Forum de jeu de rôle par écriture alternée sur le thème de l'univers magique de Harry Potter de JKR pour adulte et jeunes adultes
{ What is the date today ? }

N'oubliez pas que l'histoire du forum suit le cours des saisons que nous vivons IRL à J+2 ans.

NOUS SOMMES EN 2017

Donc faites attention à vos dates de naissances et autres dates dans la chronologie de vos personnages.

{ Forum réservé aux membres déjà inscrits }


Le forum n'est plus administré.
Nous n'acceptons plus de nouvelles inscriptions pour le moment.
Pour toute demande de gestion
ouvrez un sujet dans la section réservée aux invités et un membre vous répondra.

{ Invité }

Si tu as cinq minutes
Fais un petit tour du côté du clic

Top Site #1 Top Site #2 Top Site #3 Top Site #4

"Ayez la clic attitude !"


 L'Alternatif :: Les Pays Unis de la Résistance :: Londres ● Capitale des PURs :: Habitations & jardinsPartagez | 
 

 Accord majeur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Accord majeur   Mer 3 Déc - 19:41

C'est un soir avant Noël.
Je me réveille. Emmy dort encore. En regardant autour de nous, je m’aperçois que nous sommes encore dans le canapé du salon, allongés en chien de fusil, deux livres ouverts devant nous. Le mien est posé sur l’épaule d’Emmy. Tout doucement, sans la réveiller, j’essaye de saisir ma baguette pour le faire léviter jusqu’à une petite table basse. Je prends le sien d’une main en la passant devant elle et je le ferme pour lire la couverture. Un ouvrage sur l’archéologie. Je le ferme et le fais léviter lui aussi jusqu’à la table basse avant de me rallonger. Je me calfeutre contre elle, replis mon bras libre sous ma tête, l’autre et sur son ventre, bloqué sous son bras.

Je songe à mes dernières journées, à tout ce qu’il se passe et tout ce que je vais manquer... il faudrait que j’en parle tôt ou tard à Emmy. Elle ne pose pas de question, pas encore, mais je sais qu’elle se doute de quelque chose.

Les vacances à trois me semblent très loin pourtant c’était il y a tout juste quelques mois. April découvrait la neige. Je me rappelle les soirées dans le chalet près d’un feu crépitant, les débats d’idées sur tous les sujets et sur la mode, mon exaspération de me faire aussi vite embarquer dans ces sujets de conversations et les rires qui résonnent entre les murs de pierre. Je revois nettement l’ombre qui grandit par dix le petit corps du petit être de mon corps, April, qui vient se faufiler entre Emmy et moi sous prétexte de d’acromentule géante cachée dans son lit. On pouvait skier en été et faire de la voile en hiver... on espérait que tout rentrerait très vite dans l’ordre malgré l’amusement que le décalage des saisons provoquait. Mais maintenant, ça n’est plus drôle. Je vais en guerre.

Emmy bougeotte. Elle se réveille doucement. Ma chère amie.
Je l’embrasse sur la joue et la serre un peu plus fort, sans raison, seulement parce qu’il y a des jours et des nuits où je me dis que c’est peut-être la dernière fois que je suis avec elle.

Bien dormi ? Tu ne préfères pas monter dans ta chambre ?


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

avatar


MessageSujet: Re: Accord majeur   Lun 29 Déc - 13:02

Je m’étire un peu. Aucune idée de combien de temps j’ai dormi. Je me souviens être en train de lire, ou plutôt de faire semblant, avant d’être gagnée par le sommeil. Je ne sais pas s’il a remarqué que je ne lisais pas. Mes doigts tournaient machinalement mes pages quand mon regard se tournait de nombreuse fois vers lui.
Il est soucieux. Il essaie de le cacher mais je le connais trop pour le savoir en paix. Quelque chose va me l’enlever. Sinon pourquoi me serrerait-il ainsi.

Je me redresse un peu pour lui faire face et dégage mon visage de mes propres cheveux qui, en terrain conquis, s’invitent devant mes yeux. Ma propre voix me surprend. Basse et encore endormie, presque un murmure.


- J’ai fait un drôle de rêve.

Ça c’est vrai. Un rêve dont on ne se souvient que d’un instant. Une image plutôt. Une image sans queue ni tête mais dont la seule ambiance réussit à vous donner la chair de poule.
J’étouffe un bâillement et ignore sa seconde question. Non je ne préfère pas. Je préfère rester avec lui.


- Tu étais dans la neige jusqu’aux genoux et... April jouait du violon.

Et moi je pleurai.

Je la revois l’image. C’est étrange un rêve. On perd la notion de tout. De la réalité, du temps, des lieux, des sentiments. Je suis incapable de dire pourquoi j’étais triste dans ce rêve. Pas plus que je suis en mesure d’en expliquer la signification. Jusqu’à preuve du contraire, c’est moi qui joue du violon. Emmett dans la neige ça doit dater des vacances. Pourtant en mentionnant mon rêve je garde un peu de cette terreur qui m’a envahit lorsque je l’ai fait.


- C’est stupide.

Je pose ma tête contre son épaule et j’ai la sensation qu’il revient après un long voyage. La sensation de le retrouver.


Dernière édition par Emmy Shane le Lun 29 Déc - 21:40, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Re: Accord majeur   Lun 29 Déc - 15:12

J’aimerais bien que ma petite April joue un jour du violon aussi bien qu’Emmy. En revanche l’abattement monotone de sa voix ne me dit pas que ce rêve était un rêve agréable. Qu’est-ce qui la tracasse vraiment ?

Peut-être dois-je revoir le moment où je lui parlerai de ce que je fais en parallèle de mes activités au ministère. J’ai l’impression de lui mentir depuis des mois. La discrétion obligée dont je fais preuve est un mensonge même si jusque là je suis toujours parvenu à n’en proférer aucun.

Même lorsque notre voyage en France s’est mal terminé et que j’ai passé quelques jours à l’hôpital de l’ambassade des pays asiatiques, j’ai réussi à me taire plutôt qu’à mentir. « Une affaire à conclure. Je dois partir quelque jours, je te donne des nouvelles dès que je reviens. »

Je ne dois plus me laisser entraîner dans les activités de terrain tant que la guerre n’est pas officiellement déclarée.

Emmy, ça va ?

Un doute, je retourne son visage vers le mien pour fouiller dans ses pupilles la couleur de ses pensées.

Ca ne va pas, non…

Qu’est-ce qu’il se passe ?

Quelle façon minable de retrouner le problème latent.


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

avatar


MessageSujet: Re: Accord majeur   Lun 29 Déc - 22:24

Ce qu’il se passe ?
Je n’en sais rien justement.
J’ai peur qu’un jour tu me mentes Emmett.


- A toi de me dire.

Je lui rends son regard. Celui-là même qu’il connaît comme étant son meilleur atout. Le genre de regard qui me fait généralement avouer toutes les âneries que j’ai faites dans la journée et même celles des autres.
Sauf que mon regard à moi doit plus tirer du chien battu que de la persuasion infime. Pas de chance.


- Je dois m’inquiéter ou pas ?

Je poursuis sur un ton qui se veut plus léger, amusé, le tout assorti d'un de mes sourires en coin. Je n’aime pas trop le mélodrame. Les situations où on sort les mouchoirs, ce n’est pas mon truc. Je crois que le comble pour moi, c’est de les provoquer. Alors j’allège, comme je peux. Avec l’adresse d’un troll en tutu.

A côté de la tête d’Emmett un fil du canapé dépasse. J’envoie une main rapide et volontaire pour l’arracher avant de m’arrêter, le bras en suspend.
Si je le coupe, ça laissera un petit trou. Si je le laisse, on finira par l’accrocher et le trou sera moins discret.

Est-ce que tout se dissimule ?

J’en profite pour passer ma main sur le front d’Emmett pour en dégager une mèche de cheveux. C’est fou ce qu’il a changé lui. J’ai l’impression de n’être toujours que la gamine ébouriffée qui lui courrait après dans les couloirs de Seagaard.
Je voudrais lisser ce front pour effacer les soucis qui le fronce ces derniers temps. Emmett cache bien son jeu, mais je suis bonne lectrice. Je vois les regards qu’il jette à April. Je sens bien qu’il s’inquiète. Je connais trop ses silences pour ne pas m’inquiéter de ceux-là.
Lorsque ma main retombe entre nous je me renfonce un peu dans le canapé. Je fuis, oui. Je préfère me dérober à son regard plutôt que l’obliger à me mentir. Ou juste l’envisager.
Revenir en haut Aller en bas

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Re: Accord majeur   Mar 30 Déc - 20:41

Aïe. Alerte maximale ! Elle me fait le coup des yeux ! Mais dans cette position, mon regard n’a pas beaucoup d’échappatoire. Alors, je ferme les miens et je glisse mon visage dans son cou. Elle ne pourra venir y infiltrer le poison qui me donne des remords.

Quand nous étions au collège, je ne compte pas le nombre de fois où j’ai pu tourner les yeux pour ne pas lui avouer même les choses les plus primaires. Si je rencontrai une fille, je le lui cachais pour ne pas avoir son avis tant que je ne sentais pas que ma relation ou mes sentiments pouvaient être assez solides pour affronter l’avis d’Emmy. Evidemment, je savais d’avance que la fille n’était pas faite pour moi – ou moi pour elle – mais c’était une façon d’éprouver l’incorruptibilité de mes motivations.

Ainsi confiai-je presque aveuglément à ma meilleure amie la confiance et la responsabilité de mon bonheur. J’avais besoin de son avis. Il m’influençait en tout et si elle n’approuvait pas un de mes choix ou une amoureuse, la fille perdaient à mes yeux la valeur qu’elle avait acquise dans le batifolage. C’était idiot mais la personne que je voulais aimer ou le choix que je voulais faire ne pouvait l’être complètement que si Emmy approuvait.

Il n’y a qu’une fois où je ne l’ai pas écouté. C’était pour la femme que j’ai épousé et je ne l’ai jamais regretté. Après ça, j’ai cessé de courir après les avis d’Emmy tout en prenant soin de continuer à les écouter quand ils tombaient.

J’hésite encore à tout lui dire sur ce qu’il va se passer dans les jours à venir. Je sais que je devrais le faire tôt ou tard car, s’il m’arrivait quelque chose, j’aimerais que quelqu’un… qu’Emmy veille sur April. C’est ce que j’aimerais qu’elle me promettre. Par contre, ce que je voudrais éviter, ce sont ces yeux là, ce sont les sermons et les préventions. Je ne veux pas qu’elle me dise « n’y va pas. »

Je te le dirai, dis-je caché dans ses cheveux, mais pas tout de suite. Je voudrais encore profiter de l’inconscience.

Je dois vite trouver un sujet de conversation neutre sinon mon cœur ne va pas arrêter de battre comme ça. Je le sens dans ma poitrine qui frappe comme un fou.

Les cours, ça va ? Tu ne t’ennuies pas trop ?


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

avatar


MessageSujet: Re: Accord majeur   Mar 30 Déc - 21:42

Ce « pas tout de suite » là je le connais. C’est quand il a une chose à dire et qu’il sait par avance que je ne vais pas prendre au mieux. Quelque chose à me dire et que je ne vais pas apprécier.
A ce stade là il nous reste deux solutions. J’insiste je supplie, j’entame le chantage, je gronde, il fini par en rire et moi je reste dans l’ignorance. Première option, pas la meilleure mais la plus tentante.
Avec le temps, beaucoup de patience et un entrainement quotidien, j’ai accepté de m’en remettre à la seconde. Je rends les armes. Je le laisse venir.

Certes j’ai du mal à retenir quelques soupirs impatients, des moues plus ou moins boudeuses dont il s’amuse à mes dépends ainsi que quelques commentaires piquants en réponse aux thèmes insignifiants qu’il utilise pour détourner mon attention et que j’ai bien du mal à retenir.


- Les cours… Je m’ennuie tellement qu’ils m’ont déclarée apte à enseigner aux autres.

Là, effectivement, le sarcasme transperce plus que ce qu’il ne perce. Il va se douter que je suis déçue. Doux euphémisme que déçue.

Je profite de son enfouissement dans mes cheveux pour déposer un baiser sur les siens. J’ai constamment besoin de contact. Quand j’aime les gens, je les touche. Ça cache probablement une tare quelconque, un déglinguage de ma personnalité déjà fort fantasque. Je n’en sais rien et je m’en fiche complètement. Quand j’aime, je le montre.


- En fait, certains cours sont très sympas… la plupart même…

Soupir.

- Et puis… avec tout le retard que j’ai à rattraper concernant les cours de première année… je ne risque pas de m’ennuyer. Fini-je par confesser.

C’est bien ce que je disais. Un regard d’Emmett et je confesse. Tout. Ça a toujours été comme ça. Depuis le collège j’ai eu ce besoin furieux d’avouer à Emmett chacune de mes bêtises, chacun de mes mensonges, mes tromperies, mes coup bas ; aussi paradoxal que ce soit puisqu’il était celui que j’avais le plus envie d’impressionner.

- Et toi le boulot ? Tentai-je innocemment.
Revenir en haut Aller en bas

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Re: Accord majeur   Jeu 1 Jan - 22:58

¤ Le boulot ? Rien de nouveau, j'ai failli être écartelé vivant par trois types il y a deux semaines, j'essaye de convaincre le ministre d'entrer en guerre, je suis responsable de deux réincarnations divines qui n'en font qu'à leur tête, j'entretiens une liaison avec ma gentille co-worker que je soupçonne d'être une Opposante, je suis parano, j'ai mal au dos et je dois bientôt partir aux Etats-Unis... berceau de l'Opposition. Rien de spécial, tu vois... ¤

Donc, effectivement, à moins de vouloir sadiquement tourmenter Emmy, je ne peux pas répondre à cette question sans mentir ou dissimuler.

- Le boulot ? dis-je en murmurant avec lassitude, rien d'extraor... rien de... ça v... on fait aller.

Jusqu'à aujourd'hui, si je suis encore vivant car parce que j'ai réussi à mentir aux bonnes personnes, sans vergogne, sans hésitation, en les regardant droit dans les yeux. A m'écouter parler maintenant on a de quoi en douter.

- Emmy, ça ne va pas au boulot, dis-je pour rattraper mon hésitation et lui donner quelque chose en compensation, avec tout ce qu'il se passe actuellement c'est pire qu'essayer de se promener en maillot de bain à Seagaard en plein mois de février : autant mourir tout de suite. Tout le monde m'épuise mais je dois faire avec. C'est la voie que j'ai choisi.

Je me relève d'un coup. Et lui passe au-dessus pour sortir du canapé. Je dois marcher, faire quelque chose pour détourner le poids qui pèse dans ma poirtine. Dehors, il fait froid comme si nous étions à Seagaard. La température avoisine les moins trente pourtant, j'ai envie de sortir.

Je marche jusqu'à une petite étagère de livres et de grimoires. Un peu sous tension, j'en prends un sans que mon geste passe pour un choix hasardeux. Je savais très bien le grimoire que je voulais tirer. Il est épais et très abîmé. Sa couverture marron en cuir râpé prétend que c'est un grimoire sur la guerre des Gobelins. Dedans, les feuilles ont été collées et découpées pour concevoir une boîte à secrets. Je ne sais même pas si Emmy connaissait ma cachette mais je m'en fous. J'ouvre la boite, sans jeter un regard à Emmy, je prends un paquet de cigarette dans lequel il en manque plus de la moitié et j'en retire une. Je laisse le paquet dans le grimoire et je me dirige vers la porte de l'appartement :

- Je reviens, lui dis-je en laissant la boite ouverte sur un emplacement vide de l'étagère. Je vais marcher cinq minutes quand je reviens, je te fais à dîner... on s'est endormis sans dîner, dis-je en souriant.

En bas de l'immeuble, je ne marche pas. Je suis bête, je suis sorti avec tellement de précipitation que je n'ai pas pris de manteau.

Avec ma baguette, j'allume la cigarette que le froid ne rend pas aussi plaisante que je l'avais espéré. Je sautille sur place en tirant de grandes bouffées qui me donnent envi de vomir. Je pense à rien, enfin, j'essaye, je pense que j'ai froid et que j'aurais du fumer dans le couloir de l'immeuble ou dans le local à poubelles.


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

avatar


MessageSujet: Re: Accord majeur   Ven 16 Jan - 17:46

Je crois que rien ne m’a surpris. Ni l’empressement avec lequel il a esquivé le sujet, ni sa fuite, ni les cigarettes.

Je le laisse partir puis je me lève à mon tour. J’ai toujours cette douleur au genou. J’ai dévalé les escaliers ce matin. En retard une fois de plus. Depuis je suis plutôt défigurée du genou si on peut dire ça comme ça. Il aborde de jolies couleurs et met un peu de temps à se remettre à fonctionner après les différentes pauses que je lui accorde.
Je serre les dents et me lève d’un coup. Ça fait moins mal. C’est ce que j’essaie de me dire en tout cas.
Mes yeux sont attirés par le grimoire qu’il a laissé posé sur la table.
Non je n’irai pas.

Je fais quelques pas qui me conduisent malgré moi devant les quelques photos qui trônent sur l’étagère. April dans la neige, Moi sur le dos d’Emmett. On dirait presque des pub. Sauf que dans une pub je suppose que j’aurai le nez et les joues moins rouge et que mes cheveux malgré le vent ne dépasseraient pas du bonnet avec autant de…vigueur.
Emmett a ce drôle de sourire un peu triste qu’il aborde constamment ces derniers temps. Comme s’il profitait tristement des derniers jours avant. Avant quoi je ne sais pas. Mais je suis certaine que ce sont les derniers.

Sur la table le grimoire me fait de l’œil. Je l’ignore et passe dans le couloir. En haut nos chambres ne sont éclairées que par la petite veilleuse d’April. Elle n’aime pas le noir. Je la comprends. Je monte silencieusement les quelques marches qui mènent à sa chambre de petite fille. Le royaume des enfants. Celui où la chambre est une partie du monde à l’abri de tout. Je m’arrête un instant devant sa porte et écoute sa respiration régulière avant de redescendre dans le salon.

Le silence me pèse.
Je remets une chaise en place, tasse le coussin, resserre les livres et rend les armes.

Je fonce sur le grimoire laissé ouvert et l’explore des yeux comme des mains, non sans penser à m’accorder un sermon.


- C’est mal de fouiller dans les affaires des autres.

C’est d’un haussement d’épaules que je conclue mes propres palabres avant de constater qu’il en a fumé plus de la moitié. Machinalement, j’en prends une entre mes doigts et la porte à mon nez. J’ai besoin de renifler aussi. Instinct animal. Il a des gens que je ne peux pas sentir. Littéralement. Des choses aussi.
Bizarrement, l’odeur me plait. Je la garde à la main.

Sur la chaise, le manteau d’Emmett.

Est-ce qu’il m’en voudra si je fouille là aussi ?

Il parait que les gens laissent des secrets derrière eux, uniquement pour que les gens les trouvent. Je souris avant de me rendre compte du nombre d’excuses que j’arrive à me trouver.
J’attrape le manteau, ma veste et le rejoint dehors.

Il n’est pas bien loin. Il fait les cent pas, saute sur place et semble bien décidé à rester dans le froid plutôt que remonter avec moi.


- On ne t’a jamais dit que les fumeurs était condamnés à se geler ? Dis-je en lui tendant son manteau.
Revenir en haut Aller en bas

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Re: Accord majeur   Dim 18 Jan - 12:36

L’un des vantaux s’ouvre derrière moi. Derrière les carreaux protégés par des barreaux dont tous les fers entrecroisés sont solidement enfoncés dans le châssis de la porte, je devine le visage d’Emmy. Je m’écarte pour la laisser passer. Le perron est petit mais nous pouvons commodément tenir à deux sous la marquise enneigée.

On ne t’a jamais dit que les fumeurs était condamnés à se geler ? se moque-t-elle.

Sa remarque m’arrache un sourire évasé, pourtant, je me demande si je suis content qu’elle m’ait rejoint. Le doute ne subsiste pas à la dictature du froid. C’est très matérialiste mais, en voyant le manteau qu’elle apporte avec elle, j’accepte de me réjouir de sa présence. La solitude du clopeur, c’est qu’un cliché de toute façon.

Après avoir enfilé le manteau et remercié Emmy d’un baiser sur la tempe, je m’applique à garder un regard lointain sur l’autre côté de la rue et les rares personnes qui osent braver le froid. Une femme et son conjoint affrontent les houles mêlées de poudreuse qui s’envole des toits chargés. Je le déduis ainsi parce qu’ils se protègent l’un et l’autre comme j’imagine qu’un homme protègerait sa femme, mais ils peuvent être tout aussi bien frère et sœur, meilleurs amis, oncle et cousine... Dans mon imagination, je décide cependant qu’ils sont mari et femme. Je me demande où ils vont par ce froid.

¤ Fumer une clope un peu plus loin... ¤


Peu probable mais tout est bon pour ne pas regarder Emmy tout de suite.

Machinalement, je lui tends le mégot fumant. Je sais qu’elle ne fume pas mais peut-être que je le sais comme elle savait que je ne fumais pas non plus. On se cache vraiment tout et n’importe quoi quand on aime les gens et qu’on a peur de les décevoir.

Je suis bien obligé de tourner ma tête vers elle car elle tarde à le saisir. Dans sa main, je vois qu’elle tient une de mes cigarettes. Je lui souris avec amusement et reprends ma nicotine :

Si tu n’as pas commencé à fumer, tu devrais t’arrêter maintenant. Il parait qu’on peut en devenir accro.


Je jette le mégot par terre, inspecte sommairement alentour et sors à nouveau ma baguette pour le faire disparaître - je veux être discret car je ne veux pas que le voisinage vienne nous soûler parce qu'on est sorcier. J'aimais bien notre monde quand nous étions des vivants secrets. Je range tout aussi rapidement la baguette, me tourne ardemment vers Emmy et la prends dans mes bras avec une certaine violence. Mon corps s’abat contre le sien. Impossible de savoir si c’est pour la tenir ou si c’est pour qu’elle me soutienne. L’envie était enragée. Elle gagne toujours, je n’arrive jamais à ne pas avoir besoin d’elle. C’est une partie de moi que je ne peux pas combattre et pourtant j’ai utilisé beaucoup d’années pour m’entraîner.

Putain, Emmy, si tu savais...
je lui murmure les lèvres accolées à son oreille et le cœur à l’extrême frontière des sentiments que je peux expulser sans devenir barge. Je n’ai pas assez de temps et je n’ai pas le droit de tout te raconter mais c’est un truc de fou. Je sais pas si j’y arriverai...

Le murmure s’éteint dans une étreinte plus forte. Je n’ai plus froid. Je n’ai pas chaud non plus. J’ai de la peine et je voudrais que ça passe.


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

avatar


MessageSujet: Re: Accord majeur   Dim 18 Jan - 15:48

Je regarde la cigarette toujours dans ma main, un peu écrasée alors que je la presse contre le corps d’Emmett. Une furieuse envie de la réduire en bouillie s’empare de moi. Ne serait-ce pas ironique que de réduire en cendre un objet qui par définition est voué à se consumer ?

Mes yeux picotent et puis c’est étrange…
Etrange de constater que je me sens envahit d’une telle terreur, que soudain je n’ai plus peur. Difficile à expliquer. Un instant auparavant et j’étais prête à me jeter dans ses bras pour qu’il me rassure et maintenant c’est moi qui le soutient.
Le voir bouleversé me faire peur. Lui. Emmett. Emmett qui prend les choses en mains. Emmett qui quitte tout pour mettre sa famille à l’abri. Le savoir anxieux me tue parce qu’il n’a pas peur pour rien.
Et pourtant…
Je ne me suis jamais sentie aussi forte qu’en le tenant dans mes bras à cet instant.

Mes doigts s’accrochent au manteau que je viens d’amener avec une force que je ne me soupçonnais pas.
Je me sens inutile de ne pas savoir, moi qui le devine en chaque instant habituellement.

Je ne sais rien. Rien si ce n’est que ce qui approche l’angoisse et cela suffit à me faire détester ce qui se trame.

Je m’entends dire des mots qui viennent tous seuls, sans passer par la case réflexion et qui pourrait sonner juste si je ne tremblais pas. Le froid joue en ma faveur cependant.


- ça va aller. Je ne sais pas ce que tu dois faire mais ce dont je suis sûre c’est que tu vas y arriver.

Je tourne un peu la tête et presse mon front contre le sien. Le nez dans sa joue je respire son odeur et j’y décèle un autre parfum que le sien ce qui met fin à mes tremblements en un instant.
J’ai envie de le presser pour qu’il me dise. J’ai envie et besoin de savoir ce qu’il sait que je ne sais pas. Tout.


Pourquoi?
Combien de temps?
...qui?



- Je suis là.

Trois petits mots murmurés qui ne reflètent pas la moitié de ce que je voudrais te dire.
Revenir en haut Aller en bas

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Re: Accord majeur   Mar 20 Jan - 20:22

C’est le froid qui me ramène le premier à la scène que nous vivons. Je la sens trembler, je tremble aussi et nous remontons en grelotant de froid. Grâce à la magie, allumer un feu dans la cheminée de marbre gris ne nous coûte pas autant de temps qu’il nous en faudra pour nous réchauffer.

Après avoir fait un petit tour dans la chambre d’April pour vérifier qu’elle dort, je redescends pour m’installer auprès du feu.

Je pense que je ne n’approfondirai pas plus loin les confessions. J’en suis incapable. Mais c’est un accord majeur entre nous : tant que nous respecterons la liberté et les secrets de l’autre, nous tiendrons le coup face à nous-mêmes. L’amitié ou l’amour, c’est comme l’écriture d’une symphonie. Il faut observer et comprendre un interminable panaché de mécanismes, de notes, de soupirs, de temps, de lignes, de clés, de bémols pour donner forme au son mélodieux. Des fois l’on se trompe. On trébuche sans savoir quel son manque pour aller à la suite et poursuivre. On rature la portée pour réécrire ou repenser la fin de la mélodie qu’on ne prévoyait pas ainsi. Il y a des surprises dans la création. On pensait que ça marcherait... ça dissone. On jugeait que c’était improbable... ça résonne si bon. Si la mélodie sonne bien, qu’elle nous plaît, qu’on la chérie tellement qu’on souhaite qu’elle n’ait jamais de fin, alors c’est plus que son âme qu’on y glisse et tout ce chaos de signes prend un sens. Même ses imperfections et les passages qu’on aime moins. C’est un ensemble mélodieux. Piano. Presto. Mezzo. Une histoire inracontable mais qu’on partage par la sensualité.

Je rature quelques notes mais je ne laisse rien inachevé.

Assis face aux braises scintillantes, je ne me sens pas mieux, pas plus apaisé qu’avant la cigarette mais au moins plus léger car elle sait, sans incertitude, que quelque chose se passe. Peut-être que la patience ou la force des choses corrigera mon excès de pleutrerie.

Tu veux qu’on sorte ? lui fais-je tout de go. Ca vient de me traverser. Je voudrais qu’on aille quelque part, tous les deux, faire la fête avec insouciance, danser, manger, se promener... non, pas se promener par moins trente degrés... tout ce qu’elle voudra, mais changer. J’appelle une baby sitter et on sort... soit on mange ici, et on sort après, soit on appelle la baby sitter maintenant et on sort dîner... après advienne que pourra, j’ai envie de... d’être irresponsable.


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

avatar


MessageSujet: Re: Accord majeur   Dim 1 Fév - 12:12

Emmett irresponsable…
Rien que l’idée m’arrache un sourire plus franc que tous ceux que j’ai offert ces derniers mois.
Je n’ai pas vu Emmett en irresponsable depuis… depuis April. Si bien sur, on ne compte pas le jour où pendant nos vacances, ils se sont tous les deux mis en tête de construire un igloo pour y passer la nuit. Je ne sais pas lequel des deux s’amusait le plus, le père ou la fille, mais à eux deux ils n’avaient pas plus de dix ans ce jour là.
Depuis qu’il est le père d’April, Emmett est plus que responsable. Il donnerait sa vie pour elle, et probablement celle des autres. Non, je ne considère pas le meurtre comme une irresponsabilité. Pas pour son enfant.


- Je voudrais patiner.

Peut être au nom de cette irresponsabilité d’avant. Quand Emmett et moi nous échappions en douce de Seagaard pour aller sur la glace, faire de la luge et d’autre trollerie dont nous nous savions plus ou moins à l’abri des conséquences de par la position influente de ses parents. Emmett était le partenaire d’âneries idéal. Il était le seul qui parvenait à freiner mes envies d’activités stupides et dangereuses en trouvant le bon compromis : l’interdit sans répercussions irréversibles. Je suppose qu’il était tout simplement plus censé que moi. J’avais à l’époque un irrémédiable besoin de me faire remarquer. Quand on a un grand frère qui réussi la moindre chose entreprise, croyez- moi, on a besoin du regard des autres, quel qu’il soit.

Je lève les yeux sur mon ami, mon Emmett. Il ne peut pas imaginer à quel point je lui suis reconnaissante pour tout. Je n’aurai jamais eu le courage d’entreprendre ce qu’il a fait pour nous. Jamais pu recommencer s’il n’avait pris cette décision. Si je suis plus fanfaronne, je suis aussi bien moins courageuse.
Il ne peut pas l’imaginer parce que je n’arrive pas à lui dire. Je préfère montrer les choses, même si j’ai appris à mes dépend que bien des gens ne sont pas sur la même longueur d’ondes que moi et ne parviennent pas toujours à décoder ce que j’aimerai qu’ils devinent.

Ce n’est pas pour autant que j’ai changé ma façon de faire.

Je pose une main sur l’épaule d’Emmett, courbé devant le feu et exerce une légère pression sur sa peau. Je ne l’ai rarement senti aussi loin de moi. Il y a trop de choses que je ne suis pas en mesure de comprendre, et je m’en veux.
Moi qui ne suis pas curieuse, quand il s’agit d’Emmett, je serai prête à torturer pour savoir ce qu’il ne me dit pas.
Jalouse ?
Oui.

Jalouse de n’être que moi, une fois de plus, dans l’ombre de bien d’autre transparente comme les volutes de fumée, ignorante de ce qui fait tourner le monde.
J’ai besoin de savoir.


- Alors, on sort ?

Les intonations sourdes et tranquilles de ma propre voix m’effraient. Je joue un rôle qui n’est pas le mien, la comédie comme pas deux, alors qu’intérieurement je boue. L’enveloppe ne va cependant pas tarder à se fissurer et laisser échapper tout cela.
A moins que j’implose.
Revenir en haut Aller en bas

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Re: Accord majeur   Dim 8 Fév - 18:22

On sort...

Je me retourne pour l’embrasser sommairement sur la tempe et j’en profite pour me dégager sans violence de sa main posée sur mon épaule. Je ne sais toujours pas pourquoi certains contacts avec Emmy me hantent plus que d’autres. Je n’arrive pas à trier à-propos ceux qui me font fuir et ceux qu’on s’échange sans réfléchir. Probablement que tout dépend de l’instant et de l’intention dissimulée derrière.

Ce n’est pas de la pudeur. Je l’ai déjà surpris nue et je ne compte pas les matins où elle me voit déambuler en caleçon dans l’appartement, je peux dormir avec elle avec le moindre vêtement, elle s’assoit sur mes genoux dans les salles d’attentes ou dans les transports publics, on se prend dans les bras, on se chamaille, on se câline, nous pouvons marcher main dans la main ou bras dessus bras dessous dans la rue... mais, parfois, il y a un accrochage et la plus insignifiante attention de sa part me met mal à l’aise. Comme cette main posée sur mon épaule. C’est à n’y rien comprendre.

Je vais vers le bureau où le grimoire boîte à secret est encore ouvert. Je le referme et le range. Puis, je cherche dans un calepin à la couverture noire acheté un an plus tôt dans une librairie moldue. Le calepin m’avait plu. Je l’avais acheté sans savoir à quoi il me servirait. Il est resté vierge plusieurs mois avant que je commence à y regrouper tous les contacts que j’avais, leurs adresses, leur fonction, leurs numéros de téléphone pour les moldus. Rien concernant la Résistance.

Tout en cherchant le nom d’une baby sitter que m’avait conseillé Domino Quint, je souris à Emmy :

On va geler... ça nous rappellera des souvenirs... on s’achètera quelque chose à manger en y allant. J’ai une idée de patinoire qui te plaira, j’espère... bon, elle est où cette fille ? finis-je par m’énerver.

Je pose mon doigt sur un nom. Je l’avais mise à Q, comme Quint, pas à B, comme baby sitter, ni à T, comme Tinypenny.

June Tinypenny... il parait qu’elle est formidable avec les enfants.

Vers Emmy :

Tu me prêtes ton téléphone portable ? Je... en fait, tu peux le faire toi-même... ?

J’éprouve de la gêne à utiliser des ustensiles électroniques moldus. Quelqu’un a vaguement essayé de me faire comprendre le fonctionnement des ordinateurs. Mal lui en pris, j’ai cassé la machine. C’est un domaine où je n’excellerai jamais et je m’y suis résolu. Si le monde continue d’évoluer en ce sens, il faudra pourtant que je m’y mette. Emmy est plus instinctive que moi pour ces machines. Vu le nombre exponentiel de moldus ou de sang-mêlé que nous avons dans notre entourage, elle a fini par acheter un téléphone cellulaire. L’objet m’intrigue sans m’attirer. Je me méfie encore...

Je lui tends le calepin noir :

C’est une ancienne Poufsouffle qu’une amie m’a conseillée.

Pendant qu’elle appelle, je m’enfuis pour prendre une douche chaude. Je ne suis plus habitué à ce froid. Je me suis fait au climat tempéré de l’Angleterre. Quand je ressors, je prépare des vêtements comme si nous partions en expédition. Un gros pull par-dessus deux autres pulls à peine plus fins, un jean et un caban. Pas de bonnet ou d’écharpe, je déteste ça. Ca pique.

Je rejoins Emmy :

La baby sitter arrive ?


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

avatar


MessageSujet: Re: Accord majeur   Lun 2 Mar - 9:22

Emmett et la technologie c’est sans mauvaise comparaison un Ours face à un chaudron. Il tourne autour un bon moment, l’observe sous toutes les coutures et puis laisse tomber.
Peut être a-t-il peur de fendre le chaudron allez savoir.
J’ose plus. Après tout, il ne s’agit là que d’objets. Rien n’est irréversible. Sauf l’eau. J’ai remarqué ça. Les moldus n’ont pas encore réussi à détourner nos sortilèges d’imperméabilité. J’ai pu le constater à mes dépends. Je l’ai noté sur un calepin. Ça peut servir.
Il est assez fascinant de constater à quel point les moldus vivent bien sans baguette. On pourrait les croire coupés du monde, au lieu de ça, ils ont le monde à portée du doigt. Une pression sur quelques touches et j’entends déjà la voix de June.

Epatant le téléphone. Et si vous n’êtes pas là, il répond à votre place.

La baby sitter sera là rapidement. Cette rapidité, les moldus ne l’ont pas encore trouvé. Ils ont beau avoir des jets privés, des voitures et toutes sortes de véhicules rapides, rien n’égal le transplanage, les cheminées et même cet horreur de magicobus qui me donne la nausée à chaque utilisation.

Lorsque je retourve Emmett il a profité de mon absence pour se transformer en mannequin pour vêtements d’hiver. Une vitrine à lui tout seul. Un Emmett version artichaut. Au bout de trois couches il y en a encore.


La baby sitter arrive ?

Heu… oui. Le grand froid aussi ? Ne puis-je m’empêcher d’ajouter.

On a dit patinoire mais… je n’ai jamais parlé de banquise si ?
Je lance un œil soupçonneux à Emmett avant de me charger moi aussi en vêtements chauds.


Je prends aussi la couverture de survie ?

Je lui lance sur un ton taquin, mais en y réfléchissant bien je serai ravie de la tester. J’ai acheté ça l’autre jour dans un petit magasin qui vendait de tout et une fois de plus, ça m’a parut très astucieux.
Sauf qu’un sorcier n’en a probablement aucune utilité.
Revenir en haut Aller en bas

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Re: Accord majeur   Sam 21 Mar - 15:56

Ce n’est pas à grâce à mes diplômes d’études supérieures ou par le biais d’une intense réflexion sur le comportement humain que je parviens à deviner que mademoiselle Shane se fout de ma gueule. Non. Je n’ai qu’à voir son air malin, à écouter sa voix doucement espiègle et faussement interrogative pour le deviner.

Sans répondre, je me regarde dans le miroir en pied scellé à la penderie de l’entrée. Puis, je regarde la neige qui tombe dehors par la fenêtre. Je me souviens de la froidure qui a voulu me poignarder quand je fumais ma clope. Je revois ces couples qui se pressaient l’un contre l’autre pour gagner un peu de la chaleur de l’autre...
Un peu plus loin encore, dans ma mémoire, je me vois dégager une Emmy Shane d’un tas de neige où elle est maladroitement tombée. Nous sommes en Suède, c’est la fin des vacances. La nuit est lente à passer... elle durera encore trois jours.

Emmy grelote si fort qu’elle n’arrive même pas à me dire qu’elle a envie qu’on s’en aille. Nous nous promenons depuis des heures à la recherche d’un arbre à cerf pour un devoir de la rentrée. Je suis moins couvert qu’elle, j’ai froid, mais c’est supportable. Je pense même à un moment qu’elle fait semblant juste pour que je m’occupe d’elle et, surtout, pour que je termine l’expédition seul. Au regard de ses mains bleues dedans une paire de gants percée que je découvre en les lui retirant, je devine qu’elle souffre vraiment du froid.

Il faisait au moins dix degrés de plus qu’ici, aujourd’hui, ce soir, en Angleterre. Le temps déraille. Emmy fait pourtant la maligne en fustigeant gentiment mon surplus de précaution... Pourtant, pourtant, toujours dans ce lointain passé, n’est-ce pas moi qui ai ramené Emmy Shane, le glaçon humain, dans le premier hôtel venu ? Allumé toutes les Tapka présentes et un feu magnifique dans la cheminée ? Nous n’avions pas une gallion. Je me demandais comment nous allions payer... mais je me le demandais moins fort que la façon dont j’allais réchauffer Emmy. Elle avait réussi à m’inquiéter vraiment. Pendant presque trois heures, j’ai gardé ses orteils, ses doigts, son corps entre mes bras et mes mains pour leur donner de ma chaleur. Mademoiselle Couverture de Survie avait alors deux fois moins d'arrogance que maintenant.

Je quitte mon reflet dans le miroir, lui souris et lui cours après pour la renverser et la punir de cet affront. Attaque de chatouilles. Nous basculons dans le canapé. Moi sur elle, le souffle coupé. Quand nos rires s’éteignent, il y a d’abord un bref silence qui annonce les prémisses d’une gêne que je n’attendais pas. Je me relève d’elle, gêné :

Espèce de gamine, lui dis-je en l’aidant elle aussi à se relever.

La porte sonne. Je vais ouvrir. Mademoiselle June Tinypenny nous offre l’un de ses meilleurs monologues en guise de bonsoir. Je regarde Emmy interloqué avec un sourire en coin qui n’ose pas sortir. Je ne sais pas quoi penser à part que ma pauvre April ne va pas s’ennuyer. Elle aura trouvé une amie qui parle autant qu’elle. Quand j’ai enfin le loisir de glisser une phrase pour lui répondre, je lui rétorque :

Merci d’être venue même si tard en tout cas. Comme je ne sais pas à quelle heure nous rentrerons, s’il le faut tu as une chambre d’amis au premier étage, la porte de droite au bout du petit couloir. Pour manger, grignoter voire, pour le petit déjeuner, tu peux aller fouiller dans la cuisine. Et ne crois surtout pas April si elle te dit que je lui donne des Chocobonbons au petit déjeuner !

June éclate de rire et nous sert un autre monologue à la fin duquel nous entamons une sortie précipitée de peur qu’elle ne remette ça une troisième fois si nous disons quoi que ce soit.

Une fois derrière la porte, j’angoisse :

Tu crois que ça va bien se passer ?


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

avatar


MessageSujet: Re: Accord majeur   Sam 28 Mar - 17:09

Je lève les yeux au ciel.
Si on m’avait dit quelques années auparavant qu’Emmett, mon Emmett serait du genre papa poule, je vous aurez ri au nez, quelque chose de correct.
Sauf que voilà : mon Emmett est du genre papa super protecteur.
A tous ceux qui tentent de mettre fin à leurs jours, une solution existe. Touchez à un cheveu d’April Aeterna et le tour est joué.


Bien sûr que ça va bien se passer.

Avec le débit qu’elle a des chances qu’April se rendorme avant d’avoir entendu la fin de la phrase.

Mon ton est assez monocorde. A vrai dire ma tête est resté sur le canapé. Avec lui. Je donnerai n’importe quoi pour être dans sa tête. Ces instants de gêne me plaisent tout en m’incommodant, sans que je sois capable de dire pourquoi.
Je rappelle mon esprit pour qu’il rejoigne mon corps. Emmett a l’air trop tendu, je ne vais pas commencer à m’éparpiller.
Je reprends plus joyeusement.


J’ai laissé la tête des deux autres baby-sitters qui n’ont pas fait l’affaire dans le frigidaire. Y a de grandes chances que ça force June à y mettre du sien.

Je n’ai pas pu m’en empêcher.
Ça me fait toujours drôle de le voir s’inquiéter comme ça. J’ai toujours l’impression que s’inquiéter, ou imaginer ce qui pourrait se produire, n’est qu’une provocation appelant les catastrophes. Un peu comme si je leur faisais un pied de nez. Alors parfois, je me contente de ne pas y penser. Peut-être qu’en les évitant elles consentiront à m’éviter. Depuis mes cinq ans je me base sur cette théorie. Déjà toute petite j’étais persuadé que si je ne voyais pas les autres, ils ne me voyaient pas. Ma meilleure arme ? Fermer les yeux.
Emmett trouvais ça stupide alors j’évite de lui dire que je continue. Il se moquerait de moi. En Suède il m’a appris à skier. Mes premières descentes je les ai faites les yeux fermés. Je ne lui ai jamais dit. Je n’avais aucun contrôle sur mes mouvements et me contentait de descendre tout droit, les yeux clos, priant que rien n’y personne ne soit sur ma trajectoire. Ça a marché plusieurs fois, il me trouvait même plutôt douée. Bien entendu ce n’est pas une technique des plus fiables.


Emmy !!! Mais tu es folle ! Regarde où tu vas !!!!!

Je crois qu’il s’est inquiété ce jour là. Ce sont ses parents qui m’ont accompagnée à l’institut médico-magique le plus proche en catastrophe. Je crois que plus aucun de mes os n’étaient à la bonne place. Il parait que dans ces cas là, les moldus restent immobilisés pendant des mois dans du plâtre. Ça ne doit pas être pratique. En quelques heures, c’était réglé pour moi. Emmett n’a jamais voulu me dire dans quoi je suis rentrée. Il me taquine, ours, petite mémé, Skieur confirmé, Conifère, Troupeau d’Ubuc, Dragons Tout y passe et il en rit encore parfois. Je suis sûre que c’était ridicule. Depuis, j’ouvre les yeux pour le ski. Mais je prie toujours.

Je reviens à mon Emmett inquiet un vague sourire aux lèvres.
Est-ce qu’il s’inquiète encore pour moi ?


Tu veux qu’on annule ?

C’est plus fort que moi aussi. Je n’aime pas qu’il se sente mal. Je tente de dissimuler la déception que me coûte cette phrase. J’aime mes soirées avec Emmett. J’ai beau aimé April de tout mon être, je ne peux m’empêcher d’avoir besoin de ces moments à deux. En souvenirs d’avant. Avant la guerre, avant les morts, avant tout ça. Quand rien d’autre ne comptait que les bêtises de collégiens et les conséquences plus ou moins futiles.
Revenir en haut Aller en bas

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Re: Accord majeur   Dim 29 Mar - 18:42

Je lui assène un léger coup sur le haut du crâne en ravalant mes angoisses comme je peux :

Annuler ? En voilà une idée sadique. Pas après avoir dû souffrir ces vingt-cinq minutes sur l’histoire des vinifères. Pour rien au monde, je ne retourne dans mon salon avant d’avoir totalement oublié la définition des 125 cépages qu’elle nous a énumérés. S’il y a le moindre problème, ça fera une tête de plus entre la mayonnaise et le jus de citrouille.

J’attire Emmy Shane dans mes bras comme pour me pardonner d’avoir fui quand nous sommes tombés dans le canapé. Je ne sais pas ce qui me fait peur des fois... Si, je le sais mais j’ai encore trop d’humilité pour oser me le dire.

Après un court instant :

Tu crois que June est alcoolique ? Pourquoi elle a parlé de vin comme ça ? J’ai oublié comment elle en était arrivée là...


Cette fois, j’exagérais mon inquiétude. Je ne dois plus y penser, ne plus songer à cette impression persistante d’abandonner ma fille dès que j’ai envie de me faire plaisir sans elle. Je ressens une vraie culpabilité à me divertir quand April n’est pas là, comme si c’était une trahison que je lui faisais.

¤ Je dois cesser d’y penser sinon nous allons passer une sale soirée... ¤


Nous sortons.

Dans la rue, le froid ne s’amuse pas. Il nous mord, nous entaille, nous pénètre la chair de ses dents aiguisées, faisant fi des vêtements et des multiples superpositions. J’attrape Emmy par la main et lui propose de transplaner vers notre patinoire.

Nous arrivons au Lac Léman. Il est gelé. Le froid n’a quitté aucun endroit de la Terre mais ici, à l’abri des collines enneigées, le vent est moins sec. Le ciel noir fait une parabole sans étoile au-dessus de nos têtes. Au loin, des lumières scintillent dans les foyers qui bordent les quelques chalets. La nuit est calme. Il n’y a pas un chat. La neige est bleue quand la lune ne brille pas. Je l’ai connue si souvent d’argent et de coton que le paysage me paraît soudain morne... mais je n’ai qu’à tourner la tête vers la fille que je tiens encore par la main pour trouver la lumière d’une lune absente.

Je lui souris, heureux.

Par la magie, nous nous équipons de patins et nous allons vers le centre du lac déserté. Je laisse Emmy derrière moi, je patine sans m’arrêter et loin, ça me défoule même si j’ai encore des images d’April tristounette qui demande à June complètement ivre : « il est où mon papa ? », puis je reviens vers elle et lui patine autour :

Si tu te casses une jambes, je te promets que je m’occupe de la seconde... pas d’acrobatie ce soir, miss Shane. Pas envie de passer ma soirée au centre médico-magique... alors ouvre les yeux.

Je rigole à peine.


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

avatar


MessageSujet: Re: Accord majeur   Lun 30 Mar - 7:57

J’aime patiner.
Avoir au creux du ventre la sensation d’avancer en glissant, libre de toute entrave, et cet air sur le visage qui semble capable de vous porter plus loin que votre propre avenir.
Il se moque de moi.
Je réponds par une grimace de gosse.
Je ne sais pas s’il sait combien j’aime ça, qu’il se moque. Je me surprends à provoquer les situations où je suis le moins à mon avantage, uniquement pour le voir soupirer ou rouler des yeux.

Son « ouvre les yeux » m’arrache un sourire radieux. L’arrière goût d’un soir d’été à Seagaard où le château nous appartenait. Les parties de cache-cache dans les couloirs où persuadée que je n’étais jamais mieux cachée que les yeux fermés, je me contentais de me dissimuler derrière un rideau, oubliant que ce n’est pas parce que je ne vois pas, qu’on ne me voit pas. Je passais ensuite des heures à le chercher, lui, finissant par m’énerver, envahie par la crainte qu’il soit passé à tout autre chose que nos jeux d’enfants.


Je suis tentée… mais non merci.

Je me sens brusquement obligée de préciser.

Pour la seconde jambe…

Un haussement de sourcil plus loin et me voilà qui file à plus de dix mètres, prenant bien garde de ne pas tomber, ce qui serait un comble après une réplique aussi stupide. Le crissement de mes patins sur la glace est le seul son qui m’accompagne. La neige étouffe les bruits, le monde fou que nous connaissons semble les avaler. Même la lune ne daigne pas nous faire profiter de sa présence. Le ciel est aussi sombre que l’avenir qui se profile et une horrible sensation de perte me prend la gorge. J’ai un besoin capital de vérifier qu’Emmett n’a pas disparu.
Je me retourne brusquement, déséquilibrée et me rattrapant comme je peux, prête à accueillir la terrible vérité d’une solitude forcée.
Mais il est là où je l’ai laissé, debout sur la glace, les bras le long du corps. Il me parait soudain si fragile dans cette nuit que je ressens la soudaine envie de le prendre dans mes bras.
Des envies de promesses et de toujours que je n’ai pas le droit de lui demander.

Une dernière grimace en direction de mon Emmett et me voilà qui file sur la glace en sa direction. Mes patins prennent une vitesse folle que je ne serai pas en mesure de contrôler. J’en suis parfaitement consciente. Emmett aussi si j’en crois ses yeux qui m’avertissent de façon muette.
L’impact fatal ne manque pas de se produire. Je sens ses deux bras qui m’entourent, tachant d’amortir le choc et nous voilà tous deux couchés sur la glace, continuant à glisser sur une courte distance. Je ris, mon visage à quelques centimètres du sien.


Est-ce que ça fait partie des acrobaties interdites ?
Revenir en haut Aller en bas

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Re: Accord majeur   Mar 31 Mar - 13:28

Ce n’est pas l’horizontale qui me dérange, ni le froid, ni la nuit, ni même le trop de proximité. C’est ce que ce tout me fait ressentir. C’est ce que je pense à cet instant. Ce que je sais de moi et qui n’est que pure pragmatisme. Je devrais lui demander si ça va mais, comme chacun sait, l’homme à du mal à réaliser deux activités à la fois. Or, maintenant, je ne sais pas parler et penser en même temps. Je ne sais pas désirer et me retenir. Pourtant, il me semble que je le dois.

Emmy Shane, tu es une catastrophe ambulante, lui dis-je tendrement en portant ma main vers sa joue.

J’ai une hésitation palpable avant de me pencher vers ses lèvres. Je me penche néanmoins encore un peu pendant que, dans ma cervelle, la raison fait la course avec la passion. Quand j’arrive si près de la bouche d’Emmy qu’il m’est facile de deviner qu’elle a grignoté des bonbons dans mon dos, c’est la raison qui franchie la ligne d’arrivée en premier et ma bouche dévie à la dernière seconde sur son menton. J’y applique un baiser guérisseur déguisé en marque d’affection dénuée de tout sentiment.

¤ Protégeons-nous... ¤ me dis-je pour ne pas regretter de ne savoir profiter de la situation.

Il est vrai qu’avec n’importe qu’elle autre jeune femme, en pareille posture, j’aurais joué la carte romantique pour me livrer à toutes sortes d'"acrobaties". J’aurais embrassé sans me poser de question. Parce que je ne me soucie pas de savoir si je désirerai revoir ces charmantes après les avoir séduites et délaissées. Je ne suis pas le roi de la fidélité ou de la constance et Emmy devrait le savoir. En dehors de ces soucis moraux, il y en a un qui pèse de tout son poids sur ma sagesse obligée : je ne veux pas qu’elle m’attende quand je partirai.

Tout est dans cette pensée : je ne veux pas fournir d’espoir à Emmy, quel qu’en soit le sujet. Nous, la vie, la famille, le futur,...

Alors ce n’est pas un manque de désir car j’aimerais la posséder mais je connais mon cœur et mon esprit et je voudrais être certain qu’Emmy le connait aussi, alors, je joue franc jeu :

Shane, tu es tout ce qu’il me faut mais tu n’es pas une maîtresse, lui dis-je comme sorti de nulle part.

Est-ce une façon courtoise de lui suggérer que je la désire maintenant plus que tout mais que, même elle, ne soignera pas ma manie de disparaître au petit matin ? Je suis l'homme d'une nuit, d'un instant, pas celui d'une vie. Cela m'est difficile d'obtenir cette rigueur dans ma vie quotidienne avec elle car j'espérais qu'elle reste près de moi le plus longtemps possible. Et parce que je le sais, je sais bien que j’aimerais qu’elle reste toute ma vie dans ma vie mais qu’il me faudra la revoir si nous "fautions", je ne peux risquer la tentation. Emmy est incompatible avec ma vision des plaisirs charnels.

Je lui dis tout ça dans mon regard mais je ne parviens pas à avoir envie de me dégager d’elle, comme si chaque seconde passée sur Emmy était un larcin érotique où je lui volais un peu de ce que je ne parvenais pas à lui donner : du plaisir.


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

avatar


MessageSujet: Re: Accord majeur   Mar 7 Avr - 20:16

Je suis tout ce qu’il lui faut.
Ça devrait me suffire, me plaire et m’emporter. Pourtant mon sourire n’est plus si franc lorsqu’il achève sa phrase. Mes lèvres tremblotent un peu et je m’en veux. Je voudrais à l’instant lui montrer que si, je peux être cette femme là. Je peux être maîtresse comme il dit. Que nulle autre que moi ne le connais autant. Je connais Emmett par cœur quelles que soient les choses qu’il ne me dit pas. Je le sais, le devine, je l’ai dans la peau depuis des années. Et pourtant, j’ai beau me leurrer, je ne peux pas lui donner ce qu’il attend. J’ai beau essayer de me persuader que je peux être la femme d’une nuit, le matin me cingle le visage avec plus de violence que les coups que j’ai eu pris. Au matin pourrais-je encore être moi quand il sera passé à autre chose ? Aurais-je encore droit à ses moqueries ? Ses regards complices et ses silences ?
Dans la balance chaque côté pèse son poids. Mon ami, mon âme sœur, mes envies et Lui. Penchant de chaque côté, de l’un comme de l’autre parce qu’à part Emmett je n’ai aimé personne.


Je me contenterai de catastrophe ambulante alors.

J’essaie de me dégager un peu, sans grande conviction. Au fond je sais bien, je caresse encore le doux espoir qu’il me retienne et cède. Mais pour combien de temps ?
Une demi-seconde. Pas plus. Juste le temps de me donner bonne conscience et déjà mes mains ne font que reposer sur ses épaules. Suspendues dans un geste que je n’achèverai pas, parce que je n’ai pas le courage de changer les choses aussi brusquement. Le poids de la culpabilité ne me va pas.
Je lève un peu les yeux. Geste stupide qu’on fait pour cacher ses larmes et qui finalement ne sert qu’à montrer ce qu’on souhaite dissimuler. Et je souris. Pour me persuader que c’est le froid qui fait briller mes yeux et pour le rassurer aussi.
Parce qu’avoir de la peine changerai plus de choses encore que de céder. Et parce que je ne suis pas certaine de vouloir les changer.

Je vois dans ses yeux ce que je pourrais atteindre en tendant une main. Un doigt et je le frôle. Mais je ne peux m’y résoudre. Elle reste désespérément immobile pendant que mes yeux fixent un trésor que je convoite sans me décider à le voler.



Emmett, il y a quelque chose de pointu dans ta veste.

Voilà qui règle la chose.
Revenir en haut Aller en bas

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Re: Accord majeur   Mar 7 Avr - 21:08

Froncement de sourcils. Ma première pensée est que j’étais tellement accaparé par ce qu’il se passait dans ses yeux que j’en avais oublié ce qu’il se passait dans mon caban. Après avoir mentalement fait le tour de mon corps pour vérifier que je ne m’étais pas « emporté », je souris à Emmy en tâtonnant dans ma poche intérieure sans bouger de la place que j’occupe sur elle. Le froid commence à gagner mes jambes et mes avants bras mais je ne m’en soucie pas.

De ma poche, je sors une boîte de velours bleu nuit. Je me positionne mieux sur mes coudes pour soulager miss Shane d’une partie de mon poids cependant que j’ouvre la boîte. J’en sors un retourneur de temps piqué au ministère et l’accroche autour du cou d’Emmy :

C’est un cadeau pour rien. Fais-en bon usage.

Un temps. Pourquoi je ne me lève pas ?

¤ Lève-toi et marche, Aeterna ! ¤

Emmy ?

Emmett ?
Il faudrait que je me lève...
Oui, il faudrait.
Mais voilà, je ne le fais pas...
Oui, tu ne le fais pas.
Je ne devrais pas rester sur toi comme ça...
Non, tu ne devrais pas... mais...
Mais ?
Mais tu es là.
Oui, je suis là.
Sur moi.
Oui, sur toi.
Et ça n’est pas ta place.
Non, ça n’est pas ma place...
Alors ?
Alors, je me lève...
Tout de suite ?
Je ne sais pas.
Merci pour le cadeau... c’est ?
Un retourneur de temps.
Un retourneur de temps...
Shane, je te supprime ton cadeau si tu fais une bêtise avec.
Qu’est-ce que tu appelles « bêtises ? »
Céder.

Le silence nous prend par la main et nous enlace. Je n’ai plus froid, j’ai terriblement chaud.

Je continue ma pensée :

...Puis recommencer. Céder encore. Puis recommencer encore. Céder... puis recommencer, sans fin... juste parce qu'on pourrait effacer les... « bêtises. » Tu comprends ?


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

avatar


MessageSujet: Re: Accord majeur   Mer 8 Avr - 10:34

Céder.
Où comment quatre lettres m’arrachent une grimace à faire pâlir les mimes. Mi-sourire, mi-douleur, fierté bafouée saupoudré d’orgueil.
Si je ne connaissais pas autant Emmett je l’aurai cru legilimens à ce jour.

Je baisse les yeux sur le pendentif doré qu’il a accroché à mon cou, de nouveau face à un trésor. J’ai toujours aimé les cadeaux pour rien Ceux auxquels on ne s’attend pas, ceux qui surprennent et étonnent. Et j’ai toujours aimé les cadeaux d’Emmett. J’ai encore la bague magique en crin de licorne qu’il m’a offerte à 11 ans. Elle n’a rien de magique si ce n’est qu’elle vient de lui et n’est probablement qu’en poils du premier pauvre cheval qu’il a croisé car je vois mal Emmett s’en prendre à une créature magique mais il me l’a offerte un jour où ma mère me manquait et dés lors je lui confère cet attribut magique qu’aucun bijou ne pourra égaler.
Sauf peut-être celui-ci.
Je n’ai aucune idée de la façon dont il se l’est procuré. Je ne crois pas vouloir savoir. Ça laisse plus de place à mon imagination. Et Merlin sait qu’elle est débordante.
Un retourneur de temps n’est pas un cadeau ordinaire, de part sa rareté et le pouvoir qu’il confère. Un cadeau d’Emmett n’est pas ordinaire. Parce qu’Emmett n’est pas un homme ordinaire.

Quel homme pourrait utiliser un tel objet avec sagesse sachant qu’il a entre les mains la possibilité de changer les choses, changer sa vie ?

Je passe un de mes doigts autour de l’anneau et relève le nez vers Emmett. Toujours aussi près, toujours aussi lui.


Merci…

Je tends le cou pour lui déposer un baiser sur la joue. Après un instant d’hésitation mes lèvres en suspend se pose aux coins de ses lèvres. Pas vraiment la joue. Pas la bouche non plus. Je me dégage rapidement, reposant ma tête à l’endroit où elle se trouvait avec plus de brusquerie que nécessaire, le tout dans un bruit sourd. La posture le cou tendu m’était inconfortable et je ne veux pas l’envahir. Ma tête repose sur la glace et c’est probablement le mieux qui puisse m’arriver. Du froid, directement sur l’esprit. J’ai besoin d’anesthésie.

Je lui épargne ma blague sur ma maîtrise des sortilèges d’oubliettes qui nous rendraient les bêtises plus faciles. Je crois que ce n’est pas le moment.

Quels sont les moments d’une vie que l’on aimerait changer ? Ou revivre…
Je pense à mes déceptions d’enfants. Mes regrets après avoir agi sur un coup de tête, les punitions les plus cuisantes, les humiliations les plus marquantes, toutes les choses que je n’ai pas faites ou dites.
Je tiens au creux de ma main un objet qui me permettrait de lui parler encore une fois, de lui dire combien je l’aimais. Serais-je alors capable de faire les choses correctement ?
La plupart des réactions que nous avons face aux évènements ne sont pas calculées. Il est difficile de prétendre savoir qu’un moment va être crucial ou non. Saurais-je alors faire au mieux sachant qu’il s’agit d’une dernière fois ?
Je pense ensuite à celui qui, penché sur moi, m’apporte chaque jour plus que je n’aurai imaginé recevoir. A ce que j’aurai pu faire, à ce que je pourrais refaire. Aux moments qui m’ont marqués et que je revivrais à ses côtés sans rien changer s’il me le proposait.

Merde alors. Est-ce qui je changeais la moindre parcelle du passé je serai ce que je suis désormais ? Est-ce qu’il serait là ?
A vouloir le mieux on tue le bien.
Je suis heureuse de ces instants présents. De lui couché sur moi. De la glace qui me gèle le dos, de son poids sur mon ventre et son souffle sur ma peau. Je suis heureuse pour April et les jeux que l’on partage. Je suis heureuse pour tout ça.
Mais je me sens lâche.
J’ouvre la bouche pour la refermer aussitôt. Une question s’empare de mes lèvres. L’évoquer seulement me fais mal. Plus encore que la brûlure de la glace à travers mes vêtements, plus que l’idée que je ne serais jamais à lui.
Et toi Emmett… qu’en ferais-tu ?
La peur de sa réponse m’empêche de la poser. J’ai la fâcheuse tendance à préférer me bercer d’illusions que de voir certaines vérités en face.


Maintenant on est sûrs que je vais avoir mes examens. Ça n’entre pas dans le cadre des bêtises ça. Si ?
Revenir en haut Aller en bas

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Re: Accord majeur   Mer 8 Avr - 16:18

Je hausse les sourcils, simulant une profonde introspection que je romps au bout de deux secondes et un "hum ?"

Non, ça ne serait pas une bêtise, ça serait une honte.

¤ Relève-toi... il le faut. ¤


Ce dernier appel de mon entendement a raison de moi. Ce dernier appel et le changement de discussion d’Emmy. Elle a raison, il faut changer de sujet. C’est en parlant des choses qu’elles finissent par arriver. N’en parlons plus et lève-toi. Emmett.

Je me lève en entraînant Emmy avec moi pour que, s’essayant seule, elle n’aille pas glisser en arrière lors d’une tentative de redressage sur patins que je pronostiquerais plutôt clownesque.

Lorsque nous sommes debout tous les deux, je m’enfuis d’elle et de son emprise, patine en rond non loin de l’acrobate du dimanche, les mains dans les poches, la tête dans la lune mais toujours dans la situation :

Fais-en ce que tu veux mais quoi que tu fasses ne me le dis pas.

Ma tête s’est soudain vidée. Mes raisonnements brûlants ont dû rester collés au socle de givre par un effet de chaud/froid trop prononcé.
Quand les mots manquent, il ne reste plus que les actes. D’elle-même ma main va chercher celle d’Emmy pour l’emmener patiner silencieusement jusqu’au milieu du lac Leman. Je ne parle plus mais je m’interroge sur l’endroit de ce morceau de la Suisse où j’ai pu perdre mon éloquence. Dans la gêne de ce qui m’a subitement allumé ? Dans les mimiques d’Emmy me demandant si la triche est une bêtise ? Dans ma frustration et mon caprice ou dans ma sagesse et ma détermination claudicante ?

Je me découvre soudain dégoûté de moi et du patinage. Je stoppe subitement mes patins, trop subitement. Shane ! Je rattrape Emmy de justesse par la taille pour la ramener vers moi autrement elle continuait de patiner à toute vitesse vers la confiture de neige qui cercle le lac. Cette fois, pas de bêtise dans les maladresses. Je la relâche aussitôt immobilisée et en sûreté :

On va dîner ? J’ai froid.


Je n’ai pas froid. Je ne sais pas ce que j’ai mais le froid est dans le bas du tableau des choses que j’éprouve actuellement. En premier lieu, ce que j’aimerais, c’est quitter cette patinoire naturelle dans l’espoir d’abandonner pour toujours les pensées qui sont restées collées sur le givre.

Un dîner dans les Landes françaises ?
dois-je lui préciser pour faire peser dans la balance. Les landes françaises sous la neige, ça doit valoir le détour.


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

avatar


MessageSujet: Re: Accord majeur   Ven 10 Avr - 22:46

Je ne sais pas pourquoi son « quoi que tu fasses ne me le dis pas » me fige. Mon sourire retombe comme un soufflé resté trop longtemps dans l’attente.
Peut-être pour tenter de rattraper mon bonheur déjà trop loin je le suis à toute vitesse en patinant droit devant. A moins que ce ne soit par anticipation de ses bras me rattrapant.
Tout est soudain formel, bien calculé et sans débordement. En somme, tout va trop bien. Emmett m’invite à dîner en France, comme si la plupart du commun des mortels pouvait se vanter de patiner en Suisse et finir la soirée dans les Landes. Je m’entends accepter avec cette voix parfaitement contrôlée, presque ravie, si je ne me connaissais pas.


Va pour un dîner dans les Landes alors.

J’ai toujours eu un faible pour l’Armagnac.
Je passe une main sur la chaîne à mon cou et je peux dire qu’il sera dur d’y résister. J’ai déjà envie de l’utiliser. Je voudrais revenir quelques instants auparavant…
Du bout de mon patin je trace une ou deux lettres que j’efface aussitôt de ma gomme imaginaire. J’en profite pour faire le ménage dans le reste de mon esprit qui bouillonne déjà de non-dit et de « si », de « peut-être » et de « «supposons ».
A supposer que ce ne soit pas un cadeau pour rien et que finalement, l’utilisation que j’en ferai l’intéresse au plus au point. Mieux encore, qu’il sache parfaitement ce que je vais en faire avant même que moi je ne le décide.
Il faut que j’arrête avant que la chute ne me soit insupportable. C’est un cadeau pour rien, et j’aime les cadeaux, pour rien.


Une envie particulière ?
Partir.

Ça a le mérite d’être clair.
Emmett nous débarrasse des patins d’un geste de la baguette. J’accorde un dernier regard aux traces qu’ils ont laissé sur la glace et m’empare de son bras.
Je ferme les yeux et me concentre. J’aime transplaner avec les autres. Cette sensation de les guider d’un frôlement de peau dans un lieu qui n’appartient qu’à nous, la confiance qui règne entre le guide et son invité me plait. C’est un pacte à mi-voix la promesse d’un beau paysage ou d’une porte de sortie.
Sous nos pieds le sol est meuble. La première chose qui m’accueille c’est le bruit. Son bruit. La mer. Elle semble agitée. Pas de tempête mais suffisamment de remous pour qu’on la sente vivante. C’est comme ça que je l’aime. Brisée sur les rochers, tourmentée et meurtrie. Pas ce semblant de bassin salé, apaisé et lisse qu’on rencontre dans certains pays. J’ai besoin de mouvement, de marée et de conquête.
Me parvient ensuite son odeur. Celle que j’associe aux vacances et aux jeux de pirates. Un peu atténuée peut-être par l’épaisse couche de neige qui recouvre notre plage.
Nous sommes loin du lac Léman et je suis moins précise à cette distance. Il est probable que le premier restaurant soit à des kilomètres.
Peu importe.
Finalement, le plus urgent était de partir. Pas le repas.

Je lâche le bras d’Emmett et mon enfance me saisit à la gorge. Une fois de plus je ne peux pas m’en empêcher, je m’approche d’elle. Sur les derniers mètres je trottine. J’ai laissé Emmett quelques pas plus loin, sans un mot. Juste un sourire et me voilà partie en direction du rivage. J’ai toujours eu besoin de la saluer.
Mes pieds s’arrêtent au bord, le plus prés possible. C’est un défi entre elle et moi. Mes chaussures contre mon audace. Quand enfin elle parvient jusqu’à moi, je ‘applique une main dans son sillage.


Elle est froide.

Je me tourne ensuite vers Emmett pour lui agiter ma main sableuse, neigeuse, trempée et congelée.
Je voudrais qu’il arrête de me regarder comme il le faisait sur le lac. J’ai l’impression qu’il renonce. Et je ne suis pas certaine de vouloir savoir à quoi.
Revenir en haut Aller en bas

Emmett Aeterna
● Magic Touch ●


avatar

Nombre de messages : 243
Age du personnage : 27 ans
Habitation : Londres
Occupation : Dpt de régulation des CM et responsable des informations au Ministère de la Magie
Avatar : Hayden Christensen by HD
Date d'inscription : 30/03/2008
Coup de coeur : 44
Gallions : 6856

MessageSujet: Re: Accord majeur   Dim 12 Avr - 21:54

¤ Emmett ne renonce pas, il se résigne. ¤

Du moins, j’essaye. Je me résigne à garder cette amitié intacte sans céder à la tentation de goûter aujourd’hui à un fruit chimérique aussi sucré mais dont le goût me parviendra trop amer plus tard.


A la mer. Je reste debout et la laisse courir vers les vagues.
Reviens Emmett. Tu dois revenir près d’elle sinon elle va s’inquiéter ou pire, culpabiliser.
Je n’y arrive pas ! Je suis choqué par ce que je ressens !
Essaye.
Je veux bien essayer.



Mes pas s’enfoncent dans le sable de neige en un bruit qui me parait aller avec le paysage lunaire. La nuit flotte au-dessus des eaux marines qui s’amusent à lécher les pieds d’Emmy qui ne fait indubitablement que des bêtises pour tomber malade.

Je souris. Ce sourire est une première victoire sur la morosité de mes pensées. Je suis sur la bonne voie.

Arrivé à son niveau, je n’ai toujours rien à lui dire. Je n’en ressens d’ailleurs pas le besoin. Je me poste un peu en retrait car me faire laper les chaussures par une vague de givre ne me dit rien. Quand le froid s’arrêtera-t-il ? Je voudrais commander du soleil pour le premier jour de la guerre. Parce que mourir dans le froid, c’est vraiment mourir malchanceux. Je trouve que l’humour noir ne me va pas mais il me décompresse. L’ironie provoque un deuxième sourire. Je suis donc sur une voie qui n’est peut-être pas véritablement la bonne mais qui me rend le sourire.

Emmy, si j’ai bien compris, tu veux manger dans un lit d’hôpital ce soir ?


27 ans
Archiviste au Ministère
Département et régulation des créatures magiques
Clé #1 - Le Passeur
Père d'une petite fille prénommée April (5 ans)
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Accord majeur   

Revenir en haut Aller en bas
 

Accord majeur

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» il y a pas à dire, être majeur et boire de l'alcool c'est le pied [pv Karin Alamaba]
» Bug majeur des version R/S/E
» Calgary // Boston (ehange majeur!)
» Retro: Accord de Paris signe en 1994 entre Haiti et les bailleurs de fonds
» Problème majeur au centre pokémon
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 L'Alternatif :: Les Pays Unis de la Résistance :: Londres ● Capitale des PURs :: Habitations & jardins-
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit