encore faire l’amour quoi! On s’en va!! Alleeer! Fini, fini les Iccams! Umbrès… tu lâches Isis, on va jouer de la batterie, hein?
…Lui faire tout oublier.

Questionnant Isis du regard, Egon lui fit un petit signe en direction du bout de la ruelle. Voyait-elle Benemoth et Fiodor? Rhidow ne paraissait pas les voir non plus, quoi qu’il était pour le moment trop absorbé par l’envie de s’en aller. Que se passait-il soudain autour d’eux? Qu’était-il arrivé à l’immeuble… merde. Et l’elfe?
“Trop de questions. Je veux des réponses.”
- Oui, on va aller jouer de la batterie.
Retour à la case départ. Retour chez les Céti.
- Et pendant que tu montreras à Enki comme tu as fait de grands progrès (il va adorer), j’aurais à parler avec Isis. Tout seul. Le deal, c’est que je ne veux pas un seul caprice chez les Céti… et si t’es sage…
Dernière phrase éclopée dans les graves avec un sourire affligé de le dire dans de telles conditions:
- …Ce soir, après le dîner, on cherchera dans les GMC une maison qui nous plait, à tous les trois.

On est d’accord?


Bien que la question fût posée à Rhidow, Isis devait savoir qu’elle s’adressait à elle.

“Plus jamais sans vous.”

HJ: merci à Enki Wink




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MessageSujet: Re: La révélation   Sam 6 Mar 2010 - 20:21

Elle sentit sa présence dès qu'il pénétra sur le chemin de Traverse. Son effluve la calmait, celle de son semblable la rassura. Ils arrivaient. Ils avaient répondu à sa détresse, son appel à l’aide inconscient. Les créatures gardiennes accomplissaient leur tâche, enfin satisfaites de pourvoir jouer leur rôle.


Il les prit dans ses bras. Son soulagement de les savoir sains et saufs ne cacha pas à Isis la détresse qu’Egon venait de ressentir. Cette détresse qui permit à Isis de tenir bon. Arriver à garder un semblant de calme, de maitrise. Elle ne pouvait pas s’effondrer. Pas encore. Solution de facilité quand elle est la seule exposée au danger. Avec Rhidow, il fallait être forte. La seule raison valable à ses yeux de l'être.


L’immeuble est cassé. C’est la seule réponse qu’elle put donner à son fil dans son flot interminable de question. Quand il est inquiet, il questionne, il parle, il raconte, relate, décrit, réclame des réponses pour comprendre la situation qui lui échappe. Tout le contraire de l’iccam, silencieuse et renfermée sur sa douleur. Alors, il accepta l’étreinte trop forte, les larmes incompréhensibles, et l’absence de réponse. Ce qu’il n’a pas d’Isis, il l’obtient d’Egon. Et vice et versa.


Egon écouta l’histoire vraie de son fils, dans laquelle peu d’information reflétait la gravité de la situation. Un baiser pour couper cours aux inquiétudes de Rhidow. Un baiser pour mettre fin à ses propres doutes. Le baiser qui fissurait la carapace de sa bien-aimée.

Fissure qui grandissait dans le cocon de la résidence Kaitos. Le bouclier s’effritait quand Rhidow couru trouver Enki pour lui faire une démo de ses talents de musicien. Chercher une maison dans le GMC… pas ça, pas maintenant, pas comme ça.
E
lle éclata en sanglot. S’était fini, elle ne pouvait pas être plus forte que ça. S’était au-dessus de ces forces.

Sans barrière, sa détresse se déversa autour d’elle. Au début, Isis s’effondra sur le canapé ne pouvant plus tenir debout, gémissant à n’en plus finir. Elle commença à trembler légèrement, puis petit à petit, cela se transforma en spasme. La température de son corps augmenta sans qu’elle puisse y faire quoi que ce soit. Isis perdit le contrôle se son chagrin.
Mallhouwen à moitié dévorée. Cette vision, mélange de sa profonde détresse et de haine, influait directement sur sa magie. Les orchidées de Micka prirent feu tandis que plusieurs objets se brisèrent. Elle perdait tout contrôle. Un hennissement lui fit comprendre. Des coups de sabot la mettaient en garde.

Reprendre le contrôle lui disait Benemoth.
Le sombral les avait suivi jusqu’à la demeure des Kaitos. Fiodor, lui, était retourné auprès d’Umbrès.
Reprendre le contrôle.



- Des… il…. Je…

Seuls des sons sortaient de sa bouche sèche. Des onomatopées qui ne seraient d’aucune utilité pour Egon, mais elle n’arrivait pas à dire plus. Comment dit-on ces choses là ?
Elle ferma les yeux. Mauvaise idée, derrière les paupières clauses se trouvait à jamais graver la nécrodite bouffant sa proie.


- Elle…

Isis déglutit. Il n’y avait pas dix milles moyens pour le dire. La solution que Ghlida lui avait proposé quand Isis s’était réfugié dans le chemin de Traverse ne convenait pas à l’iccam. D’ailleurs, depuis lors, Isis refusa à son ainée de réapparaitre dans sa vie.

- Elle…Mallhou ne travaillait pas aujourd’hui. On avait décidé avec Rhidow de passer la fin d’après-midi avec elle. Quand on est entrée… Rhidow me bassiné à propos de sa batterie, je n’ai pas remarqué qu’il se passait quelque chose… puis il y a eu un bruit, et Elfy était pas venu à notre rencontre, alors… j’ai dit à rhidow d’aller dans la cuisine, et je suis partit à sa recherche… et là… elle…. Elle…


Les yeux mouillés, elle n’arrivait pas à trouver les mots. Isis prit une longue et profonde inspiration qui n’eut malheureusement pas l’effet escompter. Pire que tout, les souvenirs récupérer de l’assassin commençait à se mélanger au sien. Voir sa seconde mère morte était une chose, assister au sort qui lui avait été réservé avant cela en était une autre.

Benemoth le sentit, s’approcha de son iccam et par sa magie lui retira son savoir. Des filaments argentés sortirent d’Isis pour se réfugier dans l’esprit du Sombral. Pas longtemps, il lui faudra le récupérer. Elle ne savait pas d’où venait de savoir, mais elle savait.


- Il l’a tué. Son dernier… je ne sais pas son nom… le dernier amant qu’elle avait ramené. Je ne sais rien sur lui, en tout cas, je ne savais rien sur lui, peut être que Serena…. Je…. Il l’a tuée. Il a laissé la nécrodite la tuer… elle la dévoré… elle… Egon…





A l’autre bout de la ville, les pompier moldus venait de mettre un terme à l'incendie grâce à une intervention spéciale dépêcher par le ministère de la magie. Deux aurors furent chargé de mener l’enquête en parallèle de celle moldus. La convention des deux entités étaient simple : l’examen des corps et la recherche des causes de la mort était pour les sorciers, le restent de l’enquêtent était à la charge des moldus.
Le dernier étage de l’immeuble était truffé d’explosif qui a détruit une partie du bâtiment. Les spécialistes non sorciers ne se prononcèrent pas, trop décontenancé du professionnaliste au vu de la qualité des bombes et l’amateurisme frappant quand ils ont regardé approximativement leur emplacement. Certaines n’avaient même pas été branché. Abasourdi face à ses premiers éléments d’enquêtes, ils espéraient que les aurors arriveraient à avoir une meilleure piste avec les cadavres.

Au vu de l’importance de Piterski, les deux aurors devaient faire référence de leur trouvaille au le président du bureau des Aurors, Jesse Carr, qui resta très craintif au vu des éléments. Ne préférant pas se mouiller, comme toujours, remonta l’information à Gregory Oz. Qui lui-même alla demander conseille au Résistant qu’il connaissait.
Le bruit de couloir courrait déjà, bien qu’erroné, que ce soit l’opposition qui ait fait le coup. Les preuves seraient accablantes disait-on. Le nom de l’opposant serait connu et su de tous. Une taupe voulant se faire mousser sortit des informations de son contexte et alla vendre son savoir à des journalistes peu scrupuleux. Ces derniers étaient à l’affut de la moindre rumeur, l’assassina de Piterski par l’opposition était un scoop qui valait son gallion d’or. Il fallait être le premier à donner le nom du coupable. Une dénommée Isis Kitlee.





- Egon je l’ai tué. Je l’ai tué… tué


Dernière édition par Isis Kitlee le Dim 11 Avr 2010 - 16:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La révélation   Jeu 1 Avr 2010 - 20:07

- Tu n’as tué personne… dit-il en la pressant dans ses bras avec suffisamment peu de vigueur pour qu’elle puisse s’en délivrer si l’étreinte lui semblait étouffante.

Egon était sûr de peu de choses en ce monde instable mais imaginer Isis liée de près ou de loin à la mort de Mallhouwenn était une fable bien plus énorme que de croire aux inepties de la famille Lovegood. La presse s’en ferait un repas de prince mais le Prince qu’ils avaient en commun trouverait bien une manière d’effacer les racontars.

