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 Painter's touch [Savannah]

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Tybalt Hungen
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MessageSujet: Painter's touch [Savannah]   Lun 1 Juil - 19:57

J'avais passé ma nuit à peindre, à noircir des toiles et des toiles et ne pas en être satisfait. L'aube se levait et j'étais au milieu de mon Loft, couvert de peinture de la tête aux pieds, énervé de l'énergie que je n'avais su mettre dans mes immenses toiles. Tout était plat, vide, sans aucune saveur. Rien ne ressortait. Mes commandes à livrer seraient nulles si je n'y mettais pas du mien. Je m'approchais de mes œuvres sans sourciller, contemplant mes échecs, mes espoirs réduits à néant.
Je haïssais cette période où je ne produisais rien de beau. Rien de bon. Où tout était nul et aride. J'étais comme tout artiste semble-t-il, des périodes fastes en parallèle avec des périodes creuses et de questionnements. Et Maddie n'était même pas pour me soutenir ... Elle était en cours, elle réussissait sa vie. Je remarquais avec un certain soulagement rempli d'une amertume avérée, que j'étais arrivé au bout de toutes mes peintures. Mes contenants étaient vides, je ne savais plus peindre.
Soupirant lourdement dans l'immensité vide de mon Loft, je me mis en tête de m'habiller et de me changer les idées.

Peut-être que l'inspiration était là dehors ? Et qu'elle m'attendait ? Revigoré par de telles pensées qui étaient peut-être faussées au final, je m'habillais rapidement. Un jean, un polo sombre et des converses noires. Un coup de brosse dans ma tignasse indisciplinée, un rafraichissement à l'évier de ma salle de bain en bonne et due forme et je décidais de prendre le temps de petit-déjeuner sur ma terrasse, malgré la fraicheur matinale. Je n'aurais su dire combien de temps, je restais là, à observer les quelques passants présents en dessous de moi.
Mais rien qui ne vaille l'envie d'être peint. Et de toute manière, je n'avais pas de fournitures. Anxieux comme à l'accoutumée, j'espérais que mon magasin fétiche moldu aurait tout ce que je voulais. Enfilant une veste et m'emparant d'une écharpe à carreaux, je sortis dans le froid matinal de ce mois de Juillet à peine entamé.
A ma montre, il était neuf heures tout pile quand j'arrivais devant la devanture du magasin de fournitures. La propriétaire ouvrait toujours avant son heure, comme si elle savait que des artistes stressés comme moi, avaient besoin de ses compétences. Et je ne m'étais pas trompé, elle était en train d'arriver au coin de la rue. Souriante, elle s'avançait vers moi, tandis que je restais en retrait me grattant la nuque. Elle était jolie, et je l'avais peinte plusieurs fois, mais en aucun cas, je ne lui avais montré mes esquisses.

Je la suivis, achetant tout ce qui pouvait se trouver à ma portée et notamment une boîte neuve d'aquarelles que je m'empresserais de tester. Payant mon dû, je sortis de la boutique sans trop savoir quoi faire. J'entrepris de marcher un peu avant de me replonger dans mes œuvres, et je découvris au fond d'une ruelle, un agréable petit café. Ce dernier avait de la clientèle, et j'y entrais. Poussant la porte délicatement, en espérant ne pas me faire remarquer, je m'assis à une table, proche d'une femme et d'une petite fille.
La petite fille, une petite rousse avec des couettes, remplie de tâches de rousseur bondit de sa chaise sous l’œil ahuri de sa mère, pour sautiller jusqu'à ma table. Curieuse, elle m'avait vu déballer tout mon attirail d'artiste sur la table en bois et je lui offris un léger sourire. Sans mot dire, elle prit place en face de moi. Prenant une feuille de papier dans l'un de mes carnets fraîchement achetés, je me mis à dessiner la petite fille.
Mais je savais ce qu'il advenait quand je commençais à dessiner. Le Don, ne tarda pas à faire effet, et derrière la petite fille se trouvait un chien. Intriguée la petite fille, se saisit du papier avant que je n'ai pu le lui refuser et elle courut le montrer à sa maman. Maman qui afficha une mine sombre dès qu'elle vit mon croquis.


- Regarde Maman ! C'est Fluffy !

- Oui, mais il est mort. Comment ? Partons, il ne me met pas à l'aise.

Jetant dédaigneusement mon croquis à terre la femme partit, sa petite fille sur ses talons. Cette dernière me regarda avec des larmes dans les yeux, tandis que sa maman l'entraînait toujours plus loin, tout en la grondant. Ramassant le papier froissé à terre, je le posais sur ma table face à moi.
La fillette et son chien. Mon regard bleu-gris affichait cet air mélancolique à chaque croquis, chaque esquisse que je faisais. C'était quotidien. Prenant un verre d'eau encore rempli sur la table désertée d'à côté, j'en trempais mon pinceau pour travailler avec mon aquarelle.
Quel sujet faire sans que ce dernier ne fuit ? Comme cette femme et son enfant ? J'étais de plus en plus mal à l'aise, dans cette masse grouillante et bruyante. Me relevant brusquement sous un excès d'anxiété, j'entrainais verres et assiettes à ma suite. Et le fracas n'en finit pas de se faire entendre. Moi, qui voulais être discret, c'était raté. Contrit et désabusé, je m'avançais vers le comptoir où une serveuse se présentait.
D'une voix peu assurée et tendue, je m'excusais, tout en me grattant l'arrière du crâne. Cela me rassurait un peu, quand j'étais au plus mal.


- Pardon ... Je paierais les dégâts, que j'ai occasionnés. Excusez-moi ... Encore. Je suis vraiment étourdi et maladroit.

Toux gênée, mine abattue. Quel beau spectacle, je devais lui offrir. L'archétype même du jeune homme peu sûr de lui ...

- Pourrais-je avoir, si cela ne vous dérange pas, un scone à la myrtille et un thé au jasmin ? S'il vous plaît ?

Ridicule. J'étais ridicule ...
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Savannah Brooks
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MessageSujet: Re: Painter's touch [Savannah]   Dim 14 Juil - 12:19

Début juillet, le début des vacances... Oui, mais pas pour moi. Occupée comme toujours avec mon emploi à temps partiel au café - comprendre par-là, chaque fois ou presque que je n'étais pas en cours - je regardais les gens profiter de leurs congés avec un envie et une frustration grandissantes. Les joies de l'orphelin. N'ayant pas de parents pour s'occuper de moi jusqu'à la fin de mes études, n'ayant pour toutes économies qu'un cochon en céramique quasiment vide et un compte en banque qui ne devait son existence qu'à des besoins administratifs, je n'avais pas tellement le choix : si je voulais vivre, et surtout continuer à aller au lycée - ô joie - je devais sacrifier mon temps libre.

Life is a bitch, me répétait souvent Zig, un de mes anciens tuteurs et certainement, de loin, mon préféré. Je n'avais pas d'autre choix qu'être d'accord avec cette maxime réaliste. Si encore je savais ce qui m'avait valu de grandir sans famille...

La matinée était assez calme ; il y avait du monde, bien sûr, mais ce n'était pas la ruée vers l'or noir - café, pas pétrole... - et j'avais tout loisir de laisser mon regard courir sur la salle en me tournant les pouces, accoudée près de mon collègue Jake qui fredonnait tout bas un de ces tubes de l'été qui deviennent lassant après la dixième écoute consécutive non-stop.

J'aimais beaucoup observer les clients du café. Il pouvait y avoir de tout - des petits vieux venus discuter du bon vieux temps au comptoir aux familles se réfugiant au frais autour d'un bon diabolo menthe, en passant par les couples énamourés et les bandes de potes gesticulant devant un match de foot diffusé sur la télé accrochée dans un coin... Des pans d'histoires, des morceaux de vies qui venaient se dérouler sous les yeux de celui qui savait regarder, livrant au passage quelques secrets ou un bref éclat de rire, de quoi stimuler l'imagination de tout artiste en mal d'inspiration.

Il y avait par exemple cette petite fille aux éclatantes boucles rousses, assise avec sa mère devant un thé à la menthe - comme une grande ! s'était-elle exclamée fièrement quand je l'avais servie. Elle était adorablement mignonne et ses petites mimiques de grande personne me faisaient sourire - tandis que Jake, lui, grimaçait de la voir "singer les adultes, à son âge elle devrait profiter d'être gosse". Chacun son truc. Pour ma part, il ne me manquait qu'un peu de motivation pour sortir une feuille, un stylo, et me mettre à gribouiller quelques mots de ce qui aurait pu, de la main de vrais compositeurs, ressembler à une chanson.

