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 Et nous nous reverrons [PV]

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MessageSujet: Et nous nous reverrons [PV]   Dim 11 Nov 2007 - 1:16

Novembre 2009
Hôpital Sainte Mangouste

L'établissement sorciers traitait toutes sortes de maladies. De la plus commune, à la plus rare. Recueillant parfois même les patients incurables, ou pour lesquels nul remède ne pouvait être trouvé dans l'état actuel des connaissances. Les chambres de l'hôpital hébergeaient toutes sortes de personnes. De toutes cultures, de tous horizons. Sangs Purs et Sangs Mêlés, enfants de Moldus et parfois même Cracmols. Du plus jeune au plus âgé, du plus riche et célèbre au plus démuni.

Plusieurs étages, autant de services dévoués à la santé et au bien-être de leurs patients. Et à mesure que l'on gravit les échelons de pierres, ceux de la gravité suivent au même rythme, et scandent de termes médicaux le moindre incident d'une vie parfaite qui peut tourner au cauchemar.

Dans les hauteurs, pourtant, l'on pouvait découvrir la frêle silhouette d'une pâle jeune fille, assise immobile devant la fenêtre de sa chambre, à contempler d'un regard absent la ville, côté Moldu. A la voir ainsi, sereine, pensive, il était difficile d'imaginer la raison de sa présence en ces lieux. Elle semblait si jeune et si fragile, que sa place ne pouvait être ici mais ailleurs, auprès des siens, entourée de tout l'amour et l'attention qu'elle pouvait susciter autour d'elle.

Impossible de tomber si loin de la vérité. Dans cette courte vie, ni amour ni attention. Rien que froideur, indifférence... et sang. Ce fut par une tiède nuit de printemps que tout bascula. Qu'une enfant rejetée et méprisée, sombra aux yeux de tous dans l'horreur et le carnage.




Mai 2009
Ecole de Magie Poudlard

Un couloir désert, une silhouette pâle et fine comme un rayon de lune. Décor familier des nuits de Poudlard, depuis que la petite fille de la lune y avait pris ses quartiers d'automne, d'hiver, et de printemps. Scène familière pour tout esprit du château, pour tout élève habitué d'escapades nocturnes. Petite enfant couleur d'argent errant au hasard de ses pas. Ni la fatigue ni le froid ne semblaient jamais l'atteindre.

Des rencontres, parfois. Les premières s'étaient déroulées dans l'indifférence réciproque. Puis l'intérêt, inexplicable, inexpliqué. Les plus récentes, encore rares, avaient connu les premières effusions de sang. Les premières blessures apportées à d'autres êtres humains. Sous couvert... du silence. De la nuit. De secrets inavouables.

En cette nuit de mai, elle avait de nouveau expérimenté la tiédeur. Celle de l'air. Celle du sang. Fluide épais dont la teinte carmin restait brouillée des nuances de noir dans l'obscurité. Le corps s'était couvert d'un voile sombre. Sur ses mains d'ivoire s'écoulait la noirceur d'un acte viscéral, primitif. La chaleur d'une vie qui s'envolait.

Brève lucidité. Intense brouillard. Une fuite éperdue entre les ombres d'une forêt hostile, qui ne parvint à la rejeter hors de son sein. Quelques heures, quelques jours, peut-être. Secondes de liberté pour une éternité volée. Elle avait repris ses esprit. Plus tard. Plus loin. Dans ce qui semblait une autre vie, et qui avait perdu jusqu'à la fade saveur qu'elle avait possédée autrefois. Une vie avait cru s'éteindre, une autre avait succombé au charme de l'absence. De l'oubli. L'oubli de soi.




Novembre 2009
Hôpital Sainte Mangouste

Cette nuit-là, la fille de la lune avait cédé sa place à l'enfant de la noirceur. Ses longs cheveux d'argent s'étaient colorés de ténèbres miroitantes, ses prunelles lunaires s'étaient timidement emparées de la pureté d'un ciel d'azur. Malgré cette étrange et douce beauté, malgré la pureté de son regard et de ses traits, la jeune Eleanor Moon était depuis six mois internée à l'hôpital sorcier de Sainte Mangouste.

Pour folie.


Dernière édition par le Mer 14 Nov 2007 - 21:08, édité 1 fois
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Allanah Raines
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MessageSujet: Re: Et nous nous reverrons [PV]   Dim 11 Nov 2007 - 19:37

Elle avait eu l'autorisation, enfin. Après plusieurs mois sans autre nouvelle que celle des médicomages, Lanah avait enfin eu l'accord des hautes autorités de Ste Mangouste de rendre visite à Eleanor. Sa seule famille depuis que ses parents étaient décédés et que sa belle-mère lui avait clairement fait comprendre qu'elle n'était plus désirée en la demeure de son enfance. Des mois à se faire du soucis pour elle, à tenter de forcer les médicomages de lui permettre de la voir, s'assurer de ses propres yeux qu'elle allait bien. Jamais ils n'avaient accepté et la jeune fille avait dû apprendre à ronger son frein, à accepter leur décision, même si elle avait le plus grand mal.

Maintenant qu'elle était à l'hôpital sorcier, elle trépignait littéralement d'impatience, écoutant d'une oreille distraite les recommendations du médicomage qui l'accompagnait. Son impatience se voyait à travers chacun de ses gestes, à chacune de ses réponses monosyllabiques envers le médicomage. Elle gardait la tête tourner vers le couloir, les yeux fixés vers le but à atteindre. Son accompagnateur pourrait dire ce qu'il voulait, elle avait pleinement confiance en Eleanor. Ce qui n'était pas le cas avant, d'après ce qu'elle avait appris ...

¤¤¤


* Refus de la voir, refus d'accepter qu'elle soit là, avec elle, qu'elle respirait le même air qu'elle, qu'elle vivait les mêmes minutes ensemble. La Serdaigle réagissait physiquement à sa présence, son cœur battait plus vite, ses mains devenaient moites de sueur, elle se retenait difficilement de lui hurler au visage toute la colère qu'elle ressentait à son égard. Que faisait-elle ici, comment pouvait-elle seulement oser être aussi proche d'elle, plus qu'elles ne l'avaient jamais été depuis trois ans ? N'avait-elle aucune fierté ? Elle était pourtant une Serpentard, une BloodDust pour en rajouter une couche ! Chez eux, l'honneur de leur sang et de leur position misérable était ce qui comptait le plus. Les deux qu'elle côtoyait habituellement sans les voir ne se seraient jamais abaissées à ... ça. Elle ne trouvait même pas les mots pour qualifier sa conduite pathétique. Que cherchait-elle ? Que voulait-elle au fond ? *

¤¤¤


Mais maintenant, c'était du passé. Tous ses sentiments s'étaient envolés, envolés en même temps que sa mémoire.

Allanah était arrivée devant la porte de la chambre de sa demie-sœur. Sagement assise, Eleanor semblait en paix, bien loin de ce que les médicomages qu'elle avait consulté lui avait dit sur son état en général. Elle avança d'un pas, puis un autre, sans proférer une parole. Jamais elle n'aurait cru que ce serait si dure de la revoir. Elle avait présumé de ses forces, sa gorge était nouée et elle était incapable de sortir une parole. Elle fit deux autres pas, restant à une distance respectable de Eleanor, pour avoir tout le loisir de la regarder, de percevoir les changements sur son visage ...


"Elea ...?"
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MessageSujet: Re: Et nous nous reverrons [PV]   Lun 12 Nov 2007 - 23:09

C'était un jour comme un autre. En apparence. La fenêtre de la chambre Natalia Hesbrug, close, séparait l'air humide de la capitale de l'atmosphère aseptisée de la pièce, telle une dérisoire muraille entre deux mondes opposés que rien, jamais, ne devait relier. La grisaille de la réalité, face à la blancheur immaculée d'un havre illusoire, un paradis trompeur dans lequel la jeune fille se laissait vivre - ou mourir.

Au-dehors, le ciel se chargeait de l'obscurité précédant la pluie, de lourds nuages montaient sans répis à l'assaut d'un ciel qui n'avait plus été bleu depuis des jours. Armée de ténèbres confortant son siège sur la ville, ils étaient annonciateurs de l'implacable hiver qui allait s'abattre sur le pays. La vie suivait son cours, un cycle immuable qui jamais ne devait prendre fin. Où tous les malheurs de l'espèce humaine n'avaient aucune prise. Un cycle qui, pourtant, connaissait depuis peu un réel changement.