Enki passa dans le salon et au regard de ce qu’il vit, il s’éclipsa après avoir conseillé à Egon d’aller au studio. Il s’occuperait de Rhidow. Serena et Enym ne tarderaient pas à rentrer, une étrange affaire d’incendie les retenait au ministère. Egon souffla, jeta un coup d’œil bref en direction d’Isis qu’il aida à se lever. Il l’accompagna jusqu’au studio, qui lui faisait office de chambre depuis qu’Enki avait déménagé avec Sandwi.

Dans le studio, il la fit allonger sur le lit pendant qu’il alla lui chercher quelque chose à boire. Benemoth passa par la baie vitrée donnant sur le jardin et s’assit dans un coin du studio, la tête repliée sur ses pattes avant.
Isis ne s’était pas beaucoup raconté mais il avait compris le nécessaire. Avec ce qu’il avait vu de l’immeuble, le reste de l’histoire se complétait aisément. 'Ainsi donc Mallhouwenn…'

Il tendit un verre à Isis et la berça jusqu’à ce qu’elle se calme. Un peu de temps et de silence – un silence relatif où les essais de Rhidow faisaient brailler les murs – un peu d’incertitude et de brûlure plus tard, les deux Iccams discutèrent plus posément. Egon se voulut pragmatique. Aux actualités télévisées, la nouvelle faisait déjà jaser les chaînes d’information. Grâce à Merlin, il n’y avait pas de télévision allumée chez les Kaïtos.

Assis à côté d’elle, Egon lui prit la main, calmant comme il pouvait l’envie qui meurtrissait sa patience de se rendre sur le champ au ministère puis à Newquay pour commencer d’ores et déjà à rechercher cet inconnu à l’origine de la mort de Piterski. Ca ne resterait pas impuni. Il ne pouvait néanmoins pas se conformer à ses seules impulsions. Isis était trop impliquée alors lui finit par lui demander: - tu veux faire quoi, Isis? Quoique tu décides, je te suis. Je peux mettre tous les Majors sur l’affaire. Je peux rester ici à te regarder souffrir et à essayer de te guérir. On peut dîner en attendant de savoir quoi faire demain... On peut se taire... On peut parler... Je peux consulter…

Une idée atroce lui traversa soudain l’esprit. Sacha ne voudra jamais mais la tentative, aussi désespérée que compréhensible, aura au moins le mérite d’avoir été proposée. Il existait une petite fille, prénommée Xin, qui avait le pouvoir de déterminer l’endroit où se situait une personne, où qu’elle soit dans le monde. Pour ce faire, la contrepartie était de lacérer le bras de la petite chinoise pour que le sang, écoulé de la blessure, indique en caractère calligraphique le lieu où chercher: ‘Je ne peux pas faire ça… je ne peux pas non plus ne pas y songer…’

Egon ne termina pas sa phrase. Il attendait une réponse. Ne souhaitait pas décider seul. Si cela ne tenait qu’à lui, il se serait envolé avec Fiodor pour aller demander à Umbrès de lui céder le reste de ses pouvoirs afin de partir à la recherche de l’assassin de Mallhouwenn.

Il se mit à genoux près d’Isis et chercha son regard. Il y avait, en dehors de sa réponse, quelque chose dont elle devait se rendre compte:
- Isis… quoi que tu veuilles faire, quoi que tu désires, je te suivrai toujours. Mais moi, j’ai besoin de perspectives. Je veux savoir où on va. J’ai besoin de savoir à quoi tu crois et ce que tu veux. Ca me donne des forces, ça me donne un but à poursuivre… je ne peux plus me permettre d’être aveugle. Je ne veux pas en perdre ‘une autre’…
Il parlait bien entendu d’une autre copine, d’un autre Amour.
- Je n’ai pas besoin de longues explications… mais je ne peux pas te faire croire que je comprends tout ce qui se passe en toi, tout ce que tu veux. Sauf si tu me le partages… dis, j’obéis. Mais avant, je veux savoir tout ce que tu ne me dis pas. Où on va…




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MessageSujet: Re: La révélation   Dim 11 Avr 2010 - 16:51

- Toi, tu ne vas nulle part. Laisse la Résistance loin de cette histoire, vous avez des choses plus importantes à faire.

Isis prit le visage d’Egon entre ses mains tremblantes. Elle plongea ses yeux dans ses pupilles lagon.

- Je l’ai T-U-E… Je les ai tués. Tu comprends ?

- Quand je suis entrée dans la chambre, Il a ordonné à la nécrodite de me tuer. Je me suis défendu. Je sais pas comment j’ai fait, et je ne veux pas savoir, mais quand j’ai rouvert les yeux, elle agonisait au pied de cette Ordure, une épée noire dans le corps qui la brulait. Comme si la lame était en argent. Il l’a achevé devant moi.

Isis releva la tête vers sa créature gardienne.

- Le bruit a alerté Rhidow. Tu le connais, il en fait toujours qu’à sa tête. Il n’est pas resté dans la cuisine comme je lui avais dit. Il grimpait l'escalier. Je n’ai pas eu le choix…. Ce monstre allait le tuer. Il l’a menacé… Je ne pouvais pas… et…

Elle leva les yeux au ciel, cherchant une âme qui lui donnerit les réponse à la place. Mais personne se dévoua.


- Tu n’as jamais ressentit une différence depuis qu’on est iccam. Un pouvoir que tu n’avais pas, qui s’amplifie certain jour, qui s’amenuise à d’autre. Une puissance qui ne demande qu’à s’exprimer. Une tel force, que tu pourrais tuer un homme d’un claquement de doigt. J’ai toujours réfuté son existance car ça me terrifiait… Mais j’y ai cédé. Il a torturé Mallhou, je ne pouvais pas le laisser faire la même chose à notre fils. Alors, j’ai arrêté de garder sous clé cette force. Je l’ai tué. Je l’ai fait souffrir.

Benemoth henni, les filaments argentés qu’Isis lui avait confiait, revinrent à sa propriétaire.


- Pendant qu’il brulait encore vivant, j’ai récupéré ses souvenirs. Je dois….


Elle avait pris sa décision depuis qu’ils étaient rentrés dans cette pièce. Il fallait que ca s’arrête avant que ca aille trop loin. Le meurtre de Mallhouwen n’ était pas le seul prévu, il était seulement le premier.

- Ou on va ? Toi, tu reste ici. Tu veuilles sur Rhidow, il faut que quelqu’un le surveille. Il sera capable de rendre n’importe qui fou avec ses caprices et ses questions si on part tous les deux.

Le baiser se fit trop pressent, trop accentué, top désespéré pour qu’Egon soit en accord avec ses prochaines paroles.


- Moi, je vais faire une folie avant…

Elle savait quoi, mais elle ne savait même pas comment elle y arriverait. Démanteler un groupe extrémiste de sorcier et moldus qui prônait la violence pour faire de l’Angleterre un pays sous l’emprise d’Antarès, n’était pas vraiment dans ses cordes.

Mais Benemoth ne l’entendait pas ainsi. Il déploya ses ailes, renversant quelques bibelots. Son hennissement fit taire la batterie qui s’époumonait depuis qu’il était revenu. Le silence devient glacial comme elle le supposait le regard d’Egon. Regard qu’elle fuyait.


Depuis qu’elle avait pris sa décision, elle le savait. Elle se doutait qu’il serait contre l’idée. Elle ne l’aurait pas imaginé autrement. Il ne l’aurait jamais laissé partir on ne sait ou, affronter on ne sait quoi, sachant qu’elle était The lapin nain.

Mais elle avait parié sur l’aide de Benemoth. Il était son gardien, à elle. Elle sentit du mouvement dans la maison, des pas se dirigeaient vers le studio. Le sombral redevient calme mais resta aux aguets. Il sentait une menace.

Isis capitula.


- Mallhouwen était la première. Son meurtre a été prémédité par un groupe d’extrémiste qui souhaite faire de l’Angleterre un nouveau fief à Antarès… même si ce ne sont pas des Opposants. Harold Fatt, l’assassin de Mallhou fait partir de ce groupe…. Il connaissait leur prochaine cible. C’est l’un des enfants d’Oz. Je ne peux pas les laisser continuer… Tu ne peux pas m’accompagner, Rhidow…
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MessageSujet: Re: La révélation   Dim 11 Avr 2010 - 19:39

-Isis Kitlee, tu me soûles.

