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 Les secrets

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Kephren Kaïtos
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MessageSujet: Les secrets   Lun 12 Jan 2009 - 2:43

- Ca fait plus de quatre mois que ça dure et je commence à croire qu’ils me prennent pour une scroutt.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce qu’ils font tout pour que j’y aille pas et ça commence à me faire flipper !
- Tu sais que quand tu es énervée ton accent remonte à la surface ?
- La ferme, Eden.

Le frère et la sœur étaient devenus inséparables. Eden découvrait les joies de n’être plus fils unique et appréciait sa petite sœur qu’il regrettait de n’avoir pas connu plus tôt. Pourtant, d'autres choses le poussaient à la surprotéger.



Tous les deux attablés devant des consommations à l’une des tables du Café discutaient depuis trente minutes de quelque chose qui mettait irrémédiablement Kephren en colère dès que le sujet était abordé: la résidence Kaïtos Céti. Il semblait à Kephren que tous les prétextes étaient bons pour l’éloigner de cette demeure dont Ellis, Menkar et Serena s’évertuaient à lui cacher l’adresse. Elle avait pu rencontrer Serena et Micka, la femme de son grand cousin mais les autres membres de la famille Céti lui étaient toujours inaccessibles. Elle doutait même qu’ils sachent son existence.

Ce n’était pas le seul fait troublant dans la vie quotidienne de Kephren. Il y avait aussi cette attitude outrageante des gens qui ne cessaient de la dévisager et l’habitude quasi hystérique d’Eden de la suivre partout et dès que c’était possible à travers les couloirs de l’école. Kephren pensait qu’il s’agissait d’une possessivité fraternelle mais, maintenant, elle songeait plutôt à une maladie psychologique rare qui consistait à lui prendre la tête et à l’empêcher d’aller faire et de parler à qui elle voulait. Bref, il était casse pied. Adorable mais casse pied.

- Tu es parano, Keph’.
- Non, on me cache quelque chose et je voudrais savoir ce que c’est. Tu sais toi ?
- Non, moi, ce que je sais c'est que t'es parano...
- Tu ne me mentirais pas, hein, Eden ?
- Ah que si, je te mentirai !
- Grrrr ! Je peux même pas te faire confiance !

Eden regarda sa sœur avec des yeux presque humides. Pourtant, elle aurait juré qu’elle n’avait pas dit sa dernière phrase de façon trop agressive pour qu’il la prenne pour lui. Il avait l’air nostalgique. Triste.

- Je déconnais, Eden... murmura Kephren en allant chercher le regard de son demi-frère.

Il tourna la tête vers elle et la prit dans ses bras en la serrant aussi fort que la première fois qu’il l’avait rencontré en Egypte. C’était le genre de geste qui faisait flipper Kephren. Elle avait l’impression que d’une minute à l’autre on allait lui annoncer qu’elle allait crever d’une maladie inconnue. Ils se comportaient tellement tous comme si... ils ne l’avaient pas vu depuis longtemps et qu’elle n’était que de passage.

* Comme si j’allais partir... disparaître. *

Eden la lâcha et se leva, prêt à partir :

- Je dois aller donner un cours, on se retrouve tout de suite après. Je t’emmène dîner.
- Tu recommences ! Tu me bookes et je ne peux rien prévoir d’autre !

- Non, c’est pas vrai, j’ai juste envie d’être avec toi. Pas toi ?
- Casse-toi, sourit-elle, je t’attends ici, j’ai des devoirs à faire en attendant de toute façon.

Eden alla vers la sortie. Kephren soupira lourdement en sortant ses affaires. C’était à n’y rien comprendre. Soudain, elle releva la tête en se tournant vers Eden qui était sur le point de franchir le pas de la porte :

- Au fait, Eden, se rappela-t-elle, c’est qui Egon ?

Eden se figea. Kephren pensa avoir commis une horrible bêtise. Le visage de son frère se ternit et il revint vers elle :

- Où tu as entendu ce nom ?
- J'ai surpris une discussion entre Micka et Serena dans le salon hier soir. C'est qui ?
- Elles disaient quoi ?
- Je sais plus trop, elle disait juste que "ça serait le plus difficile avec Egon." C'est qui ?
- Tu n'as rien entendu d'autre,
demanda Eden d'un ton pressant et très anxieux.
- Bah non, sinon, je te le dirai. C'est qui Egon, merde ?
- Un gars. Je te raconterai un jour, Keph', mais promets-moi que d’ici-là tu mettras ta curiosité en veilleuse. Je sais que c’est dur et que tu n’y comprends rien mais... on doit préparer certaines personnes à te rencontrer... tu... tu es son portrait craché,
dit-il mystérieusement avant de la laisser devant ses parchemins ouverts.

Kephren resta bouche bée.

* Effectivement, j’ai rien compris... *


- Le portrait craché de qui ? se demanda-t-elle. Mais Eden était déjà parti.

Elle passa l’éponge pour cette fois et se mit au travail, une fois encore étonnée d’être observée en coin par certains des étudiants présents dans la salle. Elle commençait à l’avoir l’habitude et ne s’en formalisa pas.






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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: Les secrets   Mar 13 Jan 2009 - 6:04

Il s’était levé après avoir laissé sous le drap une caresse sur la peau de la jeune fille allongée contre lui. Il s’assit sur le rebord du lit et tourna une dernière fois la tête vers elle avant de clopiner jusqu’à la salle de bain.

