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 Mensonges & Trahison

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Jezabel Jackersson
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MessageSujet: Mensonges & Trahison   Sam 6 Fév - 18:38

C'est pas croyable ce que la vie vous changeait la vie. C'était peut-être un principe qui n'avait jamais échappé à personne mais Jezabel, elle, elle n'y avait jamais songé jusqu'ici! Elle s'en rendait compte devant son miroir. Elle se tenait de profil devant le miroir en pied de la suite du palace de la licorne qu'ils continuaient de fréquenter ("ils" = Elliot et elle) parce que la résidence de Hollywich était en travaux d'aménagement, il fallait refaire tout le système de sécurité depuis qu'on avait retrouvé une des groupies d'Elliot en train de dormir dans le lit des deux tourtereaux. Ca avait complètement traumatisé Jay. Elle avait demandé à Elliot qu'ils quittent immédiatement cette maison de malheur. Comme elle avait couté assez chère, Elliot lui avait dit qu'ils déménageraient à la Licorne le temps que des mages spécialisés protège chaque pièce et toutes les clotures avec des enchantements efficaces. Elle était donc en soutif face à la glace de la chambre et elle jouait avec son ventre: sorti, rentré, sorti, rentré… ca faisait peut-être quinze minutes qu'elle se regardait sous toutes les coutures et elle s'en lassait pas. Ca allait faire drolement zarbi avec un ventre énorme. Elle qui avait toujours eu une sainte horreur des mômichons, elle en avait un dans le gabari!

Il faut qu'elle vous raconte, ça vaut le détour. Et puis Oma, il a beau faire des superbes messages en anglais, il raconte rien du tout. Pourtant, un bébé, c'est pas une anecdote. Faut prendre du temps pour raconter. Surtout vu comme le sien il était arrivé.

D'abord, il y avait eu une discussion qui avait mal tournée un soir.
Jezabel et Elliot étaient assis à la table d'un restaurant plutôt cosy du chemin de traverse. Il revenait d'une tournée qui avait durée des semaines et elle avait passé ces semaines à l'attendre, faire les magasins, l'attendre encore, sortir, faire les magasins, l'attendre, un peu travailler mais pas trop, faire les magasins et l'attendre...

- Lilo, tu veux pas arrêter d'être une star s'il te plaît?

Elle le demandait comme si elle lui demandait de lui passer le sel. Lui ca le faisait sourire, il se foutait d'elle. Il la regardait avec des yeux d'amoureux incrédule. Il sentait que Jay avait un truc à demander qui était un peu plus possible que d'arrêter d'être d'une star, c'est-à-dire, de faire exactement le métier qui lui plaisait et le rendait heureux, chanter, danser, faire des films, des photos, des foutues remises de récompenses qui duraient des heures et qui étaient chiantes a mourir mais auxquelles elle devait toujours l'accompagner de peur qu'une petite minette du gratin lui mette le grappin dessus. Elle avait mis tellement de temps à l'avoir son Oma qu'elle le laisserait filer pour rien au monde.
Elle voyait qu'il répondait pas et la regardait avec son drôle d'air, alors elle pencha la tête sur le coté avec un petit accent de femme enfant dans la voix:
- J'ai demandé "s'il te plait", ça compte pas?
- Ca veut dire quoi, pour toi, arrêter d'être une star?
- Ca veut dire ne plus partir des semaines sans moi...
- Je t'ai proposé de venir.
- Oui mais il y avait les défilé automne hiver… j'aurais pas pu louper ca quand même.
- Oui, forcément.
- Tu vas pas arrêter de te produire?
- Non, je crois pas, Jay. Je peux plus m'en passer. C'est mon kiff. J'en ai besoin et maintenant il y a beaucoup de gens qui comptent sur moi. J'ai signé pour un troisième film.
- Moi aussi je compte sur toi mais j'ai pas signé pour tout ça.
- Je suis là maintenant… L'amour c'est hors contrat, bébé.
- Jusqu'à la prochaine tournée ou au prochain concert. Y a rien qui peut te faire rester? Prends des vacances, fais croire à Stefano que tu t'ai cassé la jambe et la gorge?
- T'es bête, Jazzy… on peut pas se casser la gorge. Le seul truc qui me ferait rester en place t'as dit mille fois que tu me le donneras jamais.
- Mes escarpins Schanel? Qu'est-ce que tu ferais avec mes escarpins Schanel?
- Non, l'autre truc.
- Mon Ipod?
- Jay, arrête de faire l'imbécile.
- Un bébé…

- Il a juste hoché sa tête que j'avais envie de lui faire couler dans la purée de pois. Je préférais encore lui filer mes escarpins Schanel… un bébé!!! Il voulais que j'échange mon 36 fillette contre un 44 grosse vache! Egoïste! relatait Jezabel à la meilleure amie d'Elliot, Doherty.
- En premier, Jezabel, tu fais plus du 36 depuis deux ans, arrête de mentir. En plus, faire un enfant c'est la plus belle chose qui existe.
- Faux! La plus déformante et la plus douloureuse.
- Il crève d'envie d'être papa depuis qu'il y a tout ce ramdam sur les enfants sorciers.
- Justement, ça serait pas un enfant sorcier et je préfère attendre que ca se calme. Si je dois faire une telle chose je veux au moins que ca soit payant! Je suis d'une famille de sang pure depuis des générations, je vais pas tout fiche en l'air, mon 38 (d'accord, j'ai menti) et ma lignée!
- T'es impossible… t'es égoïste. T'es capable d'aucun sacrifice, t'es juste bonne à faire la différence en un sac Guffy et un sac Schanel et tout le monde se fiche de différencier des sacs qui coutent six fois le prix d'une maison. Tu me recontacteras quand tu auras l sens des valeurs et du sacrifice. Il t'a tout donné, sa vie, tes escarpins Schanel et même ton sourire! T'étais qu'une loque quand vous avez rompu la première fois! Toi tu te poses la question de ton tour de taille au lieu de savoir ce qui concilierait votre couple? T'as tout faux, Jezabel Jackersson. Je te souhaite beaucoup de bonheur avec tes sac a main.


Doherty avait laissé Jezabel au milieu de la piscine du Palace. Elle avait l'air furax. Jay avait pas tout compris. Elle avait continué de finir sa longueur. C'est seulement la nuit que les paroles de Doherty avaient enfin gagné leur sens. Ca avait réveillé Jay en pleine nuit! (quelle horreur, elle allait avoir des cernes! Saloperie de doherty!)
La place dans le lit a coté était vide. Il était quatre heures du mat et Oma était encore en train de travailler au studio. Jezabel avait pleuré. Elle savait pas trop pourquoi mais ca avait duré des heures.

Ensuite, Elliot était reparti en tournée pour l'automne. Elle avait rencontré un type qui connaissait un type qui était dans l'Opposition. Elle avait peur d'être maman pas parce que ca déforme mais parce que ca veut dire qu'on a grandi et qu'on est une femme. Il faut s'occuper de quelqu'un d'autre que soit et faut supporter de se faire appeler madame.
Elle pouvait tout supporter du moment que ca le rendait heureux. Elle recompta le nombre de fois ou ces deux dernières annés elle avait fait quelque chose pour lui. A part lui faire l'amour avec l'amour et l'envie d'un million de fan, a part un nouvelle guitare qu'elle lui avait acheté avec sa carte de crédit… elle n'avait rien fait. Doherty avait raison. Capable de rien, d'aucun sacrifice d'aucun regard pour les autres.

Le sacrifice elle le fit en se rendant à un rendez vous arrangé avec un Sargas qui devait lui faire faire ses premiers pas dans l'Opposition. Elle avait emis 2 conditions: avoir un enfant le plus vite possible qui soit sorcier et que le secret de la paternité soit gardé jusqu'à l'accouchement.

Quand on avait découvert a l'abbaye de Canterbury qui serait le père de l'enfant qu'elle voulait avoir, ca lui avait ouvert toutes les portes. Même dans l'Opposition. En échange de quoi, elle devint une informatrice hors paire et, c'était sans compter son coté fouine qui lui était naturel.
Sa première mission avait été la plus difficile. La plus atroce… c'était recueillir les confessions de deux Resistants capturés en amérique du sud. Jay parlait couramment espagnol. Ils voulaient savoir de quoi elle était capable. Pour Oma, elle était capable de tout. Elle voulait qu'il soit fier. Elle avait passé une nuit avec les deux résistants attachés par les pieds au plafonds d'une geole de l'Abbaye avec un Dschubba qui la surveillait.
Elle avait du lancer beaucoup de sortilèges pour leur faire cracher les confessions. Au matin, le Dschubba avait jeté un doloris sur l'un des deux résistants en disant au deuxième qu'il arrêtrait de torturer son ami s'il parlait. C'était épouventable de supporter de regarder cette douleur. L'autre ne parlait toujours pas mais en espognal il adjurait a Jezabel de le tuer, qu'il allait pas parler et son ami non plus car la Résistance était leur famille et qu'ils trahiraient jamais leur famille. Il conjurait en pleurant à Jezabel de le tuer et de raconter n'importe quoi au Dschubba pour qu'il soit content. Jezabel avait accepté. Elle l'avait tué pour mette fin à sa souffrance, comme un chien enragé aurait été abattu. C'était dégueulasse, mais elle cacha sa propre douleur et la peine que ca lui causa. Il était probable que de toute manière le Dschubba s'en charge lui-même des qu'il aurait eu ses informations. Elle inventa un mensonge plausible pour que le Dschubba soit content comme l'avait demandé le Résistant. Comme elle l'avait prévu, l'homme tua le deuxièmeResistant qu'il avait promis de libérer. Jezabel elle était rentrée chez elle tellement triste. Elle avait vomi toute la nuit, a part au combat blanc ou s'était pour la survie de ses amis, elle avait jamais tué personne et vu personne mourir de ses propres yeux et par sa propre faute.