Eleanor Moon n'avait plus conscience d'aucun cycle depuis cette fatale nuit de printemps. Son esprit s'était fermé à toute chose, se parant d'impénétrables voiles d'ignorance, d'inconscience. Les jours s'étaient confondus avec les nuits, la chaleur de l'été avec la morsure de l'hiver. La vie avait pris la saveur de la mort, et plus rien n'avait de prise sur l'écoulement naturel d'un temps dépourvu de toute réalité.

Il n'y avait, dans cette chambre verrouillée, rien de plus qu'une pâle poupée de porcelaine, dont seule la chevelure ténébreuse contrastait avec l'aveuglante blancheur de son cocon protecteur - de sa prison.

Le mobilier était réduit à l'essentiel : un lit, un lourd fauteuil. Un vase incassable orné d'innocentes pâquerettes, posé sur un léger tabouret d'osier. Des rideaux ajourés dont le tissu, élastique à l'infini, garantissait une absence totale de risques - pour qui ? La fenêtre, verrouillée également, était pourvue de barreaux soumis à un sort d'invisibilité partielle. Une cellule plus qu'une chambre, une infaillible protection contre le pire ennemi qui puisse être : son démon intérieur.

Les premiers jours de son arrivée, les fades couloirs de l'hôpital avaient résonné de cris de fureur, tandis que les peaux se marquaient de bleus et de bosses. Puis, Eleanor avait brusquement paru s'éteindre. Retrouvant ses attitudes, et plus encore, de mannequin de cire. N'esquissant plus le moindre geste, le moindre tressaillement à jamais banni de son corps. Craignant de la voir, de nouveau, sombrer dans les abîmes d'une sauvagerie sans nom, les guérisseurs la laissèrent avec le portrait ricannant de Natalia Hesbrug. Ce serait, désormais, sa résidence - à vie.

Ils n'espéraient aucun miracle.

Lorsque, après six mois d'internement, l'infirmière était venue l'informer de la venue prochaine d'une visiteuse, Eleanor n'avait pas cillé. Rien, par ailleurs, n'indiquait qu'elle ait entendu la nouvelle. Ni même que la présence de la jeune femme lui fut connue. Les heures, les jours, passèrent encore, dans la même indifférence glacée. Et la porte, enfin, s'ouvrit sur la jeune Serdaigle.

Aucune réaction, tout d'abord, n'émana d'Eleanor. Ni l'annonce du médicomage ni même le nom de sa demi-soeur n'éveillèrent en elle le moindre tressaillement, le moindre frémissement. Elle restait, irrémédiablement, de marbre. Les choses auraient pu en rester là. Mais une voix hésitante emplit l'air de ses douces tonalités. Allanah. Cette voix, seule, sur tirer Eleanor des incommensurables abysses dans lesquelles son âme s'était laissée prendre. Et enfin, après six mois d'immobilité, elle tourna la tête, plus lentement que jamais. Elle bougea. Uniquement pour la voir. Et un faible souffle s'éleva, comme en réponse.


¤ Lanah... ¤


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Allanah Raines
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MessageSujet: Re: Et nous nous reverrons [PV]   Mer 14 Nov 2007 - 20:56

Une exclamation étouffée, un bruit de pas qui coure à moitié dans les couloirs. Le médicomage avait déserté la chambre, surement pour aller prévenir ses collègues de ce dont il venait d'être spectateur : leur patiente qui ne prononçait aucune parole depuis des semaines, venait de parler, de dire quelque chose de compréhensible !

Lanah détourna le regard vers la porte d'un air indigné avant d'observer rapidement l'intérieur de la chambre. Elle finit par déposer son paquet sur le lit avant de s'approcher d'Eleanor au mépris des recommandations précédentes du médicomage. Elle lui sourit doucement tout en s'installant sur le rebord de la fenêtre, devant sa demie-sœur, et prit ses mains dans les siennes. La jeune fille avait de nouveau du mal à ouvrir la bouche pour dire quelque chose, n'importe quoi qui pourrait traduire tous les sentiments qui l'assaillaient en ce moment même.

Elle avait attendu ce moment depuis si longtemps et avait toujours pensé qu'elle serait intarissable, un véritable moulin que rien ne pourrait arrêter mais maintenant qu'elle y était, toutes les belles paroles qu'elle avait méticuleusement préparé s'étaient évanouis. Elle se contentait de regarder bêtement Elea, profiter simplement de sa présence depuis si longuement interdite. Plusieurs minutes. Ce n'est qu'après un temps, une perte considérable dans le peu accordé par les médicomages pour cette première visite, qu'elle se décida à ouvrir la bouche ...


"Je ... j'aurais tellement voulu ... mais il n'ont jamais accepté ... plusieurs fois. Je suis tellement désolé Elea."

Le noeud que Allanah sentait depuis le jour où sa sœur avait été amené à Ste Mangouste se délia, libérant toutes les larmes qu'elle retenait depuis cet instant. Les hoquets suivirent de peu. Incapable d'épancher cette colère qu'elle ressentait contre elle même. De ne pas avoir plus inciter les médicomages à la laisser la voir, à ne pas aller contre leurs décisions. A avoir eu peur. Peur de l'état dans lequel elle aurait pu trouver Eleanor et d'avoir pensé une seule seconde à se détourner d'elle à cause de cela. De ne pas être à la hauteur tout simplement.

Elle pleurait pour tout cela, ses faiblesses qu'elle n'avait pas pu refouler.
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MessageSujet: Re: Et nous nous reverrons [PV]   Ven 16 Nov 2007 - 12:23

L'émoi du médicomage retentit dans la pièce vide, comme l'écho assourdi d'une vie lointaine. Le claquement irrégulier de ses chaussures sur le sol des couloirs résonna longuement, s'éteignant en douceur à mesure qu'il s'éloignait. Mais, pour les deux âmes présentes, l'homme n'avait laissé aucune trace réelle de son passage. Il était venu. Etait reparti. Et c'était tout.

Dans l'univers feutré de la jeune patiente, n'existaient soudain que les couleurs vibrantes, flamboyantes, la beauté de chaque mouvement de l'ange qui venait de lui apparaître. Chaque seconde rapprochait cette douce perfection d'elle-même. Tendre rêve surgi dans le rêve. Illusion miroitante dans un monde immaculé, où nul espoir n'était permis. File lame étincelante dans une âme qui avait depuis longtemps cessé de vivre.

L'immobile poupée de cire frémit, imperceptiblement, lorsque les mains douces d'Allanah saisirent les siennes. Long silence. Cela ne la dérangea pas. Elle en avait l'habitude. Leurs prunelles ne se quittaient plus. Une étincelle de vie offerte à son regard vide, une vague de chaleur remontant jusqu'à son cœur asséché. Une bouffée d'air pur, dans une chambre assiégée par la réclusion. L'absence. L'indifférence.

Quelques mots, hachés, franchirent la barrière frémissante des lèvres de sa demi-sœur. Etrange litanie dont le sens lui échappait. N'était perceptible pour elle, que le tremblement de sa voix ténue. Avant que les larmes ne la tarissent. La changeant en sanglots à peine retenus. Pourquoi ces pleurs ? L'avait-elle déjà vue pleurer, par le passé ? Souvenir d'un lointain passé, enfoui sous l'intarrissable poussière du temps écoulé entre ces murs.

Léger flot d'images. Tourbillon imprécis de couleurs, indécis dégradés de noirs, à laquelle une rare pâleur venait parfois se mêler. Brève vision, figée dans un élan inconnu. Brouillard flou autour d'un visage ravagé de larmes - et de peur. Puis tout s'effaça.

Sur la joue incolore d'Eleanor, le sillon léger d'une unique larme traçait pour la première fois le chemin d'une sensation oubliée depuis longtemps.

Et la voix, brisée de n'avair plus parlé, s'éleva à nouveau. Faible grésillement dans un silence percé de sanglots.


¤ Pour... quoi... ? ¤
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Allanah Raines
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MessageSujet: Re: Et nous nous reverrons [PV]   Lun 19 Nov 2007 - 19:15

Elle releva la tête, qu'elle avait baissé pour cacher ses larmes, et regarda Elea les yeux brouillés et les joues baignées de larmes. Pourquoi ? Elle ne se sentait pas prête à s'expliquer, à dire à voix haute pourquoi elle avait eu la lâcheté de ne pas aller contre la décision des médicomages. C'était quelque chose dont elle n'était pas fière ... Mais la pensée que Eleanor n'avait peut être pas compris ce qu'elle lui avait dit venait de faire surface.