La voix d'Egon était restée calme. Pourtant, la petite phrase avait fendu l'atmosphère du studio comme un fer. Il s'était redressé d'un trait, exaspéré, et avait tourné les talons en direction de la porte avant de s'arrêter devant, le visage déconcerté.
Il prit une grande inspiration. Main posée sur la poignée: 'Un… deux…'

- Trois…

Il ouvrit la porte d'un mouvement sec. Rhidow et Enki, l'oreille collée à la porte, tombèrent à la renverse. Egon enjamba les deux comparses et sortit sans se retourner. Il se rendit dans la cuisine où il se servit un verre de jus de citrouille qu'il ne put boire entier. La violence de ce qu'il ressentait lui coupait l'estomac en deux. Il laissa tomber violemment le verre dans l'évier. Brisé.

Il ramassa les morceaux avec tellement d'humeur qu'il se coupa. Impuissant à effectuer une action qui demandait persévérance et exactitude, les bris restèrent dans l'évier.
Egon était déjà sorti. Il fit attention à ne rien touché qui put être fragile car sa rage avait tendance à réduire en escarbille ou en morceaux tout ce qu'il effleurait. C'était plus fort que lui.

Pour ses sautes d'humeur, Merwick avait crée un ballon en mousse, assez lourd, qu'il avait déposé dans la cave de la résidence. Avec sa baguette, il fallait actionner l'objet de la taille d'un pouffe, qui se mettait alors à flotter à hauteur d'homme. Egon ne l'avait jamais utilisé quand il était réellement fâché. Il descendait régulièrement à la cave pour jouer au punching-ball par plaisir. Comme un défouloir. Un sport.
Affligé, son cerveau était incapable de venir à bout d'une réflexion ou un désir qui eût du sens.

Ainsi se retrouvait-il dans le jardin, à tourner comme un lion en cage, refrénant son envie d'envoyer valser sur pluton les arrosoirs et pots en terre cuite qui ne lui avaient rien fait.

Qu'est-ce qui le rendait si furieux?
Il n'arrivait pas à penser clairement.
Ses réflexions partaient dans tous les sens.

Les sensations pirouettaient dans son esprit et venaient le planter une à une dans le cœur.

Furiux de quoi? De tout. De ce qu'elle avait dit et qu'il avait du mal à accepter. Furieux qu'elle n'ait toujours pas compris. Il irait où elle ira. Il ne la laissera jamais seule affronter un danger. Ce n'était pas seulement pour la protéger. C'était un acte d'un égoïsme candide. Ne savait-elle donc pas que ce genre de paroles, il ne les entendait pas? Le connaissait-elle si mal pour oser malgré tout les prononcer? Il ne voulait pas souffrir les minutes et les heures d'attente à se demander si elle va bien. Il ne voulait pas souffrir de la savoir confrontée à une menace dont il ignorait le visage. Il ne supportait rien qui désignât Isis comme la cible particulière de X individu. 'Encore moins d'une bande de terroristes en mal d'idéaux.'

Dommage. L'arrosoir alla se percher dans le branchage d'un arbre. Il tomba piteusement sur le toit du local de la piscine avant de rebondir dans les fleurs de Serena.

- Putain! Lâcha-t-il en prenant conscience que malgré tout ce qu'il voulait, pouvait, se sentait le devoir et pensait, Isis restait libre de faire ce qu'elle voulait. Cette idée le rendait fou.

Il songeait à attacher Isis au lit pour s'assurer qu'elle n'entreprenne rien d'inconscient et à partir se défouler sur le premier Opposant venu. Ca grouillait ces derniers temps.

Fatigué de tourner en rond, il retira son t-shirt et plongea dans la piscine où s'immergea en apnée pour se calmer. Il n'aimait pas particulièrement être dans ces états. Les sautes d'humeur étaient devenues plus violentes et plus fréquentes depuis qu'Umbrès lui avait expliqué ce dont il pouvait être capable. Le Dyode avait ouvert en lui une porte qu'Egon ne soupçonnait pas auparavant: 'Oui, je la ressens cette différence depuis que nous sommes Iccam' se répondit-il pour lui-même à retardement.

Comme un écho au trouble et au désespoir qui l'habitaient, le temps se dégrada. Un coup de tonnerre fit vibrer le quartier. Une pluie colérique. De l'orage.

C'est alors qu'il sentit Sa présence.

