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 Macabre anniversaire {PV}

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Savannah Brooks
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MessageSujet: Macabre anniversaire {PV}   Dim 14 Juil 2013 - 23:51

Mercredi 1er Avril 2015


"Joyeux anniversaire, Savannah"

-Zig ! Tu y as pensé !

-Bien sûr que j'y ai pensé ! Tu croyais quand même pas que j'allais oublier l'anniversaire le plus important de ma pupille préférée !

-Je suis la seule, andouille.

-Qui te dit que j'en ai pas eu d'autres après toi ?

-La conscience professionnelle de ce foutu département de l'enfance !

Rires

-Mon dieu, ça me fait tellement plaisir d'entendre ta voix !

-Moi aussi, honey. Alors, qu'est-ce que ça fait d'être enfin majeure ?

-Pas grand chose, en fait. Je suis déjà autonome depuis presque deux ans. La seule différence c'est que je vais enfin être débarrassée de ce département de l'enfance à la noix...

-Bon alors je peux remballer ma soirée surprise si c'est tout l'effet que ça te fait...

-Zig !

-Je rigole ! Je rigole ! J'espère que tu as rien de prévu pour ce soir parce que...

Bruits

-Qu'est-ce que...

Bruits

-Zig ?

Cris

-Zig ? Qu'est-ce qui se passe ?

...

-Zig, tu es là ? Je t'entends pas. Zig ?

-Non !

-Zig ?!

Bang

-Non, Zig ! Zig ! Zadig, réponds ! Zadig !

Tuuut tuuut tuuut

-Zadiiig !!!

•••


3 ans plus tôt
Mardi 14 février 2012


En cette soirée emblématique de la saint Valentin, Savannah Colleen Brooks, même pas 15 ans, était en chasse ; elle venait de jeter son dernier copain en date, un abruti de presque 30 ans qui s'était brusquement mis à lui parler projets d'avenir et mariage, et l'atmosphère mièvre qui la cernait depuis le matin, tout en guimauve et violons, lui donnait envie de taper du pied dans la fourmilière.

Non, elle n'aimait pas la saint Valentin. Et franchement, en toute objectivité, il y avait de quoi.

Vêtue d'un jean et d'un haut moulants empruntés à la fille de sa tutrice du moment, sur lesquels elle avait jeté sa vieille veste d'aviateur élimée pour se protéger du froid ambiant, elle pénétra dans le bar d'une démarche féline, sûre d'elle et de son charme - elle avait beau être une adolescente, elle avait déjà séduit plus de mecs que la plupart des filles de son âge. Ce soir ne ferait pas exception à la règle : elle sortirait de là au bras d'un beau mâle. Et si elle pouvait briser un ou deux couples dans l'intervalle, elle ne cracherait pas sur l'occasion.

Elle s'arrêta à l'entrée, juste le temps de faire un peu de repérage, et remarqua tout de suite le beau gosse de la salle. Elle esquissa un sourire carnassier et s'avança aussitôt dans sa direction. L'homme était seul, immanquablement séduisant, et il rejetait poliment toutes les tentatives d'approche de la gente féminine en buvant sa bière comme si c'était de l'eau, avec une mine de chien battu propre à attirer toutes les apprenties mères poules à portée de vue. Le type même du pauvre gars largué par sa copine le jour de la fête des amoureux.

Pathétique en soi, mais une belle aubaine pour Savannah, qui sentait sa chance tourner.

Sans gêne aucune, elle se hissa sur le tabouret à côté de lui, s'adossant au comptoir en une pose légèrement aguicheuse, et pencha la tête vers lui avec un sourire engageant.


-On offre un verre à une jolie fille ?

Il tourna la tête vers elle, visiblement prêt à l'envoyer balader à l'instar de toute les autres, mais s'arrêta en croisant son regard - ou plutôt, selon toute vraisemblance, en prenant conscience de l'âge de la jolie fille en question. Elle avait beau s'être maquillée - sans excès, bien entendu - Savannah savait pertinemment qu'elle n'avait pas l'allure d'une jeune femme de vingt ans et des poussières. L'homme esquissa un sourire en coin.

-On n'est pas un peu jeune pour boire de l'alcool ?

-Ça dépend, vous me donnez quel âge ? s'amusa l'adolescente, rompue à ce genre de débat.

-Pas assez pour sortir à cette heure sans escorte, répondit-il en finissant son verre avant de faire un geste en direction du barman pour en demander un autre. Tu devrais rentrer chez toi, petite. Conseil d'un vieux de la vieille.

Savannah affecta un air de petite fille perdue, qui ne duperait personne mais amuserait peut-être son interlocuteur, assez du moins pour le dérider un peu et le convaincre de lui offrir un verre - même non alcoolisé, même si elle préférait un bon cocktail - et un peu de son temps.


-Mais je ne peux pas rentrer sans escorte à cette heure-ci... minauda-t-elle.

L'homme partit d'un franc éclat de rire, qui l'embellit considérablement. Oubliée la rupture impromptue. C'était gagné.


-D'accord, d'accord, petite poupée, fit-il en lui posant une main chaude sur l'avant-bras. Je t'offre un jus de fruits, pour ta peine, et après je te ramène chez toi. Deal ?

Savannah sourit, sincèrement cette fois. Il y avait un petit quelque chose chez lui, soudain, qui le rendait plus attrayant encore que son simple physique. Elle posa la main sur la sienne.

-Deal.

-Je m'appelle Zadig, by the way.

•••


Mercredi 1er Avril 2015


La tonalité suraiguë du téléphone me vrillait les tympans plus douloureusement que jamais. Je n'arrivais pas à croire ce que je venais d'entendre - en fait, je n'étais pas très sûre de savoir ce que je venais d'entendre. Une conversation joyeuse que s'était terminé sur un chaos de bruits, de cris... et le hurlement d'horreur d'un homme que j'aimais comme un père.

J'éloignai le téléphone de mon oreille et le fixai longuement, immobile au milieu de la rue, hébétée. L'appareil avait déjà raccroché automatiquement, et le nom de Zig restait affiché sur l'écran en grosses lettres, comme pour me narguer. Je commençais à voir flou. A entendre comme à travers une épaisse masse d'eau. A vaciller.

A pleurer.

Ma main retomba sur mon flan et je regardai autour de moi, éperdue, la vie qui poursuivait son cours. Le monde continuait de tourner, les gens d'avancer, et moi... je stagnais dans l'obscurité la plus totale. J'avais envie de hurler. D'appeler à l'aide. De m'effondrer comme une loque sur le pavé. De chercher à retrouver Zig qui... qui devait... être... mort ? Un bref sanglot m'échappa, attirant l'attention d'un passant qui me jeta un regard indéfinissable avant de presser le pas. J'étais seule. Isolée dans un monde de douleur qui m'engloutissait peu à peu, à mesure que je réalisais ce qui avait dû se produire, à l'autre bout du fil.

Et là, soudain, je cessai de respirer, sous le choc. Là, à l'autre bout de la rue, il était... vivant ?! Sans réfléchir, je me mis à courir dans sa direction, hurlant son nom à plein poumons, dans l'espoir qu'il se tourne vers moi, qu'il me sourie et m'avoue que tout ça n'était qu'une blague, de très mauvais goût, certes, mais juste une blague pour fêter mon passage à l'âge adulte. Ce ne fut que lorsque j'arrivai devant lui que je réalisai mon erreur : ce n'était pas Zadig. Il lui ressemblait, oui, un peu, suffisamment... mais ce n'était pas lui. Quelle idiote ! Comment avais-je pu croire une seconde...

Abattue, je me laissai tomber à genoux en plein milieu de la route, pleurant plus que je n'avais jamais pleuré de ma vie, inconsciente de tout ce qui n'était pas cette douleur insupportable au fond de la poitrine. J'étais seule, désormais. Je n'avais plus personne au monde. J'étais une orpheline qui venait de perdre son dernier bien le précieux au monde.

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Ezio Shepherd
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MessageSujet: Re: Macabre anniversaire {PV}   Mar 16 Juil 2013 - 1:12

Cela faisait bien dix minutes qu'il voletait à ses côtés. Il le narguait tantôt en batifolant sous son nez, lui pinçait le cœur l'instant d'après en s'éloignant brusquement puis finissait par revenir n'ayant pu se résigner à changer de direction.
Le charmant papillon aux ailes noires avait décidé de l'élire compagnon du jour.
Ezio s'amusait de cette compagnie insolite, le cherchant des yeux tous les trois pas.
Il avait commencé sa promenade seul, puis deux lépidoptères avait croisé sa route. L'un des deux, le blanc, avait préféré prendre de l'altitude – qui pouvait lui en vouloir?- tandis que l'autre, le noir, avait poursuivit sa course dans la ruelle. Peut-être, lui aussi, s'étonnait-il de la présence de l'humain sur sa route.
Après tout... qui suivait l'autre?

L'air était doux en ce début d'avril, le soleil faisait une apparition timide mais agréable à travers un léger voile de nuages blancs. Un jour où les Londoniens étaient de sortie.
Ezio s'était surpris lui-même à quémander ce pseudo bain de foule. Envie de voir des visages, glaner quelques sourires et pourquoi pas échanger quelques mots sur des sujets futiles.

A 17 heures, on assistait à Londres au rituel de sortie des bureaux. Routine qui avait toujours plut à Ezio. Les hommes et femmes en costumes se retrouvaient devant les pubs lorsqu'il faisait « beau » - beau en Londonien signifiant qu'il ne tombait pas des trombes d'eau – et échangeaient les impressions de la journée devant une bonne pinte de bière ou autre boisson réconfortante. Les rues s'animaient soudainement de rires et de clameurs agréables à l'oreille, un peu comme si chacun des protagoniste avait passé un pacte avec les autres. A cette heure-là, pas d'agressivité, de la détente uniquement.
Pour l'instant les rues étaient encore relativement calmes. Quelques minutes encore durant lesquelles, Ezio se délecterait du vol du petit Lépidoptère.
Dire que ces petites créatures ne vivaient que quelques jours. Il fallait réellement savoir profiter de l'instant présent.
Comme s'il avait lu dans ses pensées, le papillon vira brusquement de bord et remonta le long d'une façade jusqu'à n'être plus qu'un petit point sombre qui virevoltait au loin.
Plus de temps à perdre avec un poète un peu abîmé par ces dernières années. Il ne lui en voulait pas.

Au coin de la ruelle, il fut bousculé par un homme pressé qui jetait un œil derrière lui, l'air un peu surpris et avide de quitter les lieux rapidement.

- Excusez-moi. Murmura le poète dans un réflexe un peu stupide, puisque c'était l'homme qui l'avait percuté.
- C'est rien. Répondit l'autre en bon prince.

Il s'était déjà volatilisé.

Ezio sourit pour lui-même et s'apprêtait à se retourner pour reprendre son chemin lorsqu'une jeune femme au bout de la rue, se mit à hurler, cherchant probablement à rattraper l'homme qui venait de passer expressément. Le poète chercha l'homme des yeux, dans l'espoir qu'il soit revenu sur ses pas, en vain. Les cris de la jeune femme étaient à briser un cœur de pierre, si bien qu'il souhaitait sincèrement qu'elle puisse rattraper son ami.
Il se retourna pour voir son visage et tenter de lui indiquer la direction que l'homme venait de prendre...elle était tout prés et semblait … déçue et désespérée. Lorsqu'elle se jeta à genou devant lui, il compris sa méprise.
Elle n'avait nullement l'intention de rattraper l'homme, c'était vers lui qu'elle courait.

Et ses sanglots, déchirants. C'est à peine si elle parvenait à respirer entre ses larmes. Elle semblait en proie à une douloureuse crise d'hystérie.
Ezio regarda rapidement autour de lui. Étonnant comme la curiosité des gens peut être malsaine. Tout le monde les regardait. Certains murmures désapprobateurs lui parvinrent aux oreilles. Il se sentait inutile et impuissant face au désarroi de la jeune femme qui ne parvenait pas à se calmer, à genoux sur les pavés, détruite.
Après un regard taciturne à l'égard des badauds curieux, il s'agenouilla devant elle et posa une main sur son épaule.

- Est-ce que tout va bien?

Question hautement pertinente. Parfois il se giflerait. Il soupira et reprit de sa voix basse tout en lui prenant le bras doucement, de peur de la briser mais avec suffisamment de fermeté pour ne pas lui laisser le choix. Il fallait à tout prix la sortir de sa torpeur.

- … Allons, venez, vous ne pouvez pas rester assise au milieu de la rue.

Aujourd'hui, les papillons suivaient les hommes et il pleuvait des jeunes filles en pleurs.
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Savannah Brooks
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MessageSujet: Re: Macabre anniversaire {PV}   Mer 17 Juil 2013 - 9:53

3 ans plus tôt
Samedi 9 juin 2012


-Tiens-toi droite, Savannah, pour l'amour du ciel ! s'énerva l'assistante sociale pour au moins la sixième fois. Les gens qui acceptent encore de te rencontrer avec le dossier que tu as ça devient dur à trouver alors fais un effort !

Pour toute réponse, la jeune fille lui retourna un regard noir et s'avachit un peu plus sur sa chaise en plastique inconfortable, bras croisés et la mine revêche. Elle n'avait pas envie de rencontrer un énième couple bien intentionné et sans enfant pour qui elle représenterait un heureux substitut jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que non, malgré tous leurs efforts, elle ne rentrait pas dans le moule lisse de la bonne société londonienne. Elle avait déjà eu assez de mauvaises expériences comme ça. De toute façon, elle les détestait déjà.

Et puis il n'y avait que les amis proches qui avaient le droit de l'appeler Savannah, et cette greluche n'en faisait définitivement pas partie.

L'assistante soupira, avant de se redresser brusquement en affichant un sourire niais qui termina d'écœurer l'adolescente. Elle fit mine de se recoiffer et sortit du bureau avec empressement. Savannah se rencogna dans son siège, renfrognée. De toute façon, elle allait tout faire foirer. Elle n'avait pas envié d'ajouter une nouvelle "famille" au compteur. Elle faillit de boucher les oreilles pour ne pas les entendre discuter - il était évident que l'assistante avait flashé sur l'homme, et la jeune fille se demanda un instant pourquoi l'épouse du bonhomme en question ne protestait pas devant le sans-gêne de l'employée.


-Savannah Colleen Brooks, c'est bien ça ? fit une voix masculine à l'entrée de la pièce. Je peux t'appeler Savannah, pas vrai ?

Savannah releva brusquement la tête vers l'inconnu et comprit instantanément pourquoi l'assistante sociale chargée de l'enfance avait pu le draguer en toute impunité. Il n'y avait tout simplement pas d'épouse, pas même une petite amie en vue, pour ce qu'elle en savait. Même s'il était indéniablement - et diablement - séduisant.

-Ou peut-être que tu préfères un petit surnom rien que pour toi ? poursuivit l'homme avec un sourire en coin. Qu'est-ce que tu dirais de... Savage ?

Savannah lui rendit son sourire moqueur.

-J'en dis que tu peux toujours essayer, Zig...

Finalement, elle allait peut-être bien jouer le jeu de la nouvelle famille, cette fois.

•••


Mercredi 1er Avril 2015


Dans l'univers en décomposition qui me cernait de toutes parts, je sentis quelque chose se poser sur mon épaule. C'était tellement inattendu, tellement incongru qu'il me fallut un moment pour réaliser que je n'avais pas quitté le monde des vivants - et qu'un visage familier s'était penché sur moi comme une marraine sur un berceau. Je le fixai longuement à travers mes larmes, notant un à un tous les petits détails qui différenciaient ce visage de celui de Zig. Un parfait inconnu s'était agenouillé devant moi, main sur mon épaule, avec l'air inquiet qu'affichait parfois mon tuteur - autrefois. C'était difficile à regarder - mais il était tout aussi difficile de se détourner de cette étrange vision.

J'étais incapable de répondre à sa question, ou même de m'insurger de la stupidité évidente de celle-ci. Je ne pouvais que le fixer, droit dans les yeux, sans cesser de pleurer. Regarder ses lèvres bouger, avec une voix différente de celle de Zig. Pourquoi... Pourquoi ça ne pouvait pas être lui ? Pourquoi quelqu'un qui lui ressemblait tant - mais pas lui ?

Je me retrouvai vite debout, soutenue par l'inconnu. Je me sentais vaseuse, perdue. Je m'accrochai à son bras pour ne pas tomber - la terre vacillait un peu trop. Ou peut-être était-ce seulement la vision qui se troublait. Mes jambes qui me lâchaient, après m'avoir portée vers l'avant. Quelque chose hurlait en moi, mais je n'arrivais pas à l'entendre. Pas encore. J'avais la vague impression que je devais faire quelque chose, avant ça. Rassurer ce bon samaritain, peut-être, le remercier, me présenter... Je n'étais pas sûre. Qu'aurait dit Zig, dans une telle situation ? Zig...

Un dernier sanglot m'échappa, et je tentai de retenir les suivants, de reprendre contenance. Reprendre pied dans la réalité, dans le présent. Ça ne me ressemblait pas, de céder ainsi à l'affolement le plus complet.

Je n'avais pas l'habitude de perdre des proches.

Mais était-il seulement mort ?

Le hurlement au fond de moi prit en puissance, et jaillit brusquement en un gémissement inarticulé. Ma main se resserra convulsivement sur le bras qui me soutenait, mais c'est à peine si j'en avais conscience. J'entendis soudain un coup de Klaxon tandis que nous regagnions le trottoir - et un bref craquement sur la chaussée. Je me retournai brusquement : mon portable abandonné sur la route était désormais en morceaux, écrasé par les roues d'une voiture. Tout ce que je parvins à penser à cette vue fut : Flûte, Zig va plus pouvoir m'appeler, maintenant. Le chauffard repartit sans avoir eu droit à ma fureur, complètement engourdie.


-Je dois le retrouver, murmurai-je seulement, la voix brisée et chevrotante.

Zig.


-Il ne peut pas être mort.

Je me tournai vers l'inconnu que j'avais pris pour mon ancien tuteur.

-Vous êtes bien vivant, vous, ajoutai-je comme une accusation.
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Ezio Shepherd
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MessageSujet: Re: Macabre anniversaire {PV}   Lun 12 Aoû 2013 - 18:26

Le sinistre craquement du portable sur la chaussée, acheva d'éclairer la scène sous un angle pathétique. Un peu comme l'avènement du coup de grâce.
Ezio se crispa légèrement. Certaines personnes considéraient que leur vie entière résidait dans ce petit bout électronique de plastique et de puces. Combien de fois n'avait-on pas entendu l'insoutenable rengaine « je connais pas ton numéro par coeur, tu sais il est enregistré dans mon Iphone . » Ou pire encore « sans mon téléphone, je suis perdu! ». Accessoire de mode, répertoire, mémoire, pense-bête, garde code, cerveau parfois... apparemment multi-fonctions. Bientôt ils composeront des poèmes, vous verrez.
Non pas que le poète dénigrait la technologie moldue. Loin de là. Internet était un vrai petit bijou. Mais être prisonnier d'un objet au point de se sentir désarmé face à la vie sans sa présence... très peu pour lui.
Les cabines téléphoniques avaient été une fabuleuse invention. Allez donc en parler aux enfants d'aujourd'hui. Un peu plus et ils vous répondaient que c'était pour se mettre à l'abri des attaques de dinosaures, à l'époque.

Ezio ferma les yeux un instant. Se pouvait-il inconsciemment qu'il attire les ennuis? Depuis quelques mois, il avait la vague impression qu'un chat noir courait à ses trousses en tentant par tous les moyens de bouffer les impressions positives qu'il dégageait de la vie. Saoirse avait sa propre théorie des évènements provoqués. Il n'y croyait guère. Probable coïncidence. Une jeune fille qui l'avait pris pour un autre...et qui semblait lui reprocher son trop plein de vie.

Dans un crissement de pneus, l'auteur du meurtre téléphonique poursuivit sa route, non sans jeter un regard exaspéré à l'étrange couple que formaient le poète hésitant et la jeune fille anesthésiée. Ezio lança une œillade rapide aux débris du portable, ne sachant s'il fallait les ramasser ou non. Le petit poids bien que léger qui s'appuyait sur son bras témoignait de l'incapacité de la jeune fille à tenir seule sur ses jambes. Une dame d'un certain âge, qui dégageait une classe et une prestance impressionnante dans son tailleur de lin vola à son secours.

-Tenez, je crois que c'est à la jeune fille. Elle tendit les débris à Ezio qui les fourra dans sa poche en remerciant la femme d'un sourire. Vous savez, parfois on peut récupérer les données sur la carte sim. Elle avait l'air si convaincue. Et si fière de ses dires.
Des yeux bleus pétillants de malice, les joues légèrement fardées et des cheveux impeccablement coiffés en arrière, sans une mèche dépassant.
- Heu... sûrement oui. Merci.
- Vous avez besoin d'aide jeune homme? Elle paraissait inquiète.

Ezio coula un regard à la jeune fille cramponnée à lui comme à une bouée de secours. Il n'avait encore jamais sauvé de jeune fille... voilà qui donnait une étrange sensation de toute puissance chevaleresque... qu'il n'était pas certain d'apprécier. Généralement, l'idée qu'il se faisait des jeunes filles était celle de l'insouciance, de l'amour et la fraicheur. Pas d'une noirceur telle qu'on avait l'impression qu'elle avait encore plus vécu que vous. Cette détresse le contaminait...
Et pourtant, l'envie d'en savoir plus s'insinuait en lui. Celle qu'il ressentait jadis pour les histoires des autres. Non par commérage. Mais plutôt parce que ses propres histoires, ses vers, se basaient toujours sur son expérience ou celle des autres. Il aimait écouter, observer, se laisser imprégner, apprendre des autres... Il s'était toujours comparé à une éponge. Cela se vérifiait à nouveau.
Que pouvait donc raconter un petit bout de femme de cet âge là, en proie à une telle tristesse?

- ça va aller, je vous remercie Madame. Je pense que cette demoiselle a besoin d'un bon verre d'eau pour se remettre de tout ça.

La femme eu un regard bienfaisant, posa son bras un instant sur celui de la jeune femme et reprit son chemin d'un pas élégant.

A l'angle de la rue, deux pas plus loin, le O'Shannon. Un pub à l'air tranquille qui indiquait une petite cour intérieure. Ezio eu un pincement au cœur et sourit intérieurement en ayant une pensée pour sa sœur. Elle qui voyait des signes partout.

- Venez. Reprit-il doucement.

Il accompagna la jeune fille qui n'opposait aucune résistance à ses mouvement jusqu'à l'entrée du pub devant laquelle se tenait un jeune serveur, bras et plateau ballants, qui avait assisté à toute la scène. Certains client murmurèrent sur le passage. Une jeune brune étouffa un rire déplacé alors que son amie lui lançait un regard invitant à plus de discrétion.

- Serait-il possible de s'assoir dans un coin tranquille? Le temps que cette jeune femme reprenne ses esprits.

