PortailPortail  AccueilAccueil  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
{ What is the date today ? }

N'oubliez pas que l'histoire du forum suit le cours des saisons que nous vivons IRL à J+2 ans.

NOUS SOMMES EN 2017

Donc faites attention à vos dates de naissances et autres dates dans la chronologie de vos personnages.

{ Forum réservé aux membres déjà inscrits }


Le forum n'est plus administré.
Nous n'acceptons plus de nouvelles inscriptions pour le moment.
Pour toute demande de gestion
ouvrez un sujet dans la section réservée aux invités et un membre vous répondra.

{ Invité }

Si tu as cinq minutes
Fais un petit tour du côté du clic

Top Site #1 Top Site #2 Top Site #3 Top Site #4

"Ayez la clic attitude !"


Partagez | 
 

 A few shades of ...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Jane Doe
● Humain ●

avatar

Nombre de messages : 22
Age du personnage : 34 ans
Habitation : ?
Occupation : ?
Avatar : Bibi
Date d'inscription : 04/11/2012
Coup de coeur : 6
Gallions : 3727

MessageSujet: A few shades of ...   Dim 23 Déc 2012 - 23:45

29 Novembre 2014

Malik, Lydia, Lily, Wendy, Chunny, Conni, Haleh. Ce sont les infirmiers, ceux que je vois le plus. Ils ont des gardes aux horaires élastiques. Ils appartiennent au service de traumatologie et aux urgences. On m'a mise au service de traumatologie dès que je suis sortie des soins intensifs. C'est là qu'ils viennent me voir. Wendy et Lily sont déjà passées deux fois me voir. Elles sont pourtant aux urgences et ne suivent quasiment jamais les patients quand il sont transférés dans un autre service. Apparemment je suis une exception pour elles. J'ai été la dernière survivante retrouvée par les secours. Elles ont apporté chacune quelque chose pour égayer cette chambre, un plaid fait main pour Wendy, un bouquet pour Lily. Toutes deux ont juré venir me voir jusqu'à ce que je sorte. Je n'ai pu rien faire d'autre que de serrer leur main, chacune à tour de rôle. Je suis à l'hôpital du Mont Sinaï depuis 12 jours. J'ai été opérée cinq fois les deux premiers à cause de complications, trois placée en coma artificiel pour faire suite, et en soins intensifs pour finir. J'en suis sortie il y a deux jours à peine.

Je suis ce qu'on appelle un polytrauma. J'aime bien ce terme. Il fait snob, membre de la caste qui comprend et qui aime se gausser de diminutifs spécialisés et de sigles plus pointus les uns que les autres, ça me fait rire (presque). Ce mot fait aussi de moi un être spécial. En fait il vaudrait mieux que je dise qu'il fait de moi quelqu'un ! C'est déjà ça ! Pour l'instant je suis une curiosité pour la majorité du personnel de l'Hôpital, pour les média aussi. C'est assez étrange toutes ces personnes qui s'intéressent à vous avec cette curiosité, qui cherchent même à savoir qui vous êtes tout comme vous vous le cherchez.

Les infirmiers sont gentils avec les patients et aiment qu'on les appelle par leur prénom. Comme je les comprends ! Dans leur uniforme pastel ils passent, apportent soins et confort. De vrais anges gardiens. Une meute d'anges, ça existe? Je ne sais pas quels sont les rapport qui les unissent au-delà de leurs liens professionnels. Ils ne laissent rien paraître de cela aux patients, ce n'est pas leur job. Leur physique parle pour eux. C'est ce que je remarque. C'est très cliché de dire ça mais c'est vrai. La vie peut tordre un corps, elle ne peut pas toujours tordre les clichés. Ils sont profondément gentils, c'est ce qui compte. Il n'y a pas de pitié dans leurs yeux, pas de mensonges non plus. Tous savent que je suis là pour un moment. Aucun ne m'a fait le coup du "Vous avez beaucoup de chance d'être là" car ils savent. C'est tellement plus simple comme ça! Ils me parlent normalement, me traitent en adulte. C'est con à dire, mais c'est valorisant pour moi.

Depuis hier où je suis sortie des soins intensifs je les regarde. C'est quasiment ma seule occupation de la journée. Avec un tube dans la gorge, le thorax agrafé, un bras dans le plâtre, et une jambe immobilisée, ce n'est pas facile de faire autre chose. D'autant plus que les anti-inflammatoires et autres médicaments perfusés m'assomment. Ce n'est pas évident de rassembler ses esprits dans ses conditions, d'où l'intérêt d'être concentrée au maximum pour observer. C'est une activité de qualité pour moi: elle ne fatigue pas trop. A croire que je devais être un peu feignante avant! Qui sait?

