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 Dure réalité

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Casey Call
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MessageSujet: Dure réalité   Sam 16 Jan 2010 - 21:07

Le choc était douloureux. J’avais le souffle coupé tellement la transition entre le monde que je venais de quitter, par le miracle du transplanage, et celui que je venais te rejoindre était sidérant.

Depuis un an, j’avais fait le choix de prendre une tangente qui s’annonçait comme un exil. A cette époque, je ne savais pas encore si un jour je reviendrais en Grande-Bretagne. Ce pays qui était miens m’était devenu trop inconnu. Les temps sombres déchiraient les populations, moldues ou non, et je ne voulais pas devoir trouver une place parmi eux. Mon choix s’était fait instinctivement et de la manière la plus impulsive qui soit. Je me rappelle encore très bien de ce jour.

C’était dans mon appartement, à Londres. Il régnait à cette époque un malaise pesant et constant qui figeait la ville et le monde. J’avais besoin de démystifier tout ça. Découvrir d’autres choses que la panique dans les yeux des hommes. Tout était toujours pareil. Le pouvoir, la soif de contrôler, diriger, tous ces éléments étaient toujours la source des conflits que nos civilisations, sorcières ou non, subissent depuis leur création. Il me fallait faire fit de ces tempêtes. Disparaître pour mieux revenir. Peut-être…

Je tournais en rond. L’idée de partir me vint lorsque je trouvai, dans le tiroir de l’on de mes meubles de salon, une carte du monde. Jamais je n’aurais pu imaginer rester un an dans le pays au hasard.

Le Qatar. A l’origine, je dois avouer que je voyais cela comme des vacances. Ce nom résonnait dans ma tête avec des sonorités intrigantes, fascinantes. Je voyais déjà les mangroves s’étendre à perte de vue. Je voyais aussi ces zones arides se dessiner devant moi, formant un horizon parfaitement plat pour le croire infini.
En dix minutes, mon choix avait été arrêté. Une aventure allait commencer.

Les provinces de ce pays étaient comme je les avais imaginées. Un contraste saisissant par rapport à tout ce que j’avais pu connaître. Même sur place, il y avait des variations de paysages qui offraient des riches sans aucune mesure. Sur une si petite superficie, il y avait tout, et rien à la fois. Je pouvais me retrouver dans des endroits ou j’avais peine à croire que des hommes aient pu poser leurs marques. Tout me semblait sans fin.

Alors que des régions vivaient encore des techniques ancestrales de pêche et de cultures, d’autres avaient été industrialisées, modernisées, avec des buildings se concurrençant pour tenter de se dépasser les uns des autres.

Maintenant, tout avait disparu. En une fraction de seconde, j’avais parcouru plus de cinq milles kilomètres pour rejoindre mon pays natal. La distance n’avait aucune importance, car je ne m’en rendis même pas compte pour ce court laps de temps, par contre, le choc des cultures était lui bien présent. Pour mon expédition, à l’allée, c’était la découverte qui m’avait surpris. La clarté du ciel. L’éclat du soleil. Des étendues de sable luisante comme une mer d’or, lissée par le vent et asséchée par la chaleur. Pour le retour, c’était l’inverse. Les nuages recouvraient une ville fumante par la brume et les pots d’échappement. La lumière peinait tellement à traverser l’épaisse couche qu’il semblait faire nuit en plein après-midi. Le sol était crasseux, jonché de déchets divers et variés qui me donnaient l’impression d’avoir quitté ma mer d’or pour une mer d’huile, polluée. Cette vision qui m’était presque apparue dantesque se confirma lorsque je me rendis compte qu’une fine pluie martyrisait les passages qui allaient et venaient, à pas pressants, pour l’éviter et m’éviter. J’avais transplané en plein milieu d’un trottoir du centre de Londres. J’étais loin d’être un expert en cette technique de transport, mais personne ne s’en était rendu compte, tout du moins, c’est ce que je pensais…



Dernière édition par Casey Call le Dim 18 Juil 2010 - 21:55, édité 4 fois
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Natacha Melikov
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MessageSujet: Re: Dure réalité   Dim 17 Jan 2010 - 16:32

Spoiler:
 

Parlez de plages, de mers, de sables fins, de cocotiers et Natacha signait tout de suite. Levant le nez au ciel, pour voir ces nuages qui lui donnaient envie de pleurer, les mines renfrognées des passants, c'était désespérant. On avait l'impression que plus le temps passé, plus les anglais plongeaient dans la morosité. Bon, c'était aussi véridique qu'il y avait de quoi, le contexte actuel n'aidant pas à sourire à la vie et à danser en pleine rue. Mais tout de même, baisser les bras maintenant était-il la bonne chose à faire ?

Il fallait voir le bon côté des choses : la météo, bien qu'horrible aujourd'hui, s'améliorait nettement. Ce n'était pas grand chose, mais en l'état actuel des choses, il fallait bien s'accrocher à la plus petite note positive dans ce Monde qui se délitait de toute part.

Natacha s'arrêta à un carrefour, levant le petit bout de papier qu'elle tenait à la main à hauteur de ses yeux. Un plan était tracé à la va-vite, les traits n'étaient même pas droits, ce qui, quand on la connaissait, n'était pas bon. Si elle avait eu de la chance jusque là, elle allait bien finir par se perdre, elle en mettrait sa main à couper. Le sens de l'orientation et elle, ça ne faisait pas deux, plutôt quarante-douze. Elle attendit sagement que le petit bonhomme passe au vert pour s'engager sur le passage piéton et rejoindre le trottoir qui lui faisait face.

Elle se demandait aussi pourquoi tous les magasins qu'elle pouvait bien chercher à un moment ou un autre se trouvait dans des quartiers qui n'étaient pas bordés d'arbres, avec des oiseaux qui piaillaient et une odeur de fleurs dans l'air. Au lieu de ça, c'était voiture, trottoirs craignos et bâtiments d'une tristesse à rendre malheureux les pierres. Ou alors, le propriétaire de l'échoppe qu'elle cherchait appréciait ce genre de décors pour travailler. Si ce n'avait pas été la première piste sérieuse qu'elle trouvait depuis qu'elle avait ses fameux pouvoirs qu'elle ne contrôlait toujours pas, Natacha ne serait jamais partie de TASKS. Cela n'en valait pas le coup, surtout avec cette pluie qui allait ruiner ses cheveux lisses.

L'étudiante leva la tête pour pouvoir lire le nom de la rue dans laquelle elle se trouvait maintenant. Elle compara avec le plan et soulagée, constata qu'elle était sur la bonne voie. Souriant, fière d'elle et de sa capacité miraculeusement apparue de ne pas tourner en rond, elle opéra un demi-tour gauche pour continuer sa route. Une trouée dans la foule, soudain, l'apparition inexpliquée d'une tête qui ne s'y trouvait pas deux secondes avant... Natacha s'arrêta d'un coup sec, tellement qu'un homme derrière elle la bouscula, n'ayant pas eu le temps de prévoir son arrêt pile.

Elle se retourna pour s'excuser, mais l'inconnu, confus, lui tint le crachoir pendant toute une longue minute. Elle n'avait pas le temps, aussi après avoir renouvelé ses excuses, elle se détourna, cherchant du regard l'apparition mystérieuse. Il était toujours là, Natacha reprit sa marche pour le rejoindre. Était-elle la seule à avoir remarqué cette apparition toute droit sortie du néant ? Il semblerait, vu que personne ne poussait de hauts cris à cette arrivée au milieu de la rue, comme si de rien n'était. Donc aucun de ses passants n'avaient rien vu, sauf elle, parce qu'elle avait levé le nez de sa feuille au moment où il ne le fallait peut-être pas. On avait de la chance ou on en avait pas. Et Natacha n'en avait pas quand elle tombait sur le seul sorcier qui n'ait pas encore compris qu'on ne devait pas transplaner à côté de dizaines de moldus qui venaient à peine d'apprendre l'existence de la magie et des sorciers !


"Vous avez eu votre permis de transplanage où ? Dans un paquet surprise ? demanda-t-elle doucement, quoi qu'assez fort pour qu'il entende qu'elle n'était pas de bonne humeur, tout en lui attrapant le bras pour qu'il avance.- Avancez avant que quelqu'un se pose des questions sur pourquoi vous restez planter en plein milieu du trottoir comme si vous veniez de voir un fantôme."
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MessageSujet: Re: Dure réalité   Dim 17 Jan 2010 - 20:03

Je vivais cette interpellation comme une agression.

Imaginez.

Vous quittez un pays paradisiaque qui vous a apporté tellement de choses que votre esprit a du mal à tout lister. Vous vous retrouvez dans un lieu sordide, grouillant de personnes qui vous bousculent, avec une pluie qui s’intensifie et vous détrempe en quelques minutes. Vos oreilles sont agressées par les bruits de klaxons cacophoniques, des cris d’enfants jouant dans des flaques d’eau, des téléphones portables qui, rien que par leur sonnerie vous sortiraient un stupéfixé de sa léthargie, des chiens se jappant les uns les autres sans vergogne et j’en passe et des meilleurs …

Donc, quand en plus de tous ça, vous vous faites réprimander en pleine rue par une jeune fille sortant de nulle part, à priori sorcière elle aussi, vous vous demandez vraiment ce qu’il vous arrive. Le regard perdu parmi tous ces bruits, je ne me rendis pas compte sur l’instant qu’elle m’avait en plus saisie le bras pour m’amener dans un endroit plus calme.

Passivement je trainais derrière elle jusqu’à ce que nous bifurquions dans le premier embranchement de rues. L’endroit était étroit, encore plus sombre que l’avenue que nous venions de quitter. Les murs des immeubles qui nous entouraient étaient tellement grands que, sans lever la tête, je les imaginais sans fin. Quelques vieilles affiches publicitaires, délavées et déchirées, étaient placardées çà et là, dans un ordre totalement abscons.

Sur ma gauche, une cage d’escalier en fer rouillé jouxtait l’immeuble qu’elle desservait. A chaque étage, des plateaux métalliques formaient des palliers pour permettre aux habitants de pouvoir sortir du bâtiment en cas de danger. Plusieurs échelles joignaient ces amas métalliques pour permettre la descente. Le bruit de la pluie, frappant la surface du métal, résonnait dans la ruelle avec des notes cristallines dont les tonalités, aléatoires, formaient presque une mélodie. Plus loin, c’était une issue de secours qui illuminait faiblement les lieux par une enseigne « Exit » qui clignotait difficilement, à bout de souffle.

Mon regard se baladait sur tous ces détails comme si je découvrais leur existence pour la première fois. Je fus presque surpris de redécouvrir la sorcière devant moi. Je lisais sa contrariété sur son visage sans vraiment comprendre pourquoi.

J’étais parti de l'Angleterre et, malgré les correspondances avec Tuppence et Catherine, je réalisais que je n’avais pas idée de la situation actuelle de mon pays. Je savais les deux personnes qui m’étaient les plus chères en sécurité et c’était l’essentiel, mais, pour le reste, tout était confus. La Résistance, l’Opposition, la Rose, l’Ombre, Antharès … tous ces noms virent alors percuter mon esprit. Le doute, la peur, l’inquiétude, la nervosité, la suspicion, tout ce que j’avais quitté était revenu.


- Qui es-tu ? Qu'est-ce que tu veux ?

Ma main avait déjà plongé dans ma poche pour se refermer sur ma baguette. Dans ce monde, la confiance aveugle pouvait coûter la vie au plus téméraire des sorciers. J’avais déjà pris la difficile décision de revenir ici et je comptais bien ne pas me laisser surprendre comme un troll.

Spoiler:
 
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Natacha Melikov
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MessageSujet: Re: Dure réalité   Mer 20 Jan 2010 - 20:06

Spoiler:
 

On s'éloigne d'abord, on discute ensuite. Natacha savait qu'elle ruinait sa chance à s'éloigner du trajet qu'elle aurait normalement dû prendre en cette après-midi grisâtre, mais le nouvellement débarqué semblait plus à l'ouest qu'elle dans une serre, autant dire que ce n'était pas un compliment qu'elle lui faisait.

