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 Ce qu'il y a derrière... [PV McEwan]

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Sacha de Lansley
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MessageSujet: Ce qu'il y a derrière... [PV McEwan]   Dim 21 Déc 2008 - 20:06

'McEwan, ramène-toi,' s'insinue, vibrante et grave, ma voix dans le crâne de l'ancienne Gryffondor. 'Gauche. Gauche. Tout droit. Fond du couloir à droite. Je t'attends. Maintenant.'

Ramenez-nous au collège. Nombreuses furent les fois où, m'adressant à McEwan, boutades ironiques, quolibets et hypocrisie alimentèrent ma voix en notes incrédules. Ce soir, ça n'est pas le cas. Sérieux, je suis. Intonations lugubres. Entre les syllabes, pas de place pour la concession ou l'amusement. Une voix à laquelle on ne peut rien faire d'autre qu'obéir. Quand bien même cela nous est douloureux de le faire. Voix imposante, trop lourde et trop grave, qui ne laisse plus de place à l'orgueil des autres. Ma voix quand je suis simplement moi. Sans le jeu.

Couloir muet.

Adossé au mur du couloir où je l'attends d'un pied ferme, une suite de parchemins dans les mains, mes yeux sont fermés. Derrière mes paupières, je la vois marcher. Je suis son parcours, jusque dans sa respiration. Cela m'est une nouvelle spécificité du legs d'Impartial. Je m'en découvre encore chaque jour. Certes, grâce à ce don, je ne vois pas les gens clairement. Cela ne tardera pas. Je peaufine. M'habitue. Travaille. Affine. Cependant, je ressens leur déplacement. Distingue vaguement les gens que je connais de ceux que je ne connais pas. Ils m'apparaissent tels d'imprécises silhouettes. J'entends leurs propos mais, plus la distance est grande, plus les sons résonnent abstrus. Je vois. Je la vois au milieu des silhouettes ivres qui se déplacent. Universitaires rentrant de leur soirée de beuverie. Je ressens leurs présences. Derrière mes paupières closes, ils se dessinent plus ou moins colorées, comme sur l'écran d'un détecteur de présence thermique.

Elle vient de quitter Allanah. Je n'ai pu entendre que la fin de leur conversation qui m'indiffère:
« Bien, je vais retourner dans ma Salle Commune. On se revoit bientôt ? » Autre chose m'obsède. Chose qui m'amène ici.

Les pas se rapprochent. J'ouvre les yeux mais reste adossé au mur. Quand Mélusine est à moins de trois mètres de moi, je me tourne vers elle, expose ma paume en sa direction mais le fluide magique que j'envoie la traverse et construit derrière elle une vitre refermant le couloir sur nous. Insonorisés et invisibles. A présent discutons.

Pour la frime, je fais apparaître deux chaises. Confortables chaises identiques aux dossiers et aux sièges de velours rouges. Toutes deux postées l'une en face de l'autre à un mètre de distance. Je présente celle qui est la plus proche de Mélusine:


Bonsoir. Assieds-toi, je t'en prie.

Et je l'en prie vraiment. Ma voix ne dit rien d'autre.
Ce soir, je ne suis plus Sacha-petit-conflit devant Mélusine-chaussettes-mal-assorties. Je suis Sacha de Lansley et quelque chose me préoccupe sincèrement.



Spoiler:
 

Edit.





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Mélusine McEwan
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MessageSujet: Re: Ce qu'il y a derrière... [PV McEwan]   Mar 23 Déc 2008 - 19:51

'Trop aimable.'

Si on pouvait même plus être tranquille dans sa pauvre tête... Enfin, quoi, elle venait tout juste de quitter Allanah sur un "Sûr. On reste "en contact"..." et elle se faisait déjà harceler.
Mélusine allait se laisser croire que ce genre d'intrusion mentale la changeait agréablement. Au moins, ça ne lui serrait pas le coeur. Passons.

C'était bien la dernière voix que Mélusine pensait un jour entendre résonner sous son crâne et Merlin savait pourtant qu'elles étaient nombreuses.
Fulminant intérieurement mais incapable d'y résister, sautant quelques échelons de plus sur l'échelle du 'tumenbousomètre', la jeune femme se retrouva à avancer un pied devant l'autre dans la direction d'elle-ne-avait-trop-quoi.


'Pas moyen d'avoir un moment tranquille.'

Enfin... Elle ne savait que trop bien qui.

'Il fout quoi au château, lui? Pas censé être diplômé?'

Pas encore. On n'était plus qu'à quelques jours de la fin de l'année. Elle avait juste... oublié. Comme d'habitude.

Effectivement, il l'attendait. Dommage.
Politesses inutiles.


"D'où tu te permets d'entrer dans ma tête?"

Sans relever le "t'as vu comme je gère en magie je sais faire apparaître des chaises?", Mélusine tiqua à peine et accepta l'invitation, un léger penchement du visage vers son épaule, genre "merci". Genre seulement.
C'était pas ça qui allait l'arrêter.


"Que tu me donnes des ordres, ok.
Que je te doives le repsect, ok.
Que je protège ton identité, ok.
Que je fasse des efforts pour être sociable, ok.
Que j'essaie de croire que t'es vraiment de mon côté.
Que je doives accepter que tu sois mon "supérieur hiérarchique", ok."


Hein? Ca se snetait tant que ça que la pillule était difficile à avaler?

"Mais laisse mes pensées tranquilles. Qu'est-ce qui me prouves que si tu y apposes ton phrasé, t'es pas aussi capable d'y lire?
La propriété privée, la liberté de penser, tu connais?"


Et comme d'habitude, la flot de paroles n'était là que pour endiguer la nervosité sous-jacente.

'Qu'est-ce que tu me veux De Lansley?'

Ok, ça allait pas marcher si elle commençait déjà sur cette voie.

'Respire alors. Zeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeen!'

Marcher quoi au fait?

"Voilà. J'ai vidé mon sac. Je t'écoute."

Il avait dit "je t'en prie' après tout. Il avait presque été une parodie de l'amabilité.
Agir avant de penser, tel était son credo à elle.




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MessageSujet: Ce qu'il y a derrière... [PV McEwan]   Jeu 25 Déc 2008 - 21:45

Quand elle a terminé son numéro, je m'assois aussi. Visage qui tait toute ses pensées. Elle les connaîtra bien assez tôt. J'ai long à dire. Mouvements lents et grâcieux. Sans la regarder.
Je croise mes jambes l'une par-dessus l'autre et pose sur mes genoux deux rouleaux de parchemin.


Je suis content que tu fasses partie des rangs des résistants, fais-je en ignorant consciencieusement sa diatribe précédente. Et, je n'en attendais pas moins de toi. Il y a un mais, cependant. Comme dans toutes mes opinions.

D'un vague coup de baguette, je lui fais parvenir un premier parchemin. Il s'agit d’un extrait de ceux que Diger et l'apprentie résistante ont ramené de leur quête. Une façon de lui dire 'je sais ce que tu as fait.'
La cire rouge qui a servi au scellé a cédé. Le parchemin est vierge. Je souris à la jeune fille assise face à moi. Presque désolé. 'Tout ça pour ça' doit-elle penser devant la page blanche. Avec un 'revelo', elle découvrira qu’il y a plus que rien à l’intérieur de ce parchemin. Je lui laisse trouver la solution toute seule dès que je serai parti. C'est plus que rare que je joue le hibou pour cette nouvelle.


J'aurais eu une première mission de niveau IV à te proposer… dis-je d'un conditionnel poli. Si tu ne sais pas ce qu’est le niveau IV, je t’apprendrai. Si tu la remplissais convenablement, je crois que je ne m'opposerai pas à t'introduire complètement au sein de la Résistance. Au jour d'aujourd'hui, je ne te fais pas confiance et je m’opposerai catégoriquement à tout ordre t’envoyant sur le terrain et à toute rencontre avec les autres. Pour le moment, ces parchemins que tu as été voler avec Diger faisaient l’objet de ta première et dernière mission de terrain.

Je la laisse encaisser avant de préciser:


Mélusine, il ne s'agit pas du même manque de confiance que tu as envers moi. Je te parle, moi, de sécurité. Même si je crois dans tes qualités morales, ton dévouement et... peut-être aussi dans ta loyauté - quoi qu’il me reste à vérifier ça aussi et je le ferai très prochainement - je n'arrive toutefois pas à avoir confiance en tes comportements. Tes réactions. Tes jugements...

Un sourire qui lui retourne ses premiers mots:

...Ton self control. Humpf

Je ne sais pas si elle est la sorcière à laquelle je pourrais confier la vie d'un de nos membres en les envoyant en binôme et sans filet à l'autre bout du monde. J'ai beau compiler toutes les images qu'il me reste de Mélusine McEwan depuis 9 ans, je peine à l'imaginer sur le terrain. Synthétisant des ordres et des idées. Mettant en pratique des mois de recherches. Dénouant les ténébreuses conspirations. Faisant de ses filatures un sport supérieur au vol sur balai. Saine. Forte. Debout. A côté d'Egon ou d'Isis. Les défendant jusqu'à la mort pour qu'il ne leur arrive rien. Elle n'est pas guerrière, elle n'a pas l'étoffe. Bien que je sois content de compter un nouveau membre, j'attache beaucoup d'importance à mes pressentiments.

Tu es émotive, entêtée et brisée... c'est bien...? c'est mal...? va savoir. Je ne sais pas. En tout cas, ça n'est pas rassurant. Je ne me base pas uniquement sur ce que tu as fait avec Diger - fait et plutôt bien fait par ailleurs - je me base sur ce que je sais de toi.

Je déplie le deuxième parchemin sans le lui montrer encore:

Toutefois, je te laisse le choix entre trois solutions:

Un. Laisse tomber la Résistance. Considère que tu n'es pas faite pour ça. Supporteras-tu de travailler dans le même camp que moi, pis encore, de te retrouver un jour sous mes ordres? souris-je toujours sans moquerie. Je n'ai même pas eu à ouvrir la bouche autrement que pour te souhaiter le bonsoir et te faire asseoir pour en avoir la confirmation. Je te le passe ce soir car nous sommes entre nous. Je ne te le passerai plus jamais. Raconte ce que tu veux sur mon compte quand je ne suis pas là. Fais-toi les dents sur tes vieux os séchés. Dans la Résistance, il n'y a pas de place pour ces conneries.

Deuxième solution... signe ce parchemin. C'est une sorte de contrat informel entre toi et moi. Entre deux bla-bla, il fait office de pacte de fidélité. Houuu... m'être fidèle ou mourir - et la réciproque est prévue aussi. Ce deuxième choix peut être lourd de conséquence. Garde-le. Réfléchis.

Je lui tends le papier. Ma voix s'adoucit:


Te soumettre ne m'intéresse pas, Mélusine. Comment fais-tu pour ne pas t'en rendre compte? Toi et tes petits desiderata enfantins sur la liberté de penser me volent très loin au-dessus. En outre - pour ne pas te rassurer - l'une de mes attributions au sein de la Résistance est justement de scanner les esprits régulièrement afin d'écarter les intrus et les taupes. Hum...

C'est une des conditions sine qua non acceptée par tous. Je ne m'en sers jamais pour faire du tord à mes compagnons. J'ai d'autres moyens plus subversifs si je veux prendre la tête à quelqu'un. N'es-tu pas bien placée pour le savoir...? ne puis-je m'empêcher d'être ironique avant de reprendre sérieux: Les Résistants sont mes amis. Ma deuxième famille. Je redoute de t'y voir arpenter les esprits avec tes petites causes ingrates et ta morale de poupée fragile. Les ‘qui baise qui’ m'intéressent moins que les ‘qui veut tuer qui.’

Alors oui, n'en déplaise à ton pays des merveilles, tes petites volontés sur le bien-être de tes pensées m'indiffèrent.

Un soupir. Mon discours va bientôt toucher à sa fin. Je me lève et m'approche d'elle. M'accroupie près du bras de son siège et vais chercher son regard, un sourire amusé au bout des lèvres:

Dernière solution... celle que je t’ai proposée en tête. Une mission niveau IV.

Je dois partir deux jours en Chine au mois de décembre... On me demande de choisir mon binôme. C’est risqué – pour moi, s’entend – mais je te choisis. Viens avec moi et prouve-moi que je me trompe.

Tu as plus de six mois pour t’entraîner. En magie surtout. Je te trouve faible en magie. En outre, il faut que tu te remettes à jour, mademoiselle. Je suis ce que je suis, je ne te demande pas de m'aimer. Je n'ai pas changé. Je suis un homme et j’emmerde toujours autant tes opinions à mon sujet. Par contre, tu ne m’enlèveras jamais que je suis quelqu’un de bien.


Je laisse à Mélusine les deux parchemins. Ne soustrais à cette situation que ma présence et mon siège. J'ai transplané tel quel, depuis le pied de son fauteuil.

'Hum. J'avais moins à faire qu'à dire.'


Après un 'revelo', le parchemin lui dira ce qu'elle était allée chercher avec Diger dans la maison du couple.






Derrière elle, la vitre a disparu.
Sous ses fesses, reste encore le siège esseulé dans ce couloir obscur.
Devant, il n’y a que le vide. J’ai transplané quand elle a commencé à lire.
Sur ses genoux, une ligne manuscrite apparaît en haut du parchemin faisant office de contrat. La phrase mentionne:
'Nous nous reparlerons en décembre. Tu as six mois pour me donner ta réponse. Ici, à la même heure, le 10 décembre. D'ici là, entraine-toi, participe comme tu le veux à la Résistance, on m'en rendra des nouvelles.'





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MessageSujet: Re: Ce qu'il y a derrière... [PV McEwan]   Lun 29 Déc 2008 - 18:29

Un silence.
C'était une chance qu'il ait transplané. Elle n'aimait pas l'idée qu'il puisse la voir trembler.
C'était une bonne chose qu'il soit parti. Ca l'aurait sérieusement embousé de se retrouver à le supplier.

Mais plutôt que reporter son attention sur ce qu'il avait dit, elle restait centrée sur ses propres pensées et le fait que la nuance entre penser tout bas et dire tout haut n'avait plus lieu d'être. Tout comme le "garder ses pensées pour soi". Et ça ne lui plaisait pas du tout. Elle comprenait et acceptait le principe, la raison, la motivation et tout ce qu'on voulait qui sous-tendait l'action elle-même. Pas la méthode.


'Parce que si il te l'avait demandé, t'aurais accepté, peut-être?'

Oui.

'...'

Encore le jeu des nuances. La nuance entre prendre quelque chose et le recevoir.Entre l'offrir et se le faire arracher. Imposer au lieu de demander. Et c'était lui qui parlait de confiance. Elle, elle parlait de liberté et de respect. Ca sonnait si bizarre dans sa bouche?
Mélusine resta un moment immobile, obnubilée par cette idée. Jusqu'à ce que la curiosité ou le "tout ça pour ça" l'emporte. Jusqu'au "revelo" final. Et que le mot "famille" lui saute aux yeux.



Elle avait eu six mois pour cogiter au reste. A comment elle avait réussi à briser sa promesse à Allanah en un temps record; ce qu'elle était parvenue à lui cacher lors de leurs "rencontres" au sein de l'Arbre-Mère. On ne peut pas être fière de tout. Et l'entraînement avait commencé comme ça.

Le portrait n'avait pas été glorieux. Mais il avait été juste.
Un peu moins, aujourd'hui, espérait-elle.
Elle lui en voulait quand même 'avoir été le seul à lui proposer quelque chose qui lui donnait à nouveau envie de se battre. Mais il n'empêchait que c'était toujours plus efficace que les "Je t'aime, Zyn, j'aime pas te voir comme ça" et toute la compassion du monde.
Alors, oui, elle s'était entraînée. En traînant des deux pieds au début. En fulminant intérieurement.
'D'où il se permet de me forcer à ça? D'où il se permet de me juger?...' Et blablabla.
Avec un peu plus de bonne volonté à mesure que les jours passaient. Parce qu'elle y prenait goût. Elle prenait goût au sourire des lèvres de sa mère qui était, après tout, son meilleur atout en magie. Une sorcière douée que Gwen McEwan, ex-Serdaigle de son état, qui brillait en théorie et excellait en pratique. Particulièrement en Sortilèges. Il devait y avoir eu un problème au niveau du testament génétique. Le notaire de la vie s'était planté d'héritage. Mélusine, elle, avait juste eu droit à un bel embrouillamini cellulaire. La magie ne daignait se révéler que sous le coup des émotions fortes. Utile quand on doit garder la tête froide.
Elle avait dû tout reprendre de zéro et avait failli plus d'une fois abandonner. Une bonne centaine de fois à réapprendre le "Wingardium Leviosa".
Mais ça n'était pas la pensée de De Lansley qui l'avait forcée à continuer. Non, il y avait le sourire de sa mère. Tout aussi inexplicable mais beaucoup plus acceptable au niveau motivation.

