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 Touriste (Ezio Shepherd)

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Thomas N. Tucker
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MessageSujet: Touriste (Ezio Shepherd)   Dim 15 Sep - 19:23

L'été tirait à sa fin et la journée faisait de même. Le soleil était pourtant encore loin de l'horizon, gracieuseté d'un mois d'août en Ecosse. Dans les ruelles d'un village dont les consonnes s'étiraient à l'infini, la silhouette fatiguée de Thomas Tucker, rendue bossue par l'énorme sac accroché à ses épaules, esquissait quelques pas dans une direction incertaine. Le plan qu'il tenait à la main était tout froissé d'avoir été tourné et retourné. Cela n'avait aucun sens.
D'ordinaire, le jeune homme savait s'orienter sans difficulté. L’hérédité n'avait pas été trop avare avec lui : il avait récupéré quelques trucs sympathiques en provenance de ses ascendants. Le sens de l'orientation, par exemple. Un instinct solide et une mémoire photographique. Des trucs moins sympathiques. Une pilosité exponentielle à l'approche de la pleine lune, en autres petites joyeusetés de l'existence. Mais sa lycanthropie était présentement le cadet de ses soucis, car, en dépit de son intuition géographique, Thomas était irrémédiablement perdu au beau milieu d'un bourg dont il ignorait tout. Les longs trajets en bus lui chamboulaient toujours un peu les sens. Personne n'était parfait. Et sa mémoire, toute photographique qu'elle était, ne lui était pas d'une grande utilité dans un endroit inconnu.
Ses muscles, ankylosés par le national express, criaient grâce, le suppliant à moitié de brader son orgueil et de demander son chemin au vieil homme en kilt, sporan, plaid, sgian dhu et tout le toutim. Adossé contre le mur de sa maison en pierre, une pipe au bec, le grand-père le regardait batailler avec la topographie moderne. Thomas serra les dents, rajusta les sangles de son sac sur ses épaules...et passa son chemin. Brader son orgueil, d'accord, mais de préférence auprès d'une jolie fille. Il y avait bien ce genre d'être humain dans ce coin paumé des Highlands ou bien était-il tombé dans un bled maudit où la moyenne d'âge frôlait les septantes ?
En dépit des apparences, le jeune Thomas profitait présentement de quelques jours de vacances qu'il avait choisi de consacrer à arpenter le monde. Rien de moins. Pour ce faire, il s'était décidé, pour la première fois de sa courte existence, à rejoindre le continent. Pour tout véritable Irlandais à la fierté nationale en guise d'étendard, la Grande Bretagne faisait office de continent étranger, où ne s'aventurer qu'avec prudence. En guise de première excursion, il avait déterminé que la solution la moins périlleuse était de partir à la rencontre de ses lointains cousins gaëls : nuls autres que les braves Highlanders peuplant cette contrée hostile qu'était l’Écosse. Une histoire en parallèle, un dialecte voisin et pléthore de légendes en partage : la terre des jacobites était d'un exotisme rassurant. C'était du moins ce qu'il s'était dit, avant qu'un bus de la compagnie nationale ne le crache au beau milieu de nulle part. Son odorat sur-développé ne lui était d'aucune utilité et le jeune Irlandais n'était pas loin de le céder au découragement. Il avait avalé de la poussière, subi les assauts d'un soleil impardonnable, et avait terminé sa dernière gourde d'eau plus de deux heures auparavant. La fatigue s'insinuait doucement entre lui et le monde. Il savait parfaitement qu'il était capable de se débrouiller seul. Trouver de quoi s'abreuver et se nourrir n'était pas un problème en soi, pas avec sa petite particularité. Non, ce qui drainait de l'anxiété dans ses veines était un détail bien plus trivial : il s'agissait pour lui de trouver le chemin de son auberge d'ici la prochaine demi-heure, sous peine de voir disparaître sa caution dans le compte en banque du gérant. Il n'avait pas économisé chaque centimes en vue de cette excursion pour la laisser s'envoler au profit de... d'un profiteur.
Dix minutes plus tard, il errait toujours comme une âme en peine dans ce dédale de ruelles dont il ne voyait le bout. Et sans le moindre spécimen de sexe féminin à l'horizon, il se rendit à l'inévitable : demander sa route, l'orgueil en berne, au premier individu qui entrerait dans son champ de vision. Cet homme, là-bas, plongé dans ses pensées.
Doucement, sans le moindre bruit, question d'habitude, Thomas s'avança dans sa direction, faisant planer son ombre sur l'inconnu, une façon comme un autre de s'annoncer.

_ Pardonnez-moi...

Son grand-père l'homme qui l'avait élevé, l'aurait écorché vif s'il avait manqué de respect à un aîné, une femme, ou qui que ce soit. La politesse lui était chevillée au corps mieux qu'un réflexe de survie.

_ Je cherche l'Auberge Heathercroft. Sauriez-vous …?

Il s'était abstenu de dire qu'il était perdu. Non seulement c'était une évidence mais un sursaut de fierté l'en avait empêché.
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Ezio Shepherd
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MessageSujet: Re: Touriste (Ezio Shepherd)   Sam 2 Nov - 16:19

Disparaître loin, m’évanouir, me dissoudre et oublier
Ce que toi, ami des feuilles, tu n’as jamais connu,
Le souci, la fièvre, le tourment d’être
Parmi les humains qui s’écoutent gémir.


La journée avait été si agréable qu'elle avait attirée quantité de promeneurs. Les derniers touristes, ceux qui n'avaient pas d'enfants et pouvaient donc se permettre de s'attarder fin Aout dans ces « ravissantes contrées perdues » des Highland, ramèneraient probablement tout une cargaison de photographies plus pittoresques les unes que les autres. Bovins des highland, Loch – avec ou sans monstres -, fougères, bruyères, oiseaux, châteaux – hantés ou non - . Quelques piqûres de Midgies seraient sûrement de la partie. Ezio sourit à cette pensée. Des marcheurs de ce genre, il en avait croisé quelques-uns dans la journée. On les différenciait rapidement des autochtones à leur équipement bien souvent...inadapté à la géographie locale.
Il avait bien essayé au début de leur suggérer autre chose que les bracelets anti-moustiques vendus dans les pharmacies. De leur soumettre l'idée d'investir dans des chaussures de marches résistantes aux tourbières, ou de penser à troquer leurs jolis short de randonnée du dimanche contre un pantalon qui protègerait leurs jambes jusqu'au chaussettes. Ici les RayBan n'étaient pas nécessaires mais les imperméables en revanche, s'avéraient inéluctables. Au fur et à mesure, Le poète avait fini par capituler. Les touristes s'imaginaient toujours suréquipés et lui répondaient d'un sourire ironique en détaillant son propre look, un peu terne comparé à leur équipement flambant neuf et probablement pas à l'image de l'écossais en kilt qu'ils s'étaient faite. Il les recroisait parfois en fin de journée au détour d'un pub. Bien moins fringants que le matin. Madame abordait un air pincé sous son brushing décapé par l'humidité ambiante alors que monsieur tentait de masquer son épuisement et ses rhumatismes en dévorant du haggis tout en ayant l'air d'aimer cela.
Il s'abstenait alors de tout commentaire et profitait du feu de cheminée qu'on avait l'habitude d'allumer dans ce genre d'établissement, pour réchauffer les marcheurs audacieux.

Cette fin de journée avait été plutôt clémente envers les randonneurs. Suffisamment sèche et douce pour un confort plus que satisfaisant dans une région où le sol était spongieux dés qu'il pleuvait. Il était fort possible que certains marcheurs aient donc échappé à un enlisement maximum.

