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 Accord majeur

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Emmett Aeterna
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MessageSujet: Re: Accord majeur   Mar 20 Jan 2009 - 23:22

C’est le froid qui me ramène le premier à la scène que nous vivons. Je la sens trembler, je tremble aussi et nous remontons en grelotant de froid. Grâce à la magie, allumer un feu dans la cheminée de marbre gris ne nous coûte pas autant de temps qu’il nous en faudra pour nous réchauffer.

Après avoir fait un petit tour dans la chambre d’April pour vérifier qu’elle dort, je redescends pour m’installer auprès du feu.

Je pense que je ne n’approfondirai pas plus loin les confessions. J’en suis incapable. Mais c’est un accord majeur entre nous : tant que nous respecterons la liberté et les secrets de l’autre, nous tiendrons le coup face à nous-mêmes. L’amitié ou l’amour, c’est comme l’écriture d’une symphonie. Il faut observer et comprendre un interminable panaché de mécanismes, de notes, de soupirs, de temps, de lignes, de clés, de bémols pour donner forme au son mélodieux. Des fois l’on se trompe. On trébuche sans savoir quel son manque pour aller à la suite et poursuivre. On rature la portée pour réécrire ou repenser la fin de la mélodie qu’on ne prévoyait pas ainsi. Il y a des surprises dans la création. On pensait que ça marcherait... ça dissone. On jugeait que c’était improbable... ça résonne si bon. Si la mélodie sonne bien, qu’elle nous plaît, qu’on la chérie tellement qu’on souhaite qu’elle n’ait jamais de fin, alors c’est plus que son âme qu’on y glisse et tout ce chaos de signes prend un sens. Même ses imperfections et les passages qu’on aime moins. C’est un ensemble mélodieux. Piano. Presto. Mezzo. Une histoire inracontable mais qu’on partage par la sensualité.

Je rature quelques notes mais je ne laisse rien inachevé.

Assis face aux braises scintillantes, je ne me sens pas mieux, pas plus apaisé qu’avant la cigarette mais au moins plus léger car elle sait, sans incertitude, que quelque chose se passe. Peut-être que la patience ou la force des choses corrigera mon excès de pleutrerie.

Tu veux qu’on sorte ? lui fais-je tout de go. Ca vient de me traverser. Je voudrais qu’on aille quelque part, tous les deux, faire la fête avec insouciance, danser, manger, se promener... non, pas se promener par moins trente degrés... tout ce qu’elle voudra, mais changer. J’appelle une baby sitter et on sort... soit on mange ici, et on sort après, soit on appelle la baby sitter maintenant et on sort dîner... après advienne que pourra, j’ai envie de... d’être irresponsable.




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MessageSujet: Re: Accord majeur   Dim 1 Fév 2009 - 15:12

Emmett irresponsable…
Rien que l’idée m’arrache un sourire plus franc que tous ceux que j’ai offert ces derniers mois.
Je n’ai pas vu Emmett en irresponsable depuis… depuis April. Si bien sur, on ne compte pas le jour où pendant nos vacances, ils se sont tous les deux mis en tête de construire un igloo pour y passer la nuit. Je ne sais pas lequel des deux s’amusait le plus, le père ou la fille, mais à eux deux ils n’avaient pas plus de dix ans ce jour là.
Depuis qu’il est le père d’April, Emmett est plus que responsable. Il donnerait sa vie pour elle, et probablement celle des autres. Non, je ne considère pas le meurtre comme une irresponsabilité. Pas pour son enfant.


- Je voudrais patiner.

Peut être au nom de cette irresponsabilité d’avant. Quand Emmett et moi nous échappions en douce de Seagaard pour aller sur la glace, faire de la luge et d’autre trollerie dont nous nous savions plus ou moins à l’abri des conséquences de par la position influente de ses parents. Emmett était le partenaire d’âneries idéal. Il était le seul qui parvenait à freiner mes envies d’activités stupides et dangereuses en trouvant le bon compromis : l’interdit sans répercussions irréversibles. Je suppose qu’il était tout simplement plus censé que moi. J’avais à l’époque un irrémédiable besoin de me faire remarquer. Quand on a un grand frère qui réussi la moindre chose entreprise, croyez- moi, on a besoin du regard des autres, quel qu’il soit.

Je lève les yeux sur mon ami, mon Emmett. Il ne peut pas imaginer à quel point je lui suis reconnaissante pour tout. Je n’aurai jamais eu le courage d’entreprendre ce qu’il a fait pour nous. Jamais pu recommencer s’il n’avait pris cette décision. Si je suis plus fanfaronne, je suis aussi bien moins courageuse.
Il ne peut pas l’imaginer parce que je n’arrive pas à lui dire. Je préfère montrer les choses, même si j’ai appris à mes dépend que bien des gens ne sont pas sur la même longueur d’ondes que moi et ne parviennent pas toujours à décoder ce que j’aimerai qu’ils devinent.

Ce n’est pas pour autant que j’ai changé ma façon de faire.

Je pose une main sur l’épaule d’Emmett, courbé devant le feu et exerce une légère pression sur sa peau. Je ne l’ai rarement senti aussi loin de moi. Il y a trop de choses que je ne suis pas en mesure de comprendre, et je m’en veux.
Moi qui ne suis pas curieuse, quand il s’agit d’Emmett, je serai prête à torturer pour savoir ce qu’il ne me dit pas.
Jalouse ?
Oui.

Jalouse de n’être que moi, une fois de plus, dans l’ombre de bien d’autre transparente comme les volutes de fumée, ignorante de ce qui fait tourner le monde.
J’ai besoin de savoir.


- Alors, on sort ?

Les intonations sourdes et tranquilles de ma propre voix m’effraient. Je joue un rôle qui n’est pas le mien, la comédie comme pas deux, alors qu’intérieurement je boue. L’enveloppe ne va cependant pas tarder à se fissurer et laisser échapper tout cela.
A moins que j’implose.
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Emmett Aeterna
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MessageSujet: Re: Accord majeur   Dim 8 Fév 2009 - 21:22

On sort...

Je me retourne pour l’embrasser sommairement sur la tempe et j’en profite pour me dégager sans violence de sa main posée sur mon épaule. Je ne sais toujours pas pourquoi certains contacts avec Emmy me hantent plus que d’autres. Je n’arrive pas à trier à-propos ceux qui me font fuir et ceux qu’on s’échange sans réfléchir. Probablement que tout dépend de l’instant et de l’intention dissimulée derrière.

Ce n’est pas de la pudeur. Je l’ai déjà surpris nue et je ne compte pas les matins où elle me voit déambuler en caleçon dans l’appartement, je peux dormir avec elle avec le moindre vêtement, elle s’assoit sur mes genoux dans les salles d’attentes ou dans les transports publics, on se prend dans les bras, on se chamaille, on se câline, nous pouvons marcher main dans la main ou bras dessus bras dessous dans la rue... mais, parfois, il y a un accrochage et la plus insignifiante attention de sa part me met mal à l’aise. Comme cette main posée sur mon épaule. C’est à n’y rien comprendre.

Je vais vers le bureau où le grimoire boîte à secret est encore ouvert. Je le referme et le range. Puis, je cherche dans un calepin à la couverture noire acheté un an plus tôt dans une librairie moldue. Le calepin m’avait plu. Je l’avais acheté sans savoir à quoi il me servirait. Il est resté vierge plusieurs mois avant que je commence à y regrouper tous les contacts que j’avais, leurs adresses, leur fonction, leurs numéros de téléphone pour les moldus. Rien concernant la Résistance.

Tout en cherchant le nom d’une baby sitter que m’avait conseillé Domino Quint, je souris à Emmy :

On va geler... ça nous rappellera des souvenirs... on s’achètera quelque chose à manger en y allant. J’ai une idée de patinoire qui te plaira, j’espère... bon, elle est où cette fille ? finis-je par m’énerver.

Je pose mon doigt sur un nom. Je l’avais mise à Q, comme Quint, pas à B, comme baby sitter, ni à T, comme Tinypenny.

June Tinypenny... il parait qu’elle est formidable avec les enfants.

Vers Emmy :

Tu me prêtes ton téléphone portable ? Je... en fait, tu peux le faire toi-même... ?

J’éprouve de la gêne à utiliser des ustensiles électroniques moldus. Quelqu’un a vaguement essayé de me faire comprendre le fonctionnement des ordinateurs. Mal lui en pris, j’ai cassé la machine. C’est un domaine où je n’excellerai jamais et je m’y suis résolu. Si le monde continue d’évoluer en ce sens, il faudra pourtant que je m’y mette. Emmy est plus instinctive que moi pour ces machines. Vu le nombre exponentiel de moldus ou de sang-mêlé que nous avons dans notre entourage, elle a fini par acheter un téléphone cellulaire. L’objet m’intrigue sans m’attirer. Je me méfie encore...

Je lui tends le calepin noir :

C’est une ancienne Poufsouffle qu’une amie m’a conseillée.

Pendant qu’elle appelle, je m’enfuis pour prendre une douche chaude. Je ne suis plus habitué à ce froid. Je me suis fait au climat tempéré de l’Angleterre. Quand je ressors, je prépare des vêtements comme si nous partions en expédition. Un gros pull par-dessus deux autres pulls à peine plus fins, un jean et un caban. Pas de bonnet ou d’écharpe, je déteste ça. Ca pique.

Je rejoins Emmy :

La baby sitter arrive ?




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MessageSujet: Re: Accord majeur   Lun 2 Mar 2009 - 12:22

Emmett et la technologie c’est sans mauvaise comparaison un Ours face à un chaudron. Il tourne autour un bon moment, l’observe sous toutes les coutures et puis laisse tomber.
Peut être a-t-il peur de fendre le chaudron allez savoir.
J’ose plus. Après tout, il ne s’agit là que d’objets. Rien n’est irréversible. Sauf l’eau. J’ai remarqué ça. Les moldus n’ont pas encore réussi à détourner nos sortilèges d’imperméabilité. J’ai pu le constater à mes dépends. Je l’ai noté sur un calepin. Ça peut servir.
Il est assez fascinant de constater à quel point les moldus vivent bien sans baguette. On pourrait les croire coupés du monde, au lieu de ça, ils ont le monde à portée du doigt. Une pression sur quelques touches et j’entends déjà la voix de June.

Epatant le téléphone. Et si vous n’êtes pas là, il répond à votre place.

La baby sitter sera là rapidement. Cette rapidité, les moldus ne l’ont pas encore trouvé. Ils ont beau avoir des jets privés, des voitures et toutes sortes de véhicules rapides, rien n’égal le transplanage, les cheminées et même cet horreur de magicobus qui me donne la nausée à chaque utilisation.

Lorsque je retourve Emmett il a profité de mon absence pour se transformer en mannequin pour vêtements d’hiver. Une vitrine à lui tout seul. Un Emmett version artichaut. Au bout de trois couches il y en a encore.


La baby sitter arrive ?

Heu… oui. Le grand froid aussi ? Ne puis-je m’empêcher d’ajouter.

On a dit patinoire mais… je n’ai jamais parlé de banquise si ?
Je lance un œil soupçonneux à Emmett avant de me charger moi aussi en vêtements chauds.


Je prends aussi la couverture de survie ?

Je lui lance sur un ton taquin, mais en y réfléchissant bien je serai ravie de la tester. J’ai acheté ça l’autre jour dans un petit magasin qui vendait de tout et une fois de plus, ça m’a parut très astucieux.
Sauf qu’un sorcier n’en a probablement aucune utilité.
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Emmett Aeterna
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MessageSujet: Re: Accord majeur   Sam 21 Mar 2009 - 18:56

Ce n’est pas à grâce à mes diplômes d’études supérieures ou par le biais d’une intense réflexion sur le comportement humain que je parviens à deviner que mademoiselle Shane se fout de ma gueule. Non. Je n’ai qu’à voir son air malin, à écouter sa voix doucement espiègle et faussement interrogative pour le deviner.

Sans répondre, je me regarde dans le miroir en pied scellé à la penderie de l’entrée. Puis, je regarde la neige qui tombe dehors par la fenêtre. Je me souviens de la froidure qui a voulu me poignarder quand je fumais ma clope. Je revois ces couples qui se pressaient l’un contre l’autre pour gagner un peu de la chaleur de l’autre...
Un peu plus loin encore, dans ma mémoire, je me vois dégager une Emmy Shane d’un tas de neige où elle est maladroitement tombée. Nous sommes en Suède, c’est la fin des vacances. La nuit est lente à passer... elle durera encore trois jours.

Emmy grelote si fort qu’elle n’arrive même pas à me dire qu’elle a envie qu’on s’en aille. Nous nous promenons depuis des heures à la recherche d’un arbre à cerf pour un devoir de la rentrée. Je suis moins couvert qu’elle, j’ai froid, mais c’est supportable. Je pense même à un moment qu’elle fait semblant juste pour que je m’occupe d’elle et, surtout, pour que je termine l’expédition seul. Au regard de ses mains bleues dedans une paire de gants percée que je découvre en les lui retirant, je devine qu’elle souffre vraiment du froid.

Il faisait au moins dix degrés de plus qu’ici, aujourd’hui, ce soir, en Angleterre. Le temps déraille. Emmy fait pourtant la maligne en fustigeant gentiment mon surplus de précaution... Pourtant, pourtant, toujours dans ce lointain passé, n’est-ce pas moi qui ai ramené Emmy Shane, le glaçon humain, dans le premier hôtel venu ? Allumé toutes les Tapka présentes et un feu magnifique dans la cheminée ? Nous n’avions pas une gallion. Je me demandais comment nous allions payer... mais je me le demandais moins fort que la façon dont j’allais réchauffer Emmy. Elle avait réussi à m’inquiéter vraiment. Pendant presque trois heures, j’ai gardé ses orteils, ses doigts, son corps entre mes bras et mes mains pour leur donner de ma chaleur. Mademoiselle Couverture de Survie avait alors deux fois moins d'arrogance que maintenant.

Je quitte mon reflet dans le miroir, lui souris et lui cours après pour la renverser et la punir de cet affront. Attaque de chatouilles. Nous basculons dans le canapé. Moi sur elle, le souffle coupé. Quand nos rires s’éteignent, il y a d’abord un bref silence qui annonce les prémisses d’une gêne que je n’attendais pas. Je me relève d’elle, gêné :

Espèce de gamine, lui dis-je en l’aidant elle aussi à se relever.

La porte sonne. Je vais ouvrir. Mademoiselle June Tinypenny nous offre l’un de ses meilleurs monologues en guise de bonsoir. Je regarde Emmy interloqué avec un sourire en coin qui n’ose pas sortir. Je ne sais pas quoi penser à part que ma pauvre April ne va pas s’ennuyer. Elle aura trouvé une amie qui parle autant qu’elle. Quand j’ai enfin le loisir de glisser une phrase pour lui répondre, je lui rétorque :

Merci d’être venue même si tard en tout cas. Comme je ne sais pas à quelle heure nous rentrerons, s’il le faut tu as une chambre d’amis au premier étage, la porte de droite au bout du petit couloir. Pour manger, grignoter voire, pour le petit déjeuner, tu peux aller fouiller dans la cuisine. Et ne crois surtout pas April si elle te dit que je lui donne des Chocobonbons au petit déjeuner !

June éclate de rire et nous sert un autre monologue à la fin duquel nous entamons une sortie précipitée de peur qu’elle ne remette ça une troisième fois si nous disons quoi que ce soit.

Une fois derrière la porte, j’angoisse :

Tu crois que ça va bien se passer ?




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MessageSujet: Re: Accord majeur   Sam 28 Mar 2009 - 20:09

Je lève les yeux au ciel.
Si on m’avait dit quelques années auparavant qu’Emmett, mon Emmett serait du genre papa poule, je vous aurez ri au nez, quelque chose de correct.
Sauf que voilà : mon Emmett est du genre papa super protecteur.
A tous ceux qui tentent de mettre fin à leurs jours, une solution existe. Touchez à un cheveu d’April Aeterna et le tour est joué.


Bien sûr que ça va bien se passer.

Avec le débit qu’elle a des chances qu’April se rendorme avant d’avoir entendu la fin de la phrase.

Mon ton est assez monocorde. A vrai dire ma tête est resté sur le canapé. Avec lui. Je donnerai n’importe quoi pour être dans sa tête. Ces instants de gêne me plaisent tout en m’incommodant, sans que je sois capable de dire pourquoi.
Je rappelle mon esprit pour qu’il rejoigne mon corps. Emmett a l’air trop tendu, je ne vais pas commencer à m’éparpiller.
Je reprends plus joyeusement.


J’ai laissé la tête des deux autres baby-sitters qui n’ont pas fait l’affaire dans le frigidaire. Y a de grandes chances que ça force June à y mettre du sien.

Je n’ai pas pu m’en empêcher.
Ça me fait toujours drôle de le voir s’inquiéter comme ça. J’ai toujours l’impression que s’inquiéter, ou imaginer ce qui pourrait se produire, n’est qu’une provocation appelant les catastrophes. Un peu comme si je leur faisais un pied de nez. Alors parfois, je me contente de ne pas y penser. Peut-être qu’en les évitant elles consentiront à m’éviter. Depuis mes cinq ans je me base sur cette théorie. Déjà toute petite j’étais persuadé que si je ne voyais pas les autres, ils ne me voyaient pas. Ma meilleure arme ? Fermer les yeux.
Emmett trouvais ça stupide alors j’évite de lui dire que je continue. Il se moquerait de moi. En Suède il m’a appris à skier. Mes premières descentes je les ai faites les yeux fermés. Je ne lui ai jamais dit. Je n’avais aucun contrôle sur mes mouvements et me contentait de descendre tout droit, les yeux clos, priant que rien n’y personne ne soit sur ma trajectoire. Ça a marché plusieurs fois, il me trouvait même plutôt douée. Bien entendu ce n’est pas une technique des plus fiables.


Emmy !!! Mais tu es folle ! Regarde où tu vas !!!!!

Je crois qu’il s’est inquiété ce jour là. Ce sont ses parents qui m’ont accompagnée à l’institut médico-magique le plus proche en catastrophe. Je crois que plus aucun de mes os n’étaient à la bonne place. Il parait que dans ces cas là, les moldus restent immobilisés pendant des mois dans du plâtre. Ça ne doit pas être pratique. En quelques heures, c’était réglé pour moi. Emmett n’a jamais voulu me dire dans quoi je suis rentrée. Il me taquine, ours, petite mémé, Skieur confirmé, Conifère, Troupeau d’Ubuc, Dragons Tout y passe et il en rit encore parfois. Je suis sûre que c’était ridicule. Depuis, j’ouvre les yeux pour le ski. Mais je prie toujours.

Je reviens à mon Emmett inquiet un vague sourire aux lèvres.
Est-ce qu’il s’inquiète encore pour moi ?


Tu veux qu’on annule ?

C’est plus fort que moi aussi. Je n’aime pas qu’il se sente mal. Je tente de dissimuler la déception que me coûte cette phrase. J’aime mes soirées avec Emmett. J’ai beau aimé April de tout mon être, je ne peux m’empêcher d’avoir besoin de ces moments à deux. En souvenirs d’avant. Avant la guerre, avant les morts, avant tout ça. Quand rien d’autre ne comptait que les bêtises de collégiens et les conséquences plus ou moins futiles.
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Emmett Aeterna
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MessageSujet: Re: Accord majeur   Dim 29 Mar 2009 - 22:42

Je lui assène un léger coup sur le haut du crâne en ravalant mes angoisses comme je peux :

Annuler ? En voilà une idée sadique. Pas après avoir dû souffrir ces vingt-cinq minutes sur l’histoire des vinifères. Pour rien au monde, je ne retourne dans mon salon avant d’avoir totalement oublié la définition des 125 cépages qu’elle nous a énumérés. S’il y a le moindre problème, ça fera une tête de plus entre la mayonnaise et le jus de citrouille.

J’attire Emmy Shane dans mes bras comme pour me pardonner d’avoir fui quand nous sommes tombés dans le canapé. Je ne sais pas ce qui me fait peur des fois... Si, je le sais mais j’ai encore trop d’humilité pour oser me le dire.

Après un court instant :

Tu crois que June est alcoolique ? Pourquoi elle a parlé de vin comme ça ? J’ai oublié comment elle en était arrivée là...


Cette fois, j’exagérais mon inquiétude. Je ne dois plus y penser, ne plus songer à cette impression persistante d’abandonner ma fille dès que j’ai envie de me faire plaisir sans elle. Je ressens une vraie culpabilité à me divertir quand April n’est pas là, comme si c’était une trahison que je lui faisais.

¤ Je dois cesser d’y penser sinon nous allons passer une sale soirée... ¤


Nous sortons.

Dans la rue, le froid ne s’amuse pas. Il nous mord, nous entaille, nous pénètre la chair de ses dents aiguisées, faisant fi des vêtements et des multiples superpositions. J’attrape Emmy par la main et lui propose de transplaner vers notre patinoire.

Nous arrivons au Lac Léman. Il est gelé. Le froid n’a quitté aucun endroit de la Terre mais ici, à l’abri des collines enneigées, le vent est moins sec. Le ciel noir fait une parabole sans étoile au-dessus de nos têtes. Au loin, des lumières scintillent dans les foyers qui bordent les quelques chalets. La nuit est calme. Il n’y a pas un chat. La neige est bleue quand la lune ne brille pas. Je l’ai connue si souvent d’argent et de coton que le paysage me paraît soudain morne... mais je n’ai qu’à tourner la tête vers la fille que je tiens encore par la main pour trouver la lumière d’une lune absente.

Je lui souris, heureux.

Par la magie, nous nous équipons de patins et nous allons vers le centre du lac déserté. Je laisse Emmy derrière moi, je patine sans m’arrêter et loin, ça me défoule même si j’ai encore des images d’April tristounette qui demande à June complètement ivre : « il est où mon papa ? », puis je reviens vers elle et lui patine autour :

Si tu te casses une jambes, je te promets que je m’occupe de la seconde... pas d’acrobatie ce soir, miss Shane. Pas envie de passer ma soirée au centre médico-magique... alors ouvre les yeux.

Je rigole à peine.




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MessageSujet: Re: Accord majeur   Lun 30 Mar 2009 - 11:57

J’aime patiner.
Avoir au creux du ventre la sensation d’avancer en glissant, libre de toute entrave, et cet air sur le visage qui semble capable de vous porter plus loin que votre propre avenir.
Il se moque de moi.
Je réponds par une grimace de gosse.
Je ne sais pas s’il sait combien j’aime ça, qu’il se moque. Je me surprends à provoquer les situations où je suis le moins à mon avantage, uniquement pour le voir soupirer ou rouler des yeux.

Son « ouvre les yeux » m’arrache un sourire radieux. L’arrière goût d’un soir d’été à Seagaard où le château nous appartenait. Les parties de cache-cache dans les couloirs où persuadée que je n’étais jamais mieux cachée que les yeux fermés, je me contentais de me dissimuler derrière un rideau, oubliant que ce n’est pas parce que je ne vois pas, qu’on ne me voit pas. Je passais ensuite des heures à le chercher, lui, finissant par m’énerver, envahie par la crainte qu’il soit passé à tout autre chose que nos jeux d’enfants.


Je suis tentée… mais non merci.

Je me sens brusquement obligée de préciser.

Pour la seconde jambe…

Un haussement de sourcil plus loin et me voilà qui file à plus de dix mètres, prenant bien garde de ne pas tomber, ce qui serait un comble après une réplique aussi stupide. Le crissement de mes patins sur la glace est le seul son qui m’accompagne. La neige étouffe les bruits, le monde fou que nous connaissons semble les avaler. Même la lune ne daigne pas nous faire profiter de sa présence. Le ciel est aussi sombre que l’avenir qui se profile et une horrible sensation de perte me prend la gorge. J’ai un besoin capital de vérifier qu’Emmett n’a pas disparu.
Je me retourne brusquement, déséquilibrée et me rattrapant comme je peux, prête à accueillir la terrible vérité d’une solitude forcée.
Mais il est là où je l’ai laissé, debout sur la glace, les bras le long du corps. Il me parait soudain si fragile dans cette nuit que je ressens la soudaine envie de le prendre dans mes bras.
Des envies de promesses et de toujours que je n’ai pas le droit de lui demander.

Une dernière grimace en direction de mon Emmett et me voilà qui file sur la glace en sa direction. Mes patins prennent une vitesse folle que je ne serai pas en mesure de contrôler. J’en suis parfaitement consciente. Emmett aussi si j’en crois ses yeux qui m’avertissent de façon muette.
L’impact fatal ne manque pas de se produire. Je sens ses deux bras qui m’entourent, tachant d’amortir le choc et nous voilà tous deux couchés sur la glace, continuant à glisser sur une courte distance. Je ris, mon visage à quelques centimètres du sien.


Est-ce que ça fait partie des acrobaties interdites ?
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Emmett Aeterna
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MessageSujet: Re: Accord majeur   Mar 31 Mar 2009 - 17:28

Ce n’est pas l’horizontale qui me dérange, ni le froid, ni la nuit, ni même le trop de proximité. C’est ce que ce tout me fait ressentir. C’est ce que je pense à cet instant. Ce que je sais de moi et qui n’est que pure pragmatisme. Je devrais lui demander si ça va mais, comme chacun sait, l’homme à du mal à réaliser deux activités à la fois. Or, maintenant, je ne sais pas parler et penser en même temps. Je ne sais pas désirer et me retenir. Pourtant, il me semble que je le dois.

Emmy Shane, tu es une catastrophe ambulante, lui dis-je tendrement en portant ma main vers sa joue.

J’ai une hésitation palpable avant de me pencher vers ses lèvres. Je me penche néanmoins encore un peu pendant que, dans ma cervelle, la raison fait la course avec la passion. Quand j’arrive si près de la bouche d’Emmy qu’il m’est facile de deviner qu’elle a grignoté des bonbons dans mon dos, c’est la raison qui franchie la ligne d’arrivée en premier et ma bouche dévie à la dernière seconde sur son menton. J’y applique un baiser guérisseur déguisé en marque d’affection dénuée de tout sentiment.

¤ Protégeons-nous... ¤ me dis-je pour ne pas regretter de ne savoir profiter de la situation.

Il est vrai qu’avec n’importe qu’elle autre jeune femme, en pareille posture, j’aurais joué la carte romantique pour me livrer à toutes sortes d'"acrobaties". J’aurais embrassé sans me poser de question. Parce que je ne me soucie pas de savoir si je désirerai revoir ces charmantes après les avoir séduites et délaissées. Je ne suis pas le roi de la fidélité ou de la constance et Emmy devrait le savoir. En dehors de ces soucis moraux, il y en a un qui pèse de tout son poids sur ma sagesse obligée : je ne veux pas qu’elle m’attende quand je partirai.

Tout est dans cette pensée : je ne veux pas fournir d’espoir à Emmy, quel qu’en soit le sujet. Nous, la vie, la famille, le futur,...

Alors ce n’est pas un manque de désir car j’aimerais la posséder mais je connais mon cœur et mon esprit et je voudrais être certain qu’Emmy le connait aussi, alors, je joue franc jeu :

Shane, tu es tout ce qu’il me faut mais tu n’es pas une maîtresse, lui dis-je comme sorti de nulle part.

Est-ce une façon courtoise de lui suggérer que je la désire maintenant plus que tout mais que, même elle, ne soignera pas ma manie de disparaître au petit matin ? Je suis l'homme d'une nuit, d'un instant, pas celui d'une vie. Cela m'est difficile d'obtenir cette rigueur dans ma vie quotidienne avec elle car j'espérais qu'elle reste près de moi le plus longtemps possible. Et parce que je le sais, je sais bien que j’aimerais qu’elle reste toute ma vie dans ma vie mais qu’il me faudra la revoir si nous "fautions", je ne peux risquer la tentation. Emmy est incompatible avec ma vision des plaisirs charnels.

Je lui dis tout ça dans mon regard mais je ne parviens pas à avoir envie de me dégager d’elle, comme si chaque seconde passée sur Emmy était un larcin érotique où je lui volais un peu de ce que je ne parvenais pas à lui donner : du plaisir.




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MessageSujet: Re: Accord majeur   Mer 8 Avr 2009 - 0:16

Je suis tout ce qu’il lui faut.
Ça devrait me suffire, me plaire et m’emporter. Pourtant mon sourire n’est plus si franc lorsqu’il achève sa phrase. Mes lèvres tremblotent un peu et je m’en veux. Je voudrais à l’instant lui montrer que si, je peux être cette femme là. Je peux être maîtresse comme il dit. Que nulle autre que moi ne le connais autant. Je connais Emmett par cœur quelles que soient les choses qu’il ne me dit pas. Je le sais, le devine, je l’ai dans la peau depuis des années. Et pourtant, j’ai beau me leurrer, je ne peux pas lui donner ce qu’il attend. J’ai beau essayer de me persuader que je peux être la femme d’une nuit, le matin me cingle le visage avec plus de violence que les coups que j’ai eu pris. Au matin pourrais-je encore être moi quand il sera passé à autre chose ? Aurais-je encore droit à ses moqueries ? Ses regards complices et ses silences ?
Dans la balance chaque côté pèse son poids. Mon ami, mon âme sœur, mes envies et Lui. Penchant de chaque côté, de l’un comme de l’autre parce qu’à part Emmett je n’ai aimé personne.


Je me contenterai de catastrophe ambulante alors.

J’essaie de me dégager un peu, sans grande conviction. Au fond je sais bien, je caresse encore le doux espoir qu’il me retienne et cède. Mais pour combien de temps ?
Une demi-seconde. Pas plus. Juste le temps de me donner bonne conscience et déjà mes mains ne font que reposer sur ses épaules. Suspendues dans un geste que je n’achèverai pas, parce que je n’ai pas le courage de changer les choses aussi brusquement. Le poids de la culpabilité ne me va pas.
Je lève un peu les yeux. Geste stupide qu’on fait pour cacher ses larmes et qui finalement ne sert qu’à montrer ce qu’on souhaite dissimuler. Et je souris. Pour me persuader que c’est le froid qui fait briller mes yeux et pour le rassurer aussi.
Parce qu’avoir de la peine changerai plus de choses encore que de céder. Et parce que je ne suis pas certaine de vouloir les changer.

Je vois dans ses yeux ce que je pourrais atteindre en tendant une main. Un doigt et je le frôle. Mais je ne peux m’y résoudre. Elle reste désespérément immobile pendant que mes yeux fixent un trésor que je convoite sans me décider à le voler.



Emmett, il y a quelque chose de pointu dans ta veste.

Voilà qui règle la chose.
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