Les sorts simples, elle y parvenait maintenant. Les plus complexes... le facteur "émotion" avait encore une place prépondérante dans l'équation. C'était un léger souci.
Mais après tout, personne ne lui demandait de jeter des "Avada" à tour de bras. Si?

Bon, verdict. C'était pas encore vraiment glorieux, mais c'était quand même un peu moins ridicule à voir.
Ca allait faire un an. Et c'était vrai qu'on s'en remettait. Quand une antithèse entrait dans la partie et secouait le tout pour le remettre d'aplomb. Bancal. Toujours des voix dans la tête mais une maigreur un peu plus normale, les yeux toujours cernés mais un peu moins sur le qui-vive, Mélusine était un peu plus son propre reflet à mesure que l'ombre d'elle-même s'en allait à pas de loup.
Emotive, toujours.
Entêtée, toujours.
Brisée, toujours. Sauf que de ses ruines, elle avait essayé de bâtir un nouvel abris. Pas très haut. Pas très grand. Ni même capable de résister aux grandes tempêtes. Quelques failles de-ci de-là.. Mais quand on n'y regardait pas trop près, ça pouvait faire illusion.

Jean et pull de coton. Bordeaux et blanc. Un léger sac aux pieds.
On était le dix décembre. Elle avait mis un point d'honneur à être en avance dans ce lieu qui ne ressemblait à rien.
A son arrivée, elle ne rougit pas, ne sourit pas.
Self-control, paraît-il.


"J'ai deux questions. Bonjour."

Il remettrait dans le bon ordre si ça lui faisait plaisir.
Deux questions. Beaucoup plus en réalité. Mais Mélusine ne poserait que ces deux-là.


"C'est quoi une mission IV?"

Six mois à être bouffée par la curiosité.
Et six mois rongée par l'anxiété.


"Tu vas vraiment me virer si je me plante?"

'Autant savoir à quoi s'en tenir...'

Et là, l'émotion finit par percer. On ne change pas une équipe qui gagne.




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MessageSujet: Re: Ce qu'il y a derrière... [PV McEwan]   Lun 29 Déc 2008 - 22:28

Commençons par la deuxième question. C'est la plus facile. Oui.
Maintenant, passons à la première. C'est la plus intéressante.


Le siège rouge n'a pas bougé. C'est pitoyable, elle aurait quand même pu le ranger, le faire disparaître…

'Il n'y a donc aucun elfe de maison qui fasse son travail à l'université?'


Bref. La vie continue.


Elle a apporté un sac avec elle. Je le note mais n'en dis rien. Moi-même, je n'ai aucun bagage. Nous n'allons pas passer un week-end aux Maldives, nous allons en Chine où l'ambiance craint assez. Ce second détail me fait sourire. Sourire que je m'efforce d'effacer pour répondre à sa question sérieusement. Debout.

Depuis que nous existons… c'est-à-dire, fin 2008, quelques jours avant l'attaque de Poudlard… pour l'histoire, le fondateur s'appelle Edward Abbercomby. Une des premières victimes d'Antarès. Il est mort avant le Combat Blanc. Donc, disais-je, depuis la fondation de la Résistance, les types de missions se sont diversifiées et précisées à mesure que le nombre de membres a augmenté et que les réseaux se sont étendus à travers le monde. Tout est devenu un peu plus hiérarchique… nous en avions besoin pour ne pas perdre le contrôle de la situation, se clarifier et continuer de savoir ce que nous devions faire.

Niveau I. Simple membre. Rapporteur d'information. Aide au recrutement. Apprentissage etc.
Niveau II. Membre Administratif. Les missions pour les plus intellectuels… ils passent leur temps à traduire les dépêches internationales, les documents trouvés, à organiser des archives pour les Résistants. Ils sont très importants mais ne travaillent que localement.
Niveau III. Résistant missionnaire. Ceux qui partent pour tous les types de missions… certains ne reviennent jamais.
Niveau IV. Missions mortelles.


Je mets un point d'honneur à lui sourire.

En général, ces missions nous sont données entre nous et les autres Résistants n'en savent rien. Entre nous, il faut comprendre les responsables.

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Pour l'imaginaire maintenant. Sinon on ne sait plus où on habite.
Jean. Pull fin kaki. Bonnet kaki. Bottes en cuir noir.
Ma baguette est dans ma manche.

Mes cheveux ne sont toujours pas coupés mais je fais des efforts. Ils sont tous bien rangés en pagaille sous mon bonnet. Je porte toujours la chevalière de JLI et mon alliance. Autour du cou, sous le pull, un pendentif en argent. Dans la poche arrière, une photo abîmée de mon gnome.

Avant de venir au rendez-vous où je ne savais sincèrement pas si McEwan viendrait, j'étais avec Noah à Londres. Une coutume qui me donne envie de revenir parce que dans ses grands yeux il y a tout un futur que j'ai envie de découvrir. Je me demande si mon fils n'est pas le seul de la famille à avoir compris que son père avait peur, jour après jour. Que quelque chose lui pesait. Qu'il faisait des choses qu'il ne devait pas faire. Pas le choix. Personne d'autre ne voulait ou pouvait le faire.


'es-ce que papa pati?
Oui mais je vais revenir. C'est promis, Bonhomme.
E promis?

Pas sûr qu'il comprenne le concept des promesses mais à chaque fois j'acquiesce, il me saute au cou et serre très fort.

I maman pati?
Non, non… maman, elle reste avec Noah.

Un baiser. Twisty prend le relais et je transplane pour Poudlard Universty qui n'a jamais fourni meilleur miracle que me voir diplômé.

Couloirs. Défilé de têtes inconscientes. Arrivée au point de rendez-vous. Surprise perplexe de voir que l'ancienne Rouge et Or en a dans la baguette. Elle est là. Dommage, cependant. Visage en contraste total avec les yeux bleus étoilés qui donnent envie de revenir. On ne peut pas trop demander au genre humain. Moi, à part ma vie, je ne file rien au genre humain.

Like a Star

Voilà ce qu'est le niveau IV.

Like a Star

"J'ai deux questions. Bonjour. C'est quoi une mission IV? Tu vas vraiment me virer si je me plante?"

Le visage de Noah qui s'approche de moi pour mendier son bisou-retour me traverse.

Je ris de bon coeur. Aussi bien pour le mal que Mélusine se donne à afficher de grands airs que pour le visage poupon de la plus belle erreur de ma vie.

Bonjour, Mélusine.
Commençons par la deuxième question. C'est la plus facile. Oui.
Maintenant, passons à la première. C'est la plus intéressante.


Le siège rouge n'a pas bougé. C'est pitoyable, elle aurait quand même pu le ranger, le faire disparaître…

'Il n'y a donc aucun elfe de maison qui fasse son travail à l'université?'

Bref....





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MessageSujet: Re: Ce qu'il y a derrière... [PV McEwan]   Jeu 1 Jan 2009 - 14:14

Elle ignora le rire (vexant) et se contenta de pâlir.
Ca n'était pas comme si elle ne s'y était pas attendue. Mais jusque-là, elle tient encore de bout. C'est ensuite que ça se complique. Que la pâleur devient blafarde et que le besoin de s'asseoir se fait sentir. La chaise rouge veille au grain et accueille Mélusine et son regard perdu dans le vague.
Ca, elle ne s'y était pas attendue.
Alors, il y a un temps pour assimiler, un temps pour essayer de comprendre le pourquoi et un autre temps pour penser à tout le reste. Le champ infini des conséquences. L'ouverture sur des milliers de futurs possibles. Et tous les mots qu'elle devrait dire, tous ceux qu'elle devrait taire, à tous ceux pour lesquels il est trop tard.
Son sourire à lui, elle ne le voit même pas. Elle a juste besoin de silence. Silence qui s'éternise. S'il n'est même pas capable de comprendre ça...


'...'

Ouaip.

'...
Bon.
Au pire, il te vire et tu retournes te morfondre dans ta parodie de vie.
Au un chouïa moins pire, tu meurs.
Au un peu plus moins pire, il meurt et Leonhart t'achève.'


Sauf que là, elle sortait sensiblement du crédible.
S'il y en avait un des deux qui mourraient, ce serait elle.
Ou alors, elle et lui. Comme c'était romantique...
Humpf
avec un peu de chance, ils se retrouveraient en enfer pour une éternité de fritage. Il allait falloir être inventive pour ne pas se lasser. L'éternité, ça pouvait être sacrément long dans un enfer qui se surpeuplait ces derniers temps.


'Tu trippes pour te voiler la face?'

Non.
C'était juste sa manière à elle d'assimiler la vérité.
Au bout d'un moment qui était sans doute trop long pour être courageux, Mélusine fnit par relever la tête:


"Ok."

'Encore des questions, je parie?'

Elle serait vraiment troll si elle acceptait tout sans broncher et lançait un "on y va" sans même s'enquérir des modalités.

"Ok."

Ca faisiat plaisir de sentir sa voix moins faible.

"Ok. Je t'épargne les "pourquoi". Je suis pas sûre de vouloir entendre les "parce que".
Qu'est-ce qu'on va devoir faire exactement? Qui on est censé être une fois sur place? Combien de temps on a? Est-ce..."


Ca allait suffire pour le premier round.

Spoiler:
 




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MessageSujet: Re: Ce qu'il y a derrière... [PV McEwan]   Sam 3 Jan 2009 - 0:04

Je la scrute malgré moi pour essayer de lire sur son visage ce que je ne vais pas aller chercher dans sa tête.
Je n’en ai pas l’air – merci, ça me rassure – mais je prends toujours en compte les reproches qu’on me fait. Quand bien même émanent-ils de Mélusine Etc-McEwan et quand bien même choisis-je d’en appliquer les préceptes seulement quand l’envie m’en prend.

La Rouge Eternelle fait jabot à tout ce que je dis ou fais. En voilà de belles manières. Mais l’arrogance s’étiole et mademoiselle finit par s’asseoir à l’écoute des informations. Ne fais, ni ne dis rien.


'Je ne dois pas la casser. Construire sa confiance pour qu'elle soit sereine à l'approche des dangers.'


J'agis par intérêt et celui-ci est de mettre toutes les chances de mon côté. Toutes les chances = faire de Bla-Bla-Bla-McEwan une bonne recrue. Pas super envie de mourir demain.

Elle m’évitera les pourquoi, dit-elle. Et bien, c’est moi qui me demande pourquoi. Si on ne peut pas poser de questions comment apprendre? Ce que j’ai l’ambition de faire pour elle. Effectivement. Je passe au crible sa moindre parole. Son moindre geste. Je la regarde et l’étudie comme jamais je n’ai eu besoin de le faire car jamais je n’ai eu l’intérêt de le faire. Comme il y va de ma vie, je me montre plus scrupuleux. Ah! Doux et écœurants professeurs! Comme vous seriez fiers de me voir affecter les conseils que vous m’aviez donnés du temps où je n’étais qu’un ingrat petit voyou. Voyou toujours mais, ingrat, non. Plus jamais. J’applique sagement: observation, analyse, synthèse, conclusion.

Je reste sans bouger à ma première place. Seules mes deux mains s’en vont dormir dans le fond de mes poches. Signe de sérénité et d’attente tout en même temps.

"Qu'est-ce qu'on va devoir faire exactement? Qui on est censé être une fois sur place? Combien de temps on a?"

Ton neutre de circonstance.
Sourcil qui se bat pour rester en place et ne pas s’arquer.
Lèvres dociles qui restent oublieuses de sourire.
Respiration calme. Car je suis calme.


Tu découvriras l’objet de la mission une fois sur place. La seule chose que je peux te confier pour le moment est que nous devons ramener quelqu’un. Quant à savoir ce nous sommes censés être, hum... je crois que tu as lu trop de livres d’espionnage. Ne te vexe pas. Après tout, ce n’est pas plus mal.

Vrai sourire amusé.

Tant que nous ne connaissons pas la situation dans laquelle nous allons débarquer, nous serons ce que nous sommes: deux anglais en Chine. Généralement, à ceux qui ne sont pas nos contacts directs, je me présente sous l’identité Louis De Sydonia. Tu seras Lucy Stonemarten.

Par contre, il est important de savoir ce que nous prétendons y faire. En cas de problème.

Si nous sommes séparés, si on te pose une question, s’il y a quoique ce soit de louche, tu es une simple étudiante de Poudlard Uni en visite avec un ami pour travailler sur un dossier d’étude. A priori, on ne devrait pas te poser ce genre de questions... si on te les pose, that’s you’ve been caught et là le mensonge ne sert à rien.

Et, pour ta dernière question, hum... tu n’as pas de tête. Je te l’ai déjà dit quand nous nous sommes vu en mai dernier. Travaille ta mémoire. Ecoute tout ce qu’il se passe autour de toi. Retiens la moindre chose. Même celle qui te paraît inutile car tu ne sais pas si le détail ne sera pas un jour la réponse à une question que tu te poses.


Néanmoins.
J’enchaîne en lui répondant pour lui éviter les déconvenues mnémoniques.


Deux jours et une nuit. Dont, une nuit et un jour en terrain ennemi.

Tu as d’autres questions ou quelque chose à dire ou tu es prête?
Nous avons du temps. Le décalage horaire...





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MessageSujet: Re: Ce qu'il y a derrière... [PV McEwan]   Dim 4 Jan 2009 - 13:39

Rouge et blanche.
Rouge la colère qu'on tente d'étouffer.
Et blanche la détermination qui vacille devant les émotions, les réactions pavloviennes ancrées depuis trop longtemps.
Rouge et blanche. Comme un jeu de hasard au départ inégal.

Rouges les raisons futiles de rester elle et de tout envoyer valser. C'était tellement facile de trouver un prétexte.
Le petit 1.: "je ne veux pas les mêmes initiales que toi." Enfantin. Aisé à contrer.
Le petit 2.: "deux jours là-bas, ça veut pas forcément dire une mission de deux jours."


'Bien sûr. Vous allez bronzer sur une plage en attendant.'

Jouer sur les mots. Comme si elle n'avait pas oublié. Ridicule.
Le petit 3.: "je ne suis pas anglaise". La tentation la plus forte. la plus dure à réprimer. Parce qu'elle N'était PAS anglaise. Elle était Ecossaise. Et il y avait un trop long passé conflictuel et sanglant entre ses deux nations pour tout balayer d'un mouvement de main. Et pourtant, elle se tut.

Blanche, la voix de la raison qui avait pris l'habitude de se taire.
C'était comme plein de petits morceaux d'elle qui vivaient en autarcie, sans se soucier des autres, satisfaisant leurs besoins. Celui qui criait le plus fort était le premier servi. On passait au suivant. Faim. Envie de fritage. Quidditch. James. Etc. Parce que rien ne nécessitait une association.
Alors c'était un nouveau combat qui faisait rage là-dessus. Entre suivre la ligne de conduite qu'elle s'était toujours tracée et essayer autre chose. Entre la miso-De Lansley, anti-verte de naissance, et l'idéaliste prête à tout pour défendre ses idéaux. Et tout ça n'avait jamais été conflictuel. Jusqu'à présent.
Mais le plus fort s'affaiblissait bizarrement, pas un étrange jeu de balance.
Verdict:


"Tu risques gros à parier sur moi."

Pas sûre qu'elle aurait osé l'inverse.

"Rien te prouve que.."

Ou peut-être que le fait même d'aborder le sujet à voix haute...
Voix haute.
A moins que...


'Il it dans notre tête, là?'

Six mois pour ne plus (trop) s'outrager à cette idée. C'était presque son plus bel exploit depuis longtemps.

"J'ai peur."

Plus à un aveu près. Moins difficile à avouer qu'à dissimuler.

'On n'a peut-être pas beaucoup de courage mais on a notre honneur.'

Mis à l'épreuve et piétiné trop souvent. mais survivant de toutes les batailles.

"J'ai peur, De La... Louis.