Ezio se réjouissait à l'avance de la douce chaleur de l'âtre du Murray firth où le vieux Sullivan serait ravi de lui offrir une bonne pinte de lager. D'un pas léger, la tête emplie des images qu'il avait emmagasinées au cours de sa marche, les poumons tout aussi plein de l'air pur de la région, il descendait la grand rue du village.
Chaque village possédait sa rue grande, aussi petite, étroite et déserte soit-elle. Cette grand-rue là aurait pu servir de promotion à un guide touristique vantant les mérites de l'écosse profonde. Les vieux vous regardaient passer d'un air soupçonneux, pipe au bec, mains dans le tablier. Mais si on s'enfonçait un peu plus dans les ruelles on tombait enfin sur quelques pubs – étonnant de voir à quel point ces commerces-là pouvaient être répandus et solidaires malgré la concurrence- des auberges de jeunesses, quelques boutiques et de jolies résidences secondaires qui restaient fermées la plupart du temps. Ezio sourit à la vieille femme qui lui rendit avec chaleur et bifurqua vers la droite, sous un porche envahi de mousse. Il grimaça à l'odeur douçâtre qui l'assaillit aussitôt et avança de quelques mètres encore, avant de prendre à nouveau à droite. Le Murray était en vue, sa cheminée aussi et elle crachait déjà. Son dos le remerciait déjà de lui accorder cet instant de confort après une journée où une fois de plus, il ne s'était occupé que de sa tête. Souvent, il partait penser en marchant. Souvent il se retrouvait si loin que lorsqu'il arrêtait de penser, faire demi-tour était tout aussi inconfortable que de dormir sur place. Souvent, il dormait sur place. Aujourd'hui encore, la marche avait été longue – la réflexion aussi- et le dénivelé se faisait sentir au creux de ses reins. Après des heures de marche, Ezio réalisa que la drôle de sensation qu'il ressentait dans sa chaussure était probablement un caillou. Logé là depuis quand? Seul Dieu pouvait le révéler. Toujours est-il qu'en prenant conscience de son existence, Ezio prit également conscience de la douleur qu'il provoquait. Il profita de la présence d'une grande marche en pierre au pied d'un lavoir pour s'asseoir et ôter sa chaussure droite. Le responsable rebondit au sol dans un petit claquement sec. C'était un petit galet étrangement poli de couleur rosée. Le poète le récupéra au creux de sa main, l'observa un instant et le fourra dans sa poche. Il avait un jeu petit qu'il partageait avec une amie. Le jeu des amulettes. Ils s'étaient tous deux fabriqué de jolies petites bourses en tissus qu'ils avaient noué avec un cordon. Lorsqu'ils croisaient un objet étrange, ou qui leur plaisait dans la nature, ils s'imaginaient que c'était là un signe et le fourrait dans leur amulette, persuadés que cet objet les guiderait ou leur porterait bonheur. Aujourd'hui, même s'il ne croyait pas vraiment au pouvoir porte-bonheur des objets, ses poches avaient remplacées l'amulette et l'on pouvait y trouver tout un tas d'objets hétéroclites ramassés au cours de ses errances.
Ezio entreprit de relacer sa chaussure tout en repensant à cette époque plus si proche que ça, où Shanon et lui voyaient des signes à chaque caillou blanc.
L'homme qui l'aborda semblait avoir surgit d'entre les pavés. Il ne l'avait pas entendu, ni vu venir. Et pourtant, il était fin observateur – c'était même là sa vocation première-. Son ombre s'étendait sur lui comme une menace, pourtant ses traits et son ton semblaient amicaux. Il avait l'air d'avoir traversé les Highlands à dos de mouton et parlait avec un fort bel accent irlandais.
Le poète lui adressa un sourire chaleureux et hocha la tête.

- Je peux vous l'indiquer en effet. Vous êtes attendu?

Sa question paraissait peut-être empreinte de curiosité. Aussi crut-il bon d'ajouter :

- Parce que si ce n'est pas le cas, il est fort à parier que le repas ne vous sera pas servi. Ici les gens le prennent assez tôt. Auquel cas, je peux vous conseiller un pub on l'on pourra vous offrir un en-cas de retardataire.

Ezio se leva, ramassa son sac et encouragea l'homme à le suivre d'un clin d'oeil.
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Touriste (Ezio Shepherd)

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