Indécise, Lanah hésita quelque seconde avant de répéter ces explications précédentes. D'un geste de la main, elle effaça les traces de larmes sur ses joues et celle d'Elea et sourit. Sourire tremblotant, mais sourire tout de même.


"Les médicomages. J'ai plusieurs fois essayé de les convaincre de me laisser te voir. Ils n'ont jamais voulu, jamais accepté que je te vois de mes propres yeux pour que je sois rassurée ..."

- Et j'en ai aussi eu peur de cette accord pour te voir.

Mais ça, elle ne le dit pas tout haut. Un silence plana encore. Elle ne savait pas trop quel sujet lancé, ne savait pas ce que sa soeur pourrait suivre. Elle était heureuse de la voir de nouveau parler, même pour simplement dire quelque mot, mais la Serdaigle savait qu'elle ne pouvait pas soutenir une conversation.

"Je suis toujours chez ... enfin je vis toujours chez la même personne pendant les vacances. Il s'est marié il y a quelques jours ... et j'étais invitée. Au mariage. Il y avait du monde, beaucoup de monde. Je crois que je suis devenue une phobique des foules. Je ne sais plus comment s'appelle cette 'maladie'. Je crois que je n'ai jamais eu autant d'espace pour moi. Il n'est pas toujours là quand moi j'y suis et il me laisse toute la liberté que je veux. Mais je n'en profite pas vraiment. Je n'ose pas. Je trouve qu'il est déjà bien gentil de m'héberger ..."

Pour meubler le silence, elle avait parlé d'une traite. Aucun lien entre chaque phrase. Gêne.

"Je passe la plupart de mon temps dehors. Comme avant ... je crois. Et dans le cas contraire, dans ma chambre. Qui est grande. On pourrait surement en loger trois autres comme moi dans cette chambre ..."

Allanah s'arrêta une nouvelle fois, pour prendre le temps de respirer. Ce n'était rien de plus qu'un détournement de conversation, elle s'en rendait compte maintenant. Elle ne voulait pas qu'Elea lui demande des explications, pourquoi elle n'avait pas été là plus tôt. Enfouis sous un déluge de parole et d'information, sa sœur oublirait peut être son arrivée catastrophique. Lanah avait un peu honte de ce stratagème mais elle ne voulait en aucun cas essuyer un rejet de celle qui représentait sa seule famille ...
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MessageSujet: Re: Et nous nous reverrons [PV]   Lun 31 Déc 2007 - 14:47

Quelques secondes de silence, un éternel instant dans le monde grisé d'un démon déchu de son rang. Là, dans cet entre-mondes, la rencontre blasphématrice de deux êtres que tout séparait - que tout devait séparer. Retrouvailles contre-nature et émouvantes de deux sœurs contraires. Une parenté scellée dans l'or d'une alliance perdue, haïe, rejetée. Un paradoxe pour l'œil et le cœur.

Pâle sourire, hésitant, tremblant. Quelques mots, encore, une réponse à une question qui n'avait encore été posée. L'interrogation gardée en semi-silence n'avait les mots de l'attente, mais ceux de la présence. Elle ne demandait pas
~ Pourquoi as-tu mis si longtemps à venir ? ~ mais ~ Pourquoi es-tu ici ? ~ Ne percevait-elle ces paroles ? Ne comprenait-elle donc l'exacte incertitude de la jeune internée ? Le pourquoi d'une visite si peu attendue, si peu espérée, le pourquoi de larmes versées pour une peine inexplicable. Si loin de toute compréhension, pour une demoiselle qui jamais n'avait pu concevoir l'éventail si large des émotions humaines.

Peut-être aurait-elle souhaité répondre. Tenter d'émettre à nouveau le son de ses doutes. Mais ses lèvres, glacée, lui refusaient le moindre mouvement. Captive de son cors engourdi, victime de son immobilité coutumière, esclave d'elle-même, de son impassibilité, de ses différences, elle ne pouvait plus, ne savait plus faire qu'observer. En silence. Sans un geste. Sans même ciller. Ou presque. Un impreceptible tressaillement traversa l'infranchissable frontière de son absence, lorsqu'Allanah entreprit de combler le vide, de ses paroles bousculées.