Un nouveau client s'installa près d'elle, et j'allais me diriger vers lui pour prendre sa commande quand je vis la petite Lizzy se lever prestement pour aller voir ce qu'étaient ces drôles d'instruments que l'homme déballait sur la table, avant de s'installer d'office face à lui, les yeux brillants de curiosité. Il n'en fallut pas plus pour me convaincre d'attendre quelques minutes, le temps de voir ce qui allait se produire. Lorsqu'il comprit que je ne bougerais pas de mon observatoire, Jake fit mine de prendre mon service, mais je le retins d'une main sur le bras, sans même un regard pour lui.


-Regarde, lui soufflai-je seulement.

Le peintre avait pris un crayon et reproduisait fidèlement en dégradés de gris la gaieté enfantine de Lizzy. Il était plutôt bon, vu d'ici... et un rien créatif, si j'en jugeais par la silhouette canine très réaliste qui se dessinait à côté de la petite fille, et pourtant inexistant dans la réalité. Je finis par avoir la clé de cette énigme lorsque Lizzy lui vola le dessin pour le montrer à sa mère - ou peut-être venais-je d'avoir l'énigme elle-même, puisqu'il semblait évident que le chien esquissé sur le papier avait existé... et que celui qui venait de l'immortaliser ne l'avait certainement jamais vu.

La mère jeta la feuille par terre avec un ressentiment qui me fit l'effet d'une douche froide. J'osais à peine imaginer ce que le pauvre homme devait ressentir. Il ramassa son œuvre, visiblement dépité, attristé, et, l'instant d'après, il renversait tout son attirail dans un bruit d'enfer en se relevant trop brusquement. Jake lâcha un juron mais je le persuadai de s'occuper de ses cocktails et de me laisser faire. Et, en effet, l'inconnu s'approcha de moi, affichant l'air le plus contrit que j'aie vu de ma vie, certes pas très longue. Je lui offris un de mes plus beaux sourires - pas de ceux dont je me servais pour appâter les hommes, mais bien un sourire sincère et que j'espérais rassurant.


-Mais non, mais non, ne vous en faites pas comme ça, ce n'est pas le premier accident de vaisselle et sûrement pas le dernier ! lui dis-je avec un brin d'amusement dans la voix. On va s'occuper de ça. Et je vous amène votre scone et votre thé dès que tout est réparé, d'accord ?

Bon, il était nettement plus âgé que moi, mais sa mine abattue éveillait en moi une sorte de bizarre instinct maternel. Je le ramenai jusqu'à sa table, m'empressai de faire disparaître toute trace de l'incident - ce qui me prit bien cinq minutes puisque, en bon chevalier servant, Jake voulut m'aider et ne parvint qu'à me mettre des bâtons dans les roues, manquant par la même occasion de me ficher un bout de verre dans les doigts, merci pour moi - et réussis enfin à lui servir sa collation.

-Et voilà, scone à la myrtille et thé au jasmin. Ce sera tout ?

Je jetai un bref regard à ses affaires toujours étalées n'importe comment sur la table, au dessin de Lizzy et Fluffy, et esquissait à nouveau un sourire.

-Vous êtes peintre, c'est ça ? Ce dessin est magnifique, très ressemblant. On dirait vraiment une photo de la petite...
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Tybalt Hungen
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MessageSujet: Re: Painter's touch [Savannah]   Jeu 18 Juil - 8:05

Cet établissement était vraiment charmant, bien que je n'avais pas ma place. Au milieu de tout ces Moldus, j'étais bien le seul Sorcier présent. Et le vacarme que je venais d'occasionner dans ce charmant café, finit de me mettre encore plus mal à l'aise. Je ne voulais pas être remarqué, c'était fichu.
Me voilà au milieu des débris de verres, de porcelaines, statue humaine parmi ma maladresse manifeste. Quand je peignais, j'avais la main assurée, précise, sans heurts. Rien ne me détournait de mon ouvrage, pas même un bruit. J'étais toujours concentré quand j'esquissais la Réalité, et cela m'avait valu quelques louanges au sein de mes pairs.
Mes compatriotes pour certains, enviaient ma jeunesse et mon précieux talent.

Mon Don, comme Maddie l'appelle. Mais pour moi il est tout autre chose. Il m'avait valu encore des querelles, des regards sombres et dédaigneux et une petite rousse en larmes. Mon papier jeté par terre m'avait fait l'effet d'une douche froide. Et ce n'était pas la première fois, que j'avais ressenti cela. Combien de fois, mon regard bleu-gris s'était-il détourné face aux courroux inexplicables de mes sujets ?
Je ne saurais le compter. Juste que ma Malédiction, m'attirait certains ennuis. Et là, face à cette jeune femme souriante, je l'oublierais presque. Elle était jolie, et serait un excellent sujet pour une future toile. Silencieux, j'enregistrais ses détails qui en faisaient une personne unique. Des boucles châtains encadrant un visage ovale, une bouche pulpeuse et naturelle, un regard sûr et d'une belle couleur. Un regard presque identique au mien de part sa couleur, mais pas par ce qu'il y transparait.
Elle était sûre d'elle, j'étais un piètre Peintre dans ce domaine. Je n'étais certain de moi, que quand j'étais enfermé dans mon Loft à l'abri de tous. Et me connaissant j'y rentrerais vite. Seul endroit qui m'étais rassurant en ce bas monde.

Finissant silencieusement mon regard insistant sur sa personne, je la vis ranger mes dégâts, encore plus contrit qu'auparavant. Quel idiot j'étais parfois, j'aurais aimé l'aider, mais son collègue avait pris ma place. Or, je savais une chose, j'allais empirer les choses avec ma gaucherie. Alors, idiot, je la laissais faire, me frottant la nuque, exaspéré par ma propre bêtise.
Efficace la jolie serveuse m'apporta ma commande. J'allais être requinqué pour un petit moment. Délaissant ma timidité au placard, je me mis à lui sourire. Confiant.


- Oui, merci ce sera tout.

Tout en la regardant, ma main n'avait envie que d'une chose. L'immortaliser à jamais sur l'une de mes feuilles de papier grainé. Néanmoins j'attendis qu'elle parte, mais elle resta là, tandis que j'avais repris place au sein de mes affaires. Elle regardait le dessin de la petite fille que je venais de faire, dessin détesté par la maman. En même temps, je comprenais ...

- Oui, je suis peintre. Depuis un petit moment déjà. Merci, j'essaye de coller le plus à la Réalité, même si par moments, elle dérange.

Elle était vraiment gentille. Tandis que je mordais dans un morceau de bonheur à la myrtille et que je buvais une gorgée de thé au jasmin encore brûlant, ma main évoluait déjà sur le papier, traçant l'ovale du visage de la jeune femme.
Et bouse. Relevant la tête vers elle, je ne continuais pourtant pas. Laissant le crayon rouler sur la table et le rattrapant à la limite de sa chute.


- Cela ne vous dérange pas, si je reste un peu ici, pour essayer mon matériel ? Promis, je ne ferais plus aucun dégât !

Nouveau sourire sincère. Décidément, elle m'apaisait.
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Savannah Brooks
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MessageSujet: Re: Painter's touch [Savannah]   Mar 30 Juil - 17:25

Par moments, la Réalité dérange. Je ne pus que hocher la tête face à cette assertion pleine de bon sens - autant que de fatalisme. Avec mon franc-parler naturel, j'avais eu mon lot de réactions négatives devant des vérités absolues que j'assenais certes sans la moindre douceur. C'était très paradoxal quand on y pensait : les gens bien-pensants ne juraient que par la sacro-sainte Vérité mais, dès qu'elle leur explosait à la figure, ils s'empressaient de la rejeter avec force et conviction, comme s'il s'agissait du plus grand mensonge de l'humanité. Ne pas chercher à comprendre.

Je le regardai esquisser les contours d'un visage d'une main presque distraite et pourtant assurée tout en avalant son petit-déjeuner - ces dessinateurs me laissaient toujours sans voix à tracer des traits parfaits sans avoir l'air d'y faire attention... Mais il s'arrêta soudain pour lever la tête vers moi, l'air de nouveau incertain. Et merde, à tous les coups il voulait me demander de partir parce que je le gênais à regarder par-dessus son épaule comme ça, et cherchait comment me le faire comprendre sans me vexer au passage. Dommage pour la curiosité. J'étais plutôt bien placée pour savoir que déranger un artiste en phase créative était une chose à ne pas faire : on risquait soit de le bloquer soit de l'énerver. Ok, retraite stratégique, en essayant d'effacer l'air déçu qui avait dû de peindre sur mon visage malgré moi.

J'allais ouvrir la bouche pour lui signaler que je retournais au turbin quand ce drôle de zozo me prit de court en prenant la parole en premier... et pas du tout pour dire ce que j'imaginais, non, il me demandait la permission de continuer à dessiner dans le café ! J'éclatai de rire avant d'avoir pu m'en empêcher, tant la question était incongrue. Vu la tendance de ses réactions, il allait prendre la mouche, c'était certain. Temps de rectifier le tir.


-Désolée, c'est juste que... tentai-je, amusée. Bien sûr que vous pouvez continuer, enfin ! C'est un café ici, pas un resto chicos. Et puis je vous ai déjà dit que c'était pas grave, on en casse tout le temps, des assiettes, même moi pendant le service, vous voyez ? Y'a pas de malaise.

Puis, prise d'une soudaine impulsion - due autant sinon plus à ma curiosité maladive qu'à l'ennui - je m'assis brusquement près de lui et croisai les bras sur le dossier de ma chaise, presque avachie dessus. Si je ne le dérangeais pas, c'était peut-être le moment de saisir ma chance. J'adorais voir des gens dessiner, je pouvais les regarder faire pendant des heures - j'étais tellement nulle, moi, que les voir faire me fascinait. Je le fixai par en-dessous, et je m'imaginais mes yeux briller littéralement d'intérêt. Pitié, pourvu qu'il ne prenne pas peur ! Oui, j'avais parfois cet effet-là sur les gens...

-Ça vous gêne si je vous regarde faire ? demandai-je.

J'espérais aussi que Jake ne viendrait pas m'attraper par la peau du cou pour m'arracher à mon nouveau petit observatoire, ou que le patron ne se prendrait pas d'une envie subite de débarquer en salle - parce que là, autant le dire, je serais mal. Pas qu'on ait pas le droit de bavarder un peu avec les clients, mais là je dépassais un peu les limites autorisées. Si les habitués se fichaient bien des libertés que je pouvais prendre pendant mon service, c'était pas le cas du chef - et Jake aimait bien veiller au grain, faire du zèle, de temps à autres. Entre ça et son addiction à la clope, fallait pas beaucoup cherche pourquoi je repoussais encore et toujours ses avances.

Enfin, ce qui m'importait surtout à la minute, c'était de savoir comment le petit peintre allait réagir à mon intrusion forcée dans son espace artistique vital. Ils n'étaient pas bien différents des autres artistes : il y en a qui aiment qu'on les regarde exercer leur talent, et d'autres pas. Et avec sa timidité manifeste, je craignais qu'il ne fasse définitivement partie de la deuxième catégorie.
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Tybalt Hungen
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MessageSujet: Re: Painter's touch [Savannah]   Jeu 8 Aoû - 10:31

Finalement j'étais heureux. Heureux d'être ici et de capturer quelques bribes de la société Moldue actuelle. Je me doutais bien que j'étais le seul Sorcier à m'être rendu ici. Mais la fraîcheur et la candeur de ce petit bar avait su gagner mon cœur d'Artiste, si douloureusement fermé. Il était vrai que je préférais peindre dans mon immense Loft, caché aux yeux de tous et de cette Société que je dépeignais merveilleusement dans mes toiles.

Comme je le disais, lors de mes vernissages je ne me montrais jamais. Peut-être par peur de l'Inconnu ou des Autres ? Autres qu'il m'était difficile de supporter. Non pas que je sois un asocial chronique, au contraire. Mais j'étais allergique au monde, et il me le rendait bien. Or, j'avais décidé de me soigner, en me rendant "ici". Ce qui était déjà une énorme victoire sur ma liste de pathologies à vaincre. Et puis, après avoir fait une entrée fracassante au sein de cet établissement, j'étais bien accueilli ... Malgré mes désillusions quelques instants plus tôt. Peu de personnes apprécient le fait que je peigne cette Réalité qui dérange.
Mais je m'y accommode, tant bien que mal. Et je continuerais toujours à peindre. Après tout, c'était ce que je faisais le mieux, et là aussi, pour certains, ils me le rendaient bien.

Ma chère "amie" quant à elle, restait à mes côtés. Alors que son travail devait être plus important que ma pauvre silhouette d'Artiste peu confiant en lui. Mais non, elle restait. Léger sourire qui apparut au bord des lèvres, quand elle se mit à rire. Peut-être riait-elle de ma maladresse ? Du pauvre Sorcier que je suis ? En même temps, je n'avais pas divulgué mon Don. Lui, il se manifestera bien assez tôt. A mon plus grand dam. J'avais décidé de rester un peu ici, pour m'occuper avec mes nouvelles affaires achetées quelques instants auparavant. Elle me le permettait, et cette fois-ci, je lui souriais. D'un immense sourire qui en disait long sur mes intentions.
J'avais commencé à la dessiner, cette charmante serveuse qui m'offrait un peu de son temps et de son regard candide. Elle ne connaissait rien à l'Art, et j'appréciais cela. Les critiques étaient souvent bien plus constructives que les plus grandes pontes qui se disaient critiques d'arts. Je hochais la tête, tandis que je continuais à crayonner ce que j'avais sous les yeux. J'en oubliais presque sa présence, mais elle me rappela à l'ordre quand j'entendis sa douce voix et sa question ... pertinente.

Lui laisser regarder ce que je faisais ? Je n'en avais pas l'habitude et pire, je ne le supportais pas. Quand lors de mes "voyages" à travers le monde pour peindre les plus beaux panoramas, certains des touristes s'arrêtaient pour voir mes travaux, je m'en allais sans rien dire. J'abhorrais les nuisances et les Autres. Un peu, mais je me soigne.
Un dernier trait sur le papier grainé et je relevais mon regard gris-bleu vers la jeune femme. J'avais laissé expressément un peu de temps entre nous pour lui répondre. J'étais coutumier du silence et de l'importance qu'on pouvait lui apporter. Elle devra s'y faire, parce que je ne parlais pas souvent quand je créais.


- Je ne suis pas habitué à ce que l'on me regarde. Mais ne soyez pas vexée si je ne bavarde pas beaucoup. Vous pouvez regarder, mais vous serez soumise à mes tics nerveux et mon tempérament houleux. Savannah. Très joli prénom et si sauvage.

C'était son badge doré qui m'avait renseigné sur elle. Savannah, jolie et sauvage. Tempérament qui ne se laisserait pas faire. Elle était jeune, mais pour travailler comme serveuse, elle en avait du caractère. Car pure et mignonne comme elle est, les penchants tendancieux masculins devaient être pour elle. Tandis que je terminais le portrait que je faisais d'elle, je n'avais pu m'en empêcher, je m'empressais vite de stopper mon crayon. Car Il se présentait. Je le sentais. Or, je n'avais jamais fait cela ... Arrêter de peindre ou de dessiner mes sujets, alors que je savais très bien ce qu'il en adviendrait.
J'avais chaud. Comme si ma température corporelle excédait les quarante degrés. Je bus mon thé d'une traite, devenu tiède. Et je décidais, me saisissant d'une nouvelle feuille et de mon pinceau, de croquer une autre parcelle de vie. Le jeune homme qui travaillait avec elle, Jake. Là aussi, je l'avais lu sur le badge. Pendant que je dessinais le fumeur, car oui je l'avais remarqué qu'il avait sa dose de nicotine vissée sur les lèvres, j'entrepris un autre visage. Collé derrière le sien ...
Pour ne pas que la jeune femme s'en rende si vite compte, je détournais le sujet. Du moins, j'essayais.


- Vous travaillez depuis longtemps ici ? Au fait, moi c'est Tybalt ! Et comme vous l'aurez remarqué, un peu handicapé des relations sociales ...

Alors que je souriais à la jeune femme, d'un sourire franc et sincère, je vis une ombre arriver à notre hauteur. C'était le fumeur, visiblement surpris de prime abord, puis mécontent.
Et bouse.
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