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Loevi Leroy
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MessageSujet: Retour sur images   Lun 19 Nov 2007 - 22:32

Mi Novembre, quelque chose comme ça. Les semaines passaient avec le rythme monotone bien connu des périodes scolaires. De ce côté-là, rien de nouveau. Si Loevi avait cru que l'université serait différente du collège, elle devait maintenant admettre qu'elle s'était lourdement trompée. Des cours, des cours, des profs, des étudiants, et des classes à n'en plus finir. Elle avait beau découvrir de nouveaux sorts, applications de sorts et caquettera, la méthode trop scolaire de son apprentissage l'exaspérait au plus haut point.

Loevi déserta le dîner pour aller s'aérer la tête dans le parc. Merlin qu'elle en avait besoin, à force de rester enfermée dans ce vieux château aux murs suintants avec des têtes toujours trop occupées à fumer à force de travailler. Elle étouffait. Les murs de Poudlard l'étouffaient, les cours l'étouffaient et plus que tout, les gens l'étouffaient. Aussi bien élèves que profs et même les fantômes. Eux, ils la frigorifiaient sur place. Tant qu'à geler, autant que ce soit en respirant un bon air pur. Le parc avait au moins ça pour lui.

Emmitoufflée dans sa cape, sa vieille écharpe jaune et noire de Poufsouffle enroulée plusieurs fois autour du cou, elle dévala les marches du perron en faisant claquer ses bottines à talon. Elle n'avait absolument pas besoin de talons, vu sa taille, mais elle se plaisait à regarder les autres de haut, chaque fois qu'elle les regardait, et même si c'était rare. Son physique la plaçait déjà dans la catégorie des plus grandes filles de Poudlard, ces quelques centimètres supplémentaires la renforçaient confortablement dans sa position. Même en les ignorant superbement comme son... cousin - quelle blague ! - l'avait fait en son temps, elle arrivait toujours à impressionner les plus jeunes et certains autres. Au final, tant que personne n'osait l'approcher, c'était tout bénéfice.

Alors qu'elle posait le pied sur le chemin gravillonneux menant au village sorcier, elle comprit qu'elle n'aurait jamais dû sortir. Cet endroit était une bombe à souvenirs qui n'attendait que le plus infime instant d'inattention pour vous exploser à la figure son trop plein d'images douloureuses. Elle avait réussi à s'habituer au château après des jours de galères intérieures, et maintenant qu'elle pouvait se rendre dans la Grande Salle sans chercher Mark des yeux, il fallait qu'elle déboule un soir de cafard dans ce maudit parc pour se retrouver encore face à ces vieux démons périmés. Poudlard avait un humour très particulier tout à fait dans le genre que son père haïssait par-dessus tout. Et là, son côté français le comprenait tout à fait.

Elle s'ébroua violemment. Qu'est-ce qui lui prenait de penser ça ? Etre d'accord avec son père ? Ça jamais ! Plutôt lui arracher les trippes que d'admettre une seule fois qu'il avait raison, même pour une broutille. Ce salaud finirait par y passer, elle y veillerait. Même si elle devait s'en occuper elle-même - surtout si elle devait s'en occuper elle-même. Elle ne laisserait ce plaisir à personne. Et si la vieille folle qui lui servait d'arrière-tante pouvait trépasser avec lui, ce serait une joie pour l'ancienne Poufsouffle au cœur pur. Les cœurs purs, c'est fait pour faner, disait souvent sa mère - morte elle, au moins.

Dommage qu'il n'y ait pas eu de cimetière dans le parc de Poudlard ; à force de traîner dans celui de son manoir, elle avait pris goût à ce genre de virées nocturnes. Angoissant à souhaits, juste ce dont elle avait besoin en ce moment. Rendre visite à la vieille Condolence dans son énorme mausolée noir surmonté d'un corbeau, ou passer un bonjour claironnant à la tombe de l'inégalable Drakonia, dont la pierre fissurée était depuis toujours semblait-il transpercé d'un monstrueux couteau couvert de tâches noirâtres dont personne ne se risquait à deviner la nature. Ah ça, la russkov avait eu la vie rude dans son pays natal, et elle avait conservé ses habitudes de fille de boucher, à son arrive en Angleterre. Légendaire.