Le sens s'en perdait à travers un déluge de phrases sans suite ; mais les mots n'atteignaient l'oreille d'Eleanor que pour s'y heurter à l'invisible barrière de l'inattention. Lentement, une main se dégagea de l'étreinte fraternelle. S'éleva, peu à peu, vers le visage torturé de la jeune fille, de la camarade, de la sœur. La jeune patiente s'étonna presque du contact, doux, de ses doigts contre sa joue encore humide. Il n'y avait rien, dans ce geste. Rien de plus qu'espoirs enfouis, qu'envies refoulées. Un besoin d'affection oublié depuis des années. Des siècles, peut-être.

Le désir d'être aimée, chérie. D'un être cher versant des larmes pour soi.
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Allanah Raines
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MessageSujet: Re: Et nous nous reverrons [PV]   Dim 20 Jan 2008 - 20:19

Le geste ne fut ni prémédité, ni contrôlé par la suite. Il n'était rien d'autre que la manifestation physique d'un besoin irrépressible. Le poids de sa solitude se ressentait dans la crispation de ses bras qui entouraient Eleanor.

Elle était née à 14 ans, elle construisait de nouveaux souvenirs, avec ceux qui remplissaient sa vie, pour remplacer ceux qui lui avaient été pris. Ombre fantomatique ou être de chair et de sang. Deux ans déjà maintenant qu'elle refoulait le désespoir. Combien de personne aurait voulu être dans son cas, imputé de souvenirs d'instant passé et regretté ? Alors qu'elle, elle n'aurait voulu que le contraire. Lanah n'avait même pas la consolation de savoir qu'elle avait compté pour ses parents par le passé ...

Certain soir, elle se prenait à rêvasser, à s'imaginer des situations toutes droit sortie de son imagination, alimentées par ce qu'elle avait gardé par écrit. Peu de chose en vérité. Sa mère et son amour de la nature, qu'elle avait communiqué à sa fille unique. Son père est son amour si discret, présent sans être envahissant. Loevi et son amitié, la seule qui avait su être si proche d'elle. Eleanor, la haine qu'elle avait bien pu éprouver envers elle, transformé maintenant en affection malgré les difficultés. Sacha et sa gentillesse. Son attache quand elle avait tout perdu. Elle se souviendrait longtemps du jour où, à la gare de King Cross, hagarde, elle n'avait pas su le reconnaître. C'était lui qui était venu à elle. Pas de question, elle était venue d'elle même à lui. Et maintenant, quand elle se disait que cela faisait deux ans déjà qu'il jouait le rôle de famille pour elle ...

¤¤¤


Le médicomage qui l'avait accompagné jusqu'à la chambre d'Elea, les retrouva enlacé. Les pleurs bruyant de Lanah s'étaient transformés en larmes silencieuses. Un toussotement gêné les força à se séparer. La jeune fille détourna la tête pour essuyer ses joues d'un geste de la main et se leva, pour prendre le paquet qu'elle avait emporté avec elle et posé sur le lit en arrivant. Elle le plaça entre les mains de sa demie sœur, en promettant de revenir dès qu'elle aurait une nouvelle fois l'autorisation des médicomages.

Ce qu'elle ne savait pas, pas plus que Elea, était que les médicomages avaient décidé de lui permettre de plus fréquente visite. Voir leur patiente, qui n'avait pas parlé pendant des semaines, recommençait à vivre grâce à une simple visite d'une membre de sa famille, les avait juste assez rendu perplexe pour ne pas espacer les visites plus que nécessaire. Advienne que pourra.
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MessageSujet: Re: Et nous nous reverrons [PV]   Mar 22 Jan 2008 - 0:37

Quelques heures plus tard

Les couloirs résonnaient du claquement régulier des talons sur le carrelage trop propre de l'hôpital. L'étage des patients longue durée. Un terme de l'ordre de l'euphémisme pour cacher la véritable nature des maux dont souffraient les gens qui séjournaient ici. Un terme qui, il fallait le dire, n'était là que pour soulager les consciences de ces pauvres parents hypocrites. Elle, elle donnait leur vrai nom aux choses.