Il détestait cet endroit. Il le trouvait froid et impersonnel. Il n’y avait pas cette sensation permanente de n’être jamais seul et de partager des instants anodins mais néanmoins importants de la vie de ceux qu’on aime. Il n’y avait pas la chaleur du brouhaha de la Résidence Kaïtos si ce n’était une fois par semaine le sourire ravageur de Rhidow. Ce loft, ce n’était pas chez lui. C’était chez elle. Et c’était chez Mallhouwen et ses amants. On ne trouverait nulle trace de son existence entre ces murs car il refusait obstinément d’y laisser plus qu’une paire de chaussettes, un caleçon ou un t-shirt. S’il continuait de venir sans laisser voir le malaise, c’était pour elle. Il percevait son silence comme une réparation de la grossière erreur qu’il lui avait fait vivre plusieurs mois auparavant quand, de retour du royaume des morts, il souhaita s’en aller au royaume de l’oubli. Il avait aussitôt regretté sa décision bien que celle-ci lui parut juste et fondée au moment où il la prit.

Il n’y avait pas la chaleur et les clameurs quotidiennes auxquelles il s’était habitué à TASKS mais il y avait cette jeune femme qui continuait paisiblement sa nuit dans ses draps de coton. Il était revenu sur ses pas alors qu’il était sur le point de franchir la porte de la salle de bains. Il l’avait serré assez fort pour sentir, à travers le drap, la nudité de la jeune fille mais pas assez fort pour la réveiller. Il avait abandonné un baiser sur son épaule avant de retourner définitivement à la salle de bains avec ses pensées.

Quand il en fut sorti, la jeune fille dormait toujours. Un rapide regard vers la montre murale aux multiples aiguilles lui stipula qu’il n’était pas en avance. C’était lui qui ouvrait La Maison. Mieux valait ne pas faire attendre Leigh.

Avant de refermer la porte et de s’enfuir dans la nuit de cette journée où une fois de plus le soleil ne se lèverait pas, il se promit de lui parler de tout ça ce soir. Et si Mademoiselle flippait, ça serait son problème. Il se sentait remis de beaucoup de tares qu’il traînait depuis quelques années. Les cicatrices restaient mais il avait appris à vivre avec celles qui défiguraient son âme. Pourquoi se priverait-il de lui partager ses attentes? Il avait longtemps ressenti des craintes à partager avec elle les réels désirs qu’il avait. De peur de la froisser. De la pousser dans ses retranchements. De la perdre aussi, un peu…

Vêtu d’une mélancolie qui ne le quittait que rarement, il s’enfonça dans le brouillard matinal et transplana jusqu’à la ruelle qui menait à TASKS. Il y passa le plus clair de la journée à discuter avec les familles qui étaient arrivées dans la nuit de différentes provinces anglaises. Ariane le rejoignit pour un déjeuner tardif. Ils parlèrent longtemps de la nécessité de trouver de nouveaux fonds et du nouveau personnel. Il se lassa assez vite de la discussion et ne trouva comme excuse qu’une fuite qu’il jugea néanmoins subtile car il savait qu'elle refuserait.
- Puisque ça a l’air si urgent, dit-il de sa voix rauque, au lieu de brasser du vent, allons-y. On se pointe à Poudlard et on recrute sur place. Par contre, t’entendre broder sur nos échecs quand je trouve que nous fonctionnons plutôt bien étant donné notre faible capacité logistique, ça me donne envie de vomir mes cinq derniers repas. Debout, la grosse, on y va.

Ariane ne se heurta pas. Les deux responsables de TASKS avaient pris l’habitude de se parler sans détours ce qui, quelque part, le soignait du reste des craintes qu’il ressentait vis-à-vis de celle qu’il aimait. Il s’obligeait à ne jouer aucun jeu de patience et à n’être que lui-même avec quelques personnes bien choisies. Par cette pensée, il se sentait monstrueux. Il se demandait s’il devait associer cela à un mensonge. Si tel était le cas, la discussion s’imposait au plus vite.
- Je dois bosser avec Leigh le budget des animations pour les enfants… je peux pas. On peut y aller demain si tu veux?
- Non. J’y vais maintenant. Ca me changera de la paperasse. A ce soir. Je repasserai certainement avant de rentrer.
- Comme tu veux.

Il transplana non loin de l’école, se rendant en un premier temps dans le bureau des professeurs pour les informer de sa présence. Sa présence si près de Lui le rendait toujours un brin fébrile. Comme si L’Ombre avait un peu plus d’emprise sur lui quand il en était proche. Le ciel déjà sombre s’obscurcit dès son entrée au château. Les nuages commencèrent à poindre. L’air devint humide. Il savait maintenant qu’Il savait sa présence. Devait-il aller faire une visite de courtoisie? L’Ombre était-il le genre d’être à qui l’on offrait une visite de courtoisie?

Il décida qu’il était préférable de s’en tenir au programme envisagé. Chercher quelques têtes qui pourraient être intéressées par le volontariat, prendre des noms et des adresses et s’enfuir très vite d’ici. Il n’aimait pas Poudlard. Plus correctement, il méprisait l’endroit. Poudlard lui avait donné puis reprit sans prévenir une chose qui, bien que sa dépouille fût ailleurs, restait malgré tout implanté dans la moindre brique, le moindre saule, le sol et le vent.

Conseillé par les professeurs, il se rendit au Café Campus:
- Là-bas, ils sont tranquilles et entre eux. Tu pourras déposer une annonce au bar si tu le veux, lui conseilla Berenice Allen.

Il n’y avait jamais mit les pieds. Sur le chemin, il croisa des étudiants et trouva qu’il passait tout à fait pour l’un d’eux. D’ailleurs aucun ne le regarda de travers ou ne nota sa présence étrangère.

Il poussa la porte du Café Campus où plusieurs groupes d’étudiants discutaient et sifflaient leurs bieraubeurres de fin de journée.