Quand Elliot était renté de tournée, c'était un soir, il l'avait trouvé changé, calme, sérieuse, dévouée, attentive comme il y avait longtemps qu'elle l'avait plus été. Elle avait un gros besoin de lui. Elle avait jamais eu aussi envie de cet enfant que maintenant. Elle élèverait cet enfant pour qu'il devienne fort, un Résistant qui libèrerait les gens du joug qui encadrait le monde. Elle voulait qu'il soit bon, meilleur qu'elle, qu'il soit beau et talentueux comme Elliot. Pas défectueux comme elle. Elle parla tres peu à Elliot ce soir là. Elle avait juste envie quil lui fasse l'amour. Dans ses bras, elle oublia ces derniers jours. C'était allé très vite. Elle avait senti dès la semaine suivante qu'elle portait l'enfant désiré, et surtout, qu'il était sorcier.

- Je suis enceinte, Lilo...

Il l'avait pas cru d'abord, puis il avait sauté de joie. Ca lui avait rendu sa peche à elle aussi de le voir si content. Pour une fois, il était content grâce à elle. Ils avaient appelé Doherty qui était ravie et qui s'excusa pour ce qu'elle avait dit à Jezabel mais Jezabel la remercia davantage. C''était grace a elle qu'elle s'était rendu compte que c'était tout ce qu'elle voulait. Un enfant qui symbolisait l'espoir et le renouveau de leur couple qui battait de l'aile.

Devant sa glace, Jezabel souriait comme une gamine. Elle trouvait ca joli. Elle trouverait le 44 grosse vache aussi joli

♥ Ils font des robes Schanel en 44? ♥

Elle s'habilla très vite et sortit en courant du palace. Elle avait complètement oublié qu'elle avait rendez-vous avec un Dschubba qui voulait lui délivrer une nouvelle mission. Elle avait dit d'accord pour toutes les missions du moment qu'au cinquième mois on la ménageait un peu.

Elle se rendit dans le chemin de traverse, avec un fouloir et des lunettes de soleil parce qu'être la petite copine d'O'Malley, ça déteignait très vite sur notre tranquillité.
Elle rentra dans une échoppe de potion ou le propriétaire la fit passer dans l'arrière dans l'arrière boutique après avoir recu son mot de passe.

Elle ressortit trois heures plus tard, blême comme un linge. Cette mission, elle s'y attendait pas... ils frappaient fort..

Elle marcha dans les rues du Chemin de traverse sans regarder où elle allait. Elle avait oublié de remettre son foulard sur ses cheveux blond. Sa robe blanche éclatante lui donnait des allures de Marylin. Elle avait jamais autant détesté être une femme.

♥ Cette mission...est juste... je... Oh, Elliot. ♥
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Ulysse Denali
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MessageSujet: Re: Mensonges & Trahison   Ven 26 Mar - 10:22

Les premières fois ont des allures d'éternité. Elles mordent l'esprit, se loge dans un lobe grassouillet de notre mémoire et finissent par devenir comme un de ces bibelots de voyage qu'on collectionne et qu'on aligne sur l'étagère du salon. J'ai aligné ces morceaux d'éternité sur l'étagère de ma vie avec une conscience qui confère à la maniaquerie. Je me repasse en film les meilleurs moments de mes premières fois pour qu'ils ne ternissent jamais. C'est ma façon de les dépoussiérer.

Aujourd'hui est une première fois qui me grise comme un enfant à qui l'ont offre un cerf-volant. La petite bête colorée qui monte, qui monte et qui chatouille les nuages jusqu'à vous donner cette folle impression du tout est possible, et on est un peu Dieu quand on devient si grand qu'on arriverait presque à frôler le soleil. Je me sens revigoré parce que je n'aurais jamais cru cela possible. Je n'y croyais plus. Je suis heureux de découvrir qu'être abasourdi et ému par l'inédit est une chose encore possible à vingt quatre ans bien que le principe soit récurant depuis l'apparition dans ma vie du monde de la magie.

Je suis sur le Chemin de Traverse. L'Antre des sorciers par excellence. Aucun non sorcier de mon entourage n'a jamais eu l'opportunité d'arpenter ses pavés et à ma connaissance, aucun non sorcier tout court. Que me vaut cette chance? Une simple rencontre. C'est un vieil antiquaire de la rue commerçante qui a longtemps débattu cette éventualité avec les personnes de son ministère. Cela doit faire plus d'un mois que j'attends la décision des élus sorciers.

En jeu, l'ouverture d'une galerie de la vie moldue, miroir chez les sorciers du Petit Musée, dont un passage magique lierait les deux établissements. Je viens visiter le lieu choisi par le vieil antiquaire. Nous venons de recevoir l'autorisation de lier les deux mondes sous réserve d'une sécurité accrue. J'ai décidé de laisser les détails techniques à Antiope, l'antiquaire. Il m'a promis que notre projet verrait le jour avant l'été. Je trépigne d'envie, non seulement de découvrir de l'intérieur ce monde exclusif qui n'avait jamais existé que dans mes livres d'enfants, mais aussi d'avoir le privilège d'en faire un peu partie.

Après deux heures durant lesquels je n'ai fait que m'extasier devant le moindre détail du panorama qui m'était offert, Antiope vient de m'abandonner pour retourner à ses affaires. Le vieil homme a compris que je rêvais d'errer seul dans les petits magasins du Chemin. Après une liste incommensurable d'avertissements et de conseils et la promesse de ne rien faire qui puisse remettre en question notre partenariat culturel, il m'a donc laissé.

Je suis devenu plus timide qu'une fillette. Finalement, je n'ai osé parler à personne et entrer dans aucun magasin. Je me suis contenté de marcher le long du chemin sans dévier ma route.

Je fais un aller retour, me disais-je, et je reviens sur mes pas pour rentrer. Le Chemin de Traverse est leur cocon. Un moldu n'a rien à faire dedans.


C'est en revenant sur mes pas que je vois cette fille à l'allure détonante en comparaison des autres sorciers qui marche dans l'autre sens. Si je n'avais pas eu la certitude que Marylin Monroë était bel et bien morte et surtout non-sorcière, j'aurais juré qu'elle était ressuscitée devant moi.

Malgré ses grosses lunettes de soleil, ce n'est pas difficile de deviner la tristesse et le souci sur son visage. Soudain, avec un petit effort de mémoire, je me souviens que j'ai déjà vu ce visage quelque part. Je me demande si elle prendrait mal que je l'aborde.

Je regarde un peu autour de moi. Je ne sais pas bien pourquoi je scrute les environs, probablement parce que si elle me met un vent, je n'aurais pas très envie d'avoir du public. C'est plutôt calme. Les gens passent sans regarder autour d'eux. Ils font leurs emplettes, paisibles, sans souci de la vie qui évolue autour.

Je dévie de ma trajectoire pour me retrouver sur sa route et je m'approche doucement de Joey… Jessica…? Je ne me souviens plus… Je me rappelle seulement de celui qui a ramené son nom sur le devant de la scène et dont on parle partout. Si je l'appelle madame O'Malley, elle sera peut-être vexée. Je vais me taire et attendre qu'elle se présente:

■ Heu… bonjour, dis-je sans oser en dire plus. J'ai bien trop peur qu'elle pense que je la drague. Je m'arrête en face d'elle et la regarde avec plus d'interrogations lisibles dans les yeux que je n'ai réellement besoin d'en poser; l'ensemble doit traduire mon inquiétude. Ce ne sont pas oignons mais va-t-elle bien?...
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Jezabel Jackersson
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MessageSujet: Re: Mensonges & Trahison   Lun 5 Avr - 16:48

Jezabel était perdue dans ses pensées. Elle réfléchissait à la possibilité d’avoir mal compris sa mission mais elle se repassait les paroles du dschubba et il n’y avait pas de double sens possible. Elle devait mériter l’enfant qui allait venir et si elle voulait le garder et qu’il soit un sorcier, elle devait se soumettre à l’odieux chantage.

Elle était si perdue que son visage était marqué par l’absence de son air hautain et indifférente. Elle marchait la tête baissée et voyait défiler le pavé et des images de son futur.


♥ Je vais jamais arriver à le faire… alors le premier venu, ça sera lui… ♥

La décision était prise hâtivement et sans retour possible sinon elle ne se lancerait jamais. Pour arriver à dépasser certaines situation conflictuelle des fois il fallait foncer tête baisser. Tête baissée, tête baissé… c’est une façon de parler parce qu’elle releva la tête juste à temps pour tomber nez à nez avec un type qui la regardait avec un air inquiet. Elle faisait si peine à voir?

Oui ca devait. Elle s’était même pas rendue compte qu’une larme glissait sur sa joue, sous la lunette. La larme fit un virage, sur la paumette, se faufila au coin de sa bouche et envahi sa langue d’un goût amer. Les larmes sont amères contrairement à ce qu’on croit. Elles ne sont pas salées.

- Heu bonjour, dit-elle secouée, par mimétisme.

Le bonjour sortit enroué, elle se racla la gorge et l’observa a travers le verre tanné. Elle réalisa qu’il était le premier venu, le premier qu’elle croisait. Elle pourrait changer de grade si sa mission réussissait. Il fallait reprendre les anciennes habitudes, être manipulatrice, penser tous ses coups trois coups à l'avance. S'habiller de légèreté et de séduction et aussi d'insouciance et d'un soupçon d'insolence pour venir à bout de cet ordre. Ce n'était possible de soumettre comme ça les gens!! Que faisait la Résistance? On disait qu'ils voulaient qu'il y ait une guerre mais le monde était très silencieux, plus la Résistance était calme, plus l'Opposition prenait de l'espace...

Elle aurait du faire partie de la Résistance. Elle les aurait secoué, elle serait allée voir le chef supreme et elle lui aurait sa façon de penser! que tout allait trop entement! Qu'il fallait que le monde bouge.

Les sourcils de Jay se contractèrent. Son activité interne la stimula pour se lancer dans l'aventure.

Jezabel devait mettre les chances de son côté sans que ca paraisse tout de suite trop gros, en plus elle devait se faire à l’idée tout en entremêlant ses filets autour de lui. Le pire (ou le mieux) c’était que le garçon premier venu n’était pas le plus vilain.

Jay ouvrit d’abord la bouche pour dire quelque chose d’intelligent mais intelligent n’était pas Jezabel donc elle se résolut à dire juste quelque chose de plus poche d’elle, c'est-à-dire quelque chose de spontané et de totalement irréflechi:

- Invitez-moi à boire quelque chose, je veux partir d’ici, je veux penser à quelque chose d’autre… s’il vous plaît.

Elle marcha devant sans se retournant en espérant qu’il morde.
Pour mieux mettre les chances de son côté, après quelques pas, elle se retourna et retira ses lunettes. Le bleu de ses yeux ressortaient à cause du rouge de la tristesse qui les bordaient:

- Je m’appelle Jezabel.

Elle esquissa un mince sourire et lui tendit le bras:

- Accompagnez-moi si vous n’avez pas d’obligations pour le moment, je vous en prie, je ne veux pas être seule sinon je vais faire une bêtise.
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MessageSujet: Re: Mensonges & Trahison   Mer 14 Avr - 19:26

Elle avait un regard à cheval entre un abattement sincère qui interpellait en moi une disposition naturelle à vouloir accomplir un juste devoir et une lueur de lucidité insolite qui m’avertissait que, quel que soit l’endroit où je mettais les pieds, mon bon sens se devait d’empêcher mon génie magnanime de se laisser berner. Dans le discours de certaines femmes, cette dualité quasi permanente des choses qu’elles disent et de la raison intrinsèque qui les poussent à les dire, m’a toujours laissé pantois mais rarement effrayé. Je ne rebrousserai pas chemin, quand bien même je sens que ces larmes ont une cause et auront des conséquences qui me dépassent.

Pour autant que je sache, sa demande était si inattendue et impétueuse que j’ai mis un petit temps avant de me défier. Ce n’est pas par manque de confiance en moi (je sais ce que je vaux et ce que je ne vaux pas) mais, lorsqu’une jolie fille me demande si je veux aller boire un verre, je me méfie. Elle m’avait laissé peu d’espace pour avoir mon mot à dire. Après quelques pas où j’ai pensé qu’elle avait subitement changé d’avis, elle m’a délivré son prénom, comme l’ultime liane qu’elle me lançait pour oser la rejoindre et sceller l’invitation.

C’est juste à ce retournement que j’ai commencé à douter.
Le doute m’accompagne encore quand nous sortons du Chemin de Traverse. Je balade mes yeux sur les dernières vitrines, m’enquis d’un maximum de saveurs, d’odeurs, d’images et d’informations au sujet de ce lieu fascinant dans lequel j’aimerais plus que tout revenir un jour.

Sur le chemin, je n’ose pas discuter parce que je suis à peu près sûr de sortir une banalité décevante qui ne sera pas dans le ton. Quel ton adopter avec une inconnue qui pleure ? Je ne vais pas lui demander ce qu’elle a. Ca m’intrigue, bien entendu, mais comme qui dirait, ça ne doit pas être mes oignons.

Soudain, je songe aux apparences et à leur imposture. L’idée m’a accompagné depuis qu’elle s’est présentée. J’attends le moment où je saurais le pourquoi du comment je suis invité par la femme d’Elliot O’Malley à lui changer les idées. Tout cela sans pour autant me montrer sur mes gardes car je ne me sens pas en danger vu comme elle me parait fragile. Un sentiment presque étouffant m’emplit de cette certitude que quelque chose va arriver. Pour ce qui concerne les apparences trompeuses, elle en fait aussi les frais si je ne lui révèle pas que je ne suis pas un sorcier bien qu’elle m’a rencontré sur le Chemin de Traverse. Ca se trouve, les sorciers ont des détecteurs à moldus et elle le sait déjà. Par acquis de conscience et pour ne pas passer plus longtemps pour ce que je ne suis pas, au carrefour d’une rue où nous rejoignons le trottoir pour traverser, je m’arrête alors que le bonhomme est vert :

■ Je dois vous avertir que je ne suis pas sorcier…

Je me sens con putain ! Sortir ce style de lexie est une énormité que les temps actuels font passer pour anodins mais que je continue de trouver totalement stupides et inappropriés. Ca me rappelle les soirées gays à l’université quand un hétéro se sentait obligé de préciser son orientation sexuelle pour ne pas prêter à confusion. Je leur répondais : “ Oui ? Et alors ? „

Si Jezabel me répond la même chose, hormis le fait qu’elle aurait raison, et alors ? Je me sentirais doublement con. Pour ne pas lui laisser l’opportunité de me répondre tout de suite, je dois rebondir et vite. Un sourire comme trait d’union avec ma phrase suivante et j’explique :

■ J’étais sur le Chemin de Traverse pour des affaires. Je ne sais pas si c’est utile de le préciser… conclus-je la voix dans les baskets.

J’ai toujours en tête l’idée qu’elle a un détecteur à moldus.

Il faut dire aussi que certains sorciers ou certaines créatures moins avenantes n’aiment pas particulièrement notre race. Ma précision est une forme de politesse maladroite dont j’aimerais qu’elle ne m’empêche pas d’avoir le fin mot de l’histoire.

Le bonhomme du passage clouté passe au rouge. J’essaye de ne pas y voir de présage. Je tourne les yeux vers les voitures qui démarrent. La circulation est dense. La pollution est plus lourde quand il fait cette chaleur. Ca me donne une idée sur l’endroit où je pourrais l’amener pour boire quelque chose et lui changer ces idées qui la font pleurer.

“ Bedlam Tropic… „

L’affaire avait été ouverte l’année dernière par un couple de promoteurs venus des îles Caïmans où ils avaient fait banqueroute. L’endroit était devenu un incontournable à la mode sur le thème des plages paradisiaques. Une décoration exubérante, des planches de surfs à la place des tables, du sable en guise de plancher et une carte des cocktails à faire pâlir Tom Cruise. Je trouvais ça tellement kitsch que j’imaginais que Jezabel ne résisterait pas à un énorme sourire moqueur en découvrant le Bedlam Tropic. Par ailleurs, le couple avait fait appel à un architecte sorcier pour mélanger habilement les genres et accueillir tout public, qu’il fût sorcier ou non-sorcier. Je n’y avais encore jamais mis les pieds mais je supposais que la liste de cocktails proposait probablement des saveurs… plus “ sorcières. „

“ Je suis avec une sorcière ! „ Réalisais-je. J’étais aux anges. Un sourire plus idiot que ma dernière affirmation était en train de naitre sur mon visage.
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MessageSujet: Re: Mensonges & Trahison   Jeu 29 Avr - 9:29

Jezabel trouva très craquant qu’il précise que c’était un moldu, elle ne put pas s’empêcher de pouffer en souriant. Il était tellement solennel ! Sans le vouloir il lui effaca pendant un instant l’austérité des idées austères qu’elle avait en tête. Elle les avait toujours mais elles devinrent plus supportables. C’était fou de constater que, dans notre système de valeur, la hantise que nos choix provoquent des conséquences négatives sur notre entourage déclinait en importance et diluait le sentiment de culpabilité quand on estimait que la blessure provoquée avait été infligée durant qu’on passait un moment agréable. Ca s’appelait du sadisme, lui dit une petite voix dans sa tête. On pouvait aussi apparenter ça à de l’égoïste, à de l’effronterie ou à un manque de respect pour son entourage. En d’autres termes, Jay estimait que quitte a trahir Elliot au moins il fallait qu’elle passe un bon moment dont elle se souvienne au lieu de se dégoûter à jamais. Si elle était tombé sur un vieux gros moche, ça aurait tout changé. Mais là elle reprenait doucement du poil de la bête, de l’assurance et son sourire, c’était grace à lui.

Le jeune homme avait l’air d’avoir soudain pris conscience qu’il était moldu (ou que Jezabel était sorcière) alors il s’était arrêté sans crier gare au bord de la route et s’était donc excusé parce qu’elle aurait pu se méprendre. Tout ça plutôt que de se présenter. Il lui tardait de connaitre le prénom de celui qu’elle allait essayer d’enrôler.

Les gens passaient autour d’eux, certains les bousculaient parce qu’ils étaient subitement arrêtés en plein milieu du trottoir juste devant le passage clouté. A l’instant où je vous ai quitté dans la narration, Jezabel pouffait de rire parce qu’elle trouvait ça craquant qu’il le précise. Elle retira ses lunettes pour qu’il voit ses yeux et elle sourit malicieusement:

- Je suis très contente que vous soyez un moldu, dit Jezabel, et pas un porte serviette.

Elle ricana pour lui montrer que ça n’avait pas d’importance et que ce n’était qu’une blague. Elle éprouva un petit pincement au cœur parce que ça faisait un moment qu’elle n’avait pas eu l’occasion de se décontracter comme ça avec quelqu’un. Jay était plutôt du style rentre dedans et que les sourires c’est des options. Elliot n’en avait que pour son ventre, elle se résumait à un ventre avec un enfant dedans, et ses copines c’était pas mieux, elle se résumait à un futur super cool investissement en layette et en heures de shopping trop "mimi"

♥ Je crois que je suis très mal, j’entame certainement une période de dépression nerveuse importante!! je viens de dénigner le shopping!! mamaaan !!! ♥

Le petit bonhomme était rouge. Elle regarda le traffic qui reprenait et mit ses lunettes sur sa tête en prenant une grande inspiration comme si elle revivait. Elle lui attrapa le bras ensuite le bras, comme un couple et l’attira vers (ca c’était ses petits trucs qu’elle savait bien faire et qu’on pouvait pas lui refuser).

- Je suis sûre que je vais passer un très bon moment avec vous! s’exclama-t-elle.

Quand elle y repensait, c’était même une chance qu’il soit moldu et pas sorcier ! L’opposition ne l’utiliserait pas à des fins dangereuses. Son visage s’obscurcit soudainement! Sur le trottoir d’en face, elle vit la silhouette de son indic qui la dévisageait avec un petit sourire en coin. Le cœur de Jay se mit à battre et elle se sentit très mal. Elle était surveillée. La surveillance s’arrêterait quand sa proie aurait été condamnée. Elle pâlit mais fit son possible son possible pour que le jeune moldu ne se rende compte de rien et elle resserra son étreinte, comme une crispation, autour de son bras. En face, son indic hocha la tête pour approuver son choix et il disparut instantanément. Il y avait tellement de monde autour qu’il passa inaperçu. Les gens se foutaient vraiment de ce qui se passait à côté d’eux.

Le bonhomme passa au vert et ils traversèrent. Il l’accompagna à un endroit qui s’appelait le Bedlam Tropic. Jezabel en avait entendu parlé parce que les proprio avaient tenté de faire venir Elliot pour l’ouverture mais Elliot avait pas pu. Ben ils allaient se taper une Jacksersson avec un peu de retard.

Il avait eu une très bonne idée ce moldu ! Le bar était fantastique! Dès qu’elle entra son visage rayonna de plus belle et elle retira ses chausses pour marcher pieds nus dans le sable. C’était comme s’ils étaient à la plage. Ils n’entendaient plus le bruit des voitures parce qu’un sortilège d’illusion créait une enveloppe sonore de plage, de mer et d’oiseaux autour du bar. Les serveuses étaient des vahinés et les serveurs étaient des surfer en maillot de bain! Il faisait chaud la dedans ! Presque plus chaud que dehors où la canicule régnait.

C’était un beau mélange de ce qu’on pouvait faire avec des outils moldus et sorciers. Après le combat blanc en 2008, quand les moldus et Antarès s’étaient glissés dans Poudlard pour assassiner des sorciers, Jezabel avait eu du mal à refaire confiance aux moldus. Il avait fallu toute la patience d’Adel pour Louange Deb pour qu’elle accepte de raisonner sa haine subite. C’était plus facile d’être Louange Deb que d’être Jezabel Jackersson…

♥ Une horrible idée vient de me traverser ! Et si c’était Louange Deb, mon alter ego, qui faisait la mission et pas Jezabel Jackersson? ♥

L’idée murit pendant qu’ils s’assirent et qu’une vahiné leur apporta les cartes après leur avoir mis un collier de fleurs autour du cou. Ca c’était kitsh par contre mais Jay garda sa bonne humeur. Elle le dévisagea, en regardant au-dessus de sa carte, pendant qu’ils étaient en train de choisir… elle lui jetait des petits coup d’œil pour essayer de se figurer la meilleure façon d’arriver à son but… c’était pas facile ! Entre cas de conscience, idées de secours, envie et pas envie, sentiment de culpabilité et peur de se faire avorter par Antarès lui-même avec des aiguilles à tricoter, elle ne savait plus où elle en était...

Elle eut une idée (quand Jay a des idées, il faut être très méfiant) et cette idée lui sembla la meilleure pour tout le monde (c’était pire quand elle croyait avoir de bonnes idées). Elle posa la carte devant elle, avec résignation, et elle attendit que le garçon la regarde:

- Je dois vous faire une confession et ça ne va pas vous plaire mais je voudrais que vous restiez, que vous l’assimiliez et que vous m’aidiez à prendre une décision importante. Tout va vous paraître fou et vous aurez raison, c’est une histoire de fou.

Quand elle eut sont attention, elle continua en baissant la voix et sans lacher le moldu des yeux:

- Je suis enceinte et mon enfant sera sorcier. Vous comprenez alors que pour être enceinte et avoir un enfant sorcier de nos jours, il faut être Opposante. C’est ce que je suis. Tout à l’heure on m’a annoncé que pour garder cet enfant, je devais accepter une dernière mission qui consiste à recruter le Soumis d’une puissante Opposante… Par tous les moyens… Je me suis dit que le premier homme que je rencontrerai serait ce soumis… et vous êtes apparu avec votre "heu, bonjour…" et votre gentillesse… je peux pas vous faire ça. J’y arrive pas. Je peux pas faire cette mission du tout… je vous avoue que j’aurais préféré qu’on me demande d’assassiner l’amiral de la Résistance plutôt que de briser la vie de quelqu’un d’innocent… qu’est-ce qu’on fait maintenant? Vous fuyez ? Vous me dénoncez ? Vous m’aidez? Vous prenez la commande?



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Ulysse Denali
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MessageSujet: Re: Mensonges & Trahison   Ven 7 Mai - 10:24

Mon enchantement d'être avec une sorcière fut soudain mitigé par ce que celle qui se trouvait face à moi venait de m'annoncer. En résumé, j'étais invité à un super barbecue se trouvant être en réalité un bal des horreurs, et elle était une des convives. Elle avait la gentillesse de me prévenir que le méchoui du barbecue, ça serait moi. J'étais si abasourdi que je mis un certain temps avant d'intégrer l'information. Je ne savais pas encore comment je me sentais ni comment je devais me sentir face à cette addition de nouvelles jetées froidement. Je ne l'intégrais pas mieux que je ne fus apte à savoir quelle attitude il était mieux d'adopter. Elle m'en énumérait certaines et j'étais si estomaqué, que je choisis pour le moment la dernière proposition: commander.

Une serveuse revint prendre nos commandes, Jezabel prit sa consommation tandis que je tendis machinalement ma carte sans regarder la boursoufflure du décolleté de notre hôtesse et je commandai un Coca Cola à la glace citrouille (je n'avais vraiment pas toute ma tête), avant de croiser les bras sur la table devant moi pour me pencher vers Jezabel. Je décidai de réserver ma réaction pour plus tard et de me contenter de récapituler pour être certain d'avoir bien compris:

■ Si j'ai bien compris... Vous êtes enceinte. Vous êtes Opposante. Vous êtes sorcière. Vous êtes un appât pour recruter un Soumis à offrir à je ne sais quelle Opposante de haut rang... si vous ne vous effectuez pas, on vous avorte... et par un infortuné hasard je suis l'heureux élu... En somme, si je refuse, je dois avoir sur la conscience la perte de votre enfant. Si j'accepte, j'abandonne ma liberté et mes rêves...

Qui oserait demander telle chose à quelqu'un ? "Sacrifie-toi à ma place"...

Puisque je vois que j'ai bien compris ce que j'étais supposé comprendre, j'enchaîne sur le même ton narratif:

■ Jezabel Jackerson, je ne suis pas très enchanté d'avoir fait votre connaissance. Je m'appelle Ulysse Denali.

Comme elle essaye de bousiller ma vie et que nous nous apprêtons à partager un verre ensemble, cela crée comme une sorte de contiguïté civile qui me donne bon droit de me présenter enfin.

Pour que nous ne soyons plus dérangés par la suite, je décide de ne plus prononcer une parole avant que mon avocat soit là... avant que la serveuse nous ait apporté nos consommations.
La demoiselle nous apporte nos verres, je la remercie d'une petite voix sombre et ne cherche même pas à le goûter. Je ne me souviens plus de ce que j'ai commandé et, de toute manière, mon verre ne m'intéresse plus. Je n'entends pas la musique de fond, je ne fais plus attention à la douce canicule qui règne dans le bar ni aux bellâtres torses nus qui vaquent aux tables des clients. Je suis totalement absorbé par l'énormité qu'on vient de me proposer comme une bonne partie de golfe.

Le temps que ma consommation arrive sur la table, j'ai déjà réfléchi à certaines choses qui ne verront jamais le jour: moi, Soumis à une Opposante qui a le mal du pouvoir, impossible. Moi, qui reste là sans rien faire, à accepter un destin que je n'aurais pas décidé, impossible non plus. Moi, qui regarde impassible le désespoir d'une jeune femme qui va jusqu'à proposer au premier inconnu qui passe de bien vouloir l'aider, impossible encore. A présent, il faut estimer ce que je me sens capable de faire ou non. Ce n'est pas tout de savoir ce qu'on ne veut pas, il faut aussi savoir ce que l'on veut et ce qu'on se sent même de réaliser. Je ne me sens strictement aucune obligation vis-à-vis de la jeune sorcière mais sa détresse m'a interpelé la première et je ne peux pas fermer les yeux dessus sous prétexte que c'est une histoire de fou comme elle dit.

■ Très bien... j'avoue que vous venez de me surprendre au-delà tout ce que j'ai pu voir sur le Chemin de Traverse tout à l'heure... je ne sais pas bien comment je dois le prendre. En premier lieu, je tiens à ce que vous sachiez que je ne serai jamais Soumis de cette femme et que je suis désolé d'être un mauvais sujet pour votre mission. En second lieu, je compatis complètement à votre cause, je vous remercie de vous montrer si honnête avec moi et j'aimerais beaucoup vous aider... je vous proposerais bien de vous attarder sur le cas de mon voisin du dessus qui fait un tapage pas possible tous les soirs... sa disparition me ferait un immense plaisir... mais ça n'est pas dans mon éthique. Alors que fait-on ? Croyez-vous que, dans votre désespoir, vous allez me soumettre de force par magie ? C'est ce que vous entendez par “tous les moyens„ ?

Cette dernière solution est envisageable. Je ne dois pas ignorer que je serai vulnérable si elle utilisait la magie contre moi. J'ai un pincement au cœur à l'idée de concevoir que les sorciers, en dehors d'Antarès, ne sont pas aussi bons et pacifiques que je l'ai toujours cru.

Je bois enfin une gorgée de mon verre. Je recrache le tout avant que la première gorgée ait atteint ma glotte. Qu'est-ce que c'est que ce mélange immonde ? Je me rappelle alors que le jus de citrouille ne se marie pas avec le Coca. Sorciers, non sorciers... nous n'avons pas les mêmes goûts, ni les mêmes priorités.

Je passe le revers de ma main sur ma bouche en grimaçant d'un air comique. Je m'excuse auprès de Jezabel comme je me suis excusé de ne pas pouvoir répondre à ses attentes - les anglais s'excusent toujours et je suis fier d'être un anglais si poli - en reposant et repoussant mon verre définitivement. Il me reste une interrogation:

■ Qu'en pense votre mari ? N'est-ce pas plutôt à lui de vous aider dans une telle situation ?
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MessageSujet: Re: Mensonges & Trahison   Sam 22 Mai - 8:34

Jezabel n’avait pas d’alliance, elle imagina que si le moldu utilisait ce mot tombé du slip de Merlin c’était qu’il l’avait peut-être reconnue et associé à Elliot. Elle ne tiqua pas pour autant, elle avait baissé les yeux depuis longtemps parce que ce moldu qui portait le nom le plus joli qu’elle avait jamais entendu (le plus joli après « elliot » et après « jezabel » bien entendu), la mettait face à la cruauté de sa proposition. Il restait si poli et si courtois que ça la désarçonnait encore plus. Il parlait bien, il paraissait éduqué.

C’était vraiment immonde de sa part d’oser menacer un si gentil moldu sous prétexte qu’elle était sorcière. Comme il le disait si bien, elle pourrait complètement se servir de sa baguette et lui jeter un sortilège impardonnable pour l’amener à faire ce qu’elle voulait. Elle n’avait même pas à lui poser la question, si elle voulait. Elle pouvait le soumettre sens égard pour ce qu’il était, si elle voulait... mais elle le voulait pas vraiment tout ça. Sinon, elle n’aurait pas pris le risque de tout balancer. Elle ne savait pas comment s’y prendre... et Ulysse, il restait là, assis devant elle, à recracher son jus de Colacitrouille, sans montrer de signe de faiblesse.

Jezabel passa sa main sur son ventre et s’avança sur sa chaise pour lui parler discrètement :

- Elliot, dit-elle, ne sait pas que je suis Opposante. Tout à commencé parce que je voulais lui donner un fils qui soit un sorcier. Je ne regrette pas le sacrifice mais maintenant, je ne sais pas ce que je dois faire. On peut pas tout avoir. Je l’apprend à mes dépends. Je peux pas être une sorcière sympa et une maman heureuse. J’ai plus envie d’être une maman qu’une sorcière sympa et je n’accepterai jamais quon me retire cet enfant.

Elle se redressa et gigota la tête pour faire tomber ses lunettes sur son nez et cacher ses yeux. Elle avait aucune envie qu’il lise dans ses yeux combien elle se sentait gênée et honteuse. Mais elle n’avait pas dit son dernier mot. Il était possible, il devait être possible, de trouver une solution qui laisse à Ulysse une porte de sortie et à elle, l’assurance de garder son bébé.

Il restait Louange Deb. Comment utiliser Louange Deb?

Elle vit l’Opposant qui lui avait donné la mission et qui devait veiller à son bon accomplissement entrer dans le bar. Le cœur de Jezabel s’emballa d’un coup. Elle s’affola. Elle posa sa main sur celle d’Ulysse et sourit jaune :

- Nous sommes surveillés, lâcha t’elle. Je suis désolée de vous avoir entraîné dans une histoire pareille.

Elle se sentait coincé. Elle blêmissait quand elle vit le type encapuchonné commander un verre au bar, de l’autre côté de la salle. Une vahiné vint lui apporter une commande assez rapidement.

La gorge de Jezabel se serra. Elle avait la pression. Il restait deux heures pour apporter un Soumis à l'Opposition.

Je peux pas faire ça... je suis pas un monstre...

Elle releva ses lunettes sur sa tête et pressa la main d’Ulysse avec un regard triste. Une larme était en train de poindre. Elle lui jeta un regard profond (Jay elle pouvait se montrer sensible et profonde des fois... les hormones détraqués de la maternité aidaient beaucoup)

- Ulysse, dit-elle tout bas, on va me demander des comptes... j’ai une idée et c’est la pire qui m’est venu depuis que j’ai accepté d’entrer dans l’Opposition... mais il faut me faire confiance... sinon le type là bas, au bar, il fera ni une ni deux avec ma tête et la vôtre...
- Je ne peux pas vous faire confiance, Jezabel.
- Je m’en rends bien compte... mais écoutez moi. J’ai une amie, elle s’appelle Louange Deb. C’est une tatoueuse qui travaille sur le chemin de traverse. Elle réalise des tatouages magiques. Je... elle sera la Soumise dont j’ai besoin pour remplir ma mission... quant à vous, je prétendrais que vous deviendrez mon soumis. Si j’apporte un soumis à la chef dont je vous ai parlé, je montrai en grade et on me laissera tranquille. Si je prétends avoir un soumis et que c’est la raison pour laquelle je vous ai approché, on vous laissera tranquille et leur indic ne trouvera pas louche que je vous ai abordé comme ça... il s’attend à ce que ça soit vous la cible de ma mission... je lui ferai croire qu’il s’est trompé. Et je leur apporterai Louange Deb. C’est tout ce que je peux vous proposer en échange... Ulysse, sincèrement, je n’ai pas envie de me servir de magie pour vous obliger à vous plier à mon chantage. C’est la solution qui me parait la plus juste pour nous... faut pas sourire quand je dis « la plus juste »... je peux plus vous laisser partir comme ça. Alors que choisissez-vous? La force ou la manière douce?
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Ulysse Denali
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MessageSujet: Re: Mensonges & Trahison   Sam 29 Mai - 16:22

J’avais une palette de choix assez restreinte : la force ou la manière douce mais, quoi qu’il en soit, dans cette histoire, je finissais Soumis.

Il y a des matins on ferait mieux de rester coucher.

Je me mets à regarder l’homme dont elle me parle dans le reflet d’une glace derrière Jezabel pour évaluer si, aux poings, j’ai mes chances. Il est d’une allure assez commune et je n’aurais jamais pu dire qu’il était un sorcier. Il a des allures de rôdeurs mais de nos jours le style gothique fait toujours rage. Il doit avoir dans la trentaine et, le plus important, il est gringalet. Il est gringalet mais il a quelque part dans ses manches une baguette. C’est pas juste.

Je reviens à Jezabel. J’ai du mal à croire que cette Louange Deb puisse lui être bonne amie. A quelle sorte d’amie propose-t-on impunément de devenir Soumise ? Elle a l’air si certain que son amie acceptera, comme si c’était couru d’avance, que cette solution me laisse encore plus perplexe que tout le reste. A présent je n’ai plus le goût à poser des questions. J’ai le goût à... à payer et à me casser.

■ Debout. On s’en va.

La bagarre, ça sera pour une fois. Je jette quelques pounds sur la table pour régler les consommations et je tends ma main à Jezabel. L’immoralité de ce marché possède au moins un point positif : elle me laisse un préavis avant de m’engager comme Soumis. Je compte bien me servir de ce délai pour me tirer de là, quitte à enfermer la femme du chanteur le plus populaire de ces trois dernières années dans le casier d’une consigne de la gare. Et la gare, c’est justement l’endroit où je compte l’amener.

J’empoigne la main de la sorcière et je salue l’air de rien la vahiné qui nous a servi avant de sortir. Tout en marchant, j’explique mes plans à Jezabel. J’ai bien entendu ses échéances et ses impératifs. Maintenant, faisons avec et avançons :

■ Nous allons à King’s Cross. Un petit voyage improvisé. Voir du pays, ça vous fera le plus grand bien car vous déraisonnez mademoiselle Jackersson. Tenez...

D’une main je lui tends mon téléphone portable, de l’autre je hèle un taxi qui passe. Le taxi s’arrête, je pousse Jezabel dedans sans trop lui demander son avis. C’est enlèvement :

■ King’s Cross, s’il vous plaît, dis-je au taxi.

Puis à la sorcière :

■ C’est un téléphone qui a été conçu pour une utilisation on ne peut plus moldue mais qui a la particularité de pouvoir envoyer des texto vers le centre général des hiboux. Le texto y est transcrit à l’écrit et le message est envoyé à n’importe quelle adresse... Vous allez contacter votre amie et lui donner rendez-vous à King’s Cross. Je veux la voir avant d’accepter votre marché.

Je me retourne pour voir si nous ne sommes pas suivis... je ne sais pas à quoi me sert cette vérification, je doute fort que le sorcier qui la surveille ait grimpé dans sa voiture pour suivre nos traces. C’est plus fort que moi : je ne peux pas m’empêcher d’être un moldu.

A King’s Cross, je prendrai un billet aller-retour pour n’importe où. Comme dans ce taxi, tant que nous sommes en mouvement, il est plus difficile de nous suivre ou de nous espionner. A l’abri dans une cabine, nous serons tranquilles pour discuter. Si j’ai accepté sa proposition, à notre retour, je serai son Soumis. Si j’ai refusé et qu’elle doit me soumettre par la force, Dieu merci, une gare est un endroit fréquenté et j’aurais des témoins près à me défendre. L’orgueil ? Très peu pour moi. Je ne suis pas orgueilleux au point que ça me porte préjudice. S’il le faut je n’hésiterai pas à crier “ au secours „ à gorge déployée si je sens que le road trip tourne en eau de boudin...

■ Contactez votre amie...
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MessageSujet: Re: Mensonges & Trahison   Sam 5 Juin - 15:00

La situation commençait à filer entre les doigts manucurés de la petite blonde. Elle perdait le contrôle et le moldu avait pris les choses en main. En moins de temps qu’il faut pour dire « fou », elle était dans un taxi en partance pour la gare de King’s Cross avec un drôle d’objet moldu sous le nez. Elle connaissait l’objet mais n’en avait jamais utilisé. Un peu poussée par Ulysse que la détermination rendait très flippant, Jay composa le numéro que le moldu lui donna pour joindre le centre de traitement et de transformation des MMS en hiboux. Elle avait l’air de tenir un glace, elle regardait l’objet avec fascination, oubliant quelques instants la menace qui planait autour d’eux.

♥ C’est joli comme objet! Ca brille! Oh, je me vois dedans! Bouse j’ai les yeux gonflés a force d’avoir pleuré... ♥

Elle commença à se remaquillé en se regardant dans le reflet du téléphone cellulaire mais Ulysse avait l’air comme impatient (ou peut-être que c’était de l’exaspération), alors elle suivi ses instructions pour "taper" son message.

- Je vais pas taper un message, il m’a rien fait le message !

Il paraitrait que c’était une manière de parler. Jay pensait sincèrement qu’à tout moment un opérateur allait sortir de l’appareil et qu’il faudrait qu’elle le frappe à coup de téléphone pour envoyer son message. Elle était heureuse d’apprendre que ça ne fonctionnait pas de façon aussi barbare.

♥ Après tout, les objets moldus ne sont pas tous si diaboliques ♥

Elle tapa lettre après lettres un message pour Louange Deb:

Lou. Meet at K’s Cross. Now. Big trouble. Need you. JJ

- C’est sûr que le Aimé Messe va trouver le chemin d’un hibou express?

Pour être sérieux deux minutes, Jezabel comprenait très bien pourquoi Ulysse voulait rencontrer Louange. C’était humain. Il devait se dire qu’elle était aussi diabolique qu’un texto pour envoyer une amie come ça dans les bras de l’Opposition. Si seulement il savait que c’était elle-même qu’elle allait détruire en s’envoyant à sa place aux services de Cymbal. Elle ne pouvait pas lui révéler et de toute façon il n’avait pas l’air parti pour lui faire encore confiance. Elle laisserait son double expliquer les choses à sa place sans trahir leurs couvertures respectives. Ca allait être la première fois depuis que Louange existait que Jezabel et son double allaient être confrontés l’une à l’autre devant un tiers.

Ils arrivèrent à la gare très vite. Ils ‘avaient plus parlé. Jay en avait profité pour se remaquiller dans le portable. Elle avait demandé à Ulysse si elle pourrait en avoir un quand il serait officiellement son Soumis... il pourrait lui donner le sien. Sa blague fit un bide.

Pendant qu’ils ne parlait plus, elle le regarda en coin pour imaginer ce que ça serait d’avoir un Soumis. Elle faisait ça pour le protéger, pas pour l’asservir! Pour que l’homme qui les espionne n’en profite jamais pour utiliser Ulysse comme elle-même avait tenté de le faire. C’était un type bien. Comment avait-elle pu envisager de lui faire subir une telle chose?

Mais quand il sera son Soumis, elle aimerait bien que ca soit lui change les couches du bébé... et qu’il lui donne son portable.

♥ A quoi tu penses, Jezabel! ♥

Non, non. D’accord, elle sera une gentille maîtresse. Elle lui fichera la paix.

Ils descendirent du taxi qu’elle embobina pour qu’ils n’aient pas à payer (HJ: sur une idée de gruge par Salomé Décameron! ^^)
Ils avaient mis environ une vingtaine de minutes à arriver à la gare. La première chose que Jezabel fit en posant le pied sur le pavé fut de surveiller aux alentours que le Dschubba ne les suivait plus. Elle ne le vit pas derrière eux... il était devant. Adossé un panneau de renseignements. Jezabel lui fit un signe assuré de manière à lui faire comprendre que tout était sous contrôle, faisant semblant de se cacher de l’attention du moldu qui l’aura sans doute remarqué lui aussi.

Ils entrèrent dans la gare en passant à côté du Dschubba qui transplana on ne sait où mais Jay savait qu’il était là, quelque part dans cette foule, à voir comment évoluait la situation.

♥ Pourvu que Lou arrive vite... c’est pas une mauvaise idée d’aller dans un train. Dans un compartiment, il ne pourra plus nous surveiller. Il va trouver ça louche mais je suis une fille louche donc je serai raccord! ♥

Ils attendirent, assis sur un banc qui donnait face à l’entrée principale de la gare. La gare était bondée. Soudain, la silhouette gracieuse de Louange apparut. Son masque noir sur le visage, elle avança parmi la foule, droit sur eux. Elle portait un jean et un débardeur blanc qui laissait voir son immense tatouage déborder sur ses épaules et ses bras. Elle n’avait pas besoin de chercher partout, elle « sentait » Jezabel. Si proche, elle voyait ce que Jay voyait, ressentait ce qu’elle ressentait et entendait ce qu’elle entendait. Ce à quoi Jezabel ne s’attendait pas en voyant Lou arriver, fut de constater que son ventre s’était lui aussi arrondie.

- Par... par Merlin! Lou... Tu es enceinte... fut-elle surprise.

Lou hocha la tête.

- J’ai pensé que tu le devinerais... dit-elle d’une voix grave. Quel est le problème... ? Ca doit être grave si tu me fais venir, si... si on se rencontre...

Jezabel se tourna vers Ulysse et recula d’un pas pour le présenter à Louange:

- Lou, voici Ulysse, Ulysse, je te présente Louange Deb. Elle est tatoueuse pour sorciers sur le Chemin de Traverse. Lou et moi sommes des amies de longue date et nous nous devons tout l’une à l’autre.

Jezabel plongea ses yeux dans l’iris bleu de Louange.

- On doit parler mais pas ici...
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MessageSujet: Re: Mensonges & Trahison   Ven 25 Juin - 12:20

A l’entrée de la gare j’aperçus l’homme qui nous suivait depuis le bar. A mon côté, je sentis Jezabel lui faire un signe mais prétendis être préoccupé par autre chose, comme la direction que nous devions prendre, pour ne pas dégager de suspicion. La situation était déjà en elle-même très soupçonneuse et je m’étonnai que l’homme ne nous ait pas déjà réduits en pot de chambre. Je ressentais un mélange de hâte, de crainte et une incompréhensible sensation d’excitation. Tous les garçons ont déjà rêvé d’être un agent secret. J’avais l’impression de le vivre grandeur nature. Ma hâte, elle, ne s’exprimait que pour la nécessité de rencontrer l’amie de Jezabel. Il fallait que j’en aie le cœur net. Je n’avais plus confiance en la sorcière, il était difficile de croire qu’une amitié soit tissée de suffisamment d’abnégation et d’empathie pour accepter de dépanner une amie d’une manière aussi insolite.

Sincèrement, je m’attendais à ne rencontrer aucune Louange Deb et je pensais que Jezabel trouverait une excuse invraisemblable pour expliquer le lapin que sa soi-disant amie nous aurait posé. Au quel cas, j’avais déjà prévu d’enfermer Jezabel dans un wagon, de la détrousser de sa baguette, au péril de ma vie d’agent secret amateur, et d’appeler les autorités pour procéder à son arrestation aussitôt que le train serait arrivé à son premier arrêt. J’étais en état d’improvisation totale et je ne parvenais à imaginer que des solutions farfelues qui soient à la hauteur des périples farfelus dans lesquels Jezbael me précipitait.

J’étais fâché contre elle. Je n’avais envie ni de la regarder, ni de lui parler. Elle essayait de détendre l’atmosphère par des blagues balancées gauchement mais je me voyais mal rire en de telles circonstances. J’étais sur le pied de guerre. Autour de moi, je quadrillais l’espace pour trouver des échappatoires ou des éléments susceptibles de m’aider à m’en sortir. Une porte de service par laquelle des contrôleurs allaient et venaient. Devais-je courir vers cette issue et me cacher jusqu’à ce que Jezabel quitte la gare ? Un groupe de touristes qui se réunissait devant le quai 22 en partance de York... j’aurais pu me fondre à cette foule, semer Jezabel et embarquer pour York. Un agent de police. Glisser mon portefeuille dans le sac à main de la sorcière et aller la dénoncer pour qu’elle se fasse arrêter ? J’envisageais tout... mais certainement pas l’arrivée de Louange Deb.

Elle était face à nous, le ventre aussi rond que celui de Jezabel et un tatouage. Je n’aimais pas les tatouages. Je trouvais ça vulgaire quand ils étaient si imposants. Surtout sur le corps des femmes.

Bon sang ! Deux femmes enceintes...

Tout acte de violence ou situation les mettant dans un stress extrême était à proscrire. J’avais quand même de la sensibilité.

Jezabel explique qu’elle et Lou se doivent tout. Je me demande si quand Lou saura à quel point Jezabel lui sera redevable après ça, leur amitié tiendra toujours. Mais ce n’est pas mon problème. Comme elles sont là toutes les deux, j’ouvre la marche vers une borne et achète trois billets de trains pour le prochain train qui partira. C’est justement le train pour York. Nous pressons le pas car une annonce invite tous les voyageurs à monter dans le train avant la fermeture des portes. Malheureusement, je n’ai pas réussi à obtenir trois billets dans un compartiment mais, puisque ma vie future est en jeu, quelques livres de plus ne seront pas de trop et je compte soudoyer des voyageurs pour louer leur compartiment et prétendre à un peu d’intimité pour la négociation de ma liberté.

Nous montons et les portes se ferment tout de suite après. Dans le sas, je regarde par la fenêtre le quai qui défile... l’homme de l’Opposition est assis sur un banc. Soudain, il disparait. Je suis prêt à parier qu’il s’est télétransporté quelque part dans e train. Accompagné des deux femmes enceintes, nous remontons deux wagons avant de trouver celui des compartiments. Finalement, les ventres ronds et la compassion d’une femme, de sa famille nombreuse et de son mari, auront fini par nous octroyer une cabine sans même avoir à mettre la main au portefeuille. Je remercie la dame à plusieurs reprise, passablement gêné par la situation, et nous échangeons nos trois billets contre trois des leur. Son petit dernier dormira sur ses genoux explique-t-elle prévenante. Avant de quitter la cabine, elle avise les deux sorcières et me demande de quel bébé je serai le père. Je rougis et m’apprête à répondre aucun quand Jezabel et Lou répondent en même temps Du mien.. Il y a une sorte de blanc durant lequel je laisse échapper un petit rire stupide. Le visage de la femme se rembrunit, outré, mais aucune de mes deux accompagnatrices n’essaye de rattraper la situation. Je me jette à l’eau en souriant jaune:

■ Elles blaguent...

Instantanément, le visage de la dame se radoucit mais elle ne semble pas me croire. Son mari sourit et l’entraîne dans le couloir. Avant de sortir complètement, je crois percevoir chez lui comme une moue désapprobatrice et compatissante, il a l’air de préférer croire la version où j’ai mis deux femmes enceintes et où nous formons un ménage à trois. Il compatit à l’emmerdement que ça va devenir dans le futur. Une femme enceinte, c’est déjà une période difficile mais deux !

Arg ! Vite qu’ils sortent !

Nous sommes enfin tous les trois assis. Dans le couloir la famille croise l’homme qui nous suit. En passant devant notre cabine, il jette un regard furtif pour voir ce que nous faisons mais il poursuit sa route, sans s’arrêter.

Je n’attends pas que nous soyons sortis de Londres pour expliquer en détail la situation à Louange. Je conclus en lui faisant part de ma colère. Je ne savais pas qu’elle était enceinte et il m’est désormais plus difficile de la laisser se sacrifier, quelle que soit la nature de sa relation avec Jezabel. Pourtant, je ne tiens pas à devenir le Soumis de n’importe quel Opposant et, si maintenant que nous sommes tous les trois rassemblés, l’une d’elles a une solution ou une idée pour que tout le monde s’en sorte sans un bleu et sans chaîne, je serais ravi de la connaître.

■ Louange, ni vous ni moi n'avons à nous plier à ça... surtout vu les circonstances... dis-je en désignant son ventre. Pourquoi Jezabel et vous seriez aussi liées qu'elle le prétend ?...

Toujours aussi fâché contre Jezabel, je parlait d'elle comme si elle n'était pas avec nous dans le compartiment. J'avais décidé de faire ma tête de con et de ne plus lui parler.
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Jezabel Jackersson
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MessageSujet: Re: Mensonges & Trahison   Ven 2 Juil - 8:37

- Parce que je suis le double de Jay, dit Louange de but en blanc.

Quand il y avait Louange avec elle dans le même périmètre Jezabel avait toujours l’impression bizarre qu’elle était seule mais qu’elle avait deux visions de la même situation, avec deux avis sur cette situation.

Ulysse était tellement fâché contre la petite anglaise qu’il la regardait même plus. Jezabel réagit avec maturité à cette attaque inoffensive mais blessante: elle le bouda aussi. Mais son autre elle, se fichait des guéguerres. Elle voulait tout savoir et elle voulait qu’Ulysse se sente en confiance et pas qu’il culpabilise.

La femme expliqua son lien et la raison de son existence au moldu. Louange avait un caractère plus posé que Jay. Elle aimait les activités artistiques ou mentales qui demandaient une grande concentration. Jezabel la seule chose sur laquelle elle savait se concentrer c’était sur la pose de vernis. La tattouist avait des opinions rationnelles, sages et pertinentes, Jezabel ne voyait souvent les choses que d’une manière brute et sans recul. Elle se laissait volontiers déborder par son émotivité (surtout avec les hormones qui faisaient des siennes depuis e deuxième mois). Mais pour tout le reste elles vivaient des vies parallèles et des sensations similaires. Si Jay se blessait, à l’autre bout de la ville, Louange était prise de douleurs, si Louange était ronchon, Jezabel devenait invivable (il faut dire qu’elle avait pas besoin de Lou pour devenir invivable)... enfin on a compris le principe.

Elles étaient liées grâce à un très vieux sortilèges que l’auror bereby Blueberry avait déniché au département des mystères quand elle était en 7ème année. C’était arrivé suite à une aventure qu’ils avaient eu dans la forêt Interdite un jour de Saint Valentin. A cause de Caled Sutham et les jumeaux McAlister, des élèves de Poufsouffle, une vague de romantisme exacerbée avait déferlé sur Poudlard.
Ah! C’était le bon vieux temps! Même si dans elle l’histoire elle avait littéralement failli être tuée par un Ubuk a frange. Les trois garçons avaient mis du filtre d’amour dans le petit déjeuner de tout le monde et chacun tombait amoureux de la première personne qu’on voyait ce jour-là. Jay et l’auror avaient eu la malchance de se voir durant ce fatidique moment.

Pour pas faciliter les choses, l’auror avait dans les 30 ans et il culpabilisait beaucoup de ce qu’il ressentait pour Jezabel. Pour se faire pardonner ses pensées licencieuses (plus tard jay avait compris que c’était surtout pour acheter son silence et qu’elle n’aille jamais fournir aux Gossip Girls du village Poudlard ce gros ragot à se mettre sous la dent au risque de briser son mariage), Blueberry lui avait promis d’exaucer ce qu’elle voudrait. A la même époque, Jezabel et Joséphine Campbell revenaient d’un voyage dans le temps au cours duquel, Jay avait été témoin de la chute et de la dépression d’Adel Iscarioth dans le futur. Ca avait beaucoup touché Jay et elle avait promis à Joséphine qu’elle ferait tout ce qu’elle pourrait qu’Adel survive à son futur. Donc quand l’auror Bereby demanda à Jezabel ce qu’elle voulait pour lui avoir sauvé la vie dans la forêt Interdite et pour garder le silence sur leur aventure, l’ancienne Gryffondor avait souhaité qu’il la duplique avec quelques années de plus. Ainsi été née Louange.

Louange avait la particularité d’avoir été intégrée a la mémoire collective des habitants. C’était comme si elle avait toujours existée. Comme Jezabel avait remarqué qu’Adel avait un don pour le dessin, l’art et la magie, elle avait fait de Lou une tatoueuse... et grâce à son métier, la souffrance d’Adel suite à sa rupture avec Joséphine, l’avait aidé à tenir. Il avait même eu une très brève aventure amoureuse avec Louange. C’était 1 ans et demi après la création de Louange et le double magique qui portait toujours un masque pour cacher sa ressemblance physique avec Jezabel avait révélé au Serpentard sa vraie identité. Leur aventure amoureuse avait pris fin à cet instant et Adel avait gardé le secret. A ce jour, il était le seul à savoir... et il avait jamais vraiment causé à Jezabel mais Louange était sa patronne et son point de repère et il lui disait qu’il la prenait pour une être à part entière. Ca ne l’intéressait pas de savoir qui était réellement Jezabel malgré tout ce qu’elle avait fait pour lui.

En écoutant Louange raconter toute leur histoire, jay fut prise d’un instant de nostalgie et elle voulut retourner dans le passé pour revoir Adel et s’excuser de l’avoir trompé.

Le train était maintenant très loin de Londres. Jezabel regarda Ulysse, elle n’avait plus envie de lui faire la tête. Elle voulait jouer carte sur table:

- Ulysse, dit Jezabel, Louange a été créée pour m’aider à réaliser mes souhaits et à résoudre les conflits... elle est moi à quelques années de plus, je suis elle à l’instant présent. C’est une illusion vivante et tu n’as pas à te sentir coupable que je lui demande ça... parce que c’est moi qui serait à sa place et j’aurais que ce que je mérite. En même temps, je ne me vois plus offrir une personne à un Opposant comme si c’était un cadeau souvenir.
- Elle a raison, Ulysse, termina Lou, ne vous inquiétez pas. L’Opposant qui se trouve dans le couloir s’attend à ce que vous soyez la cible de Jezabel mais avec mon apparition, il doit se poser des questions. Le mieux pour justifier cet amalgame est effectivement de faire croire que je suis le présent de Catherine Cymbal et que vous serez le Soumis de Jezabel. Elle pourra toujours vous libérer dans le futur... mais si vous tombez entre les mains de Cymbal, je crains que ça soit une autre paire de manches. Alors qu’en dites-vous?
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MessageSujet: Re: Mensonges & Trahison   Mar 6 Juil - 9:35

Avant que l’avenir de la planète ne sombre dans une sorte de polar Sci-Fi digne des meilleures productions américaines, la chose la plus grave qui pouvait m’arriver était de me coincer le doigt dans une porte. Alors, je pouvais suivre mon bonhomme de chemin, un pansement au doigt mais sans rancune pour la maudite porte. Aujourd’hui, le choix est cartésien car il relève d’une mécanique complexe dont je ne saisis pas toutes les ficelles. Ce n’est pas une petite claque sur les mains qui peut me faire sortir de mes gonds mais une grosse baffe en plein dans la vie. Tout peut changer et je ne sais pas comment appréhender ce changement. Plusieurs forces s’affrontent en moi, hésitantes et effervescentes, et mes réponses stagnent au bord de mes lèvres de peur de révéler les côtés les moins savoureux de ma personnalité.

Les regards des femmes enceintes me toisent avec anxiété. Elles attendent une réaction de ma part. On dira que c’est totalement stupide car je suis certainement le plus à plaindre si on regarde tout ça depuis l’extérieur mais je n’ai pas envie de les décevoir.

‘J’aurais dû être élevé par mon père...’

Ce n’est pas tant la recherche de l’estime de ces sorcières qui contamine mon jugement que la conservation de l’estime que je me porte à moi-même. Je ne veux pas être un lâche. Je ne veux pas fuir les problèmes et me réfugier devant mon poste de télévision, comme je le fis tant de fois adolescent, dès que le monde au-dehors me paraît trop farouche. Et en même temps, je me sens tout petit face à ces circonstances qui dépassent en conséquences et en gravité tout ce que j’avais pu vivre jusqu’ici. De plus, il serait stupide de ma part de refuser l’inconnu sous prétexte qu’il m’effraie. Il est incontestable que je ne voyais pas les enjeux de mon futur comme elles me le présentent mais que me réserve ce futur si effrayant ? Ne faut-il pas une bonne fois pour toute que je lui fasse confiance et que je me laisse porter ? Je me suis battu pour ouvrir mon musée et la finalisation de mon projet est tout ce qui compte pour moi à ce jour. J’ai désiré pendant longtemps entrer dans ce cercle si mystérieux de la sorcellerie et du fantastique. Faut-il que je claque la porte au nez du destin sous prétexte qu’il ne se présente pas à moi sous la forme que j’attendais ? Deux femmes enceintes et une histoire emberlificotée.

Au-delà des dilemmes qui ne concernent que moi, il y a aussi la présence de Louange Deb. Je n’aurais jamais pensé que les forces magiques puissent aller jusqu’à créer un nouvel être à part entière. Un être indépendant qui puisse à son tour engendrer la vie.

‘Elle n’est qu’une illusion sophistiquée...’

Mon regard se fixe à Louange. Très lentement, je me penche vers l’avant, les bras tendus et les mains vers son visage. En cours de route, je lui demande faiblement si je peux... je peux retirer votre masque ? Je veux la voir. Sa rétine grossit et devient presque toute sombre. Elle regarde Jezabel. Il me semble qu’elle a peur. Comme mon geste n’est pas agressif et lui semble être une condition sine qua non à l’obtention d’une réponse de ma part, elle se laisse faire mais je ressens son inconfort et son angoisse.
J’ai déshabillé beaucoup de femmes, et quelques hommes aussi, mais jamais je n’ai eu le sentiment que mes gestes étaient à ce point intimes et impudiques. Pourtant, il le faut. Je fais glisser doucement le masque le long de son visage. Elle baisse la tête vers l’avant. Des mèches noires viennent voiler son visage. Je les écarte avec la même lenteur et redresse délicatement son visage pour la contempler. Elle tarde quelques secondes à fixer ses pupilles devant elle, sur moi.

Elle pousse un léger soupir et s’abandonne à mon regard. J’ai du mal à la cataloguer comme une illusion, simplement une illusion. Cette illusion me parle, pense, dégage un parfum florale plutôt agréable, me regarde avec de l’espoir, elle a donc des attentes, elle décide et elle ressent le monde. C’est une personne. Pas un objet. Jezabel est aussi est une personne et si l'une et l'autre sont liées, elles partagent bien plus que l'humanité.

■ Jezabel, dis-je en lâchant le menton de Louange, j’accepte.

Il y a un instant de silence. Ma réponse ne sonne pas comme une bonne nouvelle car c’est un drame en soi. Mais je n’ai pas terminé de parler.

■ Je serai le Soumis de Catherine Cymbal. Louange Deb n’a pas à payer pour votre égoïsme. Dès que nous arriverons à la prochaine station, nous ferons demi-tour et nous retournerons à Londres. Jezabel, vous pouvez dès maintenant aller à la rencontre de l’homme qui nous suit et lui dire que vous avez réussi votre mission.

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MessageSujet: Re: Mensonges & Trahison   Jeu 8 Juil - 11:58

Les joues de notre petite Jay avaient flambé dès l'annonce de la nouvelle. C'était vraiment pas comme ça qu'elle voyait les choses. Cette histoire de bébé (et d'hormones) ca lui faisait faire beaucoup de choses complètement irréfléchies. Par habitude ou par nature, la blondinette n'avait jamais considéré que l'opinion d'autrui puisse peser dans ses jugements et dans ses actions mais maintenant les conséquences de ses calculs étaient si graves qu'elle ne pouvait pas les ignorer... pire que tout, elle ne pouvait pas retourner en arrière.

♥ Est-ce que c'était trop tard pour aller voler un retourneur de temps au Dpt des mystères? Se pinça t'elle les lèvres. ♥

Elle était trop forte Jezabel! Elle venait de foutre en l'air la vie de deux personnes en un seul coup. Quatre personnes si on ajoutait elle qui devrait se traîner un horrible sentiment de culpabilité et d'Oma auquel elle devrait cache une nouvelle fois ses combines. En surface, elle se disait que c'était pour le préserver mais dans le fond on savait tous que Jezabel avait terriblement peur qu'il la juge et qu'il pense qu'elle n'était pas bien pour lui.

♥ Il aurait raison de penser ça. ♥

La jeune anglaise ne répondit pas à Ulysse. Elle se leva et elle retira ses lunettes pour les poser sur la tablette entre eux et Lou puis elle s'en alla dans le couloir. Elle alla trouver l'Opposant.

Elle le trouva dans un couloir pas très loin. Dès qu'il aperçu Jezabel, il se jeta sur elle, puis il la poussa et la bloqua contre le mur d'un compartiment vide dans lequel il y avait des affaires de gens qui étaient au wagon rafraichissements. Furieux, avec sa baguette,il ferma le compartiment derrière eux et empoigna sauvagement Jezabel sous le cou pour immobiliser sa tête et la forcer à le regarder tout en lui criant dessus:

- A quoi tu joues? Tu veux que je te tue maintenant?

Instinctivement, Jay avait posé sa main sur son ventre pour le protéger. Son air était bloqué dans sa gorge par l'avant bras du type. Il lui parlait trop près, elle pouvait sentir qu'il venait de manger un chewing gum a la citrouille. Jezabel essaya de le repousser mais il appuyait plus fort alors elle arrêta de se débattre:

- Pauvre tache, lâche-moi! J'arrive pas à parler... lache moi si tu veux que je t'explique, j'ai réussi. J'ai trouvé quelqu'un pour devenir le cadeau de Cymbal, lâche-moi!! Bouse!!

Il la lâcha et la flanqua sur un siège. Elle haletait, prit le temps de reprendre son souffle et de l'aplomb et elle lui expliqua:

- Au début, je voulais le type mais il m'a plu... alors j'ai trouvé quelqu'un d'autre pour Catherine. La fille qui nous accompagne sera parfaite pour elle. J'avais oublié que Catherine était lesbienne. Mon amie, Lou, elle a envie de devenir Soumise depuis longtemps, je lui en donne l'occasion. Quant au type, il a cru mon baratin, je lui ai fait le coup de la mère célibataire éprise de romantisme et il a voulut m'emmener en weekend pour me prouver qu'il était capable de geste passionné et spontané.

Jezabel excellait dans le mensonge, l'improvisation et le calcul.
Ca pouvait toujours servir d'avoir du bagou.

- Pourquoi, vous autres Opposants, êtes vous toujours aussi impatient et suspicieux. Ce type est un taré... j'aime bien les tarés! Il veut faire un truc à trois, j'ai appelé ma copine et comme ça je faisais d'une pierre deux coup... je savais que nous tu suivrais de toute façon donc j'avais pas vraiment peur que tu perdes ma trace.

L'Opposant avait du mal à acheter tout ce que Jay lui disait et il eut besoin de preuve.

- Nous ne ferons rien tant que nous n'avons pas pris le train dans l'autre sens, fit elle avec un grand calme. Sur le retour, quand le train s'arrêtera à Rodney Station, débrouille-toi pour prendre la fille avec toi et descendre du train. Transplanez à Canterbury. Quand Catherine aura eu son cadeau, je veux passer de grade, qu'on me fiche la paix et qu'on m'accorde le Soumis que j'ai choisi. J'ai plus que montré de quoi j'étais capable, à trois mois de grossesse!

L'Opposant accorda le bénéfice du doute à Jezabel. Elle lui demanda de trouver un filtre de sommeil d'ici la correspondance. L'Opposant acquiesça sans demander pour quoi elle l'utiliserait. Il sortit du compartiment où il croisa les gens qui revenaient du wagon rafraichissements. Ils avaient l'air étonné. Jezabel s'excusa et sortit à son tour. Elle n'avait jamais été aussi mal de sa vie mais même si Ulysse pensait le contraire, elle ne pouvait pas le laisser entre les mains d'une Opposante comme Cymbal.


ELLIPSE

Quelques heures plus tard...

Jezabel et Uysse étaient assis face à face. Il dormait paisiblement. Jay le regardait dormir depuis un moment. Le train arriva à King's Cross. Elle le réveilla. Elle ne lui avait rien dit au sujet de Louange, il faudrait encore quelques mensonges pour qu'il ne se doute de rien. Avant qu'il ne demande où se trouvait Louange, Jezabel lui dit:

- Elle est descendu à Rodney, elle a transplané chez elle. Elle te remercie pour ta gentillesse et ta générosité. Grâce à toi, elle est libre.
- Je dors depuis tout ce temps?
- Tu t'es endormi un peu avant Rodney.


ELLIPSE

Quelques jours plus tard...

- Tu ne trouves pas que c'est étrange que depuis que je suis supposé être Soumis, Catherine Cymbal n'ait pas encore désiré me rencontrer ? questionna Ulysse.

Jezabel lui colla deux bustiers Blendel sous le nez pour lui demander de choisir celui qu'il préférait. Depuis leur rencontre, Jay l'avait introduite dans son monde et dans son quotidien sans lui révéler la vérité au sujet de ce qui s'était passé dans le train alors qu'elle l'avait drogué pour l'endormir le temps que l'Opposant enlève Louage Deb.

- Le rouge ou le rose? Fit-elle.
- Pourquoi tu changes de sujet ? se fâcha Ulysse.
- Je ne change pas de sujet mais dans la vie il y a un ordre de priorités à respecter et le choix de ma tenue de soirée en est une. Quant à Cymbal tu vas pas me dire que tu es pressée d'être à ses ordres? Pour le moment, elle est occupée et je suis responsable de toi. Crois-moi, ça vaut mieux comme ça!

Jezabel choisit le bustier rose bien qu'Ulysse ait désigné le rouge.


ELLIPSE

Deux mois plus tard...

Jezabel avait présenté Ulysse à Elliot et à son entourage. Elle se présentait comme son mécène et il était l'artiste en vogue qu'elle voulait voir monter. Elle cofinançait les nouvelles arrivées à son musée et simplifiait toutes les démarches administratives entre les institutions sorcières et moldues. Dès que le moldu posait des questions, elle avait pris l'habitude de détourner son attention en créant un nouvel évènement, un vernissage, une soirée, une discussion, une soudaine envie de faire les magasins. Ils étaient devenus inséparables et sans qu'il s'en rende compte, Ulysse était devenu le prisonnier volontaire de Jezabel.

Ces derniers temps, ses questions se faisaient de plus en plus fréquentes. Quand il demandait où était Louange Deb et s'il pouvait la voir, Jezabel répliquait que Lou essayait d'ouvrir une nouvelle boutique de tatouages en Australie. Quand il voulait savoir quand Catherine Cymbal viendrait le rencontrer, Jezabel résolvait l'affaire en lui expliquant que Catherine était fantasque et que pour le moment, avec toute l'histoire autour de la refonte de l'Opposition, elle n'avait pas le temps de s'occuper de son Soumis et qu'elle avait demandé à Jezabel de prendre le relais.

Au moment du marquage du moldu pour en faire un Soumis, elle avait menti en lui faisant croire qu'elle le marquait elle-même parce que Catherine n'avait pas le temps.

Ulysse était le Soumis de Jay à son insu et pour s'assurer qu'il ne devine jamais la vérité, elle le gardait près de lui. Ils s'entendaient plutôt bien au-delà de tous les mensonges.


ELLIPSE

Le 21 juin 2012, Jezabel était enceinte de 7 mois. Ulysse avait eu la gentillesse de l'accompagner à sa troisième échographie car depuis quelque temps Oma la délaissait complètement et il préférait passer des heures à travailler qu'à veiller sur elle. Ulysse prenait plutôt bien le relais et agissait comme un mari par intérim.

C'était le jour du message télévisé d'Antarès. Il y avait eu ne réunion entre Dschubba. Ulysse avait accompagné Jezabel à la réunion et il l'avait attendu dans la voiture. Sur le chemin du retour, Jay n'avait pas prononcé un seul mot. Elle était dans un état second, et elle pleurait comme jamais.

- Qu'est-ce qu'il se passe Jezabel ? demanda Ulysse, ça me fait de la peine de te voir comme ça. Qu'est-ce qu'ils t'ont dit ?
- Louange Deb... elle a été tuée.

FIN
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