Louis.
Il n'était plus Sacha De Lansley. Il était Louis De Sydonia. Avec juste un petit "de" comme rappel d'une vie antérieure. Qu'elle essayerait d'oublier. Comme si ça n'était pas vraiment lui. Pas vraiment elle. Presque comme fermer les yeux et oublier. Ne pas devoir composer avec l'autre réalité.Sa petite porte de secours secrète.
Ca pourrait marcher.

Pas d'interruption entre le début de la phrase et sa fin. Fabuleuse rapidité de la pensée.


"... mais je carbure à l'adrénaline. Ca me va."

Ca fonctionnait toujours ainsi. La peur comme le meilleur des moteurs.

"Quand je m'engage à quelque, je m'y tiens. Et ça, tu le sais."

Elle s'était engagée à le haïr, voilà plus de sept ans. Et elle s'y était tenue, ignorant les portes grandes ouvertes sur la facilité. Et ellr s'y était tenue.

'Jusque-là.'

Rabat-joie.
Un bref sursaut dans le regard. Comme de la détermination.


"Je suis prête mais... est-ce que je peux te demander quelque chose?"

Il y a des "non" qui font trop peur.
En beaucoup moins de temps qu'il n'en aurait fallu à De Lansley pour assimiler la question et proposer sa réponse, aussi courte fut-elle, Mélusine enchaîna:


"Comment ça marche? Ton truc...
De lire dans la tête des gens.
Ca te demande beaucoup de concentration ou c'est quelque chose de... presque inné qui se fait tout seul. Je veux dire... tu es entièrement dedans ou tu peux continuer à être et faire sans que personne ne se rende compte de rien?"


Elle s'abstiendrait du "ça fait combien de temps?" inquisiteur.
Ca la démangeait ùais c'était la seule solution pour conserver son sang-froidtiède. La réponse ne risquait que trop de faire le jour sur certaines attitudes qu'elle jugea bon de garder dans l'ombre. Encore un peu.
Elle se força juste à affronter son regard:


"Parce que j'ai quelque chose à te proposer."




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MessageSujet: Re: Ce qu'il y a derrière... [PV McEwan]   Dim 4 Jan 2009 - 20:16

Alors, elle avait peur.
Et bien moi aussi. Tout le temps. Peur de tout perdre. Mon fils, ma femme, la vie et ses récents occupants que le commun des mortels appelait des amis.

Mes yeux restent braqués sur elle sans céder à la moindre modification de la prunelle ou de l’éclat.

J’écoute.

Je suis les progressions de son teint.
J’enquête sur les modulations de sa voix.
J’accepte que sur tout ce qui fait qu’un homme et une femme ont peu ou pas de point commun et se complètent quand même, notre complémentarité résulte de nos inquiétudes. Mais je ne lui dirai pas. Je ne lui dirai pas ma peur pour des raisons que vous connaissez tous depuis que vous me croisez dans vos vies, dans vos couloirs, dans vos magazines, dans vos rêves maudits. Je me fous de tout. Je me ris de tout. Même de mes peurs. Je m’en nourris comme un oiseau de proie, je les éviscère pour la survie et je les chie sur la surface de la Terre que je survole en dos crawlé. Un aigle qui vole à l’envers.

'Comment ça marche mon truc?'

Elle ne se satisfera pas d’un 'je ne sais pas.'
Pourtant, c’est le cas. Je n’en sais rien. Je sais seulement que c’est de la faute d’Impartial.

Ce n’est pas de la légilimencie car je n’utilise aucune formule pour entrer dans l’esprit. Il me suffit d’en avoir la volonté. Contrairement à ce qu’elle peut penser, je ne le fais pas souvent. Ca m’horripile de découvrir que toutes les têtes contiennent à peu de choses près les mêmes histoires, les même angoisses, les mêmes stupidités. Ca me lasse d’entendre et de voir le chagrin. Ca ne m’enchante pas de savoir avant de demander. La tête des autres est un cimetière de mortes pensées et, moi, je préfère marcher dans les jardins fleuris.

Je m’assois dans les airs. M’installe.
En même temps de parler, comme si cela tenait d'un geste coutumier, je m’assois donc sur le néant qui me porte volontiers. Mon mobilier n’a pas de matière. C’est que, moi aussi, depuis six mois, j’ai travaillé.
L’image peut surprendre. Je suis assis comme si un haut tabouret de bar me retenait. C’est l’imaginaire. Je n’ai qu’à imaginer un tabouret de bar et mon esprit porte mon corps. Je ne sais néanmoins toujours pas faire apparaître le bar qui va avec.

J’entre dans les têtes comme je le veux pourvu que je l’ai décidé. Je me concentre sur une façon d’entrer dans l’esprit et je... vole dedans. Je vole au milieu d’un tumulte d’images ou de souvenirs. Des flashs brefs. Si ce que j’aperçois m’interpelle, je me concentre dessus et je sillonne au-dedans. Alors, les autres souvenirs chaotiques disparaissent et je me consacre à la lecture du souvenir choisi. Je ne sais pas si tu as déjà pu pénétrer dans une pensine mais le résultat est à peu de chose près le même.

C’était pour les Images. Ensuite, il y a les Pensées. Les Pensées sur le moment. Pareillement, j’entre dans la tête et j’entends la 'petite voix.' Pour ce faire, j’ai besoin d’un contact visuel. Je dois faire fi des Images pour ne pas me perdre et ne me concentrer que sur la voix. Alors, je peux communiquer avec cette voix et c’est la seule façon qu’ont les autres de savoir que je suis dans leur esprit. Quand je m'adresse à eux.

Cependant, s'il s'agit seulement de parler à l’intérieur d’une tête, il me suffit de n’être pas trop loin de ma cible. Pas besoin de contact visuel pour ça. Mais dès lors, impossible de lire dans l’esprit. Donc, la dernière fois, sache que je n’ai rien lu de ta vie. J’ai seulement 'parlé.'


