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 [York]La pensine détentrice de secrets

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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Ven 22 Fév - 21:28

- Es-tu certaine de ne pas vouloir connaître la fin de l'histoire? Souffla la voix d'Egon après que celle de Marjane se tût.

Dès qu'il avait absorbé les filaments d'argent représentant les souvenirs historiques d'Isis et de ses ancêtres, Egon avait senti que l'issue la ferait déchanter. Malgré tout, il aurait aimé qu'elle connaisse la fin. Elle y était presque. Il restait deux ou trois malheureuses étincelles grisâtres qui brillaient dans son regard. Si elle avait pu être en face de lui à cet instant, elle aurait su qu'elle était en train de parcourir les derniers mètres sur la frise chronologique qu'elle remontait.
- Lapin Nain forever?

Il y eut un long silence où Egon rêva qu'il la ramenait près de lui. Il en avait envie assurément. Dans la Pensine, cela se traduisit par une caresse sur la joue qui dégringola lentement le long de son dos. Néanmoins, il consolida aussi son intuition comme quoi elle devait apprécier la totalité de l'héritage de sa mère. Le chapitre suivant serait peut-être le plus douloureux mais comment vivrait-elle en fermant les yeux sur la vérité?
- Lapin, une fois qu'on sait les choses, on peut choisir de leur donner ou non de l'importance. Autrement, nos décisions sont incomplètes et erronées. Reste. Et quand tu reviendras, tu pourras me mettre des coups de lattes si tu regrettes. Pas trop fort, hein...

Egon resta sur le qui-vive afin de la ramener si elle insistait une nouvelle fois.


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Sam 23 Fév - 14:22

Isis se calma doucement.

Elle détestait être en Egon. Il était toujours là, lui parlait quand elle en avait besoin, la soutenait devant sa peur de l'eau ou quand elle n'en pouvait plus. Elle pouvait lui parler, elle le sentait mais il n'était pas là. Elle aimerait le voir, le tâter, se réfugier dans ses bras et humer son doux parfum. Elle était seule malgré sa présence fantomatique.


La crise passa. Un maigre sourire colora son visage à sa blague. Il savait très bien qu'Isis ne ferait rien de telle avec des lattes, ni avec aucun autre sort. Elle était nulle en sort parce qu’elle n’aimait pas des masses utiliser sa baguette surtout pour ce genre de chose. Par contre, Egon savait qu’il devra se méfier de tout ce qu’il ingurgitera. Les potions étaient un de ses petits péchés mignons. Quand elle voulait s'amuser de quelqu’un en général fallait plus se méfier de son art des potions que de son coup de baguette.


Elle essuya ses larmes d’un revers de main et espéra qu'elle ne faisait pas la plus grosse bêtise de sa vie.


- Reste avec moi. Promet moi de rester avec moi, sinon je ne tiendrais pas... et si ca va pas, tu...

Elle ne dit rien mais attendit avec appréhension la suite des souvenirs. Elle espérait de tout cœur qu'il n'en reste plus beaucoup. Elle respira profondément

- Egon, je t’aime

3 mots qu’elle n’avait jamais prononcés. Pourquoi maintenant ? Elle était bien la dernière à pouvoir le dire. Mais sa conscience avait l'air de murmurer que c'était sa façon d'éviter de s'intéresser à son passé et de s'occuper d'un 'pourquoi maintenant ?' sans importance.
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Dim 24 Fév - 14:47

- Oh... Viens me le prouver si t’es cap, répondit la voix de baryton facétieuse d’Egon qui s’effaça doucement au profit des rires de trois compagnons assis par terre dans un salon rennais, près d’un sapin de Noël.


VII
Le plan d’Aouregwen Pati




C’était en décembre 1989.

Comme il savait qu’elle aimait les parfums, en ce jour de Noël, il lui en offrit une boîte. Des essences rares qu’un nez italien lui avait offert pour le remercier de l’opération réussie du docteur sur sa femme défigurée à la suite d’un accident de voiture. L’intervention avait été longue mais coutumière pour le chirurgien. Cependant, tous savaient que le rétablissement de celle-ci dépendait intimement de la perfection des soins post-opératoires. Tout avait été parfait. La femme avait retrouvé un visage qu’elle n’espérait plus revoir un jour dans le miroir.

A Marjane, il tendait un petit paquet qu’elle échangea avec le sien au même moment. Paquet tout aussi petit.

Ils l’ouvrirent en même temps et sortirent en même temps un pendentif accroché à une chaîne en cuir fin. Celui de Marjane représentait clairement une petite reproduction d’un Sombral taillé dans du cristal. Celui d’Erwan représentait un grossier hippogriffe qu’elle semblait avoir sculpté elle-même dans du bois de sureau.

Ils rougirent en se rendant compte qu’ils avaient eu la même idée de cadeau. Entre eux, serrant sa boîte d’essences de parfums naturels, Aouregwen ne fut pas dupe. Elle ravala les larmes en train de sourdre sous ses iris bleues et se leva en prétextant qu’elle devait aller chercher la bûche. Dans la cuisine, elle pleura longuement.
Et qu’était-ce ce cheval ailé, si moche et si maigre, qu’il lui avait offert ? Depuis quand s’intéressait-il à la mythologie ? Depuis quant l’aimait-il aussi fort ? Elle savait qu’ils avaient une relation particulière mais elle n’en connaissait pas la teneur. Elle avait désormais la preuve qu’il aimait profondément sa sœur. Peut-être plus qu’elle-même. Erwan n’avait plus rougi depuis qu’il s’était rencontré pour la première fois sur le campus de l’école. Elle essuya son visage et se composa un air amène avant de les rejoindre dans le salon pour le dessert.

« Dans la cuisine, Maou venait de prendre un décision qui mettrait définitivement fin à notre trio mais pas sans avoir créé une dernière merveille. Toi, Isis. »

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Isis fut charriée par les fluides magiques dans la maisonnette de Paimpont. Cette fois, en regardant la forêt et le sentier par la fenêtre, on pouvait voir les arbres nus recouverts d’un épais manteau de coton blanc. Il neigeait encore et le vent soufflait beaucoup, faisant claquer un volet contre son chambranle. Le bruit était tonique et exaspérant.

Marjane et Aouregwen Pati se tenaient blotties l’une contre l’autre dans le lit conjugal de cette dernière. Elles avaient les couvertures remontées jusqu’au cou et une simple bougie les éclairait. Coupure d’électricité.

- Marjane, je suis inquiète, ça fait plus de deux heures maintenant, murmura la voix tremblante de froid d’Aouregwen.
- Il va revenir vite. Le village n’est pas à côté et la neige a encombré beaucoup de routes...
- Nous aurions pu brûler les chaises de la cuisine, je n’en ai rien à faire. Pourquoi aller chercher des bûches aussi loin ?
- Il va revenir, viens réchauffe-toi contre moi...


La moldue se resserrait contre l’épaule maternelle de Marjane. Elle hésita puis reprit la parole.

- J’ai une autre conférence le week-end prochain, dit-elle.
Marjane fit grise mine. Cela avait l’air de l’ennuyer.
- Encore ? Tu n’as pas arrêté cette année ! Nous ne t’avons quasiment jamais vu plus de trois jours d’affilée. Ca peine Erwan.
Aouregwen crispa sa main sur la couverture. Le geste, pourtant imperceptible, n’échappa pas à la prunelle orange de Marjane qui tourna vers elle le visage de sa sœur.
- Dis-moi ce qui ne va pas, Maou, demanda-t-elle angoissée.
- Erwan m’aime.
- Je le sais qu’il t’aime,
sourit Marjane sans comprendre l’air maussade de la femme aux cheveux blond.
- Il m’aime et je suis incapable de lui donner ce qu’il désire.
- Que désire-t-il ?
- Un enfant.
Silence de plomb.
- Toi... tu peux.

Marjane repoussa violemment sa sœur et sortit du lit pour poser ses pieds sur le sol gelé en tremblant non pas de froid mais de peur et de dégoût.
- Non ! Je suis vraiment celle qui ne peut pas ! hurla-t-elle furieuse.
Aouregwen sortit du lit à son tour et approcha la Galléa avec précaution.
- Marjane, je ne suis pas aveugle. Il m’aime et c’est la raison pour laquelle il ne me dira jamais qu’il t’aime aussi. Tu agis de la même façon. On ne peut pas ignorer ce qui vous lie et parfois je me sens de trop alors que c’est moi sa femme ! Surprendre vos regards est un coup de couteau qui me laisse aux abois jusqu’à la prochaine injure. Finissez-en et au moins que ça soit utile.
- Utile ? UTILE, Aouregwen ?! Te rends-tu compte de ce que tu demandes ? De ce que tu dis ?
- Oui. Prends donc le bon côté des choses... Parce que je te le demande, cela vous évitera de me trahir et je n’aurais pas à vous détester. Je vous aime tous les deux. Tu répondras à son désir aussi souvent qu’il faudra pour nous donner un enfant.
- Son dés... Vous donner... Non ! je...
bredouilla Marjane interloquée, Erwan refusera ! Que ça soit par insémination ou par voie naturelle, il refusera et sera furieux.
- Non, il ne sera pas furieux parce qu’Erwan n’en saura jamais rien. Tu me dois ça, durant un an c’est ce qui m’a fait tenir en face de vous... L’idée d’avoir un enfant.

Marjane était en pleure, désarmée, éberluée par le machiavélisme de sa sœur.
- Quand ma décision a été prise, c’était à Noël dernier, j’ai essayé pendant plus de six mois de vous pousser à la faute. Mes absences répétées, les courses et les week-ends que je vous envoyais vivre ensemble... jusqu’à la panne d’ascenseur chez les Munoz, c’était moi. Vous m’avez rendue folle et calculatrice.

Aouregwen avait le visage transfiguré. Elle paraissait perfide. Une froide lassitude et un profond dédain avaient changé ses lignes en un visage bêcheur. Elle se laissa tomber sur le lit en souriant en coin.
- Je me suis rendue compte que vous étiez capables de résister ainsi toute la vie s’il le faut. Mais ça me donne encore plus l’impression d’être le dindon de la farce, de vous gêner, d’être votre amusement pervers.
- Jamais ! Jamais ! Tu ne comprends pas, Maou ! Nous sommes amis, nous nous le sommes promis. Ne le trahis pas pour cette vengeance idiote... Je ne désire pas Erwan !
- Menteuse ! Tais-toi ! Il ne saura jamais ce manège car une fois l’enfant conçu, tu t’en iras le mettre au monde ailleurs. Je m’occuperai de toi, Jane. Je viendrai te voir où tu seras. Je ne te laisserai pas seule. Et le moment venu, je viendrai le chercher et je l’emporterai avec nous, nous l’adopterons et tu t’en iras, Marjane... tu auras donné à Erwan le formidable cadeau que je ne peux pas lui offrir et, à moi, tu me rendras mon mari. Je suis désolée, ma soeur, désolée mais...
- .. ça n’est pas possible. Oui, je sais déjà,
ponctua tristement Marjane. Un goût de déjà-vu.

Une violente rafale de vent s’engouffra dans la cuisine et claqua la porte de la chambre.

- C’est moi !! annonça en chantant la voix d’Erwan.

La porte de la chambre se rouvrit une minute plus tard sur le visage souriant et rougi par le froid de monsieur Kitlee portant des bûches sèches. Il les déposa dans le foyer de la cheminée et s’activa à faire un feu en racontant joyeusement la difficulté qu’il avait eu à les obtenir, sans se rendre compte du drame qui venait d’avoir lieu en son absence et dont il était l’objet.

Les deux sœurs s’échangèrent un dernier regard. Marjane quitta la chambre sans bruit.


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Umbrès
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Dim 24 Fév - 15:09


VIII

L'épreuve d'amour et les preuves d'Amour



« J’eux beaucoup de mal à profiter des situations qu’Aouregwen mettait sur pied pour provoquer l’union d’Erwan et moi. Son envie d’avoir un enfant était tellement puissante que rien ne l’arrêtait jamais. »

« J’avais plus de scrupules à tromper Erwan qui avait fini par me connaître si bien qu’il détecta rapidement que quelque chose n’allait pas dans mon comportement. Mes assauts malhabiles et mes tentatives stériles de séduction étaient ridicules. Je ne savais pas m’y prendre, même avec deux ans d’expérience en comportements humains. »

« Un matin, poussée par Maou qui nous avait laissé, je traversai le salon à peine vêtue d’une serviette de coton alors qu’il prenait son petit déjeuner. Mes joues étaient tellement rouges ! J’avais honte de me laisser pousser à de tels stratagèmes. Surtout quand je savais que ceux-ci me rapprochaient de la fin de notre amitié avec Erwan. Il leva le nez de son journal et me regarda de la tête au pied. »

- Marjane, qu’est-ce que tu fais ? m’avait-il demandé en repliant son journal sans quitter la table de son petit déjeuner alors que je tendais la main vers une étagère pour prendre du café et m’en faire un.

« Les joues empourprées et le cœur irascible, je répondis que je venais me faire du café. »

- Non, je veux savoir ce qu’il te prend de te balader comme ça dans la maison.

« Sa voix était sans jugement. Plutôt attristée, cependant. Je me tenais dos à lui et je me souviens d'avoir fait un effort colossal pour réprimer mes larmes. J’étais tellement touchée et tellement heureuse qu’il me connût si bien qu’il ne songeât jamais que ce comportement m’était quelque chose de naturel. Pourtant, je devais garder le cap. Je me suis retournée vers lui prête lui répondre un mensonge mais la serviette est tombée à mes pieds. C’était inattendu. Je me figeai sur place, j’étais tétanisée. Paralysée de peur d’être nue devant lui. »

« Comme je ne bougeai pas, prise dans ma torpeur, il se leva pour me rejoindre, s’agenouilla pour prendre la serviette et m’en entourer avec douceur. Il n’avait pas pris la peine de détourner son regard de ma nudité, il n’avait pas regardé plus que ce qu’il fallait le temps de me revêtir. Il était simplement venu à mon aide. »


- Jane. Ca va aller... m’a-t-il murmuré à l’oreille en me prenant dans ses bras.

« Je m’étais mise pleurer comme une enfant et je ne m’en rendis compte que lorsque que mes sanglots humidifièrent sa chemise. »

« J’avais l’impression qu’il savait que j’étais manipulée. Il sentait que quelque chose n’était pas à sa place. Il avait l’instinct que nos vies allaient changer bientôt mais il ne savait pas en quoi. »

- Va t’habiller, Jane, tu n’as besoin d’aucun artifice et d’aucune manigance pour me plaire.

« J’obéis.
Aouregwen avait encore perdu. »

« Il arriva pourtant ce jour où nous brisâmes nos retenues. Et aucun stratagème de Maou n’en était à l’origine. »



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Dans le cabanon de Paimont, Erwan et Marjane sont nus sous des couvertures. Il la tient contre lui. Il a l’air inquiet. Marjane est blanche comme jamais, son teint frôle le bleuâtre. Elle ouvre doucement ses paupières pour découvrir son regard orange liquide qui parait comme deux soleils enfoncés dans la neige au crépuscule.
- Tu es réveillée ? demande-t-il rasséréné.
Elle reprend conscience et constate sa nudité et celle d’Erwan sous les couvertures. Les yeux tous ronds, elle tente de s'enfuir de son emprise. La force lui manque. Elle cesse de gigotter. Erwan, amusé par la prude Marjane, sourit et la rassure.
- Olà, Galléa ! N’aie pas peur... J’avais peu de moyen pour rendre à ton corps ses 37,5°.
Un silence et il reprend en la serrant d'autant plus fort:
- On peut savoir ce qu’il t’a pris de te jeter dans le Lac ?

Pas de réponse. La Galléa sourit et se blottit contre le torse d’Erwan.

- Pourquoi tu agis si singulièrement depuis des mois ? Que se passe-t-il avec Maou ?
- Il ne se passe rien, mentit-elle en enfouissant son visage dans son cou chaud.
- Alors que se passe-t-il avec toi ?
- J’ai du mal à faire semblant de ne vouloir être que ton amie.
- J’aurais du mal à vivre heureux si tu te jettes dans tous les lacs que tu croises pour me l’expliquer.
- Je voulais disparaître pour te laisser tranquille.
- Tu me tortures si tu meurs ou si tu t’en vas.
- Je t’aime Erwan, pourquoi est-ce si difficile et si horrible ?
- Parce que l’amour n’a jamais promis d’être agréable à vivre.
- Je déteste l’amour.
- Moi, je t’aime imbécile.


La neige se mit à tomber doucement par la fenêtre de la chambre de Marjane. Un feu crépitait dans la cheminée. Il était la seule source de lumière de la pièce.

Il savait qu’il ne devait pas car 'ce n’était pas possible' pourtant Erwan baissa doucement son visage vers celui de Marjane et il l’embrassa avec douceur et chasteté. Puis, se tournant complètement vers elle, il la prit dans ses bras sans que l’étreinte ne présage une innocente caresse. Leur baiser pendant sept années refoulé se fit brûlant et passionné.

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Le tableau changea une ultime fois. Le dernier tableau.

Marjane était encapuchonnée dans une robe sombre. Elle tenait dans ses bras une boule de linge rose pastel et blanc qui miaulait et babillait.

Elle déposa les langes avec regret près d’une fontaine de pierre.

Son visage maigre et malade témoignait que ses nuits cauchemardesques étaient revenues. La Parcelle s’était longuement agité en elle. Ses cernes soulignaient son regard d’un splendide orange soutenu qui glissa sur la silhouette furtive d’Aouregwen qui se faufila à travers des fourrés pour la rejoindre. Marjane s’enfuit sans saluer avant qu'Aouregwen ne s’approche trop prêt.

Elle se glissa près d’un arbre et regarda la moldue prendre le poupon en serrant de toutes ses force son coeur brisé et en contrôlant les larmes.

La moldue, tout en berçant l'enfant, parla à haute voix, aux arbres, au vent, au ciel venteux d'octobre.

- Si tu m’entends, Jane, sache que je te remercie du plus profond de mon âme. Je penserai toujours à toi... je l’aimerais et je la traiterais comme si elle était issue de mon propre ventre. En tout les cas, elle est au moins issue de mon cœur et de ma volonté bien qu’elle fût procréée en ton sein par l’essence de mon mari. Elle est le fruit de nous trois.

Erwan s’est remis très difficilement de ta fugue... il en a été malade pendant des mois. J’ai essayé de le consoler. Il murmurait ton nom dans tous ses sommeils. Il t'aimera toujours.

Isis... - nous l’appellerons Isis - lui redonnera de l’amour et du sourire. Il a eu le courage de m’avouer votre liaison, je l’ai pardonné... je ne lui ai pas dit que je savais déjà.

Nous ne cacherons jamais à cet enfant qu’elle a été adoptée. Surtout après ta dernière lettre où tu m’expliques que tu es une sorcière. J’ai toujours su que tu étais spéciale. Nous nous occuperons bien d’elle quoi qu’il arrive et nous ne l’abandonnerons jamais... Qui sait si un jour, plus grande, elle veut savoir la vérité sur ses véritables parents. Je ne l’en empêcherai pas mais je ne l’y pousserai pas car je ne veux pas qu’Erwan me déteste un jour d’avoir fait ce que j’ai fait.

Je ne voulais aucun autre enfant qui ne fût de toi que j’aime tant, ma sœur, et de lui, que j’ai promis d’aimer jusqu’à ce que la mort nous sépare. Marjane, ne me déteste pas trop. Je t’aime.


« Je ne la prévins pas que ma fille, en plus d’être probablement une sorcière, portait désormais ma Parcelle. Je ne connaissais pas leur funeste destin et je songeais qu’Erwan avait su assez de moi pour comprendre ce qui arrivait à notre fille en cas de crise. Peut-être devinerait-il subséquemment qu’Isis était sa véritable enfant. Il lui promulguerait les soins adéquats quand, vers le début de son adolescence, la Parcelle se réveillerait. »

« En outre, son aise pour l’intrigante vie des sorciers avait été portée par sa connaissance qu’il existât de son côté quelque spécimens de cette espèce. Peut-être que cela expliquait qu’Isis avait survécu malgré que les enfants de sang-mêlé chez les Galléa survivent très rarement d’unions qui ne soient pas à moitié sorcière. »



Fin
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Dim 24 Fév - 15:11

HJ: Deux messages ont été posté à la suite. Lire plus haut.

Une puissante attraction renvoya Isis à York, sur les genoux d’Egon qui, comme la première fois, l’entoura spontanément de ses bras. Ses yeux avaient recouvré leur couleur bleu clair.

Dans le fauteuil d’en face, Bergamote Tourdemain avait disparue. A sa place, près du gros chat endormi paisiblement, une plante dont la racine semblait issue des ressors du fauteuil, s’embobinait autour des bras et du dossier, perçait le tissu pour agripper ses tiges un peu partout, diffusant un parfum de bergamote dans le salon obscurcit par la nuit.

York était calme.

Le jeune homme resta silencieux. Il n’avait envie de ne rien dire. Juste de la protéger le temps qu’elle reprenne ses esprits. Isis. De la serrer dans ses bras à l’en briser. De la garder contre lui pour lui promettre des choses sans les mots.


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Mar 26 Fév - 10:01

L'eau sortant du pommeau vint se mélanger aux larmes d'Isis. Isis fit un bond et fut prise de panique, 2 secondes après elle était calmée. Cela lui faisait toujours ca quand elle prenait une douche. Sa peur de l'eau en était la cause.


Le temps avait passé depuis son retour à la réalité. Combien ? Seul Egon pouvait le dire. Elle, n'en avait aucune idée pour la simple raison qu'elle ne savait même pas comment elle s'était retrouvée sous une douche. Sa douche au loft Piterski.

Les yeux dans le vague, elle essaya de se rappeler le cours de sa journée.
Une étreinte pleine de promesse. Des baisers épars pour la calmer.
Ils avaient transplané ? Sûrement.
Du thé, elle dut en boire aussi, pour la clamer. Elle en avait encore le goût dans la bouche. Elle mangeât aussi.
Les yeux océans posés sur elle n'étaient plus recouverts de souvenirs.

Rien d’autre.

Si le miaulement d’un chat dans une maison vide et une odeur de bergamote.

C’était tout.



Elle dut rester une bonne demi-heure sous l'eau chaude. La buée avait recouvert toutes les vitres de la pièce. Elle venait de sortir de sa douche, et récupéra une serviette qu'elle enroula autour de son corps après s'être essuyée furtivement. D'un geste de la main elle enleva la condensation du miroir et regarda ses yeux injectés de sang et son visage livide. Elle était à deux doigts de s'évanouir.


Les cheveux s'égouttaient sur son dos encore mouillé quand elle se dirigea vers sa chambre. Daïmon trônait sur son bureau regard vers la porte aux aguets. Comète se tenait à côtés, allongé en sphinx mais tout aussi attentif. Egon, n'était pas là. Sûrement partit chercher quelque chose.

A peine dit, qu'il entra les bras chargés d'un plateau. Elle attendit qu'il le pose pour se précipiter dans ses bras. Seul sa chaleur la calmait. Elle se sentait incapable de faire quelque chose seule.

Ses lèvres s'écartèrent mais aucun mot de sortit. Elle était devenue muette depuis qu'elle était issue d'un trio machiavélique qui lui fit beaucoup de mal.
Machiavélique. C’est comme ca qu'elle les voyait. Entre son père qui en aimait une autre. Sa mère qui demande à sa soi-disant sœur de coucher avec son mari pour avoir un enfant. Son père qui est vraiment son père et les non dit qui entourait sa vie.


Dernière édition par Isis Kitlee le Mar 26 Fév - 15:38, édité 1 fois
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Mar 26 Fév - 14:00

HJ: désolé, écrit à l'arrache pendant le service, ça doit être rempli de fautes et de non sens mais pour l'instant pas le temps de le changé,
je dois retourner travailler bhouhhou.


Ils étaient restés longtemps assis dans le fauteuil du salon de Bergamote. Si au bout d’un moment, Egon n’avait pas prit la décision de bouger, il est très probable qu’ils y seraient encore. Il l’avait soulevé dans ses bras et avait transplané jusqu’à Londres. Il servit de support dans l’ascenseur pour s’y rendre, dans la chambre pour l’aider à se dêvétir, dans la baignoire où il fit couler une eau tiède avant de transplaner derechef vers York. Il ne pouvait pas laisser Bergamote dans l’état qu’il l’avait laissé.

Il descendit le fauteuil dans le petit verger assombri par les rideaux tombant du crépuscule. Quatre pieds bien enfoncés dans la terre et le dossier tourné vers l’orient, c’était ainsi qu’il éleva la sépulture de la vieille sorcière qu’il avait vu mourir devant ses yeux sans rien n’y pouvoir faire. Lorsque cela arriva, Isis découvrait le Noël des trois compagnons. Le pivot de l’histoire. Il ne pouvait interrompre le voyage dans la Pensine des souvenirs.

Il avait transplané une dernière fois en emportant avec lui le parchemin testamentaire de Bergamote. Derrière lui, il avait tout fermé à clé, les volets étaient tirés, le chat ronronnait chez une voisine de la sorcière: 'Pourriez-vous, s’il vous plaît, vous en occuper, madame? Miss Tourdemain a dû partir précipitamment pour s’occuper d’un membre de sa famille... je ne sais pas quand elle reviendra mais elle m’a dit grand bien de vous' avait menti Egon. Il avait abandonné le chat dans les bras bienheureux de la voisine. Sur le coup, il lui sembla qu’elle ferait une bonne maîtresse puisqu’il ne comptait pas revenir chercher le félidé.

De retour au loft, il s’enquit d’Isis. L’eau débordait du bain mais elle n’y était pas. Le sol était une mare quant à Isis, elle était restée à la place où il l’avait laissé.
- Arf... je suis désolé, ma belle, lui murmura-t-il en peine, viens...

Il n’y avait plus d’eau chaude. Peut-être n’était-ce pas plus mal. Il veilla à ce qu’elle parvienne à se tenir debout sous le jet d’eau de la douche pendant qu’il essora le reste de la salle de bain.

Ensuite, suivant l’elfe de maison instruite de leur présence à cause des bruits à l’étage, il demanda respectueusement à cette dernière si elle serait suffisamment obligeante pour préparer un thé pour sa maîtresse quand lui, cuisinerait un encas. L’elfe s’offusqua qu’on tentât de lui piquer son travail. Elle s’activa, assez rapidement, comprenant que le ton aimable d’Egon ne dissimulait rien d’autre qu’un empressement inquiet pour sa maîtresse. Il était pressé de remonter.

L’elfe de maison essaya de monter pour apporter le plateau elle-même mais cette fois-ci Egon se fit moins poli et refusa catégoriquement. L’elfe soupira, alla se frapper la tête contre la cheminée qu’un coup de baguette magique d’Egon recouvrit temporairement d’une mousse amortissante puis retourna vaquer à ses occupations. 'Rrrr! P... d'elfe!' avait-il marmotté en se dirigeant vers la chambre d’Isis. Ni Jo, ni Malhouwenn n’étaient présentes.

Il déposa le plateau sur un bureau et marcha vers elle. Elle semblait avoir repris connaissance. Il s’excusa pour la douche froide et l’accueillit dans ses bras. Elle ne parvenait toujours pas à s’exprimer mais, au moins, maintenant, elle en montrait l’envie.
- Tu n’es pas obligée de savoir quoi dire maintenant. Laisse passer la nuit, on en parlera demain si tu veux. Pour l’instant, je voudrais que tu manges quelque chose. Tu es restée toute la journée dans la Pensine...

Il hésita à exprimer l’idée qui lui vint mais osa malgré tout.
- Tu sais, je crois que... tout ce que j’ai vu, c’était des gens qui s’aimaient et qui essayaient de faire vivre leurs sentiments et de les répercuter comme ils le pouvaient. L’amour n’a jamais promis d’être agréable à vivre... ça me semble... une pensée... intéressante à méditer quand on sait que malgré tout chacun fait tout son possible pour le vivre un peu. Aller, tu me mettras tes coups de tatanes demain, tu verras, ça défoule.


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Mer 27 Fév - 10:39

Isis lui baisa la joue. Elle espérait qu'il comprenait à quel point, elle était reconnaissante qu'il soit toujours là. Prés d'elle.


Elle ne dit rien. Mais elle garda ses mots dans un coin de sa tête. Elle était tellement ancrée dans ses reproches qu'elle n'arrivait plus à voir plus loin. Entendre un avis qui divergeait lui fit du bien. Ca l'aidait à voir plus clair et à avancer.

Elle se décala, pris sa baguette et se sécha entièrement grâce à un sortilège, avant de revêtir une nuisette en coton blanc avec un gilet long en laine grise. Habillée décemment pour ses chats, ils sautèrent se leur perchoir pour se fourrer dans les jambes de leur maîtresse. A peine assisse en tailleur sur son lit, ils venaient se blottir, ronronnant avec beaucoup de tendresse. Egon était inquiet, mais il se trouvait que les deux matous également. Et ils en profitaient de pouvoir avoir leur maîtresse un peu pour eux.

Le plateau vint léviter devant elle et elle commença à manger un petit peu. C'était Egon qui avait préparé, elle n'avait même pas besoin de le demander. Elfy aurait concocté un repas pour 15. Elle but un peu de thé même si elle aurait préféré boire un verre d'eau fraîche.



- Egon... merci.

Il comprendrait à quel point elle était sincère s’il regardait au fond de ses yeux noir ornés de pépites violettes. Elle avait gardé les reflets violets qui l'avait accompagné toutes ses années à Poudlard. Ses cheveux devinrent noires ainsi que ses yeux environ 1 ans après sa tentative de suicide. Avant il était totalement violacé.
Elle avait fini le plateau, il n'en restait pas une miette. Elle qui n'avait pas eu faim. Elle s’en étonnât mais pas son compagnon. Au vu de son regard, il avait même l’air soulagé qu’elle sorte de son état végétatif.

Les chats sortirent avec regret de la pièce. Sans réclamer une dernière caresse, les laissant seuls.


- Tu vas bien ? Tu es si… inquiet.
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Mer 27 Fév - 15:21

Allait-il bien?
"Est-ce que je vais bien?"
- Je vais bien.

Etait-ce vrai?
"Est-ce vrai?"
- Presque...

Un fade sourire arma ses lèvres. Armer car il fallait repousser les questions. Peut-être qu'en les devançant, il pourrait toutefois présenter la vérité qu'il préférait.
- Inquiet... plus tant que ça. Ca va, avoua-t-il en la regardant. Parce que si elle allait mieux, alors lui irait bien.

Il s'approcha du lit, contourna Isis et s'allongea lentement. Qu'est-ce qu'il en rêvait de cette position! Depuis des heures! Mal partout à cause de cette journée sans fin. La stature figée adoptée pour servir de Pensine était tout sauf agréable, creuser des tombes, porter les chaises mortes et les jeunes filles abouliques, nettoyer les dégâts des eaux, aller et venir... Se permettant enfin de se reposer, il se rendit compte à quel point il était à bout.

Il ferma les yeux en se demandant avec quelle volonté il parviendrait à se relever.
- Tourdemain est morte, l'informa-t-il simplement, elle m'a légué sa boutique et sa maisonnette.

Elle était grosse sa fatigue, si grosse qu'il ne rouvrit ses paupières que le lendemain matin. Isis dormait près de lui, les chats étaient dans les parages, il y avait du bruit au rez-de-chaussée, signe qu'au moins un des habitants de cette maison était levé. Mallhouwen? Jo?

Egon se leva doucement, en essayant de faire le moins de bruit possible. Sa nuit n'avait été que cauchemars désagréables et images incohérentes mêlant les aventures de la Pensine, l'épisode de Venise et Bergamote Tourdemain qui se métamorphosait en plante. Il resta longtemps sous la douche pour laver la nuit, et la journée d'avant. Quand il sortit, le lapin nain était levé...


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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Jeu 28 Fév - 10:13

Isis lui tendit une tasse fumante quand il entra à nouveau dans la chambre. Elle était descendue chercher le petit déjeuner de bon matin, souriante et reposée.

Elle allait beaucoup mieux, merveilleusement bien, exaltée pour être tout à fait exact. Elle était excitée sans même s'en rende et n'arrêtait pas de sourire bêtement. Elle avait le rire facile et se sentait légère.


- J'aime l'odeur de ta peau le matin, enfin tout le temps.

Un regard mutin, une humeur coquine. Un vent de folie et une bonne humeur surnaturelle.

Isis ôta sa chemise de nuit qui tomba à ses pieds, elle s'avança nonchalants vers son amant et à son oreille glissa un malicieux


- Mais c'est sur moi que je préfère sentir ton odeur.




La nuit.
Si Egon était tombé mort de fatigue, Isis avait veillé une grande partie de la nuit. Cela n'avait été ponctué que de cauchemars, réveil en sueur, pensées noires. Une boucle continuelle qui était aussi pénible qu'écouter un hit de FosNot'.

Sans faire de bruit, elle se leva et parcourut l'appartement vide pour se détendre. Elle alla un moment sur le balcon, elle avait besoin de prendre l'air. Elle n'y resta pas longtemps, Mallhouwen la ramena au chaud.

Sa tutrice revenait de son boulot. Dans la salle à manger éclairé par la lune, elle prit Isis dans ses bras. C'était un geste si soudain et très nouveau. Mallhou lui baisa le front. Elle ne fit pas référence ni à son escapade, ni dans l'état ou elle était.


- Dans le labo, il y a une potion qui permettra de t'endormir.

Isis acquiesça et alla la chercher. Le laboratoire était dans une pièce reculé du loft. C'était un endroit que Mallhouwen avait aménagé afin qu'Isis puisse s'entraîner à confectionner toutes sortes de potions et s'occuper de ses plantes pour ses études. La médicomage s'en servait également pour différentes recherches.

Quand elle entra, Isis trouva la fiole que Mallhouwen lui avait prescrit au milieu d'une étagère rempli de médicament. Il y avait aussi un stock de son traitement qu'elle ne prenait plus à l'insu de tous.

La fiole dans les mains, elle la vida… dans l'évier.
Elle sortit son attirail de potion et concocta un des somnifères qu'elle avait étudiés plus tôt dans l'année. Une vieille potion obsolète, non commerciale. Cette potion était le premier essai de la Goutte du Mort Vivant qui possédait la propriété de dormir sans rêver.
Elle était interdite car elle avait des effets secondaires assez néfastes. A base de coca, Isis allait être dans un état second les heures voir les jours suivant son réveil. Cela dépendrait de la dose de coca. Elle est mis une bonne quantité, plusieurs jours complètement à l'ouest n'était pas du luxe selon elle.
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Sam 1 Mar - 13:41

Isis pétillait comme les bulles d'un verre de champagne... ou de coca. Ses yeux riaient avec facétie comme il ne les avait plus vu étinceler depuis des lustres. Si la nuit d'Egon avait été abominable, celle d'Isis semblait avoir été... pétillante. Il n'y avait pas d'autre mot. Le petit déjeuné était servi, elle venait de lui tendre une tasse encore fumante et il se demandait... ben, tiens, il allait lui dire ce qu'il se demandait:
- Comment tu veux que je boive sans m'étouffer si tu te promènes dans ta... pas-de-tenue?

Il tendit le bras sur le côté pour poser sur une pile de magazines la tasse de café bien moins tentante qu'une Iccam nue. Il y avait des parfums à mélanger or, à cette minute, il ne désirait rien d'autre que d'être l'alchimiste qui métamorphose leurs corps.
Par une caresse glissée sur la cambrure gracieuse.
Par des lèvres inspirées qui trouvent leur chemin dans le cou, sur la joue, la pommette, la bouche languide.
Par l'effleurement tout entier de son buste encore humide de la douche salutaire, contre la poitrine passionnée où cogne son débit d'amour.

Pendant qu'il l'embrasse, il relève ses cheveux coiffés par l'ouragan matinal pour les passer sur une de ses épaules opalines. Il aime ses cheveux aussi indisciplinés que la personne se trouvant sous la tête qui les supporte. Il veut sentir sa nuque sous ses doigts caressants. Ses lèvres soudain jalouses veulent elles aussi estimer ce carré de peau sous leurs baisers impromptus.

Il tourne autour d'elle pour se retrouver dans son dos. La magie des gestes amoureux fait que sa main n'a pas quitté son sein rebondi lorsque la seconde, inspirée, descend le long de son ventre vers les cieux ténébreux.

Bientôt, l'ardeur des mouvements leur réclame un appui. Comment est-elle arrivée là, cette chaise? Sont-ce eux qui ont tant chaviré dans la tourmente de la chambre orageuse? Il s'assoit, en perte d'équilibre, bousculé par celle qu'il presse contre lui. N'avait-il pas une serviette autour de la taille? Il se trouve qu'elle n'a pas tenue dans la tempête.

Les embruns des arômes d'Isis exaltent tous ses sens. Du goût d'elle, champagne coca essences impudiques. Du son d'elle, miaule comme un chat soupire comme une étoile. De la saveur d'elle, sucrée pimentée corsée canaille. Du toucher d'elle, texture à satiété cheveux nacre de peau caresse fesse hanche doux chaud brûlant sueur salé avance recule entre sort soupire encore mélange. La vue d'elle, aime aime aime exulte dessus lui.

Et le silence revient, pétille avec Isis dans le cœur d'Egon.

Il la regarde séante sur lui. Face à lui. Lui dans elle. Décidément, il ne sait plus comment ils ont fini sur cette chaise. Il écarte d'un geste affectueux ses cheveux qui n'ont rien écouté de la façon dont il les avait mis. Indisciplinés.

Egon embrassa l'épaule moite d'Isis avant d'y poser sa joue, de fermer ses yeux contre sa poitrine. Il pensa à Enoch baisant le sein d'Azra où se cachait son cœur, son amour, sa vie. Etait-il vraiment possible d'aimer toujours? Aurait-on dit, il y a quatre ans, à l'Isis de Jonathan que son buste dénudé, imbibé de l'écume du stupre d'avec l'Egon de Deneb, serait collé à son oreille pour en écouter les battements, n'aurait-elle pas ri? Ne se serait-elle pas indignée en criant, non, c'est Jonathan que j'aime et Egon aime Deneb?

Il ne dit rien de ce qu'il pensait. Il resta là, à écouter les battements qui ralentissaient peu à peu.

Après un moment, il demanda:
- Maintenant, dis-moi ce que tu as? Tu marches à quoi?

Bien sûr, il avait senti qu'elle n'était pas juste Isis, bien qu'il la préférât... "Pétillante."


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Lun 3 Mar - 13:36

Isis ne lui répondit pas. Pour lui mentir ce n'était pas la peine.

Il était toujours sur son sein, elle passait sa main dans ses cheveux. Elle resta silencieuse, son attention était accaparée à redessiner son tatouage d'un doigt en guise de pinceau.

La réponse tarda. Isis ne voulait pas lui donner, il patienterait jusqu'à ce qu'elle lui révèle.

Elle l'embrassait sur le front quand la vérité éclata.


- Isis ! Tu es vraiment intenable. Tu ne te rends pas compte à quel point tu joues avec ta...

Mallhouwen rouge de colère venait se fracasser sa porte sa chambre. Absolument non gênée par la nudité de sa 'fille' et de son copain, elle continua ses réprimandes

- Vie ! Rhabille toi et descend tout de suite. Pas la peine de faire ta moue, tu viens tout de suite ! Tu te rends compte que tu aurais pu te tuer, toute cette dose.

- J'arrive mais si tu pouvais sortir 2 minutes ca m'arrangerai.

Mallhouwen ferma la porte dans un claquement sonore qu'Isis seule pouvait égaler quand elle était énervée.

- Alors... on en était où ?

Isis recommença à embrasser son chéri qui resta impassible. Pas besoin de ce noyer dans l'océan de ses yeux pour savoir qu'il n'était plus d'humeur à la voir pétillante. Il voulait une explication et pas un de ses silences.

- J'arrivais pas à dormir, alors j'ai concocté un petit somnifère de rien du tout. Tu connais Mallhou, elle grossit tout.

Elle affrontât ses yeux froids et remplis de reproche.

- J'avais besoin d'un remontant, j'ai pris une potion qui... oh arrête, je sais ce que je faisais.

Isis se leva et continua dans sa lancée. Plus que répondre aux reproches de sa tutrice ou à ceux non-dits d'Egon, elle répliquait à ses propres remontrances.


Isis enfila sa nuisette et sa robe de chambre et descendit voir Mallhou... dans le labo, évidemment. S'en suivit une dispute entre les deux femmes dont Egon avait du entendre la moindre parcelle, même en étant à l'étage. Prise en traite, Mallhou lui avait fait un lavage d'estomac peu ragoûtant. La médicomage la remonta dans chambre, lui donna des recommandations qu'elle répéterait à Egon. Elle savait qu'Isis n'en aurait rien faire.


Maintenant, Isis ressentait tout 'normalement', plus d'état second, plus de tout 'va bien dans le meilleur des mondes', plus de 'j'aime sentir ton odeur sur moi", toutes ses choses étaient reparti se faire la malle.
De nouveau c'était déprime, remords, question sans réponse, vérités blessantes et surplus d'émotion néfastes pour elle.

Egon, qui était de nouveau habillé, recueillit les consignes de Mallhouwen qui avait fini de bordées Isis.


- Elle a pris une drogue sous forme de somnifère. Vu la quantité elle aurait pu faire une overdose, alors vieille sur elle. Je reviendrais le plus tôt possible. Il ne faut surtout pas qu’elle boive ni qu’elle mange au moins pendant deux heures. Après il faudra l’hydrater régulièrement mais toujours par petite gorgée. Evite tout ce qui est solide tant qu’elle est aussi pâle. Sa paleur est normale, ne t'inquiéte pas elle va bien. Je passerai la voir. Empêche-la de s’agiter… et d’aller dans le labo, surtout.

La médicomage sortit de la pièce et embarque le jeune avec lui.

Isis est fragile, quand elle ne va pas bien elle a tendance à se faire du mal. Elle te parlera à toi, cherche ce qui ne…

Elle s'arreta, révisant son jugement. Sans le moindre reproche elle continua.

- Tu sais ce qui ne va pas. Protége là. Il faut qu’elle évite de se faire du mal. Plus elle va mal, plus ses malaises sont importants. Et avec les effets du calice... veille sur elle.

Dernières recommandations et elle partit à Sainte-Mangouste sans élaborer sur ses craintes.


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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Lun 3 Mar - 14:56

Ca lui tomba dessus comme une massue. Droguée.

Subitement, il eut l'impression de l'avoir violé. Faire l'amour à quelqu'un qui n'était pas dans son état normal le dégoûtait, c'était comme lui faire la mort.

La tutrice d'Isis l'abreuva de conseils. Il écoutait à peine. Il voulait qu'elle parte. Il était furieux contre tout. Isis. Lui.

Il retint son poing de s'enfoncer dans la porte d'entrée qu'il referma sur Mallhouwen qui s'en était allée. Dans le salon, il tourna en rond plusieurs fois devant les yeux effrayés d'Elfy qui n'osa pas le déranger et alla en cuisine récurer des poêles qui, selon elle, ne l'étaient jamais assez.

Quand il se fut calmé, il se regarda dans le miroir du salon. Il passa ses deux mains sur son visage qui le déformèrent un moment. Il avait senti que quelque chose était différent chez elle, il aurait plutôt naïvement pensé qu'elle s'était fait une raison... une pensée, un espoir en sa situation aurait allumé chez elle l'étincelle mutine. Mais certainement pas une drogue à forte dose.

Il se laissa tomber dans un fauteuil. Il avait envie de partir, de la laisser à ses envies suicidaires. Il n'était pas Jonathan, il n'avait pas cette patience et ce laxisme suborneur qui faisait passer comme une lettre à la poste les conneries de ceux qui baissaient les bras.

Mais en lui, plus forte que l'envie de la laisser dans son marasme cornélien pour se venger de son impudence, il y avait aussi le besoin de savoir qu'elle irait bien et qu'il était capable d'être à l'origine de son rétablissement.

Amer, il remonta auprès d'Isis. Elle était aussi blanche que son drap. Il s'allongea à côté d'elle sans lui adresser un mot et la prit dans ses bras.

"Protège-la" disait Mallhouwen. Ne l'avait-il pas toujours fait? Contre tout ce qui menaçait Isis, ne s'était-il jamais toujours dressé? Mais quand elle était son pire ennemi, comment pouvait-il se dresser entre elle et elle?

Egon se décida à parler.
- Isis Kitlee, si tu tentes une fois encore de me prendre pour un con, ce n'est ni Antarès, ni la Parcelle qui te feront souffrir.
Un temps.
- Ni même moi.
Nouveau temps.
- C'est le gâchis que tu auras laissé derrière toi et qui te poursuivra jusqu'en Sidh car je n'aurais pas pu te sauver de toi-même. Je pourrirai aux Enfers ou dans Myr aux côtés de Ghilda avec le regret éternel d'avoir été trop faible pour te protéger. Aide-toi, tu m'aideras. Je t... tiens énormément à toi.
Il se releva juste assez pour l'embrasser sur l'épaule et se rallongea.
- Tu dis que tu m'aimes... tu as une bien drôle de façon de me le démontrer. Or, moi, je ne crois guère plus dans les mots. Je ne crois que dans les actions. Pour l'instant, je ne crois pas que tu m'aimes.


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Mar 4 Mar - 10:07

Isis le vira du lit. Egon s'abattit dans un mouvement sourd sur le sol.

- Va pourrir en enfer au coté de Ghilda, si tu crois que ca va m'aider.

Elle lui balança son oreiller dans la tête, le second suivit et elle amorça le geste pour lui mettre dans sa belle gueule un troisième objet mais plus rien n'était à sa portée. A genoux sur le lit, elle le maudit.

- Sors. Je ne veux plus te voir, toi et ta morale.

Isis se leva et vacilla quelque peu par la vivacité du mouvement.

Tu n'es qu'un égoïste qui se pavane dans un rôle de super héros. Sauve le monde et fout moi la paix. Trouve-toi la jolie petite poupée qui obéira à tes attentes et qui ne t'emmerderas pas avec ses 'situations impossibles'.


Isis avait du mal à respirer, sa peau devient glacée, des sueurs froides apparurent ainsi qu'un léger tremblement.

- Je ne suis pas parfaite et j'en peux plus d'essayer de l'être pour exister à tes yeux.
Pense : Tu m’en demandes trop

- Tu crois que je ne t'aime pas... en tout cas toi tu ne m'aimes pas. Dégage, je ne veux plus te voir.

Isis tomba à la renverse les yeux dans le vide, le souffle inexistant, le cœur arrêté. Vix amena Isis à revivre certains passages des souvenirs de Marjane et d'Azra. Les lèvres de la jeune fille devinrent petit à petit bleu et ses pupilles se dilatèrent. Isis était morte aux yeux de ceux qui n'avait jamais étaient confrontés à sa "mort".


Dernière édition par Isis Kitlee le Jeu 6 Mar - 14:18, édité 2 fois
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Egon Sutham
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Mar 4 Mar - 10:57

Désemparé Egon releva le corps d’Isis. Sans vie.

- Isis...

Ebahi, le cerveau paralysé, il la regardait sans rien faire.

- Isis, l’appela-t-il une deuxième fois comme si à l’appel de son prénom, elle pouvait répondre présente.

Il était dans un tourbillon de turpitudes qui l’attirait vers le fond. Il pensait de travers, à Roméo qui meurt parce que Juliette n’est plus. Mais Juliette se réveille enfin, et Roméo est mort... pouvait-il attendre encore que Juliette se réveille et faire la nique à l’infortune?

- Vix... murmura-t-il la tête collée sur le ventre d’Isis. Je n’en peux plus des filles qui meurent. Rends-la moi. Ghilda... Umbrès...

Il ne savait plus qui invoquer, son esprit était commandé par un néant qui lui rendait indifférent tout ce qu’il était et avait voulu être.

"Pas encore, la mort. Pas encore. Je n’en peux plus des filles qui meurent."

Il fut soudain envahi par une présence qui n’était pas lui. Il reconnut celui qui se nommait Umbrès et qui guidait son cœur.

- Umbrès... j’ai fais une erreur, pleura Egon en tenant contre lui le corps d’Isis.

La Rose là-bas, venait de flétrir un autre pétale de son corps malade.

Umbrès ne répondit pas à Egon. Il resta près de lui aussi calme que le néant qui avait pris possession de ce qu’il était, de ce qu’il voulait être.

- Isis, pardonne-moi, murmura enfin Egon.

Il prit le corps dans ses bras et le leva pour le déposer sur le lit. Jamais Isis ne lui avait paru aussi lourde. C’est qu’il n’avait plus de forces, plus d’envie, plus d’émotion, plus de sang.

Avec la force étrange d’Umbrès qui pesait en lui, Egon prononça des paroles qui n’étaient pas siennes mais qui résolvait son affliction.

- Ghilda, rends-moi Isis, et je viendrai te voir, te délivrer de Myr et apaiser ta souffrance. Montre-moi comment faire et je serai à toi. Toujours.

Alors une boule noire sortit du corps sans vie d’Isis dont les premiers battements rendirent à Egon le sourire malheureux qu’il avait toujours eu.

La boule noire explosa en parcelles charbonneuses et dessinèrent une spirale serpentine qui pénétra dans la poitrine d’Egon. Durant qu’Isis se réveillait, Egon mourait à son tour.

Il marchait sur la falaise cagneuse de l’Enfer des sorciers à la recherche de Ghilda pour la délivrer de la Parcelle qui condamnait Isis, la fille de Marjane Pati et N’Guyen, une des dernières descendantes d’Azra.






Isis se réveilla, libre de celui qu’elle avait maudit et qui obéissait à son bannissement.

Umbrès matérialisé était assis à côté du corps d’Egon. Inexpressif.

De sa voix de ténor, il lui dit:

- Il est parti en Myr, délivrer Ghilda de sa Parcelle et de l’Ankou. Et toi, tu n’as plus à souffrir de sa présence, pense-t-il. Tu ne dois pas mourir Isis, si tu meurs, Rosà meurt et le monde sorcier a encore besoin d’exister un peu.

Dehors, un terrible ouragan soufflait. Une atmosphère de fin du monde.


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Isis Kitlee
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Mer 5 Mar - 10:06

Le cœur d'Isis se remit à battre dans sa poitrine. Elle suffoqua et mit du temps à rouvrir les yeux. Cette durée était anormalement longue.


Elle ne comptait plus le nombre de fois où ces visions étaient apparus sans crier gare. Une crise qui se finissait par un diagnostic qui la donnait cliniquement morte pendant un laps de temps indéterminés. Mais le fait est qu'elle revenait belle et bien à la vie quand sa parcelle avait fini de faire des siennes.

Depuis le vol du calice, elle n'avait jamais eu de crise aussi importante. Et jamais un réveil aussi... indéfinissable.



Il ne lui fallait pas plus de 5 minutes pour reprendre conscience de son corps, de son environnement en temps normal.
Là, au bout de 2 heures, elle commença à pouvoir se mouvoir dans une lenteur qui l'étonna. Son corps semblait moins résistant à son état. Elle pensa tout d'abord que c'était le traitement de ce matin qui l'avait affaiblit, mais elle renonça vite à cette hypothèse. Elle sentait que quelque chose avait disparut. Elle se sentait plus légère, plus calme et posée. Elle n'avait plus cette petite musique qui la rendait dingue. Cette petite musique qui lui faisait du mal, une mélodie autodestructrice. Elle n'entendait plus les lamentations sourdes de Vix qui l’avaient accompagnées tout au long de sa vie sans qu’Isis s'en rende compte.

Elle venait de s’asseoir sur son lit, et regarda ébahi ses mains si


- Livide.

Livide aussi était celles d’Egon allongé à côté d’elle.
Elle pensa naïvement qu’il avait veillé sur elle et s’était endormi de fatigue. Il lui fallut un certain temps pour comprendre que sa peau blafard, son tient exsangue, l’inexistence du battement de son cœur était autant d’indice pour…


- Il est parti en Myr, délivrer Ghilda de sa Parcelle et de l’Ankou. Et toi, tu n’as plus à souffrir de sa présence, pense-t-il. Tu ne dois pas mourir Isis, si tu meurs, Rosà meurt et le monde sorcier a encore besoin d’exister un peu.

Isis releva la tête vers l’Ombre qui trônait à côté du corps d’Egon comme si voir son Iccam mort était normal. Hébétée, elle mit un temps considérable à comprendre ce qu’on lui expliqua.


Pourquoi Egon était… impossible, il ne pouvait pas.


Groggy par son chagrin qui la submergea en quelques secondes, Isis baisa les lèvres cadavériques de son compagnon. Mais rien ne se passa. Innocemment elle aurait voulu être la princesse qui délivra le prince au bois dormant de son sommeil éternel. Mais Egon ne dormait pas, il ne vivait plus.


- Egon

Isis s’allongea à côté de son corps sans vie, l’enveloppa dans ses bras frêles et lui murmura à son oreille tout ce qu’elle aurait voulu lui dire de son vivant et qu’il n’entendra jamais.

Morte de chagrin, Isis resta là, repensant à ses quelques mois, jours où il avait vécu ensemble. Des lettres dictées par Rhidow sur n’importe quoi où Egon rajoutait toujours un petit mot qui la rendait heureuse. A leur nuit ensemble où la pudeur de leur corps n’avait plus sa place tandis que leur dîner brûlé dans la cuisine. Aux Thés qui était cachés au fin fond d’un coffre et qui gardait à jamais le secret de leur amour naissant. A leur premier baiser sous un feu d’artifice au-dessus d’un parterre de spectacle qui ne parvenaiznt pas à les détacher de leur nouveau désir.
Elle se revoyait épier Egon en pleine paperasse en imaginant vivre avec lui et voir Rhidow qu’ils auraient adoptés venir déranger son père, un non dit calfeutré dans son cœur.

Isis se promit, à son réveil, d’aller vivre avec Rhidow et de ne pas mourir de chagrin sur Egon. Par respect pour lui. Elle le voyait déjà l’engueuler d’être aller en Myr à cause de lui. Elle s’endormit, un sourire crispé de tristesse sur son visage.


Dernière édition par Isis Kitlee le Mar 18 Mar - 13:11, édité 3 fois
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L'Ombre
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MessageSujet: Re: [York]La pensine détentrice de secrets   Mer 5 Mar - 11:16

- Il ne se réveillera pas tout de suite, Isis, l’informa la voix égale de l’Ombre que rien ne semblait jamais ébranler.

Il se leva et, en passant devant elle, il passa imperceptiblement sa main sur son épaule pour y oublier une caresse légère. C’était la façon dont le Dyode montrait sa compassion.

L’Etre à l’apparence éternelle de jeune homme prit le corps d’Egon à bout de bras avec souplesse et aisance avant de disparaître, ne laissant dans la chambre que sa voix avant le silence de plombs.

« Je dois le garder près de moi pour empêcher son cadavre de se nécroser. Quand il se réveillera, La Rose t’en informera. »

Le Dyode n’avait jamais laissé supposer une autre alternative qu’un futur réveil. Il n’en doutait point. Ce dont il ne parla pas, toutefois, fut le probabilité qu’Egon ramenât avec lui les terreurs et l’angoisse d’un périple que d’aucuns sorciers qui n’avaient pas vécu en Myr, ne sauraient concevoir.



FIN
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[York]La pensine détentrice de secrets

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