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 [France] Provence, enfance, vacances

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Sacha de Lansley
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MessageSujet: [France] Provence, enfance, vacances   Jeu 27 Déc 2007 - 16:44

Tu devrais voir l'été... je lui dis en embrassant sa tempe avec une certaine fierté de savoir que ce paysage, c'est un peu le mien. Un bout coloré de mes pensées si peu racontées. La maison de vacances. La maison de mon enfance. Pouah. A chialer. Mais je tâcherai d'édulcorer la description pour lui donner un bon vieux goût chantant plutôt que cette liqueur d'amertume qui coule dans le sommier de ces lits de lavande. Ma terre d'enfance. Vacances souffrance.

Nous n'avons pas posé les bagages sur le sol depuis deux secondes que Noah pousse des cris de joie caressant l'espoir imbécile qu'on le laisse gambader seul vers la Rosière. La Rosière est le chemin bordé de roses qui allonge sa terre couleur sienne sous nos pas, à mesure qu'on avance vers le portail et au-delà. Les roses multicolores et parfumées tressent leurs tiges aux ronces folles de dragonites cracheuses d'étincelles.

Au portail ouvrant sur le reste du chemin, deux bustes de femmes posés de part et d'autre de l'entrée nous accueillent de leur regard vert et sévère recouvert de mousse. Pour l'accueil, Benedict n'aurait pas pu faire pire. L'idée vient d'elle. Evidemment. Elle tombait amoureuse de ces deux effigies aztèques et parfaitement dissymétriques lors d'un voyage qu'elle effectua avec mon père du temps où je t'aime faisait encore parti de leur vocabulaire. Ca remonte. Deux statuettes Aztèques au milieu de la lavande et des roses et des couleurs de la Provence. Il y a de quoi relancer le débat sur le bon goût des riches pour les objets d'art.

Pour une fois je ne suis pas mécontent que le temps soit détraqué. Il est seize heures. Nous sommes en plein hiver... Pourtant, ici, il fait relativement doux. Pas grand soleil. Le ciel est dégagé et tendre de nuages qui naviguent presque imperceptiblement. Verra-t-on la nuit? Aujourd'hui, dimanche 20 décembre, cela fait déjà vingt quatre heures que le soleil ne nous a pas quitté.

Je pointe ma baguette sur l'une des statuettes en prononçant une formule en vieil anglais. La grille s'ouvre. Tac. Tac. Tac. Trois coups de baguettes consécutifs sur les valises et celles-ci se remettent à flotter devant nous. Noah essaye toujours de s'enfuir des bras de sa mère attiré de plus en plus par les papillons par millier qui butinent les roses en essayant d'éviter les têtes de dragonite. Lorsqu'une de ces créatures touche l'un des éphémères, la petite flamme bleue qu'elle projette, bien que très jolie, se contente de le consumer.


C'est dangereux, Noah, finis-je par lui dire un peu durement pour qu'il cesse. Nous allons en faire des tas des balades... attend un peu.

Ca ne le calme pas. Au contraire, il caprice, je caprice, tout le monde caprice... ça commence bien. Il ne m'écoute pas. Et quand papa veut pas, il se retourne les yeux larmoyant vers maman. Je roule des yeux. Les serpents ne font pas des chats.

Mon cœur laisse place à une petite crainte qui grandit à chaque mètre que nous parcourons. Prononcer la formule aux statuettes Aztèques initie l'information jusqu'à l'intérieur de la grande maison où une troisième sœur de pierre chantonne une brève mélodie: 'vous avez un visiteur, vous avez un visiteur'.

Nous atteignons le perron. Ma mère nous regarde arriver de loin. Sa silhouette fine. Rigide. Cartonnée, comme imprimée dans le décor faux de la maison du bonheur.

Je me sens très anxieux de devoir vivre à côté de Benedict, mon fils et sa mère pendant une semaine de vacances. Ca me plaît et ça me fait toujours peur de ressembler à une famille.

Prête, Manoue...?
Et n'oublie pas, Noah, insiste bien sur Mâaaamie,
dis-je plus dans l'intention de faire sourire Elinor que de faire comprendre quelque chose à Noah qui de toute façon va me détester tant qu'il n'aura pas eu le droit d'aller se tuer contre les fleurs de la Rosière.

Je sais. Pour ma mère, c'est un coup bas. Bien. 1 - 0, pour le fils.





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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: [France] Provence, enfance, vacances   Mer 2 Jan 2008 - 15:18

La relation que j'entretiens avec Benedict est née de la lettre que je lui ai envoyée il y a déjà un petit moment maintenant. A l'époque, je l'avais légèrement mise devant le fait accompli en lui envoyant des photos de Noah. Je ne sais pas exactement ce qu'elle avait dans la tête à ce moment là. Se sentait-elle exclue? Sans doute. Pestiférée? Je ne sais pas. Toujours est-il qu'elle m'a répondu.
A partir de ce jour, nous avons commencé à nous écrire régulièrement. Le jour du Mariage de Sacha, elle était avec Eliette la seule personne qui était heureuse de ma présence (hormis Sacha bien sûr).

Aujourd'hui, nous débarquions en Provence. En Famille? Oui pour Noah. Non pour nous.
Les couleurs et senteurs de Provence sont envoûtantes. J'avais déjà aimé le parfum de la garrigue en parcourant les terres de l'Aude avec Louis. Avec lui j'avais découvert la mystérieuse cité de Carcassonne, le passé romain de Narbonne et les paysages secs et méditerranéens de la Clape... Du thym, du romarin, de la lavande, des cyprès, pins parasols...
Malgré une flore et des senteurs quasiment identique et des senteurs la Provence n'a pas tout à fait la même identité. C'est une terre du sud, mais l'Histoire est toute autre...
Bref, il me semble que ces vacances vont me plaire. Si Sacha m'avait parlé à ce moment là de la vision cauchemardesque qu'il avait gardé de son enfance passée ici, j'aurais eu beaucoup de peine à le croire.

Les deux statues veillant sur notre arrivées sont étranges. Ce n'est pas de l'art local, même primitif, c'est sûr.
Noah n'arrête pas de crier et de sauter partout. Par instinct, il m'a semblé plus judicieux de le prendre dans mes bras... A croire que j'anticipe ses pires pensées. Il s'agite, il bouge, gigote... un vrai petit serpent. La vue de la roseraie n'y est pas étrangère. Etions-nous aussi fous dans l'enfance? Sûrement. La notion du danger n'existe pas à cet âge. C'est ce que j'ai lu dans l'un des innombrables ouvrages que j'ai acheté...

La voix de Sacha me sort de toute méditation sur le sujet. Et c'est reparti. Le rituel. Un parent qui gronde et de grands yeux bleus larmoyants suppliants.

- C'est non.

Et là, c'est le drame. Pleurs. Désespoir de bébé contrarié qui n'aime pas entendre des "non". Mais la sonnette a vite fait d'arrêter ses pleurs. Papa lui glisse un mot sur sa grand-mère, et la voilà justement.

Belle. Cette femme est belle. C'est toujours l'impression que j'ai en la voyant.

- Mômie Noah zouer fleur!

Comment disait-il justement le papa? Les serpents ne font pas des chats?
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Sacha de Lansley
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MessageSujet: Re: [France] Provence, enfance, vacances   Jeu 17 Jan 2008 - 17:28

Pendant que Noah essaye de séduire la dernière personne pouvant lui permettre d'obtenir gain de cause, je dépose les valises et m'avance d'un pas vers la grande silhouette longiligne de Benedict. Pendant un moment, j'oublie tout car je suis si concentré dans la façon dont je vais esquiver de l'embrasser que... Elle descend les marches droit vers moi mais me passe à côté après un bref regard en coin. Elle se dirige directement vers Noah et Elinor. Je souris. Un point pour la mère. Fils et mère égalité. Un point partout.

Je me retourne un instant en faisant mine d'être indifférent au tableau que je vois. Benedict prend Noah dans les bras. Rien que ce geste fait tonner mon cœur. Elle lui ordonne d'une voix contrariée de ne pas l'appeler 'Mamie', mon fils lui fait "D'accord Mômie." Elle secoue la tête en signe de dénégation, n'ajoute rien, toutefois je sais qu'elle est bien résolue à gagner. Elle serre chaleureusement les deux mains d'Elinor dans l'une des siennes. Par une magie que je n'ai pas dû bien comprendre, Noah s'est arrêté de pleurer, Elinor semble être à sa place dans cet univers familial bancal en tentative de reconstruction, ma mère porte une enfant dans ses bras, qui me ressemble mais qui n'est pas moi. Pendant deux minutes j'éprouve de la jalousie à l'égard de mon propre fils. M'a-t-elle jamais serré si fort de peur que je ne tombe?


Locomotor Barda, les valises reprennent leur mouvement et je les dirige vers le hall d'entrée.

M'éloigner. Ne plus y penser et éructer ce sentiment d'envie qui m'a tordu les boyaux en la voyant si heureuse d'être près de son petit fils. Même si son masque froid et distant lui est collé à la peau de ses joues, à la fibre de ses sourcils, à la couleur de ses yeux, je sais reconnaître quand ma mère est heureuse.


Dans le grand hall d'entrée baigné de lumière, les tableaux qui se meuvent indiquent que nous sommes bien dans une maison de sorciers. Deux escaliers en bois conduisent aux étages supérieurs. En allant tout droit, on arrive dans un grand salon dont une baie vitrée donne sur le paysage dehors. La cuisine est coincée entre deux mezzanines, hautes et lumineuses, dont l'une servait de bureau à mon père et l'autre d'atelier à ma mère. Benedict y a peut-être apporté des changements depuis la mort de mon père.

Je dépose les valises, ardent de savoir si elle a conservé ma chambre en l'état ou si elle l'a fait disparaître pour la transformer en cagibi ou en second grenier. J'entends derrière moi leurs pas qui montent l'escalier du perron et ma mère se présente la première, tenant toujours Noah dans ses bras. Il tient dans sa main une des fleurs dépecée de ses épines et de ses dangers. Je suis certain d'avoir vu briller dans sa prunelle enfantine une lueur de victoire qui murmurait "t'as vu, pôpa, moi z'est la fleur maintenant, et pas toi." Je suis furieux que Benedict ait cédé et sacrifié l'autorité parentale pour séduire Noah. Je m'apprête à le lui dire mais...


Et le meilleur pour la fin, me dit-elle en s'approchant et en enfouissant son visage dans mon épaule. Mes deux grands garçons... tu vas bien, mon Sachanovitch?

Mon cœur bat dramatiquement. Le petit nom. Son contact. Ca faisait une certaine d'années qu'elle ne m'avait plus nommé ainsi. Je croyais qu'elle avait oublié. Abandonné la douceur dans un carton de mon enfance. 2 - 1, et le fils, pour l'instant, ne compte pas égaliser. Je n'arrive pas à profiter de l'accolade car cela fait bien trop longtemps que je n'avais plus ressenti son contact qui me glace. Je peine à m'attendrir. Je regarde Elinor au-dessus des cheveux de Noah qui reste toujours silencieux et me caresse désormais le front d'un geste maladroit qui m'empêche de voir ma cible. A travers ses petits avant bras potelés, je cherche Elinor d'un air défait. Atterré. Paumé. Je voudrais qu'elle vienne me délivrer de cette prison. Je n'ose plus bouger.





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MessageSujet: Re: [France] Provence, enfance, vacances   Dim 24 Fév 2008 - 0:50

J'ai peur. Ils ne se sont rien dit.

Noah semblait se plaire dans les bras de sa grand-mère. Finalement il me semble que j'ai bien eu raison d'entamer cette correspondance avec Benedict. Elle débuta hésitante, coléreuse et maladroite. Mais maintenant je sais que j'ai bien fait.

Pendant que Sacha rentre avec les valises, Benedict partit avec Noah vers le massif. Elle cueillit une fleur et la dégagea de tout danger pour la donner à bébé. Bébé a obtenu gain de cause, une espèce de compromis entre refus et cadeau déguisé. Il faudrait s'y habituer. Première d'une longue série de complicités entre mamie et Noah.

Moi je suis contente. C'est très égoïste. C'est sûr. Mais je suis contente. Super drôlement, vachement, trollement, à la follie... contente. Noah a une chance que je n'ai pas eue et ça me rend heureuse. Mais Sacha ne l'est pas.

"Mon père doit m'aimer un peu au moins.
Certainement...
Ma mère, non.
Sacha..."

Il y a des phrases que la mémoire n'effacera jamais. Je préfère m'abstenir de tout commentaire et faire un bisou sur le front de Noah tandis que nous pénétrons dans la maison.

J'ai peur. Ils ne se sont rien dit...

Et puis...

Sachanovitch? C'est sûr que je dois avoir l'air cruche avec mon Choup'.


Fini l'angoisse. Elle a fait le premier pas. Mais lui, il paraît pétrifié.

"Mon père doit m'aimer un peu au moins.
Certainement...
Ma mère, non.
Sacha..."

J'ai bien envie de le laisser patauger dans cette émotion inhabituelle. Je ne me sens aucun droit à les séparer, bien au contraire. C'était un peu ça que j'étais venue chercher en Provence: des vacances et des réponses. Et puis... c'est tellement bon de sentir qu'on a raison...

- Môman calin...

- J'arrive.

Il ne pouvait pas comprendre pourquoi maman n'était pas entrée en mêlée, c'était normal. Cette intervention déguisa le geste d'Elinor. Non elle n'avait pas voulu intervenir. Elle voulait simplement que Sachanovitch comprenne la chance qu'il avait d'avoir encore sa mère, qu'il était important que leur guerre froide se réchauffe. Et lorsqu'elle les rejoignit et que Noah se blottit contre elle, il lui fallut prendre sur elle pour éviter de prononcer rien que dans sa tête cette simple phrase: " Tu vois bien qu'elle t'aime. Et ne t'imagine pas que c'est du cinémagic. "

Benedict montra les appartements de chacun et embarqua Noah avec elle pour lui montrer quelque chose. Eli supposa que c'était pour lui faire découvrir la chambre de Sacha.

Elle profita de cet instant de répit pour ouvrir la fenêtre de sa chambre et aller sur le balcon. L'air était chaud et caressait son visage. La vue était splendide. La Méditerranée semblait s'offrir à elle. Pour l'accompagner dans ses dévotions, les cigales entonnaient un chant mélodieux et la garrigue environnante laissait échapper ses senteurs variées de lavande, romarin, thym et résine... La jeune mère ferma les yeux et se laissa dorloter par le moment.
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MessageSujet: Re: [France] Provence, enfance, vacances   Mar 26 Fév 2008 - 20:20

Deux bras silencieux vinrent entourer doucement Elinor.
Une voix calme non moins boudeuse imprégna son tympan.



Je te déteste sale peste. Tu m’as abandonné.

Je lui dis ces mots sans espoir de réponse. Il est même probable que je ne veuille pas de réponse de peur de m’entendre dire 'Tu vois, elle ne te déteste pas.' J’étais persuadé qu’Elinor aurait préféré une litote que j’aurais décryptée sur le coup plutôt qu’un traumatisant verbe 'aimer' qui m’aurait crevé la cervelle. Si j’avais pris la peine d’interroger ses pensées, j’aurais pu constater que je me trompai.

Ma mère s’occupait de montrer à Noah les trésors de mon enfance amoncelés dans une chambre par six fois plus petite que l’immensité de celle de Newquay. Les deux bâtisses n’avaient en commun que la vue imprenable sur les falaises et la mer lointaines. C’est la raison pour laquelle je la préférai. Sans pour autant l’aimer.


Ma mère propose qu’on aille au marché demain matin. Je n'ai pas encore répondu, toutefois, je crois que je vais vous laisser vous organiser seules.

Je déteste faire les courses. Hormis les achats de vêtements avec Mimoune pour avoir le privilège de monopoliser les cabines d’essayage pendant qu’elle passe ses tenues et que je fais tout pour les lui retirer.

Ca te dérange si je garde Noah avec moi pendant que tu accompagnes ma mère torturer les maraîchers?

Pas vu mon fils seul à seul depuis trop longtemps. Besoin paternel d’être avec lui. Qu’avec lui.

Quand je ne le vois pas pendant plus d’une semaine, j’ai tendance à devenir grognon. Charlotte doit essuyer les agressions de ma mauvaise humeur, et encore, avec elle je fais un minimum d’effort. Mes camarades universitaires ne peuvent pas en dire autant. Je n’ai pas eu Noah pendant deux semaines à cause des fêtes et des missions répétitives de la Résistance.

J'ai cette envie égoïste d'être avec lui. Qu'avec lui.

Mon fils me manque, je lui déclare en embrassant sa joue avant de m’écarter d’elle pour jeter un coup d’œil par delà la balustrade du balcon.

Près d'Elinor, il me semble que j'utilise de moins en moins de faux-fuyants pour chasser mes visibles émois, craintes, douleurs.

Et, poursuis-je, l’après-midi nous pourrions aller chez monsieur Dégano. C’est un fermier qui habite derrière cette colline de lavande... je suis certain que mon citadin de fils n’a jamais vu un mouton de sa vie.





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MessageSujet: Re: [France] Provence, enfance, vacances   Sam 1 Mar 2008 - 13:06

L'après-midi se finit entre sourires et éclats de rire chaque fois que Noah revenait de la chambre de son père en sortant de vieux jouets à lui. S'il avait pu, il aurait déménagé sa chambre pour tout nous montrer. Je suis sûre qu'il se demandait comment son grand papa avait pu jouer avec tout ça.
Alors que nous buvions le thé, Bénédict et moi nous mîmes d'accord pour aller au marché le lendemain.

J'angoissais terriblement de me retrouver seule avec cette grande dame. Je ne la connaissais que par petits bouts, pièces rapportées, et il me semblait que l'image que donnait ce puzzle n'était pas cohérente par rapport à ce que m'avaient montré ces dernières heures. Ce qui était le plus bizarre était sans doute notre relation après tout. Je ne suis pas sa belle-fille, je ne suis que la mère de son petit-fils. Comment me perçoit-elle?
Dans ses lettres ne transparaissaient que des piques, des attaques déguisées derrière deux métaphores. J'avais peur de ne pas être à la hauteur. De quoi? Je ne sais pas.
Sachanovitch m'a laissée seule avec elle et je suppose que c'est aussi parce que je ne l'ai pas "aidé" tout à l'heure. Soit... Je me débrouillerai.

Interlude:
Voici pour cent francs du thym de la garrigue
Un peu de safran et un kilo de figues
Voulez-vous, pas vrai, un beau plateau de pêches
Ou bien d'abricots ?
Voici l'estragon et la belle échalote
Le joli poisson de la Marie-Charlotte
Voulez-vous, pas vrai, un bouquet de lavande
Ou bien quelques œillets ?


Au marché Benedict était comme une reine visitant le bas peuple, Sacha n'avait pas tort. Une fois la laitue était flétrie, une fois le merlan n'avait pas l'oeil bien sympathique, encoreles courgettes étaient rachétiques... Mais ce petit microcosme avait l'air de bien connaître la dame filiforme et ne se formalisait pas devant ses petits caprices de bourgeoise.

De mon côté, j'achetais quelques olives noires, de gros oignons, des tomates bien mûres, des anchois, farines, oeufs... bref tout pour faire une de mes spécialités.

- Bénédict, si vous le permettez, j'aimerais bien faire quelque chose pour midi...

Nous rentrâmes chargées, épuisées par la chaleur mais heureuses. Ce que j'avais vécu était un peu comme un cadeau pour moi. Jamais je n'avais connu un moment partagé de la sorte avec ma propre mère, j'avais donc énormément apprécié cela en dépit du caractère bien trempé de Bénédict.

Je fis ma pissaladière en attendant quelques remarques de la part de tous les convives. Noah n'en avait jamais mangé encore. C'était Louis qui m'avait appris à la faire. Lui qui était gourmet et qui avait pas mal bourlingué dans le sud de la France m'avait appris beaucoup de choses en matière culinaire.


Un peu plus tard dans la journée...

- Adieu veaux, vaches cochons... Bonjour les moutons.

- Moutons! Noah était tout excité en arrivant à la ferme du fameux monsieur Dégano.

- Oui, on va les voir les moutons.

Après avoir voulu s'écraser contre une haie de fleurs magiques, voilà que notre fils voulait se faire gentiment piétiner par d'énormes moutons.
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Sacha de Lansley
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MessageSujet: Re: [France] Provence, enfance, vacances   Lun 3 Mar 2008 - 16:05

Matin réveil câlin.

J'ouvre les yeux sur le plafond aux solides poutres de bois. La chambre est encore endormie dans l'ambre que déverse l'aube sur un des murs orangé. Un quelque chose respire sur mon ventre. Pouce dans la bouche, fesses en l'air, chevelure blonde qui retombe sur son front endormi. Noah dort.

"Qu'est-ce que tu fais-là, Bonhomme?" souris-je amusé par sa position "Si Manoue se réveille et ne te voit plus dans ton lit..."

Il ouvre les yeux doucement. Ne bouge pas encore. Découvre papa qui l'observe en souriant. Ses yeux bleus encore fatigués. Sans changer de posture, il tète encore un peu son pouce puis tend son bras potelé vers moi. Je me redresse doucement pour le prendre dans mes bras et le glisse sous les couvertures, sur mon ventre. Silencieusement, il me raconte son rêve de la nuit, en ouvrant grands ses yeux dans les miens. Pas joli. Il a eu peur du feu, des plantes qui crépitent, que ça brûle maman et que papa le gronde. Il a eu peur. Et papa ne dormait pas avec maman, alors il a cherché papa. Papa était dans la chambre où Noah a trouvé plein de jouets. Il faisait dodo, alors Noah a attendu qu'il se réveille.

Je lui caresse la joue en fronçant les sourcils et abandonne ses grands yeux bleus le temps de l'embrasser sur le front.

Tu vois quand je te dis pas touche, c'est pas touche, lui dis-je en riant. Maman fait dodo. Elle n'a pas de bobo.
Pas bobo? Interroge-t-il pour que je double ma certitude.
Pas bobo. Je lui confirme en le serrant contre moi.
Y pas fâssé, pôpa?
Non, il n'est pas fâché papa.

Il se laisse étreindre, rassuré.

Petit déjeuner.


Il court vers sa mère pour l'embrasser. Ne la quitte pas d'une semelle jusqu'à ce que nos deux mamans s'en aillent au marché. Noah se montre perplexe lors de la séparation. Il craint un moment qu'on le laisse seul dans la maison mais se rassure très vite quand il voit que papa reste. Faire deux groupes. Se séparer. Pourquoi ne pas tous rester ensemble? Le phénomène ne lui est pas très clair mais dix minutes s'écoulent, il a déjà oublié son angoisse enfantine.

Je l'ai paré pour aller en promenade.


Mer, bateau, soleil.

Il est curieux de tout. S'intéresse et veut tout toucher. Court sur la grève et collectionne les coquillages. C'est jamais assez. Il voudrait tout rapporter à la maison, à Londres, pour montrer à son grand-père. Je le gaule en train de foutre du sable dans ses poches et son seau déborde d'eau de mer. Juste un échantillon pour montrer à Twisty. "é où Twisty?" me demande-t-il en prenant soudain conscience qu'il manque quelqu'un à son environnement. "Je ne sais pas", lui mens-je. Ma réponse a l'air de le satisfaire, il s'en retourne en sautillant vers d'autres coquillages. J'ai les poches remplies de conches et je roule mille fois des yeux quand il m'en rapporte encore.

Forêt, prairie, bois.


Je lui apprends les noms des fleurs. Il court après les papillons. M'entretient d'une très longue conversation au sujet d'un je ne sais pas quoi qui a mangé un truc. J'opine autant de fois qu'il veut pour se contenter de ma participation auditive mais mène l'enquête avec lui. Je comprends pas après quoi nous courons mais lui a l'air de savoir. "C'est toi le patron, mon fils," Il fout ses deux mains dans un terrier de lapin et en sort un scarabée gros comme mon poing qu'il entreprenant de mettre dans sa bouche. J'ai la baguette vive et je dégage l'insecte qui file en me remerciant. Noah, lui, n'est pas très content. Il fronce ses fins sourcils blonds vers moi pour me réprimander, alors je lui dis: "pas touche." Son visage s'étonne. Sa mémoire fonctionne. Il tend les bras vers moi pour dire pardon et c'est fini la chasse aux trucs. Maintenant, il veut manger.

Terrasse d'un petit troquet sur le port.


Les filles qui passent nous matent comme des malades. Papillonnent des cils. Gloussent que c'est mignon. Un père avec son fils, ça émeut. Tranquille. Mais, je n'en regarde aucune. Je n'ai d'yeux que pour mon fils qui se régale avec une assiette de spaghetti aux patagos qu'il préfère manger avec les mains. Comment y arrive-t-il? Je m'étonne. C'est les vacances. Enfance. Je le laisse faire. Devant les moldus pas de baguette. Alors quand il tend vers moi ses menottes dégoûtantes, je fais non de la tête. Pas de récuvite comme à la maison. Direction les toilettes. Ca l'éclate. Il veut faire pipi comme les grands. Tu parles, il flippe la mort quand je le dépose sur la cuvette. S'accroche à moi comme si le trou allait le manger. Je pense que, pour l'instant, on ne renouvellera pas l'expérience. Le pot, c'est moins dangereux.

L'après-midi. Déjà. Ca passe trop vite.


On rejoint Manoue et nous filons à la ferme de Dégano. Le vieux sage n'a pas changé. Le seul sorcier que je connais qui a décidé de ranger sa baguette pour toujours et de vivre au milieu des moldus. Je l'appelle le moldu.

Lapins, moutons, vaches, chevaux. Autant de découvertes qui font s'émouvoir et babiller Noah. Je raconte à Manoue notre matinée bien que notre fils l'ai déjà fait dans son verbiage de bébé.

C'est déjà le soir.


Ma mère nous rejoint chez Dégano, attifée comme une princesse de la haute. J'ai honte. Nous avons le droit à une énième narration de sa journée par mon petit bonhomme qui, c'est sûr, s'endormira facilement ce soir. Il a déjà l'air crevé.

Manoue, lui dis-je alors que bébé s'est endormit dans ses bras à la fin du repas. Ma mère discute près de la terrasse avec le vieux fermier heureux de notre visite. J'en veux un autre...

//Etre père, encore. Mais Charlotte ne veut pas. Elle n'est pas prête.//





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MessageSujet: Re: [France] Provence, enfance, vacances   Lun 3 Mar 2008 - 20:47

Tout était si paisible ce soir et proche du bonheur. La nuit nous a enveloppés de sa douceur et berce Noah sur ma poitrine. Cet après-midi j'ai entendu parler de grandes aventures et de découvertes mystérieuses de la bouche de Noah. La complicité qu'il entretenait avec son père grandissait de plus en plus. En rentrant à la ferme, il m'a faite rire.

Alors que Sacha avait le dos tourné, Noah me tira la jupe en tendant une petite main serrée vers moi d'un air décidé. Je me penchai vers lui pour essayer de mieux comprendre et il se mit à parler assez bas.

- Pou' Twisty.

- Du sable?

Du sable blond coula de sa main dans la mienne. Dans son regard il me semblait comprendre que cela devait rester secret. C'était entendu. Ce souvenir m'arracha un sourire.

Le dîner s'achève bébé a les yeux qui clignottent. Il ne va pas tarder à s'endormir. Dans un dernier sursaut d'énergie, il parvint à m'entretenir de son cauchemar de la nuit dernière. Des flammes, des plantes, maman blessée. Son regard était humide. Un bisou sur le front et quelques mots suffirent à l'envoyer vers de bien meilleurs rêves de plage, d'insectes et de moutons.

- Je vais bien bébé. Je serai toujours là.

Des mots stupides que tout les parents prononcent un jour ou l'autre à leur enfant pour les rassurer... Mais en l'espèce, si elle avait su que onze ans plus tard elle serait entre quatre planches et que ce petit bout partirait courageusement essayer de la sauver en faisant un voyage dans le temps, elle n'aurait pas parlé comme ça.

Il n'est pas douché... Comment on va faire en rentrant? Un récurvite?

interrogation primaire de jeune maman de dix-neuf ans vite débordée qui a peur que son fils emporte dans ses draps une campagnarde odeur de crottin... Et puis les mots...

Manoue, J'en veux un autre...

//Etre père, encore. Mais Charlotte ne veut pas. Elle n'est pas prête.//

Mes bras se serrèrent autour de Noah et risquaient de le réveiller. Ces phrases crispèrent mon corps entier tant elles me déboussolèrent. Que faire? Que dire?
Derrière nous la discussion entre Benedict et Dégano était animée, j'aurais dit presque passionnée, mais on s'en fichait. Il fallait juste que j'essaie de ne pas penser haut dans ma tête car il entendrait tout et je ne voulais pas ça. Il fallait que mes pensées soient en ordre de bataille avant de sortir. C'était dur.

On n'est jamais préparé à ce que quelques mots viennent remettre en question un fragile équilibre. Deux voix, deux choix.

Ma part égoïste, me soufflant que ce serait là la meilleur occasion d'avoir un second enfant ce qui faisait partie de mes projets pour le futur. Il aurait aussi le même père! Que je devais en profiter, qu'en y mettant du mien... Je pouvais lui donner ce qu'il désirait...
Et encore mieux, l'occasion d'envoyer Charlotte à Sainte-Mangouste avec un infarctus.
Et puis ma part Manoue, meilleure amie du père de mon enfant qui est décidément trop sage et raisonnable. La part Ying de leur étrange couple se manifesta et laissa entendre à Sacha ce qu'il voulait entendre, et qui suggérait beaucoup plus. Mon coeur battait à tout rompre, j'avais besoin de lui physiquement. Je rapprochai comme je pouvait ma chaise de la sienne et posai ma tête sur son épaule.


- Quand elle le sera tu seras, toi, le plus heureux des sorciers. Tu as la chance d'avoir quelqu'un qui t'aime. Sois patient, laisse-lui le temps. Je pense que la blessure de Charlotte n'est toujours pas cicatrisée je lui ai volé le bonheur d'être la première à te donner un enfant.
Que tu le veuilles ou non, Noah et moi sommes des intrus dans sa vie. Mais elle s'y fera, surtout quand elle ressentira l'envie d'être mère.

Pause, respiration, soulagement: elle avait évité de dire à quel point elle haïssait Charlotte même si elle arrivait à la comprendre.
Confession.

Tu sais, quand j'attendais Noah j'étais furieuse. Derrière la panique qui m'avait gagnée, j'étais furieuse car il ne me restait que quatre mois de conscience de cet état de félicité. Au-delà de tout ce qu'on peut entendre de gnangnan habituel, être enceinte est réellement un état magique.

Nouvelle pause cette fois, le cerveau cogite et angoisse.

J'aimerais un jour le retrouver, moi aussi.

Mais quand, avec qui, et comment?
A moi toute seule, je ne peux rien faire. Je n'ai pas la chance d'être aimée et aucune femme ne peut me donner ce bonheur. Sacha tu seras père avant que je ne sois mère à nouveau, si je le suis un jour...
J'ai peur d'aimer un jour et de ne point être pouvoir concrétiser cet amour par la naissance d'un enfant désiré.

Depuis Noah, ils n'avaient jamais reparlé d'enfant et d'envie. Après ces quelques révélations qui n'en étaient pas vraiment, Elinor finit de se blottir contre Sacha, en serrant Noah contre elle.
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MessageSujet: Re: [France] Provence, enfance, vacances   Mar 4 Mar 2008 - 3:29

Quand Manoue me parle avec sagesse, ça m'énerve. Je déteste ça. Pourtant, c'est Manoue. Elle est ainsi faite que bien souvent sa tête fonctionne plus vite que son cœur. Peut-être est-ce en réalité le contraire. Elle ressent, elle analyse ce qu’elle ressent et elle répond avec sa tête. Cœur en sourdine. Elle manque de passion, ma Manoue. A force de faire ce qu’il faut et non pas ce qu’elle veut... la surprise nous quitte. Elle est un cerveau posé en équilibre sur un cœur. J’espère qu’un jour ça jolie construction va se casser la gueule pour qu’elle se retrouve à l’envers.

Bouse, Linor, comment fais-tu pour arriver à me sortir ce genre de trolleries avec autant de conviction?... tu as presque failli me convaincre!

Je n’arrive pas à m’empêcher de partir dans les aigus entêtant de la voix de la dérision quand je suis à bout de mots.

Baguette au poing discrètement sortie, j’ensorcelle la jeune fille pour qu’elle vienne sur moi faire un sandwich assaisonné de Lansley. Elle flotte dans les airs jusqu’à mes genoux et si elle proteste trop fort, elle réveillera Noah.

Tu ne veux pas réveiller Noah, je l’interroge en fieffé diablotin lorsqu’elle se pose sur moi. Je la serre dans mes bras. Moi aussi, j’ai besoin d’elle physiquement.

Derrière ma vieille bique de mère s’en va en promenade avec Dégano.

"Nom de Crensuré, Mère! Il a au moins 150 ans ce vieux croûton!"

J’espère qu’il n’y a que l’amitié qui les lie. Ca me mettrait particulièrement de mauvaise humeur si j’apprenais que le vieux s’envoie ma mère.

Je pose mon menton sur l’épaule d’Elinor. Les cigales nous font un concert frénétique. Une Traviata de Provence.

La brise balaye ce qu’elle peut de la journée. Chaleur moite. Chaleur parfumée. Chaleur silencieuse qui enlace.


Toi aussi, tu seras aimée, Manoue. Cesse de parler comme une vieille peau.
C’est l’impatience qui guide nos langues... j'espère.


Debout tout le monde. Je me lève avec Elinor dans les bras. Je n’essaye pas de savoir où ma mère et le vieux fermier sont allés. Au lieu de ça, je dépose juste un mot 'discret' en lettre de flammes et d’une grandeur d’un mètre sur trois à leur intention au dessus de la porte du jardin:


" Si tu te fais Le Moldu,
je rentre en Angleterre sur le champ.
- Dégano, je t’ai à l’œil. -
Merci pour le repas, c’était délicieux.
Nous sommes rentrés.
N. E. S. "






Pas de transplanage avec Noah.
Je prends la voiture de ma mère. Elle transplanera. Si elle rentre. Beurk.

Voiture luxueuse, une grosse berline métallisée aussi modérée dans cette campagne qu’un dragon à l’opéra. Je crois pourtant que je partage avec elle son goût étrange pour la mécanique moldue.

Route de nuit aussi belle que le jour. J'ai envie de faire l'amour dans un bouquet de Provence. Sous un ciel bleu et noir. J'ai envie d'expluser l'excédent d'amour qui veut si chèrement me dupliquer. Voir le ventre de Charlotte se gonfler avec les mois et me réserver la surprise d'un enfant. Sorcier, pas sorcier, il me semble que je l'aimerais de la même façon. J'ai envie de préjuger que rien n'est impossible puisque, comme le dit si bien Elinor, j'ai quelqu'un qui m'aime.


Le parfum de la lavande s’endort avec la faune. Demain matin sous les premiers rayons du soleil, elle se réveillera de nouveau et j'espère qu'avec l'aube, j'aurais oublié mes vélléités douloureuses. Impatience.

Maison. Dodo.

Grand bain demain matin, dis-je tout bas à Elinor serrant Noah contre elle.

Dans sa chambre d’invité, nous couchons Noah entre nous. Chacun notre tour nous allons nous doucher et nous changer. Elle porte un haut de pyjama. Je ne porte qu’un bas. Si cette nuit petit homme se réveille, je serai là.

Je t’aime, vous deux. Bonne nuit.





Walked out this morning
Don't believe what I saw
A hundred billion bottles
Washed up on the shore
Seems I'm not alone at being alone
A hundred billion castaways
Are looking for a home
(Police)

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MessageSujet: Re: [France] Provence, enfance, vacances   Mar 4 Mar 2008 - 13:42

- Je t’aime toi tout seul.

Comme j'aurais préféré qu'il dorme dans sa chambre!
Dans ce lit, Noah est mon ultime rempart contre les coups de boutoir de mon cœur. La douche n'a fait que dissimuler quelques larmes qu'elle a emportées avec elle. Pourquoi toutes ces émotions? Parce que j’étais à deux doigts de craquer, tout en sachant qu’il ne fallait pas ? Sans doute.

Avant de rejoindre la chambre j'ai tourné dans la salle de bain comme une bête sauvage s'impatientant qu'on la laisse sortir pour retrouver ses instincts naturels. Les épanchements sont faciles quand on est seul.

Reste là bébé. Toi qui es heureux de pouvoir dormir entre papa et maman. Ne bouge pas. Reste ma bonne étoile et guide-moi vers la froideur de la raison. J’ai envie de te prendre dans mes bras comme j’aurais fait de mon vieux doudou, mais il vaut mieux que je te laisse à tes rêves. Alors je me tourne, roulée en boule sur le côté. Nous n’avons dormi qu’une seule fois ensemble Choup’ et moi, et le résultat était entre nous.
Quelle allait être longue la nuit… J’espérais simplement que j’étais arrivée à le convaincre tout à l’heure.
C’est pas juste. Merlin ! Tout tourne si vite dans ma tête. Si Sacha ne dort pas il doit avoir mal au crâne à entendre cette tempête de protestations contre la nature qui ne comprend pas que j’aimerais bien que plus par plus fasse moins.

Matin bêtises

Le matin, lorsqu'elle ouvrit les yeux, Eli s'aperçut que le lit avait été abandonné aux grands. Noah n'était plus là. Elle s'assit, les cheveux aussi en bataille que ses idées et regarda Sacha qui dormait encore. Elle déposa un baiser sur son front et entreprit d'aller voir où se trouvait Noah, lorsqu'il arriva avec mômie.
Dans sa main droite il tenait un biberon à moitié plein et désignait le lit où étaient papa et maman. Dans l'autre, il tenait celle de sa grand-mère et tentait de lui expliquer quelque chose. Benedict lui avait donné un bain et mis des vêtements propres. Jouer les grand-mères devait lui plaire.

Je me demande ce qu'elle avait dû penser. J'avais mis ma légilimancie de côté, je n'avais même pas cherché à savoir. Je me levai vite fait pour ne pas que la situation prête davantage à confusion.

Mer

Une séance photo improvisée sur le sable. Tout le monde est réuni sur une plage où Noah fait les quatre-cent coups pour rester le centre d'attention. Avant de venir sur cette plage, Sacha nous a emmenés dans un petit coin de paradis: une cascade, de l'eau cristaline, des rochers... L'appareil photo n'a pas le temps de refroidir.
Même si elle ne raffole pas de ce genre d'exercice, Elinor a envie de constituer un album souvenir à Noah qui essaie de l'enterrer sous le sable!
Bataille de sable. On joue, on saute les vagues. On court. Il dirige et nous nous exécutons de bonne grâce sous l'oeil sévère de la chatelaine...




- Mamannnnnn !

Petit bonhomme en pleurs, une méduse vient de le piquer alors qu'il batiffolait dans l'eau tiède. Elinor ne sait pas comment faire passer la douleur. Elle paniqua.

- Sacha...
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