Ses yeux passèrent de têtes en têtes. Il n’avait pas encore imaginé la façon dont il irait vers eux. La démarche était inaccoutumée. Il jugea préférable de commencer par les étudiants seuls. Peut-être même par les filles. Un sourire charmeur était plus vendeur et son entraînement serait plus mûr. Il avisa une d’entre elle, assise devant ses ouvrages et parchemins de cours. Il marcha vers elle en répétant dans sa tête les premières bribes d’un discours qu’il aurait sans doute dû mettre au point avant de se décider à aller vers les gens.
- Salut, commença-t-il pour la faire se retourner. Il arriva à sa hauteur. Je m’appelle… Un crac résonna tout au long de son échine. Pourtant l’origine sismique était le cœur. Son sang reflua à vitesse grand v dans la moindre de ses veines. Ses artères étaient en saturation. Ses jambes se dérobèrent. Il vacilla, s’attrapant de justesse à la table. Il osa, douloureusement captivé, lever une deuxième fois le regard sur cette fille.

Le prénom resta cloué à sa gorge. Il n’osa pas le prononcer. Il en avait eu des rêveries à son sujet mais il pensait en être totalement guéri. Il ne guérissait pas d’elle mais de l’absence d’elle. Deneb.
Il resta debout, appuyé à la table et le visage plus blême que le caleçon de Merlin à la contempler sans cligner des yeux.

"Un fantôme? Une audace de l’imagination? Une cruauté anachronique?"

Un silence éternel.




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Kephren Kaïtos
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MessageSujet: Re: Les secrets   Mar 13 Jan 2009 - 14:53

- "...d'autres part, les Sortilèges du Temps sont des sortilèges complexes à réaliser et qui nécessitent parfois le concours d’un objet ou d’une potion à cumuler avec la formule de base. Pour traverser les couches temporelles vers le passé ou le présent, nous conseillons aux sorciers de préférer les objets magiques inventé à cet effet..." lisait Kephren en suivant avec son doigt les lignes de son grimoire.

Depuis le départ d’Eden, elle avait déjà écrit plusieurs notes et préparait un devoir pour son professeur de Sortilèges en Sciences Magiques des Sortilèges. Elle aurait voulu l’épater en parvenant à maîtriser un sortilège compliqué mais, à la lecture de ce grimoire, ce n’était pas une partie de plaisir:

* Ouais bon, bah alors à quoi ça sert d’écrire tout un bouquin de 500 pages sur les Sortilèges Remonte-Temps si c’est mieux d’utiliser des objets ? *

Les sorciers aimaient tellement écrire sur l’impossible. Ce qui rendait par ailleurs plus attractif certaines formules passées désuètes. En occident, elle avait l’impression qu’ils se servaient de plus en plus d’objets ou d’outils magiques que de leurs baguettes. Kephren, elle, elle voulait un jour avoir une maîtrise parfaite de cet outil. Le seul qui valait vraiment le coup à ses yeux car c’était le sien, fait et choisi pour elle seule.

Elle se souvenait du jour où elle l’avait acheté. Avec Kateb et Assoun, deux de ses oncles, ils étaient allés au souk. Sous les centaines de paravents colorés et empoussiérés, il y avait dans un petit coin reculé un homme du nom de Josué Antiop. C’était un marchand juif qui avait son étale de fruits et légumes dans le souk du Caire depuis des temps que plus personne de vivant ne pouvait estimer. Son étale n’avait que des mets pourris et personne ne venait jamais les lui acheter. Kephren, du haut de ses onze ans, en voyant ces fruits moisis espérait de toutes ses forces qu’on ne l’oblige pas à en goûter pour quelque espèce de rituel magique que ça soit. Ca la rassura de voir que sa seule raison d’être était de protéger le passage devant lequel il se tenait. Il suffisait de toucher un des fruits que le vieux tendait et, au loin, dans la ruelle, une porte en terre jaune séchée s’ouvrait dans la façade d’une cour.

Kateb avait poussé Kephren vers l’ouverture et ils étaient arrivés dans un splendide endroit où les odeurs de myrrhe, de dattes fraîches, de fruits exotiques, de parfums et de tissus teints se mélangeaient à travers les longues échoppes resplendissantes qui bordaient un long passage menant à un temple.

- C’est le Temple de Jesminder Akhenaton. Le centre administratif d’Egypte. Il y a la banque, la Ministère de la magie et Centre des cheminées.

Ils marchèrent jusqu’à la boutique d’une vieille et immense dame qui était assise sur de gros pouffes en cuir de chameau aussi ronds et lourds que ses seins. Elle ne se leva pas à leur arrivée. Le magasin sentait très fort le tabac à chicha. En effet, dans un coin de la boutique, un groupe d’hommes fumaient en discutant en arabe.

- On vient pour la première baguette de la petite, expliqua Assoun.

La chaleur qui régnait là était insoutenable. L’odeur du tabac suffoquaient les poumons de Keprehn très impressionnée par l’ambiance qu’il y avait mais elle ne se plaignait pas. Elle se contentait de serrer la main d’Assoun dans la sienne pour qu'il ne la laisse pas ici toute seule.

La vieille dame dévisagea très longtemps Kephren avant de sourire. Elle sortit sa baguette de son décolleté très fourni et bandé de rubans et de voiles qui constituaient sa robe. Elle fit parvenir devant Kephren une petite boite en carton sortie des étagères acotées aux allées de la boutique:

- Ouvre-la, ma fille, prends-la dans ta main et pointe la sur moi si tu le peux.

Très lentement, Kephren s’effectua sans toutefois lâcher la main d’Assoun qui récupéra la boîte vide. Dès que la baguette fut dans sa main, le morceau de bois se mit à réagir. Une forte lueur jaune en premier puis un crépitement sourd quand elle la tendit fébrilement vers la grosse femme.

- Dis "lumina", c'est un sortilège très simple, en l’agitant très lentement de haut en bas, demanda encore la grosse femme sans bouger de son assise.
- Lumina... répéta timidement Kephren.

Une douce lumière topaze jaillit de la baguette et se dirigea vers la femme qui ne bougea pas alors que Kephren était apeurée à l’idée d’avoir envoyé son premier sortilège officiel. Le sortilège n’avait que pour effet de rehausser tout ce qui portait déjà un reflet lumineux. Les verres, la porcelaine d’une chicha, les bijoux pendus aux oreilles et au cou de la femme. Les hommes qui fumaient s'étaient arrêter de discuter et regardaient à présent avec fierté la naissance d'une nouvelle sorcière. Tout le monde applaudit dans la boutique et le lieu sembla moins sordide à la petite fille:

- C’est ta baguette: bois de sureau et sang de sphinx... avec ce que tu dégages, ça pouvait difficilement en être autrement.
- Ce que je dégage ?

Kephren fut sortie de ses réminiscences par la présence d’un jeune homme à peine plus vieux qu’elle qui se tenait à côté de sa table. Elle retira les lunettes qu’elle avait sur le nez et se tourna vers lui qui ne termina jamais de se présenter.

Il semblait avoir un malaise alors la jeune égyptienne s’inquiéta. Elle prit son verre vide, le rempli d’eau et le proposa à l’inconnu dont les yeux exorbités restaient plantés sur elle. Elle avait eu l’habitude de recevoir tout type de regard étonné ou tourmenté mais celui-ci battait tous les autres en dilatation de la pupille. Elle eut l’impression, au bout du très long moment de silence où il ne bougeait plus, accroché à la table comme à une bouée de sauvetage, que s’il était dans cet état de torpeur c’était de sa faute.

Soucieuse, elle finit par se lever avec son verre et le lui mit dans les mains:

- Bois, lui imposa-t-elle tranquillement.

Ca ne s'arrangeait pas vraiment... Tant qu’elle ne savait pas ce qu’il avait, ça servait strictement à rien d’appeler Auror-Secours. Elle posa une main compatissante sur son épaule, se leva et l’accompagna pour qu’il s’assoit sur la banquette d’en face. Elle lui mit presque le verre dans la bouche pour qu’il boive:

- Ca va ? C’est un malaise ? Tu veux quelque chose ? Qu’on appelle quelqu’un ?

Kephren se retourna vers le bar où les deux étudiants qui faisaient le service aujourd’hui étaient occupés à draguer deux filles de première année. Elle fouilla alors dans son sac et en sortit un petit sachet qu’elle vida dans le verre laissé par Eden. Elle le remplit aussi d’eau et mélangea le tout d’un mouvement léger de la main avant d’échanger le verre intact que portait l’inconnu avec celui où elle avait mis une Potion de Relaxation.

- Tu as perdue ta langue, sourit-elle, tiens, prends ça, c’est une petite Potion de Relaxation. Je l'utilise quand je suis un peu stressée à cause d'un examen. Si ça va vraiment pas, je t’accompagne à l’infirmerie... à moins que tu préfères faire un tour dehors pour prendre l’air ? Tu me fais un peu peur pour de vrai... j’aimerais bien que tu causes un peu sinon je vais me sentir mal, tenta-t-elle de rigoler.






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MessageSujet: Re: Les secrets   Dim 18 Jan 2009 - 1:25

Au-delà de sa parfaite ressemblance avec Deneb, cette fille était un prodige qui le désarçonnait. Ses yeux turquoise restaient fixement harponnés à son visage amical et doux cependant qu'elle tentait de le faire boire. Sa bouche restait close. Seuls les yeux étaient grands ouverts. Ils ne clignaient pas.

Que se passerait-il s'il fermait les yeux maintenant? Se réveillerait-il ailleurs? Peut-être qu'il les ouvrirait pour se rendre compte qu'il était réellement dans un tout autre lieu. Encore sombre. Il serait allongé sous le drap de coton du loft étranger. Il se lèverait alors d'un coup avec un goût amer dans la bouche et les yeux picotant. Il se frotterait le visage en sueur, caresserait la cuisse pâle de sa petite amie comme pour confirmer qu'il était bel et bien sorti de la geôle du rêve où il croisa Deneb Kaïtos Céti et où il la trouva si vraie qu'il pensait s'être trompé depuis toujours: ''Elle n'est pas morte. Elle a toujours été vivante. Elle a vieilli, quelque part, sans me le dire. Elle est revenue et elle m'inflige sa cruelle douceur et sa sobre indifférence pour me punir de l'avoir laissé tomber.'' Il était sur le point de s'excuser de ne pas avoir eu les bras ni assez prompts ni assez forts pour la retenir de sa fatale chute. Mais tout ça, cette rencontre, n'était qu'un rêve. Il allait bientôt se réveiller.

Non. Elle était toujours en face de lui. Elle parlait. Il n'entendait rien.

Ce matin aussi était-il un rêve? Dort-il? Où dort-il? Depuis combien de temps dort-il? Quand va-t-il se réveiller? Qu'est qui est vrai, qu'est-ce qui est faux et depuis combien de temps? "Ai-je toujours dormi et je m'aperçois seulement maintenant que ma vie n'est qu'un grand songe? Suis-je en train de me réveiller pour la première fois ou vais-je bientôt me réveiller pour achever ce très long rêve?"

Tout était confus. Son cerveau était en crise. Il avait vécu sept années de plus alors il était près à croire que cette anomalie ne fut qu'un mauvais rêve dans un autre très mauvais rêve. Que tout ce qui avait suivi la mort de Deneb n'était qu'un rêve. Oui. C'était cela. Un jour, apathique, il s'était endormi dans l'ombre du studio. Il avait fermé les yeux qui le brûlaient d'avoir trop pleuré et il avait décidé de dormir et de ne plus jamais se réveiller. Depuis ce jour, tout était faux.

Sa torpeur le mena très loin dans les développements incohérents et déraisonnables de ce qu'il lui arrivait. La seule chose dont il ne doutait pas était que Deneb était morte un jour. Sa douleur avait été trop forte et trop épuisante pour n'être pas réelle. Il n'avait rien connu de comparable alors un rêve ou l'imagination ne pouvait pas fabriquer une telle atrocité, une telle violence dans l'affliction et le désespoir.

Le liquide bleu de sa rétine se mit à remuer. Il reprenait conscience: "Deneb est morte."
Il prit le verre que la fille lui tendait. Tout ce qu'elle avait dit jusqu'ici était resté une rumeur inaudible de sons étouffés. Le goût nauséabond de sa boisson finit par lui rendre l'usage de tous ses sens. Aussi se rendit-il compte que son bras le faisait souffrir.

Son tatouage endormi depuis plusieurs semaines le relançait jusqu'à l'ossature du coude. Il agissait avec une telle force qu'en de rares occasions et principalement à l'approche de danger imminents.

Flash-back
28 septembre 2010.
Asie.

Deux hommes se tiennent tapis derrière deux palmiers d'une palmeraie vietnamienne. Une lourde pluie pourfend la chaleur tenace qui vole l'air respirable à toute âme qui vive. D'ailleurs, ils sont essoufflés. Avec précaution, ils transplanent deux palmiers plus loin. Vers une petite hutte cachée dans la forêt. Ils tiennent chacun un long et fin morceau de bois dans l'une de leur main. Leur baguette. L'un des deux a le regard attiré par l'épaule du premier. A travers le tissu de son t-shirt que la pluie a rendu diaphane, il voit un étrange symbole briller sur la peau de son camarade.
- Ton tatouage. Il réagit. Nous n'avons pas réussi à les semer... ils doivent encore être sur notre trace.
- Ce ne veut pas forcément dire que ce sont des Opposants. Juste un danger... juste un danger...
- Je m'en fous de la précision. Il y a un danger.
- Ca me tue, se plaignit le premier en s'étreignant l'épaule.
- Je peux faire quelque chose?
- Non, c'est rien. Ca veut juste dire que le danger est imminent. Si tu ne les 'perçois' pas, c'est que c'est pas eux le danger!
- Je ne vois rien. Je n'entends rien. Tu es sûr que...
Le second remet implicitement en doute la capacité du tatouage.
- Il ne se trompe jamais...

Effectivement. Deux minutes plus tard, deux loups-garous transplanent devant eux avec une précision déconcertante, les crocs déjà ouverts sur leur visage. Ils n'ont pas le temps de brandir plus haut leurs baguettes. Les deux Résistants transplanent en catastrophe après que le second fourre dans l'esprit du premier:
//Canton!!!//
Un violent coup de tonnerre retentit dans le ciel. Les deux loups marquent une micro pause en levant leur museau vers les cieux. Les deux hommes s'attrapent prestement la main. Crac. Ils arrivèrent à Canton où la même pluie bat sur la ville.
- On a eu chaud.
- Il ne se trompe jamais.
- Je sais. Mais je préfère croire que, toi, tu es défectueux plutôt que d'imaginer que les pouvoirs de cette garce d'Impartial me sont encore trop limités.
- Limités? Parle pour toi. A part animagus, qu'est-ce que tu ne sais pas faire?
- La cuisine...
- Bon. On a foiré.
- Vraiment? Tu iras le dire à mon fils. Nous sommes vivants. Pour moi, c'est une réussite. Au fait, à part virer au rouge, il fait quoi ton tatouage?
- Jaune.
- Ca veut dire?
- Rencontre ou approche d'une personne importante pour moi.
- Toujours avec la sensation de brûlure?
Il hoche la tête.
- Quelle couleur il était pour moi? Fait l'autre intrigué.
- Jaune.
- Intensité de la brûlure?
- Tu m'as fait un mal de chien.
Le second parait satisfait.
- Super. J'adore faire sensation.
- Et noir...
- Pour?
Hésitation que le second ne manque pas de remarquer.
- Pour Isis par exemple, se soumet le premier.
Silence que le premier ne manque pas détester.
- Et pour Deneb par exemple...
Il hoche la tête.

_________________________


Il se frotta l'épaule en sachant que ça n'apaiserait rien tant qu'il ne s'éloignerait pas d'elle ou qu'il ne saurait pas la raison de cette virulente douleur. "Quelle couleur?" cauchemardait-il en dévisageant la fille. Il reposa le verre sur la table.
- Merci. C'était juste un malaise, ça va passer.

Elle le regardait comme s'il lui était inconnu alors il admit qu'il lui était inconnu. Il la regarda avec moins de stupeur et plus d'attention. Elle avait l'air plus adulte que les dernières images qu'il avait de Deneb. Elle portait des lunettes. A sa connaissance, la Poufsouffle avait toujours eu une très bonne vue. Son teint était plus bronzé et l'intonation de sa voix plus grave. Elle n'était pas Deneb.
"Mais alors qui est-elle?"

Il se raisonna et retrouva la totalité de ses moyens, de son discernement et de sa perspicacité. Il devait en apprendre plus sur cette personne. Comment se faisait-il qu'une ressemblance aussi impeccable fût possible?
- Je travaille dans une association soutenue par le Ministère de la magie. TASKS. Je venais recruter de nouveaux bénévoles, dit-il en la dévisageant toujours.