La jeune Eleanor Moon avait depuis longtemps sombré dans la folie.

Elle ne désespérait pas de la sauver, pourtant. Mort est celui qui n'espère plus, se répétait-elle souvent - pour s'empêcher de sombrer à son tour, sans doute. Eleanor était sa seule parente encore en vie. Plus exactement, la seule qui comptait à ses yeux. Elles avaient partagé des instants uniques, il y avait deux courtes années ; à la même époque. Elles s'étaient découvertes, avaient appris à s'apprécier en secret, et n'en avaient jamais parlé. Il y a des choses qui ne s'oublient pas.

Aujourd'hui Eleanor avait atterri dans les sommets de Sainte Mangouste, où elle avait fini complètement seule, abandonnée de tous. Elle n'avait été qu'une malheureuse victime dans l'histoire. Victime de cette maudite famille et de son orgueil mal placé, tout comme Mark l'avait été. Comme elle-même avait failli l'être. C'était peut-être pour cette raison qu'elle avait été la seule à comprendre, et qu'elle était aujourd'hui la seule à ne pas avoir oublié la jeune fille.

Elle voulait l'aider, la sortir de cet état léthargique dans lequel sa crise de folie l'avait plongée. Elle se fichait bien de savoir si Eleanor avait le tempérament d'une tueuse, ça n'effaçait pas ce qu'elle était au fond d'elle et que Loevi avait eu l'occasion d'apercevoir. Eleanor appelait à l'aide ; depuis toujours. Et Loevi n'avait pas su l'entendre à temps. Elle n'avait pas fait attention. C'était peut-être pire encore que ceux qui ne voulaient pas écouter. Mais elle était là, maintenant. Même si c'était tout ce qu'elle pouvait faire. Même si elle savait que ça ne servait à rien ; elle espérait encore malgré tout.

Elle pénétra en coup de vent dans la chambre, ouverte par un médicomage bavard qui se tenait bizarrement coi, et alla ouvrir la fenêtre derrière laquelle les barreaux de protection semblaient la narguer.


-Mais quel temps pourri, ça ne s'arrange pas, tu as vu ça ? lança-t-elle avec une grimace. Saleté de grisaille, et saleté de jour qui n'en finit pas ! On ne peut même plus avoir de journées normales, c'est n'importe quoi.

Elle s'étira, le regard fixé sur le ciel nuageux avec une moue résignée.

-Ça ne s'arrange pas non plus à Poudlard, reprit-elle en allant faire le lit, laissé en l'état par ces fichues infirmières incompétentes - à se demander pourquoi elle les payait autant pour s'occuper d'Eleanor. Je commence à comprendre pourquoi tu préférais la solitude. Agitation, bruit, et le comble de tout, une bêtise sans fin. Vivement que j'aie mon diplôme, on ira faire un long voyage dans le monde entier, ça te tente ?

Sourire rêveur de Loevi qui imaginait déjà à quel point une telle excursion avec sa cousine pourrait s'avérer une merveilleuse expérience. Et sans doute une bonne thérapie pour Eleanor. Mais son visage s'assombrit bien vite.

-Enfin, quand ce connard sera enfin stoppé et que tout rentrera dans l'ordre. Je ferai en sorte que ça arrive très vite...

Elle se retourna vers Eleanor pour lui offrir un sourire rassurant, mais resta figée.

-Qu'est-ce que...

Toujours assise parfaitement immobile sur son fauteuil blanc, Eleanor tenait contre son cœur un paquet encore enveloppé dans son emballage cadeau. Preuve d'une improbable visite. Mais il y avait pire encore. Sur sa joue pâle, une larme avait laissé une trace encore humide de son passage, partant d'un œil dans lequel brillait une nouvelle lueur de vie. Bien que faible, elle était là. Bel et bien là.

-Lea...

Bouleversée, Loevi étouffa un sanglot derrière ses mains. Eleanor... Etait-ce enfin un bon signe ? C'était trop beau... C'était fantastique. Elle se jeta au cou de sa cousine et la serra contre elle, oubliant de retenir ses pleurs de joie, de soulagement, ou d'autre chose.




<¤ A suivre... ¤>
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