Au lieu de ça, elle avait eu droit à la vision cauchemardesque d'un arbre sorti tout droit de ses souvenirs de collégienne. Loevi se figea net en le reconnaissait. Ce n'était pas n'importe quel arbre, loin de là. C'était là qu'elle avait eu son premier baiser - en oubliant ceux échangés avec Mark, frère de cœur mais pas seulement. Son premier baiser échangé avec une fille, du moins. Une image qui resterait toute sa vie dans sa mémoire - sans qu'elle sache dire si c'était un souvenir qu'elle chérissait ou une honte qu'elle aurait à tout prix voulu oublier. Son père aurait préféré la seconde solution, n'est-ce pas ? Evidemment. Plus il pouvait être intolérant, et mieux c'était.

Profond soupir agacé de la jeune fille qui se détourna du lac. Direction à proscrire à l'avenir. Pour sa santé mentale. Distraitement, elle essaya de se remémorer quelques sorts qu'elle venait d'apprendre et leur utilité. Réviser toujours et en tout lieu, c'était devenu sa devise. Elle avait sept années de privation magique à rattraper - ça n'allait pas se faire tout seul pendant qu'elle se tournerait les pouces. Elle sortit machinalement sa baguette de sa poche et s'entraîna à faire voler quelques(unes des feuilles jaunies qui recouvraient l'herbe humide. Magnifique, voilà qu'elle jouait comme des gamines venant d'apprendre le sort le plus amusant du jour ! Soupirant encore, elle rangea sa baguette et regarda devant quoi elle se trouvait maintenant.

Les serres. Allons bon. Ses pas l'avaient conduite instinctivement vers l'entrée de son ancienne Maison, n'était-ce pas merveilleusement pathétique ? Pourtant, presque malgré elle, elle poussa la porte en pénétra dans la serre. Merlin qu'elle pouvait haïr ce château de malheur... Elle ne pouvait pas faire un pas sans être assaillie par un flot ininterrompu d'images et de sons directement venus d'un passé qu'elle aurait préféré enterrer avec... lui. Si elle avait pu. Mais ici la terre ne servait qu'à donner et garantir la vie : les plantes avaient un air resplendissant ; c'était rageant. Une brusque envie de tout fracasser par terre la saisit, mais le visage flou d'Allanah Raines l'arrêta. Elle avait déjà expérimenté le dégoût de la Serdaigle et pour une raison inconnue, elle n'avait pas envie de revoir cette expression-là sur son visage. Ni même de faire mal à ses précieuses plantes. Futilité.

Ah les serres. Elles en avaient vécu des choses ici, Raines et elle. C'était là qu'elles avaient commencé leur voyage au milieu de quelque part ailleurs. Une escapade absurde dans un pays qui n'existait même pas, avec des gens qui n'avaient fait que les tromper du début à la fin. Avec le recul, elle avait du mal à croire que tout ça avait été réel. Ça ressemblait bien plus à un des rêves stupides qu'elle faisait à l'époque. Puis une autre souvenir vint prendre la place du premier, rempli de fleurs et de poésie... mais elle préféra le chasser de sa tête. Ce n'était plus le moment de penser à tout ça. Trop oiseux. Trop insugnifiant dans la vie qu'elle menait aujourd'hui.

Elle se figea soudain. Quelqu'un la fixait, elle sentait son regard sur sa peau, elle pouvait même sentir sa présence dans la pièce. Elle se retourna brusquement pour lui faire face, mais il n'y avait personne. Avait-elle rêvé ? Par acquis de conscience, elle alla vérifier que toute la serre était bien vide, et que personne ne l'avait observé par la porte. Rien, personne. Elle se passa une main sur le visage ; ça la reprenait...

Elle rouvrit les yeux et vit par la porte entrouverte quelqu'un s'avancer vers elle. De loin elle ne reconnaissait pas l'individu, mais une chose était sûre : qui que ce soit, elle n'avait envie de parler à personne. Elle avait le choix : prendre ses aises au fond de la serre et l'ignorer tant qu'il serait là, ou sortir dans le parc et rejoindre le château. Or ce serait lui concéder trop de choses. Elle opta pour un compromis : après avoir haussé les épaules avec indifférence, elle retourna simplement à sa contemplation nostalgique de la salle...

En fin de compte, elle aurait mieux fait de sortir...
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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Retour sur images   Ven 30 Nov 2007 - 0:16

La nostalgie était un sentiment récent pour Elinor. Elle ne l'avait découverte qu'après la sixième année, en se sachant enceinte. Elle en avait conclu qu'il s'agissait d'un sentiment de regret mêlé à de bons souvenirs.

La nostalgie, c'était de savoir qu'elle ne serait plus jamais une adolescente comme les autres. Que le poids de la responsabilité lui ouvrirait plus rapidement les portes du monde adulte qu'aux autres. Mais ce temps là, béni d'insouciance par Merlin, aujourd'hui, elle ne le regrettait plus. Elle n'en était plus nostalgique. Elle s'était accoutumée à sa vie actuelle, et à tout. La nostalgie, l'esprit de revanche, et le reste elle s'asseyait dessus. Elle n'était bonne qu'à freiner la vie, c'était tout.

Et la vie avait un rythme qui était tout sauf monotone, il était progressif, émaillé de rires, de pleurs, de cris, de mots, de babillages, de premiers pas, et de tout le reste. bref, rien pour s'ennuyer, rien pour s'appesantir sur le passé.

Eli arrivait dans la serre pour récolter quelques feuilles d'eucalyptus. Elle en avait besoin pour faire une décoction à Noah. Il souffrait d'une bronchite provoquée par quelques jours de froids trop soudains. Lorsqu'elle en poussa la porte, elle aperçut une ombre, ou plutôt, une silouhette qu'elle connaissait.


Ses pas la guidèrent vers elle: Loevi. Elle ne l'avait pas vu? Comment cela se pouvait-il? Elle ne lui voulait pas de mal, au contraire.

Prostrée dans ce que je prenais pour de l'oisivité, Loevi m'apparut différente. Pourtant, elle conservait toujours cette fraîcheur que je lui avais connu sous le chêne. Quand j'y pense, c'est quand même bizarre: toutes les rencontres importantes de ma vie se sont faites sous un arbre. Les chênes en général sont propices aux bonnes rencontres...

- Je viens juste chercher quelques feuilles, je ne voulais pas te déranger.

Sans tarder elle se dirigea vers les eucalyptus miniatures que le professeur de botanique gardait jalousement. Cette variété fournissait au maîtres des potions des feuilles d'une qualité bien au-dessus de celles des arbres de taille normale.

Elle en cueillit une dizaine en ne quittant pas Loevi du regard. Elle prit même une feuille abîlée par manque d'attention.
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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: Retour sur images   Mar 1 Jan 2008 - 20:07

Elinor. Il avait fallu que ce soit elle. Celle qui, parmi tous ceux que Loevi voulait croiser - et ils ne se pressaient pas au portillon pour la première place - celle qui tenait de loin la toute dernière. Elinor. Elinor Redgrave. La fille qui s'était arrangée pour lui voler son premier baiser, et s'imposer dans sa vie comme amie intime auto-attitrée. Celle qui avait un jour trahi sa parole en ayant un gosse avec un homme engagé. Elle avait failli réussir à ne pas penser à elle, après être passée près du chêne, tout à l'heure, mais c'était raté. Elle était là, devant elle, et c'était comme si le livre scellé de leur histoire venait brusquement de se rouvrir, avec toutes les plaies qu'il renfermait. L'hécatombe d'une vie sentimentale brisée à la racine.

Elle n'avait pas pu s'empêcher de frémir, non, de sursauter, en entendant sa voix. Ça avait été plus fort qu'elle. Elle avait cru pouvoir l'oublier mais c'était comme si elle l'avait entendue la veille, elle l'avait reconnue sans l'ombre d'un doute. Elle n'avait dit que quelques mots, mais un seul aurait suffit. Quelle soirée de merde. Elle s'était lentement tournée vers celle qui avait voulu prétendre au titre d'amie proche, incapable de s'en empêcher. Comme il aurait été plus simple de continuer à lui tourner le dos, de faire mine de l'ignorer... Mais c'était impossible. Et maintenant que son regard sombre était posé sur elle, Loevi ressentait une irrépressible envie de la frapper. Plus que tous ceux qu'elle avait croisés jusqu'à aujourd'hui.

Quelle soirée de merde. Elle avait voulu s'aérer la tête, se changer les idées, mais ça n'avait abouti qu'à plus d'oppression si c'était possible. Un véritable massacre de sa conscience - non, elle n'en avait plus. Si elle en avait eu, elle n'aurait pas ressenti ce besoin presque viscéral d'abîmer Elinor, de la lacérer, comme si ça avait le pouvoir d'effacer tout ce qui avait pu se passer entre elle. Effacer toutes les secrets qu'elle avait pu lui confier. Effacer aussi cette espèce de trahison muette de l'ancienne Serpentard. Elle tenait bien de sa Maison, finalement. Elle s'était expliquée, oh ça oui. Elle avait même fait en sorte que Loevi songe à lui pardonner, si elle se souvenait bien - tout, plutôt que de se souvenir de la facilité avec laquelle elle avait tiré un trait sur l'acte inexcusable de la jeune femme. Elle voyait clair aujourd'hui. Clair dans le jeu d'Elinor. Et elle se jurait de ne plus jamais s'y laisser prendre.

Elle dut se faire violence pour parvenir à répondre. A moduler le ton de sa voix, aussi. Exercice difficile quand des envies de meurtres vous tenaillaient le ventre.


-Prends-les et va-t-en, et peut-être que je songerai à oublier que tu es venue, dit-elle sèchement.

*Et arrange-toi pour que je ne revoie jamais ta figure. Qui sait si je serai capable de me contenir la prochaine fois...*

Il fut encore plus dur de se détourner d'Elinor que de la regarder. Yeux plissés dans une colère sourde - tournée contre qui ? - Loevi fixa à nouveau les plantes qui se dressaient, verdoyantes, devant elle. Elle n'avait aucune idée de leurs noms, ils s'étaient depuis longtemps perdus dans sa mémoire volontairement tronquée. La botanique avait cessé de faire partie de ses matières préférées depuis un temps indéfini. Elle s'était levée un beau jour et oh ! elle n'aimait plus la botanique. Comme ça, sans raison. Plus rien n'avait de réelle raison dans sa vie - rien, sauf peut-être sa rage et sa détermination qui l'avait envahie depuis son retour à Poudlard.

Fini le temps passé à se morfondre dans l'obscurité sur des événements auxquels elle ne pouvait rien changer. Aujourd'hui elle avait un but, des vengeances à accomplir, et rien ni personne ne se mettrait en travers de son chemin. Sans en subir les conséquences désastreuses, en tout cas.

Réprimant un grognement de frustration, Loevi fit demi-tour et se dirigea vers la porte. Il ne servait à rien de rester ici de toute façon, elle n'en tirerait rien de plus qu'une irritation chaque seconde plus forte et une oppression insupportable. Qu'Elinor reste autant qu'elle voulait, elle n'en avait rien à faire. Elles n'étaient plus liées par ces sentiments illusoires qu'elles avaient entretenus pendant près de deux ans. Elles étaient redevenues les étrangères qu'elles n'auraient jamais dû cesser d'être.

Elle allait sortir de sa vie comme elle sortirait de cette serre : sans un mot, sans un regard. Et qu'Elinor ne la retienne pas.
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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Retour sur images   Mer 2 Jan 2008 - 17:55

La dureté des paroles qu'elle avait prononcées n'avaient trouvé pire que dans celles qui avaient résonné dans sa tête. La légilimancie avait aussi ses mauvais côtés.
Pourquoi Loevi s'était-elle parlée? Elle savait bien qu'Elinor était en mesure d'entendre. Quelle drôle d'idée. Et ces mots, tranchants comme autant de couteaux prêts à lascérer l'ancienne Serpentard.

Elinor resta interloquée. Le tout jusqu'à ce que Loévi se mette en mouvement. Pourquoi cette haine? Je sais bien que je l'ai déçue, qu'elle a traversé beaucoup d'épreuves, mais pourquoi ce changement si radical?

Quelques phrases jaillirent sans qu'elle prenne véritablement le temps de les peser.

- Vas-y. Ne contiens rien cette fois. Crache-moi toute ta haine à la figure, tape-moi, fais ce que tu veux. Que je puisse comprendre.

La jeune femme posa délicatement ses feuilles au sol, sortit sa baguette et la posa à côté d'elles. Là, désarmée, elle se redressa et attendit. Peut-être partirait-elle, elle la planterait là, sans explications, comme lorsqu'elle avait arrêté de lui écrire: brutalement.

Les deux âmes en présence s'étaient écrit pendant presque deux ans. Loévi avait envoyé un cadeau de Noël pour Noah, une peluche de Nifleur qu'il gardait tout le temps pour dormir encore aujourd'hui. Eli lui répondit et elles se mirent à s'écrire. Leur présence dans l'absence facilitait leurs épanchements, et les confidences se firent assez intimes. De cette relation Eli espérait qu'il en naîtrait une autre, c'était le seul espoir Serpentard qu'elle conservait. Jamais elle ne l'avait forcé à faire quoi que ce soit, jamais elle ne songerait à révéler quoi que ce soit.

C'était pourquoi elle restait totalement décontenancée par la Loévi qui passait à côté d'elle. Pourquoi?
Elle qui était si attirante par sa sensibilité, ses hésitations, sa frâicheur était-elle devenue ce monstre froid d'égoïsme?

Alors oui, elle voulait une réponse, à n'importe quel prix, même celui d'un stupéfix.
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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: Retour sur images   Dim 6 Jan 2008 - 1:51

Loevi se retourna brusquement vers Elinor, la main crispée sur la poignée de la porte, et vrilla sur elle un regard plus noir que jamais. Regard qui se durcit encore un peu plus en la voyant poser feuilles et baguette à côté d'elle. Elle la fixa un long moment sans rien dire, cherchant à trouver dans ses yeux autre chose que la détermination qu'elle y trouvait. Sa main la démangeait, elle sentait à travers le tissu de sa chemise le contact chaud de sa baguette qui ne semblait qu'attendre le bon vouloir de sa propriétaire pour cracher sa haine, oui, mais pas de la façon qu'Elinor devait imaginer.

Elle s'était attendue à beaucoup de choses ; d'un simple "reste" aux suppliques, en passant par une profusion d'excuses et d'explications que Loevi connaissait déjà par cœur pour se les être bien souvent répétées depuis qu'elle les avait entendues la première fois. Mais c'était sans doute bien mal connaître Elinor. L'agressivité à peine voilée de ses paroles et de sa voix avaient forcé Loevi à accepter la confrontation - car confrontation il allait y avoir. Qu'est-ce que c'était que ça ? Qu'est-ce qu'elle cherchait ? Est-ce que Loevi devait y voir une tentative d'explosion de colère ? Ou une façon d'essayer de la faire culpabiliser ?

Un sourire mauvais naquit au coin de sa lèvre, alors qu'elle laissait sa main glisser de la poignée.


-Oh, voilà que madame veut jouer les grandes héroïnes courageuses, railla-t-elle. Oh pardon, mademoiselle. Peut-on savoir ce que tu comptes obtenir en me provoquant ? Tu veux quoi ? Un duel à la moldue ?

Elle jeta un coup d'œil méprisant à la baguette abandonnée de l'ancienne Serpentard, avant de revenir sur elle. Elinor ne la quittait pas des yeux. Elle attendait ses réponses, avec plus d'obstination qu'elle ne l'avait jamais fait. Et Loevi détestait ça. Cette espèce d'effronterie dont Elinor faisait preuve la dégoûtait à un point qu'elle n'aurait jamais imaginé. Le simple fait de voir son regard poser avec autant de force sur elle lui donnait l'impression d'étouffer, d'être écrasée par quelque chose d'infiniment plus fort qu'elle. Et ça, elle ne pouvait pas le supporter. Il fallait qu'elle brise cette opression.

-Ou bien tu as peut-être prévu une de ces ruses si chères aux adeptes du Serpent. Tu fais semblant d'être sans défense pour me pousser à baisser ma garde, c'est ça ? Mais tu vois, je m'en fiche. Je m'en fiche complètement.

Elle se retourna vers la porte et cette fois en tourna la poignée. La porte émit un léger cliquetis de clanche qui se dégage et s'ouvrit. La jeune fille sembla hésiter quelques secondes avant de regarder à nouveau Elinor.

-Mes amitiés à ton fils... Comment il s'appelle déjà ? Tu sais, le petit de Lansley...

Sourire écœurant. Elle n'avait pas la moindre idée de l'image qu'elle pouvait renvoyer d'elle-même et à dire vrai, ça lui était complètement égal. Elle pouvait paraître aussi antipathique que possible que cela ne la dérangerait pas plus que ça. Elle était loin la petite Loevi qui voulait tant que tout le monde l'aime. Elle était loin, la petite innocente qui n'aurait jamais tenté de blesser personne. Aujourd'hui, elle était devenue semblable à ce qu'avait pu être... Mark... lorsqu'il était encore en vie, bien avant qu'ils n'apprennent la vérité sur ces mensonges honteux...

Mais ça lui convenait parfaitement. Elle ne voulait pas s'embarrasser de ces liens superflus et artificiels que représentaient l'amour, l'amitié, et toutes ces conneries.

Trop douloureux.

Et trop encombrant.


-Quant à me comprendre, je t'ai toujours dit d'oublier ça, ajouta-t-elle d'une voix grave en lui tournant le dos.
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Elinor Redgrave
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MessageSujet: Re: Retour sur images   Dim 6 Jan 2008 - 12:57

- Tu parles de Serpentard, tu réagis comme une Serpentard, tu penses comme une Serpentard et tu viens me reprocher d'en être une ancienne? Qu'est-ce que c'est que ce délire Loévi? A travers toi j'ai l'impression que c'est Voldemort qui s'exprime.

Quelle était sa vie?
Qu'avait-elle subi?
Une attaque?
Un sortilège?

Une seule chose permettait à Elinor de penser que tout n'était pas perdu la concernant.
Une seule.
Le passé.
C'était impossible que toute douceur se soit effacée du souvenir de cette fille. Avant, elle dégoulinait de son regard et de sa maladresse. Et rien que de penser au grand nombre de "désolée" qu'elle avait pu entendre et voir prononcer en baissant le regard, sa conviction fut encore plus forte.

- Tant mieux si tu t'en fiches, sinon, le réveil serait brutal.

Mais au réveil elle ne sera pas seule.

- Avant que tu ne t'en ailles, et puisque tu lui transmets le bonjour, Noah dort toujours avec ton niffleur.
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Loevi Leroy
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MessageSujet: Re: Retour sur images   Dim 6 Jan 2008 - 14:12

Si la rage était une couleur, celle associée était généralement le rouge. Pour Loevi, la rage pure avait une tout autre teinte. Celle d'un néant comblé à en déborder. Pour elle, la rage pure se colorait d'un noir d'encre de refus à l'aube de l'explosion. Un blanc éclatant qui torturerait aussi bien ses yeux que son âme elle-même. La fureur était douleur. Les accusations d'Elinor l'atteignaient comme autant de coup de lame chauffée à blanc, sans qu'elle ne puisse comprendre exactement pourquoi sa colère en augmentait d'autant. Et ça n'aidait en rien à lui faire garder son sang froid. Elle était incapable de rester de marbre face à Elinor. Pourquoi ? Etait-ce à cause de ce qu'elle osait dire ? Devait-elle voir là une de ces faiblesses qu'elle avait cru pouvoir détruire à jamais ? Non. L'avis d'Elinor lui importait peu, aussi peu que la vie qu'elle menait aujourd'hui ; c'est-à-dire pas du tout. Qu'elle garde ses paroles blessantes pour elle, ce qu'elle disait et pensait avait depuis longtemps cessé de compter pour elle.

Alors pourquoi cette colère ?

Une part d'elle aurait voulu répliquer vertement à cette attaque, celle qui avait perdu toute parcelle de lucidité. Mais l'autre, plus raisonnable, la forçait au silence. Rien de plus qu'un regard hargneux, méprisant, auréolé de silence. C'était tout ce qu'elle méritait. Qu'est-ce qu'elle croyait ?

Qu'elle pouvait encore influencer l'héritière BloodDust ? C'était oublier qui elle était devenue. Ou ne pas savoir. Elle l'apprendrait très vite, à ses dépends. Elle devait déjà commencer à comprendre.

Qu'elle pouvait la provoquer de cette façon sans que la dernière descendante de la dynastie de Sang Pur ne réplique ? C'était oublier l'ascendance de sa famille, le sang fier qui coulait dans ses veines. Jamais elle n'en avait été digne - le voulait-elle seulement ? Elinor la traitait de parfaite Serpentard. Pire encore, elle la comparait à cet absurde mage noir dont la fin représentait aux yeux de Loevi la meilleure chose qui puisse arriver.

Elle avait le choix. Lui donner raison en préparant une potentielle revanche, ou affirmer sa haine pour les mages noirs en détrompant les accusations d'Elinor. Absurde. Elle tourna vivement le dos à la pièce et se prépara à sortir. De l'air. Elle avait vraiment besoin d'air, de toute urgence.

Mais Elinor n'avait pas fini. Sa dernière phrase figea Loevi aussi sûrement qu'un coup de poing dans l'estomac. Noah. Elle s'était tellement acharnée à haïr la mère qu'elle en avait oublié le fils. Et le fils, lui, continuait de bercer nuit après nuit le premier souvenir que Loevi lui ait laissé. Sans se douter une seconde de ce qu'avait pu devenir celle qui lui avait fait ce cadeau sur un coup de tête. L'innocence même. Et cette innoncence, seule, était parvenue à heurter violemment le cœur fermé de la jeune fille.


*Tu devrais le lui arracher et le jeter au feu...* pensa-t-elle faiblement, incapable de le dire à haute voix. Ne se souvenant plus, étrangement, qu'Elinor possédait la capacité de lire en elle comme dans un livre ouvert.

Elle serra les dents, et sortit de la serre en claquant brutalement la porte. Sans un mot de plus.






~¤~ Fin ~¤~
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