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Kephren Kaïtos
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MessageSujet: Re: Les secrets   Mar 27 Jan 2009 - 22:05

* Il parle ! L’homme parle ! Happy me ! *

Kephren sourit à son mystérieux interlocuteur. Elle nota qu’il se frottait l’épaule machinalement mais n’insista pas sur le détail. Il paraissait bien mal en point. En tout cas, il parlait et c’était tout à son honneur. Ca le rendait moins inquiétant.

- Une association ?
reprit-elle. Tu veux me recruter ?

Son ton était volontairement badin. Elle souhaitait qu’il arrête de la regarder comme il le faisait. Tiens... il arrêtait. Son expression changeait. Il avait un air décidé. Keph n’était pas certaine de préférer cet air là. Elle eut soudain l’impression qu’il la détaillait comme une pièce de musée.

- Pourquoi pas, dit-il. Vous faites quoi dans la vie ?
- Etudiante, répondit-elle en lui montrant ses livres, ça se voit pas ? Tu peux me tutoyer, tu sais. Je ne suis pas une grande dame !
Il sourit en coin, un petit sourire ravi, malicieux et détendu:
- Un point pour toi. J’essayais d’être pragmatique.... et poli de surcroit.
- La politesse est dans les manières pas dans les paroles. Tu es poli. Bizarre mais poli.

En tout cas, il avait l’air d’aller mieux. Kephren referma ses livres et les empila sur le côté.

- C’est pas un moyen pour draguer incognito, le coup de l’association ?
Fit Kephren en le dévisageant gravement.

Il se mit à rire en faisant des petits non de la tête et mit un certain temps avant de répondre. Il la dévisageait toujours, elle en était certaine, et elle saurait le fin mot de tout ça. Cet homme là voulait quelque chose d’elle, elle le sentait dans la façon dont il la regardait. Néanmoins, elle accepta de jouer son jeu.

- Je ne drague pas.
- Tu as une copine ?
- Oui.
- D’accord... on va dire que je te crois.

Il sourit en baissant les yeux sur sa sacoche d’où il tira deux dépliants. Sur les deux couvertures, il y avait la photo d’un grand hall où étaient assis des dizaines d’enfants et d’adultes. Le premier dépliant s’appelait "Tetis And Sutham Kin Safekeeping – Ouvrez les yeux et le cœur – Les Enfants de La Maison" et le deuxième portait le même nom mais s’adressait à l’aide pour les adultes.

Kephren les saisit et les parcourut rapidement en commentant:

- "Sutham" ? C’est un nom que je connais.

L’homme parut intéressé:

- Comment ?
- Ma tante et la femme de mon cousin que, soit dit en passant, je n’ai jamais eu le droit de voir, en discutaient la dernière fois... enfin, laisse tomber. C’est des secrets de famille qu’ils me font tous et ça m’énerve. Je sais pas qui c’est ce Sutham mais j'ai déjà entendu son nom.

Le charmant regard du recruteur vogua dans le vide. Elle sentait qu’il ne la regardait plus et qu’il était perdu dans des pensées. Elle replia les dépliants qu’il se précipita de reprendre.

- Je préfère que tu m’en parles toi-même. C’est quoi ton association ?
- Nous nous occupons des personnes dont les familles ont été décimées à cause des morts subites et nous prévenons ces mêmes décès en obligeant les garçons à aller à Ste Mangouste pour le dépistage et le vaccin. Nous fournissons logement temporaire ou famille d’accueil quand c’est possible... Pour les enfants, c’est la même chose sauf que nous les gardons à La Maison. C’est ainsi que les enfants ont nommé l’association. Ils sont tous sorciers et certains développent des capacités qu’ils ne savent pas maîtriser... on leur apprend. Ils ont des cours...
- C’est généreux... tu y fais quoi, toi ?

Il hésita avant de répondre. Kephren, par intuition, prit l’hésitation pour une appréhension. On aurait dit qu’il ne voulait pas répondre. C’est ce qu’il fit, il évita de répondre. Elle n’était pas dupe mais ça l’intriguait. Elle voulait la jouer fin pour découvrir ce qu’il cachait. Elle n’insisterait pas... pour l’instant:

- J’y travaille. On est plusieurs bénévoles et salariés mais nous avons de plus en plus de mal à trouver des volontaires pour s’occuper des enfants d’âge moyen, les ados.
- Je suis irresponsable, ce n’est pas un truc pour moi. M’occuper de moi, c’est déjà une sorte de challenge quotidien, alors m’occuper d’enfants... ça serait injuste pour ces gamins de me confier une telle mission.

Il paraissait soulagé par la réponse de Kephren. Ca ne manqua pas d’énerver l’étudiante qui se pencha vers lui avec un air inquisiteur :

- Bah alors ? T’essayes pas de me convaincre ?!

- Non.
- Bah pourquoi ?

Pas de réponse. Seulement ce regard bleu qui la dévalisait de toute son assurance. Elle se sentit rougir:

- Tu veux quoi ?
- Rien. Je vais m’en aller, ça vaut mieux, dit-il en se levant déjà.
- Ca vaut mieux pour quoi ?!

Kephren se leva aussi et le retint en lui posant la main sur l’épaule qu’il se frottait continuellement:

- Pourquoi ? Non, ne pars pas ! Je veux savoir pourquoi tu me regardes comme ça ! Pourquoi tout le monde me regarde comme ça depuis que je suis arrivée à Poudlard ! Tu sais quelque chose, je le sens, on ne me la fait pas à moi ! Qu’est-ce que tu caches ?

Kephren avait laissé tomber toutes les barrières et tous les faux-fuyants. Elle le retenait avec poigne si bien que pour se détacher de son emprise, le recruteur aurait dû se dégager avec violence. Ses yeux brûlant ne s’éteindraient pas face aux yeux verre d’eau. Elle l’affrontait du regard et cette fois, elle obtiendrait quelque chose, n’importe quoi, mais quelque chose pour s’expliquer la raison de ces comportements fuyants, curieux et tellement similaires.

- Réponds-moi ! Vous partagez tous un secret ici ! Je veux savoir lequel.






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MessageSujet: Re: Les secrets   Sam 6 Fév 2010 - 11:40

Elle se trompait. Il ne partageait rien avec le 'vous' dans lequel elle l'inclut avec tant de promptitude. Il avait été écarté des secrets. Sans le savoir encore, elle constituait l'objet même des mystères après lesquels elle courait: "C'est toi les secrets... ce n'est pas Sutham, ni Kaïtos, ni les vous, ni les quoi ou qu'est-ce... c'est toi."

Egon réfléchit à ce qu'elle réclamait en prolongeant sur son visage une attention dont il avait beaucoup de peine à dissiper l'attrait macabre. Dans l'ourlet de sa lèvre, il regarda les baisers autrefois échangés. Le premier surtout. Dans un couloir du château où il n'avait trouvé que ce moyen pour la retenir de s'en aller furieuse tant elle ne comprenait pas le comportement ascétique qu'il avait vis-à-vis d'elle. C'était simple à l'époque. Il avait treize ans, elle en avait douze et lui dire 'tu me plais' était toute une sinécure. Dans le grain de sa peau, il distinguait les caresses. Dans ses yeux, avant d'y prendre garde, il fut noyé par une pluie d'images du passé avec Deneb. Il les avait rangés loin dans sa mémoire. Dans un royaume où rien n'avait bougé, rien ne devait bouger et rien ne bougerait.

Il ne lui laisserait pas bazarder son beau rangement. Parce que devant ces souvenirs, pour en bloquer la porte, il avait placé les mois de déchirement et de mutisme auquel il ne voulait plus jamais avoir affaire. Puis, par-dessus ce monceau de mémoires douloureuses, il avait fait la part belle aux semaines de guérison passées auprès d'Isis, aux nouveaux amis, à la nouvelle vie et aux nouveaux enjeux. Les secrets devaient être brisés. Elle avait raison. Alors brisons:
- Tu ressembles à mon ex, révéla-t-il froidement. Et ça me dérange.

Jetées comme deux lames, il pensait se satisfaire de ces deux révélations et s'épargner d'autres questions en fuyant sa compagnie devenue insupportable. Il la contourna et se dirigea vers la porte du Café Campus qu'il ne franchit pas. Dix mètres avaient suffit à allumer la colère et le besoin de la laisser se manifester. Sous l'impulsion de la violence que ses réminiscences avaient causée, son poing parti fendre l'encadrement de la porte. Plusieurs regards se tournèrent vers lui. Dehors, l'orage et les nuages s'intensifiaient. Un éclair cliva en dizaine de brisures lamellaires le Café Campus de sa lumière argentine.

Egon revint sur ses pas. Auprès de cette fille à l'apparence d'un portrait endeuillé. Démarche emportée. Rapide. Exaltée. Regard sombre qui lui faisait plus de reproche qu'elle méritait. Il lui décerna un regard d'une violence épurée de toute retenue. Un dégoût profond qui remontait comme hoquet après que la tasse fût si dure à avaler.

Elle ne paraissait pas savoir à qui elle ressemblait. Cela le déconcerta d'autant plus, comme s'il fut une plaisanterie de mauvais goût qu'une personne sur cette Terre ne connût pas le doux visage de Deneb Kaïtos. Pis encore, une personne qui lui ressemblait tant.

Egon la saisit violemment par l'épaule pour l'emmener à l'écart. Il la bloqua contre un mur.
Soucieux, un garçon hésita mais finit par s'approcher d'eux:
- Ca va? Besoin d'aide mademoiselle?
Le jeune directeur de TASKS planta un regard acéré au milieu du visage du garçon:
- Tu dégages.
Il savait très bien à quoi ça ressemblait et il en était désolé.
- S'il te plaît, se força-t-il à ajouter avant de se retourner vers la fille.

L'autre lambina jusqu'au comptoir, plus remué que s'il s'était pris une raclée. Récusant, auprès de son colloque d'amis, la façon dont l'inconnu venait de le jeter, il commanda à boire et prétendit que tout allait bien, ce n'était qu'une dispute de couple. Egon lui ferait son affaire avant de sortir.

- Tu es le portrait craché de la fille qui... que...

Comment finir cette phrase? Il se pensait immunisé contre l'embrassement lacrymal que provoquaient en lui certains concepts relatifs à Deneb. Il se força à finir. Sa voix était dure pour mieux cacher la boule qui essayait de s'insinuer dans sa gorge et de lui faire monter la larme aux yeux:
- Le portrait craché de la fille qui a sauvé mon âme. Deux fois. Une fille qui a beaucoup compté. La première... Elle est morte. Et tu lui ressembles comme une sœur. Plus vieille... plus bronzée... les lunettes... la peau...
Il la contemplait avec intensité, lui dérobant jusqu'aux grains de beauté les plus similaires qu'elle avait en commun avec Deneb et qu'il n'avait pas oublié.
- Sutham, continua-t-il sur une voix menaçante. Je m'appelle Egon Sutham. Qui es-tu? Qui t'envoie?

Il y avait encore une dernière solution à cette illusion. Elle n'était qu'un double. Un Opposante zélé lui envoyait ce pieu personnifié dans le cœur.

