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 Funambules

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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Funambules   Lun 25 Jan - 16:57

Spoiler:
 


Je suis habillé(e) : kilt blanc, sweat écarlate et veste officier courte blanche également.

Humeur du jour : dans l'expectative.

Pensée du jour : beaucoup trop de pensées pour n'en choisir qu'une seule.

Chanson du jour :



Image du jour : le ciel qui vire au noir. La neige n'allait sans doute pas tarder. L'excitation qui la précédait était presque palpable dans le fond de l'air.

Désir du jour : se réveiller et rire du rêve fou qu'elle fait depuis un an.

Lecture du jour : ...

Boisson du jour : jus de citrouille - menthe poivrée

Personne du jour : Allanah

Le meilleur moment de ma journée : l'état entre la veille et le sommeil, où l'on hésitait encore à se décider dans quel monde on va basculer.

Le pire moment de ma journée: l'entraînement de ce matin. Elle perdait sa concentration. Son poste de remplaçante chez les Harpies ne tenait qu'à un fil. Elle avait beau savoir que ses priorités avaient changé d'ordre, la pilule était difficile à avaler.

La date et l'heure qu'il est : mercredi 31 janvier 2012 - 14h18

Que vas-tu faire après ? transplaner.


Et Mélusine n'aimait toujours pas mieux ça, transplaner, quand bien même elle en avait désormais une pratique un peu trop fréquente à son goût. Encore cette histoire de priorité. Savoir où on allait, ce qu'on voulait et être capable de sacrifier quelques détails sur l'autel des espoirs.

Le petit clou d'oreille en bois avait chauffé son lobe pas plus tard que le matin même; De surprise, elle avait failli en lâcher sa batte et avait parfaitement réussi à rater le cognard qui s'était écrasée sur la partenaire qu'elle était supposée protéger. La boucle d'oreille, son unique bijou - hormis le rapeltout miniature qui ornait son cou de sa teinte toujours d'un écarlate magnifique - n'était pas une concession à la coquetterie mais un moyen innocent de toujours être à l'affût des appels d'Allanah. Si l'objet se mettait à répandre une douce chaleur, c'était que l'une ou l'autre avait besoin d'entrer en communication, consciemment ou non, que ce soit pour se transmettre des informations, prendre des nouvelles ou mettre en place un plan. Elles avaient convenus de ce moyen de "communication" pour éviter des "rencontres" trop régulières et donc interceptables par le premier observateur venu. Elles se retrouvaient donc au gré des nécessités.
C'est pour cette même raison que Mélusine fit un saut entre le stade d'entraînement et les abords de Pré-au-Lard. Les deux endroits abritaient tous deux un arbre-mère mais elle ne pouvait se risquer à utiliser toujours le même. Elle avait dû apprendre la prudence au cours de l'année écoulée, elle qui était toujours la première à foncer tête baissée dans les ennuis.

Pour l'heure, la silhouette de Poudlard se découpait dans le très lointain, pinçant légèrement son coeur d'un soupçon de nostalgie.


'Pas le temps pour ça.'

Elle savait.
Pas plus qu'elle n'aurait le temps de faire un saut au village, qui n'était pourtant qu'à deux ou trois miles de là.

La jeune femme repéra rapidement ce qu'elle cherchait, un vénérable feuillu au tronc tordu par les ans. L'habitude aidait. Elle s'approcha de l'arbre-mère à pas furtifs, le saluant mentalement. Elle le toucherait de la paume de la main et, où qu'elle soit (à Poudlard, sans doute), Allanah percevrait soudain le flot de ses pensées, de ses émotions et la moindre des informations qui affleuraient à la surface de son esprit. Là encore, il en avait fallu des heures de travail et d'entraînement pour arriver à contrôler le flux de ses divagations... pour ne pas ensevelir Allanah sous l'avalanche de cogitations inutiles. Pour garder secrètes des choses qui devaient le rester. Sa partenaire faisait de même, elle le savait. Tout comme elle était consciente du danger, à chaque fois, qu'il y avait pour elles à se "voir" et à partager des informations confidentielles.
Les priorités, toujours.

Allanah, de sa place au sein de l'Opposition, transmettait ce qu'elle pouvait pour entraver l'avancée continuelle d'Antarès. Une goutte d'eau, peut-être. C'était toujours mieux que rien pour étancher la soif.

Mélusine effectua un rapide tour d'horizon, tous ses sens en alerte. l'endroit était désert, comme toujours, mais on était jamais trop prudent. La prudence, encore, la fit effectuer une combinaison de sortilèges de protection. Toute intrusion dans son espace proche déclencherait l'alarme. Ca n'était pas tant que quinconque soit en mesure d'avoir accès au coeur de l'arbre-mère mais il était toujours préférable de ne pas se faire surprendre dans une posture qui suscitait les questions. Et, étrangement, une jeune femme immobile, collée contre un arbre, appelait les interrogations.

Enfin, la liste des conditions nécessaires était remplie.

Une inspiration. Elle tendit sa main droite en avant. Au tout début, elle ne sentit que l'écorce rugueuse de l'arbre, son odeur un peu âcre. Puis, c'est la conscience immense de cet être qu'était l'Arbre Mère qui envahit le moindre de ses pores. Mélusine ne bougea pas, ne frémit pas et attendit. Enfin, la sensation reflua juste assez pour lui laisser le libre accès à ses propres pensées.


‘Allanah?'


« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
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Allanah Raines
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MessageSujet: Re: Funambules   Dim 31 Jan - 15:09

Arrête de t'en faire et n'oublie pas de vivre, Mélusine.

Peut-être était-ce parce que son lien avec les Arbre-Mère était plus profond qu'Allanah arrivait à percevoir ce que ressentait Mélusine, tout au fond d'elle. Elle se servait des arbres magiques aussi bien que Lanah elle-même, mais aucun ne lui était liée véritablement. En fait, la cadette ne savait pas comment tout cela se faisait, pourquoi Mélusine arrivait à faire ce qu'elle même était capable de faire, mais sans les sacrifices qu'elle avait dû consentir pour en arriver là. Elle avait vendu sa mémoire pour ces arbres, alors que Zyn... Il avait suffit d'un petit voyage en transplanage pour en être au même point, quasiment.

Quand il lui arrivait d'y penser, Allanah ne pouvait pas s'empêcher d'en être... jalouse. Qu'avait-elle perdu pour rien ? Elle se sentait mal à l'aise à l'idée de s'être fait bernée quand elle aurait très bien pu être près de l'Arbre-Mère comme en ce moment, discuter avec Mélusine comme elle le faisait en cet instant, espionner l'Opposition comme elle le faisait depuis des mois... mais tout cela sans se sentir amputée d'une partie d'elle, une moitié de pomme qui pourrissait lentement mais surement dans un monde voué à tomber en ruine, bientôt.

Mais ce désavantage certain était contrebalancé par une communion plus profonde avec les Arbre-Mère. A ce jour, jamais Mélusine ne lui avait rapporté qu'elle entendait l'esprit des arbres jusqu'au plus profond de son être, ni que ce même esprit lui parlait, chanter à son oreille, dans sa tête, une mélopée inconnue et incompréhensible. Allanah ne savait certes pas tout ce que cela voulait dire, mais elle pensait -à tord ou à raison- que cela lui serait divulguer en temps et en heure, l'aidant à comprendre la raison pour laquelle elle se trouvait ainsi liée à l'histoire de toute une communauté supposément éteinte depuis des années.

Et tout cela lui donnait une meilleure maitrise que sa camarade lors des communications par arbre interposé. Heureusement, Mélusine avait appris à cacher la majorité des sentiments qui la taraudaient, mais pas assez pour qu'Allanah ne devine pas qu'elle n'était pas aussi heureuse qu'elle devrait normalement l'être.


Désolée de ne pas avoir pris contact avant, j'ai eu quelques soucis à Poudlard qui m'ont tenu éloigné du parc. Mais rien de grave.

Soucis d'ordre estudiantin, que Mélusine avait surement connu, elle aussi, quand elle était encore étudiante à Poudlard. Allanah, elle, commençait tout juste à les expérimenter. L'université, ce n'était pas la même chose que le collège et si elle avait eu quelques facilités pendant ses jeunes années, ce n'était plus trop le cas maintenant. La Botanique avait toujours ses faveurs et le plus d'attention de sa part, mais elle comprenait petit à petit que faire le minimum dans les autres matières qui ne l'intéressait pas, mais pourtant obligatoire, ne suffisait plus. Aussi devait-elle apprendre à fournir autant d'effort pour tout, ce qui posait parfois quelques problèmes qu'elle n'avait encore réglé.

Elle avait le temps maintenant, aussi avait-elle pris le temps pour cette sortie dans le parc, pour retrouver la chaleur de se sentir un peu plus complète, les mains et la joue posait contre le tronc massif de l'arbre, blottie contre ses racines. Il avait beaucoup grandit, en une année.


L'Opposition. Elle va mener une opération en Chine et profiter de sa faiblesse actuelle pour la faire basculer, dans les jours prochains. Je n'ai pas encore eu d'informations tangibles sur le lieux et la manière, mais je compte demander des précisions au Nain pour en savoir plus. Je te recontacterais d'ici là, mais il serait bon de garder un œil sur les activités de l'Opposition là-bas. Par mesure de précaution. Il ne faudrait pas se faire prendre de court.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Funambules   Mar 9 Fév - 16:41

Mélusine eut un sourire triste qui dut transcender la distance par le biais des Arbres-Mères. Ne pas oublier de vivre. Elle ne s'était jamais sentie autant vivante que depuis qu'elle avait rejoint la Résistance, du moins, dans les deux dernières années de sa vie où James n'était plus qu'un à-côté. Avoir un but lui avait rendu et un but, une raison de se lever le matin, et l'envie de progresser, d'aller plus loin. Lui avait rendu son goût pour le refus catégorique de la domination quelle qu'elle soit. C'était juste qu'au passage, cette même vie avait changé de goût. Tout y était trop court. Les journées n'avaient pas assez de vingt-quatre heures pour être convenablement remplies sans friser le trop-plein. Mélusine n'aimait pas s'investir à moitié. Le problème, c'était que de peur d'avoir à faire face au vide (ou à elle-même), elle cumulait ce qui aurait fait le quotidien de deux personnes différentes.

La sensation de trop plein se dilua comme par elle-même. La jeune femme avait oublié le formidable potentiel absorbant et calmant de ces arbres-là.


'Ne t'en fais pas, toi non plus.'

Même si elle avait le choix, elle ne choisirait pas une autre voie. Même avec cette question de priorité.
Enchaînons.


'Pas de trouble. J'étais pas mal occupée, aussi.'

Elle laissa flotter à la surface de sa conscience des images suffisamment floues pour rester impersonnelles et indéchiffrables. Ces derniers temps, elle avait pas mal oeuvré dans la protection des "innocents", tous ces gens qui n'avaient rien demandé à personne sinon de vivre en paix. Même si Mélusine avait du mal à concevoir qu'on puisse se contenter de regarder passer les jours et se multiplier les tragédies, elle se prêtait volontiers au jeu. Elle n'y était pas moins douée qu'une autre. Le grand problème était de ne pas s'attacher. garder l'objectivité et la distance nécessaire pour ne pas dévier de la voie qu'on s'était tracée. Il était parfois trop dangereux de laisser l'affect intercéder dans une mission.
C'était donc essentiellement des images de familles sorcières ou moldues qui défilèrent dans sa tête. Après, elle ne savait pas ce qu'ils étaient devenus. Ca la tuait de n'avoir pas pris le temps de les connaître, d'essayer de les comprendre, d'apprendre ce qui s'était passé pour eux par la suite. Mais ça n'était pas une priorité. Elle se disait toujours que, plus tard, elle le prendrait ce temps nécessaire. Pour découvrir ce endroits. Pour apprivoiser ces gens.

Des soucis? Allanah avait dit "rien de grave". Néanmoins.


'D'accord. Mais tu n'hésites pas si jamais... Ce que je veux dire, c'est que même si on se voit pour des raisons politiques ou je ne sais quoi... je veux pas qu'on se limite qu'à ça, okidou?'

Rester des êtres humains.
C'était de cela qu'elle avait le plus peur maintenant. Cesser d'agir en être humain, en elle et ne même pas s'en rendre compte. Se raccrocher à ces peurs, c'était encore la preuve qu'elle était suffisamment humaine.

Ensuite... L'échange était spontané et rapide. Une pensée répondait à une autre dans une succession plus efficace et plus rapide que la parole.
La Chine. Encore?


'Tu as une idée du lieu précis?'

C'était vaste la Chine.

'Est-ce que ça a un rapport avec le pacte sur les Soumis dont il compte faire profiter la Chine? Je sais, je sais, tu sais pas, je pense juste trop fort.'

Son esprit bouillait de questions. Elle ne s'était pas tenue au courant des tout derniers événements alors qu'elle était précédemment en mission. C'était un tort qu'elle comptait réparer mais qui l'handicapait dans sa conversation présente. Un visage s'imposait à son esprit, venu d'un passé pas si lointain. Le regard de Tsin, flottant au-dessus du chahut.C'était une des raisons pour lesquels elle refusait de s'attacher. les gens lui manquaient et l'inquiétude qu'elle avait pour eux la rendait moins efficace. A chaque fois qu'elle entendait parler de la Chine, elle revoyait Tsin et Paï. Avait envie d'y retourner. De les revoir. Elle remettait sans cesse à plus tard, comme tout, se persuadant que le lendemain serait plus beau que la veille. C'était ce qu'elle se disait chaque soir avant s'endormir, comme un mantra, comme une prière. "Que demain soit meilleur qu'aujourd'hui." A force de persévérance, on parvenait à tout. C'était à ça que servait l'espoir, à croire que les rêves pouvaient se matérialiser. Si on n'avait plus d'espoir, que devenaient ces mêmes rêves? Des chimères, impalpables et irréelles.

'C'est noté. je transmettrais.
Comment ça se passe pour toi? Ca va, tu tiens?'


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Allanah Raines
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MessageSujet: Re: Funambules   Dim 11 Avr - 22:07

Si Allanah put percevoir la tristesse que Mélusine envoyée avec le sourire, celle-ci dut facilement percevoir son haussement de sourcils. Elle n'insista pas, parce qu'elle n'était pas assez proche de Mélusine pour s'occuper de ce qui ne la regardait pas. Mais elle n'en pensait pas moins. Risquer sa vie, faire partie d'une Résistance... ce n'était pas cela vivre. Pas plus que ce n'était de faire passer sa mission avant son bien-être. Un jour, Mélusine arriverait à son point de rupture et à ce moment là, et c'était malheureux à penser, elle ne servirait plus à rien. Quand on tenait à quelque chose, il fallait se ménager pour aller le plus loin possible et non pas brûler la corde par les deux bouts. Et ce qu'elle faisait était trop important pour prendre le moindre risque, elle devrait s'en rendre compte.

Elle se mit à suivre, image par image, le défilement des événements de la vie de Mélusine en tant que Résistante, suivant en même temps les émotions qui se trouvaient étroitement liées à ces souvenirs. Les images indissociables des sentiments, quand l'on n'avait pas encore l'habitude. En fin de compte, peut-être avait-elle le rôle le plus simple dans ce qu'elles avaient entreprit de faire. Aucune implication émotionnelle, aucun risque de s'attacher à quelqu'un ou de vouloir s'attacher à quelqu'un. Et cela n'était pas simplement dû au fait qu'Allanah avait toujours eut du mal à se lier à d'autres personnes. Si, pour certains, leurs intentions étaient nobles, elle ne se voyait tout simplement pas accorder sa confiance à quelqu'un qui cautionnait les actions de l'Opposition. Souvent horrible, elle avait parfois du mal à se regarder en face, à se dire qu'elle faisait partie de cette masse d'inconscients qui suivaient, aveuglément ou non, les préceptes d'un anamorphosis que peu avait déjà vu.


Tu me demandes quelque chose de bien difficile, vu ce que nous faisons et les risques que nous courrons.

Elle le cachait même très mal, tentant d'enfermer dans une petite boite, dans un coin de sa tête, les dits risques qu'elles prenaient pour ne pas trop s'inquiéter. C'était tout nouveau pour Allanah de se faire du soucis pour quelqu'un qui n'était ni Eleanor, ni Sacha, ni Noah, ni Charlotte, ni Emmanuel, c'est à dire le peu de personne de son entourage qu'elle ne voudrait pas voir en danger. Mélusine était une nouveauté. Peut-être à cause, justement, de ce lien qu'elles avaient obligatoirement tissé quand elles avaient décidé, d'un commun accord, de jouer avec le feu.

Comme un écho à ses pensées, Mélusine affermit sans le vouloir ce sentiment étrange pour la cadette. Ne pas hésiter... Ce n'était, là aussi, pas quelque chose qu'elle savait faire et il revenait encore une fois cette nécessité de protéger ce qu'elles faisaient depuis deux ans déjà. Aujourd'hui, Allanah pensait qu'il n'y aurait qu'en cas de problème avec l'Opposition qu'elle se tournerait vers sa camarade d'infortune. Elle préféra ne pas répondre à cette partie de la discussion, camouflant son malaise avec une facilité venue de l'habitude.

Heureusement, elles en revinrent à des considérations plus terres à terres, la raison même de cette conversation par arbre interposé. Allanah prenait ainsi conscience des lacunes qu'elle possédait, du fait de son rang dans l'Opposition. Encore à moitié sous la coupe de son recruteur, elle ne connaissait pas tous les détails qu'il aurait fallu qu'elle transmette à Mélusine et, par son biais, à la Résistance.


Tout ce que je sais c'est que cela va se passer dans la province Sichuan, dans l'ouest du pays. Je ne suis pas mobilisée pour cette mission et je n'ai pas encore accès à toutes les informations que je voudrais, à cause de ma faible ancienneté. Mais...

Du parc de Poudlard, les mains posées à plat sur l'écorce de l'Arbre-Mère, Allanah haussa les épaules. La question de la batteuse recoupait avec ce qu'elle s'apprêtait, en partie, à dire.

Ça va. J'ai discuté avec mon recruteur il n'y a pas si longtemps. Je ne suis pas faite pour partir en mission, je ne suis pas assez douée en magie pour être d'une quelconque utilité. Et... enfin, je pensais changer de statut au sein de l'Opposition, pour me tourner vers l'organisation des missions, ce genre de chose. Ça me permettrait d'être moins inutile que maintenant. Une promotion en quelque sorte, comme dans un plan de carrière...

Et en cet instant, il n'y avait bien que Mélusine pour percevoir l'ironie derrière ses derniers mots. L'Opposition ne ressemblait en rien à un métier honorable et sa promotion à une ascension sociale dont on pouvait être fier. Cela voudrait juste dire qu'Allanah était restée assez longtemps une Opposante pour mériter la confiance de ses pairs. Vraiment pas de quoi être fière.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Funambules   Dim 18 Avr - 10:05

'Allanah...'

Allanah quoi?
Allanah rien.

Un pincement au coeur de l'ordre de l'imperceptible.
Une amertume au bout de la langue qui avait un arrière-goût de déjà-vu.
Un soupir intérieur qui n'était qu'un écho de ses propres certitudes. Et de leur cortège de doutes.

Quand tout serait fini, elles pourraient retrouver, enfin, la véritable saveur de la vie, quand elles devaient trop souvent, actuellement, se contenter de demi-teinte. Se satisfaire parfois de peu et se convaincre que cela suffisait pour continuer.

L'ironie acidulée de l'étudiante ne lui avait pas échappé et Mélusine grimaça mentalement, sitôt les informations importantes enregistrées dans ce coin de sa mémoire qu'elle avait appris à domestiquer. Cela ne rendait le reste que plus bancal et sauvage mais qu'importe. Il fallait parfois faire le choix de l'essentiel.
Ce crispement intérieur aussi, Allanah dut le percevoir.
C'était également cela l'étrangeté du jeu dans lequel elles s'étaient embarquées les yeux grands ouverts. Des milliers de questions flottaient en l'air, insaisissables et harcelantes. Elles oeuvraient pour un aboutissement aux couleurs de l'espoir et de la vie, en négligeant des envies qui seraient à jamais perdues, abandonnées, laissés en arrière. Quand cet aboutissement arriverait enfin, à quoi ressemblerait le monde? Qu'en resterait-il? Que subsisterait de ces vies sacrifiées ou tronquées au nom d'un idéal? Tous, dans une optique ou dans une autre, attendaient l'Issue -grand I majuscule -,priant tout bas, avec la foi des enfants et le désespoir désabusé des adultes, pour qu'advienne leur réalité? Mais une fois ce but atteint, ne serait-ce pas comme une vengeance enfin menée à son terme? Une ligne de mire qui s'achève brutalement et qui laisse les bras ballants d'une inutilité soudaine? A quoi ressemblerait-il, cet après, si tant qu'il vaille le coup d'être vécu? Si la Résistance l'emportait vraiment face à Antarès, comme elle se forçait à le croise de toute la forcé de ses neurones récalcitrantes, quelle tête aurait le monde, l'adrénaline et la soif de victoire retombées, quand les années perdues à se battre s'esquiveraient vraiment, furtivement, à pas de loups? est-ce que, seulement, cela...

Mélusine se secoua mentalement.
Ces divagations ne lui ressemblaient pas. Se laisser contaminer par des idées de passage ,e mènerait à rien de bon.

Tout avait une fin et celle-ci serait belle.
La jeune rousse eut un sourire immense tandis qu'elle projetait sur l'écran de ses paupières les images de ses rêves d'enfant.
Il n'était jamais trop tard pour l'espoir.

Ca n'était qu'une question de temps.
Perdre son temps à courir après le temps perdu. Faire deux choses en même temps pour tenter d'en gagner un peu. Et que devenait tout ce temps qui s'écoulait, inlassablement, sans repos, sans arrêt? Toutes ces minutes laissées en arrière que dont on avait pas profité assez pour la rendre inoubliable? Où était-il rangé, tout ce temps que l'on perdait, que l'on gagnait, qui s'offrait et s'enfuyait?


'Stop!'

Hum?

'C'est vraiment utile, ce genre de cogitation?'

Boaf. L'utile était encore et toujours une question de point de vue.

'Reformulons: est-ce que c'est vraiment utile maintenant? Tu auras largement du temps plus tard.'

Gnéhéhé.
Du temps. Plus tard.
Et si une météorite choisissait ce moment précis pour lui tomber sur le coin de la figure?


'Navrante.'

Fuck

'Et Allanah?'


Allanah.
Oui. Bien sûr.
Au départ, c'était à elle qu'elle pensait, pas vrai, Elle s'était juste égarée en chemin. Juste assez longtemps pour que son silence soit notable. Pas assez pour qu'il passe pour autre chose qu'un bref moment de réflexion.


'Veinarde. Etre promue si vite...'

Qui avait dit que dans les situations tendues, l'humour était la seule porte de secours.
Quiconque d'extérieur à la conversation, si tant est qu'il aurait été capable d'en percevoir ne serait-ce qu'une bribe, aurait pu prendre la réaction de Mélusine pour cruelle. Mais justement, il aurait été extérieur et n'aurait pas perçu la vague de reconnaissance que la jeune femme ressentit envers Allanah. D'elles deux, Zyn savait que c'était l'étudiante qui avait le rôle le plus difficile, le plus amer. Et elle ne trouvait rien à dire pour alléger un peu ce poids qu'elle avait sur les épaules. Les mots justes, ceux qui guérissent et soulagent, ça n'avait jamais été son domaine.

Son ton redevint plus sérieux.


'Ca va être dur. Mais tu vas pouvoir tellement nous aid...'

Un sixième sens ne lui avait pas exactement poussé au milieu de la nuit mais Mélusine crut percevoir quelque chose.
Elle cligna des yeux et les ouvrit grand sur le monde qui l'entourait. Rien. Peut-être un oiseau. Ou une branche qui craquait.

Nouveau picotement insidieux.
Cette fois, elle en était sûre, elle avait senti quelque chose.
Un doute. Soudain.


'Allanah? Tu n'es pas... seule?'

La jeune femme avait fait attention à ôter tout soupçon de sa voix. C'était quelque chose contre lequel elle ne pouvait rien. Même si c'était là la première idée qui lui était passée par la tête, qu'Allanah ait de la compagnie, en quelque sorte, elle se refusait à envisager autre chose qu'un hasard ou une situation à l'explication tout à fait rationnelle et plausible.
Elle n'accordait pas sa confiance si facilement, mais une fois qu'elle l'avait donnée, il en fallait beaucoup pour l'ébranler. D'aucuns auraient dit qu'elle était crédule. Naïve. A chacun ses failles.

Une nouvelle impression de tête-à-tête brisé.
Froncement de sourcils et sentiment de gêne.
Le mot "intrus" semblait clignoter dans sa tête.

Une voix se fit entendre, dans un dialecte qu'elle ne connaissait pas.
Pas de doute, cette voix venait bien de l'Arbre-Mère.
Mais...


'Tu as...?'

Entendu? Senti?
Elle n'osa pas prononcer le prénom d'Allanah, un vieux réflexe sorti d'on ne savait où.
La présence sembla s'intensifier, curieuse plus que menaçante, et se concentrer sur Mélusine.


'Pas sûre d'aimer ça.'

Certes.


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Allanah Raines
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MessageSujet: Re: Funambules   Dim 18 Avr - 16:01

Hum ?

Mais la réponse ne vint jamais. Mélusine s'était enfermée dans ses pensées venues avec le discours de la cadette et par politesse, Allanah détacha assez son esprit de celui de sa camarade pour lui laisser son intimité. Concept assez étrange dans un cas comme celui-ci vu qu'elles étaient reliées à travers la distance et que couper le lien qui les unissait voudrait dire la fin de toute communication, aussi bien que si chacune s'était éloignée de l'arbre qui leur servait de lien physique. Mais il lui apparaissait normal de ne pas se montrer trop intrusive quand cela ne la regardait pas. Allanah entendait, suivait, mais ne s'en formalisait pas et faisait comme si de rien n'était. Dans leur façon de garder un semblant de contact humain, il était obligatoire de mettre en place certaines règles de bonne conduite et de s'y tenir. Mais parfois, la jeune fille se disait que Mélusine n'était pas encore totalement habituée aux Arbre-Mères et l'entendre se parler à elle-même était parfois assez comique.

Quand Mélusine revint vers elle, Allanah raffermit le lien distendu, sans effort. Elle sourit de la phrase servant de retour à la réalité, haussant mentalement les épaules de la pique de l'autre fille.


Merci, je savais que tu en serais jalouse. Qui ne le serait pas ?

Et les doutes qu'elle s'était attendue à entendre au début vinrent enfin. Mais Mélusine avait aussi raison, elle pourrait bien plus aider que si elle restait éternellement envoyée en mission avec d'autres Opposants, devenant un danger pour eux et pour sa mission réelle au sein des partisans d'Antarès. Allanah avait malgré tout accepté ses risques, quels qu'ils soient et cette pensée se formait dans son esprit quand Mélusine s'arrêta en plein de milieu de sa phrase, transmettant son doute à la jeune fille, quelques kilomètres plus loin.

Allanah transmit son incompréhension à la batteuse et sans un mot, partit sonder la conscience de l'Arbre, cherchant une faille dans les protections que cette même conscience dressait autour d'elles dès lors qu'elles entreprenaient de discuter par ce biais. En partit construit par la jeune fille, le 'mur' les protégeait de toute attaque extérieure qui pourrait très certainement les rendre folle et les condamnée à l'asile jusqu'à la fin de leur vie. C'était en tout cas une hypothèse entre toute qu'émettait Allanah. L'esprit humain était fragile et la moindre attaque pouvait se révéler fatale et en discutant ainsi, leur esprit était vulnérable à l'extérieur. Autant prendre toutes les précautions nécessaires pour ne pas finir bavantes à Ste Mangoute et traitées comme des pestiférées.

La jeune fille fit le tour de la construction semblables à des remparts. L'apparition mentale était douée, très douée, mais pas assez pour mener à terme son intrusion sans qu'Allanah ne le remarque, ainsi que Mélusine, ce qui était autrement plus grave pour l'esprit indésirable. La Clover se détacha avec rapidité et précision de l'esprit de son compagne, ne répondant pas immédiatement à sa dernière question, concentrée sur sa tâche qui était de tisser autour de l'intrus une toile mentale pour l'empêcher de partir sans répondre auparavant à quelques questions. Éloignée mais sans être totalement détachée d'elle, Mélusine entendit les quelques mots tout autant qu'elle sentit que l'étranger se débattait.

Il y eut un moment de flottement pendant lequel Allanah manqua de laisser échapper l'inconnu, mais elle réussit à le maintenir sous son emprise, à l'intérieur même de la bulle dans laquelle Mélusine et elle n'aurait jamais dû être dérangées. L'esprit rebelle s'était calmé et la fatigue tomba comme une chape de plomb sur les épaules de la Clover. Elle se secoua l'esprit pour dissiper les brumes, elle ne tiendrait pas longtemps comme ça.


Je te relâche si tu ne cherches pas à t'enfuir.

Parlait-il (ou elle) anglais au moins ? Impossible de le savoir pour l'instant, la seule chose qu'elles avaient perçu était un charabia incompréhensible pour elles. Mais au delà d'un quelconque mot pour marquer ou non son accord à l'injonction de la jeune fille, Allanah sentit qu'il (ou elle) respecterait ses conditions. Avec une certitude absolue. Alors elle relâcha la pression et se tourna vers Mélusine et elle seule :

A toi l'honneur de commencer l'interrogatoire. Je...

... dois reprendre des forces, sans pouvoir le dire. Après une telle dépense d'énergie pour piéger cette menace, elle commençait presque à voir des étoiles.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Funambules   Mar 20 Avr - 18:36

A n'en pas douter, la relation de Mélusine avec les Arbres-Mères était moins profonde que celle d'Allanah. Elles n'avaient jamais vraiment abordé la question, par gêne, par méconnaissance ou par manque de temps, tout simplement. Aussi, la jeune Ecossaise ne perçut que très faiblement les efforts fournis par cette dernière pour les protéger, et ça n'était pas seulement dû à sa concentration vacillante. C'était un peu comme la différence entre tremper le bout d'un orteil dans l'océan et s'y jeter toute entière. Le ressenti divergeait forcément, tout comme l'implication et les conséquences. Mélusine savait juste qu'elle aurait été incapable de faire ce que l'ancienne Serdaigle entreprenait et que, sans doute, elle se serait retrouvée (se seraient retrouvées) dans de beaux draps si elles n'avaient dû compter que sur ses propres capacités. Elle sentit seulement une vague de puissance et de volonté qui n'était pas dirigée contre elle mais contre l'intrus. Car intrus il y avait bien.

En provenance de ce même intrus, une foultitude d'émotions. Colère, surprise et même un soupçon de peur.


'Tout à fait compréhensible.'

Gné?

'Réfléchis deux secondes...'

Tiens, la voix de la sagesse faisait son come-back...

'Si c'est un espion, il s'est frotté à plus fort que lui (comprendre: Allanah. Pas toi, ma chère). Si ça n'en est pas un, il s'est sans doute retrouvé parachuté dans une situation qui le dépasse.'

Traduction?'

'Vous êtes en position de force et lui de faiblesse.'

Ah.
Très bien. Ca lui allait comme ça.
Sauf que... qu'est-ce qu'il avait entendu? Deux mots de trop et c'était l'Amnésie obligatoire.
Sauf que (bis)... comment jeter un 'Oubliettes' par Arbres-Mères interposés?

Bon. Ca n'était peut-être pas de cela dont il fallait se préoccuper en premier.
Priant Merlin, Morgane et Agrippa que le fait qu'elle ait perçu l'effort fourni par Allanah et sa faiblesse consécutive soit dû à leurs rapports fréquents et à leur intimité durement acquise. Pas au seul biais des arbres. Sinon, l'intrus l'avait perçu aussi.


'Tu n'as qu'à être forte pour deux.'

Evidemment.
Bon. Les choses sérieuses, maintenant.


'Hem... Bonjour!'

' Rolling Eyes ...'

'Qui es-tu?'

Un long silence s'abattit, de ceux qui auraient laissé entendre les souffles si ils s'étaient tous les trois trouvés les uns en face des autres.
Mélusine pouvait presque sentir l'intrus se calmer. Un peu. Comme si, une fois la surprise passée, il retrouvait la maîtrise de lui-même.


'Tu devrais peut-être prendre des cours de self-control auprès de lui... Hum?'

Elle avait prouvé qu'elle était capable de se contrôler, non? Et pas plus tard que quelques mois plus tôt.

'Drôle de tournure.'

Passons.
A l'autre bout de l'arbre, des pensées résonnèrent, toujours dans cette langue étrangère aux accents exotiques.


'Tu parles anglais?'

Un battement de coeur. Un battement de sève.
L'attention s'était accrue de part et d'autre.
Une "voix", méfiante, s'éleva, mélodieuse et vaguement rauque. C'était bel et bien un intrus.


*Anglé? Oui.*

Vive l'internationalité de la langue de Shakespeare.

*Qui? U...où? Camment?*

Hum. Avec un vocabulaire aussi hésitant et limité, l'échange risquait de se révéler folklorique.

'C'est nous qu'on pose les questions.
...
Je veux dire. Nous posons les questions, tu réponds.'


Mélusine sentit véritablement l'approbation de l'intrus. Au ressenti et par la grâce du baragouinage, ils parviendraient peut-être à se comprendre.

'Qui es-tu?'

*Zarãn. Ye suis Zarãn.*

Que ce soit la volonté du dénommé Zarãn, des images se mirent à défiler. Des lieux, des ambiances, des silhouettes sur un marché aux couleurs flamboyantes. Il semblait moins apeuré, plus confiant. pas encore vraiment à son aise mais plutôt comme s'il avait attendu quelqu'un ou quelque chose et qu'il se retrouvait "face" à autre chose, de beaucoup plus anodin.

'Comment nous as-tu... trouvées?'

*Trouvé.*

'Comment fais-tu pour... nous entendre?'

*Ah...*

De nouvelles images défilèrent. Une forêt clairement exotique. Des arbres tordus. Un arbre, plus particulièrement. De toute évidence, il connaissait également les Arbres-Mères.
Il sembla opiner à cette pensée et ajouta, comme pour valider ceci.


*Oui. Mwendo-mti.*

Mwendo-mti. Certes.


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MessageSujet: Re: Funambules   Sam 1 Mai - 16:55

Aidée par l'arbre, la fatigue que ressentait Allanah se diluait peu à peu et son esprit auparavant embrumé reprenait de sa clarté à mesure. Mélusine avait pris les choses en mains, au grand soulagement de l'étudiante, qui n'avait plus le courage de formuler une pensée claire pour connaître les raisons de l'apparition soudaine de leur dénommé Zarãn. Et de toute façon, Mélusine s'en sortait très bien dans le rôle de l'interrogatrice qui braquait un lampe dans les yeux du coupable, pour lui faire peur et lui arracher des réponses, des gré ou de force. Mais Allanah sentait que même sans cela, il aurait répondu à leurs questions. Elle voyait mal un homme, à fortiori un Protecteur, à première vue, attaquer d'autres personne comme lui, à moins d'être comme celui qui avait assassiné la dernière Protectrice, dans les visions que Mélusine et elle avaient eu, il y a de long mois.

L'accent, les images qui défilèrent, tout cela excluait que Zarãn soit un européen, mais heureusement pour elles, il avait quelques notions d'anglais qui allaient faciliter la conversation. Tout n'était pas limpide (Mwendo-mti ?), mais dans les grandes lignes, les idées étaient là. Elle annonça vaguement son retour à la conversation et revint, mentalement, à la hauteur des deux jeunes gens. Elle rassura Mélusine sur son état et dirigea son attention vers le nouveau venu, elle aussi avait des questions.


Mwendo-mti ? demanda-t-elle en ajoutant à sa question l'image de son Arbre-Mère à Poudlard.

Zarãn acquiesça, renvoyant une nouvelle fois l'image de son arbre, en pleine forêt. Il élargit simplement la vision pour englober un homme -surement lui-même- la peau basanée, assis au pied du végétal, physiquement lié à lui, comme Allanah à Poudlard et Mélusine à Pré-au-Lard.

Elle n'était donc pas la seule Protectrice et une sourde excitation monta en la jeune fille. Depuis qu'elle avait vu la mort de la dernière Protectrice, il y avait de cela des années, Allanah avait craint que par un malheureux concours d'événement, elle soit devenue la seule héritière cette décennie de cet ethnie disparue. Soudain, elle se sentait moins seule, moins abandonnée. Il y avait Mélusine bien sûr, mais ce n'était pas la même chose, la batteuse n'avait qu'une affinité assez forte avec les Arbre-Mères, ce qui faisait penser à Allanah que n'importe qui, avec un peu d'entrainement, pouvait réussir à en faire de même. Mais elle n'était pas une Protectrice, elle ne pourrait jamais faire tout ce que la jeune fille réussissait à faire avec ces arbres magiques et séculaires. Zarãn, par ses actions, avait clairement prouvé qu'il était comme Allanah. Mais y avait-il d'autres ? Cette pensée torturait l'esprit de l'ancienne Serdaigle.


Êtes-vous... plusieurs ?

Et elle compléta sa question par une nouvelle image : une foule, pour représenter 'plusieurs' et des Arbre-Mères, pour représenter 'plusieurs Protecteurs'. Le transmission d'images lui paraissait l'idée la plus logique pour pallier à tout risque d'incompréhension ou de mauvaise compréhension. Elles sentirent alors une joie diffuse colorée le flux de pensées venant de Zarãn et elles purent voir un village. Elles virent tous les visages, l'homme s'attardant plus sur certains que sur d'autres et Allanah en déduit que ce devait être eux, les autres Protecteurs de sa question.

*Watu !*

Watu ? pensa-t-elle en soupirant. Mais à Poudlard, la gorge de l'étudiante se serra. Il allait lui faire regretter de l'avoir ainsi malmené. Allanah se sentait... difficile à expliquer. Et cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas su expliquer quelque chose, c'était étrange, elle n'en avait pas l'habitude.

Que voulez-vous, en réalité ? demanda-t-elle finalement, en renvoyant l'image de l'attaque de Zarãn contre le 'mur' dressé autour de Mélusine et elle, avant qu'il ne débarque.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Funambules   Mer 5 Mai - 7:14

Qui avait dit que les pensées étaient incapables de mentir?

'On s'en fout! C'est pas parce que quelqu'un l'a dit qu'on doit le croire.'

Certes.

'D'où l'importance de te forger ta propre opinion.'

Évidemment.
Quel plaisir à partager la même que les autres? Il fallait savoir être égoïste, de temps à autre.

Mais il y avait une telle sincérité teintée de naïveté qui se dégageait des images mentales que Zarãn leur transmettait. Et quelque part, c'était des vertus dans lesquelles Mélusine avait envie de croire encore un peu, qui faisaient écho à sa propre crédulité. Si, si, elle se soignait. S'accrocher à un fragment rescapé d'innocence ne faisait de mal à personne. Et puis, elle sentait l'enthousiasme d'Allanah comme s'il avait été palpable. C'était bien que ça devait être vrai. Qu'il n'y avait pas d'espion, pas de mauvaises intentions. Ou alors l'espoir était-il tellement fort, tellement ancré en profondeur qu'on était prêt à croire en n'importe quoi, en n'importe qui pour se prouver qu'on avait raison de rêver, de se promettre que le monde n'était pas si pire et que, sous les apparences, le bon et le bien n'étaient pas tant en infériorité numérique.

Mélusine opta donc pour la confiance... tout en affichant le contraire.
Ca, elle savait faire et mieux que bien.


' Humpf '

Rien vu. Rien entendu.
Elle serait donc officiellement la sceptique, pour laisser à Allanah le rôle de l'amicale.

De nouvelles images défilèrent, en réponse à la question de sa comparse.
Le climat émotionnel en provenance de Zarãn était quelque chose que Mélusine ne connaissait que trop bien. De la curiosité. Et quelque chose de plus insidieux. Le mot qui lui vint à l'esprit était "quête" mais c'était quelque chose de plus complexe et de moins défini. Amusez-vous donc à mettre des mots sur des images...
Une flopée d'images leur parvinrent, plus floues que les autres, comme si celle-ci étaient moins réelles ou issues d'une autre dimension. Mélusine questionna mentalement Allanah, histoire de voir si elle trouvait, mieux qu'elle, un sens à cette histoire qui commençait à être furieusement décousue. De ce qu'elle en percevait, Allanah et le dénommé Zarãn étaient un peu plus sur la même longueur d'onde, elle jouant les outsiders. Soit disant qu'on était plus à même de percevoir l'intégralité et l'essence des choses quand on avait un point de vue plus extérieur... Oui ben bof. Ca devait valoir pour les autres, mais pas pour elle.


'Voyons... Ca devrait t'être familier, pourtant...'

Humph?
Non. Elle était presque sûre de ne s'être jamais rendue là-bas, que ce soit en tourisme ou en mission.


'Pas familier dans ce sens-là... Je te parle des ambiances, des atmosphères... De l'endroit d'où proviennent ces images.'

Ca ressemblait juste aux images d'un rêve qui s'efface doucement au réveil. Alors, franchement, elle voyait pas.

'C'est ça. C'est exactement ça.'

Ca voulait dire que ce type, Zarãn, faisait des rêves prémonitoires et qu'il les avait croisé au détour d'un songe? Pas tout à fait sûre d'aimer ça.
Des visions oniriques?
Mélusine fit part de la conclusion de ses réflexions à Allanah, tandis que le jeune homme (du moins, il lui semblait jeune par la pensée mais si ça se trouvait, c'était un vieux machin d'au moins cinquante ans) continuait à les abreuver d'images avec un enthousiasme non feint.


"Tu veux dire que tu es venu nous "voir" parce que tu as rêvé de nous?"

Et que la curiosité était plus forte que la peur de l'inconnu ou que la crainte des barrières que sa camarade avait dressées?
En réponse, un nouveau flot de pensées les assaillit. Et Mélusine n'y comprit rien du tout. On y voyait des enfants, de la pluie, des animaux qu'elle n'avait jamais vus qu'en photos, des paysages exotiques.


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Allanah Raines
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MessageSujet: Re: Funambules   Lun 21 Juin - 7:41

Mélusine restait bien silencieuse, ce qui était en soi un indice indiscutable qu’elle ne comprenait pas tout ce qu’il se passait ou pire, qu’elle se sentait exclue de ce qui se passait. Peut-être Lanah était-elle la seule à percevoir tout l’intérêt de cette visite surprise de Zarãn, pour elle. Elle ne cherchait pas réellement à savoir comment il les avait trouvé, mais pourquoi, parce qu’elle savait qu’il ne leur voulait pas de mal et qu’il ne mentait pas. De toute façon, elle n’avait jamais entendu dire qu’un être humain pouvait communiquer par télépathie, à courte ou très longue distance. Et quand on avait accès à l’esprit en entier d’un être vivant, on est mieux à même de juger de son caractère et de sa sincérité, car aucun mensonge ne pouvait être caché dans une tête que l’on pouvait fouiller à chaque instant. Ils étaient chacun à découvert, rien n’était à l’abri de la connaissance d’un autre, s’il n’y avait eu la politesse élémentaire, l’éducation, qui leur avait appris à respecter l’intimité des autres.

Mais on ne pouvait dénier à Mélusine son talent à mettre à jour les détails auquel Allanah n’aurait jamais fait attention. Il ne lui serait jamais venu à l’idée de prendre garde à la texture des images que Zarãn continuait à leur envoyer. Ce n’était pas ce qu’elle cherchait et ne se focaliser donc pas là-dessus, au contraire de sa camarade. L’étudiante réfléchit un instant à cette hypothèse, sans l’exclure des possibilités. Elle-même n’avait jamais fait de rêve de ce genre, en dehors des visions, peut-être parce qu’elle ne savait pas où chercher (du moins son Arbre-Mère) et qu’elle avait toujours cru être la seule. Jamais elle n’avait pensé à faire des investigations aussi poussées, par manque de temps (l’Opposition était très gourmande en temps et en implication personnelle) et parce qu’elle n’aurait pas su où chercher. Zarãn devait bien avoir plus d’expérience en tant que Protecteur, supposa-t-elle finalement.


« Ce n’est pas impossible, » expliqua-t-elle à Mélusine. « Même si on ne reste pas toujours ‘physiquement’ attacher à l’Arbre-Mère, une partie de lui reste avec nous, comme une présence dans notre tête, à la lisière de notre esprit, qui s’impose et reflue plus ou moins comme on le souhaite. Mais l’esprit est plus vulnérable quand nous dormons et j’ai toujours eu moins de prise sur ce second esprit dans ma tête dans ces moments là. Alors, peut-être que certains plus que d’autres sont envoyés facilement en rêve vers d’autres esprits réceptifs. L’Arbre-Mère jouerait alors le même rôle qu’un phare. »

Explication qui lui était naturellement venue et qui lui paraissait la plus probable, tout en sachant que ses connaissances en la matière étaient très limitées. Et qu’elle pouvait donc se tromper.

Allanah accueillit le dernier flot d’images de Zarãn avec un intérêt non feint. Elle avait un peu peur de proposer à Mélusine ce qu’elle avait en tête de faire. C’était peut-être trop fou, pour peu de résultat. Peut-être n’apprendrait-elle rien d’intéressant pour justifier une telle chose. Et cela amènerait tout de même quelques problèmes de logistique dont le moins embêtant restait tout de même le moyen de transport et en tête de liste, un excuse pour expliquée une absence de moyenne durée.


« Mélusine, que fais-tu cet été ? »

La question avait été posée sur le ton même de l’innocence, de celle même qui n’avait aucune idée derrière la tête et qui n’avait surtout pas besoin d’un chaperon pour voyager jusqu’en Afrique, par les temps (dangereux) qui courraient. Absolument pas.

Spoiler:
 
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Funambules   Mar 27 Juil - 15:51

"La Résistance ferme boutique, comme chaque été. Il y aura même une super-tombola-de-la-mort-qui-tue pour fêter les congés annuels. Perso, j'espère gagner le voyage sur la lune. Je suis sûre que le Quidditch, là-bas, c'est trooooooooooooop génial.'

31 janvier 2012 - 04:07 p.m.: Mélusine Mouna Maëwen Myrzam McEwan se dit que cette pensée aurait mieux fait de rester muette, mais, qu'à défaut, elle peut passer pour une tentative d'humour.
31 janvier 2012 - 04:08 p.m.: M. McEwan reçoit le silence comme une énième preuve que son humour déplacé ne fait rire qu'elle. Tant pis. Allanah n'aura sans doute pas osé répliquer. Quant à Zarãn, il n'aura problement pas compris la moitié de mots qu'elle a employé. Autant pour la postérité.
31 janvier 2012 - 04:12 p.m. : Après quelques salutations d'usage et "on reste en contact" habituels, Zarãn-au-nom-inconnu, Allanah Raines et Mélusine McEwan s'en retournent chacun de leur côté s'occuper de leur vie.

Février à avril 2012 : R.A.S. Mélusine a eu quelques contacts "arboricoles-maternels", tantôt avec Allanah, tantôt avec Zarãn. Quelques vagues soupçons qui ne seront confirmés que plus tard.
Février à avril, c'est aussi d'autres missions, plus ou moins réussies, plus ou moins déprimantes. Deux cadavres, quelques vies sauvées, quelques duels et un nouveau sortilège à son répertoire. Même topo pour le mois de mai.

8 avril 2012 : Mélusine convainc sa jeune cousine, Morgane McEwan, de rjeoindre les rangs de la Résistance. Emreis, qui, en plus d'être rêveur et têtu (ça, c'est bien), est également anti-violent et anti-militariste (ça, c'est moins bien), préfère continuer sa petite vie tranquille tandis que tout le monde se fait trucider autour de lui. Pour vivre heureux, vivons idiot.
21 avril 2012 : L'Ecossaise entretient son jardin-mémorial. Palpitant.

3 mai 2012 : Soupçons confirmés. Infirmés. Enrichis. Bref. Un peu plus qu'une bête hallucination mais un peu moins qu'une preuve. Mélusine est persuadée d'avoir "senti" quelqu'un d'autre lors d'une "conversation" avec Zarãn. Elle se promet d'en parler avec Lanah dès que l'occasion se présentera. L'occasion ne se présentera pas.
30 mai 2012 : Sur un coup de tête mûrement réfléchi, Mélusine donne rendez-vous à Allanah. La rencontre est fixée derrière la Cabane Hurlante, à 15h32 très précises.
2 juin 2012 : Elle rencontrerait l'homme-poisson. Mais ça, elle ne le savait pas encore.

Fin de la petite fiche chronologique.



30 mai 2012 - 15h30, donc:
Elles ne s'étaient jamais revues depuis leur expédition en Islande, jamais en chair et en os. Ca aurait été inutile et stupide. Elles n'étaient pas exactement ce qu'on pourrait appeler des amies et les liens qu'elles avaient tissés demandaient de rester secret. Elles évitaient donc de s'afficher et communiquaient par arbres-mères interposés. Parfois, elles lui faisaient l'effet d'un vieux couple illégitime.
La sagesse et la prudence n'avaient jamais été son fort, et, pourtant... elle avait tenu bon. Mais comme pour toute chose dont on se prive à grands coups de volonté, le grand come-back et l'acceptation s'accopagnent d'une grande vague émotionnelle. La curiosité, l'envie, une sorte d'impatience très particulière, en même temps qu'un soupçon d'elle-ne-savait quoi, mais qui ressemblait à de l'appréhension. C'était toujours une sorte d'épreuve que d'affronter le regard de quelqu'un qui ne vous a pas vu depuis un certain laps de temps, parce que ce regard est aigu, direct, aussi curieux que le votre, et surtout parce qu'il va noter immédiatement ce qui fait de vous un être différent de la dernière fois.
Malgré tout, Mélusine affichait un large sourire. A côté de tout le reste, le petit saut en Afrique qui s'annonçait avait presque des airs de vacances.

Une fois Allanah arrivée, elles n'échangèrent pas un mot, à peine un bref regard et esquissèrent le geste convenu prouvant que c'était bien elle. Mélusine sortit une chaussette blanche de son sac tandis que l'Opposante dessinait une croix avec ses deux index.


'Ok. C'est parti!'

Tout avait été fixé à l'avance.
Mélusine n'avait pas de quoi se payer un transplanage d'escorte. Ni l'argent, ni l'envie, ni la fierté. Sans compter que moins elles laisseraient de traces officielles de leurs rencontres et de leurs déplacements, plus leur petite affaire gagnerait en espérance de vie. Allanah et elle aussi, par la même occasion.
Petit détail dont elle ne voulait pas trop se soucier et qu'elle refusait de partager avec l'étudiante: sur une aussi longue distance, la précision de l'arrivée était de l'ordre de l'à peu près. Mélusine se fiait:
1. aux images et impressions ressenties par le biais de l'Arbre-Mère;
2. aux indications de Zarãn, lors de leurs "rencontres" les fois suivantes;
3. aux infos récoltées via GMC et, notamment, une page "GiggleEarth", dotée d'un sortilège de navigation complexe.

Résultat?
Quand les deux jeunes femmes apparurent dans un tourbillon, elles ignoraient absolument où elles se trouvaient.


"Euh... oui, eh bien... accessoirement, on dirait qu'on est bien en Afrique."

Elle offrit à sa comparse son plus beau sourire innocent.

"Non, sans blague, je suis sûre qu'on est pas loin. Je reconnais... euh, ça, là-bas!"

Un arbre immense dont la cime semblait vouloir frôler le ciel. Elle était sûre de l'avoir vu dans une de ses "visions" de l'univers de Zarãn. Elles n'étaient donc pas si loin. L'inconvénient? Oh, rien dut tout! Une toute petite forêt sympathique à traverser, remplie de bébêtes hostiles et de plantes venimeuses.

'Ou bien tu as trop d'imagination.'

Ou bien, oui.

"Hem, c'est par là...! Tu veux que je passes devant?"

A ce moment-même, et bien qu'Allanah l'aurait haïe pour cette pensée, l'étudiante lui paraissait une petite chose fragile, prête à se laisser dévorer par la première bébête en mal de dîner.


Spoiler:
 


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Dernière édition par Mélusine McEwan le Sam 23 Oct - 18:05, édité 2 fois
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Allanah Raines
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MessageSujet: Re: Funambules   Sam 9 Oct - 18:18

Plus Mélusine s'enfonçait dans ses exclamations enjouées pour cacher qu'elles étaient peut-être perdues au milieu d'un nulle part qui n'était pas l'endroit où elles auraient normalement dû se rendre, plus Allanah secouait la tête, se retenant à grand peine de lever les yeux au ciel très bleu de l'Afrique. Mais finalement égale à elle-même, elle la laissait se perdre en paroles inutiles, d'abord parce que même si elles étaient effectivement perdues, l'Opposante n'allait pas lui taper sur les doigts et ensuite, parce que tant qu'elles ne l'auraient pas vérifié, aucune d'elles ne pourraient savoir si Mélusine avait totalement et irrémédiablement foiré le transplanage.

Quand enfin sa comparse fit part d'une question intelligente, la jeune fille refusa :


« Je passe devant. Si il y a un quelconque danger auquel faire face dans cette forêt, je suis certainement celle qui aura le plus de chance de trouver une solution. »

C’était après tout elle qui faisait des études poussées en botanique, pas Mélusine et pour une fois que ces études allaient servir à quelque chose, Allanah refusait que quelqu’un d’autre se mette en avant. Poudlard, Clover Spring, la magie… Tout cela avait enfin une utilité, elle ne voulait pas gâcher cette première simplement parce que Mélusine se sentait le devoir de la protéger ou elle ne savait encore quelle idée idiote de ce genre. Le Quidditch à Mélusine, les forêts pour elle.

Ainsi décidée, Allanah signala le top départ d’un dernier regard et pénétra dans l’épaisseur étouffante d’une forêt africaine. Pour cette excursion en milieu tropical, l’étudiante avait choisis les vêtements appropriés, heureusement. On ne partait pas en trek africain sans quelques précautions et préparations auparavant. De bonnes chaussures de marche, des vêtements pratiques, légers, confortables mais longs, et le plus important, une bonne lotion répulsive achetée dans un véritable supermarché moldu, tout aussi efficace qu’un sortilège. Elle ressemblait ainsi à une exploratrice, le gros sac de voyage sur le dos en moins. Ne manquait plus que la bouteille d’eau pour éviter de se déshydrater et quelques barres de céréales bourrées de sucre.

Un lumos leur permettrait de voir un peu mieux où elles mettaient les pieds et à voix basse, Allanah demanda à Mélusine de pourvoir leur marche en lumière. L’air était saturé d’humidité, il faisait chaud et lourd, la respiration était plus difficile, mais bizarrement, l’Opposante se sentait comme un poisson dans l’eau. Elle ne s’était jamais retrouvée dans cette position, mais elle avait l’impression diffuse qu’elle s’y était préparée toute sa vie. Sa perception affutée par l’environnement enregistrait tout ce qu’elle avait le temps de voir, de remarquer, de noter. Tout était calme, pour le moment, mais l’endroit grouillait de vie. Une vie souterraine qui ne se dévoilait que si on était attentif et silencieux, à l’affut du moindre bruit pouvant indiquer le lieu où posait le regard. Raison pour laquelle Allanah avait parlé à Mélusine avec un maximum de précaution. Ce n’était certainement pas courant de s’enfoncer en pleine forêt tropicale à 18 ans, elle voulait en profiter pour parfaire par l’expérience ses connaissances en la matière. Sa seule tristesse était de ne pas pouvoir prendre réellement le temps d’étudier tout cela, de faire des prélèvements ou simplement de dessiner et garder une trace. Un journal précieux de cette expérience étourdissante.

De temps à autre, Allanah sortait de sa transe végétale pour s’enquérir de Mélusine. Elle n’était pas sûre que celle-ci vive la découverte de la même façon que l’Opposante :


« Tout va bien ? »

Elle décida finalement de passer aux choses sérieuses, laissant de côté l'irrépressible envie de poser ses mains sur tous les troncs d'arbre qu'elles croisaient. Il fallait trouver Zarãn et tous ceux comme lui qui paraissaient vivre ici, et qui étaient comme elle. Surement. Peut-être. Elle sortit de sous ses vêtements, autour de son cou, une fine chaine en argent et l'anneau qu'il soutenait. En bois-sorcier. Allanah espérait que la combinaison bois-sorcier et l'esprit de l'Arbre-Mère lui faciliterai les choses pour trouver Zarãn et jouerai le rôle de boussole à Protecteurs.

L'étudiante s'arrêta, pour éviter de tomber pendant qu'elle chercherait une trace mentale dans les environs. Elle ne tenait pas particulièrement à effrayer Mélusine, à qui elle expliqua la suite des événements :


« Je vais essayer de chercher Zarãn, grâce au bois-sorcier et à l'Arbre-Mère. Je n'ai jamais tenté ce genre de recherche auparavant -je pensais être la seule- et je ne sais pas si ça serait très concluant. Ça peut également prendre du temps, alors ne t'affole pas et n'hésite pas à me 'ramener' si ça dure trop à ton goût. »

Elle attendit une réponse avant de serrer fortement le bois-sorcier dans ses mains, fermant les yeux pour se concentrer. Elle laissa son esprit se détacher de l'instant présent, facilitant le contact avec l'Arbre-Mère, en Angleterre. Sa 'voix' et son chant emplirent chaque espace de la tête de l'ancienne Serdaigle. Une connexion s'établit, entre elle, le bois-sorcier et l'arbre, évacuant jusqu'à la plus infime trace de soucis chez elle. L'effet du bois magique était activé. Ses tracas étaient remplacés par des sentiments plus vivants, plus colorés, plus joyeux surtout. Cela venait de loin, de ce pays qu'elles avaient quitté pas si longtemps que cela.

Mais la Protectrice dépassa rapidement ce premier stade des retrouvailles. Au delà, des lignes se dessinèrent sous ses paupières closes, sinueuses et lumineuses, d'un vert tendre, épaisses à la base, puis de plus en plus fines à mesure qu'elles montaient. Les lignes de force de l'Arbre-Mère, le tronc et les branches couvertes des feuilles dorées caractéristiques. Signe qu'elle s'enfonçait un peu plus profondément dans la conscience étrange de l'arbre. Allanah n'avait jamais dépassé ce stade, parce qu'elle ne pensait pas qu'il y avait quelque chose au delà de cette limite presque intime. Mais aujourd'hui, elle savait qu'il y avait d'autres Arbre-Mères attachés à des êtres vivants comme elle et cela la poussa à forcer cette barrière invisible qu'elle avait dressé elle-même. Elle voulait voir par delà ces lignes, découvrir celles des autres pour savoir dans quelle direction Mélusine et elle devaient se diriger.

Affinant sa concentration, Allanah compta jusqu'à trois avant de chercher à 'avancer' pour dépasser ce qu'elle percevait actuellement. Elle relégua ses propres lignes à la lisière de son esprit et ne se retrouva ensuite que devant le noir, l'obscurité. Sans s'affoler, elle attendit pour voir si quelque chose allait changer dans cette vision. Elle attendit, patienta, sans se démonter, cajolant l'Arbre-Mère pour qu'il l'aide à passer outre cette difficulté inattendue. D'un point de vue strictement humain, l'arbre était jeune, un enfant encore et il grandissait en même temps qu'Allanah, malgré qu'elle ait quelques années d'avance sur lui et lui quelques mètres sur elle. Et comme n'importe quel enfant, quelques tendresses finissaient par venir à bout des résistances. Se dessinèrent alors d'autres lignes de force, de couleurs sensiblement différentes de la précédente et l'Opposante s'étonna de pouvoir les différencier malgré les infimes nuances.

Elle comprit vite que si ce n'était pas ce qu'elle cherchait, c'était déjà un bon début. Dans une telle forêt, si dense, tout était lié. N'importe quel arbre, arbuste, bout de bois faisaient parti du même tout et c'était cela que voyait désormais Allanah. Les teintes des lignes de force devaient chacune représenté une espèce différente, il lui suffisait alors de trouver la même couleur que celle de son Arbre-Mère pour découvrir la cachette de Zarãn et des siens. Un jeu d'enfant.

Après cela, tout s'enchaina très rapidement. Avec l'aide de l'arbre, Allanah put maitriser la technique et l'étendre à toutes les directions, en cercle dont le point central était son esprit. Il lui fallait se concentrer comme jamais et elle en paierait certainement le prix après (elle ne sentit même pas son corps s'affaisser, du côté de Mélusine), mais elle y parvint malgré tout, sans trop savoir comment elle s'y était prise. Elle tria les couleurs, repoussant celles qui ne l'intéressaient pas cette fois, jusqu'à percevoir la teinte de vert indéfiniment lié à ce qu'elle cherchait, à quelques kilomètres de leur point de chute, à Mélusine et elle. Non pas un, mais plusieurs fois le même coloris !

Le choc était grand pour la Protectrice en herbe et elle eut du mal à réprimer son excitation à cette idée. Il fallait qu'elle pense à faire demi-tour et à réintégrer la réalité, au risque d'inquiéter sans raison sa camarade. Allanah ne pourrait même pas dire combien de temps s'était écoulé. Alors à regret, elle tourna les 'talons' et refit le chemin en sens inverse, plus vite et plus facilement qu'à l'aller. Elle étreignit la chaleureuse présence dans son esprit et la quitta pour de bon, retrouvant une vision un peu plus normale des alentours.

Allanah ouvrit les yeux pour remarquer et sentir qu'elle était allongée. Elle tenta bien de parler, mais sa gorge était sèche et elle ne sortit aucun son à la première tentative. A la seconde...


« Boire, » croassa-t-elle, sans chercher à forcer sur ses cordes vocales.

Et elle avait faim, une faim de loup ! Mais cela viendrait après avoir bu. Allanah se redressa et pointa le doigt dans une direction, sûre de son fait :

« Là-bas, » réitéra-t-elle, espérant que Mélusine comprenne ce qu'elle voulait dire.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Funambules   Sam 23 Oct - 19:33

Dès que l'étudiante avait montré des signes de faiblesse, Mélusine avait laissé tomber et sa baguette et sa batte. Elle ne se faisait pas encore assez confiance pour user de magie sur quelqu'un qui avait sa sympathie. Quant à sa batte, ma foi, elle ne lui voyait pas trop d'utilité dans le cas présent. On parlait bien de soigner le mal par le mal mais elle doutait qu'un bon coup sur la tête d'Allanah puisse améliorer de quelque façon que ce soit la situation. Or, elle détestait quand sa batte ne lui servait à rien. Cela lui donnait le sentiment d'être impuissante. Et l'impuissance avait la fâcheuse habitude de traîner derrière elle l'inactivité, qui, elle-même, tenait la main à la panique.

Elle avait détesté ça. Devoir attendre, sans rien dire, sans rien faire sinon zyeuter l'horizon pour prévenir du danger, pendant qu'Allanah se plongeait au cœur de l'Arbre-Mère. Elle savait très bien qu'elle n'avait pas la même affinité qu'elle dans se domaine. En quelque sorte, Mélusine était une visiteuse, avec une sensibilité vaguement supérieure à la moyenne qui lui permettait de percevoir l'essentiel mais sans en capter les nuances. Elle aurait été incapable de se lancer dans l'aventure comme sa compagne.
Elle avait détesté ça. Etre mise sur la touche par manque de capacités. Elle avait déjà perçu ça, la première fois où Zarãn s'était manifesté.
D'un point de vue extérieur, on avait juste l'impression qu'Allanah rentrait en prière, la main convulsivement serrée autour d'un petit gri-gri. L'image recelait d'une force troublante. Pour la première fois peut-être, Mélusine distingua la puissance dissimulée dans l'étudiante. C'était quelque chose de subtil et il suffisait de s'arrêter aux apparences pour passer à côté. Ca n'était ni quelque chose d'effrayant ni d'intimidant. Et elle parvenait tout juste à capter ce qui se passait sous ses yeux, à portée de main. Par le biais de sa propre boucle d'oreille en bois-sorcier, il lui semblait percevoir de vagues formes et couleurs qui ne signifiaient strictement rien quand on ne possédait pas la clef pour les déchiffrer. La jeune femme se contenta donc de laisser ses pensées s'évader. C'était la meilleure façon de passer le temps, elle qui n'était pas douée d'une concentration extraordinaire quand il s'agissait de domaines trop abstraits et impalpables. Son voyage intérieur était dicté tant par ces semblants de perception que par les odeurs, les images et la moiteur de l’endroit où elle se trouvait. Le chant d'un oiseau inconnu se mêlait à une senteur légèrement âcre qui reflua devant le parfum des bois exotiques, lui-même distrait par un raz-de-marée de moiteur la submergea soudain, de la même façon qu'en Ecosse un nuage pouvait vous envelopper d'une nappe de fraîcheur.
Le trajet du retour fut fulgurant. IL lui suffit de deviner Allanah qui tremblait dans le coin de son champ de vision. Qui tremblait et qui faiblissait. Elle la cueillit entre ses bras pour la déposer au sol.

Et maintenant, sa batte qui ne lui servait à rien...

Rapidement, Mélusine fouilla dans son sac pour trouver une gourde d'au fraîche. Pas sûre que Lanah apprécie son propre jus de citrouille.
Ca, c'était agir. Pas de l'action comme elle l'aimait mais elle trouvait son utilité dans le geste simple d'abreuver quelqu'un. Et, comme elle détestait qu'on prenne un air désolé et soucieux quand elle avait un moment de faiblesse...

'Ce qui, évidemment, est une chose extrêmement rare.'

... Mélusine s'efforça d'afficher le sourire le plus confiant et le plus serein qui soit, tandis qu'elle jetait un regard rapide dans la direction qu'avait pointée Allanah. Ok. Par là. Ca n'était pas si loin de la direction de son grand arbre à elle. A peine quelques degrés sur la gauche. Tous les chemins menaient donc quelques part.
A grand geste, elle extirpa de sa besace, barre de chocolat, fruits secs et autres gâteaux. Pour elles deux. Les grandes émotions, ça creusait.
Le petit break culinaire se déroula en silence, tandis qu'Allanah paraissait reprendre des forces et des couleurs. Qu'importe! S'il l'avait fallu, Mélusine l'aurait prise sur son dos jusqu'à ce qu'elles parviennent à destination. Se persuader qu'elles recevraient l'hospitalité des autochtone était peut-être un chouïa utopique mais elle avait toujours eu un don unique pour croire en ce qu'elle avait envie de croire, aussi éloigné de la réalité que cela puisse être.

Enfin, vaille que vaille, sa compagne sembla prête à reprendre la route. Mélusine dégagea le chemin à grands coups de baguette magique. Pas de panique! Elle aussi était contre la déforestation et toutes les atteintes à la biodiversité de la planète. Sans compter que Lanah l'aurait certainement dépecée vivante pour cause d'atteinte à l'intégrité de la nature ou un truc de ce genre. Elle se contentait juste de décaler les lianes et autres racines pour leur éviter d'épouser la terre africaine de leur corps.

Au bout d'un laps de temps qui dut paraître plus long à Allanah qu'à Mélusine (et pour cause, la première se devait d'entendre toutes les bêtises que la deuxième jugeait bon d'extérioriser, ce qui, au sens de cette deuxième, était très détendant et amusant), la végétation parut s'éclaircir et des formes qui n'avaient rien de végétales se dessinèrent au-devant d'elles. Mélusine abaissa sa baguette. Sorciers ou Moldus, il ne fallait en aucun leur donner l'impression d'être des intruses agressives. En ceci, elle contrevenait à ses habitudes, mais, après tout, la situation s'y prêtait. Elle la gardait néanmoins bien en main, mais le long de son corps. Juste au cas où.

L'un des individus dut les apercevoir car il lança ce qui lui sembla être une brève interjection. Quelques hommes se regroupèrent autour de lui et constituèrent le drôle de comité d'accueil de nos deux Européennes. Leur peau avait une belle couleur chocolat noir (celui, si bon, aux amandes et aux figues) et, à coup sûr, leur sourire révélerait des dents blanches à faire pâlir de jalousie les stars de Cinémagic. Sauf que, pour l'instant, ils ne souriaient pas du tout. Oh, ils étaient loin d'être agressifs, ou même sur la défensive. Juste dans l'expectative.

'On les comprend. C’est pas tous les jours qu'un grand machin roux doit se pointer avec des feuilles plein les cheveux et les jambes toutes éraflées...'

Bah, c'était pas tous les jours qu'elle faisait une rencontre aussi surprenante. Avec plein de gens dont elle ne connaissait ni la langue ni les coutumes.
Jugeant que le sourire était un signe officiel de bonnes intentions, Mélusine sourit de toutes ses dents. Et lança un salut dans toutes les langues qu'elle connaissait (connaître se résumait dans la plupart des cas à ce seul salut).


"Good afternoon guys! Bonjour bonjour! Buenos dias amigos! Buonjiorno! Ni Hao! Konichiwa! Namasthe! Guten Tag! Euh, c'est tout."

Bon.
Elle avait au moins réussi à en amuser un ou deux.
Elle finit par se décider pour son sésame:


"Zarãn?"

Les visages s'ouvrirent et le prénom de leur... euh... ami-longue-distance résonna parmi les rangs jusqu'au village. Une silhouette se fraya un chemin jusqu'à eux.
Et Mélusine recula d'un pas pour laisser Allanah sur le devant de la scène. C4était sa rencontre, après tout.


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MessageSujet: Re: Funambules   Sam 13 Nov - 16:27

Sa rencontre n'avait pas du tout les traits typiques d'un être humain vivant en pleine cambrousse africaine, comme les autres qu'elles pouvaient voir. Comme elles (ou plutôt elle), leur 'rencontre' portait un pantalon léger, une chemise dont les manches étaient relevées et la personne qui s'était avancée vers elle n'avait rien d'un homme comme l'était Zarãn. Non, c'était une femme et si elle avait la peau aussi noire que le charbon, c'était une femme, indéniablement. Elle offrit aux deux étrangères un grand sourire, entourée par toute la tribu, qui, également, leur souriait (un restant de la diatribe de Mélusine, surement). Autre fait non négligeable, elle parlait anglais :

- Je peux vous conduire à lui, et au chef de la tribu, suivez-moi.

Un passage se forma alors à travers le rassemblement d'indigènes, comme une haie d'honneur sur leur chemin.

- Je m'appelle Inaya.

« Allanah. Et Mélusine. »

Inaya paraissait avoir quelques uns des traits de caractère que l'on pouvait associer parfois à une femme. Elle était bavarde et semblait posséder une banque de questions à poser à tous les inconnus qu'elle rencontrait, avec détermination et aisance, parfaitement à l'aise dans ce décors tropical. Ainsi, les deux étrangères purent se faire une idée assez précise du parcours d'Inaya dans la vie. Elle avait eu la chance, après des études scolaires assez spartiates, d'obtenir une bourse et de quitter le continent pour les États-Unis. Curieuse et surtout désireuse de faire autre chose de sa vie que vivre dans une presque misère, Inaya avait avalé toutes les connaissances qui lui tombaient sous la main, grâce à ceux qui permettaient aux plus pauvres d'avoir une vie décente. Associations, ONG, partout ou presque présentes ici. Comme elle leur expliqua, ça n'avait pas été facile, les années loin de chez elle, dans une culture si différente de la sienne, si éloignée de tout ce qu'elle avait connu, sans plus cette sensation d'être entourée par la magie. Car bien qu'Inaya soit moldue pure souche, elle était, comme Allanah, une Protectrice, bien plus avancée que l'anglaise dans tout ce qui touchait aux possibilités magiques offertes par les Arbre-Mère. Inaya était donc, d'une certaine façon, une sorcière, à sa manière. Comme Zarãn, comme le chef de leur tribu, et comme un jeune enfant, comme le leur apprit l'africaine. Et c'était tout. En dehors d'eux quatre, Allanah était la première Protectrice dont ils avaient connaissance hors de leur tribu.

Mélusine et elle apprirent tout cela en moins de dix minutes, le temps de traverser le semblant de village qui accueillait ce drôle de peuple. Inaya n'eut pas besoin de leur présenter Zarãn pour qu'elles le reconnaissent. Ce que l'on apprenait par le biais des Arbre-Mère restait plus facilement imprimer dans la mémoire. Zarãn leur offrit un grand sourire, leur débitant un discours incompréhensible qu'Inaya, toute disposée à les aider, leur traduit :


- Il dit qu'il est content de vous voir en vrai. Allanah, il est surpris par la couleur de vos cheveux, des blondes comme vous, ce n'est pas courant dans le coin. Il n'a pas pensé à se concentrer sur ce détail, quand vous vous êtes rencontrés. Mélusine, je crois que c'est un peu le même constat. Vous mettez un peu de couleurs dans le village !

Allanah sourit à Zarãn, sans oser faire de commentaire. Peut-être que, contrairement à Inaya, Zarãn n'entretenait-il pas de relations avec les européens ou américains présents sur le territoire, d'où la surprise de leur peau blanche, de sa blondeur et de la rousseur de Mélusine.

Derrière Zarãn se trouvait, finalement, ce qui devait être le chef de la tribu et un petit garçon. Tous les Protecteurs au grand complet.


- Voici notre chef, Djadji, et Kofi qui a 13 ans. Je serai là pour traduire tout ce qui se dit, je serais votre traductrice. Ici, je suis la seule à savoir parler anglais.

« Merci, Inaya. »

Nouveau sourire de la part de l'africaine, qui s'empressa de jouer son rôle, en traduisant, mot pour mot, les bienvenues de Djadji, qui parlait d'une voix forte malgré son apparence frêle. Allanah ne savait pas précisément quel âge il pouvait avoir, mais plus tout jeune. Des rides creusaient son visage, ses épaules étaient quelque peu voutées par le poids des années, mais il transparaissait du chef de tribu une force tranquille qui mettait facilement Allanah en confiance. Aidée très certainement par les ondes apaisantes des quatre africains. Si l'anglaise n'avait jamais expérimenté cette possibilité, elle savait reconnaître le touché délicat d'un Arbre-Mère.

- Nous sommes heureux de vous accueillir dans notre tribu, d'apprendre l'existence d'un autre mlinzi -qui signifie Protecteur, Allanah. Nous ne sommes plus beaucoup et nous avons beaucoup à apprendre les uns des autres, si tu veux bien.

« Bien sûr, je suis d'accord, je suis ici pour cela. »

Inaya se mit à traduire la réponse d'Allanah et Djadji, satisfait de la réponse qui lui avait été donnée, prit les mains de l'anglaise dans les siennes.

- Il dit qu'il est content et il vous invite à partager notre repas ce soir. Nous parlerons ensuite de ce qui vous amène ici, après avoir mangé. Qu'en dites-vous ? demanda finalement Inaya, interrogative, en regardant les deux étrangères.
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Funambules   Ven 19 Nov - 20:25

Mélusine se tenait légèrement en retrait, comme si, depuis peu, elle avait appris à laisser la place sur le devant de la scène quand cela s'imposait. C'était un furieux pas en avant, si l'on pouvait dire. Elle avait souri, opiné, brièvement commenté et s'était exclamée au bon moment. En bref, elle avait joué à l'hôte parfaite pour cacher un malaise qu'elle ne s'expliquait pas. Ça n'était qu'à la fin des présentations avec Djadji et Kofi qu'elle réussit à mettre le doigt dessus. Ça n'était que la continuité de ce qu'elle avait déjà ressenti: elle n'était pas à sa place au milieu de ces Protecteurs. Elle était comme les Cracmols, touchant du doigt la magie mais sans que la magie les ait touché du doigt. Dans un entre-deux difficile à assumer.

"Eh bien, je..."

Et bouse! La subtilité n'avait jamais été son fort. La diplomatie non plus mais si elle essayait de faire des efforts depuis quelques temps.
La jeune femme échangea un bref regard avec Allanah, comme pour l'avertir de ne pas chercher à la retenir.


"On en serait ravies.", déclara-t-elle finalement, prenant à son compte l'approbation, qu'elle jugeait comme allant de soi, d'Allanah. Sa compagne de devait pas être outre mesure étonnée de ce genre de réponse. Après tout, il y était question de manger et, si Mélusine aimait visiter le monde, sa vision du tourisme passait par la gastronomie culturelle locale. Pour rien au monde elle n'aurait renoncé à ça. Néanmoins... "On se retrouve au dîner, alors? Je vais aller faire un tour. Je suis sûre que vous avez plein de choses à vous dire."

Et voilà! Qu'est-ce qu'elle disait? A trop vouloir leur laisser la place d'un tête-à-tête (ou, plus vraisemblablement d'un tête-à-tête-à-tête-à-tête-à-tête puisqu'ils étaient cinq), elle avait manqué de tact et donnait presque l'impression de s'enfuir, de renier leur hospitalité.

'C'est à se demander ce que tu fais là...'

Oh, elle avait un petit bout de place dans cette histoire, façon strapontin. Elle reviendrait quand ces cinq-là auraient mis à plat ce qui les concernait. Elle n'aurait fait que les gêner, de toute façon, pas vrai? Tant de choses lui auraient échappé et, soit elle aurait réussi à se taire, ne faisant qu'accroître son propre malaise, soit elle aurait posé des questions à tort et à travers, les gênant dans leur avancée tandis qu'ils lui répondraient obligeamment, parce que, eux, étaient bien élevés.

'A t'entendre, on croirait presque que tu as gagné en sagesse...'

Humph. Et ça n'était pas exactement pour lui plaire.
Mais elle savait presque différencier, désormais, les moments où il fallait agir de ceux où il fallait se poser et écouter. Elle tendait toujours à fuir ces derniers. Et puis, il y avait sans doute plein de choses à faire dans ce village... Sur ces pensées, Mélusine s'inclina bien bas devant le petit groupe qui l'excluait par leur nature, esquissa un sourire et se détourna pour se diriger elle ne savait pas trop où. Elle espérait qu'Allanah comprendrait et que, ainsi, elle pourrait l'excuser à sa place. C'était toujours meilleur quand elle n'avait pas à pondre un "désolée' qu'elle ne pensait qu'à moitié. Et, qui savait... peut-être étaient-ils soulagés de la voir s'éloigner? Pas besoin d'être médium pour sentir qu'elle ne vibrait pas tout à fait sur le même plan qu'eux. Leur chemin de vie n'était pas le sien et ils n'étaient sans doute destinés qu'à se croiser.

'En résumé, tu as fait ta B.A. de l'année en aidant Allanah à rencontrer ces gens.' Humpf

Il y avait de ça.
Sans plus (trop) se préoccuper de ceux qu'elle laissait derrière elle, Mélusine scruta les gens qui était au devant. C'était fou combien, à des miles et des miles de distance, les êtres humains n'étaient pas si différents. Ils avaient les mêmes occupations, les mêmes désirs et les mêmes craintes. Ce coin du monde semblait juste avoir été épargné par la guerre. Ca faisait du bien d'y croire.

Mélusine finit assise dans la terre qui oscillait entre le rouge et le brun, et dont s'imprégna sa peau. Une bande d'enfants, curieux plus que prudents, comme tous les enfants, s'approcha d'elle peu à peu, intrigués par sa peau blanche qui contrastait tant avec leur peau noire, mais plus encore par ce frêle morceau de bois auquel elle semblait s'accrocher comme à un trésor. La jeune femme s'en servit pour faire tournoyer un peu la poussière autour d'elle, agréablement surprise qu'aucun d’eux n'ait un mouvement de recul à la voir manier sa baguette. Certes, ils ne connaissaient peut-être pas la magie comme les Moldus d'Europe la connaissaient, avec son potentiel destructeur mais... il n'empêchait. Au contraire, ils rirent, de cet éclat qui ressemblait au chant d'une cascade, et un peu de ces rires remonta jusque dans les yeux de Mélusine. Ils finirent par s'approcher vraiment. Ils leur auraient suffi de tendre le bras, d'un côté comme de l'autre pour se toucher.
Un petit garçon, peut-être un peu moins farouche, approcha une balle en mousse du tourbillon et Mélusine s'amusa à l'intégra dans la sphère de son action magique. tant qu'il s'agissait d'exécuter des sorts mineurs, tout allait bien. On ne lui demandait ni du sociable, ni du relationnel. Elle avait toujours été une handicapée du contact enfantin. Il y avait chez les plus jeunes quelque chose qu'il lui semblait avoir perdu en grandissant et qui lui était essentiel pour communiquer avec eux. Et puis, les enfants ne s’embarrassaient pas de faux-semblants: ils étaient francs et directs et il lui semblait qu'à trop apprendre à comment se comporter en jeune femme presque civilisée, elle avait perdu un peu de cette simplicité sauvage.

Pourtant, alors qu'elle se retrouvait peu à peu embarquée dans un jeu dont elle ne comprenait les règles qu'à moitié, elle se surprit à apprécier de ne pas avoir à penser. Ne pas penser à ce à quoi elle avait l'air, de ce qu'elle allait dire ou de ce que son petit groupe de gamins pourrait penser d'elle.
Elle se surprit à constater que, en dépit de ce qu'elle prétendait, le regard des autres avait toujours eu plus de poids sur elle qu'elle ne l'aurait voulu. Et que s'en débarrasser n'était pas seulement libérateur mais jouissif. Alors elle leur adressa un sourire qu'ils ne comprirent peut-être pas mais qu'ils ne cherchèrent pas pour autant à expliquer.

Une heure plus tard, ils étaient encore tous là, autour d'elle, en train de se raconter des histoires pleines de gestes, de sourires et de cris, parce que, au fond, on n'avait pas vraiment besoin des mots pour se comprendre. Mélusine s'était lancée dans une sorte d'imitation du monstre du Loch Ness, tout en imitant vaguement, avec les maigres capacités de ses cordes vocales, un vieil air typiquement écossais. Les pauvres ne devaient pas y comprendre grand chose mais ça n'était pas si important. Elle avait complètement décollé de la réalité et ça lui allait très bien. Elle avait l'impression de flotter dans un monde qu'elle avait longtemps cru disparu.


Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Funambules   Lun 29 Nov - 21:13

- Te laisser toute seule, ce n'est pas très gentil de sa part.

Djadji était parti vaquer à ses occupations de chef de tribu, après avoir pris courtoisement congé de l'anglaise et Kofi, comme tout enfant de cet âge, avait préféré repousser à plus tard les longues discussions d'adulte, et Allanah ne pouvait pas lui en vouloir pour cela. Elle se retrouvait donc esseulée, avec pour compagnie Inaya, véritable moulin à parole, et Zarãn, dont elle ne comprenait pas un mot.

« Ce n'est pas grave, j'ai l'habitude. »

Allanah offrit un vague sourire à Inaya alors qu'elle oubliait totalement l'impolitesse de Mélusine. Si elle espérait que sa comparse allait lui sauver la face, la Résistante se trompait. Sa cadette n'avait rien à se faire excuser et elle n'avait donc aucune excuse à faire, certainement pas pour une tiers. Sa conscience était en paix, même si elle se sentait malgré tout mal à l'aise par cette sortie sans explication alors que les discussions avaient été programmées pour la soirée, après s'être remplis l'estomac. Mais sans nul doute, ils allaient trouver de quoi passer le temps de manière à ne pas le perdre bêtement. Il y avait tellement de choses qu'Allanah voulait savoir, tellement de questions à poser qu'elle ne savait en réalité pas par quoi commencer. En face d'elle, Inaya souriait, comme si elle savait ce qui se tramait dans la tête de l'anglaise. Et celle-ci mit quelques instants à comprendre comment cela se faisait...

« Tu es... »

- Ah, tu as senti ! Oui, en effet, j'ai la même faculté que toi. Mais c'est un talent que nous ne possédons pas tous. Zarãn en est capable également, même si il n'a pas le même potentiel que moi. Notre chef et Kofi n'y parvienne pas, malgré toutes nos tentatives pour comprendre comment cela fonctionne. Enfin, en tout cas, c'est vachement pratique, quand on sait gérer et trier les informations que l'on reçoit, quand on veut espionner, termina-t-elle d'un clin d'œil.

Nouvelle perspective d'apprentissage à l'horizon, qu'elles programmèrent au lendemain (elles resteraient bien deux jours, pour faire le tour de toutes les questions) pour conclure le 'voyage' en beauté.


- Mais ce qui m'étonne, ce sont les capacités de ton amie. De quoi est-elle capable exactement ? Zarãn nous a expliqué que vous pouviez communiquer toutes les deux, vu qu'il vous a trouvé toutes les deux ensembles, la première fois...

« Oui, entre autre. Il y a aussi eu en Islande... »

Tout en suivant Inaya et Zarãn pour que tous puissent s'installer confortablement, Allanah leur fit un résumé rapide de ce dont était capable Mélusine, par elle-même, grâce aux Arbre-Mères. La communication par Arbre interposé (dont la Protectrice pourrait se passer, grâce à sa télépathie qu'elle tirait de son propre Arbre), les visions qu'elle avait eu simplement en touchant du bois-sorcier renfermant des images du passé, tout ce pan d'histoire qu'elles avaient pu découvrir... A ce moment de ses explications, Inaya la coupa d'une sonore exclamation de joie.

- Ce n'est pas possible, tu as vraiment pu voir tout cela ?! Montre-nous !

Allanah était vaguement surprise et contrariée par cette interruption, mais elle s'exécuta et transmis les souvenirs qu'elle avait en mémoire tant à Inaya que Zarãn. Des détails avaient surement disparu depuis le temps, mais les éléments principaux de leur découverte furent dûment montrés aux deux africains pendus à ses lèvres -ou plutôt son esprit.

- C'est tout simplement fabuleux ! Tu te rends compte que tu as fait la découverte du siècle ? Personne ne se souvient de tout cela, tout s'est perdu au fil du temps, du fait de la disparition presque totale des Protecteurs, par le passé. Ça me fait penser que ton amie pourrait être une Ngao.

« Une quoi ? »

- Une Ngao. Ce dont on se souvient aujourd'hui des Protecteurs n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan depuis l'extinction de notre caste, mais nous savons toujours deux ou trois petites choses. Et une Ngao, c'est un peu le soutient d'un Protecteur véritable, son bouclier. Notre esprit est vulnérable quand nous sommes repliés en nous-même avec l'esprit de notre Arbre-Mère, et le ou la Ngao -le Bouclier- s'assure que notre esprit ne risque rien. C'est rare, mais ça existe.

Encore une information à digérer. Et Mélusine qui n'était pas là. Tant pis pour elle, elle aurait droit à un résumé succinct des nouvelles informations plus tard. En attendant le repas, Allanah eut tout loisir de parfaire ses connaissances de l'histoire des Protecteurs, pour ce qu'en savait Inaya. Le découpage par clan des Protecteurs, de la rivalité qui avait toujours existé entre ces clans, même si tous poursuivaient le même but et des quelques coups d'éclats de la Caste -en version édulcorée, malheureusement, par manque d'information.

Les heures filèrent et le moment de se regrouper avait sonné, trop tôt au goût de l'anglaise, qui aurait préféré poursuivre la conversation plutôt que de perdre du temps à manger. On pouvait faire les deux en même temps pourtant ! Mais elle était une invitée ici et Allanah ne pouvait pas faire l'affront à la tribu en refusant de manger en leur compagnie, aussi suivit-elle Inaya et s'installa-t-elle près de Mélusine qu'elle repéra assez finalement -merci les cheveux roux.


« Il faudra qu'on discute, avant d'aller retrouver le chef de tribu après le repas. »
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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Funambules   Sam 11 Déc - 19:39

De son côté, Mélusine avait tenté d'oublier, au milieu de son groupe d'enfant, son semblant de rancœur et, oui, sa jalousie. Allanah avait retrouvé les siens et c'était principalement pour cette raison qu'elle-même avait envisagé le voyage, tentait-elle de se convaincre. Ca, et la curiosité de voir à quoi ressemblait ce Zarãn. Il était tout à fait normal que la tribu réserve un accueil plus chaleureux à l'étudiante qu'à une inconnue aux cheveux rouges qui n'était que la moitié de ce qu'ils étaient eux-mêmes.
Quand vint l'heure du repas, elle avait oublié jusqu'au sentiment d'exclusion, exclusion involontaire due à des retrouvailles "familiales" dont elle n'était pas. Elle avait retrouvé et sa bonne humeur et son entrain. Elle ne comprenait toujours rien à ce qui se disait autour d'elle mais elle ouvrait grand les oreilles parce qu'elle aimait les sonorités de cette langue. Elle savait seulement que manger se disait "laku", merci "asante" et soleil "juama". Elle avait beaucoup fait rire les enfants en se lançant dans un discours improvisé, fait de sonorité en voyelles chantantes. Ca ne voulait sans doute strictement rien dire mais quelques termes déclenchèrent leur hilarité. Elle aurait donné cher pour savoir ce qu'elle avait dit, même maladroitement.

Aussi, lorsque Allanah la rejoignit, elle lui offrit son plus grand sourire, inconsciente du ressentiment que la jeune fille pouvait éprouver à son égard.


"Tu as appris des choses intéressantes? Pour toi, je veux dire."

Elle lui jeta un coup d'œil avant de reporter son attention sur le repas qui se mettait en place. Tout le monde s'installait à grand renfort de rire et de bonne humeur et Mélusine songea brièvement que c'était un endroit où il ferait bon vivre, épargné par la guerre et juste assez insouciant pour être agréable. Sur les tables, s'accumulaient des plats riches en couleurs et en odeurs. Si ses sens visaient juste et si les saveurs étaient à la hauteur de leurs promesses, ce saut en Afrique aurait valu le détour rien que pour sa gastronomie. Il y avait là des fruits de toutes les formes et de toutes les teintes, des plats de viande fumante et de poisson tendre, des soupes colorées qui fleuraient bon les épices. Saliver comme une folle ne serait pas pour faire bonne impression, aussi Mélusine évita de trop se concentrer sur ce qui s'offrait à sa vue. Allanah serait sa distraction. Son attention lui revint.

"Ils sont ce que tu attendais? Je veux dire, ils sont vraiment comme toi?"

C'était difficile à dire parce que leurs caractéristiques physiques venaient brouiller le tout mais la jeune femme leur trouvait à tous comme un "air" familier à tous. Ca ne tenait ni à un tic ni à quoi que ce soit de visuel. Plutôt de l'impalpable. Comme on reconnaît deux personnes qui avaient passé beaucoup de temps ensemble au point de graviter ensemble de manière symbiotique. Quelque chose dans le regard, peut-être. Ou dans leur façon d'appréhender le monde. Elle n'était pas vraiment spécialiste dans ce genre de choses.

'C’est juste une impression, en définitive.'

Voilà. Une impression. Indéfinissable. Qu'elle s'acharnait à définir.

'Ca ne sert pas à grand chose, alors... Puisque tu vas garder ça pour toi.'

Elle passait le temps comme elle en avait envie.
Inaya s'installa près d'elles, autant parce qu'elle semblait nourrir une affection toute nouvelle mais bien réelle pour Allanah que pour leur servir d’interprète auprès des autres membres du village. Ils étaient nombreux (et pas seulement ceux qui apparaissaient être des Protecteurs) à se montrer enthousiastes et curieux à accueillir les deux jeunes filles à la peau pâle. On leur posa bon nombre de questions que leur guide peinait à traduire et auxquelles elles n'avaient pas le temps de répondre.


"Oui, en Ecosse, les hommes portent des kilts. Ce sont des sortes de jupe à carreaux. Moi, je trouve ça super-sexy."

Ou encore:

"Une baguette magique c'est... c'est... oui, c'est une branche, en quelque sorte. En fait, je sais pas trop comment ça marche. J'imagine que ça canalise notre énergie pour en faire quelque chose d'efficace. En même temps, on peut aussi faire de la magie sans baguette. Quand on est enfant, on fait exploser des trucs et on fait plein de choses involontairement. Peut-être que la baguette, c'est pour faire de la magie consciente. Pour le reste..."

En désespoir de cause, elle se tourna vers Allanah. Après tout, elle, elle avait fait Serdaigle. Elle avait certainement lu de ces livres qui ne parlaient ni de Quidditch ni de balai. Peut-être même que la salle commune des Bleu-et-Bronze était un lieu où fleurissaient les idées et les conversations fructueuses. De grandes théories y avaient peut-être vu le jour. Peut-être que...
La discussion qu'Allanah lui avait promise semblait devoir être remise à plus tard. Pas juste. Elle était curieuse, maintenant.


« When I went to school, they asked me what I wanted to be when I grew up.
I wrote down ‘happy’.
They told me I didn’t understand the assignment,
And I told them they didn’t understand life. »
John Lennon
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