Le garçon dégagea immédiatement le passage en balbutiant.

- Bien sûr... je lui amène un peu d'eau si vous voulez!
Lui non plus ne semblait pas à son aise face aux larmes de la jeune fille.

-C'est très aimable.

Il avait déjà tourné les talons, tandis qu'Ezio progressait parmi les tables, portant plus qu'il ne la soutenait, la jeune demoiselle.

- Je peux vous demander votre prénom? Je m'appelle Ezio. Annonça-t-il pour rompre la litanie des râles de la jeune femme qui ne respirait toujours pas bien.

Ils gagnèrent la petite cour où une petite table en fer forgé semblait les attendre. Le poète déposa son « paquet » sur l'une des chaises et après s'être assuré qu'elle n'en tomberait pas, pris place sur l'autre.
Le serveur revint précipitamment et déposa sur la table un verre emplit de glaçons, ainsi qu'une carafe d'eau claire. Ezio le remercia d'un mouvement de tête et s'appliqua à remplir le verre d'une main assurée.

- Inspirez calmement... et essayez de détendre vos mains, on peut voir la trace de vos ongles sur les paumes.

Il repoussa le verre vers la jeune femme et attendit que les spasmes de la détresse prennent fin, en la scrutant de ses yeux sombres.
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Savannah Brooks
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MessageSujet: Re: Macabre anniversaire {PV}   Ven 7 Nov 2014 - 22:21

3 ans plus tôt
Lundi 2 juillet 2012


Victoire ! Contre toute attente, la requête de Zadig avait été soigneusement étudiée et le verdict venait d'être rendu : il était officiellement devenu le nouveau tuteur de Savannah. Cela tenait peut-être du fait que, comme l’avait souligné l’assistante sociale quelques temps plus tôt, les prétendants au titre s’étaient fait plutôt rares avec les années. Et peut-être aussi à la complicité flagrante qui s’était immédiatement instaurée entre les deux partis - un miracle aux yeux de quiconque connaissait un tant soit peu l’adolescente.

Sans compter le métier du nouveau tuteur, qui leur assurait à tous deux un avenir plutôt confortable et une stabilité suffisante pour contenter les frileux des services sociaux.

Le jour de la signature, l’assistante sociale et le juge eurent donc la surprise indescriptible de découvrir une Savannah resplendissante de bonheur, et un homme célibataire hautement séduisant lui claquer une tape sonore sur l’épaule sans récolter autre chose qu’un improbable éclat de rire. Les deux fonctionnaires échangèrent un regard stupéfait, avant de hausser les épaules avec résignation. Après tout, cette fois serait peut-être la bonne.

Les papiers tout juste signés et la tutelle officialisée, les deux compères donnèrent un instant l’impression de vouloir se jeter dans les bras l’un de l’autre, avant de finalement s’amuser à un serrage de main et une accolade purement masculins qui laissèrent les deux officiels perplexes.


-On va fêter ça, la tigresse ? proposa aussitôt le nouveau tuteur.

-Yeah ! s’écria la jeune fille en brandissant les poings au-dessus de sa tête dans un grand signe de victoire.

Ce n’est qu’à cet instant que les deux seuls vrais adultes de la pièce réalisèrent quel genre de dangereuse association ils avaient permis.

Mais ils laissaient le soin aux autorités compétentes de gérer la suite.


•••


Mercredi 1er Avril 2015


Une main soigneusement manucurée et aux bagues clairement hors de prix saisit consciencieusement tous les débris de mon téléphone défoncé, comme si ça avait encore un sens vu l’état de destruction avancée de l’appareil. J’observai les vestiges électroniques sans vraiment les voir, écoutait la femme parler sans vraiment l’entendre, l’esprit concentré sur une seule chose : les bruits indescriptibles au bout de la ligne et l’impossibilité de joindre Zig pour juste… savoir.

Après tout,je me faisais probablement juste des films, pas vrai ? Zig me disait toujours que je faisais une montagne de trois fois rien et j’étais absolument incapable de ne pas sauter aux conclusions - ne pas m’imaginer le pire.

Un bref contact sur mon bras me ramena brusquement au présent, et j’eus juste le temps de croiser le regard compatissant de la femme avant qu’elle ne s’en aille. Eh, quoi ? Est-ce que j’avais vraiment l’air si pathétique ?

Oui ?

Mon chevalier improvisé prit sur lui pour me conduire jusqu’à un pub, à deux pas de là, et je suivis presque malgré moi, sans rien dire. En temps normal, je l’aurais probablement envoyé sur les roses sans la moindre douceur - ou peut-être que je l’aurais dragué, en fait - mais toute mon animosité s’était envolée, quelque part au fond de moi, vers qui ou quoi était responsable de ce désastre. C’est à peine si je fis attention aux réactions des clients sur mon passage - et heureusement pour eux, sans quoi ils auraient goûté à mes légendaires colères.

Je me retrouvai assise sans trop savoir comment à une petite table toute mignonne dans une cour isolée, devant un verre d’eau presque sorti de nulle part. Installé face à moi, son regard visiblement inquiet rivé au mien, le sosie de Zig prenait son nouveau rôle très à cœur. Un peu plus, et je pouvais me laisser aller à croire que mon tuteur était là, devant moi…

Je baissai les yeux sur mes mains crispées et, en les ouvrant lentement sur mes genoux, je pus constater qu’il avait parfaitement raison : mes deux paumes étaient marquées presque jusqu’au sang. Un énième sanglot menaça de déclencher une nouvelle crise de larmes, mais je resserrai les poings pour le tenir à l’écart. Il était temps de se soustraire à cette panique incontrôlable qui me paralysait et de reprendre le dessus sur mes émotions. Que dirait Zig en apprenant la façon dont je m’étais comportée ?

Une véritable idiote. Pathétique.

Je saisis vivement le verre d’eau et le vidai en quelques gorgées avides avant d’inspirer profondément une, deux, trois fois, les yeux fermés. Voilà, c’était mieux. Je rouvris les yeux et reposai le verre sur la table, la main tremblant malgré tout encore un peu.


-Désolée, lâchai-je avant de relever le regard vers l’inconnu - Ezio. C’est juste… Je m’appelle… Savannah.

Ma voix vacillait un peu, mais j’étais au moins capable de faire des phrases cohérentes et lucides, enfin, et surtout mon environnement immédiat commençait à se recréer autour de moi. Je reprenais pied dans la réalité. Temps pour les explications - je devais bien ça à ce pauvre homme qui avait pris sur lui pour me soutenir alors que je l’avais quasiment agressé.

Oui, je suis une bête sauvage, Zig l’a toujours dit.


-Je… J’étais au téléphone avec… Zadig, mon tuteur, et… Je ne sais pas. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, il y avait ce bruit et…

Je me tus un instant et refermai brièvement les yeux. Je m’étais remise à trembler alors que le vacarme indescriptible entendu au téléphone résonnait encore dans ma tête. Mon dieu, mais que lui était-il arrivé ?

-Si je vous ai sauté dessus comme ça c’est parce que… Eh bien parce que vous lui ressemblez. Un peu. Et j’ai besoin de savoir ce qui lui est arrivé, alors…

J’osai enfin croiser son regard, à peu près remise de mes émotions - assez en tout cas pour arrêter d’avoir l’air d’une hystérique échappée d’un asile.

-Alors merci pour votre aide, vraiment, mais je vais pas abuser plus de votre temps, il faut vraiment que j’y aille et…

Joignant le geste à la parole, j’avais tenté de me lever mais - shit ! - mes jambes me trahirent et je retombai lourdement sur ma chaise. Dépitée, je laissai échapper une bordée d’injures de toutes sortes et m’affalai sur la table, la tête dans les bras.

Eh bah c’était pas gagné. Zig, attends-moi…




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