Cachons pour l’instant que je peux aussi la prévisualiser à distance.
Je sens qu’elle ne va pas beaucoup estimer l’idée.

Comme tout don, je l’ai affiné et il me vient plus naturellement qu’avant. Tout le monde ne sait pas que j’en suis pourvu.

Juste pour la faire bondir, je lui dis dans l'esprit:

//Les moldus disent télépathe.//


Ce que je ne peux pas faire,
reprends-je à voix haute, c’est agir et lire un souvenir en même temps. Lire un souvenir me demande toute mon attention et un contact visuel obligé. En outre, la personne ne peut pas ignorer que je suis dans sa tête.

Quoiqu’il en soit, quand je suis dans les têtes, j’ai pleinement conscience de mon environnement. Mes yeux voient. Mon nez sent. Seule ma voix ne peut pas parler sinon le contact télépathe est momentanément rompu. Il faut choisir: écouter ou parler. Le contact visuel m’est cependant de moins en moins essentiel si je connais bien la personne. Nonobstant comme je l’ai dit, ce qu’abrite l’esprit des gens est un désert de tristesse que je n’aime pas à fouler de mes radieuses pensées. Trop contaminant.

J’espère avoir bien nourri sa curiosité et que son marché me plaira.
J’aime toujours les marchés. Plus les propositions sont douteuses ou relèvent d’un grand défi, plus elles m’attisent.

Un sourire avide en tournant sur mon siège invisible:

Dis-moi.
Et dis-moi aussi, ce que tu as dans ton sac. Ca m’intrigue. Le sac des filles, c’est quelque chose qui m’a toujours intrigué.
47





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MessageSujet: Re: Ce qu'il y a derrière... [PV McEwan]   Mar 6 Jan 2009 - 19:45

'Comment il a fait pour deviner?'

Si vraiment il n'avait pas jeté un coup d'oeil dans sa tête...
Mélusine eut un petit moue sceptique, plus pour cacher sa gêne qu'autre chose. Avec une vague grimace, elle contra:


"Je suis pas une vraie fille, tu sais?"

Comprendre par là que son sac à elle ne contenait pas l'essentiel féminin prétendument indispensable. Non, juste le nécessaire à sa survie comme elle se plaisait à le dire. Début de l'inventaire:

'Il va pas être déçu du voyage.'

Autant pour le sourire.

"Alors... Une flasque de jus de citrouille, un paquet de cookies, ma baguette, deux ou trois feuilles de parchemin dont un traducteur de chinois, une plume, de l'encre, un livre, un peu d'argent anglais, chinois, moldu et sorcier, une passoire, et euh..."

Par ordre d'importance.
Rougir pour la forme.
Une main qui se faufile dans le sac en bandoulière qui repose maintenant sur ses genoux (elle découvre en même temps que lui et c'est fou le nombre de trucs intéressants qu'on peut trouver dans un espace aussi restreint) pour en sortir...


"Piccolo."

...

"Je sais, je sais... c'est un vivet doré et..."

...

"Ca sera mon seul caprice mais je le laisse pas. Je le garde. Quitte à lui jeter un sortilège de Mutisme."

Bon. On aurait pu penser que cette petite diversion sur le contenu d'un sac et autre récit palpitant n'était que le résultat d'un manque de concentration flagrant. C'était plutôt une façon comme une autre de sauter sur n'importe quel prétexte pour faire se reculer un tant soit peu l'inévitable.
Parce qu'au vu des explications de... Louis, elle se sentait franchement troll.
Elle aurait pu dire "merci" pour l'explication. Mais non. Certainement pas. Ou un "merci pour ta délicatesse". Il s'attendait à quoi? Non, elle accepta le fait sans dire un mot. Qu'elle lui soit secrètement reconnaissante devait bien suffire. De toute façon, côté karma, elle était fichue pour la prochaine incarnation, alors, elle n'était plus à ça près. N'empêche que ça avait quelque chose de bizarrement rassurant de ne pas se retrouver binômée avec un intolérant-irrespecteux-cynique-blablabla alors qu'elle s'apprêtait à aller jouer sa vie.
Passons. Basta.

Maintenant répondre.
Malheureusement.
Si elle revenait, elle s'exercerait au précepte "tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de parler". Dire qu'elle était presque fière de son idée.


"Ca marchera pas."

'Si j'ai bien compris.'

Ceci dit, Zyn aurait volontiers lancé un: "ok, on y va". Ca marchait pas comme ça. Dommage.

"Je t'interdis de te foutre de moi."

'C'était quand la denrière fois qu'il s'est foutu de toi.'

...
Bah, en cherchant bien, elle finirait très certainement par trouver. C'était tellement bête qu'elle n'ait pas le temps de se pencher sur la question, pas vrai?


"C'était stupide, j'aurais dû m'en douter mais... euh... je m'étais dit que... on va faire quelque chose de risqué et... bref... peut-être que ça aurait pu être utile... si t'avais été capable de lire mes pensées et de parler dans... ma tête... dans certaines ... euh... circonstances. Tu comprends, pour communiquer... mais... enfin... ça marchera pas, apparement. Même si je me concentre très fort."

*Est-ce que tu m'entends?*

C'était balot d'être presque déçue, maintenant.

"Bref."

Entre autres choses, Mélusine faisait très bien le coquelicot. Et le saut du coq à l'âne à la vitesse grand V.

"Bon, on y va?"

Impatience soudaine pour éviter l'inconfort ambiant.




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