Egon sentit en lui s'installer la vision confuse d'Umbrès, assis sur le trône de Poudlard, les yeux fixes dans le noir où il pouvait le voir. Dans sa piscine. La tête et le cœur bouillonnant.
- Quand Rosà souffrait, la Terre subissait un déluge apocalyptique… les animaux et les plantes mourraient. J'étais jeune. Je ne savais pas exprimer autrement ma douleur. Avec le temps, j'ai appris à me contrôler, dit calmement la voix du Dyode dans le crâne du sorcier.
Egon émergea. Le bleu de la piscine ressortait autant que celui de ses yeux dans la grisaille qui l'environnait maintenant. Il s'adossa au rebord de la piscine. Il avait besoin qu'on le calme. Qu'on lui explique comment réprimer ce ressentiment et cette indignation qui pouvaient l'amener à faire des insanités. Personne d'autre que Lui, ne pouvait le secourir.
Le Dyode reprit avec sa voix grave et posée:
- Tu n'as pas confiance en elle?
- Non. Et j'ai encore moins confiance en tout ce qui l'entoure. Je redoute chaque inconnu, chaque pas qu'elle fait sans moi.
- Il faut arrêter ça.
- Je ne peux pas. Je ne sais pas le faire.
- Rosà a peur quand j'enrage.
- Isis sait bien que je ne lui ferai jamais de mal.
- Pas consciemment, c'est vrai…
- Que veux-tu dire?
- Ce que tu ressens peut lui être plus violent qu'un coup de poing dans le cœur. Ressaisis-toi.
- Elle est inconsciente! Comment je peux laisser faire ça?
- Suis-la. Laisse-la faire ce qu'elle veut… fais lui confiance. Mais suis-la. Tu en as le pouvoir sans être physiquement avec elle. Cherche. Elle vient de se révéler… elle doit trouver comment comprendre ses pouvoirs. La révélation de l'Iccam Rosà est plus violente que toutes les ecchymoses de ton ego. Calme-toi… il ne doit pas y avoir de nouveau déluge.


L'Ombre disparut. Egon s'était sensiblement calmé mais le ciel restait gris. Il tourna la tête vers la baie vitrée du studio. Un nouveau défi. Le reflet des nuages et du jardin l'empêchèrent de voir à l'intérieur. Il sortit sans prendre le temps de se sécher. Sans réfléchir aux dernières paroles de L'Ombre qu'il décida d'embrasser pour ce qu'elles étaient: un conseil. Un conseil qu'il détestait mais auquel il réfléchirait plus tard. Si ce qu'il allait faire devenait source de regret, il tuerait le Dyode en premier.

Dans le couloir du studio, il croisa Enki et Rhidow. L'air sévère et renfermé d'Egon leur interdit en un regard de lui adresser la parole ou de chercher à s'excuser pour avoir écouté aux portes. Ce n'était pas le moment. Toutefois, le petit Shalimancyan sur les talons, Egon retourna près d'Isis. Il gouttait sur le parquet… Il se tint debout face à elle. Arrêté assez loin pour ne pas être tenté de prendre finalement la solution qui consistait à l'attacher au lit. Avec tout l'effort du monde, il cacha ce que lui coutèrent ses paroles:
- Vas-y. Pars… va sauver Oz. Je garde Rhidow.
Derrière Egon, n'osant pas intervenir comme il sentait que la situation ne s'y prêtait pas, Rhidow s'approcha de la hanche d'Egon. Il y posa sa main pour attirer son attention:
- Je peux me garder tout seul, hein… y a Enki il est sympa et avec Jack on va…
- Isis veut y aller seule, coupa Egon, elle ira donc seule. Je reste avec toi, bonhomme.
Egon prit Rhidow dans les bras. L'enfant centenaire sourit et passa sa main sur les épaules de l'Iccam Umbrès en grimaçant:
- Tu m'as tout mouillé!... t'es pas fâché contre moi, hein?
- Non. Je ne serai jamais fâché contre toi.

Parce que c'était trop laborieux de le faire en étant sincère, Egon n'adressa pas un regard à Isis. Pas une parole de soutient. Rien. Il regretterait peut-être plus tard. Pour le moment, il était fâché. Aussi fâché qu'il l'aimait. Il sortit du studio avec son fils dans les bras et alla s'asseoir dans le salon. Les pensées barbouillées d'images atroces d'un futur où la nouvelle Rose devenait une guerrière. Ca lui faisait mal… mais ainsi se dessinait leur destin.

- Egon… tu es fâché contre Isis? S'aventura Rhidow qui chercha naturellement à calmer l'Iccam en tentant un petit câlin. Egon prit l'étreinte mais ne répondit pas.
- T'occupe.




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MessageSujet: Re: La révélation   Sam 24 Avr 2010 - 17:01

Son cœur saigna. Le coup a été trop rude.

Elle ne laissa rien paraitre.

Il devra se faire une raison.




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