HJ: Ne peux conclure qu'en deux fois. Tu m'aides? Very Happy




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MessageSujet: Re: Les secrets   Mar 13 Avr 2010 - 19:22

- Personne ne m'envoie ! Tu es un paranoïaque qui s'ignore ou je n'y connais rien !

Les nombreuses informations qu'il donna à Kephren la déstabilisèrent. Elle comprit tout en une seule phrase… le comportement bizarre des Kaïtos, l'interdiction d'approcher la demeur des Céti, et certainement que Baten Kaïtos ne devait pas savoir non plus qu'elle existait… les précautions de l'entourage d'Egon et de ce cousin qu'elle ne connaissait pas… elle était la réplique d'une morte.

Elle n'aurait jamais imaginé à quel point sa présence en Angleterre, son existence en elle-même, pouvait déranger à ce point. Il avait dit qu'elle était le portrait craché d'une fille qu'il avait beaucoup aimé et qui était morte. Le cœur de Kephren se serra. Elle ne savait pas comment ni pourquoi mais cela la toucha. Sans doute parce qu'on ne devrait pas mourir si jeune et que cela paraissait injuste. Malgré la dureté d'Egon Sutham, elle compatit à son malheur.

Alors Egon, le fameux Egon, c'était lui.

Il était beau.

Il se dégageait de lui quelque chose de fort, de dur, de ténébreux mais aussi quelque chose de doux, d'universel. Elle n'aurait pas su se l'expliquer mais dès qu'elle apprit qu'il était probablement la cause de tous les mystères qui s'étaient tissés autour d'elle depuis son arrivée en Angleterre, elle se sentit instantanément liée à lui. Pas de la cruelle façon que la situation pouvait le laisser croire mais d'une manière inexplicable, comme si elle devait symboliser non pas une seconde chance mais un nouveau départ.

A cause de cette sensation bizarre, elle ne lui répondit pas du tact au tac ce que lui inspirait sa paranoïa. Elle choisit de respecter son trouble et de lui répondre de façon à l'alléger du reste des mystères qui l'empêchaient de la voir comme elle était : juste une fille. Certainement une fille avec les attributs physiques qu'il semblait déjà connaitre mais une fille quand même, avec un passé et un caractère qui n'appartenaient qu'à elle.

- Je m'appelle Kephren Kaïtos, j'ai 21 ans. Je suis née en Arabie Saoudite. Fille de Menkar Céti et de Nunki Australis… la demie-sœur d'Eden Kaïtos… tu dois le connaître.


Il s'était confié à elle, elle désira lui rendre la pareille et être honnête.

- Je suis venue en Angleterre avec l'aide de mon père et d'Eden que j'ai appris à connaître sur le tard. Ma mère m'a toujours fait croire que Menkar n'avait été qu'un homme de passage dans sa vie et qu'il était peut-être mort. Puis j'ai appris la vérité mais elle m'a empêché de faire des recherches. Avant de mourir, pendant l'été 2008, elle a contacté mon père et lui a parlé de moi… il n'avait jamais su qu'il avait une fille. Je ne suis pas un monstre quoique tu en penses. Je n'ai pas fait exprès d'avoir ce visage… si je lui ressemble, c'est que nous avons des gênes en commun. N'y vois pas une fatalité du destin.

Kephren eut un instant l'impulsion de prendre Egon par l'épaule mais elle eut le sentiment qu'il se défiait d'elle, que si elle le touchait, il tomberait dans les pommes ou dans une rage folle. Elle garda son bras en suspension avant de le baisser le long de son corps:

- Egon Sutham… je suis contente de t'avoir rencontrée. Ca me soulage de beaucoup d'interrogations. Je suis aussi désolée que le voilà soit levé et que ça puisse te faire souffrir. Je te promets de ne plus me retrouver sur ton chemin…

Kephren tourna les talons subitement. Elle jeta un coup de baguette magique sur la table où elle était assise pour travailler. Toutes ses affaires disparurent. Elle s'en occuperait plus tard. Pour le moment, elle avait besoin de digérer toute cette histoire.

C'était sûr, elle n'irait jamais dans la maison des Kaïtos.
Elle ne voulait même pas rencontrer son cousin…

* Comme j'y pense ! Baten est le frère de Deneb… c'est Deneb Kaïtos cette fille… *


Ce furent les hasards, la patience et les opportunités étranges qui les remirent sur le chemin l'un de l'autre.

Kephren entra dans la Résistance pour tenter de retrouver la trace de Tito. Elle découvrit alors qu'Egon en faisait partie… Egon et Baten.

La rencontre avec Baten fut douloureuse… parfois Kephren y repense. Le regard paniqué de ce grand chevelu aux yeux violets et aux larmes d'argent lui restèrent en cauchemar plusieurs mois.

Puis, un jour, il l'invita à venir déjeuner dans la maison des Céti. L'atmosphère était abominable mais il fallait en passer par là pour qu'ils s'habituent… et ils s'habituèrent.

Egon, seul, continuait à l'éviter. Il restait enfermé dans le studio quand elle était dans la maison où on l'invita à loger puisqu'elle faisait partie de la famille.

Quand ils se croisaient, le jeune homme regardait le sol et faisait semblant de prétendre qu'elle n'était pas dans la pièce. Kephren souffrit beaucoup de cette attitude au début… puis elle réfléchit qu'elle ne pouvait pas changer son cœur. Elle ne pouvait pas l'obliger à mieux la connaître pour lui prouver qu'elle était différente de Deneb. Il ne s'habituerait peut-être jamais à croiser le visage de celle qui l'aima autrefois.

FIN






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