Elle avait du mal à se faire à l'idée que quelqu'un n'avait pas assez de matière grise pour transplaner autre part qu'en plein milieu d'une foule de moldus, pas tous déclarés ouverts aux sorciers. Qu'importait d'où il venait en fait, les journaux n'existaient pas ? Les GMC ? Même sans cela, de la simple présence d'esprit suffisait juste. Combien de fois les formateurs répétaient-ils de ne pas transplaner n'importe où ? Il avait peut-être bien trouvé son permis dans un paquet surprise, finalement.

L'étudiante arrêta sa course dans une petite rue crasseuse, maugréant pour elle même sur le talent qu'elle possédait de toujours choisir les bons endroits pour souffler. C'était presque glauque, par les temps qui courraient, mais en un sens, cela devrait en même temps les protéger. Si cela la rebutait, elle, une fière sorcière, à venir s'enterrer dans une ruelle sombre, que dire des pauvres moldus ? Ça, c'était ce qu'elle se disait pour se donner bonne figure. Elle devrait peut-être aussi arrêter les films de gangsters.

Du coin de l'oeil, Natacha remarqua le geste -automatisme si commun aux sorciers- que fit l'inconnu et roulant des yeux, elle levant sa main libre en l'air, en signe de paix, l'autre étant occuper à tenir fermement un parapluie.


"Oh, du calme, je ne vais pas t'égorger, ne t'inquiète donc pas. Tu devrais plutôt réfléchir à ce qui aurait pu t'arriver si un moldu t'avait remarqué, plutôt que moi."

Ce qu'elle ne s'imaginait pas, c'est qu'il puisse ne pas être au courant. Aussi sa recommandation avait-elle été dite sur le ton de la banalité. Tout le monde savait qu'il fallait être prudent, même elle qui se considérait pourtant comme à moitié moldue.

"Natacha, répondit-elle à sa première question. Et je ne veux rien de spécial. Figure toi que je suis tombée sur un sorcier suicidaire qui a transplané en pleine rue, tu y crois toi ?" finit-elle, légèrement narquoise.

Mais l'un dans l'autre, elle préférait encore cette attitude qu'une franche confiance envers l'inconnue qu'elle était. Cela rassurait Natacha, il n'était pas irrémédiablement perdu, il y avait encore de l'espoir.


"C'est encore un peu dangereux de se montrer comme étant un sorcier, personne n'est sur quant à la manière dont vont réagir les moldus à cette découverte. Il m'a alors paru plus prudent de nous éloigner, avant que quelqu'un ne t'interpelle et que ça ne dégénère."
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MessageSujet: Re: Dure réalité   Dim 31 Jan 2010 - 21:34

La noirceur des lieux était oppressante. Au départ, Je misais sur cette situation pour croire que mon mal être en était la cause. Mais plus je restais là, debout, et plus ces impressions se confirmèrent.

Le plus troublant ce que je ne parvenais pas à identifier ce qu’il m’arrivait. Pourtant, j’avais le sentiment paradoxal de connaître ce que je ressentais, mais cela remontait à tellement longtemps que je l’avais oublié. Aujourd’hui, je me demande encore comment je suis parvenu à mettre de côté cette voix qui s’était installée en moi depuis ma dernière année à Poudlard.


Azaël ???
Oui Casey ?
Tu es toujours là ??
Bien sûr Casey.
Mais ?? Comment est-ce possible ?
Je ne t’ai jamais quitté Casey.

Finalement, ce sortilège qui m’avait atteint lors du labyrinthe des cancres était toujours en moi. Naïvement, je m’étais persuadé que mon évasion dans les terres du Qatar l’avait fait partir, mais non.

Pourquoi je t’entends à nouveau ?
Je serai toujours là quand tu auras besoin de moi Casey.
Je n’ai pas besoin de toi !
Détrompe-toi Casey. Le pays que tu viens de rejoindre est plus obscure que celui que tu viens de quitter.

Etait-ce aussi simple ? Cet ange banni des dieux était-elle là quand le malin pointait le bout de son nez autour de moi ? Et si tel était le cas, la Grande Bretagne était-elle en danger ? Que s’était-il passé depuis mon départ ?

Antarès tournait dans ma tête alors qu’à ce nom la voix d’Azaël se fit encore plus douce, presque apaisante.


- Les moldus ne remarquent jamais rien. répondis-je à la jeune fille d’une voix encore absente. J’avais repris le fil de la conversation comme si l’échange intérieur qui s’était produit avec Azaël n’avait duré qu’une seconde.

- Comment ont-ils réagi ... les moldus ... en apprenant notre existence ?

J’avais vraiment l’impression de débarquer.

- Je viens juste d’arriver. me justifiais-je pour ne pas passer définitivement pour un troll.
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MessageSujet: Re: Dure réalité   Jeu 18 Mar 2010 - 0:09

"Je l'avais bien compris" soupira-t-elle à sa piètre tentative d'excuse face à son ignorance.

Il n'y avait qu'un paumé de la vie qui ne pouvait pas savoir que le monde sorcier et le monde moldu étaient en bonne passe de ne former plus qu'un seul monde, rassemblant deux 'peuples' que tout opposait, mais qui pouvaient apprendre beaucoup l'un de l'autre, Natacha n'en doutait pas. Ses origines moldues et sorcières le lui soufflaient à l'oreille en ce moment même.


"Mais détrompe toi, aujourd'hui, les moldus voient bien mieux qu'avant. Ils scrutent et traquent le moindre signe étrange qui les informerait si leur voisin de toujours n'est en fait pas un sorcier qui s'est pris d'affection pour la vie dans un quartier moldu."

Natacha pencha légèrement la tête de côté, se demandant quoi penser de l'intonation de la voix de cet inconnu. Quelque chose titillait sa curiosité, mais elle avait encore assez de bon sens pour garder ses questions pour elle. A la place...

"Je m'appelle Natacha au fait."

Il y avait beaucoup à dire sur les moldus et les bouleversements qui avaient secoué la planète entière, sans distinction de genre, et dans un cas comme celui-ci, mieux valait connaître au moins le prénom de celui à qui elle allait remettre les pendules à l'heure.

Elle décala juste assez son parapluie d'au dessus de sa tête pour jeter un œil au ciel, toujours aussi gris, terne, désespérant. Natacha reporta son regard vers Casey pour lui proposer de l'accompagner.


"Je dois trouver une librairie dans le coin, on pourra discuter en chemin, si tu veux bien. Je tiens absolument à trouver cet ouvrage avant que la boutique ne ferme."

Elle ressortit son plan, mais constata avec tristesse que cette rencontre impromptue l'avait perdu une nouvelle fois. Et si elle arrivait à cette librairie avant la fermeture, ce serait bien grâce à Merlin lui-même. Elle fourra le bout de papier dans sa poche (elle marcherait au petit bonheur la chance, comme d'habitude) et se mit en marche, essayant de faire un résumé concis des réactions moldues.

"Les moldus sont assez suspicieux, de manière générale. Comme je l'ai dit, ça se sent que les moldus font plus attention à ceux qui les entourent. Ils ont peur et c'est compréhensible, tout ce qui est inconnu fait peur. Mais en Angleterre, il n'y a pas d'émeutes et pour le moment, la cohabitation forcée se passe plutôt bien.

Mais où étais-tu pour ne pas savoir tout ça ? Excuse-moi si c'est trop indiscret..."


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Dure réalité   Dim 18 Juil 2010 - 22:21

- J’étais loin.

Loin d’ici.
répondis-je d’une voix absente.

Je me mis en marche à mon tour. J’accompagnais une personne que je ne connaissais pas, pour aller dans un endroit que je ne connaissais pas plus. Je me demandais vraiment ce que je faisais là. Pourquoi j’étais revenu ?

---

L’éloignement, dans bons nombres de cas, est salutaire. Il permet de prendre du recule, de juger plus objectivement des situations sans pour autant être au coeur d’elles. Même si ce n'est pas irréversible, l'envie de s'éloigner est bien souvent motivée, par des besoins, des pulsions, enfin tous genres de ressentis psychologiques, formant le résultat à la question "Que dois-je faire ?", partir ou rester ?

Mais partir et être parti génère une angoisse très difficile à supporter. Dans mon cas, elle est produite par deux choses.

La première est, comme le disait Natacha, l’inconnue. Elle nous perturbe, produisant une peur sans réel fondement. Pourtant, elle s’apprivoise. L’esprit fini par trouver un moyen de rattacher progressivement cette inconnue avec quelque chose d’acquis ou maîtrisé. Par exemple, lorsque je découvris le quartier de la vieille ville d’Al Khuwayr, près du Golfe Persique, pour la première fois, j’avais vraiment eu l’impression d’étouffer dans une ambiance trop étrangère. Puis, en insistant, je constatai qu'en réalité, j'avais déjà ressenti cette sensation. C'était dans un autre endroit, certes différent, mais il y avait néanmoins un petit quelque chose d'identique. J’avais l’impression d’être sur un autre chemin de traverse.

Les magasins étaient bien moins richement décorés, mais il y régnait cette même ambiance mystique impalpable. J’avais fait le rapprochement. Je voyais dans ma découvert ce que j'avais déjà appris à connaître. Tout de suite, je me suis senti plus serein. Le voile de l’inconnue s’était levé. Soulagé de son poids, j’allais pouvoir m’y accoutumer plus facilement.

L’autre élément qui participe à cet effet d’angoisse est l’inconnue, encore. Mais il ne s’agit pas ici de la même inconnue. Il s’agit plutôt de celle qui fait que nous ne soyons pas continuellement au courant de ce que nos proches vivent. Leurs dernières lettres disaient que tout allait bien, mais qu'en était-il à présent ? Etait-ce toujours le cas ?

C’était cette peur d'angoisses qui m’avait fait revenir. Aussi rapidement que j’étais parti.

---

Il fallait que je me réhabitue à tout ça. Que je redécouvre mon pays et qu’il arrête de m’impressionner avec sa météo effroyable, sa saleté des rues par divers emballages multicolores, reflets d’une société accro à la consommation de masse, comme un junkie au crack.

Non. Je ne suis pas devenu un écolo aux bonnes mœurs. Ni même un nihiliste, mais il y a trop de différences entre les peuples pour acquiescer et digérer bêtement tout ce que l’on peut voir de dégradant et l’admettre avec facilité. Comme tous hommes, j’ai mes faiblesses, mais celle-ci me déconcerte car elle me montre vraiment à quel point je le suis. Il y a une très grande différence entre accepter (de l’être) et l’être (vraiment) ...

Pendant notre marche, j'essayai d’expliquer. Je passai sur les raisons qui m’avait poussé à partir et revenir et je lui présentai mon périple en terres Qatar presque comme un banal voyage. Il ne manquait plus que la projection photos de vacances pour rendre la chose encore plus pathétique et chiante du monde. Je m’abstins néanmoins d’entrer dans ce jeu, retenu par ma fierté et préférant n'aborder que des choses ayant un tant soit peu d’intérêt.

Cet interlude passé et forcé de se replonger dans le moment présent, la grisâtre reprenait son ampleur. En racontant mon voyage, c’était comme si j’étais parti à nouveau. Pas suffisamment pour y être ravi. Suffisamment pour être dégouté par ce que je voyais. La pluie, toujours la pluie. Le doute aussi, celui de ne pas savoir ce que la Grande-Bretagne devient. Je ne le savais pas vraiment, mais je ressentais pourtant les troubles qui pesaient sur les environs. Je remerciais, sarcastiquement et intérieurement, Natacha de m’avoir indirectement replongé dans tout ça. Quelle joie...


- J’ai pas envie de te poser des questions maintenant.

Je lui avais parlé très naturellement, détaché. Je n’avais effectivement pas envie de savoir et comprendre ce qu’il se passait ici tout de suite. Dans ma tête, j’étais encore loin. Je ne savais pas si elle pouvait comprendre le sens véritable de ma phrase, mais les expressions de mon visage, à ce moment là, pouvaient participer activement à la compréhension. J’arborais une tristesse terne qui s'accommodait si bien aux lieux ...

Je m'arrêtai. Dans ces conditions, je ne voulais plus continuer.


- On se connait pas. Tu n’as aucune raison de me faire confiance, comme je n’ai aucune raison non plus de te faire confiance, mais ... Viens, on s'en fout,on part ! Pas longtemps. A peine arrivé et tu veux déjà repartir, mon cher Casey on voit absolument que tu es un instable né. - Ecoute, je connais un coin super. Fais mon confiance. rajoutais-je assuré.

Je pensais déjà à tous ces paysages époustouflants. Non pas ceux du Qatar - cela aurait été trop récurrent - mais ceux de l'Irlande. J'avais envie de voir et sentir la vie, comme en voyant ces immenses étendues de verdures se dessiner à perte de vue, puis ces lacs créant les courbes des montagnes. Un spectacle géomorphologie varié revivifiant.

Je lui offris mon bras. Je voulais transplaner, m’envoler de cet endroit qui puait la mort.

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Natacha Melikov
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MessageSujet: Re: Dure réalité   Ven 1 Oct 2010 - 16:08

Une réponse vague, généralement, ça voulait dire que la question était indiscrète. Alors, Natacha ne questionna pas plus que cela Casey. Parce qu’au fond, elle se contentait très bien de savoir qu’il était partit loin, tellement loin qu’il n’avait pas vécu la prise de conscience des moldus vis-à-vis de leur existence. Le reste, la petite partie qui voulait savoir, n’était que de la curiosité mal placée.

Il lui emboîta le pas sans rechigner, satisfaisant justement sa curiosité mal placée. Le Qatar… Il n’avait pas choisis la porte à côté pour s’exiler et c’était déjà plus compréhensible qu’il ait du mal à se (re)faire à la vie en Angleterre. D’abord, le temps ne devait pas être le même. Le Moyen-Orient, c’était plutôt le soleil qui tape fort et le désert pour Natacha. Et la culture ne devait pas non plus aider à se réhabituer aux rues étroites, encombrées et sales de Londres. Il n’avait pas choisis le meilleur lieu pour transplaner et retrouver la civilisation occidentale.

Elle en était à hésiter entre un embranchement et un autre quand la réalité de la conversation revint vers elle. Natacha abaissa la tête, pas réellement surprise qu’il ne désirât pas lui poser plus de questions qu’il ne l’avait fait jusque là. Sans le vouloir, l’étudiante avait essayé de se mettre à sa place. Partir pour un pays inconnu, y rester pendant des semaines ou des mois, baigner dans ce nouveau monde jusqu’à tout oublier, son pays, les bouleversements qu’il subissait, pour devoir ou ressentir le besoin d’y revenir, découvrir que tout avait changé, que ce l’on avait quitté avait été fondamentalement modifié… En plus du tournis, ça ne donnait pas envie d’entendre un exposé minutieux de tout ce que l’on avait raté pendant l’intermède en terre inconnue.

Mais tout de même, de là à s’attendre à une telle proposition… Son plan n’avait plus aucun intérêt pour elle maintenant. Elle se mit plutôt à sourire, se faisant la même réflexion que celle que Casey se faisait à lui-même : à peine revenu, il voulait déjà repartir ! Le mal du pays était plus violent que ce qu’elle imaginait.


"Ça t’arrive souvent de faire ce genre de proposition à quelqu’un que tu viens à peine de rencontrer ?"

Et sa question était plus amusée que vraiment craintive. Elle était super douée avec une baguette et même sans baguette en fait, il faisait donc bien de ne pas lui faire confiance, tout comme elle ne lui faisait pas confiance, pas au point de lui confier sa vie en cas de besoin, en tout cas. Mais plus que douée en magie, Natacha avait une forte tendance à ne jamais refuser quelque chose qui pourrait se révéler intéressant. Au diable son bouquin ! De toute façon, pour maintenant, elle risquait de trouver porte close et devoir revenir une autre fois le consulter.

Natacha fourra son bout de papier dans une poche -définitivement- et accepta le bras que lui tendait Casey.


"Le rencard le plus rapide que j’ai jamais vu," dit-elle sur le ton de l’humour.

Peut-être faisait-elle une erreur, peut-être qu’elle acceptait la proposition d’un fou, d’un Opposant ou d’un psychopathe (les trois revenant au même, au final), mais avant cette drôle de rencontre, elle s’était faite à l’idée que sa journée allait rester sur le même schéma : course, boulot, dodo, tout ça sous la pluie. Natacha était plutôt contente de ce revirement de situation. Et tant qu’elle n’était pas téléportée dans un endroit glauque où elle devrait défendre sa vie et en repartir avec d’étranges pouvoirs… elle voterai oui !
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MessageSujet: Re: Dure réalité   Mar 26 Oct 2010 - 4:15

Je réponds à sa question par un simple mais franc sourire, car je trouve tout aussi incongru qu’elle accepte une telle proposition.

Je ferme les yeux, puis je tends mon bras et attends de sentir le contact pour commencer le transplanage.

Je ne suis pas expert. J'ai passé mon permis bien après Poudlard, car je déteste les effets.

Avec Natacha, dès le départ, je sens une différence avec mes transplanages habituels.

Je dois me concentrer pour penser à ma destination. Je vois des collines, à perte de vue. Elles s'étendent, recouvertes par une herbe luisante, verte émeraude, qui s’étale sous nos pieds. Elle parcourt les étendues et longe les lacs. Ce paysage a une réelle part fantastique.

Consciencieusement, je respecte les règles du transplanage.

Le début du processus de compression commence, mais il faut que j’insiste encore plus sur la teneur de mes souvenirs pour faire en sorte qu’ils enveloppent à la fois Natacha et moi.

Je pense que c'est comme ce que peut ressentir un pilote d’avion lorsqu’il entre dans une phase de décollage. Le cargo plein rend difficile la manoeuvre, mais en toute sincérité, j’assume totalement ma mauvaise maîtrise des procédés et je ne me permettrais pas de dire que mon chargement Natacha est la cause de ma piètre performance.

Bref, tant bien que mal, nous décollons transplanons.

Le processus est engagé. Maintenant je suis en pilotage automatique, il ne me reste plus qu'à subir.

Comme d’habitude, le phénomène me répugne. Cette sensation constante de suffoquer - un peu comme dans les transports en commun en période de grève ... - me donne l’impression d’éclater à plusieurs reprises.

La deuxième phase se termine, j’ai une nouvelle fois surmonté l’épreuve - accompagné cette fois - et nous sommes arrivés à destination. Avant de remercier ma passagère - comme un commandant de bord se doit de le faire - je veux tout de même m’assurer que nous sommes bien arrivés avec tous nos morceaux.

J’ouvre les yeux. L’angoisse de subir une mutilation vole en éclat. Une autre apparait.

Je n’y vois plus rien.

Mon horizon est plongé dans un noir absolu.

Mon esprit essaye de jouer avec moi, mais il ne fait que produire des formes abstraites qui apparaissent et disparaissent trop souvent pour être d'une consistance réelle. Naïvement, j’essaye de focaliser mon regard sur ces formes. Mais elles ne sont pas saisissables.

Je m’habitue à la pénombre, c'est progressif, mais les quelques formes que je devine un peu mieux restent toujours issues de l’imaginaire.

Ce choc me fit presque oublier mon lien avec Natacha.

A côté de moi, je la devine. De son visage, je ne vois rien je crois.

Nous sommes plongés dans une nuit noire, sans lune.

Nulle part.

Je veux lui parler, lui dire mon étonnement, lui justifier que je n'y suis pour rien, mais je me coupe dans mon élan.

- Lumos !

Je veux comprendre par moi-même.

Ma baguette s’illumine, mais sa lumière se propage difficilement. Les formes, au loin, restent inexorablement obscures. La noirceur dirige l’inqualifiable endroit qu'elle contrôle avec omniprésence. Elle s’étire jusqu’à l’infini.

Seul, autour de nous, un halo de lumière se dessine.

Je réoriente ma baguette et j’éclaire nos pieds.

Le tapis d’herbes est bien celui que j’imaginais plus tôt. Nous sommes arrivés à bon port, mais la comté des Milles Lieux me donne l'impression d'être plongé dans une autre période de l’année.

En hiver.
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