Hier encore, je n'arrivais pas garder les yeux ouverts plus d'une demi-heure. Aujourd'hui j'ai réussi à passer une partie de la matinée éveillée de 6h30, l'heure de la toilette, jusqu'à 10h. C'est Malik qui l'a remarqué. Je suis fatiguée, dans un état pitoyable, épuisée moralement et j'ai besoin de faire quelque chose avec ma main libre. Il l'a compris tout de suite. Il a approché la tablette de mon lit. Immédiatement j'ai posé ma main valide dessus. J'ai levé le bras sans effort, sans douleur, pour tendre vers cet espoir que représentait ce grand gaillard à la peau noire. Il a disparu et est allé me chercher un bloc-note et un stylo. Pour moi c'est la libération. "Merci Malik." C'étaient là mes premiers mots écrits. Il m'a souri. Un sourire chaud et sincère.

Il réajusta ma sonnette du côté de mon bras droit et s'éclipsa de ma chambre me laissant seule avec mes questions, mais avec aussi une once d'espoir. Depuis, j'écris sans relâche. Demain je dois voir les médecins, un traumatologue (le chef du service apparemment), et un neurologue. Je serai ex-tubée. Je pourrai leur poser toutes mes questions. Il me tarde.




30 Novembre 2014

C'est bon de pouvoir enfin parler ! Même si le filet de voix est mince, je commence à retrouver le sentiment d'appartenir à ce monde.

Docteur Wright, Docteur Dubenko, Detective Ryan. Voilà les trois nouvelles têtes que j'ai vues aujourd'hui.

Ian Wright, est le chirurgien qui s'est occupé principalement occupé de moi. Il a été très pro, très médecin en fait. De lui j'ai eu la confirmation que j'ai été opérée d'une double fracture radius cubitus du bras gauche ayant entraîné un diastasis au poignet. La fracture a été réduite, consolidée par deux broches et quatre vis, et j'ai un plâtre en résine pour un mois. Il est très optimiste quant à la rééducation. En voilà une bonne chose.
Il m'a ensuite opérée avec un ortho d'une triple fracture du fémur, ouverte même sur la partie la plus basse de l'os. Malgré l'image que l'on peut en avoir, l'opération était simple et s'est très bien passée: six broches et douze vis ! J'ai commencé à me baptiser Iron Man...

Pour finir, et c'est ce qui a été le plus grave et qui a causé le plus de complications, j'ai subi un enfoncement de la cage thoracique. Une côté a perforé un poumon et causé un œdème. C'est assez compliqué en fait car la douleur n'est apparue que lorsque j'ai été dégagée de la poutre qui me plaquait contre mon morceau de mur. C'est là que l liquide a commencé à remplir mon poumon gauche. En bref: je suis un mélange de super héros et de curiosité médiatique. C'est ce que m'a dit le docteur Dubenko, le neurologue. C'est lui qui est venu me parler de mon cerveau. Pas de dommages ni de curiosité. Pour lui l'amnésie totale et permanente n'existe pas. Si je ne me souviens de rien ça ne va pas durer (bonne nouvelle). Elle n'est qu'une conséquence post-traumatique. Je ne dois pas m'inquiéter mais stimuler mon cerveau. La moindre petite chose du quotidien peut me ramener à un souvenir. Je ne dois surtout pas m'abrutir et m'obséder avec le passé... Il en a de bonnes lui.
Il me conseille de voir un psy et m'impose un rendez-vous de contrôle malgré tout. Merci et à la prochaine fois. Cet homme est un peu spécial. Il m'a semblé dans son monde, à planer au-dessus de tout. L'antithèse absolue du Detective Ryan.

Le Detective s'occupe est une sorte d'attaché de presse pour moi. Il m'a tout expliqué point par point de manière très méthodique. C'est une personne précise dans le choix des mots, dans tous ses choix certainement où la logique doit jouer un grand rôle. Il m'a appris que j'étais la seule victime non identifiée vivante de la tragédie. Mon portrait a été diffusé dans les média classiques et sorciers. Pour l'instant, treize jours après, personne ne s'est manifesté. C'est à ce moment que j'ai craqué pour la seule fois. J'ai pleuré pendant un bon quart d'heure. Lydia, Conni et Haleh sont arrivées quand j'ai arraché mon drain thoracique. Elles sont restées et m'ont abreuvée de paroles douces et réconfortantes. Elles sont là. Malik a pris le relai plus tard dans la soirée.

C'est à lui que j'ai demandé de me trouver un vieux polaroïd, quelques cahiers, de la colle et des ciseaux. J'ai retrouvé le sourire.
Revenir en haut Aller en bas
 
A few shades of ...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Fifty shades of Grey
» Fifty shades of Smile
» 50 Shades of Darryl
» Fifty shades of grey
» 0# - The Lunatic Story - Fifty Shades Of Revenge [Tweener Turn]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Alternatif :: Le coin à papote :: Le Café des Artistes-
Sauter vers: